Hey ! Bonjour, bonsoir à tous et à toutes !

Me re voici pour le chapitre 22 PART1 de "Son monde à lui" !

Ce chapitre se scindera en deux parties, puisque j'avais trop de choses à dire, je voulais aborder trop de sujets, et quand j'ai vu que j'étais déjà à plus de 20 pages... Je me suis dit qu'il fallait que j'arrête à un moment !
On part sur un chapitre assez calme, tout en simplicité et en douceur, en tout cas pour la première partie !

Merci à Haru-carnage, miss Neko Tenshi, KaraZK, Alsco-chan, satokooo, Oohfemmeluxieuse, loloyaoi, Typone Lady, Futae, Neko Cornelia et Ghin pour vos reviews !

Merci à ceux qui follow et/ou mettent en favoris cette histoire !

Merci pour votre soutien, vraiment !

Et sur ce, Bonne Lecture !


*Réponses Guest :

NekoCornelia : Merci pour ta review ! Ce n'est rien, merci de prendre le temps de laisser ta trace, ça fait très plaisir ! Woaw, tu attaques fort avec touts ces compliments. Tu vas me faire rougir et me rendre niaise ! Je ne sais pas trop quoi répondre à ça, à part un grand merci. Vraiment. Comme beaucoup, tu n'as pas été convaincu par le thème, je te rassure, tu n'es ni la première et tu ne seras peut-être pas la dernière ! Si le Aokise est devenu ton OTP, j'ai rempli ma mission ! C'était important pour moi que Ryouta ait l'air... Unique, mais comme tout le monde. Parce que lui, il ne veut pas être traité différemment parce qu'il est autiste. Il a conscience de sa spécificité et Daiki l'accepte comme il est. Aussi, je voulais montrer qu'on ne vit pas dans un monde de bisounours, mais qu'on peut s'en sortir quand même. Aaah... Les lemons... C'est toujours plus dur à écrire qu'à lire, donc je suis contente de voir qu'ils ne font pas tâches dans l'histoire ! Encore merci pour tout, bonne lecture et mon mot de la fin sera : AOKISE FOR EVER ! A la prochaine !


~ CHAPITRE 22 PART 1 ~


C'est un bruit qui me réveille ce matin-là. Je sens le souffle de Ryouta dans mon cou, et son corps collé contre le mien. Encore dans le coltard, je ne sais pas vraiment d'où provient le son, ni ce que ça implique. J'essaye de me remettre les idées en place, malgré l'envie de retourner avec mon amant aux pays des rêves.

Quelque chose n'est pas normal. La situation me dépasse un peu, mais quelque chose me dit que quand j'ouvrirai les yeux, ce que je verrai ne me plaira pas.

Ok, on se concentre. Pourquoi j'ai l'impression qu'il y a quelqu'un sur le lit, avec nous ?

Je vais la tuer.

- Satsu…

J'ouvre un oeil brumeux sur l'intruse qui profite de mon état pour faire ce que je lui ai explicitement interdit de faire.

Satsu est penchée sur nous, téléphone à la main, se prenant pour une paparazzi en herbe. Au moins, elle a eu la décence de ne pas mettre le flash.

- Tu as deux secondes pour dégager, sinon je te jure que je vais te torturer jusqu'à ce que mort s'en suive.

Elle ouvre grand les yeux, surprise de s'être fait attraper en flagrant délit, et ne prend même pas la peine de peser le pour et le contre pour prendre la poudre d'escampette.

Je me tourne vers mon amant pour le prendre délicatement dans mes bras, en espérant que le sommeil veuille bien encore de moi.

Prêt à me rendormir, j'entends encore une fois ce petit bruit si caractéristique, avant que la porte ne se referme.

Je vais définitivement la tuer.


A moitié endormi, la tête dans les bras sur la table de la cuisine, j'essaye par n'importe quel moyen de ne pas écouter Satsu et Ryou parler de trucs totalement niais à côté de moi. Mon amant m'a encore une fois tiré du lit, à peine avais-je ouvert un oeil.

Je n'ai même pas la force d'engueuler mon amie pour ce qu'elle a fait ce matin. Plus tard. La vengeance est un plat qui se cuit… Nan, qui se congèle… Non, plus… Oh et puis merde, je ne sais plus.

Je sens les bras de Ryouta m'entourer, son torse contre mon dos, et sa tête se pose délicatement contre la mienne. Il me caresse le ventre tout en me parlant à voix basse.

- Pas dormir Dai-i-ki, plus l'heure...

Je me relève un peu, sans me brusquer pour ne pas entrer en collision avec le menton de Ryou. Je le fixe, le regard fatigué et il me lance l'un de ses sourires qui me font tomber amoureux de lui un peu plus à chaque fois. Que voulez-vous que je dise à ça ?...

Je m'assois correctement pour pouvoir le tirer vers moi et l'installer sur mes genoux.

Profite Satsu, je ne suis pas assez réveillé pour t'empêcher de faire quoi que ce soit.

Ryouta me caresse les cheveux, tandis que je pose ma tête sur son torse. Si je ferme les yeux, je m'endors. Il m'embrasse doucement le front, m'incitant à sortir des limbes du sommeil.

Je prends la tasse en face de moi et avale quelques gorgées pour permettre de reprendre pied sur la réalité.

Je vois Satsu, en face de nous, les deux coudes sur la table et la tête dans les mains, en train de nous regarder avec des yeux pétillants. Je suis sûr que si elle ouvre la bouche, elle vomira des arcs-en-ciel, au stade où elle en est…

- On fait quoi aujourd'hui Dai-i-ki ?

- Qu'est-ce que tu as envie de faire ? - Dis-je ne me frottant les yeux.

- … Sais pas, moi… Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? -Me demande-t-il le plus simplement du monde. Je me tourne vers Satsu, sachant pertinemment que c'était une question rhétorique, plus pour lui-même, et que Ryouta n'attend aucune réponse de ma part.

- T'as une idée Satsu ?

Elle sort de sa léthargie à ma question, abandonnant son monde de bisounours gays.

- Euh… On peut… On peut préparer la soirée ? Voir ce qu'on pourrait faire et comment on s'organise ? Puis il y a quelque chose que je voudrais montrer à Ryouta !

Pour la première partie, c'est une excellente idée. Mais je me méfis clairement de ce qu'elle veut lui montrer…

- Ouais, on peut faire ça ! Tu te sens prêt à organiser une fête, Ryou ?

- Jamais fait ça !

- On fera ça ensemble d'accord ? Et comme ça, tu sauras comment ça se passera et il n'y aura pas trop de surprises, ok ?

- Ok !

On finit tranquillement le petit-déjeuner, sans que Ryouta ne quitte mes genoux.

Après ça, on se prépare tranquillement chacun notre tour. Il va falloir que je voie avec Ryouta pour ses rituels quotidiens, pour voir s'il veut tout garder comme d'habitude, ou s'il préfère faire en fonction de la soirée. Les parents de Satsu sont déjà partis pour le week-end, nous laissant la maison pour nous seuls.

