Bonjour, bonsoir à tous !
Mais... Ne serait-ce pas la suite ? Deux chapitres en deux semaines ?
Bref, me revoici pour le Chapitre 20 de "Son monde à lui" ! Cette histoire a déjà 20 chapitres...
20 Chapitres et nous avons dépassé les 200 reviews ! Pour ça, merci à tous !
Je tiens à remercier Haru-Carnage, Alsco-chan, Enonyma, miss Neko Tenshi, Grenouille Verte, Oohfemmeluxieuse, Cookiiie, Ghin, satokooo, Futae et Vyersdra pour les reviews sur le précédent chapitre !
Merci à ceux qui mettent en favoris et/ou follow cette histoire !
Merci à ma/mes bêtas (On n'est pas assez de trois...)
J'espère que ce chapitre vous plaira autant que le dernier...
Bonne Lecture !
Réponses Guest:
Grenouille Verte : Merci pour ta review ! C'est vrai qu'Aomine a mal réagit... Mais disons qu'il a complètement craqué, vu qu'il n'a pas eu le soutien qu'il cherchait de la part de Ryouta... Je ne te dis rien pour la suite, je te laisse le découvrir par toi-même ! A la prochaine !
~ CHAPITRE 20 ~
- Aomine-kun…
Je relève la tête brutalement. Je dirais même que j'étais à deux doigts de sursauter.
Je vois le docteur Miano à côté de moi, une cigarette à la main. Franchement, je suis limite prêt à lui en demander une, pour calmer mes nerfs. Mais ce n'est pas la solution.
Sa voix… Elle n'était pas hargneuse quand elle m'a appelé. Elle n'a pas l'air en colère contre moi. Je dirais même qu'elle a l'air inquiète. Qu'est-ce qu'ils se sont dit dans ce bureau ?
- Aomine-kun, je ne veux pas te presser, mais il faut qu'on parle.
Je tourne les yeux vers elle et je la vois ouvrir grand les yeux. Quoi ?
Elle tend le bras pour tourner mon visage vers elle, et je me souviens du bleu présent sur ma joue. Je l'avais oublié celui-là…
- C'est même pire que ce que je pensais… Nous n'avons pas beaucoup de temps avant que Ryouta ne perde patience… Dis-moi, Aomine-kun, qu'est-ce qui t'es arrivé ?
- ... Je dois le faire en mode rapide ?
- Si tu le peux…
Je soupire et passe mes mains sur mon crâne pour essayer de mettre mes idées en ordre.
- Je sais déjà qu'il s'est passé quelque chose avec ta mère. J'ai expliqué à Ryouta ce que tu voulais dire par le fait que tu n'avais plus de maison. Il a compris et est très inquiet pour toi maintenant.
- … Elle nous a entendu. Avec Ryouta. Enfin… On était occupé quoi. Et après avoir ramené Ryou chez lui, ma mère m'attendait de pied ferme. En gros, elle m'a bien fait comprendre que je ne faisais que des conneries, que Ryouta allait m'abandonner, que c'était juste un putain de handicapé et elle m'a fait comprendre que je n'étais pas son fils. Et elle m'a giflé. Deux fois. Je veux bien croire que la première je l'ai méritée, mais la deuxième, elle était gratuite. Je suis parti de chez moi, et je suis allé chez une amie. Je… Je suis paumé… Je fais que de la merde, et Ryou va plus vouloir me voir non plus, j'ai l'impression que je suis un aimant à emmerdes ! Et…
- Hey… Hey… Du calme…
Elle passe sa main dans mon dos, dans un geste rassurant…
- Et ces marques, c'est ta mère qui te les a faites ? - Dit-elle en pointant du doigt mes blessures.
Je regarde mes bras, sachant pertinemment que la réponse ne va pas forcément plaire…
- Non… C'est Ryouta…
- Pourquoi ?
- J'ai… J'ai vraiment dit des choses horribles. J'ai dit que c'était de sa faute si je me retrouvais comme ça. Je lui ai fait peur, j'ai abusé… Il pleurait et moi je ne le lâchais pas et je continuais à dire que c'était de sa faute… Je ne suis pas mieux que les autres, j'suis vraiment un connard et...
- Stop.
Je la vois tirer sur sa cigarette et prendre le temps de recracher la fumée avant de reprendre.
- Tu te doutes bien que ce que j'entends là ne me plait pas. Ryouta ne m'a pas dit tout ça, mais il semble avoir déjà oublié. Ou du moins, il pense que c'est lui qui est en tort.
- Je suis désolé…
- Cependant… Je ne peux pas dire que c'est de ta faute non plus. Tu es complètement paumé, tu te sens seul et démuni, tu avais juste besoin de soutien et tu ne l'as pas eu. Prends bien en compte que je ne laisserai jamais ça passer une deuxième fois, je te préviens.
- Moi non plus, je ne me pardonne déjà pas ce que j'ai fait là… Je ne le mérite pas…
- Arrête de te morfondre ! Ce n'est pas comme ça qu'on va faire avancer les choses. On doit trouver rapidement une solution pour toi, tu ne peux pas rester comme ça. On ira discuter avec Ryouta ensuite, je pense que vous avez besoin de moi pour le moment, pour pouvoir mettre au clair ce qui s'est passé chez lui.
