He bien, celui là est arrivé plus rapidement ! :p En revanche, je n'ai eu que très peu de temps pour relire alors d'avance, je m'excuse pour les fautes!
Elo: Des idées originales? Mdr, c'est gentil! Ca montre que je ne fais pas comme tout le monde... Hihi! Je te laisse découvrir si Emma succombe ou non!
Bise!
-Chapitre 8-
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…
Le passé est un prologue.
William Shakespeare.
…
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Emma, toujours debout devant la brune obéit instantanément en relevant son t-shirt au dessus de sa tête pour le laisser retomber à côté d'elle. Ses cheveux déchurent le long de ses épaules nues. Immédiatement, les lèvres de la mairesse vinrent embrasser le ventre plat qui lui faisait face ; ses bras entourèrent les hanches fines durant quelques instants. Elle laissa le bout de son nez frôler la peau douce et entendit la blonde sourire dans un soupire.
Emma eut un mouvement en avant afin que la brune s'allonge sous elle. Elle observa ses cheveux qui s'éparpillèrent autour de son visage. Elle fit glisser le bout de sa langue le long de sa clavicule et sentit un gémissement vibrer contre ses lèvres alors qu'elle attaquait le cou parfumé.
La politicienne, quant à elle, faisait voler ses mains sur le dos de son amante, dessinant du bout des doigts ses omoplates, sa colonne, ses reins et butant régulièrement contre le soutient gorge blanc.
Alors qu'Emma avait rejoint ses lèvres, la brune se chargea de lui enlever le morceau de tissu qui couvrait son buste. Elle savait qu'elles avaient atteint un point de non retour et les sentiments qui s'entrechoquaient en elle créaient une sensation désagréable de panique. Voulant à tout prix effacer ce malaise, elle repoussa la blonde pour se mettre au-dessus d'elle. Ses jambes trouvèrent naturellement leur place de chaque côté des hanches d'Emma. Sa jupe était en train de créer une résistance alors lentement, les mains de la chirurgienne caressèrent ses genoux pour la repousser hors du lit afin de lui défaire cette prison de tissu.
Regina la regarda faire. La douceur et la patience qui émanait de la blonde la rendait touchante et balayait les peurs de Regina. Le tissu noir tomba en une masse informe autour de ses chevilles, précipitant un grondement dans la gorge d'Emma qui remarqua que la brune portait des bas ô combien sexy.
La mairesse posa une main sur l'épaule dénudée de la blonde et la repoussa sur le lit pour remonter à califourchon sur elle.
-Regina ! Mumura-t-elle en déboutant le bas de la chemise qui était restée coincée dans sa jupe.
La brune se pencha sur le corps clair de sa compagne et une volée de baisers incendia un peu plus les sens d'Emma qui se cambra légèrement lorsque les petits doigts fins vinrent jouer sur ses seins. Des frissons dressèrent son épiderme faisant légèrement sourire son amante.
Les bras noués autour du corps de la politicienne, elle ne voulait pour rien au monde la laisser aller plus loin ni même se relever tellement leur toucher était agréable. Leurs peaux semblaient se correspondre, se répondre, laissant une douceur nouvelle.
Regina laissa la blonde la basculer sur le lit pour se retrouver entre elle et le matelas. Elle sentit son genou buter contre son entre-jambe et elle prit le temps d'observer ce joli visage qui était penché au dessus d'elle. Et ces yeux qui la regardaient comme si elle était magnifique, comme si elle avait une importance capitale pour elle.
Elle se rendit compte qu'Emma n'était pas qu'un corps qu'elle pouvait serrer contre elle, qu'elle pouvait prendre et rejeter comme bon lui semblait, elle n'était pas non plus un amuse-gueule qui lui faisait passer un bon moment. Elle ne quitterait pas son lit sitôt l'orgasme passé. Elle était bien plus, elle l'avait séduite. Non pas avec son corps, du moins pas seulement, mais avec sa personnalité, son arrogance, sa maladresse et tout son respect.
Même si Regina avait toujours choisi des amantes qui avaient respecté son corps et ses décisions, elle n'avait jamais eu de femme ayant des sentiments pour elle. Pas depuis longtemps. Et si elles en avaient eu, elle ne les avait pas récompensées par une réciprocité. Elle comprit que cette femme était particulière. Elle était en train de vivre un moment important dans sa vie, une page se tournait avec cette femme. Peut-être y aurait-il d'autres femmes derrière mais Elle serait le symbole de ce changement.
-Regina, appela doucement Emma en posant une main sur sa joue.
Aussitôt, elle caressa le poignet qui reposait contre son cou et eut un sourire attendri.
-Tu veux qu'on arrête là ? demanda Emma.
-Certainement pas, Miss Swan ! Réfuta-t-elle en glissant son autre main sur l'une de ses cuisses.
Elle releva le visage pour trouver les lèvres chaudes de la blonde qui se chargea de transmettre dans ses baisers toute la tendresse dont elle était capable.
Peu à peu, la chemise et les bas de Regina furent retirés. La chaleur qui émanait de leur corps leur donnait toute l'ardeur pour continuer leur effeuillage.
La main de la brune trouva néanmoins un raccourci lorsqu'elle se retrouva dans le pantalon de la chirurgienne qui sursauta en observant la jeune femme d'un air surpris.
-Ne me regarde pas comme ça, murmura Regina en pouffant. Je te rappelle que j'ai fait des études en politique !
Emma eut un rire étouffé et plaça sa main contre le rempart de tissu sombre. Regina se figea à son tour, surprise.
-Moi j'ai eu des cours très poussé sur l'anatomie !
Son amante se mordilla la lèvre inférieure et Emma se releva afin de quitter son jean qui emporta chaussettes et chaussures, elle se réinstalla au dessus de Regina et elles terminèrent leur effeuillage tendrement.
Dans la chambre, les soupirs appuyés commençaient à devenir de moins en moins discrets. La tête de Regina bascula en arrière lorsque les doigts d'Emma s'appliquèrent sur son bas ventre alors que sa bouche et sa langue flattaient la pointe d'un sein. Néanmoins, la brune la repoussa alors qu'elle allait basculer dans un gouffre de plaisir. D'abord étonnée, Emma fut rassurée lorsque Regina attrapa ses jambes pour les passer au dessus des siennes. Assises face à face, elles recommencèrent à s'embrasser langoureusement tout en appuyant leur geste de manière à provoquer un intense plaisir.
La main de Regina recourbée sur la nuque d'Emma aurait pu prouver qu'elle ne voulait pas la laisser s'éloigner, elle ne voulait que son regard face au sien. A chaque gémissement, Emma avait l'impression que Regina le faisait pour elle. Et elle put admirer la beauté de ce visage qui savait si bien rester neutre habituellement et qui avait tant à raconter durant l'amour.
La blonde l'embrassa d'ailleurs, au dessus des sourcils, sur les tempes, les pommettes, le nez, sur son grain de beauté si discret, les paupières, le menton qu'elle mordilla légèrement…
Elle ne put éviter un violent spasme de plaisir lorsque la brune la pénétra. Immédiatement, elle eut besoin de se mettre à genou, ses jambes encadrant celles de la mairesse qui eut un sourire compréhensif. Ses bras entourèrent le cou de son amante alors que celle-ci donnait des va et vient plus profonds et lents tout en caressant les hanches pâles. Plusieurs fois, Emma se tendit, sentant l'orgasme arriver, mais à chaque fois, la mairesse arrêtait ses doux assauts pour reprendre quelques secondes plus tard.
