Yoooooooooooo !
Tout d'abord, bonne année 2017 ! (année de la... fête !) Amour et argent à profusion et la santé qui va avec pour pouvoir en profiter dignement !
Allez, pas de blabla cette fois, place au second chapitre de cette histoire ! Il m'a donné un peu de fil à retordre, alors j'espère qu'il sera à la hauteur ! Pas mal de dialogues en anglais, mais ça reste du basique je pense et si toutefois vous aviez un peu de mal à comprendre, sachez qu'il ne s'agit que du genre de banalités sans importance que peuvent se raconter deux amis.
Au passage, je tenais à vous remercier pour vos nombreuses reviews positives, vous êtes les meilleures, vraiment, et cela me donne toujours envie de sortir le chapitre suivant rapidement pour vous récompenser !
(et non, je n'oublie pas "The adventures of Aomine and Kagami's magical dick", rassurez-vous ! J'ai juste besoin d'un peu plus de temps que prévu pour bien organiser mes idées et pouvoir les écrire convenablement !)
Enjoy !
Kagami Taiga arriva en retard pour prendre son tour de garde à la caserne, ce matin-là.
Et il n'était vraiment pas difficile de deviner la cause de son manque de ponctualité.
Une fois encore, il n'avait pas réussi à fermer l'œil plus de vingt minutes d'affilée et il commençait à croire qu'il était désormais condamné à ne dormir que par tranches de sommeil...
Parce qu'une fois encore, son voisin s'en était donné à cœur joie hier soir.
Et non seulement le courrier que Kuroko lui avait adressé n'y avait rien changé, mais en plus, Kagami soupçonnait son bourreau d'avoir volontairement augmenté son volume sonore de ses ébats et par la même occasion son volume de conquêtes, passant d'une seule fille à plusieurs et tout cela dans l'unique but de se venger de la fameuse lettre.
Une bien sombre et basse vengeance, si vous voulez l'avis de la principale victime...
Donc, en plus d'être un chaud lapin, ce type avait autant de cœur qu'une plaque de verglas.
Ca ne pouvait plus durer…
Kagami se le répétait en boucle, mais cela ne changeait rien à la donne. Il savait qu'il devait agir, mais comment ? Il se sentait totalement impuissant et démuni, car la solution pacifiste de Kuroko avait échoué.
Alors peut-être que… finalement et bien… son idée initiale était la bonne : organiser une petite rencontre entre lui et son voisin.
Ou plutôt : organiser une rencontre entre ses phalanges et la mâchoire de son voisin.
Ouais, définitivement une idée de génie, dont n'eut pas le temps de se féliciter le rouge, cependant...
« Kagami ! » Le harangua immédiatement une voix familière, dès qu'il eut passé le seuil de la caserne.
L'Américain se tendit légèrement, avant de se retourner en direction de son interlocuteur.
Bordel, il n'avait vraiment pas envie d'en discuter maintenant...
Ni de discuter tout court...
Et encore moins avec lui…
« Halloween est déjà passé, mais je vois que tu t'entraînes déjà pour l'année prochaine ! Tu ressembles vraiment à un zombie-là, c'est très réussi ahahahaha ! » Se moqua affectueusement l'homme qui s'adressait à lui.
Kiyoshi Teppei.
Son responsable d'unité.
L'incarnation même de la « bonne pâte ».
Le « brave gars » par excellence.
Sympathique, souriant et foncièrement généreux, ce qui lui valait le surnom extrêmement flatteur de « Cœur d'Acier ». Une véritable légende parmi les pompiers. Pour preuve, il était très apprécié et respecté de tous ici. Et plus Au sein de la caserne, il faisait office de figure fraternelle et protectrice, surtout auprès des nouvelles recrues. Les plus jeunes avaient même tendance à l'idolâtrer et à voir en lui une sorte de guide spirituel. C'était dire si sa cote de popularité était conséquente.
Kiyoshi représentait littéralement l'âme de la caserne et on pouvait toujours compter sur lui, n'importe où et n'importe quand, tant il était constamment pétri de bonnes intentions et de même de petites attentions envers ses collègues. Jamais Kagami ne l'avait entendu avoir un mot plus que haut que l'autre ou médire sur des collègues. De même, il ne l'avait jamais vu se mettre en colère et il doutait fortement qu'un tel sentiment existe chez Kiyoshi…
… Enfin, sauf s'il venait habiter à côté de chez un certain gigolo au rabais, dont Kagami subissait continuellement les orgasmes intempestifs et surjoués.
Alors du coup, Kagami n'avait pas envie de rire… ni même envie de discuter. Il se contenta de fixer Kiyoshi, le regard morne, à tel point qu'un poisson mort eut semblé plus expressif en comparaison.
Il était au bout du rouleau.
Sans mentir.
Et Kiyoshi le comprit bien, même si cela ne l'empêcha pas de vanner son collègue…
Il posa une de ses immenses mains sur l'épaule de Kagami et il l'escorta en douceur, mais avec fermeté jusqu'à son petit bureau. Poussant littéralement Kagami dans un siège sans que celui-ci n'ait la moindre chance de protester, il ferma ensuite la porte puis, il prit place face au rouge pour un tête-à-tête plus formel.
Coudes posés sur la surface en bois vernis, il arbora soudainement un air sérieux. Air qu'il réservait exclusivement aux missions les plus périlleuses.
Pas d'échappatoire.
« Alors… » Commença t-il solennellement.
Même le ton qu'il employait était devenu formel, ce qui tranchait radicalement avec sa bonhommie habituelle.
Kagami frissonna, mal à l'aise sur son fauteuil bien trop étroit pour sa carrure de sportif accompli. A moins que ce ne soit la pièce qui soit soudainement devenue plus étroite. La tension qui y régnait à présent était palpable et l'Américain savait qu'il allait se faire tirer les oreilles par son chef, pour ses retards à répétition et sa mine cadavérique, qui en disaient long sur son hygiène de vie nocturne…
Il craignait le pire.
Parce que, quand un type aussi indulgent que Kiyoshi prend un air aussi grave, c'est forcément que l'heure l'est tout autant...
Grave.
« … Comment elle s'appelle ? Est-ce que je la connais ? C'est la petite Hikawa de l'unité 5 ? Tu as raison, elle est mignonne comme tout et ça se voit que tu lui plais ! A mon avis, tu devrais foncer, si ce n'est pas déjà fait ! » Sourit t-il, le regard pétillant de malice.
HEIN ?
Kagami manqua de s'écrouler par terre !
Oh nooon pas lui aussi ! Merde, ça ne suffisait pas déjà toutes les rumeurs qui circulaient dans la caserne ? Il fallait que son supérieur s'y mette aussi ? Pourquoi tout le monde cherchait toujours à le caser à tout prix ?
Face à la mine affligée que Kagami affichait, le brun fut coupé dans son élan. Il alors tapota sur son menton avec son index, semblant plongé dans une intense réflexion.
« C'est pas elle ? Oh ! Ne me dis pas que… hmmm… oui, ce serait logique vu la tronche de déterré que tu te traînes en ce moment… »
ENFIN, il avait pigé ?
