Désolée, désolée. Les deux dernières semaines ont été dingues et j'ai pris du retard avec la traduction. Les choses devraient se calmer maintenant et je vais pouvoir me remettre à répondre aux reviews et a publier le dimanche.

Merci à tous pour les commentaires, c'est toujours un plaisir de savoir ce que vous en pensez.

Bonne lecture :)


Chapitre 9

BPOV

Lundi matin était morne et extrêmement froid alors que je me préparai à retourner à Forks High avec une nouvelle famille. J'étais plus qu'extatique de prendre place parmi les Cullens mais il y avait quelque chose qui me gâchait cette expérience. J'avais rapidement appris que Carolyn et Harry étaient des habitants éminents de la ville et Carolyn était l'amie de nombreuses mères de lycéens. J'avais la sensation de me préparer à marcher à travers un champ de mines du fait que j'avais quitté la maison des Johnstons samedi seulement pour revenir avec les Cullens deux jours plus tard. Cela me nouait l'estomac et la sensation ne disparaissait pas, peu importe ce que je faisais pour me détendre.

J'étais dans la salle de bain, en train de me brosser les dents lorsqu'Edward arriva. ''Tu es nerveuse ?''

Je haussai les épaules, optant pour la nonchalance. Il était plus facile pour moi de mentir comme ça. ''Pas vraiment. Je suis prête à ce que les gens parlent mais ils devront juste se faire une raison.''

Edward posa un baiser sur le sommet de ma tête et sourit, ''Oui, c'est vrai. Si ça va trop loin, je le saurais.'' Il tapota son front.

Je souris, la mousse du dentifrice tombant sur mon menton. Je rougis un peu. ''Est-ce que les vampires peuvent se brosser les dents ? Je suis vraiment curieuse.''

Edward rit doucement et saisit la deuxième brosse à dent dans le pot, ''Regarde.''

Je rinçai ma bouche et levai les yeux, le regardant avec impatience alors qu'il la mettait contre ses dents parfaites. Il fit quelques mouvements avec la brosse et me tendit le résultat.

''Tu l'as tué, Edward !'' dis-je d'une fausse horreur. Tous les poils étaient élimés et coupés. Je réalisai à quel point ses dents étaient aiguisées.

Il rit avant de cracher les poils. ''Mes dents sont très aiguisées bien évidement et le venin détruit tout ce qui peut être resté derrière contrairement à ta salive.''

''Je suis sûre que ça aide alors que tu aies un régime alimentaire strictement liquide,'' dis-je, partageant mon avis.

Edward accepta mon opinion, ''Peut-être que ça a quelque chose à voir avec ça.''

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Edward, Jasper, Alice et moi prirent la Volvo tandis qu'Emmett et Rosalie allèrent dans la jeep parce qu'il n'y avait pas assez de place dans la voiture, maintenant que j'étais là. Jasper remarqua mon appréhension en arrivant sur le parking alors que quelques élèves, dont Jessica, Mike et Angela, m'observaient.

''Détends-toi, Bella. Ils sont simplement curieux. Ils vont peut-être parler pendant une semaine et puis quelque chose de nouveau prendra le dessus,'' essaya-t-il de me rassurer sans utiliser son don de contrôle des émotions.

''Il a raison, Bella. Je le sais,'' sourit Alice, tapotant l'espace entre ses sourcils indiquant son 'troisième œil'.

Je soupirai, ''J'irai bien. C'est juste nouveau pour moi. J'ai l'habitude de faire partie du décor, pas d'être au centre de toutes les attentions.''

Nous sortîmes tous de la voiture et commençâmes notre marche vers l'entrée du lycée. Edward me surpris en saisissant ma main dans la sienne, la serrant gentiment. ''Jessica leur a déjà raconté ce qu'il s'est passé pendant le week-end. Apparemment, sa mère et Carolyn sont de bonnes amies. Sans parler que sa tante travaille à l'hôpital et a entendu Carlisle parler de sa nouvelle charge.''

''Merveilleux,'' grommelai-je. Les gens devraient tout bonnement renommer Forks en Centre de commérage. Je souris un peu, sachant qu'il y avait encore quelques secrets dans cette ville, incluant moi et l'homme tenant ma main.

''Elle prévoit de te coincer pour avoir plus de détails. Apparemment, le fait que tu vives maintenant avec nous et que je te tienne la main la rend suspicieuse. Elle veut savoir si on sort ensemble et si j'ai persuadé Carlisle de te recueillir.''

