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Bonne lecture :)


Chapitre 7

BPOV

Euphorie. C'était le mot qui décrivait tout ce que je ressentais. Le côté positif était qu'Edward se souvenait de moi. Il ne se rappelait pas de tout mais assez pour savoir l'importance que j'avais pour lui. Le côté négatif venait du fait que Carolyn et Harry commençaient à devenir inquiets du temps que j'avais passé chez les Cullens ces deux dernières semaines.

''Vraiment, Bella tout ce que je veux dire c'est que ça serait une bonne idée de t'aventurer dans un nouvel environnement. Tu as parlé d'Angela Weber c'est la fille de notre pasteur et elle est très gentille. Tu devrais faire plus d'effort pour devenir amie avec elle,'' suggéra Carolyn pendant le petit-déjeuner du troisième samedi que je passai avec eux dans leur maison.

Comment pouvais-je faire comprendre à cette femme que les Cullens étaient comme ma vraie famille ? Edward et moi avions décidé de garder notre relation cachée du regard des gens pour l'instant, mais lorsque nous étions dans sa maison, il n'y avait aucun secret entre nous. J'avais attendu 90 ans pour assouvir ma soif de lui, et tant pis, j'étais égoïste et je ne voulais pas que Carolyn se mette en travers de mon bonheur.

''Ce sont tous des enfants adoptés,'' chuchotai-je, utilisant mon dernier argument de défense, la compassion.

Carolyn soupira, ''Je comprends bien, Bella. J'ai l'impression que tu n'aies jamais là. Tu vas au lycée et tu vas chez les Cullens jusque tard dans la soirée. Tu n'étais même pas là le week-end dernier. C'est malsain de s'accrocher à des gens aussi vite.''

Il n'y avait rien de rapide ! lui hurlai-je intérieurement. Je n'étais pas douée pour me taire lorsque j'étais en colère. ''Carolyn, vous m'avez demandé de me faire des amis, maintenant vous me dîtes que je dois rester ici plus souvent. Quelle est la bonne réponse ?''

Je sursautai lorsque Harry tapa du poing sur la table, les assiettes s'entrechoquant suite aux vibrations causées par la force du coup. ''Tu as interdiction d'être insolente envers ma femme ! Nous t'avons accueilli dans notre maison, t'avons donné tout ce dont tu avais besoin et plus encore. Je ne tolèrerais pas une attitude pareille lorsque ma femme essaye simplement de t'aider !''

Mon propre père ne m'avait jamais parlé comme ça auparavant. Les larmes me vinrent aux yeux et je serrai les mâchoires pour contrôler ma colère. Ma voix était, à ma surprise, calme au milieu de toute cette tension. ''Je suis plus que reconnaissante pour tout ce que vous avez fait pour moi. En ce qui concerne les Cullens, Alice et moi sommes devenues de très bonnes amies. Je ne pense pas que ce soit si problématique de passer du temps avec quelqu'un qui a le même âge que moi.''

Harry s'essuya la bouche avec sa serviette et secoua la tête. ''Une semaine sans Cullen. Tu la verras à l'école et c'est tout.''

''J'ai bien peur que ça n'arrive pas !'' lui hurlai-je.

''Très bien,'' acquiesça Harry, saisissant la main de Carolyn. Je me sentis mal de les avoir contrariés mais j'étais enfin heureuse et je ne voulais plus souffrir comme par le passé.

Je quittai la table et sortis sur le porche à l'arrière de la maison puis m'assis sur les marches. C'était ridicule de leur part d'interférer à ce point dans ma vie. C'était une chose d'être inquiet, si je trainais avec des 'mauvaises' personnes, mais dicter qui étaient mes amis était absurde et un abus de pouvoir. J'avais peut-être l'apparence d'une ado de 17 ans, mais j'en savais plus sur la vie qu'eux. J'enroulai mes bras autour de mes genoux et me consolai. Enfin, essayai tout du moins.

