HEY ! Bonjour, Bonsoir à tous !

Me revoici pour le chapitre 26 de "Son monde à lui" ! J'ai décidé de me consacrer "pleinement" à cette fiction dans les prochaines semaines... Donc cette fois, je pense pouvoir vous dire avec certitude que la publication sera un peu plus régulière qu'elle ne l'était dernièrement ! Disons que je me suis mis un challenge dans les pattes... Ça risque d'être fun, tiens :')

Merci à , satokooo, PerigrinTouque, Kuro-Hagi, Arthygold, wistala666, cutha, miss Neko Tenshi et Clmence pour vos reviews !

Merci à Alsco-chan et yuhonorine pour avoir corrigé ce chapitre !

La pression pour ce chapitre, nomdediou... stress, stress, stress...

... Pas plus de suspens ! Je vous laisse avec ce chapitre !

Bonne lecture !


REVIEW GUEST

Clmence : Hey ! Merci pour ta review ! Oui, je sais je suis sadique avec la fin du dernier chapitre... :3 Trop de compliments et d'honneur d'un coup ! Merci beaucoup ! Tu n'es pas la première personne à me dire ce genre de choses, pourtant, c'est toujours aussi plaisant (et assez surréaliste pour moi) de le lire ! Je suis d'accord avec toi concernant à quel point les collégiens peuvent être horrible entre eux, et encore plus avec les gens différents... Mais ne te culpabilise pas pour ce genre de chose ^^ Aomine et Kise sont beaucoup trop chou, de base... Dans ma tête en tout cas x) Merci encore pour ta review et ton soutien ! A la prochaine ! :D


Résumé des derniers chapitres :

Aomine et Kise ont franchit le pas et leur vie sexuelle a prit un nouveau tournant. Momoi le remarque sans qu'Aomine ne lui dise quoi que ce soit, et elle envoie un message à Kuroko pour le prévenir. Ce qui énerve Daiki qui craque complètement, part de chez la famille Momoi pour aller s'installer chez Ryouta pendant un temps. Il ne parle plus à Momoi. Mais comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, son lycée lui apprend que sa mère n'a pas payé la deuxième moité de son année. S'il ne trouve pas l'argent pour payer, il va devoir quitter l'établissement. Alors, dans une impulsion désespérée... Daiki finit par contacter son père.


~ CHAPITRE 26 ~


- Ouais… C'est… C'est Daiki.

Un silence se fait de l'autre côté du téléphone, seulement perturbé par la respiration hachée de mon géniteur. Je ne sais pas trop quoi penser de sa réaction pour le moment.

Entendre sa voix m'a mit dans un état second.

Les secondes me paraissent des heures dans l'attente d'une réponse, et en même temps… Je ressens une joie incompréhensible au fait qu'il n'ait pas immédiatement raccroché à l'entente de mon nom. Je ne me fais pas de faux espoirs pour autant… Il peut encore le faire à n'importe quel moment.

- Daiki… C'est toi ?

Je n'ose pas réagir sur le coup. Sa voix est tellement neutre et en même temps pleine d'interrogation. C'est assez difficile à décrypter… Mais que voulez-vous que je réponde à sa question ?

- Mh...

- Daiki… C'est toi ? C'est vraiment toi ?

- Je… Oui… Oui…

Je n'arrive toujours pas à m'exprimer correctement. Je ne sais pas ce qui me prend, je sais juste que je suis stressé comme jamais. Mes muscles refusent de se détendre et mon esprit tourne à mille à l'heure pour essayer de capter tous les signaux de rejets qui pourraient m'être balancés à la gueule.

Mais pour le moment… Rien de tout ça. Et c'est ce qui, ironiquement, me rend encore plus méfiant. Je veux… Pouvoir me reposer sur quelqu'un. Confier tous mes problèmes à une personne qui serait en mesure de les régler…

- OH MON DIEU ! Daiki, c'est toi ?!

...Et je crois que cette personne, ça peut être mon père.

J'entends une porte s'ouvrir de l'autre côté du téléphone et une voix féminine intervenir, même si je ne distingue pas ce qu'elle dit.

- Oh bordel… Chérie, C'est Daiki ! Je n'y crois pas, c'est mon fils ! … Oui… Oui, je te raconte plus tard… Daiki, t'es toujours là ? Tu vas bien ? J'ai du mal à croire que c'est réel… Tu dois avoir tellement grandi… Enfin, je sais que tu as grandis, j'ai vu des photos de toi depuis le temps… Désolé, je ne sais plus ce que je dis. Je suis juste tellement heureux que tu m'appelles ! Ça faisait si longtemps que j'attendais ça !

Je ne peux pas empêcher mes larmes de couler silencieusement à l'entente des mots de mon père, si enjoué à l'idée que j'ai osé franchir le pas. Je pense que j'ai fait le bon choix…

Je l'entends soupirer, et je perçois un bruit de fond, comme s'il se réinstallait sur une chaise de bureau.

Je me mords la lèvre, en espérant vraiment qu'il va continuer de me parler… Je ne sais pas comment je peux engager la conversation, c'est beaucoup trop dur…

Les années ont passé et… Je ne connais rien de cet homme. A part le peu de souvenirs de lui que j'ai bien voulu garder au fond de ma mémoire, je ne me rappelle de rien. Les années ont presque effacé son visage… Il n'y a que sa voix qui me paraît sincèrement familière. Cette voix qui laissait échapper un rire quand je faisais le con, des cris lorsque je faisais des conneries, qui me racontait des histoires avant de me coucher, qui m'expliquait la vie et qui… Qui m'encourageait dans tout ce que je faisais.

Je pose ma tête sur mes genoux, incapable de soutenir le poids sur mes épaules plus longtemps. Mes larmes ne s'arrêtent plus, restant les plus discrètes possible. Je me rends tout simplement compte que mon père me manque. Terriblement. Et que ça ne date pas d'hier.

- Comment tu vas, Daiki ? Parle moi, raconte moi ta vie. Je veux tout savoir… Je me doute que ça doit te faire bizarre, mais… Tu n'imagines même pas à quel point ton appel me fait plaisir… Donc, ne te sens pas gêné ou mal à l'aise, d'accord ?

Un reniflement m'échappe, sans que je n'arrive à le contrôler. Et je crois que… C'est ce qui me trahit concernant mon état actuel.

- Daiki ? Daiki, tout va bien ?!

- Je… J'suis désolé…

- Non, non, ne t'excuse pas, dis moi ce qui t'arrive… Tu as des problèmes ?

Mes nerfs lâchent et j'éclate en sanglots, recroquevillé sur moi-même. C'est trop…

Oui j'ai des problèmes. Trop de problèmes. Je n'arrive pas à en voir le bout, cette histoire est beaucoup trop lourde de rebondissements pour moi. Je ne me pose même plus la question de si je peux lui faire confiance ou non. Je veux lui faire confiance. J'ai besoin de lui faire confiance…

- Bordel, Daiki… Daiki, où es-tu ? Tu es tout seul ? Parle moi, ok, dis moi ce qu'il se passe, mon grand…

- Y a rien qui va… Y a rien...

Ma main libre griffe mon jean à répétition, l'autre serre mon portable avec une force désespérée. Je n'en peux plus...

- Daiki… Calme toi, explique moi… Mais s'il te plait, ne raccroche pas, ok ? Ne raccroche surtout pas…

Je n'en avais pas l'intention… Je veux tout bonnement croire que lui ne raccrochera pas…

- Ta mère sait dans quel état tu es ?

