Jour-bon les filles ! Comment ça va bien ? Attends... elle doit se tromper là... La meuf, elle nous poste un nouveau chapitre de "Voisins", mais même pas "Magical Dick" ? Elle a du confondre, c'est pas possible...

Et bien non ! Je ne vous oublie pas en ce qui concerne mes deux autres fics en cours, (trois même, si on compte "Shadows and Light", qui est en mini-hiatus pour le moment, mais que je n'oublie pas pour autant !) mais là, j'étais inspirée pour la fic "Voisins". Que voulez-vous, on ne contrôle pas notre muse ! (pas le groupe de rock hein...)

Au passage, j'ai remarqué que certaines d'entre vous étaient choquées par l'attitude d'Aomine et ça risque de ne pas s'arranger tout de suite, mais c'est un mal nécessaire... Je vous demande donc d'être encore un peu patientes sur ce point.

Bref, stop le blablabla, je vous laisse avec ce chapitre tout beau, tout chaud en espérant qu'il vous plaise.

J'en profite pour vous remercier encore une fois. Je vous envoie plein de petits coeurs dégoulinants de sucre !

Enjoy !


« Bonsoir… »

Ca vous est déjà arrivé de vous retrouver face à la Mort ?

Probablement pas.

Mais en revanche, vous avez sûrement déjà du entendre que lorsque cette tragédie survient, votre vie se met à défiler en une boucle rapide devant vos yeux impuissants.

Et bien c'était exactement ce qui était en train d'arriver à Kagami.

En effet, sur le pas de sa porte d'entrée se tenait le terrible Aomine Daiki.

Son voisin.

Son presque amant d'un soir.

Et surtout, son ennemi juré.

Le brun arborait d'ailleurs une attelle à la main, désagréable relique de sa nuit passé attaché dans l'ascenseur. C'était quasiment une cicatrice de bataille, preuve de l'affrontement qui les avait opposés et que le roux avait gagné, in extremis. Cependant, Kagami savait qu'il n'avait pas remporté la guerre.

Et Aomine en avait bien conscience également…

Comme le prouva son sourire suffisant, dès lors que Kagami pénétra dans le couloir de l'entrée.

Submergé par l'effroi autant que par la surprise, l'Américain restait bouche bée. Les mots ne voulaient pas sortir. Il était comme pétrifié. Et quand bien même sa bouche accepterait de fonctionner, il ne saurait que dire.

Alors… tout était vrai, n'est-ce pas ? Le rêve… chez Kise et… Kise ... il avait sûrement du lui confier à un moment ou à un autre que son cher ami au teint mat était policier… Quand exactement ? Kagami n'en avait aucun souvenir précis, mais une chose était certaine : son cerveau noyé dans l'alcool avait inconsciemment assimilé ce fait.

And here he is… (Oui, Kagami parle en anglais dans sa tête, comme Jean-Claude Vandamme…)

L'officier Aomine Daiki, chez lui, en uniforme, plus sexy et dangereux que jamais. Exactement comme dans son cauchemar, sauf que là, c'était bien réel… et… la paire de menottes ainsi que la matraque accrochées à la ceinture du brun commençaient à lui donner des sueurs froides…

Il n'allait pas se réveiller cette fois.

Parce que c'était la réalité.

Froide et cruelle…

Dure.

Implacable.

Tout à coup, un sursaut ! Kagami sentit comme un coup de fouet qui électrisa ses reins, lui donnant l'impulsion de se jeter vers l'avant. Droit sur l'assaillant. Dans l'espoir de lui claquer la porte à la figure, l'expulsant ainsi pour de bon de son appartement.

Il n'était pas encore trop tard !

Hélas, cette réaction guidée par l'instinct de survie se solda par un échec, car déjà, Himuro venait de commettre une erreur fatale…

« Mais entrez donc je vous en priiiiiiiie ! »

Et là, ce fut un authentique film d'épouvante qui se projeta dans le crâne du roux.

Aomine était comme les vampires : il ne pouvait pas entrer sans invitation préalable (ou sans mandat d'arrêt, en l'occurrence), mais Himuro venait justement de l'y convier ! Et maintenant, le policier allait tranquillement pouvoir leur déchiqueter la gorge et se repaître de leur sang encore chaud…

Oh oui…

A son regard sournois, Kagami devina qu'Aomine comptait s'accrocher à une veine pulsante et ne plus la lâcher… jusqu'à ce que le rouge se soumette entièrement…

Il n'y avait plus d'échappatoire. Plus rien, ni personne ne pourrait l'arrêter…

Car le super prédateur venait de pénétrer dans le sanctuaire…

Ils avaient laissé filer leur unique chance de s'en sortir sans blessure… alors maintenant, ils allaient devoir combattre…

Sans concession.

« Officier Aomine Daiki, on nous a signalé une plainte pour tapage nocturne. »

Hein ? Pardon ? Plaît-il ? Non mais n'importe quoi ! Qui aurait pu faire une telle chose ? Un voisin mal intentionné, peut-être ? Impossible ! Tous les habitants de l'immeuble étaient sourds comme des pots sans compter que Kagami entretenait d'excellentes relations avec chacun d'entre eux. (excepté avec l'autre énergumène…) Dans ce cas, qui aurait pu le dénoncer à la police… ? Objectivement, la seule et unique personne qui en aurait été capable (c'est-à-dire Aomine en personne) n'était pas physiquement présente sur les lieux, puisqu'il était censé être en service ce soir…

En service ?

C'était pourtant ce que lui avait affirmé Kise… Aomine n'avait donc pas pu être incommodé par la musique diffusée pendant la pendaison de crémaillère, s'il était absent…

A moins que…

Ohhhh mais le métier du brun s'expliquait, maintenant ! Voici donc ce que le blond avait voulu dire en employant le terme « en service » ! Ben oui, ce sont les policiers qui sont en service normalement ! Alalala… il n'y avait vraiment que Kagami pour ne pas avoir immédiatement compris l'allusion.

Mais alors, justement, puisque la seule personne dotée d'une ouïe intacte (en dehors de lui) était de service, à l'extérieur ce soir, comment se faisait-il que cette même personne ait eu vent d'une plainte concernant leur petite fête… ?

… Petite fête bien sage jusqu'ici, d'ailleurs. Et petite fête dont le volume sonore bien raisonnable n'avait augmenté que suite au passage aux platines de Kise. Passage intervenu il y a moins de dix minutes…

Et même pour Kagami, dont le quotient intellectuel plafonnait à deux chiffres, l'équation était aisée à résoudre…

Ce qui ne pouvait donc logiquement vouloir dire qu'une seule chose : Aomine était derrière le faux signalement et ce, depuis le début. Jamais il n'était parti bosser ce soir, contrairement à ce qu'il avait dit à Kise… ce qui expliquait sa présence aussi rapide sur les lieux. A moins qu'il ne maîtrise l'art de la téléportation, mais ça, Kagami en doutait vachement quand même… Et puis, cela expliquerait également la soit disant « plainte » d'un mystérieux voisin (dont l'identité demeurait secrète, évidemment !), qui n'était autre que lui en vérité…

Comme tout ceci était bien arrangeant…

Kise avait du annoncer à Aomine (fortuitement ou non) qu'il se rendait à la pendaison de crémaillère de Kagami et le brun avait fait croire en retour au D.J. qu'il travaillait ce soir… Ainsi, le tigre et ses invités ne se méfieraient pas et il en profiterait pour leur tomber sur le poil.

Dans tous les sens du terme.

Le plan parfait, en somme.

Sauf que malheureusement pour Aomine, il avait sous-estimé un paramètre essentiel…

La présence à cet endroit d'Himuro Tatsuya. Et du combo explosif space cake/alcool…

« Oh vraiment ? Mais il ne faut pas nous en vouloir, Monsieur l'Agent ! Voyez-vous, c'est son anniversaire... » Intervint-il justement, en passant un bras autour du cou de Kagami.

En effet, lorsque le jeune homme au grain de beauté était b(o)eurré, il devenait particulièrement incisif et intenable… mais s'il espérait amadouer Aomine en mentant aussi éhontément, il allait très vite être déçu...

Ou pas.

« N'importe quoi c'est pas mon anni... »

« Waaaoouuh c'est la première fois que je vois un costume de flic aussi bien fait ! C'est carrément du travail de pro, on dirait un vrai ! » Le coupa le turbulent brun au grain de beauté.

Et non content d'observer ledit uniforme (et par extension, l'homme qui se trouvait dedans), Himuro ne put s'empêcher de toucher également... Et pas uniquement pour déterminer la matière de la chemise portée par Aomine (coton ou nylon ?), si vous voyez ce que je veux dire… Parce qu'il ne se priva pas pour tâter les muscles du représentant de la loi… Et plutôt généreusement, pour être honnête. Un peu comme s'il se trouvait au rayon fruits et légumes d'un super marché et qu'il hésitait entre deux tomates…

« Tatsuya ! Stop this at once ! » Ordonna Kagami, effrayé, mais lucide.

