Bonjour, Bonsoir à tous/toutes !
Me revoilà pour vous livrer le chapitre 12 de "Son monde à lui" !
Alors, que dire... Déjà, je m'excuse de ne pas avoir pu poster pendant ces 3 dernières semaines, mais mes vacanciers me prenaient beaucoup de temps et j'ai privilégié mon travail et mon sommeil à FFnet ! (Ce qui est logique, je pense...) Sinon, pour ceux qui se posent la question, ça s'est très bien passé ! J'ai de nouveaux pleins d'anecdotes et pleins de souvenirs, qui je pense, m'aideront à enrichir ma fiction ou d'autres écrits !
Je remercie Oofemmeluxieuse, Cookiiie, FloKnbFics, Jinka-san, Shirayuki Yukine, super mocchi, Hiaokyo, Virtual Hug, Phaphilionne, Hinata1975 et Rin-BlackRabbit pour leurs reviews !
Et Hinata1975, pour te répondre, la suite, c'est maintenant !
Merci également à ceux qui suivent et mettent en favoris cette fiction ! En espérant ne pas vous avoir perdus pendant mon absence !
Ah, si, aussi... Ma bêta ne donne plus trop signe de vie... Elle est super occupée, donc je tiens à vous prévenir que ce chapitre n'a pas été corrigé par ses soins... Donc, il y a encore sûrement beaucoup de fautes, et je m'excuse pour ça, j'ai fait de mon mieux ! Si c'est illisible, dégueulasse, un torchon, n'hésitez pas à me le signaler pour que je me fasse fouetter... Ou que je corrige ça, tout simplement. Voilà voilà...
NB : C'est bon ! Ma bêta a corrigé le chapitre ! Awesome ! Mon dieu, mais quand je lis la correction de ma chère bêta, j'ai envie de ma frapper... J'oublie des mots, j'invente des conjuguaisons... C'EST MAGIQUE ! Je me fatigue...
En espérant que tout va bien pour vous depuis le temps et que vous allez apprécier ce chapitre !
Bonne Lecture !
Petit résumé du dernier chapitre : Aomine est un con. Mais il se rattrape, et ils font du touche pipi. Ils sont contents et se sentent encore plus proche et plus amoureux. Même qu'ils se disent "je t'aime". C'est miiiiignon ! Mais... Maman ne va pas tarder à rentrer et ils doivent vite sortir de leur petite bulle de bonheur pour ne pas choquer maman ! Aomine ramène Ryou chez lui, mais c'est dur de le laisser ! Bref, Daiki a oublié les draps sales dans la machine.
C'était le résumé tout nul !
~ CHAPITRE 12 ~
"Message reçu à 07h24. Inconnu.
Bonjour Aomine-kun, c'est le docteur Miano.
Ryouta m'a téléphoné hier soir en me disant qu'il avait plein de choses à me raconter. Et effectivement, il m'a appris plein de choses. Je ne sais pas encore si je dois te frapper pour ce que tu as fait ou te féliciter d'avoir réussi à arranger la situation. Ryouta ne t'en veut pas du tout et m'a dit que tu lui avais dit les trois petits mots magiques… Trop mignon ! Je te félicite également pour le début de ta vie sexuelle, c'est un grand pas dans votre couple ! Et avant que tu me poses la question, oui ça m'amuse beaucoup de te gêner. Dans tous les cas, continue dans ce sens, il m'a fait part de son ressenti et il se sent de plus en plus comme quelqu'un de normal. Ça fait déjà un moment qu'il ne se traite plus de "gogole" et c'est déjà énorme pour moi.
N'hésite pas à revenir me voir avec Ryouta, et si tu as des questions, tu as mon numéro. Bonne journée et j'espère te revoir très vite. J'aimerais avoir ton avis sur l'avancée de ta relation avec Ryouta et de ce que tu penses de ses progrès. A bientôt."
Quel plaisir de se réveiller avec un message comme ça. Je commence par quoi ? Par le fait que Ryou est allé raconter à son médecin qu'on a couché ensemble, ou que ce même médecin se fout de ma gueule ? tsss…
Je ne retiendrais qu'une chose de ce message. Ryou se sent de plus en plus normal. Moi aussi, j'ai remarqué qu'il ne disait plus qu'il était gogole. Ça me donne envie de lui montrer qu'il est normal. Qu'on peut faire des sorties en tant que couple, qu'on peut aller manger au restau, qu'on peut faire l'amour, qu'on peut… Faire ce qu'on veut. Évidemment, dans les limites du raisonnable et qui correspond à nos attentes à tous les deux. Mais qu'il peut vivre comme tout le monde.
