Bonjour/ Bonsoir à tous !
Je reviens pour le premier Chapitre de "Son monde à lui" !
Je tenais à remercier Vyersdra, RemainingAngel et Angel44 pour leur review ! Ça m'a fait vraiment plaisir !
Chapitre Corrigé !
Bonne lecture !
Guest:
Angel44 : Hey ! Tout d'abord merci pour ta review ! T'imagines même pas à quel point j'étais gaga devant ! Je suis contente que mon idée te plaise autant !Je suis contente aussi que Aomine et Kise te plaisent ! J'espère que ça continuera dans ce sens ^^ Tu vas en découvrir un peu plus dans ce chapitre sur leurs comportements respectifs en espérant que tu seras toujours aussi enthousiaste !Aomine ne lui vole pas son ballon, disons plutôt qu'il le garde précieusement ? ... Ouais bon d'accord, il le vole x)
Pour ce qui est du rapprochement, pour en arriver à ce qui se passe au début du prologue... Ça ne va pas se faire du jour au lendemain, mais j'espère que ça te plaira !
Merci beaucoup pour tes encouragements, ça me donne vraiment envie de continuer, alors voilà, juste... Merci !
Bonne lecture à toi !
~ CHAPITRE 1~
- DAIKI LÈVE TOI ! IL EST PLUS DE 11H, TU VAS GÂCHER TA JOURNÉE !
Sous la douce voix de ma génitrice, mes paupières s'ouvrent avec flegme, mais se referment aussitôt à cause du soleil qui m'agresse les yeux. Ma mère a ouvert mes volets pour me réveiller avec douceur, comme elle aime le faire. J'ai à peine le temps de grogner que je sens que ma couette m'est enlevée de force.
- Daiki, tu as vu le soleil qu'il fait dehors ! Tu pourrais en profiter pour sortir avec tes amis ou ta petite amie et profiter de cette belle journée ! J'ai vu qu'il y avait un nouveau magasin qui allait ouvrir et...
Et je ne l'écoute déjà plus. Profiter de ma journée ? Je n'ai absolument rien à faire. Sortir avec des amis ? Quels amis... Une petite amie ? Et puis quoi encore ? Je n'ai besoin de personne de toute façon. Ils ne peuvent pas comprendre... Je ne prends même pas la peine de lui répondre ou de m'enfoncer dans mes pensées. Je me lève, la coupant dans son monologue, l'embrasse sur la joue, prends des affaires propres et me dirige vers la salle de bains. À peine rentré dans la douche, je vois ma mère entrer dans la pièce.
- Maman ! Tu vois pas que j'suis à poil là ? L'intimité, tu connais ?!
Je me cache les parties avec mes mains en regardant ma mère, incrédule. Je sais bien que c'est ma mère, que c'est elle qui m'a fait et tout le tralala. Mais quand même !
- Je vois bien que tu es nu mon chéri, et tu es très beau. Mais vois-tu, tu m'as coupé la parole quand tu es parti sans me laisser finir de parler et c'est très malpoli. Donc je disais, le nouveau magasin...
Non mais non... Je me cogne la tête contre le mur de la douche en écoutant vaguement ce que me dit ma mère. Il faut sérieusement que je sorte de la maison aujourd'hui, sinon elle ne me lâchera pas...
Ballon sous le bras, je me dirige une nouvelle fois vers mon terrain. Ouais ma mère a réussi à me faire fuir la maison. Comme hier, je pousse le portillon pour arriver sur le terrain vide cette fois. Je vais pouvoir profiter du calme qui y règne. D'ici, j'entends des gars venant du skate-park d'à côté. Je ne regarde même pas ce qu'ils font, une fois lancé dans mon élément, j'aurai complètement oublié leurs existences. Je lance mes affaires près du banc, prends le ballon en main, inspire, expire et je me lance...
J'enchaîne des dunks, des dribbles, des lancés... Tout ce qui fait de moi ce joueur admiré et redouté. Non, ce n'est pas de la vantardise. Je suis doué et je le sais. Ce n'est que l'évidence que je me répète chaque jour, en attendant d'avoir un adversaire à mon niveau. Mais je peux encore l'attendre. Chaque nouveau match est pour moi un pas de plus dans un espace où seul moi me trouve et où personne n'est en mesure de me rejoindre... Rien que d'y penser, je me sens blasé. Je suis seul...
