Bonjour à tous !
Me re-voila pour le chapitre 2 de "Son monde à lui" ! Je profite d'avoir du temps libre pour poster, ça sera plus difficile dans quelques temps ^^'
Merci à Kitsumy, Vyersdra et Sei4 pour leurs reviews ! C'est vraiment un plaisir d'avoir vos avis !
Merci aussi à ceux qui Follow ou mettent en Favoris ! Je reste assez con devant tout cet intérêt et donc vraiment.. Merci ! Ça me donne envie de continuer ! Pour certains ça peut paraître exagéré, mais je trouve ça énorme !
Mise à part ! J'ai trouvé une béta lectrice ! Donc normalement, les chapitres seront moins bourrés de fautes !
Petite anecdote : Elle ne connait absolument rien à Kuroko no Basket. La première fois qu'elle a vu le nom "Daiki" elle m'a demandé si c'était une fille... Et elle a appelé Kagami "Kawasaki" et Akashi "Arakiri"... Ouais ça va jusque là ! Mais malgré ça, elle accepte de corriger mes torchons donc je la remercie beaucoup pour ça !
\!/ Tout ce qui est écrit en italique entre guillemets ne vient pas de moi ! Ce sont des extraits de vrais articles trouvés sur des sites concernant l'autisme. Je préfère prévenir.
Bonne lecture ! A la prochaine !
~CHAPITRE 2 ~
Dimanche. Je me suis encore enfui de chez moi. Ma mère commençait à me parler de Satsu : elle me dit que je vais finir par lui faire des cheveux blancs à force de l'inquiéter avec mon comportement. Peut-être que c'est vrai... j'en sais rien. Mais quand elle essaye de me tuer avec sa bouffe, ça, ça n'inquiète personne ! J'ai passé ma matinée à vouloir m'enterrer sous les couvertures. Mon plan aurait très bien fonctionné si ma mère n'était pas intervenue et que Satsu n'avait pas passé son temps à essayer de m'appeler, à me laisser des messages, auxquels évidemment, je n'ai pas répondu. Je crois qu'elles n'ont pas compris que le dimanche c'est jour de repos ?
Donc je me suis enfui. Encore. Imaginez, je ne peux même pas être tranquil chez moi ! Donc je suis retourné au seul endroit où personne ne vient m'emmerder : mon terrain. Accompagné évidemment de mon fidèle ballon de basket. Ça devient une habitude. Au moins maintenant, si vous me cherchez, vous saurez où me trouver.
Le temps est clair, moins que les jours précédents. Je sens qu'on va avoir un temps à vache qui pisse dans les prochains jours. Ce qui veut dire que je ne pourrais pas me planquer comme je veux. Que Satsuki va me suivre et m'obliger à aller en cours et aux entraînements. Rien que d'y penser ça me fatigue déjà...
Je joue, perdu dans mes pensées. J'entends à peine le portail s'ouvrir. Je sens vaguement une présence venir envahir mon espace. Ça doit être Satsu qui est venue m'engueuler encore une fois. Peu importe, je ne suis pas d'humeur. Mais je n'entends rien. Pas une engueulade, pas un « DAI-CHAAAAAAAAN », aucune plainte... Rien. Je crois que c'est ce qui me décide à relever la tête vers l'intrus.
…
Le blond ?! Qu'est-ce qu'il fait là ?
Devant moi se trouve Ryouta, son sourire de niais sur la tronche. Moi qui avais réussi à me le sortir de la tête ce matin, voilà qu'il fait revenir toutes mes pensées de la veille à la surface. Tout ce qu'il s'est passé. Et je ne sais plus comment réagir en face de lui. Sérieusement, il me suit ou quoi ?
Voyant que je ne réagis pas, il s'approche de moi, les deux mains dans le dos. Quand il décide qu'il est à une distance raisonnable, il tend les deux bras vers moi, ou plutôt vers le ballon que j'ai toujours en main. J'ai l'impression de revivre la même scène encore et encore, ça commence à être lassant. Et perturbant. Inception les gars !
Il me regarde et attend de voir si je vais la lui donner. Mais il n'a pas l'air très patient et avance encore d'un pas.
- Tap tap…
...Hein ?
