Salut mes chéries !
J'espère que vous allez toutes bien !
Pas de gros blabla d'avant chapitre cette fois, je vous laisse directement avec l'histoire. En espérant que l'évolution de cette fiction vous plaise ! Comme d'habitude, je vous remercie pour vos reviews enjouées, qui constituent un moteur essentiel pour moi...
JE VOUS AIME !
Enjoy !
Une ombre file dans la nuit
C'est un assassin qui s'enfuit
Et comme un démon il sourit
Son crime restera impuni
Une voiture qui surgit
Un coup de frein, des pneus qui crient
Un coup de feu qui retentit
La justice s'appelle Daiki.
Dans la chaleur de la nuit
Le mal est toujours puni
Aucun danger ne l'impressionne
Les coups durs il les affectionne
Et la justice le passionne
Aomine ne craint personne
Lorsque les coups de feu résonnent
Comme un éclair il tourbillonne
Surtout si la fille est mignonne
Aomine ne craint personne
Comme un chasseur il suit sa proie
Pour que la justice et le droit
Triomphent, il est prêt à donner
Toute sa vie sans hésiter
Quand sa silhouette apparaît
Les méchants se mettent à trembler
Ils savent qu'ils ne pourront jamais
Echapper à ce justicier
Dans la chaleur de la nuit
Le mal est toujours puni
Aucun danger ne l'impressionne
Les coups durs il les affectionne
Et la justice le passionne
Aomine ne craint personne
Lorsque les coups de feu résonnent
Comme un éclair il tourbillonne
Surtout si la fille est mignonne
Aomine ne craint personne !
Un cri.
Un réveil en sursaut…
Un cauchemar…
L'obscurité.
La sueur qui trouble sa vue.
Où était-il ? Cette odeur fleurie… n'était pas celle de son appartement.
Son cœur battait la chamade.
Pas de repère. Cet endroit, il le ne le (re)connaît pas.
Where am I ? Still asleep ?
Mais brusquement, la porte de la pièce s'ouvre et sans doute alerté par le cri, quelqu'un débarque.
Kagami plisse les yeux.
De la lumière enfin. On tire les rideaux.
Du rose, partout.
Par réflexe, il tire le drap sur lui pour se couvrir.
« Taicchi, tu as fait un cauchemar ? » Demande une voix lointaine, mais familière.
Le rouge serre la mâchoire à s'en faire sauter les plombages (s'il en avait) et un violent mal de tête s'empare de lui. Il essaie de se rappeler. En vain. « Tempête sous un crâne », c'est sûrement de là que vient l'expression. Ou pas. Mais c'est littéralement le cas. Tout s'emmêle, il n'arrive pas à dénouer le fil de ses pensées. Ni même à le trouver.
« Taicchi ? » Appelle encore la voix caressante.
Et soudain, c'est l'ébullition. Tout lui revient, d'un seul coup. Son cœur cesse de tambouriner à plein régime contre sa cage thoracique.
« Kise… ? » Interroge presque timidement le tigre.
« Ahhh ! Je vois que ma belle endormie daigne enfin reprendre conscience ! » Répond le blond avec bienveillance.
Ca y est… tout est clair à présent. Hier soir… il est sorti dîner avec le disk jockey. Il se souvient. Le restaurant chinois, les biscuits de la fortune, le trajet en voiture, la découverte de l'appartement de Kise et…
…
Oh merde !
Kagami pique un fard au fur et à mesure que les pièces du puzzle s'emboîtent dans son cerveau encore embué par l'alcool.
Lui et Kise… ils ont…
Waouh… ça ne lui était plus arrivé depuis le lycée, un truc pareil. Et oui, si loin. Les aventures d'un soir n'étaient pas dans ses habitudes. Et il comprenait d'autant mieux pourquoi maintenant qu'un fort sentiment de gêne et de culpabilité s'emparait sournoisement de lui.
Pourtant, il ne devait pas tirer de conclusions trop hâtives.
Un malentendu était si vite arrivé.
« Est-ce qu'on a… ? »
Sa voix était basse et il n'osait pas regarder sa conquête dans les yeux. Il se sentait honteux et sa propre nudité ne faisait que renforcer cette sensation, tout en confirmant ses craintes.
Les yeux de chat du blond clignèrent. En effet, Kise ne parvenait pas à comprendre où Kagami voulait en venir, ni le sens de sa question. Enfin… il aurait été sans doute plus aisé pour le maître de maison de répondre, si son hôte avait daigné terminer sa phrase…
Heureusement, les jolies rougeurs qui parsemaient les joues de Kagami constituaient un bon indice, pour identifier la source de sa pudibonderie et cela arracha même un sourire à Kise. La naïveté du tigre était aussi adorable, qu'inattendue. Surtout au vu des circonstances de leur soirée précédente… Aussi, n'étant pas particulièrement sadique, Kise s'empressa de répondre, ne souhaitant pas tourmenter Kagami davantage.
« Ahhh naaan… t'en fais pas, il ne s'est rien passé entre nous deux ! »
Et le soupir de soulagement lâché par Kagami aurait normalement eu de quoi le vexer, mais encore une fois, les circonstances étaient un peu… exceptionnelles et donc, Kise laissa couler sans s'offenser.
Mais juste pour cette fois, hein !
« Mais je suis nu et… » Objecta le tigre, avant d'être fermement coupé par le blond.
Dont l'indulgence avait ses limites.
« Désolé, ne le prends surtout pas mal mais… la nécrophilie, c'est pas mon truc. J'abuse pas des gens dans leur sommeil. Je sais que certaines personnes peuvent trouver ça excitant, mais pour moi, le consentement c'est important. Et en plus, les soûlards, ça me donne de l'urticaire et c'est pas bon pour ma peau. »
« Soû… soûlard ? » Répéta Kagami, incrédule.
Et c'est à ce moment précis qu'un mal de tête foudroyant choisit de lui répondre à la place de Kise. Ah oui, effectivement, il avait une bonne grosse gueule de bois des familles, ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose… Et à bien y réfléchir, il se souvenait avoir ingurgité une quantité d'alcool tout sauf raisonnable hier soir.
A la base, ça avait commencé innocemment, comme toujours dans pareil cas, mais très vite, il s'était laissé porter, emporter même par le débit de boisson et les effluves amères de la bière. Les cadavres de bouteilles s'étaient amoncelés sur sa table et c'était d'ailleurs un authentique miracle qu'il n'ait pas fini dans un fossé, en conduisant avec un taux d'alcoolémie à crever le plafond.
Comme s'il lisait dans ses pensées, le kitsune s'empressa de préciser :
« Ah mais, ne t'inquiète pas, c'est moi qui ai pris le volant du coup… Enfin, au départ, tu as insisté pour conduire, mais on n'avait pas fait deux cent mètres en voiture que déjà, on se faisait contrôler au feu par un policier. Quand il a vu à quel point tu étais imbibé, il a refusé de nous laisser repartir et il était même prêt à nous embarquer en cellule de dégrisement ! Il a fallu que j'utilise toute ma diplomatie et tout mon charme pour le convaincre de nous laisser repartir ! Et Kami-sama, merci, j'en ai fort heureusement à revendre ! Ca sert d'être un ancien mannequin ! Même dans des situations atypiques, comme celle-ci. »
Un flic les avait arrêtés ? Hmm… ça expliquait son rêve de la veille alors. Ou plutôt son cauchemar… Celui d'un Aomine agent de police qui lui le forçait à se garer sur le bas côté pour lui soutirer quelques faveurs sexuelles… Hmm… son cerveau alcoolisé avait dû faire l'amalgame. No big deal…
« Du coup, notre ami policier a accepté de nous laisser filer, à condition que je prenne le volant. Et comme j'étais inquiet pour toi, j'ai préféré t'emmener chez moi, plutôt, pour pouvoir te veiller. »
Oh vraiment ? C'était… étonnamment généreux de la part de Kise. Et totalement désintéressé, de toute évidence. N'importe qui d'autre aurait tenté de profiter de la situation. Aomine, par exemple. Bon… Kise avait quand même toujours des goûts décoratifs douteux et Kagami se sentait toujours un peu mal à l'aise face aux portraits du blond qui saturaient la pièce, paraissant le juger, mais… dans le fond, l'ancien top model n'était pas un mauvais bougre. Loin de là.
N'empêche que le blond l'avait quand même traité de soûlard. Et ça, Kagami appréciait moyen. Une petite explication s'imposait donc.
« Merci pour ton aide… mais… je tenais à te dire que… j'suis pas le genre de gars à sortir tous les soirs pour se mettre une mine… Hier, c'était… différent… je suppose que… cette histoire avec Aominable a dû m'affecter plus que je ne le pensais… »
« De toute évidence. Et ton ex-petit ami aussi. »
« Mon… quoi ? Je… je t'ai parlé de mon ex ? »
Oh putain. LA HONTE SUPREME ! Non mais, jusqu'où Kagami s'était-il épanché hier soir ? Il n'arrivait pas à croire qu'il s'était confié à Kise à ce sujet ! C'était tellement… personnel !
