Hey ! Bonjour ou Bonsoir à tous et à toutes !

Me revoici pour le chapitre 13 de "Son monde à lui" !

Je remercie IlonaDark, VirtualHug, FloKNBfics, Jinka-San, RemaningAngel, Shirayuki Yukine et Rin-BlackRabbit pour leurs reviews ! Merci aussi à ceux qui mettent en fav ou suivent cette fiction ! Merci aux lecteurs fantômes et à ma bêta de me corriger ! *A chaque fois que je fais ça, j'ai l'impression de préparer mon discours pour le jour où je recevrai un prix - c'est-à-dire, jamais - *

Bref, j'avoue ne pas avoir grand chose à dire cette semaine... Donc au lieu de dire des conneries, je vous laisse directement aller au chapitre !

Bonne Lecture !


~CHAPITRE 13~


Je renifle de dédain.

Vous voyez, à la télé quand on voit un procès ? J'ai l'impression d'être dans la même situation.

Nous sommes chez Midorima, sa famille n'étant pas présente, nous avons toute la maison pour nous. Je n'étais jamais allé chez lui avant aujourd'hui. Alors me retrouver devant une grande maison traditionnelle, dans un quartier chic de la ville, j'ai été assez surpris. En même temps ça colle bien au personnage… Comme dit le proverbe, nous n'avons pas les mêmes valeurs, hein ! Nous n'avons pas vraiment fait le tour du proprio non plus, et je ne me suis pas trop attardé sur la déco. Il fallait que je reste concentré sur la situation actuelle. Plus précisément sur le fait que j'étais dans la merde.

Nous sommes regroupés dans le salon. Murasakibara est dans un fauteuil à ma droite, Kuroko, Akashi et Midorima sont assis sur le canapé principal et Kagami est sur le dernier fauteuil, à ma gauche. On a rajouté un autre canapé en face du grand, où Satsu et moi sommes installés.

Sérieusement, on dirait trop un procès, Akashi en tant que juge, Kagami le témoin, je suis la victime et Satsu est mon avocate. Les autres font partie du juré.

C'est n'importe quoi sérieux. Ils veulent des explications, mais ils ne font rien pour me mettre à l'aise. Ils ne sont pas là pour me soutenir, mais me juger. Ça me gonfle déjà.

Personne n'a ouvert la bouche depuis au moins 5 minutes. Ça commence à être lourd. Ce n'est sûrement pas moi qui vais commencer à parler. Ils m'ont fait venir pour avoir des réponses, mais j'attends d'avoir les questions…

- Bien, je pense que nous pouvons commencer…

Merci monsieur le juge ! Il était peut-être temps !
Akashi croise les jambes avant de reprendre la parole.

- Daiki, je crois que tu sais la raison de cette réunion, Tetsuya a dû t'en faire part…

- Ouais, vaguement.-Dis-je en tentant de prendre un air détaché.

- Donc, es-tu prêt à répondre à nos questions ?

- Non. D'abord, je veux savoir pourquoi on est là exactement, ce que vous pensez savoir et ce que vous attendez de cette réunion. T'as bien compris que je ne suis pas réellement venu de mon plein gré et je veux savoir ce que je fais là, exactement.

Je pense qu'ils ont tous l'air surpris de ma réaction. C'est vrai que je n'aurais pas agi comme ça avant. Je les aurais tous envoyé bouler face à leur silence, alors que là, j'ai attendu. J'aurais de suite élevé la voix après qu'Akashi ait pris la parole. Mais là, non.

- Ce qui se comprend tout à fait Daiki. Pour ce qui est du pourquoi de la réunion, nous avons entendu parler de certaines choses. Cela a peut-être été déformé au bouche à oreille, donc je préfère entendre la réalité, ta version des faits.

- Tu parles comme si j'avais fait une connerie. A ce que je sache, je n'ai fait du tort à personne.

- Ah ! C'est la meilleure…

- Ta gueule Bakagami. J'ai bien compris que c'est à cause de toi que je me retrouve là aujourd'hui.

- On se calme. Maintenant. Taïga, répète à Daiki ce que tu as dit à Tetsuya.

- Tss… J'étais en ville samedi dernier, et je t'ai vu avec un mec. Un blond qui avait l'air trop bizarre, genre complètement stone. Tu l'as tripoté devant tout le monde avant de lui rouler une pelle.

- Fait gaffe à ce que tu dis. Sérieusement, fait gaffe à ce que je ne me lève pas.

- J'aimerais bien voir ça !

- Calme toi Dai-chan…

Satsu passe une main sur mon bras pour me calmer. Je me réinstalle dans le canapé, avant de fixer Akashi pour qu'il réponde à ma dernière question.