Ouais, très éloquent, je sais. Devant mon bug cérébrale, il décide d'agir de lui-même et me prend le ballon des mains, avant de s'éloigner un petit peu et fait rebondir la balle dans un rythme que seul lui connaît. Je l'observe un petit moment avant de repenser à ce que ma mère me disait hier :"En manque d'attention et de compréhension"... J'ai envie d'essayer de lui parler, de comprendre... Ouais je sais, ce n'est pas mon problème, ça ne me regarde pas. Je sais. C'est vrai. Mais je supposais ne plus jamais le voir non plus, et pourtant, encore aujourd'hui il est face à moi. Je vais essayer de me lancer…
- Salut, tu es Ryouta c'est ça ? Je suis Aomine... Aomine Daiki.
Il s'arrête de dribbler pour me regarder. Puis recommence son manège.
Okey, je me sens ridicule. Je prends un peu la mouche alors qu'il n'y a aucune raison. Après tout, c'est peut-être vrai qu'il est débile ! J'y connais rien moi putain !
Je suis crispé, pas à l'aise du tout. Pourtant j'aimerais bien discuter avec lui. Mais ça se trouve, il ne parle pas ! J'avais pas du tout pensé à ça. Pourtant je l'ai entendu hier, j'ai pas rêvé ?
- Dai-i-ki.
- Ouais ?
- Dai-i-ki !
Je tourne mon regard vers lui. Il m'a bien appelé là ? Deux fois ? J'ai répondu par automatisme mais j'ai pas rêvé ! Devant moi, le ballon en main, il le fait tourner deux fois en avant, deux fois en arrière et me le tend du bout des doigts.
- Dai-i-ki ! Tap Tap !
Je prends le ballon, doucement. J'ai l'impression d'être un fauve, en face d'une proie qu'il ne veut pas manger. J'ai du mal à réfléchir... C'est pas comme si j'étais très doué pour ça de toute façon. Cerveau, t'es où quand j'ai besoin de toi ?!
- Tu veux pas tap tap ?
Je crois qu'il s'impatiente un peu. Au moins maintenant, je suis sûr qu'il parle. Je prends le ballon et fais comme lui. Je dribble un petit peu, reprends le ballon dans ma main et attends de voir sa réaction. Il sourit et tape deux fois dans ses mains avant de s'exclamer « TAP TAP ! ». Bon, je crois que j'ai passé le test... on va essayer d'aller plus loin.
- Tu... Tu aimes le basket ?
- Oh oui !
- Tu sais jouer ?
-… Tap tap !
Il me regarde. Je crois qu'il veut que je recommence. Je refais les mêmes gestes que tout à l'heure. Il sourit de nouveau. Je comprends pas trop l'échange, mais on va continuer d'aller dans son sens.
- Pourquoi tap tap ?
Il prend le ballon de mes mains et laisse le ballon rebondir deux fois.
- Tap tap !
- C'est le bruit du rebond, c'est ça ?
- Hum !
On va prendre ça pour un oui.
- Tu accepterais de... discuter. Avec moi ?
Il me regarde bizarrement, comme si j'avais dit la chose la plus bizarre de sa vie. C'est peut-être le cas, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de curieux comme moi. Sans plus se poser de question, je le vois s'asseoir lourdement sur le sol, les deux jambes tendues et écartées, les deux mains tendues, elles aussi. Il affiche une moue que je qualifierais... d'adorable. Une fois qu'il est bien stabilisé, il affiche un grand sourire, tend les deux bras vers le ballon que je lui donne. Je m'assoie à mon tour sur le sol, en face de lui, ni trop prêt, ni trop loin.
- Parler ?
- Ouais, j'aimerais te parler. Ça te dérange si je te pose des questions ?
- Non, non.
- D'accord, donc tu t'appelles Ryouta ?
- Hum Hum! Ryouta! Et toi, tu es Dai-i-ki !
- C'est ça, ouais. Qu'est-ce que tu fais ici, tout seul ?
- Tap tap !
- Tu voulais jouer ?
- Hum !
J'avoue ne pas trop savoir comment aborder le sujet. J'ai pas envie de le blesser, ou qu'il s'en aille. Je crois que c'est la première fois de ma vie que je réfléchis avant de parler... Ma mère serait fière de moi tiens !
- Et... Je voulais...
- Ouais ?
Il ne répond plus. Comme s'il réfléchissait à quoi dire. Il parle, mais je sens qu'il a des problèmes pour s'exprimer. Et je crois que ça l'énerve. Comme les autres fois, je le vois commencer à se crisper et mordre son index.
