Bonsoir. Merci pour vos reviews, c'est toujours agréable de savoir ce que vous pensez de l'histoire.

Bonne lecture :)


Chapitre 12

BPOV

La ville venteuse, là où tout avait commencé.

Ça ne faisait pas longtemps que j'étais partie de Chicago, mais bien sûr, y revenir avec Edward entrainait mon cœur à avoir de drôles de réactions. Notre vol avait été confortable et, comme l'avait promis Alice, nous arrivâmes dans la grisaille. Il ne pleuvait pas encore mais le vent soufflait furieusement et de sombres nuages apparaissent dans le paysage. J'avais quand même la sensation de rentrer à la maison. Avec Edward à mes côtés, cette sensation était maintenant complète.

Edward avait commandé un chauffeur pour venir nous récupérer à l'aéroport et nous amener à la maison de son enfance. A mes yeux, ça semblait un peu ostentatoire de traverser les rues de Chicago en limousine mais Edward avait insisté. Cela m'aurait suffi si nous avions loué une Volvo.

Mes nerfs étaient à vif alors que nous approchions du quartier dans lequel se trouvait la maison des Masens. Les quatre-vingt-dix dernières années avaient bien évidemment changé l'environnement. Je n'avais aucun doute que la maison d'Edward devait être évalué à plusieurs millions, prenant en considération le fait qu'il avait quelques hectares de terrain attachés à la propriété.

''Ça fait longtemps que je n'étais pas revenu à cet endroit,'' chuchota Edward si doucement que je n'étais pas certaine de l'avoir entendu alors que nous arrivions à destination. Nous sortîmes de la voiture et il paya le chauffeur avant de retirer nos bagages du coffre avec facilité, clairement plus préparé que je ne l'étais.

''Pas autant que pour moi,'' ajoutai-je après coup, levant enfin les yeux pour observer ce qui m'entourait.

Elle se tenait là avec tout autant de charme qu'elle en avait eu la première fois que je l'avais vu. Je savais, sans me poser de questions, que cette maison était belle et prestigieuse de l'extérieur mais qu'elle représentait le confort et le foyer à l'intérieur. Je savais qu'au coin, derrière les arbres, se trouvait un jardin où Edward et moi avions échangé notre premier baiser et commencé cette folle aventure. Cet endroit avait été le havre dans lequel nous avions développé et nourris notre relation un amour qui défiait le temps et échappait à la mort.

Je savais maintenant pourquoi j'avais évité cette maison lorsque j'étais revenue vivre à Chicago. Ça ramenait des souvenirs chers à mon cœur. Edward ne mentait pas lorsqu'il avait dit avoir gardé les lieux entretenus durant toutes ces années. Je compris alors que c'était la seule chose qui lui restait de son humanité, un endroit qui lui rappelait d'où il venait, où son histoire avait débuté. Je frissonnai alors que nous montions les marches vers le perron. Quatre-vingt-dix années de vide, et nous voilà enfin main dans la main. Je n'arrivais pas à faire disparaitre la sensation que c'était supposée arriver comme ça.

''De retour à la maison,'' chuchota Edward, tournant la vieille poignée en cuir et m'entrainant à l'intérieur.

Je fus submergée par la nostalgie et les souvenirs de m'être tenue dans cette entrée m'envahirent. Les larmes me vinrent aux yeux alors que l'écho de la voix de mon père, et de celle d'Edward Sénior, résonna dans mon oreille. Je regardai l'escalier et revit Elizabeth les descendre, ressentant à nouveau combien elle m'avait impressionné. Son sourire chaleureux et la manière dont elle avait si facilement rit fit exploser la barrière à l'intérieur de ma poitrine et je laissai toutes les émotions me frapper.

Les larmes brouillaient ma vue et je souris, non seulement parce que j'étais heureuse mais aussi parce que j'avais survécu. J'avais brûlé. Je m'étais détournée de ma famille non pas parce que je le voulais mais parce que c'était nécessaire. J'avais quitté le confort de ma vie avant d'être véritablement prête à franchir ce pas parce que je n'avais pas assez de temps. J'avais caché l'idée d'être avec Edward dans un coin de mon cœur parce que je n'avais jamais pensé qu'il se souviendrait de moi et j'avais eu peur des conséquences que cela aurait sur moi. J'avais dormi dans des centres d'accueil pour sans-abris et travaillé dans des endroits étranges jusqu'à ce que je pense enfin mourir de fatigue. J'avais même pris la décision de rentrer dans le système des familles d'accueil juste pour protéger ce secret.

