Salut à toutes !

Olalalalala ! Un peu plus et je ne tenais pas mes délais avec ce chapitre ! Heureusement, le voici, tout beau, tout chaud, à peine sorti de son four cérébral ET dans les temps :D

Si c'est pas merveilleux ça ?

Allez, pas de résumé cette fois et trève de bavardage, je vous laisse directement avec ce chapitre qui m'a été pas mal réclamé. (même sur mes autres fics, c'est dire l'attente qu'il semblait susciter ahaha !) Mais tout de que je peux en dire, c'est que vous aviez majoritairement vu juste sur le résultat du match Pompiers VS Flics ! (et le titre de ce chapitre est un SPOIL vachement discret...)

Merci encore d'être de plus en plus nombreuses à me suivre et à me laisser d'adorables reviews !

ENJOY !


« Tu regardes un peu trop de ce côté... Que peut-il bien y avoir de si intéressant, pour te captiver à ce point ? » Murmura une voix douce derrière lui.

Kagami sursauta en sentant un bras se poser nonchalamment sur son épaule.

Ce n'était pas Aomine, qui se trouvait toujours de l'autre côté du terrain. Ni même Kuroko, pourtant champion toute catégorie des apparitions fantomatiques...

« Putain Shinji, j'ai failli faire une crise cardiaque ! Je t'ai déjà dit d'arrêter de te faufiler comme ça derrière moi ! »

… et pour cause, puisque le fameux Shinji frôlait les deux mètres de haut, contrairement à l'enseignant d'école maternelle qui faisait office de meilleur ami pour Kagami... Incroyable que ce grand gaillard parvienne à être aussi furtif avec une taille aussi conséquente...

« Il m'avait pourtant semblé comprendre que tu aimais bien sentir quelqu'un dans ton dos... »

Façon très subtile de faire allusion aux préférences sexuelles du roux, qui soupira de dépit.

Shinji Miura n'était autre que le talentueux shooting guard de la brigade. Et accessoirement, une véritable PLAIE. Peut-être pas du niveau d'Aomine (qui confinait au "divin"), mais disons qu'il avait ses « moments » lui aussi.

Grand (forcément, je l'ai même déjà dit !), plutôt mince et peu musclé pour un pompier, des traits féminins et un ravissant petit nez en trompette, Shinji attirait tous les regards sur lui. Ses cheveux châtains étaient coupés en brosse, ce qui lui donnait l'apparence d'un ado tout juste sorti du lycée.

Il n'était donc pas très vieux, ni très expérimenté non plus (ça allait bien souvent de paire...), ayant à peu près le même âge que Kagami.

Et, curieux hasard, tout comme lui, il était gay.

Mais contrairement à Kagami - et même s'il ne rechignait pas à taper de temps en temps dans le vivier « classique » - Shinji s'était fait une spécialité de coucher avec les mecs mariés. ET hétéros. Il n'aimait rien autant que détourner ces messieurs du "droit chemin", comme il s'en vantait souvent. Lors de ses parties de "chasse", son sourire mutin et ses œillades de biche aux abois avaient très souvent raison des mâles les plus enfoncés dans le déni.

Autant dire qu'il s'agissait d'un véritable briseur de ménages professionnel.

Le jeune homme scrutait donc le terrain à la recherche d'une potentielle future proie parmi les membres de l'équipe adverse. Et irrépressiblement, son regard fut comme aimanté vers la gauche, ce qui ne passa pas inaperçu auprès de Kagami. En effet, le rouge commençait à bien connaître les habitudes et les goûts de son collègue en matière d'hommes et bien vite, les deux soldats du feu se retrouvèrent à regarder dans la même direction et plus précisément, la même personne...

« Dis-moi... ce flic là-bas, ce ne serait pas PILE ton type de mecs, par hasard ? » Demanda t-il avec un sourire narquois fiché sur le visage.

Pas besoin d'être sorti de Todai pour deviner que le châtain parlait d'Aomine, le seul, l'unique et accessoirement voisin de son état. Voisin baiseur, de surcroît. Mais à sa décharge, il fallait tout de même bien admettre que l'amateur de grosses poitrines était plutôt beau garçon, tranchant nettement avec les autres policiers. On ne remarquait d'ailleurs que lui, tant sa présence était puissante. Et pour ne rien gâcher, ledit Aomine occupait en permanence les pensées du rouge depuis presque un mois entier. Alors il était d'autant plus difficile pour Kagami de détourner le regard de cet énergumène et ce, malgré toute la meilleure volonté du monde, ce qui ne devait pas le rendre très objectif, à vrai dire... Bien entendu, le fait qu'ils avaient parié un peu plus tôt sur l'issue du match n'aidait pas vraiment Kagami à l'ignorer... Pire, cela ne faisait qu'attiser le brasier obsessionnel que Kagami nourrissait déjà à l'encontre son voisin.

« Pas de celui-ci. »

Putain... pourquoi fallait-il que l'univers tout entier se ligue constamment pour lui rappeler à quel point, justement, Aomine était TOUT A FAIT son genre de gars ? C'était comme si Kagami ne pouvait pas faire un pas sans tomber sur cet emmerdeur public, son corps parfait et sa démarche féline. Même sa tenue de basket lui allait trop bien, de sorte qu'on ne voyait que lui sur le terrain et le match n'avait pourtant pas encore commencé.

Quelle foutue ironie du sort !

Mais ce n'était pas une raison pour craquer. Au contraire. Et si par malheur, Aomine s'avérait être le dernier mec sur Terre, Kagami se fit immédiatement la promesse solemnelle de ne jamais s'abaisser à coucher avec le brun pour autant. Ce serait même plutôt un motif recevable pour carrément se tourner vers les singes... De toute façon, la différence entre Aomine et les autres primates était vraiment minime, alors... pourquoi s'en priver ?

« Ah non ? Je l'aurai pourtant juré ! Dans ce cas... ça ne te dérange pas si je tente ma chance avec lui ? » Poursuivit Shinji, en se passant la langue sur la lèvre supérieure, comme un prédateur.

« Fais-toi plaisir. » Céda Kagami, un peu contrarié malgré tout.

Mais il fut vite rassuré en constatant qu'Aomine n'avait d'yeux que pour lui...

Erf rassuré ? Naaaaan ! Et dire qu'il allait devoir se le coltiner durant tout le match, parce que Kiyoshi avait insisté pour que Kagami le marque à la culotte...

Ouais, pas de doute, le tigre était officiellement maudit. Il y avait quelqu'un là-haut qui devait lui en vouloir très, très fort. En terminant de s'échauffer, Kagami constata avec joie qu'Himuro était venu assister au match. Ce soutien moral supplémentaire ne serait certainement pas de trop, comme l'arbitre leur fit soudainement signe de se rassembler sur le terrain pour le coup d'envoi.

Kiyoshi se chargea de l'entre deux avec un flic assez costaud et Aomine ne regarda même pas la balle pour savoir qui avait eu le dessus. Non, Monsieur était plus occuper à déshabiller Kagami des yeux. Et il en fut ainsi pendant toute la partie. Même pendant les pauses, Aomine laissait son regard vagabonder sur le banc adverse. Et le moins que l'on puisse dire, c'était que Kiyoshi n'avait pas menti. La réputation du brun était fondée : Aomine était rapide comme l'éclair et doté d'une technicité également remarquable, bien que peu conventionnelle. Jamais Kagami n'avait vu quelqu'un jouer de la sorte, même aux U.S.A. C'était comme si le je-m'en-foutisme d'Aomine s'exprimait jusque dans ses gestes sportifs et mêlé à son agressivité habituelle, le cocktail était aussi improbable que fatal.

Rien ni personne ne semblait en mesure d'arrêter Aomine dès que le ballon lui tombait entre les mains. Ses coéquipiers usaient et abusaient d'ailleurs de cet avantage, en concentrant l'essentiel de leurs passes sur le basané. Et des talents, ce n'était pas ce qu'il manquait dans l'équipe des policiers. Il y avait ce grand blond peroxydé, qui faisait office de pilier et jouait majoritairement en défense.

Kagami n'avait pas retenu son nom, mais sa grande gueule résonnait autoritairement dans le gymnase. Il occupait le même poste que Kiyoshi et il donna bien du fil à retordre à Kagami, en bloquant fréquemment ses tirs. Mais c'était sans conteste leur point guard (et capitaine) qui était le plus dangereux et problématique. Bien planqués derrière d'épaisses lunettes carrés, ses petits yeux de fouine semblaient pourtant ne rater aucun détail. Il donnait l'impulsion, rythmant le jeu et les placements de ses coéquipiers avec maestria.

Ce type était partout. Littéralement. Il excellait dans les contres et la récupération des ballons. Dès qu'un pompier tentait une passe vers Kagami, ce mec se trouvait là, sur leur trajectoire, pour intercepter la balle ! Quant à Aomine, son aura de compétiteur était asphyxiante. Tel un conquérant, son charisme naturel semblait se révéler davantage sur le terrain. La défense des soldats du feu peinait face à lui, parce qu'il était comme un incendie violent et ravageur, impossible à circonscrire. Kagami non plus ne parvenait pas à le maîtriser, malgré son entêtement.

