Lundi 6 novembre 1995
Chère Marie,
Tout d'abord, je te dois mes plus profondes et mes plus plates excuses concernant Snape. Tu avais raison sur toute la ligne, c'est un gentil, même si c'est un gentil certainement capable de faire passer un sale quart d'heure à celui qui osera lui dire qu'il est gentil... Je me réserve encore sur la partie « héros », il prend beaucoup trop de plaisir à traumatiser ses élèves pour ça, et ça n'est pas un comportement acceptable, mais je ne conteste plus ni sa loyauté, ni son intégrité. Promis.
Il ne m'a fallu qu'un seul cours pour m'en rendre compte : sous son apparence cruelle se cache quelqu'un de profondément blessé et triste. Il me fait de la peine, personnellement. Mais c'est quelqu'un qui, à défaut de passer sur ses anciennes rancunes, reste quand même droit dans ses bottes vis-à-vis de ses valeurs, et ce ne sont pas des valeurs qui font peur.
Et sa réputation n'est pas aidée par son apparence physique. Les élèves qui l'associent à une chauve-souris ont raison. Rickman fait presque trop propre, en fait. Je me demande comment ça se fait que cet obsessionnel des potions ne se rende pas compte du danger que représentent ses propres cheveux, si la graisse venait à couler dans une potion... Et son visage complètement inexpressif n'est pas très encourageant non plus (bon point pour Rickman, à ce sujet, d'ailleurs).
Du coup, on s'arrête à cette apparence, et on ne regarde pas ce qui se passe en dessous. Surtout qu'il fait tout pour repousser tout le monde, avec sa froideur et sa véritable agressivité envers tout élève n'étant pas à Slytherin. Je pense que sans l'empathie, j'aurais partagé l'avis des Gryffindors à son sujet.
Mais commençons par le déroulement de la journée. Dès le petit déjeuner, Hermione a tenté de me harceler de connaissances sur les potions. Elle s'inquiétait du comportement de Snape à mon égard. Ça partait d'une bonne intention, certes, mais c'était un peu fatiguant. Alors je lui ai montré que j'avais travaillé ma leçon : j'ai pu lui expliquer le rôle de pratiquement tous les ingrédients de la potion du jour, et même si je ne connaissais que ceux-là et qu'il y avait des erreurs, je pouvais toujours en dire plus que Ron, alors que lui suit les cours depuis plus de quatre ans. Curieusement, Harry n'a pas été mauvais à ce jeu-là, et il a même corrigé Hermione, à un moment. Du coup, Hermione, en voyant qu'il avait raison, s'est vexée, et s'est tue pendant tout le repas, au grand soulagement de tout le monde. Harry m'a fait un clin d'œil, pour me dire que tout irait bien (à la fois pour Hermione et pour le cours).
En cours, Snape m'a mise avec Malfoy. Ron était catastrophé, Hermione réservée, mais Harry m'a chuchoté :
« Il est excellent et c'est le chouchou. Tu ne pouvais pas tomber mieux. »
C'était logique : Snape n'allait pas gâcher la potion de son préféré en me harcelant. Tout au plus, Malfoy allait m'ignorer toute la leçon, mais au moins, je pourrais observer quelqu'un qui sait se débrouiller.
La partie qui m'a surprise, c'est le « excellent ». Dans les livres, on sous-entend par son comportement et celui des Professeurs que Malfoy est un élève entre passable et moyen, du même niveau que Ron, globalement, y compris en potions. Il y a juste cette allusion de son père au fait qu'il se fait devancer par une Sang-de-Bourbe, qui laisse peut-être comprendre que c'est exceptionnel que son fils ne soit pas premier. Et il y a certaines fan-fics qui poussent dans cette direction, et vont jusqu'à lui donner la deuxième place de leur promotion. Si c'est le cas, ça m'intéresse : dans la plupart de ces mêmes fan-fics, Malfoy ne devient pas un Deatheater.
Enfin, j'allais bien voir, n'est-ce pas ? Alors je me suis installée à côté de Malfoy, qui avait déjà sorti son livre, et avait ramené les ingrédients de la potion (une potion de traitement de l'acné).
« Nestral. J'espère que tu vaux le coup. »
Son ton était froid, mais ça ne collait pas avec son aura, qui était juste curieuse et un peu méfiante, pas froide et méprisante. Tiens donc. L'apparence de glace de Malfoy ne serait donc que ça : une apparence ?
Tiens, au passage, Malfoy ne ressemble pas à Felton. Beaucoup plus élégant. Lui aussi, il est beau. C'est le type même de l'aristocrate élégant et distingué, et qui sait qu'il l'est. Felton a l'air décoloré (c'est sans doute le cas, d'ailleurs), mais chez Malfoy, ça se voit que c'est naturel : pas une seule trace de jaunâtre. Il a des yeux gris acier, qui sont aussi fascinants que les yeux verts de Harry. Si tous les deux décident de faire la course à la séduction des filles du château, j'ignore qui l'emportera. Surtout que même si Malfoy est plus grand, ils ont sensiblement le même gabarit élancé et musclé par le Quidditch. Pour l'instant, j'ai encore ma mentalité de vingt-et-un ans, et c'est la seule chose qui me retient de faire miam face à un garçon de quinze ans !
« On verra, j'ai simplement répondu. Tu acceptes que je te pose des questions pendant le cours ?
–Je te répondrai si elles ne sont pas stupides.
–Ça me va. J'ai lu la théorie sur les ingrédients, et sur la façon de les préparer, mais ça reste de la théorie. Tu me montres rapidement que je puisse vraiment t'aider ? Je suis généralement un bon commis. »
Il m'a regardée, méfiant. Sans doute ne s'attendait-il pas à ce qu'un Gryffindor lui réponde amicalement. Mais un, je ne suis Gryffindor que temporairement, et deux, je n'ai pas de préjugés sur les maisons. Il y a du bon et du mauvais dans chacune d'elles. Même si naturellement, l'ambition est le chemin le plus facile vers le mauvais, alors forcément, les Slytherins sont moins bien lotis.
Puis il a haussé les épaules, et m'a montré chaque ingrédient, en me les nommant, me faisant réciter leur utilisation, et en me montrant comment les préparer. Il m'a même fait un tableau pour les divisions des mesures de poids et de volume, parce que ces idiots n'utilisent pas une base 10 comme nous (un litre fait dix décilitres qui font chacun dix centilitres, idem pour les grammes), mais des divisions qui changent d'un système à l'autre. Je me moque des conversions, tous les moyens de mesure à notre disposition (sorts et instruments) sont adaptés à leur système, mais je n'aimerais pas faire une erreur parce que j'aurais cru qu'il y a dix drams dans une once fluide... (il y en a huit, qui se divisent chacune en soixante minims). Et je ne connaissais pas ces termes avant, donc désolée, pas de traduction... Même si les minims sont si petites qu'ils parlent aussi de gouttes (drops). Tu m'étonnes qu'ils ne soient pas perdus avec leurs Gallions, leurs Noises et leurs Mornilles...
Snape est passé plusieurs fois devant nous, il a bien vu qu'on avait du retard, mais il n'a rien dit. On a commencé à rattraper ce retard quand on s'est vraiment mis à la préparation de la potion. On a partagé la découpe des ingrédients, mais Draco a insisté pour que ce soit lui qui s'occupe du chaudron :
« C'est ton premier cours et c'est une potion de cinquième année. Fais d'abord des potions de base avant de toucher à mon chaudron. »
Je n'ai pas insisté, il n'avait pas complètement tort. Euh... il avait même complètement raison... mais non, j'aime pas me faire rabrouer et ne pas pouvoir participer pleinement... Néanmoins, ça m'a permis de rester concentrée sur le pourquoi du comment de chaque ingrédient à tel moment ou en telle quantité.