J'avais toujours avancé même lorsque tout ce que je voulais était d'abandonner. Ma vie était loin de ce que j'avais imaginé la première fois que j'avais franchi le seuil de cette maison, vraiment très loin. Cependant, j'étais là, découvrant ce qui comptait vraiment. J'avais aimé ces gens, mes parents ainsi que ceux d'Edward, et j'avais aimé Edward. Les 90 dernières années avaient eu des conséquences sur ma santé mentale mais j'étais revenue à mon point de départ. Je n'avais plus à m'inquiéter. Je n'avais plus à être seule. Je pouvais enfin respirer et laisser un peu de la peine de côté. J'avais retrouvé Edward, quelque chose que je n'avais jamais cru possible pour moi, pour nous. Plus encore, il me connaissait avant que tout se produise. Il me connaissait lorsque j'étais encore innocente, à la découverte du monde et il m'aimait quand même.

Je savais maintenant que toutes les mauvaises choses qui s'étaient produites avaient un but. Nous nous étions retrouvés, lorsque le moment était bon. Cette malédiction qui planait au-dessus de nous ne pouvait pas nous briser parce que nous avions eu le temps de nous préparer à l'autre, sans le savoir. J'avais acquis une force intérieure pour la supporter et Edward avait acquis le contrôle indispensable pour l'endurer. La meilleure part de ma vie n'était pas brisée et ne le serait jamais. Bien que toute cette souffrance ait été nécessaire, j'aurais dû avoir plus de foi.

''Tout va bien, mon amour ?''

Bien que je sourisse, les larmes coulaient librement sur mes joues. ''On y est arrivé, Edward.''

''Que veux-tu dire ?''

J'essuyai mes larmes et regardai dans ses yeux dorés, cherchant les mots qui lui feraient comprendre ce que tout cela signifiait pour moi. ''J'avais abandonné tout ça. Je t'avais abandonné et caché dans mon cœur pour toujours. J'ai eu tellement tort. Au moment où je pensai que rien de bon ne m'arriverait jamais et que je l'avais accepté, tu es revenu. Sans que cela soit littéral, je viens de réaliser que les 90 années passées n'étaient pas pour que la vie m'endurcisse et me rende amère. Non, nous faisions lentement notre chemin vers l'autre. Nous y sommes arrivés.''

''Oui, on l'a fait.'' Edward me tint contre son torse. Le fait de l'avoir à mes côtés rendait les choses beaucoup plus agréables.

''Est-ce que le piano est toujours dans la salle à manger ?'' demandai-je, désireuse d'explorer le reste de la maison.

''Tu te souviens ?'' dit Edward avec un sourire.

''C'est l'endroit où je t'ai vu pour la première fois,'' répondis-je, marchant dans l'entrée, décorée du papier peint bleu argenté, qui conduisait à ladite salle. L'horloge à pendule que j'avais autrefois admirée se tenait toujours dans le coin. Je fermai les yeux et me souvins du tintement du piano dans la pièce voisine tandis qu'Elizabeth Masen passait ses bras autour de mes épaules et m'expliquait que c'était Edward.

''A quoi penses-tu, Bella ?''

Je souris avec mélancolie et entrai dans la salle que je retrouvais dans le même état qu'autrefois. La table, la cheminée, le piano rien n'avait changé, pas même Edward et moi, bien que la couleur de ses yeux ne soit plus verte. ''Je me souviens de tout dans le moindre détail. J'aimerai que tu sois capable de lire dans mes pensées pour un moment.''

''Moi aussi. Il n'y a vraiment aucune logique dans la façon dont je me souviens des choses. Je me serais souvenu de toi bien plus tôt si c'était lié à des objets.'' Les yeux d'Edward reflétaient la tristesse de son aveu.

J'enroulai mes bras autour de sa taille et pressai mes lèvres contre sa mâchoire. ''Tu jouais un morceau de Beethoven et je me tenais là avec ta mère, en train de te regarder. Tu semblais si sérieux, tes sourcils froncés tandis que tu jouais. Ta concentration m'a attiré. Je suppose que j'étais éblouie.''