Le brun était au dessus, physiquement.

Il fallait dire que Kagami était plus trapu, plus lourd dans ses déplacements, là où Aomine était plus explosif et furtif. Il n'était donc pas rare que le policier réussisse à mettre plusieurs joueurs dans le vent lors de ses accélérations aussi soudaines que puissantes. Mais une fois face au panier, c'était encore pire. Non seulement il ne faiblissait pas, mais en plus, sa précision – sans doute héritée de son maniement des armes à feu – faisait mouche à chaque fois. Et comme si cela ne suffisait pas, cette teigne semblait capable de tirer de n'importe quelle position, dans n'importe quel angle, sans jamais louper sa cible. Kagami aurait pensé qu'avec une main « en moins », le brun serait moins redoutable, mais il fallait se rendre à l'évidence : sa réputation de prodige n'était pas usurpée. Loin de là.

Il survolait réellement la rencontre, ne laissant que peu de chance aux pompiers épuisés et abattus par son talent. Seuls Kagami et Kiyoshi tenaient bon, lui opposant une vaine résistance. Car le résultat du match paraissait avoir été décidé d'avance. Malgré leurs efforts, le tigre et ses coéquipiers ne faisaient clairement pas le poids. Ils ne jouaient pas dans la même cour, tant la différence de niveau était insurmontable entre eux et Aomine. Et chaque minute, chaque seconde qui s'écoulait semblait enfoncer un peu plus cette vérité à coups de marteau, dans le crâne de Kagami. Pourtant, le rouge n'était pas du genre à se soumettre. Mais là, il se sentait dépassé, surpassé, même.

Quand le coup de sifflet final sonna ENFIN le glas de leur défaite écrasante, Kagami s'écroula en sueur.

De soulagement.

Jamais il n'avait été aussi pressé qu'un match prenne fin.

C'est alors qu'il comprit.

Aomine se tenait face à lui, le surplombant avec toute la souplesse et la force caractéristiques d'une panthère noire. Impitoyable, le brun venait de le dévorer. Et lorsqu'il lui tendit la main pour l'aider à se relever, Kagami ne sut si c'était par fierté ou par rancœur qu'il la repoussa sèchement. Il en voulait à Aomine. Le beau policier n'avait pourtant pas démérité, ni volé sa victoire, mais Kagami savait qu'il aurait besoin de temps pour digérer cette cuisante et humiliante défaite. Son amour propre en avait pris un coup, mais plus que cela, c'était surtout la réalisation profonde des conséquences que cela impliquait, qui transperça ses poumons :

Il allait devoir se prêter aux fantasmes les plus malsains d'Aomine.

C'était la sentence de sa défaite.

Le sourire cruel d'Aomine abondait d'ailleurs en ce sens, signe que le brun ne comptait certainement pas faire une croix sur son prix. Le gage tenait toujours, plus que jamais même et Aomine était prêt à recevoir cette offrande sacrifiée sur l'autel de l'amour propre. De là à dire que c'était ce qui lui avait donné la motivation à repousser ses limites, il n'y avait qu'un pas. Que Kagami n'hésita pas à franchir mentalement, tant il était évident qu'Aomine savourait sa victoire au goût de miel...

Et franchement, Kagami ne voyait pas comment il allait s'en sortir cette fois. Son sens de l'honneur lui incombait de respecter les termes de son pari, même s'ils étaient clairement en sa défaveur. Tandis que d'un autre côté, il était terrorisé. Pourtant Kagami était du genre difficile à impressionner... mais il savait que son voisin était capable de tout et qu'il ne cracherait certainement pas sur une occasion aussi BELLE de le traîner dans la fange pour son propre plaisir.

Cependant et contre toute attente, le brun ne prononça pas la moindre petite phrase assassine suite à sa victoire. Mieux encore, il félicita le roux pour sa ténacité et il s'en retourna à ses vestiaires en trottinant gaiement et en fouettant les fesses de certains de ses équipiers à l'aide d'une serviette. Avec tout le raffinement qu'on lui connaissait, bien entendu.

Kagami cligna des yeux, incrédule. Se pourrait-il qu'Aomine ait oublié son gage ? Ou qu'il n'était pas sérieux quant à l'exécution de ce pari ? Kagami avait peine à y croire mais malgré tout... les faits étaient là. Il se décida donc à regagner à son tour ses vestiaires. Les pompiers affichaient tous une mine grave, se regardant uniquement en chien de faillance, dans un silence de plomb. Kagami n'avait pas l'habitude de les voir aussi abattus, mais compte tenu de la tempête qu'ils avaient essuyée aujourd'hui, leur réaction était plutôit normale.

Pourtant, leur équipe était forte.

Ils s'étaient tous entraînés dur pour en arriver là et brusquement, en à peine quelques minutes, des mois d'effort avaient été réduits en poussière. Le pire étant sûrement qu'ils n'avaient rien vu venir. Jusqu'ici, les matchs avaient été facilement gagnés, leur équipe dominant complètement les autres. Alors personne n'aurait pu prédire cette victoire de la part des policiers. Rien ne l'annonçait. La défaite n'en était que plus amère. D'ordinaire, les vestiaires résonnaient de leurs cris de joie et tous soulevaient Kagami pour le jeter en l'air et fêter ses exploits.

Mais pas cette fois.

Et malgré l'eau chaude qui coulait sur ses épaules, Kagami avait froid...

Il s'était mis un peu à l'écart sous la douche, se sentant personnellement responsable de cette défaite. C'était ridicule et injustifié, il le savait bien, mais il ne pouvait pas penser autrement puisque c'était lui qui était chargé du marquage d'Aomine, leur principal obstacle. Et Aomine avait marqué plus de cinquante points durant ce match, exacerbant l'échec de Kagami.

Putain ! Les autres comptaient sur lui...!

Le tigre fut d'ailleurs l'un des derniers à s'éterniser dans le gymnase. Ses collègues se dépêchèrent de quitter les lieux de la honte pour rejoindre leurs familles. Mais Kagami n'avait pas de famille, lui. Juste Himuro qui l'attendait probablement dehors. A moins qu'il n'ait préféré rentrer lui aussi, vu la défaite monumentale des pompiers. Et l'eau brûlante qui ruisselait sur les muscles tendus par l'effort de Kagami était particulièrement délassante, un peu comme si elle le lavait de ses péchés. Se courbant légèrement pour laisser l'eau couler librement sur son dos, il appuya ses mains sur le mur carrelé face à lui. Ses yeux se fermèrent aussitôt pour profiter de la sensation étouffante engendrée par la vapeur d'eau.

Et il ne pensa plus à rien.

Sa tête se vida...

… Jusqu'à ce qu'il sente une paire de bras se glisser autour de sa taille. Exaspéré, il ne se donna même pas la peine d'ouvrir les yeux et il serra un peu la mâchoire, avant de cracher comme une mise en garde :

« Shinji... tire-toi ! C'est pas le moment ! »

Le châtain n'avait pas du parvenir à ses fins avec Aomine, alors il venait se consoler avec Kagami. Et le rouge avait horreur d'être le second choix ! Sans compter que son collègue n'était pas vraiment son premier choix à lui non plus, pour parler franchement...

« Shinji ? Ohhhh... tu parles de la grande folle qui ressemble à une asperge avec des cheveux ? Ouais, je l'ai croisé en venant ici et il m'a dit où te trouver. Mais il a fallu que je lui lâche mon numéro de téléphone pour ça... alors t'as une dette de plus envers moi... que je compte bien me faire rembourser immédiatement... » Annonça une voix rauque derrière lui.

Kagami ouvrit les yeux d'un seul coup et tous les muscles de son corps se tendirent d'effroi.

Cette voix...

Cette sensation de danger...

Pas de doute, c'était bien...

« Aomine... ! »

D'un geste sec, Kagami se dégagea de l'étreinte et il se retourna pour faire face à son adversaire...

Et bon sang.

Aomine était là, dans toute sa glorieuse et insolente beauté. Son armure de muscles couleur pain d'épice donnait envie de lécher cette peau que Kagami se rappelait légèrement piquante. Et bien entendu, le brun était totalement nu. L'eau cascadait magnifiquement sur les creux et les courbes athlétiques de son corps, le rendant encore plus sexy si cela était possible. Pourquoi fallait-il que cet enfoiré soit si odieusement attirant ? Le rouge essaya de garder les yeux bien fixés sur ceux de son voisin, pour les empêcher de dériver au sud.

Même s'il en mourrait d'envie.

