Chapitre 10 : Bon sang, lâche-moi, connard !


Wouah, le chapitre 10 ! C'est un cap !

Et c'est vrai en plus. L'histoire prend un nouveau tournant, et j'espère qu'il va vous plaire ! Après un chapitre 9 un peu à part, voilà encore de nouvelles choses ! Et de nouveaux personnages en prime !

Enfin bon, bonne lecture !


[Sasuke]

« Un battement de cœur résonne dans mes tympans. La lame s'approche. Si doucement. Et pourtant si rapidement. Un autre battement. Et mon cœur s'emballe. La pointe sur mon ventre. Puis qui disparaît dans la chair. Une douleur sourde. Si présente. Une larme de regret qui coule sur ma joue blanche, comme un adieu, une excuse, un aveu peut-être. Un regard désolé posé tendrement sur un blond qui ouvre des yeux ronds comme des soucoupes. Peut-être que finalement il m'a pardonné… Alors, je peux partir en paix. »


[Naruto]

Non, c'était impossible ! Il ne pouvait pas mourir ! Il ne pouvait pas être là-bas étendu dans une mare de terre gorgée de sang, et qui s'élargissait aussi vite que mes larmes coulaient. Il ne pouvait pas avoir perdu son combat si vite ! Son chakra ne pouvait pas disparaître comme ça ! Un sentiment de regret s'éleva en moi, que vint bientôt contrarier un souvenir un peu trop clair dans mon esprit.

- Il faut que tu sois impartial, Naruto. Ne te soucie que de la vérité, et de la justice. C'est très important. Parce que je ne pourrais pas assumer à ta place tes erreurs.

Perdu. J'étais perdu. Pris au piège entre ma conscience et mes sentiments.

- Et pourquoi tu ne me laisses pas faire ? rugit une voix en mon for intérieur.

- Kurama ? Pourquoi ?

- Tu le sais, n'est-ce pas ? Sasuke a déserté pour sa famille. N'oublie pas que Konoha les a trahis. Et tu dois bien te douter que ça a été difficile pour lui aussi. Peut-être que si tu lui laissais une chance… Au moins au nom de sa mémoire…

- Mais Tsunade… !

Il ne me laissa pas le temps de finir sa phrase, et renchérit immédiatement :

- Tsunade quoi ? Elle t'a dit qu'elle ne pourrait pas assumer les conséquences, pas que tout t'était interdit ! N'as-tu pas assez de maturité pour assumer tes gestes ?

- Si.

- Alors ?

- Mais Orochimaru est fort, et il y a Kabuto…

- Oy ! Depuis quand as-tu si peu de confiance en toi ? Et puis, je suis là, moi !

- C'est vrai. déclarais-je avec un sourire naissant tandis que mes yeux prenaient une couleur rouge sang.

Et en moi, les portes de l'antre de Kurama s'ouvrirent à la volée. Son énergie m'inondait, et prenait presque la place de ma raison. « Je te fais confiance, Kurama. Aide-moi à le venger. »


[Kakashi]

Cela faisait longtemps que Naruto nous avait demandé de le laisser seul-à-seul avec Sasuke. Je n'avais pas jugé nécessaire au début de le faire surveiller, au contraire. Mais il avait entamé le combat il y a bien trois heures, et je commençais à m'inquiéter. Et la nuit nuageuse et sans lune ni étoiles ne faisait qu'aggraver mon pessimisme. Il fallait que j'aille voir, que je puisse avoir le cœur net sur ce qu'il se passait là-bas.

En faisant tout pour ne pas me faire remarquer, je quittai le village en y laissant un clone. Ainsi, les habitants n'y verraient que du feu.

Mais en passant les portes du village, alors que les chakras des ninjas restés à Konoha se confondaient en s'effaçant, un nouveau chakra me parvint distinctement. Puissant, et si sombre. J'avais peur de deviner de qui il s'agissait. Et pourtant, il était différent de celui de mes souvenirs. Comme si quelque chose avait été ajouté, quelque chose d'infime, mais lumineux et pur. Quelque chose qui empiétait peu à peu sur la noirceur de… du démon. C'était forcément Kyūbi. « Naruto, ne me dis pas que tu es arrivé à cette puissance ?! » En si peu de temps… !