On en était au quart de la réalisation quand j'ai remarqué que les instructions au tableau différaient des instructions sur le livre. Et Malfoy suivait celles du tableau. Les différences ne sont pas énormes : une température de feu légèrement différente (en Fahrenheit, évidemment, mais je ne cherche même pas à faire la conversion : on a un sort pour savoir la température qui donne un résultat en °F, et des instructions en °F, ça me suffit), un tour de plus ou de moins lorsqu'il s'agit de mélanger, une fraction d'once de plus ou de moins d'un tel ingrédient... Il y a ce genre de modifications mineures tout au long de la recette. Si on ne fait pas attention, c'est facile de croire que les deux sont identiques, et de suivre soit l'une, soit l'autre, et du coup, de rater sa potion parce qu'on n'aura suivi scrupuleusement aucune des deux recettes.
Alors, de la même façon que j'avais noté les instructions sur la préparation des ingrédients dans mon livre, j'ai noté les modifications.
« Il y a treize gouttes de bisope en moins pour rendre la potion plus tolérable pour les peaux sensibles ? j'ai demandé.
–Oui, a répondu Malfoy sèchement, concentré.
–Et les trois tours en plus, c'est pour mieux dissoudre la queue de salamandre ?
–Pardon ? »
Cette fois, il a levé la tête, surpris. J'ai expliqué :
« La recette au tableau te demande de chauffer ta potion à 255°F au lieu de 275°F dans le livre. Du coup, ta queue de salamandre se dissout moins bien, n'est-ce pas ? Et les trois tours en plus, c'est pour compenser ça ?
–Et pourquoi baisser la température du feu en premier lieu, Miss Nestral ? »
J'ai sursauté. Je n'avais pas entendu Snape approcher. J'ai étudié la potion, puis j'ai répondu, de la manière la plus assurée possible :
« Pour que l'essence de bisope ne devienne pas trop agressive et les ailes de libellule ne perdent pas de leurs propriétés.
–Dix points pour Gryffindor. Il y a enfin de l'espoir pour cette maison. »
Il y a eu un grand silence dans la salle de classe : c'était la première fois visiblement que Snape accordait des points à Gryffindor. Snape a semblé se rendre compte de la réaction des élèves, puisqu'il a ajouté, beaucoup plus sèchement :
« Si vous preniez la peine d'ouvrir tous vos livres avant de venir en cours, vous seriez également capables de faire ce genre de constatation. Une débutante l'a vu. Vous avez intérêt à me rendre des potions impeccables. »
Malfoy a ricané, mais il a continué à réaliser sa potion. Pour l'instant, elle se comportait exactement comme la recette au tableau le disait.
A la fin du cours, c'était la seule à avoir la couleur rose fluo qu'elle était censé avoir. Celle de Hermione était trop sombre, et celle de Harry, celle qui s'en approchait le plus après Hermione, trop claire.
« La prochaine fois, Nestral, c'est toi qui es au chaudron, » m'a dit Malfoy en rendant la potion.
Bon, me voilà prévenue.
A la fin du cours, j'ai attendu que tout le monde sorte pour aller voir le Professeur. Il commençait déjà à noter les potions, avec une grimace apparente en voyant les résultats.
« Euh, Professeur ?
–Miss Nestral. Vous avez travaillé votre théorie avant de venir...
–Votre réputation vous précède, Professeur, loin de moi l'idée de venir à votre cours sans me préparer, » j'ai répondu doucement.
Snape a ricané. Oui, je te jure, ricané.
« Professeur, je voulais vous remercier de m'avoir mise avec Malfoy, ça a été très instructif, j'ai dit sincèrement avant d'enchaîner : Je voulais vous demander deux choses... La première, c'est, s'il est d'accord bien sûr, de continuer à travailler avec lui. Il a l'air bon et j'espère ne pas trop le ralentir. J'ai vu que sa potion était l'une des rares à avoir le résultat voulu.
–En effet, s'il est d'accord, c'est tout à fait faisable, a approuvé Snape. Il vous faudra continuer à travailler comme vous le faites déjà, cependant.
–Bien sûr. Et c'est l'objet de ma deuxième requête : je ne pense pas avoir de soucis à travailler la théorie seule, mais les Potions demandent de la pratique, et ce n'est pas en partageant un chaudron avec un élève de cinquième année doué dans ce qu'il fait que je vais beaucoup progresser. Je vais apprendre beaucoup de choses, sans aucun doute, mais je ne vais pas pratiquer autant que nécessaire pour pouvoir passer les examens sereinement à la fin de l'année. Et... J'aurais voulu savoir s'il était possible qu'un soir par semaine, je puisse travailler les potions des années précédentes... Avec vous ou avec un tuteur en qui vous avez confiance. »
Snape m'a étudiée un long moment, et j'ai bien cru qu'il allait refuser. J'imagine que ça devait être la première fois que quelqu'un hors de sa maison lui demandait un tel service. J'ai profité de son silence pour l'étudier, avec mon don d'empathie. Puis il a hoché la tête :
« Mr Malfoy ne dira pas non à des crédits supplémentaires. Venez ici les lundis soirs, entre 18h et 20h.
–Merci, Professeur. »
J'ai hésité. Le point que je voulais à présent aborder serait le plus délicat. Osera, osera pas ? Gryffindor en avant, ou la prudence Slytherin ? Bon, pour l'instant, je suis rouge et or, on fonce dans le tas, ça m'évitera d'être frustrée par mes impressions sans preuve... Quitte à prendre le risque de se mettre à dos un prof qui de toute façon n'aime pas les Gryffindors...
« Vous... Est-ce que vous êtes au courant que je suis empathe ?
–Oui, a répondu Snape (la réponse la plus énervante qui soit à ce stade de la conversation, tant elle donne peu d'informations...).
–Je... Je vois que vous avez de bonnes protections en Occlumancie, mais elles protègent vos pensées, et pas vos émotions. Et... Je sais que vous êtes quelqu'un de confiance, et très professionnel et dédié dans ce que vous faites. Je suppose que vous n'aimez sans doute pas entendre ça, mais ce que vous dégagez, au moins pour un empathe, prouve que vous êtes quelqu'un de bien.
–Où voulez-vous en venir, Miss Nestral ? m'a interrompue le professeur Snape.
–Votre Marque des Ténèbres, Professeur, j'ai enchaîné, presque soulagée qu'il ait interrompu mon babillage. Elle ternit votre aura d'émotions. Je sais que vous n'êtes plus un Deatheater, et je sais que vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Je... Est-ce que vous me permettez de l'étudier, un instant, avec mon don d'empathie, pour que je puisse la reconnaître quand je verrai les émotions qui y sont associées ailleurs ? Cela ne change en rien l'opinion que j'ai de vous. »
Je sais qu'en français, on dit Mangemort et non Deatheater. Mais c'est un groupe de terroristes uniquement présents en Grande Bretagne (heureusement !). On ne traduit pas « IRA » (l'armée indépendantiste irlandaise, qui doit faire aussi rage en Irlande du Nord, pour l'instant, d'ailleurs...), alors pourquoi on traduirait Deatheater ?
De nouveau, long silence. J'ai bien cru que j'avais été trop loin. Puis il a demandé :
« Vous faites la différence entre mes émotions et celles de la Marque ?
–C'est évident, Professeur, j'ai affirmé. Je suppose que vous seriez un Deatheater convaincu, ce serait plus délicat, mais vous n'en êtes pas un. Mais... Les émotions de la Marque sont confuses, principalement parce que vous la masquez en permanence. J'aurais juste besoin de la regarder un instant pour faire le tri et identifier la signature émotionnelle de la Marque.
