Bonsoir tout le monde. Merci pour les commentaires.
Pour répondre à une question posée sur le nombre de chapitres, il y en a 14 et un épilogue.
Voici le chapitre tant attendu.
Bonne lecture :)
Chapitre 4
Mes classes étaient sans intérêts et répétitives. Ça allait être facile de m'en sortir dans toutes les matières. Avec de la chance, Carolyn et Harry seraient satisfaits. Une fille nommée Jessica Stanley m'avait pris accidentellement sous son aile et parlait de garçons sans s'arrêter. Je hochai la tête et souris aux bons moments, n'ayant pas le cœur de lui dire que ce genre de choses ne m'intéressait pas. Sur le principe, elle était mon égale et je la comprenais même si mon cœur était enchaîné à un garçon que je ne reverrai probablement jamais.
Comme je m'y attendais, il y avait un bourdonnement d'excitation suite à l'arrivée de quelqu'un de nouveau dans le lycée. Il semblait qu'un projecteur était braqué sur moi, attirant toutes les attentions. C'était probablement à ce point concentré dû au fait que Forks était une toute petite ville, quelque chose que je n'avais jamais expérimenté auparavant. Je gardai les yeux baissés, rougissant en conséquence (une habitude incontrôlable qui ne m'avait jamais quitté), et me concentrai sur prendre ma nourriture et m'asseoir avec Jessica et son groupe d'amis à l'une des tables de la cafétéria.
Mon attention était attirée dans toutes les directions alors qu'elles me posaient questions après questions avec une curiosité flagrante. D'où viens-tu ? Quand est ton anniversaire ? Comment as-tu fini chez les Johnston ? Est-ce que tu as une voiture ? Que penses-tu de Forks ?
La seule chose que je pouvais faire était de serrer les dents et de les supporter. Mon histoire était claire et mon esprit se mit en pilotage automatique, répondant à leurs questions tout en essayant de manger. Rapidement, la sonnerie retentit et une fille prénommée Angela Weber m'offrit de m'accompagner à mon prochain cours, celui de biologie, que nous avions en commun. J'acceptai et allai déposer mon plateau lorsque je la vis une nouvelle fois, la fille avec les cheveux noirs en pointe. Son dos me faisait face et j'eus l'envie de courir après elle alors qu'elle sortait de la cantine avec le garçon blond à son bras.
Je tentai de la chasser de mon esprit alors que je marchai avec Angela vers la salle de cours, l'écoutant parler de ses deux jeunes frères jumeaux qu'elle semblait aimer sincèrement. C'était agréable de parler de quelqu'un d'autre que de moi. Je décidai que j'appréciai Angela. Elle sourit tout en ouvrant la porte et me dirigea vers le professeur qui se présenta comme étant Mr Banner avant de me tendre le programme et le manuel correspondant au cours. Il regarda le plan de classe dans son cahier et m'assit à une table vide vers le fond de la salle.
Je m'installai rapidement dans mon siège et sortis un cahier ainsi qu'un stylo, me préparant pour les notes que j'allais prendre, lorsque j'entendis la chaise à côté de moi être tirée.
''Bella !'' hurla Mike Newton, le garçon légèrement capricieux qui s'était présenté plus tôt, me faisant tourner la tête vers l'autre côté de la pièce. ''C'est sympa de te voir là.''
Je lui souris et hochai de la tête avant de reposer mon regard sur la personne qui venait juste de s'asseoir sur la chaise à mes côtés.
J'eus la sensation d'un choc frontal avec un semi-remorque lorsque mes yeux dévorèrent le garçon assit là. Ses cheveux de cuivre étaient magnifiquement ébouriffés et je savais qu'ils seraient doux au touché. Son beau visage était le même, ses lèvres pleines et incroyablement parfaites. Et ses yeux, bien que de la mauvaise couleur, m'immobilisaient toujours et me coupaient le souffle.
Non, ça ne pouvait pas arriver. Je n'étais pas prête. Plus encore, je n'étais vraiment pas prête pour que cette rencontre se passe dans une classe de cours remplie d'élèves. Sans réfléchir, je me connectai à lui et mon choc fut remplacé par un besoin primitif. Une soif. Je frissonnai en ressentant l'impact de mon odeur sur ses sens, entrainant ses pensées à devenir quasiment hostiles alors qu'il bataillait avec lui-même pour ne pas ne m'enlever à l'instant. Ce n'était pas supposé se passer comme ça !
