Bonjour, Bonsoir à tous !
Voici le chapitre 5 de "Son monde à lui" !
Merci à Virtual Hug, Sei4, Miyuzuki, Suyaku, ShiraYuki Yukine et Erizu-sama pour leurs review !
Merci à ceux qui follow et/ou mettent en favoris !
Dans ce chapitre, la seconde partie de leur petit week-end !
Bonne lecture !
Réponses aux Guest :
Miyuzuki : Merci pour ta review! Kise va être plus content, mais il va surtout être rassurer ;) Bonne lecture !
Suyaku : Merci pour ta review ! Je suis contente que mon histoire te plaise et te paraisse crédible. Je te l'accorde, ça arrive à tout le monde de faire des fautes, mais comme je n'aime pas forcément lire un texte bourré de fautes, j'essaye de ne pas faire subir ça à mes lecteurs ! J'espère que je ne vais jamais exagéré le handicap de Ryouta, et que je vais continuer à maîtriser comme il faut mon histoire ! Les deux personnages vont beaucoup évoluer au fil de l'histoire ! Bonne lecture !
~CHAPITRE 5~
J'ai envoyé un message à ma mère. J'allais pas tenter le suicide en l'appelant. Ça aurait été trop compliqué de lui expliquer la situation par téléphone. Je sens déjà les emmerdes arrivées, dès que j'aurais passé la porte de la maison, ma mère ne me lâchera pas.
Mais pour l'instant je dois plutôt penser au petit gars dans mes bras qui refuse de me lâcher. Il est sérieusement en manque d'affection et je fais de mon mieux depuis quelque temps, pour combler le trou qu'il a dans sa poitrine. Je le regarde papillonner des yeux. Je suis dos au dossier du canapé, les jambes au sol, tandis que lui est sur le côté, les fesses sur le canap et les jambes par dessus les miennes. Sa tête est posée sur mon torse et nous regardons un programme débile à la télé, lui jouant avec mes mains, les fixant et touchant des détails du bout des doigts. Quand je dis qu'il est de plus en plus tactile, ce n'est pas une blague. Des fois, on a vraiment l'air d'un couple. Ouais, non, mauvaise idée de penser à ça.
Je regarde l'heure sur mon portable. 19H43. Je commence à avoir faim…
- Ryouta, t'as faim ?
- Hum !
Cool. Sinon moi je ne sais pas cuisiner. Lui non plus. Ça va être très drôle. Solution de secours !
- Tu aimes la pizza Ryouta ?
- Ja-mais mangé. C'est quoi ?
- … Hein !
Il faut absolument que je lui fasse manger de la pizza. C'est quoi cette famille de dingues ! Pas de pizza ?!
- Il faut absolument que je te fasse goûter ! C'est super bon, tu verras ! Pour ça il faut que j'appelle quelqu'un pour qu'il nous livre les pizzas. D'accord ? Est-ce qu'il y a des aliments que tu n'aimes pas ?
- Poisson !
Je le vois faire une moue de dégoût adorable. Okey donc pas de poisson...
- Tu aimes le fromage et le jambon ?
- Oui !
- Alors va pour le plus simple.
Je prends mon téléphone et appelle la pizzeria qui est habituée à mes commandes. Je commande pour nous deux, donne l'adresse et raccroche. Je regarde Ryouta qui regarde la porte d'entrée fixement...
- Quand ça arrive ?
- Dans 30 minutes environ.
- Ah, pas maintenant ?
- Non, il faut le temps qu'ils les préparent et viennent jusqu'ici.
- D'accord.
En pensant à ça... J'ai pris de l'argent moi ?!
Je prends mon portefeuille dans ma poche et regarde... Ouais ça va, je pense que ça va le faire...
Il faut que je nous trouve quelque chose à faire, on va pas rester comme des cons sur le canapé tout le week-end.
- Ryouta ?
- Hum ?
- Tu fais quoi d'habitude le soir ?
- Je parle à Dai-i-ki. Manger. Douche. Dodo.
Ouais... ça m'aide pas. Je suis là, la bouffe est en cours d'acheminement et … douche... on verra ça plus tard. Je vais pas me prendre la tête maintenant.
Qu'est-ce que moi je fais quand je suis chez moi ? Ordi, basket, je parle à Ryou, musique... musique ?
- Ryouta tu aimes la musique ?
- Hum ! Mais Nani veut pas.
