Bonjour à tous, désolée encore pour le retard mais... ainsi va la vie! N'hésitez pas à me donner vos avis! Des bises à tous! Oui oui, tous!
-Chapitre 7-
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"Tout peut basculer si vite dans une vie, si vite que le passé s'efface comme dans un rêve."
Christophe Gans
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Henry s'allongea avec la légèreté d'un éléphant sur le lit de sa mère.
-Maman ! On est dimanche !
La brune fronça les sourcils et ouvrit un œil pour voir le visage de son fils surexcité.
-On est dimanche ! répéta-t-il pour que sa mère comprenne.
-D'accord !
-On va voir Emma !
Regina se mit à sourire et laissa son bras se tendre sur son lit pour que son fils puisse s'allonger contre elle. Il prit place et s'amusa avec la main de sa mère adoptive. Un pique-nique avait été proposé par la blonde alors que les deux femmes s'étaient croisées à la sortie de l'école d'Henry. Emma avait l'air bouleversée et naturellement, Henry lui avait dit qu'il fallait qu'elle vienne chez eux. Finalement, il avait été convenu un pique-nique le week end après la sortie scolaire d'Henry.
Une angoisse serra soudain les entrailles de Regina. La dernière fois qu'elle avait vu Emma remontait en réalité à deux jours et elle n'était pas certaine que la blonde soit réellement ravie de ce repas au bord d'un lac.
Emma se retourna pour la énième fois dans son lit. Elle ne parvenait pas à trouver le sommeil alors qu'elle avait eu une journée difficile à l'hôpital. Elle attrapa son téléphone pour regarder l'heure et grogna de mécontentement. Vingt-trois heures. Elle hésita quelques secondes avant de taper un message pour la mairesse. Elle expira par la bouche ; elle n'aurait jamais imaginé avoir le numéro très personnel de Regina Mills dans son téléphone. Elle ne mit pas longtemps avant de recevoir une réponse.
REGINA:
Non, je suis encore à la mairie.
Vous ne dormez pas, miss Swan ?
Emma eut un sourire en répondant.
EMMA:
Je trouve pas le sommeil. Qu'est ce
qu'il y a de si urgent pour que vous
soyez encore à la mairie ?
REGINA:
Une bonne bouteille et un canapé.
EMMA:
Henry va bouder.
REGINA :
Il est en voyage scolaire.
EMMA :
Vous savez, j'ai aussi une bonne bouteille
et un canapé.
REGINA :
Vous me laisseriez dormir sur un canapé ?
EMMA :
Vous comptiez dormir sur le vôtre ? Je suis
certaine que le mien est plus confortable !
REGINA :
Est-ce une proposition pour venir chez vous ?
EMMA :
Vous avez peur ?
REGINA :
Ne soyez pas ridicule !
EMMA :
Je crois que j'ai du rhum.
EMMA :
Regina ?
EMMA :
Regina ?
REGINA :
Je suis en voiture.
Un peu déçue, Emma reposa son téléphone contre sa poitrine et se mordit les lèvres. Elle tenta une dernière fois de se rendormir.
Trois coups furent frappés contre sa porte d'entrée et elle ouvrit les yeux en fronçant les sourcils. Elle se leva et passa rapidement une tenue décente. Elle ouvrit la bouche en regardant par le judas.
-Regina ?! s'étonna-t-elle en ouvrant.
Celle-ci haussa les sourcils et brandit une bouteille d'alcool en guise de bonjour.
-J'ai préféré mon propre vin.
-Je… je… je suis vraiment pas en tenue pour un rendez-vous.
Les yeux de la brune détaillèrent le jogging gris et le débardeur rouge, le visage démaquillé et les cheveux en bataille.
-Vous n'êtes pas seule ? demanda-t-elle soudain.
-Hein ? Quoi ? Non ! Enfin Si ! Bien sûr que si ! Entrez, Regina.
La politicienne s'avança jusqu'à être presque collée à Emma et se pencha vers son oreille.
-Ce jogging vous va à ravir, murmura-t-elle d'une voix grave précipitant vers Emma une odeur d'alcool.