Tiens ! Samedi prochain, on pourrait se faire ça ! Au lieu d'aller au terrain, on pourrait marquer le coup. Faire quelque chose de spéciale. Ne rien faire et être au terrain, c'est aussi faire quelque chose de normal. Mais j'ai envie de faire ce que les autres couples font, mais à notre manière. Il faut que j'en discute avec lui. Et que je me lève sinon, je vais être à la bourre au lycée…
- 'Man, j'y vais !
- D'accord. Tu reviens ce soir ?
- Bah ouais, comme je te l'ai dit !
- Mh, Mh… Tu es vraiment sûr de vouloir faire ça ?
- De quoi ? On va juste passer une journée en ville, pas de quoi s'inquiéter !
- Oui, mais… Avec le monde qu'il va y avoir… Enfin… Tu penses aux regards des gens ?
- Si comme tu le dis, il y aura du monde, personne ne fera attention à nous. T'inquiète, je gère !
- Oui… Comme la machine à laver. - Me dit-elle en me regardant froidement.
- Ouais, bon ok, ça, j'ai oublié. Mais tu vas pas en faire un drame, c'est rien !
- Si tu le dis mon chéri.
Ouais, ma mère m'en veut un peu pour le coup de la machine à laver. Quand je suis rentré, elle m'a demandé pourquoi j'avais mis mes draps à la machine. Je lui ai répondu tout simplement qu'ils étaient sales. J'ai bien vu à son regard qu'elle ne m'a pas cru, et c'est comme si elle avait eu un brin d'espoir. Elle m'a demandé si c'était parce que j'avais dormi avec Ryouta dedans que je les considérais comme sales. Je n'ai pas trop compris ce qu'elle a voulu dire. Je sais juste qu'elle a déchanté quand j'ai insisté sur le fait qu'ils étaient VRAIMENT sales.
Elle ne m'a pas demandé plus d'explications à propos de ça. Mais je sais qu'elle a compris et je sens que ça ne lui plaît pas spécialement. En même temps, apprendre de cette façon que son fils commence à avoir une vie sexuelle, ça ne doit pas être terrible. Mais bon, ça lui passera ! Puis, je ne veux pas dire, mais c'est elle qui a insisté pour que ça se passe à la maison, ce genre de chose ! Bref...
- J'y vais, sinon, Ryou va m'attendre.
- D'accord, à plus tard !
Je passe la porte et referme derrière moi. On a passé la semaine à faire un programme de la journée avec Ryouta. On a beaucoup discuté pour savoir ce que l'un et l'autre, nous voulions faire et pour organiser tout ça. En plus d'une préparation psychologique, c'est important d'établir un ordre des choses pour que Ryouta se sente à l'aise. Ryou ne fonctionne pas au "On verra ce qu'on fera", ça marche pour passer une journée au terrain, mais pas en ville. C'est complètement différent.
J'ai senti que Ryouta avait pris beaucoup de plaisir à organiser ça avec moi. Il s'est beaucoup impliqué dans la recherche d'activités, d'informations, il essayait toujours d'argumenter ses choix… C'était agréable. On a fait ça ensemble et nous allons profiter de la journée ensemble !
Alors, après avoir été cherché Ryouta, on s'est dirigé vers un petit resto du coin pour déjeuner. Ce n'était pas grand chose, juste un restaurant traditionnel où on a pu se remplir l'estomac. En arrivant, Ryouta n'a pas pu s'empêcher d'aller voir l'aquarium, pendant qu'on se faisait accueillir par un serveur. Je pense que ça lui a rappelé notre première sortie ensemble. D'ailleurs, il m'a fait savoir qu'il préférait "les gros poissons colorés du grand aquarium". On y retournera sûrement un jour...
