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Bonne lecture
Chapitre 5
BPOV
Ma bouche resta grande ouverte alors que mon cerveau enregistrait le fait qu'Alice se tienne devant moi. Elle me lança un sourire amusé alors que Carolyn entra dans la pièce. ''Qui est-ce, Bella ?''
Alice répondit à ma place, me soulageant de ne pas avoir à parler. ''Bonjour, Mme Johnston. Je m'appelle Alice Cullen. Bella et moi nous sommes rencontrées aujourd'hui et je voulais lui poser une question à propos de demain. Je n'ai pas votre numéro de téléphone. Je m'excuse si c'était trop impertinent de ma part de venir chez vous.''
Carolyn sourit, ''Non, pas du tout, Alice ! Je suis très heureuse que Bella se soit fait une amie si rapidement. Entre, entre et installe-toi.''
Alice lança un sourire éblouissant à Carolyn, qui retourna à la cuisine pour préparer le dîner, et passa devant moi pour s'asseoir sur la banquette bleue marine. Je fermai la porte et secouai la tête pour m'éclairer l'esprit, avant de m'asseoir sur le bord du canapé près d'Alice.
Elle m'observait d'un air calculateur, attendant apparemment que je me décide à parler de sa présence. Je pris une grande inspiration et posai la question tant attendue, ''Alors, Alice, qu'est-ce qui t'amène ici ?''
Ses yeux étaient fixés dans les miens pendant ce qui sembla être une éternité avant qu'elle ne demande, ''Pourrais-tu m'expliquer l'histoire du diamant que tu m'as passé pour que je le donne à mon frère ? Ce petit bijou l'a complètement perturbé et je voudrais bien savoir pourquoi.''
Mon cœur se serra et je ne pus trouver les mots pour expliquer quoi que ce soit. Je me concentrai sur ma respiration et parvins enfin à dire, ''Je ne sais pas comme te l'expliquer, Alice. Du moins, pas sans que tu me crois folle.''
Alice leva les yeux au ciel et souffla, me montrant ainsi son impatience. ''Ne dis pas de bêtises, Bella. Je peux t'assurer que j'ai une grande ouverture d'esprit.''
Tu as besoin d'avoir une grande ouverture d'esprit si tu es un vampire clairvoyant, pensais-je, regardant fixement mes mains comme si elles étaient la clef pour expliquer toute cette insanité. Il me vint à l'esprit à ce moment-là la réalisation qu'elle ne pouvait certainement pas se douter que je savais ce qu'elle était. Je jetai un coup d'œil vers Alice, qui attendait avec un sourcil relevé que je continue à parler, et contemplai comment aborder le sujet. Il n'y avait aucune façon parfaite de partager un secret que j'avais gardé caché pendant si longtemps. Je me découvris exaspérée en soupirant, ''Alice, ce n'est vraiment pas comme ça que j'avais prévu ça. Pour être honnête, je n'avais tout simplement pas prévu que ça arrive.''
''Que n'avais-tu pas prévu ?'' demanda-t-elle, se penchant vers moi.
Je pouvais ressentir la fraicheur émanant de sa peau et sentir son souffle sucré. Les vampires étaient vraiment des créatures magnifiques. J'étais certaine que c'était voulu par la nature les humains étaient attirés par la beauté, même si ladite beauté n'était rien de plus qu'une manière de nous attirer, nous, leurs proies. Je fus soudainement ravie que mon odeur n'est pas un impact aussi puissant sur elle qu'elle en avait eu sur Edward. Du moins, c'était ce qu'il paraissait.
''Je ne sais pas comment te le dire, Alice.'' J'abandonnai finalement l'idée de trouver la bonne explication.
Elle secoua la tête. ''Non, Bella, ça ne va pas aller. Je peux t'assurer que je peux être extrêmement têtue lorsque je suis à la poursuite de quelque chose, je te suggère donc de te mettre à parler.''
Je devins immédiatement intimidée par ce petit bout de vampire. La vérité, bien que vague, commença à couler de ma bouche. ''Je suis plus âgée qu'il n'y parait, Alice.''
Avant qu'elle ne puisse répondre, Carolyn revint dans le salon et demanda, ''Voulez-vous boire quelque chose les filles ? On a du thé et du coca.''
Je secouai la table et Alice dit, ''Non merci, Mme Johnston.''
Je ne pus empêcher le petit sourire qui se dessinait sur mes lèvres. Je savais qu'elle dirait non. Elle ne savait simplement pas que j'étais au courant de sa charade.