On a établi notre camp sur la table basse du salon pour pouvoir tout organiser. Chacun dans un coin, on essaye de trouver des activités, des jeux simples pour que tout le monde puisse participer et que Ryouta ne se perde pas dans les règles. On pense à des jeux de société, passant par des jeux de cartes et à ceux de questions/réponses, mais aussi à des actions vérités et autres. On prend le temps d'expliquer à chaque fois les règles à Ryouta, qui nous dit si ça lui semble compliqué ou pas. Je pense qu'avec ça, on tiendra la soirée sans s'ennuyer, même si on risque de surtout parler, je préfère qu'on pense à des activités au cas où. Ça sera un peu mort de proposer un basket en plein milieu de la nuit.
On a appris tous les deux de la bouche de mon amie qui viendrait ce soir… Je lui ai rapidement parlé de ceux qu'il avait déjà vu, juste pour lui remettre en mémoire, puis le seul nouveau… Je ne savais pas qui c'était. Le copain de Murasakibara, apparemment...

Satsu nous parle également de ce qu'elle avait prévu en nourriture et au niveau du couchage. Et… Comment dire ? Autant les pizzas, ça n'a pas été un problème pour Ryouta… Autant, il faut essayer de lui faire comprendre que, non, on ne pourra pas tous dormir dans la chambre de Satsu. Je ne pense pas qu'on puisse dormir à 9 dans la chambre, même avec toute la volonté du monde. Mais je vois bien que ça le perturbe…

- On essaiera de tous nous caser dans la chambre de Satsu, ok Ryou ? Mais si on voit que ce n'est pas possible, il y en a qui dormiront dans le salon. C'est n'est pas grave, et il ne faut pas t'inquiéter de ça. D'accord ?

- Hum…

On finit rapidement par se décider au final, et la journée passe tranquillement, entrecoupée du repas et des différentes pauses qu'on s'autorise entre quelques explications et décisions.

- Ça, c'est fait…

- Ouuuh.. Je ne me serai jamais doutée que c'était aussi compliqué de faire une soirée ! - Réplique Momoi, en s'étirant sur le sol.

Passons ensuite aux autres explications avec Ryouta. En fait, vu tout ce dont on a déjà parlé, il ne me reste qu'une chose à élucider. La douche.
Ryouta se rapproche de moi et s'allonge en posant sa tête sur mes cuisses. On l'a épuisé avec toutes nos explications. C'est con, parce que la fête n'a même pas commencé ! Bref, je profite de son état pour le questionner une dernière fois.

- Ryou…

- Oui ?

- J'ai encore une question pour toi, la dernière. D'habitude, on prend la douche le soir, mais est-ce que tu préfères la prendre avant que tout le monde arrive, pour être tranquille ? Ou est-ce que tu préfères faire comme d'habitude ?

- Je sais pas, Dai-i-ki…

- Pour être plus clair, soit on prend notre douche maintenant, et donc on sera tranquille ce soir, soit on fait comme d'habitude et on laissera les autres quelques minutes le temps de nous laver. C'est toi qui décides.

Je le vois baisser la tête, pas sûr de ce qu'il doit décider. Je le vois lever sa main pour l'amener à sa bouche, mais je le freine dans son geste. Je lui laisse le temps de réfléchir et de prendre sa décision.

- Avant. Je crois… Je crois que… C'est mieux, un peu mieux avant.

Je passe ma main dans ses cheveux pour qu'il me regarde.

- Alors ça sera avant.

- Maintenant ?

Je regarde l'heure sur l'horloge du salon. Il est 16h30 et ils sont censés arriver à partir de 18h. Je ne voulais pas que la soirée se fasse trop tard, Ryouta n'est pas un couche-tard.

- Si tu veux…

- Attendez, je peux te montrer quelque chose d'abord, Ryouta ? - Nous coupe Satsu.

- Oui, tu peux me... Me montrer quel-que chose… Mais après, douche ?

- Oui, oui, après je vous laisse aller prendre votre douche, mais je veux vous faire découvrir quelque chose ! Surtout toi Ryouta !

On voit Satsu s'enfuir vers sa chambre puis revenir quelques secondes plus tard, un manga dans les mains. C'est quoi encore son délire ?...

Elle s'assoie sur le canapé et nous fait signe de la rejoindre.

Je m'installe à côté de Ryouta, sans trop m'occuper de la nouvelle lubie de Satsu. Ryouta connaît déjà les mangas, elle ne va rien lui apprendre…

- Tu sais ce que c'est Ryouta ?

- Un livre !

- Oui, mais c'est plus que ça ! C'est un manga ! Mais ce n'est pas n'importe quel genre de manga, c'est ce qu'on appelle un yaoi ! Regarde...

Un quoi ? Jamais entendu parler de ça.
Elle ouvre le bouquin sous les yeux curieux de Ryouta pendant que je laisse un bâillement montrer mon ressenti du moment.

- C'est deux, deux garç-ons !

- Exactement ! C'est l'histoire d'amour de deux garçons ! Comme Dai-chan et toi ! Tiens, tu peux regarder si tu veux !

Je vois Ryouta prendre le livre et tourner les pages, sans vraiment les lires. Les mots de Satsuki font leur chemin petit à petit dans ma tête. Deux garçons… Comme Ryou et moi… Deux garçons… Non. Ça ne peut pas être ça !

Je tourne la tête pour vérifier quand même, et je surprends Ryouta en bug total devant le livre. Je me penche pour pouvoir voir ce qu'il voit et…. PUTAIN ! C'EST PAS VRAI !

J'arrache un peu subitement le livre de ses mains. Nan, mais elle n'a pas idée de lui montrer des trucs comme ça ! On peut dire tout ce qu'on veut sur mon ancienne addiction aux revues pornos, mais ça… C'est exactement la même chose !

Je m'explique. Ryouta buguait devant les dessins de deux mecs en plein acte ! Fellation et coït anal à l'appui ! Mais le truc bien explicite quoi !

Merde, je comprends mieux l'affection et l'intérêt de Satsu pour notre couple si elle lit des trucs comme ça !

Attends… Elle n'espérait quand même pas avoir des détails. Genre que Ryouta lui livre des trucs sur notre vie sexuelle sans le vouloir ?…

- T'as pas idée de lui montrer des trucs comme ça, Satsu ?! Bordel… Viens, Ryou, oublie ça, on va prendre la douche…

- Dai-chan, je voulais juste vous montrer que ce genre de manga existe et… Que ça plait ! Je voulais rien montrer de mal et j'ai pris un de mes mangas les plus soft…

- Genre, tu n'avais aucune idée derrière la tête ?

- … Peut-être que si, mais pas vraiment ! Dai-chan, m'en veux pas…

- J't'en veux pas, mais réfléchis avant de montrer des trucs comme ça. Viens Ryouta...