- Hum…
Je passe une main dans mes cheveux, et je me sens trembler. Encore une merde, et je sens que je suis bon pour l'internement psychiatrique. Je ne le supporterai pas ni moralement, ni physiquement...
- Aomine-kun, comment vas-tu faire pour la suite ? Est-ce que tu as une solution ?
- Je… La famille de Satsu, une amie, m'a proposée de rester chez eux le temps que ça passe… Mais je ne veux pas abuser de…
- Tu devrais accepter. - Me coupe-t-elle d'un geste de la main - S'ils ne le voulaient pas, ils ne te l'auraient pas proposer. Prends le temps. Après tout ça, il faut que tu te poses, que tu réfléchisses et que tu trouves des solutions durables. Questionne-toi sur ce que tu veux, et fais le tri dans ce que tu ressens. Tout ce qui s'est passé est très récent et encore chaud, tu ne pourras pas penser correctement dans la précipitation.
Un sourire crispé se dessine sur mes lèvres… Elle n'a pas tort. Le bruit de mes semelles qui tape compulsivement le sol me parvient enfin, et je sens que ça pose problème au Docteur, qui m'arrête d'une main sur ma cuisse.
- Tu as les nerfs qui lâchent, et c'est plus que normal. Tu viens de perdre beaucoup et il va falloir que tu prennes le temps de te reconstruire. Laisse tes proches s'immiscer dans ta vie et s'occuper de toi. Je suis persuadée que tu es moins seul que tu ne sembles le penser. Tes amis ne vont pas t'envoyer chier, Ryouta ne va pas te rejeter et moi je serais là pour t'écouter si tu as besoin.
Je pense à Satsu qui est prête à me suivre comme mon ombre pour être sûre que je ne lâcherai pas, à Tetsu, les gars de la GM peut-être, même si je n'ai pas forcément envie de leur en parler, Ryou qui fait de son mieux, je le sais …
- Aomine-kun, à part ta mère, tu n'as pas d'autres membres de ta famille vers qui te tourner ?
- Pas vraiment …
- Pas de frère et soeur ?
- Non…
- … Et ton père ?
- … Non plus… Enfin, je ne sais pas où il est, n'y ce qu'il fait, donc… Non...
Elle fronce les sourcils, pas certaine de comment elle doit comprendre ma réplique.
Le docteur Miano finit par écraser sa cigarette et par se relever. Je suis son mouvement, comprenant que c'est le moment pour nous de rejoindre Ryouta.
Je dois faire peine à voir vu le regard que me lance le docteur.
- Aomine-kun ?
J'ai à peine le temps de jeter un regard vers elle que je sens deux bras m'entourer et un corps se serrer contre le mien.
Elle me caresse doucement le dos, dans un geste répétitif.
- Je ne sais pas si tu en as conscience, mais tu es en plein craquage émotionnel. Tu trembles comme une feuille et tu donnes l'impression que tu vas t'écrouler au premier pas que tu vas faire. Lâche prise mon grand… Je sens que tu as déjà craqué hier avec ton amie, mais si tu as encore besoin, n'hésite pas. Prends le temps de soigner tes blessures et de te ressourcer. Ne fais pas n'importe quoi, et écoute-toi…
Je hoche la tête pour lui faire comprendre que le message est passé. Je ne suis pas sûr de pouvoir sortir ne serait-ce qu'un seul mot maintenant.
Elle me relâche doucement, et m'invite à la suivre vers son bureau.
Le trajet se fait en silence, mais ce n'est pas pesant. Je ne pense à rien, je me laisse guider et … C'est reposant.
On passe les portes de l'ascenseur, et nous nous dirigeons vers la deuxième porte du couloir.
Une pensée me vient et j'ai l'impression d'être tétanisé. Je sens mon corps réagir à ma place et continuer d'avancer. Comment va réagir Ryouta en me voyant ? Le docteur Miano a dit qu'il avait compris ma situation, mais… Mais devant moi, qu'est-ce qu'il va faire ?
Je comprendrais s'il met une distance entre nous. S'il me rejette.
Et moi ? Comment je vais réagir ?
Le docteur Miano me regarde une dernière fois, pour voir mon état, et décide d'entrer, sans attendre que je sois prêt. Comme si elle, elle savait ce qu'il allait se dérouler.
J'ai à peine le temps de passer la porte, à la suite du Docteur Miano, que je sens Ryouta me serrer contre lui. Je referme mes bras sur lui, dans une étreinte inespérée, qu'il me rend avec toute la force dont il est capable. J'ai l'impression d'être un noyé qui s'accroche à sa bouée. Mais c'est exactement ce que je suis. J'ai l'impression d'avoir été jeté dans l'océan, sans rien pour m'en sortir. Rien sauf moi-même. J'ai essayé de faire surface, mais j'ai fini par me laisser couler. Et Ryou… Ryou c'est ma bouée, mon gilet de sauvetage, ma couverture de survie… Je suis sûr que si je lui disais ça, il me dirait simplement, que la mer, c'est bleu, comme moi. Comme mes yeux, ou mes cheveux… Parce que Ryouta est imprévisible, qu'il ne comprend pas tout, mais comprend l'essentiel et qu'il est le seul à pouvoir garder ma santé mentale stable.
- Pardon Dai-i-ki…
Je relève la tête, surpris et déstabilisé. Non, ce n'est pas à lui de s'excuser…
- T'as pas à t'excuser Ryouta, c'est moi qui ai agi comme un salop…
- Non ! J'ai fait une bêtise et Dai-i-ki est triste ! Alors…
- Nan… Nan Ryou… Enlève-toi ça de la tête, tu n'as rien fait de mal… Rien du tout.
