Chose promise, chose due ! Je me jette à nouveau dans l'aventure qu'est de poster cette fanfiction, et je verrais définitivement si cette histoire a mérité son précédent bide.
Disclaimers : les personnages ne m'appartiennent pas, l'histoire est certes TRÈS adaptée, mais c'est purement inspiré des musiques citées dans le titre. Tous les crédits seront donnés à la fin.
« C'était les Matryoshkas ! »
Dans la rue Pitch Black, un petit attroupement de personnes avait investi le trottoir. Ils discutaient bruyamment du dernier fait de la ville.
« J'en suis sûr que c'est eux ! C'est obligé !
- Bien sûr que c'est obligé, c'est leur signature !
- Ça me fait peur quand même, j'ose plus sortir le soir ou la nuit.
- Vous savez que j'en ai déjà croisé, un soir ? Ils patrouillaient, ils étaient cinq. J'ai eu la peur de ma vie !
- Mais ils n'ont jamais frappé personne, ils ne provoquent que des dégâts maté-
- Pardon ! »
Ils s'arrêtèrent de discuter net, laissant passer la jeune fille, bouches bées. Personne n'essaya de lui faire passer son arrogance, personne ne la taquina, non, tout le monde la respectait.
« P … Pan … balbutia une des personnes une fois la jeune fille loin, en plein jour ! »
La fameuse « jeune fille », était lassée par ce genre de réactions. Lassée par ces personnes, lassée par ce monde.
Cheveux roses bonbon ébouriffés par les volutes d'air chaud qui lui donnaient des nausées, une demi-capuche découpée à fourrure blanche posée sur sa tête avec deux oreilles noires, un large débardeur à coutures rouges trop grand pour elle, un morceau de tissu déchiqueté attaché autour du cou, côtoyant les larges lunettes d'aviateur, un collant orange vif, avec un short rapiécé passé par-dessus et des baskets délavées vieilles de cent ans. Quelques badges d'une couleur vive écœurante plantés par-ci, par-là, deux ceintures mises par-dessus le débardeur, des chaînes cliquetantes. Elle avait collé un pansement sur son nez. Ses yeux à moitié cachés par ses cheveux avaient une pupille rose et un iris vert. Avec des cernes noirâtres en dessous de ses yeux tumultueux, elle traîne sa batte de baseball transpercée par des clous et … frappe !
La Panda Hero était en ville.
⁂
Babylon possédait en son cœur bien nombre de choses incongrues. Avec des tuyaux en bois de rebut, son fameux marché des peintures où règnent les bunny girls, ainsi que son cimetière de roues de voitures rouillées dans les piles. La ville possède aussi un terrain de jeu entouré de tours de transmissions, et une large allée coupant la ville de part et d'autre, où passe la Parade des meutes de chiens errants. Babylon est une ville tordue, biscornue, avec des murailles consolidées au pastel. Mais le plus grand attribut de la ville aux oscillations flutter, c'est le fait qu'elle ne touche pas le sol.
Passer ses murailles nous y enferme à tout jamais, et on se retrouve coincé dans cette spirale d'esthétisme de lovey-doveys intoxiqués. Les pratiques nous vident la tête à gros coups de pelles, la consommation est partout et nous étrangle.
Accueillir les soldats patrouillant dans la ville avec un masque Tengu sur la face ne leur pose aucun problème.
Il y a des gangs aussi. Peu, mais il y en a. Les Wonderlanders sont les pires. Ce sont des jeunes drogués qui se réunissent pour détruire, tabasser et violer. Il y a aussi les Gangsta, qui sévissent beaucoup dans la rue Pitch Black, qui sont moins nombreux et plus light. Mais les plus connus sont les Matryoshkas. Personne ne sait quel est leur but, à quoi ils servent ni pourquoi ils ont été créés, les Matryoshkas se contentant d'imposer leur présence, de faire peur à l'administration et de mettre le foutoir dans la ville. Ils sont dans un monde à part.
Les habitants qui se sont fait vider la tête les traitent de fous.
Et une fille qui à ses habitudes : briser les murs à coups de batte et gagner tous les tournois du terrain de jeu aux tours de transmission. La Panda Hero. Qualifiée de « coup de vent », elle passe, disparaît, repasse et détruit tout. Avant de disparaître à nouveau. On dit que son but principal dans la ville est de démanteler les Matryoshkas. « Mouais … » qu'elle dit à tous ceux qui arrivent à lui parler.
« Gumi Megpoid ! »
Gumi se figea dans sa chaise, et c'est avec grande difficulté qu'elle se leva.
« Je … je … je m'appelle Gumi. En … enchantée ! »
Elle se rassit aussitôt. Quelques rires discrets pointèrent ici et là. Gumi se mordit la lèvre, rageant intérieurement d'être aussi timide. Elle regarda la personne après elle se lever et avec un large sourire se présenter aisément. Sans bégayer. Gumi s'enfonça un peu plus dans sa chaise, morte de honte.
