Bonsoir, merci pour tous les commentaires. Je suis désolée de n'avoir répondu à personne mais j'ai été malade toute la semaine et je commence enfin à aller mieux, d'où le retard dans le postage de ce nouveau chapitre.
Je pense que c'est un moment que vous attendiez tous et j'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture :)
Chapitre 6
BPOV
Nous étions dans le jardin gelé, un endroit où nous pouvions tous deux échapper à la foule de gens invites à la soirée du Nouvel An par les Masens. Edward et moi étions presque inséparables depuis le premier dîner que ma famille avait partagé avec la sienne. Il avait parlé pendant le repas de la gloire des soldats et du fait qu'il voulait en faire partie. Je l'avais remis à sa place en l'informant qu'il n'y avait pas de gloire dans le fait de tuer des hommes et de briser des familles dû à la violence de la guerre. Plus tard, il m'avait avoué admirer mon esprit vif me disant que c'était un changement bienvenu des femmes commères et ineptes qui infestaient notre environnement social. Je m'étais empressée de signaler à ma mère d'un air jubilatoire qu'il trouvait mon intelligence intrigante.
Mais nous nous tenions là, Edward et moi, à parler des œuvres de Shakespeare et il me dit détester Roméo et Juliette, une de mes pièces préférées.
''Ils étaient naïfs ! Juliette avait à peine 13 ans. Aucune fille de 13 ans ne peut possiblement comprendre le verbe aimer. Ce n'était rien de plus qu'une obsession mélodramatique qui s'est mal terminée.''
Je soufflais face au rejet d'Edward envers quelque chose qui me tenait autant à cœur. ''Je ne suis pas d'accord. Tout d'abord, tu n'as jamais été une fille de 13 ans. De plus, qui es-tu pour dicter ce qui se passe dans le cœur d'une personne ? Je ne te vois pas être tomber amoureux de quiconque.''
Edward rit, ''Je suis amoureux de quelqu'un, merci bien. Je sais ce qu'est l'amour et je sais la manière dont cela change ta perspective. Je pense juste que Roméo était libidineux et que Juliette était trop jeune.''
Edward était amoureux de quelqu'un ? Mon cœur battait douloureusement et mes joues s'empourprèrent alors que j'imaginai ce magnifique garçon qui me faisait me sentir si bien, si vivante, être avec quelqu'un d'autre.
''Vas-tu bien, Bella ?'' demanda Edward, prenant ma main dans la sienne.
Non ! lui hurlai-je intérieurement. Au lieu de lui dire la vérité, je lui demandai quelque chose qui m'intriguait depuis un moment. ''Pourquoi m'appelles-tu Bella ? Personne ne l'a jamais fait.''
Edward sourit et m'attira contre son torse. Mon souffle se coupa alors qu'il faisait glisser l'un de ses doigts parfaits le long de ma joue, laissant un chemin de feu dans son sillage. ''Cela te va bien.''
J'inspirai brusquement, essayant de former une phrase cohérente alors que ses yeux me fixaient avec intensité. ''Que veux-tu dire ?'' hoquetai-je.
Son souffle était chaud sur mon visage alors qu'il se penchait et murmurait, ''Bella signifie belle. C'est simplement une manière pour moi de te dire comment je te vois.''
Mon cœur bondit dans ma poitrine et mon esprit s'envola alors qu'Edward continuait à baisser son visage vers le mien. Je pensai que j'allais mourir à l'instant même lorsque sa voix dit, ''Respire, Bella.''
J'expirai et inspirai son odeur avant que ses lèvres se posent doucement sur les miennes. Il me fallut un instant pour comprendre ce qu'il se passait, et lorsque cela arriva, mon instinct prit le dessus. Mes mains se nouèrent dans ses boucles cuivrées soyeuses et ses mains descendirent vers ma taille pour m'attirer contre lui. Nos lèvres se rencontrèrent avec faim, encore et encore, alors que nos corps luttaient pour être pressés ensemble. Mon cœur battait à la chamade c'était moi qu'Edward voulait. L'urgence dans ses baisers balaya tous les doutes que j'avais pu avoir.