Elle hocha rapidement la tête et ferma la porte, les plongeant toutes les deux dans le noir. Aussitôt, elle se précipita pour allumer et se retourna vers la brune qui détaillait déjà la pièce. Elle portait un manteau noir qui cachait sa tenue mais laissait voir une paire de jambes incroyablement fines. L'écharpe nouée autour de son coup fut rapidement entre ses mains et Emma se dépêcha de la rejoindre pour récupérer la bouteille de vin.
-Je ne savais pas vous alliez venir, marmonna-t-elle en se dirigeant vers le comptoir qui séparait le salon de la cuisine.
-Effet de surprise, souffla la brune en faisant le tour de l'appartement, détaillant sans gêne les tableaux, les livres et les cahiers de notes de la chirurgienne.
En retournant vers le canapé, la brune déboutonna son manteau et le déposa sur le sofa faisant découvrir sa robe sombre qui épousait parfaitement ses formes sans être vulgaire.
-Je vais…aller me changer, balbutia la blonde.
-J'ouvre le vin.
Emma garda sa main sur la bouteille et plongea son regard dans celui de la brune.
-Vous avez déjà bu, non ?
-Je ne conduis pas, miss Swan.
-Vous comptiez repartir ? s'étonna Emma.
-Allons-nous coucher ensemble ? questionna la brune en apposant sa main sur celle d'Emma, entourant de ses doigts la bouteille d'alcool.
-Coucher ?
-Oh ! Allons Miss Swan, quand je dis coucher, je ne parle pas de dormir.
Emma fronça légèrement les sourcils. Cette femme était un monde à elle seule.
-J'avais bien compris mais… Regina, je crois que vous avez un peu bu et…
-Je suis une grande fille, Miss Swan.
Regina resserra sa prise sur la bouteille, emprisonnant les doigts de la blonde avec douceur.
-J'en doute pas, murmura Emma en déposant un baiser sur les lèvres de la mairesse. Je vais me changer.
Elle laissa la brune avec la bouteille de vin et alla passer un jean et une chemise légère. Elle s'attacha les cheveux en une tresse et sortit de nouveau de sa chambre.
La brune était sur son téléphone face à la baie vitrée qui donnait sur la ville. Lorsqu'elle se retourna, elle eut un sourire gentil et attrapa le verre de vin qu'elle avait servi pour la blonde afin de le lui tendre.
-A quoi buvons-nous ? demanda la chirurgienne.
-Faut-il une raison ?
-Regina… prévint Emma en fronçant les sourcils.
Elle ne comprenait pas le jeu de la mairesse.
-Nous n'avons qu'à boire à notre rencontre !
Emma hocha la tête et regarda la brune avaler une gorgée de son breuvage.
-Qu'y a-t-il miss Swan ?
-J'ai l'impression de… je ne sais pas, j'ai… C'est étrange de vous voir dans mon appartement.
-Vous avez un très bel appartement.
-Je sais. Mais vous voir dedans… c'est étrange. Est-ce que vos gardes du corps sont devant la porte ?
-Je leur ai donné leur nuit, miss Swan.
Regina reporta son attention sur la vu et Emma eut soudain une brutale envie de la plaquer contre cette fichue baie vitrée pour glisser sa main sous cette robe. Son souffle s'accéléra quelque peu et la brune sembla s'en rendre compte lorsqu'elle lui jeta un coup d'œil amusé.
-Vous avez envie de quelque chose, Emma ?
La blonde agrippa son verre de toutes ses forces.
-Oui. Répondit-elle précipitamment.
-Et qu'attendez-vous pour le prendre ?
Emma expira bruyamment et se détourna pour retourner vers la cuisine déposer son verre sur le comptoir.
-Pas ce soir !
La politicienne se retourna pour scruter le visage pâle de la jeune femme.
-Ne prétextez pas une migraine ! prévint-elle.
-Je n'ai pas mal à la tête ! s'esclaffa Emma.
Regina déposa à son tour son verre sur la table basse et s'avança lentement jusqu'à elle.
-Alors quoi ?