Ah bah quand même !
C'était pas trop tôt !
« … il n'y a pas qu'Hikawa, c'est ça ? Tu en as plusieurs, avoue-le ! Tu n'as perdu de temps, à ce que je vois ! Mais tu as bien raison d'en profiter, les pompiers ont toujours fait beaucoup d'effet aux filles ! Aaaahh intrépide jeunesse ! » Enonça t-il, rêveur.
ARGH ! Mais il le faisait exprès ? Se facepalmant, Kagami étrécit les yeux.
Il était tellement blasé, qu'il se décida à en placer une, quand même.
Juste pour la forme...
« Kiyoshi-senpai… tu as à peine un an de plus que moi… Alors ne parle pas de jeunesse comme si tu étais déjà gâteux… »
Quoique... ça expliquerait certaines choses, en fait...
« Ah mais ! A nos âges, un an ou deux de plus, ça joue beaucoup ! Ca fait même toute la différence, je dirai ! Passé 25 ans, le corps ne récupère plus aussi bien ! »
« ….. j'ai passé 25 ans, je te signale. J'en ai 28, au cas où tu l'aurais zappé… »
« Ah ? Ah oui, vraiment ? On ne dirait pas, pourtant. Tu as toujours la bouille d'un petit piou-piou qui vient à peine de sortir du lycée ! Ahaha ! » Se justifia le brun en repartant dans un fou rire, alors qu'il pinçait la joue de Kagami, tel une petite mémé qui salue son petit-fils favori.
Kagami grogna un peu. Ne venait-il pas juuuuuuuste de lui dire qu'ils n'avaient qu'une toute petite année d'écart d'âge ? Kiyoshi n'était-il donc pas capable de faire ce simple calcul ? Pourquoi se sentait-il obligé de le traiter comme un gosse ? Mouais… Kiyoshi était plutôt dans la lune, comme d'habitude… Ca avait surpris Kagami aussi que son chef devienne subitement distant et froid, comme on est en droit de l'attendre d'un vrai supérieur hiérarchique. Dire que le rouge avait craint un court instant de se faire passer un savon… il se sentait un peu ridicule à présent. Mais cette attitude distante n'avait duré que quelques secondes lorsqu'ils avaient pénétré dans le bureau...
… Car Kiyoshi venait définitivement de prouver qu'il ne savait pas réprimander ses troupes.
Pas qu'il manquait d'autorité, mais plutôt de volonté. On sentait que Kiyoshi ne souhaitait pas jouer au gendarme avec ses équipiers. Distribuer des blâmes, des mises en demeure et congédier des gens semblait contraire à l'éthique professionnelle de ce gros nounours qui préférait distribuer bons points, compliments et câlins à la place.
« Bon alors quoi ? Si ce ne sont pas les filles qui t'épuisent, qu'est-ce que c'est ? Tu as un second boulot alimentaire, en dehors de celui de pompier ? Tu… ne me dis pas que… tu bosses comme strip teaser dans un club louche pour boucler tes fins de mois ! Ohhhh je parie que c'est un repaire de dangereux bandits, comme dans les films ! Tu as déjà vu des yakuzas en vrai ? Est-ce qu'ils laissent de gros pourboires ? Ca m'intéresse de savoir ! Mais c'est pas pour moi, hein ! C'est pour un ami… j'me renseigne, c'est tout ! » Babilla Kiyoshi, secouant les mains comme pour se dédouaner.
Oh fuck…
Un long soupir de consternation franchit les lèvres de Kagami. Il commençait vraiment à être exaspéré là… et décontenancé par la profonde naïveté de son chef…Kiyoshi avait beau être extrêmement compétent sur le terrain, paradoxalement, dans la vie civile, il était complètement à l'ouest… A la ramasse, déconnecté de la vie réelle et de ses enjeux. Sans parler de sa capacité de déduction, semblable à celle d'un lampadaire.
Oui, pas de doute, le bonhomme vivait sur une autre planète.
Et ça faisait aussi son charme, en quelque sorte.
Même si là, maintenant, tout de suite, actuellement son insistance avait le don de taper prodigieusement sur les nerfs déjà à vif du pauvre Kagami…
Inspirant profondément pour se donner le courage de parler et donc, d'interrompre le futile blabla de son supérieur, Kagami prit la parole.
« Kiyoshi-senpai… »
Ah ! Le brun ADORAIT qu'on l'appelle ainsi… d'ailleurs, c'était lui qui avait insisté pour que Kagami s'adresse à lui ainsi. Il faut dire que c'était une importante marque de respect aux yeux de Kiyoshi, même si cela paraissait un peu désuet et dépassé pour Kagami.
On n'était plus au collège ni même au lycée, que diantre ! Ce genre de terminaisons distinctives n'avait plus lieu d'être. Mais Kiyoshi les affectionnait tellement que tout le monde s'adressait à lui de cette manière, au sein du bâtiment. Cela devait sans doute lui donner l'illusion d'une certaine proximité avec ses équipes…
En tous cas, Kagami avait inexplicablement de lui parler de son problème, car il était persuadé que le brun saurait lui prêter une oreille attentive, contrairement à Kuroko qui avait tourné sa confidence à la dérision, en plus de la minimiser mais…
Le rouge craignait que les conseils de son chef ne soient tout aussi douteux que ceux de son meilleur ami alors… ses lèvres se mirent subitement à trembler et ses yeux devinrent humides. Sans crier gare, il fondit en larmes dans le bureau.
Frustration + manque de sommeil + colère = cocktail détonnant.
Il avait retenu ses émotions beaucoup trop longtemps.
Il pleurait donc naturellement de rage, à présent.
Kiyoshi se leva instantanément de son fauteuil et il alla tapoter fraternellement dans le dos de son collègue pour qu'il se calme.
Et comme rien n'y faisait, il attrapa sans hésiter Kagami dans ses bras forts, ne résistant pas à l'appel d'un câlin d'apaisement. Le roux n'était pas le premier à craquer dans son bureau et sûrement pas le dernier non plus. Et si au départ Kagami se débattit maladroitement pour se libérer de l'étreinte imposée, bien vite, il se tranquillisa, se laissant aller à cette embrassade apaisante.
« Là, là, là… ssshhtt… c'est fini… tout va bien… Allez, on ouvre les vannes un bon coup et on lâche tout… Ca va aller… »
La voix douce de Kiyoshi le berçait chaleureusement.
Ce n'était pas grand-chose, mais pourtant, cela faisait un bien fou…
« Pourquoi ne pas prendre quelques jours de repos et en profiter pour aller voir des amis ou rencontrer des gens ? Tu n'arrêtes pas de courir dans tous les sens depuis que tu travailles ici ! Pas étonnant que tes nerfs et ton corps lâchent ! » Proposa gentiment son chef si compréhensif.
Honnêtement Kagami se sentait nul à chier et vulnérable en cet instant, mais il se fichait bien que quelqu'un entre dans le bureau et les surprenne ainsi. Et même s'il avait l'impression d'être retombé en enfance, tel un gosse de cinq ans quémandant un bisou magique de la part de sa maman, après s'être explosé le genou sur un trottoir.