Comme pour se rendre plus impressionnant et laisser le langage de son corps parler, Kagami bomba le torse d'un air menaçant. Un peu à la manière d'un coq qui défendrait ses poules face à un rival un peu trop téméraire. Sauf que là, la seule chose que Kagami avait à protéger était son cul, étant donné qu'il avait déjà perdu son honneur durant la partie.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Question qu'il regretta aussitôt d'avoir posée, tant la réponse était d'une logique implacable. D'ailleurs, son adversaire ne se démonta pas, bien au contraire, il s'approcha même de lui, débordant de vanité.

« Je pensais que c'était évident. J'ai très envie de te frotter le dos. Et tout ce qui me passera à portée de main. »

Mais au lieu de reculer, ce qui le placerait en position de victime, Kagami avança vers Aomine, d'un pas déterminé. Leurs torses se frôlèrent, puis entrèrent en collision. De l'électricité flottait dangereusement dans l'air, menaçant d'éclater à tout moment en un orage dévastateur.

« Et bien, ça ne m'intéresse pas, alors je te conseille de dégager d'ici. »

« Ou sinon quoi ? Tu vas me sortir de cette douche toi-même ? »

« Ca se pourrait bien. » Acquiesça Kagami sans rompre le contact.

« Je doute que tu y parviennes. Mais tu peux toujours essayer, j'aimerai assez voir comment tu comptes t'y prendre... »

« Le seul truc que tu vas te prendre, c'est mon poing dans ta sale gueule de con. »

« Ohoh ! Mais c'est qu'il a l'air sérieux le Kitty Cat... »

Aomine leva un instant les mains en l'air pour faire croire qu'il se rendait, mais c'était plus pour se moquer de Kagami qu'autre chose, en réalité. Et bien vite, cela se confirma quand le ton de sa voix redevint plus grave et sérieux.

« Je ne sais pas comment ça s'passe aux States, mais sache qu'ici, au Japon, frapper un flic n'est jamais une bonne idée... Alors, t'as toujours envie de le faire, malgré ma mise en garde ? »

Les deux hommes engagèrent un combat de regard qu'aucun d'eux ne semblait disposé à perdre. Kagami n'était pas un lâche, ni même un froussard. Ce type ne lui inspirait que fureur et dégoût, mais pas au point d'éviter de lui coller une, si ? En tous cas, le besoin s'en faisait cruellement ressentir en cet instant. Et concrètement, qu'est-ce que Kagami risquait à passer l'action ? Finir sa nuit en garde à vue ? Atterrir en cellule ? Avoir un casier judiciaire ? Tout cela n'était rien comparé à l'IMMENSE satisfaction que le contact de ses phalanges avec la jugulaire trop carrée de ce connard, lui procurerait.

Il serra donc le poing, nerveusement, se tâtant mentalement à le laisser partir à la rencontre d'Aomine.

« Tu sais, si t'as tellement envie de jouer à la savonnette dans les douches, pas besoin d'aller en taule pour ça... Tu n'as qu'à la laisser tomber et je serai ravi de la ramasser pour toi... » Souffla le brun de sa voix la plus séductrice.

Hmm... Il venait sans doute de comprendre que Kagami était diablement sérieux et prêt à s'attirer des ennuis, si cela pouvait lui permettre de le frapper avant. Alors Aomine changea de stratégie. Sa main caressa avec prudence le bras du rouge et le poing de Kagami se desserra, comme par magie.

« Voilà qui est mieux. »

Se penchant légèrement, le policier brossa ses lèvres charnues dans le creux du cou de son otage et Kagami ne put réprimer un gémissement de plaisir. Bien-sûr que tout au fond de lui, il avait envie de cela... depuis un moment déjà... les mois de frustration sexuelle accumulée et la colère qu'il ressentait à l'égard du brun semblaient à présent indissociables, courant dans ses veines comme une drogue irrésistible et instable. Discerner les émotions était devenu impossible et Kagami n'essaya même pas. Il attira simplement son bourreau contre lui, posant une main à l'arrière de sa nuque pour une embrassade passionnée.

Non... il ne fallait pas...

Par quelle sorcellerie Aomine parvenait-il toujours à avoir raison de lui ? Kagami n'était pourtant pas faible... mais quelque chose chez cet homme résonnait en lui, créant une puissante attirance.

Mais alors qu'il était sur le point de sombrer, Kagami réalisa soudainement que le bras soit-disant blessé d'Aomine était tout à coup bien mobile. Certes, jamais le brun n'avait dit qu'il était cassé. Il s'en était d'ailleurs bien servi hier pendant son strip tease improvisé, mais c'était comme si Aomine ne pouvait s'empêcher d'essayer de le manipuler pour le mettre dans son lit. Et Kagami détestait cela par dessus tout. Il n'était pas un jouet. Ni une marionnette sans volonté.

Et ça lui rappelait beaucoup trop son ex...

« Ton bras est trempé. » Lui fit donc remarquer le tigre qui revenait peu à peu à lui, malgré les baisers incisifs d'Aomine.

Malheureusement pour lui, le brun semblait tout aussi doué pour lui faire perdre la tête, que pour lui faire perdre toute forme de patience.

« On s'en fout... »

Se faire battre à plate couture par un mec qui avait un bras invalide était déjà suffisamment dégradant comme cela. Mais que le type en question ait réussi à lui faire avaler cette couleuvre, alors qu'en vérité, son poignet se portait parfaitement bien, serait bien la dernière chose qu'il réussirait à lui faire avaler avant LONGTEMPS... Dire que Kagami avait même ressenti de la culpabilité d'avoir blessé Aomine de la sorte... alors qu'en réalité, il n'en était rien et une fois de plus, le flic le menait par le bout de nez. Il ne restait donc plus à Kagami qu'à le mener par le bout d'autre chose, dans ce cas. Chacun son tour.

Aux grands maux, les grands remèdes...

Jouant le jeu, Kagami réclama un baiser enflammé et il jouta avec la langue d'un Aomine bien trop heureux d'accéder à sa requête. Tandis que le policier baissait sa garde, Kagami, lui, baissa sa main et l'envoya serpenter le long de ce corps sculptural. Aomine écarta même légèrement les cuisses en signe d'approbation et Kagami localisa facilement sa proie. Ses doigts effleurèrent deux joyaux ronds et lisses qu'il flatta en douceur. Ce traitement de faveur sembla plaire à Aomine qui frissonna et approfondit encore leur baiser humide.

Mais ce ne fut réellement que lorsque Kagami s'empara du sexe gorgé de désir d'Aomine que ce dernier abdiqua complètement. La reddition fut totale et un instant, Kagami eut un flash mental de son ex-fiancé dans une position similaire. Lui aussi adorait que le roux s'occupe de lui ainsi. Tous les hommes étaient les mêmes, décidément. A croire qu'ils n'avaient pas assez de sang dans le corps pour pouvoir irriguer à la fois leur cerveau ET leur bite. Tant mieux, car dans le cas présent, ça arrangeait foutrement le tigre.

Le roux massa donc soigneusement la longue hampe entre ses doigts experts, arrachant d'authentiques feulements de chatte en chaleur à son voisin. Puis, lorsqu'il estima qu'Aomine était assez détendu - ou plutôt « tendu » - il passa à la seconde et ultime phase de son plan. S'arrachant à la bouche avide du brun, Kagami recula subitement, non pas pour le laisser respirer, mais plutôt pour étouffer le membre toujours prisonnier de sa main.

FORT.

Comme le pis d'une vache que l'on serait en train de traire. Il fallait une sacrée poigne pour empêcher le lait de remonter dans le pis et dans son ranch du Texas, le grand-père de Kagami lui avait enseigné comment s'y prendre. Maîtrisant à présent cette technique ancestrale, Kagami n'aurait jamais imaginé s'en servir un jour de manière aussi détournée, mais cette initiative sembla efficace, lui rappelant même une vieille série qu'il regardait parfois dans son enfance, Xena The Warrior Princess, dans laquelle l'héroïne pouvait d'une simple pression du doigt bloquer l'afflux sanguin dans une partie du corps de sa victime, la privant ainsi d'oxygène à sa guise. C'était un peu le même principe ici et Kagami savait que s'il continuait à concentrer sa force à cet endroit de l'anatomie d'Aomine, son sexe n'allait pas tarder à devenir tout bleu et peut-être même, qui sait, à tomber.

Peu satisfait de ce retournement de situation, Aomine grogna pour signifier son désaccord. Mais il était déjà trop tard.

« Je sais que je n'ai pas le droit te frapper, ça pourrait laisser des traces, mais en ce qui concerne ta queue, c'est différent. Quelque chose me dit que tes collègues n'auront aucun mal à croire à une fracture accidentelle, intervenue en t'astiquant un peu trop vigoureusement sous la douche... »

Et effectivement, la réputation d'obsédé sexuel d'Aomine ou disons plutôt, le fait qu'il avait une vie amoureuse des plus florissante, n'était un secret pour personne au commissariat. La moitié des femmes flics de son unité était déjà passée dans son lit et pourrait sans mal confirmer ses frasques. Alors, de toute évidence, si Kagami décidait malencontreusement de lui casser son jouet préféré, les collègues d'Aomine y verraient les conséquences d'une séance d'onanisme qui a mal tourné, à force de trop se tirer sur l'élastique...