Et pourtant si. En arrivant sur le champ de bataille, je dus me rendre à l'évidence. Kyūbi, majestueusement lumineux, déchiquetaient Manda. Et Naruto avec un de ses clones trônait fièrement sur la tête du démon-renard en préparant sa technique. Je n'eus pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il se jetait déjà sur une silhouette sombre et fluette qui cherchait désespérément un abri. Cette vitesse… il avait bien hérité de son père.

Et la silhouette finit coupée en deux. Le temps que son chakra ne disparaisse, j'eus tout juste le temps de me rendre compte qu'il s'agissait d'Orochimaru. Ce gamin venait de tuer notre plus grande menace, celui que nous avions traqué et tenté de tuer tant de fois sans y parvenir… Eh bien… ! Peut-être que Gaï avait raison en parlant de la force de la jeunesse…

Ah, il restait encore quelqu'un apparemment. Un chakra plus faible que celui de Naruto étaient encore un peu présent… Il me semblait le connaître. Naruto avait dû s'en rendre compte, car il fondit sur le corps allongé un peu plus loin, encore plus rapidement que sur Orochimaru. Et il lui asséna la même technique, son orbe shuriken. Qui avait été cette personne, j'étais incapable de le dire. J'étais pourtant sûr de l'avoir déjà vue, d'avoir déjà senti ce chakra à Konoha.

- SASUKEEEE !

Le cri de Naruto traversa la nuit, soutenu par un rugissement puissant de Kyūbi, à la fois déchirant et enragé. Pourquoi criait-il son nom ? Il avait dû partir de nouveau puisque je ne sentais plus son chakra. À moins que…


[Naruto]

Je me précipitai vers le corps étendu du brun. Toujours aussi immobile, et si froid. Ça me paraissait si irréel, et en même temps si vrai. Mais surtout douloureux.

- Connard, je t'aime ! Pourquoi t'as fait ça ?!

Mais il ne me répondit pas. J'avais la fâcheuse impression d'être dans un mauvais conte de fées. C'était impossible qu'il se relève et me prenne dans ses bras. Même si j'en mourrais d'envie, cette fois, mon vœu ne se réaliserait pas. J'allais l'étreindre une dernière fois quand une main se posa sur mon épaule.

- Tu l'aimais tant que ça… ?

- Kakashi-sensei ?!

Qu'est-ce qu'il faisait là ?! Je lui avais pourtant demandé de nous laisser seuls ! Et puis, je ne pouvais quand même pas avouer à mon maître ce secret !

- Allez-vous-en, s'il vous plaît.

- Mais, Naruto…

- Laissez-moi tranquille ! hurlai-je en me retournant pour cacher mes larmes.

- Naruto, il est encore vivant !

Pardon ? J'avais dû mal entendre, c'était impossible !

- Dois-je le soigner ?

Non, j'avais mal entendu, il ne pouvait pas être encore vivant. J'avais vu Kabuto l'attaquer, j'avais vu celui que j'aimais encore – malgré moi – baigner dans une flaque de son sang, j'avais senti son chakra disparaître peu à peu !

- Naruto ! m'interrompit Kakashi au milieu de mes réflexions.

- Hein ?

- C'est toi qui décide ici en ce moment. Alors, dis-moi si je le soigne ou pas.

- Je… o… oui…

Je devenais fou ! Sasuke, un traître, je venais de demander qu'on lui sauve la vie ! Oh, et puis, après tout, il serait jugé et mesurerait peut-être la dureté de ses actes… Même si une partie de moi se répugnait à devoir penser cela.

҉

- Tsunade va arriver d'une minute à l'autre, Naruto.

- D'accord, merci Sakura.

Quand la porte se referma derrière la jeune fille, je fis tourner mon fauteuil et me mis à contempler le village par la fenêtre. Il était morne et triste, et le nuage du chagrin planait encore sur lui, assombrissant les visages autrefois joyeux des habitants. C'était ma première expérience en tant que Hokage – et je n'étais que suppléant – mais j'avais déjà tout raté. Tsunade avait placé sa confiance en moi. Je rageais de n'avoir pas pu répondre à ses attentes. Je me sentais si nul, si misérable ! Bordel, qu'est-ce que j'avais bien pu faire, et à qui, pour que le sort s'acharne ainsi sur moi ?! Je frappai sur le bureau d'un point rageur. J'avais peut-être libéré le village d'une menace importante, mais je l'avais aussi privé de plusieurs shinobi, et je rageais. Tout cela était de ma faute !