Il n'avait que faire du jugement des autres !
Parce qu'il mettait QUICONQUE sur Terre au défi de vivre à côté d'un énergumène comme celui qu'il se coltinait et on verrait si au bout de deux jours à peine toute personne normalement constituée n'avait pas détalé en criant au DEMON !
Il n'avait pas honte et il ne rougissait pas de sa performance, plus qu'honorable !
Parce que j'aimerai bien vous y voir, vous, à sa place !
La privation de sommeil est dangereuse pour la santé, ce n'est plus à prouver, mais nous aurons l'occasion de le prouver/voir plus en détails dans cette fic… (oui, je reste volontairement évasive pour ne pas gâcher mon petit effet. Toujours penser à ménager son effet, toujours)
« Je sais que c'est difficile. Cela ne fait que quelques semaines que tu es revenu vivre au Japon et ta famille, tes amis et ton poisson rouge doivent te manquer… Mais tu dois être fort ! »
Oi… c'était quoi ce discours de réconfort baveux, digne d'un shônen de bas étage ? Kagami redressa la tête, sourcils relevés.
Sincèrement ? Kiyoshi attribuait son craquage nerveux à l'éloignement et à l'expatriation ?
Le beau brun se paya même le luxe de poursuivre sur sa lancée.
« Je comprends que tu sois triste qu'aucune fille ne t'ait encore remarqué. A ta place, moi aussi, je me sentirai misérable ! Mais si tu ne te remues pas l'arrière-train, tu vas rester célibataire encore longtemps ! Et tu risques même de finir vieux garçon, si tu continues ainsi ! »
Mais, mais, mais, mais…
QUOI ?!
Il commençait à se sentir insulté là !
Et puis, quel rapport avec son voisin Bono(bo) ? Pourquoi Kiyoshi lui parlait de ça d'abord ! C'était n'importe quoi ! Et certainement pas la cause de son émoi !
…
Ou peut-être que si… ?
Ca se trouve, il était INCONSCIEMMENT jaloux de cet Ahomine qui emballait à tour de bras et levait de la grognasse à ne plus savoir quoi en foutre, dans tous les sens du terme…
Et dans ce cas, cela voudrait dire que les galipettes de son voisin le renvoyaient à sa propre solitude dévorante, avec une telle brutalité que Kagami ne parviendrait plus à supporter sa condition ? Ni son célibat forcé ?
No wait... ! C'était un choix, non ? SON choix ! D'ailleurs, il n'était pas seul parce que personne ne voulait de lui, mais uniquement parce qu'il n'avait pas encore trouvé chaussure à son pied, NUANCE ! De toute façon, il venait à peine d'arriver en ville et son travail était tellement prenant qu'il n'avait pas encore eu le temps de sortir pour écumer les bars à la recherche d'un partenaire !
Bon ok, c'était une semi-fausse excuse, parce que quand bien-même il aurait quelques disponibilités dans son emploi du temps, Kagami n'était pas sûr d'avoir réellement envie de se lancer dans cette quête un peu absurde…
… Quoi que, oui, bon, ok, il devait admettre que sa solitude commençait effectivement à lui peser légèrement, surtout dans une ville inconnue, dans un pays inconnu… et même s'il avait Kuroko et Tatsuya auprès de lui, eux aussi avaient leurs propres vies et ils n'avaient pas non plus beaucoup d'attention à lui consacrer… C'était une simple constatation et en aucun cas un reproche. La vie d'adulte et les responsabilités qui vont avec (comme par exemple devoir bosser pour payer son loyer), l'éloignaient de ses amis proches…
Et il n'y avait rien à faire pour l'empêcher.
C'était le cours naturel des choses.
Il devrait donc combler son manque et donner son affection qui ne demandait qu'à s'exprimer à un partenaire amoureux à présent, et non à ses amis. Il était peut-être temps pour lui de trouver ce quelqu'un qui vous attend le soir lorsque vous rentrez épuisé de votre journée de dur labeur, cette âme sœur qui vous soutient et rend le quotidien moins maussade…
Celle pour qui la vie vaut la peine d'être vécue.
Et quand enfin il mettra la main sur cette perle rare, sur cette moitié qui fera un bout de chemin avec lui, alors Kagami se sentira enfin complet et se moquera bien que le voisin continue son ramdam jusqu'au restant de ses jours (ou plutôt jusqu'à ce que ses testicules soient aussi ramollies que des raisins secs, cette hypothèse paraissant nettement plus probable…)
« Hmpff… tu parles comme une amie à moi… » Bouda un peu Kagami, en se dégageant de l'embrassade.
« Ah oui ? Une Américaine ? »
« Hmm… ouais… c'est mon mentor, je crois que je t'en ai déjà parlé ? »
« Alex-san, c'est bien ça ? Celle qui t'a appris à jouer au basketball ! »
Kagami hocha de la tête en signe d'approbation.
« Tiens, en parlant de basketball… c'est la semaine prochaine que notre équipe doit affronter la « Tokyo Metropolitan Police Departement ». Nous comptons tous sur toi pour nous mener à la victoire, alors j'espère que tu es prêt ! »
« Et comment ! On va les massacrer ! » S'enthousiasma Kagami en retrouvant le sourire.
Ahhh ! « Ball is Life » ! C'était sa devise dans la vie !
Un de ses rares plaisirs !
En effet, depuis sa plus tendre enfance, le rouge avait été bercé par les exploits de son idole Michael Jordan. C'était d'ailleurs grâce à sa passion pour le basketball qui Kagami avait fait la connaissance de Tatsuya, qu'il considérait comme son frère et d'Alex, une ancienne joueuse de WMA qui était rapidement devenue leur coach. Il faut dire qu'aux USA, le basket est une véritable institution et le tigre avait traîné ses guêtres sur bien des terrains, écumant les tournois et les gymnases à la recherche d'adversaires forts.
Et pour tout dire, il était loin d'être mauvais. Il avait d'ailleurs envisagé pendant un temps de passer professionnel dans ce sport qui lui tenait tellement à cœur, mais malheureusement, et malgré un indéniable potentiel, ses rêves de gloire avaient tournés courts, suite à une regrettable blessure au mollet gauche…
Alors… en arrivant à Tokyo, il avait été ravi d'apprendre que les soldats du feu possédaient leur propre équipe de basket amateur. Sans même chercher à connaître le niveau de la team, Kagami s'était empressé de s'inscrire ! D'une part, parce qu'il aimait bien trop ce sport pour le laisser derrière lui et l'oublier complètement et d'autre part, parce que les matchs endiablés de basket lui rappelaient son cher pays, ainsi que ses proches restés là-bas…
C'était son oxygène. Il en avait besoin pour vivre et se vider la tête.
Pour conserver un semblant d'équilibre mental et se dépenser physiquement.
Ca faisait partie de lui.
C'était en lui.
Et pour cause, si le basket était une religion, alors Kagami en serait le tout premier fanatique.
Kiyoshi était d'ailleurs le capitaine émérite de ce collectif plutôt solide et les résultats de leur modeste équipe s'étaient considérablement améliorés depuis l'intégration de Kagami, qui s'était facilement imposé dans le rôle de l'as incontournable.