« Quand on est arrivé chez moi, tu m'as littéralement sauté dessus et même si j'admets que la viande saoule me débecte, j'étais quand même prêt à faire un petit câlin avec toi, parce que tu es craquant. »
En entendant ces paroles, Kagami ne put réprimer un sourire niais. Alors comme ça, Kise le trouvait craquant ? C'était très flatteur. Et réciproque. Bon, au moins, il y avait quelque chose de positif à retirer de cette mésaventure…
« … et c'est pour ça que tu es tout nu, en fait… Tu m'as plaqué au lit et tu as viré tes fringues à la vitesse de la lumière ! Honnêtement, je n'avais jamais vu un mec se déshabiller aussi vite… ça m'a un peu surpris, mais ce n'était pas désagréable ! J'aime les gens qui vont droit au but ! Mais j'en suis quand même venu à me demander si tu n'étais pas strip teaser… »
Argh… Bordel, mais pourquoi TOUT LE MONDE avait tendance à penser ça ? D'abord Kiyoshi et maintenant, Kise ! Kagami secoua la tête avec véhémence pour protester.
Hmm.
Mauvaise idée, son mal de crâne empira drastiquement et Kise grimpa sur le lit king size pour se mettre à côté de lui. Gentiment, (par pitié, en fait) il lui tendit un verre dans lequel flottait un cachet d'aspirine effervescent. Kagami ne le remarquait que maintenant et c'était sans doute la raison de la venue initiale de Kise. Quelle délicate attention et quel sympathique remède contre sa gueule de bois galopante…
Avalant la mixture légèrement pétillante, Kagami reprit légèrement ses esprits. Suffisamment du moins pour pouvoir émettre son objection.
« C'est vrai que ma rapidité à m'habiller et à me déshabiller vient du métier que j'exerce, mais va pas t'imaginer des trucs salaces, hein ! En fait, je suis pompier, c'est pour ça… »
« Oh… oh ! D'accord ! » Se dandina Kise.
Apparemment, cette révélation semblait à son goût. Et c'était tant mieux. Il n'y avait d'ailleurs qu'à voir la façon dont le regard de Kise glissa sur les courbes dévoilées du torse de Kagami pour s'en convaincre…
Ceci expliquait donc cela.
Mais pas que Kagami ait vidé son sac à propos de son ex…
« Et heu… donc, qu'est-ce que je t'ai raconté à propos de mon ancien fiancé ? »
« Ben… tu as dit qu'il t'avait trompé avec une nana et que ça t'avait brisé le cœur… et que tu espérais que j'allais pas faire la même chose. Et que ça faisait longtemps que t'avais pas… heu… « baisé un coup » et que donc, faudrait surtout pas que je t'en veuille si tu étais « nul à chier », je cite… Puis, tu t'es mis à pleurer, parce que justement, tu étais certain d'être nul à chier. Parce que tu aimais toujours ton ex et que c'était pour ça que tu avais quitté les Etats-Unis et… hmm… quoi d'autre, déjà ? Ah oui ! Que de toute façon, il avait un micro-pénis et que la première fois que tu lui as fait une fellation, il a joui sur ton visage… Tu as tellement pleuré que j'étais trempé, mais tu me serrais tellement contre toi que je ne pouvais pas me lever pour aller me changer. J'ai été obligé d'attendre que tu t'endormes et que tu me lâches, pour pouvoir m'extirper hors du lit ! Et tu pèses sacrément lourd, ça n'a pas été facile pour moi de me défaire de ton étreinte… j'avais peur de te réveiller surtout, mais bon, au final, tu ronflais comme une locomotive, alors ça a été. T'as le sommeil vraiment profond, c'est marrant ! Et voilà, c'est tout, je crois ! »
A la fin de son récit, Kise sourit angéliquement.
Kagami, lui, devint livide.
…
Non, SERIEUSEMENT, il avait raconté TOUT CA ? Donné autant de détails INTIMES ?
Là, il n'avait plus qu'une seule envie : disparaître sous les draps et s'évaporer !
D'ailleurs, après ce fiasco, il était étonné que Kise lui adresse encore la parole et prenne si bien soin de lui… Non mais, c'était vraiment terrible quoi ! Surtout en guise de première nuit d'amour ! Non seulement il lui avait déballé les détails scabreux de sa dernière rupture, mais en plus, il avait pleuré ET s'était endormi ensuite ! Voyant bien que Kagami n'en menait pas large, Kise gloussa doucement pour désamorcer la bombe en douceur.
« C'est vrai qu'à départ, ça m'a fait bizarre. Ca m'a surpris, j'ai pas l'habitude que ceux qui ont l'honneur de partager ma couche s'effondrent en larmes et s'endorment avant le premier round mais… j'ai trouvé ça plutôt touchant, en fait. Tu étais si mignon, accroché à ma chemise… Tu suçais même ton pouce, comme un bébé. J'aime les hommes qui n'ont pas peur de montrer leur côté vulnérable. »
Non pas que ce fut un choix calculé de la part de Kagami, qui s'écrasa la main sur le front.
Geste qu'il regretta aussitôt, parce que ça le fit douiller encore plus du coup. Non mais sincèrement, il n'arrivait pas à croire qu'il s'était permis tant de choses avec Kise et encore moins que ce dernier ne l'ait pas viré de chez lui comme un malpropre ensuite. Mais c'est alors qu'il se souvint d'Aomine et il réalisa pourquoi le seuil de tolérance du renard était si élevé…
N'empêche, la bonne nouvelle dans tout ça, c'était que Kise n'était pas une succube. Ni une mante religieuse. C'était un garçon altruiste, attentionné et parfaitement sain. Bon, certes, Kagami venait sans doute de se ridiculiser à vie à ses yeux, ruinant ses chances avec lui par la même occasion mais…
Ca ne voulait pas dire qu'ils ne pouvaient pas être amis. Même si Kise était déjà ami avec l'autre énergumène là…
Et surtout, ça ne dispensait pas Kagami de devoir remercier son sauveur. Et en tant que pompier, le roux était bien placé pour savoir que recevoir qu'un peu de gratitude était toujours la bienvenue.
« Hey ça te dirait de venir ce soir chez moi ? J'organise une pendaison de crémaillère pour mon emménagement… et j'ai seulement deux mois de retard ! Il y aura quelques uns de mes amis, tu les as peut-être aperçus au club et… »
Il se frotta nerveusement les cheveux, se sentant encore prendre une jolie teinte homard.
« … J'aimerai beaucoup que tu viennes. Ce serait pour te remercier… »
Non parce que, ok d'accord, il avait ruiné ses chances avec Kise, mais malgré tout, il continuait à trouver le blond très attirant… Et peut-être même encore plus maintenant que ce dernier avait prouvé qu'il n'était pas doté que d'un physique plaisant, mais également d'une profonde empathie. Ca donnait à Kagami envie de le connaître mieux, pour qu'un jour le renard se confie à son tour à lui.
Surpris, Kise cligna à nouveau de ses beaux yeux dorés.
« Après ce qui est arrivé la nuit dernière, je pensais que tu n'aurais plus jamais envie de me voir. » Sourit-il amèrement.
« Ouais… mais parfois, il faut savoir laisser sa fierté de côté et après ce qui s'est passé hier, j'ai envie de me rattraper… et de te donner une meilleure image de moi que celle que tu dois avoir en ce moment… »
« Oh Taicchi… »
« Pas la peine de mentir, j'suis sûr que tu me trouves pathétique… »
« Ahaha oui, totalement ! »
« Oi ! J'avais dit ça par convenance, pas pour que tu remues le couteau dans la plaie ! » Se vexa légèrement le tigre.
« Ahaha mais ne t'en fais pas… je t'ai déjà dit que cela ne me dérangeait pas… et que je trouvais même cela plutôt mignon. Alors, c'est d'accord ! Etant donné que je ne bosse pas ce soir, j'accepte de venir à ta petite fête. C'est à quelle heure ? »
« Disons vers vingt-et-une heure ? »
« Parfait. »
« Tu connais l'adresse… »
« Ca c'est sûr et je ne risque pas de l'oublier ! » Plaisanta Kise.
Kagami regagna ses pénates en début d'après-midi. Par chance, il avait son week-end de repos et il ne travaillait pas demain non plus. Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Kuroko et Himuro, en particulier, le tânaient pour qu'il organise une pendaison de crémaillère en bonne et due forme. A vrai dire, même si on pouvait y voir le symbole d'un nouveau départ, Kagami ne se voilait pas la face : l'insistance de ses amis était surtout le fruit d'une bonne soirée de beuverie en perspective. Et une occasion de s'enjailler aux frais de la princesse ne se refusait pas !
