Alors, qu'on se le dise. Il n'était initialement pas du tout prévu de sortir une suite à cette fanfiction. mais, vraiment, je m'étais trop amusée à l'écrire, et vos retours m'ont fait vraiment plaisir.

Donc, voilà.

Le fil conducteur est sûrement mort en cours de route, mais, franchement, pour une fanfiction prônant le non-sens et le ridicule, on va dire que, franchement, eh, ça passe.

Merci à Woolzy, PetitLapin28, dj83, a s'en vas et salomekenza8 pour vos reviews !

Le retour de Christina Cordula

Le Joker fit irruption dans les égouts, foutant un coup de pieds au cul d'une grenouille qui lui embouteillait le passage.

Pennywise était très occupé à découvrir à quoi servait une capote, aidé par Ronald qui mimait la chose avec une banane.

Ils tournèrent en même temps la tête vers leur excentrique camarade.

« Foutre Couille de Belzébuth, » jura Pennywise devant le spectacle.

« Oh mon Dieu, » fit Ronald, beaucoup moins original.

Le Joker posa élégamment une main sur sa hanche, bomba le torse et rentra le ventre, dans une posture de pure biatch.

« Alors ? » roucoula-t-il.

« Je n'aurais qu'une seule question à formuler, » commença tranquillement Pennywise. « Ne serait-ce pas des vêtements de femme ? »

Le Joker fit une petite moue et lissa le pli de sa mini-jupe.

« Elles ont bien le droit de porter des pantalons, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas porter de jupe. »

Ronald prit un air très embarrassé, pas très convaincu du résultat.

Le Joker sautilla vers lui, perché sur ses talons hauts, poussant un petit cri strident. Ses doigts vernis de rose s'emparèrent de la manche crasseuse du costume du clown.

« Mon chériiii, » piailla-t-il d'une voix haut perchée. « Mais quel fashion faux paaas ! »

Pennywise se décrocha littéralement la mâchoire.

Il avait déjà vu ce comportement, il y a fort, fort longtemps, alors qu'il s'était faufilé chez une petite fille…

L'image se brouilla, se flouta, alors que commençait les prémices d'un fabuleux flash-back.

Le clown démoniaque poppa hors de la cuvette des chiottes, s'écrasant silencieusement (mais non moins lamentablement) sur le carrelage.

Il chassa la feuille de papier toilette douteuse qui s'était coincée dans sa collerette, et ouvrit lentement la porte.

Sa proie était bien sagement assise dans le salon, devant sa télévision allumée. Elle tirait à moitié la langue, alors qu'elle effectuait son exercice de maths à grand renfort d'équerre et de stylo Bic.

Il s'approcha à pas silencieux, les yeux virant à un splendide orange lumineux. Son regard dériva sur le sol, où gisait nombre de peluche Boohbah. Il fronça le nez avec dégouts. Ces peluches le dégoutaient.

Une voix stridente se fit entendre depuis la télévision. Ses oreilles manquèrent de saigner.

« Ma chériiiie, c'est magnifaaaïque ! » clama une femme brune, s'extasiant devant la tenue d'une bonne femme endimanchée.

Pennywise se stoppa un instant, fasciné par le vide abyssal de cette émission.

Une petite pancarte dans le coin gauche de l'écran indiquait « Les Reines du Shopping », écrit sur un dessin de sac en papier.

Il haussa un sourcil, la bouche entrouverte.

Il savait que les humains étaient stupides, mais tout de même.

La femme brune parlait à présent devant la caméra, expliquant à quel point il était mal venu pour une femme « bien bâtie » de porter des jeans ultras moulants.

Pennywise ne savait pas ce qu'était un jean, mais tout cela lui semblait vraiment très futile.

Un filet de bave noire de scepticisme coula de ses lèvres entrouvertes pour salir une peluche de tortue qui gisait à ses pieds.

Attendez.

Une peluche de tortue ?

MATURIN EST ICI, FUYEZ PAUVRE CLOWN.

Il flanqua un grand coup de pied dans la malheureuse peluche avec un cri de rage, la conspuant à grand coup d'insultes insultante.

Il tourna ensuite les yeux, une moue furieuse au visage.

Et il croisa le regard ébahi de la fillette, qui le fixait, bouche ouverte et stylo en suspension.

Il la regarda.

Elle le regarda.

Il la regarda.

Elle se mit à hurler, et grimpa quatre à quatre les marches de l'escalier en appelant à grand cris sa maman.

« Fashion faux-paaas, » piailla la voix de la femme brune.

L'image devint de nouveau floue, se recentrant sur les égouts.

« Mais qu'est ce qui pue comme çaaa ? » couinait le Joker, le nez fourré sous les aisselles de Ronald. « Ça ne va pas du tout, mon chériiii ! Il faut rectifier ça ! Où est mon enjoliveur ? »

Pennywise ouvrit de grands yeux.

Il n'y avait pas de doute, sacrebleu, ventre Saint gris.

« RONALD ! » hurla-t-il, horrifié. « Il est possédé par Christina Cordula ! »

« Seigneur ! » gaspa Ronald.