–Comment un tatouage peut-il avoir des émotions ? a demandé Snape, et j'ai compris que la question tenait plus du test qu'autre chose :
–Ce serait un simple tatouage, Professeur, je suppose que vous n'auriez eu aucun mal à vous en débarrasser, j'ai répondu doucement. La Marque des Ténèbres est intimement liée à Voldemort. Je n'imaginais pas avant de vous rencontrer qu'elle puisse avoir ses propres émotions, mais c'est le cas. Cruauté, haine, possession, avidité... Il y a un peu de tout ça. »
Heureusement que Dumbledore et Pomfrey m'ont demandé d'étudier l'empathie et l'Occlumancie qui va avec avant de me joindre au reste de Hogwarts ! Entre ça et ce que je... euh... savais déjà via les livres et les fics, je pouvais être quasi-certaine de ce qui se passait.
« Vous voulez voir ma Marque ? »
C'était évident qu'il était choqué par cette requête, même s'il parvenait très bien à ne rien afficher sur son visage. J'ai répondu, le plus innocemment possible (je sais être innocente !) :
« C'est cela, Professeur. Je comprendrais si vous ne voulez pas, mais cela m'aiderait, si jamais je venais à rencontrer d'autres personnes qui seraient potentiellement des Deatheaters. »
À ma grande surprise, Snape a relevé sa manche gauche et m'a montré sa Marque. J'avais raison : dès que je l'ai vue, les émotions qui s'en dégageaient ont été beaucoup plus claires. Et bouh qu'elles sont pas belles... Ça doit pas être marrant de porter ça en permanence dans sa chair...
« Merci, Professeur. Et... Si je peux me permettre... J'ignore ce que vaut votre Occlumancie pour protéger vos pensées, mais vos émotions restent facilement lisibles. Il serait peut-être intéressant pour vous, vu votre rôle délicat, que vous appreniez à les protéger également. Si vous le souhaitez, je peux vous dire quand je ne parviens plus à les ressentir. »
Il a redescendu sa manche en m'observant, puis a hoché la tête :
« On fera ça. Et vous expliquerez un jour comment vous pouvez être au courant du fait que je porte une Marque des Ténèbres et ce qu'elle signifie. »
Ah... Apparemment, Dumbledore a parlé de mon empathie aux professeurs, mais pas du fait que je connaissais Hogwarts et leur société comme monde littéraire. Mais il ne m'a pas laissée le temps de lui répondre avant d'ajouter :
« À bientôt, Miss Nestral. »
Je sais quand je me fais congédier... Alors je l'ai salué et je suis sortie de la salle, pour me rendre au cours suivant.
Je suis contente : Snape est peut-être effectivement un crétin quand il s'agit d'être partial envers sa maison et saquer les autres, mais ça n'en reste pas moins quelqu'un de fiable à plus grande échelle. Au moins une nouvelle certitude dans l'infinité de possibles ouverte par les fan-fics. Snape n'est pas un monstre sadique tel qu'il peut être décrit dans certaines de ces histoires. Je suppose que tu dois être ravie, te connaissant.
Passons au deuxième cours de la journée, deux heures de Défense contre les Forces du Mal, et donc présentations avec la très chère Madame Umbridge. Dire que le cours ne s'est pas aussi bien passé doit être l'euphémisme de l'année. Elle doit à présent me détester encore plus qu'elle ne déteste Harry. Dire que je ne voulais pas trop me faire remarquer en entrant dans sa classe...
Je me suis installée à côté de Harry, justement. Comme le cours allait sans doute être... passionnant, on avait décidé ensemble de commencer le tutorat à ce moment-là. Après tout, quel meilleur moment pour étudier la Défense contre les Forces du Mal qu'en cours de Défense contre les Forces du Mal ? Personnellement, je n'avais rien à faire de l'estime d'Umbridge, et je crois que cela plaisait à Harry d'avoir un nouveau moyen de la provoquer, sans pour autant aller contre quelque règlement que ce soit.
Elle a donné un chapitre à lire à la classe, et Harry a sorti le livre qu'ils avaient eu leurs trois premières années, et qui se focalise surtout sur les créatures dites du mal : vampires, loups-garous, goules, zombies, et d'autres créatures moins connues comme les Hinkypunks (ne me demande pas leur nom en français, absolument aucune idée. Ce sont des créatures des marais qui attirent les voyageurs égarés avec leur lumière. Un peu comme les marais que traversent Frodon, Sam et Gollum à un moment...)... J'ai commencé à le lire.
Le premier chapitre porte sur la classification des différentes créatures, en animaux, créatures intelligentes, créatures pouvant contaminer les humains... Vite avalé. Puis on passe à la première catégorie, les animaux. Avec des drôles de bêtes, toutes considérées par le Ministère comme dangereuses, à différents niveaux. Certaines n'occupent qu'une demi-page, d'autres plusieurs.
Par exemple, la Manticore. Sale bête, celle-là. Pratiquement impossible à tuer, apparemment : trop rapide pour les réflexes humains, la peau résistante à la plupart des sorts et armes... De grandes dents et une queue de scorpion venimeuse, pour en rajouter... Une créature digne de cauchemars, donc... Mais les notes de Harry, ajoutées dans la marge, disent que le plus gros point faible de la Manticore, c'est son propre venin. Il est particulièrement acide, et attaque sa peau, et empoisonne ses muscles aussi bien que ceux de ses victimes.
« Ça se trouve où, du venin de Manticore ? » j'ai demandé brusquement.
Harry a jeté un coup d'œil à ma lecture, et a souri :
« C'est un ingrédient de potions. Pas des potions autorisées à Hogwarts, évidemment. Mais même l'apothicaire de Diagon Alley en vend.
–Sauf qu'on n'a pas toujours ses ingrédients pour potions sur soi...
–Je n'ai pas tous mes ingrédients sur moi, a répondu Harry, mais depuis la deuxième année, j'ai toujours des larmes de Phoenix, et depuis l'an dernier, avec la Manticore présente dans le labyrinthe de la Troisième Tâche, j'ai également toujours du venin de Manticore sur moi. C'est efficace sur la plupart des créatures, de toute façon. Ça me fait un anti-poison universel et un poison universel. »
J'ai regardé Harry avec des yeux ronds, stupéfaite. Ce n'est absolument pas un comportement auquel je m'attendais de ça part. Bon, on note : Harry se balade avec un poison et son contre-poison sur lui en permanence... Rassurant ?
« Et c'est cher ? j'ai demandé, au lieu de relever cette étrange attitude.
–Oui, très, a reconnu Harry. Mais les deux sont efficaces à très petites doses, et si ça me permet de sauver la vie de quelqu'un ou la mienne, ça en vaut la peine. Hermione m'oblige à porter une pharmacie de base sur moi. Sage précaution. »
J'ai secoué la tête avec un sourire, avant de demander :
« Et justement, dans cette pharmacie de base, on met quoi ? Je suppose que des pansements adhésifs et de l'eau oxygénée n'en font pas partie. »
Harry m'a fait une liste. Il y a effectivement des bandages et des pansements, et même de quoi faire une attelle, au cas où il ne serait pas possible d'en faire une avec la magie. Il y a différentes potions : quelques médicaments, du baume contre les brûlures, des antibiotiques et des antiseptiques... Hermione a ajouté au tout une liste de sorts sur un parchemin, pour que Harry puisse s'en souvenir au cas où. Et donc Harry a inclus les larmes de Phoenix et le venin de Manticore. Le tout dans une boîte réduite, pour ne pas prendre de place, et qu'il peut agrandir d'un sort ou d'une pression sur une rune que Hermione a gravée dans le couvercle. Ça fait partie des quelques objets qu'il a toujours sur lui, même s'il n'a pas mentionné la Carte des Maraudeurs et la cape d'invisibilité.