D'ailleurs, Himuro venait de lui envoyer un message pour lui proposer d'aller faire quelques courses ensemble. Cette généreuse proposition n'était toutefois pas totalement désintéressée et le brun savait que Kagami lui laisserait carte blanche pour préparer des cocktails et choisir les boissons incriminées. Pas sûr que Kagami se remette d'une seconde mine aussi rapprochée de la première, mais bon, il était jeune hein et il aurait deux jours entiers pour récupérer. De toute façon, vu ce qui était arrivé avec Kise, le rouge comptait boire avec modération. Cette fois, on ne l'y prendrait plus ! Et étant donné qu'il avait apparemment l'alcool bavard et triste, cela valait bien mieux ainsi…
Pendant ce temps, Kise, quant à lui, décida d'aller chercher son inénarrable ami à l'hôpital. En effet, le basané y avait passé la nuit pour quelques examens complémentaires, qui avaient aboutis à la découverte d'une luxation du poignet.
C'était ballot.
Et Aomine était furax.
Mais surtout Aomine en profitait.
Lorsque Kise arriva dans sa chambre de convalescence, le « blessé » se trouvait assis dans un fauteuil roulant, rien que ça. Il dévorait des glaces dont le blond se demandait encore comment Aomine avait réussi à les faire entrer ici… et d'après ce que le Don Juan de service lui confia, il avait exigé qu'une pauvre infirmière (un peu trop naïve, il est vrai…) lui fasse faire tout le tour de l'établissement en fauteuil et ce, dès six heures du matin. Le pire dans tout cela étant sans doute que la demande d'Aomine ait trouvé un écho favorable…Mais ce n'était pas si étonnant, connaissant le bougre. En effet, le brun avait toujours été doué pour manipuler les autres à sa guise. Certains vous diront qu'il s'agissait là d'une déformation professionnelle liée à son métier d'enquêteur de police, mais il y avait en réalité davantage que cela.
« Daikicchi… des glaces, franchement ? » Fit Kise, amusé.
« C'est pas d'ma faute si l'infirmière du service pédiatrie est folle de mon corps… »
« Tu en es sûr ? Je pense plutôt que quand elle t'a vu manger, elle a dû penser que tu étais un enfant perdu ! » Se moqua Kise, en désignant la bouche le pourtour vanillé de ses lèvres.
Ou alors, Aomine s'était mis à taper du pied super fort, pour montrer qu'il était super pas commode.
Et c'était rigolo, parce que quand il faisait ça, il ressemblait à ce célèbre hérisson bleu, vedette de jeux video…
« Dois-je te rappeler qu'il n'y a pas si longtemps que ça, toi aussi tu étais fou de mon corps… ? »
« Tout le monde fait des erreurs… » Sourit tristement Kise, plus pour lui-même. « Et puis ça, c'était avant… A une autre époque de ma vie, qui est maintenant achevée. »
Il n'avait plus mal à présent.
Mais auparavant, oui, ça avait été douloureux pour lui, inutile de le nier. Malheureusement, son amour pour Aomine n'avait été qu'à sens unique et cet infortuné évènement lui avait brisé le cœur. Kise avait mis du temps à se remettre complètement du rejet de son ami. Mais un certain évènement tragique avait accéléré sa guérison… Le blond avait effectivement été obligé de faire abstraction de sa propre souffrance pour prendre soin d'Aomine et cette abnégation l'avait sauvé de lui-même au final.
« Allez, prends tes affaires, je te ramène chez toi. Biscuit t'attend ! J'ai bien cru qu'il allait me dévorer tout à l'heure, quand je suis passé le nourrir avant de venir te chercher ! »
« A mon avis, c'est pas pour te bouffer qu'il a essayé de te sauter dessus, si tu vois ce que je veux dire… Je sais pas ce qu'il a en ce moment, mais il est excité comme une puce, il tient pas en place et dès que j'amène des filles à l'appart', il leur colle sa truffe sous la jupe en essayant de leur renifler le cul ! »
« Ahahaha ! Pourquoi ça ne m'étonne même pas ? Il a dû voir quelqu'un faire ça quelque part, je me demande biiiiiiiiien où ! Tel maître, tel chien, comme on dit ! »
« Heyyy ! Nan mais j'te promets que j'ai rien fait cette fois ! C'est vrai que je l'ai dressé à faire plein de conneries, mais ça, c'est lui tout seul, promis ! Moi, j'y suis pour rien ! Il l'a appris par lui-même ! »
« Si c'est à ce point, tu devrais sérieusement songer à le faire castrer… Pauvre bête, ça doit le perturber… »
« Raaah mais non, tu l'humanises trop ! Ca lui passera et puis franchement, je trouve ça trop cruel de lui faire couper les roubignoles ! T'imagines l'horreur, si on te faisait ça à toi, naaaaan… c'est juste pas possible ! »
« Hihi… qui humanise trop Biscuit, à présent ? » Sourit à nouveau le blond.
« N'empêche… c'est putain d'ironique… avant, y avait qu'avec lui que Biscuit se comportait comme ça… »
Le regard du brun sembla s'obscurcir, perdant son éclat électrique. Kise perdit son sourire instantanément. Mais il ne pouvait pas se permettre de se laisser aller… Aomine avait besoin de lui, il était sa béquille, alors il devait se montrer fort. Maintenant plus que jamais.
« Ca va bientôt faire un an… alors… peut-être qu'il le sent ? »
« Tu crois vraiment que les clébards peuvent sentir des trucs pareils ? »
« Et pourquoi pas ? Hachiko venait bien attendre son maître tous les jours à la sortie de son bureau… et regarde maintenant, il y a une statue de lui devant la gare de Shibuya ! » Expliqua Kise en déambulant dans les couloirs grisâtres de l'hôpital.
« Mouais… peut-être… » Finit par abdiquer l'officier de police. « Ou alors… c'est cette odeur de bouffe délicieuse qui flotte constamment dans le couloir, qui le rend fou ! »
« Hmm… ? Comment ça ? »
« Ben en fait, Biscuit a commencé à péter les plombs depuis quelques semaines, pile quand ma nouvelle voisine a emménagé dans l'appart' vide collé au mien. Au départ, j'avais pas cramé que quelqu'un vivait à nouveau là, mais un soir, Biscuit s'est collé au mur du salon et il s'est mis à aboyer comme un possédé et le lendemain j'ai vu un chat qui se baladait sur le balcon. C'est là que j'ai compris. »
« Ta voisine ? Un… chat ? »
« Ouais, Biscuit l'a sûrement reniflé à travers le mur. C'est un chien policier après tout, il a l'odorat vachement sensible. »
« D'accord, mais… dis-moi, Daikicchi… tu l'as déjà rencontrée cette mystérieuse voisine ? »
« Nan pourquoi ? T'es en dalle à ce point-là ? Et puis d'abord, je croyais que tu préférais les bites ! »
Le dernier mot avait résonné un peu trop fort à son goût dans les couloirs et deux aides-soignants s'étaient même retournés sur leur passage. Mais bon, encore une fois, rien de nouveau sous les tropiques, Kise avait l'habitude des « dérapages » aominesques, alors il ne s'en formalisa pas.
« En tous cas, sans vouloir casser ton trip, tu ferais bien de pas tout de suite la sortir de ton froc, parce que ma voisine, bah elle doit avoir soixante balais, au bas mot. Et ok, je te l'accorde, certaines grands-mères sont encore carrément baisables à cet âge, mais vu le courrier que celle-ci m'a adressé, je pense qu'elle est plutôt « chandails et charentaises » que « corset et talons-aiguilles » hein… »
Ben ouais, il n'allait quand même pas lui avouer qu'en vérité et lui dire il avait croisé par hasard ladite voisine et que celle-ci était encore plus bonne que la plus bonne de tes copines !
Quant au blond, même pour lui, là, ça commençait à faire trop. Etant pourtant habitué au personnage. Kise soupira en ouvrant la portière de sa voiture, côté passager, pour qu'Aomine puisse monter. Puis, il s'installa à son tour, non sans avoir levé les yeux au ciel une dernière fois avant.
Puis, tandis qu'il mettait le contact, il se tourna vers Aomine et il commença à ouvrir la bouche pour parler, mais il n'alla pas jusqu'au bout de sa démarche. Mauvaise idée. Non seulement parce que son interlocuteur avait fermé les yeux pour somnoler pendant qu'il se faisait reconduire chez lui par son chauffeur personnel, mais en plus, Kise décréta qu'il serait bien plus amusant de parler de Kagami en d'autres circonstances…
« QUOOOOIIII ? » Tonna la voix grave d'Aomine.
Et Kise devina que Kagami était sans doute absent de son appartement, sinon, nul doute qu'il aurait tapé contre le mur pour demander à son bien-aimé voisin de baisser le volume d'un cran.
Réajustant son panama sur sa tête, le blond sourit.
Bon, ce serait mentir que de dire qu'il ne trouvait pas la situation délicieusement cocasse tout de même.