C'était donc avec beaucoup d'assiduité et malgré une fatigue prépondérante, que Kagami préparait déjà cette prochaine rencontre prometteuse. Leurs adversaires, les policiers de Tokyo figuraient parmi les équipes les plus titrées de la métropole et une tenace légende urbaine prétendait même que l'un de leurs joueurs avait été courtisé par l'équipe professionnelle des « Tokyo Cinq Rêves »… Ce qui laissait Kagami particulièrement songeur et excité ! Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus affronté un rival digne de ce nom, y compris en Amérique ! Rien que d'y penser, il en avait des fourmis dans les bras et les jambes !
Difficile de tenir en place avec un tel défi à portée de main !
Il lui tardait donc d'y être et de pouvoir juger par lui-même si ce soi-disant prodige était à la hauteur de sa réputation… et des attentes que Kagami plaçait en lui !
Et il ne savait pas encore avec certitude à quel point ce match allait chambouler sa vie...
Dix-sept heures.
Fin du shift.
Kagami allait pouvoir rentrer chez lui, mais à vrai dire, il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou le déplorer. En effet, qui pouvait prédire si son taré de voisin déciderait ce soir encore de se lancer dans un marathon de débauche ? Alors Kagami appréhendait un peu de regagner son appartement pour cette raison...
Peut-être qu'il devrait appeler Tatsuya pour le supplier de le laisser squatter son canapé ?
Hmm... mais le beau brun avait un petit-ami en ce moment et Kagami se voyait mal perturber l'intimité de son frère.
Alors Kuroko ?
Mouais.. Casper n'hésiterait pas à l'envoyer sur les roses, sans pitié.
De toute façon, Kagami n'avait pas envie de déranger qui que ce soit à cause de ses problèmes de voisinage...
Résolu, le tigre décida de rentrer sagement. Avec un peu de chance, il réussirait à dormir quelques heures avant que Bono ne revienne dans sa tanière, les crocs chargées de conquêtes.
Mais c'était sans compter sur le destin qui avait d'autres plans pour lui...
Son téléphone portable sonna tout à coup, vibrant dans la poche de son jean. Surpris d'avoir un appel, Kagami constata qu'il ne connaissait pas le numéro à identifiants japonais qui s'affichait sur son appareil.
?
Qui cela pouvait-il bien être ?
« Allô ? » Fit Kagami en décrochant.
« Hey Taiga ! Oh my God, I missed you sooooooo muchhhh ! »
Cette voix féminine... le langage anglais...
Non... impossible...
Ce serait... ?
« Alex ? Is that you?»
« Yesssssss, the one and only ! I'd like to chat but right now, I need your help ! »
Ca c'était bien Alex, droit au but, ne s'encombrant pas de détails ou de faux-semblant.
« My plane just landed a few minutes ago and I'm kinda lost here ! »
« What ? Don't tell me... Are you in Japan ? Where ? »
« Still at the airport. Can you pick me up ? »
« Which aiport ? »
« Narita. »
« Ok, take a coffee, make yourself at ease... I'm on my way ! »
« It was supposed to be a surprise but… I'm glad you're coming for me ! I'll be waiting for you then, bye ! »
Kagami avait retrouvé le sourire lorsqu'il raccrocha. Ca alors, s'il se serait attendu à cela ! Bon, c'était un peu le principe d'une surprise, en même temps ! Mais le rouge était ravi de cette visite improvisée ! Un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal et Alex était un genre de grande sœur de cœur ou de guide spirituel pour lui. Il s'empressa donc de grimper dans sa vieille Subaru au phare arrière cassé et il fonça à travers les rues et les routes parsemant Tokyo.
Parvenant finalement à Narita une demi-heure plus tard, malgré le trafic, il n'eut pas trop de mal à localiser Alex. Il faut dire qu'elle jurait littéralement dans le décor japonais et au milieu des asiatiques. Elle se distinguait même parmi les autres touristes, alors c'était dire !
En effet, la jeune femme était grande et élancée, dotée d'une paire de jambes interminables qui auraient pu la destiner à une carrière toute tracée de mannequin. Ses longs cheveux blonds comme les blés et ses yeux assez clairs, bien que cachés par d'imposantes lunettes carrées, lui conféraient un air exotique, parfaitement indéfinissable.
Si bien qu'un simple coup d'œil ne pouvait suffire à déterminer l'ethnie à laquelle appartenait la belle et pour cause, puisqu'elle était issue de plusieurs mélanges, d'ici et d'ailleurs et cela lui conférait un charme particulier. Son corps fin et musclé d'ancienne sportive professionnelle et sa poitrine voluptueuse n'y étaient bien-sûr pas étrangers non plus…
De nature très expressive, elle l'accueillit en sautillant comme une gamine et en faisant de grands geste de la main :
« Youhouuuuu Taiga ! »
Et à peine était-il sorti de sa voiture pour l'aider à mettre sa valise dans le coffre, que la demoiselle lui sauta au cou et lui roula un patin devant la foule incrédule. En général, les gens ne sont pas aussi démonstratifs et le baiser volé d'Alex à son protégé ne passa donc pas inaperçu…Les regards se braquèrent sur eux comme des caméras et Kagami repoussa vivement son professeur, car il détestait se donner en spectacle.
« Taigaaaaa ! I missed you so much ! Why are you so meaaaan ? » T_T
« Ce genre de gestes ne se fait pas au ici ! Et arrête de brailler comme si tu étais encore aux U.S. ! »
« But… »
« In Japanese, please ? »
« Ok, ok… » Soupira t-elle, abdiquant la mort dans l'âme.
Son japonais était aussi archaïque que rouillé, mais après tout, elle était également ici pour s'améliorer, non ?
« Hmm… tu as fait bon voyage ? » Se radoucit le rouge en mettant ses affaires dans le coffre.
« Oui, merci. Mais c'était long ! »
Tu m'étonnes ! Ca faisait un sacré trajet ! Le Japon et la Californie étaient situés chacun à un coin du globe terrestre !
« Alors je me suis un peu ennuyée… mais heureusement, ma voisine de siège était très sympa ! Elle m'a même invitée chez elle en Hokaido ! Sa famille possède un genre d'auberge avec des sources chaudes, tu te rends compte ?! »
Du Alex tout craché. Sa joie de vivre était communicative et elle se faisait toujours rapidement des amis.
« Ah bah… tant mieux alors. En tous cas, j'suis content que tu sois là. »
« Et moi je suis contente que tu me le dises, Tiger-chan ! » Sourit-elle en lui adressant un clin d'œil coquin.
Les deux compases montèrent dans le bolide du rouge et s'en suivit un trajet animé par les bavardages de la pétillante Alex. Elle parla de tout et de rien, le tenant informé des derniers « potins » et elle en profita également pour prendre des nouvelles de Tatsuya, qui était aussi son ancien élève. Kagami lui promis d'ailleurs qu'ils iraient lui rendre visite très prochainement.