Je réfléchis rapidement, espérant pouvoir feindre une maladie pour aller à l'infirmerie pour le soulager avant que quelque chose de nouveau l'envahisse. Il retint son souffle et pensa à Carlisle, l'homme qui l'avait condamné mais qu'il avait appris à aimer et à respecter plus que quiconque. Ce n'est pas le moment d'être faible, Cullen ! se réprimanda Edward intérieurement.
Son visage se transforma en un masque de furie alors qu'il dirigeait sa colère vers moi, sa maitrise de lui-même se durcissant face à l'odeur enivrante de mon sang. Je tournai bêtement la tête pour lui faire complètement face, plongeant mon regard dans ses yeux maintenant noirs d'acier. Je criai intérieurement, Edward, c'est moi, Bella ! espérant plus que tout que le message réussisse à lui parvenir.
Mon esprit se glaça, ainsi que le sien, lorsqu'un souvenir enfuit depuis bien longtemps remonta à la surface. C'était un souvenir humain, trouble et étranger, alors que nous regardions tous deux Elizabeth lui confier un pendentif en diamant en forme de cœur. Le pendentif qu'il m'avait donné le jour où j'avais quitté Chicago pour New York. L'odeur des freesias, mon odeur, était sans équivoque connectée à ce souvenir.
Je sentis des larmes me piquer le bord des yeux et je détournai la tête, plaçant une main comme pour couvrir le battement violent de mon cœur. Bien évidemment qu'il ne se souviendrait pas de moi. Quelle blague cruelle les Parques jouaient-elles à ne lui donner rien de plus de moi que le désir de me vider de mon sang ? Une douleur brûlante s'enfonça dans ma poitrine, rendant difficile ma respiration. Je voulais trouver la falaise la plus proche et sauter pour en finir avec cette folie.
Je fis rapidement disparaître cette pensée. Je ne pouvais pas le faire. Si le fait qu'Edward était en vie était la raison de ma longue existence, cela pouvait très bien signifier qu'il était tout aussi lié à ma vie. Je ne pouvais pas lui faire de mal, même si je n'étais pas entièrement certaine que cela aurait un effet sur lui. Je ne voulais pas tenter le diable.
Je me concentrai, aussi difficile que cela soit, sur ma prise de notes. Je devais trouver un peu de répit face au garçon que mon cœur désirait, qui était inexplicablement assis à côté de moi après près d'un siècle sans aucun contact. L'anatomie cellulaire des plantes ne fut pas quelque chose qui parvint à me distraire du désir lancinant de déclarer ma flamme à ce beau vampire que le destin avait choisi pour moi. Edward, mon Edward, était à quelques centimètres de moi et il était impossible que de joyeuses retrouvailles se déroulent. Ma présence lui causait de la douleur la simple odeur de mon sang le forçait à serrer les poings et à retenir son souffle.
Peut-être que si tu lui donnes le cœur, il se souviendrait. La pensée furtive entra dans mon esprit et ma main agit de sa propre volonté, jouant avec la délicate chaîne argentée autour de mon cou d'où le cœur pendait. Je le portai toujours, le gardant caché à l'intérieur de ma chemise. Les seules fois où je ne l'avais pas sur moi furent lorsque les nombreuses chaînes qu'il avait embellies s'étaient cassées et je dus attendre pour les remplacer. Je savais qu'il s'en rappellerait puisqu'il venait juste de se le remémorer.
Lorsque la sonnerie retentit enfin, signalant la fin du cours, Edward partit presque trop vite. La douleur de le voir s'enfuir, bien que j'en comprenne la nécessité, fut quand même insoutenable. Le garçon légèrement ennuyant et excessivement présomptueux, Mike Newton, insista pour m'escorter au prochain cours que nous partagions. Sport. Je frissonnai, n'ayant vraiment pas envie d'y aller.
Je fus soulagée lorsque Mr Clapp me dispensa et me fit faire des tours du gymnase au lieu de participer au cours du fait que j'étais nouvelle et que je n'avais pas apporté mes affaires de sport. Cela me donna le temps de réfléchir à ce que j'allais faire, ou plutôt, comment j'allais le faire. Il était évident que mon sang lui donnait des envies de meurtre et qu'il n'avait aucune intention de me parler. Je savais que si je parvenais à lui donner le pendentif, je pouvais me préparer à un désastre. Il pouvait soit me tuer, se souvenir de moi ou m'écraser par son indifférence.
Peu importe les conséquences que les Parques avaient prévues pour moi, je savais que j'étais une véritable masochiste.