Vivement, la blonde se rapprocha de Regina jusqu'à ce qu'elles ne soient séparées par un tout petit centimètre et qu'Emma puisse poser sa joue contre la sienne pour murmurer dans son oreille.
-Parce que c'est la raison pour laquelle vous êtes venue ! Et je ne compte pas satisfaire cette pulsion ! Croyez-moi je pourrais en satisfaire bien d'autres, mais ce soir, je ne compte pas vous obéir !
Un petit rire fut émit par la brune qui n'en croyait pas ses oreilles.
-Êtes-vous sérieuse, miss ?
-On ne peut plus sérieuse ! Si je cédais à mes pulsions là maintenant, je vous baiserais contre la baie vitrée. Ce serait brutal, technique et orgasmique.
Elle plongea son regard dans celui de la brune afin de bien lui faire passer le message suivant.
-Et ce n'est pas ce que je veux pour nous deux ! Cette expérience, je l'ai eu avec des centaines d'autres, je ne veux pas reproduire ça avec vous.
-Pourquoi ? s'étonna la brune.
-Parce que vous n'êtes pas comme les centaines d'autres.
-J'espère bien ! déclara dédaigneusement la mairesse.
-Je vous le jure !
Regina sentit un barrage s'affaisser dans sa poitrine. Emma venait clairement de lui dire qu'elle était spéciale et elle n'avait pas ressenti ça depuis…
Elle s'écarta vivement.
-Regina !
-Je vais rentrer chez moi. Dit-elle en ramassant rapidement son manteau et son écharpe sur le canapé.
-Vous êtes fâchée ?
Elle s'arrêta au niveau de la blonde et esquissa un sourire.
-Non très chère. On se voit bientôt.
Elle n'était pas fâchée, loin de là… mais faire revenir des sentiments que Regina ne pensait plus pouvoir éprouver était quelque chose de bouleversant pour la politicienne et elle avait eu besoin de distance. Elle s'était donc engouffrée dans sa voiture.
Elle récupéra son téléphone et composa un sms. « Besoin de te voir. Maison dans 20 minutes. » Elle hésita longuement sur le destinataire – Katherine…Malicia ? - et finit par prendre une décision. Elle jeta ensuite son téléphone sur le siège à côté d'elle et tourna son regard vers l'extérieur.
Les rues de New York défilaient en un cortège de couleurs diluées par les larmes qui perlaient au coin des yeux de la mairesse. Lorsque son chauffeur arrêta la voiture devant chez elle, elle remarqua une silhouette gracieuse surmontée d'un chapeau. Soulagée, elle descendit de la voiture pour la rejoindre non sans avoir repris un air naturel.
Les yeux clair de la blonde face à elle la regardèrent tendrement. Une main gantée s'avança vers son visage pour effacer une trace de larme oubliée par la politicienne.
-Montons.
Une fois à l'intérieur du luxueux appartement, Regina ouvrit son frigo pour récupérer une bouteille d'alcool. Bouteille qui lui fut retirée doucement des mains.
-Trésor, pas de ça avec moi, tu ne marches déjà pas tout à fait droit !
-Malicia… gronda la voix de Regina.
-Fais-nous donc un chocolat ou un thé !
Avec un soupir de dépit, la brune se dirigea vers ses casseroles et en attrapa une pour y verser du lait.
-Alors ? demanda doucement Malicia en déposant son chapeau sur l'îlot central.
-J'ai un problème. Déclara Regina d'une voix neutre, comme toujours.
-Je m'en suis doutée lorsque ton message est arrivé à une heure du matin.
-T'ai-je réveillée ? questionna Regina en se retournant vers elle pour allumer la cuisinière.
-Peu importe.
-Ah ? Tu avais de la compagnie ?! rit la brune en se penchant sur l'îlot pour hausser les sourcils en scrutant son amie.
-Nous ne sommes pas ici pour parler de moi très chère ? Alors ?
Regina joua avec le coin de son torchon et tout en regardant le morceau de tissu, elle annonça :
-Je sors avec Emma Swan.
Malicia écarta les bras, un sourire poli plaqué sur le visage.
-Très bien, fantastique. Mais je ne connais pas ce nom.
-Peu importe.