Il était toujours difficile de comprendre qu'Edward était de retour dans ma vie. Parfois, je ne faisais que le fixer, observant tous les détails, de peur qu'il disparaisse dans l'instant. Le voir sourire et le faire monter sur ses grands chevaux lorsque nous débattions de choses et d'autres était la raison pour laquelle j'étais encore en vie, littéralement. Je ferais n'importe quoi pour lui.

Nous n'avions pas échangé de 'je t'aime' jusqu'à présent, pas plus que de baisers il m'avait dit que j'étais trop précieuse pour être imprudent. Je le savais déjà bien évidement. Je ris intérieurement Edward n'avait pas l'habitude d'être celui dont on pouvait lire l'esprit. Pendant près d'un siècle, il avait envahi les pensées des autres, jouant au voyeur parmi les gens qui ne se doutaient de rien. Il détestait que mon esprit soit toujours un mystère pour lui, bien que le sien ne le soit pas. C'était adorable.

Je restai assise là sur le porche à penser à Edward jusqu'à ce que le froid commence à me déranger et je me demandai si je devais rentrer ou non. Ma fierté me garda dehors un peu plus longtemps. J'étais douée à être têtue. Cela devait faire au moins une heure, peut-être deux assez pour que mes jambes soient engourdies d'être restée assisse trop longtemps. Je soupirai et me relevai, espérant qu'Harry et Carolyn m'aient pardonné.

La cuisine et la salle à manger étaient vide, bien que les assiettes soient toujours sur la table, la nourriture abandonnée. Ce n'était pas bon. Je ne pouvais pas empêcher l'appréhension qui m'envahit alors que je montai l'escalier vers ma chambre. Mon estomac se serra et mon cœur battit à toute vitesse en voyant ce qui m'attendait. Carolyn ou Harry, ou peut-être les deux, avaient empaqueté toutes mes affaires. Les vêtements remplissaient deux sacs en toile, mes quelques livres et carnets étaient entassés dans ma vieille valise. L'ordinateur portable qu'ils m'avaient acheté était parmi les affaires et mes deux paires de chaussures étaient dans un sac plastique noué. Je saisis mon téléphone posé sur la table de nuit sans réfléchir et appelai Edward.

Il répondit à la première sonnerie. ''Bonjour, mon amour.''

''Ils me renvoient, Edward.''

''Quoi ?''

''On s'est disputé ce matin parce que je passe trop de temps chez toi alors je suis partie m'asseoir dehors. Je viens juste de rentrer et ils ont empaqueté toutes mes affaires.''

Edward jura dans un souffle avant de dire. ''Je vais m'occuper de tout, Bella.''

''Je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas m'enfuir, je suis dans le système. Ils me signaleront disparue et l'alerte sera lancée. Ils l'ont fait à une fille avec qui j'avais vécu il y a des années.'' Je commençai à paniquer. Je ne pouvais pas le quitter.

La voix de velours d'Edward tentait de me calmer. ''Bella, comme je l'ai dit, je vais m'en occuper. Ne t'inquiète pas, mon amour.''

Il raccrocha et je me mis à pleurer. Il ne pouvait rien faire de plus que moi. Bien sûr que tout était trop beau pour être vrai. J'avais enfin trouvé tout ce que j'avais voulu et ça m'était arraché. Je sursautai en entendant une portière de voiture se fermer et je me dirigeai vers ma fenêtre, sachant ce que j'y verrai.

Mon assistante sociale, Jackie, marchait vers la porte, une expression solennelle sur le visage. Non, non, non ! Ma vision se rétrécit et mon cœur se serra, me faisant tomber à genoux. Mon estomac se souleva et j'eus la sensation que mon âme se brisait en millier de petits morceaux. Je ne pouvais pas refaire ça ! Je ne pouvais pas le perdre une nouvelle fois. Ça me tuerait. Peut-être pas littéralement, mais je le serais aux yeux du monde. Il ne restait rien de moi que mon enveloppe corporelle.

''On est désolé que ça n'ait pas marché, Bella.''

''C'était agréable de t'avoir ici, même si ce ne fut que pour quelques semaines.''

