Bonsoir à toutes !

Que...? Quoi...? Comment...? De retour avec une enième nouvelle fic ? Mais c'est qu'elle se foutrait pas un tout petit peu de notre tronche, la Futae ?

Que nénni mes jolies ! Je vous l'assure, loin de moi cette idée ! Je sais que j'ai deux autres histoires en cours dont vous attendez la suite et croyez-moi, je n'oublie ni "The Magical Dick", ni "Shadows and Light"(nooooooon pas le fouet ! Mais retourne donc bosser sur tes autres fics, esclave ! Termine ce que tu as commencé !). Disons juste que j'éprouvais dernièrement le besoin de souffler un peu avec une histoire moins... "mobilisante". Et comme j'avais une idée qui me trottait dans la tête que tout s'est enchaîné très rapidement dans mon petit cerveau, j'ai décidé de vous faire partager ma dernière folie en date !

Normalement, cette fiction sera courte (je l'espère, parce que je dis ça à chaque fois et on voit ce que ça donne, hein... CREDIBILITE = ZERO) mais si l'histoire vous plaît et que vous me le demandez, il se peut que j'écrive un peu plus que les 3 ou 4 chapitres prévus... Bien entendu cela dépendra de votre avis !

Attention, les chapitres risquent d'être moins fournis que ce à quoi je vous ai habituées ! (mais est-ce vraiment une mauvaise chose ?)

Alalala je suis toute excitée de vous présenter ce nouveau projet, n'empêche !

J'en profite pour dédier cette histoire à ma jumelle de coeur Nari ! Si elle passe par là, je lui fais d'énormes bisous et je la remercie d'être une source d'inspiration quotidienne !

Bref, trève de babillages, place à la fic !

ENJOY !


Kagami Taiga avait envie de hurler, mais personne ne l'aurait entendu.

Et c'était sans doute parce que son enfoiré de voisin n'était pas assez avenant pour avoir la diligence d'huiler les ressors de son lit (qui semblait par ailleurs prêt à rendre l'âme).

Ou alors, ce gars pourrait investir dans un futon à la place, comme la majorité des japonais et éviter ainsi que la tête de son lit ne vienne cogner frénétiquement contre le mince mur séparant leurs deux chambres.

Et peut-être, devrait-il tout simplement cesser de ramener chez lui des filles qui crient comme si leurs vagins étaient en feu à trois heures du matin...

Ce qui, pour ce que Kagami en savait, était une probabilité étant donné qu'ils baisaient comme des lapins depuis plus de deux heures. Alors inévitablement, la friction avait du engendrer un incendie géant et cette pauvre fille venait de se changer en torche humaine, d'où ses gémissements d'agonie.

Oui, c'était sans doute cela.

A moins que le type ne soit en train d'enfoncer sa partenaire dans le matelas et le sommier, à force de la pilonner comme un marteau-piqueur.

Le truc le plus bizarre dans tout ça, c'était sans doute que Kagami n'avait jamais rencontré son voisin. Il faut dire qu'il avait emménagé dans cet immeuble il y a un mois et il avait longtemps cru que l'appartement collé au sien était vide.

Mais depuis quelques jours, il avait compris les lourdes conséquences de cette erreur de jugement, lorsque, son voisin avait commencé à donner signes de vie. En fait, il s'avérait que le mec en question devait simplement bosser en horaires décalés et que, comme par hasard, cette semaine, il travaillait de jour tout comme Kagami, ce qui avait donc conduit le pompier à réaliser que l'occupant de l'autre appartement n'était pas du genre discret...

Pas plus que sa vie sexuelle, d'ailleurs...

Ah ! S'il avait su qu'en venant s'installer ici, il acceptait par la même occasion et de manière implicite le pack « Voisin en pleine crise de priapisme + parade incessante de filles en chaleur », il aurait peut-être réfléchi à deux fois avant de poser ses valises ici... Et à bien y penser, c'était peut-être la cause principale du loyer si peu élevé de l'appartement...

Parce qu'il était impensable qu'un locataire en pleine possession de ses facultés auditives choisisse de rester ici de son plein gré. A part un sourd ou un insomniaque, il ne voyait vraiment pas qui aurait la patience de subir quotidiennement de tels désagréments nocturnes...

En tous cas, pas lui, ça, c'était clair et net ! Demain, il devrait être sur le pied de guerre dès sept heures du matin et vu l'heure que son horloge affichait déjà, le jeune pompier savait que le réveil risquait de piquer...

