Bonne année à tous. Je vous souhaite tout plein de bonnes choses pour 2019. J'espère que vous avez passé de joyeuses fêtes en famille.

Me revoilà avec le chapitre qui prouve que cette histoire n'est pas pour les enfants ;-) Je tiens aussi à vous remercier pour tous les reviews sur le chapitre précédent.

Bonne lecture :D


Chapitre 13

BPOV

Chambre, Edward, seuls, lit… oui, lit.

Allonge-moi dessus.

Bon, si, si bon.

Tout tournait dans ma tête et mon corps était en feu.

Ses mains froides jouaient avec mon corps comme un instrument, retirant mes vêtements. C'était un besoin sauvage, il arrachait même les tissus. J'aimai le son que cela produisit.

''Je te veux, Bella, chaque partie de toi. Tu m'appartiens. Je te ferais mienne, de toutes les manières possibles.''

Oui, Edward, je t'en prie, fais-le.

La spontanéité était la meilleure des choses. Il n'existait aucun moment parfait. Planifier n'aurait pas rendu ce moment meilleur et si des vœux avaient été proclamés avant, cela n'aurait fait aucune différence. Nous appartenions déjà à l'autre. Je le savais et lui aussi. Embrasse-moi encore.

Il s'exécuta et écrasa ses lèvres sur les miennes avec une telle force que cela n fut presque douloureux. Je souris sous son baiser, sentant son corps nu pressé contre le mien. Mon cœur commença à battre à un rythme fou lorsque ses mains parcoururent mes côtés avant de s'installer sur mes seins. Un gémissement s'échappa quand il suça une pointe dans sa bouche froide, faisant glisser sa langue dessus. Le fait que mon corps soit chaud et le sien froid semblait intensifier chaque sensation. Je ne m'attendais pas à ce que ça soit si bon.

''Je veux être tout pour toi, Bella.'' La voix d'Edward était tendue et ses yeux sombres. Je pouvais voir son désir, le même qui me consumait également.

''Tu l'es déjà,'' dis-je, d'une voix toute tremblotante.

Je me redressai et pressai Edward dans le matelas, me maintenant au-dessus de lui. J'embrassai et léchai, commençant à ses lèvres, continuant mon chemin le long de son cou puis de son torse, toujours plus bas. J'explorai avec ma langue le chemin vers l'endroit que je voulais le plus. Une faim fiévreuse courait dans mes veines et j'enroulai ma main autour de lui, un doux grognement s'échappant de son torse. Je souris, satisfaite, alors que je vis ses mains se serrer en poings et les muscles de son ventre se tendre il voulait que je le fasse.

Je retournai mon attention sur son corps. Edward était… parfait, et ce n'était pas peu dire, large et rigide dans ma main. J'abaissai ma bouche pour le goûter. Un goût sucré avec un arrière-goût amer envahit mes papilles mais je continuai à faire un mouvement de va-et-vient avec ma tête, espérant que je me débrouillai bien. C'était difficile de mesurer son niveau de satisfaction lorsqu'il essayait si désespérément de garder le contrôle. Une pensée malicieuse se présenta à moi et je gémis autour de son sexe rien qu'en y pensant je pouvais lire dans ses pensées.

Ne la touche pas. Ne la brise pas. Une Belle brisée n'est pas ce que l'on souhaite, Cullen. Concentre-toi ! Mon dieu, c'est merveilleux. Sa bouche !

Je pouvais sentir la moiteur de mon intimité s'intensifier en sachant le plaisir de que je lui donnai. Je fis courir ma langue le long de son pénis, ma bouche et ma main travaillant à l'unisson. C'était délicieusement amusant de le voir presser ses doigts dans la couverture et y faire des trous. Je savais qu'il était fou d'y penser mais le fait qu'il soit potentiellement dangereux m'excitait. J'utilisai mes dents, éraflant légèrement sa peau douce.

Elle va finir par me tuer !

''Bella,'' grogna-t-il, s'asseyant un peu trop rapidement. Il me souleva, comme si je ne pesai rien et me recoucha sur le lit, reprenant le contrôle de la situation.

Je veux la goûter. Son odeur me rend fou.

