Salut les cocottes ! J'espère que vous pétez la forme de votre côté ! Moi bof, bof, mais on n'est pas là pour parler de ça ;) (heureusement !)

Tout de suite, le chapitre du jour, tout beau, tout chaud... très, très chaud, même...

Ce qui me permet de mettre le WARNING de rigueur ! "Sexe" au programme et "violence verbale et physique". Pas de viol ou quoi, rassurez-vous, mais je préfère prévenir que ce chapitre sera, à l'image de cette fanfiction, plus sombre. Bon, je ne compte quand même pas abandonner totalement la partie "humoristique" de l'histoire, mais sachez tout de même qu'elle sera plus "mature" et "dure" que mes autres écrits, donc préparez-vous psychologiquement...

Sur ce, enjoy !


Life is a bitch...

Voici un proverbe qui résumait parfaitement sa situation actuelle et Kagami en avait bien conscience.

Pourquoi avait-il fallu qu'il tombe sur... son voisin ? Sérieusement ? Ca, c'était forcément le karma, qui lui jouait un mauvais tour... D'après Alex, c'est ce qu'on fait dans nos vies antérieures qui détermine les événements qui parsèment notre vie présente. Fuck... il avait sacrément du merder lui, alors. Mais genre, y aller bien franchement et pas avec le dos de la cuillère, en mode beau salopard qui accumule les pêchés...

…. et en parlant de péchés, justement, celui de la luxure était en train de...

« Hmm... »

Le fier tigre laissa échapper un gémissement et son agresseur en profita pour envahir sa bouche. Ce goût d'alcool et de nicotine mêlés était aussi explosif qu'enivrant... Si bien que dès qu'Aomine l'embrassait, Kagami pouvait sentir toute raison le quitter et se perdre dans la vacuité de l'Univers... en venant gonfler la liste des bonnes résolutions que personne ne tient jamais. Aomine était une drogue. Puissante et sournoise, de celles qui s'insinuent dans vos veines et dans l'air que vous respirez. Kagami se savait piégé. Il ne pouvait pas résister. Son corps refusait d'obéir.

Il aurait tellement voulu que son poing vienne faire connaissance avec la jugulaire du brun...

Mais quand bien même...

Cela n'aurait pas été une vengeance suffisante...

Alors le rouge se raccrochait à cette idée, désespérément, de toutes ses forces. Oui, c'était bien l'unique raison qui l'empêchait de frapper son cher et tendre voisin, qui avait à présent les mains glissées sous son T-shirt. La matière cotonnée lui brûlait le corps, l'asphyxiant comme si les pores de sa peau n'étaient en réalité que des alvéoles destinées à recueillir l'oxygène nécessaire à sa survie. Les mains d'Aomine étaient chaudes... mais cette chaleur là était agréable, en totale contradiction avec celle de ses vêtements devenus encombrants et obsolètes.

Plus...

Il en voulait plus...

Et il n'était pas le seul...

A en juger par l'empressement d'Aomine.

Qui était prêt à passer à l'acte ici et maintenant, dans le hall de leur immeuble...

Putain, Kagami aurait pourtant du savoir que le brun était dead serious tout à l'heure...

Quand il avait parlé de le baiser dans une vulgaire cage d'escalier, pour ne pas avoir à se donner la peine de grimper sept étages. Il y a des choses qui n'attendent pas...

Les mains se déplaçaient maintenant vers le sud et Kagami sentait tous muscles de son corps se tendre d'une seule et même voix. Chaque caresse l'électrisait. Son ventre se liquéfiait. Aomine...

Aomine...

Tout n'était plus qu'Aomine...

Intoxiquant et...

Daiki...

Kagami se sentait à sa merci... Et ce fait dégradant n'était pas uniquement à mettre sur le compte de la frustration sexuelle de Kagami... Non, il y avait définitivement autre chose... Etait-ce ce simple verre de whisky offert par Aomine qui lui vrillait à ce point l'esprit ? Oui, c'était forcément cela, Kagami ne voyait pas d'autre explication à sa soudaine réceptivité, qui parvenait presque à lui faire oublier ses noirs desseins...

Presque...

Les dents du fauves dévalaient à présent sa nuque, signe que la panthère avait déserté ses lèvres et cela ne l'aidait pas mieux à réfléchir, ni à respirer. Au contraire. Kagami allait devoir faire face à un double problème demain à la caserne... D'une part, il devrait camoufler ses cernes, mais ça, il commençait à en avoir l'habitude... et d'autre part...

« Gnnhh ! »

Il allait devoir cacher le suçon que son vorace voisin était en train de graver dans son cou. En désespoir de cause, Kagami appuya fermement ses mains contre les épaules d'Aomine, pour tenter de l'éloigner, puisque le repousser semblait déjà hors de sa portée. Mais c'était inutile. Ses dernières forces venaient de le quitter, en même temps que sa volonté. Leur attirance était magnétique, à tel point que lui aussi était devenu une proie... Lui, le féroce tigre rouge... Au même titre que toutes les autres... ces insupportables femelles qui paradaient chez son voisin et se succédaient sans temps mort...

Oui, il était exactement comme elles...

Incapable de dire non... de...

Brusquement, un cri déchira le silence.

Son cri...

Aomine se redressa, ravi de son méfait. Mais ce n'était pas pour lui laisser un quelconque répit...

« Crie autant que tu veux, personne ne t'entendra... »

Ce n'était que pure vérité. La résidence n'était habitée que par des retraités durs d'oreille et personne n'allait débarquer pour le sauver. Kagami le savait. Il se sentait pris au piège, comme dans un film d'horreur... Comme dans Alien... où les hurlements d'agonie se faisaient avaler par l'infinité de l'espace...

« Crie pour moi Kitty Cat... » Insista Aomine, visiblement peu satisfait du manque d'expressivité de sa proie.

De toute évidence, le mutisme relatif de Kagami devait le changer de ses sirènes hystériques. Et ça ne lui plaisait pas alors pour y remédier, une main remonta le long du torse bombé du pompier et...

« Ahhh! »

Le tigre se tordit de douleur et de plaisir, en même temps qu'Aomine tordait justement un mamelon sensible entre ses doigts. Le rouge était à la dérive... il n'arrivait plus à dissocier les sensations qui s'emparaient de lui pour lui faire perdre la tête.

« Encore ! » Exigea son bourreau.

Kagami se mordit la lèvre inférieure pour réprimer un autre gémissement et bien entendu, cette absence de coopération était très loin de plaire à Aomine, puisque le brun entreprit de le torturer davantage entre ses doigts calleux. Ses ongles courts vinrent égratigner la chair fine et bientôt, un genou inquisiteur se glissa entre ses cuisses, entrant sans ménagement en contact avec la virilité du tigre. Bougeant lascivement, Aomine massa l'épicentre du désir et cette mise en garde sonna comme un électrochoc pour Kagami.

Evidemment, il vouait une haine et un mépris singulier à cet homme, alors pourquoi son corps le trahissait-il de la sorte, lui faisant défaut et le lâchant un peu plus à chaque caresse osée ? Il était devenu un immense morceau de sucre qui fondait et se dissolvait dans un verre d'eau. Incapable de l'empêcher, Kagami assistait à sa propre déchéance, les pupilles dilatées, le regard embué par le désir.

Shit... He's really going to...!

Alors, les dés étaient déjà jetés ? Lui, ne méritait même pas d'atteindre la tanière de la panthère, non, il allait se faire baiser ici, dans les parties communes, sans aucun respect ou considération ?

Tous ses voyants étaient au rouge... rouge, rouge, comme le sang, rouge comme le danger... rouge comme la marque d'appartenance qui était en train de naître dans son cou.

Il devait se dégager...

Il FALLAIT qu'il se dégage !

TOUT DE SUITE !

MAYDAY ! ALERTE ! CECI N'EST PAS UN EXERCICE !

Aomine frottait son nez contre la gorge offerte de son compagnon, qui avait fait l'erreur de basculer la tête en arrière à la recherche d'un oxygène devenu trop rare et à présent, le fauve ronronnait de satisfaction.

Mais il ne le lâchait pas.

La perle rosée pointait avec insolence entre ses doigts ravis.

La torture continua.

Et la torture continuerait tant que Kagami n'abdiquerait pas...

I can't...