Carolyn sourit, ''Harry va bientôt rentrer et le diner est presque prêt. Restes-tu pour le repas, Alice ?''
Alice sourit gentiment, ''Non, Mme Johnston. J'ai dit à mes parents que je serais à l'heure pour le diner.''
''D'accord, faites-moi signe si vous avez besoin de quelque chose,'' dit Carolyn, avant de retourner dans la cuisine.
Alice reposa son attention sur moi. ''On peut aller dans un endroit plus privé ?''
Je déglutis avec difficulté et hochai la tête avant de la conduire à ma chambre. Je fermai la porte derrière moi et Alice alla s'asseoir sur le rebord du lit, faisant comme chez elle. ''Alors,'' commença-t-elle, ''Où en étions-nous ? Oh, oui, tu as dit être plus vieille qu'il n'y paraissait. Tu peux développer ?''
Comment pouvais-je ? Je m'assis sur la chaise du bureau et jetai un coup d'œil vers la porte du placard, sachant que ma valise contenait la clef de mes secrets. Les mots d'Edward, quelques photographies ainsi que mon véritable acte de naissance s'y trouvaient cousus dans le revêtement en soie. Je les avais cachés là de peur que quelqu'un fouille dans mes affaires. Comment réagirait-elle si je lui montrai les preuves de mon passé fantastique ?
''Bella, je sais que tu me caches quelque chose. Je peux le voir dans tes yeux.''
Mes yeux s'embuèrent à cette déclaration et je mordis ma lèvre inférieure. Des vagues de peine gonflèrent dans ma poitrine et je me mise à trembler. Edward était tellement près après tout ce temps et je n'étais pas certaine quant à la marche à suivre. J'étais tellement terrifiée à l'idée de m'ouvrir à lui, enfin plutôt à Alice, qui allait probablement tout lui dire.
Ma vision devint floue à cause des larmes et Alice m'étreint dans ses petits bras froids. Elle me calma, ''Bella, tout ira bien. Tu peux me le dire. C'était manifestement quelque chose de très sérieux pour toi.''
Un sanglant s'échappa de ma gorge alors que je tentai de parler. Je hoquetai et bégayai telle un enfant, ''C-C'est t-toute ma vie, A-Alice.''
Ses mains se posèrent de chaque côté de mon visage et elle me regarda droit dans les yeux. ''Respire Bella. Tu peux me le dire.''
''Je ne peux pas mourir.''
Alice se figea, tout comme moi. Je n'avais pas eu l'intention de dire ça si brusquement. Quelque chose que je ne pouvais pas vraiment comprendre traversa ses yeux couleur de miel, la même couleur que ceux d'Edward. ''Quoi ?''
Je me levai, trouvant une force au plus profond de mon être et allai chercher ma valise dans le placard. Je l'ouvris, pris une paire de ciseaux sur mon bureau et découpa la doublure, exposant mes possessions les plus chéries. Mes mains tremblèrent alors que je étalai les quelques photos que j'avais de moi, commençant avec le très ancien portrait de famille avec mes parents daté de 1921. Après ce portrait, se succédèrent des photos de moi en 1931, puis d'autres en 1945, 1953, 1967, 1976, 1987, 1998 et la plus récente en 2003. Je lui fis signe de regarder les photos, qui montraient clairement que j'avais traversé les époques. ''Je ne peux pas mourir,'' répétai-je.
Alice était complètement immobile sauf ses yeux, qui volaient d'une photo à l'autre. Elle finit par me regarder et je pouvais lire la confusion dans son regard. Je ressentis soudainement un désir absolu de lui faire comprendre ce que je disais. Je sortis mon acte de naissance ainsi que les lettres d'Edward, mon cœur battant à la chamade alors que je les lui tendis.
Elle parcourut la feuille de papier jaunie par le temps beaucoup plus rapidement que je le crus possible, ses sourcils se fronçant d'inquiétude. Lorsqu'elle commença à lire les lettres d'Edward, sa bouche s'ouvrit en grand et ses sourcils se soulevèrent. ''Bella, est-ce réel ?''