-Regina, murmura finalement Emma. S'il te plait !
L'une de ses mains serrait les cheveux noirs comme s'ils avaient été un point d'ancrage. La mairesse répondit à la demande de la blonde en poussant ses va et vient de plus en plus rapidement, sa paume tapant son bourgeon de plaisir à chaque fois que ses doigts étaient profondément enfouis.
-Attends ! Attends ! Attends ! Supplia Emma en sentant le plaisir monter trop fort, trop soudainement.
Patiente, la brune réduisit la cadence pour l'augmenter tout de suite après et emmener enfin la blonde dans un orgasme dévastateur.
Encore tremblante et haletante, Emma poussa le buste de Regina afin qu'elle se retrouve allongée sous elle. Sachant pertinemment ce qui l'attendait, les mains de la brune s'accrochèrent de part et d'autre de son oreiller et elle eut un sourire défiant.
-Insolente ! murmura la blonde en l'embrassant tout en cajolant son bouton de plaisir.
Bientôt, les hanches de la mairesse bondirent de façon sporadique vers la main salvatrice. Sa respiration lourde accéléra sans jamais aller jusqu'au cri malgré toute la bonne volonté de la blonde. A chaque fois que cela devenait trop intense pour la brune, celle-ci bloquait sa respiration pour la reprendre un peu plus rapidement par la suite.
Puis, Regina se cambra violemment, fermant étroitement les paupières appréciant les caresses et les intrusions de la blonde. Lorsque l'orgasme la frappa, elle agrippa brutalement le corps de la chirurgienne, laissant l'empreinte de ses ongles dans sa chair. Leurs lèvres se trouvèrent naturellement et un grognement échappa à la politicienne alors que ses muscles se détendaient peu à peu.
Elles dormirent un peu puis Emma se réveilla en ayant soudain froid, elle tira sur les couvertures pour se glisser dans le lit, réveillant la brune par la même occasion. Elles ne purent empêcher leurs mains d'aller et venir sur le corps de l'autre et finalement, cette nuit là, elles ne dormirent pas tellement.
Emma dut repartir avant le lever d'Henry pour retourner au travail. Elle avait bien essayé de dissimuler ses cernes mais elle ne parvenait pas à grand chose. Elle entra dans son bureau en baillant aux corneilles.
Graham entra à son tour sans frapper, comme il en avait l'habitude d'ailleurs.
-Salut Grincheux ! s'exclama-t-il en voyant la mine d'Emma.
-Graham, tu pourrais parler moins fort !? demanda-t-elle en voulant préserver la douceur de sa nuit dernière.
-Ah… David t'as déjà parlé ? devina-t-il en s'effondrant dans le sofa.
-Pourquoi David voudrait me parler ? demanda-t-elle en clignant lentement des paupières.
-Ah… il t'a pas parlé ?! Euh… bah… J'en sais rien, encore une histoire avec ta sœur j'imagine. Marmonna l'homme en resserrant les pans de sa blouse.
-Graham, tu es au courant de quelque chose ?!
-Non ! Affirma le chirurgien sur la défensive.
Emma plissa ses yeux. Il mentait, c'était certain. Il se releva pour faire les cents pas.
-Tu crois pas que tu pourrais faire la paix avec lui ?! demanda-t-il en ayant l'air de marcher sur des œufs. C'est vrai, ça fait plusieurs mois maintenant !
-Graham, est-ce que tu es réellement en train de me demander ce que je pense ?
-Oui. Assura-t-il. Je pense que c'est une bonne chose de pardonner.
La colère d'Emma commençait à monter de façon visible et elle l'observa un instant comme s'il était devenu fou. Ruby entra dans le bureau au même moment et après avoir fait aller son regard de l'un à l'autre elle se rendit à l'évidence.
-Il se passe quelque chose ?
Malgré le peu d'énergie qui lui restait suite à sa nuit avec Regina, Emma trouva tout de même la force de laisser sa colère éclater.
-Graham voudrait que je pardonne à David pour m'avoir fait mettre à pied, pour avoir écraser une partie de ma carrière sous son pied et pour avoir essayé de m'enfermer dans un hôpital psychiatrique.
-Non ce n'est pas ce que j'ai dit !
-Emma…
-Attends, Graham, on parle de la mort de Lili et du fait que tout ce putain d'hôpital me pense responsable ! Si j'avais eu un peu de soutient le jour où…
La voix de la blonde resta bloqué au fond de sa gorge et elle reprit après avoir inspiré.
-Si j'avais eu un peu de soutient ce jour-là, il n'est même pas certain que j'aurais été mise à pied mais David était trop occupé à joué le rôle du grand frère et toi tu étais en train de chialer comme une gonzesse pour on ne sait quelle raison, alors fais moi plaisir, ne me donne pas de conseil sur comment me comporter avec David ou Mary !
Plein de rage, le chirurgien se leva et quitta la pièce en claquant la porte tellement fort que le cadre sur le mur d'à côté se décrocha et explosa au sol.
Emma se laissa tomber dans son fauteuil sous le regard ahuri de Ruby.
-« Chialer comme une gonzesse pour on ne sait quelle raison » ? T'es débile ou quoi ? s'écria-t-elle en s'approchant du bureau pour affronter Emma.
-Lâche-moi un peu… Je remarque que je suis la seule ici à avoir été impactée émotionnellement et professionnellement !
-Oh c'est pas vrai ! Grandi un peu Emma et arrête de voir que ton nombril ! Graham était fou amoureux de Lili !
Emma reçut cette nouvelle comme un choque.
-Quoi ?
-Tu es complètement aveugle ! David quant à lui a énormément de torts, mais il a essayé de te protéger ! Tu vois toute cette histoire à travers tes yeux mais… franchement il fallait te voir ce jour-là ! Tu ressemblais à une folle ! Les gens ont tiré des déductions faciles mais c'était justement facile !
-De quoi tu parles, bordel ?!
-Emma, ce jour-là je ne t'ai pas reconnu ! Tu étais… quelqu'un d'autre. Quand Lili est arrivé, on t'a prévenu tout de suite et quand tu as débarqué à ton tour, tu hurlais et tu pleurais et avant qu'elle ne rentre en salle d'opération tu criais que tu étais désolée ! Comment voulais tu que les gens comprennent ça ? Personne n'a jamais accepté votre relation alors comment tu voulais qu'ils voient ça ?! Lili arrive ici après une overdose et son cœur lâche d'un seul coup et toi tu lui dis que tu es désolée, tu jettes tout par terre et on découvre que des médicaments ont été volés dans la réserve, les mêmes que ceux qui sont dans l'organisme de Lili !
-Arrête ! coupa la scientifique d'une voix tranchante. Ca faisait des mois que les médicaments disparaissaient ! Ils disparaissent tout le temps ! Les gens ont tiré des conclusions hâtives !
-Il n'empêche ! Celui qui a opéré Lili, c'est Graham ! Il n'a pas réussi à ramener celle qu'il aimait à la vie ! Lui aussi a été touché personnellement et professionnellement ! Parce que je te rappelle que celui qui a dû assurer le service pendant ton absence, c'était Graham.
Emma ne s'était jamais rendu réellement compte de l'amour que Graham portait à Lili. Elle comprit son erreur et se mordit la lèvre.
-Merde… marmonna-t-elle.