Drôlement prévoyants, ces adolescents... A leur âge, j'avais même du mal à me souvenir d'emporter un paquet de mouchoirs et du baume à lèvres en hiver...
« Ce cours ne vous intéresse donc pas ? »
Nous avons redressé la tête pour voir le professeur Umbridge juste à côté de Harry, avec son sourire mielleux. J'ai hésité un instant avant de lui répondre. Je venais de me rendre compte que Snape n'était pas un parfait crétin comme beaucoup le laissent penser dans leur version de l'histoire, alors peut-être que Umbridge n'est pas aussi terrible qu'elle le paraît, n'est-ce pas ?
Et bien si. Elle est habillée toute de rose pelucheux, mais c'est la seule couleur que je peux lui donner. Son aura est absolument immonde. Non pas qu'elle soit un mage noir, je n'ai pas l'impression qu'elle touche vraiment à ce genre de magie. Mais elle est pleine de haine, de préjugés, de médisance, d'ambition, d'avarice, d'envie... C'est la plus moche aura que j'ai vue pour l'instant. Et surtout, surtout... Il y a quelque chose de parfaitement noir qui émane de son bras gauche...
Les fan-fics les plus virulentes envers elle ne sont apparemment pas si loin de la vérité : son bras dégage la même signature émotionnelle que la Marque portée par Snape...
Et là, conflit intérieur : est-ce que je laisse les choses couler et on attend qu'elle se dévoile toute seule ? Ou est-ce que je commence dès maintenant à mettre les pieds dans le plat ?
Finalement, j'ai opté pour une solution médiane : je ne l'ai pas dévoilée immédiatement, mais j'ai également décidé qu'elle n'aurait pas mon respect, en aucune manière.
« Excusez-nous, Professeur, j'ai donc répondu. C'est moi qui cherche à rattraper ce que j'ai manqué les années précédentes et vu que Harry est très bon en Défense contre les Forces du Mal, il a été assez gentil pour m'expliquer ce que je ne comprenais pas. »
Harry a souri. Il a parfaitement compris que je la provoquais en mettant en avant son niveau en classe.
« Les années précédentes ont le même livre que vous, Miss Nestral. Il est inutile de vous intéresser à d'autres sources non approuvées par le Ministère. »
J'ai fermé le livre et montré l'écusson du Ministère de la Magie sur la couverture :
« Ça tombe bien, ce livre est considéré comme une référence par le Ministère en termes de créatures du mal. »
Il y a eu des ricanements dans la classe. Le Professeur s'est impatientée :
« Contentez-vous de maîtriser le sujet du livre de cette année avant de vous intéresser à d'autres années.
–J'ai étudié votre livre, Professeur, j'ai répondu calmement. En entier. Je ne me permettrais pas de négliger votre cours si je ne l'avais pas fait. Je l'ai lu en deux heures.
–Et vous avez compris chaque chapitre ?
–Euh... J'ai beau avoir quinze ans, je ne pense pas être idiote, Professeur. Bien sûr que oui. »
Je rêve ou elle me prend pour une idiote, cette imbécile arrogante ?
« Bien, a-t-elle répondu avec un sourire presque carnassier. Détaillez-moi les techniques de négociations présentées dans ce livre ?
–Le problème de ce livre, c'est qu'il n'explique aucune technique de négociation, j'ai affirmé en faisant un effort pour garder mon calme. Tout ce qu'il explique, c'est qu'il faut négocier avant de se lancer à corps perdu dans un combat. Aussi louables que soient ces intentions, je n'en sais pas davantage, malgré une lecture approfondie de ce manuel, sur les techniques de négociation à utiliser en cas de situation potentiellement à risque.
–Peut-être dans ce cas feriez-vous bien de vous pencher à nouveau sur le chapitre treize, a-t-elle répondu avec son sourire mielleux écœurant.
–Le chapitre treize explique que la négociation doit être menée de manière civilisée et pacifique, afin de préserver les intérêts de chaque partie impliquée dans la situation potentiellement à risque, j'ai répliqué. Il n'explique pas comment je dois réagir si la partie potentiellement opposée à moi n'agit pas de manière civilisée, malgré toutes mes bonnes intentions.
–Si vous vous comportez de manière respectueuse et civilisée, il n'y a aucune raison pour que l'autre partie n'en fasse pas autant. »
J'ai eu un rire clairement méprisant, qui a choqué certains élèves. Puis j'ai répondu :
« Vous vivez dans un monde où vous avez besoin d'un guide officiel des créatures du mal. Alors que vous refusiez de voir le retour d'un mage noir, soit, libre à vous et je ne discuterais pas vos opinions. Par contre, vous ne pouvez pas refuser l'existence de créatures comme les vampires ou les loups-garous. Vous-même avez personnellement proposé des lois visant à affermir le contrôle du Ministère sur ces créatures et à limiter leurs droits. Alors j'imagine bien que certains d'entre eux sont des êtres tout à fait respectables, mais il faudra que vous m'expliquiez comment une conversation calme et civilisée peut avoir lieu avec un loup-garou un soir de pleine lune, ou un vampire assoiffé à n'importe quel moment de l'année. »
Je me suis emportée, je sais. Mais j'étais lancée, et tu me connais, quand je suis lancée... J'ai d'ailleurs continué :
« Alors votre foutu chapitre treize sur la bienséance lors de négociations est sans doute très utile dans les couloirs calfeutrés de votre ministère, mais je ne vois pas à quoi il sert en dehors. Ou alors, il faudra un jour que vous passiez la vitesse supérieure, et nous expliquiez quoi faire lorsque ça ne marche pas. Après tout, nous sommes ici pour apprendre, n'est-ce pas ? »
J'ai senti la main de Harry sur mon bras, et lorsque je me suis tournée vers lui, je l'ai vu assez tendu. J'ai vite compris pourquoi : dans mon énervement, j'étais en train de perdre le contrôle de mon empathie, et j'étais en train d'influencer tout le monde avec mes émotions.
J'ai respiré plusieurs fois profondément, et les boucliers sont revenus en place.
« Retenue, Miss Nestral, a dit le professeur calmement, absolument ravie.
–Pourquoi ? j'ai demandé froidement. Je n'ai fait qu'échanger des idées dans le contexte sécurisé de votre salle de classe, et sans sortir une seule fois des opinions autorisées par le Ministère de la Magie. À moins que vous ayez envie de nous dire que les loups-garous ne sont que des chiens de compagnie qu'on peut caresser dans le sens du poil ? Oh ! J'ai un autre exemple ! Comment fait-on pour négocier avec un Dementor ? Harry, une idée ? »
Le Dementor, c'est le vrai nom du Détraqueur. C'est une créature qu'on ne trouve qu'en Grande-Bretagne. Je comprends que le traducteur des livres ait traduit le nom pour que l'on comprenne mieux sa nature, mais en réalité, il n'y a pas de raison de le faire, puisqu'on n'en rencontre pas hors de Grande-Bretagne. On ne traduit pas brownie (le lutin, pas le gâteau), leprechaun ou korrigan, pourquoi traduire Dementor ?