- Oï ! Du calme, c'est pas grave !
Je lui prends le poignet et éloigne son doigt de sa bouche. Je prends une voix calme pour lui parler, alors que je suis en total panique. Mais je ne veux pas lui montrer. Il ne me regarde plus. Pourtant quelque chose me dit qu'il m'écoute toujours.
- Du calme, ok ?! C'est pas grave, je vais te poser une autre question d'accord ?
- Hum…
On a évité la catastrophe ! Je suis le meilleur ! Malgré ça, il garde son regard braqué sur quelque chose derrière moi. Je continue de lui parler.
- J'ai parlé avec ta sœur hier. Tu sais quand on s'est vu. Tu te souviens ?
- ...Ouii !
- Elle m'a dit que tu étais... comment dire... Que tu avais un problème...
- Handi-capé.
- Hein ?
- Je suis handi-capé.
- … Est-ce que tu sais ce que ça veut dire ?
- Que je suis pas comme tout le monde. Je peux pas faire les choses pareilles que tout... tout le monde.
Je ne sais pas trop s'il comprend ce qu'il dit. Il a l'air assez détaché de ça, mais en même temps il a l'air conscient. Et je crois que c'est ça le plus horrible. S'il le sait, s'il sait l'expliquer, c'est qu'on lui a déjà dit. Voir répété toute sa vie…
- Et ça te fait quoi ?
- Quoi ?
- D'être... handicapé ?
- Ça fait... Ça fait... Que des fois je suis tout, tout seul.
- Et, ça te rend triste ?
- Oui...
- Mais tu as ta sœur non ?
- Non, elle... Elle m'aime pas. Je suis tout seul.
Il tape deux fois sur le ballon. Deux fois sur le sol. Sans jamais me regarder. Ses gestes ne sont pas violents, on dirait plus un rituel qu'il se force à faire. Comment ça s'appelle déjà ? Un tic ? Un toc ? Un truc dans le genre. Après ça, il me regarde de nouveau, me fixe même sans réellement me voir.
- Dai-i-ki ?
- Ouais ?
- J'ai soif - me dit-il comme une évidence.
… Okey je suis censé faire quoi maintenant ? Je me lève pour aller prendre ma bouteille dans mon sac, en espérant que l'eau soit encore bonne... Ouais ça devrait le faire. Je reviens vers lui, le précieux liquide en main et lui tends. Il boit le fond de ma bouteille cul sec et me la tend. Je crois qu'il a encore soif. Je me dirige vers la petite fontaine près de la sortie du terrain. Je remplis ma bouteille et vois qu'il ma suivi. Il regarde attentivement l'eau couler. Une fois ma bouteille remplie, je vais pour partir, mais vois qu'il ne bouge pas.
- Hey! Quelque chose ne...
- Encore !
- Encore ?
- Encore !
Je regarde ce qu'il me pointe du doigt. La fontaine ? Je l'actionne à nouveau, et il se penche pour toucher le liquide. Il penche la tête d'un côté, puis d'un autre et continue de fixer l'eau couler.
- Encore !
- D'accord, d'accord…
J'enclenche pour la troisième fois le système de la fontaine. Il passe deux fois sa main droite sous l'eau, puis il fait la même chose avec la gauche. Et il recommence. Je crois qu'il a des tocs. Ouais c'est ça le mot ! J'ai remarqué ça à plusieurs reprises, mais il fait souvent certains gestes deux fois. Pourquoi j'en ai aucune idée. Peut-être pour s'assurer qu'il l'a bien fait la première fois ? Peut-être qu'il s'en rend pas compte. Ça me ramolli le cerveau moi...
Je vois Ryouta qui se relève précipitamment et regarde vers la sortie.
- C'est Char-les.
- Charles?
- Oui !
C'est là que je vois un homme, essoufflé passer le portail. Un homme aux allures d'étrangers, assez âgé qui avait l'air de chercher Ryouta.
- Ryouta mon petit, je t'ai cherché partout. C'est mademoiselle qui m'a dit que tu étais sûrement là ! J'ai appelé sur ton téléphone mais tu n'as pas répondu. Je me suis inquiété !
- Désolé... C'est Dai-i-ki !
Hein ? Qu'est ce que j'ai à voir là dedans moi ?
