Bonjour, Bonsoir a tous !

Voici le chapitre 11 de "Son monde à lui" !
Alors ? Que va-t-il se passer ? Daiki va se prendre une claque ? Ryouta va lui pardonner ? Ou partir pour toujours ? Les réponses à vos questions dans ce chapitre... A quand, même, je préfère préciser. Rating M.

Merci à Virtual Hug, Cookiiie, Jinka-San, FloKNBfics, Oohfemmeluxieuse, Nezumibook, Shirayuki Yukine, Enonyma et super mocchi pour leurs reviews ! On a dépassé les 100 Reviews *-*

Merci à ceux qui follow et/ou mettent en favoris cette histoire ! Merci également aux lecteurs fantômes !

Merci à ma béta, qui corrige avec beaucoup de patience mes chapitres et qui me fait mourir de rire à chaque correction !

NOTE IMPORTANTE !
Alors... Euh... Héhé... Je vais être absente pendant 3 semaines. Je pars travailler ! (Il serait peut-être temps...). Je retourne voir mes copains en séjours adaptés et je ne sais pas si je vais avoir Internet là où je vais... C'est toujours un mystère ! Les chapitres pour les 3 prochaines semaines sont prêts, mais je ne sais pas si je pourrais les poster... Désolée ! Donc, je m'arrangerai en fonction de ce que je pourrai faire ! Je préfère prévenir ^^

Sur ce, BONNE LECTURE !


~CHAPITRE 11~


Je suis réveillé depuis un moment déjà. Mon réveil affiche 8h06. Est-ce que j'ai dormi ? Je ne sais même plus. Sûrement. Je crois que c'est la lumière du soleil qui m'a fait ouvrir les yeux. Je n'ai pas bougé, toujours sur le dos à faire face au plafond.

Ryouta est toujours endormi. Son sommeil s'est calmé au fil de la nuit. Il s'est enroulé en boule de l'autre côté du lit, dos à moi.

Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Ryouta va me pardonner ? Ou il va vouloir partir ? J'en sais rien… Je me sens toujours aussi mal. Ce qui s'est passé hier soir… Ça aurait pu être génial. Mais je n'ai pensé qu'à ma gueule et j'ai tout fait foirer.

Je m'assois et me surélève doucement pour regarder Ryouta dormir. Il est beau… Ses cheveux sont en pagaille sur l'oreiller et sa bouche est légèrement ouverte pour laisser passer sa respiration. Il serre la couette dans ses bras, comme s'il avait peur que quelqu'un lui enlève.

Je quitte ma contemplation pour répondre à l'appel de ma vessie. Je me lève le plus silencieusement possible pour ne pas réveiller Ryou. Je ne prends pas mes affaires, je n'ai plus rien à cacher à personne. Et si c'était pour une question d'ego ou de dignité, je pense les avoir déjà perdu hier soir. J'essaye de ne pas laisser mes pensées m'envahir, elles l'ont déjà fait toute la nuit et je n'ai pas envie de me faire encore plus de mal. J'ai compris.

Je retourne dans ma chambre après mon affaire, toujours en essayant de faire le moins de bruit possible. Mais ça ne sert plus à rien, Ryouta est réveillé.

Les yeux embrumés de sommeil, il s'est tourné vers la porte. Il se relève sur un coude et tapote la place où j'ai dormi. Je sais pas…

- Viens…

- Je ne veux pas te faire peur Ryou…

- ...Viens.

Je soupire et retourne sous la couette, comme il me l'a demandé. Je me remets dans ma position initiale, sur le dos et ne bouge plus. Je sens Ryouta se blottir contre moi, la tête sur mon épaule et un bras sur ma hanche. Ça veut dire… Qu'il me pardonne ?

- Bonjour -me dit-il encore endormi.

Si ça se trouve, il ne se souvient même pas de ce qui s'est passé hier. S'il est encore dans le brouillard, il va mettre du temps à émerger. Qu'est-ce qui va se passer quand il va reprendre conscience ? Est-ce que je vais m'en prendre une ? … Nan, c'est pas son genre. Je n'ose même pas le toucher, j'ai peur de sa réaction. J'ai peur de faire face à mon comportement d'hier soir. J'ai peur de mes réactions. Je ne peux pas profiter pleinement de ce moment câlin, ce serait comme profité de lui...