Quant à Sasuke, il était entre la vie et la mort. Son cœur s'était arrêté, mais les médecins l'avaient fait repartir, et ils faisaient chaque jour leur possible pour le garder 'en vie'. Et moi je priais pour qu'il s'en sorte. Pour enfin pouvoir lui cracher la vérité au visage, le détester sans remords, le mettre devant le fait accompli : il n'avait plus de vengeance à accomplir, puisque Danzō, Homura et Koharu étaient décédés lors de l'attaque. Mais son obnubilation pour sa vengeance l'avait mené à un tel degré de folie qu'il avait servi à la mort plusieurs centaines d'hommes sur un plateau d'argent. Je n'avais pas su protéger Konoha, mais lui avait sacrifié des gens qui croyaient en lui, et les avait amenés à tuer des personnes innocentes. Et ça, c'était impardonnable. Comment avait-il pu ?! Lui qui était si gentil, attentionné il y a un an… Il avait changé en si peu de temps, et c'était si dur à constater. Tout cela me faisait froid dans le dos.

҉

- Arrête de te torturer l'esprit avec une fausse culpabilité, ce n'est pas de ta faute ! Son armée était puissante et entraînée ! Tu n'y pouvais rien, et c'est tout.

Si seulement c'était aussi clair dans ma pauvre tête… !

- Ne t'attends pas à ce que je prenne Sasuke en pitié. renchérit la Hokage. Il sera soigné, mais ce sera seulement pour être mieux jugé. Son petit rôle contre Kabuto l'aidera peut-être, mais ça ne suffira pas à l'innocenter. Il risque gros, et l'amitié que tu as pour lui n'y pourra rien changer.

Si Tsunade possédait un talent, c'était décidément celui de brouiller les esprits. Elle essaie de me consoler en m'enlevant le poids de la culpabilité, et après elle m'accable de mauvaises nouvelles ? Bien sûr qu'il avait mérité une bonne punition, mais je savais très bien que le Conseil ne serait pas aussi clément que je ne l'espérais.

- Hey, Naruto !

Ayant reconnu sa voix, je me retournai vers mon meilleur ami, heureux de constater qu'au moins, lui, ne me tenait pas rigueur pour ce qu'il s'était passé.

- Yo, Kiba ! Ça va ?

- Plutôt bien ! répondit-il avec un sourire franc et chaleureux.

J'allais enchaîner sur un autre sujet de conversation puisque je n'avais aucune envie de répondre à l'éternelle question 'Et toi, ça va ?' qu'on pose avec un sourire désolé en essayant de cacher qu'on n'en a rien à faire, quand un aboiement me rappela à l'ordre.

- Oh, pardon Akamaru ! Ça va, toi ?

Nouvel aboiement, d'approbation. Kiba s'approcha alors de mon ventre. Mais qu'est-ce qu'il voulait ? Il lâcha soudain :

- Et toi, Kyūbi, ça va ?

Kiba ! Il n'y avait vraiment que lui pour sortir des trucs pareils ! Entre deux fous rires, je lui demandai :

- Tu crois vraiment qu'il va te répondre ?

Au fond de mon ventre, j'entendis une voix rocailleuse s'élever.

- Et pourquoi pas ? C'est toi qui as voulu me rendre plus sociable ! Réponds-lui que ça va, et que je me réjouis de voir qu'il y en a au moins un dans tout ce village qui me porte enfin un peu d'attention !

Ah bah ça ! Voilà que Kyūbi devenait poli ! Il fallait que je le note d'une croix rouge dans le calendrier en rentrant ce soir !

- Bah qu'est-ce qu'il y a Naru ? me demanda-t-il en remarquant ma tête d'abruti impressionné.

- C'est juste que… Bah il a répondu que oui il allait bien, et qu'il te remerciait de lui porter attention…

- Sérieux ?! Bah de rien, alors ! Allez, viens manger un bol de ramens, t'avais pas l'air dans ton assiette tout à l'heure, ça te changera les idées.

Je le remerciai silencieusement de ne pas poser plus de questions, et acceptai l'invitation avec entrain. Il avait raison, j'avais besoin de ramens.