- Ce qu'on attend de cette réunion ? Que tu éclaircisse ce que vient de dire Taïga.

- Ça ne m'aide pas.

J'essaye de voir les réactions de chacun. Murasakibara s'en fout complètement, il vient d'ouvrir un nouveau paquet de chips. Ça a l'air de beaucoup plus l'intéresser que la conversation. En même temps, je suis sûr qu'il est venu parce qu'Akashi lui a ordonné, pas parce qu'il en avait envie.

Midorima reste stoïque, mais je ne peux pas louper la lueur de dégoût dans ses yeux. Ouais je me doute, comme tout bon japonais à l'éducation strict, l'homosexualité, ça doit pas être sa tasse de thé.

Akashi reste Akashi. Il reste maître de la situation et ne laisse passer aucune émotion. Pourtant, je ne sens aucune hostilité venant de lui. Même s'il peut être super bizarre, il s'est toujours occupé de la Génération des miracles comme un mentor. Le capitaine reste le capitaine et je sais que malgré la séparation, il n'a pas arrêté de nous "surveiller". Est ce qu'il connaissait la présence de Ryouta avant cette histoire ? Peut-être.

Tetsu, lui, est fidèle à lui même, sans aucune émotion sur le visage. Pourtant, je sais toujours lire dans mon ombre, qui a l'air d'être embêté pour moi. Pourquoi ? Aucune idée. Mais je pense que je peux trouver un soutien auprès de lui également, en plus de celui de Satsu qui ne me lâche pas le bras. Sûrement pour m'empêcher de faire une connerie au premier truc qui me déplaît.

Et enfin… Kagami. Clairement, il ne cherche pas à comprendre. Lui, il veut juste me rabaisser et se foutre de ma gueule. Il est clairement dégoûter de ce qu'il a pu voir et va essayer de me faire morfler. Ce qui me gonfle vraiment, c'est le fait qu'il a amplifié toute la scène avec Ryou. Et qu'il risque de l'insulter lui. Et ça, je ne vais pas pouvoir laisser passer…

- Aomine-kun, nous voulons simplement comprendre. Je me doute que ça ne te plaît pas, mais on ne connaît rien de ce qui se passe, a part ce que dit Kagami-kun. Nous voulons ta version pour comprendre, pas pour te juger. - Reprend mon ancienne ombre.

- J'suis pas sûr que ce soit le cas de tout le monde ici…

Kagami pouffe à ma remarque, Midorima remonte ses lunettes. Vous vous sentez concernés les gars ?

- Posez-moi vos questions, qu'on en finisse. De toute façon, vous ne me lâcherez pas avant.

- Content de te voir coopérer Daiki. Bien… Est-ce que ce que dit Taïga est vrai ?

Je me tourne vers Satsu pour avoir son soutien. Parce que j'ai réussi à éviter un minimum la discussion pour préparer le terrain. Mais ça ne change rien au fait que ça va mal tourner.

- Oui et non. Oui j'étais avec un mec, oui je l'ai embrassé. Non, c'est pas un gars "bizarre" ou "complètement stone". Non, je ne l'ai pas tripoté en plein milieu du passage et non je ne lui ai pas roulé une "grosse pelle" comme tu dis…

Je leur laisse le temps d'assimiler les informations. J'allais pas non plus leur décrire la façon dont j'ai embrassé Ryouta. Mais c'était soft quoi, on va pas en faire une affaire d'état. Ouais, mais c'est moi, Aomine Daiki, le mec qui court après les gros nichons de Mai-chan qui a embrassé un mec. Donc si, ils vont en faire une affaire d'état.

- Donc tu as bien… embrassé un garçon. - Rajoute Midorima, avec un petit rictus dégoûté au coin des lèvres.

- Ouais.

- Et qui-est ce garçon Daiki ?

- … Mon mec.

Tout le monde a eu l'air surpris, à l'exception de Satsu. J'ai même pu voir Tetsu écarquiller les yeux, avant de reprendre un air neutre. Satsu pose une main sur ma jambe que je ne cesse de bouger dans un rythme soutenu. Midorima remonte encore une fois ses lunettes et je crois que c'est le geste de trop, qui a réveillé tout le monde.

- Ton "mec" ? Tu nous expliques Dai…

- Genre, toi tu as quelqu'un ? AH ! Un mec, en plus de ça, tu baisses dans mon estime !

Un blanc se fait. Pas que je n'ai pas envie de lui répondre, mais toutes les personnes de la génération des miracles ont compris la grosse erreur qu'a fait Bakagami. On attend juste de voir. D'ailleurs, je tourne mon regard vers Akashi pour voir comment il va réagir.