- Mais…
- Non, Ryou, je ne veux pas que tu penses ça. Ecoute Ryou…
J'ai à peine le temps de finir de prononcer son prénom que je sens ses deux mains encadrer ma mâchoire et son regard s'accrocher au mien.
- NON ! Toi écoute ! T'es triste ! Et j'ai toujours voulu que Dai-i-ki me parle, et là, j'ai pas é-cou-té ! T'es triste, t'as plus maison, et j'ai pas écouté ! Dai-i-ki se sent tout seul, et moi, je dois montrer que c'est pas vrai ! Moi, je suis là… Même si je fais pas tout bien, je suis là…
J'ai envie de chialer. Sérieux, avec les litres d'eau que je retiens, je pourrais devenir une usine des eaux usées. Je n'ai pas du tout réfléchi avant de lui demander ça, mais j'ai besoin plus que d'un câlin, j'ai besoin de lui tout entier, j'ai besoin de notre relation et de notre lien si particulier…
- Ryou… Je peux t'embrasser…
Je le vois cligner deux fois des yeux, surpris.
- Oui, tu peux.
Alors, je ne réfléchis même pas avant de poser mes lèvres sur les siennes, avec toute la tendresse et toute la passion que je ressens pour lui. Avec toute la peine et toute la solitude que j'essaye de relâcher.
Je ne suis pas tout seul. Faut que je m'encastre ça dans le crâne, que je le marque au fer rouge dans mon esprit. Je ne veux plus jamais blesser ceux qui sont là pour moi, comme j'ai pu le faire aujourd'hui. Je crois que le plus douloureux, ce n'est pas la gifle de ma mère, ni ses mots, c'est toute la souffrance qu'elle m'a fait ressentir, toute cette culpabilité et cette peur que j'ai pu ressentir à cause d'elle. C'est le fait que j'ai pris le risque de perdre ce que j'ai de plus précieux. C'est le fait que malgré tout ce que j'ai pu lui dire, il est là, il reste, et il ne s'accommode pas de ce qui s'est passé. Il arrive à passer au travers. Comme Satsu, comme Tetsu. Et ça, je ne m'en rends compte que maintenant et je me sens tellement… Tellement con.
Je sens les doigts de Ryou caresser ma nuque à la naissance de mes cheveux. Je le relâche et le regarde dans les yeux. Le sourire sublime qu'il me lance, tout en passant ses mains sur mes joues pour effacer une quelconque trace de larmes qui n'ont pas coulé me donnent envie de suivre les conseils du Docteur Miano. Lâcher prise.
- Dai-i-ki fait plus peur… - Chuchote mon amant.
- … Je suis tellement désolé Ryou…
- Chuuuut… Pas parler, tu dis des bêtises !
- Je veux juste m'assurer que tu as compris Ryou...Tout ce que j'ai dit, je ne le pensais pas. C'était méchant, et je t'ai sûrement blessé, et je m'en veux. T'imagines même pas tout ce que t'as fait pour moi…
- Je sais, Dai-i-ki a dit des choses méchantes, mais c'est pas grave. Tu pensais pas, parce que tu dis tout le temps que j'suis gentil ! Tu recommences pas, d'accord ?
- Je te le promets...
Je m'apprête à reprendre possession des lèvres de mon amant, quand un raclement de gorge se fait entendre.
- Vous êtes très mignons, c'est adorable de vous voir comme ça, mais ce n'est pas le moment. Nous avons encore quelques petites choses à voir ensemble, avant que je ne vous laisse partir. On en n'a pas pour longtemps, promis.
Je vois le docteur Miano tourner les talons et me sens rougir involontairement. On s'est un peu donné en spectacle là, quand même.
Ryouta me tire par la main et me lance un petit mot d'encouragement avant de m'entraîner derrière lui vers le bureau. On s'installe à nos places, sans se lâcher la main.
Je n'écoute pas vraiment ce qui se dit, plus occupé à caresser la main de Ryouta, sans le quitter des yeux.
A ce que je comprends, le Docteur fait une rétrospective de ce qu'on s'est dit, pour que mon amant comprenne toute la situation. Il a conscience maintenant de ce que ça implique, je sais qu'il me pardonne…
Même si j'ai l'impression qu'il ne sait pas pourquoi je m'excuse. Je crois qu'il n'a pas conscience que ce que je lui ai dit est horrible. N'importe qui à la place de Ryou m'aurait mis une droite et n'aurait jamais voulu me revoir. La solution pour que je ne lui fasse plus jamais de mal, ça serait qu'on se sépare… Mais je ne peux pas. Parce que je ne peux pas vivre sans lui et que Ryou n'a pas conscience que ce que j'ai fait est mal, donc il ne comprendra pas pourquoi je ne veux plus le revoir. Il va s'en vouloir, penser qu'il a fait une connerie, alors qu'il n'est pas en tort. Si je le quitte, on va souffrir tous les deux comme des cons. Je ne peux pas faire ce choix là, je peux pas…
C'est parce que lui arrive à m'excuser, que moi, je ne peux que m'en vouloir. C'est un peu ma punition, en quelque sorte…
- Aomine-kun ? Tu reviens parmi nous ? - M'appelle-t-elle avec le sourire.
