Bonjour à tous,
tout d'abord mille excuse pour l'attente mais j'ai eu pas mal de problèmes pour écrire ce chapitre. J'ai besoin de savoir ce que vous en pensez afin de m'améliorer.
La bise!
Angels-sama: Dans ce chapitre, tu comprendras pourquoi Ruby est ainsi. Pour David et Snow, ça devrait se préciser un peu aussi. Pour Regina et 2001, je croyais que le message était suffisamment clair dans le précédent chapitre, mais s'il ne l'était pas pour toi, je n'ai aucun doute sur le fait que tu le verras clairement dans celui-ci. Continue de balancer les idées dans ta tête.
chappy:Merci! Continue de me donner tes impressions!
Aurore: Quel honneur! J'espère rester dans le top10 ^^
Elo: Eh bien, je ne posterai que des OS, pas d'histoire en même temps car effectivement, je pourrai finir par me perdre... Je pense qu'il y en aura beaucoup d'autre, des moments où elles seront prises à leur propre jeu car elles sont arrogantes toutes les deux! Pour Lili, tu en apprendras un peu plus dans ce chapitre. :D Pour les parties médicales, j'ai fait des recherches, oui, beaucoup! ^^
Me and myself: Ce n'est pas un mélange de Grey's et OUAT, c'est du OUAT dans le milieu médical ^^. Pas de personnage de Grey, pas d'allusion, pas le même hôpital, pas la même ville, pas de lieu commun. :D Contente de te retrouver sur cette fic! Je ne ferai pas péter d'autres fiction mais je ferai péter des OS ^^ ahah!
Encore une fois, si j'oublie de répondre à certains, n'hésitez pas à me le faire savoir!
On se retrouve en bas?!
-Chapitre 3-
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"Les blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous."
Stanislaw Jerzy Lec
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Regina déposa son stylo en or blanc sur le dossier qu'elle était en train de lire et se pinça l'arête du nez à l'aide de son pouce et de son index. Elle quitta ses lunettes qui devenaient gênantes pour son pseudo massage et ferma les paupières. Les stores de son bureau étaient entièrement baissés et elle ressentit un besoin vital de voir l'extérieur. Elle se leva en une fraction de seconde pour tirer sur les lignes de perles qui permettaient d'ouvrir les bannes.
La vue sur New York était époustouflante et même si l'absence des deux tours était toujours un crève cœur pour elle, elle ne se lassait jamais de regarder le paysage du soleil couchant sur les hauts buildings avec Henry. D'ailleurs, elle était persuadée que de sa chambre d'hôpital, il était en train de faire la même chose qu'elle.
Elle s'appuya contre son bureau et croisa les bras sur sa poitrine pour regarder les couleurs chatoyantes du ciel dans une position qu'elle jugeait confortable.
Un remue-ménage de l'autre côté de la porte vint troubler son calme relatif et elle se redressa en reconnaissant la voix qui se rapprochait.
-Allons, il s'agit de ma fille, vous n'allez tout de même pas m'empêcher de la voir ! rugit Cora Mills en entrant sans s'annoncer.
-Madame Mills ! Je… madame le maire je suis désolée, il a été impossible de vous prévenir… elle a débrancher mon téléphone ! dénonça la secrétaire avec un visage encore bouleversé.
-Ce n'est rien Beth, rassura la brune en lançant un regard courroucé à sa mère.
-Vous voyez ! Pauvre idiote, je vous l'avais dit ! S'évertua Cora en levant exagérément les yeux au ciel.
-Mais…
-Ca ira, Beth, merci ! congédia Regina avec douceur.
Une fois que la porte fut refermée, Cora se dirigea immédiatement vers le mini-bar de sa fille pour se servir un scotch. Les origines irlandaises de sa mère se renforçaient étrangement à chaque visite à New York.
-Oh ! Regina, combien de fois t'ai-je dis de mieux choisir tes domestiques !?
-Au moins un million de fois, mère ! répondit Regina en la regardant déposer le verre sur la table basse qui séparait deux canapés de cuir d'un blanc immaculé.
-Et comme d'habitude, tu n'en fais qu'à ta tête ! gronda gentiment Cora en s'avançant vers sa fille. Tu es bien la digne fille de ta mère !
Regina esquissa un sourire amusé et accepta l'accolade que sa mère lui fit.
-Dois-je te rappeler que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle et que les domestiques n'existent plus ?! rappela-t-elle en se détachant de sa génitrice.
-Dans ce cas, tu ferais bien de virer ton employer ! ajouta l'autre en gardant les épaules de sa fille dans ses mains. Ma chérie, je suis venue dès que j'ai su pour Henry… Comment va-t-il ?
Regina et sa mère n'avait pas toujours entretenu des rapports aussi bons. En effet, si la brune devait se souvenir de son enfance et de son adolescence, elle ne se rappelait que de querelles, de paroles blessantes et de gifles à chaque mot trop haut. Cora était la mère bien trop sévère que redoute toutes les jeunes filles et les jeunes femmes mais à la mort de son mari, il avait bien fallu apaiser les choses.
