Bonsoir!

Eh bien voilà, on est lancé tous ensemble les p'tits! (terme totalement affectueux!)
Je suis contente de pouvoir lire vos petites reviews et de pouvoir répondre à chacun grâce aux réponses rapides! J'espère l'avoir fait avec tout le monde, si ce n'est pas le cas, n'hésitez pas à m'en faire la remarque!

Les guests, je vous répondrai à chaque début de chapitre parce que cela me parait important!

Quelques toutes petites choses avant de commencer:

-OUI je vais finir Le fruit du désir, (ATTENTION SPOIL SUR LA SERIE:) je sais que vous l'attendez mais pour l'instant, j'ai un peu l'impression que les scénariste m'ont piqué l'idée du coeur séparé en deux (Evil Queen contre Regina...)! mdr.

-Ensuite, je sais qu'il y a une autre fic qui me trotte dans la tête et je voulais savoir si vous pensiez qu'il fallait que je la poste en même temps que celle-ci ou alors attendre d'avoir terminé Sunset? J'attends vos réponses!

Elo: ravie de te retrouver ici! Oui j'avoue que même moi en l'écrivant, j'ai trouvé la boulette d'Emma drôle et en même temps, tellement Swan! Emma est quand même le personnage qui à couché avec le fils de Milah et l'amant de Milah! Juste énorme! Bon... pour en finir comme tu sais, les mystères s'épaississent dans mes fic pour ensuite être découverts... non sans douleur! :)

Aurore et Chappy: voici la suite, en espérant qu'elle vous plaise!

On se retrouve en bas?


-Chapitre 2-

.

..

...

"La force naît de l'adversité et des souffrances."

Paul Ohl

...

..

.

Un hôpital est un endroit à deux faces. C'est mystérieux, empreint d'une odeur insoutenable pour ceux qui n'y travaillent pas et un vrai labyrinthe où même les brancardiers se perdent parfois. Emma en avait fait son sanctuaire, elle en connaissait les moindres recoins et savait exactement où chaque chose pouvait être trouvé. Les plus anciens la connaissait parce que les murs du bâtiment avait été son terrain de jeu lorsque ses parents y travaillaient, et les vieilles aides-soignantes ses nourrices.

Ce jour-là, dans le bloc 2, elle faisait de son mieux pour gérer la situation mais le cœur d'Henry semblait trouver une nouvelle farce à chaque mouvement de la blonde. Elle n'avait jamais vu des tissus aussi friables et ses sourcils froncés témoignaient de ses difficultés.

-Emma, ça fait trop longtemps ! Il faut qu'on le relance ! prévint David

-Juste une minute !

-Tu n'as pas une minute !...

Au bloc, ne vous laissez jamais déconcentrer par quoi que ce soit, les machines, les cris, les ordres, tout doit faire partie d'une mélodie qui vous aide à avancer dans votre opération, jamais vous stopper. Vous devez être à l'écoute de vos collègues, ils sont là pour vous aiguiller. Vous devez toujours savoir où vous en êtes, ne jamais paniquer, la panique ne doit pas faire partie de votre mode de travail.

Si vous paniquez…

-Emma ! Bordel ! C'est trop long ! s'écria David en regardant le moniteur.

…quittez…

Gold se leva dans la galerie et ne put que s'appuyer sur la vitre qui lui permettait d'observer ses anciens étudiants.

…le…

-Ca va le faire ! marmonna Emma, les sourcils froncés et les yeux braquant sa dernière suture.

…bloc.

Elle hocha la tête démontrant qu'elle avait terminé et tous s'activèrent. Il fallait que le cœur reparte de lui même. Ils débranchèrent la machine qui faisait le travail du muscle jusqu'à présent et attendirent.

La ligne restait plate.


Durant l'opération d'Henry, Regina avait demandé à s'installer à l'écart des autres accompagnants. Elle ne voulait pas être dans la même salle d'attente que tout le monde. Pas par vanité ou à cause d'une croyance stupide en la supériorité de sa personne mais juste parce que les gens la dévisageaient et la mettait mal à l'aise. Ruby l'avait accompagné dans un bureau qui servait habituellement aux urgentistes pour isoler un patient dangereux.