Je le dis encore une fois, ou vous avez compris ? Germaine... (finissez cette phrase pour moi…)
- Ouais bah, ta sœur elle est pas là alors on fera comme nous on a envie. D'accord ?
- Hum ! D'accord !
- Tu as un ordinateur quelque part ?
- Hum! Là bas !
- Tu m'y emmènes ? Tu me fais visiter la maison au passage ?
- D'accord, d'accord !
Il se lève, en gardant ma main dans les siennes, me tire pour que je me lève et continue de me tenir la main pour me guider dans la maison. Le rez-de-chaussée, un étage... beaucoup trop de pièces. Je ne risque pas de me souvenir de tout. Malgré ça, il a un grand sourire sur les lèvres et ça me rassure pour le reste de la soirée.
Arrivé dans sa chambre, je me sens un peu gêné d'être là, sans vraiment savoir pourquoi. Je parcours la pièce des yeux et c'est... tellement impersonnel. Rien ne ressemble à Ryouta. Les murs sont blancs, rien n'est accroché au mur, ni dessins, ni photos, ni posters. Les meubles sont fades et ne sont là que par utilité. Un lit double trône dans un coin de la pièce, près de la fenêtre. J'ai l'impression qu'il peut se perdre dedans, il est tellement grand qu'il ne peut que renforcer la solitude de Ryou. Rien n'est rassurant dans cette pièce, on dirait presque que tout sort d'un magazine de meubles et déco. C'est triste. Ryouta prend son ordinateur portable et je lui propose de redescendre pour écouter de la musique. A peine ai-je posé mon pied sur la dernière marche que j'entends la sonnette de l'entrée retentir. Les pizzas !
Je me permets d'aller ouvrir, paye le gars et retourne dans le salon après avoir fermé la porte à clé. On mange tranquillement la pizza, que Ryouta adore d'ailleurs, en écoutant de la musique. Je lui fais écouter mes préférées. Contrairement à ce que j'aurai pensé, il adore David Bowie ! Ça nous fait un point commun en plus. La plupart du temps, il secoue la tête de droite à gauche en fonction du rythme de la musique, il susurre parfois l'air de la chanson... Je le regarde faire en lui parlant des paroles des chansons, leurs significations, ce genre de choses...
Il est beau. Cette pensée ne veut pas sortir de ma tête. Je ne peux pas m'empêcher de le regarder avec un air tendre. Il est mon total opposé, c'est le cas de le dire. Tout est clair chez lui, ses cheveux, sa peau, ses yeux. Même son air candide sur le visage. Tout le contraire de moi qui a le plus souvent un air blasé et peu avenant. L'ombre et la lumière. Sauf que contrairement au basket, c'est moi l'ombre et il est lumière. Ryouta est un garçon lumineux.
Il faut que j'arrête de penser à ça. C'est malsain, il comprendrait pas. Je ne réfute plus les pensées bizarres que je peux avoir mais je refuse de lui faire savoir. Il a trop confiance en moi, je ne veux pas briser ça... Je ne sais même pas ce que je ressens, c'est trop compliqué.
Une fois qu'il a fini de manger, il lève ses deux mains en l'air et me regarde avec un grand sourire, fière de lui. Je lui souris et lui essuie la bouche. Il va lui falloir de l'entraînement avant de savoir manger une pizza correctement.
- C'était bon ?
- Oh oui !
- Je te l'avais dit...
On se regarde, je ne sais plus trop quoi faire maintenant. Je lui demande qu'est-ce qu'il a l'habitude de faire après manger et la réponse n'attend pas.
- Douche !
- Et tu sais te doucher tout seul ?
- Oui, mais pas la tête.
Pas la tête...
- Les cheveux tu veux dire ?
- Oui ! Ça pique !
- Donc... il faut que je vienne avec toi ?
- Oui !
Misère... Attends... Si je dois l'accompagner pour lui laver les cheveux... ça veut dire que je vais le voir... nu ? Pas bon, pas bon du tout ! Mais en même temps il peut pas rester un week-end sans se laver les cheveux... Merde ! Mais c'est un mec, c'est pas le premier mec que je vais voir à poil !
- On y va ?
- Ouais... je te suis.
Là, je suis plus très confiant. Manger, s'amuser, ça, ça va. Mais là, c'est intime, bordel je vais le voir à poil ! Ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça lui, il s'en préoccupe pas... Ça devrait me rassurer quelque part, mais pas du tout. Okey du calme. C'est juste un mec, qui va laver les cheveux d'un autre mec. Rien de grave hein ?