Enfin, ça, c'était s'il arrivait à s'endormir, déjà.

Ce qui était très loin d'être gagné...

En désespoir de cause, il enfonça un oreiller sur sa tête, excédé. Malheureusement pour lui, l'énergumène qui vivait de l'autre côté s'était surpassé cette fois en débusquant la fille qui avait le timbre de voix le plus haut perché de Tokyo ! Au début, Kagami avait même cru qu'il s'agissait d'une alarme de voiture volée et non d'une personne !

Elle lui vrillait tellement les tympans, que le rouge commençait à soupçonner son voisin d'être en train de trucider cette pauvre fille ! Et apparemment, ce dernier avait décidé de commettre son méfait à l'aide d'une petite cuillère, parce que la femme-sirène mettait vraiment beaucoup, beaucoup trop de temps à rendre son dernier souffle !

Ah c'était bien sa veine d'être tombé sur pareil malade qui avait la vie sexuelle trépidante d'un bonobo en chaleur !

Et Kagami avait beau enfouir sa tête sous son oreiller, rien n'y faisait parce que leurs cris de plaisir continuaient à résonner dans tout l'étage ! Et quand bien même il aurait réussi à les ignorer par miracle, il y avait fort à parier qu'il les aurait entendu en boucle dans son sommeil ! Ces grognements et autre feulements bestiaux étaient en train de se graver dans sa mémoire, menaçant d'hanter ses rêves pendant des semaines !

Brusquement, il se redressa et frappa comme un forcené dans le mur situé derrière son lit, espérant le coït des deux chats sauvages qui pourrissaient sa nuit. Ce fut peine perdue, car cela ne sembla pas les décourager. Bien au contraire, leurs ébats s'intensifièrent et la complainte de Kagami fut totalement étouffée par leur grotesque tintamarre…

C'était tout bonnement insupportable !

Lui qui pensait que ça ne pouvait pas être pire, il s'était gravement planté, car les deux amants en avaient encore de l'énergie à revendre ! S'il n'avait pas été question de son sommeil et que sa santé ne s'en était donc pas trouvée menacée, Kagami aurait sans doute salué cette performance sexuelle remarquable, mais là… honnêtement, il était à deux doigts du « nervous breakdown ».

Il fallait que cela cesse !

Maintenant !

Et comme si les dieux du sommeil avaient enfin entendu ses prières, la femelle poussa un ultime mugissement qui fit trembler les murs pour la dernière fois (avant le prochain round ?). Son compagnon l'imita immédiatement, se joignant à elle dans un râle rauque.

Puis, plus rien.

Le lit cessa de grincer et de frapper frénétiquement la mince barrière qui séparait les deux chambres, comme par magie.

Le calme et la paix étaient revenus sur la zone de bombardements.

Kagami en soupira de soulagement et il roula sur le côté, pour essayer de se couler dans les bras de Morphée.

Putain… demain, il allait encore essuyer des réflexions désobligeantes de la part de ses collègues. En effet, ceux-ci prenaient un malin plaisir à le taquiner sur les cernes grisâtres qui avaient élu domicile sous ses yeux rubis depuis quelques temps. Evidemment, ils les attribuaient à une vie amoureuse fantasmée, alors qu'elle était en réalité inexistante.

Et à sa décharge, il fallait reconnaître que que le tigre était bien trop crevé pour se mettre en chasse et même si cela avait été possible, il ne se serait jamais risqué à ramener sa proie chez lui, de peur de l'effrayer pour l'éternité.

Parce qu'entendre la bande de macaques qui sévissait de l'autre côté du mur, en train de geindre comme s'ils étaient possédés par Satan, était très loin d'être excitant. C'était tout l'inverse, en fait et ça avait carrément de quoi lui couper toute envie ! Kagami se sentirait bien incapable d'avoir une érection dans de telles conditions…

Après tout, il n'était qu'un simple être humain, lui !

Et pas une espèce de robot débridé et dopé aux hormones !

A ce sujet d'ailleurs, son répit ne fut que de courte durée, puisque les deux primates décidèrent de remettre le couvert

MAIS BORDEL DE MERDE ! CA N'EN FINIRAIT DONC JAMAIS ?!