Et le brun écarquilla les yeux, horrifié par les paroles de Kagami. Il eut bien du mal à déglutir sa salive. Pas évident de continuer à faire le malin lorsque la partie la plus sensible et fragile de votre anatomie se trouve aux mains de l'ennemi...

« De toute façon, Tatsuya doit être en train de m'attendre à la sortie su gymnase et je parie qu'il se demande pourquoi je suis aussi long à le rejoindre. »

Dès que le prénom du frère de Kagami fut prononcé, le visage d'Aomine se ferma complètement. Ses traits se durcirent et Kagami crut même déceler une étincelle de jalousie au fond de ses pupilles.

« Tatsuya, c'est le minet au grain de beauté, pas vrai ? »

Pas étonnant pour un flic d'être physionomiste, Kagami hocha donc de la tête en lâchant l'excroissance Aominesque.

« Tsss... et il fait quoi dans la vie ? J'parie qu'il est dompteur de fauves. Faut au moins ça, pour sortir avec toi. »

Attends, QUOI ? Mais... mais non ! Ce n'était pas le genre de relation qu'il entretenait avec Himuro ! Ils étaient comme deux frères ! Ca ne leur avait même jamais effleuré l'esprit de se mettre ensemble ! Qu'est-ce qu'Aomine allait s'imaginer encore ? Et comme un signe du destin, la voix familière de Tatsuya retentit justement dans le vestiaire.

« Taiga ? Are you still here ? »

« Yes ! I'm coming, just wait outside, ok ? »

« Ok, but don't take too long... Atsushi is waiting for me at home. »

Une chance qu'Aomine ne capte rien à l'anglais...

« Tu vois, je dois y aller. J'ai pas envie qu'il nous surprenne et qu'il se fasse des idées. »

Et Kagami se hâta de sortir, le plantant là, sous la douche, avec pour seule compagnie un Junior encore bien réveillé entre ses cuisses.

Mais c'était bien mal connaître Aomine Daiki que de croire qu'il allait renoncer si aisément...


Le lendemain après-midi, à peine rentré d'intervention, Kagami (qui ruminait toujours sa défaite au basketball...) s'affala dans son canapé en cuir, mais il s'aperçut aussitôt qu'il avait oublié de faire rentrer sa chatte. La belle ragdoll à poils longs se trouvait toujours sur le balcon, griffant la vitre pour demander à son maître de lui ouvrir. Il faut dire qu'elle était tellement discrète et douce que Kagami oubliait souvent sa présence. Pas au point d'oublier de la nourrir, ni rien, mais juste qu'elle était là. Une véritable ninja à neuf vies. Et lorsque le rouge alla actionner la poignée de la porte-vitrée, l'horreur lui sauta à la figure. (je ne parle bien entendu pas de la miss :D)

Devinez ce qui jonchait littéralement la terrasse de son balcon ?

Et indice : il ne s'agissait pas des fientes de pigeons ou autres volatiles malintentionnés.

Ni de feuilles mortes.

Mais bel et bien de CAPOTES...

Usagées bien-sûr, sinon, ç'eut été trop beau !

Et comme de bien entendu, le félin s'amusait à jouer avec, les faisant jongler entre ses petites pa-pattes habiles, ce qui arracha un pur cri d'angoisse à Kagami, qui ne tenait pas DU TOUT à donner un bain à sa chatte ! Tout particulièrement si ses poils se retrouvaient aspergés du fluide laiteux suspect contenu à l'intérieur de ces protections en latex ! Arrachant donc son innocente fifille encore bien trop jeune pour s'ébattre dans cette décharge à petits soldats vaillamment tombés au combat, Kagami fulminait.

Une seule personne pouvait être derrière ce fléau : Aomine !

Et il allait justement sortir voir son voisin pour lui toucher deux mots sur le fait qu'à l'avenir, il serait préférable qu'il évite de confondre son balcon avec une banque du SPERME, lorsque tout à coup, il entendit distinctement la sonnette stridente de l'entrée. Il n'attendait pourtant aucune visite et il posa sa chattounette par terre, pour aller voir qui se cachait derrière sa porte. Sa surprise fut grande, lorsqu'il aperçut le livreur se tenant derrière la porte. Ce dernier tenait un grand colis cartonné qu'il remit à Kagami contre signature. Ca alors... c'était sûrement une erreur, parce que le rouge n'avait rien commandé récemment. Mais pourtant, l'adresse et le nom indiqués sur la boîte étaient corrects.

Kagami referma la porte en la poussant avec son pied et il amena son colis mystérieux dans le salon, puis il alla chercher de quoi l'ouvrir dans la cuisine. Muni d'une paire de ciseaux aiguisés, il posa la boîte sur ses genoux, découpant le ruban qui fermait l'emballage et...

Son cœur loupa un battement.

Non, deux, en fait.

Car au fond de la boîte se trouvait soigneusement pliée une tenue de soubrette... Ou maid, comme disent les japonais, aussi bien que les anglophones. Elle était composée d'une robe satinée à dominantes noire et blanche, resserrée par une sorte de corset à lacets au niveau de la taille et d'un tablier blanc à froufrous. On retrouvait ces mêmes froufrou aux manches et en bas de la jupette. Il y avait également des bas blancs assortis et de belles chaussures vernies à brides, aux talons vertigineux, dans le genre babies. Et parce que sans cela ne tenue ne serait pas véritablement complète, il y avait également un petit fichu en dentelle à se mettre sur la tête, à la façon d'une tiare, ainsi qu'un collier ras-cou en velours. (que Kagami risquait d'exploser avec son cou de bœuf...)

Bien entendu, un petit mot glissé sous enveloppe accompagnait le costume.

Kagami s'empressa de le lire.

Tai,

Tu trouveras dans ce colis ta tenue de travail.

Elle devrait être à la bonne taille et crois-moi, tu n'as pas du tout envie de savoir où je suis allé la dégoter. Mais bon, c'est fou tout ce qu'on peut trouver dans les sex shops et les boutiques pour drag queens de Ropongi.

Je te filerai l'adresse, si tu veux.

Mais bref, je m'égare... Sache que je t'attends chez moi à dix-huit heures tapantes. Je ne rentre que vers dix neuf heures, mais j'aimerai que tu viennes en avance pour préparer le dîner. Je veux du bœuf teriyaki et rien d'autre. Tu trouveras tous les ingrédients nécessaires dans le frigo, et je te conseille de jouer le jeu, sinon Biscuit se fera un plaisir de te rappeler à l'ordre. Ensuite, tu pourras t'occuper des tâches ménagères : balayer et laver le sol, épousseter les meubles, nourrir Biscuit, changer mes draps, faire ma lessive, vider et sortir mes poubelles et enfin, me faire un massage avant de dormir.

Ne sois pas en retard, je le saurai.

Et si jamais tu ne respectais pas les termes de notre pari en ne venant pas, (avec cette tenue sur le dos ou pas du tout, ça revient au même) sache que j'enverrai Biscuit chier devant ta porte tous les jours, jusqu'à ce que tu te décides à tenir parole.

BIEN A TOI.

Daiki.

P.S. : INTERDICTION D'ALLER DANS LA SALLE FERMEE A CLE A DROITE DE L'ENTREE

Pas de doute, avec ce ton arrogant et cette écriture baveuse, la lettre ne pouvait venir que de son salopard de voisin ! Alors il n'avait pas oublié leur pari ! Non, loin de là même. Il avait simplement misé sur le silence pour un effet de surprise plus probant. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était très réussi. Kagami n'avait rien vu venir et il n'avait même pas eu le temps de savourer son éphémère victoire de la veille. Plus que jamais, il réalisa qu'il avait gagné une bataille, mais c'était Aomine qui avait remporté la guerre... Et ça ne plaisait pas du tout à Kagami, mais s'il voulait éviter que le couloir ne se transforme en dépottoir de déjections canines (ce qui ne gênerait sûrement pas Aomine), il savait qu'il devait coopérer. Parce que le brun n'était pas du genre à plaisanter, il mettrait ses menaces à exécution si Kagami n'obéissait pas.

La mort dans l'âme, il attrapa la tenue pour aller l'essayer. Si elle était trop petite pour lui, Aomine accepterait sans doute qu'il ne la porte pas. C'était son seul espoir de s'en tirer avec le peu de dignité qu'il était parvenu à préserver. Mais le calvaire de Kagami ne semblait pas près de prendre fin, puisque non seulement le costume lui allait à ravir, mais en plus, Aomine avait glissé une petite culotte blanche à dentelle dans le lot. Ni vu, ni connu. Et inutile de dire que si Kagami refusait de la porter, le brun serait capable de considérer que le rouge n'avait pas joué le jeu jusqu'au bout. Le genre d'outrage qui risquait de lui coûter extrêmement cher.