Ryouta prend la main que je lui tends et me suis, sans un mot. Il ne réagit toujours pas, et je prends nos affaires avant de nous enfermer dans la salle de bains. Il ne bouge pas et reste à me fixer sans dire un mot, ce qui devient un peu flippant, je l'avoue. Je passe mon tee-shirt par-dessus ma tête, et m'approche de lui pour lui parler. Je ne sais pas s'il est choqué ou si c'est autre chose… Mais son comportement reste étrange. Il ne lâche pas mon torse du regard, et reste concentré dessus, sans se préoccuper du reste.

- Ryouta…

Il sursaute un peu, avant de me regarder, puis baisse la tête et rougit. Je pose ma main sur sa joue pour lui relever le visage, doucement.

- Qu'est-ce qu'il se passe Ryou ?

Sa respiration s'accélère un peu, comme s'il était paniqué par quelque chose. Je lui apprendrais à Satsu à le mettre dans des états comme ça !

- Dai-i-ki…

Mon nom sonne comme un plainte. Il s'éloigne un peu de moi et s'accroupit brusquement, les deux mains sur l'entrejambe.

Oh… oh… Merde. Nan, en fait, il n'est pas paniqué. Je crois qu'il est excité…

Mais pourquoi il a l'air gêné ? Enfin, je veux dire… S'il y a bien un sujet sur lequel Ryou est très décomplexé avec moi, c'est celui-là ! Il n'est peut-être pas habitué à avoir ces réactions involontaires…
Ou alors… C'est parce qu'on n'est pas tout seul. Que je lui avais dit qu'on pouvait faire l'amour quand on était seul. Donc, il ne sait pas comment régler le problème…

Je regarde la douche près de moi. C'est vrai qu'on n'a jamais testé… Ça serait con de mourir ignorant.

Je m'approche de lui et prends le temps de l'aider à se relever, l'encourageant par quelques murmures. Je prends son visage en coupe, et l'embrasse de tout mon saoul autant pour finir de l'exciter que pour le rassurer sur son état. Ce n'est pas que, mais l'idée d'une petite séance de sexe dans la douche me plait bien.

Puis, c'est une façon pour moi de me venger de Satsu. Vu que ses parents ne sont pas là, je suis persuadé qu'elle a l'oreille collée à la porte pour nous écouter. Elle voulait des infos sur notre vie intime ? Elle va en avoir…
Je ne sais pas, mais quelque part, savoir qu'il faut rester un minimum discret pour ne pas être surpris est intéressant.

Je relâche ses lèvres, et commence à le déshabiller pour pouvoir passer aux choses sérieuses. J'en profite pour lui laisser quelques baisers ici et là, et anéantir un quelconque refus de sa part.

Il a l'air vraiment impatient, même sans mot, je le vois dans ses yeux brillants. Il me dévore littéralement du regard et n'attend que mon signal pour pouvoir me toucher.

Une fois tous les deux nus, je le tire avec moi vers la cabine de douche, baisse le pommeau pour ne pas se prendre de la flotte dans la gueule et allume l'arrivée d'eau.

Je sens les mains de Ryouta sur mon corps, sa peau rencontrer la mienne et son érection frôler mon bassin.

Je retourne l'embrasser, et nos respirations se saccadent, au rythme de notre passion. Ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça, vu qu'il ne me repousse pas. Ses deux mains sur ma nuque m'incitent même à continuer.

Je ne m'occupe plus du tout de ce qui se passe autour de moi, complètement aveuglé par le désir que j'ai pour Ryouta.

On ne va pas se compliquer la tâche, et on va partir sur la base. Je ne me vois pas lui donner une fellation, en me faisant noyer sous l'eau et en sachant que nous devons rester un minimum discret.

Je sens la main de Ryouta passer entre nos deux corps et commencer un mouvement lent sur mon sexe. Je soupire de contentement, et le laisse prendre les rennes quelque temps.

Ses mouvements sont plaisants pour m'exciter, mais quand ils commencent à être frustrants, je le fais lâcher prise et le colle doucement contre la paroi de la douche, pour avoir un appui. Je colle mon corps au sien et laisse ma langue aller à la rencontre de la sienne, pour avaler ses soupirs et ses futurs gémissements.

Je prends nos deux sexes en main, ce qui le fait trembler. J'avais oublié à quel point il pouvait être sensible. Je commence un mouvement de poignet pour nous faire du bien, et Ryouta ferme les yeux sous le plaisir qu'il ressent. Je le laisse respirer quelques secondes en sachant pertinemment que je devrais rapidement reprendre ses lèvres d'assaut pour rester discret.

Je ne peux pas m'empêcher de le regarder… A chaque fois qu'on s'est laissé aller à notre intimité, on était dans la pénombre, ou dans une ambiance tamisée. Là, j'ai une vision plus que clair du corps de Ryouta. Je vois et ressens chacun de ses frémissements, chacun de ses gestes, chaque haché dans sa respiration… Je vois chacune de ses réactions corporelles et épidermiques et... Je crois bien que c'est le meilleur aphrodisiaque que je n'ai jamais eu, si je ne compte pas ses gémissements lascifs.

J'accélère le mouvement de mon poignet et Ryouta se cambre légèrement pour rapprocher son corps du mien. Ses doigts se font plus insistant sur mon corps et sa voix commence à se perdre dans des plaintes qui me plaisent terriblement, mais qui ne doivent pas se faire entendre.

- Chut… Faut rester… Discret… - Lui dis-je, ma bouche presque collée à la sienne, le souffle saccadé.

- Aaah… han Dai…..

Je colle mes lèvres aux siennes, dans un contact doux, lent, à des années-lumières du mouvement de ma main sur nos sexes. Même à travers nos lèvres, j'entends les complaintes de plaisir de mon amant qui lance ses hanches à la rencontre des miennes.

Je ressers ma poigne entre nos corps, accélère encore une fois, nous sentant proche du point de non-retour. Je ne peux pas m'empêcher de stopper notre baiser, pour pouvoir reprendre mon souffle et ne pas faire un malaise dans cette stupide douche. L'eau coule toujours sur nous et rajoute un côté érotique à la scène. Nos corps humides et la buée qui se dessine sur les vitres y sont pour beaucoup. Je passe ma main sur nos glands, refermant les doigts dessus et continue le traitement que je nous inflige. Ryouta se mord la lèvre, mais finit par ouvrir la bouche et laisser s'échapper un long gémissement audible.

Je retourne m'occuper de ses lèvres, ne voulant partager ça avec d'autres personnes.

Je sens mon amant se crisper contre moi, signe qu'il a franchi sa limite. Il sert ma nuque comme pour m'empêcher de m'éloigner et finit par jouir dans ma main, dans un gémissement que même mes lèvres ne pouvaient pas retenir. Tous ses muscles se détendent d'un coup, tandis que sa jouissance entraîne la mienne et que je me laisse aller à mon tour, me mordant violemment la lèvre. Je ferme les yeux quelques secondes, complètement hébété par le plaisir ressenti.

Je nous soutiens comme je peux, un bras autour de sa taille et une main sur la paroi. Ryouta pose sa tête sur mon épaule et relâche enfin la pression de ses ongles sur ma peau. Ok, le final était plus violent que ce à quoi je ne m'attendais. Je crois qu'on avait vraiment, vraiment envie.