« Tu dois te planter, c'est pas possible… » Essaya de se convaincre Aomine.
Mais sa tentative foireuse ne trompait personne.
Finalement, Kise était RAVI d'avoir jugé bon d'attendre qu'ils soient arrivés chez Aomine pour lui annoncer le « scoop du siècle ». Parce que si par malheur, il avait osé le faire pendant qu'il conduisait, nul doute qu'Aomine et ses réactions excessives auraient pu causer un accident de la route…
« Et là, tu me crois ? »
Pour enfoncer le clou, Kise lui montra une photo prise avec son téléphone portable, sur laquelle on distinguait très nettement le tigre, endormi dans les draps en satin rose du blond.
Aomine plissa les yeux et trois grosses rides d'expressions se creusèrent sur son front, signes de contrariété chez lui.
« Ah parce qu'en plus, tu l'as ramené chez toi pour qu'il te saute ! »
« Gnaaaa Daikicchi ! C'est très grossier de dire des choses pareilles ! » S'offusqua Kise, tout en fausse pudeur.
Mais face au regard et au ton meurtriers du brun, il se reprit bien vite.
« Joue pas au con avec moi, Kise… »
« Oui, bon d'accord, je l'admets, c'était mon objectif mais… ça ne s'est pas déroulé comme prévu, au final. »
« Tu m'avais pourtant vu partir avec lui avant-hier ! »
« Oui et alors ? » Demanda ingénument le D.J.
« Et alors ? Quand je fais ça, ça veut dire que c'est chasse gardée ! »
« Je n'en savais rien. » Mentit le blond.
Il devait bien reconnaître que souffler les conquêtes d'Aomine sous son nez, ça l'avait toujours amusé. Malheureusement, il réussissait rarement son forfait… Mais c'était de bonne guerre. Et puis, techniquement, on pouvait arguer qu'il avait vu Kagami en premier, non mais ho !
« Tsss… » Siffla Aomine en se laissant tomber dans son divan, bras croisés.
Ca y est. Il faisait du boudin. Comme un gosse capricieux et quand bien même Kise avait toujours trouvé cette attitude adorable, il y avait quelque chose de différent cette fois… Quelque qui le mettait mal à l'aise, même lui, qui connaissait pourtant si bien Aomine. Une aura noire menaçante se dégageait du grand brun. Kise sentit un frisson d'effroi remonter le long de son échine.
Aomine ne rigolait pas.
Et plus encore que le fait que Kise ait marché sur ses plates-bandes, c'était d'apprendre que sa voisine sexagénaire n'était autre que Kagami Taiga, fringuant pompier dans la force de l'âge, doté d'un physique ravageur.
C'était un peu la déception, quoi.
Ou pas.
Mais quand Aomine ruminait comme ça, ce n'était jamais bon signe… Une chose était sûre cependant : nul ne pouvait prédire ce qui allait en ressortir…
Dans tous les cas, la vengeance semblait de mise et elle était même déjà sûrement planifiée…
Honnêtement, Kise craignait le pire. Combien de fois avait-il vu Aomine s'énerver pour moins que ça ? Combien de fois avait-il été témoin malgré lui d'une de ses crises d'autorité ou d'égo ? Il suffisait qu'un type lui grille politesse à la caisse pour qu'Aomine aille crever les pneus de sa voiture sur le parking, alors Kise n'osait même pas imaginer ce dont il était capable pour solder ses comptes avec Kagami…
« Mais au moins maintenant je sais qui est cet enfoiré et où il habite… je comptais faire quelques recherches au commissariat, mais finalement, ce ne sera pas nécessaire. Grâce à toi. »
Un sourire carnassier s'étira sur ses lèvres, faisant immédiatement pâlir Kise.
LA.
BOULETTE.
Il n'aurait jamais rien dû dire ! A présent, il regrettait ses paroles, mais malheureusement, c'était déjà trop tard. Parce que quand Aomine prenait quelqu'un en grippe, c'était terminato, finito, les spaghetto ! Pire même ! C'était justement grâce à sa ténacité légendaire qu'Aomine s'était fait un nom parmi les meilleurs officiers de police du pays.
Mais puisque c'était de sa faute, Kise n'hésita pas cette fois à se dresser contre celui qu'il considérait pourtant comme son plus proche ami.
« Daikicchi, ça suffit, admet ta défaite et passe à autre chose ! »
« Et puis quoi encore ? Même pas en rêve ! Je vais lui apprendre ce qu'il en coûte de jouer avec le grand Aomine Daiki ! Alors un conseil : si t'as prévu de te le taper, tu devrais le faire ce soir, parce que dès demain, la guerre totale sera déclarée ! Et tu risques de ne plus reconnaître sa jolie petite gueule ensuite… »
On sentait clairement au ton du flic qu'il était bougrement sérieux. Ce qui ne rassurait pas du tout Kise et ne faisait que renforcer son sentiment de culpabilité… Il ferait peut-être mieux de mettre en garde Kagami, histoire que ce dernier puisse organiser sa défense avant qu'Aomine ne lui tombe dessus comme la misère sur le monde et…
« … Et n'espère même pas le prévenir de mes intentions. Parce que si tu le fais, non seulement je le saurais, mais en plus, tu risquerais d'essuyer quelques tirs amis… et ce serait regrettable, si tu vois ce que je veux dire… »
Attends, quoi ? Aomine le menaçait, sérieusement ?
Lui, son seul et unique (et dernier) ami ?
Kise était tout simplement choqué. Ca allait beaucoup trop loin pour une simple petite « farce » entre voisins ! Certes, Aomine s'était blessé, mais il l'avait bien cherché ! Kagami avait eu parfaitement raison de lui donner une petite leçon et Aomine ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même si cet innocent canular avait mal tourné ! Et franchement, Kise n'était pas du genre à s'énerver pour un rien. Il avait une patience digne de Bouddha en temps normal, mais là… Aomine dépassait les bornes. Cela faisait des années qu'il rongeait la corde et voici qu'elle était maintenant sur le point de céder. Kise serra les poings, révolté…
Oui, Aomine avait toujours été relativement… « chiant ». C'était bien le qualificatif… le plus approprié pour décrire le jeune homme. Après une période d'accalmie de trois ans, le brun avait repris ses mauvaises habitudes depuis l'évènement tragique survenu il y a presque un an. Et son niveau d'égoïsme crevait à présent drastiquement le plafond, à tel point que même pour Kise qui le connaissait bien et l'aimait tel qu'il était, la situation était devenue difficile à supporter… Bien entendu, il comprenait qu'Aomine ait du mal à se remettre de cette lourde perte et là n'était pas la question, car qu'il s'agissait plutôt ici du comportement auto-destructeur que cela avait engendré.
Le comportement borderline d'Aomine échappait à présent à tout contrôle, puisqu'il n'avait plus de garde-fou et même si Kise se dévouait totalement à ce rôle, il n'avait pas la même autorité que… cette personne, quoique le mot « autorité » soit très mal choisi dans ce cas précis… Parce que lui savait comment calmer les angoisses d'Aomine et grâce à son intervention, Aomine était rentré dans le rang… Alors forcément, depuis sa mort, tout partait carrément a vau-l'eau… sans que Kise ne puisse empêcher l'irrémédiable, malgré tous ses efforts pour chaperonner son ami…
Et cette animosité démesurée envers son roux de voisin le prouvait par-dessus tout. Aomine détestait qu'on lui résiste et pourtant… pourtant, au fond de lui, il ne demandait que cela… Quelqu'un qui se dresse contre lui, enfin… et lui remette les pendules à l'heure, à grands coups de tartignolles dans la tronche, s'il le fallait !
D'ailleurs, et toujours d'après Kise, il se pourrait bien que Kagami soit la personne parfaite pour cela. Le rouge était un félin fier et sauvage, quelqu'un qui ne se soumettait pas et qui n'avait pas la même relation que Kise avec Aomine, pour qui, il était déjà trop tard pour se dresser contre le brun… Kagami n'était pas l'ami d'Aomine, il ne ferait donc pas dans le sentimentalisme.
Or, c'était exactement ce qu'il fallait pour remettre le flic dans le droit chemin.
Quelqu'un d'extérieur à son histoire, quelqu'un de neutre, quelqu'un qui a le recul nécessaire et ne se laissera pas mener en bateau.
Finalement agacé et ne voulant pas craquer devant Aomine, (parce que mine de rien, Kise aussi avait beaucoup souffert personnellement de la perte de cette personne, à la différence que lui, ne s'était pas laissé aller, contrairement à Aomine, car il fallait bien que quelqu'un garde la tête froide et s'occupe du brun endeuillé.) le blond se leva pour quitter l'appartement.