- Bonjour… Je suis désolé pour hier Ryou…

- Je sais.

Il sert un peu plus son corps contre le mien. J'ai envie de chialer tellement je suis heureux. Je sais que Ryouta n'est pas rancunier, il a même tendance à ne jamais m'en vouloir. Apparemment, c'est parce qu'il est très attaché à moi qu'il ne peut pas m'en vouloir. C'est peut-être dû aussi au fait qu'il ne ressent pas de forts sentiments négatifs. Il peut ressentir la peur, l'anxiété, la tristesse… Mais pas la colère, l'amertume ou la rancune. C'est assez déstabilisant parfois, puisqu'il ne retranscrit pas ses émotions comme tout le monde, il ne réagit pas comme n'importe qui le ferait. Si ça avait été une autre personne, je me serais fait cogner hier, la personne serait partie et je n'aurais peut-être plus jamais entendu parler d'elle. J'aurais pu m'excuser autant que je veux, ça n'aurait rien changé. Mais Ryouta… Même s'il va se méfier pendant un moment, il ne m'en voudra pas. Mais ce n'est pas pour ça que je dois en profiter pour faire n'importe quoi, il faut que je me contrôle. Je n'ai pas envie qu'il se rende malade et se fasse du mal à cause de mes conneries…

Je lui embrasse le haut de la tête pour lui montrer que je me suis calmé et que je ne le referai pas. Je sais bien que je n'ai plus jamais intérêt à faire un truc comme ça, la prochaine fois, je ne me le pardonnerais pas. En parlant "d'un truc comme ça... Qu'est-ce que j'ai fait exactement ?

- Ryouta… Tu veux bien m'expliquer ce que j'ai fait de mal ?

- Je voulais pas.

- Je sais, j'ai compris. Mais je ne sais pas ce qui a fait que tu ne voulais plus. J'aimerais savoir ce que j'ai fait de mal pour être sûr de ne pas le refaire. Tu comprends ?

Il réfléchit. Je lui caresse les cheveux en attendant sa réponse. Je me doute qu'il n'a pas tout arrêté pour un truc stupide, j'ai dû vraiment faire quelque chose de débile.

- Tu… T'as fait ça…

Il pose sa main sur mes côtes et les frôle du bout des doigts. Un frisson me parcourt et je comprends… Première erreur.

- Et tu m'as... Tu as fait fait peur.

- Comment ça ?

-Tu m'as écrasé et tu voulais pas que je respire. Tu voulais pas que je bouge !

Ah. On m'a pourtant dit "n'essaye pas de le dominer". J'ai fait tout le contraire. Il va falloir que je mette mes bas instincts et mon côté animal de côté. Peut-être qu'un jour, je pourrais les faire ressortir dans notre relation, mais c'est trop tôt. On découvre tous les deux ce côté intime d'une relation, et je fais que des conneries.

- Et t'as fait ça... avec mes, mes jambes, sans dire !

Il écarte les cuisses sous les couvertures. Je comprends ce qu'il veut me dire, même si je ne fais qu'imaginer ce qu'il me montre.

- Et t'as pas é-couté…

Je prends en compte tout ce qu'il me dit. Et je me rends compte à quel point je suis con et égoïste. Je veux dire, le docteur Miano m'a prévenu pourtant ! J'ai écouté ses conseils au début, et je suis parti en couille juste pour profiter de mon plaisir. Sans penser à Ryouta. Je pose mon avant-bras sur mes yeux et soupire. J'ai honte de moi...

- Tu as le droit de dire que je suis un idiot Ryou…

- Tu es idiot.

-… Merci Ryou…

Je l'entends étouffer un rire contre mon torse, ce qui me fait sourire à mon tour. Est-ce qu'il rigole de sa blague ou parce que le mot "idiot" le fait rire ? J'en ai aucune idée. Il n'a pas le même sens de l'humour que moi, je ne sais même pas s'il a conscience d'avoir fait une blague. Mais qu'importe pourquoi il rit, l'important pour moi, c'est de le voir heureux.