Je hochai la tête. ''Depuis qu'Edward a été changé, je suis incapable de vieillir. C'était en mai 1918, la grippe espagnole avait atteint Chicago et Edward ainsi que ses parents ont fait partis des victimes. J'étais à New York avec mes parents nous nous étions installés là après avoir vécu à Chicago pendant 4 mois. Le père d'Edward était un partenaire de travail de mon père. Je l'ai rencontré, Edward, une semaine avant noël en 1917. Ce fut assez rapide pour nous de tomber amoureux de l'autre. Le cœur de diamant que je t'ai demandé de donner à Edward, il me l'a offert au début du mois d'avril, avant que je ne parte. Il a dit que c'était en attendant qu'il puisse m'acheter une bague.''
Alice secoua la tête, rendue apparemment muette face à toutes les informations que je venais de lui fournir. Le fait que je connaissais autant de détails devait être suffisant pour prouver que je ne mentais pas. Elle se reprit rapidement, ''Bella, c'est impossible.''
Je secouai la tête, ''Non, je t'assure que c'est la vérité.''
''Je ne peux pas y croire.''
''Je peux voir ce qu'Edward pense c'est similaire à son don mais ça ne marche qu'avec lui dans mon cas. Je sais aussi que tu as des visions du futur,'' lâchai-je, désespérée.
Alice recula légèrement et l'expression sur son visage devint défensive. ''Que veux-tu dire ?''
''Alice, je sais que lui, que toi, que tous les membres de la famille Cullen sont des vampires. Je suis aussi au courant de vos dons à cause de mon étrange petite bizarrerie avec Edward. La famille a démarré avec Carlisle, lorsqu'il a changé Edward pour l'empêcher de mourir à Chicago. Je sais qu'il a changé Esme après, puis Rosalie et Emmett. Je sais que toi et Jasper êtes arrivés ensemble et n'avez pas été transformés par Carlisle.''
Les lettres d'Edward et mon acte de naissance lui glissèrent des mains et tombèrent au sol. ''On a besoin de parler avec Carlisle, immédiatement.''
''Je ne pense pas pouvoir faire face à Edward, Alice.''
Elle secoua la tête. ''Il est parti après nous avoir déposé à la maison. Il est allé…'' Elle s'arrêta soudainement. Elle me défia à ce moment-là en demandant, ''Tu peux me dire où il va, Bella ?''
''Je vais essayer.'' Mon cœur tambourinait dans ma poitrine alors que je me connectai à Edward. Je pouvais voir qu'il était en train de conduire et pensait à moi et au collier. Il était amer, je pouvais le ressentir. J'attendis, espérant qu'il pense à l'endroit où il se rendait, lorsque ses pensées se tournèrent vers… Tanya.
Mon cœur se serra lorsque le vampire aux cheveux blonds vénitiens traversa son esprit après tout ce temps. Je fus rapidement soulagée de son appréhension à l'idée de la revoir. Son esprit passa rapidement en revue toutes les avances qu'elle lui avait faites et les nombreuses fois où il l'avait rejeté. Il se mit alors à penser à la paix et au silence que l'espace sauvage à Denali lui offrait et combien il espérait que cela lui calmerait assez l'esprit pour trouver un sens aux évènements soudains des derniers jours.
J'ouvris les yeux et regardai Alice, qui m'observait avec curiosité. Je souris un peu avant de dire, ''Il n'a pas dit où, mais il a mentionné la nature sauvage alaskaine. Il semblait aussi inquiet de voir un vampire appelé Tanya. Il semble détester qu'elle soit si libidineuse.''
La mâchoire d'Alice tomba légèrement alors qu'elle émette un petit rire, semblant ravie de ma réponse. ''C'est intéressant. Carlisle va pouvoir bien s'amuser avec cette histoire.''
''Je ne sais pas si je peux partir, Alice. Le diner est bientôt prêt et Harry ne va pas tarder à rentrer. En plus, on a cours demain. Je ne veux pas ruiner ma relation avec ma nouvelle famille adoptive. C'est une part essentielle de ma survie.''
Alice hocha la tête, comprenant ma situation. Elle savait que les obstacles du style de vie nomade qu'impliquait ne jamais vieillir étaient difficile. ''On en parlera demain alors. Je vais m'occuper de libérer ton emploi du temps,'' dit-elle avant de sortir de ma chambre pour se charger de sa mission.
Je remis mes objets dans l'ouverture que j'avais faite dans la doublure de la valise avant de me précipiter à la suite d'Alice, qui m'attendait au pied de l'escalier. Elle sourit et entra dans la cuisine où se trouvait toujours Carolyn.
''Excusez-moi, Mme Johnston ?'' dit Alice, donnant l'impression de poser une question.
''Oh, tu peux m'appeler Carolyn.''