Il avait l'impression d'être exploité. Pourquoi Aomine ne lui avait pas demandé de faire les pipes et le café, tant qu'il y était ?

C'est ainsi qu'à dix-huit heures précises, paré de ses plus beaux (et ridicules) atours, Kagami se rendit chez son voisin, avec la clé qui se trouvait dans le colis. Parcourir les quelques mètres séparant leurs deux appartements fut un calvaire sans nom pour Kagami et il se demanda honnêtement comment les filles faisaient pour marcher avec des talons pareils. Faire le ménage n'allait pas être une partie de plaisir perché sur de telles échasses. Sans même parler de cette jupe tellement courte, que Kagami devait sans arrêt tirer dessus pour éviter qu'on ne voit la naissance de sa petite culotte... ce qui, connaissant la perversité d'Aomine, était sans doute loin d'être le simple fruit du hasard.

Marquant l'arrêt devant la porte d'entrée de son voisin, Kagami inspira un grand coup pour se calmer. Il se sentait affreusement honteux et stupide dans cet accoutrement si vulgaire. Mais il n'avait pas le choix. Si par malheur, il décidait d'outrepasser les règles, Aomine allait lui tomber dessus avec son affreux cabot et faire de sa vie un enfer... Pas qu'elle ne le soit pas déjà, mais mieux valait éviter de titiller davantage le Diable en personne.

D'ailleurs, en parlant du Diable et de son Cerbère, Kagami pensa un instant au fameux « Biscuit ». Aomine l'avait déjà mentionné plusieurs fois et Kagami avait même douté de son existence à un moment, mais de toute évidence, ce n'était pas un fake, hélas. A quoi pouvait bien ressembler le compagnon à quatre pattes d'Aomine ? Kagami l'imaginait assez mal posséder un Chihuahua, quoiqu'avec un nom pareil, l'animal n'était certainement pas un Saint-Bernard. Mais bon, avec Aomine, il fallait s'attendre à tout et de toute manière, la race du chien ne changeait pas grand chose à la peur viscérale qu'il inspirait à Kagami. Le canidé pourrait tout aussi bien être haut comme trois pommes, ou au contraire peser une livre de muscles, Kagami flipperait de manière égale.

Introduisant la clé dans la serrure en tremblant d'appréhension, Kagami la tourna en faisant le moins de bruit possible pour ne pas attirer le chien. C'était un geste très technique à réaliser, si l'on considère que les canidés sont dotés d'une ouïe particulièrement fine. Mais plus que son ouïe, c'était surtout l'odorat du chien qui fut agréablement titillé lorsque Kagami fit irruption dans l'appartement de son maître. Dès qu'il eut franchi le seuil de la porte, le prédateur ne lui laissa aucune chance. L'affreux quadrupède se jeta de tout son poids sur lui pour lui faire la fête.

SA fête.

Surpris, Kagami perdit l'équilibre et il s'écrasa comme une pile de linge sale au sol. L'attaque fut si rapide que Kagami n'eut même pas eu le temps d'apercevoir son agresseur, mais soudainement, il sentit une énorme langue visqueuse lui ravaler gaiement la façade. Le rouge hurla, incapable de contenir un cri d'horreur. Il savait pourtant que faire du bruit risquait d'exciter le chien, mais là, c'était la peur à l'état brut qui parlait ! Mais contre toute attente, cela suffit à faire reculer l'animal à l'haleine aussi brûlante que pestilentielle. Biscuit s'assit face à Kagami, tirant sagement la langue en l'observant et l'américain put enfin contempler son bourreau.

Biscuit était donc un berger allemand de bonne taille, mâle ENTIER de surcroît (si l'on en jugeait par le petit bout rouge qui dépassait sous son ventre...), malgré ce que son collier ROSE BONBON indiquait et visiblement TRES content de faire la connaissance de Kagami (toujours à en juger par ce bout rouge qui dépassait fièrement). Tout laissait à croire qu'il s'agissait d'un chien policier, à commencer par sa race, en passant par sa musculature. Et Kagami put prendre toute la mesure de sa force lorsque l'horrible bête attrapa sa jambe et s'y frotta sans vergogne, en poussant de petits couïnements plaintifs.

Ok, après le maître, c'était donc le chien qui essayait de le monter, bien que Biscuit semblait pouvoir se contenter du viol de la jambe droite de Kagami. Et voici que le vaillant tigre était quasiment paralysé par la peur... Par pur instinct de survie, il parvint tout de même à ramper pour échapper à son prédateur, mais le chien prit cela pour une invitation et il essaya de lui grimper sur le dos. Un cauchemar, c'était un cauchemar ! A ceci près que le cauchemar avait de rassurant le fait qu'il se terminait dès qu'on ouvrait les yeux ! Et ce n'était pas le cas ici !

La vision de Kagami commença à se flouter et ses tremblements flirtaient à présent avec la crise de tétanie. Vite, il devait trouver une solution pour se tirer de cette mauvaise passe, car il sentait la vie le quitter peu à peu. Au bord de l'évanouissement, mais dans un élan de lucidité inouïe, Kagami repéra une petite balle en plastique rose glissée sous un des meubles d'Aomine. Tendant le bras au maximum, lui l'attrapa, ramenant avec elle un paquet monstrueux de poils, poussière et cheveux sales, à croire qu'Aomine ne passait jamais le balai ici.

D'ailleurs, le sol était collant et tâché aussi, mais merde, ce n'était pas le moment de jouer à l'inspecteur de l'émisision « C'est du Propre ! » et Kagami usa donc de ses dernières forces pour lancer la balle, en visant la pièce ouverte sur le côté gauche du couloir. Son tir à trois points fut parfaitement exécuté et Kagami prononça la formule magique ancestrale à laquelle NUL chien ne saurait résister, depuis l'aube de leur domestication.

« Va chercher la baballe ! »

Et aussitôt, le miracle inespéré eut lieu : Biscuit se redressa, alerte et il cessa sa cour insistante auprès du fessier de Kagami pour se précipiter dans la pièce où il avait vu filer la balle. Kagami se releva d'un bon, guidé par des réflexes acérés acquis dans son métier et il ferma bien la porte pour coincer le chien à l'intérieur de la salle où il avait trouvé refuge. Restant accroché à la poignée, Kagami se laissa glisser le long de la porte derrière laquelle il entendait Biscuit pleurnicher. Il fallut plusieurs secondes à l'américain pour recouvrer ses esprits et il soupira de soulagement.

En fait, il se serait bien roulé en boule, en PLS, dans un coin, mais cet appartement était décidément beaucoup trop sale pour qu'il s'y autorise. Bon, il avait quand même bien mérité une petite pause après ce combat acharné contre le Cerbère et il se l'octroya donc volontiers, histoire d'éviter la crise cardiaque qui le guettait sournoisement.

Et immédiatement, un besoin primaire s'empara de son corps : celui de BOIRE.

Mais pas de l'eau, non, non !

Plutôt de la bonne vieille biture, pour se remettre de ses émotions.

Kagami se releva donc courageusement et il commença à fouiller sommairement la cuisine. Ce mec devait bien avoir de l'alcool quelque part, nom d'un chien ! Heu non... finalement, éviter d'employer le mot « chien » pendant les prochains jours... Aomine avait bien quelques bières au frigo, mais Kagami avait besoin de quelque chose de plus FORT. Il repéra cependant le bœuf teriyaki, ainsi qu'une énorme côte de bœuf crue sur laquelle était collée une étiquette mentionnant affectueusement le nom de « Biscuit ». Kagami referma donc le réfrigérateur et il alla fouiner du côté du salon, où des vêtements puants avaient élu docile sur le dos du canapé.

Kagami ne manqua également pas de noter l'immense pile de cartons d'emballage de nourriture à emporter qui faisait office de table basse. Ah non en fait, rectification, il y avait bien une table basse, une vraie, en dessous de cette montagne de déchets. A croire qu'Aomine comptait ouvrir une pizzeria ! Bref, ses pérégrinations le conduisirent jusqu'au grand buffet en chaîne massif situé dans le coin gauche de la pièce, faisant face à la garde porte fenêtre similaire à celle de l'appartement de Kagami, qui donnait sur le balcon. Le rouge l'ouvrit donc et BINGO, il attrapa la première bouteille de whisky (déjà entamée) qui passa à sa portée.

Cul sec, il but au goulot pour se remettre les idées en place et putaiiiiiin ça fait du bien par où ça passe ! Sauf que quand il fut question de ranger la bouteille, Kagami constata avec horreur le nombre indécent de bouteilles présentes dans le cabinet. Toute à moitié vides... et il y avait également pas mal de cadavres de bouteilles disséminés un peu partout dans le salon, jonchant parfois même la moquette tâchée par endroits.

Merde... Aomine semblait vraiment avoir un réel problème avec l'alcool.