Je le regardai, fascinée, mettre mes jambes de chaque côté de ses épaules, s'installant ainsi entre mes cuisses. La dernière chose que je vis fus ses lèvres pleines descendre vers mon intimité palpitante. Mes yeux roulèrent dans leurs orbites lorsqu'il embrassa mon sexe et je fus choquée en me voyant à travers ses yeux. Je ne ressemblai pas à la Bella que je voyais dans le miroir. Ma tête était rejetée en arrière, ma bouche ouverte, ma poitrine se soulevant avec mes inspirations saccadées. J'avais l'air céleste et belle dans son esprit, l'objet de ses désirs.

Sa langue froide se glissa entre les plis, atteignant la petite boule de nerfs qui me fit soulever mes hanches vers son visage. Il posa une main sur mon ventre pour m'immobiliser tout en augmentant la pression de sa langue. Sans prévenir, il glissa un doigt en moi puis le redressa pour toucher un endroit dont j'ignorai l'existence.

''Edward ! Oh mon dieu…''

Si chaud et glissant… et le goût c'est à moi. Elle sera toujours la mienne. Je veux lui faire crier mon nom… mon nom. J'aime la manière dont elle le dit.

Je gémis et enfonçai mes doigts dans sa chevelure soyeuse, pressant son visage contre moi. Je pouvais sentir mon orgasme arriver, trop rapidement parce que je pouvais l'entendre. J'étais juste là, si près du précipice…

Pas encore, mon amour.

Edward s'écarta de moi et je grognai de frustration. ''Pourquoi as-tu fait ça ?'' demandai-je sur un ton d'accusation, resserrant mes genoux. ''Ça ne se… fait simplement pas.''

Edward me lança son fameux sourire en coin et écarta à nouveau mes cuisses, plus largement cette fois. ''Parce que, Bella. Je ne peux pas attendre une minute de plus. Je veux être en toi, aussi loin que possible.''

Qu'étais-je supposée répondre à quelque comme ça ? Je hochai simplement la tête et enroulai mes bras autour de son cou, attirant ses lèvres vers les miennes. ''Je te veux, Bella.''

''Alors prends-moi,'' chuchotai-je contre ses lèvres avant de l'embrasser. Il saisit la tête de lit dans un souffle saccadé et guida son pénis vers l'entrée de mon intimité avec son autre main.

''Es-tu certaine, mon amour ? demanda-t-il une dernière fois, frottant son sexe contre le mien.

''Oui, Edward. Je t'en prie…'' chuchotai-je, le désir presque intenable. J'avais besoin de lui.

Il s'enfonça en moi, horriblement lentement. Je pouvais sentir mon corps résister avant de le laisser passer, le laissant s'insinuer au plus profond de mon être. La douleur piquante était calmée par le froid de son corps et chaque centimètre était une lente et douce peine jusqu'à ce qu'il ne puisse plus bouger. Je me sentais entière et complète.

Tellement… chaud, humide et… étroit. Mon dieu, Bella… J'écoutai ses pensées frénétiques, souriant alors que ses hanches bougeaient, l'excitation l'empêchant de rester immobile.

J'enroulai mes jambes autour de sa taille et soulevai la tête pour lui chuchoter à l'oreille, ''Fais-moi l'amour, Edward.''

Quelque chose sembla exploser en lui et il saisit ma hanche de sa main libre, me soulevant sans effort. Une fois qu'il se mis à se mouvoir en moi, je compris pourquoi. Le nouvel angle permettait une pénétration plus longue et plus profonde, qui tapait l'endroit qu'il avait découvert quelques instants plus tôt avec ses doigts.

Des frémissements de plaisir commencèrent à envahir mon ventre et je fus perdue je n'arrivai pas à croire que c'était vraiment en train d'arriver. J'ouvris les yeux et regardai les siens, y voyant la tempête à l'intérieur, tourbillonnant avec émotion et désir charnel. ''Je t'aime, Bella.''

''Je t'aime aussi,'' chuchotai-je, prise en otage par son regard. Je ne pouvais pas détourner mon attention alors que ses mouvements s'accélérèrent. Il le voulait aussi. Après tout, il avait également attendu 90 ans pour en arriver là. Je rejetai ma tête en arrière et cambrai mes reins, poussant un cri lorsque ses lèvres s'attaquèrent à mes seins, taquinant la pointe érigée du bout de sa langue.

J'aime le goût… c'est encore mieux en étant en elle… si profond. Des sons que je n'aurais jamais cru pu produire sortaient de ma bouche lorsque ses hanches firent un mouvement qui entraina son sexe à me pénétrer aussi loin qu'il le pouvait, ce qui aurait été encore plus si mon corps avait été en mesure de l'accepter. Il retira sa main de la tête de lit pour saisir mon autre hanche, me tirant pour m'asseoir sur lui, sans jamais perdre le contact.