Mon cœur battait à la chamade alors que la journée touchait à sa fin et je quittai le lycée sous la pluie qui venait de se mettre à tomber. Mes yeux observaient tout, espérant l'apercevoir, alors que mes doigts luttaient pour ouvrir le fermoir. Alors que je parvenais à défaire le collier, la petite fille aux cheveux de jet passa à côté de moi avec le grand garçon blond à son bras. Il m'était aussi familier. Alice et Jasper. Un souvenir me revint. Je compris pourquoi je la reconnaissais. C'était la sœur préférée d'Edward et il avait souvent pensé à elle au cours du dernier siècle.
Je formulai un plan dans mon esprit et sans prendre le temps d'y réfléchir un peu plus, son nom s'échappa de mes lèvres. ''Alice ?''
Elle s'arrêta et se tourna vers moi, tout comme Jasper, la confusion présente sur leurs visages. Alice se reprit rapidement et sourit, ''Je te connais ?''
Je rougis légèrement et secouai la tête, ''Non, on a jamais été formellement présenté. Mais j'ai besoin de te demander quelque chose.''
Je vis le léger rétrécissement de ses yeux alors qu'elle contemplait mes propos. ''Qu'est-ce que c'est ?''
J'avançai d'un pas lent vers elle et tendis la main qui tenait le pendentif. Elle ouvrit la sienne et je fis tomber le diamant dans sa paume avant de la regarder. ''J'ai besoin que tu donnes ça à Edward. C'est impératif qu'il l'ait. Je suis certaine qu'il aimerait le récupérer après tout ce temps.'' Son visage ainsi que celui de Jasper étaient complètement perplexes tandis que je m'éloignai d'eux, trébuchant vers la voiture de Carolyn qui était garé devant l'entrée comme promis.
Je me sentis nue sans ce pendentif. C'était la seule chose, en dehors de ses lettres et de quelques petits objets faciles à cacher, que j'avais gardé avec moi à travers le temps. Carolyn semblait sentir mon stress et m'interrogea sur ma journée.
''Tout s'est bien passé, vraiment. Je pense que je me suis même fait quelques amis.''
Elle sourit. ''Bien sûr que les gens vont t'aimer. Tu es une gentille fille, Bella. Comment se sont passés les cours ?''
J'eus un faible sourire, bien qu'il soit faux et légèrement difficile à sortir. ''Bien. Le cours de biologie s'est révélé particulièrement intéressant. Je ne peux pas en dire autant du sport.''
Carolyn donna un petit coup sur le volant. ''Je savais que j'avais oublié quelque chose. Tu as besoin d'affaires de sport. Je te pendrais quelques survêtements lorsque j'irai faire les courses demain.''
Je secouai la tête. ''Non, ce n'est pas la peine. J'ai des t-shirts et des shorts, ça devrait suffire.''
Carolyn eut un sourire en coin et je sus que, peu importe ce que j'avais dit, en rentrant demain, j'aurais des survêtements.
Je fis de mon mieux pour ne pas penser à Edward pendant la soirée mais tout ce que je faisais me le rappelait, même la couleur de ma couverture me fit penser à ses yeux, avant qu'il ne soit changé. C'était maladif. Ma main était constamment sur ma nuque, mon cœur faisant un bond lorsque je ne sentis pas le collier qui se trouvait habituellement là. C'était comme si j'avais perdu un membre, quelque chose d'important et même vital pour mon bien-être. J'avais hâte de le récupérer et priai en continu pour qu'il me soit rendu.
J'étais assise dans la cuisine avec Carolyn lorsque quelqu'un sonna à la porte.
''Tu peux aller ouvrir, s'il te plait,'' demanda-t-elle, occupée à préparer ses 'fameuses enchiladas', aux dire d'Harry.
''Bien sûr,'' répondis-je, marchant vers l'entrée, buttant sur le tapis. Je me rattrapai et ouvris la porte. Ce que je vis me coupa le souffle. Alice Cullen se tenait sur le porche, un petit sourire sur les lèvres.
''Bonsoir Bella,'' dit-elle doucement. ''Je crois qu'il faut qu'on parle.''
EPOV
Dès que je sentis l'air frais dehors, mon esprit s'éclaira et je pus penser logiquement. Ce nouvel et insignifiant être humain m'avait quasiment fait perdre les quelques onces d'humanité que j'avais acquis au fil des années. Comment osait-elle ? Je soupirai intérieurement. Ce n'était pas de sa faute. Je n'était pas très honnête avec ma colère.
Je n'avais jamais croisé une odeur si attirante, si… familière. Cette odeur, son odeur, avait été enfoui dans le fond de mon esprit depuis que Carlisle m'avait changé. Mes souvenirs ne rendaient pas justice à l'impact que cela avait sur moi de la sentir pour de vrai. Et qu'en était-il du souvenir qui l'avait accompagné ? Ma mère était celle que je me remémorais le mieux mais ce souvenir longtemps enfoui qui était remonté au moment où son odeur m'avait envahi était tellement précis comparément à mes quelques autres souvenirs humains. Ma mère m'avait donné un pendentif en diamant en forme de cœur, quelque chose que je ne me rappelais absolument pas et qui ne faisait pas partie des objets dont j'avais hérité à la mort de mes parents.