Il était agréable d'être avec quelqu'un qui pouvait me donner un compte rendu détaillé de ce qu'il se passait dans l'esprit des gens. Je mordis ma lèvre et demandai, ''Oh, c'est difficile ça. Que devrais-je lui dire ?''

Les yeux d'Edward s'assombrirent un peu et un sourire diabolique s'étira sur ses lèvres. ''J'en ai rien à faire de ce que les gens pensent. Tu es à moi.''

Je poussai un cri de surprise lorsqu'il pressa sa bouche sur la mienne devant tout le monde. Je participai activement, perdue dans le goût de ses lèvres. Il ne m'avait embrassé comme ça qu'en privé et le fait qu'il le fasse dans un lieu aussi public m'enchantait. Il marquait totalement son territoire. C'était sexy, pour ne pas dire autre chose. Emmett et Rose ricanèrent derrière nous et Edward s'éloigna, laissant mes lèvres étrangement chaudes.

''Je pensais devoir appeler les pompiers pour éteindre le feu,'' rit Emmett.

''Tais-toi, Emmett, tu as ruiné mon moment,'' dis-je, faisant la moue.

''Allez, Bella. Ce n'est pas comme si tu n'as pas une éternité devant toi à tester les limites d'Edward,'' déclara-t-il, me lançant un sourire en coin.

Je sentis mes joues prendre une couleur écarlate à son sous-entendu. Je n'aurais pas dû être étonnée qu'ils puissent m'entendre alors qu'Edward et moi explorions notre relation intime. L'audition vampirique était exceptionnelle. J'allais devoir trouver un coin sombre dans lequel me réfugier.

''Ne t'occupe pas de lui, Bella,'' dit Edward, me serrant contre son torse.

Emmett continua de se moquer. ''Il n'y a pas de honte à recevoir du plaisir, ça a bien tardé.''

''Emmett ! – Arrête de l'embarrasser,'' intervint Rose. J'étais surprise qu'elle me défende.

''Je suis juste en train de m'amuser. Tout le monde a besoin de se détendre. L'ambiance dans cette famille peut être tellement oppressante.'' Emmett secoua la tête.

''Waouh ! Emmett vient juste d'utiliser deux mots savants. Je pense qu'il doit geler en enfer,'' rit Jasper.

''Oh, ouais, moquez-vous de Mr. Muscles. J'ai un cerveau, vous savez.''

Jasper tapota son épaule, ''Oh, Em, on sait que tu as un cerveau… maintenant.''

Emmett repoussa sa main. ''C'est un coup bas, mec''

Je gloussai, ''Allez, Emmett, n'étais-tu pas en train de dire qu'on devait tous se détendre ? C'est pour s'amuser.''

''Bella, 1. Emmett, zéro,'' annonça Alice en souriant.

Avant qu'Emmett puisse répliquer, la sonnerie retentit, nous signalant qu'il était temps d'aller en cours. Edward déposa un rapide baiser sur mes lèvres et serra ma main. ''Tout ira bien. Je te vois au déjeuner.''

Je hochai la tête et marchai vers ma classe, attendant la salve de questions qui allait certainement arrivée.

Jessica Stanley était acharnée. ''Comment diable es-tu parvenue à emménager chez les Cullens et te faire Edward, l'éternel célibataire, le tout en un week-end ?''

Je me mordis la langue, face à sa grossièreté. Je voulais la secouer et lui dire que c'était un très long processus, étiré sur 90 années, mais je ne pouvais pas. Je choisis à la place d'utiliser un seul mot, espérant qu'elle comprendrait que je n'avais pas vraiment envie d'en parler. ''Destinée.''

Je considérai sérieusement lui dire que le journalisme serait un bon choix de carrière alors qu'elle levait les yeux au ciel et posa une autre question, ignorant ma réticence. ''Ça n'aide pas. Je ne savais même pas que tu étais assez proche d'eux pour avoir ton entrée dans la maison des Cullens. Comment as-tu fait si bonne impression ?''

Je soupirai. ''Je ne sais pas, Jess. Alice et moi étions bonnes copines et j'ai passé beaucoup de temps chez eux. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ça n'a pas marché avec les Johnstons. Peut-être que les Cullens se sont sentis responsables, se reprochant le fait que je n'avais plus de maison et ont décidés de m'accueillir. Ce n'est pas comme s'ils n'ont pas l'habitude d'avoir des enfants adoptifs.''