Si la sœur de Regina avait toujours été la plus docile, Cora n'avait pas moins à cœur la carrière politique de la brune et elle s'y était lancée corps et âme, faisant bénéficier sa fille cadette de sa notoriété et de sa propre carrière politique.
Cependant, lorsque Regina avait avoué son homosexualité à sa mère, celle-ci s'était sentie trahie et avait de nouveau mis des distances avec sa fille. Dans le monde politique, avoir une fille homosexuelle semblait être bien pire que de l'être et cela avait mis un frein à sa vie politique. Bien entendu, Cora avait su tirer partie de cette annonce médiatisée et elle était retombée sur ses pattes, mais la confiance mère-fille avait été affaiblie une nouvelle fois.
Et puis, il y avait eu Henry. Cora, grâce à lui, avait fini par se rendre compte qu'à continuer avec son mépris l'éloignerait à tout jamais de sa fille. Sa mère avait vraiment bataillé pour retrouver sa confiance mais depuis quatre ans, elle était revenue dans sa vie sans jamais perdre une occasion de se faire pardonner les erreurs du passé.
Regina se détacha totalement de sa mère et s'installa dans le fauteuil blanc pour la laisser reprendre place face à son verre de scotch.
-Il a subi sa première chirurgie il y a cinq jours et il trouve ça, je cite : « trop cool ». Il mange correctement, demande sans arrêt à lire ses comics préférés et surtout, il écrit toujours ses contes où je suis la méchante, alors je suppose qu'il va bien !
-Ma chérie, pourquoi ne m'as-tu pas appelé ?!
-Je savais que tu étais en campagne au Texas, alors…
-Et tu n'as pas pensé que je préférais être vers toi plutôt qu'avec des bouseux fans de rodéos ?!
Regina retint un rire de passer ses lèvres mais imaginer sa mère dans le publique d'un rodéo était des plus comique.
-Je peux savoir qui a eu l'indécence de te prévenir sans m'en avertir ?
-Ta secrétaire !
Regina sursauta et secoua la tête sans comprendre.
-Ma… tu veux dire que tu as martyrisé ton informateur ?! balbutia-t-elle en tendant un doigt vers la porte par laquelle la pauvre secrétaire s'en était allé quelques minutes plus tôt.
-Regina, je t'en prie, c'est moi qui t'ai appris à faire de la politique alors ne fais pas comme si tu étais née de la dernière pluie !
-Mère, tu ne peux pas agir comme ça ! soupira la brune.
-Mais enfin, s'il faut que je compte sur toi pour me donner des informations, je peux toujours attendre !
Regina se retint de justesse de lui rétorquer qu'elle était la seule responsable si elle n'avait aucune information sur la vie de ses filles car sous le couvert d'agir pour leur bien , elle faisait des dégâts bien trop souvent et entrainait parfois plus de blessure que de bien être.
-De toute façon, je me doutais bien que tu ne serais pas heureuse de me voir accourir pour toi, c'est pour ça que je ne reste que deux jours, ma chérie. Je te laisse la liberté dont tu as besoin mais j'avais besoin de savoir que toi et mon petit fils alliez bien !
-Détrompe-toi, mère, souffla Regina en se penchant pour attraper la main de Cora. Je suis heureuse que tu sois là aujourd'hui !
Cora se permit de remettre une mèche en place sur l'épaule de sa fille et tapota sa joue en sentant l'émotion s'emparer d'elle.
-Bien, allons rendre une visite à mon petit fils préféré !
Regina se leva en même temps qu'elle et remit sa jupe en place tout en laissant échapper un petit rire.
-Heureusement que Zelena a eu une fille, sinon tu n'aurais pas pu faire cette blague à chaque fois que tu le voulais ! lança-t-elle.
Emma enchainait sa troisième nuit consécutive et comme à chaque fois, avant de commencer son service, elle passait dans les chambres de ses différents patients. Celle du petit Mills ne faisait pas exception et elle aimait beaucoup aller le voir parce que le service pédiatrique était un de ses préférés. Elle avait d'ailleurs une spécialité en cardiologie pédiatrique que peu de ses congénères pouvaient se vanter d'avoir. Cette voix avait été une évidence pour la petite blonde qui avait passé des années à être trimballée de famille en famille avec sa sœur Mary-Margaret. Elles avaient toutes les deux développées des dons pour communiquer avec les enfants les plus difficiles; Mary avait voulu devenir professeur en se dissociant totalement du métier qu'exerçaient leurs parents. Quant à Emma, elle avait tout fait pour se hisser à leur niveau. Ces derniers temps, elle se demandait souvent ce qu'ils penseraient de sa séparation avec Mary… Comment auraient-ils pris la chose ?
Elle arrivait vite à la conclusion que s'ils avaient été là, elle n'aurait pas rencontré Lili, et donc la question ne se serait jamais posée.
En effet, elles avaient rencontré Lili dans une de leur famille d'accueil.
Ce n'était pas une bonne fréquentation mais Emma s'était prise d'affection pour elle, entrant même souvent en conflit avec sa sœur biologique pour défendre la petite brune. La relation entre Emma et Lili avait très vite été fusionnelle, ambigüe et incomprise, mais si elles n'avaient jamais franchie la limite, toutes les deux en avait eu, à un moment de leur vie, très envie. C'était comme ça, Lili débarquait, Emma faisait de mauvais choix. Mary s'interposait et toujours, Emma prenait la défense de Lili.
