Mercredi 20 décembre 1995

Chère Marie,

Premier jour de vacances, et nous avons déjà changé de destination. Nous sommes bien rentrées à Londres avec le Hogwarts Express, et ce sont bien les Granger qui sont venus nous chercher, mais à peine arrivées que Shacklebolt a débarqué et nous a emmenées fissa à Grimmauld Place (voilà le nom ! Maintenant qu'on m'a mise dans le secret, c'est tout bon ! Je peux l'écrire, mais tu ne pourras sans doute pas le lire, ou le retenir. M'en fous, c'est quand même moins frustrant pour moi !).

Les choses dans l'ordre.

Le Hogwarts Express. La grande locomotive rouge à vapeur, les nombreux wagons avec les compartiments... Tout ça, c'est vrai. C'est amusant. Je n'avais encore jamais voyagé dans un train à compartiment, je ne pensais pas que ça me ferait un effet aussi... pittoresque. Enfin bon. C'est toujours plus confortable de voyager dans des compartiments quasi-individuels que dans des wagons collectifs.

Hermione et moi avons voyagé avec Neville et Luna Lovegood, dont j'ai fait la connaissance. Elle ne participe pas aux cours avancés de DCFM. Pour une fois, je trouve que l'actrice la représente parfaitement. De longs cheveux blond pâle qui tombent dans le creux du dos, des yeux gris clair qui semblent toujours regarder le monde d'un air émerveillé, et cette petite voix éthérée. Elle est curieuse, mais elle a une certaine perception des choses qui la rend... redoutable, d'une certaine manière. Alors que je ne l'avais jamais rencontrée et que seuls Harry, Ron et Hermione savent d'où je viens vraiment, elle a annoncé d'une manière détournée que je venais d'un futur certain, et que j'avais des connaissances à la fois très étendues et incomplètes de leur monde et de ce qui allait se passer. Je crois que Neville, à force d'être avec elle (elle squatte les serres presque autant que lui) a compris ce qu'elle a dit, puisqu'il m'a regardée bizarrement pendant tout le reste du voyage.

Et le voyage en train de l'Écosse jusqu'à Londres, c'est long ! On en a pour sept heures de trajet ! Bon sang, c'est le temps que je mets en voiture pour aller rendre visite à ma famille en Belgique, pauses et bouchons compris ! Ce train a une voie pour lui tout seul, ne s'arrête jamais, a une distance deux fois moins longue à parcourir, mais met le même temps ! Ils mettent quoi dans la chaufferie de leur locomotive pour que ça avance aussi lentement ? A moins qu'on soit vraiment plus haut dans l'Écosse que je ne le pensais...

Enfin bon, on est enfin arrivées, et j'ai rencontré les parents de Hermione, dont j'ai appris les vrais prénoms. Parce que « Dan » et « Emma », dans les fan-fics, ça ressemble un peu trop étrangement aux prénoms des deux acteurs principaux, n'est-ce pas ? Non, ils s'appellent Wendell et Monica. Ça ne te rappelle rien ? Ce sont les noms utilisés par Hermione, dans les livres, quand elle modifie la mémoire de ses parents : Wendell et Monica Wilkins. Sans doute que si ça devait se passer, Hermione chercherait à garder au moins quelque chose de familier malgré le sort complexe. Et quoi de plus familier que son propre prénom ? Ils sont tous les deux très chaleureux et accueillants, et Monica nous a promis une journée shopping entre filles pour épargner cette corvée à son mari.

Mais elle n'aura pas lieu : on était arrivées depuis quoi ? une heure ? quand Kingsley Shacklebolt a sonné à la porte. L'acteur ne rend pas bien compte de la carrure impressionnante de Kingsley. Déjà, on le voit souvent habillé de façon très... africaine, alors que le Kingsley qui a sonné à la porte était habillé d'un parfait costume noir, façon Men in Black. Et la carrure aussi, d'ailleurs... Franchement, il n'aurait pas le sourire facile, tu n'aurais pas envie de l'embêter du tout. Il a l'air d'une force de la nature, à se demander s'il a vraiment besoin d'une baguette magique pour arrêter les méchants. Mais il a une voix grave et chaleureuse, et ce sourire, qui aident à passer cette apparence impressionnante.

En tout cas, je comprends pourquoi Mr et Mrs Granger n'ont pas discuté quand il a dit que nous serions toutes les deux en parfaite sécurité avec lui le temps du voyage jusqu'à Grimmauld Place.

Si on doit y aller, c'est parce que tout le monde a rendu visite à Mr Weasley à l'hôpital, hier, et que les ados ont écouté les adultes discuter de ce qui s'était passé avec les Oreilles à Rallonge des jumeaux, et qu'ils ont entendu Moody dire que Harry était possédé par Voldemort. Ce n'est pas vrai, bien sûr, mais pour l'instant, et dans son état d'angoisse, Harry n'a aucune raison de ne pas le croire. Foutu Dumbledore et ses secrets. Du coup, comme les ados Weasley savent que Hermione et moi avons une influence positive sur Harry, ils espèrent que notre venue le tirera de son isolement boudeur dans lequel il est plongé depuis leur retour de l'hôpital. Il a apparemment même refusé de se montrer pour manger.