Elle sembla légèrement plus apaisée par cette réponse mais elle continua à me poser des questions. ''Ça peut se comprendre. Et qu'en est-il d'Edward ?''

''Je pense qu'on a juste sympathisé.'' Elle ne pourrait jamais comprendre à quel point c'était un euphémisme.

Jessica rit doucement. ''Tout est bien qui finit bien. Il n'est plus la cinquième roue du carrosse parmi ces frères et sœurs. Maintenant, il a quelqu'un.''

J'eus la sensation de sentir de l'amertume dans sa voix. J'eus presque de la peine pour elle en réalisant qu'Edward devait lui avoir dit non à un moment ou un autre. La partie la plus féminine de mon être rugit, triomphante, tandis que l'autre compatissait. J'étais certaine qu'il n'était pas facile d'être rejetée par l'homme le plus beau qui avait jamais arpenté la terre. Mais, connaissant Edward, je savais qu'il l'avait fait avec délicatesse.

Comme je m'y attendais, Jessica rapporta à tout le monde le récit de mon arrivée chez les Cullens. Pour une fois, j'appréciai le commérage. Edward avait entendu mon 'histoire' et renchérit lorsque certains des plus braves élèves l'interrogèrent à mon sujet. C'était hilarant de penser que quiconque soit terrifié à l'idée de parler avec Edward. Je me prêtais au jeu d'imaginer la réaction que j'aurais aujourd'hui face à lui si j'avais véritablement 17 ans et ne l'avais jamais connu lorsqu'il avait encore un pouls. Je me demandai si je serais tout aussi attirée que je l'avais été la première fois que je l'avais rencontré. Plus que certainement, conclus-je.

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''Je paris que je pourrais faire une meilleure pizza que cette merde visqueuse que tu es en train d'ingérer maintenant,'' déclara Emmett en me regardant manger mon déjeuner.

Cela me rendait un peu mal à l'aise de manger devant 5 personnes qui semblaient fascinées par le fait que je mangeais vraiment la nourriture sur mon plateau. Être le seul être humain parmi des vampires était une chose étrange à laquelle s'habituer. ''Je paris que tu ne pourrais pas.''

''J'aime les paris. Je ferais une magnifique pizza. La meilleure que tu as jamais mangé.'' Emmett hocha la tête en me défiant.

''J'ai de gros doutes, Emmett. J'ai vécu à Chicago et New York deux villes renommées pour leurs fantastiques pizzas,'' dis-je, sûre de moi.

''Edward, je pense qu'on va avoir besoin d'acheter un extincteur en rentrant à la maison si Emmett est décidé à utiliser le four. Je vois beaucoup de fumée apparaître dans sa décision,'' annonça Alice avec une expression sérieuse sur le visage.

''Je peux voir ce que tu vois, Alice. Je ferais en sorte qu'on en ait un avant qu'il soit autorisé à mettre un orteil dans la cuisine,'' dit Edward, me lançant un clin d'œil malicieux.

Je compris rapidement. Ils se moquaient d'Emmett et l'expression sur son visage en valait le coup. Le grand bonhomme semblait quelque peu nerveux. J'avais soudainement hâte de rentrer à la maison pour le voir faire.

Le cours de biologie était une blague. Edward et moi, en tant que partenaires de travaux pratiques, devions identifier certaines cellules végétales à l'aide d'un microscope. Je faisais ce TP depuis les années 70 et Edward avait une mémoire photographique. On se chronométrait pour voir qui pourrait les nommer le plus rapidement. J'avais gagné avec 2 secondes d'avance mais j'avais la sensation qu'il l'avait fait exprès, par courtoisie.

Nous étions assis, silencieux, simplement à regarder dans les yeux de l'autre lorsque ses iris s'assombrirent d'un coup et sa lèvre se releva légèrement. Cela m'alarma. ''Que se passe-t-il ?''

''Ce petit con de Mike Newton a de très… sales pensées à ton égard. Je n'aime pas ça,'' chuchota Edward.

Je gloussai et chuchotai en retour, ''Peut-être que tu devrais juste marquer ton territoire en me pissant dessus.''

Mes gloussements s'intensifièrent alors qu'Edward me dévisageait avec horreur. Je pensais littéralement mourir de rire lorsqu'il dit, très sérieusement. ''Bella, je ne peux pas pisser.''