- Taïga… Coupe-moi encore une fois la parole et je te mets dehors. Compris ? Tu n'es là que pour témoigner de ce que tu as vu. Rien de plus, rien de moins. Suis-je clair ?

- … Ouais ouais…

- Kagami-kun n'a pas à juger Aomine-kun. Alors, fais attention à ce que tu dis. - Reprend mon ancienne ombre.

- Ouais, c'est bon j'ai compris, je ferme ma gueule…

Je souris de façon victorieuse. Certes, je vais prendre cher, mais de voir que mes anciens coéquipiers le remette à sa place me fait beaucoup de bien. Même si je le sens venir gros comme un boeuf qu'il va recommencer à l'ouvrir.

- Je disais… Daiki, explique-nous ce que tu entends par ton mec.

- Y a rien à expliquer, c'est pas difficile à comprendre. C'est mon mec, mon copain, appelle le comme tu veux.

- Donc, tu confirmes si je dis que vous êtes ensemble comme un couple ?

- Ouais.

Ils s'attardent un peu sur du superflu là non ?

- Aomine-kun, quelque chose me tracasse. Pourquoi Kagami-kun était persuadé que…

- Ryouta. Il s'appelle Kise Ryouta.

- Attends, je te coupe une seconde Kuroko. Kise Ryouta… Comme la famille Kise ?

- Apparemment, pourquoi ?- Je plisse les yeux, ne comprenant pas où Midorima veut en venir.

- La famille Kise est reconnue dans le monde pour être une famille de stars. Chaque membre est reconnu pour être dans un domaine culturel important, comme la mode ou le cinéma.

- Mais ce qui me semble bizarre, c'est que je n'ai jamais entendu parler d'un garçon dans cette famille.

Midorima et Akashi se regardent pour essayer de comprendre. J'avoue que ça, je ne le savais pas. En même temps, je suis pas allé taper son nom sur internet. Sauf là fois ou j'ai cherché son adresse, mais je n'ai fait attention à rien d'autre. Peut-être que j'aurais dû, ça m'aurait aidé à comprendre pas mal de choses...

- Et ? On s'en fout de ça, non ?

- Bien, on reverra ça plus tard, en effet ce n'est pas le plus important. Tetsuya…

- Hai, Aomine-kun, pourquoi Kagami-kun pensait que Kise-kun était… bizarre ?

- J'en sais rien. Sûrement parce qu'il ne réagit pas toujours comme nous on peut le faire.

- Pourquoi ? Il est étranger ?

- Nan…

La bombe va être lancée, et je sens que là, ça va être la guerre. Je regarde Satsu, qui m'encourage à le dire.

- Il est autiste.

J'essaye de ne pas prendre mes jambes à mon cou. Vraiment, j'essaye. Mais ça devient de plus en plus dur. Affronter ma mère est une chose. Affronter mes anciens coéquipiers, s'en est une autre. Malgré le rejet flagrant qu'a pu avoir ma mère, je savais qu'elle allait être obligée d'accepter. Eux, c'est complètement différent. S'ils veulent aller le crier sur les toits pour m'humilier, je sais qu'ils pourront le faire. S'ils ont envie de m'insulter et de me rejeter, je ne pourrais rien y faire, même cogner ne servira à rien. Tout seul, même à deux si je compte Satsu, on ne fait pas le poids.

Personne n'a repris la parole depuis ce que j'ai dit. Je vois bien que ça démange certain de parler, voir de me vanner si je prends en compte la tronche de Kagami, mais personne n'ose. J'essaye de me mettre à leur place, et c'est vrai que si on m'avait annoncé ça, je crois que je n'aurais rien trouvé d'autre à dire à part "Ooooooookey. Bon." ou tout simplement me moquer de la personne.

Le premier à relever les yeux vers moi, c'est encore une fois Akashi, rapidement suivie par Tetsu.

- Autiste… Tu peux nous en dire plus ?

Je soupire. Pour l'instant, ça passe. Akashi n'a pas changé de ton depuis tout à l'heure, ce qui m'encourage à parler.

- Autiste, syndrome d'Asperger. J'ai pas grand chose à dire sur sa maladie, il est pleinement conscient qu'il est handicapé et il l'assume.

- Bien, je vois.

- Aomine-kun, il est conscient de ses faits et gestes ? Il peut faire les choses de lui-même ?

- … Ou tu lui essuies le cul quand il va au chiotte ?

- Kagamin, arrête, c'est très méchant ce que tu dis là ! - Répond la rose à côté de moi.