Boudeur, c'est le terme qu'ils ont employé. Il ne leur est pas venu à l'idée qu'il pouvait culpabiliser d'être ainsi victime de Voldemort, et que son isolement était sa manière à lui de les protéger, aussi dérisoire que ce soit. Ça fait quoi... quatre ans et demi que Ron est censé être le meilleur ami de Harry, et il n'a toujours pas compris que Harry avait ce putain de complexe du héros ou du chevalier, qui le fait culpabiliser dès que quelque chose arrive à un de ses proches et qu'il y est plus ou moins impliqué, même s'il n'en est pas la cause ni le coupable.

Je vais m'arrêter là, sinon, tu vas lire ma colère pendant des pages, et je ne suis pas sûre que tu en aies envie...

Donc nous sommes toutes les deux arrivées avec nos valises toujours pleines à Grimmauld Place (je peux l'écrire, nananère !). Hermione était déjà venue l'été dernier, mais moi, je découvrais la maison. Et crois-moi, elle est encore plus lugubre que dans le livre ou le film. Elle pue la magie noire, la haine et les émotions négatives. Une vraie épreuve pour une empathe comme moi. Je dois absolument garder mes boucliers levés à fond pour pouvoir supporter l'ambiance. Si Dumbledore voulait annihiler les capacités magiques mentales de ses membres en choisissant cet endroit comme quartier général, c'est réussi. Honnêtement, l'humeur de Harry paraît presque joyeuse par rapport à la maison elle-même.

On a l'impression que toutes les lumières allumées ne suffisent pas à éclairer l'endroit. Il y a des toiles d'araignée de partout, la poussière est épaisse de plusieurs centimètres sur la plupart des objets, sans parler des tableaux et... trophées accrochés dans le couloir. Il y a effectivement des têtes d'elfes de maison, mais aussi des crânes divers et variés, et j'espère qu'aucun n'est humain. Les murs sont sombres et avec des lambris de bois noir, l'escalier super étroit, tout est étroit de toute manière, avec les hauts plafonds rendant l'espace encore plus serré, visuellement. C'est glauque, il n'y a pas d'autre mot. Elle porte bien son nom, en tout cas (Grimmauld : grim old, c'est-à-dire vieux et lugubre).

Mrs Weasley, que je rencontrais pour la première fois, nous a dépêchées dans la chambre des filles, où on va dormir avec Ginny, pour qu'on puisse poser nos valises. Puis j'ai décidé que non, on n'irait pas dans la cuisine prendre quelque chose à manger après un si long voyage (Hermione habite dans la grande banlieue londonienne, et on est venues par transplanage...), mais qu'on irait voir Harry tout de suite pour voir comment il va. Après tout, c'est pour ça que Hermione ne peut pas passer ses vacances avec ses parents qu'elle n'a pas vus depuis six mois (les quatre mois de cours, plus l'essentiel des vacances d'été, qu'elle a passées ici pour sa sécurité).

Elle m'a regardée sévèrement mais nous a laissées faire. Je crois que Mrs Weasley et moi ne sommes pas parties du bon pied.

Mais en fait, je crois aussi que je m'en moque un peu.

Je suis un peu en colère contre le fait qu'on estime tout à fait normal d'arracher Hermione à sa famille sans pratiquement demander leur avis. Quand j'ai demandé à Kingsley si je pouvais venir seule pour que Hermione puisse profiter de ses parents, il nous a dit que non, la consigne lui demandait de nous amener toutes les deux. La consigne... On se moque complètement de notre décision. Et non, une fois que Harry aura compris qu'il n'y est pour rien, il est apparemment hors de question qu'on retourne à Crawley (là où habite Hermione). Nous passerons Noël ici, à Grimmauld Place, avec Sirius, Remus, Harry et tous les Weasley. Sans compter bien entendu sur les membres de l'Ordre du Phoenix qui seront de passage de temps à autre pour une réunion ou un repas...

Je peux donc dire adieu à mes vacances tranquilles, et Hermione à ses vacances avec ses parents.

Je sens qu'à la moindre remarque d'un des Weasley, je vais mordre...

C'est pour ça qu'il était essentiel pour moi qu'on voit d'abord Harry. On est là pour lui, après tout. On a croisé Ron qui nous a dit que Harry se cachait dans le grenier avec Buck. On a frappé à la porte. Pas de réponse. Mais la porte n'était pas fermée à clé, alors nous sommes entrées.

Je dois dire que Harry m'a fait de la peine quand je l'ai vu. Il avait l'air épuisé, très pâle avec de grosses cernes, et les genoux remontés contre lui, le menton posé dessus, et regardant obstinément un point du mur. Il avait pleuré, apparemment.

Sans même nous concerter, nous avons salué respectueusement Buck pour qu'il nous laisse approcher, et nous nous sommes assises chacune d'un côté de Harry. Hermione l'a pris par la taille et moi par l'épaule, et on s'est serrées contre lui.