- Je peux te faire un câlin ?

- Hum hum. Punis !

Ma tête doit être impayable puisqu'il explose de rire. Je lui pince doucement la joue pour qu'il arrête de rire. Je me tourne sur le côté et il vient de lui-même dans mes bras. Je le serre fort contre moi et respire son odeur. Rien qu'à l'idée que j'aurai pu perdre ça, je m'en veux. J'ai de la chance de l'avoir, je me dis que je ne le mérite pas.

- Tu me pardonnes ?

- Hum.

Il m'embrasse. Merde, j'ai envie de le garder contre moi comme ça pour toujours. J'ai l'impression que je ne pourrais jamais lui rendre tout ce qu'il me donne.

Je vois les blessures qu'il s'est infligées hier sur ses bras, pendant sa crise. Je profite pour les tirer l'un après l'autre vers moi, pour embrasser chaque griffure. Ce n'est pas profond, ça ne saigne pas, mais rien que de me dire que je l'ai poussé à se faire du mal me rend malade…

Pendant mon rituel, il me regarde étrangement encore une fois. Je lui explique que ce sont des bisous magiques. Ouais, je sais, c'est un truc de gamin. Ryouta se relève et vient m'embrasser le front.

- Pourquoi tu as fait ça ?

- Bisou magique !

- Mais…J'ai pas mal au crâne…

- C'est pour soigner, parce que t'es idiot !

… J'aime quand il me dit des mots d'amour. C'est adorable. J'en prends pour mon grade tien… Mais je ne dis rien. Je pense que je le mérite. Maintenant que je l'ai autorisé à me traiter d'idiot, il ne va pas arrêter. Ouais, je suis sûr qu'au final, c'est le mot "idiot" qui le fait rire. Bof, si ça lui fait plaisir...

- Même si je suis un idiot… Tu voudras bien recommencer un jour ? Avec moi ?

- Quoi ? Le sexe ?!

- Ouais…

- Oui ! C'était bien, mais tu as fait peur…

- Je te promets que je ne le referai pas… Promis !

Je lui tends mon petit doigt, il fait de même sans comprendre ce que je fais. J'accroche nos deux annulaires ensembles.

- C'est pour sceller la promesse.

- D'accord, d'accord !

Je l'embrasse doucement pour mettre un point final à cette situation. Maintenant, on va essayer de passer au-dessus de ça. Il se recale confortablement contre moi et commence à tracer des cercles imaginaires sur mon torse. Je crois que c'est une partie de mon corps qu'il aime beaucoup. En même temps, je suis bien foutu...

- Dai-i-ki ?

- Hum…

- Reco… Recom-mencer mainte-nant ?!

Je le regarde surpris. Recommencer quoi maintenant ?...

...Quoi ?! Vraiment ?!

- Tu veux…

- Recommencer le sexe, main-te-nant ! Mainte-nant !

Okey, au moins c'est clair ! Mais est-ce qu'on peut vraiment ? Je veux dire... Enfin… Je flippe complètement ! J'ai trop peur de refaire des conneries… Mais il me donne une occasion de me racheter. De lui prouver que je peux me contrôler. Il me donne la possibilité de regagner entièrement sa confiance...

- Alors vas-y, montre moi comment tu veux faire…

Il me sourit et m'embrasse. J'approfondis doucement le baiser en caressant ses lèvres des miennes et en recommençant à le toucher, comme hier. Je fais attention à chacun de mes gestes et me laisse porter par les caresses que me prodigue Ryouta. Il ne faut pas longtemps pour faire monter la chaleur dans nos corps. L'atmosphère redevient plus intimiste.

Une idée me vient alors que Ryou se rapproche encore plus de moi, si c'est possible. Je nous fais basculer, mais cette fois, je positionne Ryouta au dessus de moi. Je suis assis sur mon lit, lui à califourchon sur moi.

- On va faire à ton rythme Ryou. Je veux pas refaire les mêmes erreurs qu'hier, alors cette fois, c'est toi qui mène, c'est toi qui décide ce que tu veux. D'accord ?

- Hum !

