Bonsoir tout le monde. Merci pour tous les messages que vous m'avez laissé, j'aime savoir ce que vous pensez de cette traduction. Je suis vraiment désolée de ne pas avoir été en mesure de publier régulièrement. Les choses ont été intenses ces dernières semaines !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
Bonne lecture :)
Chapitre 10
BPOV
Je m'éveillai au spectacle inhabituel du soleil brillant à travers la fenêtre d'Edward. Je jetai un regard noir vers la lumière. Je n'étais pas d'humeur à voir du beau temps et des sourires. Je ne parvins pas à prétendre que la nuit dernière n'était pas arrivée. J'en avais rêvé toute la nuit et ce fut ma première pensée en me réveillant, en dehors de l'attaque du soleil. J'aurai cru que les nuages seraient quand même de mon côté et feraient en sorte que le temps soit coordonné à mon humeur.
Je m'étirai et rejetai les couvertures, remarquant qu'Edward n'était pas allongé à mes côtés comme il l'avait été ces derniers jours. Bien sûr que non, pourquoi le serait-il ? Je soupirai et regardai autour de la pièce, m'arrêtant sur lui. Il était là mais sur le canapé. C'était intelligent. Je détournai le regard et serrai la mâchoire, obstinée. Peut-être que j'étais injuste mais il m'avait fait mal. Je voulais pleurnicher, tel un enfant, et dire 'et moi ?!' mais je ne le fis pas. Je broierai du noir. Cela semblait être la meilleure option.
Je pouvais le voir se lever du coin de l'œil, hésitant à marcher vers moi. Il savait que je n'étais pas contente. Bien. ''Bella, mon amour, puis-je m'asseoir à côté de toi ?''
Cela me choqua un peu qu'il demande ma permission pour être près de moi. Peut-être que mon expression colérique marchait mieux que je l'avais prévu. Je souris un peu intérieurement. ''Bien sûr,'' dis-je d'une voix nonchalante.
Il prit place à mes côtés et passa un bras autour de mon épaule, seulement pour le retirer immédiatement lorsqu'il me sentit me raidir. Je jetai un regard noir à son visage tordu par l'angoisse. ''Qu'ai-je fait, Bella ? Je ne supporte pas te voir en colère contre moi !''
Oh…non… il… n'a pas fait… ça. Je me levai rapidement, l'adrénaline et l'énervement m'aidant à garder ma balance, et je poussai un doigt contre son torse. ''Toi… tu ne supportes pas de me voir en colère ? Écoute- moi bien, Edward. Je t'ai connu ma vie entière, en dehors des dix-sept années avant que l'on se rencontre. Je t'ai aimé et désiré pendant une grande partie des 90 dernières années, et tu as l'audace de me dire que c'est trop rapide ! Il n'y a rien de rapide pour moi. Ça fait mal. Pourtant, tu es là à dire que tu ne peux pas supporter ma colère. C'est bien égoïste, non ?''
Je pouvais sentir mes joues s'empourprer et les larmes envahir mes yeux. Edward semblait dévasté et, bien sûr, je commençai à me sentir coupable d'avoir explosé comme ça. Je ne pouvais jamais rester trop longtemps énervée contre lui. Je sentis mes défenses s'affaiblir lorsqu'il dit, ''Je suis désolé, mon amour. Je n'avais pas réalisé que ça te tenait à cœur à ce point-là.''
Au diable la culpabilité. ''Non, Edward. Ça ne me tient pas à cœur. J'ai seulement perdu la possibilité de mourir comme un être humain normal sans aucune raison. J'ai perdu la possibilité d'avoir un mari et des enfants et vivre une vie normale, à regarder les années passées, les voir me changer et me vieillir parce que je ne ressens rien. Si cela ne me tenait pas autant à cœur, je ne serais pas là en train d'avoir cette conversation avec toi. Comment ne peux-tu pas réaliser à quel point te retrouver après toutes ces années de solitude m'affecterait ?''