On reprend notre souffle, dans les bras l'un de l'autre. Je passe une main dans mes cheveux, profitant pour nous remettre sur pied, et pas à moitié affalé contre le mur de la douche.

Ryouta relève la tête vers moi et me sourit doucement, presque timidement et commençant à tapoter mon épaule de ses doigts, comme il le fait souvent pour se calmer. Je lui rends son sourire et lui laisse le temps de reprendre ses esprits, et de reprendre les miens, par la même occasion.

On finit par s'éloigner pour commencer à nous laver. Le moment est ponctué de sourires lancés à la volée et d'attention l'un pour l'autre. Quand je le vois comme ça, quand je vis des instants comme ça avec lui, j'oublie tout. Mes problèmes, mes peurs, son handicap… Tout. Même le fait qu'une personne a été témoin involontaire de notre petit moment intime.

En sortant de la salle de bains, séchés et habillés, je me souviens enfin de la présence de Satsu dans la maison.
Elle est assise sur le canapé, raide comme un piquet et plus rouge que les cheveux d'Akashi.

Héhé. Vengeance.

Boom, babe.

Je souris victorieusement en voyant mon amie s'échapper à mon regard. Mais je ne sais pas pourquoi, je sens que mon sourire va rapidement disparaître. Sûrement parce que je vais en entendre parler pendant un long moment de cette histoire.


- Avoue, tu avais l'oreille collée à la porte.

- … Peut-être au début, mais je suis rapidement partie. Je ne pensais pas que tu oserais Dai-chan…

- Tu l'as cherché.

Elle rougit encore plus à mon sous-entendu. Quand on est sorti de la pièce, laissant s'échapper une bonne quantité de buée au passage, Ryouta était tout guilleret, ce qui mettait encore plus mal à l'aise Satsu. Bien fait pour elle !
Puis on s'est posé devant la télé, pour regarder une quelconque émission. Ryouta s'est rapidement endormi sur mon épaule, sans vraiment s'en rendre compte. Satsu, elle, ne change pas de couleur et garde son teint cramoisi. Je dirais même que son état empire à chaque fois qu'elle tente un regard vers nous.

J'ai bien le droit de me foutre un peu de sa gueule, non ? Je viens d'alimenter ses fantasmes pour au moins une décennie !

Le silence revient, gêné de son côté, amusé du mien. Le temps passe et je vois sur l'horloge qu'il est bientôt 18h. Je ferais bien de réveiller Ryouta avant que les autres n'arrivent.

La sonnette se fait entendre, pendant que Ryouta se frotte les yeux, et Satsu en profite pour se barrer vers la porte, sans attendre son reste. Je crois qu'on l'a vraiment traumatisé.

Ryouta me sourit et m'embrasse, tandis qu'on entend le célébrissime…

- Tetsu-kuuuuuuun !

Et que même sans le voir, je sais qu'elle est en train de l'étouffer entre ses deux gros obus.

Mon amant se lève et curieux, il s'approche de l'entrée et regarde discrètement ce qu'il s'y passe. On laisse Satsu et Tetsu entrer dans la pièce et là, quelque chose que je pensais inimaginable se produit.

Ryouta prend Tetsu dans ses bras.

- Tet-su ! -Dit-il en posant ses bras sur les épaules du nouvel arrivant.

Ce n'est pas vraiment une étreinte, puisqu'il ne le serre pas contre lui et qu'il reste à distance raisonnable. Mais il a accepté que quelqu'un entre dans son espace de sécurité. Il pose sa tête sur celle de mon ancienne ombre et le relâche, comme si de rien était. Pourtant, on reste tous sous le choc. Même avec Satsu, il n'a pas été aussi démonstratif.

Il revient vers moi, tout content, et me fait un câlin. Un vrai, cette fois. On reste tous cons, à ne pas savoir quoi dire, ni quoi faire. Je finis par lui rendre son affection, en haussant les épaules pour apporter une réponse silencieuse aux deux autres.

- Bonjour Ryouta-kun - Fini quand même par dire Tetsuya.

Il sourit contre mon épaule avant de me relâcher et de retourner dans le canapé.

Après un dernier regard pour clôturer cet instant étrange qu'aucun de nous ne peut expliquer, Tetsu me fixe, de ses yeux sans émotions.

- Ce n'est pas bien de traumatiser Momoi-san, Aomine-kun.

- … Tu lui as raconté ?

- Evidemment ! Je ne pouvais pas rester là sans rien faire ! - Dit-elle en croisant ses bras sur son opulente poitrine et en détournant le regard, boudeuse.

Je roule des yeux avant de rejoindre Ryou, ne voulant pas écouter les jérémiades des deux complices.

Ryouta se blottit contre moi et Tetsu nous rejoint et s'installe sur l'un des fauteuils. Satsu revient de la cuisine avec de quoi boire et Tetsu sort des trucs à grignoter d'un sac en plastique. Satsuki a à peine le temps de poser ce qu'elle a dans les mains que la sonnette se fait de nouveau entendre.

Midorima et Takao, de ce que j'entends d'ici.
Ils entrent à leur tour dans le salon et Ryouta se lève de nouveau pour les saluer.
Midorima reste tsundere, en lui renvoyant son bonjour sans grande émotion, au contraire de Takao qui nous salue aussi joyeusement que l'a fait mon amant. On n'a pas eu le droit à de marque d'affection de la part de Ryouta cette fois. Tant mieux quelque part, ça commencerait à être vraiment, vraiment bizarre. Quoi que… J'imagine bien la tête de Midorima dans ce genre de situation. Ça doit être à mourir de rire.

Ryouta revient s'asseoir à côté de moi et se serre dans un paquet de chips après m'avoir demandé la permission.

- Tu sais, tu n'es pas obligé de te lever à chaque fois pour dire bonjour Ryouta…

- C'est pour...pour être poli ! Et gentil…

- Je sais, tu fais comme tu veux. Mais sache juste que t'es pas obligé, tu peux juste dire bonjour, ok ?

- Je peux juste dire bonjour ? ... Ok !

Akashi arrive ensuite, avec plusieurs sacs qui contiennent des trucs faits maison, apparemment. Tout se passe bien pour le moment, Ryouta n'est pas stressé, il regarde attentivement toutes les personnes présentes en piquant dans les différents sachets d'amuse-gueules.

De mon côté, je parle un peu avec mon ancienne ombre. Je me suis installé entre lui et Ryouta, pour ne pas lâcher mon amant.

La discussion se fait tranquillement, Tetsu est toujours aussi peu bavard et expressif.

- Comment ça se passe à Seirin ?

Ouais, je l'avoue, c'est surtout ça que je voulais lui demander. Pas que je m'inquiète vraiment pour lui, mais disons plutôt que ça me ferait chier de savoir que les relations au sein de leur équipe se sont dégradées à cause de la rencontre avec Ryouta.

- Tu veux savoir comment va Kagami-kun ?

- … Pas comment il va, mais si ça se passe pas trop mal avec lui.

- Tu me surprends, Aomine-kun.