Elle avait ensuite rejoins Belle qui remplissait un dossier pile en face de la salle d'isolement.

-Y'a la lesbienne la plus célèbre de New York en face de nous…

Belle écrivit rapidement sur la feuille d'un patient sans relever le regard vers sa petite amie.

-Et tu voudrais lui proposer un plan à trois ? demanda-t-elle ironiquement.

Ruby eut un petit rire gêné.

-Elle est la mère d'un patient qu'Emma est en train d'opérer !

-Donc… c'est un plan avec Emma ?! s'enquit Belle en grimaçant.

-Eww ! Soit pas dégueu !

Belle leva finalement les yeux pour regarder la personne dont elles étaient en train de parler et elle agrandit les yeux de stupeur !

-Regina Mills est la mère du patient ? s'étrangla-t-elle.

-Ouais…

-Et ils ont laissé Emma opérer ?!

-Bah ouais ! C'est la meilleure ! argumenta Ruby en posant ses coudes sur le comptoir pour continuer sa contemplation.

-C'était la meilleure ! reprit Belle.

La brune se tourna vers sa compagne en fronçant les sourcils.

-Tu veux dire quoi par « c'était » ?

-Ruby, je sais que c'est ton amie mais… il faut être honnête… je suis étonnée qu'elle ait pu remettre les pieds ici et encore plus qu'elle ait été autorisée à opérer !

-C'était des accusations mensongères, Belle ! gronda Ruby en prenant un ton sévère.

-C'est ce que je dis, tu dis ça parce qu'elle est ton amie ! Et d'ailleurs tout le monde agis comme ça avec elle parce qu'elle fait partie des murs !

-J'en reviens pas que tu puisses dire ça !? souffla Ruby.

Belle lui lança un regard noir et secoua ses boucles brunes.

-Ruby, quelqu'un est mort ce jour-là je te rappelle ! s'agaça Belle en tendant le dossier à une de ses collègues.

-Oui ! Lili !

-On n'est pas en train de parler d'une erreur de bloc là ! Je…

-Tu sais quoi… laisse tomber ! Je parlerai pas de ça avec toi parce que… tu connais pas assez Emma pour savoir…

-Savoir quoi, Ruby ?

-Laisse tomber j'ai dis ! Je pensais vraiment pas que… enfin pendant ces deux derniers mois tu… tu me remontais le morale parce que ma meilleure amie n'était plus là, et là …

-Ruby, je te remontais le moral parce que tu es ma petite amie, mais je n'ai jamais dit que je cautionnais ce qu'avait fait Emma !

-C'est…

Ruby ne trouvait pas les mots.


-Allez ! murmura Emma derrière son masque chirurgical.

Du bout de son doigt, elle caressa la paroi ensanglantée comme pour la stimuler.


Emma fit son apparition au bout du couloir.

-Tu sais quoi, laisse tomber ! marmonna Ruby en se dirigeant vers sa meilleure amie.

Elle lui expliqua qu'elle avait mis madame le maire dans la salle d'isolement et Emma hocha tristement la tête.

Elle ouvrit la porte doucement mais malgré sa délicatesse, la mairesse tourna la tête vers elle, les yeux implorants.

Emma prit une inspiration contenue et s'avança vers elle.

-Comment va-t-il ? s'enquit immédiatement la brune.

-Asseyez-vous, je vous en prie.

Sentant ses jambes devenir molles, la brune s'aida des accoudoirs pour se réinstaller tout en dévisageant le visage de la blonde.

-L'opération est terminée… disons que tout est en place mais… il va falloir faire des analyses pour savoir pourquoi il a eu une dissection aortique… Et surtout je vais avoir quelques questions à vous poser sur le quotidien de votre enfant…

Elle laissa un petit temps pour qu'elle puisse digérer la nouvelle.

-Mais… son cœur va bien ?!

-Nous avons remplacé la partie défectueuse et…

-Oh seigneur ! salua Regina en se prenant le visage dans les mains.

Emma plaça l'une des siennes sur l'épaule de la brune et celle-ci en profita pour agripper son avant bras. Elle lui pressa affectueusement en relevant son visage vers elle.