- Hum… Désolé, j'ai pas tout écouté…
- On avait fini… Pour l'instant, je ne peux pas faire grand chose de plus pour vous, pour t'aider, mais je tenais à te rappeler que si tu as le moindre problème… Tu as mon numéro.
- J'pense que vous avez déjà fait énormément pour nous là, je n'aurais pas pu m'en sortir tout seul…
- T'en fais pas, va… Allez, je vais vous laisser. La séance est terminée ! On se revoit Samedi prochain, Ryouta. A bientôt Aomine-kun…
Le trajet du retour a été rapide et était beaucoup plus agréable que l'aller. Ryouta est resté accroché à mon bras, l'ambiance était vraiment plus détendue et à chaque fois que je regardais vers lui, il me faisait le plus beau sourire du monde avant de se coller plus contre moi. Je n'arrive pas vraiment à lui rendre, ayant mes actions de ce matin encore en travers de la gorge.
Une fois arrivés chez lui, Ryouta a ouvert la porte et la bonne odeur de bouffe qui s'échappe de la cuisine m'indique qu'il est plus que l'heure de manger. La bonne odeur et le grognement de mon estomac, aussi, sans aucun doute.
On se dirige tous les deux vers la cuisine ou Nanami est en train de finaliser le repas.
Elle jette un coup d'oeil sur nous avant de retourner à ce qu'elle faisait.
- Ça s'est bien passé Ryouta ?
- Hum… Oui, oui, Dai-i-ki était triste, mais c'est bon main-te-nant !
Son regard se dirige vers moi, dans une question implicite, que je dégage d'un geste de la main.
- T'as besoin d'un coup de main ?
-Nan, c'est bon… Tu peux aider à mettre la table si tu veux.
- Okey. Ryou, tu m'aides ?
- Je fais !
Je lève les mains en signe de paix, et je le vois se diriger vers les différents meubles pour prendre ce qu'il faut et mettre la table. Nanami le regarde faire, sans le lâcher des yeux. Je m'approche d'elle, me calant contre l'évier de façon à garder le contact visuel avec Ryou.
- Tu sais… Faut le laisser faire des fois… Je t'ai déjà expliqué qu'il pouvait faire pleins de trucs. Je ne te mentais pas.
- Ayé ! - Dit-il, fier de lui en se posant devant moi.
- Bien Ryou !
Je lui embrasse la tempe pour le féliciter, et seul un petit rire discret me répond.
On passe ensuite à table, où le repas se déroule doucement. On prend notre temps, on discute un peu. Nanami commence à me poser des questions sur Ryouta, mais mon amant décide de répondre de lui-même et la discussion s'enchaîne entre eux.
Après ça, je me propose pour faire la vaisselle et Ryouta s'impose en tant qu'assistant. Je lave, il essuie, tout simplement. Nanami en profite pour aller se poser dans le canapé, et je lui dit au passage qu'elle peut se détendre, je m'occupe de Ryou aujourd'hui.
- On fait quoi aujourd'hui Dai-i-ki ? - Me demande t-il en essuyant une assiette.
- J'en sais rien Ryou… Je t'avoue que je n'ai pas vraiment envie de sortir. Ça te dit de glander toute la journée ?
- Glander ?
- Ne rien faire et se détendre…
- Hum… D'accord, d'accord ! Tous les deux ?
- Yep, tous les deux, je ne vais pas te lâcher du week-end Ryou…
Notre tâche finie, nous nous dirigeons vers sa chambre. Je me fige à l'entrée, la scène de ce matin me revient en pleine gueule et je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser.
Ryouta le voit, je crois, puisqu'il revient vers moi et me tend les deux mains pour que je le suive.
- Viens Dai-i-ki, le Docteur Miano a dit, faut se reposer. Pas penser, se reposer !
Il me pousse sur le lit sans plus attendre et je n'ai pas le temps de protester que je le sens se coller contre moi. Je roule pour me mettre sur le flanc et lui faire face. Je pose une main dans ses cheveux, et je la laisse faire son chemin jusqu'en bas de son dos et passe mon autre bras sous sa tête pour nous rapprocher au maximum. Ses mains à lui exercent une sorte de massage sur mon torse. Sans un mot, j'approche ma bouche de la sienne pour y déposer un léger baiser. Ça n'a pas l'air de plaire à monsieur, qui lève la tête pour pouvoir m'embrasser plus franchement. J'en profite pour glisser ma langue dans sa bouche, ce qui n'a pas l'air de le gêner outre mesure, vu qu'il y répond ardemment. Je suis même surpris d'entendre un soupir de contentement de la part de mon amant.
On continue comme ça un long moment, à se retrouver, à se pardonner… Les caresses de Ryouta me détendent, je me sens comme dans un cocon réparateur. Ce qui fait, qu'au bout d'un moment, je ne me rends même pas compte d'avoir rejoint le pays des rêves, sous les attentions de mon amant….