Non... ça n'allait pas se passer ainsi ! Sentant sa vengeance rêvée lui glisser entre les doigts, Kagami devait réagir. Il jeta un regard de biche effarouchée à son prédateur, dans l'espoir de peut-être l'amadouer... Il se sentait faible et c'était bien la première fois, mais voici l'effet qu'Aomine Daiki avait sur lui. Mais c'était de sa faute. C'était sa punition pour avoir cédé aux avances sexuelles d'un inconnu, dès le premier soir !

… Non ! Il n'avait rien à se reprocher, lui !

Il ne menait pas une vie de débauche comme ce dépravé et ce n'était pas ce léger moment de faiblesse qui allait définir ou dicter sa vie !

Kagami était si PRES du but ! Il ne pouvait pas laisser Aomine s'en tirer ainsi ! Ce type avait besoin d'une bonne leçon, quelque chose de suffisamment marquant pour le dissuader de ramener n'importe qui chez lui et l'empêcher de troubler le voisinage ! Alors peut-être que... si le roux parvenait à se défaire de l'étreinte mortelle de la panthère, il réussirait à avoir des pensées plus cohérentes...

« Wait... on ne peut pas faire ça comme ça... » S'exprima finalement Kagami, à bout de souffle.

« T'en fais pas, j'ai des capotes. Et du lubrifiant aussi. »

OH MISERE !

« Non mais c'est pas de ça que je parle, abruti ! »

« Bah explique-toi alors au lieu de beugler comme une vache qu'on étrangle ! »

… une vache... qu'on étrange... ? Kagami cligna des yeux, incrédule. Vraiment ? Genre c'est possible ! Enfin, sauf si on est un gorille avec des mains géantes, là ok, d'accord, ça doit être faisable...

… Mais à quoi il pensait au juste ? Il devrait plutôt mobiliser sa matière grise pour trouver une solution et s'extirper de ce traquenard !

« Et si... quelqu'un nous voyait ?! »

Aomine répondit par un haussement d'épaules dédaigneux.

« Moi ça m'dérange pas et puis, comme je te l'ai déjà dit, y a que des vieux qui vivent ici, alors... »

« C'est pas une raison valable, bordel de merde ! » S'indigna le rouge, qui y voyait subitement beaucoup plus clair.

Décidément, il n'avait aucune gêne !

« Hmpff... »

Ennuyé, le brun se recula légèrement, mais il ne bougea pas son genou, toujours judicieusement logé entre les cuisses écartées de Kagami. Fallait pas rêver non plus. Puis, il renifla sèchement.

« Quoi, me dis pas que tu veux qu'on aille chez moi ? »

Wow. C'est qu'il avait l'air REELLEMENT surpris, ce con ! Comme si cette demande était contre-nature !

« En général, c'est de cette façon que procèdent les gens civilisés, ouais... » Approuva Kagami, sourcils froncés.

« … Hahaha, elle est bien bonne celle-là ! Et tant qu'on y est, tu veux que j'te porte jusqu'à ma piaule comme une princesse aussi ? »

... Non mais décidément, quel grooooos con !

Un sourire carnassier déforma le visage du gros con en question et Kagami décréta qu'il n'aimait pas cet air suffisant. Du tout. Une fois de plus, cet empaffé notoire se payait carrément sa gueule ! Pour qui se prenait-il ? Le rouge reconnaissait bien là ce voisin si imbu de lui-même... Un beau salop qui empestait la confiance en lui et tourmentait son sommeil depuis des lunes...

Mais pas question de se laisser faire, oh ça non !

Plus question...

Not this time !

Il avait eu un moment de faiblesse, mais à présent, il se rappelait pourquoi il avait accepté de jouer le jeu d'Aomine. Sa petite vendetta personnelle était sur le point de s'exécuter... Rougissant comme une jeune fille en fleur, Kagami se dandina nerveusement.

« Mais... t'avais dit que tu serais romantiqueuuuuuh ! »

Autant commencer par prendre le bleu à son propre piège. Parce que si Kagami se montrait assez convainquant pour lui retourner le cerveau, la situation se retournerait alors à son avantage.

« Ok, ok, t'as gagné, viens... Mais comme j'ai été absent toute la soirée et que j'ai pas eu le temps de sortir mon clébard, il se peut qu'il ait chié partout dans l'appart', alors faudra pas m'en vouloir ! »

Waouh. Glamour... et...

Clébard... ?

CLEBARD !

Aomine attrapa la main de sa conquête du soir, prêt à l'escorter dans les escaliers les menant jusqu'à sa tour d'ivoire, sauf que Kagami freina des quatre fers.

« C'est quoi le souci cette fois ? Tu vas me sortir qu'on peut pas s'envoyer en l'air parce l'alignement des planètes n'est pas bon ? Ou parce que t'as tes règles ? »

« Tu... tu as un chien... ? » Demanda Kagami, trop livide pour s'offusquer.

« Ouais, j'viens d'te l'dire, pourquoi ? Ca pose un problème ? »

« Je... »

Là, c'était Kagami qui venait de se faire prendre à son propre piège ! Il avait une peur panique des chiens, quelle que soit leur taille et leur degré d'agressivité! Ne pouvant réprimer des tremblements d'angoisse, il déglutit difficilement. Vite, il devait trouver une excuse et un plan B !

« … heu... je suis allergique aux poils de chiens, voilà ! »

« Ah. » Lâcha simplement Aomine.

Merde, merde, il n'avait pas du tout prévu ça ! Ce chien tombait vraiment comme un cheveu sur la soupe ! Ou un poil ! Ouais, un gros poil pubien, même !

« Bon bah... dans ce cas, on n'a qu'à faire ça... Hmm... voyons voir... » Commença le brun, scannant sommairement les lieux en quête d'un refuge...

Quand soudain...

EUREKA !

LA REVELATION !

« Je sais où, suis-moi ! »

Sans laisser le loisir à Kagami se protester, il le tira jusqu'à la cage... d'ascenseur... ?! NON MAIS A QUOI IL PENSAIT, CE GROS NAZE !?

Visiblement fier de lui et de sa trouvaille, Aomine se retourna vers Kaga, affichant un sourire digne d'un gosse de six ans qui vient de résoudre sa première addition.

« Tu peux m'expliquer ? » S'impatienta Kagami, en tapant du pied comme un célèbre hérisson bleu.

« C'est très simple ! Tout ce qui compte, c'est que personne d'autre que moi puisse voir ton cul, pas vrai ? »

« Heu... ouais... enfin... si on veut... » Répondit Kagami, pas certain de suivre où voulait en venir l'autre énergumène.

Dans les grandes lignes, c'était ça, ouais grosso merdo. Mais malheureusement, Kagami sentait qu'il s'enfonçait un peu plus dans une inconfortable situation parsemée de quiproquos... dont il devait absolument trouver l'issue et tirer profit ! Mais pas facile, dans pareilles conditions...

« Laisse-moi donc te présenter mon petit nid d'amour... »

« Désolé de te contredire, mais ça ne ressemble pas vraiment à un nid d'amour... » Soupira Kagami, yeux plissés.

Qu'est-ce qu'il racontait encore ce sac à merde ? C'était même tout le contraire d'un nid d'amour ! « Tue-l'amour » semblait être une définition nettement plus appropriée, à vrai dire ! Aomine se foutait clairement de sa gueule, là ! Plus de doute permis !

« A première vue non, c'est vrai, mais... c'est justement là que se situe tout le génie de cet endroit ! »

Mouais... pas convaincu...

… Non mais attends une seconde, qu'est-ce qu'il était en train de faire l'idiot du village, là ? Le brun venait en effet de commencer à écarter les grilles de sécurité, puis la porte de l'ascenseur. Sans hésitation, il s'engouffra dans la brèche et il tendit la main pour inviter Kagami à pénétrer dans le compartiment.

L'Américain hallucinait !

Ok, donc en plus d'avoir bourré son verre de GHB, Aomine avait également mis du LSD dedans... Non, parce que ça ne pouvait pas être en train d'avoir lieu, quand même ! Si... ?

Un cauchemar, c'était un PUTAIN de cauchemar !

Et il allait se réveiller, pas vrai ?

Kagami ne savait pas ce qu'il lui prit de suivre « Mon Voisin Baisoro » dans ses frasques de délinquants, mais il le fit pourtant. Il avait l'impression d'être Alice, plongeant dans le terrier du Lapin Blanc pour le poursuivre ! Qui sait... ? Peut-être même que cet ascenseur en PLS faisait en réalité office de portail vers une autre dimension ? Plus rien ne l'étonnerait, il n'était plus à ça près maintenant !