Je ne vois pas le temps passer. Je vois de temps à autre des personnes me regarder avec curiosité, parfois admiration, mais personne ne vient me déranger.
- Ryouta ! Reviens ici, arrêtes de courir !
Ou plutôt personne ne venait me déranger.
Je me retourne vers la provenance de la voix. Je vois courir vers moi le blond d'hier, le même sourire débile accroché aux lèvres. Derrière lui, une jeune fille, blonde comme lui, aborde un air énervé et pas du tout conciliant. Sûrement sa sœur. Même d'ici, je peux voir à quel point ils se ressemblent. Il s'en est rendu compte ou pas que ça sœur ne voulait pas qu'il vienne ici ? Il n'a pas l'air de m'avoir pris au sérieux hier non plus...
- Ryouta, qu'est-ce-que tu fais ? Tu n'as pas l'impression de me déranger, comme d'habitude ? J'ai autre chose à faire que de te courir après !
Ouhla, dur la nana. Elle reste sur le bord du terrain, tandis que le blond s'approche de moi, jusqu'à se stopper à environ deux mètres d'où je me trouve. Il ignore complètement la jeune fille. Il me regarde, ou plutôt, il fixe ce que j'ai dans les mains. Il s'approche encore un peu, me montre le ballon et relève les yeux vers moi.
- C'est à moi... à moi.
Je le regarde. Regarde le ballon. Puis quand je relève les yeux, il s'est encore approché un peu de moi, les deux mains tendues et un air triste sur le visage. J'ai à peine eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me prend le ballon et recule de nouveau en fixant son bien comme un trésor. Il le fait tourner entre ses mains, deux fois en avant, deux fois en arrière, comme pour vérifier que c'était bien le sien.
- Ryouta, ne me dis pas qu'on a fait tout ce chemin pour un fichu ballon ?!
- C'est à moi !
Devant moi, le garçon s'éloigne un peu encore, et commence à dribbler, comme il le faisait hier. Il sourit de nouveau et commence à jouer, doucement, timidement, comme s'il avait peur de blesser la balle orange.
- On n'a pas le temps Ryouta ! Bouge-toi !
- NON ! NON !
Il prend la balle dans ses bras, et commence à se mordre l'index, comme il faisait hier avant qu'il ne parte en courant. J'avoue ne rien comprendre à ce qu'il se passe devant moi. Qui a un comportement comme ça sérieusement ? Aussi vite que c'est arrivé, son visage se détend, et il recommence à dribbler. Je vois la jeune fille avancer puis se poser à mes côtés.
-Désolée pour ça, il t'a pris ton ballon, et il te le rendra que quand il en aura assez. - me dit-elle, blasée.
-C'est pas grave, après tout, c'est bien son ballon. Je l'ai croisé hier et quand j'ai commencé à lui parler, il est parti et l'a oublié.
-Je vois...
Je ne réponds rien. Je ne peux pas m'empêcher de me poser plein de questions, mais j'avoue que je n'ose pas trop parler. Elle n'a pas l'air très commode la jeune fille. Rien qu'à sa façon de regarder son frère, je sais qu'elle ne l'apprécie pas. Et encore je pèse mes mots. J'avoue ne pas trop comprendre pourquoi. Enfin, je dis son frère, je ne suis même pas sûr de ce que j'avance, même si la ressemble ne trompe personne.
- C'est...
- Oui c'est mon petit frère.
- Je m'en doutais.
Elle me regarde avec curiosité, je pense qu'elle attend que je m'explique.
- Vous vous ressemblez.
- Ne dis plus jamais ça.
Elle a détaché chaque mot de sa phrase pour se rendre plus menaçante. Tu n'as pas besoin ma belle, tu me fais déjà flipper. J'ai l'impression que tu pourrais m'arracher la carotide avec les dents. A part ça, elle est mignonne. Ça ne me dérangerait pas de faire plus connaissance avec elle...
Je ne lui ai rien répondu. Ça ne sert à rien, je pense qu'on a tous les deux compris que ça servait à rien de discuter.