« Allez-vous en, je suis dangereux... »

Bon sang, même sa voix était ruinée... Est-ce qu'il a mangé ou bu quelque chose depuis qu'il est arrivé ? Personne n'a voulu me le dire. Je pense que non.

« Tu n'es pas dangereux, et tu n'es pas possédé par Voldemort, j'ai dit fermement. Tu vois ce qu'il fait. S'il est en train de posséder Nagini pour monter une attaque, alors tu vois à travers Nagini.

–Comment tu sais ce qui s'est passé ?

–C'était écrit. »

Harry a tourné brusquement la tête vers moi, furieux :

« Tu savais que ça allait arriver et tu n'as rien dit ?

–Non, je ne sais pas ce qui va arriver. Ce n'est pas parce que c'est dans le livre que ça va forcément arriver. Et j'espérais également que l'Occlumancie t'en protégerait. Quoique, je ne sais pas si c'est vraiment un mal : tu as sauvé la vie de Mr Weasley.

–Après l'avoir attaqué !

–Non ! »

C'était presque un cri et ça l'a calmé tout de suite.

« Tu as vu Voldemort l'attaquer, comme tu as vu Voldemort dans cette vieille maison avant qu'il ne retrouve son corps. C'est juste plus fort parce que maintenant, Voldemort a retrouvé toute sa puissance, et le lien que vous partagez est donc plus puissant également. Mais tu n'as rien fait. Tu étais dans ton dortoir, pur spectateur de ce qui se passait. Et heureusement, parce que tu as pu prévenir tout le monde. Tu n'es absolument pas fautif, de quoi que ce soit.

–Pourquoi est-ce que je n'ai pas progressé en Occlumancie ? »

J'ai hésité en regardant Hermione. Elle a haussé les épaules.

« Ce qui t'empêche de te lier à Hedwig est un verrou sur ta magie. Je pense que c'est ça aussi qui bloque ton Occlumancie. Harry, tu n'as rien fait de mal, au contraire.

–Si je peux voir à travers les yeux de Voldemort, il peut voir à travers les miens.

–Logiquement et théoriquement, c'est vrai, j'ai reconnu. Encore faudrait-il qu'il le sache. Et... Honnêtement, qu'est-ce que tu veux qu'il découvre ici ? Que tu tiens aux Weasley et à Hermione ? Rien de nouveau, n'est-ce pas ? Que Sirius est vivant et que c'est ton parrain, le dernier membre de ta famille ? Pettigrew le lui aura dit. Que Remus est souvent ici ? Sirius et Remus sont meilleurs amis depuis l'école, ce n'est pas une nouvelle. Quant à l'adresse, elle est protégée par Fidelius. Je l'avais lue des milliers de fois avant d'arriver dans ce monde, et je l'avais complètement oubliée jusqu'à ce que Shacklebolt me montre le mot de Dumbledore. Il n'y a rien qui intéresse Voldemort ici. La seule précaution à prendre, c'est ne pas te faire assister aux réunions de l'Ordre jusqu'à ce que ton Occlumancie soit en place. »

Au fur et à mesure que je parlais, Harry semblait se détendre. Il a appuyé la tête sur l'épaule de Hermione et fermé les yeux.

« Pourquoi personne ne m'a rien dit de ça avant ? »

Hermione et moi nous sommes regardées. Elle a murmuré :

« J'ai raison de soupçonner Dumbledore de retenir des informations essentielles ?

–Oui, j'ai répondu honnêtement. Dans quelle mesure, je ne sais pas encore, mais on le découvrira vite. Tu te joins à nous ?

–Pour ce fameux plan ? Quel est le but ?

–S'assurer que Harry ait toutes les informations nécessaires à la prise de bonnes décisions, et s'assurer qu'il pourra prendre ces décisions librement. Entre autres, cela inclut défaire le verrou qui vous bloque tous les deux, et faire en sorte qu'il n'ait pas besoin de retourner chez les Dursley tous les étés.

–OK. Comment ?

–Je ne sais pas encore. Je suppose qu'on va retourner voir Mr Weasley à l'hôpital ?

–Oui, a répondu Harry. C'est déjà prévu qu'on y aille demain.

–Parfait. Donc tous les deux, vous allez faire un check-up complet. Harry parce qu'il a besoin d'un dossier médical neutre et complet pour aller plus loin, et tous les deux parce que je crains que le verrou ne soit pas la seule vilaine chose que vous portiez...

–Comme ? a demandé Hermione.

–Des sortilèges de compulsion, de modification de mémoire, et d'autres choses de ce genre. On a besoin de savoir tout ça et de vous en débarrasser. Et si c'est possible, de savoir qui les a placés sur vous. »

Ils m'ont tous les deux regardée, un peu effrayés. Je crois que finalement, j'ai bien fait d'attendre le dernier moment avant de leur en parler. J'ai continué, comme si de rien n'était :

« Et donc, en fonction de ce qu'on obtient demain, on essaie de faire en sorte que d'autres fassent la même chose. Sirius, Remus, Ron, Ginny...