Vu le visage qu'il affiche, il a l'air plutôt content de la mission que je lui donne. Toujours nu de la veille, je dirige mes mains vers ses fesses pour les toucher, les caresser. Je finis par les agripper doucement pour les masser. Ça a l'air de lui plaire en vu des soupirs qu'il pousse. Ma bouche explore son torse, finissant pas ses bouts de chair. Je le sens passer ses mains dans mes cheveux en gémissant et en commençant des légers mouvements avec ses hanches. Nos deux érections commencent à se frotter l'une l'autre, ce qui termine de nous rendre durs. Ses mains me caressent le torse, les abdos et sa tête vient se poser sur mon épaule. Chaque soupir qu'il pousse se répercute sur ma peau et me fait frissonner. Je commence moi-même à avoir une respiration saccadée…

- Ryou… Continue…

- Mmmmh…

Je m'allonge complètement pour le laisser faire ce qu'il a envie. Je crois qu'il a compris que la friction de nos sexes était très agréable et il continue dans ce sens.

ll appuie ses deux mains sur mon torse et commence de plus amples mouvements de bassin, ce qui nous fait gémir tous les deux. Je n'aurai jamais pensé que voir et sentir un mec se déhancher au-dessus de moi m'exciterai autant. Ses gémissements me rendent fou. Merde, c'est vraiment bon…

J'ouvre les yeux. Je ne m'étais même pas rendu compte de les avoir fermés. Ryouta continue toujours ses mouvements sur moi, et la vision de Ryou en plein plaisir me donne un nouveau coup de chaud. Ses yeux à demi ouverts et embués, sa bouche laissant passer des halètements et des gémissements, les joues rouges et les cheveux en vrac… Je sens que cette image va très longtemps me hanter, pour mon plus grand plaisir.

Après un certain temps, je sens qu'il commence à fatiguer. Ses mouvements sont moins accentués et il arrive beaucoup moins à se porter. Je me ré-assois pour me retrouver face à lui et l'embrasse doucement, ce qui le fait trembler. J'ai compris qu'il était hypersensible depuis un moment, mais là, j'en ai une preuve pure et simple…

- Ryouta…

- Ngh… Ah…

- Ryou… Je vais faire quelque chose de ... Nouveau, d'accord ? Si tu n'aimes pas… Tu m'arrêtes…

Je le vois acquiescer. Je prends dans une main nos deux sexes et commence de lents mouvements pour laisser le temps à Ryouta de me repousser s'il le souhaite. Je passe ma paume sur toute la longueur puis remonte jusqu'au gland, les massant ensemble, tandis que Ryou continue des mouvements de hanches moins prononcés. Je prends un rythme plutôt langoureux, mais ferme. Je sens Ryou trembler et gémir de plus en plus, j'accélère rapidement le rythme en accentuant ma poigne. Mes gestes sont désordonnés, mais qu'importe, on y prend du plaisir. Nos gémissements remplissent clairement la pièce, et je nous sens tous les deux à notre limite. Je ne pensais pas que Ryou allait tenir aussi longtemps déjà. Il pose ses deux mains sur mes épaules, je le sens serré de plus en plus ses doigts sur ma peau. Il se crispe petit à petit contre moi, signe qu'il est sur le point de craquer. J'accélère une dernière fois le rythme et passe mon pouce sur nos glands, où de la pré-semence s'échappe.

Ryouta se cambre et se tend au-dessus de moi, laissant un long gémissement passer. Cette vue de mon amant dans sa jouissance suffit à me faire venir dans un dernier coup de poignet.

On reste comme ça un moment, sans bouger, tremblant, le temps de profiter de notre orgasme et de laisser à nos corps reprendre leur motricité.

