Hey ! Bonjour / Bonsoir à tous !
Me revoici pour le chapitre 21 de "Son monde à lui" !
Pour le temps que je mets à poster... Mea Culpa.
Je sais que vous étiez beaucoup à être déçus de ne pas voir Daiki et Ryouta "tout nu dans le lit" à la fin du dernier chapitre... Bah, vous allez devoir encore attendre un peu ! :D Mais vous m'avez bien fait rire !
Dans les précédents chapitres, vous m'en avez un peu voulu (ou pas du tout) pour l'ascenseur émotionnel... Encore un petit tour ?
\!/ Petit warning pour les propos blessants dans ce chapitre |!/
Merci à miss Neko Tenshi, Phaphilionne, Grenouille Verte, Alsco-chan, Oohfemmeluxieuse, Cookiiie, Shirayuki Yukine, satokoo, Ghin, Waltima, Vyersdra, KeraZK, Futae, Archess84, Typone Lady et loloyaoi pour vos reviews !
Merci à ceux qui mettent en favoris et/ou follow cette fiction !
Merci à tous pour votre soutien !
Sur ce, Bonne Lecture !
~ CHAPITRE 21 ~
- Ouais ?
- On a un problème.
Quelques jours se sont passés depuis la fin du week-end. On a passé notre dimanche à faire les larves, tout en suivant le planning de Ryouta.
J'ai pu discuter avec Nanami de pas mal de choses, notamment d'elle, de ce qu'elle faisait dans la vie, de Ryouta, de notre relation, de leur entourage…
J'ai appris que Nanami était modèle photo, mais qu'elle voudrait se faire un nom en tant que styliste. Seulement...Elle doit s'occuper de Ryouta.. Quelque part, ça m'emmerde pour elle, mais je ne peux pas me résoudre à argumenter le pour et le contre de sa situation. Tout simplement parce que je ne suis pas à sa place, et parce que je sais d'avance que ça sera défavorable à Ryouta. Et ça, je ne le veux pas. Mais elle le sait aussi bien que moi, si ce n'est plus.
Je me suis demandé aussi où était passé Charles. C'est vrai qu'avec tout ce qu'il s'est passé, je l'ai complètement oublié. Apparemment, Sumi l'aurait pris avec elle pour ses tournages à l'autre bout du monde. Nanami m'a fait savoir que c'était pour la tester elle, savoir si elle allait rester avec Ryouta ou faire comme le reste de la famille. A ce que j'ai compris, la réponse n'est pas celle qu'attendait l'autre cinglée.
Bref, l'après-midi passé, je suis rentré chez les Momoi et je me suis littéralement fait sauter dessus par Satsu, qui a déblatéré un nombre incalculable de trucs. Je n'ai pas du tout réussi à suivre ce qu'elle disait, mais bon … On a discuté de ce qui s'est passé avec Ryouta et elle m'a raconté son week-end. Je sens qu'elle s'inquiète vraiment pour moi, même un peu trop. Bon, vu que, elle comme moi, on sait que je peux être un gros con, je ne peux pas lui en vouloir, et ça serait mentir de dire que ça ne me fait pas plaisir. Qu'elle s'inquiète, hein, pas de savoir que je suis un gros con !
Sinon, tout est à peu près rentré dans l'ordre. Enfin, concernant ma relation avec Ryouta en tout cas. Je me fais doucement une place chez Satsu, même si je sais que je ne pourrai pas rester éternellement chez ses parents. Pour l'instant, je profite juste de ce qu'on peut m'offrir, sans me poser trop de questions. J'avoue que ça me fait peur de penser à l'avenir et à ce que je vais devoir faire. Des choix. Je vais devoir faire des choix. Et ça, ce n'est pas dans mon habitude. On m'a toujours mâché le travail en quelque sorte, soit on prenait les décisions pour moi et je me laissais porter, soit j'ai juste saisi des occasions au vol. Mais là, c'est différent… Et rien que d'y penser, ça me donne mal au crâne.
Je suis repassé chez moi aussi, à un moment où je savais que ma mère serait absente. Ce n'était pas plus tard que ce matin d'ailleurs. Je n'avais pas eu le courage d'y aller avant, mais je n'avais pas d'autres choix que d'y retourner. Je ne vais pas mentir, ça m'a fait bizarre. J'avais l'impression d'entrer par effraction chez quelqu'un, alors que j'avais la clé. Je ne me suis pas vraiment attardé, j'ai pris toutes mes affaires, quelques babioles que je voulais garder, mon ordi, des souvenirs… Tout ce que j'aurais pu regretter de laisser derrière moi, au final. J'ai refermé la porte, sans même jeter un dernier regard, en essayant de chasser ce sentiment d'abandon qui me déchirait. J'ai le pressentiment que je n'y retournerai pas. Plus jamais. Et me dire que je laisse toute une vie derrière moi, ça n'a rien d'agréable.
Je chasse mes idées d'un coup de tête. J'ai autre chose à penser là, maintenant, tout de suite… Je m'allonge sur le sol, une main sur les yeux pour me protéger du soleil.
- C'est quoi le problème, Nanami ?
J'entends la soeur de Ryouta soupirer à l'autre bout du téléphone. Ok, je crois qu'on a vraiment un problème…
- J't'explique vite fait. Les parents rentrent ce week-end.
Ok, on a vraiment un problème.
- Vas-y, explique…
- En gros… T'es au courant un peu pour nos parents ?
- Si tu veux me parler du fait qu'ils en ont rien à carrer de Ryouta, ouais, je suis au courant...
- Ouais, bah en gros, quand ils sont à la maison, c'est l'horreur pour Ryouta. Il passe son temps à s'en prendre plein la gueule et il n'a le droit de rien faire. Et vu que ça fait un moment qu'ils se sont barrés, à mon avis, ils vont bien se défouler sur lui… -Dit-elle, très cynique.
- Putain… Et en gros, qu'est-ce qu'on peut faire ? Ça m'étonne quand même que tu aies eu le réflexe de m'appeler…
- … Je t'avoue que j'ai pas vraiment réfléchi. Quand ma mère a appelé pour me dire qu'ils rentraient, j'me suis juste dit qu'il fallait que je te prévienne. Puis, bah, je me suis dit que t'aimerais bien être au courant.
- Ouais… Jusque-là, je te suis.
- Bref, on s'en fout de pourquoi je t'ai appelé, l'important, c'est de savoir si t'as envie de faire quelque chose pour Ryouta.
- Bah, évidemment, mais je ne vois pas ce que je peux faire ! Je te rappelle que j'ai plus de chez moi !
- Merde, j'avais oublié ça… Écoute, on n'a pas 36 solutions, soit on fait comme d'habitude, et il risque d'aller très mal, soit on trouve un moyen pour que Ryouta parte de la maison, au risque qu'il y ait des répercussions.
- Ouais, mais même si je l'emmène quelque part, il sera stressé, parce que ça sera forcément un endroit qu'il ne connaît pas…
- Tu préfères qu'il se fasse taper sur la gueule ?
- Nan… Bien sûr que nan…
Je sens du mouvement à côté de moi, mais je reste concentrer sur la conversation. C'est vrai, il faut qu'on trouve une solution. Je ne peux pas laisser passer ça, mais je n'ai pas beaucoup de possibilités pour protéger Ryouta… Une idée me vient, même si elle ne me plaît pas vraiment...