Alors forcément, Kagami fut tout de même un peu déçu lorsqu'il se rendit compte que c'était un ascenseur tout ce qu'il y a de plus banal et vétuste. Il était cependant étrangement spacieux, mais son panneau numérique en relief était couvert de poussière, signe qu'il n'avait pas du être utilisé depuis des lustres.

Cela n'étonnait pas vraiment Kagami, qui n'avait encore jamais vu la cabine fonctionner depuis son emménagement. L'installation semblait aussi datée que les fondations mêmes de l'immeuble et Kagami pensa un instant qu'il ne serait pas surpris de voir un squelette tomber de la trappe d'entretien...

« Very nice place... » Dit-il, complètement blasé.

Et ironique.

Mais le sourire rayonnant de son vis-à-vis s'intensifia, devenant aussi aveuglant que le soleil.

Oh le con...

Apparemment, il ne voyait pas le problème. Non, bah non, bien-sûr que non, hein. Ca aurait juste été trop beau et trop facile sinon !

« C'est ma base secrète ! » Annonça t-il, radieux et fier.

« Base... secrète ? »

« Ma planque, quoi ! »

Et dire que Kagami croyait que ça ne pouvait pas être pire ! Mais là, il venait de toucher le fond, pas vrai ? PAS VRAI, HEIN ?

Non mais ce type se prenait pour un super héros à deux balles ou quoi ? Et bientôt quoi, il allait lui annoncer « Bienvenue dans la Batcave » ? Kagami avait à faire à un gosse ! En effet, comme bien des petits garçons, Kagami avait lui aussi construit une cabane dans les arbres avec son père. Puis, il avait cloué un écriteau « Interdit aux filles » sur la porte et là, c'était exactement la même chose ! Il avait l'impression que cet endroit abandonné et insolite n'était autre que le fort d'Aomine !

Mais il se trompait...

Oh comme il se trompait...

A moins que... les filles ne soient autorisées dans un tel fort... et depuis quand d'ailleurs ? Le brun aurait donc délibérément enfreint les règles en détournant ce lieu de son attribution principale ? Aomine avait osé bafoué le « Bro Code » en transformant sa cachette secrète en lupanar ! Sacrilège !

Constatant que Kagami paraissait largué, Aomine retrouva une posture plus normale.

« Attends, je vais te montrer... »

Il grimpa agilement sur une des barres qui encadrait la cabine, sans doute destinées aux personnes à mobilité réduite et il se hissa jusqu'à une des trappes du plafond. Trappe qui céda sans peine et qu'Aomine fouilla ensuite, toujours sous le regard éberlué de son partenaire. Et là où un gamin aurait vaillamment exhumé son trésor de guerre, composé de billes, de cartes de collection et d'un lance-pierres artisanal, Aomine exhiba menottes, lotions, capotes, godes, cravaches et chapelets anaux.

Pas du tout le même délire, en somme...

Kagami était bouche bée.

Il y avait quelque chose de très enfantin et innocent, presque, chez son connard de voisin...

Et pourtant... cette image d'épinal venait de voler en éclats. Là... c'était le pompon sur la Garonne !

Cette petite découverte tout sauf fortuite ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : Aomine avait l'habitude d'amener des pépettes ici. Peut-être même était-il à l'origine de la panne de l'ascenseur, ce qui ne surprendrait qu'à moitié Kagami, tant ce gars semblait prêt à tout pour tirer sa crampe ! Ouep, définitivement, Aomine devait avoir bloqué volontairement l'ascenseur pour se l'accaparer égoïstement !

Mais tant mieux d'un côté...

Cela venait de tuer dans l'oeuf toute l'attirance que Kagami pourrait éprouver envers son dépravé de voisin...

« Vire tes fringues... » Ordonna le tigre avec une fermeté qui forçait le respect.

Et bien loin de se défiler, Aomine entreprit de se libérer de cette chemise noire qui lui collait si bien à la peau, épousant chaque muscle bien défini. Une fois Aomine torse nu, Kagami se perdit un instant dans la contemplation de cet Adonis à la peau caramélisée. Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi sensuel et désirable? Le brun dégageait une animalité hypnotique à laquelle il était difficile de résister, malgré son caractère de merde et sa beauferie absolue...

Aomine fit volontairement durer son effeuillage pour s'assurer que Kagami n'en perde pas une seule miette.

« Tu aimes ce que tu vois. » Affirma l'exécrable voisin.

Difficile de le nier. Cet homme était la perfection incarnée, se dressant orgueilleusement, dans toute virile splendeur. Une impression de toute-puissance se dégageait d'Aomine et le rouge en avait la gorge sèche. L'estomac noué. Il devait arrêter de le contempler... ou plutôt, de le bouffer ainsi des yeux, comme si Aomine venait brusquement de se changer en barre chocolatée grandeur nature.

Connard de poseur...

Gardant une expression faciale aussi neutre que possible, Kagami s'avança vers son partenaire et il fouilla dans la boîte à chaussures qui contenait l'attirail du brun, tandis qu'un toute autre genre d'attirail lorgnait vers lui avec l'insolence de caractéristique de son propriétaire... Evitant de loucher dessus trop longtemps et... de baver face à ce membre si hardiment érigé, Kagami attrapa une paire de menottes. Bizarrement, elles n'arboraient aucun froufrou et semblaient même très solides, si bien que le roux doutait qu'il s'agisse d'un jouet... Mais que fabriquerait cet Ahomine avec de VRAIES menottes de flic ? A moins qu'il ne soit réellement policier...

Sauf qu'à aucun moment cette possibilité n'effleura l'esprit saturé par la rage de Kagami.

« Hmm... alors t'as envie que je t'attache... Toi, t'es vraiment un sacré coc... »

« Ne. Termine. Pas. Ta. Phrase. Merci. » L'interrompit Kagami, en rassemblant tout le calme dont il était capable.

Il posa l'index sur les lèvres pleines d'Aomine, puis, sa main glissa le long de la jugulaire de son futur amant.

« Qui a dit que ces menottes étaient pour moi ? »

Comme Aomine allait protester, Kagami le bâillonna d'un baiser fougueux. Leurs langues joutèrent quelques secondes comme deux lances de feu pour déterminer laquelle avait le dessus sur l'autre, mais ce fut finalement Kagami qui l'emporta. Il était tellement déterminé qu'il se sentait pousser des ailes. Sa vengeance était là... toute proche... il pouvait la sentir lui mordre la peau...

Alors, sans empressement mais avec fermeté, il commença à prendre l'avant-bras du brun pour l'attacher. Mais ce dernier ne l'entendait pas de cette oreille et il se débattit.

« Non. Pas tout de suite. »

« Quoi ? » S'étonna Kagami en haussant un sourcil face à ce sursaut de rébellion.

« Suce-moi d'abord. » Exigea l'autre sur un ton provoquant.

Et la flamme de luxure qui crépitait au fond des yeux d'Aomine prouvait à quel point il était résolu à avoir ce qu'il désirait, AVANT de se plier EVENTUELLEMENT aux caprices de Kagami. Dans d'autres circonstances, Kagami l'aurait sans doute envoyé chier, détestant par dessus tout ces types égoïstes qui font passer leur plaisir personnel avant celui de leur partenaire. Mais là... Il était coincé. Il n'avait pas le choix...

Alors...

Il prit un sachet argenté qu'il s'apprêta à déchirer, mais Aomine l'en empêcha immédiatement.

« Hin hin... sans préservatif. Ca gâche la moitié du plaisir. »

Choqué, Kagami écarquilla les yeux, avec l'impression d'avoir été percuté par un trente-trois tonnes lancé à pleine vitesse sur la rocade.

Il... il avait bien entendu ? Cet inconnu, cet invétéré queutard qui plongeait son sexe de manière irresponsable dans tous les vagins parsemant sa route, voulait que lui, lui fasse une gâterie sans aucune protection !? Non mais, pour qui se prenait-il ?! Encore une fois... cela n'aurait pas dû surprendre Kagami... En effet, ce type était au-delà même de tout mépris. Il mériterait même franchement un mot rien que pour le désigner, tant ceux disponibles dans le dictionnaire ne suffisaient pas à qualifier assez férocement ses actions immorales...

Et là, Kagami se demanda s'il ne venait pas d'atteindre ses propres limites. La demande, non, l'injonction d'Aomine était tellement dégradante, que sa petite vengeance ne la valait sans doute pas. La mesquinerie de son voisin venait de lui sauter au visage, à défaut de la partie la plus intime de son anatomie... et Kagami fronça des sourcils. Son sang bouillonnait dans ses veines et en vérité, il était prêt à exploser...