Malicia croisa ses doigts devant elle, attendant que Regina lui donne quelque chose de concret.
-Je me suis… offerte à elle, elle aurait pu m'avoir au moins deux fois dans son lit et… elle a refusé à chaque fois.
Malicia se tut, persuadée que l'information qui allait suivre allait éclairer sa lanterne.
-Ce n'est pas qu'elle n'en a pas envie, loin de là… Mais… elle veut faire ça correctement.
-Faire ça correctement ? On dit ça lorsqu'on a quinze ans.
-Tu ne comprends pas Mal'. Pour elle, je ne suis pas un plan sexuel régulier. Je suis quelque chose de spécial.
-Je dirais plutôt quelqu'un de spécial ! Qu'y a-t-il de mal à cela ?
-Ma dernière histoire d'amour remonte à mes vingt ans !
-Oooh, je vois… Tu as la trouille ?
-Ma parole, on dirait que je discute avec Henry ! S'exclama Regina en se redressant et en levant les yeux et les bras au ciel.
Malicia l'observa un instant. Elles étaient amies depuis si longtemps qu'elle connaissait Regina Mills par cœur. Elle l'avait connue peu après la mort de son père et elle avait vu la brune changer au fil du temps ; se renfermant peu à peu et évitant toujours de s'attacher aux gens. Particulièrement suite à la trahison de sa petite amie de l'époque avec qui elle avait mille projets. Tous avaient volé en éclats d'un seul coup.
-Il n'empêche que tu es morte de peur ! Regina, on dirait une vierge effarouchée !
-Malicia, je t'ai appelé pour avoir un peu d'aide pas pour subir tes sarcasmes !
-Trésor, tu as peur de quoi ? Demanda-t-elle en se rapprochant tandis que Regina versait le lait dans deux tasses.
-A ton avis ? La dernière fois qu'une femme a été amoureuse de moi, ça s'est plutôt mal déroulé.
Malicia avait vu juste.
-Regina-chérie, il serait peut-être temps de guérir de cette blessure. Le sexe pour le sexe, c'est bien, c'est vraiment bien mais des fois, un peu de tendresse et une deuxième personne pour partager ta vie, c'est aussi agréable.
-Essaies-tu de me vendre une vie de couple ?
-J'essaie juste de te montrer que ça ne sert à rien de reculer alors qu'elle n'a encore rien fait et que cette femme te respecte trop pour prendre ce joli petit corps pendant une pause déjeuner.
Regina lui envoya un regard noir ; Malicia n'hésitait jamais à faire une remarque sur sa relation avec Katherine.
-Alors, selon toi, c'est positif ? demanda-t-elle finalement.
-Qui verrait ça de façon négative ?
-Moi.
-Heureusement que tu es meilleure cuisinière que conseillère amoureuse. Marmonna Malicia en tirant vers elle l'une des deux tasses.
Depuis, elle n'avait pas donné signe de vie à la blonde. Peut-être même qu'Emma ne viendrait pas au pique-nique.
-Maman !? s'écria Henry avec force faisant brutalement sortir la brune de ses pensées.
-Oui ?
-Tu viens ? On va préparer le panier ?!
-Oui, j'arrive tout de suite, petit prince. J'envoie un message à Emma pour savoir si c'est toujours bon.
Soudain, Henry tourna la tête vers sa mère en fronçant les sourcils.
-Pourquoi ça ne serait pas bon ? Qu'est ce que tu lui as dit ?! demanda-t-il d'un ton soupçonneux.
-Rien Henry ! Rien. S'agaça-t-elle en voyant que son petit garçon semblait trop bien la connaître.
-Ca serait bien que tu ne soies pas méchante avec elle. Dit-il avant de sortir de la chambre.
Un soupir de frustration échappa à la politicienne et elle alluma son téléphone pour écrire un message à la chirurgienne. Après avoir tourné le message dans tous les sens, elle finit par l'envoyer et attendit en mordillant ses lèvres, angoissée. Lorsque son téléphone vibra, elle mit quelques secondes avant de le retourner pour voir une réponse qui la soulagea instantanément. Elle se leva pour se préparer; elle avait rendez-vous avec la belle Emma Swan.