Une fois à la table, avec les menus en main, Ryouta ne savait pas quoi choisir, donc j'ai dû lui expliquer les composants de certains plats. Imaginez la tête que j'ai faite quand il m'a dit qu'il voulait prendre toute la carte parce que tout avait l'air bon ! Quand je lui ai dit que ça n'allait pas être possible (Pour 3 raisons : mon porte-monnaie ne supporterait pas, on passerait la journée au resto le temps que tout soit prêt et on ne pourrait même pas tout manger !), il a commencé à vouloir prendre comme moi. J'ai un peu bataillé pour qu'il choisisse quelque chose qu'il voulait vraiment. On a fini par commander des assortiments pour pouvoir goûter plusieurs trucs et accessoirement, manger dans le même plat. L'ambiance était détendue, les serveurs n'ont fait aucune remarque quant au comportement de Ryouta, et on s'est bien marré. Il n'a jamais voulu me croire quand je lui ai dit qu'on avait vu des crevettes à l'aquarium et que c'était ce qu'il y avait dans son assiette ! En même temps, ça n'a pas la même gueule dans les deux cas… Je crois que je l'ai un peu perturbé avec cette révélation…
Après ça, on est allé se balader dans la ville. On a fait quelques magasins, mais très peu, Ryou ne se sentait pas à l'aise enfermé dans un espace bondé. Ce que je peux comprendre… On s'est arrêté à un espace de jeux pour enfants aussi. Enfin, je dirais plutôt que Ryouta ne m'a pas laissé le choix ! Il est monté directement sur la balançoire et m'a fait comprendre que je devais le pousser. Bon… Je l'ai fait hurler de terreur à un moment, parce que j'avais poussé trop fort… Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne m'a pas demandé de recommencer plus doucement ! Ça m'a rappelé une autre situation d'ailleurs, un peu moins catholique, qui s'est passé dans mon lit… Bref… L'idée de passer par un love-hôtel m'a quand même traversé l'esprit… Mais non ! Faut pas déconner ! Les gens nous regardent assez bizarrement comme ça. En même temps, deux jeunes de 16 ans sur une aire de jeux autorisée jusqu'à 12 ans, ça doit leur paraître bizarre. Mais en même temps, pourquoi les plus de 12 ans ne pourraient pas s'amuser un peu ?! L'injustice…
Après ce petit moment mouvementé, on est parti s'acheter un truc à manger, pour grignoter tout en continuant notre virée en ville.
La journée est passée tranquillement, dans une ambiance détendue. Mais la fatigue s'accumule et j'ai de plus en plus de mal à ne pas voir les regards et les chuchotements sur notre passage. Ma mère avait raison sur ce point, les gens nous regardent. Ils nous dévisagent et font des messes-basses quand on passe près d'eux. Deux mecs qui se tiennent la main, ça ne doit pas coller aux mœurs de la société. Mais je m'en fiche, j'ai promis une journée parfaite à Ryouta, alors s'il a envie de me tenir la main, de se tenir à mon bras, de me montrer de l'affection, je ne le repousserait pas pour les beaux yeux de ces inconnus. Il n'y a rien de choquant à ça, il faut arrêter d'être prude. Puis, rien n'est plus blessant pour Ryouta que de se faire rejeter. C'est quelque chose qui le bouleverse complètement. Puis, je ne vois pas pourquoi je le repousserai quand moi-même, j'aime et demande des marques d'affections. Nous ne sommes pas jusqu'à aller nous embrasser en plein milieu de la rue. Que ce soit deux hommes, deux femmes ou deux hétéros, ça ne change rien au fait que c'est un manque de politesse. Ça fait parti de la bonne conduite en société, et ne se montre pas intimement proche d'une personne, ça ne se fait pas. Mais je crois que s'ils continuent de tous nous regarder comme ça, je vais finir par envoyer paître tous ces principes à la con. Sérieusement, je veux bien comprendre que s'embrasser en public est un manque de respect vis-à-vis des autres… Mais nous juger comme ça, ce n'est pas un manque de respect envers nous ?
Ça met Ryou mal à l'aise d'être le centre d'attention depuis le début de la sortie. On n'est pas des bêtes de foire, quand est-ce qu'ils vont le comprendre ?! Les passants ont tous des réactions différentes, mais très peu sont sympathiques ou réconfortantes. Ryou a dû sentir que je commençais à perdre mon calme, puisqu'il me sert plus fort la main.. A ce geste, j'ai vu un passant sourire sadiquement, comme s'il savait qu'il nous avait mis mal à l'aise. J'ai envie de l'éclater sérieusement.
- Ryouta ?
- Mmh ?
- Ça te dit de faire taire tous ceux qui veulent nous critiquer ?
- Je sais pas…. Faire quoi ?
- Est-ce que tu me fais confiance ?
- Oh oui !