҉

Après le repas, Kiba me proposa d'aller m'entraîner. Là, il avait touché une corde sensible. Je suis Naruto Uzumaki, bon sang ! Je ne refuse jamais un bon entraînement ! Surtout pas avec mon meilleur ami !

Nous nous dirigeâmes donc vers le terrain n°3 tout en bavardant de tout et de rien. Quand nous passâmes la barrière grillagée, je me rendis compte que je n'aurais pas dû venir ici quand une série d'images, de souvenirs, me sauta au visage. Comment avais-je pu croire que cet endroit ne réveillerait aucun fantôme ? Des clichés éparses de moments passés sur ce terrain en compagnie de Sasuke passaient et repassaient sans arrêt dans ma mémoire, en me narguant avec la vérité douloureuse de notre situation actuelle. Comme par exemple…

Alors que Sakura s'était jetée sauvagement sur moi, Sasuke avait saisi l'occasion pour avancer discrètement – mais pas moins rapidement – vers moi avec katana électrisé grâce à un chidori, et se préparait à m'attaquer. Dès que je l'eus remarqué, je fis voler Sakura un peu plus loin. Je voulais me mesurer à ce mec à la grosse tête. Mais quand, tournant la tête, je croisai son regard, cet imbécile ouvrit de grands yeux où je voyais transparaître une émotion pour la première fois. Comme quoi, il y a un début à tout !

Mais non seulement ce con ne voulait plus me lâcher du regard, mais il s'immobilisa à quelques centimètres de moi. Tsss … !

Pensant qu'il le faisait exprès, je préparai un rasengan et fis mine de lui le lancer. Heureusement pour lui, je n'avais fait que le plaquer à terre avec mon autre main. Il n'avait aucune blessure, et ça se voyait : toujours dans un état second, rien ne le déconcentrait dans la contemplation de mes yeux. Eh bien, je ne savais pas que j'étais attirant à ce point !

- Oy, Sasuke, qu'est-ce qu'il t'arrive ?! Sasuke ?! Yah, débile !

Aucune réponse… Comment étais-je censé le prendre ? Poussant la provocation, je m'assis à califourchon sur son torse, et lui demandai :

- Tu comptes me lâcher un jour du regard ?

À ces mots, il recouvrit enfin ses esprits, et, ses joues prenant une couleur rosée bien visible, se releva en me renversant. Ce qui, bien entendu, dégénéra rapidement en dispute. Cela devenait une habitude entre nous, et Sasuke partit précipitamment en lâchant :

- Je voulais lui laisser une chance de gagner au moins un combat dans sa vie !

Un sourire ironique apparut sur son visage. Il avait vraiment le chic pour trouver des excuses plus débiles les unes que les autres… !

J'étouffai un rire amer. Moi qui d'habitude me remémorait mes premiers entraînements avec Sakura et Saï, voilà qu'un brun au regard de glace m'obnubilait sans que je puisse arrêter de penser à lui. Bordel, même dans le coma il parvenait à m'échauffer les nerfs ! Même inconscient ce mec jouait avec moi ! « Bon sang, lâche-moi, connard ! »

- …ruto ! Naruto !

- Hm… Hein, quoi ?

- T'es complètement déconnecté !

- Oui, excuse-moi ! m'exclamai-je avec un grand sourire, pour le convaincre de ne pas s'inquiéter. Bon ! On le fait cet entraînement ?

- Ouais !

Soudain, une boule de poils blanche bondit sur moi. Akamaru savait comment s'y prendre pour surprendre ses adversaires ! J'eus tout juste le temps de m'écarter pour l'éviter. Kiba en profita pour tenter de m'attaquer de côté avec 'les crocs lacérants', mais je parvins à le contrer, ce qui nous fit voler tous deux loin de l'autre. Mais cela ne nous arrêta pas pour autant, et le combat reprit rapidement.

Il contrait la plupart de mes attaques, comme je contrai la plupart de siennes. Nos combats amicaux répétés nous avaient appris à chacun les petits secrets de l'autre, et sans pour autant nous dire nos techniques, nous savions quel mouvement amorçait telle attaque, et quelle tactique annonçait tel comportement. Nos combats ressemblaient plus à des démonstrations de techniques toutes plus diverses les unes que les autres. Et en quelque sorte, cela m'allait bien, car je n'avais pas besoin de réfléchir à comment le contrer, et je pouvais profiter pleinement de nos moments de complicité.