Quand la pause de dix heure arriva, son malaise grandit encore : elle était seule. À côté d'elle l'idole du lycée était entourée de la moitié de la classe. Elle s'appelait Hatsune Miku, ses cheveux bleus brillaient d'un éclat magnifique. Ses yeux de la même couleur reflétaient une personnalité enjouée et avenante. Mais ce qui l'a rendu vraiment populaire était sa voix. Douce, mielleuse, elle lui a permit de devenir une excellente chanteuse. Assis sur sa table, les jumeaux Kagamine : Rin et Len. Ses plus proches amis ne la quittaient jamais, ils chantaient même avec elle. Le trio était inséparable, et connu de tous.
Gumi soupira, les larmes au bord des yeux. Depuis toute petite, elle, elle était seule. Les gens ont toujours dit qu'elle était trop bizarre, loufoque. Et elle commençait son année de première seule … comme toujours …
⁂
Toujours …
« Hey … hey !
- Quoi, quoi !?
- Mais … tu dormais !?
- Ouais … ouais ! Et alors ? »
La jeune fille secoua la tête, exaspérée. Son partenaire était un pied cassé, un flemmard ! « Quelle équipe », soupirait-elle. Elle secoua ses cheveux rose vif, et retourna guetter la route. Ils étaient dans la rue Pitch Black. De nuit. Vêtements déchirés, sweets aux couleurs flashy, leur maquillage semblait briller dans le noir.
Le noir …
La jeune fille aux cheveux roses s'appelait Megurine Luka, surnommée Meg pour les missions. Ça ne faisait pas très longtemps qu'elle avait été acceptée parmi les Matryoshkas, elle s'étonnait donc à chaque nouvelle découverte des possibilités qui lui étaient données. Déjà, les changements physiques. La peau blanchit, les yeux adoptent une nouvelle couleur, une nouvelle vue, on est plus rapide. Les marques sur le visage, ils sont faits à la main, chacun a son style. Pour les vêtements, même chose, on adopte plus souvent de vieilles friches aux couleurs bien frappantes, histoire d'être discret … Et puis, il y a les ''trucs en plus'', qui sont plus ou moins présents selon les membres. Ça va de pouvoir bouger un caillou à être capable de tuer quelqu'un alors qu'on est à 10 mètres de lui. Luka était restée au stade du caillou.
Mais tout ça, ça dépend du ''chef''. C'est elle qui active les Matryoshkas. Elle les a créé, elle les contrôle, c'est logique. On dit que, elle, c'est impossible de la voir plus de deux secondes. Elle est comme un coup de vent. Insaisissable. Les apparitions, c'est pas son genre, elle passe toujours par les Remote Control, ses deux subalternes. Des jumeaux apparemment, au moins frères et soeurs, qu'on dit, qu'il faut pas embêter. Tous des malades … La chef, elle a pas donné de surnom officiel, alors la bande s'en ai inventé pleins, jusqu'au jour où, alors qu'elle donnait des ordres, perchée à six mètres au-dessus des troupes, avec un haut-parleur, elle éternua. Chose naturelle, vous me direz. Alors on la surnomma Atchii.
Luka ne l'avait vue qu'une seule fois. Le jour où elle s'était faite intégrée au gang.
Elle était là, assise dans une chaise miteuse, un coude posé sur le genou, et le menton posé sur son poing, un air de suprématie dédaigneuse sur le visage, avec un sourire moqueur. Les Remote Control entouraient Luka, avec un air tout aussi sarcastique. La fille avait lâché un « V'là une nouvelle frimousse qui veut nous r'joindre ! » d'une voix tellement aigus qu'elle fit grimacer la fille aux cheveux roses. Et puis l'autre avait ris. Ils étaient dans une pièce, renfermée, sentant le moisi, obscure, éclairée par une minable lampe qui grésillait inlassablement. Elle voyait mal leurs visages. Mais leurs yeux, par contre, luisaient avec un éclat malsain. À ce moment là, elle avait douté.
« Je compte sur toi, Luka ! Il me faut quelqu'un parmi eux, c'est important !»
Ces paroles lui revinrent en tête, aussitôt elle se redressa, prise d'une résolution nouvelle. Son regard d'un bleu foncé très bleu était devenu tranchant, décidé. C'est ce que dû voir Atchii, car elle adopta elle aussi un air trop sérieux. « C'est bon … Tu es prise. Mais il me faut ton nom. » avait-elle lâché, avec un timbre de voix tout aussi pire que l'autre fille. « Luka, Megurine Luka. » Et puis ce fut le noir total. L'étape de transition. On avait chaud, on avait froid, on était continuellement affamé, on avait un mal de tête grisant, notre vue était trouble. C'est une période de deux à trois jours où le corps est instable, complètement hors contrôle, totalement irrécupérable. On finit toujours dans une cage. « Certains ont tué pendant cette période » avait-elle entendu dire. Tous des malades …
« Ils arrivent. » murmura-t-elle en entendant un soudain bruit de roues et de moteur s'entrechoquant.
Son partenaire hocha la tête, et se leva.
