Bonsoir. Merci à tous ceux qui ont laissé un message. Je suis ravie que cette nouvelle histoire plaise.

Sans plus attendre, voici un nouveau chapitre.

Bonne lecture :)


Chapitre 2

Les heures parurent être comme des jours alors que j'étais allongée sur le lit, me tordant de douleur. Mes parents et notre docteur ne savaient pas quoi penser de la situation. Je n'avais pas de fièvre, je n'avais aucun signe extérieur de maladie, simplement une douleur. Elle m'écrasait comme si elle roulait sur moi, telles des vagues déchainées. Je ne voulais rien de plus que d'arracher mon cœur pour mettre fin à cette folie. La seule chose qui me liait à la vie était le fait qu'Edward était toujours vivant. Même dans mon esprit embrumé par l'agonie, il était toujours mon cœur, mon centre de gravité. Que Dieu lui vienne en aide si c'était qu'il traversait !

Je n'osai pas partager à haute voix ces pensées avec quiconque. Je savais que je serai envoyé à l'asile si quelqu'un devinait mes inclinations, ma vérité. Je serrai la mâchoire et me forçai à rester immobile, à feindre le sommeil, alors que je baignai dans ma sueur, mon corps sur le point de rentrer en état de choc. Le soulagement vint lorsque je pus enfin dormir, la douleur assez faible pour me permettre de perdre conscience.

Je m'éveillai soudainement, mon cœur palpitant irrégulièrement. Mes sens étaient aiguisés et mon esprit plus clair que jamais sûrement dû au fait que j'avais été au point de l'hystérie pendant quelques jours. Je remarquai que ma mère s'était endormie sur la méridienne installée dans un coin de ma chambre, des lignes d'inquiétude marraient son visage, même dans son sommeil. Je réalisai tout à coup que la douleur était partie mes membres ne me donnaient plus la sensation de piquer et bruler. C'était tout le contraire je me sentais parfaite, en pleine forme et entière.

Edward ! Mon esprit cherchait. Il était certainement en vie si je l'étais. Je me détendis, m'immobilisant, concentrant mes pensées sur l'homme que j'aimais.

Le choc résonna dans tout mon corps tandis que je le voyais clairement dans mon esprit. C'était différent. Je le regardai à travers ses yeux, remarquai-je après un moment. J'en étais quasiment certaine. Mon regard se porta un instant sur le bord biseauté du miroir, me concentrant une seconde sur l'homme blond inhumainement beau derrière moi. Derrière Edward, me corrigeai-je. Une centaine d'émotions m'envahirent à la vue de cet homme soulagement, confort, curiosité, misère, colère… avant que je, Non ! — avant qu'Edward, choisisse la confusion.

Je regardai alors qu'Edward baissait les yeux vers ses mains, pâles et parfaites. Il plia ses doigts et tourna ses mains pour voir ses paumes, les observant comme si c'était la première fois qu'il les découvrait. Rien n'aurait pu me préparer, ou Edward d'ailleurs, à l'horreur qui nous envahit tous les deux lorsque nous vîmes ses yeux. Ils n'étaient plus cette teinte vive de vert qu'il avait hérité de sa mère. Ils étaient d'un pourpre le plus vibrant que je n'avais jamais vu.

Mon cœur battait à la chamade alors que mes propres yeux s'ouvraient, se posant désespérément partout dans ma chambre. Ma mère était toujours endormie, et une brise soufflait doucement à travers la fenêtre entrouverte. Aussi silencieusement que possible, je me dirigeai vers ma salle de bain, mes jambes tremblantes de ne pas avoir été utilisées ces derniers jours. Je pris une profonde inspiration et fermai la porte, allumant la lumière et avançant précautionneusement vers le miroir. Le soulagement m'envahit en voyant mes yeux, de la même teinte brune qu'ils l'avaient toujours été.

Des questions volèrent à travers mon esprit dans l'instant. Qu'était-il arrivé à mon Edward ? Qui était cet homme avec lui ? Qu'en était-il de ses yeux ? Était-ce le résultat de la maladie ? Rêvai-je ?