Lorsque mes mains remontèrent sur son torse, Edward s'écarta, saisissant ma joue dans sa main. Il soupira, à bout de souffle, ''Je suis désolée, mon amour. C'était mal de ma part d'être aussi si impertinent.''
Je ris en voyant Edward redevenir le gentleman qu'il avait appris à être. ''Il n'est pas nécessaire de s'excuser. Je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais je n'étais pas du tout gênée.''
Il sourit et installa sa tête dans le creux entre mon cou et mon épaule. ''Bella, je n'ai jamais ressenti cela pour personne. Je veux bien faire les choses. Je te veux, toute entière, mais je veux te faire mienne d'abord. Je te voudrais pour toujours.''
''Je te voudrais toujours aussi, Edward,'' soupirai, le serrant étroitement. Je ne voulais plus le laisser partir. Je ne l'abandonnerai jamais, me dis-je.
Je ne pouvais empêcher les larmes de couler le long de mes joues en me réveillant de ce rêve. C'était un rappel de l'un de mes meilleurs souvenirs, lorsque nous avions déclarés notre flamme à l'autre. Mes rêves étaient tellement vivides et réels. C'était comme si mon cœur se réveillait maintenant que je savais Edward proche. La réalisation écrasante de la profondeur de ma solitude était suffisante pour m'infuser l'énergie de faire ce qui était nécessaire. J'avais besoin plus que jamais de le faire se souvenir de le faire m'aimer à nouveau.
Le lycée était une atrocité que je ne voulais pas gérer. Je regardai partout mais il n'y avait aucune trace des Cullens. Je savais qu'Edward ne serait pas là mais j'avais supposé que tous les autres, Alice en particulier, viendraient en cours.
Mes nerfs étaient à vif et ma patience fut testée toute la journée lorsque je sortis sur le parking et ne vit Alice nulle part. Mon estomac se noua et j'eus la sensation d'avoir été abandonnée. Je devins triste et je me détournai par retourner dans le lycée afin d'appeler Carolyn lorsqu'un klaxon retentit extrêmement bruyamment. Ma tête tourna d'un coup pour voir Emmett rouler à toute vitesse sur le parking dans une jeep massive, son bras pendant par la fenêtre pour me faire de grands gestes.
Je jetai un regard autour de moi et remarquai que la moitié des élèves me regardaient avec une curiosité manifeste alors qu'Emmett hurlait mon nom par la fenêtre. Je marchai vers le véhicule, évitant de rencontrer le regard des gens autour de moi. Apparemment, les Cullens étaient restés repliés sur eux-mêmes plus que je ne l'avais réalisé et les autres avaient hâte de voir pour la 'nouvelle fille' était récupérée par l'un d'entre eux. Mes joues s'empourprèrent et Emmett me lança un grand sourire joyeux en m'ouvrant la porte de l'intérieur. J'entrai dans la voiture et fermai brusquement la portière, voulant échapper à mes camarades qui me regardaient la bouche béate.
''Comment ça va, Bella ?'' demanda Emmett d'une voix tonitruante pour se faire entendre alors que la musique était mise à fond. J'aurai pu jurer que les vampires n'avaient pas besoin que les décibels soient aussi élevés.
Je pris la décision de baisser le volume avant de lui répondre, ''Sincèrement, je suis stressée et vraiment nerveuse.''
''Eh bien, ouais,'' rit-il. ''Ce n'est pas tous les jours qu'un humain arrive à se retrouver en compagnie de vampires. Je suis Emmett, au fait.''
Je lâchai un sourire. A proximité d'Emmett, il n'était pas possible de ne pas sourire. ''Je sais qui tu es. Où est Alice ?''
''Elle avait quelques trucs à faire. Notre bon vieil Eddie est de retour en ville.''
Les battements de mon cœur s'accélèrent. Alice n'avait dit qu'il ne serait pas. ''Je ne suis pas prête à le voir, Emmett !''
Il me regarda, une étincelle dans les yeux. ''Ne t'inquiètes pas, ma p'tite. Je ne le laisserai pas s'approcher de toi s'il ne peut pas se contrôler.''