Des bras d'acier gelé s'enroulèrent autour de moi et je fus lovée contre sa poitrine de marbre. La douleur qui était apparue dans ses yeux maintenant sombres n'était pas quelque chose à laquelle j'étais préparée. Je connaissais cette tristesse. Je savais ce qu'il fallait pour la voir apparaitre comme ça. La honte d'avoir laissé ma bouche s'ouvrir sans réfléchir était atroce, en plus d'avoir enfin verbaliser combien il avait été difficile de vivre ce mensonge seule pendant si longtemps. Je voulais faire marche arrière et faire disparaitre la peine sur son visage. Il se rendrait responsable de ma douleur. Il était tout aussi innocent que moi dans cette histoire mais il trouvait toujours moyen d'en porter le fardeau. ''Edward, je suis désolée. Être là avec toi a effacé les 90 dernières années. Je suis désolée d'avoir dit ces choses. J'étais en colère.''
''Ce n'est seulement que la vérité, Bella,'' dit Edward, d'une voix teintée de mélancolie.
Je soupirai contre son torse. ''Je t'en prie, ne trouve pas une façon de t'en rendre responsable. Je sais que tu es extrêmement sensible mais il n'y a pas de raison de blâmer qui que ce soit. Si t'aimer en est la raison, c'est avec joie que je recommencerai.''
''Vraiment ?'' Je pouvais entendre le doute dans sa voix.
''Sans même prendre la peine d'y réfléchir. D'ailleurs, j'y ai pensé. Il n'y a vraiment aucune raison que je reste humaine, et si c'est un obstacle pour nous, je veux être changée.''
Edward se raidit, ''Je ne peux pas te changer, Bella.''
Je hochai la tête, ''Je le sais, Edward. Je ne peux pas imaginer ce que mon sang te ferait si tu le goûtais. Je pensais que peut-être Carlisle pourrait le faire, vu qu'il a l'expérience.''
''Tu ne comprends pas,'' soupira-t-il dans mes cheveux, envoyant un frisson dans mon dos avec son souffle.
''Alors, fais-moi comprendre, Edward,'' rétorquai-je, relevant la tête pour le regarder dans les yeux. Ils étaient réservés et inquiets. Cela me laissait incertaine.
Il me regarda droit dans les yeux pendant quelques instants, cherchant quelque chose. Mon estomac était noué lorsqu'il parla enfin. ''Carlisle a testé ton sang pour voir comment il réagirait avec au venin.''
Mon cœur s'accéléra. ''Qu'a-t-il trouvé ?''
''Ton sang neutralise notre venin, Bella.''
''D'accord, ça veut dire quoi ?''
''Il neutralise le venin, le rend obsolète. Il le brise et le transforme en eau, détruisant les effets. Mais ce n'est pas tout, si l'un de nous ingérait ton sang, même une gorgée, on mourrait. Nous avons besoin de venin pour survivre tout comme un humain à besoin de sang. C'est du poison pour nous.''
Je luttai pour m'échapper de ses bras. ''Edward, c'est incroyable. Mon sang est juste du sang. Pourquoi il tuerait des vampires ?''
Edward secoua la tête. ''Carlisle fait des recherches. Il a une idée de ce qui pourrait être en train de se passer et il essaye d'obtenir plus d'informations.''
Mes jambes étaient tremblantes et je m'assis au sol. C'était totalement inattendu. Bien évidemment, on ne voulait jamais quelque chose autant que lorsque c'était impossible. Mon humanité me convenait et maintenant, sachant qu'il était impossible d'être changé, je voulais être un vampire plus que tout. ''Quelle est son idée ? J'ai le droit de savoir.''
Edward me rejoint par terre et fit des cercles dans mon dos avec sa main pour me calmer. ''Diligo Cruor Vomica… en traduisant ça grossièrement, ça donne 'La malédiction du sang des amants'.''
''Ça semble sympa,'' dis-je sarcastiquement. ''C'est quoi cette malédiction ?''