- Sinon… Je peux venir ? J'veux dire, je pourrais protéger Ryou et…
- Non, mec, c'est même pas la peine d'y penser.
- Quoi ?!
Je me relève sur mes coudes, plutôt surpris de ce que me dit Nanami.
Je tourne la tête pour voir que Satsu s'installer à côté de moi, les sourcils froncés.
J'entends la voix dans le téléphone reprendre, m'empêchant de répondre à la question silencieuse de Satsu.
- T'en as déjà assez pris dans la gueule ces derniers temps pour en plus devoir supporter ça. La seule chose à savoir, c'est si t'as moyen d'aller quelque part avec lui ?
Je ferme les yeux, me rendant compte qu'elle refuse pour mon bien.
- Dai-chan ?... Y a un problème ?
Je me tourne vers Satsu et demande à Nanami de patienter quelques secondes, le temps que j'explique la situation à mon amie. Je lui expose le problème, dans les grandes lignes et elle semble choquée de ce qu'elle entend. C'est vrai que je ne lui ai pas vraiment parlé de ça, et que ça ne doit pas être facile à entendre. Satsu se penche vers moi, me fixant droit dans les yeux, avec un regard très sérieux.
- Dai-chan, t'es stupide ! Ryouta peut venir à la maison ! On pourra s'arranger avec papa et maman !
- Nan, mais Satsu, tu comprends pas…
- Si ! Tu m'as déjà dit que Ryouta pouvait s'adapter à son environnement ! Si t'es là, il n'y aura pas de problème, j'en suis sûre !
- Ouais, ça je sais, mais je veux pas emmerder tes parents…
- Tu crois sincèrement que ça dérangerait maman ? Dai-chan, fais pas l'andouille ! Je suis sûre que Maman acceptera avec plaisir de rencontrer Ryouta !
- C'est pas si simple…
- C'est toi qui compliques tout ! Regarde, je vais demander à maman, et tu vas voir qu'elle va accepter !
Satsu ne perd pas de temps avant de dégainer son portable pour envoyer un message à sa mère. On n'aura peut-être pas la réponse maintenant, mais ça n'a pas l'air de la déranger.
J'entends Nanami m'appeler de l'autre côté du téléphone, et je lui explique vaguement qu'on a peut-être une solution, mais que je ne suis sûr de rien…
Le portable de Satsuki sonne et la réponse ne tarde pas. Elle darde son téléphone bien devant ma gueule pour que je puisse lire la réponse. Sauf qu'elle ne comprend pas que je ne peux pas lire, le portable collé devant les yeux.
- Tu vois Dai-chan ! Dis à la soeur de Ryouta qu'on a la solution ! Tout va bien se passer !
Je ne suis pas aussi confiant qu'elle, mais de toute façon, je n'ai pas trop le choix. Autant en profiter et remercier la famille Momoi, pour me sortir encore une fois d'une galère…
- Nanami ?
- Ouais ?
- J'ai la solution, t'inquiètes pas pour Ryouta. Tu sais quand arrivent tes parents ?
- Samedi, dans la matinée normalement.
- Merde… Satsu, tu penses que Ryouta peut venir dès vendredi soir ?
- Mais oui Dai-chan, ne t'inquiètes pas !
Ça va être un bordel monstrueux…
- Je viendrais chercher Ryouta vendredi soir après les cours… Je lui en parlerai, mais tu pourras lui en toucher deux mots ?
- T'inquiètes, je fais ça.
- Je m'occupe du reste. Si t'as d'autres infos, t'hésites pas, tu m'appelles.
- Ça marche. A plus tard Aomine.
On raccroche tous les deux après une dernière salutation de ma part et je sens Satsu super excitée à côté de moi.
Attends… Ça ne serait pas un piège son truc ?
- Satsu… C'est quoi ton plan foireux ?
- Mouh ! Dai-chan, comment tu peux dire ça ?! - Me dit-elle en me tapant l'épaule de son petit poing.
- Je le sens pas…
- Tu es de mauvaise foi !
Je me rallonge, pour profiter des dernières minutes de pause qu'on a, tout en réfléchissant à ce qui va se passer ce week-end. Satsu me coupe dans mon élan, en mettant sa tête au- dessus de la mienne, me forçant à ouvrir les yeux.
- Dis, Dai-chan, on pourrait faire quelque chose à la maison avec les autres, t'en penses quoi ?
Qu'est-ce que je disais ? Je ne le sentais pas son truc… Ma tête doit bien refléter mes pensées, vu le coup qu'elle me met dans l'épaule, encore une fois.
- Moh ! Arrête de te méfier de tout ! Je suis sûre que ça te fera du bien de voir tout le monde et ça te changera les idées ! Et moi j'ai envie de revoir Ryouta et je suis sûre que les autres aussi ! Tu ne penses pas que ça pourrait être sympa ?!
Et vas-y que je fais ma tête de victime...
Mais, elle n'a pas tort, quelque part. Ça s'est très bien passé la dernière fois, si on omet l'affaire Jean-Jacques, alors… Pourquoi pas tenter le coup ?
- J'en parlerai à Ryouta ce soir d'abord, ok ? Je préfère avoir son avis.
- D'accord ! Tu n'oublies pas, hein Dai-chan ! Pas question que tu te défiles ! Je m'occuperai de tout, tu verras. Toi, tu t'occupes de Ryouta, et moi, je m'occupe de tout le reste !
- Mouais…
De toute façon, on sait aussi bien l'un que l'autre que si je m'occupais des gars… Bah je ne m'en occuperai pas.
La sonnerie de la reprise des cours me parvient, et je me décide à me bouger, malgré l'envie de ne rien faire qui me tiraille. Y a beaucoup de chance pour que je passe mon temps à penser à comment je vais présenter les choses à Ryouta et à ce que je dois prévoir pour ce week-end. Même si Nanami va le briefer, il me restera pas mal de choses à lui dire.
Une fois nos affaires regroupées, on descend du toit et ce mauvais pressentiment me revient. Ce n'est pas comme si quelque chose de mal allait se passer, mais plutôt quelque chose de gênant… Ah, ouais, c'est peut-être ça.
Satsu, Tetsu et leurs manies de trouver notre couple "troooop mignoooon"...
- Hey, Satsu…
- Mh ?
- Interdiction de prendre des photos de nous.
- Rho ! T'es pas drôle Dai-chan. -Me dit-elle, déçue.
Voilà, je le savais que c'était un piège.
Mais j'ai beau dire ce que je veux, je peux la menacer et gueuler à tout va, je sais qu'elle le fera quand même.
Je m'installe confortablement sur le lit de Satsu, qui m'a laissé de l'intimité pour que je puisse parler tranquillement avec Ryouta.
D'ailleurs, je viens de juste de raccrocher. Je m'attendais à voir Satsu débarquer à la minute où j'aurais posé mon téléphone, mais non, même pas. Et je profite grandement de cet instant de calme...