-Ouais ! Tu devrais aller t'excuser, pour une fois dans ta vie, Emma ! Soupira-t-elle ; elle changea de ton pour annoncer : J'avais quelque chose à te dire mais je pense que la journée va être déjà assez longue pour toi.
-Hein ? Non ! Rub' attends ! Qu'est ce que tu voulais me dire ?
-Je ne suis pas sûre de…
-Dis moi ! Insista Emma en se levant pour contourner le bureau.
Ruby la regarda un long moment, comme si elle était en train de jauger la capacité d'Emma à recevoir une autre nouvelle de taille.
-Belle a… elle a trouvé du travail dans un autre hôpital…
-C'est génial ! s'exclama Emma.
Elle regarda la mine sombre de son amie et se rendit compte qu'apparemment, ce n'était pas une bonne nouvelle.
-Que se passe-t-il ? demanda-t-elle en suivant du regard l'aide-soignante qui alla s'asseoir sur le canapé.
-Viens t'asseoir, s'il te plait…
La blonde obéit et Ruby lui attrapa les mains.
-C'est un hôpital… en France.
-Oh… souffla Emma en comprenant.
Elle posa une main réconfortante sur l'épaule de la jeune femme et lui pressa affectueusement.
-Vous en avez discuté ?
Les yeux de la brune se remplirent de larmes et elle hocha la tête.
-Je vais aller avec elle…
Une pierre tomba dans la poitrine de la chirurgienne.
-Wow… eh bah… c'est super ! parvint-elle tout de même à dire.
Ruby était tellement importante pour elle qu'elle n'imaginait pas qu'elle puisse partir si loin.
-Tu sais, les kilomètres, c'est pas grand chose, on aura le téléphone et skype et…
-Ruby… tu as fait le bon choix… C'est une bonne chose ! Assura-t-elle.
-Belle voulait se rapprocher de son père et comme il ne veut pas quitter la France…
-Je comprends tout à fait…
-Je partirai dans quelques mois mais… je voulais te prévenir dès maintenant.
-C'est très bien.
Un long silence s'installa. Emma encaissait et Ruby cherchait quelque chose à dire pour apaiser son amie.
-Mais regarde les conneries que tu fais quand je suis là, alors… imagine ce que tu vas faire quand je ne serais pas là… laissa-t-elle échapper.
-Ruby, commença la blonde d'une voix ferme. Tu ne resteras pas pour moi ! Belle est la femme de ta vie ! Ca se voit ! A la façon dont vous vous regardez, dont vous veillez l'une sur l'autre !
-Ouais… mais toi ?
-Ca va aller je crois. Murmura la scientifique.
Elle lança un regard joyeux à l'aide soignante qui eut un mouvement de recul.
-Oh c'est pas vrai ?! T'avais pas rendez-vous avec Mills hier ?
-Si !
-Et alors ?!
Le sourire d'Emma répondit à sa place et elle éclata franchement de rire lorsque la brune lui donna un coup dans l'épaule.
-Comment tu as pu ne pas me le dire plus tôt ! Vous l'avez fait ! Tu as couché avec le maire de la ville !?
-Ruby ! Reprit-elle d'un ton sérieux. Je t'avertis, ça doit vraiment rester un secret pour l'instant ! Et ce pour TOUT LE MONDE ! D'accord ?
-Ouais ouais ! Carrément mais je veux des détails ! C'était comment ?
Emma prit une grande inspiration et chercha les bons mots pour décrire sa nuit.
-Tendre, romantique, chaud… et incroyablement bon !
-J'en étais sûr ! Elle a su te dompter ! ricana Ruby.
Le bipeur d'Emma interrompit leur conversation et elle dut se lever pour quitter le bureau.
-Désolée, les urgences viennent de me biper! s'excusa-t-elle.
Assis sur un brancard, David semblait attendre la blonde avec une légère angoisse. Lorsqu'il la vit, il se leva d'un bond et lui emboita le pas.
-Emma…
-David. Dit-elle seulement en cherchant un dossier dans un placard.
-Mary voudrait te parler de quelque chose et…
-Dis lui de m'envoyer un mail. Marmonna-t-elle.
-Emma, c'est important.
Elle se mit face à lui, un bras reposant sur le meuble de fer.
-Oui, et ?
-Je t'en prie Emma, ne fais pas ça…
Il avait l'air peiné. Emma le détailla du regard et sentit une vive colère s'emparer d'elle, comme à chaque fois qu'elle se rappelait à quel point il avait compté pour elle. Il avait été un père, un frère, un ami… tout ça à la fois et Emma avait tout perdu en une journée.
-Tu sais… elle me parle de toi tous les jours… avoua-t-il. Tu nous manques sincèrement.
-Je crois que ça me manque aussi, David, mais la différence c'est que je n'ai plus aucune confiance en vous deux. Vous auriez pu me détruire en prétextant le faire pour mon bien !
-Tu aurais fait la même chose, Emma ! Ne te cache pas derrière tes belles paroles ! Si tu avais été à notre place, tu aurais réagi exactement de la même manière !
-Non !
-Bien sûr que si ! Tu aurais tout fait pour protéger ta famille.
Emma pencha la tête sur le côté.
-Il y a bien longtemps que tu ne me considères plus comme ta famille. Lili savait te faire sortir de tes gonds ! Et le fait que je sois assez d'accord avec elle te rendait fou ! Tu nous as mise dans le même sac elle et moi ! Et quelque part, en voulant m'enfermer, c'est elle que tu essayais de faire taire ! Pas vrai ?
-Emma, je n'irai pas avec toi sur ce terrain là !
-La discussion est close alors ? demanda-t-elle.
-Je ne veux pas discuter de ça !
-Dommage, j'aurai aimé en parler ! murmura-t-elle en se détournant pour partir.
-Emma, et pour Mary ?
-Qu'elle aille au diable !
Graham s'installa à côté d'Emma qui buvait bruyamment son soda à la paille en regardant d'un air contrarié la table où David s'était installé.
-Qu'est ce qui se passe ? demanda le chirurgien en suivant le regard d'Emma.
-Je ne supporte même plus de voir sa tête… marmonna Emma.
-Vous devriez parler, répondit Graham mal à l'aise.
-Par quoi on commencerait, Graham ? Du fait qu'il a essayé de me faire virer ou du fait qu'il m'ait traité de meurtrière devant tout le monde, ou encore du fait qu'il m'ait prise pour une dealeuse de drogue.
Le visage de l'homme prit la même expression qu'un chiot en difficulté et il haussa les épaules.
-Ouais… c'est… pas facile.
Emma prit une inspiration afin de ne pas recommencer les mêmes erreurs que le matin-même. Elle reposa sa boisson sur la table et se pencha vers son ami.
-Je suis désolée pour ce matin. Je suis à cran en ce moment et… je ne savais pas pour Lili et toi…
Graham se dandina, un peu mal à l'aise.
-Ouais… t'inquiète pas, c'est pas grave !
Emma hocha la tête.
-Je n'étais plus moi-même ce jour-là… avoua-t-elle plus pour elle même que pour Graham.
-Tout le monde était bouleversé. Toi, moi, David… tout ceux qui connaissaient Lili ont été…
-David et Mary étaient plutôt soulagés !
-Je suis pas si sûr ! Ils ont eu peur pour toi, Emma. C'était une semaine vraiment particulière. Lili venait de débarquer et encore une fois, elle t'a entrainé dans ses conneries !
-De quoi tu parles ?