''Je me demande si tu m'as ébloui.''

''Je ne fus pas vraiment gentille avec toi,'' admis-je, resserrant mon étreinte.

Edward rit avec légèreté et déposa un baiser sur le sommet de ma tête. ''Avais-je mérité des rebuffades ?''

Je levai les yeux vers lui et mordis ma lèvre avant de lui sourire. ''Un peu, oui. Je t'ai estimé machiste mais en vérité, je ne te comprenais pas encore. Les membres du sexe opposé ne m'avaient jamais parlé que comme si je n'avais qu'un tout petit cerveau. Mais pas toi. J'étais déjà sur la défense avant de réaliser que ce n'était pas nécessaire.''

''Apparemment, tu as fait quelque chose de juste.''

''Oui, on dirait bien.''

Je me dirigeai vers le piano, retirai la protection sur les touches, pressai quelques-unes et souris au son irrégulier que cela produisit. Je n'avais pas appris à bien jouer même si Edward avait tenté de m'apprendre quelques mélodies lorsqu'il était encore humain. Je ris, un souvenir furtif me venant à l'esprit, et levai les yeux vers Edward alors que je m'assis sur le banc.

''Cette chanson est dédiée à Edward Masen, qui me l'a appris en décembre 1917,'' annonçai à voix basse.

Edward était clairement amusé lorsque je commençai la douce mélodie de 'Ah ! vous dirai-je, maman ?'. C'était un morceau facile qui n'utilisait que six notes. Je me souvins de ma fierté lorsque je l'avais appris.

''Bravo !'' hurla Edward tout en applaudissant lorsque j'appuyai sur la dernière touche.

Je ne pus m'empêcher de faire tomber ma tête en arrière et de rire. J'étais heureuse, vraiment véritablement heureuse. C'était une sensation merveilleuse que d'être là avec Edward. ''Merci !''

Edward prit place à mes côtés sur le banc et tapota sur quelques notes, semblant légèrement nerveux. Je reconnus la mélodie presque instantanément et mes yeux s'embuèrent. ''Je ne l'ai pas entendu depuis quasiment un siècle.''

''Je m'en suis souvenu le jour où tu es venue vivre avec nous. J'attendais juste le bon moment pour te la jouer.'' Edward embrassa ma joue et continua à jouer ma berceuse.

Je reposai ma tête contre son épaule et écoutai la musique douce et légèrement mélancolique qu'il avait écrit pour moi toutes ces années auparavant. J'étais une femme incroyablement chanceuse d'avoir un homme tel que lui dans ma vie. Je souris et suivis la mélodie en tapant du pied seulement pour l'entendre s'arrêter brusquement. Je fronçai les sourcils et levai les yeux pour voir que ceux d'Edward étaient fermés et que son corps était tendu. Alarmée, je me connectai à son esprit.

EPOV

J'avais entendu l'arrivée de nos invités, la famille Swan avait dit mon père. Charles Swan était un de ses bons partenaires d'affaires dont il avait fait la connaissance durant l'été alors qu'il visitait New York. Il avait persuadé Charles de déménager à Chicago pour s'associer dans une nouvelle affaire financière. Il m'avait aussi dit que les Swans avaient une fille du même âge que moi, Isabella. J'étais frustré que mon père paraisse pousser des femmes frivoles et insipides près de moi. J'étais presque un homme et je comprenais le principe de la cour mais cela ne m'intéressait pas. Mon piano et la guerre étaient mes seules préoccupations et j'étais arrivé au point de rupture avec ce petit jeu de rencontres fortuites avec les beaux partis de la bonne société.

Ce fut ainsi qu'au lieu d'accueillir les Swans dans l'entrée à côté de mes parents, je décidai de m'asseoir à mon piano et de me mettre à jouer. Cela me permettait toujours d'éclaircir ma tête et de me préparer à l'ouragan créé par le rejet de filles trop enthousiastes. Malheureusement, les Swans allaient rester avec nous quelques semaines en attendant que les travaux se terminent dans leur nouvelle maison. J'espérai qu'il ne serait pas trop compliqué d'éviter cette Isabella.

Je fermai les yeux et laissai mes doigts voler sur les touches en ivoire, poussant mon esprit à atteindre cet endroit où ne se trouvait rien d'autre que la musique et les sensations qu'elle me faisait ressentir. J'aimai me perdre dans les notes et m'échapper du monde. C'était les rares fois où je ne prenais pas le temps de trop réfléchir ou m'inquiéter de tout. Je ne faisais qu'exister.