Je me laisse tomber en arrière, suivi de Ryou, qui s'affale sur moi. On tente de reprendre une respiration normal, l'un contre l'autre, en laissant nos mains se balader.
C'était...Génial. Je me sens complètement vidé et satisfait. Ouais je sais, c'était que des prélis. Justement, c'était que des préliminaires, et je n'ose même pas imaginer ce que c'est le reste ! Merde, je veux bien affronter le monde entier et me prendre tous les coups de pied du monde pour revivre ça, au moins une fois. C'était… tendre, timide… je ne saurais pas expliquer. On n'est pas des pros, ça se sent tout de suite, on n'a pas réfléchi et on a laissé nos corps se parler. C'est tout. Ça n'avait rien à voir avec une branlette matinale, c'était beaucoup plus fort que ça. Ce n'était pas non plus comme hier, là, j'ai revu l'ordre de mes priorités et Ryouta est passé avant tout. Mon plaisir, l'endroit où on est, mes inquiétudes, mes questions… Je ne m'en préoccupais pas. C'était Ryouta et c'est tout. Et j'en ressens une satisfaction encore plus grande que si j'avais juste profité de mon plaisir. Je ne me suis pas envoyé en l'air… On a fait l'amour. Ouais, je pense que c'était un peu à l'image de notre relation. De la découverte, de la timidité, de la tendresse, de l'attention, du plaisir. Et de l'amour. J'ai envie de croire qu'il pense la même chose que moi, et que nous n'avons pas fait ça juste pour se vider.

Je regarde ma main, couverte de nos deux semences. La preuve de ce qu'il vient de se passer. Quelque part, je me dis que je n'ai pas envie de m'essuyer la main, j'ai envie de garder cette preuve pour toujours. Et des fois, je me dis que j'ai vraiment des idées à la con. Je secoue la tête à mes pensées et m'essuie dans les draps. Bof, de toute façon, ils en verront d'autres… j'espère.

Une fois calmé, je sens Ryouta se laisser glisser sur le côté, se mettre sur le dos et s'étirer comme un chat le ferait. Trop mignon…
Je m'approche de lui et pose un bras près de lui, pour que le haut de mon corps surplombe le sien. Je le sens se tendre un peu et me regarder avec méfiance. Je lui souris doucement et commence par lui embrasse le front, puis la tempe, le nez, ce qui le fait rire, les joues, pour terminer par ses lèvres… Il passe ses mains autour de ma nuque pour me retenir. Je caresse sa joue avec mon nez et en profite pour humer son odeur. En plus de son odeur naturelle, il sent quelque chose que je découvre… il sent le sexe. Et ça me plaît. Parce que c'est avec moi qu'il découvre ça…

- Dai-i-ki… Tap tap, boum boum…

- Mh… moi aussi je t'aime Ryou…

Euh… C'est sorti tout seul. Je crois que l'état post-orgasmique me rend encore plus con que d'habitude. Je relève les yeux vers Ryouta pour voir sa réaction, que je redoute un peu. Les yeux grands ouverts, il me fixe, comme pour voir si je lui mentais. Au bout de quelque seconde, je vois des larmes dévalées silencieusement ses joues et un énorme sourire déformé son visage.

- Da-i-ki… Dis… Encore…Encore...

J'hésite à peine. C'est vrai que c'était une pulsion de lui dire. Mais si je n'ai pas réfléchis avant de parler, c'est que je le pense. Et quand je vois dans quel état ça le met, je ne pense pas faire une connerie en lui répétant. Ce qu'on vient de faire y est pour quelque chose je pense, ça me rend plus… plus… gaga ?

- Je t'aime Ryou…

- … T'aime Da-i-ki…-Me répond-t-il, d'une voix étranglée par l'émotion.

Bon, bah, moi aussi j'ai envie de chialer. Je suis pas du genre émotif d'habitude, mais Ryouta me rend complètement dingue ! Je lui rend son sourire, les larmes en moins. Je l'embrasse en essayant de faire passer tout ce que je ressens pour lui. Je ne sais pas s'il y est sensible, mais c'est important pour moi. Après notre premier rapport intime, notre premier "je t'aime", je ne peux qu'essayer de lui faire comprendre à quel point je tiens à lui.