« Tu restes combien de temps ? »
« Trois semaines. J'ai pris ces billets d'avion sur un coup de tête car toi et Tatsuya vous me manquiez trop ! Mais ne t'en fais pas, je ne compte pas m'imposer chez toi. J'irai à l'hôtel dès demain, alors si tu pouvais juste me dépanner cette nuit, ce serait chouette… après j'irai sûrement dans la semaine chez mon amie pour profiter des sources chaudes ahaha ! »
« Alex ! Tu es mon invitée et il est hors de question que je te laisse dormir à l'hôtel le temps que tu resteras à Tokyo. ! Et puis, il y a une chambre d'ami chez moi, de toute façon. J'ai bien assez de place pour t'accueillir ! »
« C'est vrai ? Mais que va dire ton chéri ? »
Kagami piqua un fard. Même si Alex connaissait ses préférences sexuelles, cela faisait toujours aussi bizarre d'entendre ce sujet être abordé si naturellement dans la conversation.
« J'en ai pas en ce moment… » Confessa Kagami à voix basse, comme s'il en avait honte.
Pas que ce soit le cas, mais ça faisait un petit moment que qu'il était célibataire et surtout, Alex n'était pas sans savoir que le tigre avait quitté l'Amérique suite à une rupture douloureuse. Et s'il était encore seul, la belle blonde risquait de supposer que c'était parce qu'il n'avait pas encore oublié son ex-petit ami.
« Il est temps de tourner la page, tu sais. »
Kagami ne répondit pas. A quoi bon ? Elle avait clairement raison, mais malheureusement, la situation n'était pas aussi simple. Il ne suffisait pas de changer de continent et de claquer des doigts pour se sortir de la tête, la personne avec laquelle on a vécu trois ans d'amour passionné.
« Est-ce que tu sors au moins ? Tu t'es fait des potes de ton âge ? »
« Alex, je suis ici depuis à peine deux mois… laisse-moi le temps. J'ai d'autres priorités que de me trouver un nouveau petit-ami. »
« Ah oui ? Et lesquelles ? »
« Ben heu… je dois me concentrer sur mon travail ! » Mentit le rouge.
« Ohhh Taiga ! A d'autres, hein ! Je sais que tu es un excellent pompier, alors ne te cherche pas d'excuse ! Tu as déjà tout ce qu'il te faut ! Une bonne situation professionnelle, un appartement bien situé et tu es en bonne santé ! En plus, Tatsuya vit à Tokyo lui aussi maintenant, tu n'es donc pas totalement seul ! Il ne te manque plus qu'un amoureux pour que ton bonheur soit parfait ! »
Amusant de constater qu'avec Alex, tout semblait toujours d'une simplicité enfantine.
Alors que la réalité était toute autre.
« Ecoute Alex, tu ne comprends pas… »
« Oh que si je comprends très bien ! Cesse de te cacher derrière des prétextes bidons ! Quand on tombe de cheval, il ne faut pas attendre pour se remettre en selle ! Te retrouver un chéri est le meilleur moyen de panser tes plaies au cœur ! Cela devrait être ta priorité du moment !» L'encouragea t-elle en brandissant le poing.
Malgré ce beau discours passionné, Kagami était plutôt réticent à appliquer la méthode suggérée par Alex. Pour être franc, cela lui posait un problème d'ordre éthique et moral. Il ne se voyait pas succomber à un autre gars, juste dans le but d'oublier son ancien fiancé ! Ce serait… vraiment malhonnête et avilissant de profiter ainsi d'un pauvre type qui passait par-là et de se servir de lui comme bouche-trou ! Non, une telle attitude ne lui ressemblait pas et puis, il ne se sentait pas encore prêt à sortir draguouiller de toute façon. C'était encore bien trop frais dans sa tête…
Il avait été trompé, bafoué, humilié…
Se taper le premier venu n'aurait donc aucun sens. Ca ne l'aiderait pas à reprendre confiance en lui, ni à refaire confiance…
Il avait besoin d'un peu plus de temps pour digérer cette rupture...
« Alex, je sais que tu t'inquiètes pour moi et je t'en remercie. Mais je t'assure que tout va bien à ce niveau-là. Par contre, j'ai plutôt envie de déménager, là, maintenant, tout de suite, alors tu vois, me trouver un nouveau mec est bien le cadet de mes soucis. »
« Hein ? Quoi ? Sérieux ? Mais pourquoi tu veux déjà partir ? Je croyais que ton appart' était assez spacieux et que le loyer n'était pas très élevé, en plus ! C'est rare à Tokyo ! »
« C'est pas mon appartement qui pose problème. Il me plaît beaucoup et je m'y sens très bien. Non, le souci, c'est mon VOISIN ! J'ai envie de l'étranger ! »
« Vraiment ? Et c'est juste à cause de lui que tu veux déménager ? Qu'a t-il de si monstrueux ? C'est vieil obèse aigri et exhibitionniste qui sent le poisson pourri ? »
Hmm... non, ça c'était l'ancien voisin de Kagami, lorsqu'il habitait encore à L.A... Mais en comparaison, son nouveau voisin était PIRE, c'était dire l'étendue de la catastrophe !
« Si seulement ce n'était que ça... J'en viendrai presque à regretter Mister Jensen ! »
« Ohhh je suis sûre que tu exagères ! Il ne doit pas être si méchant que ça… »
« Non, bien-sûr que non, il a juste transformé ma vie en enfer, mais à part ça, tout va bien ! »
« Que peut-il bien te faire de si terrible ? Raconte-moi ! » Exigea t-elle en se penchant sur son siège.
Kagami soupira et il se crispa un peu sur son volant. Rien que d'évoquer ce bâtard lui filait des sueurs froides.
Et des envies d'homicide.
Il expliqua donc assez sommairement les tortures nocturnes infligées par son cher voisin, mais il ne s'attarda pas trop dessus, car la colère montait en lui dès qu'il évoquait ses frasques.
Alex l'écouta sagement, clignant un peu des yeux avec incrédulité face à ce récit décousu.
Waouh. Ca la laissait aussi perplexe que rêveuse ! Pour le coup, elle ne savait pas trop comment réagir... devait-elle avoir pitié de Taiga ou l'envier ?
« Attends, il fait quoi dans la vie ? Gigolo ? Acteur de films X ? »
« J'en sais rien, mais il me rend chèvre, en tous cas ! Je commence même à penser que c'est ça son vrai métier : me faire chier ! C'est un emmerdeur professionnel, tu peux me croire !»
« Ca a l'air compliqué comme situation, en effet... »
« Si tu savais ! J'ai tellement envie d'aller défoncer sa porte à la hache de pompier et de faire la même chose avec son crâne ensuite ! »
« Hmm… du calme Taiga, tu vaux mieux que lui, ne t'abaisse pas à son niveau. Il te cherche, j'en suis persuadée, alors ne lui donne pas gain de cause ! » Tenta t-elle de temporiser néanmoins.