-Est-ce que vous avez mangé ? demanda la médecin en s'attirant un regard choqué de la part de la brune.

-Je n'ai pas faim !

-Vous devez manger quelque chose, madame le maire ! Vous avez non seulement une ville à gérer mais aussi un petit garçon qui sort de chirurgie, alors je vais vous apporter un petit quelque chose le temps qu'Henry soit amené dans une chambre. Je vous emmènerai le voir une fois qu'il sera installé.

Emma se dépêcha de récupérer un sac en papier dans le frigo réservé aux malades et de le ramener à la politicienne. Elle sortit un sandwich au thon et une petite bouteille d'eau qu'elle disposa devant son nez.

-Miss Swan, vraiment je n'ai pas faim ! répéta-t-elle.

La blonde s'étonna de ne pas être appelé « docteur » mais elle ne releva pas.

-Je sais, je mets juste ça là au cas ou… il y a une compote de pomme aussi et un… cookie !

Les lèvres de la mairesse s'étirèrent en un sourire mais elle soupira bien vite en retournant son regard vers le couloir où elle aurait voulu foncer pour retrouver son fils.

-Vous avez le temps, il ne se réveillera pas tout de suite, vous savez, l'opération est vraiment épuisante pour un petit garçon de onze ans !

-Oui… Je suppose que je m'en veux un peu de ne pas l'avoir fait consulter un spécialiste avant !

Emma décida de s'asseoir en face de la mairesse afin de la rassurer.

Rassurez les accompagnants, que ce soit, un parent, un meilleur ami, un oncle, une tante, un voisin, il faut le rassurer car la culpabilité est la pire chose pour accompagner une guérison.

-Eh bien, si vous deviez lui faire un bilan complet pour chaque maladie qui peut exister… il ne sortirait jamais de l'hôpital. Plaisanta-t-elle sans réel succès.

Regina but deux ou trois gorgées d'eau pour se donner une contenance.

-Vous êtes une bonne maman ! lâcha Emma.

-Comment pouvez-vous le savoir ?

-Vous êtes le maire de New York, il y a un bal en votre honneur ce soir et pourtant vous êtes au chevet de votre petit garçon ! Vous avez accouru immédiatement en apprenant la nouvelle et surtout… vous le regardez avec ces yeux de maman parfaite !

Un rire grave échappa à la brune.

-Henry pense tout autre chose… dit-elle tristement, puis devant le regard interrogateur, elle ajouta: Avoir un petit garçon adopté, ce n'est pas de tout repos ! Je crois que parfois, c'est bien plus difficile que d'avoir un enfant à soi!

-Ah oui ?

-Eh bien… vous êtes en compétition avec les parents biologiques, même s'ils sont inexistants dans le cas d'Henry parce qu'on ne saura jamais qui ils sont étant donné qu'il a été déposé devant une caserne de pompier…

-Je parie qu'il vous dit sans arrêt que vous n'êtes pas sa mère ?! devina Emma.

Regina lui lança un regard étonné.

-Vous avez adopté un enfant, miss Swan ? fit-elle conclusion.

-Non, je suis une enfant des familles d'accueil !

Regina resta silencieuse mais le regard qu'elle posa sur Emma était brûlant de questions.

-Mes parents sont morts dans un accident de…

Quelque chose passa dans le regard de la brune et Emma grimaça.

-Je suis désolée, je… je n'aurai pas dû…

La politicienne renifla, agacée. Evidemment tout le monde connaissait son histoire ! A l'époque elle entrait tout juste en politique. Et puis… il y avait cette photo prise par une jeune journaliste… photo qui avait fait le tour de la terre en quelques heures. Depuis, chaque fois que quelqu'un évoquait un accident d'avion, une catastrophe, un attentat… on la regardait comme si elle faisait encore partie de ce cliché.

-Vous savez, murmura-t-elle, je ne suis plus cette femme sur la photo ! J'ai grandi, j'ai muri et surtout, je me suis reconstruite.