Je pinçai mon bras avec autant de force que possible et observai la marque rouge que j'avais laissé. Non, je n'étais pas endormie. Au bord de la démence ? Possiblement. Mais non, je savais qu'Elizabeth avait raison. Je l'avais senti, tout comme Edward. Il me l'avait dit dans les lettres que nous avions échangées depuis que j'avais été forcé de quitter Chicago. Il pouvait me sentir, je ne devais donc pas être complètement folle.

Cela n'expliquait toujours ses yeux. Non. Je glissai sur le sol en marbre froid et me forçai de parvenir à le retrouver. La connexion était plus forte cette fois, me faisant à peine croire qu'Edward et moi étions deux individus distincts.

''Je suis le docteur Carlisle Cullen, Edward,'' commença l'homme blond, ses yeux couleur de miel me calmait avec la sincérité que je pouvais lire en eux.

''Où sont mes parents ?'' Le choc d'entendre le nouvel écho suave de ma voix m'envahit tout aussi soudainement que d'avoir vu mes yeux.

''Ils sont mort des suites de la grippe,'' murmura Carlisle, me regardant avec pitié.

Mes émotions étaient de nature violente, me consumant plus que je n'arrivai à m'en souvenir. Je ne pouvais pas me rappeler. C'était plutôt des idées vagues. Mes parents et l'odeur des freesias semblaient être les seules choses que je pouvais évoquer pour le moment.

''Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?''

''Tout va bien, Edward. Tu es en pleine forme.''

''Pourquoi ma gorge brûle ? Est-ce à cause de la maladie ?'' l'interrogeai-je alors que les flammes dans ma gorge devenaient insupportables.

Carlisle garda ses yeux fixés sur moi et secoua doucement la tête. ''Ce n'est que la soif.''

''J'ai besoin d'eau.'' Je me levai rapidement. Peut-être trop rapidement. Carlisle me regardait alors que je saisissais un verre sur la table et il éclata dans ma main. Mes yeux s'écarquillèrent et les excuses sortirent immédiatement de ma bouche. ''Je suis désolé. Je ne sais pas ce qui s'est passé, je…''

''Ce n'est pas grave du tout, Edward. Tu t'habitueras à la force.''

Je fus submergé par l'horreur lorsque je réalisai que ses lèvres ne bougeaient pas. Je refoulai rapidement cette émotion c'était sûrement un tour, une illusion. Oui, ce docteur était étrange, s'il était vraiment docteur.

''L'eau n'étanchera pas ta soif, Edward. J'ai tellement de choses à t'enseigner, tellement de choses que tu dois apprendre.''

''Que voulez-vous dire ? Et pourquoi parlez-vous sans que vos lèvres ne bougent ?''

Carlisle sourit légèrement. ''Tu peux entendre mes pensées. Certains de nos semblables ont des dons.''

Je fronçai les sourcils alors que la confusion qui j'étais parvenu à maitriser revint en force. ''Que voulez-dire je peux lire vos pensées ? Et nos semblables ?''

Avant qu'il ne puisse répondre, une odeur me vint aux narines, déchaînant mes sens. C'était juste derrière la porte de l'appartement le battement lourd et humide qui l'accompagnait était comme de la musique à mes oreilles. Sans même réaliser ce qu'il se passait, je courus vers la porte, prêt à gouter la chose qui était à l'origine de cette délicieuse odeur.

En un instant, une paire de bras s'enroulèrent autour de moi et un rugissement guttural s'échappa de ma gorge douloureuse. Le son me fit revenir à moi et je m'immobilisai telle une pierre dans la prise en acier de Carlisle.

''Qu'est-ce que c'était ?'' lui demandai-je, incertain de savoir si je parlai du son inhumain que j'avais fait ou de l'odeur qui disparaissait. Ce dont j'étais certain était ma peur de la réponse à ces deux interrogations.

''Ton grognement est instinctif. J'ai interrompu ta chasse. C'est tout à fait naturel, Edward, et tu n'as pas à avoir honte.''

Je grimaçai. Ma chasse ? ''Qu'étais-je en train de chasser comme vous le dites ?''