Je secouai la tête et réfléchis à ce que j'allais faire avec ce nouveau problème… cette fille. Son esprit m'était inaccessible, ce qui était déconcertant. Ses yeux s'étaient embués de larmes en me voyant, une expression de choc sur le visage. Bien évidement qu'elle avait peur de moi. J'étais le monstre dégoûtant qui avait revu pendant presque une heure, et en vain, la stratégie pour me retrouver seul avec elle et boire le liquide chaud et doux qui pulsait dans ses veines. Son instinct lui avait sûrement dit de s'enfuir.
Je grimaçai à la pensée de ma faiblesse. La honte me traversa en pensant à Carlisle. Il avait été si patient et gentil un véritable humanitaire. Il poserait un œil compréhensif sur moi et cela laissait un goût amer dans la bouche. Je voulais qu'il me déteste simplement pour avoir pensé vouloir tuer cette fille. Mais, Carlisle ne jugeait jamais.
Je m'assis dans la Volvo et essayai de calmer mon esprit en noyant mes pensées avec Debussy. La musique était le seul réconfort que j'avais trouvé dans cette existence. Je la laissai m'envahir, effaçant les horribles pensées qui avaient assombries mon esprit depuis que je m'étais assis à côté de cette fille. J'aurai dû me détourner lorsque je l'avais vu au lieu de prendre place à ses côtés mais comment aurai-je pu savoir que Mike Newton allait l'appeler et l'entrainer à faire voler ses cheveux par-dessus son épaule, me submergeant de son odeur ? Je n'aurai pas pu savoir.
Je sursautai légèrement lorsqu'Alice ouvrit la porte passager et s'assit dans la voiture. Elle avait une expression perturbée sur le visage, tout comme Jasper, qui avait pris place à l'arrière. Alice m'observa étroitement et la honte m'envahit. Elle avait sûrement eu des visions des choix que j'avais faits en cours de biologie.
Elle parla et confirma mes pensées. ''Tu as quasiment fait quelque chose de très mal aujourd'hui.''
Je serrai la mâchoire et hochai brièvement la tête car je ne pouvais pas sortir un mot. ''Bien que je sois fière que tu n'es pas fait quelque chose que tu aurais regretté — et oui, j'ai vu que ça serait le cas si tu n'avais pas réussi à te retenir — il y a quelque chose de très intéressant chez Bella.''
Oui, Bella Swan. J'avais entendu ce nom être prononcé dans de nombreux esprits à travers la journée. Garçons et filles s'étaient presque marchés les uns sur les autres pour apercevoir la nouvelle arrivante qui avait interrompu mon existence avec tellement de force. Je mordis l'hameçon tendu par Alice et demandai, ''Que veux-tu dire ?''
Alice tendit sa main vers moi et je pris l'objet qu'elle contenait. Je baissai les yeux pour regarder le… pendentif. Si j'avais eu un cœur, il se serait sûrement arrêter alors que mon souvenir soudainement revenu me frappa celui dont je m'étais rappelé si furtivement lorsque Bella s'était trouvé à mes côté. ''Où as-tu eu ça ?''
Alice souleva un sourcil, ''De Bella.''
Je restai là, choqué, alors qu'Alice se remémorait la scène pour moi. Comment Bella connaissait-elle mon nom ? Et comment avait-elle obtenu le pendentif de ma mère ? Que voulait-elle par 'Je suis certaine qu'il aimerait le récupérer après tout ce temps' ? Je regardai Alice et secouai la tête d'incompréhension. Quelque chose devait être en train de se passer, une espèce de blague cruelle dans l'univers. Un acte de repentance pour mes pêchés peut-être.
Emmett et Rosalie arrivèrent enfin vers la voiture et s'assirent à l'arrière avec Jasper, qui me demandait ce qu'il se passait à travers ses pensées. Je secouai une nouvelle fois la tête et il répondit silencieusement, ''C'est des conneries, Edward. Je peux ressentir tes émotions, au cas où tu l'aies oublié.''
''Pas maintenant, Jazz,'' murmurai-je doucement alors que je partis à toute vitesse en direction de la maison, tandis que penser à Bella était en train de faire des ravages dans mon esprit.
J'espère que ça vous a plu.
A dimanche prochain pour la suite.