Mes lèvres laissent sortir un rire jaune, tandis que mes pleurs redoublent d'intensité… C'était le sujet à ne pas aborder…Et je crois que d'une certaine façon, mon père l'a compris.

Il me laisse évacuer, sans me poser plus de questions. Il me parle calmement, et tente de me réconforter…

J'essaye d'imaginer cet homme près de moi, mes mains serrés sur son tee-shirt, comme elles le sont actuellement sur mes propres vêtements, avec ses bras qui m'entoureraient bien mieux que les miens. Ce père, qui ne porte qu'un visage flou dans mon esprit embrumé... Ce constat me dépite encore plus que je ne le suis. Je me sens seul...

- Respire Daiki… Ça va s'arranger, tout va bien se passer… Respire… Je suis là… J'aimerais vraiment être là, physiquement…. Concentre toi sur ma voix, Daiki… Visualise ce qui ne va pas, et recule d'un pas mentalement, dès que tu en as la force… Prends le temps qu'il te faut, je reste avec toi…

Il…Mon père… Il me disait la même chose quand j'étais petit et que je faisais un cauchemar… Il me demandait d'imaginer ce qui me faisait peur, pour ensuite m'en éloigner, tranquillement… Et après… Après, je n'avais plus peur… J'arrivais à me détacher de ce qui m'effrayait…

Alors je l'écoute. Si ça marchait quand j'étais petit, peut-être que ça fonctionnera aussi maintenant…

Donc je visualise. Tous ces problèmes qui me tombent sur la gueule… Tous ces ennuis dont je n'arrive pas à me sortir, ni à me détacher.

Et je m'éloigne… Leur tourner le dos serait une connerie… Néanmoins, un pas après l'autre, je parviens à voir l'intégralité de mes soucis, sans qu'ils puissent m'assaillir ou m'atteindre.

Petit à petit, j'arrive à me calmer et je me concentre sur le souffle de mon père, à travers le téléphone…

J'ai encore du mal à respirer… Mais je sens que je reprends doucement mes esprits, lorsque l'image de mes ennuis s'efface petit à petit. Ce qui m'entoure commence à me réapparaitre net, alors que le flot de mes larmes s'estompent progressivement .

Mon souffle se calme et je me sens enfin capable de relever la tête pour affronter la réalité.

- … Ça va mieux ?

- … Ouais… J'suis désolé…

- Ne t'excuse pas. Si tu pouvais juste m'expliquer ce qu'il se passe, ça m'arrangerait…. Je suis en train de m'imaginer le pire…

Par où commencer ? Je pense que… Le plus simple serait de commencer par ce qui le concerne le plus, en quelque sorte…. Ma mère.

Je prends une profonde inspiration, faisant le vide, avant de lâcher la bombe qui va sûrement changer totalement le cours de la conversation.

- J'ai quitté la maison.

- … Pardon ? - Me dit-il, après quelques secondes de silence.

- J'ai pas eu le choix, je… C'était ça, où c'est elle qui me jetait dehors…

- … QUOI ?!

Je l'entends baragouiner des choses, sans que je parvienne à discerner ce qu'il dit. Mais vu le ton, ça n'a pas l'air d'être des mots d'amour…

- Attends, on reprend. Tu es parti de chez ta mère… Parce que si tu ne partais pas c'est elle qui te mettait à la porte ?! Qu'est-ce qu'il s'est passé, nom de dieu… Et puis, tu es où alors ? Tu ne dors pas dans la rue quand même ?!

- Non… Non, je suis… Chez quelqu'un… Enfin… Pas juste quelqu'un mais… Bref, c'est pas important…

- Ça m'a tout l'air d'être important, Daiki… Mais va droit au but, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Je vais essayer d'y aller avec… Délicatesse. Pas pour lui, je le fais pour moi… On va essayer de… Garder une certaine emprise. Une douce petite voix dans ma tête ricane, comme pour rappeler que je ne contrôle absolument rien en ce moment...

- Disons que… Ma mère n'a pas accepté certains de mes choix…

- … Tu as bien conscience que je ne peux pas me contenter de ça, Daiki ?

Je ne veux pas lui dire. Je ne veux pas qu'il me déteste. Je ne veux pas qu'il me rejette.

Mais je ne peux pas lui mentir non plus… Ça ne serait pas juste, ni pour moi, ni pour personne. J'ai une pensée pour Ryouta, et vu tout ce que je suis capable de faire pour lui, je ne peux pas ne pas le mentionner à mon père… C'est impossible. Et… Même s'il n'est coupable de rien, c'est parce que j'ai choisi de rester avec lui que je suis dans cette situation…

Alors… Autant dire la vérité…

- … Je suis en couple…

- ... Je ne comprends pas, ta mère n'a pas accepté que…

- Avec un garçon. - Je le coupe dans son élan.

Je bloque ma respiration, sans pouvoir rien y faire. J'attends. J'attends simplement de voir sa réaction pour savoir si je peux tendre ma main vers lui, ou s'il vaut mieux que je laisse tomber…

- Oh...

Un rire jaune suit sa seule exclamation. Je ne sais pas du tout comment l'interpréter…

- Pourquoi ça ne m'étonne même pas de ta mère… -Dit-il dans une interrogation qui n'attend aucune réponse.

Mes yeux s'écarquillent à ses mots. Je m'attendais à tout sauf à ça après son rire sarcastique…

- Raconte moi ce qu'il s'est passé, Daiki…

Ma langue se délie pour cracher tout ce mon esprit ne peut plus supporter. Je lui raconte tout, de ma rencontre avec Ryouta, aux comportements de ma mère, de nos engueulades, à son hypocrisie, en passant par les humiliations et ses mots que je n'oublierais jamais. Je lui parle de notre dernier appel, du fait qu'elle m'a coupé les vivres, de ce que j'ai fait dans un premier temps pour ne pas être à la rue, jusqu'à évoquer mes problèmes avec le lycée…

J'omets certaines choses, et j'avoue que c'est un petit peu volontaire. Je refuse de lui parler du fait que Ryouta est autiste, ou que je me suis engueulé avec Satsuki…

Pour Satsu, la raison est très simple… Ça concerne quelque chose de… Beaucoup trop personnel.

Pour Ryouta… C'est parce que je ne veux pas qu'il le considère comme ce qu'il n'est pas. Pour une fois, j'ai juste envie que quelqu'un le prenne seulement comme mon amant, et rien d'autre.

Pendant tout mon monologue, mon père ne me coupe pas. Il acquiesce de temps en temps, pour me faire comprendre qu'il m'écoute, mais ne m'interrompt à aucun moment, me laissant me livrer sur ce que j'ai à lui dire.

Au final, une fois que j'ai fini de parler… Sa réaction ne se fait pas attendre…

- ELLE A FAIT QUOI ?! Attends, tu plaisantes là, ce n'est pas possible ? Comment on peut être aussi…

- …

- Je me calme… Je ne vais pas insulter ta mère… Mais j'en pense pas moins… Et bordel, je n'étais même pas là pour t'aider… Putain…

J'entends des bruits parasites, m'indiquant que mon père est en train de bouger sur sa chaise. Je n'ose pas intervenir dans son cheminement de pensées, le laissant tranquillement intégrer tout ce que je viens de lui dire.