J'avais la même consistance que de la pâte à modeler alors qu'il me faisait faire le mouvement de va-et-vient en me tenant étroitement. Mes bras se faufilèrent autour de son cou et je l'embrassai, étouffant les gémissements qui s'échappaient de mes lèvres à chacun de ses coups de rein. J'accélérai le mouvement, tellement proche de mon orgasme.

''Edward… je…'' Je perdis le contrôle de mes pensées, mon corps agissant instinctivement. Mes mains se serrèrent dans ses cheveux, tirant dessus l'entrainant ainsi à grogner dans mon cou en réponse.

''Je veux jouir avec toi, Bella, en toi.'' Sa voix était rauque et primale. Il était lui aussi au bord du gouffre.

Sentir à la fois mon plaisir et voir celui d'Edward à travers son esprit me fit enfin basculer. Je fus prise de spasmes violents, mon orgasme me frappant de pleine force. Edward grogna, le son le plus sexy que je n'avais jamais entendu, et je le sentis tressaillir avant qu'il n'explose en moi. La seule pensée cohérente que j'étais en mesure de former était son nom, et je le chantai, encore et encore, ressentant les dernières vagues de plaisir, d'amour et les sensations que je n'avais jamais connu avant ce moment-là.

Je m'écrasai sur la terre, tremblante et couverte de sueur, mon souffle irrégulier. Edward agrippait la couette qui était toute déchirée et finit par lever les yeux vers moi. Un petit sourire étirait ses lèvres et, à ma plus grande surprise, de chaudes larmes coulèrent sur mes joues. Son amour pour moi ne connaissait pas de limites, je pouvais le voir maintenant. Après avoir été aussi proche que deux êtres peuvent l'être en faisant l'amour, je savais que je ne pourrais jamais être trop près de lui.

Edward me souleva, mon corps protestant déjà de sentir son absence. Il nous allongea sur le lit et me tint dans ses bras, embrassant mes larmes. ''Qu'est-ce qui ne va pas, Bella ?''

Tout allait bien. J'étais enfin entière. J'étais vivante et dans les bras d'Edward. Rien ne pouvait être mieux que ça. ''Ce sont des larmes de joie, Edward.''

''Je sais ce que tu ressens,'' murmura-t-il dans mes cheveux.

''Je sais,'' chuchotai-je, laissant un sourire fatigué apparaitre sur mes lèvres. L'épuisement était la seule chose dont mon corps semblait capable à l'instant. Ce fut dans le creux des bras d'Edward, ma tête contre son torse, où se trouvait ma place, que je finis par m'endormir.

EPOV

J'avais accompli la tâche la plus difficile de mon existence. Bella dormait dans mon lit à l'étage, là où je l'avais laissé, saine et sauve, et je lui avais fait l'amour. Je ne pouvais empêcher le sentiment d'exaltation qui grandissait en moi. C'était libérateur de savoir que j'avais partagé quelque chose de si sacré avec la femme que j'aimais sans avoir marqué sa peau d'ecchymoses. Je voulais recommencer mais elle était humaine avec une endurance limitée. Elle se réveillerait bien assez tôt.

Je sortis dans la cour, pieds nus, sentant le chemin pavé humide sous mes pas. La pluie était tombée sur Chicago pendant que Bella et moi étions préoccupés l'un par l'autre. Je coupai le son monotone de la vie quotidienne des esprits humains autour de moi et écoutai le vent qui soufflait dans les arbres en pleine floraison. Le printemps était le moment parfait pour un nouveau départ.

Je souris comme un idiot lorsque je sentis mon téléphone vibrer dans la poche de mon pantalon de jogging. J'avais une idée de qui pouvait m'appeler. Je répondis sans regarder l'écran. ''Bonjour, Alice.''

''Tu l'as fait, Edward !'' Elle semblait aux combles du bonheur.

''C''est sympa de savoir que ma sœur peut voir des moments intimes. Merci pour le rappel,'' grommelai-je, légèrement gêné.

''Tu peux voir les miens en pleine action alors ferme-la,'' se défendit-elle. ''Emmett veut te parler.'' Oh mon dieu.

''Hey, Edward, j'ai entendu dire que tu étais un homme maintenant, grâce à l'aimable intervention de Bella.''

''C'est une manière tellement gentille de le dire, Em,'' dis-je, sarcastique.