Emma hocha la tête, n'osant pas lui dire que cette photo l'avait elle-même aidé à surmonter chaque jour difficile et que ce modèle de force et de courage l'avait poursuivit comme un mantra, comme quelque chose qu'elle devait atteindre.

-Vous vous êtes reconstruite avec brio ! murmura-t-elle, incertaine d'être entendu.

Regina déchira l'emballage du sandwich et croqua dedans avant de grimacer légèrement.

-Oui… les sandwichs de l'hôpital sont dignes de la haute gastronomie ! vanta Emma.

-Humf… miss Swan, quand mon fils se réveillera, je vous emmènerai dans un restaurant gastronomique pour que vous puissiez revoir votre jugement !

Regina avala la bouché qu'elle avait mâchouillé rapidement et se tourna vers la blonde lorsque son bipeur émit un petit son.

-Je peux le voir !? devina Regina en reposant son sandwich.

-Oui, il est installé, je vais vous amener vers lui un fois que vous aurez terminé votre repas gastronomique!

Regina Mills suivit la blonde dans les couloirs de l'hôpital et la remercia encore lorsqu'elles furent devant les portes qui menaient aux chambres de réveil.

-Je vous préviens, il va être relié à tout un tas de tube et tuyaux, vous ne devez pas avoir peur… c'est pour l'aider.

Une lueur de défi apparut au fond des yeux de la mairesse, et Emma fut consciente d'avoir la politicienne en face d'elle, non pas la maman du petit garçon. Elle ne tressaillit pas une seule fois à la vision de l'enfant couvert de tuyaux, comme si c'était la chose la plus banale du monde. Elle eut même un sourire en s'approchant de lui.

-Madame le maire, ça va aller ? demanda-t-elle tout de même en fronçant les sourcils devant autant de calme et l'absence de question.

Regina s'assit sur le fauteuil qui était près du lit et le rapprocha le plus possible pour pouvoir tenir la main de l'enfant en le contemplant avec des yeux débordant d'amour.

Emma regarda autour d'elle.

-Vous avez de la famille que nous pourrions joindre ? questionna-t-elle.

-Non, ils son à l'autre bout du pays.

Emma hocha la tête. Elle aurait dû sortir de la chambre mais quelque chose la poussait à rester. Un sentiment… peut-être le personnage qu'était Regina Mills qui ne ressemblait à aucune autre mère au chevet de son fils. Elle n'avait pas l'air bouleversé, même lorsqu'elle parlait, maîtrisant sa voix à la perfection. Son visage laissait voir une force peu commune, un calme olympien.

-Vos gardes du corps sont partis ? interrogea Emma en s'approchant de la femme.

-Non, ils ne sont pas loin… ils ne sont jamais loin… sembla-t-elle se plaindre.

-Vous êtes la femme la plus importante de New York… c'est normal !

Regina esquissa un sourire en regardant la chirurgienne comme si elle voyait une enfant comprenant bien mal les rouages de la politique.

-Ils ne me protègent pas vraiment, ils protègent mes idées ! Le jour où quelqu'un d'autre aura les mêmes que moi et que cette personne sera élue à ma place… soyez certaines qu'ils ne se poseront plus la question de savoir si je suis quelque part à l'agonie.

Emma eut un air amusé.

-Je vais vous laisser ! murmura-t-elle voyant que la brune ne prononçait plus un mot.

-Merci miss Swan pour ce que vous avez fait aujourd'hui ! dit-elle avant que la blonde n'ait franchi le seuil de la porte vitrée coulissante.

Elle hocha la tête et s'éclipsa.

David l'attendait devant le comptoir des infirmières et elle lui passa devant sans prêter attention à lui.

-Emma ! On peut parler ?!

-Je croyais avoir été claire ! grogna-t-elle en continuant d'avancer.

-On va être amené à travailler ensemble et…

-Oui, collègue ne veut pas dire « ami » !

-Mary voudrait que tu viennes manger à la maison un de ces jours ?!

Emma s'arrêta si brusquement qu'il faillit lui rentrer dedans. Elle se tourna lentement vers lui et scruta son visage pour y déceler la moindre trace de plaisanterie.