- Je ne vais rien faire de mal, d'accord ? Rien que tu ne veuilles pas…
Je nous arrête en plein milieu du trottoir, et prends le visage de Ryou en coupe entre mes mains pour l'embrasser. Je presse mes lèvres contre les siennes et je me rends compte que c'est ça qui m'a manqué tout au long de la journée. Je le sens se détendre à ce contact. Les yeux fermés, nous ne faisons plus vraiment attention à ce qui nous entoure. Mais, je sens toujours les regards sur nous, encore plus insistants que tout à l'heure. Au moins maintenant, ils ont une raison de parler. On se détache et je jette un coup d'œil aux alentours. Des parents qui cachent les yeux de leurs bambins, des personnes qui nous regardent avec dégoûts… Je tourne les yeux vers Ryouta, qui me sourit et rougit en me regardant. Je lui rends son sourire et décide que le monde peut aller se faire foutre. Je leur tends un majeur bien placé pour leur faire comprendre mon point de vue. Ryouta rigole et m'imite, avec un grand sourire. Je le rejoins dans son rire en posant mon front contre le sien. Je ne sais pas s'il comprend la signification de ce geste, mais en tout cas, ça nous fait bien marrer de voir leurs têtes. Je le serre fort dans mes bras. On n'a pas l'air con à rire de bonheur tous les deux, serrés l'un contre l'autre, avec des regards haineux en arrière-plan. Cracher tout ce que vous voulez, à cet instant, votre poison ne m'atteint pas.
Je reprends la main de mon amant, et nous continuons d'avancer à travers les dédales des rues. Il va bientôt falloir que je le ramène chez lui… J'aimerais qu'on reste un peu plus longtemps ensemble, mais toutes les bonnes choses ont une fin…
A ce moment-là, j'étais fièr de moi, fièr d'assumer pleinement ma relation avec Ryou et fière d'avoir rembarré le monde entier qui doutait de notre bonheur.
A ce moment-là, je ne m'occupais plus de personne, à part de Ryouta. C'était nous deux contre le monde. Et je crois que je ne suis pas le seul à avoir trouvé l'idée plaisante.
A ce moment-là... Je ne me serais jamais douté que quelqu'un qui me connaissait nous avait vus.
"Message reçu à 11h36. Akashi, le schizo.
Rendez-vous samedi chez Shintaro à 14h. Aucun retard, aucune absence n'est toléré."
Allongé sur le toit, je profite du soleil de ce milieu de journée. Le portable face à mes yeux, je me demande pourquoi Akashi veut nous réunir. Je me dis aussi que je devrais peut-être changer son nom de contact. S'il le découvre un jour, je suis un homme mort.
C'est rare que la GM se réunisse. On a plus grand chose à se dire depuis un moment. Malgré les menaces de mon ex-capitaine, je ne serais pas présent. Aucune chance que je loupe une journée avec Ryou pour eux.
Je m'installe sur le côté pour pouvoir répondre au message groupé.
"Message envoyé à 11h38. Aomine.
J'srais pas là. Occupé."
Je range mon portable et me remets dans ma position initiale. Je ne sais pas ce qu'il lui arrive à Akashi, pour vouloir nous réunir. Ça me trotte quand même en tête. Mais je me dis que s'il s'était passé quelque chose, j'aurais été au courant par Satsu. Même si on ne se voit plus vraiment en ce moment. Oh et puis, je lui demanderai la raison de cette réunion. Je n'ai pas envie de me bouger.
Je sens mon portable vibrer. Un appel. Je fronce les sourcils en sortant mon portable de ma poche, une nouvelle fois. Ce n'est pas Ryouta. Sûr que ce n'est pas Ryouta. Alors…
Tetsu ?! Qu'est-ce qu'il me veut ?!
- Ouais ?
- Aomine-kun ? C'est Kuroko.
- Je sais. Qu'est-ce que tu me veux ?
- Je viens de voir ta réponse en ce qui concerne la réunion de samedi. Akashi l'a vu également. Il m'a demandé de te raisonner.
Me raisonner ? Tsss… Ce n'est pas le centre du monde non plus. Je n'ai pas à me ramener dès que monsieur le souhaite. Je ne suis pas un chien qu'on siffle.
- Tu lui diras que je m'en fous. J'ai dit que j'avais autre chose à faire, ce n'était pas pour décorer.
- J'ai vu Aomine-kun. Mais ça ne change pas le fait que tu dois venir. Si cette réunion à lieu, c'est pour toi.