Je ne pus m'empêcher de me moquer. ''Ça veut dire que tu le ferais si tu pouvais ?''

Edward sembla éberlué, ''Non… je veux dire… je… Non.''

Mon corps entier fut secoué de soubresaut et la bouche d'Edward s'étira en un large sourire lorsqu'il finit par comprendre ce que je faisais. Je détournai les yeux pour regarder en direction de Mike mais Mr Banner se tenait à côté de notre table, nous lancer un regard noir. ''Ça m'embête d'interrompre votre petite fête mais auriez-vous fini par hasard ?''

''Oui, on a fini,'' déclara Edward, lui donnant nos résultats. Mes joues étaient en feu, montrant ma gêne.

Mr Banner étudia notre travail, vit que les réponses étaient correctes et dit, ''Respectez vos camarades qui n'ont pas terminés. Plus de distractions.''

Je me retournai vers Edward lorsque Mr Banner s'éloigna. Il secouait sa tête. ''Bella, j'aurais pensé qu'après tant d'années tu serais comment te comporter correctement en cours.''

Je grimaçai mais un sourire apparut rapidement sur mon visage lorsqu'il me sourit et tapota mon genou. Ce seul contact envoya une traînée de feu à travers mon corps. ''Attends ce soir, mon amour,'' chuchota-t-il, reposant ses mains sur la table.

Pour une fois, j'étais heureuse que mon prochain cours soit sport et que cela ne nécessite pas beaucoup de concentration parce que sa petite déclaration n'avait fait que de me distraire.

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Emmett n'avait pas menti. Lorsque nous rentrâmes, il se mit directement au travail, cherchant sur internet des recettes authentiques de pizza et sortit les ingrédients des placards à toute vitesse. Je m'assis sur l'un des tabourets dans la cuisine et l'observai. J'étais impressionnée par sa concentration et sa détermination folle de faire quelque chose de sympa pour moi. Emmett n'aimait pas perdre.

Je finis mes devoirs avec Edward tout en regardant Emmett faire tourner la pâte dans ses mains. Je me doutais qu'il serait doué, il était un vampire après tout. Edward me surprit en m'interrogeant sur le passé. ''Tu te souviens bien de ma mère ?''

Je souris, ouvrant la porte de mes souvenirs. Elizabeth Masen était l'un de mes préférés. ''Tout d'abord, elle était belle. Je ne veux pas seulement dire physiquement, bien qu'elle le fût, c'était plus comme si son âme irradiait de bonté et ça apparaissait à l'extérieur.''

Edward avait une expression mélancolique dans les yeux avant que la tristesse prenne le relai. ''Je me souviens juste d'une sensation de confort à proximité d'elle et je sais que je pouvais tout lui dire.''

''Elle savait tout de toute façon. Tu tiens probablement ton petit talent d'elle.'' Cela semblait plus que possible pour moi.

''Carlisle pense que j'étais réceptif aux pensées des gens lorsque j'étais humain et que cette aptitude s'est développée durant ma transformation.''

''Oui, tu l'étais un peu mais pas trop avec moi,'' dis-je avec un sourire satisfait. ''Mais je pense quand même que ta mère t'a transmis quelque chose. C'était comme si elle pouvait voir au plus profond des individus et tout te dire sur eux.''

Edward sembla confus. ''Que s'est-il passé pour te faire croire ça ?''

Il avait toujours cette capacité d'aller droit au but en posant des questions. Je haussai les épaules et me lançai dans l'explication de ce qu'Elizabeth avait dit sur Edward et moi. Je lui racontai à quel point elle paraissait folle en me disant que nous étions liés l'un à l'autre. ''Alors, peut-être qu'elle a vu ce qui allait arriver. Peut-être qu'elle pouvait voir que nous étions tellement complets ensemble que notre vie dépendait de la survie l'un de l'autre. Je ne pourrais pas mieux expliquer tout ce qui se passe.''

Edward prit ma main dans la sienne et parla avec la même révérence que sa mère, ''Je sais maintenant que je ne pourrais jamais vivre dans un monde dans lequel tu n'existes pas. J'ai réalisé pourquoi je traversais cette vie seul, ne saisissant jamais les offres qui m'étaient faites. Je sais maintenant pourquoi parfois j'acceptai docilement cette solitude, me languissant de quelque chose que je ne pouvais pas saisir. J'ai toujours été connecté à toi et je ne le savais simplement pas.''