« Ma couverture était pourtant parfaite, » soupira Joker Cordula, déconfit(e).

Scéance de psy

« Vous voyez, monsieur le psy, même si vous êtes apparemment invisible, ça me fait beaucoup de bien de vous parler, il n'y a que vous qui me comprenez, » bavassait une grosse dame, assise devant une bouche d'égout. « Depuis que mon frigo est en panne, je ne vis plus ! Je ne peux plus manger de glace ! Je commence à flotter dans mon corset ! »

Elle s'essuya une petite larme.

« C'est si dur, si vous saviez ! »

Le psychiatre des égouts n'en savait rien, mais ce qu'il fallait savoir, par contre, c'est qu'il était légèrement en train de péter un câble.

Depuis ce matin, des gens chiants et pénibles se bousculaient devant sa bouche d'égout préférée pour lui raconter leurs vies inintéressantes.

Au début, il les avait ignorés.

Puis il avait commencé à s'impatienter.

Et maintenant, il se retenait de les bouffer.

« Qu'est-ce que je dois faire, docteur ? » reniflait la grosse dame.

« Faire un régime et débarrasser ton énorme cul graisseux d'ici ! » beugla Pennywise, n'y tenant plus.

« Quelle outrecuidance ! » couina la femme, choquée.

Pennywise ne comprit pas trop pourquoi la montagne de graisse lui parlait de loutre qui danse, mais il se sentait sur le point d'exploser.

La bonne femme se releva d'un air digne, et s'éloigna de son gracieux pas d'éléphants, écrasant un parterre de rhododendron au passage.

Pennywise poussa un petit soupir, heureux du court silence qui suivit.

Libéré, délivré, cette femme s'en est allée !

Il esquissa des pas de danse, éclaboussant les tuyauteries de sa superbe eau grise.

Tout cela aurait pu finir en comédie musicale, si un type à moitié chauve ne s'était pas agenouillé à son tour devant la bouche d'égout.

« Bonjours, Monsieur le psychiatre invisible, je m'appelle Charles Baudelaire et je ne me sens pas très bien… »

Pennywise tourna la tête, incrédule.

« Je suis un poète, vous savez, » disait le type. « C'est dur d'être un poète. Nous sommes semblables à ce prince des nuées au sol, nos ailes de géant nous empêchent de marcher. Ma douleur est grosse comme ma… »

Le « maa » dura encore quelque seconde, permettant à tout le monde de profiter du sous-entendu.

« Planète, » conclut le poète. « Mon Spleen- »

« Ta gueule, » gronda Pennywise.

« Non, mais dites-donc ! » s'indigna Baudelaire. « Comment osez-vous ? Charogne ! »

« Et ta calvitie ? » cracha le clown, venimeux.

Le poète ramassa son choc et son spleen sur le sol, et déguerpit à toutes jambes.

Pennywise resta à sa place, les yeux plissés par la méfiance.

Personne n'allait oser revenir… Si ?

« Ach, Guten Tag, » salua un petit brun moustachu, en s'asseyant devant la bouche d'égout. « Mein Name ist Dolfi und- »

Il n'était pas supposé être mort, ce type ?

Le point Godwin passa en battant des ailes.

« La ferme ! La ferme ! » beugla Pennywise, les yeux scintillants. « Vous me prenez pour quoi, pour votre psy ? Va t'enfoncer des cucurbitacées là où le soleil ne brille pas et ne reviens JAMAIS si tu veux rester en vie ! »

« Achtung ! » beugla Tonton Dolfi en prenant ses jambes à son coup. « Es ist ein clown da ! »

Apparemment, aucunes des personnes de la longue file d'attente qui se pressait devant les égouts ne parlait allemand.

Personne ne réagit.

Sauf Pennywise, qui commençait à se demander si la ville n'avait pas organisé un suicide collectif dans la gueule de Ça.

Un homme chapeauté s'agenouilla devant ses yeux exorbités à la Tex Avery.

« Bonjours ! Laissez entrer le soleil ! La Terre vous dit : Hello ! » commença le type.

Le clown le fixa droit dans les yeux, une expression meurtrière au visage.

« Je m'appelle Willy Wonka, » reprit l'homme, qui puait la praline et le chocolat. « Et si je suis ici, c'est que mon Oompa-Loompa psychiatre est en congé. »

Pennywise prit une grande inspiration. Puis, avec un cri de rage, il attrapa le bras du mec, mordit dedans à pleine dents, et le fit disparaître dans les égouts.

Il était trop vieux pour flotter convenablement, mais au point, il pouvait avoir l'amabilité de fermer sa grande bouche.

Sa patience limitée avait atteint son point de rupture, pas le Saint Pikachu !

Il jaillit hors de la bouche d'égout, comme un Diable en boîte, barbouillé du sang du chocolatier.

La foule émit un « oh ! » puis un « ah ! » et enfin s'enfuis en hurlant.

« Voilà ! Exactement ! Et ne revenez pas ! » rugit l'entité millénaire.

Il appuya les poings sur ses hanches, furieux, mais satisfait tout de même, profitant de la vague de peur si gentiment offerte.