Carlisle soupira et relâcha sa prise seulement pour me tourner et me forcer à le regarder dans les yeux. Je vis une ancienne tristesse traverser son regard et entendis son indécision mentale, aggravant le suspens. ''Je vous en prie, Carlisle. Dites-moi ce qui m'ait arrivé.''

''Je ne pouvais pas te voir partir,'' chuchota-t-il.

''Quoi !?'' demandai-je, une furie soudaine traversant mon corps tel un courant électrique.

''Tu n'es plus humain, Edward. Tu étais en train de mourir et je t'ai sauvé de la seule manière que je connaissais.''

''Je ne suis pas humain ? Si je ne suis pas humain, comment puis-je me tenir là avec vous et converser ?'' rétorquai-je, sarcastiquement, émettant un rire sans humour.

Carlisle resta silencieux un moment, ne faisant qu'augmenter mon irritation. Je contemplai l'idée de partir et de trouver mon chemin pour rentrer à la maison, lorsque je réalisai ne pas savoir comment j'étais arrivé ici. Carlisle dût sentir mes pensées parce qu'il dit, ''Je ne peux pas te laisser partir, Edward. Pas sans une explication. Je te le dois bien.''

''Oui, en effet,'' acquiesçai-je avec force. ''Que voulez-vous dire par chasse ?''

''L'odeur qui t'a tenté était celle du sang humain.''

Je ris, ''Du sang humain vous dites ?''

Carlisle hocha sombrement la tête, ignorant mon amusement. ''Toi et moi sommes immortels, Edward. Tu es un nouveau vampire.''

Je ris à nouveau à l'absurdité de la déclaration. Comment pouvais-je être quelque chose qui n'existe pas ? ''Je suis désolé Carlisle, je n'arrive pas à y croire.''

Il hocha la tête. ''Je comprends la confusion, Edward. J'ai été à ta place autrefois. Cependant, je n'avais pas de mentor. Personne ne m'a préparé pour ce qui allait arriver. N'as-tu pas remarqué que ton cœur ne bat plus et que tu vois clairement alors que c'est la nuit et qu'il n'y a pas de lumière?''

Mes yeux regardèrent autour de la pièce vers les quelques lampes et plafonniers. Ils étaient éteints. Oui, je pouvais tout voir clairement. Je pressai mes doigts sous ma mâchoire, m'attendant à sentir les petits battements de mon pouls. Rien. Je les pressai sur mes poignets. Rien. Je plaçai ma main sur ma poitrine où se trouvait mon cœur. Rien.

''Quoi — Je-…''

Carlisle hocha la tête et me parla à travers ses pensées. ''Je suis désolé, Edward. Tu es un vampire maintenant.''

Je pouvais entendre le remord dans ses pensées. Il disait vrai. Vampire ? J'eus envie de vomir à l'atrocité de ce que j'étais devenu.

Je me séparai de l'esprit d'Edward, hoquetant et haletant. Un mot m'assaillit alors que j'essayai d'assimiler les informations. Vampire. Cela ressemblait à une malédiction.

Ma première réaction fut de hurler mais je me contentai des larmes qui se mirent à couler. Comment était-ce possible ? Que lui était-il arrivé ? Pourquoi l'avais-je aussi senti ?

Je frémis alors que les paroles d'Elizabeth Masen me revenaient en mémoire :

''Toi et mon fils êtes uniques. Un amour qui durera aussi longtemps que le temps lui-même. Aucun d'entre vous n'est capable de vivre sans l'autre. Ton cœur est son cœur, ta vie est sa vie, et je sais qu'il en est de même pour lui en ce qui te concerne.''

Était-ce possible que cette femme ait vraiment su ce qu'il allait se passer ?

J'étais heureuse, il était heureux. Il souffrait, je souffrais. Il était content, j'étais contente. Il était un vampire, j'étais… Je ne parvenais même pas à dire le mot pour parler de moi. Je savais que je n'étais pas un vampire consumé par la soif de sang. Mais quand était-il de l'immortalité ? Je frissonnai alors que mon sang se glaçait dans mes veines alors que je songeai à cette nouvelle information.