Ca y est, il avait des envies de meurtre cette fois…

Heureusement qu'il ne savait pas à quoi ressemblait son cher voisin, parce que sinon, Kagami se serait fait un plaisir de lui inculquer le respect d'autrui, en le croisant au détour d'un couloir mal éclairé ou d'une ruelle sombre…

C'était pas humainement possible d'être aussi endurants… à croire qu'ils tournaient une publicité pour une marque de piles super puissantes… Ou pour vanter les mérites d'une literie hyper résistante…

Ou alors son voisin était un acteur porno complètement shooté au viagra. Ouais, sans doute. Cela expliquerait pourquoi Kagami ne le voyait jamais dans l'immeuble, que ce soit lorsqu'il rentrait du boulot ou même quand il descendait prendre son courrier. Ce type était un véritable fantôme…

Mais le fantôme de Rocco Sifredi, alors !


Et en parlant de fantôme, justement…

Le jeune homme aux cheveux céruléens fixait son ami sans cligner des yeux depuis plusieurs minutes. Il était près de midi et il était très étonnant de constater que la montagne de burgers qui trônait sur le plateau de son meilleur ami ne diminuait pas de volume.

Pourtant, il était midi passé et à cette heure-ci d'ordinaire, le tigre féroce se changeait en ogre tout aussi féroce, dévorant tout ce qui avait la malchance de lui tomber sous la main.

Kuroko en était déjà à son quatrième milk shake et pour obtenir l'attention de son ami, il entama de racler le fond de son gobelet avec sa paille, de manière bruyante. Cela suffit à tirer Kagami de sa léthargie et le pauvre pompier en sursauta sur sa banquette, avant de se couvrir les oreilles avec les mains pour fuir cette pollution sonore désagréable.

Mauvais souvenir de la nuit dernière.

Ca lui rappelait les horribles couinements du lit de l'autre taré du sexe…

« Kagami-kun. » Prononça Kuroko de son habituel ton monocorde.

Mâchoire serrée, tremblant de rage et le blanc des yeux injecté de sang, l'américain releva la tête vers lui.

« Tu n'as pas touché à tes hamburgers. Ils vont être froids après et ça va te donner mal au ventre. »

Erf… le pire, c'était que Kuroko avait raison…

D'habitude, Kagami pouvait se targuer d'avoir un estomac d'acier, mais depuis que son voisin s'était mué en nuisance nocturne, il éprouvait des difficultés à digérer la nourriture…

« C'est encore ton voisin, c'est cela ? » Devina sans mal le fantôme.

Kagami lui jeta un regard morne digne d'un poisson mort, qui en disait long sur son état d'épuisement psychique et physique.

« Tu dois faire quelque chose. »

« Merci pour ce précieux conseil, Captain Obvious ! Mais figure-toi que j'ai passé une bonne partie de la nuit dernière à cogner contre son mur ! Et rien n'y a fait, bien au contraire ! J'ai même l'impression que ça lui a donné envie de me narguer davantage ! Cet enfoiré joue avec mes nerfs et il adore ça ! » Se défendit le tigre.

« Il ne fait peut-être pas exprès. Si cela se trouve, il ne t'a tout simplement pas entendu. »

« Ce ne serait pas vraiment étonnant vu le vacarme qu'il faisait… J'suis sûr que même un tremblement de terre, il ne l'aurait pas senti ! »

« C'est problématique, en effet. »

« Ouais… et c'est pas peu de l'dire, crois-moi… »

« En tous cas, tu as vraiment une sale tête. » Poursuivit laconiquement le petit bleu.

« Sympa. Tu sais que tu m'aides pas vraiment là, hein ? » Se plaignit Kagami. « Alors au lieu de te payer ma gueule, tu pourrais me soutenir, au moins ! »

« Mais je te soutiens. » Affirma le maître d'école maternelle, avec autant de conviction d'un communiste vantant les mérites du capitalisme.

« Qu'est-ce que je dois faire, à ton avis ? »

« Tu pourrais commencer par lui parler, dans un premier temps. Comme le ferait toute personne civilisée. »

« Parce que tu crois sincèrement que j'ai pas déjà essayé ? Y a deux jours, je suis allé taper à sa porte pour qu'on s'explique, mais ce singe-baiseur n'a même pas daigné m'ouvrir ! Ca ne peut durer, il faut que ça cesse ! J'te jure, j'vais devenir dingue ! »

« Effectivement. Si cela continue ainsi, tu ne vas pas tarder à décéder inopinément. Ou à finir en hôpital psychiatrique. »

« Et si je lui envoyait les flics au cul pour tapage nocturne ? »

« Cela m'étonnerait qu'ils se déplacent pour si peu. Non, je crois plutôt que tu devrais insister pour le rencontrer et lui adresser les griefs que tu as contre lui. Tente d'abord de résoudre cela à l'amiable et appelle la police en dernier recours. »

« Mais t'es sourd ou quoi ? Je viens de te dire que… »

« … Est-ce que tu as pensé à lui laisser un mot dans sa boîte à lettres ? » Le coupa Kuroko.