« Et qu'est-ce que je suis sensé faire ? Balancer des fumigènes sous sa porte, en espérant qu'il meurt par suffocation ? »
« Non. »
« Teindre ses sous-vêtements en jaune fluo ? »
« Non. »
« L'empoisonner ! »
« NON ! »
« Tu sais, ça irait plus vite si tu me disais ce que tu attends de moi directement, au lieu de me laisser lister toutes les options de vengeance… »
« Finalement, tu es au même niveau de gaminerie que lui, on dirait. »
« Et tu voudrais que je te réponde quoi ? Que je vais demander à mon proprio de faire insonoriser les murs ? Que je vais investir dans une paire de boules quiès ? »
« Yeah… something like that. It would be a good start. » Approuva Alex en hochant de la tête. « Tu pourrais également aller sonner à sa porte et essayer une nouvelle fois de t'expliquer avec lui ! »
« Ah quoi bon ? Il fait la sourde oreille ! J'ai déjà essayé, tu sais, mais il m'évite ! C'est peine perdue !»
« C'est parce qu'il doit sentir que s'il t'ouvre, il risque sa vie ! Tu dois te montrer plus aimable, Taiga ! Tu fais peur aux gens, tu es trop impulsif ! Pourtant, je croyais qu'avec le métier que tu fais, dans lequel il est question de vie ou de mort à la moindre erreur, tu aurais appris à te contrôler mieux que cela, mais non, même pas… » Le réprimanda la blonde en croisant les bras.
« Heyyy ! That was harsh ! » Déplora le tigre, sourcils froncés. « J'suis pas constamment énervé non plus ! Mais tu avoueras que là, il y a de quoi l'être quand même ! Ce type n'a strictement aucun respect, ni aucun savoir vivre ! Et il le sait ! Résultat : il se planque comme un lâche, sans assumer ! »
« Taiga… Stop acting like a child… you're so immature sometimes… » Soupira t-elle, le fixant avec sévérité.
Elle pouvait parler, elle. Le jeune homme était bien plus responsable et indépendant qu'elle, malgré leur important écart d'âge ! Cela faisait des années qu'il s'assumait seul, depuis l'adolescence, en fait… Mais Alex avait quand même un peu raison : il agissait vraiment comme un maniaque dérangé, dernièrement… Il ne se reconnaissait plus, la privation de sommeil avait de bien indésirables effets sur son comportement…
« …. Ok, fine ! Fais-moi penser à passer à la pharmacie pour acheter des boules quiès, en rentrant… »
« Good Boy ! » Le félicita t-elle, tapant doucement sur sa tête.
… A vrai dire, tout ceci arrangeait bien Kagami. Ah Alex ne voulait pas le croire ? Elle minimisait sa souffrance ? Et bien, elle allait pouvoir juger par elle-même de l'ampleur du phénomène dans quelques heures ! En effet, aujourd'hui, nous étions vendredi. Ce soir, ce serait donc le début du week-end, aka LE moment propice à toutes les folies ! En admettant qu'il ne bosse pas cette nuit, son voisin n'allait certainement pas laisser passer la promesse d'une grasse matinée le lendemain et il allait sûrement en profiter pour rentrer en galante compagnie, avant de se lancer dans une séance de sport à l'horizontale...
Ainsi, Alex aurait-elle un parfait aperçu de ce que Kagami était contrait d'endurer quasi quotidiennement.
Le rouge se hâta donc de rentrer et il passa à la pharmacie la proche pour prendre les boules quiès les plus épaisses qu'il trouva, par précaution. Puis, il passa une fin d'après-midi tranquille avec son mentor, s'autorisant même une partie de basket endiablée et une livraison à domicile de plats mexicains pour fêter leurs retrouvailles.
Lorsque la nuit tomba, ils s'installèrent devant un drama qui passait à la télévision, ne l'écoutant que d'une oreille, tant ils avaient de temps perdu à rattraper. Tatsuya était en service ce soir, alors ils convinrent d'aller lui rendre visite à son appartement dès le lendemain pour qu'il présente à Alex son petit-ami de manière officielle. L'approbation de cette dernière au sujet de leurs amours étant en effet capitale pour les deux frères. Onze heures sonnèrent à la grande horloge de Kagami et la blonde laissa échapper un bâillement qui en disait long sur sa fatigue et le contrecoup du décalage horaire qu'elle subissait.
Gentiment, le jeune homme alla préparer le futon de son invitée et il se coucha paisiblement à son tour, non sans s'être équipé de ses précieuses nouvelles meilleures amies en cire. Il les installa bien au chaud dans son conduit auditif, dans l'espoir un peu fou de passer une bonne nuit de sommeil réparatrice.
Mais bien entendu, rien ne se passa comme prévu.
Ou plutôt si.
Car vers deux heures du matin, Kagami se réveilla en sursaut.
Comme c'était souvent le cas les autres jours de la semaine...
Et malgré ses boules quiès toujours bien logées dans ses oreilles, rien n'y faisait.
Son voisin avait décidé de s'envoyer en l'air et il faisait trembler les murs.
Il ne fallut attendre que quelques minutes pour que la porte de sa chambre s'ouvre avec fracas sur une Alex décoiffée, en string et débardeur spécial « poitrine apparente » (sans soutien-gorge en dessous, évidemment). La demoiselle rampa mollement jusqu'au lit de Kagami et elle se frotta les yeux. Une bretelle de son marcel glissa stratégiquement sur son épaule, menaçant de dévoiler un sein rond, mais cela ne l'empêcha pas de se blottir impudiquement contre le rouge.
Voix enrouée et encore à moitié endormie, elle demanda désespérément :
« Taiga… gimme your earplugs… please… I might be dying… »
« Sorry Alex… Mais ça ne changera rien... J'en porte actuellement et pourtant, j'ai été réveillé tout comme toi. »
« Mais c'est pas possible de faire autant de boucan ! On dirait deux orang-outans qui s'accouplent ! »
« Je sais. C'est assez insupportable, pas vrai ? »
La blonde eut beau attraper un oreiller et se l'enfoncer sur la tête de toutes ses forces, impossible de faire abstraction des bruits de bêtes en chaleur émis par les voisins.
« Unbelievable ! Et c'est comme ça tous les soirs, tu dis ? »
« Pretty much... » Confirma le rouge d'un hochement de tête.
« Mais… Comment fait ce type pour ramener des filles aussi souvent ? Il les drogue ou quoi ? »
« A mon avis, il doit les payer. »
« Vu la fréquence de ses rapports sexuels, c'est un miracle que sa dick ne soit pas encore tombée ! »
« Yes… et qu'il ne se soit pas déjà choppé une batterie de MST…. »
« Si ça se trouve, il a une tripotée d'enfants illégitimes, à force de semer sa graine aux quatre vents… »
« Tu m'étonnes ! T'es vraiment certaine que le poison n'est pas une option envisageable ? Ou la castration chimique, au moins ! »
« Là je serai plutôt d'avis de lui faire une castration manuelle ! Non mais sincèrement, il va les pêcher où ses morues ? Il les recrute à un concours de vocalises et il choisit celles qui arrivent à faire exploser le plus de verres en cristal, rien qu'au soin de leur voix ? Arrrgggh ! » Fit-elle en mordant nerveusement le drap de Kagami.
« C'est pas bientôt fini oui, ce bordel ?! Faut arrêter de gober du viagra, comme si c'était des bonbons ! » Cria Kagami en jouant du coude contre la fine cloison, qui trembla sous ses coups.