Sauf que le Tatsuya en question, il ne comptait pas s'arrêter.

Nope… !

« N'empêche, vous tombez bien Monsieur l'Agent… Taiga a été très, très vilain, vous savez… c'est lui le responsable de tout ce bruit ! »

« QUOI ? » S'étouffa le rouge.

« Oh vraiment, Birthday Boy ? » Ricana sadiquement Aomine.

Kagami sentit son sang se glacer dans ses veines. C'était très mauvais signe... Aomine n'attendait que ça ! Une occasion de lui tomber dessus, comme la misère sur le monde !

« Oui ! Je pense que vous devriez l'embarquer ! »

Argh ! Mais… mais… mais… !

« En plus, il se drogue, regardez ! » Fit-il en exhibant une part du fameux gâteau-au-chocolat-pas-pour-les-enfants.

*Facepalm*

OH.

FUCK.

ME.

I'M.

OUT.

OF.

THIS.

SHIT !

Cette fois, la vie de Kaga eut le temps de défiler en faisant trois fois le tour de son slip, sans toucher l'élastique.

Il était foutu.

Là, c'était la prison diiiirect, sans passer par la case départ et sans toucher 20.000 yens ! Aomine n'allait certainement pas laisser passer l'opportunité de se venger de lui…

« Et bien je crois qu'il va devoir me suivre au poste, n'est-ce pas, Taiga ? »

Cet enfoiré…

Il jubilait…

Ca se voyait dans ses petits yeux vicieux. Inutile de le cacher. D'ailleurs, Aomine n'essaya même pas.

Pour lui, c'était la consécration…

L'apothéose…

Il ne devait pas se louper et savourer la moindre seconde de cet instant anthologique.

Kagami pouvait presque LIRE sur son visage belliqueux « Tu vas prendre cher ».

Et ce n'était pas des menaces en l'air…

Mais bel et bien une promesse.

Et alors que la tension semblait avoir atteint son insoutenable paroxysme, son calvaire s'accéléra. Tout alla très vite. Murasakibara jaillit derrière Kagami avec la furtivité d'un ninja. Ni lui, ni le policier ne virent rien venir. Le géant attrapa sans attendre Kagami par le col de sa chemise et il le traîna de force jusqu'au salon, tandis qu'Himuro, s'esclaffant comme une hyène, poussait gentiment Aomine dans la même pièce.

A moitié avachi sur ses platines, Kise se redressa subitement en reconnaissant son ami basané.

« Aominecchi ? » S'étonna t-il.

Et ben… ce space cake devait être vraiment fort s'il le faisait halluciner à ce point ! Discrètement, Aomine fit signe au blond de se taire et de jouer le jeu. Ce que Kise ne capta qu'à moitié, bien entendu. Mais cela suffit à le faire obtempérer.

Et sans qu'il ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, Kagami se retrouva assis sur une chaise, au milieu du salon, comme livré en pâture aux requins (alcooliques). Il tenta vainement de fuir en se débattant, mais Murasakibara exerçait une pression colossale sur ses épaules pour le maintenir en place.

« Kise, musique ! Mets-nous quelque chose de sensuel… » Demanda Himuro.

Et ce regard-là, Kagami ne le connaissait que trop bien… C'était le même regard que celui qu'Himuro avait lorsqu'ils étaient sortis en boîte... Généralement, le beau serveur l'arborait quand il s'apprêtait à jouer les entremetteurs…

Autant dire que Kagami était dans la MERDE jusqu'aux cou(illes) ! Et il ne voyait absolument pas comment il pourrait s'en sortir…

A moins d'un miracle…

Qu'il tenta vainement de provoquer.

« Vous ne comprenez pas ! C'est… ce flic, c'est mon voisin ! Dis-leur, Kise ! »

Mais avant même que le blondinet n'ait pu répondre, Kuroko dégaina son téléphone pour filmer. Et Himuro reprit la parole, la monopolisant habilement.

« Ohhhh ton voisin le connard ? ^^ Drôle d'idée de choisir un stripper qui lui ressemble ! Mais bon, chacun ses fantasmes, je ne juge pas hein ! Je savais bien que ça te faisait de l'effet quand tu l'entendais baiser de l'autre côté de ta chambre ! Ahahaha ! Petit coquin, va ! Tu caches bien ton jeu ! »

Putain… ça le faisait marrer l'abruti !

Mais Kagami, lui, n'était pas à la fête... Non, c'était plutôt la descente aux enfers pour lui…

Une agonie lente et douloureuse…

« Le 'connard', voyez-vous cela… » Répéta Aomine avec son sourire carnassier.

Et comme apparemment Himuro n'était pas le seul à trouver la situation hilarante, tous se mirent à glousser, y compris le satané poulet !

« Musique, Kise ! » Lança de nouveau Aomine, cette fois.

Le blond ne se fit pas prier pour balancer une chanson au rythme approprié.

Alejandro de Lady Gaga.

Et Aomine avança alors lentement vers sa proie…

« Hmm… Tapage nocturne… possession et consommation illicite de drogue… outrage à agent… ça va te coûter cher tout ça, Tai… »

« … C'est pas l'agent que j'ai traité de connard, mais le voisin, nuance… donc tu peux pas me coller d'amende pour ça… » Répliqua Kagami en fronçant des sourcils.

Sa voix et l'expression de son visage se firent plus agressives, comme pour dissuader Aomine de poursuivre cette petite mascarade. C'était sans compter sur le fait que la panthère comptait bien s'amuser de la situation… et la retourner à son avantage.

Finalement, que tous ici le prennent pour un chippendale lui laissait une marge de manœuvre non négligeable. Considérable, même. S'il parvenait à utiliser la crédulité des spectateurs à bonne escient, Aomine était persuadé qu'il pourrait se permettre bien des choses…

La naïveté d'Himuro était vraiment du pain béni pour l'officier… et avec un tel allié involontaire dans la poche, Aomine était sûr de réussir à humilier Kagami…

« Vous allez lui mettre une amende, Monsieur l'Agent ? »

Non mais là... Himuro était dans un tel état qu'il avait l'air d'avoir fumé la moquette ET les cendres qui allaient avec !

« Oh oui… une GROSSE amende… » Confirma Aomine.

Et la façon dont il insista sur le mot « grosse », fit paniquer intérieurement Kagami. Mais… il avait tort, pas vrai ? Jamais Himuro et les autres ne laisseraient Aomine lui faire de mal…

… N'est-ce pas ?

Paraissant transfiguré par le rythme de la musique, Aomine entama une danse lascive. Il se prenant vraiment au jeu du strip teaser, pour le plus grand bonheur des invités présents… Et de Kagami aussi, même s'il préfèrerait sans doute s'étouffer avec une vieille chaussette sale plutôt que de l'avouer. Himuro siffla comme une groupie pour encourager l'autre brun à se foutre à poil.

La panthère entreprit donc de se déhancher suavement. Sûr de son charme, Aomine commença par se saisir de sa paire de menottes et histoire de prendre le relais de Murasakibara, il les passa à Kagami. Bras dans le dos, le rouge se retrouva à la merci d'Aomine, attaché à la chaise. Les menottes étaient serrées… sans doute un rappel amical des événements de l'avant-veille… lorsqu'Aomine s'était également retrouvé piégé dans l'ascenseur.

Cette inversion des rôles fut accueillie avec réticences par le rouge, qui se débattit encore plus quand Murasakibara s'éloigna retrouver son bien-aimé. Bien-aimé qui semblait être entré dans une sorte de transe digne d'une fangirl surprenant son bishonen préféré dans une publicité pour du gel douche…

« Quel dommage qu'Alex soit en train de rater ça… Je suis sûr qu'elle aurait A-D-O-R-E ! »

« Ne t'en fais pas, Himuro-san, je suis en train de tout filmer avec mon téléphone. Comme ça, on pourra lui montrer quand elle sera réveillée. »

Ah super... Kuroko pensait vraiment à tout...

C'était rassurant, quelque part.

Ou pas.

Mais en tous cas, personne ici ne semblait en état d'aider Kagami. Ni le vouloir sincèrement. Ils étaient tous persuadés qu'Aomine était un chippendale et que son apparition avait pour but de fêter la pendaison de crémaillère... Dans un ultime sursaut désespéré, Kagami essaya d'attirer l'attention de Kise, mais... Aomine le bâillonna avec sa cravate.