J'ouvre un oeil, pas sûr d'où je me trouve. Encore dans le coltard, je me souviens être chez Ryouta. Les souvenirs de ces derniers jours me reviennent rapidement en mémoire, et je me dis que j'aurais préféré continuer à dormir. Je me tourne sur le dos et remarque que Ryou n'est plus avec moi. Je sens aussi que je n'ai plus mes chaussettes et je ne me souviens pas m'être endormi avec la couverture sur moi…. Sûrement une bonne attention de Ryou. La couette, je comprends, les chaussettes un peu moins, ce qui m'arrache un petit rire…
Je prends mon portable, posé sur la table de nuit près de moi (tiens, lui aussi, il a changé de place…) et vois que la journée est déjà bien passée… 17h35... J'avais dit à Nanami que je m'occuperai de Ryouta, bah là, c'est un peu loupé.
Ah… Tiens, on m'aime. J'ouvre mes messages un par un, en prenant le temps de les lire et d'y répondre…
"Message reçu à 12h15 - Satsu
Coucou Dai-chan, tout va bien ? J'espère que ça se passe bien avec Ryouta ! On rentre demain soir, donc si tu veux venir dormir à la maison, tu n'hésites pas Dai-chan ! Tu as réfléchis à comment tu vas faire ? Notre proposition tient toujours, tu sais ?! Réponds-moi vite !"
"Message reçu à 13h02 - Satsu
Dai-chan… Ça va ? Tu réponds pas à mon message… Tu es toujours chez Ryouta ?"
"Message reçu à 15h - Satsu
Je sais que tu peux mettre du temps à répondre, mais s'il te plait, réponds…"
"Message reçu à 16h45 - Satsu
Je vais t'obliger à venir à la maison pour le reste de ta vie si tu continues à m'ignorer Dai-chan ! Réponds…"
"Message reçu à 16h50 - Tetsu
Bonjour Aomine-kun, Momoi-san m'a parlé de ce qu'il se passe et je m'inquiète. Si tu as besoin d'en parler, tu peux m'appeler quand tu veux. Et si tu as besoin de quelque part où dormir, ma maison t'es grande ouverte. Donne-moi de tes nouvelles s'il te plait.
PS : Réponds à Momoi-san également, elle va finir chauve à force de s'arracher les cheveux."
"Message reçu à 17h01 - Satsu
Dai-chan…"
"Message reçu à 17h05 - Akashi
Daiki, j'ai cru comprendre que tu étais dans une situation délicate. Si tu as besoin de quoique ce soit, tu peux m'en parler. Mais réponds à Satsuki, elle commence à être un peu trop bruyante pour ne pas être énervante."
Woaw… Et bah… Non, mais on peut même plus dormir en paix ?
J'dis ça, mais j'ai un sourire à la con collé au visage, rien que de me dire qu'on s'inquiète pour moi… Mais bon…
"Message envoyé à 17h42 - Satsu
Hey Satsu, du calme, j'ai juste dormi tout l'aprem. Un petit accrochage ce matin avec Ryouta, mais tout est rentré dans l'ordre maintenant, je crois. Je suis toujours chez lui. J'pense que je vais accepter ta proposition de rester chez toi un moment Satsu… J'ai pas trop de possibilités. Merci, pour… tout ça."
"Message envoyé à 17h44 - Tetsu
Merci Tetsu. C'est bon, Satsu va arrêter de vous emmerder je pense. T'inquiètes pas pour moi, ça va le faire."
"Message envoyé à 17h46 - Akashi
Merci. J'ai répondu à Satsu, j'pense qu'elle va arrêter de te harceler."
Je repose mon portable, heureux malgré moi de tous ces messages.
J'entends des bruits de pas dans le couloir avant de voir la porte s'entrouvrir et la tête de Ryouta dépasser. J'entends Nanami l'appeler doucement, et il se détourne sans fermer la porte.
- Ryouta ! Laisse-le dormir, il en a besoin ! Ça ne sert à rien d'aller voir toutes les 5 minutes s'il est réveillé ! - Dit Nanami, en chuchotant près de la porte.
- Dai-i-ki est réveillé !
- Ah...
Je me frotte les yeux en rigolant doucement. Ryouta en profite pour venir me rejoindre. Il s'installe à genoux à côté de moi et me prend la main avant d'entamer la conversation.
- Tu as bien dormi Dai-i-ki ?!
- Hum… Merci Ryou. C'est toi qui a enlevé mes chaussettes ? - Je lui demande, en riant.
- Hum ! Et j'ai mis la couette ! Et j'ai fermé un peu...un peu les rideaux !
Je passe la main dans ses cheveux et le rapproche de moi. Du coin de l'oeil, je vois Nanami refermer la porte délicatement, pour nous laisser une certaine intimité.
- Merci Ryou…
- De rien !
- Et tu as fait quoi, pendant que je dormais ?
- Euh… J'ai rangé un peu avec Nani ! Après j'ai lu, un peu, mais c'était nul. Après… Après je venais voir si Dai-i-ki était réveillé. J'ai pris du travail et j'ai fait !
- Du travail ?
- Hum, des ex-er-cices !
- D'accord…
- Mais c'est mieux quand Dai-i-ki est réveillé !
Je tends les bras pour qu'il vienne se lover contre moi. Bien installé, j'ai plus du tout envie de bouger.
- Dai-i-ki va pas encore dormir ?
- Non, t'inquiètes, je pense que j'ai assez dormi pour le moment !
J'entends mon portable vibrer à 3 reprises pour me signaler la réception de 3 messages. Et bah, ils sont synchrone ! A moins que ce soit Satsu qui me harcèle.
Je me tourne rapidement pour récupérer le téléphone et me remets à ma place.
- C'est quoi ? - Demande-t-il en m'embrassant dans le cou.