- Là !
Il rentre dans la salle de bain et je le regarde déposer son pyjama sur une chaise.
De mon côté, j'essaye de trouver une solution pour que ça soit le moins gênant possible pour moi. Ouais je pense qu'on va faire ça...
- Tu sais te déshabiller tout seul Ryou ?
- Pas ça !
Il me montre sa chemise... Ouais ça je m'en doute. Il va remplir le bain, en faisant attention à la température. Au moins ça je n'aurai pas à le faire, il sait mieux que moi ce qu'il aime.
- Ryou, ce qu'on va faire, c'est que je vais t'aider à enlever ton haut puis je vais sortir, je serai juste derrière la porte. Toi tu vas finir de te déshabiller, aller dans le bain, te laver et tu m'appelles quand tu as besoin pour tes cheveux. D'accord ?
- Pourquoi ? Tu peux... Tu peux venir !
…. Non, il a pas dit ça. Non, non... Non.
- Ryou, je peux pas venir à poil dans ton bain avec toi.
- Pour-quoi ?
Mayday... J'ai un gros problème là !
- Ça ne se fait pas, c'est... intime.
- ...Les a-mou-reux ?
- Ouais les amoureux font ça, prendre des bains ensemble. Mais nous on ne peut pas... Tu comprends ?
- Hum...
Il fait la moue... Il va pas me faire la gueule pour ça quand même ?
Je le vois se diriger vers la baignoire, remplie au trois quart. Il coupe l'eau et commence à déposer des flacons sur le bord de la baignoire. Au moins il est organisé...
Il s'approche de moi et je comprends directement ce qu'il veut. Je commence à lui enlever les boutons de sa chemise. A chaque étape, je vois un carré de peau en plus se dévoiler... Faut pas que je me chauffe tout seul non plus... Je finis mon travail et mets mes mains dans mes poches de jeans.
- Tu as encore besoin de moi pour le reste des vêtements ?
- Non ! Tout seul !
- D'accord... Donc on fait ce que j'ai dit d'accord ? Tu m'appelles quand tu as besoin de moi pour tes cheveux, je t'attends dans le couloir...
- Hum !
Je sors. Il vaut mieux. Je ne referme la porte que de moitié pour être sûr de l'entendre quand il m'appellera.
Voir Ryouta à demi-nu m'a perturbé plus que je ne le croyais...
Je me pose contre le mur, les deux mains dans les poches, toujours cette vision en tête. Je ferme les yeux pour essayer de chasser ces images, mais c'est encore pire. Mon esprit imagine tout de suite la suite des événements, les vêtements de moins en moins présents jusqu'à voir le corps de Ryouta nu. NON ! Je secoue fort la tête pour arrêter cette mascarade. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Pourquoi la seule envie que j'ai, c'est de regarder dans l'ouverture de la porte ? J'avais cette envie au collège, pour regarder dans les vestiaires des filles, mais là, ça n'a rien à voir. C'est Ryou merde !
Je me cogne la tête contre le mur derrière moi. Je peux pas avoir ce genre de pensées, je peux pas. Y a un fossé entre dire qu'il est mignon et que je le dés...
- Dai-i-ki !
- Qu'est-ce qui se passe Ryou ? Tu as fini ?
- Nan !
- Bah qu'est-ce qu'il y a ?
- Je veux sortir ! Je veux... Je veux être avec Da-i-ki !
Putain...
- Attends, j'arrive.
- Ouais !
Je respire un bon coup, ça va juste être un mauvais moment à passer.
J'ouvre la porte et m'avance vers lui sans vraiment le regarder. Je me pose à une distance raisonnable et lui demande ce qu'il veut.
Sans tarder, je reçois en réponse une gerbe d'eau dans la gueule. Ah bah ça, évidemment, ça te fait rire.
Je relève les yeux vers lui et... j'aurai pas dû. Ça va être un mauvais moment à passer. Ou un très bon.
Il est allongé dans le fond de la baignoire, ce qui fait que je ne vois que le haut de son corps. Mais je sais que si je m'avance encore un peu, je pourrais le voir entièrement nu.
- Tu veux que je te fasse ton shampoing ?
- Hum !