Hein ? C'est quoi ce délire ?
- Tu m'expliques là ? Je comprends que dalle.
C'est déjà en train de me gonfler.
- Comment dire sans que Aomine-kun ne se mette en colère... Nous avons besoin de réponses. Quelqu'un t'as vu proche d'un garçon samedi et… On voudrait savoir ce qu'il se passe.
Samedi ? Samedi j'étais… En ville, avec Ryouta. Je voulais faire une sortie de couple normal. Mais il n'y a rien de bizarre à ça ! J'ai juste… Je l'ai juste embrassé en plein milieu de la rue, sans penser qu'une connaissance pouvait nous voir. J'ai encore fait le con. Je sens mon caractère de merde revenir plus vite qu'il ne faut pour le dire. Ce n'est ni Ryouta, ni ma mère que j'ai en face de moi. Alors je m'en fous de tous les envoyer chier. Je n'ai pas d'excuses ou d'explications à leur donner, ça ne les regarde absolument pas !
- Aomine-kun ?
- Et ? Ça vous regarde ? Je vous en pose des questions ? Qui est allé dire un truc comme ça, sérieux ?
- … C'est Kagami-kun. Pour tout te dire, il m'a appelé choqué, parce qu'il t'as vu embrasser un garçon qui, je cite, "avait l'air sacrément pas net". J'ai appelé Momoi-san pour savoir si elle savait quelque chose. C'est rapidement tombé dans les oreilles d'Akashi qui souhaite entendre la vérité venant de toi, et pas des bruits de couloir.
Je m'assois sur le sol, et serre un peu plus mon portable dans ma main à chaque mot qu'il prononce. Cet enfoiré de Bakagami… Il ne peut pas se mêler de son cul celui-là ? Et tous les autres ?! Je leur ai demandé leurs avis ?!
- Ça vous excite de faire les commères ?! J'vous ai rien demandé ! Tu diras à cet enfoiré que je m'en bats les couilles de ce qu'il pense. Je ne changerais pas d'avis, je ne viendrais pas. Si j'existe que quand ça vous intéresse, vous pouvez tous aller vous faire foutre. Si j'avais envie de vous parler de quoi que ce soit, je l'aurais fait, mais là, c'est pas le cas. Vous me faites clairement tous chier.
Je raccroche sur ces doux mots. Je sais que Tetsu n'y est pour rien. Mais ils me gonflent. Tous. J'ai déjà dû supporter les reproches de ma mère, je dois supporter tous les jours les regards des inconnus qui s'occupent de ce qui ne les regarde pas. Ce n'est pas pour en plus recevoir des critiques de la part de mes anciens camarades. Ouais, anciens, je ne les ai jamais revu en dehors d'un terrain de basket, pour les matchs entre nos écoles.
Le pire, c'est que ce n'est même pas par intérêt qu'ils s'occupent de mes affaires ! Non, c'est juste de la putain de curiosité ! Ils ne peuvent pas me foutre la paix ?!
- … Dai-chan ?
Je tourne la tête et vois Satsu sur l'échelle qui mène au toit. Je la regarde, sceptique sur le pourquoi de sa venue… Voyant que je ne suis pas trop hostile à sa présence, elle finit de grimper, pour ensuite se positionner accroupie en face de moi.
- Dai-chan, j'ai entendu ta conversation avec Tetsu-kun… Tu devrais venir samedi…
- Et pourquoi ? Je peux savoir pourquoi je devrais venir ?
- Pour expliquer ce qu'il se passe…
- … Non, j'viendrais pas. Lâche-moi maintenant, Satsu…
- Dai-chan…
Je me lève et commence à me diriger vers l'échelle, pour descendre du toit.
- Dai-chan !
Je l'ignore totalement. Je ne veux rien entendre…
- Dai-chan ! Je sais ! Moi, je sais ce qu'il se passe ! Je sais qui c'est ce garçon !
Mes gestes se bloquent, alors que j'amorçais ma descente. Je fronce les sourcils.
- Ah ouais ? Comment tu saurais hein ?! Arrête de mentir, tu sais rien…
- C'est ta maman qui m'a appelé et qui m'a tout expliqué !