Je veux rester dans cette bulle qu'on a formé tous les deux. Là où plus personne ne peut nous juger, où on a aucune obligation et aucun compte à rendre à personne. Où on peut juste vivre notre relation comme on l'entend. Je veux pas retourner dehors, voir des gens qui vont nous juger. Alors on va faire simple, si quelqu'un à quelque chose à redire à ça, qu'il le dise maintenant ou se taise à jamais !... Nan, en faite vous pouvez parler, je m'en fous. Vous ne pourrez pas briser ce que je suis en train de construire avec Ryouta. C'est plus des pans de bois que je vais mettre entre nous et le reste, c'est des murs en béton armé ! Voilà, solution trouvée, je retourne m'occuper de Ryouta…


Avec Ryou, on est resté au lit tout le reste de la mâtiné. Je suis juste allé nous chercher un truc à grignoter au lit, pour ne pas qu'on meurt de faim. Mais je ne voulais pas quitter ma chambre, ou on était tous les deux nus, à se faire des câlins et à emmerder le reste du monde. Je veux pas retourner à la réalité.

Je me décide quand même à regarder l'heure sur mon réveil… 12h37… oh ça va, on a toute la journée. Je me recouche avec Ryouta dans mes bras et souris à cette pensée.

Attends… 12h37 ? Ma mère rentre à 13h. On est à poil, on pue le sexe et les draps sont dégueulasses…. MERDE ! Je me relève assez vivement, ce qui inquiète Ryou…

- Ma mère rentre dans 20 minutes… Il faut qu'on aille prendre une douche…

- Vite ?

- Yep ! Vite !

- Ok, ok !

Je le vois se diriger à poil vers la salle de bain. C'est une solution. J'en ai une mieux, c'est de prendre des vêtements d'abord ! Je prends son sac et des fringues propres pour moi. Je pense au passage à enlever mes draps pour les mettre dans la machine. Après la douche, il faudra penser à en remettre pour ne pas éveiller des soupçons chez ma mère. Le bordel… Okey, ça change rien de changer les draps, elle peut savoir sans ça ce qu'on a fait. Mais on va essayer de pas se faire cramer direct, ça sera mieux pour tout le monde !

De même que Ryouta, je prends pas le temps d'enfiler des fringues et fonce vers la salle de bain. Je poses nos affaires, mets les draps dans la machine et me tourne vers Ryou qui me regarde faire.

- Tu m'attendais ?

- Oui !

- Ok… Donc, aller hop, on y va !

Il ne va pas apprécier que je le speed, faut que je me calme. Ça ne prend pas 1h à prendre une douche… Comme hier, Ryouta tient à ce qu'on se lave l'un l'autre. Pourquoi pas… Faut juste que je prenne moins de temps à peloter son cul…

Une fois la douche faite, Ryouta s'essuie et s'habille directement, sans que je n'ai à lui dire. Je pense qu'il a compris que le temps était compté. Je regarde l'heure… 12h49… Ça peut le faire…

- Ryou, tu m'aides à faire mon lit ?

- D'accord, d'accord !

Je vais chercher des draps propres et me dirige vers ma chambre, Ryou sur mes talons. On se met chacun d'un côté du lit, et je lui montre comment on fait. Il comprend du premier coup et on met moins de temps que je le pensais à refaire mon lit. Parfois ça a du bon son "don" pour la copie… Bon c'est pas nickel, mais c'est digne de moi.

12h56...

- Viens Ryou, on va aller se caler devant la télé !

- Ok ! Câlin ?

- Sur le canapé ok ?

- Hum !

Je lui prends la main et nous nous dirigeons vers le salon. J'allume la télé et zappe sur une chaîne au hasard, pendant que je me pose sur le canapé, Ryouta contre moi. Je soupire et serre Ryou dans mes bras. C'est bon, on a réussi… Je sais pas vraiment pourquoi j'ai réagis comme ça, mais c'est bon je peux souffler.

Même pas deux minutes plus tard, ma mère passe la porte d'entrée. Je suis génial…

- Bonjour les garçons.

- Salut 'Man !

- Bonjour !

Je la vois faire une moue étrange en nous voyant enlacés sur le canapé. Ouais, bah heureusement qu'on n'est pas resté à poil dans mon lit, je n'imagine pas la tête qu'elle aurait faite…

- Vous avez mangé ?

- Nan, pas encore, on a grignoté ce matin, c'est tout.

- Je vais aller faire le déjeuner alors.

- Merci maman !