Je vais pour me poser dans l'espace qui se trouve au bout de la baignoire, près de sa tête. Je m'accroupis pour être à sa hauteur. Promis je regarde pas. Je lui demande de me tendre la bouteille de shampoing et quand je tends la main pour l'attraper, mon regard ne peux pas s'empêcher d'être captiver par la peau de Ryouta. Bug cérébrale. Il s'est retourné pour me présenter ses cheveux, mais je vois clairement son torse pâle et finement musclé, ses abdos naissants, ses hanches qui ne demandent qu'à être étreintes, ses longues jambes fines mais terriblement bien dessinées, et son...sa... Putain. Il est foutrement bien foutu. En plus d'être beau, il est incroyablement beau ! J'ai chaud, j'ai très chaud. Hey toi ! C'est pas le moment de se réveiller ! On se calme, on respire...
- Da-i-ki ?
- Ouais ?
- Tête ?
Ouais, il faudrait pas que j'oublie ma mission principale. Je prends le pommeau du bain et lui mets la tête en arrière pour pouvoir mouiller ses cheveux. Au moins il reste calme lui. Il est à son aise en train de tapoter l'eau. Je prends ensuite du produit sur mes doigts et commence à lui masser la tête.
- Huuuum !
Non ! Non Ryou ! Commence pas à gémir ! Tu as pas le droit de me faire ça, c'est de la putain de triche !
J'essaye de rester concentrer sur ma tâche et de faire ça vite fait bien fait. Une fois bien étalé, je reprends le pommeau et lui asperge le crâne. C'est bon c'est fini...
- Tu sais te sécher tout seul Ryou ?
- Oui !
- D'accord, dans ces cas là je t'attends dehors...
- Hum !
Il faut que je sorte. C'est pas possible. Ce que je viens de voir va hanter mes nuits pendants au moins mille ans ! Aucune fille ne m'a jamais fait un effet comme ça... Est-ce que c'est le moment où je dois m'inquiéter pour mon orientation sexuelle ?
Je vois Ryouta sortir de la salle de bain en pyjama, les cheveux encore trempés. Je vais chercher une serviette et commence à lui essuyer la tête avec la matière spongieuse. Il manquerait plus qu'il tombe malade, j'aurais tout gagné...
- Dai-i-ki ! Douche !
- Faut que j'aille à la douche ?
- Oui !
- Je pue ?
- Non ! Mais, il faut... Il faut être pro-pre !
- Parce que je suis sale ?
- Oui ! - Me dit-il en riant doucement.
Et il se fout de moi en plus. Il descend pour se mettre devant la télé et je ne perds pas une seconde de plus pour aller me jeter sous l'eau froide. Il faut que je me remette les idées en place et vite. Ça devient n'importe quoi. J'évite de penser à quoi que ce soit, et l'eau gelée m'aide plutôt bien à le faire. Je fais vite mon affaire, je ne veux pas trop le faire attendre. Et quand je dis mon affaire, je parle bien de ma douche ! Pas d'autre chose. Non mais oh !
Je sors de la cabine, pose une serviette sur mes hanches et mets l'autre sur ma tête. Mais... Où est-ce que j'ai mis mes affaires ? Me dites pas que... dans l'entrée. Mes affaires sont dans l'entrée. J'ai plusieurs solutions à ma portée : 1) J'appelle Ryouta et lui demande de m'apporter mes affaires. 2) Je vais les chercher alors que je suis à moitié à poil. 3) Je remets mes affaires sales.
Je peux directement enlever la troisième solution. Si je lui demande de m'apporter mes affaires, j'ai peur qu'il fasse n'importe quoi... Bon bah, quand il faut y aller.
Je sors de la salle de bain et commence à descendre les escaliers. Je jette un coup d'œil pour savoir où se trouve Ryou. Il n'a pas bougé du canapé. Si je suis assez discret, peut-être qu'il ne me verra même pas ! Aller on fonce vers l'entrée en espérant que tout se passe selon mes plans. Je prends rapidement la lance de mon sac et m'apprête à faire demi-tour...
- Dai-i-ki ? Tout nu !
Roger, le plan a échoué.
- Ouais, j'ai oublié mes affaires, je suis juste venu les chercher, t'occupes pas de moi.
Je me dirige sans un regarde de plus vers l'escalier, mais c'est sans compter sur Ryou qui se jette limite sur moi pour me faire un câlin...
-Ryou, c'est pas le moment, je vais attraper froid...