''Je ne t'oublierai jamais, Bella.''

''Tu vas me manquer.''

Les adieux génériques de Carolyn et Harry résonnèrent dans ma tête alors que j'étais assise dans la Mustang de Jackie. La route vers Seattle prenait plus de temps que prévu à cause des embouteillages. Cela ne me dérangeait pas. Je n'avais plus rien.

''Vas-tu finir par me parler, Bella ?'' demanda Jackie.

Je ne parvins par former de mots, je continuai donc à regarder par la fenêtre, observant les bâtiments qui devenaient de plus en plus grands à mesure que nous avancions dans la ville. Mon cœur, ma volonté, ma survie était là-bas à Forks, assis dans une grande maison blanche. Il ne me restait plus rien ici. Peu importe où j'irai, je ne serais jamais plus complète. J'étais fatiguée de prendre la peine de faire quelque chose.

J'étais une entité différente, flottant au-dessus de mon corps, regardant mes pieds monter les marches de l'orphelinat. Je ne ressentis rien en rencontrant les yeux des gens que j'avais laissé là il y a quelques semaines, alors qu'ils me lançaient des regards accusateurs ou avaient des expressions suffisantes sur le visage. Je n'en avais plus rien à faire. J'étais prisonnière dans cet endroit jusqu'à mon '18e' anniversaire, à moins qu'une autre famille décide de voir si je leur convenais.

Il me fut attribué une chambre que je partageai avec une fille appelée Miranda qui, pour mécanisme de défense, se grattait le ventre avec une épingle à nourrice. Il lui manquait une dent qui, m'avait-elle informé, était tombé après avoir été frappé d'un coup de coude par son père alcoolique. Elle était tout aussi vide que moi maintenant, je ne pouvais que sympathiser, quand auparavant, elle m'aurait fait pitié.

''As-tu déjà couché avec un homme, Bella ?''

J'étais allongée sur mon lit et fixai le plafond, essayant d'ignorer sa question. Elle tentait de trouver des points communs pour commencer une conversation. Je ne pouvais pas lui dire que je n'avais pas de passé abusif, simplement un secret que je gardais peu importe le prix.

Elle ne se laissa pas découragée et continua sa conversation à sens unique. ''Felix, un gamin à Waverly Hall, m'a dit que ta mère t'a laissé dans un restaurant. Elle a dit qu'elle voulait une dose plus qu'une môme. Elle a probablement pensé que tu étais assez grande pour prendre soin de toi. Ma mère était une droguée aussi c'est ce qu'elle m'a fait après qu'on est quitté mon père.''

Je hochai la tête, espérant qu'elle me laisse seule. Je fus soulagée lorsqu'elle finit par partir, marmonnant qu'elle avait une session de groupe pour les enfants qui s'auto-mutilaient.

Ce n'était pas comme ça que la vie était supposée être. Je n'étais pas censée être vide et entendre constamment des histoires d'adolescents qui étaient battus au point d'en perdre la volonté de vivre. Je n'avais pas le luxe de vieillir comme eux. La douleur irradia une nouvelle fois dans ma poitrine alors que je réalisai que je ne possédais plus aucun objet d'Edward. Tous les souvenirs de ma vie d'avant étaient entre les mains d'Alice, à l'exception du cœur en diamant. Edward avait mon cœur. Mes lèvres s'étirèrent doucement en un sourire amer alors que je réalisai à quelque point c'était parfait.

Le ciel par-delà ma fenêtre s'assombrissait alors que je tentai de dormir. Ce n'était pas aussi facile que je l'aurais voulu, de m'échapper dans l'oubli du sommeil. Mes rêves me torturaient avec des visions d'Edward, se terminant toutes avec lui s'éloignant de moi en courant et moi dans l'incapacité de le suivre. L'histoire de ma vie.

''Bella, il y a des gens qui voudraient parler avec toi,'' dit Jackie qui était entrée dans la pièce sans toquer.