Je levai les yeux au ciel. ''Je n'ai pas peur qu'il me tue. J'ai peur des conséquences que ça va avoir sur moi d'être avec lui sans pourvoir cacher quoique ce soit. Et ne m'appelle pas 'ma p'tite' je suis plus âgée que toi.''
Emmett me sourit, les fossettes bien présentes sur ses joues, et demanda, ''Tu as un tempérament de feu, hein ?''
Je soupirai et me lançai dans la blague. ''Seulement lorsque je suis provoquée.''
Emmett hocha la tête, ''J'aime un bon défi, Mamie.''
''Excuse-moi'' ? dis-je, un sourcil relevé.
Emmett eut un sourire diabolique. ''Ma p'tite ou Mamie, fais ton choix.''
''Tu es un connard,'' soufflai-je exaspérée, obtenant un rire joyeux en réponse.
Bien qu'Emmett soit le plus fort de tous les Cullens, un fait qu'il aimait rappeler à Edward, il était aussi un vrai gamin au fond de lui-même. Son charme et ses vues simplistes sur de nombreuses choses étaient contagieux et je trouvai cela facile d'être à l'aise autour de lui. Je savais qu'il était le frère préféré d'Edward et ce n'était pas difficile de comprendre pourquoi. J'aurais vraiment dû être plus inquiète du fait que je me dirigeai vers la maison centrale d'une famille de vampires et c'était tout le contraire. Cela n'avait pas d'importance qu'Edward soit un vampire. Je le voulais toujours, peu importante la forme qu'il prenait. Je devais saisir ma chance.
''Très bien, Mlle Swan, nous y voilà,'' dit Emmett, d'une fausse voix de présentateur qui me fit rire.
Le chemin pour arriver chez le Cullens était long et sinueux bien que cela ne semblait pas être le cas avec la folle conduite d'Emmett. J'avais foi en ses impeccables capacités en tant que vampire, sachant qu'il n'écraserait pas la voiture dans un arbre.
''Bienvenue à La Casa de Cullen,'' annonça-t-il alors que nous approchions de la large maison blanche.
Mes mains étaient moites et j'étais au summum de la nervosité cela n'allait pas être facile pour moi. Je déglutis péniblement et Emmett me regarda avec toute l'inquiétude qu'il était capable d'avoir. ''Ça va, Bella ? Tu es un peu pâle ?''
''Je suis pâle,'' tentai-je de plaisanter. J'avais la sensation d'être prête à faire une crise d'angoisse à tout instant. Ma respiration était saccadée et mon cœur fit une embardée, réagissant à l'adrénaline que mon corps produisait face à l'avalanche de peur.
''Hey,'' chuchota Emmett tout en prenant une main humide dans ses mains froides. ''Je ne vais pas prétendre comprendre ce que tu as du vivre. Je ne sais même pas quoi faire de toute cette histoire non plus mais si tu ne prends pas les devants maintenant, comment vas-tu vivre le reste de l'éternité en sachant que tu as eu une opportunité mais que tu ne l'as pas saisi parce que tu avais peur ?''
Ma bouche s'ouvrit à ses paroles. De tous les gens qui auraient pu me donner le courage dont j'avais besoin, je ne m'étais pas attendu à ce que ce soit Emmett. Je souris un peu, le calme me revenant. ''Tu as raison.''
''Bien sûr que j'ai raison,'' dit-il d'une fausse fierté. Il jeta un regard vers la maison. ''Esme est là, sur le point d'exploser à l'idée de te rencontrer.''
Je ris à la pensée alors que je posai mon regard sur elle et la vis sourire gentiment. Elle était la mère protectrice des Cullens et je pus voir pourquoi son apparence me rappela immédiatement les cookies fraichement cuisinés et le réconfort maternel.
''Finissons-en,'' soupirai-je, sortant de la jeep.
''Bonjour Bella ! Je suis Esme mais tu dois déjà le savoir. Bienvenue chez nous,'' m'accueillit-elle chaleureusement. Elle semblait vraiment excitée que je sois là.
''Merci, Esme,'' chuchotai-je.
Ma gorge se resserra alors qu'elle me conduisit dans le salon, où nous retrouvions Carlisle et Rosalie. ''Bonjour Bella. Je dois avouer que j'ai hâte de pouvoir parler avec toi,'' dit Carlisle posant une main sur mon épaule.