Bon, il y avait un mystère à résoudre.

Pourquoi ces imbéciles venaient ici en rang d'oignon pour compter leurs déboires aux égouts ?

L'Inspecteur IchaPennywise est sur le coup.

Le plus gros indice de l'enquête s'avéra être une énorme affiche dans son dos, entourées de néons à la mode de Broadway, portant l'inscription « SCEANCE DE PSYCHATRIES GRATUITES. »

Et en tout petit, en caractère minuscule : « Le psy est invisible, mais il vous écoute. Promis. »

Pennywise plissa les yeux.

Les rouages de son antique cerveau se mirent en branle.

« JOKER ! » rugit-il finalement. « RONALD ! AU PIED ! »

Aucun des deux ne répondit.

Quels petits cons.

Ils devaient être très fier de leur bonne blague.

Fontaine chocolatée

« Et voilà, il ne manque plus que le Nesquik ! » jubila le Joker.

Ronald accourut, le précieux paquet de chocolat en poudre à la main.

Ils avaient érigé une jolie fontaine au milieu des égouts, avec une poésie toute relative, compte tenu de l'aspect crasseux de l'eau.

Quelques heures plus tôt, Pennywise, en promenade dans sa chère ville, s'était souvenu avec une légère larmouillettes qu'aujourd'hui, c'était Pâque. En effet, des processions silencieuses commémoraient l'explosion de la scierie qui avait causer tant de morts si tragiques.

Quel hasard, tout de même, qu'elle ait explosée pile au moment où des enfants ramassaient des œufs en chocolats.

C'est fou.

Pennywise n'y était pour rien, bien sûr.

Qu'allez-vous imaginer.

Quoiqu'il en soit, le passage des Cloches de Pâque lui avait soufflé la merveilleuse idée suivante : et si on fabriquait une fontaine à chocolat praliné ?

Le Joker et Ronald avait été très enthousiastes, à son plus grand bonheur.

Ronald se dressa sur la pointe des pieds, versant la poudre dans le jet d'eau grise.

Eau qui prit peu à peu une teinte chocolatée un peu douteuse.

Mais on n'allait tout de même pas chipoter.

« Bon, les règles sont simples, » fit Pennywise, le ton sentencieux. « On a tous des petits bouts de fruits (ou d'enfants en fonction des goûts de chacun). Celui qui perd son bout de truc dans le jet est obligé de faire un Action ou Vérité. »

« Tu connais ce jeu humain, toi ? » s'étonna Ronald.

« Chut, » siffla Pennywise.

Les trois clowns s'assirent en rond autour de leur belle fontaine, les denrées coincées au bout de leurs broches rouillées.

Les notions d'hygiène semblaient leurs passer trèèèèès haut au-dessus de la tête.

Ronald perdit presque aussitôt son bout de fraise dans les méandres de la fontaine.

« … Action, » soupira-t-il.

Le Joker lui tendit immédiatement un petit paquet plein de poudre blanche.

« Renifle ça, » ordonna-t-il.

Le bon clown rouge et or crut naturellement qu'il s'agissait de cocaïne et en prit naïvement une grosse inspiration.

Il crut mourir, sous les rires tonitruants des deux autres lascars.

« De la levure ! » comprit-il dans un cri de cœur.

Pennywise en perdit son bout de viande d'hilarité.

Les deux regards se tournèrent vers lui, alors qu'il prétendait ne rien avoir remarqué.

« Pennychooou ~ » chantonna le Joker.

« Vérité, » fit très vite le clown démoniaque.

« Ton pauvre petit nez et bien trop fragile pour une agression à la levure, mon cher Pennywiiiiiise, » lâcha la fan girl anonyme en passant sur sa licorne.

Ronald sembla longuement réfléchir.

« Quel âge as-tu ? »

« C'est nul, comme question, » s'égosilla le Joker.

Pennywise se tapota le menton du bout du doigt.

« Eh, aucune idée ~ quelques millénaires… j'étais déjà là lors des guerres merdiques, » répondit-il finalement.

« Les guerres MEDIQUES, tu veux dire, » corrigea Ronald, tel un élève de Terminal Littéraire chiant.

« Va te faire trousser par Jean Neige, » rétorqua férocement Pennywise.

Ronald lui adressa un regard plein d'incompréhension.

« Qui est Jean Neige ? »

« Ça fait Jon Snow, en anglais, » remarqua le Joker.

« Un jeune homme à qui j'ai enseigné la pédérastie, autrefois, » soupira Pennywise, nostalgique.

Le clown rouge et or ne sembla pas vraiment éclairé.

« Ça veut dire qu'il lui a enseigné le Kâma-Sûtra, » fit le Joker innocemment, la bouche en cœur.

« Oh ! » comprit Ronald.

Le silence retomba, chacun se concentrant sur son bout de truc aspergé par la fontaine de Nesquik et d'eau d'égout.

La banane du Joker décida subitement de prendre son indépendance et exécuta le grand plongeon.

« Vérité, » se resigna-t-il.