Je détestai lorsqu'ils me faisaient parler avec des conseillers. Ils s'attendaient à ce qu'on ait des problèmes profondément enracinés et ils nous interrogent sans cesse jusqu'à ce qu'on puisse commencer le processus de guérison. Je voulais leur dire de ne pas perdre leur temps avec moi il n'y avait plus rien en moi à soigner.

Je suivis Jackie dans le couloir et marchai à quelques pas derrière elle, ne prêtant pas attention à ceux qui me regardaient. Ces enfants avaient toujours la possibilité d'une vie normale, alors que ce n'était pas mon cas. J'aurais '18 ans' dans sept mois. Il n'y avait pas de limite à ce qui pouvait se passer en sept mois. Ils pourraient quitter Forks. La panique m'envahit. M'attendrait-il ?

''Assis-toi, Bella,'' dit Jackie, faisant signe vers une chaise de l'une des tables de salle de conférence.

Je pris place et observai le grain du faux bois de la table stratifiée. Peut-être que mon visage stoïque serait assez pour leur faire réaliser qu'il était maintenant impossible de m'offrir de l'aide. Le vide et la peine, assaisonnée de la douleur lancinante liée à mon terrible manque de lui étaient tout ce dont j'étais capable.

''Bella, nous sommes venus te ramener à la maison.''

Je me levai rapidement, faisant tomber ma chaise par la même occasion. Impossible ! Mes yeux dansaient entre les deux paires d'yeux couleur de miel et je hoquetai.

''Ta place est auprès de nous, Bella,'' déclara Esme, avec une certaine férocité dans la voix, me disant que cette déclaration n'était rien de moins que la vérité.

Carlisle hocha la tête et tendit sa main vers moi mais je ne la pris pas. A la place, je tombais à genoux et me mis à pleurer, écrasée par le soulagement. Je n'avais jamais autant pleuré avant. J'étais certaine de les avoir perdus. Esme m'attira dans ses bras et me balança gentiment pour me calmer.

''Ta place est auprès de nous, Bella,'' entendis-je à nouveau la voix d'Esme dire dans ma tête.

Nous. Ils me voulaient. Pas seulement Edward. Ils voulaient que je rentre à la maison. Je souris à travers mes larmes. C'était bon… enfin.

EPOV

''Ils me renvoient, Edward.''

La panique dans la voix de Bella me hanta toute la journée, bien que je sache que Carlisle et Esme allaient la ramener à la maison, exactement là où elle devrait être. Cela prit seulement un instant pour expliquer la situation avant qu'Esme agisse. Elle était la plus heureuse du fait que j'avais enfin trouvé quelqu'un. Enfin, retrouvé la même fille.

Alice et moi passâmes la journée à faire les courses, louant une caravane qu'on avait attaché à la jeep d'Emmett pour aller acheter un lit. Le seul objet dans ma chambre sur lequel elle pouvait dormir était un canapé en cuir noir et je ne pouvais pas faire ça à ma Bella. Elle méritait le meilleur et j'allais lui donner.

Nous choisîmes un lit à baldaquin finement ouvragé qui convenait à Bella. On aurait dit un objet antique sortit tout droit des romans classiques qu'elle aimait tant. Alice coordonnait la literie, choisissant des couleurs qui se mêleraient avec celles déjà présentes dans ma chambre. Elle était accro à ce genre de détails. Moi, de mon côté, je ne voulais que le confort de Bella. Alice insista que l'on pourrait atteindre ce niveau de confort en remplissant le lit d'oreillers.

''Prends les grands oreillers en duvet d'oie là-haut,'' ordonna Alice. Elle était trop petite pour atteindre cette étagère.

''Les plumes arrivent toujours à trouver un moyen de s'échapper,'' grommelai-je tout en attrapant quatre oreillers.

''Oui mais ils sont les plus moelleux. Les humains aiment les choses moelleuses. En plus, on a un aspirateur.''

Je levai les yeux au ciel et ajoutai les oreillers dans notre caddy prêt à déborder. Il était impossible de contredire Alice. ''Dans combien de temps va-t-il se remettre à pleuvoir ?''