« Hmmm ! Hmmmm gnnnhhh ! »

« Désolé, je ne comprends pas. Parle plus fort ! » Se moqua t-il en tendant exagérément l'oreille vers sa victime.

Ah le salopard ! Il la savourait bien sa revanche ! Kagami n'avait aucune idée d'à quelle sauce il allait être mangé... et c'était ce qui le perturbait sans doute le plus. Aomine était proche, si proche que Kagami pouvait sentir la chaleur qui émanait de son corps athlétique. Des effluves de son déodorant mêlées à de la sueur masculine vinrent chatouiller les narine du tigre, dont tous les sens semblaient alertes.

« Shhh... » Fit-il en posant son index sur le nez de Kagami. « A mon tour de m'amuser... »

Il se baissa un peu et appuya une main sur le genou gauche de Kagami, pendant qu'il s'effeuillait lentement avec l'autre. Habilement, il déboutonna sa chemise, laissant tout juste entre-apercevoir les lignes bien dessinées de son torse. Et comme si cette vision du Paradis, aussi fugace soit-elle, ne suffisait pas, Aomine continuait à secouer ses fesses... Fesses, parfaitement mises en valeur dans son pantalon noir d'officier, il fallait bien le noter.

Car rendons à César ce qui était à César, Aomine avait certainement raté sa véritable vocation, tant son corps n'était que souplesse et lubricité. La vue de ces deux monts interdits qui se dandinaient devant lui, donnait envie à Kagami de se plonger dedans. Et ses résistances commençaient à sérieusement montrer des signes de faiblesse. Il était hypnotisé, incapable de détacher les yeux d'Aomine, qui le comprit bien. Son sourire malfaisant s'étira sur son visage en constatant que Kagami ne lui était pas indifférent.

Ah ! Il faisait moins le fier là... Le tigre s'était fait dompter. Il ne pouvait pas fuir et son calvaire ne faisait que commencer. Aomine avait son sort entre les mains et c'était une sensation grisante. Kagami n'avait d'autre choix que de subir, subir et subir encore.

Brusquement, le policier pivota d'un coup sec et cuisses écartées, il se retrouve assis sur Kagami. Collant son dos au torse fort du prisonnier, il ondula sensuellement pour que Kagami le sente bien et ses mains glissèrent sous sa chemise pour se caresser. La tête d'Aomine bascula sur une des épaules de Kagami et il se mit à haleter et à gémir, lorsque ses ongles courts égratignèrent malencontreusement une perle de chair située sur leur chemin.

Ajoutez à cette danse païenne le fait qu'il ne cessait de frotter sa chute de reins contre une certaine partie de l'anatomie de son tigre et vous comprendrez aisément qu'il était de plus en plus difficile pour Kagami de garder la tête froide. La façon dont Aomine insistait sur son entrejambe, comme pour la faire reluire ou y aller un feu, avait de quoi rendre fou plus d'un homme. Même hétérosexuel. Le brun savait exactement OU et COMMENT appuyer pour que ça fasse mal...

Mal, oui...

C'était outrageusement mal...

Le tigre haletait à présent, son souffle se perdant dans celui d'Aomine, qui en était vraisemblablement au même stade de perdition...

Le bâtard.

Il kiffait ça !

Il prenait son pied, là !

Non seulement parce qu'il dominait totalement le pauvre Kagami, mais en plus, il avait la chance d'avoir un public totalement acquis à sa cause. Il n'y avait qu'à voir la manière dont Himuro sifflait et sautillait, tel une pucelle lors de son premier gang-bang, pour intégrer ce fait.

Kagami était sur le point de craquer...

Il le savait bien.

Son pantalon allait exploser si Aomine poursuivait cette friction aussi délicieuse que scandaleuse contre cette partie sensible de son corps.

« Tai... Taiga... » Murmura la voix rauque de désir du brun.

Droit dans son oreille.

Droit vers son cerveau.

Droit jusqu'à sa...

Kagami ferma les yeux et se rappela les préceptes du Yogi Alex. « Ne pas céder à la tentation » « L'Esprit domine le Corps »... et toutes les conneries du genre, dont aucune ne fut d'un grand secours.

Toujours attachées dans son dos, ses mains se crispaient.

« Ah... Taiga... j'ai envie que tu me touches... »

TETE DE CUL ! CE SERAIT PEUT-ETRE PLUS FACILE SI TU M'AVAIS PAS ATTACHE !

« Je suis si chaud et dur... je n'attends que toi, Cheveux de Feu. »

Ok, là, Kagami venait de définitivement perdre la tête. Et pour lui mettre le coup de grâce, Aomine jeta sa chemise par terre. Il était comme un matador prêt à achever le taureau déjà bien affaibli par ses soins...

« J'ai envie de te sentir en moi... »

Le cœur du roux battait si fort qu'il allait finir par faire un trou dans sa poitrine. Et peut-être même transpercer la colonne vertébrale d'Aomine, par la même occasion.

« Et toi aussi, apparemment t'en as envie... »

Ca, c'était le moins que l'on puisse dire... Les fesses d'Aomine zoukaient avec le bassin de Kagami depuis bien trop longtemps déjà... Impossible de rester insensible et la réceptivité du rouge était de plus en plus flagrante. Heureusement, le brun la dissimulait stratégiquement aux yeux non-avertis (la blague...) de ses invités. Mordillant la jugulaire de Kagami et gémissant obscènement à ses oreilles, Aomine explorait toujours son propre torse avec beaucoup de... heu...

« Le pantalon ! Le pantalon ! » Clamait Himuro, toujours aussi déluré.

Et bien décidé à satisfaire son public en délire, Aomine n'eut pas à se faire prier longtemps. Kagami sentit la chaleur réconfortante le quitter. Mais il était trop tôt pour se réjouir ou se sentir soulagé et Kagami savait qu'il ne devait pas baisser sa garde...

… Ce qui se confirma lorsqu'Aomine s'avança docilement vers Himuro pour que ce dernier l'aide à se débarrasser de son pantalon. Ce qu'il fut ravi de faire... un peu trop d'ailleurs même, du goût de Murasakibara... qui ne l'empêcha pourtant pas d'agir...

… Mais après avoir débouclé la ceinture de l'agent dans le but de le dénuder, Himuro ne s'arrêta pas là. Il agita une belle liasse de billets devant Aomine, comme s'il s'agissait d'un éventail. Son regard s'ancra dans celui du flic et il ne le lâcha pas, chargé de sous-entendus.

Impuissants et médusés, les autres garçons présents, ne purent que frissonner lorsqu'Himuro fourra sa main dans le boxer d'Aomine, pour y glisser les billets...

« C'est pour payer l'amende... »

Himuro le dévorait des yeux de manière totalement indécente. Mais l'alcool devait y être pour beaucoup, même si le serveur était connu pour son tempérament flirteur.

En revanche, ce qui était bien moins habituel et que Kagami ne constatait que maintenant qu'Aomine s'était levé en lui tournant le dos...

… C'était l'immense tatouage qui ornait ledit dos du policier. Coloré, rouge... noir... avec un peu de jaune aussi... il représentait un démon effrayant. Un oni, comme certains acteurs de Kabuki portent en guise de masque. Cornes, yeux luisants, air agressif... Comment Kagami ne l'avait-il pas remarqué avant ? Derrière l'intrigante figure se trouvait une sorte de branche d'arbre en fleur. Peut-être un cerisier ?

Ce tatouage... semblait presque vivant et il mettait Kagami étrangement mal à l'aise... C'était une sensation inexplicable, viscérale, qui vous prend aux tripes et s'insinue dans vos veines. Le démon au regard perçant paraissait sonder l'âme de celui qui le fixait. Qu'est-ce que ce dessin voulait dire ? Pourquoi Aomine l'avait-il choisi ? Ca y est... Kagami n'arrivait plus à penser qu'à cela... L'aura de mystère entourant son voisin venait de prendre +30 en épaisseur.

Et justement, voici que son voisin revenait à la charge. Il s'approcha de Kagami en roulant des hanches et il reprit place sur ses genoux, de face cette fois. Enlaçant le roux, Aomine croqua doucement son menton et une de ses mains glissa le long du torse encore couvert de Kagami. Cette main termina sa course sur le jean de Kagami et force était de constater que malgré le choc engendré par le tatouage d'Aomine, la bosse présente ici n'avait pas dégonflé d'un iota.

Pour le plus grand bonheur d'Aomine qui chercha à mettre sa main au chaud, dans le but à peine voilé de faire plus ample connaissance avec le serpent qui s'y cachait. Le tout, toujours devant les amis de Kagami. Heureusement, le brun était tellement affalé contre son homologue, qu'il leur bloquait toujours la vue. Mais le couinement étouffé que poussa Kagami lorsqu'Aomine referma les doigts sur sa virilité, s'emparant d'elle sans remord, aurait du leur mettre la puce à l'oreille.