–Ginny ?

–Vous n'avez pas envie de savoir, je vous assure. »

Comment leur dire que Ginny est la « promise » de Harry, dans les livres, et que bon nombre de fan-fics, peu satisfaites de cette fin, ont transformé Ginny en manipulatrice ou en victime d'une relation non voulue ? Je n'ai pas vu Harry accorder la moindre attention particulière à Ginny, et ce que j'en ai perçu ressemble bien à une relation entre un garçon et la petite sœur de son meilleur ami, qu'il considère comme une sœur de cœur. Même si Ginny a parfois ce comportement stupide de fan-girl, Harry n'y semble pas du tout sensible. Je ne me vois pas leur annoncer à Hermione et lui qu'il est censé, d'après les livres officiels, être bientôt en couple avec elle.

« Et toi ? m'a demandé Hermione.

–Moi ?

–Ben oui. Tu es ici depuis deux mois, et depuis deux mois, tu fais partie des proches de Harry. Si quelqu'un cherche à le contrôler en contrôlant également son entourage, tu es peut-être aussi concernée. »

C'est pas idiot. Pas idiot du tout. Même si je n'ai pas l'impression d'être limitée en quoi que ce soit, entre mon empathie que je contrôle très bien et ma vitesse d'apprentissage de la magie, ce n'est pas pour autant que je n'ai aucune compulsion, par exemple. Brr, rien que d'y penser, j'ai un frisson... J'ai hoché la tête :

« Je fais le check-up avec vous. »

Il y a eu un silence confortable, puis j'ai demandé :

« Ça va mieux, Harry ?

–Comment ça pourrait ne pas aller mieux ? Je suis dans les bras des deux filles les plus charmantes et les plus intelligentes de l'école.

–OK, tu es revenu à la normale... » a marmonné Hermione, alors que j'avais un rire.

En effet, il souriait. C'est un bon signe, non ?

« Prêt pour redescendre ? Ce serait pas mal que tu manges et boives quelque chose, tu es plus pâle qu'un fantôme.

–Oui maman. »

J'ai levé les yeux au ciel, mais au fond, j'étais soulagée : s'il plaisante à nouveau, c'est qu'il va vraiment mieux. Je crois qu'il avait besoin d'entendre ces explications par rapport à son lien avec Voldemort, et le fait qu'on allait faire quelque chose par rapport à ça. Il a une solution à portée de main, maintenant, et ça doit quand même remonter le moral.

Nous avons tous les trois salué Buck, et nous sommes descendus dans la cuisine. Tout le monde était là : Sirius, évidemment, mais aussi Remus, les enfants Weasley, Mrs Weasley, Kingsley qui n'était pas encore reparti, et d'autres membres de l'ordre qu'on m'a présentés : Nymphadora Tonks qui est aussi fascinée par mon empathie que moi par sa métamorphomagie, Mundungus Fletcher qui est vraiment le petit homme répugnant décrit dans les livres, une grande femme du nom d'Emeline Vance et une autre qui s'appelle Hestia Jones. Je me souviens plus d'elles parce que ce sont des noms qui reviennent souvent pour les personnages en arrière plan de l'Ordre du Phoenix, mais à part ça... Elles travaillent toutes les deux au Ministère, Vance au Service des Transports Magiques et Jones au Service de la Coopération Internationale. Mundungus, Kingsley et toutes les deux sont rapidement partis.

« Donc tu es la Française ? m'a demandé Mrs Weasley quand il y a eu moins de monde.

–Oui, je suis Française, et je m'appelle Manon. »

Je ne suis pas la Française, avec tout le mépris dont sont capables certains Britanniques envers les Français, j'ai un prénom, et je vais à l'école avec tes enfants depuis deux mois, non mais ho ! Par provocation, je me suis tournée vers Hermione :

« Que devient Fleur Delacour, à ce sujet ?

–Elle semble se faire à la Grande Bretagne, et à certains sorciers en particulier, » elle a répondu avec un sourire.

Les jumeaux ont ricané, tandis que Mrs Weasley a reniflé avec mépris. Elle a continué :

« Et tu viens d'où exactement ?

–Voilà une question compliquée... Géographiquement, je viens de Lyon. Le Rhône, les Alpes, les sites historiques, les vignes, la ville... Très joli coin. Mais sinon... Je viens d'un possible futur.

–Quelle année ?

–2008.

–Et pourquoi es-tu ici ?

–Je n'en sais rien. Je ne sais pas comment je suis venue ici, ni si c'est permanent ou si je vais repartir un jour. La grande inconnue de ma vie en ce moment. Alors on prend les choses comme elles viennent. C'est-à-dire que mon programme du moment est de profiter des vacances de Noël et de souhaiter un bon rétablissement à votre mari. »

Elle m'a observé un moment, puis a déclaré :

« Tu parles très bien anglais, pour une Française.

–Je fais des études d'anglais.

–Des études ? Mais tu n'as que quinze ans... a dit Remus.