Mais ce n'était pas les affaires de Kagami et même si cela le peinait, il n'était pas en droit de juger et il ne pouvait rien faire. Il décida donc de chasser cette image mentale et de retourner en cuisiner pour s'occuper du dîner. Le plan de travail était minuscule et complètement encombré d'assiettes sales, dans lesquelles flottaient quelques restes de nourriture impossible à identifier. Quant à l'évier, il paraissait dévoré par le calcaire et faisait office de cimetière de plats à moitié brûlés. Okkkkkk boooon... mieux valait commencer par redonner un visage humain (façon de parler) à cette cuisine. Kagami se baissa et il trouva heureusement quelques produits d'entretien dans le placard sous l'évier.

Pas assez à son goût, mais l'essentiel était là et c'était plus que suffisant. Il se saisit donc d'une éponge PROPRE (bah oui... vu le peu de fois où elle avait du servir, ce n'était guère étonnant...) et il la trempa dans du liquide vaisselle et roule ma poule. Avec un peu d'huile de coude, il parvint à gratter les traces de cramé au fond des plats et il nettoya consciencieusement les autres ustensiles de cuisine du brun. Force était de constater qu'il en avait peu, alors ce fut relativement rapide. Quelle utilité aurait-il à en posséder beaucoup, puisque, de toute évidence, Aomine préférait les plats préparés livrés à domicile. Ca demandait moins d'effort d'attendre le cul vissé dans le sofa qu'on vous amène votre pitance !

Les couteaux de cuisine étaient rudimentaires et ne semblaient pas avoir été aiguisés depuis... depuis leur achat, en fait. Qui devait dater d'une bonne dizaine d'années, vu l'état déplorable des lames émoussées et ternes. Qu'à cela ne tienne, Kagami s'évertua à leur faire retrouver leur éclat et leur tranchant d'antan et une fois sa mission accomplie, l'infatigable rouge débarrassa et nettoya le plan de travail. Il sécha chaque assiette et la rangea à sa place, puis il sortit la nourriture du frigo. C'était à se demander comme Aomine avait fait pour échapper à la contamination alimentaire jusqu'ici. D'ailleurs, même son frigo faisait la gueule et mériterait une remise en état à laquelle Kagami s'attaquerait sans doute une prochaine fois...

… Prochaine fois ?

Erf... c'était comme s'il venait de s'avouer de lui-même qu'il comptait revenir ici dans un avenir pas si lointain...

Il faut dire qu'avant de venir ici, il avait passé tout l'après-midi à cogiter sur le genre d'endroit où vivait Aomine. Il s'était même demandé si le brun ne ferait pas exprès de tout salir pour lui donner encore plus de fil à retordre. Mais au final, ce n'était pas le cas. Aomine vivait tout simplement dans un dépotoir, H24, 7j/7j et pas uniquement pour emmerder Kagami.

Et c'était triste...

Comment et surtout, pourquoi, le brun s'était-il laissé aller à se point ? A vivre dans un tel état de crasse et de désordre ? Kagami avait souvent entendu dire que les gens qui se font submerger par le chaos sont des gens qui ont essuyé une déchirante perte. C'était sûrement le cas d'Aomine, mais Kagami doutait que le brun accepte de lui en parler... Il décida donc de se concentrer sur la préparation assez technique du bœuf. Aomine n'avait pas opté pour le plat le plus aisé à cuisiner, mais Kagami n'avait ni le cœur, ni l'envie de passer outre sa commande. Il découpa donc habilement des carrés dans la chair tendre et juteuse, puis, il s'occupa de l'élaboration de la sauce teriyaki, qui servirait à la la fondue.

La viande devait mariner dedans suffisamment longtemps pour s'imprégner des arômes, mais le temps jouait contre lui, alors Kagami ne se faisait pas trop d'illusion. Néanmoins, il donna le meilleur de lui-même dans la confection du dîner. Il voulait que le repas soit mémorable, bien qu'Aomine ne le mérite pas, mais oui, le roux avait un petit faible assez prononcé pour son voisin et la cuisine était l'occasion de laisser son cœur parler en toute impunité et en toute discrétion.

Et puis ne dit-on pas justement que le meilleur moyen de séduire un homme, c'est de passer par son estomac ? Kagami souhaitait l'amadouer pour commencer, l'attendrir dans sa chair, exactement comme il était en train de le faire avec les cubes de bœuf. Mais sans couteau. Et sans sauce. Juste avec ses sentiments, en espérant qu'ils touchent Aomine...


Lorsqu'Aomine rentra, il était dix-neuf heures pile. Bizarrement, Kagami ne le pensait pas être du genre ponctuel, mais il fallait croire qu'il se trompait lourdement.

Toujours était-il que la démarche du brun était... peu assurée. Kagami remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas et il lâcha son aspirateur en voyant Aomine tituber vers le salon. Il venait de terminer de passer la serpillère sur le sol et Aomine ne se donna même pas la peine de retirer ses chaussures en pénétrant dans l'appartement.

« Oi ! » Le houspilla Kagami, sourcils froncés dangereusement. « Enlève tes pompes, t'es en train de tout saloper ! »

« Et bah t'auras qu'à tout re-nettoyer. » Asséna t-il autoritairement.

Ca commençait bien.

Dire que Kagami s'attendait plus à une scène du genre « Chéri, je suis rentré ! Comment s'est passé ta journée ? Les gosses ont pris leur bain et faits leurs devoirs ? ». Mais ça, ça n'arrivait que dans les sitcoms... Et là, c'était la vie réelle...

Peut-être que le policier avait subi une journée difficile et il le faisait payer à Kagami. Ce ne serait pas le premier à faire cela, (Son ex-fiancé adorait passer ses nerfs sur le tigre avant...) surtout en exerçant un métier aussi stressant et complexe. Mais tout de même, ce n'était pas une raison pour lui parler ainsi. Kagami avait même préparé la table, mettant des chandelles dessus, en pensant naïvement que cela apporterait un peu de réconfort à Aomine après sa journée de laveur.

Mais que nenni, Aomine ne les remarqua même pas et il posa ses pieds, toujours chaussés de leurs bottes boueuses, sur la table basse. Puis, il snoba Kagami et attrapa la télécommande pour allumer la télévision.

« Hé, cesse de m'ignorer ! »

Pas le moindre commentaire non plus sur la tenue que le brun avait expressément demandé à Kagami de porter.

« Apporte-moi une bière. Fraîche.»

« Hors de question, on va passer à table dans quelques minutes, alors prends ton mal en patience. Et vire tes pieds de là. »

Et pour se donner plus de consistence, Kagami se plaça devant la télévision, bouchant la vue à Aomine, qui commença à se contorsionner inutilement pour suivre le talk-show insipide diffusé sur petit écran. Mais le brun se lassa le premier et il reporta alors sur attention sur Kagami. Et plus précisément, sur son costume cette fois. Comme s'il venait tout juste de percuter.

« T'as un trou dans ton bas gauche. » Fit-il en le désignant, du bout de la télécommande qu'il tenait en main.

« Ouais bah dis merci à ta saleté de chien pour ça. Il m'a littéralement sauté dessus tout à l'heure ! »

« Biscuit ? Oùkilé d'ailleurs, je l'ai pas vu en rentrant et d'habitude, il est toujours devant la porte à me faire la fête quand j'arrive. J'espère que tu l'as pas laissé se sauver ! »

« Tiens, j'aurai du. La prochaine fois, je ferai ça, ça m'évitera de manquer de me faire violer par ce cabot enragé. »

« Tu l'as foutu où ? »

« Je l'ai enfermé dans ce que je suppose être la salle de bain. »

« QUOI ? Comment t'as osé faire ça, enfoiré ? Qui t'a donné la permission ? » Eructa Aomine en se levant soudainement, visiblement en colère.

Wow du calme ! Pas la peine de réagir si violemment, Kagami avait l'impression qu'il venait d'avouer qu'il avait égorgé le berger allemand avec un couteau de cuisine rouillé et qu'il l'avait laissé se vider sur le carrelage...

« C'est bon, relax, je ne lui ai pas fait de mal non plus ! C'est ton clebs qui... »

« Encore heureux. » Le coupa sèchement Aomine. « Parce que si tu avais touché un seul de ses poils, ça se serait très mal fini pour toi, ça j'te l'garantis... »

Laissant Kagami planté au milieu du salon, le brun se dirigea dans le couloir pour délivrer son fidèle compagnon canin. Reconnaissant son maître, Biscuit se leva sur ses pattes arrières et il lécha le visage d'Aomine en sautillant gaiement. Il ne semblait pas vraiment traumatisé et plutôt en pleine forme, même, comme s'il ne s'était rien passé.

« Ahahaha bon chien ! Tu pues d'la gueule, mais c'est pas grave, je t'aime quand même ! » Rit Aomine.

