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Bonne lecture


Chapitre 3

Ma nouvelle chambre était magnifique pour ne pas dire plus. Je jouai avec une des petites fleurs blanches brodées sur le dessus-de-lit vert sauge lorsque Carolyn toqua doucement sur la porte.

''Puis-je entrer ?''

'Bien sûr,'' répondis-je rapidement.

Je remarquai combien elle paraissait nerveuse, se tenant là dans la l'embrasure de la porte, incertaine quant à quoi faire. Je décidai de l'aider. ''Cette chambre vraiment jolie, Carolyn. Je ne sais pas comment vous remerciez vous et Harry de me laisser rester ici.''

Elle sourit gentiment, une expression de triomphe dans le regard. ''Oh, ce n'est rien. Ça me brise le cœur de savoir à quelle point ta vie a été rude. Je voulais juste savoir si tu avais besoin d'aide et si tu étais à l'aise dans cette pièce.''

Je ris doucement, ''Je suis plus qu'à l'aise dans la chambre. Comme je l'ai dit, c'est vraiment agréable. Je n'ai pas beaucoup d'affaires mais j'ai déjà rangé mes vêtements dans la commode. Je pense que tout est fini.''

Carolyn hocha la tête et fit un signe vers la porte, signalant à Harry de rentrer dans la pièce. Il tenait quelque chose dans son dos et il me lança un regard timide avant de s'éclairer le gosier pour se mettre à parler. ''Je suis content que tu aimes ta chambre, Bella. Notre maison est maintenant la tienne pour aussi longtemps que tu le souhaites.''

Mon cœur se serra. Bien que vivre dans le mensonge soit devenu une seconde nature, mes émotions me trahissaient toujours lorsque les gens m'offraient une opportunité de normalité sans poser de questions et à bras ouverts. Je serrai les dents, espérant qu'ils ne remarquent pas mes pleurs intérieurs. Je pris une profonde inspiration et parlai, priant pour que ma voix ne craque pas. ''Merci Harry, Carolyn. Ça me touche beaucoup.''

''Ce n'est rien, Bella, c'est vraiment normal. C'est agréable d'avoir un peu de jeunesse dans cette maison, pour animer les lieux,'' rit Carolyn.

Jeunesse éternelle, pensai-je. L'amertume qui s'était emparé de moi gonfla encore un peu plus et une fois encore, je l'étouffais. Je ne pouvais pas perdre le contrôle lorsqu'il y avait des gens autour de moi. J'arborai un sourire, bien que cela me peine un peu. ''Je vais voir ce que je peux faire.''

Harry me sourit et s'approcha, ''Ton assistante sociale nous a dit que tu étais un fervent écrivain. Je crois au soutien de dons comme celui-là alors Carolyn et moi avons décidé de t'aider à le développer.''

Ma bouche s'ouvrit en grand en le voyant me tendre un tout nouvel ordinateur portable avec un nœud bleu collé sur le capot. ''Euh… ce n'était pas nécessaire de faire ça,'' bredouillai-je, alors que des larmes traitresses me montèrent aux yeux devant leur geste attentionné.

''Ce n'est rien, Bella. Nous voulions faire ça pour toi. Ne le voit pas comme un cadeau mais plutôt comme une nécessité. Tu vas avoir beaucoup de devoir à faire et l'université est pour bientôt. Tu vas avoir besoin d'un bon ordinateur pour supporter tout ça.'' Harry présenta bien son cas. Il était avocat, après tout.

Je hochai simplement la tête et écoutai Carolyn parler d'aller à Port Angeles demain, samedi, pour m'acheter des nouveaux vêtements pour le lycée que j'allais intégrer le lundi suivant. Sachant qu'il serait futile de refuser leur générosité, j'acceptai de me lever tôt pour participer à cette virée shopping avant de m'installer dans le lit pour la nuit.

Je rêvai d'Edward. En vérité, je rêvai de lui la plupart des nuits mais c'était différent. Nous nous tenions dans une magnifique clairière parmi les bois qui entouraient Forks. C'était peut-être une prairie. Il brillait dans le soleil légèrement voilé, sa peau luisant faiblement. Ce sourire en coin qui m'avait capturé si longtemps auparavant joua sur ses lèvres et il tendit sa main vers moi.

''Je suis là, Bella. Comment as-tu pu ?''

Je m'arrêtai dans ma lancée, troublée par ses paroles. ''Comment ai-je pu quoi ?''

Ses yeux couleur miel s'assombrirent légèrement et le sourire en coin se transforma un froncement sérieux. ''Comment as-tu pu croire tout ce temps que mon cœur t'avait oublié ?''