Je remonte en moins de temps qu'il faut le dire pour me placer en face d'elle. Malgré sa petite taille et mon air intimidant, je la sens déterminée à me parler. Ça fait bien longtemps que je ne lui fais plus peur… Malgré moi, j'angoisse. J'ai peur de ce qu'elle va me dire. Peur de ce que ma mère a pu lui dire. Mais je ne montre rien, affichant toujours mon air blasé et colérique.
Voyant qu'elle avait toute mon attention, elle poursuit…
- Ta maman m'a appelé pour me dire qu'il fallait te raisonner. Que tu sortais avec un garçon. Au début, je n'ai pas voulu la croire, elle a dit des choses tellement méchantes…
Ma mère a dû appeler Satsu il y a un moment dans ces cas-là. Au début de ma relation avec Ryouta, quand elle n'acceptait pas du tout. Aujourd'hui, elle ne dirait plus ce genre de choses… Enfin...
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?
- Je… Je ne peux pas te le dire. Je n'aurais pas dû préciser ça… Mais moi, je ne le pense pas tout ça ! Je m'en fiche ! Tu restes Dai-chan ! Tu sais que tu peux me parler… Alors pourquoi ? Pourquoi tu réagis comme ça ?!- Me dit-elle en ajustant le ton.
Je ne prends même pas la peine de lui répondre avant de fermer les yeux et de reprendre le chemin de la sortie. Je pose un pied sur le muret et Satsu ne cesse de m'appeler. Mais je ne veux pas me retourner.
D'un coup, je sens un projectile m'atterrir derrière le crâne Je passe une main sur l'arrière de mon tête et me baisse pour ramasser la chaussure que Satsu m'a envoyée. Une fois face à elle, je comprends que je l'ai mise en colère.
- Tu n'acceptes rien Dai-chan ! Tu passes ton temps à fuir ! Tu fuis tout, tout le temps, que ce soit tes responsabilités ou ceux qui veulent t'aider ! Je sais tout ! Ta maman m'a dit que tu aimais un garçon handicapé ! Mais je m'en fiche de tout ça ! Tu me déçois ! TU ME DÉÇOIS BEAUCOUP ! Tu te fais passer pour une victime, alors que ce n'est pas vrai ! Tu es tout le temps persuadé que tu es tout seul, alors que ce n'est pas vrai ! Je suis là moi ! J'ai toujours été là ! Mais tu ne me fais pas confiance ! Tu passes ton temps à me fuir au lieu de me parler ! J'aurais pu t'aider moi, te soutenir quand tu t'es disputé avec ta maman ! Je t'aurais ouvert grand ma porte, comme tu l'as toujours fait pour moi quand j'avais des problèmes ! J'aurais pu t'aider quand tu n'allais pas bien ! Tu aurais pu partager tout ça avec moi ! Mais tu as préféré penser que personne n'était assez bien pour comprendre !
Je… Je ne me sens même pas capable de répondre à ça. Qu'est-ce que je pourrais répondre de toute façon ? Elle est loin d'avoir tort. J'ai l'impression de passer mon temps à me faire engueuler. Je suis fatigué…
Je baisse les yeux. J'ai osé imaginer que Satsu m'avait trahi quand elle a appelé ma mère. Elle voulait juste m'aider. Toutes les fois où elle essayait de me rattraper dans les couloirs du lycée, elle voulait m'aider. Elle a toujours voulu me montrer qu'elle était là, parfois en devenant presque envahissante. Mais je l'ai toujours repoussé. La seule raison pour laquelle je suis seul, c'est parce que je l'ai cherché.
- Tu prends conscience, ça y'est ? Tu comprends que je ne me serais pas moquée de toi ?! Que je ne t'aurais pas repoussé ?! Que j'aurais pu comprendre ! Tu as saisi qu'on n'était pas tous des méchants dans l'histoire ?! Dai-chan est un idiot !
Je me laisse glisser dos au muret pour m'asseoir sur le sol. Le coude sur le genou, je n'ose même pas relever la tête. Ouais, je crois que j'ai compris.
Je sens une main sur mon avant-bras. Je relève les yeux pour voir Satsu, accroupie en face de moi. Je pense qu'elle s'excuse à travers son regard de m'avoir crié dessus. Mais je le méritais, clairement. Mon regard ne doit pas être facile à supporter pour elle. Un mélange de fatigue, de regret, de compréhension. La fatigue de devoir faire face tous les jours à des regards remplis de jugement, que ce soit chez moi ou dans la rue. Le regret de ne pas lui avoir fait confiance, de m'être enfermé dans une bulle pour me protéger et protéger Ryouta. La compréhension tardive que, si je l'avais voulu, je n'aurais pas été seul. Et tout aurait été plus simple, j'aurais pu me confier quand j'en avais besoin, parlé de ma relation en tout impuniter, sans déranger. Sans me faire juger. Je me sens mal, je ferme les yeux pour tenter d'effacer ces sentiments qui me collent à la peau. Je suis un idiot ? Oui, je sais, même Ryouta me le répète souvent...