L'objectif d'Aomine était clair...

Humilier Kagami ne lui suffisait plus.

Il allait le détruire, le faire exploser comme une bombe à retardement.

Et le hasard faisait admirablement bien les choses, puisqu'il venait de trouver le détonateur. A moins que ce ne soit un bâton de dynamite qu'il sentait dans sa main... Ca en avait la forme, en tous cas...

Le massage érotique prodigué manuellement par Aomine faisait perdre la tête à Kagami. Pas de doute, il l'avait bien senti la dernière fois et cela se confirmait : le brun savait bien s'y prendre. Un peu trop bien, même... Il n'y avait eu aucune tromperie sur la marchandise et les encouragements d'un Himuro survolté galvanisaient Aomine. Quelle meilleure vengeance que celle qui crucifie votre adversaire sur place et se déguste devant ses amis les plus intimes ?

Isoler pour mieux régner, tel était le crédo d'Aomine Daiki.

Son poignet se mit en mouvement pour stimuler sa proie et Kagami se sentait partir... Pas question cependant de lâcher prise... ! Pas question de se soumettre à cette crapule... ! Il devait faire quelque chose ! Mais quoi ? Il ne pouvait pas crier, pas parler, pas bouger... il était entièrement à la merci de son terrible prédateur aux yeux de fou.

La situation initiale avait complètement dégénéré...

Il ne voulait pas... que les autres le voient comme ça... Il avait honte du feu qu'Aomine avait allumé au creux de ses reins...

« Si tu crois que la présence de tes petits copains va m'empêcher de me venger... tu te fourres le doigt dans le cul jusqu'au cerveau... » Prévint Aomine.

D'accord, là c'était clair. Pas de pitié.

Très bien... mais que comptait-il faire, exactement ? Le masturber à l'aveugle comme ça jusqu'à ce qu'il ruine son pantalon ? Le laisser sur sa faim au dernier moment ? Sans doute... quoique commençant à connaître un peu le personnage, Kagami se doutait qu'il était capable de bien pire encore. Une telle solution semblait même bien trop douce... Et Kagami ne se sentait vraiment pas rassuré de savoir Aomine faisant joujou (aussi agréable cela soit-il pour le moment...) avec la partie la plus vulnérable de son anatomie...

Oh non.

Aomine n'allait définitivement pas se contenter de le laisser sur la béquille, comme lui l'avait fait dans l'ascenseur...

Trop facile.

Pas assez blessant...

Et soudainement... le corps du rouge se mit en pilote automatique.

Une pulsion.

Une simple pulsion salvatrice.

Et le sommet de son crâne vint violemment heurter le visage de la sangsue qui s'était justement mise à lui téter la nuque.

COUP DE BOULE !

Le tigre venait de coller un coup de boule au stripper improvisé, ce qui suscita étonnement et incompréhension chez les garçons. Kise en arrêta même la musique. Himuro se mit une main devant la bouche. Murasakibara fit de même (mais pour bâiller, lui...). Quant à Kuroko, rien ne semblait de nature à pouvoir le perturber. Bon, il s'arrêta quand même de filmer, hein. Un peu à contrecoeur, pour être exact. Mais bon, c'est l'intention qui compte, paraît-il...

Mais brusquement, Aomine se mit à saigner. Du bout de sa langue, le brun goûta son propre sang. Et cette saveur cuivrée décupla ses sens. Le voyant tamponner du dos de sa main la chair meurtrie, ce fut l'électrochoc pour tout le monde et pas seulement pour lui.

Comment Kagami avait-il osé ?

Mais surtout qu'allait-il se passer maintenant ?

Aomine n'allait certainement pas laisser passer une telle tentative de mutinerie. Allait-il répliquer en utilisant sa matraque ou avec du gaz lacrymogène pour mater le rebelle ? Nul doute que si le brun avait amené son bouclier anti-émeute, il chargé Kagami avec. Parce que son regard venait de s'assombrir dangereusement.

Se redressant en constatant qu'il saignait, Aomine renifla sèchement.

Personne n'osa prononcer le moindre mot quand il attrapa sa chemise et qu'il commença à se rhabiller. Une fois ses vêtements remis en place et bien ajustés, le flic revint près de Kagami et il appuya brutalement sa main contre le front du roux. Aomine le fixait d'un air menaçant, qui n'inspirait rien de bon et lorsque le talon de la chaussure du flic entra en contact avec son entrejambe enflée, écrasant ce qui s'y trouvait, Kagami ne put contenir un grognement de douleur. Heureusement, la torture ne dura pas, comme Aomine défaisait sa cravate qui faisait office de bâillon improvisé. Il s'empressa alors de la nouer autour de son cou et sa main caressa distraitement la tempe du rouge.

Tendrement, presque.

Ce qui rendit la situation encore plus... glauque et explosive...

La tension qui régnait dans la pièce était palpable et personne ne bougea. Même quelque chose de naturel et inné comme respirer semblait être devenu difficile. Tous retenaient leur souffle et chacun cherchait à se fondre dans le décor pour sauver sa peau et éviter d'être repéré par le fauve affamé.

Mais le fauve en question n'avait d'yeux que pour Kagami...

Et soudainement, c'était comme si la gravité de la situation leur sautait au visage...

La réalité se rappelait à eux de la pire des façons.

« Aominecchi ! » S'écria Kise, qui recouvrait peu à peu ses esprits.

Mais les mots glissaient sur Aomine, sans l'atteindre.

Par chance, c'est à ce moment que son talkie-walkie, restée dans la poche avant de sa chemise, se mit à fonctionner.

« Appel à toutes les unités... Je répète, appel à toutes les unités... Nous avons un Code Rouge à Shinjuku. Toutes les unités qui se trouvent dans le secteur doivent s'y rendre immédiatement... Deux hommes armés... prise d'otage en cours... Terminé. »

Il y avait de la friture sur la ligne et l'appareil grésillait, mais malgré la mauvaise réception, Aomine attrapa son talkie et il répondit à son collègue.

« Ici Irezumi... Je me trouve dans le quartier de Shinjuku. Attends les coordonnées de l'attaque. Terminé A vous. »

Irezumi... ? Ce nom était... familier...

« Bien reçu, Irezumi. T'envoie les coordonnées sur ton GPS. Tanaka et son équipe sont déjà sur les lieux. Je préviens Imayoshi. Terminé. »

Calmement, Aomine rangea l'appareil et il se tourna vers Kagami.

« Désolé, je dois y aller... J'aurai bien aimé continuer à m'amuser toi, mais le devoir m'appelle... On se reverra, Cheveux de Feu... »

C'est alors que le jeune homme se pencha et déposa un baiser sur le front de Kagami, avant de quitter l'appartement sans se retourner. Le rouge ne put retenir ses tremblements de terreur plus longtemps. Toute cette situation l'avait affecté bien plus qu'il ne désirait le reconnaître et ses amis sortirent tous de leur torpeur en même temps. Le charme était rompu. Kise et Kuroko se précipitèrent vers Kagami pour le libérer mais... non seulement ce dernier était toujours menotté solidement à la chaise, mais en plus, celui qui possédait les clés venait de sortir comme un prince...

« Putain... détachez-moi ! » S'impatienta Kagami, qui ne sentait plus ses poignets tant la prise était serré.

« Merde... il faudrait une scie à métaux... » Murmura Kise.

Kuroko avait beau tirer de toutes ses forces, rien à faire. Le blond avait sans doute raison, mais malheureusement pour Kagami, il ne se baladait pas avec un tel ustensile sur lui. A moins de posséder un magasin de bricolage ou de s'appeler Christian Grey, il n'y avait aucune chance pour qu'un tel outil se trouve dans ses affaires...

« Bon sang... qu... qu'est-ce qui vient de se passer là ? » Demanda faiblement Himuro.

Apparemment, il venait de réaliser l'étendue de son erreur. Après tout, c'était LUI qui avait permis au grand méchant loup de pénétrer dans la bergerie... Tout était donc de sa faute... et il s'en voulait...

Terriblement.

« Taiga... tu saignes ! » Paniqua le brun.

« C'est pas mon sang... » Frissonna Kagami.

Effectivement, il s'agissait en réalité d'un petit cadeau d'adieu laissé par Aomine. Comme il était attentionné !

… Oui, non, pas vraiment..

Cela ne faisait qu'ajouter au côté... morbide de la situation. Situation qui venait de les rattraper et de les heurter en les faisant sortir de leur zone de confort. En quelques secondes, tout avait basculé et à présent, ils payaient le prix de leur insouciance.