- Hum hum !
- Ryou, s'il te plait...
Ryou s'il te plait... c'est perturbant pour moi, tu peux comprendre ça ?
Il se décide tout de même à me lâcher. Je lui caresse rapidement les cheveux avant de remonter et m'habiller. Une fois apprêté, je vais pour redescendre mais Ryou est déjà en haut des escaliers.
- Douche ! Dodo !
Bon, bah au moins, j'ai le plan de la fin de la soirée. Nouvelle question qui s'impose à moi... Je dors où ?
J'ai à peine le temps de faire une réflexion que je me sens tiré vers la chambre de Ryouta. Je pense que j'ai ma réponse.
On ne parle pas. J'ai bien compris qu'il voulait que je dorme avec lui et je ne vais pas chercher à le rejeter. Pas encore.
Nous nous dirigeons vers sa chambre, il tient ma main dans la sienne pour me guider encore une fois. Il ouvre la porte et me traîne jusqu'au lit où il me pousse pour que j'entre en premier dans les draps. Je me pousse jusqu'au mur pour qu'il ait de la place et il s'installe à côté de moi. Et j'avoue ne plus trop savoir quoi faire. Alors comme d'habitude, je laisse Ryouta décider pour nous deux.
- Calîn ?
- Yep, si tu veux...
Je tends un bras pour qu'il vienne se coller contre moi. Face à face, il pose sa tête dans mon cou, et il entremêle une de ses jambes aux miennes. Je pose mon bras sur sa taille tandis qu'il a les deux bras collés à son torse.
Il relève la tête vers moi. Je suis obligé de baisser le visage pour le regarder. J'ai l'impression qu'il veut me dire quelque chose, mais qu'il n'ose pas. Ou qu'il ne sait pas comment l'exprimer. Je l'incite d'un regard à me dire ce qui le tracasse. Sauf que j'oublie que Ryouta n'est pas sensible à ce genre de communication...
-Qu'est-ce qui se passe Ryouta ?
Il me regarde toujours. J'ai l'impression qu'il essaye de déchiffrer ce que je ressens à travers mes yeux couleurs saphirs. Les siens sont dorés et j'adore me plonger dedans.
- Tap tap, boum boum...
- Je ne comprends pas Ryouta...
Il se relève sur un coude sans me lâcher du regard. Il jette un coup d'œil à mon torse avant de retourner à mes yeux. Il place ensuite sa main près de son cœur, tape deux coups puis fait la même chose sur le mien.
- Tap tap, boum boum.
Il ne prend pas le temps de voir une quelconque réaction de ma part et se recouche comme il était avant. Moi...je me perds dans mes pensées.
Tap tap boum boum ? Tap tap, c'est censé être le bruit que fait le ballon de basket en rebondissant. Boum boum, en vue du geste qu'il a fait, c'est le bruit de la pulsation du cœur. Il est en train de me dire qu'il aime le basket ? Non, ça je le sais déjà. Puis, il sait très bien parler, donc il aurait pu me faire une phrase simple pour me dire qu'il aime le basket. Non, c'est plus compliqué que ça.
Tap tap boum boum ? Ça ressemble vraiment au battement du cœur... Peut-être que depuis le début, le bruit de rebond lui fait penser au cœur et c'est pour ça qu'il aime autant ça ? Que c'est ce qu'il préfère au basket ? C'est un peu la façon qu'il a de décrire la vie, une infinité de battements qui ne cessent de raisonner... Je ne sais pas... Si je garde cette idée là, ça voudrait dire qu'en reproduisant son geste, la première fois qu'on s'est vu, j'ai répondu à son battement de cœur à lui ? Je crois que je divague là...
Ou alors ! Ou alors... Tap tap, c'est son cœur à lui... boum boum, c'est mon cœur à moi. Il essaye de me faire comprendre qu'il tient à moi ? Ou plus que ça ? Peut-être même qu'il m'aime ?... Naaaaaaaaaaan.
Je tourne le visage pour tenter de voir celui de Ryouta. Mais comme je pouvais m'en douter il s'est endormi. Je lui caresse doucement les cheveux pour ne pas le réveiller.
C'est bien de penser à tout ça, mais si au lieu d'essayer de savoir ce qu'il se passe dans la tête de Ryouta, j'analysais ce qu'il se passe dans la mienne ? Il serait peut-être temps que je fasse un point sur mes sentiments ?...