Ma mère pose ses affaires et se dirige vers la cuisine. Je profite qu'elle ait le dos tourné pour embrasser mon blond, toujours dans mes bras. J'avais oublié que j'allais devoir ramener Ryou chez lui en début d'après-midi. C'était le deal avec ma mère. Je sais qu'elle ne va pas le jeter dehors, mais je ne veux pas prendre le risque qu'elle ne veuille plus qu'il vienne à la maison. Je sais qu'elle a encore du mal avec notre relation, donc je ne veux pas lui imposer ça. Mais c'est dur de me dire que je dois le laisser. Sérieusement, je ne peux pas l'adopter ? Je ne suis pas sûr que tout le monde soit d'accord, malheureusement…

Ma mère nous appelle pour manger. À chaque fois qu'on me ramène à la réalité, j'ai l'impression d'entendre un gong qui m'annonce le temps qu'il me reste avec Ryouta pour la journée. Comme hier, le repas se fait dans une ambiance assez étrange, d'autant plus que je repense à ce qui s'est passé durant l'absence de ma mère. Je sens que si elle me fixe trop longtemps, elle pourra savoir à quoi je pense. Ce qui serait très gênant, surtout pour elle !

Le repas fini, on se lève de table et débarrasse. Ma mère me jette un coup d'œil insistant pour savoir si je suis prêt à ramener Ryouta. Je sais bien que sa présence est encore très étrange pour elle, mais j'ai envie de faire comme si je n'avais pas vu son regard. Mais je ne le ferais pas. Je préfère indiquer ma chambre à mon copain pour lui faire comprendre qu'il va falloir qu'on range ses affaires et qu'il est temps de partir. Il me suit, et dès que la porte de la chambre est fermée, je le prends dans mes bras à l'en étouffer. Je ressemble sûrement à un gamin capricieux, mais je ne veux pas qu'il parte. Je ne sais pas si Ryouta a vraiment conscience que je le ramène chez lui, mais que je ne reste pas. Que je repars chez moi ensuite.

- On range tes affaires ?

- Hum. Après on part ?

- Ouais, après je te ramène chez toi et je retourne chez moi…

- Hein ? Non ! Je veux pas ! T'as dit toute la journée !

- Je sais, je sais... Mais…

Mais rien ne m'empêche de prévenir Charles et de rester avec lui sur le terrain jusqu'à ce soir. Putain, merci cerveau de fonctionner de temps en temps…

- Si tu veux, on reste sur le terrain pour le reste de la journée ? Comme ça, on reste tous les deux, et je te raccompagne chez toi ce soir !

- Oui ! Mieux ! Câlin d'abord !

Il me pousse jusqu'à mon lit et me fait m'allonger dessus avant de se jeter sur moi. On commence à se chamailler et à se rouler dans le lit, sans vraiment que je comprenne comment on en est arrivé là. Tout ce que je sais, c'est qu'on rigole comme deux débiles, ce qui fait rapidement rappliquer ma mère.

Elle frappe deux coups à la porter avant que sa voix me parvienne…

- Les garçons, qu'est-ce que vous faites ? -dit-elle d'une voix assez froide.

Je pose mes lèvres sur celles de Ryou avant de me lever et d'ouvrir à ma mère.

- Rien, on prépare ses affaires…

- Vous êtes bruyants pour deux personnes qui rangent des affaires…

Ryouta vient se positionner derrière moi et pose sa tête sur mon épaule. Une mèche de cheveux le gène et au lieu de la remettre avec ses mains, il essaye de la dégager en soufflant dessus. Une fois, deux fois… Et j'explose de rire avant de l'aider.

- On va passer la journée sur le terrain 'man, avant que je le raccompagne chez lui. Donc ne t'inquiète pas si je ne rentre pas tout de suite.

-Okey… Tiens moi au courant, pour savoir quand tu rentres, d'accord ?

Elle me regarde, comme pour me dire "Il ne peut pas s'éloigner un peu de toi ?". Mais elle ne le dit pas. Parce que Ryouta est là.

- T'inquiète pas pour nous, ok ? On va juste se faire un basket !

- Hum ! Tap Tap !

- Yep ! D'ailleurs, on va y aller. Ryou, tu prends ton sac ?

- Ok, ok !