La fête était terminée pour de bon cette fois...

Garde la tête froide et son calme en toutes circonstances était l'une des qualités essentielles des pompiers. Mais là, même pour Kagami, c'était trop...C'était comme si... Aomine... ou le démon dessiné dans son dos... venait de lui dévorer l'âme...

Son regard...

Jamais il ne pourrait l'oublier... L'air était subitement devenu glacial et les pupilles sombres du brun avaient cessé de briller. A l'intérieur, Kagami avait vu... non, plus « reconnu » la Mort... A cause de son métier, Kagami était amené à la côtoyer de près et il avait appris à s'en méfier. Alors il était catégorique sur cette sensation qui lui vrillait le cœur...

Pas de doute...

Le contrecoup retombait, tel un couperet acéré et Kagami réalisait... combien il l'avait échappé belle. Combien il avait frôlé des représailles sur le point de dégénérer, avec à la clé, une issue létale...

Peut-être que... les autres n'avaient rien senti... rien remarqué... Ou peut-être que si...

« Je suis désolé Taicchi... » S'excusa Kise, en épongeant le front du tigre avec une serviette en papier.

Kagami ne faisait pas le fier. Il se sentait souillé... et étrangement... mal...

Il y avait quelque chose de profondément morbide qui se dégageait d'Aomine...

Mais tout était allé si vite, comment être sûr ? Et plus important encore, il devait préserver ses amis. Pas la peine de les affoler.

« Je... je crois que nous avons une tenaille... ou quelque chose à la maison... Pas vrai, Atsushi ? Tu te souviens de la fuite d'eau le mois dernier... nous avons du démonter le siphon et... »

La voix chevrotante et aussi mal assuré qu'un poulet en promenade dans un KFC d'Himuro en disait long sur son état nerveux. Le frère de Taiga devait culpabiliser, comme le craignait ledit frère...

« On n'a qu'à aller chercher la boîte à outils et la ramener ici. » Proposa posément le géant.

« Oui, on trouvera bien quelque chose pour... dépanner... » Articula t-il difficilement.

Aïe... Himuro était en train de se laisser submerger par ses émotions... Mais heureusement pour eux, il se produisit un fait aussi inattendu que salvateur.

Par on ne sait quel miracle (merci l'auteure !) Alex parvint à sortir de sa chambre en s'étirant. Elle tira un peu sur l'élastique de sa culotte pour bien la remettre en place et elle bâilla doucement. Kagami était pourtant sûr de l'avoir enfermée dans la chambre, comment avait-elle fait pour sortir ?

« Bah alors, vous êtes pas contents de me voir de retour ? Vous en faites tous des têtes d'enterrement ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Elle paraissait surprise et personne ne pouvait lui en vouloir, étant donné qu'elle avait été préservée de la scène surréaliste qui s'était déroulée ici il y a quelques minutes...

« Hé ho ? Quelqu'un est mort ? Je le connaissais ? »

Pas de réponse.

Bon... dans ce cas...

« Hmm... ? Taiga ? Pourquoi tu es menotté à cette chaise ? Gnaaa, je vous laisse seuls cinq minutes sans surveillance et vous faites n'importe quoi sans moi ! C'est pas juste ! »

« Ahaha tu vas rire mais... en fait il s'agit d'une blague qui est partie un peu plus loin que prévu et... disons qu'on a égaré la clé... C'est ballot hein ? » Mentit Kagami.

Histoire de détendre un peu l'ambiance. Parce que là... c'était limite s'ils n'allaient pas tous fondre en larmes d'un seul coup ! Et ils n'avaient vraiment pas besoin de ça, après ce qu'ils venaient de vivre. L'ambiance était encore lourde... chargée de tension... et Kagami tenait à épargner sa professeur. Mais cette dernière avait de la ressource. Une fois de plus, elle démontra pourquoi c'était elle le maître, la femme d'expérience. Se baissant bien face aux menottes de Kagami, elle les étudia rapidement, puis, remontant ses lunettes sur son nez, elle demanda à Kuroko d'aller lui chercher une fourchette.

Avec une minutie digne d'une cambrioleuse, Alex trafiqua l'un des bracelet et celui-ci céda rapidement, avec une facilité déconcertante, même !

« Et voilà ! Un vrai jeu d'enfant ! » Triompha la sublime blonde.

Les cinq garçons n'en croyaient pas leurs yeux. Libre ! Enfin libre ! Kagami n'attendit pas pour masser ses poignets endoloris.

« Merci Alex ! Mais heu... comment t'as fait ? »

« Alalala ! Crois-moi Taiga, tu n'as pas envie de savoir ! Mais disons que... quand on s'est retrouvé attaché aussi souvent que moi, on est bien obligé d'apprendre deux ou trois astuces pour se libérer soi-même ! Et si par malheur on n'a pas les clés sous la main, dans ce cas rien ne vaut le bon vieux système D ! » Ricana t-elle en pinçant affectueusement la joue de son disciple.

Hmm... tout compte fait, Alex avait raison. Présenté comme ça, Kagami n'avait vraiment pas envie de savoir...

Parce que... en récapitulant, il en arrivait à la conclusion qu'Alex avait l'habitude de se faire menotter... Alors plutôt « jeux pervers » ou « arrestations musclées » ? Sans aucun doute possible les deux, voire même les deux à la fois... Et rien que de l'imaginer, c'était le summum du traumatisme... surpassant même la scène causée précédemment par le connard de service. Aomine pouvait aller se rhabiller ! Ah ben ça tombait bien, puisque c'était précisément ce qu'il avait fait !

Enfin, en tous cas, c'était la preuve qu'il y a toujours une solution à chaque problème ! D'autant plus quand on a la chance d'avoir une Alex dans sa vie !

« Alors qu'est-ce que j'ai raté ? »

Hmm... là, ça devenait coton (comme sa culotte à rayures)... Comment expliquer ? Un volontaire ? Apparemment, non...

« Hey ! Pourquoi vous tirez tous des tronches de vingt kilomètres tout à coup ? »

Mais Alex méritait bien quelques explications...

« C'est... à cause de moi... Taiga... il... je croyais que ce flic était... Mais en fait... non... »

« Tatsuya ? Qu'est-ce que tu racontes ? J'ai rien compris ! »

Et en voyant les yeux de son frère s'emplir silencieusement de larmes, Kagami comprit qu'Himuro se sentait étouffé par le poids de ses mauvais choix et il ne pouvait pas le laisser porter ce fardeau. Ce serait injuste ! Il devait faire quelque chose, VITE ! Alors courageusement, il intervint, improvisant une explication hasardeuse :

« Non mais c'est très simple, Alex... En fait, c'est moi qui ai engagé ce type pour jouer au strip teaser... Sauf que, comme c'était sensé être une surprise, je n'avais prévenu personne ! Alors quand il a débarqué... c'est parti un peu en live, tu vois ce que je veux dire ? Je lui avais demandé d'être le plus crédible possible et tout le monde est tombé dans le panneau, ahaha ! Tatsuya si tu voyais ta tête ! Et toi aussi, Kuroko ! Je vous ai bien eus ! »

Pour bien appuyer ses propos, Kagami partit alors dans un fou rire forcé...

« Attends... c'était... un canular ? »

Kagami jeta un regard vers Kise, pour implorer son aide. Il était effectivement crucial que le blond soutienne sa version des faits.

« Ahaha ! Mais oui ! Taigacchi dit la vérité, en fait, c'est moi qui lui ai présenté ! Comme je travaille dans des clubs et tout ça... j'ai beaucoup de connaissances dans le monde de la nuit ! »

Et voici que les deux comparses se mirent à rire comme des débiles, de manière beaucoup trop exagérée pour être honnête, mais tout le monde n'y vit que du feu... ouf ! Non parce que, personne ne peut rire comme ça dans la vraie vie quoi... même pas le Joker !

« Oh... je vois, tout s'explique ! C'est pour cela que tu l'as appelé par son nom tout à l'heure, n'est-ce pas ? » Se souvint Himuro.

« Oui, voilà ! C'était pour lui faire signe de se calmer un peu... tout le monde commençait à flipper alors bon... je me suis dit que ça allait trop loin. On voulait vous effrayer un peu, bien-sûr, mais c'était juste pour faire le spectacle ! »

« Et... et le sang ? »

« C'est du faux, bien évidemment ! Du jus de tomate concentré ! Un truc vieux comme le monde ! » Sourit exagérément Kagami, en passant un bras autour du cou de Kise pour renforcer leur aspect complice.