Je me réveillai, mon front couvert de sueur et cette ancienne douleur dans ma poitrine. J'enroulai mes bras autour de mon corps pour me contenir. Il n'était pas facile de respirer lorsque je me sentais tellement désespérée et vide. Je combattis intérieurement pour ne pas me connecter avec son esprit. Je ne l'avais pas fait depuis plus de deux ans. Il était en Alaska à ce moment-là en train de courir avec une femme magnifique avec des cheveux blonds vénitiens sur le terrain enneigé et froid. Il s'était dit qu'elle était belle et j'avais violemment rompu la connexion, n'étant pas capable de résister à la peine dévastatrice de le voir regarder une autre femme et d'avoir ce genre de pensées. Apparemment, la jalousie était une émotion que j'étais pleinement capable de ressentir.

Je me calmai et jetai un coup d'œil à l'alarme sur la table de chevet. Il était un peu après 7h, je décidai donc de me lever, d'aller prendre une douche et de me préparer pour la journée qui m'attendait.

J'enfonçai mes pieds dans une vieille paire de bottes que j'avais achetées presque un an plus tôt lorsque je travaillai dans une pizzeria à Chicago. J'étais hors du système à ce moment-là, passant pour une jeune femme de 20 ans appelé Isabella Green. J'avais dû abandonner mon petit appartement cette année-là. Ma limite pour rester dans la même ville était de 5 ans. Les choses étaient plus faciles dans les villes. Il n'était pas difficile de se perdre dans la masse des gens trop préoccupés par leur propre vie pour se souvenir d'un visage aussi banal que le mien.

Après Chicago, j'avais travaillé à Kansas City dans le Missouri pendant quelques mois avant de décider que je n'aimais pas la ville et d'acheter un ticket de bus pour Seattle dans l'état de Washington. J'étais restée dans un motel pourri la nuit de mon arrivée, prenant soin de découper et de me débarrasser de mon permis de conduire et de ma carte de sécurité sociale, me rendant intraçable. J'avais décidé de reprendre mon vrai nom de famille, Swan, sachant que cela faisait quasiment 20 ans depuis la dernière fois que je l'avais utilisé à New York. Je me disais que ça irait. Et puis, qui pouvait essayer de dire que j'étais la même fille ? Je ne correspondais pas à une femme à la fin de la trentaine. Non, pas la merveilleuse, éternellement jeune Bella Swan. J'avais rapidement appris que l'amertume et moi étions amies.

Il fut facile d'entrer dans un commissariat et pleurer devant un des policiers. Les documents habituels furent remplis, une assistance sociale me fut assignée et elle me plaça chez les Johnston après un automne cauchemardesque à vivre dans un orphelinat.

Je sortis de mes pensées et saisis mon cardigan bleu avant de descendre.

Carolyn était assise dans le petit coin repas en train de parler avec Harry qui se servait une tasse de café. ''Bonjour Bella. Tu as bien dormi ?'' me demanda-t-elle.

''Oui, très bien.''

Harry tapota mon épaule et prit place à côté de Carolyn. Il me sourit. ''Fais comme chez toi. Tu peux avoir du café ou du jus d'orange, ce que tu préfères. Carolyn t'emmène prendre le petit-déjeuner sur la route de Port Angeles.''

Je hochai la tête et me servis une tasse de café. C'était le plus simple des plaisirs auxquels j'étais incapable de résister. Ça me rappelait mon père, qui me laissait boire une tasse avec lui de temps à autre. Cela m'avait brisé le cœur de quitter mes parents. Ils s'étaient absentés la ville au printemps 1922 pour un voyage professionnel et j'avais décidé de rester à New York. J'avais déjà réalisé que je ne changeai plus et que mes suppositions sur ce qui s'était passé entre Edward et moi étaient correctes.

J'avais rempli une sacoche de vêtements et de l'argent que j'avais obtenu par la vente de certains de mes bijoux et de mes tenues de soirées. J'avais écrit un message expliquant que j'étais tombée amoureuse d'un musicien itinérant et que nous partions pour vivre notre vie ensemble. J'avais trois jours pour aller aussi loin que possible avant qu'ils ne rentrent à la maison et réalisent que j'étais partie. Je ne pouvais même pas commencer à expliquer la douleur que je ressentis alors que je m'installai à Columbus dans l'Ohio, sachant que je ne reverrai plus jamais mes parents. Je pleurai pendant des jours de cette situation injuste d'être liée par un secret à un homme qui ne savait plus qui j'étais.

Carolyn et moi passâmes le voyage vers Port Angeles dans un silence confortable. Nous avions mangé un petit-déjeuner à Forks avant pour pouvoir commencer les courses dès que nous arrivions en ville.