''Carlisle essaye de découvrir l'histoire entière. Il a entendu des échos lorsqu'il a passé du temps en Italie avant d'aller en Amérique. C'est comme une ancienne légende vampirique qui semble vrai dans notre cas un peu comme la manière dont les humains sont connectés dans la mythologie. Pour résumer, deux humains tombent amoureux et sont tellement liés que lorsque l'un des deux est transformé en vampire, cela attache l'autre à la vie. L'amant qui est toujours humain possède un sang qui attire son amant plus que tout autre. Le piège c'est que son sang signifie la mort immédiate de tous les vampires, son amour inclus. Lorsqu'il le boit, il meurt, tout comme l'humain parce qu'aucun des deux ne peut vivre sans la force vitale de l'autre.''
Je frissonnai. L'amour était supposé être ardent, câlin et heureux. C'était supposé rapprocher deux êtres pour qu'ils vivent leurs vies en tant que partenaires, amants mais pas comme ça. Il n'y avait pas de fin joyeuse pour nous, pas plus que de début. Rien n'était bon. J'étais damnée aux fragilités d'un corps humain tandis qu'il était damné à une soif éternelle pour mon sang. Peut-être que nous étions en train de briser la malédiction puisqu'il arrivait à se retenir, peut-être qu'elle allait faire disparaitre son contrôle. Peut-être, peut-être, peut-être… il y avait trop de possibilité. J'avais envie de vomir. Nous n'avions jamais eu une chance. ''C'est simplement… merdique, pour ne pas dire autre chose.''
''Tout ira bien, Bella. Nous sommes ensemble et c'est tout ce qui compte.''
Je ris amèrement. ''Je suppose que ça résout le problème de savoir si je devais être transformée.''
Edward me tira sur ses genoux. ''Je ne voulais pas te changer de toute manière. Je me suis attaché à tes rougissements.''
Je savais qu'il tentait de me remonter le moral. Je voulais faire de même. ''Est-ce que cette malédiction peut faire que mon odeur devienne trop puissante pour toi ?''
Edward soupira, ''Carlisle tente de déterminer ça. Mais pour l'instant, je t'assure que ce n'est pas le cas.''
Je me mis à pleurer contre lui, voulant faire disparaître cette pensée. Je voulais que tout disparaisse. Je voulais trouver une capsule à remonter le temps pour retourner en avril 1918 et persuader Edward de venir à New York avec moi. Je voulais me réveiller de ce cauchemar et me retrouver dans l'étreinte de ses bras chauds d'humain. Comme je l'avais dit, on ne voulait jamais autant quelque chose que lorsqu'il était impossible de l'avoir. ''Je viens juste de te retrouver.''
Les bras d'Edward se resserrèrent autour de moi. ''Je sais qu'on dirait que je n'ai pas eu à attendre aussi longtemps, théoriquement, mais je ne te laisserai plus jamais partir.''
''Pourquoi tout est toujours contre nous ? Ne sommes-nous pas autorisés à être heureux dans cette existence ?'' l'interrogeai-je. J'avais envie de frapper quelque chose de dur. Je voulais faire partir cette amertume.
''Bella, mon amour, ne laisse pas ça te distraire du présent. Je ne vais pas boire ton sang. Je m'en fiche de devoir chasser tous les jours et embaucher Emmett pour être ton garde du corps personnel. Je ne perdrai pas le contrôle.'' Je regardai dans ses yeux et n'y vis aucun doute. Même lorsqu'il était humain, lorsqu'il avait décidé quelque chose, il s'y tenait. Cela n'avait pas changé.
Je voulais m'immerger dans quelque chose pour chasser ces pensées, même si ce n'était que pour un court instant. C'était toujours une possibilité. ''Est-ce que tout le monde est à la maison aujourd'hui ?''
''Le soleil est de sortir donc pas d'école pour les Cullens. Ils sont tous partis chasser du côté de l'Oregon.''
''Pourquoi l'Oregon ?''
''Les ours commencent à sortir d'hibernation. Emmett a prévu cette chasse depuis un mois maintenant. Aujourd'hui semblait être la journée parfaite. Ils seront de retour au crépuscule.''
''Emmett n'a-t-il pas quasiment été tué par un ours lorsqu'il était humain ?'' m'enquis-je. J'étais assez sûre que c'était la raison de sa transformation.
Edward sourit, ''Oui, c'est ça. Il a une vendetta contre les ours depuis.''