« Oh zut ! Dire que j'ai raté ça ! Taiga, tu n'es qu'un vil farceur ! »

« Ne t'en fais pas Alex-chin, c'était nul de toute façon... et en plus, ça faisait même un peu peur... »

« Oui, mais c'était le but, justement ! C'était pour me venger gentiment de votre implication dans ma vie sentimentale ! J'étais très gêné avant-hier en boîte de nuit, lorsque vous cherchiez à tous prix à me caser ! Alors, il fallait que je marque le coup pour vous dissuader de recommencer ! » Rougit Kagami.

C'était tellement gros... jamais ils n'allaient gober ça !

Sauf que... justement, plus c'est gros, plus ça passe, c'est bien connu !

« Je vois... Dans ce cas, c'est de bonne guerre...même s'il est vrai que tu t'es bien moqué de nous, Taiga ! Bon, normalement, j'aurai été en colère mais... quelque part, je suis rassuré aussi. Non parce que tu imagines la boulette, si j'avais glissé ces 10.000 yens dans le slip d'un véritable policier ! La honte ! Et j'aurai carrément pu finir au trou pour un truc pareil ! »

« Je te le confirme ! 'Tentative de corruption sur un agent des forces publiques dans l'exercice de ses fonctions', ça s'appelle ! » Annonça Alex de manière absolument naturelle.

« Heu... comment tu sais ça toi, d'abord ? Nope, nevermind... » Soupira Kagami, fatigué par les frasques de sa prof.

Sans doute y avait-il un rapport avec le fait qu'elle se soit souvent retrouvée menottée...

« Au final, tu nous as donné une bonne leçon quand même... Ne t'en fais pas, le message est bien passé ! On n'essaiera plus de te forcer à te trouver quelqu'un, petit frère ! »

« Ah ben si ça a eu l'effet escompté, j'en suis ravi... Ca valait bien le coup de souffrir un peu. »

« N'empêche, pas cool à lui d'être parti dans te détacher avant... et le faux appel qu'il a reçu était vachement réaliste ! J'ai vraiment cru que ça allait se finir en faits divers tout cette histoire ! Bien joué ! »

« Je savais qu'il fallait que je mette le paquet pour que tu y crois, Tatsuya ! Tu es difficile à tromper, c'est pour ça qu'on a tout organisé, Kise et moi ! Ahaha ! Bien content que ma petite blague ait fonctionné et j'espère que tu ne m'en veux pas trop... »


Après cet incident de parcours, la soirée se termina bien... heureusement ! Mieux qu'elle n'avait commencé, en tous cas... Kagami était rassuré, il préférait voir Himuro faire la fête, plutôt que se morfondre, comme tout à l'heure... Ce n'était vraiment pas de sa faute, il ne pouvait pas savoir qu'Aomine était réellement... brrr... ils n'étaient vraiment pas passés loin de la catastrophe, quand même.

Et à présent, le rouge était certain que son flic voisin ne le lâcherait pas de si tôt. Heureusement, Kagami avait les épaules solides. Il était prêt à accepter et à encaisser sa vengeance, aussi malsaine soit-elle... De toute façon, l'autre était policier, alors ce n'était pas non plus comme s'il pouvait se permettre de faire n'importe quoi... Il y avait des limites à son pouvoir et c'était une garantie suffisante pour Kagami. Quant à Kise et bien... son attitude de ce soir confirmait la bonne impression que Kagami avait eue sur lui. Le blond était une personne fiable, avenante, douce... Le petit-ami idéal... et Kagami ne demandait rien de mieux que pouvoir faire plus amplement connaissance avec lui.

Alex retourna se coucher en premier, puisqu'elle prenait un car très tôt le lendemain pour faire le tour du Japon. Himuro et Murasakibara suivirent rapidement, regagnant leur appartement peu avant deux heures du matin. Kise rentra également chez lui dans ces eaux-là. Quant à Kuroko, il insista pour rester et aider à ranger. De toute façon, étant maître d'école en maternelle, il ne travaillait pas le lendemain. Mais néanmoins et aussi généreuse que soit sa proposition, Kagami se doutait que son attitude cachait quelque chose...

Et cette impression s'avéra juste, lorsque, sac poubelle à la main pour se débarrasser des cadavres de gobelets en plastiques, Kuroko prit la parole.

« C'est quand même étrange... »

« Quoi donc ? » Demanda Kagami, de manière neutre.

« Je repensais à quelque chose... Un détail... »

« Hmm... ? »

« Ce strip teaser... Il avait le même nom de famille que ton voisin... »

Kagami se figea légèrement en entendant cela. Mais il tenta de ne rien en laisser paraître.

« Ah bon, tu crois ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Je n'ai rien remarqué moi... »

« Kise-kun l'a appelé 'Aominecchi' tout à l'heure, je suis catégorique... j'ai parfaitement bien entendu. »

Et Kuroko était le seul au courant, puisqu'il avait aidé Kagami à rédiger une lettre à l'intention de son voisin... Le fantôme n'était pas dupe.

« Vraiment ? J'ai pas fait gaffe... »

« C'est tout de même une drôle de coïncidence. »

Kuroko se redressa pour le fixer de son air inexpressif. Impossible de savoir ce qui passait par sa jolie petite tête... et ça avait le don de mettre Kagami extrêmement mal à l'aise. Peut-être encore plus mal à l'aise qu'Aomine. Parce qu'il avait le sentiment qu'il ne pouvait rien cacher à Kuroko. C'était comme si ses yeux bleus cristallins lisaient en lui.

« J'en sais rien, il ne doit pas être le seul à porter ce nom à Tokyo. Ce type était peut-être un cousin éloigné ou j'sais pas... »

« Hmm... C'est une possibilité, oui. »

« A croire que le destin m'en veut ! Ahaha ! » S'efforça de rire Kagami.

En espérant noyer le poisson.

« Peut-être. »

« En tous cas, merci d'être resté pour m'aider. Fiiiiou... Tu veux dormir ici ou... »

« Non, je te remercie. Je vais plutôt rentrer. Nigou m'attend à la maison. »

Nigou ? Brrr... c'était le sale chien de Kuroko. Une sorte de shiba inu plutôt collant, qui prenait un malin plaisir à courser Kagami dès qu'il le voyait. Kuroko adorait d'ailleurs plaisanter sur le fait que son chien était amoureux de Kagami et malgré le fait que le rouge ait changé d'eau de toilette, rien n'y faisait, l'animal revenait toujours à la charge. Or, quand on est cynophobe comme Kagami, c'est juste l'enfer...

« Ok, rentre bien alors. »

« Hai. A plus tard, Kagami-kun. »

Le roux raccompagna le bleu jusqu'à la porte et il le salua une dernière fois. Puis, il regagna son canapé et... s'écroula dedans... Il tremblait. La pression retombait finalement, plus besoin de faire semblant pour protéger les autres. Les événements de ce soir... l'avaient profondément choqué, même s'il avait fait bonne figure devant ses amis pour ne pas les inquiéter.

Cet Aomine était un authentique démon...

Comme celui qu'il avait tatoué dans le dos...

Et puis, à quoi rimait ce tatouage effrayant ? Il semblait tout droit sorti d'un film de yakuza des années 60... Ca faisait beaucoup d'informations à traiter pour le pauvre cerveau fatigué de Kagami. Le fait que l'autre soit flic, en plus, n'était peut-être pas une si bonne chose... A la moindre incartade, Kagami réalisa qu'il pourrait se retrouver en prison plus vite que prévu. Parce qu'il serait facile pour quelqu'un dont c'est le métier de fabriquer de fausses preuves et de l'inculper pour un crime imaginaire...

Comme si elle sentait que son maître était terrifié, la petite chatte ragdoll de Kagami lui grimpa sur les genoux.

« Hey... où t'étais passée ma fifille ? On ne t'a pas vue de la soirée... t'aimes pas quand y a trop de monde ici, hein ? Ou c'est l'autre flic à la con qui t'a fait peur ? Ouais... j'te comprends moi aussi il m'a mis grave les boules... » Avoua t-il en grattouillant la nuque poilue de l'animal.

Il se demandait bien ce qu'il allait pouvoir faire à présent... Parce que cet énergumène vivait de l'autre côté du mur et Kagami se sentait à sa merci, comme pris au piège. Il allait peut-être REELLEMENT devoir songer à déménager, tous comptes faits... Aomine était quelqu'un de dangereux... il l'avait prouvé ce soir.

… Et encore, Kagami n'imaginait pas à quel point...


Tout aurait sans doute été plus facile si Kagami n'avait pas également ressenti une attirance presque... irrésistible pour le brun. C'était plus fort que lui, il se sentait littéralement aimanté par l'autre. Et il ne pouvait rien contre cela. Il avait beau se répéter qu'Aomine n'était qu'un enfoiré doublé d'un psychopathe, ça ne suffisait pas à faire taire ce qu'il ressentait en sa présence. Dès que le brun entrait dans son périmètre, c'était plus fort que lui, Kagami en avait la chair de poule. Une douce chaleur se nichait alors dans ses reins et sa peau se mettait à le picoter.