Emma s'était adossée contre sa voiture pour attendre la mairesse et son fils. Elle profitait du moment pour observer le paysage qui s'étalait devant elle. Le bruit de roues crissant dans le gravier la fit se retourner et elle ne put s'empêcher de sourire en voyant Henry lui faire de grands signes. Sitôt la voiture arrêtée, le petit garçon sauta de son siège pour courir vers elle.
-Salut gamin !
-Emma ! Maman a fait des chaussons aux pommes, tu vas adorer, et puis il y a aussi des petits gâteaux avec du caramel entortillé et…
-Henry, chérie, laisse un peu de surprise pour notre cher docteur ! s'amusa Regina en avançant à son tour.
Emma la détailla et ricana gentiment.
-Bonjour Emma ! souffla la brune.
-Madame le maire, vous êtes…
Regina fronça les sourcils et lui lança un regard interrogateur.
-Il n'y a que vous pour venir habillée comme si vous alliez à un banquet ! se moqua-t-elle gentiment.
-Je lui ai dit qu'il fallait qu'elle change de tenue mais elle a pas voulu m'écouter ! renchérit Henry.
-Elle a eu raison ! souffla Emma en laissant son regard s'attarder sur la jupe et les hautes bottines.
-Je vais chercher le panier ! S'écria Henry en piquant les clefs de voiture à sa mère.
Elles le regardèrent partir en trombe et un silence inconfortable s'installa. Regina fixa le bout de ses chaussures pour venir finalement détailler la tenue plus classique de la chirurgienne. Elle avait mis un jean qui semblait lui faire une seconde peau et un t-shirt gris, assorti à sa veste en cuir qui s'ouvrait sur un léger décolleté.
-Emma je…
-Regina… débutèrent-elles en même temps.
La brune s'interrompit et lui fit signe de continuer. Emma prit une inspiration.
-Je vous ai fait peur, j'en suis désolée mais… si vous voulez qu'on arrête là je…
-Ce n'est pas ce que je veux. Coupa la politicienne. Mais… vous savez, le passé est parfois plus présent qu'on ne le pense.
Emma tourna le regard vers Henry afin de voir où il en était et elle répondit :
-Eh bien aujourd'hui, vivons simplement l'instant ! proposa-t-elle.
Ils s'installèrent sur les bords du lac et les jeunes femmes furent rassurées de voir que le petit garçon comblait le silence en racontant un tas d'anecdotes.
Elles auraient été bien embêtées de devoir reprendre une conversation normale après ce que Regina venait d'avouer à demi-mot. La mairesse avait donc une faiblesse.
Peu à peu, les deux femmes participèrent aux exclamations d'Henry et le repas se déroula joyeusement. Après avoir dévoré les chaussons aux pommes, Henry se mit en tête de faire des ricochets et Emma fut ravi de pouvoir lui apprendre. Ils s'avancèrent tous les deux sur les rives sous le regard attentif de Regina.
Elle remarqua qu'Henry semblait réellement bien aimer la chirurgienne et elle ne put s'empêcher d'y voir un bon point pour leur relation future. Elle secoua ses boucles brunes tout en souriant. L'eau jusqu'à présent lisse comme un miroir se voilait et remuait aux passages des galets.
Emma lui jeta soudain un coup d'œil et Regina remarqua qu'elle et son fils étaient plongés en pleine discussion. Le petit garçon avait un visage grave et Emma lui ébouriffa les cheveux pour lui faire penser à autre chose.
Lorsqu'Henry eut comprit comment faire de longs ricochets, elle le laissa poursuivre tout seul et retourna vers la brune qui prenait le soleil.
-Henry est vraiment un garçon génial ! débuta-t-elle.
-Evidemment ! C'est mon fils !
-Il a un peu plus de modestie que vous ! railla la chirurgienne.
Un silence s'installa ; chacune d'elle rivait son regard sur le garçon en train de jouer et cela leur laissa un peu de répit avant de parler de choses plus concrètes.
-Emma… commença la brune d'une voix grave en se relevant un peu. Je ne suis pas quelqu'un de facile…
-Vous m'en direz tant !