- Des messages…
- Qui ?
- Satsu, Tetsu et Akashi…
- Peux lire ?
- Si tu veux.
Je le sens se tourner pour se mettre dos à moi, s'en s'éloigner, et pour pouvoir lire avec moi les sms.
" Message reçu à 17h58 - Satsu
Ouuuuh ! Méchant Dai-chan ! J'étais inquiète ! Mais c'est bien, si tu as pu te reposer ! Qu'est-ce qui s'est passé avec Ryouta ?! Ne me remercie pas, Dai-chan, c'est normal ! Et puis, c'est bizarre de lire un merci de ta part ! Dis-moi juste quand tu viendras, pour prévenir maman !"
"Message reçu à 17h58 - Tetsu
C'est normal, Aomine-kun. Tu n'es pas seul."
"Message reçu à 17h58 - Akashi
Bien."
Je prends la peine de répondre à Satsu, les autres, je ne vois pas ce que je peux ajouter de plus. Je ne vais pas non plus faire une déclaration d'amour à Tetsu, faut pas déconner, et Akashi… Bah je ne peux rien répondre à cette réponse très Akashiste !
"Message envoyé à 18h00 - Satsu
Je te raconterai plus tard. Je te dirais plus tard, pour l'instant, je sais pas trop comment je vais faire, mais j'pense revenir chez toi dès demain soir. Je t'enverrai un message quand je partirai de chez Ryou. Et dis que je suis pas poli aussi ! "
Ryouta ne quitte pas l'écran des yeux et je ne sais pas pourquoi… Mais je sens qu'il va me demander quelque chose…
- Dai-i-ki ?
- Hum ?
- Je peux écrire, moi aussi ?
- Tu veux...Envoyer des messages aux autres ?
- Oui !
Il n'attend même pas mon autorisation, je crois qu'il a pris ma question pour une permission. Il me prend le portable des mains et je le vois réfléchir devant mes contacts.
Bof, après tout, il fait de mal à personne… Et j'imagine très bien la tête des gens qui vont recevoir les messages !
Je profite de sa réflexion pour le serrer contre moi, et lui embrasser la nuque. Ma main se perd sur son ventre tandis que je relève la tête en sentant ses mains en mouvement sur le clavier de mon portable.
Sa première victime : Satsuki.
"Message envoyé à 18h06 - Satsu
Bonjour !"
Bon bah, au moins, c'est simple ! Il garde le portable en face de ses yeux tout en se mordant la lèvre en attendant une réponse, je suppose. J'ai du mal à détourner mes yeux de cette vision. J'ai très envie d'aller la mordiller moi-même cette lèvre… Faut avouer qu'il est sex' à faire ça… bon, allez on se calme ! Il tourne ses yeux vers moi et me sourit avant de retourner son attention sur l'écran. Je lui embrasse la joue, et me laisse retomber derrière lui pour m'occuper de sa nuque.
Les vibrations me rappellent à l'ordre et je relève les yeux pour lire la réponse.
"Message reçu à 18h08 - Satsu
Ryouta ? C'est toi ?"
"Message envoyé à 18h08 - Satsu
Oui !"
"Message reçu à 18h08 - Satsu
Oh ! Bonjour Ryouta ! Comment vas-tu ?"
Il se tourne vers moi et me regarde, comme pour voir ma réaction au fait qu'il parle avec Satsuki.
- Je peux parler avec Satsu ?
- Tu es bien parti et tu as déjà répondu à moitié à son message… C'est "er" à envoyer, pas "é"...
- D'accord, d'accord !
"Message envoyé à 18h09- Satsu
Bien bien ! Et toi ? Daiki a dit que je pouvais envoyer des messages !"
"Message reçu à 18h10 - Satsu
Bien aussi, merci Ryouta ! Je suis contente de pouvoir te parler ! J'ai l'impression que ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu !"
Il répond rapidement à Satsuki en lui disant que lui aussi il est content de parler avec elle et qu'il serait content de la revoir. Je souris à ce fait, content de voir qu'ils s'entendent bien et qu'il a envie de s'ouvrir aux autres…
Il change de contact pour cliquer sur celui en dessous et refais exactement la même chose. Pauvre Tetsu.
Ah non mais… Il compte faire ça avec tous mes contacts ? Je le vois aller sur la conversation avec Akashi pour lui envoyer un "Bonjour !" à lui aussi…. J'hésite entre rire et me planquer jusqu'à la fin de ma vie dans ce lit avec lui. Non mais… Akashi quoi !
Le même schéma se fait, les deux comprennent rapidement que c'est Ryouta qui a kidnappé mon téléphone. Et il leur répond que je lui ai donné l'autorisation.
"Message reçu à 18h14 - Satsu
Qu'est ce que vous faites avec Dai-chan ?"
"Message reçu à 18h14 - Tetsu
Aomine-kun est avec toi alors ? Tout se passe bien avec lui ?"
"Message reçu à 18h15 - Akashi
Tu es au courant Ryouta, pour ce qui arrive à Daiki ?"
Je le laisse répondre, en me disant que de toute façon, il ne va pas y avoir de débordement… Grossière erreur.
"Message envoyé à 18h15 - Satsu
J'écris des messages à toi Tetsu et Akashi et Daiki me tripote"
"Message envoyé à 18h15 - Tetsu
Oui Daiki est avec moi Et ça se passe bien on est dans mon lit !"