Je vais le cogner. Je vous jure que je ne vais pas me gêner. Dès que les autres tournent la tête, il se prend une mandale. Kagami est actuellement mort au moins 3 fois dans mon esprit. Dommage que ce ne soit pas réel… Mais merci Satsu de prendre ma défense. Je retiens bien ça, ne t'inquiète pas.

- Oui, il est pleinement conscient de ce qu'il fait, il prend ses décisions tout seul. Il dit ce qu'il pense et réfléchit par lui-même. Il sait s'exprimer, il sait lire et écrire, il sait se gérer tout seul. Il sait même jouer au basket ! Alors non, Bakagami, il a besoin de personne pour s'essuyer le cul, tu peux bien la fermer au lieu de dire des conneries pareils !

- Tsss…

- Aomine, je ne comprends pas ton intérêt pour ce garçon. Ça ne te ressemble en rien et j'en viens à me demander si tu… n'obliges pas Kise, si je ne me trompe pas ? Il reste handicapé…-Me demande Midorima,, avec une grosse arrière pensée.

- T'es en train de me demander si je l'ai pas obligé à sortir avec moi ? Tu me crois vraiment désespéré ? Tu crois que j'ai voulu tout ça ? Il est autant consentant que moi, Ryouta n'est pas une victime, et ne cherche pas à l'être. Le fait est que c'est un garçon et qu'il est handicapé, et c'est ça qui te dérange, parce que ça ne rentre pas dans tes moeurs. Mais ça ne change rien au fait qu'il est pleinement conscient de ce qu'il fait !

- Ouais, mais ça n'empêche pas que vous accumulez les tares.

- Répète ?!

- J'ai dit que...

- Kagami-kun, ne répète pas. C'était stupide et irrespectueux la première fois, ça le sera tout autant la deuxième.

- Un mot de plus Taïga, et tu pourras rentrer chez toi.

- Putain, mais je vais pas être le seul à trouver ça dégueulasse quand même ?!

- Kagami, tu es un idiot. Je ne trouve pas ça correct non plus, mais il y a une façon de le dire. Et Aomine n'a pas besoin de notre consentement.- Dit le vert en remontant ses lunettes de son index et de son majeur.

- T'as tout dit Midorima. J'ai pas besoin de votre consentement. Vous vouliez savoir ? Maintenant vous savez, point barre.

Un silence se fait. Kagami n'est pas assez con pour ne pas prendre la menace d'Akashi au sérieux. Seul le bruit du paquet de chips de Murasakibara fait écho dans la pièce. D'ailleurs, il a l'air de s'en battre complètement de ce qui se passe. Tant mieux quelque part. Je vois bien que Midorima est totalement révulsé par ma situation, mais au moins, il a le mérite de ne rien dire. Je sais bien qu'il en discutera plus longuement avec Akashi plus tard, histoire de connaître son point de vue et réfléchir à tout ça. Ce n'est pas un sanguin, pas comme moi, il a besoin d'être posé avant d'émettre un jugement définitif. Les autres ont l'air assez concilient. Ça me change un peu de d'habitude, mais rien que le fait que j'ai dû leur expliquer est chiant. Tout ça parce que c'est un mec et qu'il est handicapé. Si ça avait été une fille normale, ça n'aurait pas été la même situation et je ne serais pas là aujourd'hui à devoir rendre des compte qui n'ont pas lieu d'être. Même si je ne me fais pas insulter de toute part, même si je ne ressens pas un éternel rejet, j'ai l'impression de ne pas pouvoir vivre ma vie comme je l'entends, sans avoir quelqu'un sur mon dos.

- Aomine-kun, c'est peut-être indiscret de ma part, mais j'aimerais en savoir plus sur Kise-kun et sur votre relation.

- Ouais, genre, tu l'as baisé ?

Putain, non, il n'a même pas pris la menace d'Akashi au sérieux. Ce mec c'est un suicidaire, c'est pas possible autrement ! Je sens que je commence à m'échauffer, et même Satsu ne pourra pas me retenir.

- Mais putain, en quoi ça te regarde ?!

- ...Oh putain… Mais t'es vraiment un gros dégueulasse en fait !

- Mais d'où tu viens me juger toi ?! T'as pas compris que t'étais l'intrus ici ? T'as rien à foutre là de base !

- ...Peut-être que je suis l'intrus ici… Mais moi au moins, je profite pas d'un handicapé.