Puis, Emma avait décidé de faire « de grandes études » et Lili l'avait conforté dans ce choix. Elle l'épaulait et la réconfortait lorsque les élèves de premier année lui disaient qu'elle ne pourrait pas réussir parce qu'elle était une fille, Lili était là pour lui remonter le moral et si Mary s'y employait aussi, elle ne trouvait pas les mots justes aussi bien que Lili.
En dehors de ça, à la faculté de médecine, Emma avait un groupe d'ami solide. Graham et Neal étaient les trublions du groupe. Ne résistant jamais à une bonne farce, ils avaient souvent attiré des problèmes à leur petite troupe mais jamais aucun d'eux n'avait été rancunier. David avait intégré le groupe un peu plus tard et s'il avait tout de suite été protecteur avec Emma, il l'avait encore plus été lorsqu'il avait rencontré Mary-Margaret, tombant peu à peu amoureux. Sous les yeux d'Emma, ils avaient construit leur nid et avait toujours fait en sorte de l'inclure quelque soit l'heure, le moment…
Les années étaient passées et tout avait changé. Lili et Neal étaient morts, David ne protégeait plus Emma, et Mary s'éloignait de sa sœur en voulant la retenir. Seul Graham gardait sa position stable en épaulant Emma.
Lorsqu'elle entra dans la chambre du petit garçon, celui-ci était en train de dessiner sur un énorme livre. A son entrée, il leva les yeux vers elle et se détendit en voyant qu'il s'agissait de sa chirurgienne préférée.
-Hey Gamin !
-Salut !
En regardant de plus près, Emma vit qu'Henry était en train d'illustrer une page en face de laquelle de fines lignes d'écritures s'étalaient.
-C'est des devoirs ? demanda-t-elle.
Henry haussa les épaules et un peu gêné, il répondit par la négative.
-C'est juste… ce qu'il y a dans ma tête ! Des histoires un peu modifiées…
Emma fronça les sourcils en s'asseyant sur le bord du lit.
-Des histoires modifiées ?
-Oui… je prends des contes de fée et je les modifie pour qu'ils me parlent un peu plus ! Je place dans les personnages, des gens que je connais !
-Oh ! C'est super intéressant ça, et c'est très bien trouvé ! félicita Emma en étant réellement impressionnée par la vivacité d'esprit de l'enfant.
-Merci ! Celui-ci, c'est un nouveau ! C'est celui que je fais depuis que je suis à l'hôpital, il y a des personnages qui ne changent jamais, comme ma mère, ma grand-mère, et puis… il y a des personnages qui se rajoutent !
-Tu me montres ?
Henry tourna les pages de son livre pour arriver début où des petites vignettes étaient collées avec des noms inscrits juste en face. Comme s'il s'agissait d'un récapitulatif des personnages de son histoire.
-Mary-Margaret est Blanche-Neige ?!
-Ouais ! Elle parle tout le temps aux oiseaux à l'école et elle nous apprends à ne jamais répondre par la colère !
-Mmh…
-Tu l'appelles Mary-Margaret ?
-Euh… oui… bafouilla Emma en ne souhaitant pas s'étendre sur le sujet. Et donc… le docteur Nolan est…
-Prince Charmant ! Blanche-Neige a été persécuté par la Méchante Reine et Charmant l'a beaucoup aidé !
-Oh !...
Emma repéra la photo de Ruby et éclata de rire.
-Ruby est le petit chaperon rouge !?
-Oui ! Elle peut être très féroce et en réalité, le petit chaperon rouge n'a jamais été mangé par le loup ! Il est le loup !
-Comme… un loup-garou ?
-Oui c'est ça !
-Et là, qui est-ce ?
-Ma grand-mère, tu l'as vu avant hier ! Tu te rappelles ? demanda-t-il. Une fois qu'elle eut acquiescée, il reprit : c'est la reine de cœur ! Elle, elle vole des cœurs, elle a volé celui de maman il y a très longtemps et si maman a réussi à le récupérer, elle n'a jamais plus été la même !
-Et ta mère, qui est-elle ? s'enquit Emma en cherchant du regard une photo de la petite brune.
-La méchante Reine ! dit-il sombrement.
Emma se figea et attendit une explication de la part du petit garçon. Comme elle ne venait pas, elle prit la parole.
-Henry, pourquoi ta mère est la méchante reine ?
-Parce qu'elle m'a volé à un couple de paysans…
Emma préféra changer de sujet, notant cependant que les relations mère/fils n'étaient pas au beau fixe.
-Et moi ? Qui suis-je ?
-Toi, tu es la Sauveuse !
-La Sauveuse ? s'étonna Emma.
-Oui ! la méchante Reine, avec ses mauvaises actions, a abimé mon cœur mais toi, tu l'as guérit et maintenant je vais beaucoup mieux !