-L'alcool ! Emma, dès qu'elle était là, tu arrivais bourré à l'hôpital… Et ses plans foireux… Je l'aimais mais il faut avouer qu'elle avait tendance à être sans arrêt dans l'excès …
-Ouais…
-Je suis désolé mais honnêtement, ce jour-là… tu avais tout d'une coupable… Ils ont peut-être tiré des conclusions hâtives mais elles étaient faciles à tirer.
-Oui… tu es la deuxième personne à me dire ça aujourd'hui.
-Où est-elle ? demanda Emma en arrivant vers David. David, j't'en prie, où elle est ?
-Ils vont l'emmener au bloc ! annonça l'homme en prenant doucement Emma par les épaules.
-Non ! s'étrangla-t-elle en titubant dans le couloir en direction des blocs.
-Emma, elle vient de faire une overdose ! Dit-il en la rattrapant.
-Non ! David, laisse moi lui parler !
-Emma, tu ne comprends pas… elle fait une overdose.
Emma secoua la tête et se rattrapa à la rambarde contre le mur.
-David, laisse moi lui parler.
Le brancard sur lequel Lili était allongée passa devant eux et Emma se pencha pour attraper la main de la jeune femme.
-Lili ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! s'écria-t-elle alors que David tentait de lui faire lâcher prise.
Graham prenait les constantes de leur amie et jeta un regard vers David pour qu'il s'occupe de la jeune femme blonde visiblement en état d'ébriété.
-Je suis désolée Lili ! David, il faut pas qu'elle meurt ! sanglota-t-elle alors que le brancard s'éloignait.
-Emma !
Les yeux rouges et le regard fuyant, elle ne parvenait pas à rester concentrée.
-David, elle peut pas mourir ! Tu ne te rends pas compte… C'est Lili ! C'est de ma faute…
Regina remit une mèche de cheveux en place et jeta un œil vers ses gardes du corps. Wood lui fit un sourire rassurant en lui tendant une petite bouteille d'eau.
-Vous savez que vous êtes juste là pour protéger ma vie, Robin ? plaisanta-t-elle en ouvrant la bouteille.
-Et comment je pourrais faire si vous vous déshydratez ?
Elle eut un petit rire et partagea un regard complice avec son second garde du corps.
-Comment va votre femme, Lance ? demanda-t-elle.
-Bien mieux, merci. Vous semblez fatiguée madame le maire.
-Ce n'est pas vraiment étonnant ! pouffa-t-elle en avançant dans le long couloir qui lui permettait de rejoindre la voiture.
Elle sortait d'une rude conférence de presse mais étrangement, c'était plus la nuit avec Emma qui l'avait fatiguée. La blonde avait de l'énergie à revendre, même après trois gardes consécutives et elle lui avait nettement prouvé.
-Les médecins font des miracles ! souffla Robin qui avait bien compris la situation en voyant la blonde quitter le domicile de la mairesse au petit matin.
Regina eut un rire silencieux et s'engouffra dans la voiture. Robin et Lancelot étaient les deux seuls gardes du corps qu'elle appréciait. Ils ne la regardaient pas comme un morceau de viande, ils n'avaient pas essayé de s'introduire dans sa vie. C'étaient de bons travailleurs et Regina aimait à croire qu'ils étaient comme des amis.
Robin lui jeta un œil dans le rétroviseur.
-Beth m'a dit que votre mère serait de retour en ville très bientôt.
-C'est exact, depuis son fiasco au Texas, elle a besoin de redorer son blason et elle a prévu de le faire au cours d'une cérémonie à New York.
Robin hocha la tête et observa la route de manière attentive.
-Beth voulait savoir si elle devait envoyer un carton d'invitation au sénateur Abigail ?
-Je laisse ma mère se charger des invitations, je ne vais tout de même pas m'occuper de tout ça !
-Il n'y a pas une invitation que vous aimeriez envoyer ? demanda Lancelot soudain taquin.
Regina ne put s'empêcher de sourire en songeant à la chirurgienne.
-Croyez-moi, cette invitation là n'a besoin d'aucun carton.
Les semaines passèrent et malgré toute leur bonnes volontés, les deux jeunes femmes ne parvenaient à se voir que très rarement. Néanmoins, Henry percevait nettement le changement sur sa mère et dans les contes qu'il s'amusait à écrire, la méchante reine se transformait peu à peu en un être faisant preuve de rédemption grâce à une jeune sauveuse aux cheveux d'or.
Plusieurs fois, Henry posa la question pour savoir si sa maman avait trouvé l'amour. Mais la brune restait généralement silencieuse, elle n'avait pas encore la réponse.
La cérémonie de Cora Mills arriva bien vite et une certaine effervescence était née chez Emma. Regina lui avait confié l'importance de la soirée et elle ne voulait pas faire de faux pas.
Même si elle était persuadée qu'elle serait rapidement relayée au second plan, elle était tout de même celle qui accompagnerait officiellement la mairesse de New York.
Deux de leurs mains étaient jointes et la blonde rapprocha la main de la politicienne vers sa bouche pour déposer un baiser sur ses doigts.
-Dans quelques jours je dois aller à une soirée qui pourrait aider la carrière politique de ma mère. Annonça lentement la brune.
Emma, les yeux à demi clos hocha la tête.
-Oui ?
-J'aimerai que tu m'y accompagnes…
-Officiellement ? s'intéressa la scientifique.
-Je préfère qu'Henry soit le premier à être mis au courant si nous décidons de poursuivre notre histoire. Mais… je ne me vois pas en autre compagnie que la tienne.
Emma eut un sourire à moitié effacé par le sommeil.
-D'accord, murmura-t-elle avant de s'endormir sous les yeux de Regina.
Elle se prépara avec soin et fut surprise lorsqu'un homme frappa à sa porte d'entrée.
-Madame, je suis votre chauffeur. Débuta-t-il en la regardant à travers ses lunettes sombres.
Emma haussa un sourcil.
-Je n'ai pas besoin de chauffeur ! lança-t-elle prête à refermer la porte.
L'homme posa sa main contre le bois et sans difficulté, il força la blonde à la laisser ouverte.
-D'après la mairesse, il est préférable que vous ne preniez pas votre voiture.
-…Ok… bon on se calme Cobra Bubbles !
L'homme baissa ses lunettes et elle fut étonnée de voir apparaître un petit sourire au coin de ses lèvres.
Regina mit du temps à se préparer, après tout, il s'agirait de redorer le blason de sa mère tout en apparaissant aux côtés d'Emma. Une soirée importante en somme.
Elle demanda l'avis de ses gardes du corps qui n'eurent pas à répondre si ce n'est leur bouche ouverte et leurs yeux écarquillés.
-Bien messieurs, je vous remercie pour votre éloquence.
-Vous êtes… très… euh… très jolie madame le maire, balbutia Lancelot.
-Jolie ? Je ne suis pas une jeune fille en jupon, Lance ! se moqua-t-elle.
-Ce que cet idiot voulait dire, c'est… euh…ben... en fait... c'est...
-Maman ! T'es magnifiiique ! souffla Henry en n'osant pas lui sauter dessus pour l'embrasser.
Elle s'accroupit devant lui et lui pinça le bout du nez.
-Merci mon petit Prince.
Elle l'embrassa tendrement puis elle se releva pour attraper sa pochette qui était sur le meuble de l'entrée et en passant devant ses deux colosses elle leur dit :
-Voilà comment on parle à une dame, messieurs ! Prenez en de la graine.