"Message envoyé à 18h16 - Akashi
Oui je sais alors il dort avec moi dans mon lit !"
MERDE ! MAIS MERDE ! Qu'est ce qu'il a dit ?! Non, mais non… Définitivement, je vais aller mourir de rire et de gène au fin fond de son lit… Je vais garder un oeil sur ce qu'il fait…
"Message reçu à 18h16 - Satsu
Dai-chan… Te tripote ?!"
"Message reçu à 18h16 - Tetsu
Oh… Je vois. Vous-êtes nu ?"
"Message reçu à 18h17 - Akashi
C'est très gentil de ta part d'accueillir Daiki dans ton lit."
Autant mon amant n'en fait qu'à sa tête, autant eux ne sont pas mieux ! C'est quoi ça, ils veulent des détails en plus maintenant ?!
- Hééééé, pourquoi tu prends le portable Dai-i-ki ?!
- Je te le rends tout de suite, j'envoie juste un message…
Un message, ou trois d'ailleurs.
"Message envoyé à 18h17- Satsu
JE NE LE TRIPOTE PAS ! Ne crois pas n'importe quoi !"
"Message envoyé à 18h17 - Tetsu
Non, mais c'est quoi tes questions à deux balles ?! NON ! On n'est pas à poil !"
"Message envoyé à 18h18 - Akashi
Pourquoi j'ai l'impression d'y voir un énorme sous entendu derrière cette phrase ?!"
Je redonne le portable à Ryouta, en me méfiant un peu de la suite. Mais je ne m'attendais pas du tout à cette question.
- Tiens Ryou… N'écris pas n'importe quoi, s'il te plait…
- Promis ! Dis Dai-i-ki ? Mi-do-rima, il a des objets du jour ?
- Un objet chanceux par jour, oui pourquoi ?
- C'est quoi aujourd'hui ?
- J'en ai aucune idée…
- Je vais lui demander !
C'est bon, là, je suis mort ! S'il commence à faire chier Midorima, je peux plus rien faire !
Il trouve le contact, et ne se pose même pas plus la question de si ce qu'il fait est bien ou pas...
"Message envoyé à 18h20 - Midorima
Bonjour Midorima ! C'est quoi ton objet de la chance aujourd'hui ?"
"Message reçu à 18h20- Satsu
C'est pas moi qui le dit, c'est Ryouta ! Et je ne m'imagine rien du tout…"
"Message reçu à 18h20 - Tetsu
Ah, j'ai cru."
"Message reçu 18h20 - Akashi
Peut-être parce qu'il y en a un. C'est très généreux de sa part, on ne sait jamais ce que tu peux faire à Ryouta, Daiki."
"Message reçu à 18h21 - Midorima
Aomine, tu te sens bien ?"
Tu m'étonnes que Midorima me demande ça ! Et vraiment, les autres, je ne les pensais pas comme ça ! Enfin, j'aurai du m'en douter, après le coup du baiser au terrain...
- Satsu est une menteuse…
- Pourquoi ?
- Je suis sûr qu'elle m'imagine en train de te tripoter, comme tu dis.
- Oh...
"Message envoyé à 18h21 - Satsu
Daiki dit que tu es une menteuse ! Je dirais pas où il me tripote !"
"Message envoyé à 18h21 - Tetsu
Peut être qu'on sera tout nu dans le lit ce soir !"
- Nan, mais Ryou, ne lui dit pas ça !
- Trop tard…
- Ryou… - Dis-je ne me tapant le front...
"Message envoyé à 18h22 - Akashi
J'ai pas compris ! Moi je sais ce que Daiki peut me faire !"
- NAN ! RYOU !
J'explose de rire… Là, c'est plus possible… Il a envoyé ça à Akashi, merde ! Je n'ai même plus la décence d'être gêné, mon mec est juste intenable…
"Message envoyé à 18h23 - Midorima
C'est pas Daiki ! C'est Ryouta ! Je voulais juste savoir ce que c'était l'objet du jour !"
Je n'arrive plus à me contrôler là, j'en pleure de rire…
"Message reçu à 18h23 - Satsu
Oh… Dommage… Je vais harceler Dai-chan pour qu'il me le dise ! Et je ne suis pas une menteuse Dai-chan !"
"Message reçu à 18h24 - Tetsu
Très intéressant. Tu m'enverras un message demain, pour me dire ?"
"Message reçu à 18h25 - Akashi
Tu es sûr que Daiki est d'accord pour que tu envoies des messages comme cela, Ryouta ?"
"Message reçu à 18h25 - Midorima
Mon lucky item du jour était une boite de chewing-gum à la fraise. Pourquoi ?"
Je n'arrive pas à m'arrêter de rire, j'en chiale, merde ! J'vais crever...
"Message envoyé à 18h25- Satsu
Je vais arrêter d'envoyer des messages ! Daiki arrête pas de rigoler et il faut que je le sauve avant qu'il ne respire plus"
"Message envoyé à 18h25 - Tetsu
Peut-être ! J'arrête d'envoyer des messages Daiki rigole trop et faut que je lui dise qu'il faut qu'il respire !"
"Message envoyé à 18h26 - Akashi
Je sais pas il rigole alors je peux pas demander. Je vais aider !"
"Message envoyé à 18h26 - Midorima
Pour savoir ! Bonne nuit !"