''C'est notre fils, Edward Junior. Il a un talent musical, comme moi,'' entendis-je ma mère dire à quelqu'un, probablement Isabella.

Ma mère et moi étions proches et elle comprenait mes réticences à choisir une épouse. Je ne voulais pas un joli petit trophée qui provenait d'une bonne famille avec de l'argent. Mes parents furent chanceux aucun d'eux n'avait beaucoup de possessions lorsqu'ils se rencontrèrent et tombèrent amoureux. Ils n'avaient pas les mêmes justifications que moi dans leur choix. Peut-être que j'étais égoïste mais je souhaiterai presque que nous soyons encore pauvres. Ce fut leur début mais avec la détermination de mon père et son dur labeur, il parvint à faire fortune. Il était charismatique et intelligence en plus d'être doté d'une capacité remarquable pour trouver les bonnes opportunités. Il disait toujours que ma mère était la meilleure décision qu'il n'avait jamais prise. Je voulais être en mesure de dire la même chose en me mariant. Je ne voulais pas partager ma vie avec quelqu'un que je pouvais à peine supporter. Je voulais être avec une personne sans laquelle je ne pouvais pas vivre.

Je finis ma composition et levai les yeux, seulement pour voir ma mère se tenir là, sous l'arche, son bras autour des épaules d'une fille qui devait avoir mon âge. Isabelle Swan me regardait et je me sentis soudain intimidé. Ce fut à cause de ses yeux, remplis de curiosité alors que son visage restait relativement impassible. Elle semblait… lasse, si ma connaissance des émotions était correcte. Sa posture était celle de quelqu'un de fier et aucun sourire machinal ne se dessinait sur ses lèvres. Un petit pincement se fit ressentir dans ma poitrine face à cette réalisation. Je voulais qu'elle sourît.

Ma mère brisa ma paralysie en se mettant à parler. ''Edward, je voudrais te présenter Isabella Swan.''

Mes bonnes manières me revinrent et je marchai vers elle, lui offrant un demi-sourire, espérant qu'elle saisisse cette opportunité pour sourire en retour. Elle ne le fit pas. ''Je suis ravie de vous rencontrer, Isabella.''

''Moi, de même.'' Sa voix rauque envoya un frisson le long de mon dos. Elle tendit sa main vers moi et j'allais y déposer un baiser lorsque quelque chose me surpris lorsque nos peaux se touchèrent, ce fut comme un choc électrique. Nous nous serrâmes rapidement les mains et s'éloignâmes, tout en gardant nos yeux fixés sur l'autre. Le plissement de ses paupières m'indiqua qu'elle l'avait aussi ressenti.

Ma mère me lança un étrange petit sourire et je savais qu'elle me parlerait de quelque chose lorsque le moment serait plus approprié. ''Et si nous allions nous installer pour le dîner ?''

''Oui, Mère.''

Isabella et moi la suivirent vers la table de la salle à manger et, après être présenté à Charles et Renée Swan qui étaient arrivés dans la pièce avec mon père, nous prîmes place autour de la table. Je m'assis face à Isabella et observai, fasciné, alors qu'elle déroula sa serviette et la déposa sur ses genoux. Je détestai que la table soit dans mon champ de vision et m'empêche de regarder ses mains, délicates et féminines. Je me sentis idiot lorsque ses yeux se levèrent et se posèrent sur les miens, une boule se formant dans ma gorge. Ses yeux m'observaient comme si elle me scrutait. J'avais la sensation qu'il m'était nécessaire de me redresser et de tenter de dompter mes cheveux un peu mieux. Son effet sur moi était non seulement instantané mais aussi puissant et sans fondement, je ne le comprenais pas.

Oliver servit l'agneau avec la sauce à la menthe et les pommes de terre nouvelles, l'un de mes repas préférés et nous commençâmes tous à avoir une conversation informelle.

''Alors, Edward, ton père me dit que tu considères rejoindre les grands patriotes de ce pays et t'engager dans l'armée cet été,'' commenta Charles.

J'avalai ma nourriture et hochai la tête. ''Oui, je considère le faire, au plus grand désarroi de ma mère mais je trouve que les soldats qui se battent pour leur pays méritent gloire et respect.''