Kiba s'être encore amélioré… Cela faisait longtemps que je n'avais pas pu passer un peu de temps avec lui, et je m'en rendis compte quand il utilisa une technique que je ne connaissais pas.

Alors que je pensais l'avoir contré, il prit appui sur un tronc d'arbre, et revint dans mon dos à une vitesse fulgurante en m'attaquant avec 'le loup tricéphale'. Moi qui ne m'attendais pas à un tel sens tactique, ni encore moins à une nouvelle technique dans son répertoire, je me la pris de plein fouet.

'Un peu' sonné, je me relevai laborieusement, mais ma tête qui tournait horriblement m'obligea à me rasseoir rapidement.

- Bah alors Naruto, qu'est-ce qu'il t'arrive ? J'ai pourtant pas mis toute ma force ! Depuis tout à l'heure, t'as l'air d'être complètement à l'ouest !

- Ha ha, désolé ! fis-je avec mon sourire habituel. C'est juste que j'ai quelqu'un dans la tête qui ne veut pas en sortir !

Oups ! Je venais de mesurer mes paroles ! Argh, quelle sale manie de réfléchir après avoir parlé ! J'étais bon pour un interrogatoire forcé, et renforcé !

- Ah oui ? demanda-t-il avec un sourire inquisiteur en s'asseyant à côté de moi. Qui c'est ? Allez, dis-moi ! fit-il en envoyant gentiment son coude dans mes côtes. Une fille, pas vrai ? Toujours Sakura ?

- Ha ha, non !

- Alors… Hinata ?

- Non plus !

Il n'allait jamais deviner !

- Mais dis-moi alors ! Qu'est-ce qui t'empêche de m'avouer ça ?

- Tu ne me croirais pas. Et puis, je ne vois pas pourquoi je te dirais 'ça' comme tu dis, alors que tu ne me dis même pas que tu aimes Tenten !

Ses joues prirent alors une couleur cramoisie. J'étais apparemment bien renseigné ! Kiba était vraiment drôle quand on le faisait tourner en rond comme ça.

- Mais, non ! Non, p… pas du tout !

- Ne me dis pas que c'est le froid qui te fais bégayer et rougir, on est en plein mois de juillet ! le narguai-je.

- Eh bien, puisque tu es si bien renseigné, tu peux me dire à qui tu penses ! Comme ça, on sera quittes !

- Non, je t'ai dit que tu ne me croirais pas.

Et puis, c'était si absurde d'aimer quelqu'un qui avait tué certains de mes amis… Si absurde, et pourtant, j'avais la désagréable impression que plus ma conscience le repoussait, plus il revenait dans mon pauvre cerveau torturé.

- Et pourquoi cela, je t'en prie ? Tu peux aimer qui tu veux, puisqu'apparemment c'est quelqu'un que tu aimes.

Et merde, cette fois, c'était lui qui m'avait eu ! Il était malin quand il voulait. Mais j'avais bien trop peur de sa réaction s'il apprenait que son meilleur était… gay, oui je crois que je peux dire ça comme ça. Et je n'avais aucune envie de le perdre lui aussi.

- Naruto ?

- Oui ?

- Tu sais, je ne te jugerai pas si c'est de cela dont tu as peur.

- Tu le feras forcément.

Non, Kiba, s'il te plaît, ne me fais pas avouer ce dont je ne veux pas parler !

- Naruto, tu es mon meilleur ami. Et rien ne pourra changer ça, tu m'entends ? Sinon, tu crois que je serai venu vers toi à chaque fois où les autres te rejetaient ?

Là, il marquait un point…

- Et je vois bien que tu as besoin de parler. Alors ne garde pas tout pour toi au point de t'en rendre malheureux !

Une larme roula sur ma joue. Savoir qu'il tenait tant à moi me faisait si plaisir, et si mal en même temps. Parce que je ne pouvais pas lui dire la vérité, même si j'en crevais d'envie.

- Si seulement tu savais… commençai-je.

- Si je savais quoi ?

- Non, rien.

- Naruto, merde ! Toi qui souriais à tout le monde et toujours, où est passé le vrai toi ?! Arrête de penser que t'es obligé de tout garder pour toi, j'ai l'impression d'être complètement inutile ! Tu me prends pour le premier des cons qui va se moquer de toi dès qu'il en aura l'occasion, ou quoi ?!