''Ne le prends pas comme ça ! Alice dit que Bella est train de dormir tu y es allé comme un marteau piqueur, hein ?''

Je pinçai l'arrête de mon nez et grimaçai. ''Emmett, je ne veux pas discuter des détails les plus intimes de ma relation avec toi. Ce que Bella et moi faisons est notre affaire et pas la tienne.''

''Je ne faisais que m'amuser. Tu sais que j'attends ce moment depuis tellement longtemps. Je ne pouvais pas l'ignorer. Carlisle a besoin de te parler.''

Je soupirai toute ma fichue famille semblait vouloir s'immiscer dans le meilleur moment de mon existence. ''Bonjour, Edward. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas aborder ta vie privée.''

''Merci, Carlisle.'' Alice et Emmett feraient bien de prendre exemple sur lui en ce qui concerne la discrétion.

''Pas de problème, Edward. J'ai enfin réussi à parler avec Alistair. Il m'a rappelé peu de temps après votre départ pour Chicago. Sa connaissance de la malédiction était très instructive.''

Cette maudite malédiction. ''Je suis tout ouïe.''

''Il connait trois cas similaires au vôtre. Tous ont mal finis. Il m'a dit que tu si accordes la moindre importance à ta propre vie et à celle de Bella, tu devrais t'éloigner aussi rapidement que possible.''

La colère prit possession de moi à la pensée de laisser Bella seule. ''Je ne peux pas faire ça, Carlisle.''

''Je sais que tu ne peux pas. J'ai alors expliqué à Alistair que vous étiez ensemble, que tu avais contrôlé ta soif et que tu avais commencé à te souvenir de ton passé avec elle.''

Je fronçai les sourcils. ''Qu'a-t-il répondu à ça ?''

Carlisle rit doucement. ''Il a dit que c'était grotesque avant de commencer à marmonner que les vampires qui se nourrissent de sang animal doivent être cinglés.''

''C'est un être étrange, Carlisle. Je suis heureux qu'il n'avait rien de terrible à dire sur ça. Je ne pourrais jamais faire de mal à Bella.''

Carlisle soupira. ''Je le sais, Edward. J'ai une confiance entière en ton incapacité à faire quelque chose comme ça. En parlant de ça, Alice me laisse l'honneur de partager cette merveilleuse nouvelle avec toi. Elle a eu une vision parfaite…''

''On ne pouvait pas faire plus parfaite !'' hurla Alice derrière Carlisle.

''Tu vas continuer à améliorer ta résistance à l'appel du sang de Bella. La malédiction ne va pas freiner tes progrès comme tu l'avais craint.''

Je fus submergé par le soulagement. Nous avions vaincu la malédiction. Bella ne serait jamais un vampire mais je pouvais le gérer. Nous avions traversé bien des obstacles rapidement et sans beaucoup de difficultés. Notre amour était différent des autres qui avaient souffert de la même malédiction. Nous avions une chance de gagner. ''Merci, Carlisle.''

''Pour quoi ?'' demanda-t-il.

''Pour m'avoir appris comment contrôler ma soif et pour m'avoir montré une manière différente de vivre cette existence,'' dis-je, avec révérence. Je ne pensai pas que cela soit possible, mais mon respect pour Carlisle grandit encore plus.

''Oh, Edward, c'est un plaisir de t'avoir comme membre de ma famille.''

''C'est pareil pour moi.'' Et c'était vraiment le cas.

Je quittai Carlisle et repris le chemin de la maison pour aller voir Bella. Elle était toujours lovée sur son côté du lit, dormant tout aussi profondément que lorsque je l'avais quitté. Je souris, sachant qu'elle serait excitée par la nouvelle vision d'Alice. J'avais hâte de pouvoir lui dire.

Pour passer le temps avant qu'elle ne se réveille, je décidai de me promener dans la maison. Je refermai la porte de ma chambre et continuai ma route dans le couloir familier, mon sourire s'effaçant lorsque je réalisai ma destination.

Là, au bout, dans le coin le plus sombre du couloir se tenait la porte de la chambre de mes parents. Cela faisait quasiment 60 ans depuis que j'avais franchi le seuil. J'étais venu de nombreuses fois dans cette maison, mais il était rare que je mette les pieds dans leur sanctuaire. Je mis ma main sur la poignée en cuivre, rempli de la même appréhension que j'avais à chaque fois que j'entrai dans la pièce.