Il était fatigué, mais surtout, blessé par l'attitude peu recommandable de son ami… Aomine avait changé oui, indéniablement. Avant, il aurait sans doute cherché à arranger les choses, au lieu de se lancer dans une guerre à l'aveugle contre son voisin… et Kise regrettait cette époque… l'époque où Aomine souriait encore de manière pure et non de façon méprisante, comme c'était le cas à présent…
« Hey, où tu vas ? »
« Je m'en vais, ça ne se voit pas ? »
« Je t'ai pas donné la permission de partir, putain ! »
« Mais tu n'as pas à me la donner. Je suis libre, Daikicchi. Tu sembles l'avoir quelque peu oublié ces derniers temps et je l'admets, c'est totalement de ma faute. Parce que je t'ai trop laissé faire… je pensais t'aider en faisant cela, mais j'avais tort de te passer tous tes caprices… Je le comprends maintenant, mais il est déjà trop tard, hélas. »
« Oi Kise, qu'est-ce que tu racontes comme conneries, encore ? »
« Tu es malheureux et je le comprends mieux que personne, mais avec cette attitude exécrable, tu vas finir par te mettre tout le monde à dos… et tu vas finir seul… pour le restant de tes jours. C'est vraiment ce que tu veux ? »
« J'ai pas besoin des autres. J'emmerde les autres. Et toi aussi… tu commences à me faire grave chier. Alors si t'es pas avec moi, t'es contre moi… et dans ce cas, barre-toi de chez moi avant que je ne te foute dehors à grands coups de pieds dans le cul… »
Ce qui était en totale contradiction avec ce qu'Aomine venait de dire précédemment, m'enfin…
« Tu crois que c'est ce le genre de vie qu'il aurait souhaité pour toi… ? »
Et là…
Kise comprit qu'il avait franchi la ligne de non-retour, involontairement. Ou du moins, sans aucune mauvaise intention… Mais pour Aomine, peu importait, le résultat était le même… Le policier vit rouge et d'un bond, il sauta sur l'inoffensif blond. Le plaquant férocement au mur, il serra sa nuque et le foudroya du regard. Ses yeux étaient injectés de sang, comme ceux d'un fou.
« Ta gueule, m'parle pas de lui, t'entends ? T'as pas le droit ! »
L'étreinte était mortifère, comparable à celle d'un boa constrictor et Kise commençait à avoir du mal à respirer… Aomine… jamais il ne l'avait vu se mettre dans cet état ! C'était les nerfs qui parlaient… et le chagrin accumulé alors… Kise en lui en voulait pas. Même s'il était terrorisé… ses yeux dorés se chargèrent de larmes… Il avait tellement pitié de son ami, de ce qu'il était devenu…
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…
C'était exactement cela.
« Tu sais pas. Tu sais rien… tu l'connais pas comme moi… personne peut deviner ce qu'il aurait voulu pour moi… et ça n'a plus d'importance de toute façon, puisqu'il est MORT. » Déclara t-il en mettant bien l'emphase sur le dernier mot.
Des larmes roulaient sur les joues du blond. Il suffoquait. Mais plus encore que sa gorge, c'était son cœur qui le faisait souffrir. Ils… étaient si heureux avant ? Pourquoi… avait-il fallu que cela se termine ainsi ? Le meilleur d'entre eux… leur avait été arraché… alors qu'il était sur le point d'emménager avec Aomine, l'amour de sa vie… Le destin était parfois bien cruel…
Non… pas le destin…
Mais plutôt l'ordure qui était responsable de tout cela… Et encore, le mot « ordure » était un euphémisme…. « Pourriture », « Monstre », « Bâtard », il n'y avait pas de terme assez fort pour le décrire… même « Meurtrier » semblait encore bien trop doux…
« Il est MORT, t'entends ?! Alors rentre-le toi dans le crâne, une bonne fois pour toutes, merde ! » Asséna Aomine en secouant agressivement Kise.
Mais en entendant son ami sangloter, le brun lâcha prise. Ca ne servait à rien de s'emporter contre le blond… ça ne LE ramènerait pas d'entre les morts et puis… de toute façon, se montrer violent n'atténuait pas la douleur d'Aomine. Au contraire, c'était même pire… Parce que lorsqu'il cédait ainsi à ses démons, que ce soit l'alcool, le jeu, les femmes, la clope et encore plus quand il se montrait physiquement abusif, Aomine se dégoûtait lui-même…
Et c'était sa façon à lui de se détruire à petit feu… car de cette manière, tout le monde finirait par le détester et alors… sa disparition prochaine ne ferait souffrir personne…
Jusque-là, il n'avait jamais trouvé le courage d'en finir… Pas tant que cet enflure se baladait encore librement dans la nature. Mais… grâce à ses efforts combinés avec ceux d'Imayoshi, son chef de brigade et… d'une de ses anciennes connexions, Aomine était parvenu à arrêter le coupable il y a quelques semaines… et celui-ci attendait sagement derrière les barreaux d'être jugé. Mais dès lors que le verdict « COUPABLE » serait prononcé et que ce fils de pute croupirait en taule jusqu'à la fin de ses jours (à moins qu'il ne passe sur la chaise électrique, la peine de mort étant toujours d'actualité au Japon), Aomine s'était promis de... le rejoindre sans plus tarder…
Le suicide restait sa seule option viable. La seule manière de mettre fin à tout cela proprement et d'être à nouveau réunis…
Bientôt, très bientôt, attends-moi encore juste un peu…
Glissant contre le mur, Kise se retrouva au sol, désespéré. Les larmes n'arrêtaient pas de couler, il avait le hoquet et sa gorge rougie ne lui faisait pourtant presque pas mal… Aomine lui tourna le dos, puis, il le laissa là… l'abandonnant comme un sac poubelle qu'on a la flem' de sortir…
Le message était clair pour le blond, sa présence ici n'était plus souhaitée, ni souhaitable par le maître des lieux, qui venait de prendre congé de lui sans la moindre explication. Et Kise en lui en voulait absolument pas… Il avait été maladroit… Le sujet était encore sensible et il le serait toujours…
Eternellement.
Lorsqu'on perd un être cher, il est difficile, voire impossible d'aller de l'avant…
Surtout pour une personne aussi passionnée et entière qu'Aomine, qui vit chaque expérience à fond et donc, ressent la Mort plus intensément que quiconque… Cette dernière avait toujours été sa compagne d'infortune… à tel point que l'organisation dont il faisait partie avant d'entrer dans la police le surnommait honorifiquement « Mister Death »… Et honnêtement, si Aomine avait su que ce surnom lui collerait autant à la peau en finissant par porter la guigne à celui qu'il aimait de tout son cœur, il s'en serait bien passé…
Kise quitta l'appartement sans demander son reste…
Et très franchement, il n'avait plus du tout le cœur à festoyer avec Kagami ce soir…
Mais d'un autre côté, en tant qu'ancien mannequin, le blond était passé maître dans l'art de manipuler les apparences. Il devait se montrer fort et ne rien laisser paraître. Après tout, faire semblant, c'était son métier… et vu qu'il avait passé l'intégralité de l'année dernière à s'occuper d'Aomine, sacrifiant ainsi sa vie sentimentale, Kise décida finalement que lui aussi avait droit au bonheur.
Et Kagami lui plaisait bien.
Kagami, qui l'avait invité à sa pendaison de crémaillère et avait souhaité rester en contact avec lui, malgré ses gênants aveux alcoolisés et le faire que Kise soit ami avec Aomine, que le rouge détestait pourtant cordialement. (et on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir…) Alors oui, Kagami valait bien le coup que Kise fasse un petit effort en son sens.
Chez Kagami, justement, les préparations battaient leur plein. Himuro et lui avaient dû faire pas moins de quatre allers-retours (sans ascenseur… merci qui déjà ?), les bras chargés de victuailles en tous genres. (surtout liquides, Himuro semblant craindre par-dessus tout une pandémie de SOIF inopinée) Et la tâche aurait sans doute était beaucoup plus aisée si le géant qui servait de fiancé à Himuro, les avait accompagnés faire des courses. Malheureusement, le jeune homme à la mèche brune avait décrété qu'il serait plus « sage » que le violet squatte le sofa du rouge en attendant leur retour.
En effet, Himuro ne connaissait que trop bien l'appétit titanesque de son petit-ami et un banal ravitaillement dans un magasin de denrées alimentaires, se serait vite transformé sinécure (d'ailleurs, le fait que Murasakibara travaille en tant que cuisinier dans un restaurant étoilé où il était donc, CONSTAMMENT en contact avec de la nourriture sans la dévorer, relevait toujours autant du mystère galactique pour Kagami…). Ou en aller simple pour l'Enfer, sans la moindre perspective de retour…Murasakibara aurait été tenté de dévaliser les rayons pour satisfaire ses fringales incommensurables et Kagami aurait alors été obligé de casser littéralement sa tirelire pour rembourser les dégâts occasionnés.
« Muro-chin, c'est quand qu'on mange ? Moi, j'ai faim. » Fit mollement le violet, affalé à plat ventre sur le divan.