Dans le hall de l'hôtel où avait lieu la cérémonie, Emma attendait déjà, elle était vêtue d'une robe rouge qui moulait son corps tonique et qui couvrait ses épaules, lui donnant un aspect sophistiqué. Ses cheveux étaient remontés en une queue de cheval haute qui laissait ses mèches rebelles retomber dans un désordre construit.
Le désir remplit ses prunelles au moment où elle vit la brune monter les marches pour la rejoindre. Cette élégance ne pouvait être comparable à aucune autre et Emma fut ravie de voir le sourire tendre qui illuminait le visage de la politicienne. Ce sourire, ce regard et certainement cette tenue étaient pour elle. Elle s'avança machinalement.
-Bonsoir Emma, lança doucement la femme en passant sa tenue au rayon X.
-Cette robe… gronda Emma en pointant le corps de sa compagne du menton.
-Elle te plait ?
-Elle me plaira encore plus lorsque je te l'aurai retirée !
Regina eut un rire de gorge qu'elle dissimula se dirigeant vers la salle de réception.
Elles entrèrent sous les flashs des photographes et Emma sentit une pointe d'angoisse au creux de son estomac. Regina comptait vraiment sur elle pour cette soirée, elles n'étaient pas là pour dix petites minutes et elle n'était pas non plus là comme une invitée quelconque.
Sitôt leur entrée remarquée, Regina se dirigea vers un plateau de champagne et vola deux coupes au passage.
-Détends-toi Emma, tout ira bien !
Le tissu de la robe de Regina jouait sur une fausse transparence et la blonde ne pouvait s'empêcher de vérifier que sa précieuse créature gardait tous ses charmes pour elle seule. Le décolleté descendant jusqu'au dessus du nombril de la politicienne semblait perturbé la scientifique au plus haut point, ce qui amusa la brune.
-Emma, mes yeux se trouve un peu plus haut !
-Je vérifie que ton décolleté ne soit pas visible de tout le monde.
Regina éclata de rire et posa une main possessive sur le bras d'Emma.
-Tu ne me partages avec personne, pas même avec les journalistes ! Et je t'assure que je pourrais faire un twister avec cette robe, aucun invité ne verrait l'ombre d'un sein !
-Comment c'est possible ? s'étonna Emma.
Regina l'observa comme si elle était devenue folle.
-Avec du ruban adhésif fabriqué exprès pour ça, chérie, souffla-t-elle lentement dans son oreille.
-Oh… comprit Emma en se sentant ridicule. La vraie question en fait, c'est: quand commence-t-on cette partie de twister?
Elles rirent, complices.
De loin, la brune voyait sa mère l'observer avec un léger sourire aux lèvres. Elle retira sa main du bras d'Emma et se faufila dans la foule pour rejoindre Cora.
-Ma fille daigne enfin se montrer à ma fête.
-Je ne voulais pas te voler la vedette ! plaisanta la politicienne en observant les invités autour.
-Docteur Swan, ma parole, vous êtes le nouveau garde du corps de ma fille ou simplement son nouveau sex…
-Mère ! Stoppa Regina en lui lançant un regard furieux.
-Un peu des deux, en fait ! rétorqua Emma en glissant un sourire diabolique.
Cora plongea son regard dans les yeux provoquant d'Emma et son visage s'illumina soudain.
-Mademoiselle Swan, vous me plaisez ! Ne prenez pas cet air orgueilleux, c'est surtout grâce au discours qu'Henry me fait de vous à chaque fois que je l'ai au téléphone.
Emma haussa les sourcils et échangea un regard avec la brune.
-Profitez de la soirée mesdemoiselles, amusez-vous et surtout parlez de moi aux gens qui vous entoure ! Conclut Cora en se détournant.
Regina soupira; effectivement, ces soirées n'étaient jamais de tout repos pour elle. Elles faisaient parties de son travail et elle fut au regret de devoir laisser Emma durant plus d'une heure lorsque Locksley vint l'accaparer pour évidemment lui parler du travail.
Emma se rapprocha du bar et commanda un verre tout en laissant son regard se perdre sur sa superbe compagne.
Le tissu souple de sa robe venait parfaitement épouser le dessous de ses seins et tombait sur son ventre plat pour cascader jusqu'à ses mollets. La ceinture noire était purement décorative et Regina passait régulièrement un doigt entre elle et sa hanche de façon machinale.
-Bonsoir ! Entendit-elle.
Elle se tourna vers une femme tout à fait charmante qui l'épinglait du regard.
-Je peux vous servir un verre ? demanda la jeune femme métis qui se tenait sur le tabouret à côté du sien.
-Merci, j'ai déjà ce qu'il me faut ! répondit gentiment la blonde en montrant son verre.
La jeune femme tendit sa main et se présenta :
-Je suis Sidney Glass, journaliste.
-Enchantée, répondit Emma.
Sidney pencha sa tête sur le côté et tordit la bouche.
-Je ne crois pas vous avoir déjà vu à New York…
-C'est que nous n'empruntons pas les mêmes rues dans ce cas ! plaisanta Emma en haussant les sourcils.
Sidney comprit qu'elle avait devant elle, une habitante des rues de la Grande Pomme.
-Je me doutais que vous étiez New-Yorkaise, vous avez ce je ne sais quoi des femmes qui vivent ici.
-Vous êtes en train de me draguer ? demanda abruptement Emma.
Sidney eut un sourire gênée.
-Est-ce que ça vous gênerait si je le faisais ?
Emma avait l'impression d'être de nouveau face à Regina. A croire que toutes les personnalités New-Yorkaise ne répondaient jamais aux questions posées.
-Je ne suis pas libre, s'excusa la chirurgienne en haussant les épaules.
-Est-ce que je peux au moins connaître votre prénom pour le graver dans ma mémoire ?
-Emma, gronda la voix de Regina sur la droite de la chirurgienne.
Au ton impérial que la brune avait emprunté, Emma avait senti que la légèreté de la soirée venait de prendre un tournant.
Sidney dévisagea la mairesse et Emma eut la très nette impression qu'elles se connaissaient de longue date. Elle regarda l'échange silencieux entre les deux femmes et sentit un froid glacial s'installer. La pièce entière se gela pour les enfermer dans une bulle rigide et inconfortable.
Sidney ne regardait plus la brune dans les yeux mais fixait un point vers sa hanche, montrant d'office sa soumission.
-Que fais-tu là ?
Ce n'était même pas une question, Regina exigeait de savoir. Sa voix s'était durcie et son regard plein de haine projetait sur la pauvre femme un accablement profond.
-J'ai été invitée. Répondit doucement la métis.
-Considère que c'était une erreur. Trancha Regina.
-Ce n'est pas ta soirée, Regina, se défendit-t-elle.
Les sourcils de la mairesse se froncèrent de façon imperceptible mais la colère pouvait clairement se lire dans ses yeux. Une colère sourde qui pourrait tout emporter sur son passage. Emma était descendue de son tabouret, prête à intervenir au cas ou.
-Je te conseille de quitter les lieux très vite Sidney si tu ne veux pas le regretter.
-Je n'ai pas peur de tes menaces.
-Toi et moi savons pertinemment que tu meurs de peur sur tes grands escarpins, se moqua méchamment la politicienne.
-Je ne veux pas de problème, je proposais juste un verre à mon amie Emma ! dit-elle tranquillement.