Pennywise tripota l'un de ses pompons.

« As-tu déjà porté les sous-vêtements de ta mère ? »

« Seulement ses sous-tifs en dentelles, » répondit très sérieusement le Prince du Crime.

Ronald parut profondément choqué.

De 1, par la question posée si naturellement, de 2, par la réponse sortie de façon tout aussi naturelle.

« Moi non, » reprit Pennywise. « En même temps, je n'ai pas de mère. Ou alors, je l'ai bouffée. Je ne m'en souviens plus. »

Le doigt de gosse se détacha de sa broche et flotta dans la fontaine.

« Action, » grinça-t-il.

Ronald et le Joker eurent un sourire sadique.

« Devient végan pendant un mois, » ricana l'effigie de MacDo.

Pennywise fut catastrophé.

Comme pour le narguer, toute une classe de maternelle passa devant la bouche d'égout.

Ça lui apprendra.

Les entités millénaires n'ont pas à fêter bêtement Pâque comme de vulgaires humains.

ooOooOooOoo

Bill Denbrough fixait sa radio, les yeux lui sortant presque des orbites.

Une chanson de Claude François y beuglait tranquillement, n'ayant absolument rien demandé à personne.

Le problème, c'est que cette chanson répétait un peu trop de fois le mot « ça ».

« Ça s'en va et Ça revient, C'est fait de tout petit rien, Ça se danse, Ça se chante, Ça se retient, comme une chanson populaire ! »

Il prit une grande inspiration.

Ce n'était qu'une chanson, une pauvre petite chanson, pas la peine de se mettre dans tous ses états…

« On flotte tous ici ! » conclut brusquement Claude François.

Rien d'inquiétant en somme-

Attendez.

Quoi ?

Bill éteignit brutalement sa radio dans un grand cri.

Pennywise ricana dans l'ombre.

C'est un coup bas, êtes vous en train de vous dire.

Mais essayez de comprendre, tout lecteur incorruptible que vous êtes !

Le pauvre clown était très frustré, en ce moment, à cause de son régime forcé.

Il avait bien le droit de se venger de temps à autre.

Pennywise découvre l'industrie du X

Pennywise plissa les yeux, méfiant et suspicieux. Ses deux colocataires étaient assis côte à côte, sur sa scène de Clown Dansant. A côté d'eux gisaient les restes de sushis et de soupe miso.

Ils étaient tous deux penchés sur l'écran d'un ordinateur, l'air fort concentrés. Un peu de bave coulait le long du menton de Ronald.

Pennywise n'avait rien contre la bave, ayant lui-même tendance à en produire un bon paquet. Mais il était prêt à parier son ballon qu'il n'avait pas cet air d'ahuri trisomique quand il bavait.

Il se rapprocha subtilement, rampant contre le sol détrempé de son égout. De drôle de bruit s'échappait de l'ordinateur, qu'il identifia comme des gémissements féminins, et des grognements probablement animaux.

Peut-être un film d'horreur, avec un loup-garou dévorant des humaines blondes et stupides ?

Mais le son des gémissements ne collait pas. Pennywise pouvait se vanter de s'y connaître, en bruit de douleur, à ça, ça n'y ressemblait pas.

« Yamete kudasai ! » couina une voix insupportablement aigue.

Le traducteur intergalactique de Pennywise lui permit de comprendre un « arrêtez, s'il vous plaît » larmoyant.

Il cligna des yeux, complètement perdu.

Le Joker le remarqua finalement, allongé qu'il était dans l'eau grise, avec les yeux à la limite de la surface. Le sourire du Prince du Crime s'élargit alors, avec une sorte de joie malsaine qui réussit même à mettre le clown démoniaque de Derry mal à l'aise.

« Pennywise ! Joins-toi donc à nous ! »

L'entité plissa une nouvelle fois des yeux, pas très convaincu.

« Ça dépends. Qu'est-ce que vous regardez ? »

« C'est fou, toute ses tentacules, » rêvassa Ronald.

« Tu ne connais pas la merveilleuse industrie du X ? » s'étonna le Joker.

Pennywise cligna des yeux.

« Youporn, mon gars ! » s'extasia Ronald. « Youporn ! »

« C'est un roc ! » disait une voix féminine, depuis l'ordinateur. « C'est un pic ! C'est un cap ! Que dis-je ! C'est une péninsule ! »

« Autant en emporte le gland, Pennychou ! » roucoula le Joker. « Une véritable œuvre cinématographique ! »

L'entité, poussé par sa curiosité, s'approcha un peu plus, repoussant de son chemin quelques cartes Pokémons qui flottaient.

Il se coula entre le Joker et Ronald, posant enfin ses yeux sur l'écran.

Son expression devient alors absolument perplexe, devant l'étrange spectacle qui lui était donné de voir.

Alors, comme ça, les humains aimaient en voir d'autres se reproduire entre eux ? A en voir le visage extatique de Ronald, il en était certain.

Comme c'était étrange !

La femme de l'écran agita un étrange objet cylindrique en plastique dur, arguant qu'elle allait défoncer la « prostate » de son cher et tendre.