Son expression faciale venait de changer du tout au tout. Lui qui avait l'air sur le point de commettre un homicide un peu plus tôt, semblait complètement apaisé à présent. Mais Kagami n'eut pas le temps de se réjouir, ni même d'esquisser un sourire devant cette scène adorable, que déjà, le canidé des enfers délaissait son maître pour se ruer sur lui.

« Aaaaah ! » Cria le rouge en trouvant refuge sur une grande chaise. Et il était vraiment à deux doigts de se suspendre au lustre si cela ne suffisait pas à dissuader Biscuit. « Couché le chien ! Houste ! Barre-toi ! »

Kagami faisait des moulinets avec ses bras, mais bien loin de le rendre impressionnant, cela semblait plutôt exciter davantage le chien. Ou lui faire de l'air. Ce qui était bien agréable. Et l'horrible clébard sauta si haut, qu'il arriva à attraper un bout de la jupette de Kagami entre ses crocs et il tira dessus pour faire tomber le rouge, qui fut obligé de se baisser pour tirer sur le mince tissu qui lui couvrait à peine les fesses, déjà, en temps normal. De son côté, et comme il fallait s'y attendre, Aomine était plié en deux de rire. Un peu à la façon d'un père de famille qui se marre quand son rejeton démoniaque s'amuse à soulever les jupes des filles à la récré. Mais voyant sa femme de ménage au bord de la crise de larmes, mains sur la tête et tremblante, Aomine décida qu'il était grand temps d'intervenir.

« Aux pieds ! » Ordonna t-il sans trop élever la voix.

Et ces paroles furent aussi radicales que salvatrices. Instantanément la bête, revint auprès de son propriétaire, mais ce dernier n'en resta pas là. « Panier » indiqua t-il et le chien d'obéir sans rechigner, se couchant dans son panier, situé à l'opposé d'eux, dans le salon. Tel un prince, Aomine s'approcha ensuite de sa damoiselle en détresse et il lui tendit la main pour l'aider à descendre de sa tour d'ivoire de fortune.

« Ne craignez rien ma mie, votre preux chevalier est arrivé pour vous arracher aux griffes de ce monstre sanguinaire. »

Kagami se saisit sans hésiter de la main tendue cette fois, contrairement au match et il tomba dans les bras de son sauveur. Sauveur qui n'était apparemment pas très au fait des bonnes manières, puisqu'il en profita pour passer une main curieuse sur la chute de reins de sa dame, geste qui se solda immédiatement par une sanction sous forme de tape sur la main incriminée.

« Ow ! J'ai droit à un petit bisou pour récompenser mon courage, au moins ? »

« VA CHIER ! »

« Hmm... d'accord, puisque tu l'prends comme ça... BISCUIIIIIIIIIIT ! »

Le chien releva à la tête et ses oreilles papillonnèrent légèrement, pour montrer qu'il attendait ses instructions.

« Non ! C'est bon, tout mais pas ça putaiiin, ne le rappelle pas ici ! »

« Seulement si tu m'embrasses. »

A contre-coeur (enfin, pas totalement...), Kagami s'exécuta et sa langue vint saluer sa comparse, ne manquant pas de noter son goût très alcoolisé au passage. Kagami avait donc vu juste, Aomine avait bu avant de venir. Et pas que de l'eau, si vous voyez ce que je veux dire. Ses craintes se confirmèrent, mais il préféra faire fi de cette information, du moins, pour le moment. Il était en position de faiblesse, alors il serait bien malvenu de faire la morale au maître des lieux à ce sujet...

« Alors comme ça, Biscuit a été vilain avec toi ? Pauvre bout'chou... » Soupira Aomine, la voix moqueuse, tandis qu'il caressait tendrement la joue de Kagami.

Le rouge piqua un fard et détourna le regard, un peu honteux.

« Si je ne m'en étais pas débarrassé, il aurait passé l'après-midi à me coller et à me renifler le cul ! »

« Sans doute. Mais je ne peux pas dire que je ne le comprends pas... Tu connais le dicton : "tel maître, tel chien". Il semblerait que Biscuit et moi, nous ayons les mêmes goûts et ce n'est pas la première fois que je le remarque. »

« Vachement rassurant... enfin, tant que vous ne couchez pas avec les mêmes personnes, ça va, je suppose. » Avoua Kagami, sans quitter le chien du regard. Mieux valait le surveiller au cas où l'envie lui prendrait de quitter son panier à l'osier dévoré.

« Arrête de le fixer comme ça, sinon il va prendre ça pour une marque de provocation. Il ne faut jamais regarder un chien droit dans les yeux. Sauf si tu es son « dominant ». »

« Son... dominant... ? » Répéta Kagami en se reculant un peu.

Ce mot... lui rappelait des souvenirs... encore douloureux.

« Les chiens descendent des loups et leur instinct de meute est toujours très développé. Ils ne font pas différence entre eux et nous, alors regarder un chien droit dans les yeux, c'est considéré comme une agression, qui équivaudrait en langage humain à cracher à la gueule d'un mec, ou à traiter sa mère de travailleuse du sexe fort gourmande et peu vertueuse, tu vois ? »

« Ah heu... d'accord... je n'en savais rien... Jvoulais pas insulter Biscuit, ni sa mère... »

« Je sais bien, mais lui, il n'en a pas conscience. »

Aomine planta alors son regard de braise dans celui de l'animal qui baissa immédiatement les oreilles en signe de soumission.

« Et donc, ça marche avec toi parce que tu es son dominant ? »

« Ouais, ça veut dire qu'il me reconnaît comme son chef. Il sait que c'est moi le plus fort et qu'il a pas la moindre chance si je m'énerve. »

Sans savoir pourquoi, Kagami frissonna des orteils à la pointe des cheveux. Les mots d'Aomine avait une étrange résonance. Et le roux ne tarda pas à comprendre pourquoi.

« J'espère que toi aussi tu finiras par le comprendre. » Fit Aomine en plantant son regard dans celui de Kagami cette fois.

Mais bien loin de baisser les yeux, Kagami fronça des sourcils en guise de réponse.

« Sauf que moi, j'suis pas un clébard. Et toi non plus, au passage. »

Non en fait, que ce soit anatomiquement ou moralement, Aomine était plus proche d'un bonobo. Mais si ça amusait Aomine de se comparer ou de se prendre pour un chien, grand bien lui fasse. Parce que Kagami venait de se rappeler d'une légende qui dit qu'en Inde, les tigres adooooorent dévorer les chiens de berger, encore plus que les troupeaux qu'ils sont sensés protéger.

« Dommage, ça me plairait bien de devoir te pisser dessus pour marquer mon territoire. »

« Ugh... gross... » Maugréa Kagami en retroussant le nez.

« Allez, viens regarder la télévision avec moi ! »

« J'peux pas, le repas va bientôt être prêt. »

« Bah justement, raison de plus pour profiter du temps libre qu'il te reste. »

Kagami s'approcha donc timidement du brun qui avait déjà repris place sur son sofa, dont l'un des côtés était plus creusé que l'autre.

« Tu veux regarder quoi ? J'ai la chaîne porno, si ça t'intéresse. »

« Pourquoi ça ne m'étonne même pas ? » Soupira Kagami.

« Sans doute passssssske tu commences à m'connaître. »

« Ouais, hélas. C'est la seule explication. »

« Allez, arrête de discuter et assis-toi plutôt. » Exigea Aomine, sans doute plus habitué à adresser cette requête à Biscuit.

Et Kagami allait obéir, quand le brun secoua la tête en signe de désapprobation.

« Nan, pas sur le divan. Viens plutôt là, sur mes genoux. C'est plus confortable/ » Sourit-il en tapotant une de ses cuisses.

Et puis quoi encore ? Aomine le prenait-il pour une sorte de... « poule de salon » ? Le confondrait-il avec une de ces filles impolies qu'il avait pour habitude de ramener dans sa tanière ? Ce serait encore plus dégradant que de porter cette fichue tenue de bonniche ! Bon ok... peut-être pas, mais c'était du même acabit ! Kagami accepta cependant en roulant des yeux. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour que le flic lui foute la paix... Non parce que c'était encore un coup à partir en engueulade et avec Biscuit à ses côtés, Aomine aurait facilement le dessus. Lissant bien sa jupe pour ne pas la froisser, Kagami choisit donc d'éviter le conflit et il s'assit sur le jeune homme. Aomine était vraiment chaud et le roux sentait son souffle alcoolisé dans son cou...