Si la femme avait cru apaiser les tentions, ce fut bien pire. Regina se rapprocha vivement d'elle, les pans de sa robe flottant derrière elle et sans jamais la toucher, elle la fit reculer sur son siège.
-Elle n'est ni ton amie, ni même une vague connaissance, est-ce bien clair ? Si je te surprends en train de poser ton misérable regard sur elle, je te jure que je te ferais regretter d'être venue au monde. Si j'apprends que tu as cherché à la contacter, tu auras l'impression d'être en enfer, dans la seconde !
-Regina ! murmura Emma pour tenter de la calmer.
Tout en gardant son regard rivé sur le visage de Sidney, la brune leva un doigt devant le visage de la chirurgienne pour lui interdire de parler.
-Me suis-je bien fait comprendre ?
-Ce n'est pas utile d'en arriver là ! souffla la journaliste qui ne perdait pas contenance.
Leur bulle éclata à l'arrivée de Cora qui avait un air furieux plaqué sur le visage.
-Regina ! gronda-t-elle en regardant le trio. Je ne veux pas d'esclandre, je te le rappelle !
Le silence dura un long moment. Cora surveilla du coin de l'œil le reste des invités qui n'avaient rien remarqué pour l'instant.
-Regina ! dit-elle sèchement.
La brune consentit à se reculer de quelques pas afin de laisser passer la jeune femme.
Sidney eut un regard désolé vers Emma.
-A une prochaine fois, Emma !
Il n'en fallut pas plus pour une réaction de la mairesse qui empoigna violemment le haut du bras de la journaliste. Le contact sembla brûler cette dernière dont la respiration s'affola en un clin d'œil.
-Ne joue pas à ce jeu-là, Sidney ! gronda furieusement Regina. De nous deux, nous savons très bien qui serait la perdante ! Retourne donc à tes articles minables, tu n'as pas envie de jouer avec moi.
-Regina, ça suffit ! souffla Cora.
La main de la brune se desserra mais on pouvait déjà voir un bleu violacer la peau de la fuyarde.
La mairesse regarda son ennemi filer de la fête et redescendit sur terre lorsque sa mère lui tapa doucement le bras.
-Je te rappelle que je suis en difficulté politique et qu'il n'est vraiment pas judicieux d'envoyer la rédactrice en chef du Mirror sur les roses !
-Tu l'as invité ? demanda Regina d'un ton plus calme mais qu'Emma devinait bouleversé.
-Bien sûr que non ! J'ai convié un membre du journal, je ne me doutais pas qu'elle viendrait. Tu es incapable de te contrôler !?
Regina ne répondit rien. Cora la dévisagea un instant, puis elle reprit un sourire et un ton calme.
-Miss Swan, ramenez donc ma fille chez elle !
-Tu me congédies ? demanda tranquillement Regina qui avait repris un air neutre.
-Je crois que je n'ai pas besoin de scandale ce soir ! déclara sa mère avant de s'en aller.
La poitrine de la brune se souleva plus rapidement à mesure que la colère montait et elle se dirigea vers la sortie d'un pas rapide, poursuivie par Emma.
-Regina ! Appela-t-elle une fois dans le hall. Hey ! héla la blonde voyant que sa compagne poursuivait sa route.
Elle parvint à la faire se retourner d'une main sur l'épaule. La politicienne déglutit pour contenir la rage qui s'insinuait en elle.
-C'était quoi ça ? demanda Emma essoufflée. Une scène de jalousie ?
Regina se mit à rire doucement avant de regarder autour d'elles. Sans prévenir, elle se dirigea vers une salle où la sécurité et quelques serveuses discutaient. Elle entra vivement, précipitant tous les regards sur elle.
-Sortez ! ordonna-t-elle.
Lorsque la porte se fut refermée derrière Emma, il y eut un long silence durant lequel la brune lui tournait le dos.
Elle attendit patiemment un signe, quelque chose.
-Regina… murmura-t-elle au bout de très longues secondes. Regina… répéta-t-elle en voyant que son accompagnatrice ne bronchait pas. Regina, tu peux m'expliquer ce que tout ça signifie ?
La politicienne avait plaqué ses mains contre le bois d'une table et gardait ses bras tendu en essayant de se concentrer de toutes ses forces, les yeux fermés par la concentration et l'effort.
Inquiète, Emma s'approcha doucement et caressa son dos. Instantanément, Regina fit volte-face et agrippa Emma au cou pour la coller contre le mur à côté de la porte.
-Hey ! protesta la blonde affolée.
Regina n'appuyait pas mais sa prise était ferme une lueur dangereuse brillait au fond des prunelles sombres.
-Reg…
-Tais-toi ! ordonna la mairesse.
Emma posa ses mains de chaque côté du visage de sa belle et posa son front contre le sien malgré le rejet évident que manifestait sa compagne.
-Je suis à toi.
-Tais-toi ! demanda cette fois, plus qu'elle n'ordonna.
Elle semblait flancher.
-Ta violence ne me fait pas peur !
Regina s'écarta en reprenant une respiration profonde.
-Tu ne sais pas, Emma.
-Je ne sais pas quoi ?
-Ce n'est pas… ce n'est pas ce que je veux pour toi !
Regina semblait se battre contre ses démons et contre la forte envie de posséder Emma sur le champ.
-Ca ne me fait pas peur !
L'inspiration suivante permit à la politicienne de chasser cette envie noire.
A chaque fois que ça lui prenait, elle avait l'impression que ce sentiment était presque surnaturel. Cette soif de pouvoir, de colère noire et cette volonté de faire souffrir...
L'énergie que la brune venait d'utiliser pour se combattre elle-même l'avait vidée et elle sentit une grande fatigue s'emparer d'elle.
-Regina, appela Emma en s'approchant pour lui faire lever le visage.
-Je ne veux pas en parler.
-Bien, allons récupérer Henry chez toi, je vous emmène dîner.
Trop faible pour protester, la brune se laissa mener jusqu'à ses gardes du corps, jusqu'au fast-food où Henry poussa de grands cris de joies et jusqu'à l'appartement d'Emma où elle décida de les accueillir pour la nuit.
La blonde fit visiter son lieu de vie au petit garçon et lui montra la chambre dans laquelle il allait dormir.
-Elle est trop cool ! C'est quoi ça ? demanda-t-il en pointant du doigt une affiche de film placardée au mur.
-Un film que tu verras quand tu seras vraiment très grand ! expliqua Regina en souriant.
En effet, Requiem for a dream n'était pas vraiment conseillé au moins de 12 ans.
Emma eut un petit sourire triste. C'était le film préféré de Lili et elle lui avait expressément demandé d'afficher ce poster dans sa chambre d'ami afin que quiconque ose dormir dans ce lit sache qu'il pénétrait dans un lieu où elle avait les plus grands privilèges. Emma avait toujours réservé une place pour la jeune femme dans sa vie, sa maison et son cœur. Malheureusement, tout était parti en fumée à présent.
-Emma ?! s'inquiéta la mairesse en voyant une certaine douleur peindre les traits de la jeune femme.
-Oui ?...
-Quelque chose ne va pas ?
-Tout va très bien ! Tu sais quoi, gamin, on va l'enlever !
-Non ! protesta Regina. C'est chez toi, tu ne vas pas…
-Justement, coupa-t-elle. Je t'assure que cette affiche n'est pas à mon goût.