Toute la classe s'est tendue, et cette fois, cela n'avait rien à voir avec mon empathie hors de contrôle. Harry s'est contenté de froncer les sourcils, sans répondre. Je ne sais pas si c'est parce qu'il voulait éviter d'entrer dans la provocation ou parce qu'il avait deviné que j'avais une idée de ce que je voulais faire, mais ça m'allait très bien. Ce n'était pas sa réponse que j'attendais. Celle que j'attendais pour de vrai ne s'est d'ailleurs pas faite attendre :
« Les Dementors travaillent pour le Ministère et il n'y a pas lieu de se sentir menacé. À moins de se trouver à Azkaban. »
Pile poil ce que je voulais. J'ai récupéré le livre de Harry, l'ai ouvert au chapitre des Dementors :
« Les Dementors sont parmi les êtres des Ténèbres les plus difficiles à aborder. De part leur nature si éloignée de la nature humaine, il est quasiment impossible d'entretenir une relation basée sur la négociation ou l'échange avec eux. Leurs affinités vont clairement vers les autres créatures des Ténèbres, et seules elles auront la possibilité d'obtenir vraiment ce qu'elles veulent des Dementors, à condition bien entendu de remplir leur propre part du marché : le besoin naturel des Dementors en âmes pour se nourrir. »
J'étais contente, ça correspondait pile à ce que j'avais lu à leur sujet dans les fan-fictions. J'aurais été bien embêtée si jamais j'avais lu qu'on pouvait les maîtriser via un sort ou avec telle ou telle promesse. J'ai parié sur le nombre de fan-fics qui racontaient l'impossibilité de les maîtriser, pari réussi, ouf !
« Donc, j'ai continué, sur un ton volontairement très professoral, si je comprends bien ce guide approuvé par le Ministère, seules les créatures des Ténèbres peuvent négocier avec les Dementors. Comment donc notre cher Ministère de la Magie peut-il donc être si certain de l'allégeance des Dementors ? Aurait-il de ces créatures des Ténèbres en son sein ? Pourtant, il s'assure avec tant de précautions qu'aucun vampire, lycanthrope, Vélane, ou quelque autre créature que ce soit, du mal ou non, ne puisse avoir un emploi. Cela veut-il donc dire que certains membres du Ministère, pourtant sorciers à part entière, sont considérés par les Dementors comme des créatures des Ténèbres ? Voyons... Quels sorciers pourraient être considérés ainsi ? Une idée : des Deatheaters ! Des Deatheaters au sein du Ministère ! Oh par Merlin ! Quelle scandaleuse idée ! Je vous en prie, Professeur Umbridge, en votre qualité de Sous-Secrétaire auprès du Ministre lui-même, rassurez-nous et prouvez-nous qu'il n'y a pas de Deatheaters au Ministère... Vous n'avez pas la Marque des Ténèbres sur votre bras gauche, n'est-ce pas ? »
Cette fois, des exclamations choquées. Je les comprends. Mais je n'avais pas fini. J'ai pris un air inquiet :
« Professeur ?
–Comment osez-vous ? s'est offusquée Umbridge.
–Je... Je suis désolée, Professeur, je ne voulais certainement pas douter de votre intégrité ! j'ai balbutié en prenant un air innocent et troublé (vive le théâtre et l'impro !). Mais en ces temps de médisance et de soupçons, vous comprenez bien que moi, qui viens tout juste d'arriver, je suis un peu perdue. C'est bien vous qui avez dit qu'on pouvait toujours venir vers vous si on avait un doute, n'est-ce pas ? Regardez, je suis de bonne volonté. »
J'ai enroulé ma manche pour montrer mon bras gauche.
« Je vous en prie, Professeur, rassurez-moi. Vous dites pouvoir contrôler les Dementors, mais ce que dit le livre approuvé par vous dit que seules les créatures des Ténèbres le peuvent. Je veux bien faire toutes les retenues que vous voulez si je vous ai accusée à tort. »
Le Professeur s'est approchée de moi, menaçante :
« Je ne permettrais pas de tels discours dans ma classe. »
Sauf que je n'avais aucune intention de me laisser faire. Je sentais la Marque sur son bras, et j'avais bien intention de l'exposer, à présent. Et j'ai continué, beaucoup plus froidement :
« Professeur, je crois que je ne me suis pas bien fait comprendre : je ne fais que respecter à la lettre les consignes et les recommandations que vous avez données. Cependant, je veux bien concevoir que la confiance se fait à double sens. J'ai remonté ma manche. Harry, remonte la tienne, je t'en prie. »
Harry a obéi, et tout le monde a vu son bras, sans Marque, mais avec la cicatrice laissée par Voldemort lors de sa renaissance.
« Oh... Ce n'est pas encore parti... Voldemort sait ce qu'il fait, n'est-ce pas ? j'ai simplement dit.
–Malheureusement, oui. »
Harry entrait à son tour dans le jeu. Je lui ai souri, et je me suis tournée vers Ron :
« Ronald, ton père travaille au Ministère. Remonte ta manche. »
Ron a obéi, aucune Marque, évidemment.
« Malfoy, ton père a malheureusement une sale réputation, remonte ta manche. »
À la grande surprise de tous les autres, il a remonté sa manche sans discuter. Je sentais dans son aura qu'il était amusé, même s'il se gardait bien de le montrer. Aucune marque.
« Hermione, tu es trop intelligente au goût de Madame Umbridge, remonte ta manche. »
Elle a obéi, curieuse et intriguée : aucune marque.
« Nott, ton père a aussi été mêlé au mauvais côté lors de la première guerre, remonte ta manche. »
De la méfiance, mais aussi de la certitude : il se savait innocent. Toujours aucune marque.
« Et vous, Professeur ? Je peux continuer avec tous les élèves, si vous voulez. Je maintiens ma proposition : si je me trompe, je suis en retenue avec vous jusqu'à Noël. Vous êtes Professeur, vous savez que cela veut dire que je serai renvoyée, parce que je n'aurais pas pu respecter les délais d'apprentissage fixés par le Professeur McGonagall. Cela me semble juste, n'est-ce pas ? »
La situation était extrêmement tendue, ce n'est pas peu dire. Tout le monde avait compris que si je mettais autant en jeu, c'était que j'étais certaine de ne pas me tromper. Umbridge commençait à perdre tout échappatoire. Elle a quand même essayé, cette idiote :
« Miss Nestral, je n'apprécie pas du tout cette démonstration inutile et insultante. Vous serez effectivement en retenue jusqu'à Noël. »
Et elle s'est tournée vers son bureau. Et là, je dois l'avouer, Harry m'a surprise : il s'est levé en sortant sa baguette et en la pointant directement sur le professeur :
« Relevez votre manche. »
Son ton était glacial. Honnêtement, j'étais heureuse d'être du même côté que lui, il était absolument terrifiant. Un môme de quinze ans, certes, mais qui dégoulinait de pouvoir et de volonté, et sa posture et sa façon de tenir sa baguette, droite et ferme, te rappelait sans te laisser le moindre doute qu'il avait déjà combattu, et qu'il avait survécu. J'espère que jamais un jour je ne mériterai qu'il me regarde avec une telle froideur et une telle fureur.
« Mr Potter, rangez cette baguette immédiatement.
–Relevez votre manche, ou je le fais moi-même.
–Mr Potter, vous êtes dans une salle de classe et...
–Petrificus Totalus. »
Toujours la même voix froide et calme. Il venait de pétrifier un professeur sans hésiter le moindre instant et sans lever la voix. Question puissance, je n'en sais rien, mais question charisme, ça en jette un max.