Je ris un peu, laissant le poids d'avoir entendu parler de la malédiction me quitter. Nous avions un avantage, nous pouvions savoir ce qu'il se passerait si les choses allaient trop loin. Même si ça devait trop et qu'il succombait à mon sang, je voulais profiter du temps que nous avions. Si j'avais appris quelque chose à travers de ma vie, c'était de profiter du temps que j'avais avec les gens que j'aimais, et je l'aimais plus que tout. ''Alors, Edward, que veux-tu faire aujourd'hui ?''
Il me sourit, satisfait de voir que j'avais pris l'initiative de me sortir de l'humeur maussade dans laquelle je me trouvais. ''Il y a un endroit que j'aimerais te montrer. Une surprise peut-être, à moins que tu envahisses mes pensées en ce moment,'' dit-il, me lançant un sourire malicieux. ''On pourrait aller là-bas si tu veux. En dehors de l'école de d'ici, on est allé nulle part. Le temps est un peu plus chaud, ça devrait être plaisant pour toi.''
Je lui souris, le laissant savoir que je n'étais pas indiscrète. ''Je suppose que cet endroit est à l'extérieur. Laisse-moi quelques instants pour m'habiller,'' déclarai-je, me levant pour aller chercher des vêtements.
''Je te laisse alors. Retrouve-moi en bas lorsque tu auras fini, d'accord ?'' Edward me lança son petit sourire en coin qui faisait toujours fondre mon cœur.
''Bien sûr,'' marmonnai-je, fouillant dans les placards. Alice devait m'avoir fait don de quelques affaires parce que je n'avais jamais eu de Versace avant. J'attrapai un jean artistiquement délavé et un pull marron à col en v et me dirigeai dans la salle de bains.
Je nettoyai mon visage et brossai mes dents avant de me vêtir. Mes cheveux étaient tout emmêlés du fait que j'étais allée me coucher sans les sécher la veille, je les attachai juste en queue-de-cheval pour ne pas les avoir dans les yeux. Je regardai dans le miroir et étudiai mon visage un instant, un visage qui n'avait pas changé depuis quasiment un siècle.
J'étais banale, rien de spécial. Comment se faisait-il que je tenais la clef pour tuer tous les vampires dans mon sang ? Je me rappelai avoir pensé que le vampirisme d'Edward était une malédiction lorsque j'avais réalisé ce qu'il lui arrivait. J'étais loin de me douter qu'il était maudit… et que moi aussi. Moins on en savait, mieux on se portait. J'aurais aimé être de ceux qui n'avaient aucune idée que les fables, la magie et les malédictions existaient. La normalité semblait quelque chose de merveilleux. L'humanité semblait encore mieux. Aucun de nous ne méritait ce qu'il nous arrivait. Il ne m'était pas possible d'être athée, il y avait véritablement un pouvoir supérieur même s'il essayait de me détruire.
Edward m'attendait dans l'entrée, un sac à dos à la main. Je levai un sourcil et il dit, '' Je me suis dit que tu finirais par avoir faim.''
Je souris, ''Ne sois pas si attentionné, je vais encore tombée plus amoureuse que je le suis déjà.''
''C'est ma façon de m'excuser à l'avance.''
''Pourquoi as-tu besoin de t'excuser ?'' demandai-je.
Il ne me répondit pas par des mots. Il saisit mon poignet et m'envoya sur son dos sans aucun effort, mes jambes s'enroulant autour de son torse. Je m'agrippai à ses épaules et serrai la mâchoire alors qu'il se ruait dehors, courant si vite que je n'avais aucune sensation de mouvement. Le monde était un mélange flou de vert et de noir alors qu'il m'entrainant dans la forêt. J'étais étourdie par la vitesse et mon cœur battait à la chamade mais j'avais une confiance absolue en Edward. Il ne laisserait jamais rien me faire de mal. Si nous étions touchés par quelque chose à cette vitesse, la seule chose qui serait blessé serait ce qui était sur son chemin.
Je n'avais aucune notion de temps tandis que je fermai mes yeux, sentant le vent caresser mes cheveux et fouetter légèrement mon visage. C'était reposant. Edward ressentait de la joie en courant et il la partageait avec moi. J'en profitai autant que possible.