Mais...

Merde, non, ce n'était pas le moment de flancher ! Plus que jamais, Kagami avait une raison de lui faire payer ses exactions calamiteuses ! Rangeant donc sa fierté de côté dans un coffre mental, qu'il verrouilla à double tour avant de jeter la clé, le rouge s'agenouilla face à son vis-à-vis.

Bien-sûr, il lui était déjà arrivé de prendre d'autres garçons en bouche, mais jamais ainsi, jamais de cette façon-là, si avilissante et dégradante. Le pire, c'est que Kagami était persuadé qu'Aomine le faisait exprès pour le tester... et voir jusqu'où il était capable d'aller. Effectivement, la flamme de désir dans ses yeux avait laissé place à une lumière plus froide et plus cruelle... de celles qui annoncent que le brun comptait le pousser jusque dans ses derniers retranchements, à la manière d'un chat qui s'amuse avec une pauvre souris avant de la mettre à mort.

C'était un jeu pour lui.

Un jeu de domination...

Et Kagami n'était pas en positon de force. Il se trouvait même dans une impasse, alors qu'il était si près du but !

En désespoir de cause, le rouge empoigna fermement la virilité de son adversaire et il donna quelques coups de poignet secs sur cette hampe de chair qui le narguait insidieusement. Merde... Kagami devait absolument trouver un moyen de lui faire relâcher sa garde... Ok, ok, surtout rester calme... Il pouvait peut-être s'en sortir avec un peu de touche-pipi sans avoir à se compromettre... Et dans cette optique, le rouge se lécha la main droite, l'enduisant de salive humide avant de lui faire prendre le relais de la gauche sur le sexe du policier. Putain... rien que l'idée de prendre cette enfoiré en bouche lui collait la nausée... non, carrément la gerbe, même, ouais !

Aomine ferma les yeux pour savourer ce traitement, mais Kagami n'était pas dupe... il allait certainement s'impatienter très rapidement, s'il ne sentait pas la langue du rouge sur lui. Jeux de mains, jeux d'après demain ! Pour le moment, la main de Kagami faisait la blague, mais... ses yeux ne se départaient pas de leur étincelle de haine... D'ailleurs, heureusement qu'Aomine ne le regardait pas en cet instant précis, parce qu'il aurait sûrement découvert le pot-aux-roses...

Un feulement rauque résonna dans l'ascenseur et Kagami frissonna.

Bordel... par quelle diablerie cet enfoiré réussissait-il à être aussi désirable et sensuel ? Dans d'autres circonstances... Kagami aurait sans doute cédé à la tentation... Mais là... son honneur et sa tranquillité en dépendaient... Il s'attarda un peu sur les testicules du brun, auxquelles il prodigua un léger polissage du bout des doigts pour qu'Aomine se laisse aller complètement. Ce traitement de faveur sembla combler son amant, puisque le hall s'emplissait de gémissements divers... Et lorsque Kagami jugea son ami aussi détendu qu'il était tendu dans sa main, il le lâcha brusquement et se redressa pour lui faire une clé de bras.

« Hey... ! Qu'est-ce que tu fous !? » Protesta Aomine.

Avec une rapidité insoupçonnée, il retourna Aomine, face au mur, écrasant sa tête contre celui-ci. Puis d'un geste assuré, il menotta le brun, bras dans le dos, à la barre de sécurité de l'ascenseur. L'adrénaline du moment lui permit de maintenir Aomine en place, le plaquant sous toute son masse musculaire. Et le pompier en avait à revendre. Fou de colère et comprenant qu'il venait de se faire duper, Aomine se débattit vivement, tel le poisson qui tente d'échapper à un filet. Mais peine perdue. Kagami le tenait douloureusement bien. Haletant, le rouge se pencha vers l'oreille de son presque-amant et il caressa doucement ses cheveux courts, trempés par la sueur.

« Lâche-moi connard ! » Eructa la proie, pas franchement ravie de son sort. « Si tu me touches, je te bute, t'entends !? »

« Shh... calme-toi, tu vas te faire mal imbécile. Et puis, je ne compte pas profiter de toi... »

Aussi tentante cette position soit-elle...

Le cœur de Kagami battait à cent à l'heure et il était sur un petit nuage. Enfin, il la tenait sa vengeance... Il avait été plus malin, plus rapide et plus fort qu'Aomine. Certes, il n'était pas très fier d'avoir du tromper la vigilance du flic avec des méthodes aussi basses, mais ce qui compte, c'est le résultat, non ?

Et étrangement... Aomine cessa de gesticuler et de s'époumoner, ce qui ne manqua pas de désarçonner Kagami... Quoi, c'était tout ? Son adversaire jetait déjà l'éponge ? Il acceptait son sort sans broncher plus que ça ?

!

Soudainement, les connexions se firent dans son cerveau et Kagami se tendit en sentant la chute de reins d'Aomine se presser contre ses parties masculines. Comme une invitation. C'était presque trop beau... ce changement d'attitude et de plans... D'ailleurs, pour bien faire comprendre ses intentions, Aomine ondula sensuellement du bassin, arrachant un grognement de plaisir à son geôlier.

… l'enfoiré ! Il essayait de le manipuler !

« Détache-moi... stp... t'as trop serré et j'ai mal au bras... Si tu le fais, je te laisserai me prendre... »

La panthère poursuivit son manège, lustrant le pelvis de Kagami avec toute la bonne volonté dont elle semblait incapable jusqu'ici.

« T'es tellement dur... Tai... allez... laisse-moi te faire du bien... je sais que t'en as envie... »

Ce qui était un authentique euphémisme.

De sa main libre, Aomine chercha sournoisement à défaire le pantalon du soldat du feu et Kagami sentit une volée de papillons s'emparer de ses entrailles nécessiteuses. Une douce et perverse chaleur s'insinua dans ses tripes, gagnant son bas ventre et... alors qu'il était sur le point de sombrer face aux avances de sa proie...

Fuck... this shit, I'm outta here... !

Kagami se mordit la lèvre inférieure. Ce serait vraiment trop con que son quart d'heure de gloire tombe à l'eau, tout ça parce qu'il n'avait pas su garder sa queue dans son pantalon ! Il n'était pas comme Aomine, lui ! Kagami se déroba donc à cette tentative de corruption et Aomine tourna la tête vers son bourreau, dès lors qu'il ne sentit plus le poids de Kagami sur son dos.

« Hey ! Reviens, on n'a pas terminé ! »

Pour bien faire passer le message, il agita langoureusement son postérieur dénudé et Kagami secoua la tête, refusant de se vautrer dans la fange avec Aomine.

D'ailleurs, le rouge décida que toute cette grotesque mascarade n'avait que trop duré et il ramassa les affaires d'Aomine. Ce dernier, toujours prisonnier, piqua une nouvelle colère en réalisant que Kagami allait lui fausser compagnie... et que par dessus le marché, l'Américain comptait 'abandonner à son triste sort, ici, à poil, au vu et au su de tous !

« Bon ok, si t'as pas envie de me baiser, lèche-moi au moins le cul ! »

« Go fuck yourself Assholemine... » Asséna Kagami, l'air mauvais.

Cette fois, il ne l'aurait pas.

« Et estime-toi heureux que je ne te laisse pas avec un chapelet anal dans le fondement... »

« TAAAAAIIIIIIII ! » Hurla la bête sauvage en devenant toute rouge à force de s'agiter.

Mais trop tard.

Après lui avoir adressé un dernier sourire moqueur, Kagami s'éclipsa, tel l'Homme Masqué, avec les fringues du malheureux représentant des forces de l'ordre.

ACHIEVEMENT UNLOCKED : « Se venger du voisin »

Kagami éclata de rire en imaginant la tronche des autres résidents lorsqu'ils allaient trouver Aomine comme ça, demain matin ! Dommage, il ne pourrait sans doute pas profiter de ce spectacle, vu qu'il bosserait déjà à cette heure-ci... Mais bizarrement, l'idée même de devoir se lever dans quatre heures à peine pour prendre son tour de garde à la caserne ne l'ennuyait absolument pas...

… Quand à Aomine, il ne fit pas le rapprochement entre le fait que le roux l'ait surnommé Assholemine (soit la contraction du mot « asshole » et de son nom de famille) et le fait que Kagami connaissait certainement son identité...