- Ok, donc… Actuellement tu es chez… Ton petit-ami, si j'ai bien compris ?

- Ouais… Ouais, j'suis chez lui…

- D'accord, donc tu n'es pas tout seul et tu ne dors pas dehors, c'est déjà ça…

- Hum…

- Et ta mère t'a coupé les vivres… ?

- J'avais déjà pas beaucoup d'argent en quittant la maison, mais là j'ai réellement un problème pour le lycée… Je peux pas payer et si dans une semaine je ne donne pas l'argent, je serais obligé de quitter l'établissement… -Dis-je en finissant ma phrase dans un murmure.

J'ai honte de lui demander ça. De lui parler de ça. Vraiment honte.

Parce que je n'ai pas envie qu'il pense que je l'appelle juste pour raquer son argent. C'est simplement que… Cette affaire, c'est la goute d'eau qui fait déborder le vase… Et je veux pouvoir me tourner vers un adulte, un parent qui pourrait m'aider. Parce que c'est ça le rôle d'un parent… Non ?

- Envoie moi l'adresse de ton lycée et le montant par message, Daiki, on va régler ce problème.

- Je… Je veux pas que tu te sentes obligé, j'veux dire… Je t'appelle pas pour ça et…

- Je sais Daiki, je sais… Néanmoins, il est hors de question que tu arrêtes tes études maintenant et que tu te retrouves à devoir faire des choses que tu ne veux pas pour avoir de l'argent. Je suis bien clair ?

- Oui…

- Et j'appellerai ta mère.

- Hein ?! Non, non, fais pas ça !

- Daiki ! L'argent que j'ai placé sur ton compte t'appartiens et ta mère n'a pas le droit de t'en priver !

- L'argent ?... Quel argent ? Elle m'a toujours dit qu'elle se battait déjà pour me donner de l'argent de poche… Parce que tu ne voulais pas verser un centime...

- Merde, non, ne me dit pas que…

Ennuie à l'horizon. C'est quoi cette histoire d'argent ? J'en ai absolument jamais entendu parler, ni vu la couleur ! Ça se trouve, je suis super riche, et… Oh.

A moins que ma mère ait gardé l'argent pour elle… Putain, elle aurait quand même pas fait ça ?!

- J'appellerai ta mère, Daiki. Je crois qu'on a deux trois choses à régler tous les deux…

- Hm…

Je finis par m'allonger sur le flanc, les jambes légèrement repliées. Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant, cette position me fait beaucoup de bien. Ma main libre part jouer avec les brins d'herbe à ma portée et le contact frais sur mes doigts me permet de me vider l'esprit.

Je me pose… Énormément de questions. Je ne peux pas arrêter de penser à tout ça et à tout ce que cet appel fait resurgir… La séparation de mes parents, le comportement de ma mère, tout ce qui s'est passé, la personne avec qui mon père a refait sa vie… Tout ça tourne en boucle dans ma tête…

- Pourquoi t'es parti ?...

- C'est ce que ta mère t'as dit ? Que je suis parti ? -Me répond-t-il après quelques secondes de silence.

Ce n'est que maintenant que je me rends compte que… Ma mère m'a peut-être menti pendant des années. Ça ne m'étonnerait même plus. Mais à quel point elle a pu détourner la vérité ? C'est ce que j'aimerais savoir…

- Daiki, je crois qu'il y a un malentendu. Je ne suis jamais parti…

- Elle m'a dit que tu l'avais trompé… Enfin, c'est ce qu'elle m'a fait comprendre…

- … Au moins on peut lui accorder une chose à ta mère… Elle n'a pas changé, malgré toutes ces années…

Je sens l'ironie dans sa voix, mais je ne peux même pas lui en vouloir. Vu le mal que cette femme a pu me faire, je n'imagine même pas ce qu'elle a pu faire à cet homme. Surtout pour réussir à faire en sorte qu'il s'en aille, visiblement pas de son plein gré...

- Je pense que tu es assez grand pour que je te dise ce qu'il s'est passé… Tu sais ta mère… Elle a toujours eu un problème avec l'image qu'elle renvoyait. Ce n'est pas totalement sa faute, mais elle ne peut pas s'empêcher de vouloir être la femme parfaite aux yeux de tous. Ça a toujours été, elle a été élevé comme ça…

- C'est pas pour ça qu'elle a le droit de briser les autres…

- Non. Bien sûr que non. Ce que je te dis explique son comportement, mais ça ne l'excuse pas. Je suis le premier à ne jamais lui avoir pardonné.

- Hm…

Il essaye sérieusement de la défendre ?! Je ne comprends pas… Comment il peut dire que ce n'est pas de sa faute ? Elle a quand même conscience de ses actes ! Vu comment elle a pu être hypocrite avec moi, je ne serais pas choqué qu'on puisse rajouter manipulatrice à la liste de ses qualités…

Je sais qu'il me donne cette information pour que je comprenne, pas pour que je l'excuse… Mais je ne peux faire ni l'un ni l'autre pour l'instant…

Je l'entends prendre une grande inspiration, avant qu'il ne continue ses explications… Et je sens que je n'ai pas fini d'être surpris.

- A l'origine, c'est bien moi qui ai demandé le divorce. Parce que ta mère m'avait trompé. Elle n'a jamais assumé ses actes et a retourné la situation contre moi. Au moment de la procédure, je ne sais pas comment elle a fait, mais… Je pense qu'elle s'entendait très bien avec son avocat. Bref, toujours est-il qu'elle a insisté sur le fait que c'est moi qui avait rompu les contrats de notre mariage, en ne lui étant pas fidèle. Au début, je me disais que ce n'était pas grave si elle rejetait sa tromperie sur moi… Mais évidemment, son avocat a décrété que je n'étais pas un exemple pour un garçon de ton âge. Et comme toi tu étais mineur et considéré comme trop jeune pour faire un choix… Il a été décidé que tu resterais avec ta mère.

Ce que je comprends déjà : Ma mère a soudoyé son avocat d'une façon ou d'une autre et je n'ai clairement pas envie de savoir les détails. Elle a ensuite menti, trompé, et fait en sorte de se positionner en victime. Alors oui, on peut définitivement ajouter manipulatrice à la liste de ses qualités. Manipulatrice et très bonne comédienne.

Faites confiance en la justice, qu'ils disaient… La gueule.

C'est fou comme le fait de me dire ça évoque beaucoup de souvenirs en moi… Et que des mauvais souvenirs. Toutes ces fois où ma mère rejetait la faute sur moi, pour des choses que je n'avais pas faites. Ces moments où elle aimait me faire culpabiliser pour se dédouaner de ses erreurs...

Ce n'était pas moi le problème. Ce n'était pas ma faute.

Comme quoi, j'avais raison quand je disais à Ryouta que personne ne tournait rond. Par contre, la prochaine fois, je pourrais lui dire que c'est souvent à cause des autres qu'on a cette impression. Le soucis ne vient clairement pas de nous.