Edward parla avant que je remarque que la délicieuse brise avait disparu. ''On est arrivé, mon amour.''
J'ouvris les yeux et regardai aux alentours, prenant une brusque inspiration. Cet endroit m'était familier tout en étant totalement étranger. C'était une prairie qui s'étendait devant nous. Le printemps l'avait touché et les bourgeons des fleurs ainsi que le pâturin des près volant avec les petites bourrasques du vent enivraient l'air un doux parfum mélangé à l'odeur musquée de la terre. C'était un espace hors du temps, à l'abri de la civilisation. C'était magnifique et parfait et reflétait tellement Edward. Cela me rappela immédiatement le jardin sauvage et embroussaillé de ses parents aux abords de Chicago. ''C'est superbe, Edward. Je l'aime déjà.''
''Cet endroit est mon échappatoire. C'est calmant et assez éloigné pour que je n'entende pas d'autres pensées que celles que je conjure moi-même. C'était un endroit serein dans mon esprit perpétuellement bruyant.''
Bien que je puisse comprendre ce que c'était d'entendre les pensées de quelqu'un, je ne pouvais pas imaginer entendre tout le monde. Cela devait être une attaque insupportablement assourdissante. J'aurais une migraine permanente. ''Je suis heureuse que tu m'aies amené ici, Edward. C'est parfait.''
''J'ai peur que ça semble, en comparaison, bien pâle, par rapport à toi, mon amour.'' Edward tenait mon regard et j'y vis une once de vulnérabilité. Combien il était bête de penser qu'il y avait le moindre risque que je n'aimerai pas tout ce qu'il avait à offrir.
''Cela te dérange ?'' demanda-t-il avec hésitation, tendant sa main vers moi. J'étais confuse.
''Qu'est-ce qui me dérange ?''
Edward soupira et roula la manche de son pull, révélant un peu plus de sa peau qui paraissait briller dans la lumière du soleil. ''Est-ce que mon anormalité ne te dégoûte pas ?''
Sa haine de lui-même me déchirait le cœur. Il n'avait pas de choix. Carlisle avait décidé pour lui. Sa beauté était stupéfiante même si elle n'était pas normale. Je rencontrai son regard et essayai de mettre autant de conviction dans mes yeux tout en secouant la tête. ''Je t'aime, Edward. Pour toujours,'' dis-je, répétant les mots que j'avais dit il y avait si longtemps, sachant qu'ils reflétaient la vérité maintenant. ''Peu importe à quoi ressemble ta peau au soleil, ou en quoi consiste ton régime alimentaire, tu es à moi et je t'aime tout autant.''
''Je t'aime aussi, Bella depuis toujours, même lorsque je ne souvenais pas de toi. Mon cœur n'a jamais oublié.'' Le soulagement et l'intensité qui exsudaient de la voix d'Edward fit bouillir mon sang. Il semblait que je n'avais jamais vraiment besoin de beaucoup alors que j'enroulai mes bras autour de son cou et me laissai tomber sur l'herbe grasse avec lui, nos lèvres et nos corps s'écrasant contre l'autre sans hésitation.
EPOV
Je haletai pour un souffle dont je n'avais plus besoin lorsque je me forçai à m'éloigner de Bella. Elle avait ranimé mon âme humaine avec un simple contact, m'entrainant à me battre avec mon sang-froid. Mon corps était torturé, voulant satisfaire une différente sorte de besoin qui était nouveau pour moi. L'excitation emplissait ses sens, non pas pour son sang, mais pour me joindre à elle avec une partie de moi qui semblait avoir son propre agenda. Ma conscience sortit vainqueur, à peine, alors que je parvins clairement à me faire voir à moi-même la situation. La pensée du corps de Bella, coloré d'ecchymoses et brisé, m'empêcha de déchirer ses vêtements et de la prendre d'une manière à laquelle aucun d'entre nous ne serait préparé. Je savais que j'arrêterai les choses avant qu'on en arrive à ce point-là. Je ne pouvais pas lui faire ça, même si son corps et le mien nous criaient de passer à l'acte.