Là, c'était le truc de trop. Je me lève sans que Satsu ne puisse y faire quoi que ce soit. Je me retrouve devant cet enfoiré, et le coup par tout seul. Mon poing le fait basculer et arrière et il se retrouve à terre, le nez en sang. Il ose insinuer que je PROFITE de Ryou… Rien que l'idée me donne envie de lui en refoutre une. J'entends les autres essayer de calmer la situation, mais je ne les calcule même pas. J'entends vaguement Akashi demander à Murasakibara de me retenir, ce qu'il fait en moins de temps qu'il ne faut pour lui dire. Ce contact me fait un peu redescendre, mais ma colère est toujours présente. Je fixe Kagami, dont Akashi bloque le passage. Nous ne sommes plus en état de discuter, l'un comme l'autre, on veut faire parler les poings.

- Ça suffit ! Tout le monde se calme. On va faire une pause, je veux que vous vous éloignez l'un de l'autre, sans discussion !

Je ne prends même pas la peine de répondre avant de sortir prendre l'air sur la terrasse des Midorima. Je m'adosse au mur et regarde le jardin, et même si ce n'est pas mon style, j'avoue que les fleurs et la verdure sont relaxantes. J'entends d'ici Satsu engueuler Kagami. Elle lui dit ce qu'elle pense, et clairement, ça fait beaucoup de bien d'avoir quelqu'un qui me soutien autant. Je me sens un peu con de ne pas l'avoir mise dans la confidence plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais ! Après, pour les autres… Je n'arrive pas vraiment à me décider. Je pense que ça se serait beaucoup mieux passé si Kagami n'avait pas été là. Je secoue mon poing, qui me pique un peu. J'y suis pas allé de main morte non plus...

Je sors mon portable pour voir si j'ai des nouvelles de quelqu'un et je vois que j'ai au moins 10 messages de Ryouta. Il doit s'inquiéter, je lui ai dit que normalement je restais joignable. Je prends le temps de lire chaque message, ce qui me calme. Je m'apprête à l'appeler pour ne pas qu'il continue à se ronger le sang pour moi, mais mon portable se met à sonner au même moment.

- Oui Ryou ?

- Tu réponds ! J'étais inquiet, moi !

- Je me doute, je suis désolé Ryou. J'ai été… pas mal occupé.

- D'accord, d'accord. Et ça se passe bien ?

- Euh… Oui et non.

- Comprends pas…

- Tu sais pourquoi je suis là, et avec qui ? Tu te souviens ?

- Hum, pour dire que j'existe aux copains du tap tap !

- Ouais, c'est ça.

- Et t'es tout triste ?

- Non Ryou, je suis pas triste. Je dirais que quelque part, ça se passe mieux que ce que je pensais. Mais qu'il y'en a un qui me fait clairement savoir qu'il n'est pas d'accord.

- C'est qu'il est méchant ! T'es mon amoureux et c'est tout !

Je rigole à sa phrase qui pourrait paraître totalement enfantine. C'est vrai que des fois, il peut s'exprimer comme un enfant, de façon très simpliste. Mais ça ne change pas le fait qu'il a raison. Si seulement…

- Si seulement tout le monde réfléchissait comme toi Ryou, ça serait beaucoup plus simple…

- C'est parce qu'ils sont idiots ! Réfléchissent trop !

- Ou pas assez pour certains je crois !

- Hum !

- Je vais te laisser Ryou, je vais devoir y retourner.

- D'accord ! Tu appelles quand c'est fini ?

- Ouais, on fait ça. A plus tard ?

- Hum ! A plus tard ! T'aime !

- Moi aussi Ryou...

Je raccroche sur ces mots. Je suis content qu'il m'ait appelé, ça m'a permis de me remettre les idées en place. Je me sens de nouveau prêt à leur faire face. Je vais essayer de ne pas m'énerver pour la suite, ça sert à rien. S'ils ne veulent pas comprendre, tant pis. Mon égo me dit que c'est parce qu'il ne me mérite pas, ma raison que c'est qu'ils sont cons. Dans les deux cas, j'ai raison. Je me détourne pour rentrer, quand je vois Tetsu. Là, comme ça.

- AHHHHHHHHHHHH !

- Aomine-kun…

-Depuis quand t'es là ?! Faut que t'arrêtes de faire ça, serieux !

- Je suis là depuis le début. Je suis sorti en même temps que toi.

- Et tu pouvais pas me le faire savoir ?!

- Non, ça n'aurait pas été drôle.

Genre il était là, tout le temps ? Genre, même quand j'étais au téléphone avec Ryouta ?! Non, mais serieux, ça ne se fait pas de rentrer dans l'intimité des gens sans prévenir !

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Momoi-san est énervée je crois.

- Elle est folle furieuse ouais !

- Je le suis aussi. Pourquoi tu n'en a pas parlé ?

- Parce que tu vas me dire qu'on se parle beaucoup ces derniers temps ? On a chacun fait nos vies dans nos coins, tu ne peux pas le nier.

- … C'est vrai. Kise-kun à l'air d'être un bon garçon.