Ryouta a accepté très facilement le programme à partir de vendredi, mais je me doute que c'est parce que Nanami lui en a déjà parlé, en parti. Il avait l'air plutôt content de revoir les gars, vu qu'il s'est amusé à répéter le nom de chacun, avec les détails physiques que je lui avais dit la première fois qu'on les a vus.
Ça me fait plaisir de le voir aussi heureux. Je ne pense pas qu'il comprenne vraiment ce qu'aurait impliqué le retour de ses parents, parce qu'il a l'habitude et que pour lui, c'est normal… C'est vraiment horrible de dire ça.
Mais j'en connais une autre qui va être contente… Elle va pouvoir faire sa soirée…
On va avoir pas mal de trucs à régler ensemble. Genre, où est-ce qu'on va dormir avec Ryouta ? Qu'est-ce qu'on va faire ?
Il va falloir que je prépare un peu le terrain aussi… Quand je parle de terrain, je parle autant de la famille que de la maison. Pour cette dernière, je pense que je vais devoir faire un petit tour de la baraque pour éviter toute crise inutile à Ryouta, à cause d'un truc qui ne serait pas à sa place, selon sa logique spatiale. Par exemple, le tiroir à couverts. Chez lui et chez moi, c'était disposé de la même façon. S'il se décide à fouiller et qu'il voit que ce n'est pas comme d'habitude, il va vouloir ranger… Et qui dit ranger, dit refaire toute la déco intérieur ! Ouais… C'est à éviter…
Et pour la famille Momoi, bah… Je ne vais pas avoir le choix que de leur exposer tout le planning de Ryouta. C'est aussi pour ça que ça me gêne d'accepter que Ryouta vienne, loin de moi de faire penser que j'ai honte de lui, c'est juste qu'il faut que tout le monde se calque sur son planning et ses habitudes. Et ça, ce n'est pas forcément évident de s'y faire, ni de l'accepter.
Faut vraiment pas que j'oublie un détail… Ça ne serait pas gravissime en soi, mais vaut mieux éviter les débordements ou les crises.
Je sens mon portable vibrer dans ma main, et je décroche sans regarder au préalable à qui j'ai à faire. J'imagine tout bêtement que c'est Ryouta, qui aurait oublié de me dire quelque chose… J'aurais dû regarder qui m'appelait.
- Oui ?
- Tu es venu à la maison chercher tes affaires, n'est-ce pas ?
Je me relève d'un coup, posant mes pieds sur le sol pour garder un appui sur le réel.
Pourquoi maintenant ?
- Ouais.
- … Alors, c'est ça ta réponse ? Tu fuis ?!
- Je ne fuis pas !
- C'est complètement immature chaton…
- Pourquoi tu m'appelles ?
Je ne veux pas lui parler. Je ne veux pas avoir affaire à elle. Pas déjà.
J'entends la respiration de ma mère s'accélérer, mais la réponse tarde à venir.
- Je voulais confirmer que tu n'avais toujours pas changé d'avis.
- Et je ne risque pas de le faire tant que tu ne changes pas d'avis non plus.
Pourquoi elle fait ça ? Pourquoi elle ne peut pas juste me foutre la paix ?! Elle a déjà fait trop de dégâts, pourquoi elle a toujours besoin d'en rajouter ? Discuter, discuter… Elle veut toujours parler de tout pour retourner la situation contre moi ! Je l'ai compris, c'est bon.
Je suis en train de devenir quelqu'un de bien, je crois. Pourquoi ma propre mère n'accepte pas ça ?
- C'est complètement débile Daiki. J'ai l'impression que tu ne vois pas tout ce que tu perds.
- Si, t'inquiètes pas, ça je m'en suis bien rendu compte quand je me suis barré et que je me suis retrouvé tout seul.
- Ah ! Donc tu vois…
- J'ai pas fini. Ca c'est ce que je me suis dit quand je suis parti. Parce que c'est ce que tu as toujours voulu me faire croire. Que le monde finit toujours par nous abandonner. Tu te rappelles quand tu me répétais ça ?
- …
- En partant de la maison, j'ai compris que c'était faux. Je pense que j'ai gagné beaucoup plus que je n'ai perdu.
- Comment tu peux oser dire ça ? JE SUIS TA MÈRE !
- Alors assume ton RÔLE, BORDEL !
Depuis quand j'ai une aussi bonne répartie ? Pourquoi je ne raccroche tout simplement pas le téléphone ?
Parce que c'est ma mère, je suis censé tout lui céder et tout accepter ? Toutes ses remarques, toutes ses critiques, je suis censé les encaisser et ne rien dire ?
Je me souviens quand j'étais gamin, qu'elle me disait qu'elle ferait tout pour que je devienne un homme. Je suis quoi à ses yeux, là, maintenant, tout de suite ?
Je vois Satsu ouvrir la porte, me portant un regard inquiet. Je lui fais juste un signe de main, lui faisant comprendre de ne rien faire et de me laisser gérer ça. Elle sort, mais je sais déjà qu'elle est partie avertir sa mère de la situation.
On pose les pions, je sens qu'on se prépare l'un comme l'autre à la dernière argumentation possible entre nous.
- Tu n'as vraiment aucune honte, après tout ce que j'ai fait pour toi…
- Ouais, je suis sûr que t'as sacrifié pleins de trucs pour moi. Sauf que le problème, c'est que la plupart du temps, c'était pour toi que tu le faisais. Quitter papa, c'était pour toi, me laisser toute la liberté du monde, c'était pour toi, me laisser me démerder comme un con, c'était pour toi, toujours essayer de contrôler mes choix, ça aussi, c'était pour toi… N'inverse pas la donne pour te donner bonne conscience.
- Non, mais c'est pas possible ! Vous avez fini de me faire passer pour l'égoïste de service ! Toi et ton père, vous êtes vraiment les mêmes !
- Tu voudrais que je ne le pense pas ? Ok, alors vas-y, donne-moi une bonne raison pour laquelle je devrais quitter Ryouta ! Dis-moi pourquoi je perds mon temps avec lui et pourquoi je suis en train de gâcher ma vie.
C'est sa dernière chance, clairement. Je ne sais pas pourquoi je fais ça, pourquoi je lui permets encore une fois de s'expliquer… Mais sa réponse influencera le premier choix que je devrais faire. Le premier d'une longue série, si vous voulez mon avis…Je n'étais pas prêt à faire ça. Le pire, c'est que je ne sais même pas si on regrette ce qu'on se dit, ou si c'est juste tout ce que nous avons toujours pensé, mais qu'on n'a jamais voulu l'exprimer.
- Parce que tu vas perdre ta mère… Et que tu n'as plus que moi.
Touché, coulé.
Encore une fois, elle se pose en victime. Encore une fois, elle essaye de me faire culpabiliser.
- Mauvaise réponse. -Je lui répond, sûr de moi.
- Pardon ?
- Je ne suis pas seul. Ça, c'est toi qui as essayé de me le faire croire, mais c'est faux.
- Je suis ta seule famille !
- Tu n'as pas d'autres réponses à me donner ? Ça sert à rien de me le répéter, je l'ai compris la première fois.
- Daiki !
- J'me demande quand même si tu te rends compte de ce que tu perds, toi, à agir comme ça ?