-Y'a quelque chose qui tourne pas rond chez vous, hein ! Tu as essayé de me faire virer…

-Non ! se défendit le chirurgien pédiatrique.

-…Tu as participé à l'exécution de ma mise à pied…

-Emma !

-Et tu as persuadé ma propre sœur que j'étais devenue folle ! Vous étiez à deux doigts de m'enfermer en HP alors… putain ne viens pas me proposer un petit diner en famille comme si tout ça n'était qu'une vaste blague du premier avril !

-C'est Mary qui voudrait…

-Mais je m'en contre fout ! Dis lui bien qu'elle peut se carrer son invitation où je pense ! Rayez-moi de votre vie, pour ma part, je vous ai déjà rayé de la mienne.


Le Rabbit Hole abritait souvent les chirurgiens car il était idéalement situé en face du bâtiment. Will était le barmaid le plus compatissant car il soignait les blessures des chirurgiens en les écoutant et en pensant leurs plaies à l'aide de tequila et whisky. Il faisait aussi désenfler l'égo de certains et apaisait les tensions. Il les connaissait tous par leur prénom et n'hésitait jamais à en user pour qu'ils se tiennent tranquilles.

En entrant, Emma se percha sur le tabouret vide à côté de Ruby.

-David est un crétin ! commença-t-elle.

-Belle est une imbécile ! répondit l'aide-soignante.

-D'autres compliments ?! demanda Will en se plantant devant elles.

-Tes mojitos sont les meilleurs de l'état ! essaya Emma en souriant de toutes ses dents.

-Ouais mais ça, je suis déjà au courant.

-Pourquoi Belle est une imbécile ? s'étonna soudain la blonde. Il y a deux jours c'était la femme la plus parfaite du monde.

-Laisse tomber, j'ai changé d'avis ! grogna Ruby.

-En deux jours ?

-Laisse tomber, Emma ! ordonna la brune en avalant sa tequila cul sec.

Les yeux d'Emma s'arrondirent en la voyant faire et elle tordit la bouche lorsque son ami prit un air dégouté sur son visage.

-Bon alors… et ton premier jour ?!

-Eh bien... je ne sais pas vraiment s'il est terminé, j'hésite à y retourner pour surveiller le petit Mills.

-T'es sur que c'est pas la maman que tu veux surveiller ? taquina Ruby en faisant signe à Will de lui remettre la même chose.

Emma s'étonna sincèrement.

-Pourquoi je voudrais la surveiller ?

-Euh parce qu'elle est canon ! fit semblant de réfléchir la brune.

-Ruby ! C'est la mère de mon patient !

-Swan ! Comme si ça t'avait déjà dégouté !

-Jamais lorsqu'il y a un lien avec mes patients !

-La femme du charpentier de l'Iowa ? énonça Ruby en levant son index.

-Ouais mais...

-La fille de la vieille au pacemaker qui déraillait?! continua-t-elle en levant un autre doigt.

-Ouais, elle était vraiment hot, elle!

-Le mec de la pimbêche qui faisait que de se mettre du vernis toute la journée ! acheva-t-elle en soulevant un dernier doigt.

-C'était un sacré bon coup ! gémit la blonde.

-Peut-être que Mills aussi !

Emma soupira et tendit son verre à Ruby.

-T'es vraiment incorrigible!

-Hum... Putain Swan, si t'étais pas ma meilleure amie, je t'aurais déjà emmené chez moi, là, tout de suite!

Emma fronça les sourcils et bloqua le bras de sa meilleure amie qui portait son verre à ses lèvres.

-Attends, il se passe quoi avec Belle?! Je croyais que c'était sérieux entre vous, ça fait genre... un million d'année!

Ruby se tourna face à son amie et soutint sa tête à l'aide de sa main. Elle scruta le visage d'Emma réfléchissant à ce qu'elle pouvait lui dire.

-Belle n'est pas de ton côté! lâcha-t-elle tristement

-De mon côté?! répéta Emma en secouant la tête rapidement. Ruby sois plus claire!

-Belle pense que tu as quelque chose à voir avec la mort de Lili.

La blonde se renfrogna et laissa son propre bras retomber sur le comptoir. Puis, elle haussa les épaules.