Mon cœur s'embrasa et je posai ma tête sur son épaule. C'était incroyable, d'être contre lui comme ça. Il était content, tout comme moi, et je me laissai enfin aller à croire au fait qu'il n'allait pas disparaitre. Edward avait autant besoin de moi que j'avais besoin de lui. C'était réel, vrai et juste. J'avais la sensation d'être sur le point d'exploser avec la joie que cette réalisation venait de me donner.

''Ok, p'tite, la pizza est finie. Tu devrais t'éloigner de mon frère tant que tu y es. Il mort,'' dit Emmett en me souriant.

Le sous-entendu littéral dans sa déclaration ajouté au grognement d'Edward entraina une crise de rire. Emmett gronda pour le taquiner et me dit, ''Il ne fait qu'agir comme un gamin lors d'une bagarre le petit connard triche.''

Le visage d'Edward se contorsionna et, l'espace d'un instant, il ressembla véritablement à un vampire. Emmett se tendit alors qu'Edward se jeta vers lui par-dessus l'îlot central, l'envoyant au sol. Il y avait des coups, des grognements et des grondements avant que Jasper, Alice et Rosalie arrivent dans la pièce pour observer le spectacle. La force brute d'Emmett et l'agilité d'Edward rendait le combat équitable. Je ris avec les autres lorsqu'Edward saisit la pizza qu'Emmett avait si sérieusement préparé pour moi et en écrasa une partie sur son visage.

''Waouh, bébé, ça te va bien la nourriture humaine,'' se moque Rosalie, pliée en deux de rire.

Emmett grimaça et attrapa une poignée du fromage fondant et le jeta avec précision sur elle, l'envoyant droit dans le décolleté de sa blouse.

Alice explosa, ''Dans le mille, Emmett !''

Rosalie parut véritablement vicieuse en ouvrant la porte du frigo et saisit une boite d'œuf, en lançant un sur Alice.

''Merde, Rosalie ! – Cette chemise est en rupture de stock ! Tu l'as ruiné !'' chouina la petite fée, se débarrassant du jaune d'œuf sur son vêtement.

''Ce n'est pas si amusant quand c'est toi, hein,'' taquina Jasper, tentant apparemment de rester neutre dans cette affaire.

Je savais ce qui allait arriver. Alice le bombarda avec un œuf avant qu'Edward n'en reçoive un dans la nuque, envoyé par Rose. Je décidai de rester hors du champ de bataille et attrapa ma sacoche pour m'en servir de bouclier avant de me reculer dans un coin. Jamais de ma vie je n'aurais imaginé voir des vampires se jeter de la nourriture les uns sur les autres. Edward m'avait dit que c'était dégoûtant pour eux mais cela ne semblait pas être le cas au vu du placard et du frigo qui furent sauvagement dévaliser.

''Les enfants ! Que diable êtes-vous en train de faire ?'' Esme semblait horrifiée en voyant la zone de guerre qu'était devenue sa cuisine.

Alice retira la farine qu'elle avait reçu dans les yeux. ''Nous avons découvert les joies cachées dans la nourriture humaine.''

''Je vois ça. Je m'attends à ce que vous vous conduisiez comme des adultes et nettoyez ce bazar avant que Carlisle ne rentre,'' dit sévèrement Esme, les faisant tous paraitre comme des enfants sales bien grondés.

''Désolé, m'man, c'est Edward qui a commencé.'' Emmett fit la moue à travers la sauce tomate et la farine qui coloraient son visage.

Avant que je puisse l'avertir, je vis le jaune d'œuf gluant qui avait, étrangement, atterrit sur une des poutres de la cuisine, tomber vers elle. Elle se crispa lorsqu'il entra en contact avec son épaule gauche et elle le regarda du coin de l'œil. Elle commença par grimacer avant d'exploser de rire avec le reste du groupe. ''Sérieusement, rangez votre bazar.''

Esme s'en alla et Emmett se tourna vers moi. ''Désolé pour la pizza, Bella. Je pense que je vais devoir essayer à un autre moment lorsque Mr Femmellette n'est pas là,'' dit-il, faisant signe vers Edward.

Je souris. ''Non, Emmett même sans la goûter, je sais que c'était la meilleure pizza du monde.''

''Tu le pense vraiment ?'' demanda-t-il, un sourire éclatant sur le visage.

''Absolument ! et plus encore lorsque ton visage en est couvert.''