Il a ignoré les exclamations des autres élèves, choqués de le voir attaquer un professeur et s'est avancé vers le bureau. D'un grand geste du bras, il a tout dégagé par terre, puis il a fait léviter le crapaud sur le bureau (ah oui : cette description ne lui convient physiquement pas. Le casting de l'actrice en vieille femme d'apparence souriante est très bon par rapport à la réalité, parce que c'est exactement ce dont elle a l'air : innocente en apparence, et toute sa malfaisance suintant de son aura. Mais sa voix compense, et elle a effectivement un bandeau avec un nœud dans les cheveux, comme dans les livres). Puis Harry lui a arraché la manche du cardigan et de la chemise avec un autre sortilège pour découper les vêtements juste en dessous du coude. Et, comme je l'avais prévu : la Marque est apparue.
La classe s'est mise à paniquer jusqu'à ce que :
« SILENCE ! »
Donc, non seulement du charisme, mais de l'autorité et de la voix... Ce garçon cumule les qualités, dis-moi. Tout le monde s'est instantanément assis. Il s'est tourné vers Hermione :
« Va chercher McGonagall et demande-lui de contacter Dumbledore en lui expliquant pourquoi. Il aura peut-être envie d'aller chercher quelques Aurors au passage. »
Hermione a obéi sans discuter, et a quitté la salle. Puis Harry s'est tourné vers moi :
« Jolie démonstration de dialectique et de... tentative de négociation selon les principes de ce fameux chapitre treize, mais comment savais-tu pour la Marque ? »
J'ai réfléchi à toute vitesse. Dumbledore n'a pas annoncé hier que je suis une empathe. Mais entre ce qui s'est passé à mon arrivée et ma presque perte de contrôle il y a quelques minutes, je sais que les gens ne vont pas tarder à comprendre. J'ai soupiré :
« Je suis empathe. Je perçois les émotions et sentiments. J'ai déjà appris à reconnaître la Marque des Ténèbres, elle a sa propre signature émotionnelle. Je ne pensais pas mettre cette connaissance aussi rapidement en application, mais voilà. Désolée, je me suis laissée emporter, mais je ne trouvais ça pas juste qu'une Deatheater matraque le cerveau des élèves sur le non-retour de Voldemort.
–Tu es d'accord avec Harry ? » a demandé Seamus.
J'ai senti toute sa méfiance et son incrédulité, et j'ai soupiré à nouveau :
« Je ne crois personne, je ne suis là que depuis quelques jours. Je trouve juste ça très hypocrite de la part d'un Deatheater de dire ''Non, non, vous inquiétez pas, tout va bien, mon maître n'est pas de retour !''. Pour le reste, vous vous débrouillez. »
Puis j'ai affiché un grand sourire :
« Et en attendant, Harry vient de vous offrir une superbe démonstration du sortilège de Pétrification. C'était au programme des années précédentes ?
–Non, a souri Harry. J'ai appris ça pour le Tournoi de l'an dernier. »
Ah oui, évidemment. Il a du prendre une sacrée avance en DCFM avec ce tournoi, s'il voulait être à la hauteur de ses camarades en dernière année.
Quelques minutes plus tard, McGonagall était là, rapidement suivie de Dumbledore, et de quelques autres adultes visiblement envoyés par le Ministère. La classe a été annulée et tout le monde a été renvoyé sauf Harry et moi. Harry parce qu'il avait quand même pétrifié un professeur, et moi, parce que c'était mon argumentation qui avait amené à exposer la Marque des Ténèbres. Harry n'a pas hésité à parler des blood quills (Plumes de Sang ?), ces outils infâmes que cette grenouille a utilisé pour lui... faire faire des lignes.
Les Aurors ont semblé très intéressés par ma façon de ressentir la Marque. Puis, finalement, Dumbledore nous a renvoyés également tous les deux à nos études, pendant qu'il finissait de régler cette histoire avec les Aurors.
Bref, premier jour de cours, que dis-je, première matinée de cours, je réussis à faire ramener des points à Gryffindor par Snape, et je fais renvoyer un professeur, qui finira certainement ses jours à Azkaban. Ça commence bien, tu ne penses pas ?
Dehors, dans le couloir, Ron et Hermione attendaient Harry. J'allais les laisser partir de leur côté quand Hermione s'est tournée vers moi :
« Tu veux qu'on profite de ce temps libre pour te faire travailler ? »
Les deux garçons ont râlé, mais j'ai souri :
« OK, à condition que ce soit la Défense contre les Forces du Mal.
–Il nous faut une salle de pratique, pour ça... »
C'est là que j'ai eu une idée. Je suis certaine qu'elle me retombera dessus un jour où l'autre, mais en attendant, peut-être que ça les amènera à me faire confiance.
« J'ai l'endroit parfait. Vous pouvez m'emmener au septième étage ? »
Ils ont hésité, puis Harry a haussé les épaules, et nous a emmenés au dernier étage. Bon, à présent, j'avais le choix entre la tapisserie du livre ou le mur nu du film. On va commencer par la tapisserie, plus facile à trouver qu'un pan de mur parmi d'autres.
« On cherche la tapisserie de Barnabas le fou qui enseigne la danse aux trolls.
–Pardon ?
–Vous verrez. »
De nouveau, hésitation, puis exécution. C'est Ron qui a trouvé la tapisserie. Je leur ai demandé d'attendre, puis je suis passée trois fois devant en souhaitant une salle de travail pour la Défense contre les Forces du Mal. Et miracle : la porte est apparue !
Je l'ai ouverte, et c'était juste parfait : la pièce contenait des bibliothèques sur deux pans de mur, des mannequins avec des cibles contre un autre mur, et des coussins partout par terre.
« Wouah, c'est quoi cette salle ?
–La Salle sur Demande.
–Et comment ça se fait que tu sois arrivée il y a moins d'une semaine et que tu connaisses son existence ? » a demandé Hermione.
À mon tour d'hésiter. Puis je leur ai fait signe de s'installer sur les coussins et je leur ai expliqué d'où je viens, les livres sur Harry Potter (sans dire que le héros est Harry, mais en mentionnant juste qu'il y a un rôle important), l'univers littéraire qui s'est développé à partir de là, et comment tout le monde pense que ce n'est qu'une œuvre de l'imaginaire, comment moi-même je ne suis pas sûre d'être en train de faire un drôle de rêve dont je profite avant de me réveiller ou si vraiment il y a un monde magique caché des non-magiciens, dont je faisais partie jusqu'à ce voyage spatio-temporel, et que ces romans retracent l'histoire d'un conflit réel et récent, sous couvert d'une œuvre fantastique.
Hermione m'a demandé si je sais ce qui va se passer. J'ai hésité avant de répondre honnêtement : entre ce que les livres racontent et les fan-fictions qui soulèvent des points intéressants sur les vides des livres, sans parler du fait que dès mon arrivée, les livres à partir du cinquième sont devenus nuls... Non, je n'en ai aucune idée. J'ai un semblant de piste, une trame grossière, et encore, je ne suis même pas sûre que cela va se dérouler (comme les événements du Ministère de juin prochain par exemple).
Après tout, dans les livres, Umbridge restait jusqu'à la fin de l'année, et parvenait même à chasser Dumbledore du château, ce qui lui laissait le temps de commencer sa chasse aux Horcruxes. Mais Umbridge n'est plus là, et en plus, c'est une Deatheater, chose qui n'a jamais été dite dans les livres. Qu'est-ce que je peux donc déduire pour la suite ?
Et Harry m'a posé la question piège : est-ce qu'il y a quand même des axes, des schémas qui, même sans révéler l'histoire, reviennent trop souvent pour qu'on puisse les ignorer ?
Je les ai regardé tous les trois un moment. Qu'est-ce que je pouvais me permettre de leur dire ?