- Tu changes souvent de sujet comme ça ?

- Oui.

Je lève les yeux au ciel. Je ne suis plus vraiment habitué aux humeurs de Tetsu, c'est toujours impressionnant la façon dont il change de sujet, de comportement… C'est aussi neutre que son visage !

- Ouais, Ryouta est un bon gars.

- Tu as changé Aomine-kun.

- Et c'est mal ?

- Non. Pas de la façon dont tu as changé. Ca me frustre un peu de savoir qu'un inconnu a réussi là où on a échoué. Mais peut-être que tu avais besoin de ça finalement…

- Peut-être.

Ma mère me l'a dit aussi. Que j'avais changé. Je ne sais pas si c'est le cas. Je ne pense pas avoir changé, j'ai juste… modifié mon comportement pour être en phase avec Ryouta. Pour ne pas l'inquiéter, lui faire peur ou autre. C'est en ça que j'ai changé ? Le fait que je m'occupe de quelqu'un d'autre que moi ? Pourtant, ce n'est pas la première fois, je me suis préoccupé de Tetsu au collège, je me suis toujours un minimum inquiété pour Satsu... Je ne le montrais pas forcément, et c'était ma manière un peu brutal de réagir, mais ce n'est pas pour ça que j'ai toujours pensé qu'à ma gueule. Loin de là.

Alors pourquoi ça surprend autant ? Certes, je ne lis plus de magazines érotiques féminins et je sors avec un mec. Certes, je sors avec un mec handicapé alors qu'il y a quelques temps, j'aurais été le premier à m'insurger. J'ai changé parce que je suis devenu moins con ? Ouais, c'est peut-être ça…

Plongé dans ma réflexion, je ne remarque que maintenant que Tetsu est toujours à côté de moi et qu'il me fixe. Bordel, je déteste quand il fait ça ! J'ai l'impression qu'il scrute chaque recoins de mon esprit, c'est hyper déstabilisant !

- Aomine-kun ?

- Ouais ?

- Je pourrais rencontrer Ryouta un jour ?

- … Pourquoi ?

La dernière personne qui m'a dit ça, c'était ma mère. Même si elle commence à s'habituer, je crois, elle m'en a quand même envoyer pas mal dans la gueule. Ma mère n'avait pas de bonnes intentions, et parfois, je continue de douter sur ce qu'elle pense réellement...

Mais Tetsu c'est pas pareil, hein ?!

- Je dois t'avouer que ça m'intrigue. Puis je suis curieux aussi.

- Je trouve aussi que ça serait une bonne idée de nous le présenter.

Je me retourne en sursautant, pour voir Akashi près de la porte fenêtre. Putain, je vais faire une crise cardiaque avant la fin de la journée je crois…

- Tetsuya à raison, je suis très curieux également. C'est inhabituel il faut l'avouer.

- Si c'est que de la curiosité, c'est hors de question. Ryouta n'est pas une bête de foire.

- Je ne dis pas ça Daiki, loin de là mon intention de le mettre en pâture à la Génération des miracles. Sache que tu n'as rien à nous prouver. Mais cela permettrait à toute l'équipe de se rendre compte que tu ne fais rien d'horrible. Tu ne fais rien d'horrible, n'est-ce pas Daiki ?

- Pas mon genre.- Je répond avec mon dédain habituel. Il ne faut pas que je lui fasse croire que ce qu'il me dit m'atteint.

Le petit enfoiré, il essaye de me manipuler.

- Aomine-kun, je pense que je me suis mal exprimé en disant que j'étais curieux. Curieux n'est pas le mot approprié. Je te crois quand tu dis que… De ce que tu dis, Ryouta est conscient de votre relation. Mais te voir en couple Aomine-kun, doit être quelque chose de très amusant.

- Je me demande si c'est pas encore pire…

- Bien. Retournons à l'intérieur, et proposons cela aux autres. Si bien évidemment, tu es d'accord Daiki ?

Pourquoi ça ne m'a pas l'air de sonner comme une question. Bref, l'empereur a encore décidé, je n'ai pas le choix que de suivre.

- Ouais, ouais...

Nous rentrons tous les trois, et j'entends Akashi demander à tout le monde de se rasseoir. Je retourne à ma place, à côté de Satsu, qui me regarde d'un air inquiet. Je la rassure comme je peux, pour lui faire comprendre que tout va bien de mon côté.
Une fois que tout le monde est retourné à sa place d'origine, Akashi reprend la parole.

- Bien. Malgré les événements, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que la relation de Daiki et ce Ryouta, ne nous concerne pas. Nous n'avons pas à dire quoi que ce soit dessus. Chacun a son avis là-dessus, mais Daiki n'a en aucun besoin de nos commentaires.