Elle fronça son visage un instant avant de dire, ''43 minutes. Tu penses que tu peux nous reconduire à Forks avant ? Je ne veux pas que le lit soit mouillé.''

Je ris simplement et hochai la tête avant de nous diriger vers les caisses. La jeep d'Emmett était un monstre, surtout si j'étais derrière le volant. Je pouvais nous faire rentrer de Port Angeles en 20 minutes.

En rentrant, nous trouvâmes Rosalie assise dans le salon, en train de passer d'une chaine à l'autre sur la télévision, une grimace sur le visage. Elle n'était pas heureuse que Bella, une humaine, vienne vivre avec nous. En ce qui me concernait, elle allait juste devoir l'accepter.

Je montai rapidement le lit dans ma chambre. Il y avait quelques avantages à cette existence damnée en tant que vampire, comme la force et la vitesse. Le lit était presque monté lorsqu'Alice arriva pour aider.

''J'ai mis le linge dans la machine à laver.''

''Merci, Alice,'' répondis-je, installant le sommier et le matelas sur le lit.

''Es-tu nerveux, Edward ?''

Je soupirai, ''Pas autant que je suis heureux. Je vais pouvoir la garder.''

Alice rit, ''On dirait que tu es amoureux.''

Je lui fis un grand sourire. ''Je suis quasiment sûr que je le suis. Ma vie semble dénuée de sens sans elle.''

''Je suis heureuse pour toi, Edward. Je suis sûre que ça n'a pas été facile pour toi de rester en retrait et de nous voir tous en couples. J'étais certaine que tu finirais par accepter la proposition de Tanya.''

Je grimaçai à cette pensée. ''Je ne l'ai jamais vu comme ça et maintenant je sais pourquoi.''

Alice bondit sur le lit, me faisant rire. ''Dis-moi !''

Je jetai un coup d'œil vers une photo de Bella, une de celles qu'elle avait laissé ici, que j'avais mis dans un cadre et posé sur mon étagère. ''Je ne pouvais pas donner mon cœur lorsqu'il appartenait si profondément à quelqu'un d'autre. Je ne le savais simplement pas.''

Je secouai la tête alors qu'Alice cria de joie. Le petit lutin était toujours bien trop exubérant.

On est rentré, Edward.

''Emmett et Jazz sont de retour du magasin,'' dis-je à Alice et nous courûmes tous deux au rez-de-chaussée.

Je n'étais pas trop partant pour qu'Emmett aille faire les courses mais lorsque Jasper s'était porté volontaire pour l'accompagner, cela sembla être une meilleure idée. J'aimai Emmett mais parfois, il en faisait beaucoup trop.

''On a tous les groupes alimentaires. Regarde ça !'' s'exclama Emmett, en sortant du sac un pot de beurre de cacahouète et de confiture dans le même bocal. ''Ne me dis pas que je fais pas intelligemment les courses.''

Jasper leva les yeux au ciel. ''Il commençait à me taper sur les nerfs. Je ne connais pas d'autre vampire à ce point excité à l'idée de nourriture humaine.''

Emmett se moqua, ''Il y a tellement de choix ! Et le savon et autres, c'était amusant. J'ai pris soin de prendre ceux qui sentaient le meilleur.''

Je regardai le shampooing et gel de douche parfumés à la fraise. Je faisais plus confiance à l'odorat d'Emmett qu'à ses capacités à faire les courses seul.

''As-tu acheté les produits féminins sur la liste ?'' demanda Alice, passant les sacs en revue.

''Ouais, j'ai envoyé Jasper s'en charger. Il y avait une nana dans le rayon, je ne voulais pas la gêner. Il peut contrôler ça.''

Je ris et me tournai vers Jasper, ''Je suis désolé pour tout ça, Jazz.''

''Pas de problème. Elle n'en avait rien à faire en fait. Je lui ai fait un peu pitié par contre.''

''Oh ! Les draps peuvent aller dans le sèche-linge maintenant !'' Alice courut vers la laverie comme si cela la fascinait de faire quelque chose d'aussi domestique. C'était probablement le cas, la connaissant.