« Hein ? Quoi ? Pour quoi faire ? J'ai pas envie de lui écrire une déclaration d'amour, là ! »

« Non. Bien entendu. Que tu es bête Kagami-kun. » Déclara t-il en reprenant une lampée de milk shake.

« Oi ! C'est de ta faute, t'as qu'à être plus précis ! »

« Ecris-lui un courrier où tu lui exposes tes reproches à son égard. Cela peut être un bon moyen de communication et puis, au cas où tu te déciderais à l'assassiner froidement, cette missive pourrait servir de pièce à conviction pour prouver ta bonne foi. »

« Attends… tu veux que je l'insulte dans une lettre ? Que je le menace ? J'vois pas en quoi ça pourrait jouer en ma faveur lors un procès pour homicide volontaire ! »

« Il n'est point question d'une telle chose, Kagami-kun. Tu aurais plutôt tout intérêt à mettre des mots sur ce que tu ressens. »

« Hmm… Les belles paroles, c'est pas mon truc, tu sais… J'suis pas aussi doué que toi pour manier la langue… »

« C'est parce que tu as passé trop de temps dans un ghetto aux Etats-Unis. Tu manques de formalisme. »

« Erf… j'suis pas sûr qu'on puisse qualifier Beverly Hills de ghetto… ou alors un ghetto de riches, mais bon… » Fit-il en se frottant le crâne, ennuyé.

« Peu importe. Puisque tu es intellectuellement limité, je me propose de t'aider à rédiger ce message. Qu'en dis-tu ? »

« Oi ! Traite-moi de buse, pendant que tu y es ! »

« C'est exactement ce que je viens de faire. »

« … J'devrai sans doute me sentir insulté là, mais bizarrement, j'ai tellement envie que ça s'arrête que je suis prêt à suivre ton conseil et à passer l'éponge sur ce que tu viens de dire. »

« Parfait. Je vais donc te chapeauter, mais ce ne sera pas gratuit. »

« Ca m'aurait étonné aussi… qu'est-ce que tu veux ? »

« Un gâteau-milk shake. »

« … DA FUCK ?! Is that even possible, man ? Ca n'existe pas, un truc pareil ! J'ose même pas imaginer à quoi va ressembler cette abomination toute droit sortie de ton esprit malade et drogué au sucre ! »

Sans doute à Cthulhu, le monstre légendaire, mais avec de la chantilly à la place des tentacules…

N'empêche, quelle naïveté de croire que Kuroko ne tenterait pas d'abuser ENCORE UNE FOIS de ses talents culinaires exceptionnels…

« Fais-le, c'est tout. Je me fiche de savoir comment, débrouille-toi juste pour que ce soit bon. »

« Ok, ok… » Céda Kagami.

Kuroko était son seul espoir… même s'il aurait préféré chier des petits poneys plutôt que de l'avouer ! Mais le fantôme avait raison… rien ne servait de monter dans la surenchère, du moins, pour le moment. Mieux valait essayer de calmer le jeu, en misant sur une issue pacifique. Peut-être que cela suffirait à apaiser les tensions entre eux et à faire prendre un nouveau départ à leur relation un peu houleuse. (bah quoi, il avait bien le droit de rêver, non ?)

Parce qu'en dépit de ces terreurs nocturnes, Kagami se plaisait bien dans cet immeuble. Le loyer était décent, l'endroit propre et situé à cinq minutes à pied de sa caserne d'affectation. Et cerise sur le ghetto, les habitants étaient pour la plupart de charmants retraités à moitié sourds. (ce qui expliquait sans doute qu'ils n'aient pas à se plaindre du gorille en rut qui vivait sur le même palier que Kagami…)

Non, vraiment, il n'avait pas envie de quitter ce lieu si accueillant, sous prétexte qu'un individu à la libido survolté avait élu domicile à côté de chez lui. Ce serait la solution de facilité et puis, il n'avait rien à se reprocher, personnellement ! Alors pas question de battre en retraite, la queue entre les jambes, contrairement à son voisin qui n'arrivait pas à la garder dans son slip plus de douze heures d'affilée ! Ce serait un épouvantable aveu de faiblesse !