Je hochai la tête et tournai mon regard vers Rosalie. Sa beauté était intimidante alors qu'elle se levait du canapé pour marcher vers moi. J'avais l'impression qu'elle n'était pas particulièrement heureuse de ma présence dans ces lieux. ''Je suis Rosalie, mais tu sembles déjà tout savoir sur notre famille. Ce qu'Alice a vu me suffit pour maintenant mais je veux que tu saches que je ne te fais absolument pas confiance. Tu ne l'as pas mérité.'' Note à moi-même : Rosalie est du genre à dire ce qu'elle pense.
Esme commença à admonester Rosalie d'être aussi méchante mais je levai une main pour l'interrompre. ''Ce n'est pas grave, Esme. Elle est en droit de me dire ce qu'elle ressent. J'espère juste avoir la chance de lui faire changer son opinion.''
Rosalie leva les yeux au ciel et quitta la pièce à l'instant même où Alice dévala les escaliers, ne prenant pas la peine de se prétendre humaine. Elle s'arrêta brusquement devant moi et demanda, ''Puis-je avoir ton cardigan ?''
Je lui lançai un regard interrogateur, ''Euh, oui je suppose. Pourquoi en as-tu besoin ?''
Alice secoua la tête, ''Ce n'est pas pour moi. Il veut te parler et pense que ça devrait aller mieux s'il se désensibilise à ton odeur. Ce qui est le cas, je l'ai vu.''
Edward voulait mon gilet. Edward voulait me parler. Mes doigts défirent maladroitement les boutons et je le retirai, le tendant à Alice. ''Est-il fâché ?''
Alice sourit légèrement. ''Non, pas du tout. Il est plus curieux qu'autre chose. Tu aurais dû voir sa tête lorsque je lui ai montré les documents. Il n'arrête pas de lire les lettres. Je pense qu'il est frustré parce qu'il ne se souvient pas de toi.''
Ses mots me rendirent tristes. N'était-ce pas le but de toute cette affaire ? Je me sentis découragée que même avec les faits étalés devant lui, il ne semblait pas s'en rappeler. Je détestai être frustrée et c'était tout ce que je semblai pouvoir ressentir à l'instant.
''Ça s'arrangera, Bella.'' Je sursautai alors que Jasper semblait apparaître de nulle part et il plaça une main sur mon épaule. ''Détends-toi.''
Et c'est ce que je fis. Alice rit, ''Il se souviendra, Bella. Je le sais, je ne sais juste pas quand ou comment.''
''Oh, ça me fait me sentir beaucoup mieux,'' dis-je sarcastiquement.
''Ça devrait,'' sourit-elle avant de repartir à l'étage.
Ma vie allait changer aujourd'hui. Je pouvais le ressentir. Je n'étais juste pas certaine de savoir si c'était pour le pire ou pour le meilleur.
EPOV
Mes mains tenaient délicatement les lettres abimées par le temps alors que je les lisais. Les photographies, le diamant, l'acte de naissance de Bella et mes lettres me moquaient avec la promesse que j'avais été aimé lorsque j'avais été humain. Pourquoi ne pouvais-je pas me souvenir d'elle ?
De toutes les choses qui avaient traversés mon esprit alors que je roulais à toute vitesse vers Forks, cette hypothèse ne m'était jamais apparu. Pendant 90 ans, Bella avait gardé ce secret et enduré le fardeau de l'immortalité seule. Je me sentais tellement mal pour elle avoir à dire au revoir encore et encore à tout le monde. Rien n'était constant dans sa vie. Bien que j'aie dû changer d'endroits, j'avais toujours ma famille et d'autres comme moi. Bella n'avait personne et c'était plus que probablement ma faute. Je l'avais aimé avec trop d'intensité mes lettres en étaient la preuve. Je détruisais tout ce que je touchais.
Alice m'avait montré une vision de Bella et moi et ce fut le facteur décisif pour croire à toute cette histoire. Le fait de savoir que je me souviendrais, même si je ne savais toujours pas quand, rendait mon dilemme encore plus difficile. Je pouvais maintenant comprendre pour ma réaction face à Bella avait été si forte. Mon cœur humain s'était d'une manière ou d'une autre souvenu d'elle. Bien que l'envie lancinante de boire son sang n'était pas mon idée de joyeuses retrouvailles, c'était déjà quelque chose. Sa présence demandait mon attention et son esprit silencieux me rendait curieux. Je devais savoir.