Avec le bras qui pend dans le vide, oui, oui.
… et nombre de paquets de chips éventrés, vaillamment tombés au combat, tapissant le sol.
« Heu, Atsushi, tu permets ? Il est à peine dix-sept heures et on vient tout juste de rentrer ! Tu ne veux pas nous laisser souffler cinq minutes ? Le repas ne va pas se faire tout seul, tu sais… alors d'abord on récupère un peu et ensuite seulement, on se mettra au travail. »
« Clair… sans compter qu'on a les cocktails à préparer aussi… On voit bien que c'est pas toi qui vient de te taper sept étages à pied avec tous ces sacs hyper lourds… En plus, y avait un monde de dingue dans les magasins, c'était vraiment crevant ça aussi ! » Se plaignit Kagami en se laissant tomber dans un des fauteuils libres.
« Par ailleurs, je te rappelle que tu as interdiction de manger entre les repas ! » Le railla Himuro, mains sur les hanches et sourcils froncés.
Le docteur avait été très clair à ce sujet. Et Himuro ne plaisantait pas avec la santé de son cher et tendre !
« Mais je ne mange pas entre les repas, Muro-chin… puisque je ne fais qu'un seul repas par jour, sauf qu'il dure toute la journée… c'est pas pareil… tu vois que je t'écoute… Je fais toujours ce que tu me dis, car je suis gentil. » Répondit-il avec sa nonchalance caractéristique.
Himuro secoua la tête, vaincu.
« Non mais qu'est-ce que je vais faire de toi… ? » Lâcha t-il en se pinçant l'arête du nez.
« T'as qu'à le laisser crever de faim, voilà. Ca ne devrait pas être trop difficile, deux minutes devraient suffire et c'est carrément une bonne solution pour faire des économies ! » Souffla Kagami.
« Ah si seulement je pouvais ! Mais j'ai promis à sa mère de bien m'occuper de lui et puis… qu'est-ce que je ferai sans my big Teddy bear ? » Abdiqua Himuro en rejoignant son « bébé d'amour », pour écarter quelques mèches de cheveux qui couraient sur son visage amorphe.
« Mmmmhh… tu t'ennuierais tellement sans moi, Muro-chin. Je te manquerai. »
« Agreed. En particulier une certaine partie de ton anatomie… » Sourit énigmatiquement Himuro.
Juste avant de grimper sur le géant, plantant des baisers mouillés dans sa nuque, tandis que ses mains cascadaient sur ses flancs, faisant remonter son T-shirt par la même occasion. Et comme si le message n'était pas encore suffisamment clair pour les esprits les plus innocents, Himuro ondula du bassin contre les reins de son homme.
Ce qui ne manqua pas faire s'étouffer Kagami, qui avait justement eu la merveilleuse idée de se lever pour aller boire. Un peu plus et il aurait avalé de travers.
« Ah mais fuck ! Allez faire vos cochonneries ailleurs ! Pas envie que vous salopiez mon canapé ! Et puis, j'suis encore dans la même pièce que vous, si vous n'aviez pas remarqué ! »
« Et alors ? Ca ne nous dérange pas, pas vrai Atsu ? »
« Hmm… Muro-chin… »
« Tu vois ? Il veut bien que tu nous regardes ! Ca fait tellement longtemps since the last time you got laid que je suis sûr que tu ne te souviens même plus comment ça se passe ! » Se moqua le brun.
« Vous êtes vraiment dégueulasses, putain ! Si vous avez le temps de vous tripoter, faites plutôt un truc utile, comme par exemple m'aider à ranger les courses ! »
« Oh Taigaaaaa ! You're finally back ! Quand est-ce qu'on mange ? » S'écria une furie blonde, en déboulant du couloir.
Le rouge lâcha un grognement de contrariété lorsqu'elle lui sauta joyeusement sur le dos. Signe qu'elle sortait à peine de la douche, Alex était trempée et elle s'était enroulée dans une serviette de bain qui glissait dangereusement, menaçant de tout dévoiler. Déjà que le minuscule bout de tissu ne cachait pas grand-chose de ses généreux attributs féminins…
« Raaaaah mais, vous n'avez tous que ce mot-là à la bouche ? »
C'était vraiment consternant…
« Ah non, moi, c'est autre chose que je vais bientôt avoir à la bouche… » Intervint Himuro, à la cool.
… non, rectification, c'était CA qui était consternant, en fait !
« VOUS ME FAITES TOUS CHIER ! » S'égosilla le locataire de l'appartement. « On mangera quand ce sera prêt et pas avant ! Et je vous ferai remarquer qu'un coup de main de votre part serait grandement apprécié ! »
« Hmm… moi je voudrai bien t'aider Taiga, mais tu sais que je dois faire mes bagages… »
« Ca fait des jours que tu répètes ça… Trouve une autre excuse. »
« Non mais cette fois, c'est vrai, je t'assure ! Tu ne te rends pas compte à quel point c'est long à ranger une valise de fille ! »
« Effectivement, c'est quelque que chose que j'ignore étant donné que je ne suis pas une fille, mais… OI, VOUS DEUX JE VOUS AI DEJA DIT DE NE PAS COPULER SUR MON CANAPE BORDEL DE MERDE ! »
« A ce propos… » Reprit Alex, que décidément, rien ne semblait pouvoir choquer. « … tu n'aurais pas vu mon string rose en dentelle ? Je le cherche partout depuis deux jours… »
« Ouais, bah il avait pas l'air de trop de te manquer jusque-là… C'est seulement maintenant que tu t'en préoccupes ? » Soupira le rouge, qui commençait à en avoir plein le dos, au sens propre comme au figuré. Non mais sérieusement, qu'est-ce qu'il en avait à foutre d'un string de nana ? C'était typiquement le genre de choses qu'il ne remarquait pas… « J'en sais rien, t'as regardé s'il n'était pas resté coincé dans le tambour de la machine à laver ? »
« Déjà fait. J'ai cherché partout, mais je ne l'ai pas trouvé… snif… »
« C'est qu'un string, j'suis sûr que t'en as plein d'autres. » Répondit-il, sans parvenir à s'émouvoir du sort de ce pauvre petit animal perdu et livré à lui-même.
« Oui, mais c'est pas pareil ! Celui-ci, c'était mon string porte-bonheur ! » Se lamenta la blonde, toujours accrochée au dos de son élève, telle un bébé koala.
« Ah. Ca existe ce genre de trucs ? En tous cas, ça t'apprendra à faire attention à tes affaires ! »
« Si ça se trouve, c'est Tai qui te l'a piqué pour voir comment ça lu allait. » Rit Himuro.
« Non mais ça va pas la tête ? »
« Oh je n'espère pas ! C'est pas du tout la bonne taille, s'il l'enfile, il va tout me le détendre… ou pire, le faire craquer ! Sniiif Taigaaaaaaaa ! Me dis pas que tu l'as arraché par mégarde en l'essayant sur toi ? C'est ça, hein ? Et t'osais pas m'le dire ! Naaaaaaan pourquoi t'as fait çaaaaa ? »
« Alex… ne pleure pas…o-ok ? »
S'il y avait bien un truc que Kagami ne supportait pas (en dehors de son cher voisin Baisoro), c'était bien les filles qui pleurent. Non mais c'est vrai quoi, les nanas, ça ramouille, ça sanglote, ça chouine pour rien ! Et alors ça monte dans les aigus et… ARGH !
« Je t'aiderai à le chercher, promis. »
« C'est vrai ? Yeay ! Thank you Taiga ! T'es le meilleur ! »
« Ohhh mon petit-frère adoré est tellement gentil ! Ca mérite un câlin XXL ! »
« Naaaan pas un câlin XXL ! » Blêmit le principal intéressé.
GROS DANGER.
Trop tard. De toute façon, Alex était déjà sur son dos… mais il fallut naturellement que Tatsuya se joigne à elle et lui saute dessus également. S'écroula sur la moquette sous le poids de ses amis, Kagami essaya de se débarrasser de ces deux rémoras indésirables, mais sans succès. Et comme la malchance avait décidé de l'emmerder aujourd'hui, une ombre gigantesque se mit à planer au-dessus de lui, pile à ce moment-là…
« Murasakibara… non… ! »
« ROWI VIENS AUSSI FAIRE UN GROS CALIN ATSUSHI ! » L'encouragea le collant Himuro.
« AAAAAAAHHH ! »
Un cri d'horreur et d'agonie résonna dans l'appartement du roux, lorsque le chef cuisinier se joignit lui aussi au « câlin » improvisé. (qui tenait plus de la tentative d'homicide dissimulée !)
Quelque chose craqua sèchement et SPOILER : ce n'était pas le parquet !
Et comme par hasard, ce fut ce moment là que choisit son téléphone pour vibrer dans la poche de son jean...
« Hmm... c'est agréable, ces vibrations... » Savoura Alex.