Je peux faire confiance en Harry. Après tout, c'est lui qui est au centre de l'univers littéraire, et c'est lui qui subit les événements. J'ai lu des fan-fics le plaçant du côté du mal, mais ça ne correspond pas à ce Harry. Dans ces fan-fics, il y a des signes annonciateurs : son placement dans une autre maison (Ravenclaw ou Slytherin, par exemple), l'amitié avec Ron et Hermione qui n'existe pas, au profit d'autres relations... Et puis l'état d'esprit, élément sans doute le plus fiable, et heureusement accessible à une empathe comme moi.
Harry dégage la volonté de se battre, de survivre à tout prix, et de protéger ceux auxquels il tient. Un système de valeurs solide, une morale forte, une intelligence poussée, mais basée sur la pratique, et non sur l'apprentissage brut. Gryffindor pur sang. Aucune médisance, aucun mépris, aucune colère permanente... De la tristesse et du désespoir comme ça ne devrait pas être permis chez un adolescent (sans doute la trace des Dursley et de ce qu'il a déjà traversé), mais rien de noir. C'est un adolescent qui a souffert, mais qui se bat pour que ces épreuves le rendent plus fort, au lieu de le briser ou de le tenter vers le mal. C'est fou ce qu'on peut découvrir avec une aura d'émotions, n'est-ce pas ? Sur ce point, je soutiens complètement Snape : Harry affiche toutes ses émotions sans les cacher, et en en étant fier. Trop honnête pour être noir.
Donc, je peux exclure toutes ces histoires où il se tourne naturellement vers le mal, et c'est tant mieux. Il peut encore changer de route si jamais quelque chose lui arrive et le brise vraiment, mais maintenant, c'est entre autres aussi à moi de faire en sorte que ça n'arrive pas, n'est-ce pas ? C'est peut-être d'ailleurs cette fameuse mission donnée par le Choixpeau. Si je dois soutenir quelqu'un ici, si ma mission consiste à ça, alors c'est lui que je dois aider. Il va devenir une sorte de... point central... dans ma tentative de démêlage de la vérité. Ça sera d'autant plus facile pour moi que c'est lui le personnage central des livres, et donc la focale ne change pas.
Mais qu'en est-il de Hermione et Ron ?
Hermione dégage aussi des ondes positives : loyauté, courage, force, intelligence. Elle correspond peu ou prou à la Hermione des livres et des différentes fan-fictions que j'ai pu lire. Je n'ai jamais rien lu qui la mette en porte-à-faux avec Harry. Peut-être parce que j'ai évité ce genre de fan-fics, mais même quand Hermione était du côté Deatheater (ce qui n'est pas le cas, elle n'a pas la Marque, ni la tristesse, le désespoir, l'envie de vengeance, la colère, la haine...), elle ne trahissait pas Harry. Cela semble se confirmer.
Ron. C'est le point délicat. Trop de fan-fics approfondissent sa jalousie et réfutent le couple improbable qu'il forme avec Hermione dans les derniers livres, et le placent soit en traître, soit en pion plus ou moins inconsciemment manipulé par Dumbledore. Mais je n'ai absolument pas confiance en Dumbledore. En étudiant Ron, je vois effectivement cette jalousie profonde envers Harry, mais en même temps, cette volonté de préserver leur amitié à tout prix. Cette volonté est teintée d'une ambition qui ne me plaît pas, très personnelle. Sans doute que ceux qui prétendent qu'il ne reste avec Harry que pour avoir une partie des projecteurs n'ont pas tout à fait tort. Il y a aussi la convoitise envers Hermione, la jalousie envers ceux qui l'approchent, y compris Harry, qui n'a pourtant aucun sentiment autre que fraternel envers elle (ce qui est réciproque, autant pour moi et mon romantisme qui aime les voir ensemble, d'ailleurs).
Je ne lui fais pas confiance. Il lui suffira d'un rien pour se retourner contre eux, les abandonner ou même les trahir complètement. En l'état actuel, tant que je ne me suis pas assurée de la force de son amitié avec les deux autres, je ne peux rien dire devant lui.
Heureusement, j'ai une parade :
« Je ne peux rien vous dire pour l'instant, tant que vos esprits ne sont pas protégés. Il y a certaines personnes qui seraient curieuses de savoir ce que je connais, et qui n'hésiteront pas à piocher ces informations dans vos cerveaux si vous ne protégez pas votre esprit.
–L'Occlumancie, a dit Hermione.
–Exactement. Lorsque vous aurez tous les trois des protections mentales suffisantes, je pourrais vous en parler.
–Et toi ? Tu es protégée ? » a demandé Ron.
Je l'ai regardé. Il y avait de l'agressivité dans son ton et de l'impatience dans son aura. Il n'a pas apprécié de ne pas tout savoir tout de suite.
« Oui. Je suis empathe. Si je ne veux pas être assaillie en permanence par les émotions de tous ceux que je croise, je dois apprendre l'Occlumancie. Heureusement, pour un empathe, c'est assez rapide, vu que c'est une question d'équilibre mental. C'est ce à quoi j'ai passé mon temps entre mon arrivée et mon admission à Gryffindor.
–Tu pratiques la Légilimancie également ? a demandé Hermione.
–Non. Je n'en ai pas besoin avec l'empathie. Je ne connais pas vos petits secrets, mais je connais votre état d'esprit. Généralement, ça me suffit. D'ailleurs, je vais vous demander d'apprendre l'Occlumancie complète, celle qui bloque aussi l'émission des émotions. C'est plus compliqué, plus long, mais si je n'arrive plus à percevoir vos émotions, c'est que vos boucliers mentaux sont suffisamment puissants pour bloquer des attaques de Légilimancie. C'est uniquement à ce moment-là que je vous en dirai plus. En plus, ça me laissera le temps de faire le tri entre tous ces possibles, et lorsque je vous en dirai plus, j'aurai des certitudes à vous donner.
–Ça prendra combien de temps ? a demandé Harry.
–Je n'en sais rien, j'ai reconnu. J'ai appris l'Occlumancie à la façon des empathes, je ne sais pas comment ça fonctionne pour vous. Selon de nombreuses versions, c'est une variation de la méditation, qui demande focus et concentration. Je n'ai jamais lu de version proposant une protection complète immédiate. Toutes partaient sur quelques semaines au moins. Je pense qu'il faut tabler au plus tôt d'ici Noël. Sauf si tous ces écrits se plantent aussi somptueusement qu'avec Umbridge. Après tout, je ne savais même pas qu'il y avait une Occlumancie différente pour les pensées et les émotions. »
Enfin, si, j'en ai lues avec des protections immédiates, mais elles incluaient généralement des artefacts ou des circonstances tellement extraordinaires que je n'y crois pas. Autant rester raisonnable, et si finalement c'est rapide, tant mieux, ce sera une bonne surprise.
Ron a paru catastrophé. Je suppose qu'il ne s'attendait pas à ce que ça demande autant de temps et d'implication. Harry paraît accepter la situation. C'est nécessaire, et je suppose qu'il voit d'autres avantages à protéger son esprit. Hermione, elle, est comme d'habitude en avance sur ses deux amis :
« Est-ce que ça va aider Harry à se protéger de ses visions ?
–Je n'en ai aucune idée. Certaines versions disent que oui, d'autres non. D'une manière générale, les auteurs ont des avis très différents sur la relation entre Harry et l'Occlumancie. Certains affirment qu'il n'y arrivera pas, d'autres au contraire qu'il y parviendra rapidement. Les uns comme les autres ne sont pas d'accord sur l'efficacité de l'Occlumancie sur ce drôle de lien avec Voldemort.
–Tu sais la nature du lien ?
–Oui.