-C'est pas pour ça que c'est pas quelqu'un de bien, des tas de gens à l'hôpital me voient comme responsable, ils pensent que j'ai manipulé tout le monde pour arriver à mes fins mais c'est pas pour ça que je ne leur parle plus!

-Tu ne parles plus à David et Mary! fit remarquer la brune.

-C'est différent! répliqua durement Emma. Ils ont fait de ma vie un enfer!

-Quoi qu'il en soit, je vois pas à quoi ça sert de continuer avec Belle si elle peut pas se rendre compte de la femme formidable que tu es! Je vais donc m'amuser ce soir et dans deux minutes je vais aller parler à cette petite brune là-bas.

Emma suivit son regard et poussa un gémissement plaintif.

-Dorothy?! Oh Ruby, je t'en prie... arrête tes conneries! Belle pense peut-être que j'ai tous les tords, et alors? Elle t'aime, tu vis pas une histoire d'amour pour moi! Tu la vis pour toi, alors reste avec Belle, elle est jeune, jolie, gentille et surtout, elle n'est pas un plan cul! Alors fais pas de connerie!

-Emma, elle pense que tu as tué ta soeur!

-Lili n'était pas ma soeur, premièrement. Et deuxièmement, je m'en fout! Ecoute, tout ce qui m'intéresse, c'est qu'elle te rende heureuse et elle le fait à merveille! La femme de ta vie ne sera pas systématiquement d'accord avec toi et dieu merci parce qu'entre nous, t'es pas facile tous les jours!

Ruby ouvrit la bouche en prenant un air outré.

Le bipeur d'Emma interrompit la conversation et elle se leva rapidement.

-Je retourne voir Mills, et je te laisse fantasmer là-dessus ! minauda-t-elle en s'éclipsant après un signe de la main vers Will.


Emma, après être passée à son bureau pour remettre son uniforme de chirurgien, entra dans la chambre du petit garçon où des aide-soignants et infirmiers s'occupaient déjà de lui. En voyant Emma, il lui envoya un sourire radieux et tendit la main pour qu'elle lui tape dedans. Regina leva les yeux au ciel malgré son sourire soulagé. La jeune femme prit les constantes de son petit patient et après s'être assuré que tout allait bien, elle le couvrit pour qu'il n'ait pas froid. Elle permit à madame le maire de s'assoir près de son fils et après qu'ils aient échangé quelques phrases, elle se permit de les interrompre.

Il faut absolument expliquer au patient, que lorsqu'il sort de sa première chirurgie, ce n'est que le début d'autre chose. Ca peut être des analyses, un traitement, une série de chirurgies, quoi qu'il en soit, ce qui va suivre va forcément avoir un impact sur sa vie et sur la vie de la personne qui l'accompagne. Notre rôle en temps que médecin, en tant que chirurgien, est de s'assurer que tout est clair et que le patient ne se fait aucune illusion. Après, lorsque vous traitez un patient mineur, vous devez respecter l'avis des parents. S'ils ne veulent pas que le patient soit au courant de certaines choses, vous n'avez pas le choix, vous devez impérativement obéir au parent.

Emma expliqua tout: Henry allait rester à l'hôpital durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Il fallait s'assurer que la prise de bétabloquants et d'inhibiteurs calciques soit efficace. Elle allait multiplier les échographies pour être certaine que tout allait bien. Il allait falloir faire des analyses plus poussées parce qu'une dissection aortique à un si jeune âge n'était pas banal. Elle précisa qu'Henry avait eu beaucoup de chance que les médecins urgentistes aient été suffisamment rapides pour penser à une dissection. Elle plongea son regard dans celui d'Henry lorsqu'elle avoua qu'il allait forcément avoir des examens douloureux, et dans ceux de la mairesse pour dire qu'il allait avoir besoin de soutient.

Les orbes sombres de la brune ne laissaient rien paraitre. Encore une fois, elle semblait neutre, comme si tout ce que lui disait Emma ne pouvait pas l'atteindre et la blonde fut soudainement déroutée en se rendant compte qu'elle avait un vrai roc en face d'elle. Regina avait raison, le 11 septembre 2001 l'avait rendu forte... voire inaccessible, intouchable.