Une fois fini, Emma proposa de s'installer dans le salon pour regarder un film et Henry vint se blottir entre les deux femmes. Il fut le premier à tomber de sommeil contre la blonde qui le couvrit avec un plaid douillet. Néanmoins, elle suivit le mouvement en laissant sa tête retomber contre le sommet du crâne du petit garçon. Regina attendit la fin du film pour se tourner vers eux et eut un sourire amusé.
-Emma, appela-t-elle doucement, va te coucher.
-Non ! Je vais… non ça va aller ! protesta-t-elle.
Henry se réveilla en entendant du mouvement autour de lui et la blonde l'emmena vers la chambre d'ami.
-Elle est cool cette chambre, c'est gentil de l'avoir préparé pour moi ! marmonna-t-il en se glissant sous les couvertures.
-Eh ouais gamin ! Tu as de la chance de pouvoir dormir ici ! Seules les gens qui sont chers à mon cœur en ont le droit !
-Ah oui ?! Qui par exemple ?! demanda le garçon, exalté.
Aussitôt, le visage d'Emma s'assombrit. Le remarquant instantanément, Regina franchit le seuil pour porter main forte à sa compagne.
–Il est tard, Henry ! murmura-t-elle. Tu devrais déjà dormir !
Elle déposa un baiser sur le front de son fils et celui-ci remercia encore une fois Emma de le laisser dormir chez elle. Elles s'éclipsèrent de la chambre d'un pas discret et une fois que la porte fut refermée, Regina pressa tendrement la main de la chirurgienne.
-Tout va bien ?
-Oui. Répondit-elle d'une voix blanche.
Les paumes de mains de Regina se retrouvèrent sur les joues de la scientifique et de ses pouces, elle traça les cernes de celle-ci.
-Henry pose beaucoup de questions… s'excusa-t-elle.
-Il a le droit, les questions sont utiles. Mais il arrive parfois qu'elles fassent resurgir des choses.
-Des choses ?
-C'était la chambre de Lili. Avoua Emma en se laissant tomber dans le canapé.
Regina eut un regard intéressé.
-Lili ?
-Si nous allions nous coucher ?! proposa Emma pas tout à fait prête à aborder le sujet.
-C'est une excellente idée ! capitula l'autre.
Emma lui laissa la salle de bain, se préparant dans sa chambre.
-Tout va bien ? demanda la politicienne d'une voix grave, le corps appuyé nonchalamment sur le cadrant de la porte.
-C'est à toi qu'on devrait demander ça ! répliqua Emma en s'allongeant.
-Je n'ai pas de réponse, soupira-t-elle en la rejoignant.
Il y eut un long silence durant lequel Emma en profita pour couper la lumière et elles échangèrent de nombreux baisers qui venaient panser leurs plaies. Elles arrêtèrent enfin et leurs yeux se trouvèrent dans l'obscurité.
-Lili n'était pas quelqu'un de fréquentable.
-Mais tu l'aimais ? Devina Regina en posant sa main sur celle d'Emma.
-Je crois que oui… notre relation était ambiguë mais je crois que… je m'étais rendue compte qu'elle était nocive pour moi… C'est la dernière chose que je lui ai dite… la nuit avant qu'elle fasse son overdose.
Lili se trémoussait sur une musique commerciale et dévisageait Emma installée sur le fauteuil qui sirotait tranquillement son verre.
-Allez Em' ! Fais pas la gueule ! Je suis certaine que le mec n'a pas eu le temps de relever ta plaque !
-Peu importe, Lili ! Tu peux pas t'emporter comme ça et exploser le pare brise de n'importe quel crétin !
-C'est bon ! J'ai déjà dit que j'étais désolée !
-T'es tout le temps désolée, Lili !
La petite brune arrêta de danser et vint s'asseoir sur le divan, à côté de son amie.
-Je le suis sincèrement, Em'… J'aime juste pas qu'on te manque de respect… Tu peux comprendre ça ? Dit-elle doucement en penchant la tête pour prendre une mine attendrissante.
Les lèvres d'Emma s'étirèrent en un sourire et elle hocha la tête.
-Ouais… ouais… je comprends… ça va, t'es pardonné !
-Supeeer ! s'écria Lili en se levant pour reprendre sa danse.
Emma éclata de rire. Elle regarda la brune se déhancher aisément.
-Au fait, pourquoi tu débarques cette fois ? demanda la blonde en buvant encore un peu.
-Pour te voir !
Perplexe, Emma haussa un sourcil.
-C'est quel pétrin cette fois ? demanda-t-elle sérieusement.
Lili haussa les épaules et après avoir piqué une gorgée dans le verre de la blonde elle se décida à répondre.
-Il se pourrait qu'un homme marié m'en veuille un peu…
-Bon sang, Lili !? Il est dangereux ?
-Naaaan, juste un peu furieux… je me fais oublier quelques temps…
-T'aime même pas les femmes ! répliqua Emma.
-Ca dépend lesquelles ! minauda Lili en attrapant la main de son amie pour qu'elle danse avec elle. Ce n'est pas parce que j'ai plus d'homme à mon palmarès que je ne peux pas passer la frontière de temps en temps.
La chaleur était montée d'un seul coup entre les deux femmes et l'alcool fit son travail. Emma enchaina les verres et Lili ne fut pas en reste. Soudain, alors qu'elles s'amusaient, Lili posa ses lèvres sur celles de la blonde qui partagea ce baiser avant de reprendre contact avec la réalité.
-Merde ! Qu'est ce que tu fais là ?! hurla-t-elle en repoussant la brune.
-Quoi ?! On s'amuse un peu !
-Tu t'amuses ? s'étrangla Emma en sentant son cœur se casser violemment.
-Ouais ! Qu'est ce qui a de mal à ça ?
-Je suis pas une pétasse que t'as levée dans un bar, Lili ! Je… On doit arrêter ça ! Dit-elle en s'essuyant la bouche.
-Arrêter quoi, Emma ?!
-Ça ! Tu arrives, on boit, on échange des caresses et on se chauffe et puis rien… tu repars en me laissant avec tout mon espoir !
-Je suis comme ça, Em'…
-Pas moi ! C'est malsain !
-Ouais bah si tu voulais quelque chose de sain, fallait pas commencer avec moi ! cracha Lili d'un ton méchant.
-Lili ! tu me fais espérer des trucs et tu te barres sans rien dire !
-Bon, tu m'as saoulé là ! Je croyais qu'on était amies !
-Justement ! Les amis, ça fait pas ça !
-Emma, lâche moi un peu tu veux ?!
Elle sentit la colère se mélanger dangereusement à l'alcool mais elle ne put rien faire contre ce qui se passa ensuite. Toute sa peine ressortait en méchanceté gratuite.
-Dégage de chez moi !
-Excuse moi ?
-Sors ! J'ai pas besoin d'une taré comme toi dans ma vie ! David et Mary avaient raison ! T'es immature, franchement perchée et je rajouterai que tu deviens sérieusement nocive pour ceux qui te veulent du bien !
Lili sembla avoir reçu une claque. Elle renifla dédaigneusement et attrapa sa veste en cuir sombre.
-Okay… t'as raison Emma, je te laisse tranquille. T'entendras plus parler de moi.
Les yeux remplis de colère, Emma la regarda franchir la porte de chez elle.
Regina passait régulièrement une main dans les cheveux de la blonde pour l'apaiser un peu.
-J'ai regretté ces paroles jusqu'à aujourd'hui… Je crois qu'elle était vraiment nocive pour moi et que je ne m'autorisais pas d'être heureuse avec quelqu'un parce que j'avais toujours l'espoir qu'elle finirait par comprendre. Elle était particulière, on était vraiment fusionnelles mais… c'était trop.