Alors il était prêt à se sacrifier et à se lancer dans des expériences douteuses en cuisine, pourvu que cela l'aide à se débarrasser de l'autre kékette sur pattes ! Kagami savait que Kuroko plaçait la barre très haute en matière de milk shake…. Il n'avait donc pas intérêt à le décevoir… et pour cela, il allait sûrement devoir faire appel au petit-ami de son frère…

En effet, celui-ci était chef pâtissier dans un restaurant étoilé, tandis que le frère de cœur de Kagami était serveur au même endroit et c'était une véritable aubaine pour le tigre ! Grâce au savoir-faire du géant cuistot, il parviendrait sans doute à réaliser un gâteau comestible pour le fantôme.

« Marché conclu. » Accepta Kagami en serrant la mimine de Kuroko.

Kuroko acquiesça et il fouilla dans sa sacoche pour en sortir un petit cahier sur lequel étaient dessinés des papillons. Il arracha soigneusement une page et il commença à écrire de sa belle calligraphie soignée et ronde, ce qui n'était pas plus mal, finalement.

Parce que l'écriture de Kagami était si baveuse et imprécise qu'elle en était pratiquement illisible…

Même les élèves de Kuroko devaient mieux s'en sortir que lui et ils n'avaient même pas six ans… c'était dire l'ampleur du désastre que cela constituait !

« Heu… J'suis pas sensé te dire ce que tu dois marquer ? »

« Non, surtout pas. » Asséna le fantôme, entièrement dévoué à sa tâche.

« Mais… »

« Tais-toi Kagami-kun, tu me déconcentres. »

Ledit Kagami roula des yeux, les leva au plafond, puis les focalisa à nouveau sur la feuille du bleuet. Il se pencha pour mieux voir ce que Kuroko rédigeait silencieusement. Mais comme pour éviter que son camarade de classe ne copie sur lui, Kuroko cacha le texte avec son bras, ce qui arracha un soupir de frustration au tigre.

« Non, tu n'as pas le droit de la lire. »

« Et pourquoi ça ?! N'en profite pas pour écrire des conneries, t'entends ?! »

« Tu es blessant Kagami-kun. Je me propose généreusement de t'aider, alors fais-moi confiance. C'est la moindre des politesses. »

« … et puis sérieusement, c'est QUOI ce papier avec des petits papillons dessinés dessus ?! Il me prendra jamais au sérieux, si je passe pour une chochotte à cause de toi ! »

« Tu n'as pas besoin de moi pour passer pour une chochotte, Kagami-kun. Tu le fais déjà très bien tout seul. »

« Oi ! » Pesta le rouge, attaqué dans sa masculinité.

Il se résigna cependant, s'enfonçant dans le dossier de la banquette et il attrapa un burger dans lequel il croqua pensivement. Il espérait vraiment que la méthode Kuroko allait fonctionner, parce qu'après cela, ce serait la guerre si ce sale type continuait à piétiner son sommeil et à se torcher avec !

En attendant, il piquerait bien un petit somme, là, maintenant, tout de suite… Il pouvait se le permettre… Il avait confiance en Kuroko, après tout (ce n'était pas comme s'il avait le choix, en même temps…) et son corps réclamait un instant de repos tant convoité.

Et puis, qu'est-ce qui pourrait bien arriver, s'il s'assoupissait quelques minutes ? Ce n'était quand même pas comme s'il risquait quoi que ce soit à cause d'une simple lettre, n'est-ce pas ?

Il décida donc de fermer les yeux.

Au sens propre, comme au figuré.


En rentrant du travail ce soir-là, il avait été plutôt surpris de trouver une enveloppe rose glissée sous sa porte.

Plus personne ne prenait jamais le temps d'écrire des lettres (c'était tellement old school) et puis, l'usage ne voulait-il pas qu'on dépose le courrier une boîte aux lettres ? Enfin… ce n'était pas comme s'il consultait la sienne souvent, de toute façon… Mais cela l'intriguait. Il se demandait bien qui pouvait être l'auteur de cette missive. Peut-être une admiratrice secrète ou une ex revancharde à qui il n'aurait pas jugé utile de donner son adresse mail ou son numéro de téléphone portable ?