SCORE FINAL :

KAGAMI : 1 – 0 : AOMINE


A peine arrivé à la caserne, Kagami se fit alpaguer par Kiyoshi qui le dépêcha pour une intervention dans le centre-ville de Tokyo, non loin de chez lui. Le pompier avait peu dormi, mais dormi du sommeil du juste, comme on dit, si bien qu'il se sentait en forme.

En se changeant pour mettre son uniforme, il fit tomber une carte qui était restée dans sa poche arrière de jean toute la soirée d'hier : celle de Kise. En se penchant pour la ramasser, le rouge ne put contenir un sourire ingénu. Il donnerait vraiment n'importe quoi pour revoir le charmant blond, contrairement à son ami brun diabolique... Et d'ailleurs, en parlant d'Aomine, Kagami se demanda un instant QUAND et SI les petits vieux de l'immeuble allaient le trouver...

Ils étaient tellement tous sourds et myopes comme des taupes que cela pourrait prendre plusieurs jours... alors pour ne courir aucun risque et dans un élan de générosité (qu'on appelle généralement « culpabilité »), Kagami envoya un SMS à Kise, pour le prévenir du sort peu enviable qu'il avait fait subir au Roi des Connards. Malheureusement, toute vengeance est éphémère et passée la satisfaction personnelle du moment, Kagami réalisa qu'elle n'aurait probablement aucune incidence sur le comportement de son cher voisin...

Et puis, Kagami avait un cœur, que diantre !

… en plus, une petite voix au fond de lui, lui soufflait que Kise avait sûrement déjà du trouver Aomine dans des situations encore plus insolites et compromettantes... le blond ne serait donc pas choqué. On n'est pas ami avec Aomine Daiki sans que cela ne compote quelques risques, ni quelques traumatismes bien sentis, pas vrai ?

Sauf que...


En rentrant chez lui en fin d'après-midi, quelle ne fut pas la surprise de Kagami de voir une meute de gens amassés devant son immeuble... Avec camions de pompiers et gyrophares barrant la route. Se frayant un passage avec l'intention de demander ce qui se passait, il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que déjà, son portable convulsait dans sa poche de blouson et Kagami décrocha donc.

« Allô ? »

« Kagami... tout va bien ? J'ai entendu dire que la Caserne 12 avait envoyé une unité d'intervention dans ta résidence. »

« Ouais... en effet, je les vois là... Tu sais ce qui se passe ? »

« Apparemment, des manutentionnaires ont retrouvé un homme d'une vingtaine d'années nu et inconscient dans votre ascenseur. »

Oh merde... !

« Attends, quoi, tu peux me la refaire ? Comment ça se fait que les pompiers aient du se déplacer ?»

« Je ne connais pas tous les détails, mais... il semblerait qu'une de tes voisines ait remarqué que l'ascenseur était coincé ce matin et elle a donc fait appel aux réparateurs. Sauf que comme la cabine était bloquée entre deux étages avec ce pauvre gars à l'intérieur, ils ont dû faire appel aux pompiers pour le désincarcer. »

« Le désincarcer, carrément ? »

« Ouais... apparemment, il s'est retrouvé complètement bloqué parce que son agresseur l'avait attaché. Il a du trop forcer en essayant de se libérer et il a frôlé la déchirure musculaire ! Pauvre gars... quelqu'un qui a du le dépouiller, parce que ses vêtements sont introuvables... »

Ola... la situation avait définitivement échappé à son contrôle là et empiré ! Jamais il n'aurait cru qu'Aomine ai pu courir le moindre danger, sinon, jamais il ne l'aurait laissé ici ! Non mais, comment Aomine avait-il fait pour se retrouver dans la merde jusqu'au cou, à ce point ? Hier, en le quittant, tout était parfaitement normal, pourtant ! Ce mec avait la poisse ou quoi ?

Mais la conversation entre les deux pompiers fut interrompue par de nouveaux bruits de sirènes, signe qu'une ambulance qui arrivait sur les lieux.

« Faut que j'te laisse, mais j'te tiens au courant, ok ? »

« Ca marche. Fais gaffe à toi, si ça se trouve un détraqué rôde dans ta résidence ! Et dire que je pensais que tu risquais rien en vivant avec tous ces p'tits vieux... »

Kagami raccrocha sans quitter des yeux la scène.

Non mais what the fuck quoi ! Cette affaire prenait des proportions dantesque à présent et... attends là...? Kagami se frotta les yeux, incrédules. A quelques mètres de lui, des infirmiers étaient en train d'évacuer Aomine sur une civière !

VRAIMENT ?

SERIEUSEMENT ?

Pfff... pourquoi fallait-il toujours que ce satané type en fasse des caisses ? Toujours à se faire remarquer celui-là, alors qu'il n'avait sûrement rien de grave ! Kagami soupira et s'écrasa une main sur le visage. Au fond de lui, il était inquiet même si d'un autre côté... Aomine l'avait mérité... Mais surtout, le brun risquait de sauter hors de son brancard s'il l'apercevait parmi la foule... Et qui sait, peut-être même allait-il se mettre à le pourchasser avec un CHAPELET ANAL à la main, devant tout le monde en criant au meurtrier !

Et alors que justement, la peuplade s'écartait pour permettre l'évacuation du « blessé », Kagami essaya de se cacher mais il sentit tout à coup qu'on attrapait son poignet pour le pousser du chemin. Surpris, Kagami tomba nez-à-nez avec son « sauveur »...

« Faut pas rester ici ! » Décréta avec sagesse ce dernier.

… Qui n'était autre que Kise, le malicieux D.J. rencontré la veille et accessoirement besta d'Aomine !

De toute évidence, le blond avait reçu le message de Kagami et il s'était rendu sur les lieux aussi vite que possible pour délivrer son copain.

« Ouais t'as raison, attends viens... j'ai une idée ! »

Cette fois, c'est le rouge qui agrippa le poignet fin autour duquel étaient tressés quelques bracelets. Il guida alors Kise vers l'arrière de l'immeuble pour pénétrer par l'entrée de service.

« Hanlala... Daikicchi va te tuer, c'est sûr ! C'est toi qui es derrière tout ça, pas vrai ? Mais enfin, qu'est-ce qui s'est passé ? T'es pas un violeur, au moins ? »

« En général, on pose ce genre de questions avant de suivre la personne sur laquelle on a des doutes. » Lui rappela amicalement Kagami.

De ce court échange, Kagami tira une leçon : Kise n'était pas BLONDE pour rien !

Mais apparemment, il n'était pas le seul... puisqu'instictivement, Kagami le mena jusqu'à ses quartiers...

… sans penser au fait que Kise allait comprendre que le rouge et le bleu étaient voisins de paliers.

Mais aussi insolite que cela puisse paraître, Kise n'en fit aucune mention... Il se contenta d'atterrir sur le sofa de Kagami et d'écouter son histoire.

Qui expliquait pas mal de chose et en particulier la haine farouche que le pompier vouait à Aomine. Et sa soif de vengeance. Kise ne fit d'ailleurs pas le moindre commentaire, lui qui était un véritable moulin à paroles d'ordinaire...

Et pour cause, il ne comprenait que trop bien le besoin de se confier de Kagami. Kise était en effet extrêmement bien placé pour savoir à quel point Aomine pouvait être horripilant. Nombre de fois, il avait assisté impuissant aux débordements et autres excès de son ami, sans pouvoir les empêcher... Parce qu'Aomine était ainsi : il avait tendance à taper sur les nerfs de tout le monde, involontairement ou non. Parfois, il ne se souciait que de son petit nombril et cela lui attirait moult antipathies...

Cependant, le brun avait un cœur d'or lorsqu'il tombait son masque de connard magnifique...

Mais ce n'était sans doute pas encore le moment d'en parler à Kagami et puis...

La priorité du moment pour Kise, c'était de se rapprocher du bel américain... Or, s'il commençait à faire l'éloge d'Aomine et au vu de leurs antécédents de la veille, Kagami allait tomber dans les bras de ce dernier et non dans les siens...

Sa main se plaça gentiment sur la cuisse de Kagami, lorsque ce dernier se laissa tomber dans son canapé après avoir amené un café au blond. Le Kitsune le fixait avec un vif intérêt, hochant de la tête et ne le quittant pas des yeux. Avait-il même cligné des paupières durant toute la durée de son monologue ? Hmm... Kagami n'en était pas certain, mais à première vue, il aurait juré que non...

Le silence de Kise commençait à devenir troublant...