Mon regard se perd sur ce qu'il se passe devant moi. Mes sourcils se froncent en voyant son frère dribbler en marmonnant des choses que je ne peux pas entendre d'où je suis. Il fait toujours la même chose depuis cinq minutes. Ça m'aurait déjà saoulé personnellement, mais lui a l'air du mec le plus heureux du monde. Je comprends rien...
-Mais il n'a pas un... problème ton frère ?
-Oh ça ? Non, il n'a pas un problème, il est juste gogole.
Pardon ? Comment ça gogole?
Je dois avoir une tête à faire rire un cadavre. Les yeux exorbités, la bouche ouverte et totalement figée. J'avoue que là, je ne comprends pas ce qu'elle veut dire. Donc au lieu de m'embrouiller le cerveau, je préfère lui demander directement. Et la seule chose qu'elle me répond, c'est...
- Gogole. Il est gogole, y 'a pas d'autres mots. Il comprend rien, il sait rien faire tout seul, c'est un assisté. Je passe ma vie à m'occuper de lui et c'est une perte de temps. Si mes parents l'avaient su avant, je suis sûr que ma mère aurait avorté. C'est un gogole doublé d'un boulet.
Sympa. Je tourne mon regard vers le blond. Ryouta si j'ai bien compris. Il est toujours en train de dribbler regardant fixement le ballon rebondir au gré de ses gestes. De temps en temps, il reprend le ballon dans ses mains, sourit et recommence le même manège. Comme une danse sans fin.
Il a pas l'air gogole. Je veux dire, j'ai déjà eu l'occasion de voir des handicapés à la télé, et ils ne ressemblent pas à ça. Lui, il a des cheveux blonds, un visage agréable à regarder, des gestes timides mais assurés. Il ne bave pas, il est propre sur lui. Il a juste un sourire idiot. Alors c'est ça ? Sa sœur veut juste me dire qu'il est idiot ?
- Il n'a pas l'air gogole.
- Il n'a peut-être pas l'air. Mais il est gogole. Tu ne sais rien, je ne te permets pas de me contredire. Ce n'est pas toi qui dois lui faire à manger, choisir ses vêtements et l'aider à s'habiller. Ce n'est pas toi qui t'occupes de ses soins et qui dépenses de l'argent pour ne voir aucune amélioration. Ce n'est pas toi qui est obligé de l'accompagner dans sa vie de tous les jours et qui ne peut pas profiter pleinement de ta vie parce que tu as un petit frère débile sur les bras. Alors continues de jouer à la baballe et arrêtes de parler. Tu ne sais rien.
Je serre les dents. Pas seulement parce qu'elle a dénigré la seule chose que j'aime profondément dans ma vie, mais rien qu'à la façon dont elle traite son propre petit frère, je sais qu'elle le déteste. Non c'est vrai, je ne sais rien. Mais même à moi, ça me paraît ignoble ce qu'elle dit. Je retire ce que j'ai dit, elle n'est pas mignonne du tout.
Donc, le gars en face de moi, il est bien handicapé. De quoi, je ne sais pas, mais son problème n'a pas l'air physique. De ce qu'elle me dit, c'est là-haut qu'il y a un problème. Un pète au bulbe comme on dit.
Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre en fait ? Ça me regarde pas, et c'est pas comme si je devais m'en préoccuper. C'est pas comme si j'allais le revoir de si tôt le gars. Je voulais juste être en paix sur mon terrain, pour fuir les conversations de ma mère, et me voilà à parler à une fille immonde qui m'explique que son frère est handicapé. Sérieusement, je n'ai rien demandé moi.
En plein dans mes pensées, j'entends à peine la fille à côté de moi pousser un juron et relever la tête de sa montre.
- Ryouta, c'est fini de jouer, tu prends ton ballon et on y va, on va être en retard !
Je vois le garçon se brusquer et regarder sa sœur avec un regard vide. Ouais, bah le gars, il n'a pas l'air si gogole que ça ma grande, il a très bien compris que tu lui en voulais. Et je crois même que s'il avait le choix, il ne viendrait pas avec toi. Il est tellement mal sous ton regard qu'il finit par s'asseoir par terre une main plaquée sur son oreille droite et l'autre portée à ses lèvres pour mordre son index. J'ai même l'impression qu'il se retient de crier.