Elle m'appelle, d'une façon dont je ne lui connaissais pas. Colérique, presque méchante. C'est limite si elle ne crache pas le prénom qu'elle m'a donné.
Je ne sais même pas pourquoi je lui pose cette question. J'espère sûrement qu'elle me dise qu'elle regrette, qu'elle ne pensait rien de tout ça, qu'elle… Je ne sais pas. Qu'elle fasse quelque chose pour me retenir...
- Tu sais que je pourrais appeler la police pour leur dire que mon fils a fugué ?
Je peux toujours rêver.
- Tu ne le feras pas.
- Et qu'est-ce qui te permets de dire ça ?
- Parce que ça donnera une mauvaise image de toi. Parce que je devrais forcément raconter ce qu'il s'est passé et que même si j'étais obligé de revenir, les gens te regarderont. Et ça, tu ne le supporterais jamais. Même pour me récupérer, tu ne serais pas capable d'assumer tout ce que tu m'as dit.
Un silence se fait, et je sais que j'ai touché juste.
- N'oublie pas que l'adulte ici, c'est moi. Que je reste ta mère, de surcroît. Ne prends pas tes grands airs avec moi, mon garçon, ça ne fonctionnera pas.
- Ça ne vaut plus rien pour moi, tu le sais ça ? J'ai peut-être perdu ma mère, mais toi, tu as perdu ton fils. T'as conscience de ça ? Tu le vis comment ? Tu comprendras un jour que c'est toi qui nous a mis dans cette situation, ou tu te sens juste soulagée de retrouver ta liberté ?
Dis-moi, je t'en pris, dis-moi que tu te rends compte de ce que tu fais ! J'ai toujours tout fait pour que tu sois fière de moi, j'ai toujours pris ton avis en compte, même quand ce n'était pas nécessaire… J'ai toujours voulu que ma mère soit là pour moi, et quand tu me disais "une prochaine fois, promis", j'y croyais. J'ai toujours voulu y croire, même si tu ne venais jamais à mes matchs, ni à mes résultats d'examens, ni à rien de tout ce qui me concernait. Je voulais juste…. Je voulais juste que tu m'aimes. C'était trop demandé?
- Des fois, je me demande pourquoi je t'ai fait…
Ok. Là, ça va au-dessus de tout ce qu'elle a pu me dire dans ma vie. Je me mords la lèvre pour retenir la douleur mentale qu'elle vient de m'infliger.
Je me suis souvent dit que ma mère m'avait abandonné. Mais c'est pire que ça, elle n'a juste jamais voulu de moi.
- T'aurais préféré que j'existe pas ?
- Ça m'aurait peut-être évité beaucoup de problèmes, oui !
Ok…. Ok.
Mon premier choix pour la suite, je le fais maintenant. Pour notre bien à tous les deux, apparemment...
- Sens-toi libre, maintenant, de vivre comme si tu n'avais jamais eu d'enfant. De toute façon, ça ne changera pas grand chose pour toi. N'essaye pas de me revoir, ça servira à rien. Félicitations, tu viens officiellement de perdre ton fils.
- Atte…
Je raccroche. Je n'ai plus que ça à faire de toute façon.
J'ai l'impression d'être vidé de toute mon énergie. Je jette le téléphone à côté de moi sur le lit et me prends la tête entre les mains, les coudes posés sur mes genoux. J'essaye de faire en sorte que les mots de ma mère ne m'atteignent pas, mais c'est dur. Très dur. Involontairement, j'ai encore espéré. Et elle...Elle a dit… Elle aimerait que je n'existe pas. Je n'ai même plus la force de pleurer à ce constat.
J'entends un toquement à la porte, et je sens quelqu'un entrer et se poser à côté de moi. Je reconnais le parfum de la mère de Satsu, qui passe une main dans mon dos. Elle me prend dans ses bras, et je me laisse faire, trop engourdi pour vraiment réagir. Je suffoque, je ne sais plus quoi faire de mes deux mains, ni de moi tout entier. Je prends le temps de me calmer, doucement, pour pouvoir articuler au moins deux mots d'affilés.
- Tu veux m'en parler ?
Je ne vois pas ce que je peux ajouter de plus. Je me doute qu'elle a écouté la moitié de la conversation, même si elle n'entendait que mon côté. Mais je pense que j'ai besoin de dire à haute voix ce que je viens d'entendre. J'ai trop fait la connerie de tout garder pour moi pour savoir que c'est la pire chose à faire.
- Elle a dit… C'était ma mère…
- Je sais…
Elle passe sa main dans mes cheveux et me caresse doucement la nuque pour me détendre et laisser les mots sortir d'eux-mêmes.
- Elle n'a pas vraiment changé de discours… Que je suis comme mon père, que je ne fais que des conneries, que c'est ma mère… Cette fois, elle a juste rajouté le fait qu'elle regrette de m'avoir fait et que je n'aurais pas dû exister.
Je sens la mère de Satsu se braquer contre moi. Elle prend rapidement mon visage entre ses doigts fins, pour me forcer à la regarder dans les yeux.
- Et tu y crois ? Tu penses que c'est vrai ?
- Je sais pas…
- C'est absurde Dai-chan, tu n'as même pas intérêt à penser que c'est vrai.
J'essaye de baisser le regard pour échapper au sien, sérieux. Mais la mère de Satsu fait tout pour garder le contact visuel.
- Pense aux gens qui sont là pour toi Dai-chan. Tu penses que Satsuki aurait préféré que tu ne sois pas là ? Et tes amis ? Crois-tu sincèrement que ton petit-ami aurait préféré que tu n'existes pas ?
Peut-être que la vie de Satsu aurait été plus simple sans moi… Mais je sais que si je lui disais ça, elle me mettrait une claque. Elle m'a assez prouvé qu'elle tenait à moi pour une vie entière. Les gars… Je ne sais pas vraiment. Peut-être que ça aurait été mieux, peut-être pire, j'en sais rien.
Mais pour Ryouta… Je repense à sa façon de me dire qu'il m'aime, à ses sourires, et à toutes ses attentions pour moi. A toutes ces fois où il m'a dit qu'il était heureux avec moi.
- Dai-chan, crois-moi quand je te dis que si tu n'existais pas, il aurait fallu t'inventer !
Un sourire m'échappe. Je ne peux pas faire autrement, c'est dit avec tellement de conviction. La mère de Satsu m'embrasse le front, et me caresse les deux joues. Je me laisse faire, sans même rechigner.
- Dai-chan, tu n'es pas tout seul. Je ne me suis jamais forcée à t'accueillir ici, je dirais même que ça me rassure. Alors, ne t'en fais pas pour tout ça, on va trouver des solutions. Et si tu dois rester jusqu'à ta majorité ou plus, ça sera avec grand plaisir...
Je hoche la tête pour simple réponse, ne sachant pas vraiment quoi répondre d'autre. Je pose mon regard sur elle, avec l'idée de la remercier pour tout ce qu'elle fait pour moi, mais je me retiens. Le fait qu'elle se mordille la lèvre en fuyant un peu mon regard m'indique qu'elle veut me dire quelque chose, sans savoir si elle peut vraiment m'en parler. C'est drôle, Sastu a exactement la même mimique. J'ai juste envie qu'on me laisse seul et de m'enterrer sous la couette pour faire le mort. Et pourtant, je trouve la force de lui poser la question.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Elle me regarde, en continuant de mordiller sa lèvre, et laisse un soupir s'échapper au bout de quelques secondes.