Le pauvre roux tendit la main et fouilla parmi le tas informe de corps empilés sur lui pour en extirper son téléphone. Il décrocha lentement, sans avoir eu le temps de voir qui appelait.
« A... allô ? »
« C'est Kise, ça va ? Pas trop la gueule de bois ? »
« C'est qui Taiga ? Ton petit fiancé ? »
« Raaaaaah mais laferme ! »
« … je vais te laisser, puisque je te dérange de tout évidence... »
« Mais... non ! C'est pas à toi que je parlais ! Raccroche pas Kise ! »
« Hmm... tu es avec tes amis ? »
« Oui, ceux que tu rencontreras ce soir. Enfin, il manque Kuroko, il va arriver plus tard. Tu voulais quelque chose ? »
« Juste savoir si tu te remettais bien et ce que je devais amener ce soir... »
Sa voix était faible, presque éteinte. Si différente de son entrain naturel, que cela alarma Kagami.
« Hey Kise, tout va bien ? »
« Oui, ne t'en fais pas... ça va passer... »
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
Toutes les oreilles présentes dans le salon de Kagami étaient tendues vers le combiné pour entendre ce que disait l'ancien mannequin. Un silence religieux régnait même à présent. A l'autre bout du téléphone, Kise semblait sangloter et Kagami comprit que l'objet de son appel n'avait rien à voir avec la soirée en elle-même. Le blond cherchait du réconfort... du soutien... et Kagami cs'inquiéta automatiquement pour lui.
Puis, il devina.
« C'est à cause de ce connard d'Aomine, c'est ça ? Qu'est-ce qu'il t'a fait ? »
C'était sorti tout seul, mais Kagami vouait vraiment une haine farouche à son voisin, si bien qu'il avait tendance à le rendre responsable de tous les maux de la Terre...
Sauf que, cette fois, il avait vu juste. Le silence de Kise le prouvait.
« Je vais le défoncer... »
Le tigre voyait rouge, prêt à sortir les griffes. Qu'Aomine s'attaque à lui passait encore, mais pas à Kise ! Kise était pur ! Gentil ! Dévoué ! Kise l'avait dorloté toute la nuit et l'avait même écouté se lamenté sur son ex ! Kise méritait une MEDAILLE !
Un prix Nobel !
Alors pas touche à Saint Kise !
« N-non ! Ne t'en mêle surtout pas Taicchi ! Je... ce n'est rien, d'accord ? Juste une petite dispute sans importance... » Mentit le blond, serrant nerveusement le foulard qu'il avait noué autour de son cou pour cacher ses ecchymoses.
Kagami soupira. Il était évident que Kise cherchait encore à couvrir son enfoiré de voisin, mais le rouge décida de respecter le silence du blondinet.
« Ok... tu peux être là quand ? J'ai hâte de te présenter à mes amis. »
Un demi mensonge. Mais Kagami s'inquiétait beaucoup trop pour laisser Kise seul ainsi. Alors plus vite il viendrait ici, mieux ce serait.
« Dans vingt minutes si tu veux ? On ne sera pas embêtés ce soir, Daikicchi travaille. »
« Wonderful ! On t'attend ! A tout de suite ! »
Kagami raccrocha, pensif...
Si perdu dans ses pensées qu'il ne remarqua pas tout de suite qu'il était soulagé du poids de trois personnes. Et déjà, Himuro s'affairait non pas en cuisine, comme cela était convenu, mais... dans le sofa... ? Kagami alla se poster derrière son frère de cœur pour regarder ce qu'il faisait. En effet, le brun avait dégainé son ordinateur portable. Enfin, plus précisément, celui qu'il avait prêté à Kagami, en attendant que le rouge prenne le temps de bien s'installer et de s'en acheter un. Assis en tailleur, ordinateur sur les genoux, le brun au grain de beauté pianotait avec aisance sur le clavier. Un vrai hacker en herbe... et cela se confirma lorsque, triomphant, il s'écria :
« I knew it ! That stupid guy... Il n'a même pas protégé son réseau wifi ! Pfff... quel amateur ! Alors voyons voir... »
« Qu... qu'est-ce que tu fais ? »
« Je me venge. Ou plutôt je VOUS venge. Toi et ton ami. Tu me remercieras plus tard ahaha ! »
Et quand Himuro s'enflammait de la sorte, il y avait de quoi trembler jusqu'au fond de son slibard !
« Oi ! Tatsuya ! »
« Laisse-moi m'amuser un peu, Tai ! Je sais ce que je fais ! »
Et entendre Himuro Tatsuya prononcer ces paroles, n'était jamais de bonne augure. Parce qu'il « savait aussi ce qu'il faisait » aussi, quand il avait convaincu Kagami de dévaler la pente enneigée de leur quartier, sur un sac poubelle en guise de luge. Ils n'avaient que dix ans et cette mésaventure s'était soldée par deux mois de plâtre pour Kagami, avec une double fracture radius/cubitus... Il savait également ce qu'il faisait au bal du lycée, lorsqu'il avait poussé Kagami a transformer la voiture de son père en carrosse citrouille... orange pétant... ce qui avait valu à Kagami six mois de suppression d'argent de poche...
En conclusion : suivre les idées d'Himuro n'était jamais une bonne idée...
« On va aller faire un petit tour dans son historique de navigation... »
« Attends quoi.. ? NON ! T-tu... tu peux faire ça ? »
« Bien-sûr ! Tu parles à un ex-informaticien, après tout ! »
Himuro avait exercé ce métier quelques années aux Etats-Unis, avant de prendre un virage à 360°, quand il avait emménagé au Japon. C'était d'ailleurs en devant serveur qu'il avait rencontré Murasakibara et à présent, les deux tourtereaux envisageaient même d'ouvrir leur propre pâtisserie, en plein cœur de Tokyo.
« Ahaha le naze ! Il cherche « Google » dans le moteur de recherche « Google ! »
Himuro pouffa de rire et...
« Comme c'est étonnant... ton cher voisin est un gros consommateur de sites porno... son ordi doit être aussi vérolé que son caleçon... »
« Tu devrais arrêter... s'il se rend compte de quelque chose il va... »
« Oh ! Oh ! Ahaha ! Sa dernière recherche sur Google est « pourquoi je fais caca vert. » Et en plus de ça, il a une sale hygiène de vie ! Tu as tiré le gros lot, Taiga ! » Annonça Himuro, en ignorant totalement son petit frère.
…
Ok ben c'était une raison de plus pour lesquelles Kagami était bien HEUREUX de ne pas avoir couché avec Aomine, finalement !
« Ca suffit... arrête de fouiner dans son historique et... »
« OH JE SAIS JE VAIS RENOMMER SON RESEAU WIFI ! »
« Tatsuyaaa naaaan ! »
« Ca lui apprendra à ne pas le protéger ! « EJACULATEUR PRECOCE » ou « PETITE BITE », tu préfères quoi ? »
« Rien ! Tu ne fais rien du tout ! Je sens que ça va encore m'attirer des emmerdes... et j'en ai déjà bien assez ! »
Retroussant les manches, le rouge lui sauta littéralement dessus, le plaquant sur le sofa, pour l'empêcher de commettre son forfait.
Mais pour Himuro Tatsuya, ce n'était que partie remise...
Certes, Kagami venait de le neutraliser, mais ce ne serait pas le cas tout le temps... En effet, son petit frère adoré ne serait pas en mesure de le surveiller continuellement... Il avait une soirée à préparer et des invités desquels s'occuper...
Et de toute évidence, Tatsuya « Génie du Mal » Himuro avait vu juste.
Kagami s'était rapidement retrouvé dépassé. Submergé, même... par ce flot d'alcool qui contaminait aussi bien les cerveaux, que l'air.
D'une part, parce qu'Himuro et Alex s'étaient chargés de préparer les cocktails, selon une recette toute personnelle et surtout très alcoolisée... (illégale dans pas mal de pays, d'ailleurs) et d'autre part, parce que le rouge était bien trop occupé à faire les yeux doux à sa nouvelle future (?) conquête : le dénommé Kise. Mais siiii, vous savez, le beau D.J., celui à qui il avait pathétiquement déballé toute sa vie sentimentale la veille ! Le blond semblait d'ailleurs quelque peu sur la réserve. Non pas que l'ambiance festive et bon enfant lui déplaise, mais il paraissait plutôt préoccupé par son altercation avec Aomine. Cependant, il n'en pipa mot. C'était LA fête de Kagami et il ne voudrait surtout pas gâcher l'ambiance en évoquant l'ennemi juré de ce dernier.
La pendaison de crémaillère venait à peine de commencer, que déjà, Alex et Himuro semblaient à deux doigts de rouler sous la table. Quant à Murasakibara, on aurait pu croire que son immense gabarit le protégeait des ravages de l'alcool, mais c'était tout le contraire justement ! Son estomac était une véritable éponge et il fut le premier à se retrouver K.O. sur le sofa.