Merde… pourvu que ce ne soit pas le FISC ou les impôts !

Quoique… ces derniers n'écrivaient sans doute pas sur un si beau papier coloré à motifs papillons…

Ca, Aomine en était à peu près sûr.

Ce qui était marrant aussi, c'est que ni l'enveloppe, ni la lettre ne mentionnait son identité. Un peu comme si l'expéditeur ne savait pas exactement à qui il s'adressait. Aomine avait l'impression d'avoir mis la main sur le mystérieux message contenu dans une bouteille lancée à la mer et c'était franchement excitant !

Sauf qu'en fait, non.

Parce qu'en réalité, son interlocuteur épistolaire savait très bien à qui il parlait.

Cher voisin,

J'habite l'appartement situé à côté du votre et je ne crois pas avoir déjà eu le plaisir de vous rencontrer. Peut-être l'avez-vous remarqué, mais cela fait presque un mois que j'ai emménagé ici. Pour autant, je n'ai pas encore eu l'occasion de me présenter officiellement. Il s'avère, comme vous vous en doutez sûrement, que j'avais la tête dans les cartons de déménagement et que je n'ai donc pas trouvé le temps de venir vous saluer.

J'espère que vous saurez excuser ce manque de courtoisie à votre égard.

Souhaitant établir les bases saines d'un bon voisinage et ce, dans notre intérêt commun, je me permets donc de vous écrire aujourd'hui pour vous faire part de mon mécontentement.

Cela fait en effet cinq soirs de suite que je suis dans l'impossibilité de m'endormir, par votre faute.

Restez assuré que je suis ravi pour votre vie sexuelle florissante, cependant, je me vois dans l'obligation d'émettre une critique quant au volume sonore de vos convives et de votre couche.

Comprenez bien que je suis navré de devoir m'adresser à vous en de telles circonstances et que je ne souhaite en aucun cas vous faire mauvaise impression, ni même troubler votre intimité, mais voyez-vous, j'exerce un métier pénible physiquement. En toute logique, j'ai donc besoin de mes huit heures de sommeil journalières pour pouvoir mener efficacement mon travail.

Au cas où cela vous aurait échappé, je fais en effet partie de la catégorie dite « active » de la population et en conséquence, j'apprécierai de ne pas me faire réveiller au beau milieu de la nuit par vos grognements dignes d'un chimpanzé sous ecstasy. Figurez-vous qu'hier soir j'ai même failli appeler les services vétérinaires pour les sommer de vous administrer un tranquillisant, tant vos râles ressemblaient à s'y méprendre à ceux que l'on peut habituellement entendre en se promenant au zoo, par une belle journée de printemps, pendant la période de reproduction des animaux.

En fait, je pense également qu'il n'est pas prétentieux d'affirmer que le seuil de tolérance humain est déjà largement dépassé à trois heures du matin. Seul un saint comme Bouddha aurait la patience nécessaire.

De même, et à moins qu'il ne s'agisse en réalité d'une forme de revendications quant à la condition féminine au sein de notre société patriarcale, je crois qu'aucune femme ne devrait avoir à s'époumoner de la sorte, à une heure si tardive.

Aussi, si vous m'autorisez à vous donner quelques conseils amicaux, je vous suggèrerai d'opter pour des préservatifs extra small qui, je n'en doute pas, siéront à merveille à votre phallus, parce que soyons honnêtes : quelqu'un qui couche avec autant de femmes que vous a forcément quelque chose à prouver ou à compenser (rayez la mention inutile). Enfin, vous devriez également disposer de l'huile sur votre sommier pour éviter qu'il ne rendre l'âme prématurément.

Je vous prie donc de bien vouloir considérer sérieusement à ces deux modestes recommandations.

Merci de votre compréhension.

Veuillez agréer, Cher Voisin, l'expression de ma considération dévouée.

Cordialement.

T. K.

P.S. : Hier soir, elle simulait.

Wow… et bien… c'était heu… plutôt… inattendu comme courrier ?

Et en toute honnêteté, il n'avait pas vraiment fait attention au bruit engendré par la fille avec qui il avait passé la nuit hier. Hmm… c'était quoi son nom déjà ? Setsuna ? Setsuka ? Bref, ça n'avait aucune espèce d'importance de toute façon, parce que ce n'était pas cette lettre de plaintesqui allait le forcer à faire moins de bruit. Et si c'était ce que sa voisine avait cru ne serait-ce qu'un seul instant et bien, elle s'était fourré le doigt dans l'œil jusqu'au cerveau !