Ou de son « chair est tendre. » Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu.

Il jeta un regard sceptique à ses deux colocataires. Ronald avait maintenant une main dans son calbute, et le regard du Joker se faisait étrangement vide.

« … Mais c'est nul, » lâcha Pennywise, n'y tenant plus.

« Tu ne comprends rien à la beauté de la chose, » s'indigna Ronald.

« Oh, fuck me baby, » fit l'homme à l'écran.

« Tu ne te sens pas chaud, à l'intérieur ? » renchérit le Joker.

« Pour moi, ça revient à voir deux vaches qui s'accouplent, » pesta Pennywise.

« Bien sûr, » soupira Ronald. « Enfin, ça m'étonnerait qu'il existe des films porno avec des Ça. »

L'entité le fixa, l'expression outrée.

« Je suis bien au-dessus de ça, moi, monsieur ! » s'indigna-t-il. « Je ne copule pas pour le plaisir, devant des caméras ! »

« C'est parce que personne ne voudrait le faire avec quelqu'un comme toi, » insinua le Joker.

Une petite larme brilla dans les yeux de Pennywise.

La pauvre entité fut même tellement vexée qu'il s'empara d'un jambon de Bayonne enveloppé de papier Cellophane et l'utilisa pour frapper son colocataire.

« Non, c'est moi qui ne veut le faire avec personne ! » chouina-t-il.

Puis il se releva d'un bond, et déguerpit en gratifiant l'eau de grand coup de pied rageur.

Une petite frégate en papier tangua sur elle-même sous le choc.

« Il est trop susceptible, » soupira le Joker.

« Je jouis ! » couina Ronald.

Suce-moi (attention, rating M)

Pennywise grignotait tranquillement le tibia d'un enfant innocent et plus ou moins décédé lorsqu'un intru fit irruption dans la salle centrale de ses très chers égouts. Il le gratifia d'un regard réprobateur. Il tenait à son diner, tout de même.

Le type lui montra une grosse boîte à outils, visiblement très peu surpris de tomber sur un clown couvert de sang dans les tuyauteries de la ville.

« Je suis le plombier, je viens retaper vos tuyaux avec mes gros engins de bricolage, » fit-il.

Pennywise émit un « ah » satisfait. Enfin quelqu'un qui se souciait de l'insalubrité de sa maison ! Il avait bien besoin de se faire déboucher les tuyaux.

« Parrrrfait, » fit-il, jetant très loin par-dessus son épaule le tibia du petit Géorgie. « Le tuyau le plus abîmé, c'est celui-là, là-bas. Au boulot ! »

Le plombier hocha la tête.

« Avec plaisir… mais pourquoi il y a des enfants qui flottent partout ? »

Pennywise fut pris au dépourvu. De quoi se mêlait ce type ?

« Et vous, pourquoi portez-vous un masque ? »

Parce que oui, depuis le début, l'intru portait une cagoule noire de djihadiste.

Un blanc prit place entre les deux protagonistes.

Puis le plombier retira sa cagoule, révélant des cheveux verts chimiques et une peau déteinte à l'acide. C'était donc le Joker, depuis le début ! Incroyable.

« Pfff, » siffla-t-il, entre ses lèvres barbouillées de rouge. « Suce-moi. »

Pennywise lui fit des gros yeux.

Il n'avait pas très bien compris comment le rating avait pu basculer à « M » aussi vite.

En effet, Ça était d'une innocence très candide en ce qui concernait la pornographie, et était très peu familier avec l'accroche « je suis le plombier qui vient déboucher vos chaudières ».

Il mâta sans vergogne son vis-à-vis d'un œil critique.

… Bah, après tout, ça ne coûtait rien d'essayer.

Il s'approcha à pas félins de l'autre clown, qui n'en revenait pas d'obtenir aussi facilement satisfaction.

L'autre s'accrocha à son costume à pompon et se laissa transporter vers la scénette ou Pennywise aimait beaucoup danser. Le magnétophone se mit à beugler « FAIT MOI MAL, JOHNNY JOHNNY JOHNNY, ENVOIE-MOI AU CIEL, ZOU ! »

Deux minutes plus tard, et Pennywise redécouvrait les plaisirs de la sucette, et le Joker couinait en rythme avec la chanson.

Le clown démoniaque se retrouva soudainement affublé d'un masque très bizarre, le coupant dans sa dégustation du saucisson aux noix érigé.

Le Prince du Crime venait de l'affubler d'un masque de Batman, avec un petit ronron de chat satisfait.

Pennywise fit une petite moue, pas très content de se retrouver avec un truc sur son auguste crâne bulbeux. Il se faillit même croquer à pleine dent dans ce qui se trouvait à l'intérieur de sa bouche sous le coup de la surprise.

Le Joker pouvait s'estimer très chanceux de ne pas être devenu malencontreusement une femme.

Le manège continuait quelque temps.

Le clown démoniaque émit un « pouet » surpris lorsqu'une main baladeuse s'empara de certaines parties de son corps qui allait en package avec son apparence de clown.