Elle devina un sourire sur le visage de la brune et lui fut reconnaissante de l'écouter patiemment. Elle s'avança pour l'embrasser tendrement.
-Et toi alors… ? demanda-t-elle pour alléger l'atmosphère.
-Toute personne qui est déjà tombée amoureuse a déjà eu le cœur brisé, Miss Swan. Déclara Regina en changeant de position.
Elle regarda le plafond, replongeant dans ses pensées. Emma la regarda longuement avant déposer un baiser sur son épaule.
-Hey… si tu ne veux pas en parler, c'est pas grave ! Je disais ça comme ça…
Regina descendit un peu la couverture jusqu'à la taille et posa les mains sur son ventre, emmêlant ses doigts entre eux.
-Tu te rappelles de la photo qui a été prise de moi le 11 septembre 2001.
-Evidemment !
-Les gens pensent que je ne l'aime pas parce qu'elle représente la mort de mon père… mais en réalité… elle représente bien plus que ça. Cette photo est une trahison, une blessure qui ne se refermera jamais et je crois qu'elle peut me plonger dans une noirceur absolue.
Emma hocha doucement la tête en passant son bras sous son oreiller. Elle avait une furieuse envie de s'endormir mais elle savait que la brune était en train de lui livrer une part importante de son passé. Et lorsqu'elle commença à parler, la petite blonde sentit toute envie de sommeil disparaître.
-Ce jour-là, je devais déjeuner avec mon père. Je devais lui présenter ma petite amie de l'époque. On venait de sortir de la station de métro de Rector Street et on a marché quelques mètres pour avancer vers ces tours… et ce bruit si fort a fait lever la tête de tous les passants. J'ai vu l'avion frapper de plein fouet la première tour. Du moins… je crois que je l'ai vu… je me rappelle du bruit… de voir passer cet avion au dessus de Greenwitch Street. On a tous pensé à un accident… Quelque chose de malheureux… Et j'ai essayé d'appeler mon père sur son téléphone… au début… au début, il n'a pas décroché mais au bout de quelques minutes il a fini par répondre et il avait l'air… si ému de me parler. C'est ce qui m'a paru étrange. Je lui ai dit « papa, tu es où ? » mais j'étais tellement pressée de lui parler de ce que je venais de voir que j'ai enchainé tout de suite.
-Sors du bar, papa ! Regarde les tours, il vient d'y avoir un affreux accident !
-Bêtement, je pensais que mon père était déjà en train de m'attendre à notre restaurant favori mais il était coincé pour une réunion dans la tour n°2. Il m'a expliqué calmement qu'il allait quitter l'immeuble pour me rejoindre sur Greenwitch Street… Et… deux minutes après son appel, le deuxième avion s'est écrasé.
-Oh Seigneur…
-Je n'ai jamais réussi à joindre mon père… Je ne sais pas… ce qu'il s'est passé pour lui… Les gens couraient, criaient, c'était la panique la plus totale, mais moi je voulais aller chercher mon père… J'ai essayé…
Elle se tut pour effacer de devant ses yeux les images qui revenaient en force.
-...Ce qui m'a arrêté dans ma course, ce sont les corps qui tombaient des tours jusque sur le bitume… à quelques mètres devant nous. Les gens se jetaient des fenêtres pour échapper aux flammes. Ma petite amie photographe qui avait déjà effectué des reportages dans des zones à risque a gardé la tête froide et elle a réussi à m'éloigner des bâtiments juste avant que les tours jumelles ne s'effondrent. Evidemment, la poussière n'a épargné personne et le hall dans lequel on s'était réfugiées a été envahi de poudre blanche et de feuilles...
Regina avait levé ses mains devant elle pour mimer le mouvement des feuilles de classeurs qui tombaient du ciel.
-A ce moment, reprit-elle, je savais qu'il n'y avait plus rien à espérer. Après ça, c'est le noir total jusqu'au moment où on me dit que les tours, les deux, sont tombées… Une fois qu'on a pu circulé, je me suis précipitée dans la rue et il y avait encore tellement de poussière qu'un pompier c'est approché de moi et m'a tendu un morceau de tissu pour que je puisse le plaquer sur ma bouche. L'ironie a voulu que ce soit un bout de drapeau des états unis qu'il avait déchiré pour fournir des masques de fortune à toutes les personnes aux alentours. C'était une telle pagaille que personne n'a remarqué que plusieurs civils arrivaient tout près des décombres et… je me suis trouvée tellement minuscule face à cet amas de rouille et de béton que mes jambes m'ont lâchées. C'est là que ma petite amie a pris cette photo de moi. La petite américaine couverte de poussière, serrant son drapeau entre ses doigts tout en pleurant chaudement sur les décombres encore fumantes.
-La fameuse photo…
-Oui. Elle l'a vendu à prix d'or et a négocié son avenir. Aujourd'hui elle est rédactrice en chef du Mirror.
Le coeur d'Emma lui remonta dans la gorge.
-Sidney Glass était ta petite amie ?
Regina soupira profondément.
-Oui. Elle m'a brisée le cœur et j'ai cru ne jamais me relever. La mort de mon père plus cette intrusion dans ma vie privée, qui plus est par une personne qui m'était chère a été… un véritable drame… Depuis, je me suis blindée.
Emma comprenait peu à peu ce masque de fer. Elle voyait enfin la plaie béante dans son regard. Etrangement, cela la rassura.
-Ton blindage ne peut être résistant que si tu laisses sortir la pression de temps en temps, Regina.
La brune fixa ses orbes sombres dans celles d'Emma. Le temps venait de s'arrêter.
-Que veux-tu dire ?
-Je n'ai pas peur de ta violence !
La mairesse redressa la tête pour jauger Emma et lorsque celle-ci vint capturer ses lèvres, elle sentit une vague de rage monter en elle. Si Emma pensait pouvoir gérer ça, elle se trompait lourdement.
Elle la repoussa fermement.
-Tu ne sais pas de quoi tu parles.
-Alors montre moi ! proposa la blonde.
-Non.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est destructeur, rien ne peut se construire là-dessus. Rien. Alors si tu veux d'une relation comme celle-là, dis le moi.
Emma sembla réfléchir, il était évident qu'elle ne voulait pas quelque chose de destructeur mais il fallait néanmoins qu'elle accepte Regina avec ses parts d'ombres.
-Quand tu seras prête à me montrer ce côté de toi je…
-Quand je serais prête à te montrer ce côté de moi, c'est que j'aurais décidé de tirer un trait sur une relation saine avec toi.
-D'accord, mais en attendant, je ne veux pas que tu te mettes dans une camisole.
La brune était tellement perdue à ce moment précis. Elle se frotta le visage et tourna le dos à Emma pour mettre fin à la discussion. Aussitôt, la blonde vint doucement caresser ses omoplates l'aidant ainsi à s'endormir. Le souffle de la brune s'apaisa peu à peu mais Emma ne trouva pas le sommeil. Elle tourna beaucoup avant de prendre son téléphone et de sélectionner le numéro de sa soeur. Elle commença à écrire un sms avant de l'effacer puis de le réécrire.
Un vague grondement de Regina la fit sursauter et elle déposa son téléphone sur sa table de nuit sans rien avoir envoyer. La nuit portait conseil et Emma comptait en profiter un peu.
Hum... alors?