Et Kagami se perdait dans ses prunelles dorées si envoûtantes...

Honnêtement, il ressentait encore la frustration sexuelle d'hier et avoir une âme compatissante à ses côtés ne faisait qu'amplifier ce désir. Après tout, il avait littéralement FLASHE sur le Disc Jockey pendant la soirée en boîte de nuit et voici que cette donnée le percutait à nouveau de plein fouet.

A tel point que Kagami ne savait plus exactement ce qu'il était en train de lui raconter... la discussion s'écarta même naturellement d'Aomine et Kagami déblatéra un nombre de banalité à faire rougir n'importe quel prof de drague. Rougir de honte, cela s'entend...

« … Et toi ? » Conlut-il, en donnant la parole à son invité... qui n'avait toujours pas touché à sa tasse de café encore fumante.

« Moi, j'ai très envie de t'embrasser... »

« M'embrasser ? Mais ça ne faisait même pas partie des questions que je t'ai posées... ! » S'empourpra Kagami face à une telle spontanéité.

« Détends-toi, je ne vais pas te manger... pas tout de suite, du moins... » Rit l'espiègle renard. « D'ailleurs, en parlant de manger, je commence à avoir faim, pas toi ? Si on allait dîner ? Je connais un super petit restaurant chinois... »

« Oh heu... »

Kagami jeta un coup d'oeil à sa montre et il était presque dix-neuf heures, déjà... Ce qui signifiait qu'il était ici, avec Kise depuis au bas mot... presque deux heures... Mais purée qu'avait-il bien pu lui raconter pendant aussi longtemps ? Et le pire, c'était que le blond l'avait écouté poliment jusqu'au bout, sans l'interrompre ! Et voilà ! Kagami était certain d'être passé pour un gros looser... et d'avoir bousillé toutes ses chances avec la beauté dorée... C'est que Kagami avait la mémoire courte et venait carrément d'occulter la proposition indécente faite un peu plus tôt par son comparse...

« Ok, ça me va... » Approuva Kagami. « C'est loin ? »

« Pas trop, mais ce serait bien que tu me raccompagnes chez moi à la fin de la soirée, pour boire un dernier verre... »

Et le baka de service ne saisit naturellement pas l'allusion... acceptant de bon cœur et sans se méfier. Les deux jeunes gens semblaient complètement avoir zappé Aomine, qui se trouvait pourtant sans doute à l'hôpital. A moins qu'il ne soit déjà sorti. Et si c'était le cas, il avait probablement appelé Kise pour venir le chercher, mais le blond était en si bonne compagnie qu'il n'avait pas regardé une seule fois son téléphone depuis qu'il avait pénétré dans l'appartement cosy de Kagami. Ce qui pour un mordu de relations humaines tel que Kise, voulait dire beaucoup. Au moins, il ne s'ennuyait pas, c'était déjà ça.

Suivant Kagami jusqu'à sa vieille voiture, Kise lui tint le bras dans les escaliers, tel une moule collée à son rocher favori...

La soirée promettait d'être riche en séduction...


… Mais seulement d'un côté.

En effet, le blond avait déployé des trésors de savoir-faire, papillonnant des cils d'un air charmeur, passant sa main dans ses cheveux et riant à outrance aux blagues maladroites (et forcément involontaires) de Kagami.

Le rouge, quant à lui, laissa tomber toute réserve après avoir vidé sa première bouteille de bière. C'était si différent d'Aomine... L'ambiance était plus détendue et cette fois, c'était Kise qui menait le débat. Il lui racontait avec passion son travail et toutes les excitantes rencontres qu'il avait pu faire grâce à cela. Les yeux du renard pétillaient d'envie et Kagami rougit, trouvant cette particularité physique adorable...

A la fin du repas, on leur proposa des gâteaux de bonne fortune et aussi bizarre que cela puisse paraître, Kagami n'en avait jamais mangé, alors il manqua de s'étouffer en croquant dans le biscuit sec qui renfermait un petit papier... Voyant sa vie défiler, Kagami arriva à la conclusion qu'il s'agissait sans doute de la vengeance d'Aomine dans l'au-delà (à ceci près que le brun n'était pas encore mort). Heureusement, Kise eut la délicatesse (et la présence d'esprit) de lui taper dans le dos et tout rentra dans l'ordre. Kagami cracha (avec élégance) le morceau de papier récalcitrant... (qu'il aurait continué à manger et sans doute avalé, si Kise n'avait pas insisté pour lire le message inscrit dessus...)

« Si vous buvez pour oublier, payez avant de boire... » Lut Kise à voix haute, avant de se saisir de celui, tout baveux, de Kagami. « Ahahaha ! Elle était bonne, celle-là ! Maintenant fais voir le tien, Taicchi ! Alooooooooors... »

Le blondinet plissa les yeux et il s'applique pour déchiffrer le texte un peu effacé par la salive du tigre.

« Si tu as le temps de saccager le jardin d'autrui, tu ferais mieux de faire éclore tes propres fleurs. Hmm... je me demande ce que ça veut dire...»

Kagami avait bien sa petite idée et une fois de plus, ses pensées retournèrent vers Aomine... Eromine qui avait le temps de pourrir la vie les autres... alors qu'il devrait plutôt utiliser ce temps à bon escient pour arranger la sienne ! Et voilà, ça y est, le dîner avait été parfait mais voici qu'il repensait à Aomine et un goût amer envahissait à nouveau sa bouche...

Par chance, Kise lui prit la main et ils allèrent payer avant de sortir du restaurant. C'était comme si le doux Kise pouvait lire dans ses pensées et deviner ses troubles. Comment faisait-il ? Et surtout, comment était-il devenu ami avec une personne aussi horrible qu'Aomine ?

Le mystère restait entier et Kagami convint qu'il devrait lui demander, un jour. Mais pas maintenant. Oh non, surtout pas maintenant que Kise s'était installé dans sa voiture et le guidait jusque chez lui, main sur la cuisse. Ca pourrait tout gâcher entre eux et Kagami n'en avait vraiment pas envie... pas si près du but...

Le but, mais quel but ?

Sentir les lèvres de Kise fureter dans son cou ne l'aidait absolument pas à avoir les idées claires...Bordel... le blondinet le rendait fou... Kagami l'avait immédiatement repéré dans sa cabine de mixage, tel une luciole brillant dans la nuit noire...

Le rouge avait vraiment passé une agréable soirée et si ça continuait, il n'allait pas tarder à céder aux avances de Kise, avant même d'être arrivé chez le blond... Erf... en fait, il ne valait pas mieux qu'Aomine... Mais après tout, tigre et panthère sont deux prédateurs... et on ne peut lutter contre sa véritable nature...

Kise ronronnait tout près de son oreille et ça avait le don de rendre Kagami fou. Surtout lorsque sa main glissa subtilement entre les cuisses du tigre, venant titiller la région de son aine déjà bien enflée.

« On arrive... » Annonça Kise, qui, malgré ses caresses, parvenait à garder un œil sur la route.

Thank God... Soupira mentalement Kagami, soulagé.

Un peu plus et il aurait attrapé Kise sur le siège arrière ! Il gara donc sa voiture et aida Kise à sortir. L'immeuble dans lequel vivait le blond faisait très... Art déco ? Hmm... Kagami n'en était pas certain... l'architecture, ce n'était vraiment pas son truc... et lorsqu'il pénétra enfin dans l'appartement du blond (à défaut de pénétrer dans autre chose...), Kagami fut surpris de voir que les murs étaient tapissés de posters géants et autres photos décoratives de Kise himself...

...

... Pas du tout excentrique ou narcissique, le mec ! Et ça laissait Kagami un peu perplexe, pour être franc. Ce n'était pas autant un « tue-l'amour » que l' « ascenseur du stupre » d'Aomine, Kagami commençait à se dire que, décidément, les gens qui gravitaient autour de son cher voisin avaient tous des tares psychologiques...

Ne laissant pas le loisir à Kagami d'admirer davantage la décoration à sa gloire, Kise l'entraîna dans sa chambre. Peut-être avait-il tout simplement peur que son tigre ne profite d'une seconde d'inattention pour s'enfuir ?

« Je pensais qu'on devait juste boire un dernier v... ! »

C'est qu'il y croyait vraiment lui, à cette invitation bidon ! Il s'était fait avoir en beauté...