- Mais…

- Kagamin, tais-toi. Je t'ai dit que si ça te dérangeait, tu n'avais qu'à partir ! On ne te retient pas ! Tu en as déjà assez fait je crois…

Je pose ma main sur la tête de Satsu et lui caresse les cheveux pour la calmer.

- Satsuki à raison. Pas de commentaires. -Conclut Akashi.

Je regarde autour de moi pour voir comment a évolué la situation depuis que je suis parti sur la terasse. Midorima s'est résolu et n'affiche plus rien à part son expression naturelle. Tetsu a l'air de soutenir ma cause, ainsi qu'Akashi. Kagami fulmine dans son coin, tant mieux pour lui, ça lui fera les neurones. Et Murasakibara s'en fout toujours autant. Bon, ça n'a pas l'air si terrible que ça…

- Néanmoins… Daiki propose que l'on rencontre Ryouta.

- Euh…

Depuis quand j'ai "proposé" ? On m'a plutôt forcé la main, non ? Akashi, voyant mon air assez dubitatif, se corrige lui même.

- Disons plutôt qu'il a accepté la possibilité qu'on le rencontre.

Ouais, c'est mieux.

- Je propose demain, si tout le monde est disponible. Plus vite on le fera, plus vite chacun aura les réponses qu'il veut. Des remarques ?

- …

- Bien. Nous allons organiser ça alors.

Demain ? Merde, mais comment je vais préparer psychologiquement Ryou, là ?! C'est limite mission impossible. Je suis pas contre, puisque effectivement, après ils me lâcheront tous avec ça. Mais Ryouta… Disons que demain, ça passe ou ça casse. Soit il va paniquer et totalement refuser, ou pire, faire une crise devant eux. Soit ça va bien se passer. Il y a plus qu'à prier pour que ce soit la deuxième solution…

Je les entends vaguement parler de l'organisation, je les écoute sans vraiment y faire attention. Ils sont en train de discuter de l'heure et du lieu de rendez-vous…

- Dai-chan … Qu'est ce qui serait le mieux pour Ryouta ?

En endroit bien pour Ryouta ? Assez grand pour accueillir tout le monde ? Qui ne soit pas inconnu à Ryou pour qu'il se sente plus facilement à l'aise ? J'ai bien une idée mais… C'est notre endroit à nous. Ça me fait chier de proposer ça, mais je ne vois pas d'autres solutions en vu du peu de temps que j'ai pour préparer tout ça…

- Vous voyez le terrain de basket, près du grand parc ? -acquiescement des autres- C'est un endroit qu'il connaît bien, donc ça ne peut que le rassurer d'aller là-bas.

- Alors nous nous rejoindrons à cet endroit, à 14h. Ceux qui ne souhaite pas venir, je n'oblige personne, c'est votre choix. Évidemment, tout ce qui a été dit ici, reste entre nous. Si Daiki a envie d'en parler à d'autres personnes, c'est son choix, ce n'est pas à nous d'en décider. Compris Taiga ?

- Ouais, ouais…

- Bien. Des questions ?

- Aomine-kun, est ce qu'il y a des choses à savoir sur Ryouta ?

- C'est-à-dire ?

- Et bien, est-ce qu'il y a des choses à ne pas dire ou ne pas faire ?

- Il est vrai que nous ne connaissons rien de l'autisme, ni du caractère de Ryouta. Donc, si tu as des choses à nous faire part là-dessus, ne te prive pas Daiki, ça ne pourra qu'aider tout le monde, ici.

Et c'est reparti. Je vous la refais pas à vous, je pense que vous avez compris ? Pas de contact physique si ce n'est pas lui qui l'entame, pas de mots trop compliqués...Oui il peut discuter, il parle même beaucoup si on le laisse s'exprimer. Il ne comprend pas forcément les expressions du visage, ni l'ironie, donc à proscrire. Si vous avez un truc à lui dire, lui dire directement, sans passer par moi, je ne suis pas un pigeon transmetteur. Il a sa façon d'être, de parler, de réagir, donc il ne faut pas lui forcer la main, s'il ne veut pas, il ne veut pas, point barre. Je leur explique aussi les différents aspects de la maladie, concernant son hyperactivité, ses réaction face au bruit et à la lumière vive, même si là, certains points ne vont pas être utiles, c'est juste pour les prévenir. Niveau comportement, je leur précise que Ryouta peut partir d'un coup, en plein milieu d'une conversation. Faut pas le prendre mal, c'est juste qu'il en a marre. Enfin, tous ces trucs là quoi…

C'est vrai que je n'ai jamais eu l'occasion de le voir avec beaucoup de personnes autour de lui. Quand on se balade dans la ville, ça compte pas, on parle à personne et personne ne nous parle. Là, ça va être très différent. Je sais juste que la situation peut horriblement le stresser, mais, comment il va réagir exactement ? J'en ai aucune idée, et il faut que je me prépare à tout. J'essaye de leur dire tout ce que je sais qui pourrait être utile, en évitant les futilités, mais c'est difficile de penser à tout. Donc, je pense que je rajouterai des choses au fur et à mesure demain, en voyant comment ça se passe.