Henry se sentit soudainement fatigué et Emma proposa de poursuivre la conversation avec sa mère dans le couloir.

Un hôpital de nuit, ne vivait pas forcément de la même façon qu'un hôpital en pleine journée. Si les médecins étaient tout aussi nombreux, il y avait moins d'accompagnant et le lieux semblait terriblement paisible. Seulement, en présence du maire de New York, tous les regards étaient braqués sur elle, et toutes les conversations à voix basse s'accéléraient sur son passage. Emma fronça les sourcils en s'en rendant compte et durant quelques secondes, elle se demanda si c'était la mairesse ou elle qui faisait tant parler. Elle décida d'ignorer ses collègues et s'installa sur un banc le long d'un couloir.

-Comment vous sentez-vous? demanda-t-elle en fixant le visage de la brune.

-Je suis heureuse que mon fils aille bien!

Emma plissa les yeux. En bonne politicienne, Regina ne répondait pas vraiment à la question mais donnait suffisamment à se mettre sous la dent.

-Nous allons démarrer les premiers tests dans deux jours, prévint-elle. Nous préférons que les parents n'assistent pas aux examens parce que nous voulons que l'enfant ne les assimile pas aux douleurs qu'il peut ressentir. En revanche, après l'examen, vous êtes la bienvenue pour le consoler, l'entourer, l'encadrer. Madame le maire, ça risque de ne pas être facile pour vous de gérer tout ça et...

-Comment ça pour moi?

Emma eut un petit sourire en voyant la brune se mettre sur la défensive.

-Vous êtes le maire de New york et vous avez un emploi du temps chargé et...

-Mon temps s'est toujours partagé entre mon fils et mon travail, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de même aujourd'hui.

Après discussion avec la mairesse, Emma comprit vite que rien dans l'environnement d'Henry n'avait pu provoquer cette dissection. Il vivait sainement et n'avait aucune carence qui aurait pu faire flancher son métabolisme. Néanmoins, si elle voulait écarter la cause de l'environnement, il fallait qu'elle ausculte une personne vivant avec lui tous les jours.

-A cette heure-ci, vous faites encore passer des examens à vos patients, miss Swan?! gronda Regina en la suivant dans une salle d'auscultation. Ca devrait être parfaitement interdit! A moins que vous n'essayiez de déshabiller la fameuse mairesse lors du premier rendez-vous!?

Emma manqua s'étrangler avec sa salive.

-Hein?! Mais... pas du tout... je... est-ce que... je... je ne savais pas que c'était un rendez-vous! trouva-t-elle à rétorquer.

Regina eut un petit rire grave en posant son sac à côté du brancard sur lequel elle allait se faire examiner.

-Du calme, miss Swan, c'était une plaisanterie!

-Ah...

Elle ne trouva rien de mieux à répondre, un "ah" à moitié soulagé et perplexe. Tout en préparant son échographe, Emma lui demanda de retirer sa chemise et la brune ne parut pas plus gênée que ça.

-Si vous voulez que je retire plus, il va falloir fermer la porte à clé! informa-t-elle avec un demi-sourire.

Emma se dirigea alors vers le verrou et scella la porte.

-Pour l'examen, c'est mieux si vous enlever votre soutient gorge, dit-elle platement.

La mairesse haussa les sourcils et perdit de sa contenance, elle n'avait plus ce petit air plaisantin. C'était la première fois que la politicienne perdait un peu de sa superbe.

Emma la laissa s'allonger, les mains cachants sa poitrine et le regard fixant un point de la pièce. Sans oser regarder plus longtemps, Emma lui demanda de tourner le dos à la machine car c'était à cet endroit qu'elle allait s'installer. Elle procédait toujours de cette manière car non seulement elle trouvait l'examen plus simple comme cela et en plus cela permettait au patient d'être plus à l'aise s'il lui tournait le dos; elle n'avait qu'à passer son bras au dessus du buste pour accéder à sa poitrine.