-Eh bien, tu es plein d'imagination, Henry ! s'extasia-t-elle devant lui. Maintenant, que dirais-tu si j'écoutais ton cœur ?
Il la laissa faire l'examen sans rechigner et elle s'éclipsa pour retrouver de nouveaux patients. En sortant de la chambre, elle aperçut la mairesse dans le couloir qui discutait avec Ruby.
A bien l'observer, Henry n'avait pas tord en la plaçant sous le titre de Reine… Elle avait ce port altier, cette finesse dans ses mouvements, et cette voix grondante qui pouvait figer n'importe qui et cette démarche...
-Miss Swan, vous venez de voir mon fils ? demanda-t-elle en s'arrêtant près d'elle.
-Euh… oui…
-Comment va-t-il ?
-Son état est stable et je dirai même qu'il est en bonne voie pour rentrer à la maison.
Les lèvres de la brune s'étirèrent en un sourire.
-Parfait.
Emma s'eclipsa mais alors qu'elle n'avait fait que trois pas, elle fut interpellée par la politicienne.
-Au fait, je vous dois un déjeuner !
-Pardon ?!
-Je vous ai promis un déjeuner dans un restaurant gastronomique !
Emma pinça ses lèvres en un sourire contenu mais le ravala lorsque la brune entra dans son espace personnel.
-Je suis très sérieuse, Miss Swan !
-Eh bien… je suppose que oui.
Regina haussa les sourcils et transperça la blonde de son regard ravageur. « La méchante Reine, oui », songea Emma en se reculant d'un pas, gênée par la proximité avec la brune.
-Demain ? Mademoiselle Lucas m'a dit que vous étiez de nuit, aujourd'hui.
-C'est exact !
-Dans ce cas, venez à la mairie, demain à treize heures, cela vous laisse le temps de vous reposer toute la matinée afin d'être en forme pour moi !
-En form… s'étrangla Emma, provoquant un rire grave chez Regina.
-Vous êtes tellement facile à impressionner Swan ! conclut-elle en se détournant pour entrer dans la chambre de son fils.
Non, habituellement, non ! Elle avait attéri assez de fois chez les flics avec Lili pour savoir qu'elle n'était pas impressionnable, elle correspondait plus à la catégorie tête brûlée… Figée au beau milieu du couloir, elle plissa les yeux. La maire jouait avec elle, c'était évident ! Elle le savait puisque habituellement, c'était elle qui faisait des sous-entendus, mettait ses futures conquêtes mal à l'aise et laissait les gens plantés au beau milieu de nulle part.
Elle secoua la tête, cela faisait une semaine qu'elle avait rencontré Regina Mills, et même si elle avait été habituée aux histoires d'un soir, celle-ci lui paraissait trop rapide… Peut-être parce qu'il s'agissait du maire, ou parce que c'était la mère de son patient préféré du moment, ou encore – et sans doute – peut-être parce qu'elle avait admiré la photo de Regina durant des années et que l'impression qu'elle avait eu de la connaître rien qu'avec ce cliché était en train de s'effondrer.
Néanmoins, le lendemain, elle fut devant le bureau du maire à treize heures, elle avait profité des quelques heures après son service pour se reposer et se préparer à ce repas. Elle avait changé trois fois de tenues et avait opté pour un T-shirt gris et une veste en cuir marron assortie à ses bottines desquelles un pantalon slim gris foncé s'extirpait pour mouler ses cuisses parfaitement.
Elle s'annonça auprès de la secrétaire qui la regardait d'un œil noir et attendit en faisant le tour des tableaux suspendus aux murs.
Regina sortit de son bureau en trombe, un air furieux plaqué sur le visage.
-Beth, je vous avais demandé d'annuler tous mes rendez-vous entre midi et deux ! pourquoi est-ce que vous êtes en train de me déranger ?! demanda-t-elle en s'agrippant au bureau de sa secrétaire.
-Celui-ci n'était pas sur votre agenda, madame le maire ! souffla Beth en pointant son regard sur Emma.
La brune se retourna vivement pour fusiller du regard la personne qui venait l'importuner.
-Oh… Miss Swan ?!
-On avait rendez-vous pour déjeuner ! argumenta Emma en se plantant devant elle, les mains dans les poches et un sourire enfantin sur les lèvres.
Le visage de la brune changea soudain.
-Oh… oui…Oh mon dieu !
-Vous êtes occupée ? demanda la blonde en tordant le cou pour apercevoir l'intérieur du bureau de la jeune femme.
-Eh bien, je suis désolée Miss Swan mais, il s'avère que je ne peux pas vous recevoir aujourd'hui, je suis désolée…
-Ah… eh bien, ce n'est pas grave…
La blonde remarqua les yeux brillant de Regina et s'inquièta soudainement.
-Est-ce que… est-ce que tout va bien, madame le maire ?
-Oui, bien sûr, j'ai juste… un million de choses à régler et… le sénateur Katherine Abigail est dans mon bureau pour que nous réglions certains points…
-Oh… voulez-vous que j'attende un peu ?
-Non ! s'écria-t-elle. Non miss Swan, je crains que nous devions repousser ça à un autre jour…
Emma se força à ne pas paraître déçue.