-Enchanté jeune homme -me dit le vieux.
Il se courbe et me remercie de m'être occupé de Ryouta.
- De rien.
- Ryouta, nous allons devoir y aller. Tu es prêt à partir ?
- Non ! Dai-i-ki.
- Mais le jeune homme a sûrement autre chose à faire. Puis il ne faut pas trop faire attendre ta sœur, tu sais comment elle est.
J'ai pas trop envie de le laisser partir. Rien que la mention de la sœur de Ryouta m'énerve. Qu'est ce qu'elle me disait ma mère déjà ? Ah oui, ça ne me regarde pas.
Attends, « téléphone »? Je sais pas ce qui me prend mais…
- Ryouta ?
Je le vois se tourner vers moi, me tendre mon ballon.
- Tap tap ?
Je lui souris et fais rebondir deux fois le ballon avant de le prendre dans mes mains. Il est maintenant attentif à ce que je veux lui dire.
- Tu as un téléphone ?
- Oui !
Il le sort de sa poche et me le tend.
- Je vais mettre mon numéro dedans d'accord ?
J'ai envie de me frapper. Putain mais qu'est-ce que je suis en train de faire?!
- Si tu as un problème un jour ou que tu veux faire... tap tap... tu m'appelles d'accord ?
- Hum !
Je note mon numéro dans son répertoire, sous le nom de Daiki, et m'envoie un message. Je rends son portable à Ryouta, sous le regard inquisiteur de l'autre homme, qui n'a pas bougé. Mais il ne fait aucune réflexion. Tant mieux, ça ne m'aurait pas plu.
- Au revoir Dai-i-ki !
- Au revoir Ryouta.
Je le laisse partir avec le vieux, qui m'adresse un dernier signe de tête avant de s'en aller avec Ryouta.
Mais qu'est-ce qui va pas bien chez moi ?! Ça se trouve c'est un sociopathe, il va venir me tuer sans en avoir conscience. Ça se trouve il va me harceler maintenant qu'il a mon numéro, mais moi qu'est-ce que je fais, je lui donne mes coordonnées. Bah oui quelle bonne idée ! ABRUTI !
J'écoute vraiment que ce qui m'intéresse dans ce que me dit ma mère... Ne pas m'en occuper, ouais c'est exactement ce que je suis en train de faire t'inquiète pas maman ! Tu vois maman, je t'écoute tellement que je suis en train d'enregistrer son numéro... Je suis un cas désespéré. Moi-même je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
Je n'arrête pas de me repasser en boucle dans ma tête la conversation que j'ai eu avec le blond. Je comprends mieux les mots de ma mère d'ailleurs. Mais je continue à dire qu'il a pas l'air « gogole ». Il est même... plutôt beau ?
Hein ?! Pause, je viens de dire quoi moi?!
Ça me ressemble pas du tout là. D'où j'ai pris une voix "douce" pour lui parler ? D'où je suis quelqu'un de gentil moi ? Depuis quand je fais ce qu'on me dit ? D'où je veux AIDER quelqu'un ? La prochaine fois que je le vois, je l'engueule et c'est tout. Je voulais comprendre, voilà j'ai compris des trucs, maintenant c'est fini. S'il se ramènne encore une fois, je lui fais comprendre que c'est MON terrain et qu'il n'a rien à foutre là ! ...
...
Sérieusement, j'essaye de convaincre qui là ? Rien que l'idée que j'imagine "une prochaine fois" ça indique la couleur de ce que je pense vraiment...
Ouais, non là ça va plus, je vais faire quelques paniers, rentrer chez moi, et oublier tout ça un moment okey... on verra ce qu'il se passe plus tard…
« On oublie un moment okey », « on verra ça plus tard », « ça ne me regarde pas » …
…
Mon cul ouais ! Quelqu'un m'explique pourquoi je suis sur mon ordi une veille de cours à regarder des infos sur le handicap que peut avoir Ryouta ?