- En dehors des rendez-vous avec nos avocats respectifs, j'essayais de trouver un terrain d'entente. Cependant... Ça n'a pas plu à ta mère. Je ne sais pas ce qu'elle s'est mise dans la tête… Mais d'une simple procédure de divorce, on est passé à une guerre pour déterminer des jours de garde. Elle s'est sentie bloquée, et a purement… Refusé toutes les propositions que je lui faisais. Je crois qu'elle avait trop peur que je te dise la vérité et que je te monte contre elle…

Retour de karma. Et pour une fois, ce n'est pas moi qui le prend dans la gueule. Je m'en prends juste les conséquences et répercussions aujourd'hui. De ce que dit mon père, je devine qu'elle savait qu'elle était en tort, mais elle a fait en sorte que tout aille dans son sens, pour que ça ne se sache pas. Sauf que la vérité se sait toujours tôt ou tard…

Honnêtement… Je suis impatient de savoir ce qu'elle a pu inventer ou déformer pour arriver au résultat final.

- Donc… Elle a dit à son avocat que j'avais déjà levé la main sur toi…

- Hein ?! C'est complètement faux ! Au pire je me suis pris deux-trois calottes dans la gueule, et des petites fessées, mais je les méritais… C'est pas ce que j'appelle frapper… C'était pas des rixes ou des coups de chaise… Enfin, j'étais pas maltraité quoi !

- … Je suis heureux de savoir que ça ne t'as pas traumatisé… Parce que je peux t'assurer, Daiki, que ta mère était persuadée du contraire…

- Dit-elle alors qu'elle-même m'a giflé…

- Pardon ? Elle t'a frappé ?

- J'aurais peut-être pas dû dire ça...

- Daiki…

- Fais pas attention, ok ? C'est pas grave… Continue…

- On en rediscutera, mon grand… Enfin, ce qui s'est passé ensuite est très simple… En raison des fausses accusations de ta mère, j'ai dû signer un accord stipulant que je n'avais plus le droit de te voir, sauf si tu venais me contacter de toi-même… J'ai cherché énormément de solutions pour ne pas signer ce bout de papier, mais je n'en ai trouvé aucune. La suite, tu la connais… J'ai du partir, je n'ai pas voulu partir…

Je ne sais pas ce que je dois croire. C'est complètement différent de la version que j'ai entendu toute ma vie. Ça change complètement la donne, mais je ne sais pas quoi penser. Le croire lui, ce père que je ne connais plus… Ou ma mère, qui m'a menti et détruit toute mon enfance...

S'il me mentait, je… Pourquoi les parents de Satsu auraient tant insisté pour que je l'appelle, si je ne pouvais pas lui faire confiance ? Pourquoi il aurait continué à prendre de mes nouvelles, s'il ne tenait pas à moi ? Pourquoi il accepterait de m'aider aujourd'hui, alors que j'ai été le plus ingrat des fils pendant toutes ces années ?...

Ma seule solution pour ôter mes incertitudes… C'est de demander à Momoi-san ce qu'il s'est passé. Elle doit connaître l'histoire… Puis, c'est peut-être pour ça qu'elle m'a autant poussé à le contacter et qu'elle m'a accueilli chez elle sans douter un instant de mes mots, quand je lui ai raconté ce qu'il s'était passé avec ma mère. Ça expliquerait beaucoup de choses… Comme si elle savait que ça pouvait arriver.

- Tu as continué à prendre de nouvelles depuis tout ce temps… Alors que moi, j'ai rien fait pour…

- Je t'arrête tout de suite Daiki, je ne t'en veux pas une seule seconde. Je te l'ai dit, j'ai attendu ton appel pendant très, très longtemps… Je n'ai jamais cessé d'attendre, en fait. Il m'a fallu… Beaucoup de temps pour que j'arrête d'être scotché au téléphone en permanence… J'ai mis un long moment avant de me sentir capable de refaire ma vie. J'avais trop peur de t'abandonner, même si c'était déjà un peu le cas...

Je me sens vraiment coupable. Je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer en train d'attendre un signe de ma part, alors que moi, je n'avais pas du tout conscience des choses à l'époque. Je peux à peine concevoir tout ce qu'il a enduré…

Dans un soupire, je l'entends continuer sa tirade, et je n'ose pas le couper… Je ne pense pas qu'il y ait grand chose à répondre à ça, de toute façon… A part que je suis vraiment un con.

- Je pouvais concilier les deux. Je n'ai jamais arrêté de faire les choses en fonction de toi… Tiens, quand j'ai acheté ma maison, je tenais à ce qu'il y ai une chambre de libre… Je me disais, "Au cas où, si un jour les choses changent, il faut que Daiki ai un endroit où dormir…". Tu vas peut-être trouver ça complètement stupide…

Je l'entends rire faussement. Comme pour cacher tout ce qu'il a dû supporter, tous ses espoirs que le temps a forcément dû fêler… Mais il ne s'est jamais résigné. Je me sens encore plus minable de n'avoir fait qu'attendre également de mon côté. Et pendant seulement un temps, parce que je suis passé à autre chose… J'ai cru ma mère et je ne suis pas allé chercher plus loin… J'ai honte et je m'en veux énormément.

Mais s'il a fait tout ça pour moi… S'il a continué à patienter, s'il s'est autant fustigé des choix qu'il a dû faire, s'il a tant regretté… S'il a continué à penser à moi dans toutes ses décisions… Pourquoi il n'a pas cherché à me contacter d'une façon ou d'une autre ? Pourquoi il n'a pas fait comme si cette saloperie de contrat n'existait pas ?

- Pourquoi tu n'as pas essayé de me contacter directement ?

- Parce que si je l'avais fait, j'aurais pris le risque de ne pas pouvoir être là le jour où tu aurais vraiment eu besoin de moi. Crois moi, je me suis fait violence pour ne pas t'appeler ou même venir te voir à ton collège, où à ton lycée… La maman de la petite Satsuki m'avait d'ailleurs envoyé la vidéo de ta remise de diplôme à Teiko… T'étais très classe… Mais je m'égare, c'est pas le sujet… Qu'est-ce que je disais, déjà ?!

- … Que j'étais très classe.

- Ah ouais… Non, mais avant ! - Rigole-t-il de bon coeur cette fois.

Et je ne peux rien faire d'autres que de le suivre dans son rire, alors que je sens des larmes de joie poindre aux coins de mes yeux. Alors que je me rendais compte il y a quelques temps que ma mère n'en avait rien à faire de ma vie, des échelons que j'arrivais à grimper au fur et à mesure des années… Il y a quelqu'un qui m'aimait de façon inconditionnelle et qui m'encourageait silencieusement, sans même que je ne daigne le remarquer…

- Ça fait du bien de t'entendre rire, Daiki… Je préfère ça. - Dit-il, d'une voix qui me semble protectrice.

- Ouais…

Un léger silence se fait, mais ce n'est absolument pas pesant. J'entends une porte s'ouvrir, puis un bruit de porcelaine, comme si on déposait une tasse sur un bureau, suivit par quelques murmures. Une fois que le silence se refait, je me permets de briser la sérénité ambiante...

- Tu sais… Ma mère me disait souvent que je te ressemblais beaucoup. Et que j'étais comme toi.

- … J'imagine que dans sa bouche, c'était plutôt une insulte… Mais je ne pense pas que tu dois le prendre trop mal, je ne pense pas être si horrible que ça. Puis… Je suis plutôt bien conservé pour mon âge ! ... Ma femme acquiesce mes propos ! J'ai un témoin !

Je laisse un profond rire m'échapper… Effectivement, on a l'air de se ressembler… Déjà, on a sûrement le même humour douteux. Même si j'ai l'impression que ça fait très longtemps que je ne me suis pas permis de plaisanter comme il le fait.