–Ah... Le problème, c'est que... je suis née en 1987.

–Tu devrais avoir huit ans ! s'est exclamée Mrs Weasley.

–Non. Je viens de 2008... J'avais fêté mes vingt-et-un ans avant d'arriver ici. Ce voyage dans le temps m'a... rajeunie, va-t-on dire. Mais de manière étrange puisque en effet, il est évident que j'ai plus de huit ans.

–La magie est étrange, a dit Remus. Si tu as quinze ans, ici, c'est qu'elle a besoin que tu aies quinze ans...

–C'est mon raisonnement aussi. C'est juste étrange de se retrouver adolescente à nouveau, alors que j'étais en train de me préparer à mon premier long séjour à l'étranger... On va dire que j'ai changé de destination au dernier moment... j'ai ajouté avec un petit rire.

–Dis-moi, a soudain fait Fred. Si tu viens du futur, tu peux nous annoncer les résultats sportifs des événements à venir !

–Fred ! s'est exclamé sa mère. C'est de la triche !

–Mais ce serait dommage de ne pas en profiter ! a protesté George.

–Je suis d'accord avec votre mère, » j'ai répondu.

Ils m'ont lancé un regard noir, et Mrs Weasley m'a lancé un regard approbateur. J'ai souri :

« Et même si j'avais envie de le faire, je ne le pourrais pas : en 1995, j'avais en effet huit ans, beaucoup trop jeune pour me souvenir de quoi que ce soit. Et je ne me suis jamais particulièrement intéressée au sport. Tout juste suffisamment pour suivre les grands événements dans laquelle la France a brillé ou un grand sportif est devenu une évidence... Et encore, je suis capable de vous indiquer la compétition dans laquelle il perd... Ne comptez pas sur moi pour ça. »

Fred et George ont semblé déçus, mais pas Mrs Weasley. Je parie que je remonte dans son estime, ha ha... Fred s'est installé en face de moi :

« Allez... A quoi ça sert que tu sois là, sinon ?

–Sans doute à te permettre de vivre jusqu'à tes vingt-et-un ans. »

Je n'ai réalisé qu'après que le silence est tombé dans la pièce ce que je venais de dire. En plus, faut que je dise ça à Fred... (sont faciles à différencier, les jumeaux, avec leur aura d'émotions : Fred est plus « dominant », sociable, dynamique que George, plus réservé et tranquille, autant qu'un jumeau Weasley peut être réservé et tranquille...) Mrs Weasley s'est approchée de moi :

« Que veux-tu dire par là, Manon ? »

Ah tiens, quand on parle de la vie de ses enfants, je redeviens Manon... Je suis mauvaise langue, je sais... En attendant, faut que je réponde, en sachant que Molly Weasley est dans la plupart des fics une des plus ferventes admiratrices de Dumbledore, que je n'ai aucun élément qui prouve le contraire, et que donc tout ce que je peux dire pourra et sera retenu contre moi... pardon... sera remonté à Dumbledore. Et je n'ai absolument pas envie qu'il soit au courant de ce que je sais. J'ai haussé les épaules :

« Je pense que vu l'acharnement que vous mettez à ce que vos enfants n'assistent pas aux réunions de l'Ordre, vous êtes particulièrement consciente qu'on approche d'une guerre avec Voldemort. Regardez le nombre que nous sommes dans cette pièce. Si nous nous en sortons tous, nous sommes extrêmement chanceux. A nous de faire en sorte que ce soit le cas, et j'ai de plus en plus l'impression que ma présence a à voir avec ça, même si je ne sais pas encore comment.

–Qu'est-ce qui te fait dire ça ? m'a demandé Remus.

–Principalement le fait que mon âge ne soit ni celui de mes huit ans de 1995, ni mes vingt-et-un ans de 2008, mais les quinze ans de Harry Potter. Pas dix-sept ans ou plus, ce qui m'aurait permis d'être majeure dans votre monde, ou onze ou douze ans, pour que mon apprentissage de la magie soit simplifié, mais quinze ans. Étrange coïncidence, n'est-ce pas ? Vous croyez aux coïncidences quand la magie s'en mêle ? »

Il y a eu un silence, puis, à ma grande surprise, Remus a eu un léger rire :

« Je comprends mieux ton aptitude à la rhétorique, maintenant... Vingt-et-un ans. Tu as déjà un diplôme, je suppose ?

–En effet. Je viens de valider une licence.

–Dans une filière littéraire ?

–Oui, j'ai souri. J'étudie les langues étrangères.

–Donc tu as appris à jouer avec le sens exact des mots pour rendre un texte dans une langue au plus proche de son sens dans l'autre.

–En effet. J'ai toujours trouvé que les mots sont les meilleurs jouets que l'on puisse avoir. On peut en faire n'importe quoi : imagination, créativité, ou froide logique et argumentation... Tout est possible dès qu'on sait s'en servir.

–Et tu as appris à t'en servir.

–Oui.

–Et donc tu es capable de nous donner la réponse qu'on veut entendre sans mentir et sans révéler tes secrets.