Dans l'ensemble, je détestai faire les magasins. Carolyn, au contraire, agissait avec un enthousiasme d'une petite fille, jetant des choses à essayer dans mes bras à une vitesse fulgurante que je ne lui pensais pas capable. Je devais admettre qu'elle avait bon goût lorsque nous quittâmes le dernier magasin sur la liste de notre journée shopping. J'avais un peu honte en entassant les sacs dans le coffre de sa Buick, essayant d'oublier les nombres que j'avais vu s'additionner aux caisses. Je n'avais vraiment pas besoin d'une garde-robe entière, mais c'était ce qu'elle avait décidé de m'offrir et cela incluait un sac en bandoulière rempli de tout ce dont je pouvais avoir besoin pour l'école.

J'étais épuisée lorsque nous arrivâmes à la maison et je portai tout à l'intérieur. Harry avait commandé des pizzas pour tout le monde et nous nous assîmes ensemble à table, à rire et à parler comme une famille normale. Bien que je sois heureuse, je ne pouvais pas complètement oublier le sentiment mélancolique tapis dans un coin de mon esprit, me rappelant que ce n'était pas réel et que ça finirait lorsque je serais obligée de partir.

Je passai dimanche à l'intérieur à lire parce que, pour maintenir sa réputation, il pleuvait à torrent dans les rues de Forks. J'appréhendai de devoir commencer l'école lundi donc bien évidement… le temps passa à toute vitesse. Je ne pouvais pas dormir, je choisis donc nerveusement les vêtements que j'allais porter, me dirigeant vers un pantalon kaki et une chemise bleue jacinthe que Carolyn avait insisté pour acheter parce que cela rendait ma peau 'belle'. Rien ne rendait pâle 'beau', à moins que tu sois un vampire et je n'étais certainement pas ça.

Lundi matin fut une frénésie. Je me douchai et m'habillai tandis que Carolyn tiquait la liste qu'elle avait faite pour s'assurer que j'avais tout ce dont je pouvais avoir besoin. C'était agréable d'avoir quelqu'un qui prenait soin de moi même si je ne pourrais jamais la laisser entrer dans mon monde. Cela m'attristait de devoir rester si souvent à distance des gens merveilleux qui étaient entrés dans ma vie au fil des années, surtout lui. J'étais reconnaissante que mon amour pour lui soit altruiste et non égoïste, cela m'empêchait de le traquer. Je rigolai doucement en imaginant ce que je pourrais dire si je le rencontrai à nouveau.

''Bonjour Edward, je suis Bella Swan. Nous sommes tombés amoureux au noël 1917 lorsque tu étais toujours humain et, lorsque tu as été changé, je suis devenue la fontaine de jouvence. Ton statut de vampire immortel a fait des merveilles à mon teint de peau… j'ai presque 108 ans et je n'ai pas une ride ni un cheveu gris. Je pense que ça doit être la faute de ta mère Elizabeth, mais qui a besoin de se préoccuper de ce genre de détails ?''

Je ravalai mon sarcasme, sachant que je tomberai probablement à genoux si je croisai son chemin. Il était plus que probable que je sois désespérée sachant que je pourrais partager cette étrange vie avec lui. La solitude avait ce genre de conséquence.

Mon cœur donnait la sensation d'être prêt à sortir de ma poitrine lorsque Carolyn me déposa devant Forks High School, me promettant d'être là à la fin de la journée. Je pensai qu'elle avait dû sentir qu'elle avait besoin de me rassurer puisque, supposément, j'avais peur de l'abandon. Si seulement elle savait…

Je marchai lentement vers le bâtiment pour récupérer mon emploi du temps. Je jurai en réalisant que j'avais un cours de sport à la fin de la journée. Il n'y avait absolument rien d'instructif lors de cette torture. La maladresse était quelque chose qui je continuai à subir.

Alors que je pris le chemin de mon premier cours, je vis une fille petite aux cheveux noirs en pointes sortir du côté passager d'une Volvo argentée brillante. La voir entraina mon cœur à battre à toute vitesse alors qu'elle se dirigeait, gracile, vers le même bâtiment que moi. Elle m'était familière, peut-être, mais je ne pouvais pas voir ses yeux qui étaient cachés par une énorme paire de lunettes de designer. Des lunettes de soleil dans une ville sans soleil, cela devrait être une nouvelle touche tendance. Je ne me préoccupai rarement de rester au courant des modes.

Je pris une grande inspiration pour me calmer, sachant que je serais au cœur de toutes les attentions aujourd'hui. La nouvelle arrivante, comme je l'avais été bien des fois. Je fis courir mes doigts dans mes cheveux et lissai mon manteau avant d'entrer dans la classe.


J'espère que vous avez aimé ce chapitre.

A la semaine prochaine pour la suite