Car oui, pour Aomine, cela ne faisait aucun doute : l'auteur de ce courrier de réclamations était forcément de sexe féminin. Plusieurs détails trahissaient son genre. Tout d'abord, il y avait le fait qu'une missive au vocabulaire aussi pompeux et maniéré (il avait dû biter un mot sur deux dans tout ce foutoir et ça le renvoyait au temps du collège où leur prof les forçait à lire des romans de cinq cent pages écrits en vieux français, dotés d'une traduction des plus approximatives !) et à l'écriture aussi délicate, ne pouvait avoir été rédigée que par une demoiselle.

Et pour cause, puisqu'un mec se serait contenté de lui tenir à peu près ce langage :

Cher Connard,

Mets-la en sourdine ou demain je viens chier sur ton paillasson et si ça ne suffit pas, j'attendrai devant chez toi toute la journée s'il le faut et je t'enculerai à sec avec une batte à clous, dès que tu pointeras le nez dehors !

Pas Cordialement.

P.S. : Va bien te faire fister par Wolverine, tête d'anus !

Ouep.

Définitivement ce qu'il aurait mis dans une telle lettre, lui !

Et puis, il y avait aussi cette délicieuse odeur qui flottait inlassablement dans le couloir lorsqu'il rentrait d'une nuit de garde au poste... Le parfum caractéristique d'un bon petit plat fait maison, mitonné avec amour par une belle femme !

Sa nouvelle voisine était un véritable cordon bleu et plusieurs fois, Aomine avait pensé à sonner chez elle pour se faire inviter à manger à l'œil. Malheureusement, il n'avait jamais réellement osé, se disant que si une telle perle était encore célibataire, c'est qu'elle était soit horriblement vieille (c'était sans doute le cas, vu comment elle s'exprimait à l'écrit ! Seuls les vieux parlent comme ça !), soit affreusement laide. Ou les deux.

Parce que oui, il n'avait peut-être pas remarqué à quel point sa compagne de la veille faisait concurrence au système d'alarme d'un grand magasin, mais en revanche, il n'avait pas manqué de noter que sa voisine vivait seule, par contre ! Effectivement, il n'avait jamais entendu de voix masculine provenant de l'autre côté du mur, ni même croisé de mec dans la cage d'escaliers.

Et dernier indice de taille : il était inscrit « Taiga Kagami » sur la boîte aux lettres collée à la sienne (sur laquelle il n'avait pas pris la peine d'écrire autre chose que son nom de famille, lui). Si ça, c'était pas une preuve ! Alors ouais, ok, certes, c'était un prénom MIXTE, mais franchement, il n'osait pas imaginer la gueule d'un type avec un nom pareil ahaha ! La honte, ça faisait vraiment trop gonzesse !

Enfin bref, quoiqu'il en soit, Aomine se délectait de cette petite affaire…

En vérité, c'était la première fois que quelqu'un s'opposait à lui de manière aussi recherchée et intelligente… parce qu'en général, ceux qui emménageaient ici ne faisaient pas long feu et n'avaient pas le même répondant, alors il serait presque dommage de faire fuir cette gentille petite mamie Taiga.

Aomine se la représentait les cheveux grisonnants, la soixantaine, portant un informe pull couleur moutarde pour cacher ses nichons en gants de toilette. Elle avait sûrement aussi de grosses lunettes à verres épais qui la faisaient ressembler à une mouche et de la moustache qui pique lorsqu'elle vous fait la bise. Ouais, ça expliquerait pourquoi elle se faisait si discrète et comment il ne l'avait jamais croisée auparavant. Elle se cachait forcément, moche comme elle était.

Dans tous les cas, sa lettre de doléances si bien tournée méritait une réponse du même acabit et bien qu'Aomine ne possède aucun don littéraire, il fit cependant un effort en attrapant son calepin sur lequel il griffonna rapidement :

Taiga-san,

Je suis désolé de lire que votre nuit n'a pas exactement été aussi appréciable que la mienne. J'ai parfois tendance à oublier que Dame Nature n'a pas gâté tout le monde autant que moi. Mais je suis sûr que si vous prêtez une oreille attentive à mes cours de séduction nocturnes, vous pourriez apprendre deux ou trois choses utiles.