- Tu n'as jamais essayé de recontacter ton père, n'est-ce pas ?
- Non…
- … Je ne sais pas trop comment te dire ça Dai-chan, je ne pense pas qu'il y ait de façon détournée de t'en parler…
- Alors dis-le, tout simplement.
Elle a réussi à titiller ma curiosité. Une vague de stress me prend, ne sachant pas ce que je dois imaginer. Il est mort ? Il a parti à l'autre bout du monde ? Il est homo ? Nan, sérieux, qu'est-ce qu'il se passe ?!
- Dai-chan… Ton père n'a jamais cessé de prendre des nouvelles de toi.
- … Quoi ?
- C'est compliqué… Je ne sais pas si je peux vraiment t'en parler, ça ne devrait pas être à moi de le faire…
- Nan, tu peux pas me laisser comme ça ! Comment ça mon père prend des nouvelles de moi ? Pourquoi je suis au courant de rien ? Pourquoi personne ne me dit jamais rien ?!
- Calme toi… Je vais t'expliquer…
La mère de Satsu caresse le dos de ma main de son pouce, dans un geste de soutien.
Je n'arrive pas à réfléchir, c'est...Trop. Pourquoi on m'a caché ça ? Pourquoi il ne m'appelait pas moi, directement ? C'est quoi encore ce merdier ? J'ai pas eu assez de merdes aujourd'hui ?!...
Elle reprend, après un court silence, pour continuer à me balancer des trucs qui me donnent l'impression de recevoir des coups de machette dans le dos.
- Il n'a jamais changé de numéro, tu sais ? Il attendait que tu l'appelles…
- Pourquoi lui, ne m'a jamais appelé ?
- … En vérité, ça a un rapport avec le divorce de tes parents. Comme tu étais trop jeune pour prendre une décision, il a été décidé que tu resterais avec ta mère.
- Je vois pas le rapport !
Elle ne fait pas attention à mon ton tranchant. Elle passe au-dessus de ça pour me répondre.
- Disons que ta mère a fait signer un papier à ton père, convenant qu'il ne devait plus interagir dans ton éducation, sauf si c'était toi qui le contactais…
- Quoi ? Mais ça n'existe pas ce genre de truc !
- Je n'en sais pas beaucoup plus, tu sais… Je sais juste que ton père a respecté ça, mais que ce n'est pas pour autant qu'il n'a rien fait...
- Il m'a quand même abandonné.
- Ne le vois pas comme ça, Dai-chan…
- Je ne peux pas vraiment le voir autrement !
- Il m'appelle toutes les semaines, tu sais ?
- Satsu est au courant ?!
- Non, elle ne le sait pas… Il s'inquiète beaucoup pour toi, tu sais ? Je ne lui ai pas parlé du fait que tu vivais à la maison, ni de ce qui s'est passé avec ta mère… Ni de Ryouta.
J'ai sérieusement l'impression d'être un acteur de série B, avec les retournements de situations que je vis en ce moment. C'est un pur délire, dites-moi que je vais me réveiller. Je veux qu'on me dise que c'est une blague ! Ça sera toujours moins dur à encaisser que ça...
- Je vais te laisser réfléchir à tout ça… Si tu as la moindre question, le moindre doute, tu sais que tu peux venir m'en parler ?
- Hum…
- Je te donne juste ça, tu en fais ce que tu veux…
Elle me met un bout de papier déchiré dans la main, et referme mon poing dessus. Elle dit que je peux en faire ce que je veux, mais je sais qu'au fond d'elle, elle espère surtout que je ne le jète pas.
- Tu as tellement mûri, Dai-chan, c'est vraiment étrange pour moi de vous voir grandir…
Elle m'embrasse le front, avant de se lever et de sortir de la chambre, en me laissant seul avec moi-même.
Je prends le temps de regarder ce qui est écrit sur le bout de papier. Un numéro de téléphone. Son numéro de téléphone, j'imagine.
Je me laisse tomber en arrière, et pose un bras sur mes yeux. Que je le veuille ou non, je n'arrive plus à penser. J'ai dépassé mon quota pour les prochaines heures…
Moi qui voulais m'enterrer à jamais, je sens que ça ne va pas être possible.
Je sens un poids à côté de moi qui fait bouger le lit. Après la mère, la fille, hein…
Satsu prend ma tête pour la poser sur ses jambes repliées et me caresse les cheveux. Même si je voulais être seul, sa présence me fait du bien.
- Dai-chan, c'est toujours bon pour samedi ?
Je cligne des yeux, essayant de comprendre à quoi elle fait référence… Ah oui, la soirée.
Je suis surpris qu'elle ne me pose pas de questions. Mais en même temps, je pense qu'elle a bien compris que je ne voulais pas en parler. Du moins, pour le moment. Alors… Sûrement qu'elle essaye juste de me changer les idées...
- Ouais, Ryouta est carrément partant…
- Super ! Laisse-moi gérer le reste, Dai-chan !
Je la vois sortir son téléphone, et écrire un sms à toute vitesse, pour ne pas me laisser le temps de changer d'avis.
Je me laisse aller sur les genoux de Satsu et régler les détails avec les autres.
Quand Satsu s'est endormie ce soir-là, j'ai repris le papier où était inscrit le numéro de mon père, pour pouvoir l'enregistrer dans mon répertoire. Une pulsion, un instinct, je ne pourrai pas vraiment dire pourquoi j'ai fait ça.
Mais c'est à ce moment-là que j'ai remarqué que je n'avais jamais supprimé son numéro.
- Je suis tellement, tellement impatiente !
Vendredi soir. Satsu a été surexcité toute la journée. J'étais à deux doigts de la jeter du toit tellement elle était fatigante ! Je n'ai même pas pu faire ma sieste parce qu'elle n'arrêtait pas de piailler à côté de moi !
Puis, depuis qu'elle sait que Ryouta va passer le week-end avec nous, elle est ingérable !
On a dû décider d'où on allait dormir. Ça a été le débat le plus animé de ma vie, je crois. Au final, elle a gagné, on va prendre son lit avec Ryouta et elle compte dormir dans le canapé. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot ! Elle n'a pas pensé au fait que Ryouta risque de ne pas être d'accord avec ça…
Puis, j'ai passé tout un repas à expliquer la façon dont Ryouta fonctionnait aux parents de Satsu. Je déversais un flot de parole incroyable pour être sûr de ne rien oublier… Au final, c'est encore une fois sa mère qui m'a rassuré, en m'affirmant que tout se passerait bien.
J'ai pu re-discuter de ce qui s'était passé avec ma mère avec Satsu, sa mère et Ryouta. Ouais, parce que j'avais… Besoin de lui en parler. Il a été plus patient que la dernière fois pendant mon appel, il a pris le temps de m'écouter avant de me rassurer. Lui, il est content que j'existe, et c'est le principal. Je m'en remets petit à petit de ce que ma mère m'a dit et… Je pense que ce week-end va quand même me faire du bien.