Alice hocha la tête, ''Carolyn, serait-il possible que Bella vienne chez moi demain ? Nous avons un test d'anglais bientôt et je me disais que l'on pourrait étudier ensemble ?''
Carolyn sourit, ''C'est une merveilleuse idée, Alice. Est-ce que tes parents sont d'accord ?''
''J'ai dit à Esme que je voulais inviter Bella demain pour étudier, d'où la raison de ma présence ici. Je ne voulais pas lui demander au lycée demain sans avoir vérifier que vous étiez d'accord avant, ça serait impoli de ma part,'' dit Alice gentiment, excessivement courtoise. Carolyn adorait ça.
''Alice, tu es une très gentille demoiselle. Je ne m'attendais bien évidement à rien de moins de la part d'un enfant élevé par le docteur Cullen et son épouse.''
''Merci, Carolyn. Alors, c'est bon si j'amène Bella chez moi demain ?''
''Oui, c'est d'accord. Faut-il que je vienne la chercher ?''
''Non, je la reconduirai moi-même. Elle peut aussi manger avec moi. A quelle heure voulez-vous qu'elle soit rentré ?''
''Avant 21h serait parfait. Il y a école le lendemain.''
Alice sourit et se tourna vers moi, ''C'est décidé. Tu rentres avec moi demain. On va bien s'amuser,'' dit-elle avec un clin d'œil.
Je souris, soulagée d'avoir enfin quelqu'un avec qui partager mon fardeau. Je me dirigeai vers le salon, Alice sur mes talons. Je me retournai pour lui faire face, ''Tu vas dire à tout le monde ce que je t'ai raconté en rentrant ?''
Alice réfléchit un instant avec de répondre. ''Je pense qu'il serait mieux que je les prévienne d'abord. D'ailleurs, tu crois que je pourrais t'emprunter tes preuves ?''
Je ris doucement et nous prîmes la direction de ma chambre. Je ressortis tout et tendis les documents à Alice, qui les rangea rapidement dans l'énorme sac à main qu'elle avait à l'épaule. ''Tu pourrais me rendre un service, Alice ?''
''Quoi ?''
''Tu pourrais garder mes affaires en sécurité pour moi ? J'ai quelque peu ruiné ma cachette,'' dis-je, montrant le trou dans la doublure de la valise. Même si je pouvais la recoudre, il serait toujours évident de voir que quelqu'un l'avait découpé.
''Bien sûr, Bella j'en prendrais soin,'' dit-elle avec un sourire tout en tapotant son sac.
''Merci. Et merci de m'avoir écouté. Tu n'as aucune idée de combien de temps j'ai dû vivre cette charade sans personne avec qui partager mon histoire.''
''J'ai une petite idée, mais je ne peux pas imaginer le faire seule. J'ai de la chance d'avoir ma famille,'' dit-elle, enroulant un de ses bras autour de ma taille pour m'étreindre.
''C''est agréable de savoir que j'ai quelqu'un avec qui parler maintenant.''
Alice rit, ''Tu sais, Bella ? — J'ai la sensation que nous allons être de très bonnes amies.''
''Je l'espère, Alice. Je suis vraiment effrayée de ce que va penser ton frère. Il a toujours été quelqu'un de très sceptique.''
Le sourire d'Alice illumina son visage. ''Tu connais vraiment Edward, hein ?''
Je hochai la tête et mordis ma lèvre. Maintenant que j'avais partagé mon secret avec Alice, je réalisai à quel point j'étais seule. Cela faisait tellement longtemps depuis que j'avais laissé quelqu'un entrer dans ma vie. En y réfléchissant, le dernier était Edward, qui était entré directement dans mon cœur pour s'y installer confortablement. Je savais que je l'aimerai pour toujours mais 'toujours' ne signifiait pas la même chose à l'époque par rapport à maintenant. C'était probablement parce que je l'avais revu après toutes années. Des années qui semblaient soudainement gâchées par mon entêtement à l'aimer de loin. Je décidai à cet instant là que j'allais faire en sorte qu'il se souvienne de moi. Même si je ne pouvais pas l'avoir pour moi, je lui ferai se rappeler.
Alice me sortit de mes pensées en inspirant brusquement, ses yeux brumeux comme si elle voyait quelque chose au loin. Je me mis à avoir la chair de poule et réalisai qu'elle était en train d'avoir une vision. Je l'avais vu faire de nombreuses fois à travers les yeux d'Edward.