-D'accord ! lança-t-elle.
-Je suis sincèrement désolée, souffla-t-elle alors que la blonde baissait les yeux.
-Ce n'est pas grave, vous avez beaucoup de travail, je comprends… on remettra ça !
Elle se détourna et partit en faisant un petit signe de la main à la secrétaire.
Regina pivota sur elle-même et lui jeta un regard glacial alors qu'elle répondait au signe d'Emma.
-Allez prendre votre pause déjeuner ! gronda-t-elle.
-Bien madame le maire… marmonna Beth.
La brune retourna dans son bureau et fit claquer la porte derrière elle. Aussitôt, des mains s'imprimèrent sur ses hanches fines pour lui relever sa chemise. La bouche de Katherine trouva rapidement le cou parfumé de Regina qui poussa un soupire de plaisir.
-Un million de choses à régler ?! s'étonna Katherine en pouffant contre les lèvres à demi-ouvertes.
Regina la repoussa pour avancer félinement entre ses deux canapés. Elle se pencha légèrement pour attraper la bouteille de vodka pomme que Katherine avait ramené de son voyage diplomatique. Sans prendre le soin de verser le contenu dans un verre, la brune porta directement le goulot à sa bouche pour laisser le liquide dévaler sa gorge.
-Eh bien, il y a au moins un million de choses que tu pourrai me faire dans cette pièce! lança Regina en tenant la bouteille par le col. Elle s'amusa à passer son pouce sur la bague en verre d'où s'échappait une odeur d'alcool fort, puis elle y fit doucement entrer la pulpe de son doigt.
Les pupilles de Katherine se dilatèrent et elle avança d'un pas décidé vers la brune pour entourer sa taille d'un bras puissant afin de coller leur deux corps l'un contre l'autre. Elle prit la bouteille des mains de la mairesse et avala une ou deux gorgées avant de plaquer ses lèvres contre les siennes.
-Tu m'as manqué Regina! susurra-t-elle en se laissant tomber sur le canapé.
-Continue ! ordonna Regina en relevant elle-même sa jupe pour se mettre à califourchon sur elle.
Le regard de la blonde s'attarda quelques secondes sur le geste que faisait la politicienne et alors que la mairesse portait de nouveau la bouteille à ses lèvres, elle s'empressa de répondre à ses demandes.
-Putain tu m'as manqué!
Le lendemain matin, Emma n'avait pas commencé son service depuis dix minutes, qu'elle croisa Regina dans le couloir principal.
-Miss Swan, salua-t-elle d'un signe de tête.
-Madame le maire.
Regina continua son chemin comme si de rien n'était, puis, elle fit volte-face soudainement et se posta à côté de la blonde.
-Euh… je peux vous aider ? proposa Emma.
-J'ai une soirée mondaine ce soir, où tout le gratin de New York va attendre mon discours avec une impatience feinte…
Emma la regarda sans comprendre avant de sourire d'une façon charmante.
-Vous aviez dans l'idée que je vous remplace ?
Même si Regina émit un petit rire, elle ne sembla pas trouver la plaisanterie du meilleur goût.
-Non, seulement je n'aurais pas le temps de repasser par l'hôpital avant, alors je voulais savoir s'il était possible que je vienne après ?
Emma haussa les épaules, pour les enfants, en général, il n'y avait pas tellement d'horaire, les parents faisaient un peu comme ils voulaient/pouvaient, et si quelques fois, ceux-ci géraient plutôt mal leur timing, il semblait à Emma que madame le maire savait parfaitement être respectueuse de cette règle.
-Je pense que cela ne posera aucun problème…
-Miss Swan, je suis encore une fois désolée pour hier, j'avais… des choses urgentes à régler et…
-Vous ne me devez aucune explication, madame le maire… Ce n'était qu'un déjeuner !
Les yeux sombres la passèrent au rayon X et elle eut soudain peur de l'avoir froissé. Mais comme à son habitude, la brune ne laissa rien passer sur son visage et elle hocha la tête avant de prendre la direction de la chambre d'Henry.
-« Ce n'était qu'un déjeuner » !? s'étrangla Ruby en poussant Emma du coude. Eh bah… toi on peut dire que tu sais être attirante !
Elle leva les yeux au ciel.
-Ruby, tu as toujours les oreilles qui trainent ! reprocha-t-elle en se mettant en mouvement.
-J'ai l'ouïe fine ! se défendit la brune en attrapant le dossier qu'elle remplissait pour suivre Emma. Invite la !
-Que je l'invite ?
-Ouais ! A boire une bière ou je sais pas moi…
-C'est le maire de New York, je pense qu'elle est un peu plus raffinée que nous sur les boissons alcoolisées !
-Emma, tu vas pas faire ta vie avec ton plan cul ! Cette rousse est…
-Merida !
Ruby leva les yeux au ciel.
-Oh ce prénom... fit-elle une mine dégoûtée sur le visage.
-Quoi?
-Ce prénom est ridicule ! Je te rappelle que si tu inverses deux petites lettres, ça fait Merdia ! Faut vraiment pas fourcher !
Emma fit un petit sourire espiègle tout en lançant un regard démoniaque vers sa meilleure amie.