''Et voilà, Edward,'' annonça Alice en entrant dans chambre, le cardigan bleu de Bella dans les mains. ''Renifle ça.''
Je grimaçai, ayant honte d'avoir à renifler les vêtements d'une fille pour me préparer à la rencontrer. Je pressai mon visage dans la laine et inhalai, sentant ma gorge me brûler avec l'intense soif que son parfum provoquait en moi. Son odeur était concentrée sur le vêtement encore chaud du fait qu'il venait à peine de quitter son corps. Je peux le faire. Je vais le faire.
La vision d'Alice obscurcit mon esprit. Bella et moi étions assis à la table du salon, en face l'un de l'autre, en train de converser. Je ne pus m'empêcher de remarquer que nous sourions à l'autre et je semblais à l'aise en sa compagnie.
''On dirait que ça a marché,'' commenta Alice.
Je hochai la tête. ''Il est temps d'aller la sauver de son interrogatoire avec Carlisle ?''
Alice rit, ''Si tu veux. Tu vas probablement lui poser encore plus de questions que lui. Je vais les avertir avant que tu ne descendes.''
Alice quitta la pièce et je continuai à inhaler l'odeur de Bella. Je savais qu'il serait toujours difficile de la sentir fraîche sur sa peau mais ça ne serait pas aussi intoxicant qu'hier. J'avais peur des conséquences de cette situation sur moi mais l'envie désespérée de connaitre son esprit, de la connaître, contrebalançait ma peur.
Nous sommes prêts pour toi, me prévint Alice.
J'inhalai une dernière fois l'odeur sur le cardigan de Bella et descendis rapidement les marches. Je m'arrêtai sur le palier de l'escalier qui m'emmenait au rez-de-chaussée et les prit à vitesse humaine, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Je n'étais pas sûr quant à la manière d'agir autour d'elle.
''Elle est dans la salle à manger,'' chuchota Emmett en m'attendant au pied de l'escalier. Je savais que lui et Jasper étaient la ligne de défense au cas où je perdais le contrôle. Nous nous étions mis d'accord sur la tactique plus tôt dans la journée.
L'odeur de Bella s'attardait dans l'air et devint plus puissante avec chaque pas que je faisais vers elle. J'étais incroyablement nerveux en passant le coin pour la voir assise, en train de m'attendre silencieusement. Ses yeux se relevèrent pour se poser sur moi, entrainant une nouvelle faim dans son sillage. Je voulais, non, je devais être près d'elle.
J'inspirai et laissai la brûlure dans ma gorge m'envahir. Je ne voulais rien de plus que de m'y habituer. Cela prit quelques secondes mais je parvins à trouver ma voix pour lui parler. ''Bonjour, Bella.''
Je la regardai tressaillir en entendant son nom sortir de mes lèvres. Cela ne devait certainement pas être facile pour elle. ''Bonjour Edward. Ça faisait bien longtemps.''
''J'imagine bien.'' Je n'ai jamais été complexé, mais je me tenais là, voulant désespérément impressionner cette humaine. Je me surpris moi-même de la vitesse du changement de mes sentiments à son égard.
Bella continuait de me fixer et la tension dans la pièce était électrique. J'étais incertain quant à la marche à suivre. J'avais lu dans les lettres, mes lettres, que je la considérai 'faite pour moi'. Tout le bien en moi venait de Bella, avais-je écris, lorsque j'étais humain. Il n'était pas dans mon habitude de mentir à moins que ce soit nécessaire. Je doutais avoir écrit quelque chose de si affectueux si ce n'était pas vrai.
''Tu vas continuer à te tenir là ?'' demanda Bella, à ma plus grande surprise. Je n'avais pas l'habitude d'être pris au dépourvu.