Mes frères et moi finîmes de ranger les courses puis je me dirigeai vers ma chambre pour être un peu seul. Je m'assis sur le canapé et écoutai de la musique, observant le lit dans lequel Bella dormirait ce soir. Je souris à la pensée de son visage, détendu dans son sommeil. Peut-être que je chanterai pour l'endormir.

Les touches noires et blanches étaient étalées devant moi, le souvenir de regarder Bella dormir dans le jardin dans l'après-midi était imprimé dans mon esprit. C'était une chose de composer de la musique qui était plaisante à l'oreille mais c'était une toute autre expérience de tenter de capturer un sentiment avec des notes de piano. Je devais essayer. Elle partait bientôt. Mon cœur se serrait à cette pensée.

Je fermai les yeux et analysai les émotions que Bella me faisait ressentir régulièrement. Il était évident que j'avais le choix. Mes mains volaient doucement sur les touches, choisissant les notes qui étaient le mieux assortis à mes sentiments.

Confort, pour ce que je ressentais en sa présence.

Joie, pour la manière dont elle me faisait rire.

Irritation pour le fait qu'elle me discréditait constamment.

Euphorie pour ce que je ressentais lorsqu'elle me regardait avec un sourire sur le visage.

Étonnement pour le fait qu'elle me prenait toujours par surprise.

Émerveillement pour le fait qu'elle m'aimait avec abnégation.

Besoin pour le fait que j'avais toujours envie d'elle.

Désir dans la manière dont elle me touchait lorsque nous étions seuls.

Amour pour la manière dont elle était entrée dans ma vie pour me compléter.

Espoir pour la manière dont elle avait ouvert mon futur à de meilleures possibilités, avec elle à mes côtés.

Désespoir pour la manière dont ses baisers me coupaient le souffle.

Mélancolie pour le fait qu'elle allait me manquer.

J'ouvris les yeux et souris. Je l'avais fait. C'était pour elle sa… berceuse. Bien sûr que tout était possible avec ma muse, Bella. Cette fille amusante, intelligente, maladroite et belle qui tenait mon cœur entre ses mains elle était tout pour moi.

Je souris en sortant de ce souvenir. J'avais à nouveau une raison de vivre. J'avais toujours eu quelque chose, non quelqu'un, pour qui vivre. Je l'aimais il n'y avait aucune autre explication. Je voulus soudainement qu'elle arrive plus vite, j'avais hâte de lui dire. Mais d'abord, j'avais rendez-vous avec mon piano.

Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas assis à mon piano et joué quelque chose. Ça aussi, c'était devenu ennuyeux. Cependant, Bella avait éveillé quelque chose en moi. J'étais impatient de me jeter la tête la première dans de nouvelles choses. Je l'avais dans la peau et dans le cœur. Elle était à moi.

La mélodie que mes mains humaines avaient composée était magnifique. J'étais perdu dans la musique comme je perdais dans Bella. Je ne voulais jamais retrouver la sortie.

''C'est sympa de te voir ressentir ça,'' dit Jasper, se tenant à côté de moi.

Je ne pus empêcher le sourire qui apparut sur mon visage. J'étais heureux pour une fois. ''Elle est tout. Je ne sais pas comment j'ai réussi à vivre si longtemps sans elle. Je ne comprends pas comme j'ai fait pour l'oublier.''

Jasper, comme à son habitude était toujours le philosophe. ''La manière dont je le vois, tu devais juste avoir le temps pour pouvoir supporter être à proximité d'elle. Même après 90 ans à apprendre à te contrôler, tu l'as quasiment perdu. Imagine être plus jeune et sentir cette odeur. Tu t'es souvenu d'elle lorsque tu pouvais te tenir près d'elle.''

Je réfléchis à ce que Jasper dit et fus d'accord avec lui. ''C'est une bonne théorie. Tu as probablement raison.''

''Bien sûr que j'ai raison,'' sourit-il. ''Alice voulait que je te dise qu'ils seront là dans 5 minutes. Elle est en train de faire le lit.''