Personne ne m'interrompt et tout le monde à l'air de m'écouter attentivement. Vaut mieux pour eux, sinon, je les laisse gérer les crises ! … Nan, je déconne, je pourrais pas laisser Ryouta en mauvaise état, juste par simple caprice.

Je pense avoir fait à peu près le tour de la chose… Ah…

- Ah, si aussi, il va y avoir du monde, il va lui falloir du temps pour se souvenir des noms. Je vais essayer de lui parler de tout le monde ce soir, mais là-dessus, je promets rien. Soyez poli, il déteste quand on dit pas bonjour. C'est con, mais c'est comme ça, et il va totalement vous ignorer si vous ne vous présentez pas et si vous ne dites pas bonjour. J'ai sûrement oublié plein de trucs, mais je vous dirais au fur et à mesure de ce qu'il se passe.

- Woaw. Tu m'avais pas dit tout ça Dai-chan… Comment tu fais pour penser à tout ça ?

- … L'habitude ? Au bout d'un moment, t'es tellement habitué que tu te rends même plus compte qu'il n'est pas comme tout le monde et les choses se font naturellement.

- Je pense que ça va déjà beaucoup nous aider pour demain. Nous ferons le maximum pour ne pas que ça dégénère et pour le mettre à l'aise. Si l'un de nous ne se sent plus à l'aise, il partira. N'est-ce pas ?

Tout le monde hoche la tête pour confirmer ses dires. Bon bah, au moins, je sais que de leur côté ça va aller. Du moins, j'espère.

- Donc, en vu de ce que tu dis Aomine, Ryouta n'est pas très tactile avec toi non plus ?

- Bizarrement, c'est tout le contraire avec moi. Il est très tactile et demande beaucoup d'affection. Donc, même si je sais que ça ne va pas plaire à certains, dont toi Midorima, il risque de l'être même en votre présence. Et je ne vais pas le repousser pour vous faire plaisir.

- Ceux que ça dérange ils tourneront la tête. Personnellement, je veux voir ça.

- … T'es vraiment bizarre Tetsu. Pourquoi "tu veux voir ça" ?

- Je te l'ai dit, ça doit être vraiment drôle de voir Aomine-kun en couple.

- Tsss…

Personne ne relève la réaction puérile et peut discrète de Kagami. J'espère sincèrement que demain il ne sera pas là. Ça me fera des vacances…

- Moi je trouve que Mine-chin est mignon quand il parle de son amoureux.

Je me tourne vivement vers Murasakibara, comme la plupart des autres personnes de la pièce. Pour le peu de fois qu'il a ouvert la bouche cet après-midi, c'est assez surprenant de l'entendre maintenant. Je ne peux pas m'empêcher de rougir à cette remarque. J'entends Satsu glousser à côté de moi. Nan mais nan, j'avais réussi à paraître bien jusque là, il a tout gâché…
Bon, au moins, on va dire que c'est une bonne phrase de conclusion pour clore cette réunion.

- Bien, la réunion est terminée, je pense qu'on a assez d'informations. Rendez-vous demain à 14h au terrain près du parc.

C'est le signal pour dire qu'on peut tous y aller. Je prends mes affaires, je salue une dernière fois mes anciens coéquipiers d'un signe de main avant d'y aller, Satsu sur les talons. S'ils ont encore envie de discuter, ce sera sans moi. J'ai beaucoup de choses à préparer pour demain, notamment prévenir Ryouta, et ça, ça ne va pas être facile. Ce n'est pas le convaincre qui me semble difficile, c'est de lui expliquer toute la situation, le fait qu'il va y avoir beaucoup de monde… Ça ne va pas être simple…

- Ça ne s'est… pas si mal passé que ça, tu ne trouves pas Dai-chan ?

- Ça aurait pu être pire.

- Moi, je trouve que Mu-kun a raison. Tu es trop mignon quand tu parles de Ryouta !

J'accélère le pas pour essayer de la semer. Je l'entends glousser et essayer de me rattraper. Nan, elle ne me verra pas rougir une deuxième fois, hors de question. Laissez ma dignité en paix, merde !