Je suis crevé, ma mère va me défoncer demain matin, mais je commence à comprendre vaguement…
Ça fait un moment que j'ai commencé mes recherches et je peux déjà enlever beaucoup de maladies. C'est pas un triso, c'est pas un schizo, ça vient pas d'un accident d'après ce que m'a dit sa sœur... Alors je me penche depuis plusieurs heures sur l'autisme. J'ai même regardé un documentaire d'une heure trente sur le sujet. Mais j'ai rien compris. J'ai pu observé plusieurs faits similaires au cas de Ryouta, mais je ne comprends rien à leur charabia ! Entre Syndrome d'Asperger, l'autisme atypique et tous les autres types de TED... Puis c'est quoi un TED ?! Peuvent pas parler comme tout le monde les médecins ? On n'est pas tous des spécialistes ! … Attends, je tiens un truc là !
« L'autisme est un trouble envahissant du développement (TED), caractérisé par un développement anormal ou déficient, manifesté avant l'âge de trois ans avec une perturbation caractéristique du fonctionnement dans chacun des trois domaines suivants :
-interactions sociales réciproques,
-communication,
-comportements au caractère restreint et répétitif »
Ah, donc c'est ça un TED, c'est pas un type de maladie, mais une appellation. Ça regroupe tous les types d'autisme. Là, c'est plus clair ! Et là, j'ai une belle petite liste pour comprendre. C'est sympa de penser aux non initiés les gars ! Tout colle avec Ryouta : le comportement que je qualifiais de bizarre, les problèmes de communication, le fait qu'il n'arrive pas à exprimer toutes ses idées et la répétition dans ses gestes.
« Besoin de repères répétitifs (stéréotypes, rituels, obsessions) qu'il ne sert à rien d'interdire.
Besoin de s'enfermer dans son monde plus sécurisant où il est en bien être (il rit tout seul…).
Besoin d'affection et d'encouragement. »
Rituels... c'est vrai qu'il répète souvent les mêmes choses : certains mots, certains gestes... Ce que je qualifiais de danse sans fin avec le ballon... Je ne comprends toujours pas pourquoi il répète parfois deux fois les choses, mais ça je pense que c'est propre à Ryouta, pas à la maladie.
Besoin d'affection et d'encouragement... Tiens ! Je devrais envoyer cet article à sa sœur, peut-être qu'elle comprendrait mieux ! Ouh, je suis méchant…
« Audition : entend différemment la voix humaine et les sons, entend les voix douces, les ultrasons et la musique comme Mozart, tel un tout petit.
N'entend pas quand on l'appelle, a peur de certains bruits forts semblables à des coups de tonnerre dans sa tête.
Vision : une vision différente, il voit les visages vides et les détails sans percevoir leur globalité ni leur expression ; d'où le regard qui fuit, par peur des visages ? Peu de repères dans l'espace, désir de repasser par le même endroit ou de fuir.
Odorat et sens tactile très développé– Peu de sensation de douleur et absence de perception de leur corps »
Chaud. C'est un peu comme un surhomme en fait ?!
Ouais non, il ne faut pas que je m'emballe, c'est juste qu'il nuance certaines lacunes en développant d'autres compétences. Je ne crois pas que Ryouta ait peur des regards, il fixe plutôt les gens. Enfin, c'est ce qu'il a fait avec moi. Sauf, quand j'ai voulu le calmer, après qu'il ait fait une crise... Peut-être que je n'aurais pas dû le toucher à ce moment là et le laisser faire ?! Ça se trouve j'ai fait un truc grave... Je me sens con d'un coup.
Absence de perception de leur corps. C'est vraiment pas pratique pour jouer au Basket. Au contraire dans ce sport, il faut avoir pleinement conscience de notre corps et de ce qu'on est capable de faire…
« Les personnes atteintes d'autisme connaissent les sentiments tout comme nous, mais la manière dont elles les manifestent est différente, d'une autre qualité que la nôtre. Cela n'a rien d'étonnant. L'autisme se caractérise essentiellement par des difficultés qualitatives en matière de communication. Il est donc logique que, chez elles, le développement de la communication des émotions s'écarte du schéma normal. »
Ouais, faudrait vraiment que j'envoie ça à la sœur de Ryouta. Il est pas gogole, tout ce que je lis me le prouve! Bref, malgré ça, il a quand même bien réussi à se développer.