Et fatalement, ça ne loupa pas le lendemain...

Au petit matin, Kagami descendit ses poubelles et il en profita également pour faire quelque chose qu'il avait envie de faire depuis qu'il avait emménagé ici...

Il placarda une petite annonce à l'entrée de la résidence, petite annonce par laquelle il proposait ses services en matière de ménage, courses et autres petits travaux. Il était prêt à tout faire, sauf à promener les chiens, fallait pas pousser non plus hein, mais il avait remarqué que le bâtiment n'était habité que par des personnes très âgées.

La plupart avait du mal à se déplacer et effectuer les tâches quotidiennes était devenu quasiment impossible... C'est ainsi que Kagami, qui avait besoin d'un peu d'argent, avait décidé de rédiger cette petite annonce pour arrondir ses fins de mois sur son temps libre. Tout était parti de ce postulat de départ plutôt simple : là où il y a de l'offre, il y a forcément de la demande. En plus, il avait la chance de bien s'entendre avec ses voisins et il ne doutait donc pas du succès à venir de son entreprise.

Ce à quoi il ne s'attendait pas en revanche, c'est à ce qu'un bras fort vienne se poser sur son épaule. Immédiatement, son corps se tendit comme la corde d'un arc. Une seule personne lui faisait cette effet... Et ce n'était même pas Kuroko, qui était pourtant si furtif que parfois, le rouge sursautait à son approche...

« Alors comme ça... on cherche du travail en tant que soubrette ? Fallait le dire tout de suite, J'ai plein de caleçons sales qui n'attendent que toi pour les laver... » Susurra Aomine, en frottant affectueusement son nez dans le cou de Kagami.

Le rouge ne put réprimer un frisson, mais très vite son instinct de survie reprit le dessus il repoussa le bras d'Aomine. Sourcils froncés et air dur, Kagami était prêt à en découdre.

« Va chier ! »

« Est-ce une façon de parler à son voisin ? Voisin policier de surcroît... Quel langage... »

Et bien loin d'être impressionné alors que pourtant, Kagami était d'une stature égale à la sienne, Aomine combla l'espace qui les séparait et il attrapa le menton de Kagami.

« Oh les vilaines cernes... Qui c'est qui a mal dormi hier soir, menotté à sa chaise... pas très confortable, hein ? »

« Ne me touche pas ! »

« Je me demande bien comment tu as fait pour te libérer sans les clés. Décidément, tu es plein de ressources. T'es sûr que t'es pas un criminel ? En tous cas, tu m'impressionnes. »

« J'en ai rien à foutre de t'impressionner, maintenant, dégage, j'aimerai passer ! »

Non mais et puis quoi encore ? Il espérait franchement que Kagami allait se sentir flatté par ses paroles ou quoi ?

« Quelle agressivité... t'étais plus sympa hier soir. » Ricana t-il en louchant sur l'entrejambe de Kagami.

« Je t'ai demandé de me laisser passer... » Siffla encore Kagami, entre ses dents.

« Sinon quoi ? Ah je vois... ton truc à toi, c'est la gérontophilie...Tu préfères les vieux, en fait. Ca explique pourquoi tu ne veux pas bosser pour moi... mais torcher des pépés, ça, ça ne te dérange pas, par contre. »

Exaspéré, Kagami serra les poings et il chargea, avançant droit devant lui. Et autant dire qu'Aomine n'avait pas intérêt à se trouver sur son chemin. Mieux valait ignorer ce sac à merde...

« Hé là ! Une minute, on était en train de discuter... et tu veux déjà me quitter ? »

Le brun se dressa en travers de sa route. Kagami essaya de le contourner, mais Aomine bloquait l'accès au hall, en mode Gandalf : « Vous ne passerez pas ! »

« Pousse-toi ! » Cria Kagami en se précipitant sur lui cette fois.

Bien décidé à le faire lui-même. Mais cette fois, Aomine eut le dessus et il le plaqua férocement contre un mur. A nouveau, il redressa le menton du rouge et le força à le regarder, droit dans les yeux, comme pour l'étudier.

« Hmm... t'as vraiment des yeux extraordinaires, j'en avais jamais vu des comme ça avant... Cet éclat... et cette couleur... Ca me donne envie de te les arracher... »

« Espèce de... »

« Allez, viens faire le ménage chez moi, tu me dois bien ça... Après tout, c'est de ta faute si j'ai une attelle et c'est vraiment pas pratique pour jouer les fées du logis, j'te signale ! »

Pas que ce soit l'unique raison du désordre (non, du chaos même...) qui régnait chez le brun, mais...

« Bien fait pour toi, si tu crois en plus que je vais te prendre en pitié, tu te plantes complètement ! Maintenant, lâche-moi ! »

« Le pire, c'est que c'est la main que j'utilise pour me donner du plaisir... » Souffla le brun, ignorant complètement sa proie.

« Bah t'as qu'à... te servir de l'autre... putain ! »

Kagami se débattait comme un beau diable. Mais Aomine avait une poigne terrible. On sentait qu'il était habitué à maîtriser des forcenés.

« Je préférerai que ce soit la tienne qui me caresse... »

La panique gagna Kagami quand il sentit les lèvres d'Aomine fureter dans sa nuque. Bon sang ! Il n'allait quand même pas le... ici... ? Dans le hall ? Quoique... ça ne l'avait pas gêné l'autre soir... En attendant, toutes les cellules du corps de Kagami lui hurlaient « DANGER » ! Il devait IMPERATIVEMENT se dégager. Peut-être qu'un coup de genou bien placé lui offrirait quelques secondes de répit nécessaire et... le rouge arma donc sa jambe mais...

« C'est très vilain de faire ça. » Le réprimanda Aomine, en le bloquant fermement.

Et merde ! Il avait vu le coup venir ! Mais Kagami était pressé... Car l'équipe de basket de la caserne l'attendait pour le fameux affrontement contre les policiers du district !

« J'ai pas de temps à perdre avec tes conneries... j'ai un... match... dans quelques heures... et j'dois aller me préparer ! »

« Un match ? » S'étonna Aomine.

Tiens ? Aurait-il réussi à capter son attention ?

Kagami n'eut pas le loisir de le savoir car...

« Kagami-kun, tout va bien ? » Demanda une voix fluette, derrière eux.

Il s'agissait d'une des voisines des deux zigotos. Une petite dame charmante, qui avait tendance à souvent égarer ses lunettes. Mais pas cette fois. Dieu merci, pas cette fois... !

« Heu... oui... bonjour, Nijima-san... »

« Oh, Aomine-san est là aussi. » Sourit la dame.

Ouf, sauvé ! Aomine n'allait pas oser lui faire du mal devant témoin, quand même ? Quoique... ça ne l'avait pas empêché hier de... Kagami se tendit à cette idée ! Mais contre toute attente, Aomine salua la dame en retour.

« Bonjour, M'dame, belle journée pour promener son chien, pas vrai ? »

Son... chien ? Oh MERDE ! Kagami avait complètement oublié ce détail ! Effectivement, la vieille femme tenait son caniche au bout d'une laisse. Le délicieux petit blagueur décida même d'aller embêter Kagami. Il se dressa sur ses pattes arrières et il remua la queue comme un foufou pour montrer qu'il était ravi de voir Kagami...

Ce à quoi le rouge répondit en se JETANT littéralement dans les bras d'Aomine.

Bah ouais, ses deux phobies étaient réunies au même endroit pour le tourmenter et entre la peste et le choléra, le choix était vite fait ! Autant dire qu'Aomine accueillit ce geste désespéré avec un peu d'étonnement...

« Viens ici Kobe-chan ! Tu fais peur à Kagami-kun. Bonne journée. » Fit la dame en s'éloignant avec son rejeton maléfique.

Kagami, qui avait trouvé refuge dans les bras d'Aomine, se redressa alors et ROUGE VIF, il repoussa Aomine comme la première tsundere venue ! En tous cas, cette rencontre fortuite lui avait sauvé la mise !

« Ahaha ! Tu plaisantais pas la dernière fois... T'as vraiment peur des clébards. »

« Ta gueule ! »

« Mais je trouve ça plutôt mignon. »

Kagami eut un regain de couleur à ces mots. Pourquoi... Aomine lui faisait-il tant d'effet ? Un coup il l'énervait jusqu'à plus soif et la minute d'après, il faisait fondre son cœur comme personne...