-Ma-langue-ne-fourche-jamais !
Ruby explosa en un rire qui ressemblait à s'y méprendre à un aboiement aigüe.
-Sérieusement, Emma ! Pourquoi tu ne tentes rien avec elle ?
-Parce qu'on ne saute pas sur les gens comme ça, Ruby !
Ruby ignora sa remarque et se pencha vers elle pour lui souffler sur le ton de la confidence :
-Je me suis renseignée, elle est célibataire !
-Comment tu pourrais le savoir ?
-J'ai mes sources !
Un petit silence s'installa durant lequel Emma imagina inviter la mairesse à un dîner romantique.
-Comment ça va avec Belle ? décida-t-elle de changer de sujet.
-Oh… bah… on a parlé et… on n'est toujours pas d'accord !
-Ruby… elle a le droit de penser ce qu'elle veut sur moi ! Regarde tout le monde me dévisager dès que je traverse un couloir… elle n'est pas la seule !
-Elle ne devrait pas avoir à le faire !
-Pourquoi ?
-Parce qu'elle est ma petite amie !
-Ruby, elle n'est pas obligée de m'apprécier !
-Em' ! l'arrêta Ruby alors qu'elles allaient passer une porte. Y'a trois ans, quand je me suis retrouvée toute seule après que Lacey m'ait posé comme une merde, tu m'as permis de m'en sortir ! Je ne veux pas moins te voir parce que Belle a décidé que tu étais coupable d'un truc que t'as pas fait ! Tu es… comme mon âme sœur ! Ou plutôt, tu es ma sœur d'âme ! J'ai besoin de toi dans ma vie, tu comprends ?!
-Je comprends, répondit doucement Emma, mais tu ne peux pas piétiner les opinions de Belle parce qu'elles ne te conviennent pas !
Ruby haussa les épaules. Elle cherchait une solution depuis plusieurs jours sans jamais en trouver une qui convienne réellement.
-Ecoute, je te revoie plus tard, là j'ai une opération qui commence dans dix minutes…
-Okay…
La journée avança rapidement et Emma ne put prendre sa pause déjeuner à vingt et une heures. Autrement dit, elle avait plus l'impression de dîner qu'autre chose. Elle posa une main sur son front, il allait falloir qu'elle enchaine la nuit parce que son collègue était tombé malade et qu'elle ne pouvait pas laisser le service sans chirurgien. Evidemment, elle allait pouvoir profiter d'une salle de garde pour pouvoir se reposer mais elle n'aimait pas tellement l'inconfort des lits.
David la rejoignit alors qu'elle se dirigeait vers la chambre de garde la plus proche.
-Hey ! Je ne savais pas que tu serais ici cette nuit ! lança-t-il sur un ton faussement léger.
Avant, il pouvait se permettre de lui parler de la sorte, mais à présent, elle ne supportait plus l'air paternel qu'il se donnait, si elle avait pu lui arracher les yeux, elle l'aurait fait.
-Ouais.
-Pour le petit Mills, j'ai regardé ses derniers résultats et ils me semblaient bons, alors j'en ai parlé à Graham et on a convenu que…
Emma s'arrêta et pivota vers lui pour le fusiller du regard.
-Pardon ? Toi et Graham ?
-Oui j'en ai parlé avec lui et…
-Y'a pas un truc qui te vient en tête, David ?
Celui-ci enfonça ses mains dans ses poches et haussa les épaules.
-Je ne sais pas si tu fais tout pour me rendre dingue ou si tu es simplement con, mais j'aimerai savoir depuis quand tu parles de mon patient avec un chirurgien qui n'est pas le sien !?
-Depuis que tu ne m'adresses plus la parole, Emma ! rétorqua-t-il en soupirant. C'est compliqué de faire un diagnostique construit lorsque tu m'évites dans les couloirs.
-Si tu ne me forçais pas la main pour que je te parle, je ne te fuirais pas !
-Si tu n'avais pas coupé les ponts d'un seul coup je ne te forcerais pas la main !
-Tu m'as poignardé dans le dos ! s'écria-t-elle en faisant tourner des têtes. Tu as été balancer des trucs sur moi!
-Emma, s'il te plait, ne mélange pas tout ! s'énerva à son tour le blond.
-Je suis celle qui mélange tout ?! s'étrangla-t-elle.
-Oui, tu sais très bien comment les choses se sont passées Emma, j'étais obligé !
Le couloir vide était en train de se remplir d'infirmières et d'aides soignantes qui sortaient des chambres des patients en faisant les gros yeux.
-Tu t'es fait ta propre histoire dans ta tronche ! Qu'est ce que tu voulais que je fasse ?...
-J'aurai voulu que tu me parles !
-…Le grand David Nolan ne pouvait avoir que raison parce qu'il est tellement proche d'Emma Swan, pas vrai?...
-Arrête Emma ! Tenta-t-il de la couper.
-…Le grand David Nolan, le copain des enfants qui n'est pas capable d'en faire un à sa femme !
Le regard bleu jusqu'à présent agacé se teinta d'une colère vive. Autour d'eux, plus personne ne bougeait.