Je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour cette femme qui partage la vie de mon père… Je ne suis pas jaloux, je n'ai même aucune animosité ou colère pour elle… Je me retrouve juste… Curieux de savoir qui elle est.

- Elle a l'air gentille…

- … Elle l'est. C'est une femme incroyable. Elle s'appelle Hiroko. Aomine Hiroko. Et… Ça me ferait très plaisir de te la présenter un jour… Elle, ton demi-frère et ta demi-soeur…

- … HEIN ?!

Je me relève d'un coup pour m'asseoir, mais vu le vertige et la douleur dans le bas du dos qui me prend, ce n'était peut-être pas une bonne idée.

J'étais pas prêt… Moi ? Je suis grand frère ? Mais je ne suis pas paré psychologiquement, là ! Faut me prévenir avant de me balancer un truc comme ça !

Et ça a l'air de le faire marrer en plus…

- Ouais… Sasori et Sakuya… Des faux-jumeaux… Ils ont cinq ans… Et vu que je n'arrête pas de leur parler de toi, c'est comme s'ils te connaissaient déjà !

-… Non, mais ne me dit pas ça comme ça ! Prépare moi avant de m'annoncer un aussi gros truc !

- Qu'importe la façon dont je te l'aurais dit, je suis sur que tu aurais eu la même réaction…

- … Ouais, pas faux.

Woaw… Ça fait beaucoup d'un coup quand même… Beaucoup trop d'informations à avaler, je crois que mon cerveau sature complètement…

- Je crois que je t'ai perdu, là…

- Ouais… Non, enfin non, mais… Woaw, ça fait… Beaucoup…

- Je comprends, Daiki, ne t'en fais pas.

On continue de discuter, parlant de tout et de rien. Il me pose surtout beaucoup de questions. Si j'ai bien continué le basket, si j'aime toujours autant ça… Si mes études se passent bien, si j'ai des projets d'avenir… Des choses de bases mais qui ont l'air de tellement l'intéresser. Je ne peux que me sentir flatté d'avoir autant d'attention de la part de quelqu'un.

Cependant… Toutes les bonnes choses ont une fin. Je ne sais absolument pas combien de temps on est restés au téléphone…Jje ne suis pas sûr d'avoir envie de le savoir. Je risque de me faire peur. Il y a quand même une chose que je peux affirmer tout de suite, c'est que ça m'a fait du bien. Beaucoup de bien.

- Je vais bientôt devoir te laisser mon grand, je dois aller chercher les jumeaux chez leurs grand-parents… Oh, d'ailleurs, quand je vais leur dire que tu m'as appelé, ils ne vont pas en revenir ! Tu leurs as beaucoup manqué à eux aussi, tu sais…

- Ah… D'accord...

Je rougis. Pour le coup, je n'ai aucun souvenir d'eux… Je ne sais pas si c'est parce que je les voyais très peu ou si c'est seulement parce que j'ai une mémoire très sélective mais… Je me rends surtout compte qu'en imposant une distance entre mon père et moi, ma mère à éloigner tout le monde de ma vie.

- Daiki, promets moi que tu me rappelleras… Que tu me laisseras plus sans nouvelles...

- Je… Promis. M'enfin… T'sais, j'en ai rien à faire du contrat, moi. Alors, si tu veux m'appeler, tu peux…

- … Tu sais que tu prends le risque que je t'appelle tous les jours, en me disant ça, hm ? Parce que j'ai vraiment beaucoup, beaucoup de choses à te demander…

- ... Je prends le risque !

On rit tous les deux de nos conneries… Je trouve ça carrément dingue que le feeling passe aussi bien… Et en même temps, j'en suis beaucoup trop heureux pour m'en plaindre.

- Daiki, je… Je ne t'oblige à rien, ok ? Mais… Je serais sur Tokyo ce week end pour le boulot donc… Si jamais tu veux qu'on se voit… Enfin, je comprendrais si tu me disais que tu avais besoin d'un peu de temps…

- Non. Enfin non. C'est un oui direct…

- … Ok… Ok… Alors… Je te rappelle pour qu'on organise ça ?

- Ouais…

Gros. Coup. De. Stress.

Là, je me rends compte à quel point je suis un gamin. Je peux pas arrêter de me poser des questions à la con, du style : "Et si je conviens pas à ses attentes ?", "Si je fais un truc de travers, est-ce qu'il voudra toujours me voir ?", "S'il me prend dans ses bras, je fais quoi ?", "Si je mets ma veste en cuir, ça passe ou pas ?", "Je mets mes baskets bleues ou blanches ?", "Est-ce que je prends des photos avec moi ?", "C'est quoi déjà le nom de sa femme ?!"...

Putain, j'ai l'impression d'être une nana à son premier rencard ! Même avec Ryou, je ne suis pas comme ça ! C'est juste mon père et… Oh, bordel… C'est pire dit comme ça.

Je vais voir mon père… Après presque dix années… Je vais faire un malaise.

Faut que je me calme… J'ai moins d'une semaine pour me préparer à tout ça… Y a des chances pour qu'il me rappelle d'ici là, j'aurais sûrement le temps de me faire à l'idée… Voilà… Faut que je pense comme ça… Ça va aller, Daiki, ça va aller…

… Ça va pas aller. Je vais aller me planquer sous la couette, dans les bras de Ryouta, et là ça va aller. C'est un bon plan. RYOU, HELP ME !

Je me reconnecte dès que j'entends la voix de mon père continuer sur sa lancée…

- Envoie moi les infos pour ton lycée et je règle ce problème. T'as pas un t'inquiéter pour ça. T'inquiète plus pour rien d'ailleurs, les choses vont aller beaucoup mieux, je te le promets...

- Ok…

- … C'est très dur de raccrocher ! -Me dit-il, dans un rire un peu ému.

- Mh… Mais on se voit ce week-end ?

Je me fais du mal. Je crois que j'ai des tendances maso. Je veux confirmation de sa part parce que je ne veux pas me faire de faux espoirs… Même si l'idée de le voir en vrai m'angoisse comme jamais… Mais ça, je crois que vous l'avez compris...

- Oui… Ouais… On organise ça, t'inquiète pas, je ne vais pas louper ma chance !...Je vais te laisser… A plus tard mon grand, prends soin de toi…

- Ouais…

- Et embrasse ton copain pour moi ! -Me dit-il, mort de rire.

- J'y manquerais pas… - Je répond, dans une rire extrêmement gêné...

Alors ça… Je m'y attendais pas. On a… Comme qui dirait un peu passé ce sujet à la trappe tout au long de l'appel.

Mais je ne pense pas que mon orientation sexuelle le dérange… C'est juste qu'on s'est surtout concentrés sur moi, plus que sur l'idée que je suis en couple.

Ça ne change rien au fait qu'il a l'air de totalement l'accepter, et bordel, ça fait du bien… Je crois que dans sa tête, je suis simplement son fils et… C'est tout. Il en a rien à foutre du reste. Enfin, si… Justement, il s'intéresse énormément à qui je suis. Il accepte qui je suis. Il accueille tout ce que je peux lui dire, les deux bras grands ouverts...

Pour le moment, je préfère penser de cette façon. Par contre, j'ai bien compris qu'il était temps pour lui de raccrocher.

- A plus tard…

- Ouais… A plus tard...