- Et merde...
Ouais comme tu dis.
Je la vois s'approcher de lui doucement, tendre une main, et je l'entends d'ici prendre un ton doucereux pour lui parler. Tch...
-Ryouta, il faut te calmer. Ne t'inquiètes pas, je suis là. Je ne voulais pas te parler comme ça, excuses-moi. Mais il va falloir y aller sinon nous allons être en retard chez le médecin. Tu sais, le docteur Miano. Tu l'aimes bien n'est-ce pas ? Alors il ne faut pas la faire patienter...
Au fil des mots, je vois Ryouta se calmer. Donc, elle était juste énervée sur le coup et n'a pas pesé ses mots, ou elle est juste hypocrite ?
Le blond finit par se lever, en gardant le ballon dans ses bras. Il avance en direction de la sortie du terrain et sa sœur le suit. En passant devant moi, elle ne peut s'empêcher de me lancer une dernière phrase.
- Tu vois, c'est un gogole.
Donc, hypocrite. Je la vois rejoindre son frère au portail. Lui, il se retourne vers moi une dernière fois et me fait un signe de main, avant que ça sœur ne le tire pour le forcer à avancer.
Qu'est-ce qui vient de se passer ? Tout s'est passé très vite. Trop vite. Je sens que ça va me pourrir ma soirée...
Je me retourne pour récupérer mon ballon et me changer les idées. Mais je prends conscience que je ne l'ai plus. Ryouta l'a pris avec lui, donc je ne peux plus jouer.
Bon. Je n'ai plus qu'à rentrer chez moi. En espérant que ma mère ne va pas me reparler de son magasin de je ne sais quoi...
Allongé sur mon lit, les bras croisés derrière ma tête, je repense à ce qu'il s'est passé cet après-midi. Quand je disais que ça allait me bousiller ma soirée. Je n'arrive pas à me concentrer sur autre chose que le blond et les mots de sa sœur. Je ne devrais même pas me focaliser dessus, je veux dire, ce n'est pas comme si j'allais les revoir ou quoi que ce soit. Ça a été un passage étrange de ma vie, c'est tout.
Mais comment on peut en arriver à détester autant quelqu'un ? Ça ne doit pas être facile tous les jours, d'accord ça, je veux bien le concevoir, mais de là à dire que ça lui pourrit la vie ? Le mec, Ryouta, il a l'air sympa, quoi qu'un peu siphonné du bocal et un brin trop niais pour moi, mais quand même. J'y connais rien dans le handicap, ce n'est pas comme si ça m'avait vraiment intéressé un jour, puis j'en ai jamais vu. À part ce que j'ai pu entrevoir à la télé, en zappant entre deux chaînes. Qu'est-ce-qu'elle disait l'émission déjà ?...
Non mais non, je ne dois pas me concentrer là-dessus. Ça ne me regarde pas, je ne dois pas m'en occuper. Mais elle se rend compte la miss que son frère est malheureux
? …
…
…
Fais chier.
Je me lève de mon lit, et descends voir ma mère pour me changer les idées. Je la trouve dans la cuisine, et m'installe à la table, pour discuter avec elle. Elle prépare le repas, et je sens d'ici la bonne odeur d'un riz au curry. Ça me changera des bentos de Satsu.
La sœur de Ryouta, que voulait-elle dire par « c'est un assisté » ? Qu'il peut rien faire par lui- même ? Je regarde ma mère faire la cuisine... Faut dire que je ne sais pas faire grand-chose non plus. Sans ma mère, je pense que je serais mort de faim depuis longtemps et que je vivrais dans un bordel monstrueux. Mais ce n'est pas pour ça que je suis un assisté, c'est juste que je ne sais pas m'occuper de moi-même, je n'ai jamais appris. Est-ce que c'est pareil pour lui ?
… J'avais dit que j'arrêtais d'y penser. Je grogne et me prends la tête entre les mains, les deux coudes posés sur la table. Mon attitude attire tout de suite l'attention de ma mère qui se retourne et me regarde en s'essuyant les mains sur un torchon.
- Quelque chose ne va pas, mon chéri ?
- Non, c'est juste que... J'en sais rien, je me prends la tête pour rien.
- Un problème avec tes amis ?