-Tu ne me disais rien, Emma, comme à chaque fois que Lili était dans les parages ! hurla-t-il en levant un bras pour désigner un lieu imaginaire.
-Je n'avais aucun compte à te rendre ! s'évertua-t-elle. Tu n'es qu'un abruti ! cracha-t-elle encore en reculant pour partir.
-Je préfère être un abruti plutôt qu'un meurtrier !
Dans le couloir, l'air se glaça instantanément, certains écarquillèrent les yeux et d'autres avaient la bouche ouverte, choqués.
Un brancardier connaissant le caractère impulsif d'Emma se rapprocha d'elle mais elle leva la main gauche pour qu'il ne la touche surtout pas. Elle tentait de rester digne malgré la colère qui s'emparait d'elle. Plus qu'une colère, c'était une profonde tristesse mêlée de rage qui grondait dans sa cage thoracique.
Elle cligna des paupières et son regard tomba sur un visage interrogateur derrière l'épaule de David.
Regina Mills était là, regardant la scène qui se déroulait sous ses yeux sans en comprendre réellement le sens. Emma serra la mâchoire pour ne pas hurler et contrôla sa respiration, elle laissa sa main retomber contre sa cuisse et se détourna pour partir.
David, regrettant ses mots au moment même où il les avait prononcé amorça un geste pour la suivre, mais il se ravisa. Connaissant trop Emma.
Toute envie de dormir avait disparu, Emma pouvait presque sentir la colère se battre contre la tristesse à l'intérieur de ses membres. Malgré tous les ressentiments qu'elle pouvait avoir pour David, elle se sentait brisée parce qu'il avait dit tout haut ce qu'il pensait en secret et de la part de son ancien ami, cela la heurtait terriblement.
Assise sur une chaise dans un espace attente qui ne servait pas la nuit, elle regardait le faux vitrail qui lui faisait face tout en essayant de déterminer si la forme avait un quelconque sens dans son esprit.
Le froissement d'un tissu et le bruit d'un talon qu'on oublie de rendre discret lui firent tourner la tête.
-Madame le maire, gronda Emma peu accueillante en retournant son regard vers le vitrail.
-Bonsoir miss Swan…
-Si vous souhaitez changer de chirurgien, vous trouverez un formulaire à l'accueil !
Regina, sans en demander la permission et certainement parce qu'elle était maire, s'installa dans le siège à côté de celui d'Emma.
-Pourquoi voudrais-je changer le chirurgien d'Henry, vous m'avez vous-même dit que vous étiez le meilleur du pays !
-J'ai dis ça pour vous impressionner… grogna-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
Regina pouffa doucement d'un rire grave et releva le menton pour dévisager la blonde qui ne la regardait toujours pas.
-Pourquoi auriez-vous eu besoin de m'impressionner ?
La chirurgienne haussa les épaules de mauvaise humeur.
-J'en sais rien moi, parce que je suis arrogante !
-Les meilleurs chirurgiens sont souvent les plus arrogants, m'a-t-on dit.
-Ecoutez madame le maire, débuta-t-elle en se levant pour enfoncer les mains dans les poches de sa blouse blanche tout en fixant le bout de ses chaussures, si vous voulez changer de chirurgien, ne vous gênez pas, Graham est très bon aussi et après ce que vous avez entendu dans le couloir je comprendrai que…
-C'est fou ce que vous pouvez être bête à certains moments…
Emma s'arrêta, choquée que la mairesse en rajoute une couche maintenant. Elle dévisagea la brune et son cœur manqua un battement. Comment avait-elle pu louper la beauté de la jeune femme assise devant elle.
Elle était vêtue d'une robe bleu roi tombant à ses chevilles. Le tissu de velours laissait deviner ses épaules fines et le col qui les entourait traçait d'une chaine en argent le contour fragile. Ses cheveux étaient rassemblés d'un côté, dévoilant ainsi son cou clair et les tracés délicats de son visage.
-Je ne changerai pas de chirurgien, vous imaginez bien que je me suis renseignée auprès de Rumple avant de vous laisser poursuivre avec Henry…
-Rumple?! s'étonna Emma tout en continuant à la détailler.
-C'est un ami de longue date, clarifia la brune.
-Et qu'a-t-il dit ? trouva à répondre Emma en arrêtant sa contemplation de peur d'être grillée sur place.
-Ce qu'il m'a dit m'a convaincu, inutile d'en parler plus que ça. Déclara nettement la brune en faisant signe à Emma de se rassoir près d'elle.
-Je suis désolée que vous ayez assisté à tout ça, madame le maire…
-Qui était-ce ?
-Euh… c'était le docteur Nolan !
Regina haussa un sourcil et lança un regard de repproche à Emma.
-Je reconnais le chirurgien pédiatrique de mon enfant, je voulais dire, qui était-ce pour vous ? Votre ex-mari ?
Emma plissa les yeux, quelque chose clochait dans ce que lui demandait Regina et son esprit vif lui permit immédiatement de comprendre quoi.
-Vous êtes maire, vous avez fait des recherches sur ceux qui s'occupaient de votre fils et vous n'avez pas eu d'information quant à ma situation amoureuse ?! Vous ne seriez pas en train de vous moquer de moi ?