J'entends un bruit me signifiant qu'il éloigne le téléphone de son oreille, puis un autre m'indiquant qu'il appuie sur le téléphone, comme s'il s'apprêtait à raccrocher. Mais…

- HIROKO ! JE VAIS VOIR DAIKI ! SAMEDI !

… Mauvaise manip.

- Aye, aye… J'ai entendu…

- IL M'A APPELÉ ! ET JE VAIS LE VOIR SAMEDI ! PUTAIN !

- Langage !

- MAIS J'EN AI RIEN A FOUTRE DE MON LANGAGE ! JE VAIS LE VOIR ET… Aïeuh…

Je crois que sa femme vient de le taper… Je me mords très fort la lèvre pour ne pas exploser de rire…

- Tu vas le voir, j'ai compris. Dans cinq dodos…

- Cinq do...?! MAIS C'EST BEAUCOUP TROP LONG ! JE PEUX PAS ATTENDRE ET… Ah merde… J'ai pas raccroché…. Daiki ? T'es toujours là ?

- … Ouais.

- Mh… Mhmh... T'as rien entendu, ok ? C'est pas bien de parler comme ça !

- … Je vois pas de quoi tu parles…

- Ouais… Ouais, c'est bien comme ça… Cette fois je raccroche pour de vrai… A plus tard, mon grand !

- … C'est le bouton rouge pour raccrocher… Je précise juste au cas où…

- … Ah, ah, ah… Vas-y fous toi de la gueule de ton vieux père ! Puis t'avais qu'à raccrocher aussi… Aieuh ! Mais arrête de me frapper !

- J'crois que ta femme te maltraite…

- T'imagines même pas à quel point… RANGE CE TORCHON CHERIE ! J'AI RIEN DIT !

- … Tu as pas des jumeaux à aller chercher ?

- Ah… Si. Faut que j'aille faire ça. Mais j'ai pas envie de raccrocher…

- …

- Chérie, fais le. C'est beaucoup trop dur pour moi ! A plus tard, mon grand ! Vraiment cette fois !

- A plus tard…

- Au revoir, Daiki… Je suis contente que tu ais appelé… Ton père n'attendait que ça…

- Ouais… Prenez soin de lui.

- Je n'y manquerais pas… -Dit-elle dans un petit rire cristallin.

Quelques secondes passent avant que la tonalité de fin d'appel se fasse entendre…

Et… Putain de merde. Je suis vidé.

Je jette un coup d'oeil sur mon écran pour voir que… Les cours sont terminés. Je m'étonne un peu que mon père ne se soit pas demandé pourquoi je l'appelais en pleine journée et si je n'étais pas en train de sécher. Bon… Vu l'état dans lequel j'étais, je ne pense pas que ce soit le premier truc auquel il ait pensé.

Par simple curiosité, je clique sur le journal d'appel pour voir le temps exact qu'on a passé au téléphone… Presque trois heures. Ah ouais. Ok.

Ça fait… Long. Et en même temps, je n'ai pas du tout vu l'après-midi passer.

Je m'allonge sur le dos, dans l'herbe, en totale apoplexie. Je ferme les yeux pour profiter au maximum du sentiment de bien être qui m'envahit.

Je ne vois plus les minutes défiler, je reste juste là, à me remémorer notre discussion. Ce qui vient de se passer est… Totalement invraisemblable.

J'ai envie d'en parler à quelqu'un. Et en même temps, je n'ai absolument pas envie de bouger de là où je suis. Ce moment… C'est un peu comme une bulle de protection que mon père vient de créer et où personne ne peut m'atteindre. Cette sensation est beaucoup trop plaisante pour vouloir en sortir.

Là, maintenant, il me manquerait seulement Ryouta pour que le tableau soit parfait.


PDV RYOUTA - Quelques minutes avant.

Satsu m'a appelé. Elle était inquiète, je crois.

Maintenant… Moi aussi, je suis inquiet.

Parce que Daiki est pas à l'école. Mais il est pas avec moi non plus.

Donc… Il est où ? Il est pas parti loin, j'espère…

Je voulais… Au début, je voulais que Daiki et Satsu discutent. Parce que c'est important pour ne plus… Faire la tête. C'était compliqué.

C'était compliqué, donc Satsu a dit… Elle a dit que ce n'était pas trop le moment. Qu'il ne fallait pas faire quelque chose que Daiki ne voulait pas faire. Et j'ai compris.

Mais là… On sait pas où il est, Daiki. Il est parti et il a rien dit. Alors… Je veux aller le chercher. Et Satsu veut donner les affaires à Daiki. Les affaires qu'il a oublié ou pas pris, je sais pas.

Alors… Alors j'ai dit à Satsu de venir. A la maison.

Et Satsu est venue. Je suis allé chercher Satsu au train, à côté de la maison, après son… Son école. Et on est parti chercher Daiki… Je crois que Satsu essayait de me rassurer… Peut-être.

Mais Daiki… Il était pas loin. Il est a...Il est allongé dans le parc, sous l'arbre. Il n'est pas loin. J'ai trouvé Daiki !

J'attends pas Satsu, c'est pas très bien je crois, mais je suis content d'avoir trouvé mon amoureux. Parce que je veux pas que Daiki soit loin et perdu.

Il dort peut être… J'essaye d'être di...Discret.

Je… Je m'assois à côté de lui. Et je le regarde. Parce que Daiki, il est beau, et j'aime bien le regarder.

Je touche ses cheveux… C'est tout doux. J'arrive à sentir l'odeur de Daiki, et j'aime bien… C'est rassurant…

Daiki soupire… Je crois qu'il aime bien quand je fais ça.

Mais... Mais je suis là. Et j'aimerais bien… J'aimerais bien qu'il se réveille. Et qu'il fasse attention à moi.

Je vais l'appeler… Parce que… Le matin, quand je l'appelle, il se réveille… Peut-être que ça va marcher aussi, même si c'est pas le matin...


PDV AOMINE

J'ai l'impression de sentir sa présence… Cependant, je crois que mon imagination me joue des tours. J'ai l'impression qu'il y a un petit vent qui se lève et qui se faufile dans mes cheveux, c'est super agréable… Ça me fait penser à une caresse de Ryouta, tellement c'est doux et léger...

- Dai-i-ki..

En plus je commence même à entendre sa voix dans ma tête… Je deviens complètement barge, sérieux…

- Tu fais dodo, Dai-i-ki ?

Nan… Enfin, j'espère pas… Manquerait plus que ça, que j'ai dormi toute l'après-midi et que tout ça ne soit qu'un rêve… Si c'est le cas, c'est mort, je ne me réveille pas.

Je sens une paire de lèvres se poser sur les miennes et je ne peux m'empêcher de sourire. Et je lève la main pour la poser sur la nuque de mon amant.

… Ouais, ça m'a l'air quand même vachement réel tout ça…

J'ouvre un oeil pour vérifier, et effectivement… Je me fais accueillir par le sourire de Ryouta, son visage à quelques centimètres du mien.

- Ah ! Tu es réveillé, Dai-i-ki.

- Ryou…

- Hm ?

- Câlin…

Je le guide pour le poser à califourchon sur mon bassin, puis le serre dans bras en m'asseyant sur l'herbe. Ma tête se pose sur son torse, juste sous sa clavicule, et ses doigts caressent le haut de mon dos, passant la limite de mon tee-shirt.

Bordel, je me sens bien. J'ai l'impression de pouvoir respirer à plein poumon et de m'être délesté de tout ce qui n'allait pas.