Je m'assis à la table du salon et attendis que tous les cinq finissent le nettoyage. C'était fascinant de les voir bouger en un clin d'œil dans la cuisine, lui redonnant son éclat original. Il y avait définitivement certains avantages à être un vampire. Cela m'aurait pris toute l'après-midi pour nettoyer là où il ne leur fallut que dix minutes.

Ils partirent tous dans leurs chambres respectives pour se laver, y compris Edward, tandis que je m'installai sur son lit et mangeai un sandwich. La pensée de son corps nu dans la douche envahit mon esprit et j'étais soudainement très heureuse qu'il soit dans l'incapacité de lire dans mes pensées. Mais tu peux lire les siennes, me rappelai-je.

Cela me donnait la sensation d'être indiscrète lorsque j'entrais dans la tête d'Edward quand je n'avais pas d'autre justification que ma propre curiosité. Mon souffle se coupa alors que des visions de ma présence dans la douche avec lui entrèrent dans mon esprit. Je réalisai que ce n'était pas mes pensées mais les siennes. Une confiance qui m'était inconnue jusque-là prit le contrôle et je commençai à me déshabiller aussi vite que possible. Je poussai doucement la porte de la salle de bains et traversa la pièce au sol gelé sur la pointe des pieds vers la cabine de douche. Les portes étaient embuées de la chaleur de l'eau et je pouvais apercevoir la forme de son corps parfait à travers la vitre. Je pris une profonde inspiration et ouvris la porte, le rejoignant dans le petit espace.

Edward se retourna tout à coup et saisit un gant pour se couvrir. ''Bella, que fais-tu là ?''

Je mordis ma lèvre inférieure et fis un pas vers lui, ne laissant aucun espace entre nous. ''Tu m'as vu, je veux te voir. Chacun son tour.''

Il paraissait si innocent pendant quelques secondes que je vis le vieil Edward que j'avais connu, l'Edward qui n'avait pas beaucoup d'assurance. J'étais à la fois heureuse et triste. ''Puis-je te toucher, Edward ?'' dis-je, répétant ce qu'il m'avait dit la première nuit que nous avions passé ensemble.

''Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Bella,'' répondit-il sans souffle d'une voix étranglée.

''Tu mens, Edward. As-tu oublié ce que je peux faire ?'' demandai-je, diabolique. Il voulait que je le touche. Je ne priverai jamais ce magnifique dieu de ce qu'il désirait.

Je pressai mes seins contre son torse et fis courir mes doigts le long de son ventre. Je trouvai sa bouche et passai ma langue sur ses lèvres, goûtant les gouttes d'eau posées là. Il n'y avait rien de mieux qu'Edward. Je rougis légèrement lorsque je sentis son corps réagir contre moi et il se glaça. ''Nous ne devrions pas faire ça, Bella.''

''Il y a beaucoup de choses qu'on ne devrait pas faire dans la vie mais on les fait quand même,'' chuchotai-je contre son oreille tandis que ma main s'enroulait autour de son sexe tendu. Je n'avais jamais cru un instant que je serais si ouverte sexuellement avec Edward. Peut-être que c'était un besoin, peut-être que c'était le fait que j'avais été loin de lui pendant si longtemps mais être avec lui était quelque chose de réel, cela me rendait réel. J'avais besoin de lui.

''Bella…'' Mon nom sortit en un grognement étouffé qui s'échappa de ses lèvres alors que ma main faisait des va-et-vient, espérant que c'était bon. J'avais été à sa merci et maintenant je ne voulais rien de plus que de le voir à la mienne.

''Je t'aime,'' dis-je dans un souffle. Je vibrai d'excitation, mon corps appelant le sien à me compléter. Je le voulais tellement.

''On ne peut pas,'' dit Edward mais il ne s'éloignait pas de moi. Il traversait une bataille intérieure quant à ce qu'il devait faire. J'écoutai dans ses pensées pour comprendre le raisonnement derrière son idée absurde que nous ne pouvions pas être ensemble. Il ne voulait pas me faire de mal. Nous n'étions pas mariés. Il ne savait pas à quoi s'attendre. Il ne savait pas s'il pourrait m'apporter du plaisir. Toutes les notions qui parcouraient son esprit n'étaient pas d'assez bonnes excuses à mes yeux.

''Tu te souviens de notre conversation sur les hormones d'adolescents, Edward ? Je suis coincée dans le corps humain d'une ado de dix-sept ans depuis 90 ans sans soulagement. Peut-on juste essayer ?'' Je commençai à être désespérée.