–Et tu sais comment le rompre ? »
J'ai hésité. En théorie, oui. Selon les livres, il doit mourir. Mais des fan-fics ont trouvé des échappatoires.
« Là aussi, il y a des versions différentes. Mon avis, qui vaut ce qu'il vaut : attendez de voir ce que donne l'Occlumancie avant de voir comment supprimer le lien. De toute façon, je ne vous en expliquerai certainement pas la nature tant que vous ne maîtrisez pas l'Occlumancie.
–La nature du lien. Tout le monde est d'accord dessus ?
–Oui, tout le monde est d'accord. »
Il y a eu un silence, pendant que tous les trois m'observaient. Puis Harry a soupiré :
« Je sens que lorsque je vais apprendre ce qu'est ce lien, j'aurais préféré ne pas savoir.
–C'est probable.
–Est-ce que Dumbledore sait ?
–Oui.
–Et est-ce qu'il sait que l'Occlumancie peut être une solution ?
–Oui. En fait, si on respecte ce que racontent les livres, je prends juste quelques semaines d'avance sur lui. Dans les livres, tu apprends l'Occlumancie à partir de la rentrée de janvier prochain. Mais pas d'une façon adéquate. Je suis sûre que tu vas préférer ma façon de faire. Et, toujours dans les livres, ni Hermione, ni Ron, n'apprennent l'Occlumancie.
–Alors pourquoi tu veux que je m'y mette ? a râlé Ron.
–Parce que tu es le meilleur ami de Harry, et que cela me gênerait de raconter certaines choses à Harry qu'il n'aurait pas le droit de partager avec toi, parce que ton esprit n'est pas protégé.
–Mais dans tes livres, il n'y est pas arrivé !
–Mais dans d'autres histoires, il était encore meilleur que Dumbledore ou Snape, considérés comme les maîtres en la matière, à notre époque. J'ai un esprit positif et préfère parier sur la réussite de vous trois, plutôt que sur l'échec. »
Harry et Hermione ont souri, mais Ron n'était pas convaincu :
« Et tu fais plus confiance à des histoires écrites par n'importe qui qu'à des livres qui ont été officiellement publiés ?
–Oui. Tout simplement parce que sur les sept livres, je peux jeter les trois derniers. Si je respecte la chronologie des livres, nous sommes au milieu du cinquième. Or, dans ce cinquième livre, on ne parle pas d'une étudiante qui arrive en cours d'année, Umbridge reste toute l'année scolaire, et jamais on ne lui fait porter la Marque des Ténèbres.
–C'est sans doute ta venue qui bouleverse les choses.
–Sans doute, mais je viens du futur. Hermione, est-ce que tu as vraiment eu un Retourneur de Temps en troisième année ?
–Oui.
–Alors complète ma théorie bancale si c'est trop confus : je pense que les voyages dans le temps forment une boucle. Je viens de 2008, et je suis arrivée ici, en 1995, et j'ai une influence sur le déroulement des événements, quelle qu'elle soit, en bien, en mal, je n'en sais rien. Mais rien que le fait que quelqu'un, quelque chose, le destin, une entité, m'ait fait faire ce voyage dans le temps et l'espace, m'ait fait découvrir la magie, montre que je dois avoir un rôle dans cette histoire. La chronologie en tient compte. Et pourtant, lorsqu'on sera en 2008, je voyagerai de nouveau en 1995, en ayant toujours lu tous les livres, vu tous les films, et lu bon nombre d'histoires relatives à cet univers, sans avoir conscience que j'effectuerai un voyage dans le temps pour en faire partie. Est-ce que ça vous semble cohérent ? »
Hermione a hoché la tête fermement. Harry semblait moins certain, mais il a quand même fait signe que oui. Sans doute que pour lui, c'est aussi abstrait que pour moi, mais qu'il en comprend instinctivement les grandes lignes. Ron, lui, a secoué la tête. Je me suis tournée vers Hermione :
« S'il te plaît, explique. Entre mon manque de connaissances réelles des règles du temps et mes faiblesses en anglais... Tu auras plus de chances que moi.
–Si tu veux. Commence à travailler avec Harry, pendant ce temps. »
Ouf ! Me voilà débarrassée des concepts délicats de l'espace-temps ! Harry aussi a semblé ravi, et il s'est dépêché de m'enseigner le sort de Désarmement, pendant que Hermione sortait plume et parchemin pour expliquer à Ron, schémas à l'appui.
Quand l'heure officielle du cours de Défense contre les Forces du Mal s'est terminée, j'avais appris quelques sorts, et Ron semblait avoir mal au crâne. Il a décidé qu'il était grand temps de passer à table.
L'Herbologie et les Runes ont heureusement été sans événement. J'adore ce qu'on y apprend : les propriétés magiques des plantes, voire des plantes magiques, et les runes, comment on les utilise aujourd'hui, et comment les traduire pour lire les anciens textes... C'est absolument fascinant. Et même si j'aurai beaucoup de travail en Runes pour rattraper les deux années passées, ça m'intéresse beaucoup. Neville a accepté de me servir de tuteur en Herbologie les dimanches matins. Et en Runes, Daphne Greengrass de Slytherin s'est portée volontaire pour me donner des cours. Elle a les mêmes résultats que Hermione, et ça permet à Hermione de se dégager un peu de temps.
Hermione a trouvé tout à l'heure à la bibliothèque un livre sur l'Occlumancie. Elle a promis de nous donner des cours une fois qu'elle aurait fini de le lire. Elle m'a déjà confirmé mes soupçons sur l'utilité de l'Occlumancie sur le traitement de la mémoire, et j'ai demandé à faire partie des leçons, pour que j'apprenne aussi cet aspect.
Lors du repas du soir, tout le monde ne parlait que de ce qui s'était passé pendant notre cours de DCFM. Je suis fidèle à notre tradition, tu vois : là où je vais, je me fais remarquer. Impossible de me fondre dans la masse.
Première journée d'école mouvementée, donc, pour un retour en fanfare en classe. J'espère que la suite ne me paraîtra pas ennuyeuse, hahaha.
Note de l'Auteur :
Et voilà, la première journée de cours est passée !
Pour Snape, c'est un cadeau pour ma meilleure amie. Je suis neutre par rapport au personnage. Je ne l'aime pas, pas je ne le déteste pas suffisamment pour ne pas être capable d'en faire un personnage positif. A voir maintenant si ça va durer ;) (j'adore trop embêter ma meilleure amie pour promettre qu'il n'arrivera rien à Snape ;) )
Et parler d'Allan Rickman quelques semaines après son décès... Même si je n'aime pas le personnage, on ne peut que reconnaître le talent de l'acteur...
Pour Umbridge, oui, ça semble rapide, mais elle n'avait pas sa place dans ma version de l'histoire.
Concernant Manon, vous êtes en train de découvrir son plus grand défaut : son arrogance. Son comportement face à deux professeurs est volontaire.
Les unités de mesure seront presque toujours exprimées en version "locale". Mais ce n'est pas parce que Manon ne connaît pas leur équivalent en système universel que je ne les connais pas ;) Vous pouvez convertir sur Google sans problème, les mesures seront toujours réalistes :)
De nouveaux clichés apparaissent ici, mais lesquels ?
Enfin, note associée : vous avez créé votre compte sur le nouveau Pottermore ? J'ai voulu faire ma curieuse et recommencer complètement la Répartition et l'attribution de la baguette... et ça change complètement... Me voilà à Ravenclaw (...) et avec une baguette de noisetier avec du ventricule de dragon...
Et vous, ça donne quoi, cette nouvelle version ?
MAJ effectuée le 02/10/2017 : fautes, et correction des infos données sur la Manticore