''Bien, j'ai hâte de la voir.''

Jasper secoua la tête, riant de moi. Il savait que je parlais de Bella. C'était différent pour eux tous de me voir agir de cette manière. Je n'avais pas réalisé combien je déprimai jusqu'à ce que Bella vienne et me change. Tout ce qui était bon en moi était vraiment elle.

Je trépignai comme un idiot jusqu'à ce que je voie les phares illuminés l'allée. Carlisle était le plus humain de nous tous. J'avais tendance à oublier des détails tel qu'allumer les phares, n'en ayant pas besoin, mais pas Carlisle. L'odeur du sang humain ne le dérangeait même plus.

Je fis courir nerveusement mes cheveux dans mes mains lorsque je les entendis sortir de la voiture. Esme était inquiète pour Bella après l'avoir vu pleurer. Attends — Bella a pleuré ? Mon cœur se serra en voyant ses traits tordu par la douleur. Je ne voulais plus jamais voir cette expression sur son visage. Sa douleur était aussi la mienne.

Emmett, Alice et Jasper se tenaient à côté de la porte, prêts à accueillir Bella à la maison. Rosalie était toujours dans le garage, en train de jouer avec sa voiture. Elle était toujours en colère et le serait jusqu'à ce qu'elle réalise que Bella était merveilleuse. Elle était pour moi, en tout cas.

Emmett saisit Bella dans une étreinte digne d'un ours dès qu'elle passa le seuil de la porte. C'était comique de voir la surprise se dessiner sur son visage. ''Tu es coincée avec les Cullen, ma p'tite.''

''Je suppose que c'est vrai,'' sourit Bella.

Jasper plaça une main sur son épaule et lui envoya des émotions calmantes et apaisantes. ''Bienvenue à la maison, Bella.''

''Merci, Jasper.''

''Je suis heureuse que tu sois là, Bella ! Maintenant, on peut aller faire du shopping et rentrer aussi tard qu'on le veut parce que tu n'as pas à rentrer chez toi parce que tu es chez toi !'' s'exclama en un souffle Alice, toute excitée.

Je ris alors en voyant l'appréhension envahir le visage de Bella. Je ne pensais pas qu'elle aimait faire les magasins.

Elle leva les yeux et nos regards se fixèrent sur l'autre. Sans réfléchir ni poser de questions, en ressentant simplement un besoin, Bella courut vers moi. Je vins vers elle et la saisit dans mes bras, son odeur brûlant ma gorge. Je n'en avais rien à faire. J'accueillis la brûlure avec joie, parce que ça voulait dire qu'elle était près de moi là où elle était supposée être.

''J'ai eu tellement peur de ne jamais te revoir,'' chuchota-t-elle contre mon épaule.

J'utilisai ma main libre pour soulever son menton, me plongeant dans son regard. ''Je ne te quitterai jamais, Bella. Je t'aime.''

J'écoutai son cœur s'accélérer et observai ses joues s'empourprer alors qu'elle chuchotait, ''Enfin, Edward. Je t'aime aussi.''

''Je sais,'' sourit-il.

Peut-être était-ce la réalisation qu'elle était avec moi pour toujours maintenant, ou peut-être était-ce seulement le fait de reconnaitre l'amour entre nous quoiqu'il en fût, je ne pus m'en empêcher, je saisis son visage dans ma main et cédai à l'une de mes soifs en pressant mes lèvres contre les siennes. Mes lèvres froides en marbre contre les siennes chaudes et douces envoyèrent un choc électrique à travers nous deux. J'avais besoin d'elle. Le venin envahit ma bouche mais je savais que j'irais bien. Je ne pouvais pas faire de mal à cette magnifique fille qui se donnait à moi de son plein gré. Si cela arrivait, je ne ferais que de me faire du mal à moi-même. Le fait que j'étais un vampire n'avait aucune importance pour elle. Elle m'aimait. Et je l'aimais tout autant.


J'espère que ça vous a plu ! A la semaine prochaine