J'essaye de me concentrer sur mes pensées et pas sur la folle à côté de moi, qui est à la limite de sautiller de joie.
J'ai bien vérifié toutes les pièces de la maison ? Ouais, ça c'est bon. Tout le monde est prévenu ? Ouais, ça aussi c'est ok. J'espère vraiment que je n'ai rien oublié. Je re-visualise l'emplacement des produits ménagers, des objets dans la maison, des produits dans la salle de bains… Normalement, c'est bon. Oh et puis de toute façon, s'il y a un truc qui ne va pas, Ryou nous le fera savoir !
On arrive devant la maison et je passe le portail sans sonner, comme je le fais d'habitude. Satsu s'est enfin calmée et se tient presque cachée derrière moi. Elle est sûrement impressionnée par la taille de la baraque.
Je frappe à la porte et Nanami nous ouvre rapidement.
- Salut.
- Salut, Momoi Satsuki derrière moi.
- Moh, Dai-chan ! T'es pas gentil !
Les deux filles se saluent, et je remarque rapidement l'état de fatigue de Nanami, comme si elle était prête à faire un meurtre.
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Ryouta est… Intenable. Si t'as une idée pour le calmer, te gêne pas !
Oula, on est dans un état de crise ? Je laisse Satsu et Nanami ensemble, je sais que d'une manière ou d'une autre, mon amie fera la conversation.
Je monte les escaliers, sans ajouter quelque chose. Autant voir de mes propres yeux ce qu'il se passe.
J'arrive devant la chambre de Ryouta et je frappe, attendant sa réponse avant de rentrer.
Ok, je vois le genre. Ryouta a des envies de déménagement, ou ça se passe comment ?
- Dai-i-ki !
Je le vois arrêter ce qu'il fait pour venir me faire un câlin. Je reste toujours sans réaction face à l'état de la chambre.
- Ryou, pourquoi tu as enlevé tout ce que tu avais dans ton armoire ?
- Je… Je sais pas, pas vraiment… Faut prendre quoi Dai-i-ki ? Je voulais… Je vou-lais prendre ça ! Mais pas ça ! Et…
- Chuuuut…
Aucun doute à avoir, il est juste mort de peur. Je le serre contre moi et lui caresse la nuque pour essayer de le détendre. Je regarde son sac grand ouvert sur son lit, qui n'attend qu'à être fait. J'imagine que Ryouta a passé un long moment à le faire et à le défaire, complètement perdu.
- Tu veux me dire ce qui te fait peur Ryou ?
Il prend un petit temps pour me répondre, et fixe ses mains avant de jouer avec ses doigts. Il a du mal à garder son regard sur quelque chose, et tremble un peu. Je me rends compte à quel point ce genre de situation est difficile pour lui…
- Connais pas… Je sais pas…. On va faire quoi Dai-i-ki ?
Je lui avais dit, à Nanami, que le changement lui faisait peur. Nos sorties, c'était différent, parce que c'était un endroit neutre et qu'on était tous les deux. Chez moi aussi, c'était différent, parce que c'était chez moi et qu'il n'avait pas eu le temps d'y réfléchir. Puis, peut-être que comme c'était chez moi, il en a déduit tout seul la façon dont était rangé ma maison, j'en sais rien… Mais en tout cas, là, il faut que je le rassure…
- Pour ce qu'on va faire, et bien, on va faire comme d'habitude, d'accord Ryou ? On va aller chez Satsuki à pied, puis on va discuter ou faire une activité ensemble. Ensuite, le papa et la maman de Satsuki vont rentrer du travail, donc on parlera un peu avec eux et on va manger tous ensemble. Après on ira prendre la douche, comme d'habitude et on ira sûrement dans la chambre de Satsu. Est-ce que jusque-là, tu comprends ?
- Oui… Oui… On va prendre la douche tous les deux Dai-i-ki ?
- Oui, comme d'habitude. Je resterai tout le temps avec toi, tu n'as pas à t'inquiéter, je ne vais pas te laisser tout seul.
- Et dormir tous les deux ?
- On dormira tous les deux aussi, oui.
- D'accord, d'accord…
Je le sens se détendre dans mes bras. Je pense qu'il avait besoin de ça. J'imagine que quand on ne connaît pas quelque chose… On essaye de se l'imaginer ? Sauf que Ryouta a un peu de mal avec ce qui n'est pas concret. Le docteur Miano m'a dit une fois que c'était plus simple pour lui de s'imaginer les choses si on lui décrivait en détails les lieux, les activités, les personnes… Peut-être que je peux lui dessiner là maison de Satsu ? Ouais, nan, mauvaise idée, je dessine comme une brêle. Par contre...
- Est-ce que tu veux que je te décrive un peu la maison de Satsu ?
- Oui !
Je souris et je réfléchis à comment je peux lui expliquer ça. Je commence par l'extérieur, lui expliquant un peu à quoi ressemble la maison, puis j'essaye de décrire l'emplacement des pièces. Heureusement que la maison de Satsu ne ressemble pas à un manoir, parce que j'aurais eu du mal à faire ce que je fais là ! J'essaye de lui expliquer pièce par pièce ce qu'il peut trouver… Je sais que j'oublie des détails, mais rien que lui décrire tout ça me demande pas mal de concentration ! Je n'ai pas vraiment l'habitude de faire ça, mais je fais au mieux pour rassurer mon amant...
Je tente de lui présenter les choses le plus simplement possible, tout en exerçant des pressions sur ses mains. Il a les yeux perdus dans les vagues, mais je sais qu'il m'écoute attentivement.
Une fois fini, je lui laisse le temps de tout se mettre en tête. Il relève les yeux vers moi et me sourit, plus confiant qu'à mon arrivée.
- Est-ce que tu as des questions ?
- Je prends quoi ? C'est pas, pas facile…
- Tu veux que je t'aide à préparer tes affaires ?
- Hum, je veux…
Je le relâche pour le laisser faire à son rythme.
- On va d'abord ranger tout ça, Ryouta, et on va reprendre au début, d'accord ?
- Hum !
On prend le temps de réorganiser sa chambre, pour qu'il s'y retrouve un peu mieux.
Je lui demande de temps à autre où il range tel ou tel truc -Non, sérieusement, je ne pense pas qu'il va avoir besoin de ses tongs- et je décide de prendre les devants pour faire son sac.
- Ok, alors, je vais te faire une liste de ce qu'il faut prendre, et tu choisis. On fait comme ça ?
- Hum ! Ok !
Okey, donc il reste 3 jours et 2 nuits, en gros. Donc on y va pour la liste des vêtements d'abord. Je m'installe sur son lit, à côté de son sac de sport, pour pouvoir contrôler discrètement ce qu'il prend. Je lui énumère ce qu'il faut et il choisit sans faire d'histoires. Je le trouve même très sérieux dans sa tâche. Je ne dois pas me planter non plus. J'ai vraiment envie que ce week-end se passe bien, même si on n'est jamais à l'abri d'une crise.
On part ensuite dans la salle de bains pour pouvoir prendre ses effets personnels et on retourne dans la chambre. Je lui propose de prendre de quoi s'occuper s'il veut et je le vois prendre une trousse, des feuilles et un cahier.