En attendant, je souhaite vous exprimer ma gratitude pour vos conseils avisés. Vous avez raison de pointer du doigt le fait que mon sommier aurait besoin d'une bonne lubrification. Après tout, j'en suis certain, il n'a pas dû vous échapper que mon fidèle lit était mis à rude épreuve ces derniers temps…

En ce qui concerne les capotes, votre sollicitude me touche beaucoup, mais sachez que moi et Didi nous nous portons parfaitement bien du haut de nos vingt et un centimètres de longueur, taille qui, au passage, explose de loin la moyenne nippone en la matière. Je suis par ailleurs conscient que vous n'avez jamais dû voir un phallus aussi gros de toute votre vie et que cela peut donc légitimement vous impressionner.

A ce propos, la seule et unique fois que vous avez tenu dans vos mains un objet d'une telle ampleur, vous ne deviez pas avoir plus de dix ans et il s'agissait sans nul doute d'une règle double-décimètre, destinée à tracer des lignes sur votre cahier d'écolière modèle.

Désireux cependant vous prouver ma bonne volonté dans nos relations de « bon voisinage » (comme vous dites) et en qualité d'adulte responsable, je vous remercie de bien vouloir trouver ci-joints ces modestes cadeaux, qui, j'en suis persuadé, vous seront fort utiles dans un avenir proche :

- Du lubrifiant,

- Des pilules laxatives.

Je vous garantis que le lubrifiant fait partie des meilleurs produits qui existent à l'heure actuelle sur le marché. Il a été testé et approuvé directement par mes soins et je suis persuadé qu'il vous sera sûrement d'un grand secours pour vous permettre d'ôter le balai qui élu domicile dans votre cul. Et si ce n'était pas suffisant, le laxatif devrait achever le travail.

A très vite.

Bisous tout plein.

Aomine.

P.S. : Et les pertes vaginales qu'elle a laissées dans mes draps, elle les a simulées aussi, peut-être !?

Une fois qu'il eut terminé de rédiger sa réponse, il la lut à voix haute pour s'assurer qu'elle était du même calibre que la lettre qu'il avait reçu. On appelait cela « la réponse proportionnée » dans le jargon de la légitime défense... En tant qu'officier de police, il était bien placé pour savoir qu'il risquait gros s'il déployait des moyens jugés démesurés. il devait donc veiller à ne pas s'emporter, aussi tentant cela soit-il.

Affichant un sourire de satisfaction diabolique à faire pâlir tous les génies du Mal, Aomine découpa la page du carnet et il la jeta négligemment sur le petit meuble qui lui servait à ranger ses chaussures dans l'entrée.

Il avait hâte de remettre son poème à sa chère voisine pour qu'elle comprenne tout le bien qu'il pensait de ses stupides principes de « bon voisinage »... et où elle pouvait se les carrer...

Tiens, d'ailleurs... et s'il commençait tout de suite à lui montrer qui était le plus fort des deux ? Pourquoi attendre ? Il fonça donc se préparer dans sa chambre, s'apprêtant à sortir passer la nuit dehors. Avec un peu de chance, peut-être que Setsuna serait assez reconnaissante pour la folle nuit d'amour qu'il lui avait accordée hier et qu'elle déciderait de lui présenter la plus chaudasse (et vocale) de ses copines...

Ensuite, il n'aurait plus qu'à faire en sorte de bien les encastrer toutes les deux dans le mur mitoyen de sa chambre.

A grands coups de reins, de préférence...


Comment, c'est déjà la fin de ce premier chapitre !? Ah bah bravo, c'était bien la peine de mettre tes autres fics entre parenthèses pour nous pondre ce bidule informe !

Mais nooooooon ne partez pas déjà et donnez-moi plutôt votre avis sur l'histoire.

J'ai pas mal de petites idées pour la suite et je voudrai savoir ce que vous en pensez et quels sont vos pronostics quant à la tournure que vont prendre les évènements.

Des envies particulières ? Des suggestions ?

(je tiens à préciser au passage que c'est un premier jet alors il se peut que ce soit fouilli et truffé de fautes d'orthographe, ce dont je m'excuse évidemment et je m'engage à corriger au fur et à mesure si je m'aperçois de mes erreurs en relisant !)

Bref, je vous bisouille bien fort et je vais essayer de m'aménager du temps ET de me motiver pour écrire mes fics habituelles ce week-end !

Bonne semaine !