''Tu es un jeune homme bien brave,'' ajouta Renée avec un sourire.

''Je vous remercie, Renée,'' dis-je chaleureusement.

Du coin de l'œil, j'aperçus Bella ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais lorsque sa mère s'exprima, elle serra ses lèvres et se remit à manger. Je ne voulais rien de plus que réentendre sa voix, je tournai donc ma complète attention vers elle et demandai, ''Qu'alliez-vous dire Isabella ?''

Elle posa sa fourchette et me regarda droit dans les yeux. J'étais surpris par l'intelligence et la conviction que j'y vis. Je voulais connaître son esprit. ''J'ai bien peur de devoir vous demander, Edward, où est la gloire dans le fait de participer à une guerre qui laisse non seulement des hommes mais aussi des familles brisés ? A New York, nous vivions à côté de la famille McGregor dont le fils Alec est parti se battre avec les mêmes notions que vous nous avez présentés, pour revenir en novembre dernier aveugle et dans l'incapacité de pouvoir marcher. Est-ce vraiment ce que vous êtes prêt à risquer ? C'était un homme fier et maintenant il dépend de ses parents et des infirmières.''

Personne ne me l'avait jamais dit comme ça. Malheureusement, j'étais têtu. ''Si je meurs ou deviens handicapé à cause de tels évènements, je sais que cela ne sera pas en vain.''

''Êtes-vous vraiment si égoïste ? Si quelque chose vous arrivait, ce qui ne semble pas incommun dans cette guerre : soit vous mourrez et laissez vos parents sans enfant, soit vous êtes handicapé, vous les obligez à s'occuper de vous jusqu'à la fin de leurs jours.''

''C'est peut-être le cas mais ne serait-ce pas plus égoïste de ma part, en tant qu'homme en bonne santé, de ne pas aider notre pays à apporter justice contre les Allemands qui tuent des innocents ?''

Isabella grogna et leva les yeux au ciel, quelque chose que je n'avais jamais vu être fait par une autre fille. Sa frustration était évidente dans le magnifique rougissement qui coloraient ses joues. ''C'est véritablement un monde fou si quelqu'un pense que tuer des gens qui en tuent d'autres est une façon de justifier un acte meurtrier en général. Cela ne vous rend pas meilleur qu'eux. Pouvez-vous honnêtement regarder un homme droit dans les yeux et appuyer sur la gâchette ? Pourriez-vous trouver le courage en vous de faire tomber des bombes sur des zones sachant que des innocents sont mélangés avec les méchants ?''

Perce-moi avec tes mots, Isabella. J'en veux plus. ''Vous ne connaissez pas mon opinion en ce qui concerne ce genre d'actions.''

''Alors, je vous en prie, Edward, apprenez-moi. J'aimerai savoir comment vous justifier de telles atrocités autrement qu'en disant qu'elles ne seront pas commises en vain.'' Un nouveau frisson parcouru mon corps en l'entendant prononcer mon nom.

''Peut-être à un autre moment,'' contrai-je. Je ne savais que dire d'autre.

''Je vous prend au mot,'' dit-elle, m'offrant ce sourire que j'avais tant voulu. C'était plus narquois qu'autre chose mais c'était quand même un sourire.

''Absolument.''

''Splendide, Isabella. Je n'ai jamais vu mon fils céder en premier lors d'une discussion sur ce sujet,'' entendis-je ma mère lui chuchoter.

C'était la vérité. J'étais assez bon à argumenter et obtenir gain de cause mais avec Isabella, cela ne semblait pas être le cas. Il était évident qu'elle était perspicace et une excellente diplomate. Venait-elle de me révéler une part d'elle qui montrait clairement qu'elle s'intéressait plus aux choses importantes qu'aux fêtes et à la mode comme la plupart de la gente féminine ? Ses conclusions passionnées et l'assurance avec laquelle elle s'était exprimée me désarçonnaient. Je ne savais pas à quoi m'attendre mais je voulais en apprendre plus sur elle.

''Je m'excuse pour l'attitude de ma fille, Edward. Elle lit bien trop,'' déclara Renée, la regardant avec dédain. Isabella avait manifestement franchi une limite contre laquelle sa mère l'avait averti.