–Oui. »

J'ai souri à mon tour. C'est ma plus grande fierté.

« Et c'est ce que tu viens de faire.

–C'est ce que je viens de faire. »

Il y a eu un silence, puis Sirius a ri, beaucoup plus franchement que Remus :

« Tu pourrais faire de la politique !

–Ah non ! je me suis exclamée. Un politique n'hésite pas à mentir ouvertement si ça l'arrange. J'aurais trop mauvaise conscience ! »

Sirius a ri une nouvelle fois, mais Remus a continué à m'étudier :

« Tu sais ce que tu fais ?

–Dans la relative étendue de mes connaissances, oui.

–Tu sais qui joue également dans ton jeu ?

–Oui. Et je commence à bien connaître leur main également. Je compte m'occuper d'un des joueurs pendant ces vacances. Sa main est trop moche à mon goût.

–Et ton goût est-il dans l'intérêt de Harry ?

–Oui. Mon goût est l'intérêt de Harry.

–Et... peut-on t'aider ? »

J'ai hésité. Normal qu'ils aient envie de m'aider si ça aide Harry. Mais est-ce qu'ils ont compris que l'intérêt de Harry n'est pas celui de Dumbledore ? J'ai haussé les épaules :

« Je vous dirai ça avant Noël. »

Hors de question que je trahisse le fait que j'aurai mes réponses demain.

« Quelles informations as-tu pour prendre ce genre de décision ? m'a demandé Mrs Weasley.

–Des informations que je ne peux pas rendre publiques avant quelques jours.

–Ne penses-tu pas que c'est aux adultes de prendre des décisions importantes par rapport à l'avenir de ce pays ?

–C'est amusant que vous disiez ça... Premièrement, j'ai beau avoir physiquement quinze ans, j'en ai toujours vingt-et-un mentalement. Je suis une adulte, pratiquement de l'âge de Charlie. Deuxièmement, tout le monde semble penser que l'avenir de ce pays repose plus ou moins sur les épaules d'un garçon de quinze ans. Il serait temps que votre Ordre du Phoenix ait un peu de cohérence et accepte soit de décharger ce garçon de ce fardeau puisque apparemment, il est trop jeune, soit assume cette volonté bizarre de mener un adolescent en première ligne, et lui donne les clés de sa survie. »

La colère commençait à me monter au nez. L'hypocrisie de l'Ordre m'a toujours énervée dans mes lectures, sa façon de crier qu'eux seuls sont capables de lutter alors qu'ils se perdent dans autant de considérations politiques que le Ministère de la Magie et refusent d'utiliser quelque chose de plus violent qu'un Stupefix, et sa manie d'écarter des prises de décisions les adolescents mêmes qu'il sacrifie volontairement au nom du « plus grand bien ». Et voilà qu'on me met en face de cette hypocrisie. Même sans l'amitié que j'ai pour Harry, je me serais énervée. Il n'y a rien de plus frustrant que des adultes qui croient tout savoir et comptent sur des adolescents pour agir, en agitant deux trois fils pour dire : regardez, c'est nous qu'avons fait ça !

J'ai senti le soutien de Harry et Hermione et je me suis détendue. J'ai regardé Mrs Weasley droit dans les yeux :

« Je suis une adulte, qui a décidé d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour assurer la survie des adolescents dont vous vous servez comme chair à canon. Vos fils et votre fille sont parmi eux, vous feriez bien de revoir l'ordre de vos priorités si vous voulez réellement protéger votre petite famille des dégâts de la guerre. Tant que vous n'aurez pas revu ces priorités, ne comptez pas sur moi pour vous informer de quoi que ce soit. Je ne suis pas votre fille, et je ne fais pas partie de l'Ordre. Je n'ai aucun compte à vous rendre. Et sur un plan plus personnel, j'estime plus que juste de vous faire manger le même pain que ce que vous donnez à ces adolescents. »

Je me suis levée pour quitter la pièce, mais Ron m'a retenue :

« Qu'est-ce qui te prend de parler à ma mère comme ça ? Tu l'accuses de quoi, là ?

–De rien du tout, Ronald. Juste d'être un peu confuse entre le fait de vouloir à tout prix vous écarter des réunions de l'Ordre, alors qu'elle vous encourage presque lorsque vous vivez une nouvelle... aventure passionnante... Je suppose que ça ne doit pas être facile d'être mère dans ce contexte, mais ce n'est pas une raison pour accepter que vous vous battiez tout en vous refusant les armes dont vous avez besoin.

–Je n'accepte pas que mes enfants se battent ! s'est exclamée Mrs Weasley.

–Vous ne faites rien pour les en empêcher ! Vous pensez sincèrement qu'en les empêchant d'assister aux réunions, cela va suffire pour qu'ils restent sagement dans leurs dortoirs si une situation venait à survenir ? Bon sang, vous êtes une famille de Gryffindors, vous devriez savoir qu'ils sont incapables de rester immobiles s'ils sentent qu'ils peuvent aider. Faites en sorte qu'ils aident avec les bonnes connaissances, cela assurera plus facilement leur survie, plutôt que de les laisser vagabonder à l'aveugle !