Bon… Je crois qu'on est bien là…
- Tu penses que tu as tout ?
- Hum ! C'est bon, c'est bon !
- Alors, on y va ?
- Oui !
Même si je le sens toujours stresser, il y a du mieux. Ryouta met ses chaussures et sa veste sans perdre plus de temps. Il prend son sac, refusant catégoriquement que je le porte, et regarde une dernière fois sa chambre.
On ferme les volets, puis la porte, avant de descendre les escaliers. Nanami et Satsu sont en train de discuter, autour d'une boisson.
Ouais… On a mit pas mal de temps, donc, ce n'est pas plus mal !
- Bonjour !
- Bonjour Ryouta !
Je laisse mon amant avec Satsu, lui laissant le temps de prendre ses repères avec elle. Ryouta se sent même capable de poser une main sur le bras de Satsu pour lui parler et je note cet effort dans un coin de ma tête.
Je me dirige vers Nanami, pour voir les derniers détails.
- Ça a été ?
- On a refait toute sa valise, et ranger toute sa chambre, mais je pense que c'est bon !
- C'était pas gagné… Je te jure qu'il allait me rendre dingue…
Je rigole doucement, comprenant sa façon de penser. Ce n'est pas forcément la personne la plus patiente du monde, moi non plus à l'origine, mais elle fait ce qu'elle peut.
- Des derniers détails à me faire savoir ?
- Nan, normalement, j't'ai tout dit… Si y a un problème, tu m'appelles ?
- Destresse, je gère. C'est pas la première fois que je reste avec lui tout un week-end, je te rappelle !
- Ouais… Je sais…
- Donc, on va y aller. Bon courage avec tes parents…
- Ça, oui, il va m'en falloir !
Je lui souris, et je retourne voir mon amant. Une dernière salutation, un dernier geste de la main, et nous voilà partis pour un week-end qui s'annonce haut en couleurs…
Je prends la main de Ryouta, pour qu'il capte ma présence et ne se laisse pas aller à ses appréhensions.
La maison de Satsu en visu, elle se met devant nous pour parler à Ryouta et lui expliquer où elle habite. Mon amant l'écoute attentivement, en secouant la tête de temps à autre. Arrivés devant le portail, j'entends Ryouta murmurer les indications que je lui avais dites dans la chambre. Je ne me suis pas trop planté apparemment, parce qu'il a l'air de reconnaître ce qu'il s'est imaginé.
Une fois arrivé dans le salon, Ryouta pose son sac et commence son inspection. Satsu me regarde, se demandant sûrement ce qu'il fait, mais je ne m'en occupe pas. Je le suis juste au moment où je le vois disparaître dans le couloir, pour lui expliquer telle ou telle pièce. Il se familiarise doucement avec les lieux, et Satsu nous regarde faire, en restant en retrait.
Je crois qu'elle comprend mieux ce que je voulais dire par "Chaque chose en son temps et chaque chose à sa place".
Ryouta semble satisfait de la visite guidée improvisée et se détend. Il retourne au salon et continue son inspection, mémorisant petit à petit l'emplacement de chaque objet. On le laisse faire, le silence nous accompagne, reposant. Enfin, pour moi du moins, parce que Satsu n'a pas du tout l'air d'être à l'aise dans sa propre baraque. Je l'avais prévenu…
Je vois Ryouta s'arrêter devant la bibliothèque de la famille Momoi et...Commencer à retirer tous les livres des étagères pour les poser sur le sol. Attends… Oh, merde…
- Qu'est-ce que tu fais Ryouta ? - Je lui demande, une fois à côté de lui.
- Ranger !
- C'est pas rangé, là ?
- Non !
Disons plutôt que ce n'est pas classé comme il l'entend… Je n'ai pas du tout pensé à regarder les bouquins… Pourtant, il l'avait fait chez moi aussi, dans ma chambre, la première fois qu'il est venu… Je n'y avais pas fait attention plus que ça, mais maintenant, je m'en souviens… En même temps, ce n'est pas comme si je touchais beaucoup aux livres que j'avais…
- Tu ranges comment, Ryou ?
- Avec les lettres !
- Par ordre alphabétique, tu veux dire ?
- Hum !
- Je te laisse faire… Mais ne mets pas trop le bazar, d'accord ?
- Promis !
Je vais voir Satsu pour la rassurer sur le comportement de Ryouta. C'est vrai qu'elle ne l'a vu qu'un après-midi, et que malgré toutes mes préventions, ça fait toujours bizarre la première fois.
- Il fait souvent ça ?
- On a pas vraiment l'habitude de sortir des sentiers battus, tu sais…
- Je comprends mieux pourquoi tu as fait 50 fois le tour de toutes les pièces…
- Ouais. Mais j'ai pas pensé aux bouquins…
- Le contraire m'aurait étonné Dai-chan…
Je préfère ignorer son commentaire...
- Si tu nous cherches… Bah, on est là ! T'es pas obligée de rester plantée là, t'es chez toi, et tant qu'on laisse Ryouta faire, il dira rien.
- D'accord…
Elle se dirige vers sa chambre, sûrement pour se changer. Je défais ma cravate et me pose à côté de Ryouta.
- Tu veux aider ?
- Pourquoi pas, tiens…
Allez, ce n'est pas bien compliqué… Et si ça ne lui plaît pas, bah, je sais qu'il fera à sa sauce.
Alors, quand la mère de Satsu rentre chez elle, elle a l'honneur de voir deux couillons en train de trier ses bouquins dans le salon. Je l'entends rire doucement, sans faire de commentaires et s'approcher de nous après avoir posé ses affaires.
Elle s'accroupit devant Ryouta, qui est concentré sur ce qu'il fait.
- Bonjour…
Il sursaute un peu et je pose une main sur sa jambe, pour ne pas qu'il prenne peur.
Il se tourne vers la mère de Satsu, un sourire sur les lèvres et un livre dans chaque main.
- Bonjour !
- C'est Hitori, la maman de Satsu…
- Enchantée… Tu t'appelles Ryouta, c'est bien ça ?
- Hum ! Je m'appelle Ryouta !
La mère de Satsu garde un petit sourire en coin des lèvres, et lui parle doucement, sans le brusquer, mais sans en faire des tonnes. C'est ce que j'aime chez cette femme, elle reste naturelle avec tout le monde.
Elle se relève, nous faisant savoir qu'elle va préparer le repas. Je préviens Ryouta que je reviens avant de la suivre dans la cuisine.
- Je suis désolé pour les bouquins, j'avais pas…
- Hey, ce n'est pas grave Dai-chan, ça ne me dérange pas. Ne stresse pas autant, je vois que tu t'inquiètes beaucoup pour ton petit ami, mais tu m'as l'air aussi stressé que lui ! Détends-toi, tu nous as assez parlé de Ryouta pour qu'on comprenne qu'il a besoin de faire ce qu'il fait ! - Me dit-elle, toujours avec son sourire doux sur les lèvres.
- Ouais…
- Retourne le voir ! Je vous appelle quand le repas est prêt.
Elle me jarte presque de la cuisine en me poussant dans le dos.
Cette femme est géniale ! Je ne peux pas m'empêcher de lui embrasser la joue, avant de retourner voir mon amant.