Les voitures, c'était des voitures du gouvernement.
Les clous sur la route, c'était fait exprès.
Cinq convois de ce genre sillonnaient la ville ce soir-là. On transportait des gens. Qui ? On ne savait pas trop. Tout ce que Luka savait, c'était que sur cinq convois, un transportait des armes importantes, et le futur maire de Babylon. Ça allait être mythique. Comme prévu, les voitures roulèrent sur les rangées de clous. Comme prévu, le convoi s'arrêta, un chauffeur paniqua tant qu'il fonça dans un mur. Et comme il était prévu, les Matryoshkas agirent. Le convoi comportait trois voitures, il y avait sept matryoshkas. Ils filèrent, rapides, insaisissables, se fondant dans le vent. Toutes les voitures s'ouvrirent d'un coup, avec un claquement sec. Les soldats commencèrent à serrer leurs armes contre eux, apeurés. Première explosion. L'engin du milieu s'éleva, lentement, et retomba sur le flanc en faisant beaucoup de bruit. Luka s'y introduisit vivement, elle sortit les gens qui étaient encore dedans, jeta un dernier coup d'œil, puis s'éloigna tout aussi rapidement. L'opération dura 10 secondes. Mais ce n'était pas ce que Luka voulait. De toutes parts dans le quartier, on entendait d'autres explosions, des cris, des coups de feus. Dans sa tête, elle entendait en vrac les pensées de ceux qui arrivaient à les partager. « Le troisième convoi est vide. » « On a repéré le deuxième. » « On a rien dans le premier. » « Le cinq : R.A.S. » « Les quatre voitures du deux ont sautés. » « Et le quatrième ? » « Arf, quel beau feu d'artifice ! » « L'opération a échouée ? » « Le quatre ? » « Et le quatrième convoi ? » Elle les entendait tous, se questionnant de plus en plus. Ils étaient bras ballants, sans info. Et puis … « C'est le quatrième ! Ici les Remote Control, le groupe du quatrième convoi a identifié la cible, passez l'information, on les tiens. Que tous les Matryoshkas viennent nous couvrir ! » Effusion de folie. Les hormones travaillent, l'excitation était à son comble.
« Niveau suspens, ils gagnent des points là … »
Très vite, Luka suivit son groupe. Il s'arrêtèrent au coin de la rue, et admirèrent le spectacle … Quatre voitures en feu. Des corps gisant partout : soldats mis à plat au combat. Les armes avaient été empilées dans un coin. La Remote Control gardait le tas, un air farouche dans les yeux, les bras croisés. Le futur maire était à genoux. Ses vêtements étaient déchirés, et du sang séché s'étalait sur son visage. Et, devant lui, cheveux volants dans le vent fétide imprégné de l'odeur de brûlé, la matryoshka. Ses cheveux étaient d'un verdâtre vif, son teint plus pâle que jamais. Elle portait un sweet délavé d'un vert pomme écœurant, et des gants en cuir marron pâle, miteux. Ses yeux brillaient dans le feu d'un éclat malsain, sournois. Elle ne souriait pas. Elle jaugeait son adversaire, hautaine. Au loin, les sirènes commençaient à hurler. Et puis, elle se retourna. Tout sourire. Elle tendit un bras, claqua des doigts. Le tas d'armement pris feu, puis explosa, envoyant des éclats noirs de métaux un peu partout. Le temps de fermer les yeux pour se protéger le visage des éclats, les deux filles avaient disparu. On vit juste furtivement le Remote Control tenir le menton du futur maire, un marqueur rouge dans l'autre main, et lui dessiner quelque chose sur le visage. Et il disparut. Quand les Matryoshkas se retrouvèrent dans leur QG (une vieille maison déchiquetée abandonnée à côté de la décharge de Babylon), couverts de suie, les vêtements brûlés, la peau noircie, la sueur leur collant les cheveux sur le front, ils ne disaient rien. Planant, sous le choc. On se regardait, ouvrait la bouche, pour en fait se taire. Il n'y avait rien à dire. L'opération était réussie.
Elle plissa les yeux, un demi-sourire figé sur ses lèvres. Elle s'était, tout naturellement, assise en haut d'un immeuble de quelques étages à peine, et observait la scène, sans dire mot, ni faire gestes. Elle se contentait de regarder. Les voitures brûlaient toujours malgré les efforts redoublés des pompiers, les soldats fouillaient le tas métallique à la recherche d'armes encore en état. Peine perdue. Elle se focalisa sur le futur maire, chamboulé, qui marchait par petits pas, tamponnait un mouchoir contre ses tempes, écarquillait les yeux encore sous le choc. Et puis, il se tourna, et elle pût voir son visage. Autour de ses yeux, deux ronds, et sur les coins de sa bouche se prolongeait un sourire, fait au marqueur rouge pétant. Elle rigola. Sans se retenir, elle rigola d'un rire froid, cristallin, qui déchira le silence lourd de la nuit.
Et les soldats eurent de plus en plus peur …