–Ils ne devraient pas... vagabonder, justement !

–Non, ils ne devraient peut-être pas, mais ils le font quand même, parce qu'ils estiment que c'est leur devoir, pour une raison ou pour une autre. Avez-vous au moins fait en sorte qu'ils comprennent que des adultes s'occupent de la situation ? Non ! Est-ce qu'ils savent à qui ils peuvent se confier si jamais quelque chose leur arrive ? Est-ce que vous leur avez donné les moyens de contacter rapidement cette ou ces personnes ? Et par rapidement, j'entends plus rapide qu'un hibou ! C'est la cinquième année de Ron avec Harry, vous devriez savoir qu'ils n'ont pas pour habitude d'attendre patiemment, mais qu'ils vont préférer affronter eux-même le danger s'ils sentent que le temps est compté. Alors oui, merveilleux, vous avez ces mystérieuses réunions de l'Ordre dans lesquelles je suis certaine que vous discutez de choses passionnantes et essentielles pour la sécurité de votre monde magique, mais pendant ce temps, vous oubliez que vous avez tout un groupe d'adolescents qui préfère agir que discutailler sans fin. Et au lieu de les impliquer pour qu'ils apprennent à prendre des risques de manière raisonnable, voire stratégique, vous les laissez de côté et ils doivent faire comme d'habitude : compter sur eux-mêmes.

–Mais ils savent que nous sommes là !

–Non, justement, ils ne le savent pas ! A chaque fois qu'ils se sont tournés vers un adulte, ça a mal tourné ou l'adulte s'est révélé complètement inutile ! En première année, ils préviennent McGonagall, qui les renvoie négligemment, et Quirrell trouve quand même son chemin jusqu'à la pierre. En deuxième année, qui les a cru au sujet du Basilic ? En troisième année au sujet de Sirius ? Et sur qui Harry pouvait compter face à Voldemort dans ce foutu cimetière ? Pourquoi voudriez-vous qu'ils espèrent compter sur l'aide d'un adulte après ça ? Et vous continuez à les maintenir à l'écart, soi-disant pour leur sécurité. Vous leur faites plus de mal que de bien ! »

Cette fois, ça n'a pas été pas une vague d'émotion, mais la main de Harry sur mon bras qui m'a incitée à me calmer. J'ai inspiré profondément, et j'ai repris, plus calmement :

« Je ne vous accuse de rien, sincèrement. Mais il serait temps que vous compreniez comment pensent vos enfants. Quand vous aurez vraiment à cœur les intérêts réels de vos enfants, et non ce que vous estimez être leur rôle dans cette guerre, alors je vous ferai confiance et nous pourrons mettre toutes les cartes sur la table. En attendant, je continue comme j'ai commencé : je cherche à donner à vos enfants quelques outils, et je me moque complètement si ces outils se retournent malheureusement contre vous. Vous avez eu des années pour leur montrer qu'ils peuvent vous faire confiance en toute circonstance. Si ce n'est toujours pas le cas, ce n'est pas mon problème. »

Je me suis dégagée de la main de Harry, et j'ai quitté la pièce pour monter dans ma chambre.

Encore quelques minutes, et j'ai pris ce journal pour commencer à t'écrire. J'espère que ça va m'aider à me calmer. C'est la plus grande injustice de ce qui arrive à Harry et par extension à Ron et Hermione : des adultes bien-pensants qui pensent avoir toutes les réponses, sans prendre en compte la personnalité même de ces trois qui ont été formés à devenir des guerriers.

Depuis que j'ai commencé à écrire, Harry et Hermione sont venus me rejoindre, avec un plateau de nourriture. Ils disent que Mrs Weasley est dévastée par ce que je viens de lui dire. Sirius et Remus essaient de la réconforter en lui disant que oui, elle est une bonne mère. Les enfants Weasley ont décidé de m'ignorer, ce qui me va très bien pour l'instant.

Là, nous sommes tous les trois dans la chambre des filles, je continue donc à écrire, Hermione lit le livre sur les familiers, et Harry celui sur l'Occlumancie avancée qui développe le concept de paysage mental. D'après lui, s'il parvient à ce niveau d'Occlumancie, il est certain qu'il parviendra à contrôler le lien entre Voldemort et lui. J'attends qu'il finisse sa lecture pour me synthétiser cette idée.

Bon, j'ai passé sur toi ma frustration. Désolée, mais en même temps, pas trop : comme je me souvenais de chaque mot que j'avais prononcé, j'ai pu tout te retranscrire, ce qui n'est finalement pas si mal. J'espère que ça portera ses fruits et que Mrs Weasley mettra les intérêts de ses enfants avant ceux de l'Ordre et donc de Dumbledore. Je n'aimerais pas forcer ses enfants à choisir entre elle ou Harry. Surtout que je n'ai absolument aucune idée de ce que leur décision pourrait être. Naturellement, ils devraient choisir leurs parents, sauf que si Harry s'émancipe, ça va se faire dans le bruit, le sang et la boue (au sens figuré, hein...), et donc cela pourrait les amener à réfléchir.