Il n'a pas bougé de sa place, continuant son affaire.
Je m'y remets aussi, jusqu'à l'arrivée du père de Satsu. Il a l'air plus surpris que sa femme de nous voir classer sa bibliothèque, mais ne dit rien. Il laisse échapper un petit rire, avant de venir se présenter à son tour.
Satsuki nous rejoint un peu plus tard, pour nous filer un coup de main. En vrai, c'est plutôt marrant ce qu'on fait. Ryouta nous fait savoir quand on se trompe, et c'est assez drôle de voir qu'il est plus rapide que nous par moment.
A trois, on termine plus rapidement que je ne le pensais et je finis par m'allonger sur le sol pour me détendre. C'est crevant quand même de classer des trucs. Ryouta se rapproche et s'agenouille à côté de moi.
- Ça va mieux ? - Je lui demande en passant une main dans ses cheveux.
- Oui !
- Tant mieux...Dis-moi s'il y a quelque chose d'autre qui te perturbe, d'accord ?
- D'accord, d'accord.
Ryouta pose un léger baiser sur mes lèvres et j'entends Satsu couiner à ce geste.
- Interdit.
- Mais... !
- Interdit !
- Mais je n'ai rien fait !
- Interdit quoi Dai-i-ki ?
- De prendre des photos de nous…
- Pourquoi ?
- Parce que je n'ai pas envie et que je sais qu'elle va pas arrêter de m'embêter avec ça…
- Hum, d'accord, d'accord. Pas de photos Sat-su !
- D'accord, je ne prendrai pas de photos ! -Dit-elle en levant les deux mains, en signe de paix. Je l'entends murmurer quelque chose, sans arriver à distinguer ce qu'elle dit.
- C'est l'heure Dai-i-ki…-Dit-il en me montrant sa montre.
- Je sais… La maman de Satsu va nous appeler quand le dîner sera…
- A table !
- ...prêt…
- La maman de Satsu a appelé !
Je me relève en lui tendant la main, pour qu'il suive mon mouvement.
Je laisse Ryouta se placer à table et m'installe à côté de lui.
Le repas se fait dans une super ambiance, la famille Momoi sollicite pas mal Ryouta pour discuter, Satsu raconte un peu ce qu'il s'est passé lorsqu'ils se sont rencontrés pour la première fois… Elle ne peut pas vraiment s'empêcher de commenter à quel point "on est trop chou", et apparemment, la mère est du même avis. Je fais profil bas, en me disant que je n'ai pas fini d'en entendre parler. Et ce n'est pas comme si le père de Satsu allait m'aider, bah nan, il préfère se marrer du comportement des deux femmes à table. Et la solidarité masculine, hein ?!
Bref, à part ça, tout se passe bien, Ryouta se sent à l'aise et a l'air de vraiment faire bonne impression, et ça, ça me fait plaisir. C'est un peu comme si je leur présentais leur gendre, vu qu'ils ont plus été des parents pour moi que les miens. Donc, de savoir qu'il est accepté, ça m'enlève un poids...
Une fois le repas fini et la table débarrassée, Ryouta s'approche de moi et me colle sa montre sous le nez pour me faire savoir la suite du programme, même si je m'en doutais déjà.
- Douche ?
- Yep, on va chercher nos affaires et on y va !
On prend son sac dans l'entrée et des affaires pour moi et je préviens Satsu qu'on emprunte la salle de bains.
Je la vois en train d'essayer de dissimuler un sourire, mais ses yeux qui pétillent ne peuvent pas me duper.
Avant de refermer la porte de la pièce, j'entends la voix de mon amie, qui trahit son émoi...
- Maman, ils vont vraiment prendre leur douche ensemble ?…
- Apparemment…
- Oooooh…
Espèce de fangirl.
La nuit est bien tombée maintenant, et nous avons passé le reste de la soirée tous les 3, à discuter sur le lit de Satsu.
Je suis posé contre le mur, Ryouta entre mes jambes, son dos contre mon torse et Satsu s'est assise contre la tête de lit. Je vois bien qu'elle a très envie de prendre son téléphone à côté d'elle, pour nous inonder sous le flash. Mais elle ne le fait pas. Pas encore. Ce qui ne l'empêche pas d'envoyer régulièrement des messages à une certaine personne que je suppose être Tetsu. Ils font vraiment la paire ces deux-là...
Ryouta est comme qui dirait en train de somnoler sur moi, et je me dis qu'il est sûrement temps d'aller nous coucher. Surtout que demain risque d'être une longue journée pour lui.
Je soumets l'idée à Satsu, qui s'apprête à sortir de la chambre pour nous laisser son lit, comme elle l'a exigé. Pour ma défense, elle n'a pas du tout voulu écouter mes arguments contre. Mais comme je l'ai dit… Je n'ai pas joué ma dernière carte.
- Dors où Satsu ?
- Sur la canapé, dans la salon, Ryouta. - Lui dis-je, en me mettant déjà sous la couette.
- Mais non ! Faut dormir dans la chambre !
- Ne t'inquiètes pas Ryouta, ça me va parfaitement comme ça !
- Mais le salon, c'est pas pour dor-mir !
Et ouais… La carte de mon amant. On dort dans une chambre, point.
- Tu n'oserais quand même pas contredire Ryouta ? Hein, Satsu…
- … Dai-chan, tu le savais dès le début que ça se passerait comme ça…
- Ouep.
- Mouh ! Bon, bah, je vais chercher un futon alors, je vous laisse quand même mon lit ! Pas de discussion ! Ca vous va comme ça ?
- Ryouta ?
- Hum…
Satsu prépare son lit de fortune, et même si ça me fait chier de la laisser dormir là-dessus, je ne veux pas imposer ça à Ryouta. Dilemme… Qui se résout quand même facilement, vu que je n'ai pas mon mot à dire !
Ça va être drôle demain, si tout le monde reste dormir… Je vois déjà Ryouta faire une scène, expliquant qu'on doit tous dormir dans la chambre de Satsu. Ça va être magnifique…
Ryouta me rejoint sous la couette, s'installant confortablement, et j'en profite pour nous recouvrir de la couette. Satsu est déjà prête pour dormir et nous regarde fixement, comme pour ne pas louper une miette du spectacle. Sauf qu'on est pas à la foire ici, elle verra rien du tout !
- Bonne nuit Satsu.
- Bonne nuit Sat-su... - Dis mon amant, déjà sur le point de s'endormir.
J'éteins la lumière, laissant le noir nous envelopper et nous cacher du regard curieux de mon amie.
- Mouh ! Dai-chan, t'es pas sympa !
- J'ai dit, Bonne nuit Satsu.
- Je me vengerai Dai-chan… Bonne nuit !
Je profite de l'obscurité pour embrasser mon amant, et lui souhaiter une bonne nuit en chuchotant. Il ne répond qu'à peine, se rapprochant de moi dans son demi-sommeil. J'entends la respiration de Satsu se calquer sur celle de Ryouta et je ne mets pas beaucoup de temps à les rejoindre dans les bras de Morphée…
Vous aussi, vous vous dites que ce n'est pas une bonne idée de laisser le champ libre à Satsu pour faire ce qu'elle veut ?
… On verra bien demain matin...