- Sat-su… Elle a dit que tu n'es pas allé à...A l'école…

Presque tout.

- Comment tu sais ? Satsu t'a appelé ?

- Mh, mh… C'est moi… Je voulais faire pour Dai-i-ki… Pour que vous di-scut-iez...Mais c'était pas possible… Et Sat-tsu… Elle a appelé parce que t'es parti… Et t'étais pas avec moi. Alors… Alors, moi… J'étais inquiet. J'ai dit à Sat-su de venir à la maison pour attendre… Mais je suis parti te chercher parce que… Parce que j'étais inquiet…

Je lui masse le bas du dos, sans décoller ma tête de son torse. Je finis par relever la tête pour l'embrasser, pour le rassurer.

- Je suis là… Tu m'as trouvé !

- Oui !

Je frotte mon nez au sien, pour le calmer… Je le sens complètement tendu sous mes doigts. Effectivement, je l'ai inquiété. Je ne pensais certainement pas rester autant de temps ici…

- Et Satsu, elle est où alors ?

- Bah… Elle est là !

Je suis la direction qu'il me pointe du doigt pour voir que… Bah ouais, elle est là.

Au moment où je la fixe, je la vois baisser la tête et passer d'un pied à l'autre en signe de gêne. Ouais, c'est ça… Je suis sûre qu'elle a bien aimé nous regarder !

D'un signe de main, je l'invite à nous rejoindre. Pas besoin d'être véhément, ou de l'engueuler… Je pense qu'elle a compris et qu'il est temps de passer à autre chose.

Elle ne prend pas le temps de s'asseoir, et commence déjà à balbutier des trucs incompréhensibles en ouvrant et fermant la bouche à plusieurs reprises…

- Je suis désolée, Dai-chan…

- … Assis-toi.

Ryouta resserre son étreinte sur ma nuque et pose tranquillement sa tête dans mon cou. Je crois que là, ça va être compliqué de le déloger, mais ce n'est pas comme si j'avais vraiment envie de l'éloigner de moi.

Satsuki n'ose plus prendre la parole. Et je la comprends, elle ne doit pas du tout se douter de ce qu'il se passe actuellement dans ma tête.

- Je ne t'en veux pas Satsu. Ou en tout cas, je ne t'en veux plus. J'ai juste… Pas apprécié que tu parles de ma vie intime à des gens sans même d'abord m'en parler.

- Je sais… J'ai compris que j'avais fait une bêtise, Dai-chan… Je le ferais plus.

- Bien.

Je passe ma main dans les cheveux de Ryouta pour lui caresser le crâne. Je le sens soupirer contre ma peau et mes poils se dressent sur ma nuque. Je respire doucement son odeur et prend les forces nécessaires pour répondre aux questions de Ryouta et Satsu qui, je sais, ne vont pas tarder à fuser.

- Dai-chan… Pourquoi tu es parti du lycée ?

Ryouta se relève doucement à l'entente de la question et me regarde, attendant lui aussi la réponse.

Je ne vais pas tourner autour du pot. Ça ne sert à rien, je n'ai pas envie de faire durer le suspense pour une fois.

- L'administration m'a convoqué pour me dire que ma mère n'avait pas payé la deuxième moitié de mon année. Et que j'ai une semaine pour donner l'argent, sinon, je dois prendre la porte.

- Quoi ?! Mais Dai-chan, comment tu vas faire ?

- J'ai appelé mon père.

Je crois que je viens de les tuer. Ils ne bougent plus. Et surtout, ils ne parlent plus. Ça c'est vraiment inquiétant, parce que c'est ce qu'ils savent faire de mieux. Enfin, surtout Satsu. Ryouta sait faire plein d'autres trucs très sympas… Mais je m'égare. Rien à voir, c'est hors-sujet !

Mon amant est le premier à réagir, en posant ses deux mains sur me joues et en déposant un léger baiser sur mes lèvres.

- C'est bien, Dai-i-ki…

Sa voix ne retransmet aucune réelle émotion, toutefois, je sais qu'il saisit l'importance de ma dernière phrase et que d'une certaine façon, il attendait que je fasse le premier pas. Sa phrase me laisse penser qu'il sait que c'est une bonne nouvelle, que ça s'est bien passé. Pour lui, ça ne peut pas en être autrement. Comme si lui aussi avait mis ses derniers espoirs en mon père pour m'apporter de l'aide. Donc, quelque part… Je me dis que si cet appel s'était mal terminé, il n'y a pas que moi que ça aurait touché.

Satsuki, elle…. Elle a buggé, je crois. La bouche et les yeux grands ouverts, elle me fixe comme si je venais de dire la plus grosse connerie du monde.

- Mais… Mais… DAI-CHAN !

- Oui, c'est moi.

- Tu as…. Tu as…

Elle secoue sa tête dans tous les sens, avant de se rattacher à mon regard, mitigée entre l'inquiétude, la curiosité et la joie.

- Comment ça s'est passé ?

- ... Bien. Très bien, même… -Lui souris-je, juste...heureux.

- … Tant mieux.

Ryouta m'embrasse la tempe, sans rien dire de plus. Satsu me sourit doucement, se contentant de ce que je viens de dire. Elle comprend que pour le moment, je n'ai pas besoin d'épiloguer, qu'il va me falloir un peu de temps pour me rendre compte que tout ça est réelle et que… Peut-être que je ne vais plus avoir à être sur mes gardes pour tout et tout le temps…

Cependant… Je ne comprends pas pourquoi Satsu se fige sur place. On dirait qu'elle a une énorme révélation, c'est hyper flippant…

Elle finit par se retourner et fouiller dans son sac, avant de prendre son téléphone et… D'envoyer un message ?...

Tout ça pour ça ?

Et est-ce que Ryou serait pas totalement en train de s'endormir sur mon épaule ?

Ouais, enfin, ça j'aime bien… Il est trop mignon… Il pèse son poids, mais il est mignon.

Je sens soudain mon téléphone vibrer dans ma poche. Je réfléchis deux secondes à déloger mon amant de mes jambes pouvoir le prendre - Le téléphone ! Pas Ryouta…-, mais j'ai pas envie de le dégager. Il est bien là.

C'est le regard de Satsu qui m'indique que j'ai plutôt intérêt à décrocher, si je ne veux pas des ennuis dans ma vie.

- Ma mère m'a dit de la prévenir directement, si un jour tu appelais ton père…

Outch. Je sens que je vais passer un petit moment au téléphone, avec ma nouvelle interlocutrice...

Ryouta geint un peu mais se laisse porter pour que je puisse prendre mon portable. Il se réinstalle comme si de rien n'était pendant que je décroche.

- Allo ?

- TU AS APPELÉ TON PÈRE DAI-CHAN ?!

J'ai bien fait de prendre l'appel. La mère de Satsu m'aurait arraché les tripes si je ne l'avais pas fait.

Par contre, ni mon tympan, ni mon amant n'ont apprécié le choc auditif. Je calme doucement Ryou d'une main, qui pose ses paumes sur ses oreilles… Faut pas faire ça quand il est là, même si le téléphone n'était pas collé à lui.

- Ouais, je l'ai appelé…

- ALORS ?!

- Doucement... J'ai Ryouta à côté de moi, et il n'apprécie pas trop qu'on crie…

Ça serait plus véridique de dire qu'il est sur moi, néamoins, je vais éviter de mettre volontairement des images dans la tête des gens… Même si on ne fait rien parce qu'on est en public, mais… Je me comprends.