J'ouvre les yeux, surpris de sa remarque. Et gêné. Ça m'apprendra à vouloir être sympa, tien !

- Si tu veux pas répondre, réponds pas, mais ne retourne pas la situation contre moi !

- Au début, ça a été difficile, je ne te le cache pas. Mais depuis quelque temps, je crois qu'il se rend compte qu'il a agi comme un idiot. Même les senpais le disent.

- Les senpais ? Oï, tout le monde est au courant ou quoi ?! - Dis-je en m'énervant un peu.

Je passe une main sur la cuisse de Ryouta, qui a été un peu surpris de mon éclat de voix. Il retourne rapidement à son activité première, observer sans dire un mot.

- Ça mérite une punition. Je croyais avoir dit qu'on devait le garder pour nous. - Intervient Akashi, toujours au courant de tout habituellement.

- Je ne pense pas Akashi-kun. Kagami-kun s'est puni tout seul de sa bêtise.

C'est bon, je pense que ma réputation est refaite. Tout le monde le sait à Too, ou du moins, j'ai l'impression que tout le monde est au courant. Mais si en plus, ça atteint les autres lycées, je vais être reconnu comme la pédale de Tokyo ! Génial.

Tetsu reprend sa phrase, sous nos coups d'œil insistants.

- Tout le monde était contre lui, à le traiter d'idiot. Il s'est retrouvé seul. Je pense que ça l'a fait réfléchir et il s'est calmé. Je ne sais pas s'il accepte, mais en tout cas, il a arrêté de dire n'importe quoi et commence à revenir avec l'équipe.

Je hoche la tête pour clore la conversation. Pas que ça ne m'intéresse pas, vu que c'est moi qui ai engagé le sujet, mais la réponse de Tetsu me suffit et je n'ai pas envie d'en parler plus.

- Et toi, comment ça va, Aomine-kun ?

- Bah… Bien.

Je me sens bizarre à l'entente de sa question. Je veux dire… Ah. Satsu a dû les mettre au courant. Elle ne peut définitivement rien garder pour elle, dès qu'il s'agit de moi. Je regarde l'assemblée, qui ne me lâche pas du regard. Ils ont tous les yeux braqués sur moi, attendant sûrement quelque chose de ma part et ça, dans un silence pesant.

- Tu peux nous en parler Daiki, tu le sais ? - M'incite Akashi.

Je baisse un peu les yeux, un peu gêné qu'il soit au courant de la situation. Je ne sais pas ce qu'ils savent exactement, mais même le strict minimum me met mal à l'aise.

- Nan, mais, vraiment, ça va. J'vous avoue que j'ai pas forcément envie d'en parler. Pas ce soir.

Ils acquissent tous à leur façon, gardant un oeil sur moi encore quelques secondes avant de reprendre leurs discussions. Ouais… Nan… Pas ce soir.

Je me tourne vers mon amant et lui embrasse la tempe pour le faire sortir de son petit monde. Il ne me regarde, ses yeux fixent le vide. J'essaye d'obtenir son attention, mais il n'a pas l'air de vouloir m'affronter. Il prend la parole, après quelques secondes d'hésitation.

- Dai-i-ki pas triste, hein ?

- Nan… Ne t'inquiètes pas, d'accord ? - Lui dis-je en souriant doucement et en lui embrassant le front.

Je me mets à observer les autres. Satsu fait le service, comme tout bon hôte, en discutant avec les autres. Takao emmerde Midorima en voulant lui donner la becquée et cette scène me fait doucement sourire. Pas parce que c'est mignon, mais parce que ça décrédibilise totalement Midorima. Et ça, c'est drôle !

Je me rends compte que je fixe mon amant quand celui-ci décide de poser une main sur mon torse. On se regarde sans un mot, et je me laisse bercer par cette main qui exerce des pressions sur ma peau. Je rapproche mon visage du sien, sans que lui ne fasse un geste, autre que me sourire.

Mais cette saloperie de sonnette me casse mon délire romantique ! Oh, nan, mais là j'étais trop dans ma petite bulle, fait chier !

Satsu s'occupe des derniers arrivants, et c'est sans surprise que nous voyons Murasakibara et… Machin-chin qui rentre dans la pièce. Mon ancien équipier nous fait un bref geste de la main avant de s'étaler dans le canapé, comme à son habitude. Notons que Ryouta ne s'est pas levé pour une fois, mais bon, comme nous tous, il ne connaît pas le nouvel invité.

Celui-ci reste debout quelques secondes, avant de déposer ses affaires au sol et se présenter.

- Bonsoir, Himuro Tatsuya. Enchanté.

Bref et concis. Chacun le salue à sa façon : Akahi hoche la tête, en ayant l'air satisfait de… Quelque chose que lui seul sait, je présume. Tetsu lui répond poliment tandis que Satsu lui souhaite la bienvenue en prenant ses relève ses lunettes, Takao le salue gaiement, sûrement heureux de ne pas être le seul intrus de la soirée. Ryouta ne compte pas, ce n'est pas un intrus ! D'ailleurs, mon amant reste scotché à moi sans lâcher du regard Himuro. Murasakibara lui tend le bras et l'installe près de lui, les discussions reprennent, et la nourriture descend beaucoup plus vite depuis que notre ami, le titan de la génération des miracles, est arrivé.

La soirée se passe tranquillement, les pizzas ont été commandées, on a plus qu'à attendre le livreur. Chacun discute un peu dans son coin, et je sens que Ryouta s'ennuie un peu. Personne ne lui parle vraiment, à part quelques phrases à la volée entre deux conversations. Moi non plus, je ne parle pas beaucoup, mais c'est par habitude. Je me rends compte que ce n'est pas forcément facile de s'intégrer à un groupe déjà formé. Je n'ai jamais vraiment fait attention à ça, imposant plus ma présence ou ma non-présence aux personnes extérieures à la génération des miracles, mais ce soir, je le remarque vraiment. Ryouta reste dans son coin, accroché à moi, tandis que Takao parle surtout avec Midorima et que Himuro reste discret, un verre à la main.

Cette soirée… C'était pour nous revoir, non ? Passer un moment agréable ensemble ? Me changer les idées ?
Alors, pourquoi je m'ennuie autant ? Pourquoi je préférerais être seul avec mon amant ? J'ai juste l'impression qu'on est un peu reclus des autres, comme si ce qu'il se déroulait devant moi me dépassait.
Je me disais cette après-midi que simplement discuter pouvait faire passer le temps, mais là, ce n'est absolument pas le cas.

- Oï ?! Ça vous dit pas de faire un jeu ?!

C'est sorti tout seul. Promis, je ne voulais pas être agressif ! Mais ça me fait chier de voir mon amant dans son coin, sans que personne ne lui porte vraiment d'attention. Et ça serait un moyen d'intégrer les autres au passage… Ne me dites pas que je suis gentil, ce n'est pas mon but.

- Que proposes-tu Daiki ? - Me demande Akashi.

Argh, je n'ai pas envie de réfléchir. Autant demander à mon blond, pour ne pas lui proposer un jeu auquel il ne pourra pas jouer.