Bien que je dus quelque peu ravaler ma fierté, je ne changerai rien à ce qu'il venait de se passer. ''Il n'est pas nécessaire d'offrir des excuses. L'avis d'Isabella est tout aussi important que le mien, bien qu'ils diffèrent.''

Renée hocha la tête et Isabella me regarda avec des yeux enchanteurs. Ils me fascinaient et je ne pouvais pas détourner mon regard. Mon cœur fit une étrange embardée lorsqu'elle me sourit, un vrai cette fois, et me dit silencieusement 'merci'. Je souris en retour et haussa un peu les épaules. Je ne voulais pas qu'elle ne m'apprécie pas.

Le diner se termina et les Swans montèrent se coucher tôt après avoir voyagé une bonne partie de la journée. J'étais assis dans ma chambre, sachant qu'Isabella se trouvait dans la pièce voisine. Je me demandai ce qu'elle faisait. Peut-être était-elle en train de lire ? Sa mère avait dit qu'elle lisait trop. Je doutai que quelqu'un puisse trop lire. Le besoin que j'éprouvai de lui parler était presque vital. Je n'avais jamais ressenti quelque chose de similaire auparavant. Conscient d'être complètement fou, je saisis ma veste dans le placard et sortis sur le balcon.

Mon cœur s'arrêta dans ma poitrine en me retrouvant face à face avec Isabella. Comment avais-je pus oublier que sa chambre était aussi connectée à ce balcon ?

''Je suis désolé, je ne savais pas qu'il y a avait quelqu'un dehors,'' bredouillai-je. L'odeur des freesias était forte dans l'air. Son parfum m'intoxiquait.

''Les excuses ne sont pas nécessaires, Edward. C'est votre maison. J'avais juste besoin d'un peu d'air frais.''

''Je comprends le besoin,'' dis-je, observant son profil. Elle avait une couverture enroulée autour de ses épaules et ses cheveux étaient libres des épingles et tombaient en vagues sur son dos. Je voulais les toucher. Elle ressemblait à un ange avec la lueur de la lune illuminant sa peau pâle et translucide. Je dus combattre le désir de passer mes bras autour d'elle, d'être près d'elle.

''Vous jouez très bien le piano.''

Je fus surpris par sa voix qui me fit sortir de mes rêveries. Elle m'avait fait un compliment. Mon cœur reprit vie et se mit à battre rapidement. ''Moi, j'admire votre intelligence.''

''Pensiez-vous que je n'en aurais pas ?''

Le feu dans ses yeux et le resserrement de sa mâchoire la rendirent encore plus belle que toutes les autres filles sur lesquelles j'avais posé les yeux. ''La plupart d'entre vous ne l'êtes pas trop.''

Isabella fit un son dédaigneux et sa main se souleva tout à coup, un de ses doigts délicats se pressant dans mon torse. ''La plupart d'entre nous ne le sommes pas ? Pensez-vous que biologiquement, être une femme nous réfrène d'être en mesure de comprendre le monde qui nous entoure ? Je suis insultée que vous puissiez dire quelque chose de si obtus. Je peux vous assurer que j'ai appris à une vitesse qui peut rivaliser celle de n'importe quel homme.''

''Non, je ne voulais pas dire ça. Ce n'est pas sorti proprement,'' tentai-je d'expliquer. Je pris sa petite main dans la mienne pour qu'elle arrête de creuser un trou dans mon sternum. J'aimais la sensation que je ressentis en la tenant.

''Vous semblez avoir un don pour être incapable de vous exprimer correctement.''

Je soupirai et reposai mes yeux sur elle. ''Je vais être honnête avec vous. J'ai été soumis à cette affaire de faire la cour qui est supposément nécessaire à mon développement pour devenir un homme. Toutes les filles que j'ai rencontré semblent seulement intéressée par les choses matérielles ou les évènements sociaux, pas les choses qui m'intéressent moi. Je suis intrigué d'être capable de parler politique avec vous parce qu'autre que ma mère, je n'ai jamais rencontré une fille qui avait pris le temps d'étudier des sujets qui sont considérés comme des affaires d'hommes. Vous ne restez pas assise à vous taire. J'admire votre manière de penser. Je trouve ça rafraîchissant.''