Emmett ricana à mes côtés, me rappelant que Bella et moi avions une audience. J'avais apparemment perdu contact avec mon environnement lorsqu'elle avait plongé ses yeux dans les miens. Je jetai un regard noir à Emmett et retournai mon attention sur Bella. ''J'ai quelques questions à te poser.''
Elle sourit, faisant bondir le cœur glacé dans ma poitrine. ''Eh bien, lance-toi, Edward.''
Je marchai doucement vers elle, Emmett et Jasper tendant leurs bras, prêts au cas où je déviai de ma trajectoire. Je voulais leur dire que j'allais bien mais je ne voulais pas tenter le diable. Cette fille était bien trop précieuse. Je pris place sur une des chaises en face d'elle, de l'autre côté de la table et fit glisser son cardigan vers elle. ''Tu peux récupérer ça maintenant.''
J'obtins un autre sourire en retour. ''Merci. Il fait un peu froid ici.''
''Je vais mettre le radiateur en route, Bella,'' déclara doucement Esme, quittant la pièce.
''Emmett, Jazz, allons-y, je veux jouer à Rock Band,'' pépia Alice. Je savais qu'elle tentait de vider la pièce et je lui en étais reconnaissant être près de Bella était une expérience trop personnelle pour être observée.
''Mais si…'' commença Emmett avant d'être rapidement interrompu.
''Tout va bien, vraiment,'' dit Alice, le tirant par la main pour le faire partir.
Carlisle les suivit, comprenant ce qu'il se passait. Lorsque je sus que les autres étaient préoccupés par d'autres choses, je retournai mon attention sur Bella. Elle était en train de reboutonner son gilet, j'avais donc l'opportunité de l'observer un moment.
Sa peau était pâle et translucide, avec de légères traces rosées sur ses joues. Ses lèvres étaient pleines et ses yeux larges et sincères, d'une couleur chocolat. Ses cheveux étaient d'un acajou profond, tombant en vagues jusqu'au milieu de son dos. Je ne pus empêcher le sourire qui s'étira sur mon visage en réalisant que Bella était le parfait prénom pour elle. Belle.
''Quoi ?'' demanda Bella, ses joues s'enflammant en remarquant mon regard.
Je baissai les yeux vers mes mains et secouai la tête. Je ne savais pas quoi dire.
''Alors, vas-tu finir par me poser des questions ?''
Je relevai immédiatement la tête et retrouvai son regard. Elle était douée pour me faire douter de moi-même. ''Comment s'est-on rencontré ?''
''Nos pères travaillaient ensemble sur une nouvelle chaine de banques à Chicago. Mes parents et moi restâmes chez vous pour une semaine pendant que les rénovations se terminaient dans notre maison.''
C'était assez facile. ''Qu'aimai-je chez toi ?''
Bella sourit et serra ses mains ensemble. ''J'étais douée pour dire ce que je pensais et remettre en cause tes opinions. Apparemment, j'étais différente de toutes les autres femmes qui se jetaient sur toi.''
Je me mis à rire, ''Donc, tu m'as remis à ma place ? Il semblait que j'étais un masochiste lorsque j'étais humain.''
''Non, juste égaré. Il était de mon devoir de te remettre sur le droit chemin,'' déclara Bella d'une fausse arrogance.
Son sarcasme était éclairant. Je ne pus empêcher la sensation légère et lumineuse qui montait dans ma poitrine. ''On dirait bien. Qui a initié la relation ?''
Bella rit doucement, rougit un peu plus avant de pointer son doigt vers moi. ''Comment m'y suis-je prit ?''
''Tu m'as embrassé la veille du nouvel an 1918,'' dit-elle doucement.
Je connaissais donc ses lèvres et les avais goûtés ? C'était une sensation étrange que d'être jaloux de soi-même. La réalisation qu'un baiser serait maintenant impossible pour nous fut écrasante. ''J'espère que ce fut à la hauteur de tes attentes.''
Bella leva les yeux au ciel et fit un signe vers elle. ''Je suis toujours vivante, non ?''
Cela me prit un instant pour réaliser la portée de sa déclaration. Son amour pour moi était ce qui semblait la maintenir en vie. Ou mon amour pour elle, même si je ne pouvais plus le sentir. ''Je suis désolé, Bella.''
''De quoi ?'' demanda-t-elle, fixant son regard dans le mien.