- Oh ! Oh pardon, Dai-chan…

- C'est pas grave, je préviens juste, Momoi-san…

- Mh.. C'est pas, pas grave…

Je lui caresse doucement le dos pour qu'il se relaxe. Il régule doucement sa respiration et il s'accroche à moi pour relâcher petit à petit la tension de ses muscles...

Maintenant, concernant toute cette histoire, j'aimerais ne plus avoir aucun doute.

- Momoi-san… J'aimerais beaucoup avoir une réponse, pour être sûr de faire le bon choix…

- Je t'écoute, Dai-chan.

- C'est mon père qui a trompé ma mère à la base… Ou est-ce que c'est l'inverse ?

Je sens que la mère de Satsu est un peu gênée par ma question. C'est vrai que c'est un sujet un peu impersonnel. Mais j'ai vraiment besoin qu'elle y réponde pour savoir qui je peux croire.

- … C'est ta mère qui a trompé ton père, Dai-chan… Mais pourquoi cette question en particulier ?

- … Parce que si mon père m'a dit la vérité là-dessus, je suis presque sûr de pouvoir lui faire confiance pour le reste.

- Tu peux te confier à ton père, Dai-chan. C'est un homme bien. Tu peux avoir confiance en Kyosuke, assurément… Sinon, je ne t'aurais jamais conseillé de le contacter…

Kyosuke...C'est carrément la honte si je dis que j'avais complètement oublié le prénom de mon père ? Hum… De toute façon, je pense que niveau ingratitude, je ne suis plus à ça près…

Cependant, la mère de Satsu me confirme bien ce que je pensais. Premièrement, elle m'a dit de le contacter en total connaissance de cause. Deuxièmement, je peux lui faire confiance… Et je pense que c'est surtout cette donnée là qui est importante.

Toujours est-il que… Y a une information que je ne peux vraiment pas garder pour moi…

- Je vais le voir… Il m'a proposé qu'on se voit...

J'ai l'impression qu'il n'y a pas que moi qui fait des crises d'apoplexie, aujourd'hui… Parce que j'ai l'air d'avoir choqué tout le monde.

- Tu vas voir ton papa, Dai-i-ki ?

Enfin, non, pas tout le monde. Lui, ce n'est pas ce genre de choses qui vont le perturber…

- Ouais…

- C'est une excellente nouvelle !

- Mais c'est génial, Dai-chan ! Je suis contente pour toi !

- Tu sais déjà quand est-ce vous allez vous voir ?

- Il m'a parlé du fait qu'il serait dans le coin ce week-end… Alors, je pense que ça sera sûrement samedi…

Ouais, samedi, je vais voir mon père, et… Attend. Samedi ? Putain…

- Ryou…

- Hum ?

- Tu as prévu quelque chose, toi, samedi ?

- J'ai rendez-vous avec… Avec le docteur Mi-a-no…

- Oui, mais sinon… Le reste de la journée ? Tu avais prévu qu'on fasse quelque chose ?

- … Non. Mais… Mais je crois que Nani est pas là, samedi…

C'est bien ce que je me disais. J'étais sûr qu'il y avait un truc comme ça, mais j'avais complètement oublié…

Je soupire en me disant que ça risque de ne pas être une mince affaire encore, de tout concilier… Mais y'a toujours moyen de s'arranger…

- … Je peux toujours rester avec Ryouta, Dai-chan, si tu veux…

- Nan… Non, je vais revoir ça avec Nanami et mon père… Dans tous les cas, ça va peut être me permettre de faire une pierre deux coups…

- … Tu veux présenter Ryouta à ton père, Dai-chan ?

- Peut-être… On va s'arranger… N'est-ce pas Ryou ?

- Hum ! Ça va aller !

Ouais, il ne pouvait pas mieux résumer la situation… Maintenant, tout risque d'aller bien mieux…


Étendu comme une merde dans le lit, j'attends que Ryouta vienne se coucher. Je le suis du regard, en train de se balader dans la chambre, pour fermer les volets et ranger certains trucs.

La fin de la soirée a été très simple. J'ai raconté un petit peu ce qui s'est passé aux trois paires d'oreilles attentives à tout ce que je disais. Les deux femmes de la famille Momoi étaient réellement heureuses pour moi, ça se sentait dans le comportement et dans leurs mots. Mais j'avais aussi l'impression d'entendre beaucoup de soulagement et de fierté dans la voix de la mère de Satsu, et ça aussi… Je pense que ça m'a fait beaucoup de bien. Comme une confirmation que maintenant, les choses allaient définitivement s'arranger.

J'ai finis par raccrocher, puis nous sommes restés tous les trois, Satsu, Ryou et moi, dans le parc, à se détendre un peu. On a finit de mettre les choses au clair avec Satsu, et je sais qu'elle a compris, maintenant, pourquoi je me suis énervé. Elle ne m'en veut pas pour mes mots blessants, et je ne lui en veux plus pour ce qu'elle a fait. On est quitte, on en parle plus. Comme dirait Ryouta, on avait juste… Vraiment besoin de discuter. Ça aurait été totalement con de ma part de continuer à lui en vouloir pour ça. Prendre le risque de la perdre pour une histoire comme ça, ça aurait été stupide.

Mon amant, lui, a été un petit peu plus discret pendant tous nos échanges… Il s'est contenté de nous écouter, de parler de temps en temps, mais en grande majorité, il a surtout pris ses aises sur moi pour se reposer. Je dois avouer que ça ne m'a pas dérangé le moins du monde… Au contraire, c'était plaisant de l'avoir dans mes bras, après tout ce qui s'est passé aujourd'hui. Comme un point final, sur cette journée très mouvementée… Un beau point final.

Toutefois, j'aimerais beaucoup qu'il soit encore plus beau.

Ryouta me rejoint enfin, s'installant sous la couette après avoir éteint la lumière. Il pose sa tête sur mon torse et se colle complètement contre moi. Seule une lampe de chevet nous éclaire encore et… Je n'ai pas envie de nous laisser tout de suite dans le noir.

Cette journée a réussi à débloquer beaucoup de choses en moi. Le poids sur mes épaules, des problèmes qui prenaient trop d'ampleur, mes peurs, mes perspectives d'avenirs, mes engueulades…

Et ça me donne clairement envie de continuer sur cette lancée. Pour quelque chose de… Beaucoup plus personnel…

J'embrasse le crâne de mon amant, avant de passer ma main dans ses cheveux blonds.

Je le déloge doucement de mon torse, pour le faire lever la tête vers moi. Sa jambe se place d'autorité entre les miennes, et je pense qu'il ne peut pas louper la grosseur contre sa cuisse. Il baisse la tête, avant de me regarder fixement. Ma main se glisse sur sa joue, pour le rapprocher de moi et je l'embrasse, ma langue cherchant rapidement l'attention de sa consoeur. Mon amant me laisse faire, participant même de bon coeur. D'une main, je l'encourage à se placer sur moi, d'une part pour qu'on soit plus confortablement installés… Et d'autre part...

- Ryou…

- Hm ?

- … Fais moi l'amour…

… Parce qu'il est grand temps que j'accepte les choses telles qu'elles sont. Parce que j'ai envie. Et parce que le sourire de Ryouta vaut bien tous les désagréments du monde...