Je le vois reposer le téléphone et se tourner vers moi pour me masser les pecs.
- Respire Dai-i-ki ! Faut respirer pour vivre ! …
- Ouh… Ouh… Putain…
- A y'est ? Calmé ?
- Ouais…
Quelques rires m'échappent encore, mais ça va, je pense que je vais vivre… Je prends de grandes inspirations pour me calmer… Ça fait très, très longtemps que je n'avais pas ri comme ça…
Le portable vibre 3 fois, et je prends le temps de le reprendre pour voir ce que donne la fin de cette … épopée ! Je mets le portable au dessus de nous pour que Ryouta puisse lire aussi…
"Message reçu à 18h27 - Satsu
Oh, dommage ! Sauve le quand même ! Bonne soirée tous les deux ! Dai-chan, tu me redis pour demain ! Je suis contente de voir que ça va..."
"Message reçu à 18h27- Tetsu
Tu peux lui faire du bouche-à-bouche Ryouta, si jamais Aomine-kun ne respire plus. Bonne soirée."
"Message reçu à 18h29 - Akashi
Bon courage Ryouta."
Les salops…
- Dai-i-ki, c'est quoi du bouche-à-bouche ?
- C'est ça…
Je repose mon portable d'un geste, avant de venir conquérir sa bouche de la mienne.
Je le relâche quelques instants plus tard, en souriant.
- J'aime bien le bouche-à-bouche !
Je ris doucement, pendant qu'il passe ses bras autours de mon cou pour se rapprocher de moi. En espérant qu'il ne pense pas vraiment que c'est ça le bouche-à-bouche... Il a le droit de ne sauver que moi de cette façon !
Cette conversation, même si ce n'était pas moi qui discutait, m'a fait vraiment du bien… Bon, Ryouta racontait n'importe quoi, mais c'était drôle !
Puis, je souligne ses progrès. Il arrive de mieux en mieux à se servir d'un portable, il écrit vite et bien. Même si j'ai cru voir quelques fautes par-ci, par-là et quelques problèmes de ponctuation, il y a quand même une différence énorme entre les message que je recevais au début de notre rencontre et ceux qu'il écrit maintenant. Je ne sais pas, ça me fait plaisir de voir ça. Et aussi, de voir qu'il arrive à se lier à d'autres personnes. Quelque part, je suis peut-être un peu jaloux, mais je sais que je reste privilégié, alors ça me va… Je lui fais part du fond de ma pensée, concernant ses améliorations. Il a l'air content de ça.
- C'est bien, alors ?
- Ouais… Je suis fier de toi Ryou…
Je le sens se cacher contre mon épaule. Je sais que ça lui fait plaisir qu'on le lui dise.
- Hey Ryou ?
- Mh ?
- Je t'aime…
- Moi aussi Dai-i-ki ! J'aime Dai-i-ki !
Je le serre plus fort contre moi, heureux d'entendre ça après tout ce qui s'est passé.
- Je suis désolé Ryou...
- Je vais gron-der Dai-i-ki...
Au moins, c'est clair. Je crois que ça veut dire que je dois la fermer, non ?
Il m'embrasse doucement la joue et on se regarde. Juste ça. On ne prend même pas la peine de discuter, on se laisse juste bercé par le moment...
Je ne sais plus trop combien de temps on reste comme ça, je sais juste que c'est un toquement à la porte qui nous ramène à la réalité.
La porte s'ouvre sur Nanami, une main sur les yeux…
- Vous êtes visibles ? J'dérange pas ?
Je rigole à son ton très sérieux.
- Oui et non.
- Qu'est-ce qu'il y a Nani ?
Elle enlève la main de ses yeux, et reste quand même surprise de notre position. Je pense que ça la surprend de voir son petit frère aussi proche de quelqu'un, sans que ça ne le dérange. Un sourire doux, que je ne lui ai jamais vu, se dessine sur son visage.
- J'voulais juste savoir si vous vouliez me filer un coup de main pour le repas de ce soir…
- Moi je veux ai-der !
Ryouta se relève et sort du lit. Je le suis à contre-coeur, même si je me dis que je dois bien aider un peu, vu qu'on m'accueille de bonne grâce…
Le reste de la soirée se passe agréablement bien. Nanami donne pas mal de tâches à Ryou pour la cuisine, ce qui le rend heureux. Ça se voit tellement qu'il est heureux de pouvoir aider.
Même en mangeant, on lisait clairement sur son visage qu'il était fier de lui et content d'avoir participé. Peut-être que ça va ouvrir les yeux de Nanami, qui va lui demander plus facilement de l'aide, et organiser des sortes d'activités avec lui.
La suite, vous la connaissez, la routine de la douche, puis du coucher.
Cette journée avait horriblement mal commencé. Mais la roue tourne, comme on dit. Là, je me sens complètement détendu. Je me dis que je vais pouvoir partir sur de bonnes bases pour réfléchir à tout ce qui se passe. Mais pas maintenant, pas demain. Là, je lâche prise, et je profite de ce week-end, autant que je le peux.
Je ne peux pas passer des mois à m'en vouloir, et même si au fond, je sais que je ne pourrais jamais vraiment oublier ce que j'ai fait, il faut que je m'en remette. Rien que pour Ryouta...
A vrai dire, je n'ai eu qu'une pensée avant de m'endormir ce soir là….
Tetsu va être déçu… on était pas tout nu dans le lit...