La porte grinça légèrement lorsque je l'ouvris et je fus transporté dans le temps. Leur chambre n'avait jamais été changé, je m'en étais assuré. Cela semblait mal de la transformer comme si j'altérai une histoire parfaite. Ma mère avait créé cette chambre pour refléter ses goûts et je n'étais pas près de modifier ce qu'elle avait fait. Peut-être que c'était pour reconnaitre et honorer la femme qui m'avait donné la vie que je ne pouvais pas changer le décor qu'elle avait réalisé. C'était mon devoir en tant que son fils de ne jamais oublier. Pour dire vrai, c'était la seule chose qu'il m'était possible de faire pour elle.

Je marchai sur le sol en bois doux vers la coiffeuse où ma mère s'asseyait pour brosser ses cheveux. J'eus la sensation de redevenir un enfant en tirant sur le tabouret pour prendre place sur le coussin en ivoire avant d'observer la pièce.

Le lit était toujours protégé par le dessus de lit en ivoire et les lampes Tiffany étaient toujours posées sur les tables de nuit, de chaque côté du lit. Sur la gauche, la bible de ma mère était posée sur le dessus comme d'habitude. Sur la droite, les lunettes de mon père reposaient sur un ancien journal qui était prêt à se désintégrer si quelqu'un le touchait. Le papier était jauni et craquelé mais il représentait un témoignage de ce jour-là parce qu'il avait pris son petit-déjeuner au lit ce fameux matin, ayant dit qu'il ne se sentait pas bien.

L'ancien chagrin suite à la mort de mes parents me hantait toujours de temps à autre, aujourd'hui en particulier. Je me relevai et allai vers la fenêtre qui faisait face à l'arrière de la maison, ouvrant les rideaux en velours bleu marine pour pouvoir regarder le jardin. C'était la fierté et la joie de ma mère. Elle travaillait dessus sans relâche du printemps à l'automne, réprimandant mon père lorsqu'il avait suggéré d'employer un jardinier. C'était son espace dans le monde. J'avais juste de la chance d'avoir fait partie de ce monde.

''Edward, mon chéri, joins-toi à moi pour un instant,'' me dit ma mère, après avoir ouvert la porte de ma chambre sans prévenir.

''Bien sûr, Mère, de quoi as-tu besoin ?''

Elle secoua la tête et me fit signe de la suivre, ce que je fis. C'était rare qu'elle me cherche pour me parler en privé mais j'avais la sensation qu'elle le ferait après le fiasco de ma présentation à Isabella Swan. Je savais par le regard dans les yeux de ma mère qu'elle allait m'en parler. Je me demandai si j'aurai le cœur de lui dire que j'avais encore plus aggravé la situation après le dîner.

Mère ouvrit la porte de la chambre qu'elle partageait avec Père, se déplaçant sur le côté pour que je puisse entrer. ''Assis-toi sur la chaise, Edward.''

Je m'exécutai et regardai avec appréhension alors qu'elle prenait place sur la chaise devant sa coiffeuse et me lança un regard critique. Le demi-sourire que j'avais hérité d'elle fit une apparition sur ses lèvres et elle souleva un sourcil. ''Isabella a gagné ton affection avec peu d'effort.''

Sa déclaration me laissa abasourdi. Il n'était pas utile d'essayer de cacher quoi que ce soit à ma mère. Elle savait toujours tout. ''Je l'ai aussi fait me détester.''

Elle rit, faisant courir ses doigts dans ses cheveux cuivrés, la même couleur que les miens. ''Ne sois pas bête, Edward. Il n'est jamais trop tard pour recommencer. Certes, Isabella a construit un étrange mur autour d'elle mais ce n'est rien que mon fils ne puisse briser. Parfois les premières impressions nécessitent une seconde opinion.''

Je soupirai et pinçai l'arrête de mon nez, une habitude que j'avais prise chez mon père lorsque je faisais face à des situations insolvables. ''Je peux t'assurer que j'ai essayé. Je suis seulement parvenu à l'offenser encore plus qu'elle ne l'était.''

''C'est du baratin, Edward.'' L'héritage irlandais de ma mère se décelait à travers son léger accent qui apparut dans sa phrase. ''N'as-tu pas pensé qu'il est possible qu'Isabella soit tout aussi incertaine que toi face à cette situation ? Être sur la défensive peut entraver quelque chose de merveilleux. Fais-lui savoir que tu apprécies son esprit. Je sais que c'est le cas, mais pas elle. C'est le chemin le plus rapide vers son cœur, c'est là que tu devrais être.''