Seuls Kise et Kagami semblaient consommer avec modération. Quant à Kuroko, il carburait aux milkshakes vanille (faits maison!), alors il ne risquait probablement rien.
C'est ainsi que les trois jeunes hommes les plus sobres se retrouvèrent embarqués dans une conversation des plus instructives par Himuro, tandis qu'Alex était suspendue au lustre, telle un chimpanzé sous acide.
« Oh Ryota tu as un piercing à la langue ! » Remarqua le brun aux joues rosies par l'alcool.
« Ah oui, tiens, je ne m'en aperçois que maintenant... » Fit Kagami, un peu honteux.
L'observation, ça n'avait jamais été son fort, mais il se demandait quand même comment il avait pu passer à côté d'un tel détail...
« Ca fait mal ? Il paraît que c'est génial pour les fellations, alors j'hésite à m'en faire mettre un. » S'exclama Himuro, de but en blanc, sans transition, ni censure.
FACEPALM.
Kagami vit rouge. Gêne. Colère. Un savant cocktail sans alcool pour le coup et bien heureusement, même ! Constatant la mine mi-choquée, mi-amusée de Kise, Kagami préféra pousser son grand frère chéri (plus si chéri que ça hmm...) LOIN, le plus LOIN possible du garçon de ses pensées.
Histoire de ne pas ruiner les dernières chances qu'il avait avec Kise.
Ce à quoi, Kuroko, qui n'était pourtant pas invité dans la conversation, mais dont on avait du oublier la présence à portée d'oreilles, décréta, entre deux lampées de milkshake :
« Moi j'aime bien. »
Le tout, avec son ton le plus monocorde et ses grands yeux innocents levés vers un Kise perplexe.
« Gnaaaaaaaaa ! Moi aussi j'ai un piercing ! Vous devinerez jamais oùùùù ! Attendez, j'vais vous l'montrer les enfants ! » Serina Alex, qui se balançait toujours sur le lustre.
« Oi ! Quand on dit « vous ne devinerez jamais où » en général, c'est pour laisser l'imagination débordante des gens se charger de localisation du mystère, pas pour le montrer ! » La réprimanda le rouge, en essayant de la décrocher de sa branche.
Elle risquait en effet de se faire mal en tombant, ce qui allait très certainement arriver vu comment elle se tortillait pour défaire son jean taille basse un peu trop moulant.
Un zoo...
C'était un véritable zoo !
Himuro se marrait comme une hyène, Kuroko était rusé comme un chacal, Mura roupillait comme un panda et Alex était aussi agitée qu'une perruche ! Kagami comprit qu'il devrait jouer les gardiens, à contre cœur. Dire qu'il espérait séduire la biche Kise ce soir et bien c'était raté ! Merci les copains ! Et à charge de revanche !
Tandis que le seul homme saint d'esprit venait de jeter son ancienne professeur sur une de ses épaules viriles, pour la déposer dans la chambre (et l'y enfermer à double tour, le temps qu'elle cuve !), Himuro s'éclipsa en cuisine comme une tornade. Lorsqu'il réapparut dans le salon, une odeur délicieusement sucrée se répandit dans la pièce, bien plus appétissante que celle des biscuits industriels disséminés sur la table basse en guise d'apéritifs.
« Gateaaaauu... » Marmona le Panda, toujours assoupi.
Sans doute un réflexe de survie.
Mais, bien que le gâteau semblait terriblement réussi, Kise sentit comme... une seconde odeur familière, masquée par celle du chocolat. Malheureusement, il ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce dont il s'agissait, mais il lui semblait avoir déjà senti quelque chose de similaire, parfois, dans les clubs où il travaillait...
Le brun déposa le plat sur la table basse et il commença à découper plusieurs parts avec une précision inattendue de la part de quelqu'un d'aussi imbibé... Kuroko se servit le premier, puis Kise. Himuro attrapa une part généreuse et croqua dedans à pleines dents. Le blond mannequin fut plus... réservé. Mais satisfait par le goût qu'il sentait palpiter contre son palet, il mangea de bon cœur...
FATAL ERROR
…. car c'est ainsi que dix minutes plus tard, profitant de ce que le chat soit en train de maîtriser la perruche, les souris se mirent à danser.
Les trois garçons furent pris de fous rires irrépressibles, Himuro en tête. Voici qu'ils gloussaient à présent comme des mouettes, sans raison. Le blond, qui avait amené une platine, passa derrière pour se mettre à mixer à fond les ballons. De toute façon, ça ne craignait rien, pas vrai ?
Il n'y avait que des petits vieux durs de la feuille dans cet immeuble. Ils ne se rendaient compte de rien quand Aomine faisait trembler les fondations du bâtiment à chaque fois qu'il était en galante compagnie, alors... ce n'était pas un peu de musique électro qui allait leur faire retrouver miraculeusement le sens de l'ouïe que Shaka leur avait ôté ! Quant à Aomine, et bien, le principal obstacle qu'il constituait était sans objet étant donné que le basané travaillait ce soir. Ouip, parfaitement, il était en service ! Nickel chrome ! Quel heureux hasard, quand même !
Enfin, pas si heureux que ça, parce que lorsque Kagami en eut fini avec l'indomptable Alex, il revint en mode furie dans le salon pour les sommer de cesser ce vacarme. Sauf que bien entendu, rien ne se déroula comme prévu. Himuro lui colla une part de gâteau dans le bec et, horrifié, Kagami écarquilla ses yeux ronds comme des billes.
Cet arrière-goût, masqué par le traître chocolat...
Ce fumet caractéristique...
« DU CANNABIS ? Tu as amené du cannabis chez moi ! »
« Sssshhtt ! Pas la peine de crier, Taiga ! Un petit space cake n'a jamais tué personne ! » Se défendit Himuro en ricanant.
Il s'approcha de son frère et lui prit les mains, parlant d'une voix douce pour l'amadouer :
« Ca te rappellera le bon vieux temps ! Toutes ces fêtes étudiantes aux States ! Qu'est-ce qu'on a pu s'amuser à la fac ! »
« …Non, TU t'es amusé, moi, je devais toujours vous surveiller toi et Alex ! »
… et force était de constater que ça n'avait pas changé !
La vie est un éternel recommencement...
… sauf qu'en l'occurrence, maintenant, Himuro et lui étaient des ADULTES ! Fini les confréries estudiantines et les expériences un peu douteuses ! Or, ils étaient à présent d'honnêtes citoyens, avec toutes les responsabilités que cela comportait, la première d'entre elles étant de respecter les lois de ce pays ! La consommation de Marijuana était interdite au Japon (c'était d'ailleurs à se demander comme l'honnête serveur s'en était procuré) et...
…
« Champaaaaaaaaaaagne ! » Chantonna Alex, qui s'était évadée, en petite tenue, de sa prison.
Kagami se précipita vers elle avant qu'elle n'ait eu le temps d'ôter le rester de ses (sous) vêtements.
Une catastrophe.
Un purgatoire.
Cette soirée était une calamité.
Et ce n'était pas fini...
Car, alors que Kagami reconduisait son hôte dans sa chambre pour l'y calfeutrer cette fois...
Un bruit strident siffla dans le salon et malgré la musique, la bande des joyeux drilles capta ce son.
Ca venait de l'entrée.
Naïvement, joyeusement presque, Himuro sautilla jusqu'à la porte et il l'ouvrit.
Un sourire lumineux s'étira sur son visage à la vue du bel homme en uniforme qui se trouvait derrière.
Un policier.
Tiens donc...
« Taigaaaaaaaaaaaa ! Y a le strip teaser que t'as commandé qui est arrivé ! »
WHAT.
THE.
FUCK...?
« Le strip tea... quoi ? Mais j'ai commandé personne, moi ! »
Qu'est-ce que c'était encore que ce bazar ? Non mais sérieusement, c'était à se coller des baffes cette histoire ! Le rouge se dépêcha de retourner auprès de ses invités pour voir de quoi il retournait...
« Super initiative ! Je suis fier de toi, lil' bro ! C'était pile ce qui nous manquait pour faire entrer cette pendaison de crémaillère dans les annales ! »
….
Et dans les ANALS, cette soirée promettait d'y rester...
Parce qu'en identifiant qui se tenait sur le seuil de l'appartement, en tenue de travail, le cœur de Kagami s'arrêta, menaçant de lâcher définitivement.
Aomine... !
Encore une fois, pas de blabla !
J'espère juste que vous avez aimé ! Laissez un petit commentaire svp siouplééééé c'est pour une pauvre fanficteuse dans la dèchhhe et comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos souhaits/désirs/envies/listes de cadeaux de Noël.
Ah si... un truc quand même ! A votre avis, qu'est-il arrivé dans le passé d'Aomine ? Hâte de lire vos théories !
A très vite pour la suite ! (et je plains d'avance Kagami !)
