Jeudi 09 Janvier 1996 :
J'ai officiellement 36 ans. Et comme chaque année, ça n'intéresse pas grand monde. Y compris moi. Quand j'étais gosse, mes parents se fichaient tellement de moi et de mon existence que mon anniversaire n'a jamais eu une quelconque importance : j'étais pas un enfant désiré, jamais mes parents n'ont été heureux que je sois en vie, et ils n'y a donc jamais eu une quelconque célébration pour fêter ma naissance. Et comme en plus on n'avait pas d'argent, qu'on m'offre un cadeau était totalement impensable. Les seules fois où mon anniversaire a eu de l'importance, c'est entre ma première et ma cinquième année à Poudlard. Là, Lily m'offrait chaque année un petit quelque chose. La première année, quand elle me l'a souhaité et qu'elle m'a tendu un paquet, j'ai complètement halluciné et pas compris ce qu'il se passait. Ensuite, j'y ait pris goût, mais quand, connard que je suis, je l'ai insultée en cinquième année (pourquoi, alors que j'étais déjà déprimé, je dois en plus me battre la coulpe), tout ça a cessé. Les années suivantes, elle me souhaitait quand même un joyeux anniversaire, mais finies les petites attentions comme avant.
Bref. Sale envie de chialer d'un coup.
Tout ça pour dire que de base, mon anniversaire n'a jamais revêtu la moindre importance, mais que depuis le décès de Lily, c'est encore plus le cas. Minerva et Albus me le souhaitent, s'ils y pensent, et papi Brossard s'extasie sur le fait que j'ai grandi et que « je vous ai connu enfant mon petit Severus cela fait déjà… quel âge avez vous déjà… 36 ans ? Cela fait déjà 26 ans que je vous connais ? Par Merlin, mais que le temps passe vite ! », mais ça s'arrête là.
Tu imagines donc ma surprise, petit journal thérapeutique, quand aujourd'hui, en repartant de Square Grimmaurd, après mon rapport sur les activités de Tu-Sais-Qui lors du nouvel an, Black m'a lancé « Eh Servillus, bon anniversaire ! ». Ce qui amène tant de questions. Déjà, comment il connaît la date de mon anniversaire ? Ensuite, quelle mouche l'a piquée pour que non content de ne m'avoir insulté que trois fois pendant que j'étais là, il me souhaite mon anniversaire ?
J'avoues que je suis perturbé. Est-ce que ça signifie qu'à force de temps, lui et moi finiront par pouvoir être dans la même pièce au même moment en étant sincèrement civilisés ? Le temps nous le dira, mais après tout nous sommes maintenant tous les deux des adultes, bien loin des personnes que nous étions lors de nos études à Poudlard, et il se pourrait tout simplement que nous ayons muri.
Samedi 11 Janvier 1996 :
Je retire absolument TOUT ce que j'ai écrit il y a deux jours. Black n'est qu'un connard fini. J'ai dû retourner à Square Grimmaurd pour informer Potter qu'à partir de la rentrée, il devra prendre des leçons d'Occlumancie avec moi. Black, abruti qu'il est, a commencé à s'énerver, et je ne sais même plus comment on en est arrivé là, mais on a sortis nos baguettes pour se battre. Potter s'est mis entre nous deux, comme s'il pensait qu'il pouvait nous empêcher de nous battre alors que ça fait bientôt 30 ans qu'on passe notre temps à se battre et que même Dumbledore n'a jamais pu empêcher ça. Miss Granger et la famille Weasley sont entrés dans la cuisine à ce moment là, et je me suis cassé. Pas que ça à foutre de rester dans sa cuisine pourrie, à l'autre. Nan mais sérieux j'hallucine, je vais me casser le cul à enseigner l'Occlumancie à Potter, pendant que Black reste chez lui à se tourner les pouces et à ne rien faire pour l'Ordre, contrairement à moi !
Enfin bref, il reste deux jours avant que lesdites leçons d'Occlumancie ne commencent. J'espère vraiment qu'en plus de me faire perdre du temps, Potter ne me donnera pas des envies de meurtre.
Lundi 13 Janvier 1996 :
Eh bien si. Si si. Il est obtus, obstiné, têtu, et en plus il refuse de faire ce qu'on lui dit. Je lui dis de vider son esprit, et il pense au chien de sa tante. Comme si je n'avais pas un temps précieux à perdre avec ces conneries.
Je suis fatigué, petit journal imposé par Dumby. Le Seigneur des Ténèbres m'appelle quasiment toutes les nuits en ce moment, et le jour je suis en cours. Les seuls moments où je pourrais me reposer, c'est-à-dire les week-ends, je dois les passer en briefings pour l'Ordre ou en réunions professorales secrètes pour tenter de combattre Ombrage et les idiots du Ministère. J'aimerais juste une journée où je peux vraiment me détendre et ne rien faire, mais j'ai l'impression que ça n'arrivera que quand je serai mort. Ce qui risque d'arriver plus tôt que prévu, si ça continue à ce rythme.