Le regard sérieux de la brune figea l'autre jeune femme.
-Non, vous ne comprenez pas… je n'ai aucun problème avec le sexe, je n'ai pas de mal à en parler, l'acte ne me pose aucun soucis mais… si on mêle des sentiments au sexe…
-Ca devient tout autre chose, ouais… comprit Emma.
-Oui…
-Et ça, ça vous fait peur ?! Les… les sentiments.
Regina ne répondit pas. Oui, elle avait une peur panique au creux du ventre. Un peu comme avant un saut en parachute, elle avait réellement envie de plonger dans le vide, mais la peur de souffrir, de mourir la faisait hésiter.
-Je n'avais pas prévu d'en avoir ! rétorqua-t-elle d'un ton sec comme si elle devait se protéger de quelque chose.
Emma posa délicatement sa main sur celle de la brune et alors que le regard choqué de la politicienne montait à son visage, elle lui fit un sourire radieux.
-Vous n'avez pas froid aux yeux miss Swan !
-Vous avez peur des sentiments ou alors que je vous fasse souffrir d'une manière ou d'une autre ?
Regina promena son regard sur le visage serein de la blonde mais ne put trouver une réponse claire dans son esprit. Elle fut sauver par le retour d'Henry qui s'affala entre elles.
La fin de l'après-midi arriva rapidement et il fut bientôt temps de rentrer.
-Maman ! On pourrait regarder le coucher de soleil ici ! Il se couchera de l'autre côté, là-bas ! Dit-il en pointant une colline.
-C'est un rituel que nous avons lui et moi.
-Comme le Petit Prince ! devina Emma en hochant la tête.
-Peut-être que tu pourrais rester avec nous, Emma ! Pas vrai m'man ?!
Elles échangèrent un regard et Emma attendit patiemment que la brune réponde. Cette dernière sembla la passer au rayon X et finit par acquiescer.
-Pourquoi pas !
-Cool ! Lança la blonde en ébouriffant les cheveux du garçon.
Ils s'installèrent de nouveau sur la couverture et Regina fut heureuse de constater que son fils paraissait heureux. Il avait peut-être arrêté de la voir comme étant la méchante reine de l'histoire et elle en était ravie. Elle eut même un sursaut lorsqu'il posa sa tête sur sa poitrine en entourant son buste de ses bras. Elle le serra contre elle et ils regardèrent le soleil descendre lentement derrière les collines.
Une fois qu'il eut totalement disparu, ils replièrent tristement la couverture et rangèrent le panier avant de retourner aux voitures.
Après s'être dit au revoir, Henry et Regina grimpèrent dans la BM pour prendre la route tandis que la blonde reprenait sa voiture. La brune ne put s'empêcher de remarquer l'air ravi de son petit garçon.
-J'aime bien Emma, maman ! souffla-t-il en regardant le paysage.
-Oui, j'avais cru comprendre mon petit prince.
Il se tourna vers elle afin d'avoir une discussion sérieuse.
-Tu l'aimes bien ?! demanda-t-il.
-Oui, je suppose.
-Tu supposes ? Maman ! Gronda-t-il d'un ton exaspéré.
-Je l'aime bien Henry et…
-Tu sais qu'elle sort avec des femmes ?!
-Henry Mills ! Comment sais-tu ça ?
-Bah les infirmières parlent beaucoup ! Tu le savais pas vrai, qu'elle aimait les femmes !? questionna-t-il.
-Oui, Henry !
-Et tu…
Il se tut soudain, la voiture brinquebalant anormalement.
-Maman !
Regina se rangea sur le côté et posa une main sur la tête de son fils afin de le rassurer.
-Ne bouge pas de la voiture ! ordonna-t-elle en sortant.
Elle contourna la voiture et découvrit un pneu crevé. Après avoir marmonné entre ses dents, elle ouvrit le coffre afin de sortir sa roue de secours. Une voiture s'arrêta à sa hauteur et alors qu'elle s'attendait à voir un gros lourdaud qui lui aurait proposé son aide douteuse…
-Madame Mills a des soucis de voiture !?