Je secouai son épaule doucement et elle sortit de ses rêveries. ''Qu'as-tu vu, Alice ?''
Elle secoua la tête et dit, ''Ça ne serait pas amusant si je te disais ce que j'ai vu, n'est-ce pas ?''
Je réalisai autre chose Alice aimait tout contrôler.
EPOV
J'étais allongé sur le dos, contre la terre glacée d'Alaska, en train de regarder fixement le ciel. J'échouai misérablement à la simple tâche de ne pas penser à Bella. Je ne voyais rien d'autre que son visage, ses yeux qui se remplissaient de larmes face à mon regard meurtrier. Je fus tellement près de ruiner tout ce que ma famille avait construit.
Je ne ressentais pas seulement la honte que ma faiblesse avait entrainé mais j'avais une douleur quelque part dans ma poitrine. Je n'étais habitué à cette sensation, cette lente brûlure qui aurait entrainé des larmes dans mes yeux si cela avait été possible pour mon corps congelé. C'était la première fois que des émotions me causaient une peine physique.
Je soupirai tout en sortant la petite babiole de ma poche, regardant les rayons de la lune illuminer les nombreuses facettes. Ce petit objet était le responsable de ma fuite, de mes émotions qui étaient sans dessus dessous. J'avais la sensation d'être un lâche parce que c'était vraiment la peur qui m'avait fait partir. Je ne savais pas quoi faire. Je ne pouvais pas entendre ses pensées. Je désirai être près d'elle sans avoir envie de la tuer.
A ma plus grande surprise, ce n'était pas seulement mes pensées mais aussi la douleur dans ma poitrine qui s'intensifiait alors que je pensai à Bella. C'était comme si… elle me manquait. Je secouai la tête à cette notion ridicule. Quelqu'un que je ne connaissais pas, avec qui je n'avais jamais parlé auparavant ne pouvait pas me manquer. Plus encore, elle était humaine ma proie de prédilection. Son sang serait la plus sucrée des boissons que je pouvais avoir dans ma bouche. Je savais que si je goutai le liquide vermillon sous sa peau translucide, je connaitrai une euphorie jamais atteinte auparavant.
C'est pour cela que je dois rester à tout prix loin d'elle, m'admonestai-je avec dégoût.
Non ! Je ne veux pas ! Je ris doucement à mon dialogue intérieur alors que mon esprit considérait le fait de ne jamais plus la voir. Tout était lié à l'instinct. La douleur lancinante devait être mon désir de la chasser et de satisfaire le monstre en moi. Je portai la chaîne à mon nez et inhalai son odeur s'attardant sur les liens argentés.
Rien n'aurait pu me préparer au choc que son odeur me causa. Un souvenir humain depuis longtemps oublié, comme plus tôt dans la journée, traversa mon esprit.
Il y avait une fille allongée sur une couverture dans le jardin de la maison de mes parents. L'air était chaud, mais pas trop cela devait être au printemps. Mon cœur humain succombait à la même douleur que j'éprouvai maintenant, alors que je marchai vers elle. Je me tins au-dessus d'elle et baissai les yeux pour observer l'ange qui reposait sous le soleil, un livre protégeant son visage des rayons brillants. Je ne voyais que la beauté de ses longs cheveux sombres étalés sur la couverture. Ma main se tendit pour la réveiller et elle bougea, saisissant le livre pour dégager son visage…
Je fus envahi par une intense irritation alors que mon souvenir s'interrompit avant que je puisse voir son visage au moment même où mon téléphone vibra dans ma poche. Je le saisis et combattis l'envie de le serrer dans mes doigts au point de le réduire en poussière. Je regardai l'écran et vis que j'avais reçu un SMS de Carlisle. J'étais las alors que j'ouvrais son message.
E- Rentre à la maison immédiatement s'il te plait. C'est très important. C'est au sujet de ce qu'il s'est passé aujourd'hui.
L'horreur m'envahit. Bella avait-elle deviné ce que j'étais ? L'avait-elle dit à quelqu'un qui croirait à une histoire sur les vampires ?
Mon esprit analysait toutes les possibles conséquences alors que je répondis à Carlisle, l'informant que j'étais en chemin. Je poussai mes jambes à leur vitesse maximum pour rejoindre ma voiture. J'étais déjà en train de m'autoflageller en démarrant en trombe, espérant rentrer à la maison le plus vite possible. Tout était de ma faute.
A la semaine prochaine pour la suite