''Je suis heureuse de savoir que je vous fascine tant. Je suis fatiguée. Merci de vous être prêtez au jeu pour la soirée. Je vous souhaite une bonne nuit.'' J'étais choqué de la voir arracher sa main de ma prise, se détourner, et se retirer dans sa chambre.

Je désirai pouvoir continuer à lui parler. Je ne voulais pas l'offenser mais j'avais la sensation que c'était quand même le cas. Je regardai sa fenêtre et réfléchis sur la tournure inattendue de la soirée. J'avais rencontré une fille qui était intelligente. Je lui avais parlé, l'avais offensé et n'avais pas eu la chance de m'excuser. J'étais quasiment certain qu'elle me détestait. Et j'étais certain qu'elle était exactement ce que j'avais toujours recherché. Je voulais Isabella Swan. Pour autant que cela semblait fou et que cela allait trop vite, je savais qu'elle était la bonne pour moi. J'étais capable d'être impitoyablement arrogant mais elle était parvenue à me faire tomber de mon piédestal et nourrit ma curiosité sans même essayer. En temps normal, j'aurais vaincu et fuis si quelqu'un m'avait parlé de cette manière. Mais non, j'en voulais plus. Je voulais, non j'allais la faire me voir. Le vrai Edward. Elle était la seule avec qui je voulais partager cette partie de moi.

Bella était assise à côté de moi sur le banc lorsque je rouvris les yeux. Elle me sourit, penaude, et je sus qu'elle venait de voir la même chose que moi. ''Tu étais incroyablement désagréable avec moi, Bella.''

''Je tentai avec énormément de volonté de cacher le fait que je trouvais que tu étais le plus homme sur lequel j'avais posé les yeux. Tu m'avais dans la paume de ta main dès l'instant où tu as dit à ma mère que mon opinion avait autant d'importance que la tienne.''

Je ris. ''Tu as toujours été fougueuse, hein ?''

''J'aime penser que je le suis mais seulement lorsque c'est nécessaire. Je n'avais aucune idée de comment me présenter autrement que telle que j'étais. Nous avions seulement 16 ans. Je ne savais pas comment gérer ta proximité. Je n'étais pas vraiment offensée.''

L'effet que nous avions l'un sur l'autre avait toujours été instantané. J'aimai le savoir. Il restait une chose qui titillait ma curiosité. ''Tu avais 16 ans lorsque j'ai été transformé. Pourquoi prétends-tu avoir 17 ans éternellement ?''

Elle leva les yeux au ciel et je souris un peu, trouvant ça adorable. ''C'est le dernier anniversaire que j'ai célébré avait d'être complètement certaine que j'étais bloquée dans le temps, pour ainsi dire. Tu avais aussi 16 ans.''

Je ris avec dérision. ''J'étais à trois semaines de mon 17e anniversaire. Trois semaines pour moi, quatre mois pour toi lequel d'entre nous est allé le plus loin ?''

''Ferme-la, Edward.''

J'aimai notre badinage. ''Embrasse-moi et je m'exécute.''

Elle eut un sourire en coin. ''Non.''

A ma grande surprise, Bella se leva et courut vers les escaliers en riant. Je fus presque blessé qu'elle ait refusé mes avances jusqu'à ce que je réalise qu'elle était espiègle. Je me levai et courus après elle dans les escaliers et enroulai mes bras autour de sa taille alors qu'elle était au milieu d'une foulée et la lovai dans mes bras. ''Ah Bella, c'est idiot de courir face à vampire, je t'attraperai toujours.''

''C'est ce que j'espérai.''

Ses lèvres trouvèrent les miennes et elle m'embrassa comme jamais auparavant. Son odeur m'entourait et le venin envahit ma bouche avant d'être rapidement remplacé par un autre style de faim beaucoup plus puissant. J'ouvris la bouche et le goût érotique des plus délicieux se posa sur ma langue. Je pouvais entendre les battements de son cœur s'accélérer et son souffle était saccadé. Elle me voulait autant que je la désirai.

Je fis quelques pas dans le couloir, n'arrêtant pas de l'embrasser et tournai la poignée de la porte de mon ancienne chambre, nous faisant entrer à l'intérieur.


Je rentre en France la semaine prochaine pour les fêtes de noël, je n'aurais pas le temps de publier un nouveau chapitre. Je vous souhaite donc de passer un bon 24 et 25 décembre en famille. Je vous retrouve dans deux semaines pour la suite.