Mais il ne termina pas sa phrase. Kise ne lui en donna pas l'occasion, plaquant avidement ses lèvres roses sur la bouche de Kagami pour le faire taire. Le tigre ouvrit des yeux ronds comme des billes, n'en menant pas large face à son frêle (tout est relatif !) compagnon si... entreprenant... qu'il le tira sans cérémonial par la ceinture de son pantalon et le poussa dans son lit... Heu... à quel moment avait-il ouvert la porte de sa chambre, au fait ? Et un mystère de plus !

Le matelas de l'immense lit king size à baladaquins qui trônait au centre de la pièce rebondit sous le poids de Kagami et à peine eut-il eu le temps de jeter un coup d'oeil à la décoration des lieux, (à savoir : du rose, du rose, et encore du rose, ainsi qu'un portrait grandeur nature de Kise suspendu au mur central...) que déjà, Kise se jetait sur lui comme un affamé ! Assis à califourchon sur Kagami et le bloquant bien entre ses cuisses musclées, Kise ondula du bassin avec appétit pour indiquer à son amant la suite des réjouissances, si toutefois il subsistait encore quelques doutes. Et...

BORDEL !

IL Y AVAIT MEME DES MIROIRS AU PLAFOND !?

Mais où avait-il atterri cette fois ? Dans le Manoir Playboy ?!

Kise l'embrassa avec la fougue et le bagoût d'une actrice porno et Kagami, pris au piège, le fixa avec des yeux de chouette éberluée.

« Dis... tu...t'es pas un violeur, au moins ? »

« En général, on pose ce genre de questions avant de suivre la personne qui alimente nos doutes... » Sourit Kise en se léchant la lèvre supérieure, pendant que ses mains étaient occupées à jouer avec la braguette de Kagami.

Libérant enfin l'érection du tigre, le Kitsune poussa de petits cris enthousiastes quant à la taille du beau no-nos qu'il avait hâte de gober avec ses fesses. Et Kagami ne comptait pas franchement l'en empêcher, même s'il émettait encore les quelques réserves de rigueur...

« Non mais, sérieusement... tu comptes pas me mettre un chapelet anal dans le cul, hein ? » Préféra s'informer le (plus si) vaillant tigre.

« Si ça peut te rassurer, ça c'est le truc de Daikicchi, pas le mien. »

Ah.

Ok.

C'est dingue comme ça le rassurait, effectivement.

Des tarés, tous des tarés...

… mais des tarés qui embrassaient divinement bien... et Kise sentait terriblement bon en plus, ce qui ne gâchait rien. Kagami était comme hypnotisé, ne parvenant pas à le quitter des yeux. Le Kitsune avait la sensualité d'une sirène en cet instant. Il prit les mains de Kagami qu'il baisa doucement, avant de les laisser glisser sur son torse nu et... hein ? Mais où était passée la chemise de Kise ? Baaaaaaah ! On s'en foutait, au final !

Peut-être que Kise était un magicien, en fait ? (Quoique le roux l'imaginait plus dans le rôle dans l'assistante, mais cela expliquerait comment il faisait disparaître autant de choses sans que...)

« Gnhhh aaahh ! »

Bon... apparemment, la cible de son prochain tour se trouvait être le sexe de Kagami...

Enfin, tant qu'il le faisait réapparaître ensuite, Kagami n'avait pas la moindre objection à formuler...

Après avoir passé le reste de la nuit à assister à divers tours de prestidigitation, (dont un numéro foutrement impressionnant "d'avaleur de sabre"...) Kagami se dit qu'il serait peut-être temps de prendre congés...

Il en allait de sa survie.

Parce que, voyez-vous, Kise était du genre... insatiable...


D'ordinaire, le rouge n'était pas homme à se carapater au beau milieu de la soirée, en laissant en plan son plan cul, mais dans ce cas précis, il en allait de sa santé physique ! Kise était tout compte fait plutôt une succube qui se nourrit de l'énergie sexuelle de ses amants et cache les corps sous son immense lit ensuite... Le genre de créature qui reste éternellement jeune grâce à la semence des jeunes homme qu'elle absorbe. Ouais, ouais, sans doute. Et Aomine en était le pendant masculin. Et en fait, ça expliquait pourquoi toutes ses maîtresses criait au pieu avec lui. C'est parce qu'il aspirait leurs âmes. On croyait qu'elles prenaient du plaisir, mais en fait, non, elles hurlaient juste à la mort parce que le brun les assassinait. Tout simplement. Et les deux comparses travaillaient de concert pour rabattre leurs proies ensemble, cela allait de soi...

En tous cas, Kagami croyait dur comme fer à sa petite théorie et il débarrassa le plancher sans demander son reste, comme on dit... C'est ainsi qu'il prit la poudre d'escampette vers quatre heures du matin, lorsqu'ENFIN, Kise montra quelques signes de faiblesse en s'écroulant de fatigue et finit par s'endormir « pour mieux recommencer après », selon ses propres mots. Profitant de ce répit inespéré, Kagami prit ses clics et ses clacs, battant la campagne (urbaine) déserte en voiture pour regagner ses pénates au plus vite.

… Et alors que TOUT SE DEROULAIT NORMALEMENT (notez comme ce simple fait était beaucoup trop beau pour être vrai...), l'unique voiture derrière lui lui fit des appels de phares et le son caractéristique d'un gyrophare l'informa qu'il s'agissait d'un véhicule de police...

La poisse...

Enfin bon, ce n'était sûrement qu'un contrôle de routine et Kagami n'avait rien à cacher, alors tant que l'aimable agent ne l'obligeait pas à retourner auprès de Kise, tout irait bien...

Mais malheureusement, comme l'auteure de ces lignes est une ENORME sadique level Okita, tout ne se passa pas comme prévu...

Kagami coopéra en se garant sur le côté de la chaussée et le policier arriva à sa hauteur avec une dégaine typique des cowboys du bitume. En entendant l'agent approcher, Kagami baissa la vitre côté conducteur et une voix familière (qu'il ne reconnut pourtant pas...) vint le haranguer.

« Vos papiers, s'il vous plaît. »

Sans même le regarder, Kagami lui tendit son permis de conduire et sa carte d'identité. Le gars à la voix basse et grave les examina soigneusement avant de les lui remettre.

« Savez-vous pourquoi je vous ai demandé de vous arrêter, Kagami-san ? »

Kagami...

Il y avait quelque chose dans la façon qu'avait ce policier de prononcer son nom qui ne plaisait pas à Taiga... Mais il n'arrivait pas à mettre le doigt sur quoi exactement... Et un frisson grimpa le long de sa colonne vertébrale comme un mille-pattes lorsque le policier reprit froidement.

« Votre feu arrière est cassé. »

« Oh... ouais, je suis au courant, merci... Je comptais le faire réparer, mais j'ai pas vraiment eu le temps de m'en occuper encore... »

Et merde... il avait complètement zappé, pourtant, il l'avait bien remarqué quand il était allé chercher Alex à l'aéroport... Mais à cause de ses horaires craignos et de ses soucis de voisinage, il avait oublié d'emmener la voiture au garage...

« Sortez du véhicule, les mains sur la tête. »

« Pardon ? »

Il... il avait bien entendu, là ? Non mais c'était un gag ou quoi ? Tout ce speech juste pour un petit feu cassé de rien du tout ?

« Ecoutez... si vous voulez me mettre une amende, collez-la moi, si ça vous chante mais... »

« Je ne me répéterai pas. Sortez immédiatement ou c'est MOI qui vous sors. Et vous risquez de ne pas du tout aimer... » Menaça t-il.

Kagami se tendit dans son siège en entendant le flic jouer avec la boucle de sa ceinture. Ca risquait de mal se terminer s'il n'obtempérait pas et il le savait. Une bavure était si vite arrivée et le ton de son interlocuteur ne lui inspirait aucune confiance...

Poussant la portière, Kagami s'extirpa de sa voiture en pestant dans sa barbe. Manquait plus que ça, tiens...

… Et lorsque son regard entra en contact avec celui de l'autre homme, cette fois, ses jambes menacèrent de le lâcher.

Aomine... !

Que faisait-il ici et à quoi jouait-il, surtout ? Se pourrait-il qu'il... soit flic (Bien vu, Captain Obvious...) !? Non ! Pas un type comme lui !

Bordel de Karma !

« Mains derrière la tête. »

Kagami obéit, trop tétanisé pour répliquer et Aomine le poussa sèchement contre le capot de sa voiture. Perdant l'équilibre, le rouge s'écrasa misérablement contre la tôle dure et inhospitalière.