Malgré sa conscience professionnelle, Emma ne put s'empêcher de détailler le dos fin et joliment dessiné de la femme. Sa colonne parfaitement droite formait un creux délicat et sa peau semblait être douce au toucher. Elle secoua ses boucles blondes et appliqua le gel sur le pommeau de l'échographe avant de passer un bras par dessus le buste de la brune pour venir le caler au dessus de son sein gauche. Elle nota le sursaut que fit le maire lorsque le gel s'imprima sur sa peau mais ne fit aucun commentaire. Elle se concentra sur l'écran qui lui renvoyait des images parfaites du coeur de la jeune femme.

-Tout va bien, madame le maire? demanda-t-elle après de longues minutes de silence.

-J'attends que vous me donniez votre verdict.

-Pour l'instant, je ne vois rien d'anormal mais comme c'est un examen où je dois vraiment observer une grande partie du coeur, je crois que ça va durer encore plusieurs minutes, je suis désolée.

Regina leva la tête, le temps de remettre ses cheveux correctement et se racla la gorge.

-D'accord. Répondit-elle seulement.

Au fond, il n'y avait rien de glamour, juste un petit examen médical comme Emma en pratiquait souvent mais pour la première fois, le contact de son bras avec la peau des flancs de sa patiente la gênait. Elle se dépêcha de finir et tendit un rouleau de papier pour que Regina puisse enlever tout le gel qu'elle avait sur la poitrine. Elle se détourna pour enlever ses gants.

-Bon, je ne vois rien qui infecterait votre coeur, vous semblez en parfaite santé de ce côté là, il y a donc vraiment peu de chance que ce soit environnemental en ce qui concerne Henry.

-Ce veut dire qu'il ne reste plus que la génétique, en déduisit tristement la brune en remettant sa chemise.

-Eh bien... il y a de grandes chances oui...

-Et qu'est ce que cela induit?

-Des tests, de nombreux tests et surtout un traitement à vie et des examens réguliers!

-Je crois que j'ai besoin d'un verre! marmonna Regina en remettant sa veste.

Emma esquissa un sourire discret puis pinça les lèvres. La mairesse déverrouilla la porte avant de se retourner contre elle sans l'avoir ouverte.

-On m'a dit que c'était votre premier jour après deux mois de mise à pied...

Le regard d'Emma se durcit immédiatement et ses sourcils se froncèrent, elle était prête à se défendre corps et âme.

-Ouais...

-Pour un premier jour, je trouve pas ça si mal, miss Swan!...


Ruby n'avait pas bougé, la seule différence était les verres qui s'empilaient devant elle et son dos un peu plus vouté qu'auparavant.

-Hey Rubs! interpela Emma. Faudrait peut-être songer à arrêter de boire pour ce soir! Je te rappelle qu'on retourne au travail à 7h demain!

-Ouep! Je séé blien! Mais figure oi que je e pose encore la questiiion de savoir si je ranène Dorothy ou si je rentre sagement retrouver Belle...

-Vu ton articulation approximative, je dirai que Dorothy n'est vraiment pas un bon choix!

Ruby soupira longuement et lança un regard torve à Emma. Sa meilleure amie ne lui laissait jamais faire de mauvais choix.

-Pffff... ouais... putain... j'vais prentre un taxi et retrouver Belle. Mais j'te jure qu'elle va m'entendre!

-On n'en doute pas, Ruby! s'exclama Emma en lançant un regard complice vers Will tandis que la brune s'éloignait en faisant un signe de la main de laquelle elle tenait son sac, lui donnant un côté désarticulé.

Le barmaid lui déposa un verre devant le nez et le remplit de Rhum ambré.

-Allez Emma, un petit toast pour ton retour! dit-il pour qu'elle seule l'entende.

Elle coula son regard vers l'extérieur du bar et tomba sur une silhouette fine sortant de l'hôpital, accompagnée de deux colosses qui ouvrirent une voiture pour laisser la petite silhouette monter à l'intérieur.

-A Neal! déclara amèrement Emma en portant le liquide brûlant à ses lèvres.


Promis, vous en apprendrez plus sur la vie passée de nos deux héroïnes dans le prochain chapitre!