- Non, je...
Je grogne à nouveau comme un animal. Au lieu de me prendre la tête, je préfère expliquer à ma mère ce qui s'est passé cet après-midi, dans le détail. Elle s'installe à la table, sur une chaise près de moi et attend que je prenne la parole. Je lui parle de Ryouta, ce qu'il s'est passé hier, les explications de sa sœur, de ce que moi j'ai vu de ce garçon et mes états d'âme qui en découlent. Je lésine pas sur les détails, c'est ma mère, et elle sait que je sèche les cours depuis longtemps alors elle ne me dira rien sur mon escapade de vendredi. Comme si j'avais pu lui cacher un truc comme ça. Après mon monologue, je la regarde, essayant de déchiffrer son expression, mais sans succès. Le poing sous le menton, les sourcils froncés et le regard dans le vide, je pense qu'elle réfléchit elle-même à la situation. Je décide de la sortir de son mutisme, avec une question que je me pose, n'y ayant jamais réfléchi moi-même avant aujourd'hui.
-'Man, c'est quoi pour toi un gogole ?
Au moins ma question l'a fait sortir de sa réflexion.
-Je ne pense pas qu'il y ait des personnes « gogoles » comme tu dis mon chéri. Juste des personnes incomprises et dans leur monde. Les personnes en situation de handicap sont souvent très seules et ont du mal à se sociabiliser. La sœur de ce garçon ne doit pas vivre des choses faciles tous les jours, mais ce n'est pas une raison pour tenir des propos comme ceux que tu m'as dit. C'est injuste pour le petit, qui lui, n'a rien demandé non plus. Je vois parfois des patients atteints de maladie mentale à l'hôpital, mais nous avons tous du mal à savoir comment réagir avec eux. Nous ne sommes pas préparés à ça la plupart du temps. Donc ne te prends pas trop la tête avec ça, c'est un sujet complexe et difficile à aborder.
-Pourquoi difficile à aborder ?
-Parce que les gens ne comprennent pas. Un peu comme toi, on se sent déstabilisé. Mais ne t'inquiètes pas ça va te passer. Comme tu disais, ce n'était qu'une expérience, alors tu peux t'y intéresser mais ça ne sert à rien de te focaliser dessus. Mais moi aussi, j'aurai une question pour toi Daiki... Pourquoi tu te prends la tête là-dessus ? Est-ce que cette situation t'a choquée ?
- Non, enfin...
Est-ce que ça m'a choqué ? Qu'est-ce qui aurait pu me choquer ? Voir un handicapé ? Non ça je m'en fous limite, même si ça m'a surpris. Mais même moi qui suis un sacré connard... je ne pourrai pas insulter quelqu'un de ma famille comme elle l'a fait. Mais elle n'a pas tort. Je ne sais rien. Pourtant, j'entends les mots de ma mère, et je ne peux pas m'empêcher de me dire que c'est cette fille qui a tort. Je n'hésite pas trop avant de déballer à ma mère le fond de ma pensée.
- J'ai pas été choqué. Juste surpris. J'arrive juste pas à me sortir les mots de cette fille de la tête... Ça aurait dû me choquer ?
Je vois ma mère fermer les yeux et sourire doucement.
- Tu sais, la plupart des personnes qui rencontrent une personne en situation de handicap se sentent dégoûtées, gênées et pas du tout à l'aise. C'est compréhensible, pour certains c'est difficile de bien réagir face à ça. C'est étrange, ça ne ressemble en rien à ce qu'on peut connaître.
- Je n'ai rien ressenti de tout ça 'man, pas pour lui en tout cas...
- Parce que tu es une bonne personne mon fils !
Malheureusement, il n'y a que toi qui le pense maman.
- Allez, ça te passera, ne t'inquiètes pas trop. Puis ça ne se fait pas de se mêler de ce qui ne nous regarde pas. Nous ne devons pas juger. Tu peux mettre la table s'il te plaît ? Le repas va être prêt.
Ma mère se lève et m'embrasse le front avec de retourner vérifier le repas. Je me lève à mon tour et prépare la table comme elle me l'a demandée, toujours dans mes pensées. Pensées, qui ne me quitteront pas avant que je m'endorme, fatigué des événements de la journée...