- Ryou, tu préfères un jeu comme on a dit cette après midi, avec des cartes, ou un jeu avec des questions ?

- On va jou-er ?

- Oui, ça serait bien...

- J'aime bien les jeux, moi ! J'aime beau-coup !

Il divague un peu, non ? Ce n'est pas trop dans ses habitudes... Je pense que même s'il ne veut pas me le dire, il est stressé, donc il se répète les questions que je lui pose pour se les approprier et se laisser le temps de répondre... Même, il prend plus le temps pour parler et il fait attention à ses gestes... Je lui en parlerais plus tard, pour l'instant, tant qu'il ne me fait pas comprendre par des actes ou par des mots qu'il ne se sent pas bien, je vais le laisse faire.
Je prends son visage en coupe dans mes mains pour qu'il garde son regard fixé dans le mien.

- Je sais, mais reste concentré. Tu préfères jouer à quoi ?

- A quoi ?… Je sais plus, plus trop les règles pour le jeu Dai-i-ki …

- … Satsu, on peut aller voir ce que t'as ?

- Oui, si vous voulez ! Pas de cochonneries dans le placard Dai-chan !

- Ouais, ouais…

J'explique à mon amant qu'on va aller voir les jeux qu'a Satsu, pour que je prenne aussi le temps de lui rappeler les règles. Le fait de pouvoir assimiler un jeu à sa boite, je pense que ça pourrait l'aider à se décider. J'entraine Ryouta avec moi, et une fois debout, je suis surpris d'entendre l'un d'entre eux prendre la parole.

- … Je peux venir avec vous ?! Sivouplait !

Ouais, vraiment, je ne m'attendais pas à ce que Takao me demande pour nous accompagner. Je hoche les épaules pour seule réponse, et fini par lui faire un geste de la tête, après avoir eu l'accord de Ryouta.

On marche dans le couloir, jusqu'à un placard qui contient tous les jeux de société de la famille Momoi. J'indique à mon amant qu'il peut s'asseoir par terre pour nous faciliter la tâche et Takao s'installe en face de lui. Ouais, je dis faciliter la tâche, parce que je sais déjà qu'il va falloir que j'ouvre toutes les boîtes pour lui expliquer le principe de chaque jeu. C'est d'ailleurs pour ça que je fais discretos une petite sélection pour ne pas avoir à éparpiller 50 boîtes par terre ! Et qu'au passage, je prends des jeux dont j'ai moi-même compris les règles. Nan, parce que le cluedo, c'est sympa, mais c'est chiant.

Je sors les cartes du UNO pour commencer. Simple mais efficace.

Je lui explique rapidement le principe, quitte à lui mettre quelques cartes dans la main et une au milieu. En soi, ce n'est pas compliqué, il faut une carte de la même couleur ou le même chiffre pour pouvoir jouer. Y a rien de plus simple. Ce qui à l'air de plaire à Ryouta ! Enfin… Jusqu'à ce que je lui explique les "cartes spéciales".

- Puis, y'a d'autres cartes qui t'aident à gagner. Par exemple, celle-là, tu peux la mettre n'importe quand, et le joueur suivant doit piocher 4 cartes.

- C'est pour pas qu'il gagne ?

- C'est pour le ralentir, donc, oui en quelque sorte…

- C'est pas très, très gentil ça…

Ah… Ouais… La notion de gentillesse… Je passe rapidement à une autre carte pour lui faire oublier ça.

- Celle là, c'est pour empêcher le joueur à côté de toi de poser une carte. Il passe son tour en fait.

- Alors… alors, il joue pas ?

- Ouais.

- C'est méchant ! C'est encore plus mé-chant que l'autre !

Je vois Takao cacher un rire derrière sa main, ce qui m'arrache un sourire. J'avoue que c'est un peu drôle…. Généralement, on n'a pas ce genre de réaction quand on veut jouer à un jeu.

- Okey, okey… Au pire, on les enlève. Et la dernière que je veux te montrer, c'est celle-là, elle permet de changer de sens. C'est-à-dire, qu'on joue… Dans l'autre sens. Tu comprends ?

- Non. C'est com-pli-qué. J'aime pas ce jeu ! C'est pas gentil et comp-li-qué ! Hein, vrai, Ta-ka-o, c'est pas gentil !

- Euh… ouais, quand on y réfléchit, c'est pas sympa…

Il me tue le petit gars, il me jette des regards affolés pour savoir s'il répond bien ou pas à Ryouta ! Je ne peux pas m'empêcher de sourire sadiquement. Y'a pas deux minutes, il riait de ses réactions. Ce n'était pas méchamment, loin de là, mais bon, ça me fait marrer de le voir en détresse, là…

J'abdique, et je range le jeu pour le balancer plus loin. Ça ne sera pas le UNO, donc… Qu'est-ce que je peux proposer de pas compliqué, pas méchant, pas trop réfléchi…

Je regarde la pile de jeu devant moi, avec l'impression qu'il en manque un. Mes yeux se tournent vers mon amant, qui tient dans sa main une boite colorée qui m'est familière. Il lit tranquillement les règles au dos de la boite, en pointant du doigt les lignes pour ne pas se perdre dans la lecture. Je trouve ça trop mignon. Il finit tranquillement, sans qu'on le dérange et relève le visage vers moi en me tendant la boîte.

- C'est des ques-tions ?

- Ouais, c'est un jeu de culture générale… En gros, c'est des questions sur pleins de thèmes, les maths, le français, l'histoire… 'Fin, pleins de trucs et il faut y répondre.

- Il faut ré-pondre à des questions... C'est quoi les coul-eurs ?

- Ça, c'est parce que tu as un pion… Attends, regarde.

Je défais la boite et installe la planche de jeu. Je place un pion et je prends un dé pour vraiment pouvoir lui montrer. Je lance le dé et avance mon pion en fonction du nombre que j'ai fait, tout en expliquant à voix haute mes déplacements.

Ça a l'air de lui plaire en tout cas, ça lui paraît simple… Sauf que j'ai un peu peur qu'il ne trouve aucune réponse. Et surtout, le jeu est fait pour qu'on réponde à des questions à notre niveau… Sauf que je ne connais pas celui de Ryouta.

- J'aime bien ça !

- T'es sûr Ryou ? … Tu sais, les questions sont dures des fois et je ne sais pas lesquelles sont faites pour toi…

- Bah, dans ces cas-là, on a qu'à changer les règles ! - Nous dit Takao, plein d'entrain.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Bah… Au lieu de faire une question par carte, on peut toutes les poser ! Et on gagne un point à chaque réponse donnée ! Voir même, on peut oublier le plateau, parce qu'on a pas assez de pions pour tout le monde et on peut juste répondre aux questions chacun notre tour ! C'est celui qui pose les questions qui choisi la couleur et on joue comme ça ! Ou alors, on joue par équipe ! Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, héhé…

Takao se frotte la tête, un peu gêné de nos regards insistants sur sa personne. Mais ce qu'il dit est loin d'être con.