Emma était penchée vers la fenêtre passager.
-Un pneu crevé, rien qui ne soit pas dans mes cordes ! mentit la brune.
-Ok… je ne vais certainement pas vous laisser là alors que la nuit va tomber et que vous êtes seule avec votre petit garçon ! Que diriez vous si je vous ramenais chez vous !?
-Allez maman ! s'écria Henry qui avait ouvert sa fenêtre et s'était assis sur la portière.
Regina lâcha la boite à outils dans son coffre et fit signe à son fils d'aller s'asseoir dans la voiture de la blonde. Après tout, elle demanderait à l'un de ses chauffeurs de venir prendre la BM.
Le garçon était heureux de faire le chemin avec la chirurgienne et il ne pouvait s'empêcher de parler.
Arrivée en bas de l'immeuble, Emma coupa le moteur et se tourna vers ses deux passagers.
-Vous voici à bon port !
-Merci infiniment Emma.
-Emma, tu veux monter ?! proposa le garçonnet.
-Henry ! gronda sa mère.
-Mais maman ! Elle nous a ramené jusqu'ici ! La politesse voudrait qu'on l'invite à boire un café.
Emma éclata franchement de rire et devant le regard furieux de la mairesse, elle décida d'en rajouter :
-Qu'il est bien élevé ce petit !
-Il a raison, montez prendre un café ! ordonna la brune plus qu'elle ne demanda.
Le garçon, épuisé par cette journée, fila rapidement prendre sa douche afin de pouvoir allez se coucher et il les laissa seule pour rejoindre son lit.
Emma s'était installée dans le canapé pendant que la brune montait embrasser son fils. Celle-ci revint avec une bouteille de cidre et deux verres.
-A quoi buvons-nous ? demanda Emma en fixant la belle politicienne.
Regina prit place à côté d'elle en disposant les deux verres à pieds sur la table basse.
-A ce coucher de soleil, à cette journée et à la réussite d'Henry en ce qui concerne les ricochets !
Emma pouffa légèrement.
-Ce sont d'excellentes raisons.
-Henry vous aime beaucoup ! Il n'a pas arrêté de me parler de vous dans la voiture ! Annonça-t-elle en servant la boisson.
Emma ricana.
-Il a une énergie folle !
-Oui ! Je ne vous le fais pas dire ! Il n'est jamais fatigué !
Elle leva son verre et avala une longue gorgée pendant qu'Emma l'imitait. Intimidée, la chirurgienne se leva afin de se donner une contenance. Elle détailla une photo posée sur un petit meuble qui faisait l'angle du salon et qu'on ne pouvait remarquer que si on allait vers la fenêtre.
-C'est Mon père, expliqua la mairesse. C'est plutôt ironique, cette photo a été prise devant les tours jumelles…
-Je n'étais pas à New York pour l'effondrement des tours, avoua Emma. J'étais devant ma télévision, mortifiée et j'avais l'impression que quelqu'un venait de m'arracher le cœur…
Regina hocha la tête silencieusement avant de terminer son verre pour s'en resservir un autre aussi vite.
-…J'ai toujours une brèche en moi en repensant à ce jour, continua Emma en se rasseyant dans le sofa.
Regina ne disait rien, elle se contentait de retenir ses larmes qui menaçaient d'affluer à ses yeux. Afin de desserrer le nœud qui s'était formé dans sa gorge, elle se força à boire encore jusqu'à ce qu'Emma ne lui prenne son verre des mains pour le poser sur la table. Elle fit redevenir son visage neutre et la blonde ne put rien voir d'autre qu'un air légèrement fatigué. Regina était très forte à ce jeu-là. Elle ne laissait jamais rien paraître. Rien.
Mais sans doute Emma avait deviné. Car si l'une excellait dans l'art de la dissimulation, l'autre savait lire entre les lignes.
-Un jour, on en parlera ? demanda-t-elle en plongeant son regard dans le sien.
Regina ressentit soudain une forte tendresse pour la blonde. Le bout de ses doigts vint caresser son genou de façon rassurante comme si elle avait besoin de réconforter pour l'être elle-même.