« L'enfant ne perçoit pas le monde comme nous au plan sensoriel. Ses perceptions sont soit atténuées (hyposensibilité) ou extrêmes (hypersensibilité), ou simplement confuses (problème de discrimination). Il en découle des blocages, gènes, liées à des instabilités perceptives qui compliquent la généralisation et la mise en confiance de l'enfant dans ses repères sensoriels. »
« Les personnes peuvent être hypersensibles ou hyposensibles, selon l'acuité de leurs sens. L'hypersensibilité auditive et tactile est souvent très présente. Cette hypersensorialité peut être vécue comme un grand plaisir ou une souffrance intolérable, et impacte la vie amoureuse et sexuelle. Par exemple, certains autistes ne supportent pas un simple effleurement de la peau, c'est pour eux une sensation très désagréable. L'effleurement de la peau ou le contact avec certains tissus entraînent une réponse douloureuse. Par contre, la pression cutanée est souvent perçue comme calmante. En effet, être serré avec fermeté dans les bras peut être très plaisant pour certains. C'est même parfois très important pour l'équilibre psycho-affectif de l'individu autiste. »
Alors là, je ne pourrais pas dire s'il est hypo ou hyper sensible. J'arrive à distinguer les deux, faut pas me prendre pour un débile. Mais c'est incroyable ce truc, j'ai jamais vu ça avant. Peut-être parce que je ne m'y suis jamais intéressé ?
Ouais c'est sympa tout ça, mais j'ai pas forcément envie de connaître la vie sexuelle des autres, faudrait déjà que je m'occupe de la mienne ce serait pas mal.
Si je revois Ryouta, il faudra que je fasse attention aux contacts avec lui. Je n'voudrais pas qu'il me fasse une crise de colère à cause d'un mauvais geste de ma part. Être serré avec fermeté... c'est un câlin ça non ? C'est ce qu'ils appellent un câlin ? Ouais, mais il ne va pas falloir abuser non plus, je vais pas aller lui faire des papouilles au blond. Même s'ils disent que c'est important, je suis pas tout mignon, tout gentil moi, faut pas déconner.
« La personne atteinte de TSA va ainsi imiter le comportement de ses pairs, et ce, même s'il/elle n'est pas toujours en mesure d'en décoder la complexité. Ainsi, il/elle peut reproduire un comportement observé sans tenir compte du contexte. Les moqueries qui résultent du comportement inadapté à la situation peuvent affecter fortement l'estime personnelle du patient. »
Ça, par contre, ça peut être drôle. Ou saoulant au choix. J'imagine trop Ryouta essayer de copier mes gestes au basket, s'énerver et... faire une crise. Ouais, en faite, mauvaise idée.
Je me rends compte qu'il y a beaucoup de choses auxquelles il faut faire attention...
Je trouve encore beaucoup d'articles qui parlent de ce sujet. Que ce soit sur les sentiments de la personne autiste, les façons qu'ils ont de réagir. Des conseils pour savoir comment gérer tout ça... Les tocs que peuvent engendrer la maladie, comme une répétition compulsive d'un mot, d'un geste, un besoin d'être dans un environnement cadré, qu'on explique bien les choses, qu'on discute, qu'on laisse parfois seule la personne, qu'il ne faut pas toujours être sur son dos, qu'ils sont curieux... Curieux, surtout lorsqu'un sujet l'intéresse. Il aime le basket, ou le tap tap comme il dit, j'aime le basket. Je suis même un dieu à ça... Je sens que je vais pouvoir l'intriguer !
Je regarde l'heure sur mon réveil. 23H15. Je sens que ça va être très drôle demain...
Je sens mon téléphone vibrer contre ma cuisse. Nouveau message de... hein?
« Message reçu à 23h16 de Ryouta :
Bon nui Daiki »
Je réfléchis pas trop à lui envoyer une réponse. Oubliant presque tout ce que j'ai pu lire d'inquiétant sur sa maladie.
«Message envoyé à 23h17
Bonne nuit Ryouta »
Il est... Trop mignon.
…
…
Non, il est pas trop mignon. Je suis mort, il est grand temps que j'aille me coucher.
...
« Il se peut que l'enfant s'attache à une personne très rapidement et sans raison apparente. Cette personne pourra devenir un pilier pour son développement. Si jamais la personne visée ne se sent pas capable d'assumer l'enfant et toutes les conséquences que cela impliquent, il vaut mieux faire comprendre au jeune autiste qu'il ne peut pas s'attacher autant à cette personne. Sachez tout de même que la personne qui acceptera cette attention aura une relation privilégiée avec l'enfant. Il est très courant de voir que ce dernier ne peut plus se détacher de cette personne, et que celle-ci, ressente la même chose... »