Regina esquissa un sourire, levant légèrement ses mains comme pour se rendre tout en plantant ses perles sombres sur le visage d'Emma.
-Jouez avec moi ! demanda-t-elle.
Un jeu ? Emma adorait jouer, et elle n'aurait jamais imaginé avoir accès à un tel privilège avec le maire de New York.
-C'est le mari de ma sœur.
-Les repas de famille doivent être mouvementés, fit remarquer la politicienne en continuant de dévisager tranquillement la blonde.
Cette dernière était persuadée que cela avait pour but de la déstabiliser, alors elle rendit la pareille, pourtant certaine de perdre.
-Vous ne vous entendez pas avec lui ?
-Nous avons un passé compliqué et… je crois que je dois à présent faire une croix sur ce passé.
Regina acquiesça tout en soutenant le regard de la blonde.
-Faites une croix sur votre avenir, le passé ne peut être changé… répondit Regina. C'est ce que m'a appris la mort de mon père.
Emma détourna les yeux, extrêmement gênée que la brune parle si impudiquement de sa douleur. Pas parce que la mairesse lui dévoilait un peu de sa personne mais bien parce qu'elle ne savait pas comme l'accueillir. Le jeu prenait un tournant difficile.
-Votre père est mort dans les tours jumelles, c'est ça ? demanda la blonde qui connaissait parfaitement la réponse.
-Comme de nombreuses personnes ce jour-là…
Emma hocha la tête.
-Oui, mais c'est le nom de votre père qu'on retient pourtant.
-Parce qu'une photographie a fait de moi un symbole des attentats du 11 septembre 2001, et je n'aime pas devoir y être associée en permanence. Murmura-t-elle pour ne pas troubler le repos des patients, donnant ainsi un ton solennel à cette conversation. Parce que c'est m'approprier le deuil de milliers de personnes malgré moi.
Regina jeta un coup d'œil vers la chirurgienne qui plissait les yeux pour essayer de comprendre son point de vue.
La mairesse était certaine que la blonde n'avait absolument aucune connaissance de sa beauté fragile même lorsqu'elle réfléchissait. Ses fins sourcils froncés au dessus de deux fenêtres claires qui semblaient pouvoir accueillir les océans complets.
-Cette photo a aussi redonné courage à de nombreuses personnes, moi y compris, trouva-t-elle enfin à argumenter.
-C'est un fragment volé… pris par une personne en qui j'avais confiance.
Regina changea sa position, laissant ses cheveux sombres capter la lumière sur ses brillances pour pouvoir faire ressortir les courbes de ses boucles.
-Les choses changent, docteur Swan. Murmura-t-elle. Mais quel qu'ait été notre passé, nous ne pouvons pas le modifier, nous pouvons peut-être préserver l'avenir… finit-elle.
-Donc, même si vous m'avez poser un lapin, ça signifie que je peux quand même vous inviter à déjeuner un de ces jours? plaisanta Emma en affichant un sourire vainqueur bien qu'encore figé par la colère.
Regina voulait à tout prix balayer cette colère.
-Laisser le passer, penser à l'avenir...Ou simplement… vivre l'instant présent… annonça-t-elle d'une voix grave.
Elle avait posé une main sur le genou du docteur tout en se penchant pour se rapprocher à quelques centimètres de ses lèvres. Les pupilles d'Emma vacillèrent, hésitant entre les lèvres et les yeux de la belle femme qui tentait de la séduire.
Elle aurait pu la prendre sur ce fauteuil ou celui d'à côté, elle avait besoin de laisser sa colère s'échapper et le sexe était un excellent moyen pour ça, mais si la mairesse ne semblait pas vouloir se reculer, Emma doutait qu'elle apprécie grandement d'être sauvagement malmenée durant un instant charnelle. Pourtant, la main de la brune se crispa sur son genou, comme si elle sentait qu'elle allait perdre la partie.
-Je sais ce que je veux, miss Swan, souffla-t-elle contre son visage pour achever de la convaincre.
Laissant une odeur d'alcool déclencher des signaux dans le cerveaux d'Emma. Aussitôt, elle posa une main sur l'épaule à moitié nue de la politicienne, - geste qu'elle regretta au moment même où la peau brûlante lui fit prendre conscience de l'intimité du moment- puis elle la repoussa fermement de quelques millimètres.
-Moi aussi, madame le maire.
Regina scruta le visage en face du sien, pas habituée à être repoussée, avant de reprendre un air serein.
-Vous avez bu, et je n'ai toujours pas eu mon déjeuner, reprit la blonde.
-Vous tenez tant que ça à ce déjeuner, miss Swan ?
-Je tiens à ce que vous ayez les esprits clairs !
-Ils ne sont pas embrouillés, rétorqua la mairesse.
-Madame le maire ! prévint-elle d'une voix sévère.
Regina se recula tout en souriant.
-Quelle noblesse, avoua-t-elle en se levant.
-Bonsoir, madame le maire.
-Bonne nuit, miss Swan… minauda la brune en secouant légèrement la main.
:D