On peut déjà oublier de jouer par équipe, on est neuf, donc y'en a un qui se retrouverait tout seul. Mais la première idée est vraiment pas mal…

- Tu as compris ou pas Ryou ?

- Nan !

- En gros, on ne peut pas jouer avec le plateau, le dé et les pions, parce qu'on est neuf et qu'il n'y en a pas assez pour tout le monde… Jusque là, c'est ok ?

- C'est Ok !

- Donc, ce que Takao propose, c'est qu'on joue chacun notre tour. Il y a un joueur qui pose les questions et l'autre qui y répond. C'est le joueur qui pose les questions qui choisi la carte. Tu gagnes un point à chaque fois que tu réponds correctement à une question. Compris ?

- Compris !

- Tu peux me répéter les règles ?

- On est neuf. Y a quel...quelqu'un qui prend une carte et qui pose les ques-tions à… Quel-qu'un d'autre. Et faut répondre aux ques-tions !

- En gros, c'est ça, on te montrera avant de jouer, ok ?

- Ok !

- Donc, on part là-dessus ? Tu veux jouer à ça !

- Oui ! Je veux !

Je ris doucement de son empressement et range mon bordel, pendant que Ryouta prend la boite de jeu et s'en va vers le bout du couloir pour montrer à tout le monde à quoi on va jouer, je suppose. Je rigole si je le retrouve en train d'énoncer les règles aux autres.

Takao est toujours avec moi, et m'aide à ranger les boites, dans le silence. Je referme la porte du placard et le petit brun se pose en face de moi, les deux mains dans les poches.

- Je voulais… Je voulais juste te dire que je trouvais ça génial tout ce que tu faisais pour Ryouta. Et que… Malgré tout ce que tu peux penser, tout le monde te juge pas. C'est pas mon genre et ça se voit que...que voilà. C'est tout. Ah si et… Bonne chance pour… Tout le reste.

La première impression est souvent la bonne. Ce mec est vraiment bizarre et détraqué. Enfin, en même temps pour réussir à supporter Midorima…
Je n'ai pas tout compris à ce qu'il a dit, mais tant pis, je suppose qu'il voulait être sympa.

Je pose une main sur son épaule en passant près de lui, et continue mon chemin sans vraiment lui répondre. C'est juste que je ne vois pas quoi ajouter à ça.

- On ferait mieux d'y aller avant que Ryouta décide de tricher et de lire toutes les questions avant de jouer...

Il paraît surpris de ma réplique, mais se ramène, un sourire au coin des lèvres.

En fait, non, Ryouta n'a pas étalé le jeu sur la table basse et ne s'applique pas à répéter les règles pour tout le monde. Il attend, dans le canapé, la boite serrée contre lui. Je m'assois à côté de lui, prêt à lui demander pourquoi il reste dans son coin, mais il me devance…

- Dai-i-ki… C'est l'heure de manger… Vraiment l'heure de manger...

Ah… Ouais… Normalement, la bouffe devrait plus tarder, mais je ne peux pas vraiment lui dire quand. Je suis sûr que le mec est à la bourre ! Y a pas idée d'être en retard comme ça ! Ça me gonfle les gens qui sont jamais à l'heure… Quoi ? Comment ça, je devrais me sentir visé ?

Bref, Ryouta me regarde, attendant une réponse de ma part… Que je ne peux pas vraiment lui donner.

- Ça ne devrait plus tarder maintenant Ryou… Je pense qu'on fera le jeu après manger, ok ?

- Ok ! Mais quand ?

- Tu te souviens quand je suis venu chez toi la première fois et qu'on a commandé des pizzas ?

- Oui ! C'était bon !

- Bah, là, c'est pareil, il faut attendre que le livreur arrive pour manger…

- D'accord, d'accord…

Heureusement pour nous, la bouffe arrive 5 minutes plus tard. On prend le temps de déguster, Ryouta content de retrouver ce mets sophistiqué… L'ambiance est un peu plus conviviale qu'au début. On se moque gentiment d'Akashi et Midorima qui mangent à la main… Ils ont pas l'air habitué et Midorima grogne tandis qu'Akashi garde son air de jeune homme de bonne famille. Et ouais, je ne sais pas, ça me fait marrer, pour une fois que c'est eux qui font un peu taches dans le décor… Ryouta s'en sort mieux que la dernière fois, ce qui m'évite de devoir le surveiller et je profite juste du moment.

Une fois les estomacs bien remplis, on se décide à passer au jeu. Ryouta relâche enfin la boite pour la poser sur la table et on se met à expliquer les règles à deux. Disons que je complète ce que dit mon amant, et tout le monde à l'air très attentif à ses explications. Les autres ont l'air partant, ce qui s'annonce déjà être une bonne nouvelle.

Midorima relève ses lunettes, prêt à en découdre pour gagner. Akashi croise les bras et les jambes, sûr de lui tandis que nous partons dans une ambiance bon enfant. Faites pas comme si vous aviez déjà gagné les gars !

Tous installés en rond autour de la table, on règle des derniers détails avant de commencer. Momoi commence par prendre une carte pour poser les questions à Midorima.

- Bien ! Alors...Littérature ! Première question : Comment écrit-on "arbre" ?

- C'est presque insultant ce genre de question - dit il en remontant ses lunettes- A-R-B-R-E.

- Bonne réponse ! Ensuite : Comment appelle-t-on une oeuvre écrite sous forme de lettres échangées entre les personnages ?

- Un roman épistolaire.

Mon amant se penche sur moi, pour me dire qu'il savait la réponse. Pas moi. Je ne sais pas si ça va être facile pour lui, mais je sens déjà que je vais me faire lyncher…

- C'est ça ! Qui a écrit "Les Misérables" ?

- … Victor Hugo ?

- Oui ! Citez 3 oeuvres de Shakespeare ! C'est facile ça, Midorin !

- Hamlet, McBeth et Othello.

- C'est presque ennuyant qu'il connaisse tout... - Intervient Takao, fataliste.

- Il reste une question, le bonus ! De quelle nationalité est Freud ? … C'est qui Freud ?!

- ...

Midorima fixe un point en face de lui, en prenant le temps de répondre. Parce qu'il ne connait pas la réponse ou parce que la question de Satsu le désespère ? Aucune idée. Je sais pas qui c'est non plus ce mec !

- Alors Midorin ?

- …

Dites moi qu'il ne sait pas la réponse. Juste pour que je me marre.

- Je ne sais pas.

- Mwhahahahahah !

On est plusieurs à exploser de rire. Alors, monsieur l'intello, ça fait quoi de pas savoir ?!

- Il est autrichien ! Mais il n'y a pas vraiment d'informations sur lui…

- Sigmund Freud est un médecin psychologue autrichien du 20ème siècle qui a exécuté beaucoup de travaux sur l'inconscient et le traumatisme infantile.

Merci Wikipedia. Enfin, Akashi. On sait déjà qui va gagner ce jeu…
Bref ! Ce premier tour nous a permis de tous comprendre le principe et on continue comme ça jusqu'au tour de Ryouta, que j'appréhende un peu. Il a bien compris les règles et n'a pas joué à la place des autres, ce qui aurait été possible, mais maintenant qu'il va devoir répondre à des questions, j'espère qu'il ne va pas se braquer s'il ne connait pas les réponses.