- Dai-chan… Tu acceptes de me parler ?
Je la regarde quelque seconde avant de la tirer vers moi, pour la prendre dans mes bras. Ça faisait combien de temps qu'on ne s'était pas fait un câlin ? La dernière fois, on devait être des gamins, sûrement. Où c'était peut-être la dernière fois qu'elle n'était pas bien, et qu'elle m'a presque obligé à la prendre dans mes bras. Dans tous les cas, trop longtemps.
Elle a l'air surprise de cette marque d'affection. Son dos contre mon torse, elle n'a pas vraiment la possibilité de me rendre mon étreinte. Mais qu'importe. Ça ne l'empêche pas de se serrer plus fort contre moi, de basculer sa tête en arrière pour que le haut de son crâne se pose sur ma joue et de serrer mes avant-bras contre elle.
Je ne sais pas combien de temps on reste comme ça. Mais ça nous fait du bien. A travers ce geste, je lui fais comprendre que je m'excuse pour mon comportement, et la remercie d'être là. Elle, elle me prouve son soutien.
- Qu'est-ce que tu veux savoir ?
Elle tourne son visage vers moi pour me faire un grand sourire, heureuse que j'accepte de me confier à elle.
- Et bien, tout plein de choses. D'abord, comment il s'appelle ? Qu'est-ce qu'il aime dans la vie ? C'est quoi exactement son handicap ? Comment tu t'es rendu compte que tu étais amoureux de lui ? Comment vous vous êtes mis ensemble ? Qu'est-ce que vous faites tous les deux ? Je pourrais même te demander de me dire des détails croustillants, mais je ne pense pas que tu sois d'accord pour ça…Quoique ! Dai-chan est un pervers !
Je rigole à son soudain en train. Elle a l'air surprise de me voir rire. Quoi ? Ce n'est pas si exceptionnel que ça…
- Oh la, tu crois que j'ai retenu tout ce que tu voulais savoir ?!
- Dai-chan… Tu rigoles… Tu es en train de rire… Tu as arrêté de faire ta tête toute moche…
- Hey ! Je suis pas moche, ok ?!
Elle rigole à son tour, et je la vois qui a les larmes aux yeux… Bon ok, ça a dû plus la choquer que je ne le croyais de me voir rire. Je ne vois pas pourquoi, mais bon…
Je me laisse aller contre le muret et prends une grande inspiration pour me préparer à son interrogatoire.
- Alors… Pour commencer, il s'appelle Kise Ryouta… Il a..
Je me fais couper par la sonnerie de reprise des cours. Je crois que le son nous surprend tous les deux, et que ça ne plaît pas à la demoiselle. Bingo. Elle gonfle ses joues pour montrer son mécontentement.
- Ah non hein ! Ça commençait à devenir intéressant …
- Hey, t'inquiète, j'y répondrai à tes questions…
- Je n'oublie pas ! Tu peux me faire confiance pour ne pas te lâcher avant d'avoir mes réponses !
- J'en doute pas… T'es tellement chiante des fois...
Elle me met une claque sur le bras avant de me sourire. On se lève pour descendre du toit et rejoindre notre salle de classe. Sur le chemin, Satsu ne me lâche pas du regard. Je ne vais pas m'envoler hein !
- Je sais que tu ne veux pas… Mais tu devrais venir samedi, à la réunion qu'a préparé Akashi. Ça serait un moyen de t'expliquer avec tout le monde et qu'ils ne parlent pas dans ton dos. Puis, si ça se passe mal… Je serais là moi. Je te soutiendrai, et je ne les laisserai pas dire n'importe quoi…
Je réfléchis sérieusement à ce qu'elle me dit. Et encore une fois, elle n'a pas tort.
A la fin de la journée, en sortant des cours, je prends mon portable pour envoyer ma décision finale au groupe.
"Message envoyé à 18h02. Aomine.
Je viendrai. Vous voulez la vérité ? Vous allez l'avoir."