« Enfin bref... si t'es à la bourre, je vais pas te retenir plus longtemps. »

Il sourit et alors que Kaga soupirait de le voir enfin lâcher l'affaire, une paire de lèvres affamées s'empara des siennes... La langue du brun vint danser avec la sienne en un ballet érotique plein de douceur. Douceur... inattendue de la part d'Aomine. Qui aurait cru qu'il soit capable d'embrasser comme ça, sans agressivité ?

« Hmm... ! »

Kagami céda sous la surprise, mais rapidement, ce fut le brun qui mit fin au baiser.

« C'est pour te souhaiter bonne chance pour ton match... A mon avis, tu vas en avoir besoin. »

Et sur ce, Aomine s'éloigna avec sa nonchalance habituelle. Laissant Kagami, interdit.

Le rouge se lécha les lèvres pour... effacer le goût d'Aomine ? Il ne savait plus très bien... en tous cas, il n'arrivait définitivement pas à cerner le brun... Que voulait-il ? Lui foutre une peur bleue ou le... Hmm... peut-être bien les deux... ça expliquerait son comportement retors... et ses brusques changements d'humeur...


C'est ainsi que, quelques heures plus tard, Kagami venait de terminer son échauffement. Il avait revêtu son maillot floqué d'un flamboyant numéro « 10 » cousu à la main par ses soins. Un peu de basket allait lui faire le plus grand bien, parce que le basket, c'est la vie et tous les soucis s'envolent avec le ballon.

Il retrouva donc ses coéquipiers au complet sur le parquet du gymnase loué pour l'occasion, prêt à se débattre comme un fauve. Il n'avait qu'une hâte croiser le fer avec ce mystérieux adversaire hyper doué ! D'après Kiyoshi, il s'agissait du numéro « 5 » et le capitaine lui avait demandé de se charger de lui, justement.

Mais lorsque l'équipe des policiers fit également son entrée...

Quelque chose se déchira dans son poitrail.

Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Il n'avait rien vu venir... Mais cette sensation... elle ne le trompait jamais...

Ce malaise récurrent... Cet étouffement... qui vous prend à la gorge...

Pas de doute, c'était bien lui.

« Hey Tai ! Ca faisait longtemps ! » S'exclama le joueur à la voix de velours qui courait vers lui.

Aomine Daiki.

Portant le maillot numéro « 5 » de la Tokyo Metropolitan Police Departement.

« Oh, tu le connais, Kagami ? »

« Hélas. » Siffla Kagami entre ses dents.

Et Aomine de trottiner vers lui, comme si de rien n'était en affichant son plus bel air innocent ! Qu'est-ce que c'était que ce bordel, encore ?

« Qu'est-ce que tu fous là ? » Le railla le rouge.

Aomine l'attrapa à nouveau par le cou et il l'embarqua à l'écart des autres joueurs quelques instants.

« T'as pas l'air content de me voir... Moi qui espérai t'avoir manqué, ne serait-ce qu'un tout petit peu... »

« Et puis quoi encore ! A quoi tu joues, putain ? »

« Ne me dis pas que t'as pas compris... T'es pas idiot à ce point, quand même ? Je joue dans l'équipe de la police, surprise ! »

« Tss... j'aurai du m'en douter... »

Il avait la poisse, vraiment. Où qu'il aille, cet enfoiré finissait toujours par le trouver... Pire qu'une balise argos !

« Ca n'a pas été facile de convaincre mon Capitaine de me laisser jouer, malgré ma main blessée... Et à mon avis, c'est plutôt une bonne chose pour toi que je parte avec un handicap... sinon, j'aurai été impossible à stoper. »

« T'as trop confiance en toi mec, c'est pas possible... Comment tu veux gagner avec ta main en vrac ? C'est juste impossible ! »

« T'en fais pas pour moi et inquiète-toi plutôt pour ton joli petit cul. Parce que quand je t'aurai défoncé sur le terrain, c'est autre chose que je vais défoncer juste après... »

« Ah ouais ? Et comment tu comptes t'y prendre ? » Répliqua Kagami, pas impressionné du tout.

« C'est très simple, on n'a qu'à pimenter un peu les choses... »

« Je t'écoute. Mais n'espère pas que je vais te laisser gagner, uniquement parce que tu portes une attelle. Ce serait contraire à l'esprit sportif et j'attends ce match depuis des semaines. » Prévint-il.

« Je ne te demande rien de tel, rassure-toi... mais pour que toi et moi on puisse se donner à fond sans regret, je te propose l'arrangement suivant : si tu gagnes, je te laisse tranquille. Pour toujours. Mais si c'est moi qui gagne, alors...»

« Je t'arrête tout de suite. Je me fous de ce que tu vas dire, parce que c'est MON équipe qui va gagner, ça ne fait aucun doute. Alors économise donc ta salive. »

« Oh vraiment ? Tu le prends comme ça ? Qui a trop confiance en lui, maintenant ? »

« Hmpff... ça ne m'intéresse pas de savoir ce que tu désires, mais bon... dis toujours pour voir ce que tu vas perdre... » Se ravisa le rouge.

Il n'avait rien à perdre à le savoir, de toute façon parce que...

Impossible.

Impossible qu'Aomine soit meilleur que lui au basket. Le basket, c'était tout pour Kagami et s'il n'avait pas eu cette rupture des ligaments croisés à la fac, il serait sans doute passé pro à l'heure qu'il était. En plus, il avait des comptes à régler avec Aomine et c'était l'occasion parfaite de le faire. Alors pour toutes ces raisons, il ne pouvait pas perdre.

« Si c'est moi qui gagne, tu deviendras mon esclave... je veux dire mon « employé » de maison jusqu'à ce que mon poignet se soit remis. Et bien entendu, tu feras tout ce que je te demanderai gratuitement et avec toute la bonne volonté qui te caractérise. »

« Ahahaha ! Bah voyons ! Et pourquoi pas en portant une tenue de soubrette, tant que tu y es ? »

« Avec talons hauts, jupette et bas blancs ? »

« Mais ouais ! Et string en dentelle et tablier aussi ! La totale, quoi ! »

« Ca me va... Je raterai ça pour rien au monde. J'avais prévu d'y aller doucement avec toi, au départ du moins, mais là, tu ne me laisses pas le choix... J'espère que t'es prêt, parce que j'ai VRAIMENT envie de voir ça... Alors ne compte pas sur moi pour me retenir. »

« Mais j'y compte bien ! Est-ce qu'il faudra que je t'appelle « Master » aussi ? » Ironisa le tigre.

« Evidemment, putain, ouais ! » S'enthousiasma le brun.

Non mais vraiment, il ne doutait jamais de rien ce type ?

« Dans tes rêves, sale pervers... Je vais te mettre la rouste de ta vie... »

« Pas si je te la colle en premier. »

Et Kagami n'était plus très sûr de quoi ils parlaient, vu le ton libidineux employé par Aomine.

Mais bon, hein, ça ne restait qu'un détail... Ca n'avait même aucune espèce d'importance...

Puisqu'il allait gagner, de toute manière.

Il ne pouvait en être autrement.

Pas vrai... ?


Ahaha ! END OF THE GAME !

Ou plutôt début du game... Des pronostics ? Je vous avais déjà bien teasé avec ce fameux match dans les chapitres précédents. Le voici donc, enfin, presque. Reste à l'écrire et je le confesse, c'est loin d'être mon point fort... J'espère y parvenir, malgré tout !

Et sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? De l'évolution de la situation ? Il me tarde de lire vos commentaires !

Je m'excuse d'ailleurs auprès de celles que j'ai "embêtées" à savoir LA LIGUE DES FANFICTEUSES EXTRAORDINAIRES (Lawiki, Scorpio no Caro et Vyersdra), pour obtenir quelques conseils... Voyez-vous, pendant l'écriture de ce chapitre, j'étais bloquée hier. Je ne savais pas du tout comment faire réagir Aomine durant le strip tease... et puis, finalement, l'idée m'est venue pendant la nuit ! (comme quoi le proverbe qui dit que "la nuit porte conseil", c'est pas des conneries !) Alors merci quand même pour votre aide ! C'est bon de savoir qu'on peut compter sur quelqu'un pour nous remotiver !

Petite précision : "Irezumi" désigne l'art ancestral du tatouage japonais traditionnel. Oh ! Je viens de lâcher un gros indice là, vous ne trouvez pas ? ;)

Je vous souhaite un bon week-end et je vais essayer de m'ateler sans tarder au prochain chapitre de "Magical Dick" qui va bientôt fêter ses 1 an ! DIIIINGUE ! Si j'aurai su, j'aurai pas v'nu ! Naan je dec' !

Bises et n'oubliez pas de vous exprimer, c'est important ! J'essaie de tenir compte de vos remarques et autres souhaits, comme vous l'avez peut-être déjà noté.

A très vite !