''C'est trop rapide, Bella.''

Mon corps s'immobilisa en un instant et je m'éloignai de lui. Je savais qu'il était irrationnel d'être blessée par ce qu'il venait de dire mais je l'étais. Ce n'était pas trop rapide pour moi, ça n'avait pas que trop tardé. Je ne l'avais pas oublié pendant tout ce temps. Je savais qui il était et je savais ce que nous avions ensemble. Il était la raison de ma présence dans un siècle dans lequel je n'étais pas ma place.

''Qu'est-ce qui ne va pas ?'' demanda-t-il.

''Rien, c'est trop rapide,'' murmurai-je amèrement, me précipitant hors de la douche. J'attrapai une serviette et trébuchai sur le tapis, me rattrapant en mettant ma main sur un meuble. C'était déjà assez dur d'être rejetée comme ça mais il était encore pire que mon incoordination réapparaisse dans un moment pareil. Je voulais me faufiler sous la couette et prétendre que rien de tout cela n'était arrivé. Après m'être vêtue d'un t-shirt propre et d'une culotte, ce fut exactement ce que je fis.

EPOV

Froid et chaud. Je n'avais pas d'autres explications pour ce qu'il venait de se passer dans la douche avec Bella. Pendant un instant, elle était l'être le plus sexy du monde, et l'instant d'après, elle s'éloignait de moi aussi vite qu'elle le pouvait. Je détestai cette expression sur son visage. Elle semblait… blessée. J'essayai de repenser à ce que j'avais dit, ce que j'avais fait, pour l'offenser à ce point. Je ne trouvais rien et lorsque je sortis de la salle de bains pour lui en parler, elle était déjà à moitié endormie sous les couvertures. Je ne voulais pas la déranger et la rendre encore plus contrariée. C'était une torture au-delà du supportable de savoir que je lui avais fait mal. Je devais trouver une solution, peu importe quel était le problème.

Je m'assis dans le canapé en cuir et la regardai dormir. Ses sourcils étaient froncés et ses lèvres faisaient une moue et j'étais irrité avec moi-même d'être incapable de lire son esprit et de voir dans ses rêves. Elle avait marmonné dans son sommeil les deux dernières nuits mais ce n'était jamais des choses que j'étais en mesure de comprendre. Je souhaitai pouvoir lui dire qu'elle était tout pour moi et que j'étais désolé, même si je ne savais pas pourquoi. J'étais dégoûté de moi.

''Edwa,rd, peux-tu venir dans mon bureau ? Il y a quelque chose que j'aimerais que tu voies.''

Carlisle m'appelait et je sortis de ma chambre, jetant un dernier regard vers Bella par-dessus mon épaule. J'arrangerai les choses lorsqu'elle se sera réveillée. Je trouvai Carlisle, le dos voûté, assis à son bureau, son microscope posé à ses côtés.

''On a un problème, Edward.''

''Qui y a-t-il, Carlisle ?'' Il semblait usé, tout comme lorsque Bella lui avait raconté son histoire.

''Elle ne peut pas être changée. C'est tout le contraire.''

''Que veux-tu dire ?'' Bella était humaine après tout. L'âge de son sang ne devrait pas avoir d'importance. Le venin réagissait toujours au sang humain.

Carlisle fit signe vers son microscope et j'y jetai un œil, poussant un hoquet de surprise à ce que je vis. Son sang neutralisait le venin. Je relevai les yeux vers Carlisle, posant silencieusement la question.

''C'est pareil avec tous les autres. Je ne veux pas tester le tien. Tu es peut-être trop lié à elle pour que cela ne soit pas dangereux pour toi.''

Je regardai les 6 lames du sang de Bella mélangé au venin des différents membres de ma famille. Les six étaient identiques. ''Je n'ai jamais rien vu de tel. Et toi ?''

Carlisle haussa les épaules et d'anciens souvenirs traversèrent son esprit à toute vitesse jusqu'à ce qu'il s'arrête sur celui qui semblait être lié à la situation présente. C'était une vieille légende dont il avait entendu parler durant son séjour en Italie.

''Diligo Cruor Vomica,'' soupira Carlisle intérieurement.

Je secouai violemment la tête alors qu'il se rappelait l'histoire dans son esprit. Ça ne pouvait pas être possible mais je ne pouvais le nier non plus.


Alors ?

A la semaine prochaine pour la suite