''Que tu m'aimes.'' Les mots semblaient incroyables dit à haute voix. Comment quelqu'un de si beau pouvait m'aimer moi ?
''Ne dis pas ça, Edward. Tu as toujours été ma partie préférée,'' répondit vivement Bella, tendant sa main vers la mienne. Je ne pouvais pas me faire bouger et je permis à sa chaleur de couvrir ma main.
Un frisson parcourut mon dos et mon corps picota au contact de sa main alors que mon esprit m'envolait vers une autre époque.
''Austen, hein ?'' dis-je, m'agenouillant sur la couverture sur laquelle elle était allongée pour lui prendre son livre.
''Elle a beaucoup écrit.'' La voix douce et légèrement râpeuse de Bella était comme de la musique dans mes oreilles.
''Je ne t'en tiendrais pas rigueur,'' taquinai-je l'ange couché à mes côtés.
''Edward, Orgueil et Préjugés est un classique. Manifestement, s'il est toujours lu 100 ans plus tard, énormément de gens, dont moi, l'ont trouvé…''
Je tus Bella par un baiser qu'elle me rendit joyeusement. A ma surprise, et mon plaisir, elle me poussa sur le dos et chevaucha mes hanches. '''Dis que Jane Austen était une femme merveilleuse.'' Je ris et secouai la tête.
''Dis-le, Edward,'' menaça-t-elle, rétrécissant ses yeux.
''Non,'' rétorquai-je, essayant de garder un visage imperturbable.
''Je vais simplement devoir te faire changer d'avis,'' me défia Bella.
Mon cœur se mit à battre à toute vitesse alors que Bella déposa de doux baisers sur mon cou, mordant doucement la peau sous mon oreille. Je frissonnai alors qu'elle chuchotait, ''As-tu reconsidéré ?''
Je secouai à nouveau la tête, l'entrainant à laisser s'échapper un adorable grognement. Elle plaça mes mains de chaque côté de sa taille et fit bouger ses hanches contre les miennes. Je hoquetai, alors que le désir m'envahissait et rencontrai ses lèvres aussi fiévreusement qu'elle.
''Je vais finir par abuser de toi si tu ne changes pas d'avis,'' soupira Bella. Je pouvais voir qu'elle ressentait la même chose que moi, son corps réagissant tout autant que le mien à notre proximité.
J'avais peur du fait que je ne voulais pas qu'elle arrête mais je savais que c'était ce qu'il fallait faire. ''Jane Austen était une grande dame.''
''Ah ! Je savais que je finirai par te le faire admettre !''
Je ris et regardai le visage de Bella, ses cheveux créant un rideau entre nous et le reste du monde. Elle était mon amour, mon cœur, ma Bella. ''C'est quasiment impossible de te dire non.''
Elle rejeta sa tête en arrière et rit, tandis que j'observai l'élégance de son cou. ''Et pourquoi ça ?'' demanda-t-elle.
''Parce que je t'aime, Bella,'' dis-je, faisant courir mes doigts le long de son visage.
''Tout comme je t'aime, Edward. Pour toujours,'' soupira-t-elle avant de m'embrasser.
Je tentais de reprendre le souffle dont je n'avais pas besoin lorsque je dirigeai mon regard vers Bella, ma Bella, qui était confuse. Sa main était toujours sur la mienne, le souvenir s'étant rejoué en quelques secondes. Elle retira sa main et rougit, supposant que le contact de nos peaux fut la raison de ma respiration erratique.
Je souris alors et repris sa main chaude dans la mienne. ''Alors, Bella, tu aimes toujours Austen ?''
''Oui, pourquoi ?'' demanda-t-elle avec réticence.
''Je semble me souvenir que tu m'as contraint et forcé à dire que c'était une grande dame.''
La réalisation de mes paroles se vit dans l'éclat de ses yeux avant qu'ils ne se remplissent de larmes. ''Tu te souviens, Edward ?''
Je hochai la tête et utilisai ma vitesse vampirique pour m'agenouiller devant elle, mon doigt touchant le côté de son visage. Je devais être près d'elle. ''Je me souviens, mon amour.''
Alors, vous avez aimé ?