Je suis impatiente de voir ce que vont donner les checks-up de demain. Il faut que j'arrive à parler à Sirius ou Remus discrètement pour leur demander d'en passer un eux aussi. Je ne doute pas de leur honnêteté, mais j'ai peur des compulsions. Je crois que je vais demander à Harry d'en parler à Sirius. Après ma tirade sur l'autorité de la figure parentale, rien de plus normal à ce que Harry ait envie de parler en tête-à-tête à son parrain. Oui, ça me semble pas mal. Et au moins, il saura que je ne soupçonne pas son parrain et son oncle, et que je suis juste inquiète pour eux.

Bon, faisons ça. Je te laisse, je vais parler à Harry, et je vais continuer ma lecture sur les Animagi.


Non, ce n'est pas un autre jour, juste plus tard dans la soirée. Sirius est venu nous voir pour me féliciter pour mon show, c'est ce qu'il essayait de dire à Molly depuis qu'ils s'étaient rencontrés, mais il aurait aimé que je le prévienne avant : un, pour prévoir le pop-corn (ça m'a fait rire, je l'avoue) et deux, pour qu'il se prépare mentalement à devoir affronter une Molly complètement bouleversée.

Il a insisté sur le fait qu'il me soutient tout à fait, Remus aussi, et que si un des joueurs dont nous parlions, Remus et moi, se trouve être Dumbledore, il faut le prévenir qu'il puisse se joindre à notre partie. Du coup, j'ai demandé à Harry de lui parler de ce qu'on a prévu pour demain.

Quand Harry est revenu, il a annoncé que Sirius et Remus sont au courant et passeront eux-même un check-up.

Bref, ça s'annonce à la fois passionnant, excitant et terrifiant. Sur ce, je te laisse vraiment pour aujourd'hui. Il commence à se faire tard, et j'ai envie de fermer ce journal avant que Ginny n'arrive (le journal est enchanté pour qu'il ne soit lisible que si c'est moi qui l'ouvre. Si c'est quelqu'un d'autre, n'importe quel sort ne suffira pas à en faire révéler le contenu. C'est pratique de ne pas avoir de préjugés sur la magie du sang...)


Notes de l'auteur :

Pratique, les jours fériés, pour poster plus tôt le chapitre hebdomadaire ! :)

Alors, avant que vous me lanciez des fruits pourris, non, je n'ai rien contre Mrs Weasley, et tout comme Ron, elle n'est fondamentalement pas un mauvais personnage dans cette fic. J'ai décidé de respecter le cliché de Molly complètement aveuglée par le personnage de Dumbledore, et qui ne remet donc absolument pas en cause ce qu'il professe.

Du coup, forcément, ça titille Manon, cet aveuglement irréfléchi, et Molly en prend pour son grade. Ça ne s'arrangera pas pour elle dans cette partie, mais non, il n'y aura pas de bashing sérieux envers elle (il n'y aura que trois personnages qui feront l'objet d'un bashing, dont Dumbledore, et deux autres que vous découvrirez plus tard...).

On voit aussi le point de vue de Manon concernant l'Ordre du Phoenix. Que je partage en grande partie, honnêtement. Une bonne partie de la tirade de Manon m'est venue après avoir regardé une nouvelle fois les films...

Concernant le prochain chapitre, j'hésite et j'aurais besoin de votre avis. Il est très long, c'est le deuxième plus long chapitre de cette première partie. Il fait plus de 18 000 mots. A titre de comparaison, celui-là en fait environ 6600. Est-ce que vous voulez que je vous le publie en une seule fois, ce qui correspondrait au rythme habituel, ou est-ce que, exceptionnellement, vous voulez que je le coupe en deux ?

J'attends vos avis :)

A lundi prochain !

Réponse aux guest reviews :

Alea : Merci pour cette nouvelle review ! :)
Pour Sirius, c'est encore beaucoup trop tôt pour émettre des suppositions ! :) J'essaie d'être fidèle aux principaux éléments de la trame, mais je n'hésite pas à m'en écarter quand ça m'arrange...

Il y aura plusieurs passages avec des éléments de la vie quotidienne, j'aime bien ça aussi... J'avoue que certaines de tes questions ne trouveront pas de réponse, mais tu en auras pour des sujets que tu n'as pas abordé... donnant-donnant ;)

Du combat sur balai ? C'est vrai qu'il y en a dans le septième livre, j'avoue ne pas y avoir encore pensé. Pourquoi pas. Pas dans la première partie, donc, puisqu'elle est déjà terminée.

MAJ le 04/10/2017 : suppression de la mention d'une pleine lune prochaine qui pourrait influencer l'humeur de Remus à l'annonce des résultats du check-up : la pleine lune de décembre 1995 a eu lieu en début de mois... Désolée pour ceux qui avaient lu cette mention et s'attendaient à une réaction explosive...