« What the fuck !? » Grogna Kagami en reprenant instantanément ses esprits.

Derrière lui, Aomine pressa quelque chose de rugueux contre ses doigts et Kagami fut forcé de les entrecroiser. C'est à ce moment-là que le cliquetis métallique caractéristique d'une paire de menottes se fit entendre, liant ses poignets ensemble. La pointe de la matraque glissa de sa tête à son dos, traçant les contours de sa colonne vertébrale pour venir finir sa course dans le creux de ses reins. Elle resta un moment posée là, immobile, avant de se mettre à cercler chaque joue, en insistant bien sur le fossé qui séparait les deux monts. Frémissant d'effroi, Kagami serra la mâchoire.

« Qu'est-ce que tu fous, enfoiré de pervers ? »

En guise de réponse, Aomine donna une tape sèche sur chaque fesse, avant de se baisser.

« Ecartez les jambes. Je vais devoir procéder à une fouille pour vérifier que vous ne portez aucune arme, ni substance illégale. »

« Putain, je n'ai rien de... ! »

La plainte de Kagami se perdit dans l'air froid de la nuit, lorsqu'Aomine se pressa contre lui. Leurs corps s'alignèrent, semblant sur le point de s'emboîter de manière parfaitement symétrique. Chaque endroit où Aomine le tâta lui faisait l'effet d'une brûlure et le policier semblait prendre un plaisir évident à explorer son corps de la sorte, s'octroyant même le luxe d'éviter une certaine zone qu'il délimitait néanmoins par ses attouchements. Sans doute se la réservait-il pour plus tard.

Et aussi dégradant et honteux que cela soit de l'avouer, le corps de Kagami appréciait ce traitement, répondant au toucher expert d'Aomine en se tendant de manière équivoque. Ce type savait comment faire pour le rendre fou de désir, pas de doute...

« Je vous répète que je n'ai rien... » Articula difficilement Kagami, réprimant l'envie de se débattre.

« En tant que représentant de la loi, je ne peux me permettre de prendre le moindre risque. On n'est jamais trop prudent, surtout avec les délinquants de votre espèce, qui sont du genre à sauter sur toutes les opportunités qui se présentent à eux... »

Hmm... pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour savoir à quoi Aomine faisait allusion. Quelque chose disait à Kagami que le petit incident de la veille était resté gravé dans la mémoire du flic et qu'il ne l'avait pas encore digéré...

Le policier rangea sa matraque et procéda à mains nues, poursuivant sa fouille sur la partie haute du corps de Kagami. Ses gestes étaient assurés et loin d'être impersonnels, si bien que Kagami avait l'impression que... Non, ce n'était pas une impression !

Aomine était bel et bien en train de le peloter !

Et avec horreur, le tigre sentit ses aréoles durcir et pointer sous son T-shirt noir. Il en avait la chair de poule...

« En tant que représentant de la loi... » Répéta Kagami sur un ton plus sarcastique « … vous n'avez pas le droit de faire ça ! C'est du harcèlement sexuel, tête de gland! »

Faisant claquer sa langue sur son palet, Aomine se pencha bien vers l'oreille de Kagami. Son souffle chaud mourut contre la joue du rouge.

« Ce n'est pas du harcèlement sexuel si vous êtes consentant, pas vrai ? » Murmura t-il d'un ton satisfait.

Et Kagami ne pouvait pas se mentir et encore moins à Aomine. Oui, il appréciait ses caresses, comme hier, comme toujours... La panthère avait cet indéniable pouvoir sur lui et son corps... C'était tellement frustrant et injuste !

Mais brusquement, les mains inquisitrices se retrouvèrent à l'avant et Kagami eut un sursaut salvateur pour échapper à son assaillant.

« Oh... ? Mais qu'est-ce donc que cela... ? Vous cachez une arme ici ? » Demanda Aomine d'une voix faussement innocente, pendant qu'il palpait sans aucune gêne l'aine de son détenu.

Putain... ! Il était grave dans la merde, là ! Kagami siffla encore et il essaya de se dégager de cette étreinte si intime. Qu'Aomine renforça, attrapant même la queue du tigre à travers son pantalon. Et il serra la bosse. Fort. Possessivement.

Ce qui arracha un cri à Kagami.

« Fuck ! Stop it ! C'est pas une arme... et tu sais très bien ce que c'est ! »

« A mon avis, c'est un gros calibre et il est chargé... C'est dangereux... »

Cette fois, c'était sûr. Kagami allait le buter. Aomine allait payer son outrecuidance. Peu importe que ce soit un flic. Peu importe qu'il doive finir en taule pour ça. Ca le défoulerait. Grandement. Et c'était tout ce qui comptait !

« Enflure... » Pleurnicha Kagami, en sentant la langue d'Aomine venir titiller son lobe d'oreille. « I swear... when I'm done with you... »

Mais ce fut le ziiiiip d'une fermeture éclair qui ramena brutalement sur Terre. Aomine se décolla de lui et il le força à se retourner, pour lui faire face. Tombant à genoux, Kagami sentit la panique le gagner. La panthère se léchait les babines en savourant l'expression de peur dans les pupilles de sa proie.

« Suce-moi... et si tu obtempères, j'oublierai l'outrage à agent, l'amende et bien-sûr le petit malentendu d'hier soir... »

Le cœur de Kagami se serra dans sa poitrine. Il n'était pas en position de refuser et cette fois, il le savait. Pas d'échappatoire, tous les éléments semblaient s'être ligués d'un seul tenant contre lui... De sa matraque, l'officier le força à pencher la tête avant de la lui faire relever en glissant sous son menton, comme pour lui montrer qu'il pourrait parfaitement l'y contraindre si Kagami refusait de coopérer. L'objet caressa tendrement la mâchoire affirmée du tigre et Aomine espérait que l'Américain allait très vite réaliser que son propre intérêt se situait dans une totale soumission...

Et si les yeux de la bête sauvage qu'il avait à ses pieds étaient des poignards, nul doute qu'Aomine serait déjà mort transpercé à l'heure qu'il était...

Le policier en avait pleinement conscience. C'était même précisément ce qui l'excitait.

« J'aime ton regard... c'est celui de quelqu'un qui ne se soumet pas facilement et qui a vu des choses terribles dans sa vie. Mais il m'énerve également... Parce qu'il me dit que quoi que je puisse te faire subir, jamais je ne parviendrai à éteindre la flamme qui y brûle. »

Mais tout à coup, et alors qu'il ne s'y attendait plus, une langue timide et hésitante vint présenter ses hommage à Aomine. Le sourire malsain du policier s'agrandit.

« Good... that's my Kitty Cat... » Asséna le bleu dans un anglais limpide et parfait, avant de poser autoritairement un pied sur l'épaule de Kagami...

Histoire que le tigre comprenne bien qui était le maître ici, des fois que ça lui aurait échappé...

Et qu'Aomine allait le dompter.


OMG !

Mais qu'ai-je fait...? J'ai complètement lâché les chevaux ! Things got out of control... je croise les doigts pour que vous ayez apprécié quand même ! Au passage, j'espère que l'esquisse de Kagami x Kise contenue dans ce chapitre vous a plu ! En effet, j'ai cru comprendre que plusieurs d'entre vous souhaitaient que ce pairing ait également sa place dans cette histoire et bien, c'est maintenant chose faite ! (et oui, je sais, je suis méchante, je vous ai "volé" votre lemon, mais promis, ce n'est que partie remise !)

Petite précision : la phrase "Si tu as le temps de saccager le jardin d'autrui, tu ferais mieux de faire éclore tes propres fleurs." provient du manga "Nana". Les connaisseuses auront sans doute reconnu ! C'est un hommage à l'une de mes meilleures amies qui est fan de cette oeuvre et me soutient dans mes écrits. BIG UP à elle, donc !

Et pour conclure, un mini spoiler : j'ai conscience que ce chapitre peut "choquer" certaines d'entre vous et vous induire sur de fausses pistes, mais c'est ma manière d'écrire, ma façon de mener ma barque... donc ne vous inquiétez pas trop si les comportements de Kise et d'Aomine ont pu vous paraître "exagérés". Tout vous sera plus clairement explicité dans les prochains chapitres, alors ne prenez pas tout ce que vous lisez pour "acquis" ;) !

Sur ces bonnes paroles, vous dis donc à la prochaine et n'hésitez pas à me faire part de vos avis, comme d'habitude ! Mon petit coeur d'auteure compte sur votre amour (ou paaaas).

Bises et bonne semaine !