Tetsu prend une carte bleue, sans vraiment nous surprendre, et se tourne vers Ryouta.

- Ce sont des questions de mathématiques et de sciences. Tu es prêt, Ryouta-kun ?

- Oui !

- Combien font 5+5 ?

Mon amant réfléchit et se met à compter sur ses doigts, en parlant à voix basse. Il tend tous ses doigts pour ensuite les plier et recommencer son manège.

- Ça fait… Ça fait 10 !

- C'est ça. Autre question : Comment s'appelle un triangle qui a un angle droit ?

Et ça commence avec les questions dures. Sérieux, même moi je ne sais pas ! Il me regarde comme si je pouvais l'aider, mais même avec toute la volonté du monde je ne pourrais pas ! Sauf si je regarde sur internet… Mais je serais grillé. Il reprend la parole.

- Un… Un angle… C'est comme le carré ?

- Oui, Ryouta-kun.

- Alors… Alors… C'est peut-être un tri-angle carré.

Ça me parait logique.

- Presque, c'était un triangle rectangle.

- Oh…

- Troisième question : Où se situe le cubitus ?

- Nan, mais paye tes questions…

Merde, je pensais l'avoir dit dans ma tête…

- C'est un os je, je crois ?

- Oui.

- C'est là ? - Dit-il en pointant son bras.

S'il a bon, je promets de suivre les cours jusqu'à la fin de ma vie.

- Oui, c'est ça.

Je promets de ne plus jamais faire de promesse que je ne pourrais pas tenir.

- Encore deux questions : Qu'est-ce qu'un TSA ?

Ça, je sais ! Les autres se regardent un peu dubitatif. Héhé, pour une fois que je sais un truc.
Je suis impatient de savoir comment Ryouta va répondre à cette question…

- C'est moi !

- Toi ? - Répond Satsu, pas vraiment sûre d'elle.

- Oui ! Moi j'ai ça !

- … Trouble du spectre autistique. Je pense que nous pouvons dire que Ryouta-kun a raison.

Héhé, mon amoureux est dans la course ! Il s'en sort mieux que je ne le pensais finalement !

- On compte le point. - Tranche Akashi.

- Bien… Dernière question Ryouta-kun : Définir un losange.

- C'est pas une question.

- Est-ce que tu peux définir un losange, Ryou ?- J'interviens pour éclaircir la question pour mon amant.

- Hum ! C'est un carré… Sur le côté.

- …. J'aurai pas dit mieux ! - Répond Takao, mort de rire.

J'explose de rire. Nan, sérieux, on peut lui compter le point, là, non ?! Il le mérite !

Même les autres se mettent à sourire ou à rire de bon coeur.

- Quatre points pour Ryouta. Daiki, c'est à ton tour.

Akashi a jugé, sa parole est irrévocable. Mon amant a autant de points que Midorima ! C'est un génie !
La suite va sûrement être moins drôle pour moi… J'indique à mon amant de prendre une carte pour me poser les questions. Il tire une carte violette et … Je vais en prendre pour mon grade.

- Dai-i-ki ! Qu'est-ce… qu'un… sam-ou-rai ?

Il est trop mignon. J'ai envie de lui faire des câlins. Je me mets une claque mentale pour répondre à sa question.

- Un guerrier pendant le Japon féodale.

- … Je crois. C'est marqué : Un m-em-bre de l'arm-ée. Un gue-rrier et ça, c'est pareil ?

- C'est pareil, Ryouta, un guerrier, c'est un membre de l'armée. Ok ?

- Ok ! Après… A quelle é-po-que est arrivé le… C'est quoi le mot là Dai-i-ki ?

- Demande à Tetsu, sinon je vais voir la réponse…

Il montre le mot qui le fait bloqué à son voisin, qui fort heureusement, l'aide sans rechigner.

- D'accord ! A quelle épo-que est arrivé le bou-ddhi-sme au Japon ?

- … Euh… 6 ème siècle ?

- Oui ! T'es fort Dai-i-ki !

J'aime recevoir des compliments gratuits de la part de mon Ryou…

- Quels-sont les...Dates… de la gu...guerre d'In-do-chine ?

- ...

Je me rends les gars. J'en ai aucune idée. Continuez sans moi.

- Je sais pas Ryou…

- 1-9-4-6 à 1-9-5-4 ! Quel pe-peu-ple a inven-té l'écri-ture ?

- Les grecques ? Nan les égyptiens ?

- Non… Les sumé-riens… j'arrive pas à lire après, Dai-i-ki…

Je regarde vite fait la carte… Mésopotamie ? Je ne sais même pas où c'est, cette merde !

Il est nul ce jeu.

- Pose la dernière question, qu'on en finisse…

- Qui a peint… "La Jo-con-de"? C'est facile Dai-i-ki !

Comme si je m'étais déjà préoccupé de ça…

- J'sais pas Ryou…

- C'est De Vin-ci !

- Tu nous illumines de ton ignorance Aomine… -Me dit Midorima, en souriant en coin, fier de lui. Enfoiré.

- N'en rajoutes pas, toi !

- Continuons… - Réplique Akashi, imperturbable.

J'avoue, je suis un peu mauvais joueur. Mais l'autre abruti aux cheveux verts n'avait pas besoin d'en rajouter une couche !
Je prends une carte au hasard, pas vraiment décidé à continuer de jouer. Ryouta le voit et se penche vers moi pour m'embrasser. Juste une pression pour m'enlever mon air grognon.

- Pas fâché Dai-i-ki, c'est pas grave. T'es le meill-eur !

C'est qu'il arrive à me faire sourire ce con.
Tout le monde sourit doucement, bien conscient qu'il ne faut pas en rajouter.

Je me décide à lire ma carte à Takao pour continuer le jeu.

On joue comme ça un bon moment avant de se décider de mettre fin à la partie. C'est pas que, mais c'est crevant.
C'est sans surprise qu'Akashi gagne, suivi de Midorima. Par contre, on a tous été impressionné de savoir que Ryouta a fini 6ème. Je finis 9ème et bon perdant, à cheval avec Murasakibara.

Et pendant que chacun discute un peu du jeu qui vient de se dérouler, je laisse Ryouta avec les autres pour m'éclipser vers la cuisine. J'ai juste besoin de souffler 5 minutes.

Je ne sais pas pourquoi, je me mets à ranger un peu tout ce qui me passe sous la main. Une pulsion.

Il commence à se faire tard pour Ryouta, j'espère qu'il va pouvoir tenir le rythme encore un peu. Et que les autres ne vont pas l'ignorer pendant mon absence.

Je vois Himuro passer la porte et me rejoindre. Je relève juste les yeux le temps d'analyser la situation et retourne à mes occupations, ne voyant pas trop ce que je peux faire pour lui.

C'était sans compter le fait qu'il était venu me voir avec une idée bien précise.

- Aomine, je pourrais te parler ?