Elle se pencha pour l'embrasser. Avec regrets, elles se séparèrent mais gardèrent leur front collé l'un à l'autre. Regina essayait de se contrôler et gardait les yeux fermés pour respirer profondément.
-Regina, appela la blonde en poussant doucement son front à l'aide du sien.
Elle ouvrit les yeux pour rencontrer les émeraudes de la chirurgienne.
-Tout va bien ?
Pour seule réponse, la brune rencontra de nouveau ses lèvres et elle s'acharna avec douceur pour prouver qu'elle allait bien.
Rassurée, Emma se laissa faire et elles s'embrassèrent durant plusieurs secondes avant que la blonde ne pose ses mains sur les avant-bras de la mairesse pour la garder près d'elle. Regina, les yeux toujours clos se recula, laissant les lèvres d'Emma suivre l'arête de sa mâchoire pour rejoindre un point sensible à la base de son coup.
Délicatement, la main de la mairesse vint caresser la nuque de la blonde qui en profita pour pousser son corps sur le canapé. La brune se laissa faire, consciente qu'elles débutaient un jeu dangereux.
Emma s'arrêta au bout de quelques minutes, se reculant en passant une main dans les cheveux de jais. L'autre se laissa faire, laissant ses doigts encadrer la mâchoire de la blonde. Peu à peu, la chirurgienne reprit ses baisers dans son cou et la brune tenta de contrôler sa respiration. Elle sentit les mains de sa compagne descendre le long de ses flancs et griffer tendrement ses hanches. Ses doigts se crispèrent sur le cuir gris et elle ne tarda pas à laisser une main s'échouer sur la nuque de la jeune femme. Son autre main trouva un passage entre leur deux corps pour câliner le ventre tonique de la chirurgienne. Sitôt leur peau en contact, Emma se tendit légèrement et Regina la repoussa doucement.
Elles n'eurent aucun mot. Emma regarda la jeune femme se lever et lui tendre la main pour la guider jusqu'à la chambre. Elle ferma la porte derrière elles et si la blonde avait une furieuse envie de la plaquer durement contre le bois de la porte, elle n'en fit rien. Une danse lente commença entre les deux corps. Regina repoussa la veste des épaules de sa chirurgienne et la laissa se débrouiller pour l'enlever, préférant venir caresser son cou, le bout de ses doigts glissant jusqu'à sa nuque pour la garder contre ses lèvres.
Emma s'était débarrassée de sa veste, laissant libres ses bras nus que Regina s'empressa de parcourir. Alors qu'elles étaient presque arrivée devant le lit, la blonde repoussa la mairesse contre la porte de son dressing et la fit se retourner. Surprise, elle poussa un grognement en plaçant ses paumes de mains contre le chambranle, sentant la langue de la chirurgienne tracer un passage de la base de sa nuque jusqu'à la pliure de son épaule.
Regina eut un petit rire satisfait en devinant que la blonde impatiente était en train de défaire fébrilement les boutons de son chemisier. Les dents de la scientifique vinrent croquer tendrement l'épaule à présent à moitié dénudée et Emma fit doucement retourner la mairesse face à elle.
Aussitôt, celle-ci plongea son regard dans les yeux verts de la jeune femme qui parvenait à faire passer toute la tendresse du monde dans ces simples fenêtres claires. Une des mains de la maitresse de maison vint s'accrocher à l'épaule recouverte de mèches blondes et Emma, comprenant le message, passa un bras autour de sa taille pour qu'elles pivotent. A reculons, Regina trouva le chemin vers son lit et lorsqu'elle ne fut plus qu'à quelques centimètres, Emma la poussa gentiment. Elle comprit instinctivement et s'assit sur le rebord du matelas.
Elles gardèrent le contact visuel un long moment durant lequel Emma passait une main dans les mèches sombres tandis que l'autre jeune femme appuyait la pulpe de ses doigts sur ses hanches provoquant de délicieux frissons chez sa compagne.
-Regina, je…
-Enlève ton t-shirt ! ordonna la brune d'une voix cassée en gardant malgré tout son regard de reine.
Review? Bises