Il va chercher ses dernières affaires, qu'il met n'importe comment dans son sac, pendant que je vais chercher mon ballon. Il me tend la main dès qu'il a fini et nous nous dirigeons vers la sortie. J'embrasse la joue de ma mère au passage, Ryouta lui dit au revoir. Et nous partons ! Dès que j'ai posé un pied dehors, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'était mieux quand on était chez moi. Mais on fait avec ce qu'on a. On envoie un message à Charles au passage, pour ne pas qu'il appelle les flics ou la brigade des mineurs, parce qu'il ne voit pas Ryouta revenir.

Une fois sur le terrain, on commence un one-on-one assez gentil, ça ne sert à rien que je montre toute ma puissance, ça risquerait de le frustrer. La fin d'après-midi se passe calmement, entre paniers, dribble et bisous. Je n'ai jamais aimé ce mot, "bisou", je trouve que ça ne représente pas du tout l'importance que ça peut-être. C'est un peu trop niais. Et je ne parle même pas de "baiser" qui fait totalement prout prout. Mais bon… Je ne vais pas inventer un mot non plus, on prend ceux qui existent !

Bref, il arrive quand même un moment où la nuit commence à tomber et où je dois ramener Ryouta à sa maison. Ça me fait chier. La journée était trop courte. C'était quand même riche en émotion aujourd'hui et je n'arrive même pas à prendre conscience de tout ce qu'on a vécu. Pour moi, j'ai rêvé tout ça.

Alors, quand on se retrouve devant l'entrée de chez lui, on est comme deux cons. Ce n'est pas qu'on ne sait pas quoi faire, c'est plutôt qu'on ne veut pas le faire. Se dire au revoir. Je ne sais pas si, là, il pense les mêmes choses que moi. Il finit par s'avancer vers moi et passer ses bras autour de mon cou, pour me faire un câlin. Je le serre fort contre moi. Je me pensais pas si niais et accros à lui.

- T'aime Dai-i-ki !

- Je t'aime aussi Ryou… Aller, faut que j'y aille, sinon je ne partirai jamais…

- C'est possible ?

- J'aimerais bien, mais non. On se revoit vite, ok ? Puis tu m'appelles ce soir si tu veux…

- Hum… C'est pas pour toujours !

- Encore heureux...

Il se détache de moi, les yeux humides. Je l'embrasse une dernière fois et me recule. Je ne me mets en route qu'une fois que je vois Ryouta rentrer chez lui et fermer la porte, c'est-à-dire, au bout de 5 minutes à se regarder. Sérieusement, c'est le sexe qui nous rend comme ça ? Où autre chose ?

Bref, les yeux rivés sur le sol, je fais le chemin jusqu'à chez-moi, plus par automatisme que par envie. Mes pensées se tournent encore une fois vers Ryou et la journée qu'on a passé ensemble. Avoir fait des trucs avec Ryou n'a pas changé grand chose chez moi. Je veux dire, je me sens pas fière, je n'ai pas envie de me la péter ou quoi que ce soit, comme j'aurais pu le penser. J'ai juste l'impression que ça a concrétisé quelque chose. Et j'en suis heureux. Je ne pourrais pas vraiment expliquer. Je me sens bizarre…

Je lève les yeux vers ma maison. Je ne m'étais même pas rendu compte que j'étais arrivé. Je pense à ma mère avec qui je ne vais pas pouvoir réellement partager ça. J'ai personne avec qui en parler, personne qui s'inquiète vraiment des changements qui se font dans ma tête… Même si je sais que c'est de ma faute, j'ai de plus en plus envie de partager mon ressenti avec quelqu'un. Mais je ne peux pas.

Déjà, juste expliquer à ma mère qu'il s'est passé quelque chose et que je deviens un homme, ça serait compliqué. Je préfère ne rien dire, sauf si elle ne pose pas la question. Mais je ne sais même pas la réaction qu'elle pourrait avoir.

De toute façon, j'ai effacé toutes les preuves… Quoi que… Quel con. Je n'ai pas fait tourner la machine. Juste le fait d'avoir changé mes draps et qu'ils sont encore dans la machine est déjà une preuve en soit. Ça n'a servi strictement à rien ce que j'ai fait ! Oh et puis merde…