Il découvrit également que ces parties pouvaient être malaxées, et que c'était très bizarre comme sensation.

Quelques ballons partirent flotter avec les enfants, portant les inscriptions des onomatopées que Pennywise avait quelques difficultés à prononcer.

Par exemple, on put apercevoir un joli ballon portant un gros « OH ! » blanc, ou un autre marqué d'un « OH OUI~ » débordant de satisfaction. Notons surtout celui abordant fièrement la mention « Oh, la, la, je n'avais même pas remarqué que j'avais un truc ici, qu'est-ce que c'est ? » qui est quand même très révélateur.

Sa bouche quitta la friandise pleine de bave noirâtre, pour mordiller presque gentiment l'épaule pâle de l'autre clown. Celui-ci n'eut pas de réaction, jusqu'à ce qu'un peu de sang se mette à couler.

Il eut alors un « encore ! » qui perturba profondément Pennywise. C'était nouveau, ça, qu'on lui redemande des morsures. Imaginez si Géorgie lui avait dit « Encore ! » lorsqu'il lui avait arraché un bras ?

Il planta donc très franchement ses crocs pas tout à fait sortis complétement dans l'épaule découverte du Joker, ripant douloureusement contre l'os solide. Un bruit de craie glissant sur un tableau accompagna le crissement de ses dents sur l'ivoire.

Le Joker se vit alors touché par une trique monumentale, émettant un gémissement étranglé entre douleur et plaisir.

Pennywise ne savait pas ce qu'était le sadomasochisme, et se retrouva quelque peu perdu devant ces réactions décalées.

« Attache moi ! » couina l'autre clown, se tortillant sous lui. « Fait moi mal ! Détruis-moi les os ! »

Le démon millénaire lâcha sa prise sur son épaule, se délectant du sang qu'il avait récolté.

Son regard dériva vers un manche à balais qui trônait fièrement depuis son tas de truc.

Il se demanda s'il ne pouvait pas essayer de le faire rentrer, par curiosité scientifique.

La main qui le tripotait allégrement se resserra brusquement lorsqu'il mit sa merveilleuse idée en application.

Il aurait peut-être dû le nettoyer avant. Il ne savait pas depuis combien de temps ça trônait dans les égouts.

… BAH.

Le Joker émettait maintenant une litanie de « ouiouiouioui » hystériques, tirant sur ses parties comme sur le pis d'une vache.

Pennywise n'était pas sûr de trouver ça agréable.

Il échappa donc tout naturellement à sa poigne pour remplacer le manche à balais.

Il découvrit ainsi, en moins de cinq minutes, l'existence de cette banane toute molle et son utilisation.

Un ballon « Mama Mia » se mit à flotter.

Un filet de bave coula le long de ses lèvres rubis, s'éclatant en rond noir sur la poitrine haletante du Joker.

Un enfant flottant reprit à ce moment précis ses esprits et son âme, atterrissant dans l'eau grise dans un plouf sonore.

« Je suis vivant ! » s'extasia-t-il.

Son regard dériva naturellement vers le concert de grincement venant de derrière lui.

Il ouvrit très grand la bouche.

Et perdit de nouveau son âme.

« Mamaaan, » fit le gosse en partant à toute jambe.

Pennywise ne prit même pas le temps de verser une petite larme sur son goûter perdu. Il était beaucoup trop occupé à fourrer un pompon rouge dans la bouche du Joker, tel le bâillon du pauvre.

Ses yeux clignotaient du bleu à l'ambre comme une guirlande de Noël. Il s'amusait à mordre chaque parcelle de peau qui s'offrait à lui, comme un toutou devant un gros nonos.

Le Joker allait sûrement en mourir d'hémorragie, mais bon, ça avait l'air de lui faire tellement plaisir.

Pennywise découvrit ensuite de toute nouvelle position qu'il n'aurait jamais cru possible pour un pauvre corps humain, et qu'il n'avait jamais envisagées lui-même malgré ses capacités de contorsionniste. Il n'était pas sûr de pouvoir s'en remettre psychologiquement.

« Eh, les gars, on a reçu un colis de Fedex- » commença Ronald en rentrant joyeusement dans la salle.

Il se stoppa net.

« OH MON BIG MAC ! » gaspa-t-il.

Il fuit très loin, abandonnant le colis derrière lui.

Pennywise échangea un regard avec le Joker, s'immobilisant dans son joli tango revisité.

Ronald réapparu bientôt, comme par magie, suivit d'un panneau publicitaire portant l'inscription « Cette campagne de prévention vous est prodiguée par MrAntoineDaniel. »

« Vous avez mis des capotes, au moins ? » beugla-t-il, sans prendre garde à son innocence qui flottait à côté du ballon « Waouh ! ».

« Des quoi ? » s'enquit Pennywise, toujours prêt à apprendre de nouveaux mots.

« Il faut toujours se protéger pendant les rapports sexuels ! » pesta Ronald, lui jetant un paquet de « condoms » au visage.

« Eh, » protesta Pennywise.

« Oh, il y en a au goût banane, » s'extasia le Joker, recrachant son pompon.