''Je comprends, je suppose,'' soupira Bella dans ma poitrine. Je ris doucement, sachant qu'elle ne disait ça que pour m'apaiser. Sa frustration était évidente dans ses yeux.
''Je suis désolé, mon amour. Je le veux tout autant que toi. Je sais qu'il n'y paraît pas mais je pourrais vraiment te faire du mal.''
Bella souleva sa tête et baissa les yeux vers moi alors que j'étais allongé sur l'herbe. Sa mâchoire se serra et je savais qu'elle pensait, planifiait, quelque chose. ''Toi et moi n'avons jamais fait ça, Edward. Aucun de nous ne sait à quoi s'attendre. Je pense qu'on devrait avancer à petit pas et développer ton contrôle.''
Était-elle toujours aussi déterminée ? Probablement. ''Peut-être.''
Bella leva les yeux au ciel et une expression têtue apparut sur son visage. Elle était adorable quand elle tentait de se mettre en colère, tel un chaton prêt à attaquer. ''Non, pas peut-être, c'est oui. Nous allons essayer. Tu vas m'écouter pour une fois parce que tu me le dois. Si ça devient trop intense, on s'arrêtera, sans avoir à se justifier. Je ne suis pas prête d'accepter de passer l'éternité avec un homme qui ne veut rien de moi qu'un vœu de célibat.''
Bella pouvait faire fondre le cœur de n'importe quel homme avec cette attitude. ''On essaierai, un jour.''
''Je te prends au mot, Masen,'' dit-elle sur un ton de défi, seulement pour rougir et baisser les yeux avant que je puisse réaliser ce qu'elle venait de dire.
''Ça fait bien longtemps que je n'ai pas utilisé mon vrai nom. Je t'assure que ça ne me dérange pas.'' Je saisis sa joue brûlante dans la paume de ma main pour tourner son visage vers le mien.
''Tu seras toujours Edward Masen à mes yeux. Je sais que tu es un Cullen maintenant et je le respecte mais je sais d'où tu viens.''
Elle savait tellement de choses que j'ignorais. ''Chicago est un tel mystère pour moi. Je déteste être dans l'incapacité de tout me rappeler. Ça fait longtemps que je ne suis pas retourné dans la maison.''
Bella me regarda brusquement, ''Elle t'appartient ?''
Je hochai la tête, ''Oui, Carlisle s'est assuré que j'hérite de tout ce qui venait de mes parents. Il a dit aux avocats que j'avais été affaibli par la grippe et qu'il me faudrait des mois pour me remettre complètement de l'intense fièvre que j'avais ressenti pendant si longtemps. J'ai aussi joué à l'aveugle puisqu'il a fallu des mois pour que mes yeux prennent la couleur dorée qu'ils ont maintenant. Je l'ai gardé à mon nom au fil des années. Bien sûr, je suis mon arrière-arrière-petit-fils maintenant.''
Bella rit doucement. ''Je veux y retourner. Même lorsque j'ai vécu à Chicago, je ne suis pas parvenue à passer devant cette maison. C'était trop douloureux.''
Une idée se forma dans mon esprit et je pouvais jurer que mon cœur glacé battit à la pensée. ''Les vacances arrivent dans deux semaines. On pourrait faire un petit voyage dans le temps et aller voir la maison si tu veux. J'ai un avocat à Chicago qui agit comme un super-intendant, gardant la maison propre et en bonne état. Je pourrais passer quelques coups de fil et faire en sorte que tout soit près d'ici là.''
Le beau visage de Bella s'éclaira d'un sourire. ''Je ne peux pas te dire à quelque point j'adorerai retourner là-bas avec toi. Peut-être que je pourrais t'aider à te souvenir de quelques évènements.''
Je soupirai, ressentant cette envie lancinante dans ma poitrine. C'était une émotion que Bella faisait souvent apparaître en moi. ''C'est d'accord alors. Je vais organiser tout ça dès qu'on sera rentré.''
Bella rit et applaudit comme un enfant excité par un cadeau. J'aimai la voir si heureuse. ''Ça va être quelque chose de bien pour nous, je le sais.''
Je l'espère mon amour. Nous avons besoin de quelque chose de bien.
A très bientôt pour la suite