Mais brusquement, alors qu'Alex était en train de s'arracher les cheveux en balbutiant des paroles inintelligibles en anglais, Kagami perçut la sonnerie d'un téléphone de l'autre côté du mur.
Le bruit cessa instantanément.
Curieux, le rouge colla son oreille contre la séparation pour essayer de comprendre ce qui se passait. Il ne tarda pas à capter que son voisin avait interrompu sa partie de jambes en Scrabble dénudé pour aller répondre à l'appel téléphonique, puisque Kagami arrivait à présent à l'entendre parler de sa voix rauque.
Quant à savoir qui pouvait bien chercher à le joindre à une heure pareille, le tigre s'en moquait bien, parce que tout ce qui comptait, c'était que cet appel soit suffisamment important pour que le gars ait été obligé d'arrêter de pilonner cette pauvre fille. D'ailleurs, c'était peut-être le mari de la demoiselle au téléphone, qui insultait copieusement Bono !
Ou quelqu'un qui signalait son enlèvement.
En tous cas, cet appel inespéré fut diablement efficace, puisque non seulement le type s'était stoppé net pour aller répondre, plantant sans hésiter sa partenaire, mais en plus, Kagami crut entendre une porte claquer chez son voisin et vu la proximité du son, il s'agissait sans doute de celle de la chambre à coucher ! En conclusion, soit son voisin venait de mettre la nana dehors, soit il venait de sortir lui-même, mais une chose était sûre : bientôt ce carrément fut la porte d'entrée qui claqua avec force et fit vibrer le petit appartement de Kagami, signalant un probable départ des principaux protagonistes.
Ne souhaitant cependant pas se réjouir trop vite, il attendit quelques secondes pour en avoir la confirmation et pas de doute...
Le silence était enfin revenu, s'installant pour de bon… ce qui renforça la supposition de Kagami :
LUI ET ALEX ALLAIENT ENFIN POUVOIR DORMIR !
YATAAAHHH !
VICTORY !
Il ignorait quelle force de l'Univers avait eu pitié d'eux, mais en tous cas, le raisonnement de Kagami se vérifia. On n'entendait effectivement plus une mouche péter de l'autre côté, preuve que le capitaine des lieux avait quitté le navire !
Des larmes de joie et de soulagement perlèrent au coin des yeux de l'apprenti et de son maître et ils se sautèrent dans les bras l'un de l'autre, affichant un sourire triomphant.
Enfin, ils allaient pouvoir passer une nuit COMPLETE !
Enfin, ils bénéficiaient d'un répit bien mérité !
Enfin, les prières avaient été exaucées.
Les deux amis n'eurent cependant pas le temps de fêter dignement le départ du tyran, que déjà, ils s'écroulèrent de sommeil dans des positions hautement improbables…
Et pour la première fois depuis 8 jours, 21 heures, 36 minutes et 10 secondes, Kagami passa une agréable nuit continue, sans interruption…
Aomine ne rentra que vers 9 heures ce matin-là.
L'intervention s'était éternisée, pour son plus grand malheur et il avait passé toute la nuit dehors.
Merde.
Dire qu'il n'avait même pas eu le temps de finir sa petite affaire et le préservatif – vide – qui le narguait avec insolence, depuis la corbeille de sa chambre, était là pour le lui rappeler. D'ailleurs, pas sûr qu'il parvienne à remettre la main sur cette fille. Marika… Maria… Melinda ? Bref, mieux valait qu'il l'oublie de la même manière qu'il avait zappé son prénom. Dommage, parce qu'il avait adoré la façon dont elle gigotait en couinant sur son siège pendant la soirée, un peu comme si elle avait des oursins dans la culottes. Sans compter qu'elle était tout de même sacrément mignonne. Mais après tout, n'était-ce pas le cas de toutes ses conquêtes, sans exception ?
Aomine Daiki ne baise pas les cageots.
Et ce n'est même pas négociable...
Mais à cause de ce con de Wakamatsu qui s'était pris une balle dans le cul, suite à une intervention nocturne musclée, Aomine était débordé en ce moment. Imayoshi, son chef, ne le lâchait pas et semblait même prendre un malin plaisir à interrompre ses jours de repos, en l'envoyant sur les missions dont personne ne voulait. Le brun était donc souvent désigné pour remplacer au pied levé son coéquipier blessé, tant les policiers de son district étaient en sous-effectifs.
Et franchement, ça le soûlait de multiplier ainsi les heures supplémentaires...
Hier par exemple, il avait dû interrompre un coït prometteur pour filer à l'autre bout de Tokyo en urgence et empêcher un concours de drift sauvage entre gangs ennemis. Et ces mecs-là n'étaient des tendres… c'était d'ailleurs à cause de faits similaires que Wakamatsu s'était fait percer un second anus, pas plus tard que la semaine dernière.
Autant dire que dernièrement, il était sur les nerfs. Encore plus que d'habitude. Et le cruel manque de sommeil qui gangrénait son corps était un facteur aggravant. Mais Tokyo est une vielle qui ne dort jamais et Aomine était mieux placé que quiconque pour savoir que le crime en particulier, ne connait pas de repos. D'ailleurs, il regrettait presque de ne pas avoir accepté cette mutation à la campagne que lui avait proposé son chef, suite au fameux « indicent » survenu il y a quasiment un an.
En fait, il n'y avait guère que le sexe à outrance et la boisson aussi, mais de manière plus occasionnelle, qui arrivaient à calmer temporairement ses angoisses existentielles et ses tendances à l'auto-destruction. Mais ses démons n'avaient pas disparu pour autant… disons qu'ils avaient partiellement été gommés par d'autres vices tous aussi virulents…
Et le sexe, justement, occupait une grande partie de ses pensées et de son temps libre…
Depuis quelques semaines, dès qu'il avait une soirée de libre, le brun la passait dehors, à écumer les bars. Il n'était pas assez désespéré pour se faire pigeonner dans un bar à hôtesses et y claquer tout son fric. Non, il lui fallait du CONCRET. Pas simplement de belles paroles dictées par des filles impossibles à atteindre, ne jouant la carte de la compassion avec lui que dans le but à peine voilé de le délester de sa maigre pension de flic…
De la chaleur humaine…
De la sueur qui perle qui sur la poitrine rebondie de ses amantes…
Quelque chose de palpable…
La peau qui claque au rythme de ses coups de reins furieux….
Les cris orgasmiques des sirènes qui réclament et encensent sa férocité…
Aomine sortit prendre l'air sur son balcon.
Tokyo, la ville qui ne dort jamais, mais capitale du Pays du Soleil Levant…
Quel paradoxe…
Tout comme lui…
Cette ville, c'était lui.
Sauvage, indomptable, bourrée de contradictions…
Glissant une tige de nicotine allumée entre ses lèvres, le policier fixa machinalement l'horizon. Il inspira une bonne bouffée de poison comme pour faire le point.
Le sexe…
Ca devenait un peu hors de contrôle, non ?
Il avait besoin de sa dose journalière, pourtant. Tel un de ces putains de junkies défoncés qu'il croisait parfois dans des squats. Au final, c'était la même chose ? Il ne valait pas mieux qu'eux.