=BTaS=

Temps présent

J'étais assise à l'arrière de la Buick bleu que conduisait ma nouvelle famille d'accueil. Carolyn et Harry Johnston. C'était plus facile comme ça, me faire passer pour une adolescente sans maison dont la mère, accro à la drogue, s'était enfuie sans elle. Il était facile de jouer l'idiote et de prétendre ne pas vraiment savoir où j'étais née ou si j'avais un acte de naissance.

Si seulement ils savaient la vérité, souris-je intérieurement.

Je me demandai souvent à quoi ressembleraient leurs visages si je disais, ''Bonjour, je me prénomme Isabella Marie Swan, fille de Charles et Renée Swan. Je suis née à Boston, Massachusetts, au mois de septembre de 1901… L'amour de ma vie, mon âme-sœur, peu importe le terme affectif que vous voulez utiliser, a été transformé en vampire, une créature immortelle, et m'a entrainé, je ne sais comment, avec lui dans l'immortalité.''

Je me demandai la vitesse à laquelle ils pourraient faire venir la camisole et le fourgon à la maison. ''Bella, nous sommes presque arrives,'' me dit la douce voix de Carolyn depuis le siège avant du véhicule. Elle était au début de la soixantaine et sa voix était apaisante. Si seulement elle savait que j'étais plus âgée que sa grand-mère, qui m'avait-on dit était née en 1902 et avait joué un rôle important dans le mouvement des suffragettes. Ha ! Je la battis d'une année… et j'avais aussi joué un rôle dans ce mouvement. Je ne vieillissais simplement pas comme un être humain normal. Mon cœur continuait de battre la mesure.

J'avais décidé ces dernières années de commencer à me diriger lentement vers l'ouest. J'avais parcouru de long en large la côte est au cours du dernier siècle. Je m'étais enfuis de New York lorsque j'avais rencontré par hasard une femme avec qui j'avais vécu dans un abri quinze ans auparavant. Elle m'avait demandé si j'étais ma propre fille. Cela me brisa un peu le cœur de lui mentir et dire non, Bella Swan n'était pas ma mère et que je n'avais aucune idée de ce dont elle parlait. Elle avait été une bonne amie.

Mais me revoilà, Bella Swan, nouvellement âgée de 17 ans, encore… emménageant avec une autre famille d'accueil. Par la passé, j'avais ressenti de la culpabilité de me servir comme ça du système des familles d'accueil mais j'avais décidé que les Parques ne me puniraient pas d'essayer de survive à ce qu'elles me faisaient endurer. Et Edward… me rappelai-je.

Même maintenant, après tout ce temps, je l'aimai toujours profondément. Je me servais rarement de notre connexion parce que je savais qu'il était content avec sa vie, ce qui me suffisait. Il avait une belle famille qui s'aimait sincèrement, et bien que je rêve plus que tout d'en faire partie, je ne pensais pas être capable de lui faire face et de le voir me rejeter. J'avais réalisé depuis longtemps que le seul souvenir qu'il avait de moi était mon odeur. Freesias. Il m'avait dit la même chose lorsqu'il était humain.

Je n'étais pas sûre de l'endroit où il se trouvait maintenant. La dernière fois, il était quelque part en Alaska. Bien sûr, je ne savais rien s'il n'y pensait pas. J'avais aussi appris il y a longtemps qu'il ne semblait pas entendre mes pensées comme je pouvais entendre les siennes. C'était un autre affront. J'étais toujours partie du principe qu'il y avait une raison à mon incapacité à… vieillir et mourir. Mais maintenant, je n'en étais plus très sûre.

Je souris à Carolyn alors que nous nous arrêtions devant chez eux. C'est une maison à deux étages à l'allure douillette et agréable, d'une couleur jaune pâle avec des volets bordeaux et un porche couvert qui faisait tout le tour de la maison. Je ne pus m'empêcher de ressentir de l'excitation alors que la pluie se mettait à tambouriner contre la voiture. J'avais vraiment la sensation que c'était un nouveau début cette fois et pas seulement quelque chose d'obligatoire pour la survie. Bien que j'aie été averti qu'il pleuvait constamment, cette petite ville appelée Forks, commençait vraiment à me plaire.


J'espère que ça vous a plus.

A dimanche prochain pour la suite