- Je suis désolé, Kiba…

Merde, il avait entièrement raison. Et maintenant… ?

- Si t'es désolé, dis-moi.

- Ça c'est vraiment le pire des ultimatums !

Sans prêter aucune attention à mon désespoir, il continua :

- Alors ?

- Je… j'aime S…

« Je t'en prie, Kiba, ne m'en veux pas ! » En inspirant profondément, je lâchai :

- Sasuke.


[Sasuke]

« Ce tunnel est si sombre… Où suis-je donc ? Qu'est-ce qu'il m'arrive pour que je me sente si mal ? Tout est si flou, dans ma tête, et ici. Je ne sais même pas si je dois avancer, rester où je suis, ou reculer. Des voix se font soudain entendre dans mon dos. Irascibles et effrayantes, elles scandent mon nom comme autant de « Meurs ! ». Mais qu'ai-je donc fait pour que tant de monde m'en veuille ? Et que dois-je faire pour sortir de ce cauchemar ? Je me mets à courir à l'aveuglette en tentant d'ignorer la douleur sourde qui me déchire le ventre, mais les voix se rapprochent, me rattrapent, inlassablement. Leurs cris rauques et inquiétants parviennent de plus en plus nettement à mes oreilles.

« Que quelqu'un me vienne en aide ! Que quelqu'un m'explique ce qu'il se passe ! Que quelqu'un me dise comment m'en sortir ! Je sais que j'ai encore quelque chose à faire avant de mourir, sans savoir réellement de quoi il s'agit. Mais je ferais tout pour y parvenir ! Alors que quelqu'un me sorte de là !

« Je distingue soudain une lueur au loin. Est-ce un bon signe ? Plus je m'approche de cette lumière, plus je me sens apaisé. Mais je me sens partir en même temps. Partir très loin. Il faut pourtant que je parvienne à réaliser cette chose ! Quelle est donc la meilleure solution ? Faire ce que j'ai à faire en souffrant ? Ou tout laisser partir ? La lumière calme ou les ténèbres criardes ?

« Une sombre intuition s'insinue dans mon esprit embrumé. Je dois choisir entre la vie dure et éprouvante, et la mort tranquille et facile. »


[Kakashi]

Et voilà que quelqu'un toquait à la porte ! Ce n'était vraiment pas le moment. Je lâchai un grognement, mais Iruka m'interrompit en posant un doigt sur ma bouche. Levant les yeux, je croisai son regard amusé.

- Bouge pas, mon amour. Je vais voir qui c'est.

Il se leva de mes genoux et se dirigea vers la porte en accélérant le pas. La personne devait être vraiment impatiente pour cogner autant que ça sur ma pauvre porte ! Je remis mon masque et allai à mon tour voir qui pouvait bien vouloir me voir de si bon matin.

- Je dois voir Kakashi, où est-il ?!

C'était Kotetsu qui, affolé, n'avait même pas tiqué sur le fait qu'Iruka était chez moi.

- Que se passe-t-il ?

- C'est urgent, Tsunade m'a demandé de te prévenir dans les plus brefs délais. Il faut que tu ailles la voir !

- À quel propos ?

- Sasuke… !


Stoooop ! Coupez ! Arrêtez les machines, on reprend plus tard ! 8D *dixit La Fille Diabolique*

Bon. Trois suspens vous tiennent en haleine : comment Kiba va-t-il réagir à la révélation de Naruto ? Quelle est cette lumière que Sasuke distingue ? La vie ou… la mort ? Et qu'est-ce que Kotetsu a de si important à annoncer à Kakashi ? Et vous, quelles sont vos opinions à propos de toutes ces questions ? J'ai vraiment envie de savoir ce que vous en avez pensé, et ce que vous imaginez pour la suite, dites-moi tout s'il vous plaît !

Enfin, un dernier petit mot, mais non moins important : je voudrais dire un grand merci (même si je sais que ça ne suffira jamais) à ma 'fille' qui m'a inspiré le passage où Kiba crie sur Naruto pour lui faire comprendre qu'il n'est pas tout seul, et qu'il a des amis. Parce que cette amie m'a un jour sorti quelque chose dans ce genre-là quand je m'apprêtais à faire une bêtise. C'est grâce à elle que j'ai compris à quel point ce que je faisais était égoïste. Elle se reconnaîtra, merci à elle.