Car c'était la seule chose qui le faisait se sentir vivant…
Mais brusquement, alors qu'il était plongé dans ses pensées déprimantes, quelque chose se posa sur ses yeux et brouilla sa vue. Un morceau de tissu, poussé par le vent, était venu se coller à son une feuille morte Aomine maugréa et attrapa l'objet coupable, prêt à lui dresser un procès-verbal pour « stationnement gênant » en bonne et due forme, lorsque soudain, il réalisa de QUOI il était question. Contemplant la forme caractéristique de la chose, l'étirant et la caressant sous son toucher plus habitué aux doigtés vaginaux ou aux fouilles corporelles, Aomine retrouva subitement le sourire.
Pas de doute.
L'identification était formelle.
Un string rose en satin.
Venait de lui voler dans les plumes.
D'où pouvait-il bien provenir et comment était-il arrivé là ? Aomine tourna la tête vers la gauche, dans le sens du vent d'où lui était parvenu le sous-vêtement délicat. Tiens ? Mais le string s'était fait la malle directement depuis le balcon de sa voisine, cette chèèèère Taiga ! Voyons voir cela ! Le brun s'approcha autant qu'il le put de l'autre appartement, légèrement incrédule. Apparemment, la p'tite mémé laissait son linge propre sécher à l'air libre sur une corde et…
Bordel !
C'est qu'elle avait une véritable collection de dessous affriolants la coquine !
Il ne s'attendait vraiment pas à ça de la part d'une grand-mère qui vit seule avec son chat !
En effet, Aomine pouvait clairement distinguer de la dentelle, du satin et du tulle, le tout dans des couleurs bariolées qui égayaient le paysage ! Quant à la taille des sous-vêtements incriminés, elle était tout à fait respectable, voire même carrément inspirante ! En aucun cas celle d'une mamie de soixante dix-huit balais révolus !
Mais alors, son flair d'enquêteur l'aurait-il trahi ? Malaxant doucement le tissu toujours prisonnier de son poing comme pour se déstresser (les sous-vêtements féminins avaient toujours eu cet effet apaisant sur lui…), il se mit à sérieusement réviser son jugement.
Et si Taiga-san n'était autre qu'une délicieuse jeune femme, dans la fleur de l'âge ? (et de toute évidence, mannequin spécial « poitrines généreuses », à en croire le diamètre exaltant du seul soutien-gorge qui pendait également à la corde ! A la louche, l'œil d'expert d'Aomine y voyait au moins un joli bonnet E, voire peut-être même un F !)
Voilà qui changeait complètement la donne !
Jetant son mégot de cigarette par terre, il l'écrasa avec le talon de son pied, puis il se rua à l'intérieur de son appartement. Sans lâcher le précieux cadeau que lui avait livré UPS/Eole, bien entendu.
Il devait ABSOLUMENT trouver un moyen de déloger sa supposément plantureuse voisine de sa tanière pour vérifier ses déductions scientifiques !
Fouillant dans le tas informe de factures et autres documents administratifs barbants qui trônait fièrement sur son meuble à chaussures, dans l'entrée, il parvint non sans mal à remettre la main sur la missive qu'il avait rédigé à l'encontre de sa tendre voisine. Mais au lieu de déchirer ce petit mot d'amour comme les nouvelles circonstances de l'affaire (et la bienséance) le suggéraient, Aomine se précipita avec, dehors.
Il devait en avoir leur cœur net, alors se positionna ensuite bien devant la porte de l'appartement qui se trouvait à côté du sien et il sonna, avant de déposer à la hâte son billet doux sur le paillasson fleuri qui ornait le sol et sur lequel on pouvait lire « WELCOME ».
Ayant entendu des bruits de pas s'approcher pour venir voir ce dont il s'agissait, Aomine fonça immédiatement se cacher derrière un mur. Ahaha ! Ca devenait vraiment intéressant, excitant, même ! Ca lui rappelait le boulot, tant il avait l'impression d'être en planque, en train de traquer un potentiel revendeur de drogue. Bien dissimulé dans l'angle du couloir, il attendit sagement et observa. La porte ne tarda pas à s'ouvrir sur une MAGNIFIQUE CREATURE DE SEXE FEMININ !
Blonde, des cheveux mi-longs rassemblés en une queue de cheval négligée et vêtue uniquement d'un string blanc à froufrous et d'un tout petit débardeur assorti, qui moulait tellement ses seins, qu'il les faisait ressembler à deux grosses montgolfières.
Elle laissa échapper un bâillement et elle s'étira, ce qui fit rebondir sa poitrine admirable, puis elle se pencha explicitement en avant, pour ramasser la petite note glissée devant sa porte.
Et Aomine n'en perdit pas une miette, bouche grande ouverte et langue presque pendante à l'image d'un chien affamé devant le plus succulent des os à moëlle. A tel point, qu'il n'osait plus bouger de peur d'interrompre cette vision du Paradis sur Terre. Non parce qu'il était forcément en train de rêver là ?
Continuant à serrer le string qu'il conservait jalousement dans sa main comme preuve tangible de l'existence de cette voisine canon, il continua à la mater sans vergogne, jusqu'à ce qu'elle regagne – trop vite à son goût – son appartement. Et seul le claquement de la porte parvint à le sortir de sa béate concentration !
Il lui fallut plusieurs secondes pour se remettre de cette divine apparition !
S'il avait su qu'une telle enchanteresse vivait juste à côté de chez lui, il ne serait certainement pas emmerdé à aller chasser la radasse à l'autre bout de Tokyo !
Cette fille était la PERFECTION incarnée ! Il savait à qui il allait penser en s'astiquant la colonne, ce soir ! (flem' de sortir !) Ca tombait bien, lui qui manquait d'inspiration récemment…
Portant le ridicule petit bout de tissu à ses narines, il en respira avidement le parfum poudré de lessive, déplorant presque sa propreté impeccable…
Finalement remis de ses émotions, il se hâta de rentrer chez lui.
Parce qu'après tout, pourquoi attendre ce soir pour se palucher en l'honneur de sa nouvelle muse ?
Rooohhh mais c'est qu'il était LONG ce chapitre, dites donc ! Et encore, j'ai du le charcuter un peu pour le raccourcir, je ne vous raconte pas la galère ! J'espère malgré tout de même qu'il vous a plu et qu'il n'était pas trop indigeste ! Alors Kiyoshi capitaine des pompiers et Imayoshi en commisaire, vous en pensez quoi ? Et Alex, dans tout ça ? Ao va t-il arriver à ses fins avec elle ? Et quel secret cache t-il ? N'est-il simplement qu'un gros obsédé ou y a t-il quelque chose derrière cette façade ? Kagami se remettra t-il de sa rupture avec son ex ? Et surtout... QUI VA GAGNER LE MATCH DE BASKET POLICIERS VS POMPIERS ?
Comme d'habitude, n'hésitez pas à vous exprimer et à me laisser une ch'tite review en guise de "bonne année" !
Je vous dis à très vite et encore meilleurs voeux pour 2017 !