« Sinon, on attrape le SIDA ! » reprit Ronald avec un regard caméra. « Et le SIDA c'est pas sympa ! »

Un petit jingle retentit, accompagnant la nouvelle disparition du clown rouge et or.

Pennywise haussa les épaules. Il utiliserait ces petits trucs en plastique pour faire des nouveaux ballons, plus tard.

Pour l'instant, il avait des fers sur le feu.

Ou des anus sur la queue. Tout dépend du vocabulaire.

Des feux d'artifices éclatèrent sur scène, alors que les deux clowns se peignaient mutuellement de blanc. Quels artistes merveilleux, tout de même.

Pennywise se laissa tomber sur le côté avec un petit soupir.

Le Joker resta quelque peu amorphe, à moitié mort, mais très satisfait.

« C'était sympa, » fit-il.

« Très, » approuva Pennywise.

« Tu baves beaucoup, quand même, » nota le Joker.

« On s'en fiche, ça t'a servi de lubrifiant, » rétorqua Pennywise.

« De même que l'eau des égouts, » s'amusa le Joker.

« Très juste, » admit Pennywise.

Un petit silence agréable tomba. Un ballon « Je vais joui- » se coinça sur l'un des tuyaux.

« Bon, » reprit le clown démoniaque. « Il ne te reste plus qu'à retaper la tuyauterie. »

Le Prince du Crime lui jeta un regard incrédule.

Post-Scriptum

« Tu m'as trompé ! » hurlait Harley Queen, au bord des larmes. « Qui est cette espèce de grosse p- »

Le Joker la fixa d'un regard torve.

« Tu n'as pas envie de savoir, mon chou. Maintenant, soit gentille, et dégage ton énorme cul de chez moi. »

Harley s'enfuit aussitôt en pleurant comme une madeleine. Le clown grogna profondément, agacé, et se dirigea vers sa salle de bain.

Il se s'aspergea le visage d'eau glacée, éreinté.

« Pssst, » fit une voix très connue depuis le bouchon d'évacuation de l'évier.

« Oui, je sais, vous flottez tous en bas, » soupira le Joker, excédé.

« Non, » corrigea la voix.

Un silence tomba. Le Joker haussa un sourcil.

« On suce tous, en bas, » conclut malicieusement la voix.

Le Prince du Crime eut un temps d'arrêt. Quelques bruits, chuchotis et rire se firent entendre.

Puis il se pencha brusquement vers le trou d'évacuation.

« PENNYWISE ! QU'EST-CE QUE TU FAIS A CES ENFANTS ? »

« On suce tous ici ! » répondit un chœur de gosse.

« Oh, Seigneur, » lâcha le Joker.

La revanche de Ronald

Ronald avait vu son âme partir en fumée. C'était une vérité ardente, un état de fait qui ne souffrait aucune remise en question.

Il avait vu une chose qui avait brûler sa rétine, carboniser son esprit.

Il n'avait pas voulu ça, évidemment il voulait simplement, à la base, livrer le colis Fedex qu'on avait déposé devant la bouche d'égout de Neighbourg Street.

C'était un acte de bonté, sa B. du jour.

Tout ça pour quoi ?

Pour trouver Pennywise et le Joker occupés à souiller de fluide corporel la salle centrale de leurs colocations.

C'est donc en toute connaissance de cause qu'il avait décidé de se venger.

En commençant par le Joker après tout, il est plus facile à atteindre qu'une entité extraterrestre millénaire.

Et quoi de mieux pour se faire qu'aller draguer la prunelle des yeux du Prince du Crime ?

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PREMIERE TENTATIVE

Harley Queen sortait tranquillement ses poubelles, lorsqu'un clown rouge et or se hissa hors d'une bouche d'égout juste devant elle.

« Bonjours, monsieur, » fit-elle joyeusement, alors qu'une fillette hurlait.

Le clown se redressa, et lui adressa un superbe clin d'œil.

Il ne ressemblait pas à l'autre imbécile des toilettes, tout allait bien.

Ronald -car c'était lui- s'inclina exagérément devant elle.

« Votre auguste visage m'emporte en des transports ardents, » déclara-t-il en guise de salutation.

« Hein ? » s'étonna Harley, manquant d'en lâcher son sac poubelle.

Le clown roula des yeux, striker dans son élan lyrique.

« T'es bonne. »

Harley ouvrit la bouche en « o », choquée dans les tréfonds de son cœur.

« Mufle ! » siffla-t-elle.

Son sac poubelle traça un arc de cercle dans l'air, et s'écrasa voluptueusement sur le visage maquillé de Ronald.

Le temps qu'il s'en remette, elle était déjà partie.

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DEUXIEME TENTATIVE

Harley faisait tranquillement son shopping, lorsque le même clown que précédemment surgit d'une ruelle sombre et glauque.

Elle était presque sûre d'y avoir vu un cadavre d'enfant, comme c'est amusant.

Ronald se planta devant elle, lui adressa son plus beau sourire -est-ce que c'était du sang sur ses dents ? – se racla la gorge, et lâcha un splendide :

« Eh mademoiselle, t'es charmante, ça te dit une glace à la menthe ? »

Harley lui adressa un regard d'affliction totale, et décida de passer son chemin.