''Qu'est-ce qui te rend certaine ?'' demandai-je avec une once d'apitoiement dans la voix.

''Je le sais. Je suis aussi certaine de toi et d'Isabella que je suis sûre de voir le soleil se lever le matin. Ne te bats pas contre les Parques, Edward. Tu perdras misérablement.''

''Elle est juste tellement… obstinée ?'' Je n'étais pas sûr que ce soit le bon mot pour décrire Isabella.

''Tout comme toi, mon fils. Tu as senti un choc électrique, n'est-ce pas ?'' Les yeux de ma mère semblaient voir à travers mon être lorsqu'elle me posa cette étrange question.

''Que veux-tu dire ?'' Je n'étais pas sûr de ce qu'elle attendait de moi.

''Lorsque tu l'as touché… tu as senti quelque chose.'' C'était une affirmation cette fois.

Ma bouche s'ouvrit un peu. Ma mère était au courant des choses les plus ridicules. Il semblait qu'il était impossible d'avoir un secret avec elle autour. ''C'était juste une décharge d'électricité statique, Mère. C'est assez commun.''

''C'est ce que tu pourrais croire, Edward. Cette décharge que tu dis être statique m'a fait savoir que ton père était l'homme de ma vie,'' déclara-t-elle d'un ton neutre.

Je ne savais pas qu'elle et mon père avaient eu des signes étranges pour marquer leur relation. Je savais simplement que j'avais grandi dans une maison où mes parents s'aimaient et étaient très heureux l'un avec l'autre. ''Je ne sais pas quoi faire. Elle me laisse complètement perplexe. Tout ce que je sais c'est que je veux apprendre à la connaître plus que quiconque que j'ai rencontré dans ma vie. Ça peut paraître fou, surtout parce que nous venons juste de nous rencontrer, mais elle m'intrigue comme jamais personne auparavant.''

''C'est comme ça que les grandes histoires d'amour commencent, Edward.''

Je rougis un peu. Je n'avais pas pour habitude de parler de sentiments avec ma mère. Ce n'était pas quelque chose qu'un homme faisait à moins qu'il soit avec son amante en complète intimité. Je voulais en finir avec cette conversation. ''Je garderai tout cela à l'esprit, Mère. Je devrais aller me coucher maintenant.''

Ma mère me sourit et se tourna vers sa boîte à bijoux. ''Avant que tu ne partes, il y a quelque chose que je voudrais te donner.''

Je me levai et marchai vers elle, curieux. Elle prit ma main dans la sienne et y déposa son collier avec le cœur en diamant, refermant mes doigts dessus. ''Donne-lui ça lorsque ce sera le bon moment.''

Je n'arrivai pas à croire qu'elle me donnait le premier gros bijou que mon père lui avait offert en dehors de son alliance. ''Comment serai-je que c'est le bon moment ?''

Elle eut un étrange sourire entendu. ''Après qu'elle te l'ait rendu.''

Je ne l'avais même pas encore donné à Bella. Ce que me disait ma mère n'avait aucun sens. ''Je ne comprends pas, Mère.''

Elle rit doucement. ''Tu comprendras, Edward. Maintenant, va te coucher pour être bien reposer demain. J'ai la sensation que tu vas avoir besoin de beaucoup d'énergie pour suivre Isabella.''

Elizabeth Masen, ma merveilleuse, étrange et magnifique mère, avait vraiment 'su' des choses. I peine quelques semaines, Bella m'a rapporté ce que lui avait dit ma mère mais je n'y avais pas prêté plus d'attention. Mais je me souvenais maintenant.

Et Bella m'avait redonné le collier.

Le premier souvenir qui m'était revenu lorsque Bella était réapparu dans ma vie était celui du collier. Je m'étais rappelé de ma mère en train de le placer dans ma main mais rien de la conversation que nous avions eu durant cet échange. Je ne l'avais pas redonné à Bella pour je ne savais quelle raison, bien qu'il lui appartienne, mais je l'avais amené avec moi. Je le portai habituellement dans ma poche mais à cause de l'aéroport, je l'avais rangé dans le bagage que j'avais pris dans l'avion.

Peut-être qu'après tout j'avais une raison de protéger si passionnément ce bijou. Bien évidemment, lorsque la raison se réveillerait de sa sieste post-orgasme, je le lui rendrais.


Pour répondre à une question qui m'a été posé, je vis en Angleterre.

A la semaine prochaine pour la suite.