Ronald lui courut après, comme un pauvre Friendzoné courant après des marques d'amour inexistantes.

« Ton père ne serait pas boulanger ? » tenta-t-il, pitoyable.

Harley parut perdue.

« Parce que t'es une planche à pain ! » sourit Ronald.

Une batte de base-ball apparue miraculeusement dans la paluche d'Harley.

« Enfant de salaud ! » persifla-t-elle. « Hijo de puta ! »

Ronald esquiva fort élégamment un coup visiblement subtilement dirigé vers son auguste crâne.

« Ah ! Seigneur, s'il est vrai, pourquoi nous séparer ? » plaida-t-il.

« Je suis presque sûre qu'il s'agit d'une réplique de Bérénice. » remarqua suspicieusement la jeune femme.

Un petit nuage de pluie apparut sur la tête du clown.

« J'avais fait des études littéraires, voyez-vous… mais les choses ont mal tourné, comprenez-vous… depuis, je ne peux m'empêcher de penser à ma vocation perdue, et… »

Ce monologue absolument poignant fut stoppé net par un coup de batte bien placée, et la fuite d'Harley Queen.

« Encore raté, » pesta Ronald.

Il ne remarqua pas le regard ambré calculateur scintillant dans les égouts.

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TROISIEME TENTATIVE

Harley sirotait tranquillement un Diabolo Fraise sur la terrasse d'un petit bar, les yeux dans le vague.

C'est presque blasée qu'elle vit le clown habituel s'asseoir à côté d'elle, son habituelle sourire stupide aux lèvres.

« Les réfrigérateurs sont moins chers chez But, » déclara Ronald.

« Certes, » répondit prudemment Harley, pas très sûre de savoir où il voulait en venir.

Ronald posa sa main sur ses mains croisées, lui permettant de profiter un peu mieux de sa délicate odeur d'égout.

« Pour qui sont ces grelots qui sifflent sur votre tête ? »

Harley toucha du bout des doigts son bonnet d'arlequin, une petite moue boudeuse au visage.

« Pas pour toi, ça c'est sûr, » cracha-t-elle.

Ronald toussota.

« Deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique… »

« Le ciel étoilé au-dessus de Nous et la loi morale en Nous ? » proposa Harley, croyant reconnaître une citation de Kant.

« Non, » rétorqua Ronald. « Tes seins et ton cul. »

Harley l'aspergea de Diabolo Fraise et s'éloigna à grand pas furieux.

« Quelle tarlouze, » soupira Pennywise depuis la bouche d'égout.

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QUATRIEME TENTATIVE

Harley se promenait tranquillement au clair de lune, lorsque son stalker de clown surgit hors d'un lac, engoncé dans un matériel de plongé.

« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles, » commença-t-il.

« Je t'arrête tout de suite ! » s'emporta Harley. « Tu vas tout de suite arrêter de m'ennuyer, si tu tiens à ta tronche ! »

« Je ne saurais agréer à votre demande, » rétorqua Ronald d'un ton pathétique. « J'ai tant pris pour clarté ta chevelure, que comme lorsque l'on a trop fixé le soleil, notre regard pose sur toutes choses des ronds vermeilles, partout, lorsque j'eus quitté les feux dont tu m'inondes, mon regard ébloui pose des taches blondes. »

Harley porta une main à son cœur, éblouie par tant de prestance.

« Que voulez-vous ? » s'enquit-elle, toute timide.

« Cueillir la fleur d'amour de ton jardin secret, » répondit galamment Ronald.

Harley le fixa longuement.

« Bon, d'accord. Faisons ça. »

La musique WE ARE THE CHAMPION éclata dans le crâne de Ronald.

Pennywise perdit sa mâchoire depuis sa bouche d'égout. Qu'est ce qu'il venait de se passer au juste ?

OoOooOooOoo

CONCLUSION

Ronald sortit de la chambre, une petite moue dubitative au visage.

« Alors ? » s'enquit Pennywise, adossé au mur jouxtant la porte.

Ronald n'eut même pas un petit sursaut en trouvant le clown psychopathe si près de lui.

« Bof, » fit-il. « Pas terrible, j'ai vu mieux. »

Pennywise ricana.

« Oh, crois-moi, tu n'as pas encore tout vu. »

Ronald se stoppa brutalement, soudain inquiet.

« Qu'est ce que tu veux dire ? »

Pennywise contempla nonchalamment le gant de sa main gauche.

« Je ne suis pas venu tout seul ~ »

Ronald se sentit prit de sueur froide.

« Il avait juste du matériel à récupérer… » poursuivit Pennychou. « Dans la cuisine. »

Le clown rouge et or tourna lentement la tête vers la porte concernée.

Le Joker s'y tenait, écumant, meurtrier, tenant à la main tout un assortiment de couteau de boucher.

« Salaud, » souffla Ronald à l'intention de Pennywise.

« Mais de rien, mon lapin, » ricana l'entité.