« Bah voilà, tu vois, c'était pas si terrible. »

Oh que si. Et même pire, encore. Mais l'avouer ferait trop plaisir à Aomine et Kagami savait qu'il devait se détendre, s'il voulait éviter de s'attirer les foudres du maître des lieux. Aomine zappa sur un match de baseball de ligue japonaise, complètement soporifique et il déclara :

« Quand j'aurai fini de becqueter, tu t'occuperas de la poussière sur les meubles avec un joli plumeau, pendant que je te regarderai faire. »

« Pourquoi, y aura plus rien à la télévision ? »

« Si, mais rien d'aussi intéressant que toi. »

« Oh ? Même pas la chaîne porno ? Je dois dire que je suis... flatté. »

Mais en vérité, ça ne l'enchantait guère. Parce que Kagami s'imaginait CARREMENT Aomine installé comme un prince dans son trône, en train de le reluquer sous toutes les coutures (et préférablement, sous sa jupe...), en laissant traîner ses mains baladeuses. Et si d'aventure Kagami osait se rebeller, le Colonel Aomine ferait appel à l'Adjudant Biscuit pour rétablir l'ordre. Bien-sûr, Aomine profiterait pleinement de ce petit spectacle rien que pour lui, en se grattant le bide, bière sur l'accoudoir, à moins qu'il ne soit carrément occupé à se remettre les balloches en place.

Quelle vision de rêve...

Kagami ne pouvait décidément pas décliner une telle offre...

« Bien entendu, tu devras m'appeler Maître ! »

Sauf qu'au bout d'un quart d'heure miraculeux au cours duquel Aomine ne tenta rien de cochon, Kagami entendit la sonnerie du minuteur tilter, signe que son plat était prêt à être servi. Soupirant de soulagement, il se leva, un peu surpris malgré tout que son « maître » ne tente pas de le retenir. Mais il comprit rapidement pourquoi, étant donné que l'insupportable brun venait de s'endormir comme une masse dans le canapé. Sans doute un des effets de l'alcool. Néanmoins, Kagami le trouva encore une fois attendrissant avec son filet de bave au coin des lèvres.

Aomine ressemblait tellement à un enfant.

A un sale gosse, certes, mais à un enfant avant tout.

De toute façon, dans cette histoire, c'était le policier qui serait le plus déçu, en se réveillant le lendemain et en constatant qu'il n'avait même pas pu profiter de Kagami, autant qu'il l'avait prévu. Parce que connaissant le brun, il avait sans doute élaboré tout un programme pour cette soirée fantasmes et ménage.

Dommage, mais Kagami n'arrivait pas vraiment à le plaindre là, tout de suite. Non, en fait, il était plus occupé à essayer de le faire se lever. Passant le bras d'Aomine autour de son cou pour qu'il s'appuie contre lui, Kagami marcha lentement vers la chambre de l'énergumène. A cause de son métier, il avait l'habitude de porter des victimes inconscientes, alors ce ne fut pas très compliqué de le mener à bon port. Biscuit ne bougea pas d'une oreille, se contentant d'observer le couple improbable qui déambulait dans l'appartement. Kagami largua son passager sans encombre dans son lit. Il avait sommairement rangé la chambre d'Aomine avant qu'il ne rentre du travail, mettant les vêtements sales qui traînaient un peu partout, directement dans la machine à laver, (qui ne devrait d'ailleurs pas tarder à être terminée...) mais il n'avait pas contre pas eu le temps de changer les draps. Tant pis. Aomine ne verrait pas la différence, de toute manière. Pas dans son état d'ébriété et d'épuisement actuels, en tous cas.

Positionnant bien le brun sur le ventre pour qu'il ne s'étouffe pas si l'envie de vomir lui prenait, Kagami ferma ensuite les volets et il enleva les bottes d'Aomine, pour un meilleur confort. Difficilement, mais à force d'acharnement, les chaussures récalcitrantes finirent par lui rester dans les mains. Et tandis qu'il s'éloignait pour couver encore un peu du regard Aomine et s'assurer que tout irait bien pour lui, Kagami buta contre la table de chevet. Hormis le fait qu'elle soit couverte de revues cochonnes, de préservatifs (encore emballés, ouf !) et d'un tube de lubrifiant senteur... « poulet rôti » (… non mais, SERIEUSEMENT ? Qui avait bien pu inventer un truc pareil et à quel moment ça lui avait semblé être une bonne idée ?), se trouvait également posée dessus une boîte de médicaments. Kagami lut l'étiquette et ses craintes se confirmèrent. Car il ne s'agissait pas d'une bête boîte de vitamines...

« Anti-dépresseurs... »

Merde... Se passant une main dans es cheveux, il se sentit mal. Ca y est. Il avait totalement pitié d'Aomine. Mais quelle que soit la mauvaise passe qu'il traversait actuellement, rien ne donnait à Aomine le droit de se comporter comme le roi des enfoirés. Et soudainement, un détail de la lettre d'instructions du brun lui revint en mémoire. Ca ne l'avait pas spécialement intrigué sur le coup, mais à présent, Kagami se demandait s'il avait un rapport avec l'état psychique d'Aomine. En effet, le brun avait mentionné l'existence d'une salle verrouillée, dans laquelle Kagami ne devait pas mettre les pieds.

Sur le coup, il avait connement pensé qu'il s'agissait peut-être de l'endroit où le flic cachait ses pr0ns, mais de toute évidence, Aomine n'était pas le genre de gars à se cacher de quoi que ce soit. Kagami en voulait pour preuve les poubelles débordantes de préservatifs, qui peuplaient l'appartement. Et encore, Kagami s'estimait chanceux lorsque les capotes mal fermées ne s'étaient pas carrément déversées sur le sol, comme ce fut le cas de deux ou trois de ses trouvailles (et dont il se serait bien passé). Comme quoi, même le grand Aomine Daiki rate ses paniers parfois... Mais maintenant, il semblait clair à Kagami que cette pièce abritait un autre secret plus sombre et en rapport avec le comportement auto-destructeur de son énigmatique voisin.

Quoiqu'il en soit, ce n'était encore une fois pas ses oignons et puis, il serait encore temps de poser la question à Aomine plus tard. Le brun trouverait certainement une excuse lamentable à cette interdiction, mais Kagami aviserait au moment voulu. Pour l'instant, sa priorité était de rentrer chez lui.

Il se dépêcha donc de sortir de la chambre et il prépara plusieurs bentô pour la panthère noires, avec le bœuf teriyaki qu'il s'était emmerdé à cuisiner pour rien, au final. Enfin... Aomine serait sûrement ravi de trouver des restes comestibles à emmener au travail demain. Kagami referma donc soigneusement les boîtes et il les fourra dans le frigo qui, s'il était dans un état de salubrité plus que douteux, (et encore... ce n'était rien comparé au micro-ondes à l'intérieur duquel quelque chose de vivant semblait avoir explosé, le repeignant ainsi d'une couleur oscillant entre le pourpre et le rouge...) fonctionnait au moins correctement.

Il prit enfin les sacs poubelles à déposer aux ordures et tandis qu'il allait sortir avec de l'appartement, il aperçut Biscuit, toujours docilement allongé dans son panier tout rongé.

Et certes, Kagami avait beau avoir une peur bleue des canidés en tous genre (raison pour laquelle il ne pouvait pas regarder un film d'horreur avec des loups garous sans faire une syncope...), il n'était tout de même pas cruel au point de laisser une pauvre bête mourir de faim. Par mégarde cependant, il s'avéra que le regard du berger croisa celui de Kagami, qui se rappela immédiatement de la leçon d'Aomine sur l'esprit de meute, la dominance et la maman qui tapine.

Trop tard, malheureusement.

Car le mal était fait.

Biscuit commença à se redresser dans son panier et Kagami recula lentement, essayant de réprimer ses tremblements viscéraux.

« G-gentil toutou... dou-doucement... »

Mais le gentil toutou il n'en avait que faire des supplications de Kagami ! D'ailleurs, le fameux petit bout rouge de toute à l'heure était à nouveau de sortie et Kagami ouvrit de grands yeux choqués. Bordel, manquait plus que ça ! Et cette fois, point de baballe ou d'Aomine pour le protéger des assauts sexuels de ce chien dépravé. Prenant donc son courage à deux mains (en ayant au préalable posé les sacs poubelles fermés par terre), Kagami essaya de se rappeler de l'attitude d'Aomine un peu plus tôt face à son animal. Apparemment, la clé de la réussite résidait dans une certaine... assurance... Le dresseur improvisé inspira alors profondément et il ordonna d'une voix ferme, à la manière d'un chef de meute (ou du moins, de l'image qu'il en avait) :

« Pas bouger. Couché ! »

Putain, ça lui rappelait le dernier film qu'il était allé voir au cinéma avec Nash avant leur rupture... "Jurassic World"... avec Chris Pratt en dompteur de raptors. Peut-être qu'Aomine l'avait vu lui aussi et que c'était de là qu'il avait tiré tout son beau discours naturaliste ?

En tous cas, cette fois, le subterfuge improvisé fonctionna à merveille. Kagami en fut le premier surpris, mais pas question de le montrer, Biscuit pourrait en profiter pour revenir lui faire la misère. Le rouge attendit donc que le chien se soit bien sagement recouché et il fonça ilico en cuisine pour servir la côte de bœuf qu'il avait aperçue un peu plus tôt dans le réfrigérateur. Il en profita également pour changer l'eau de la gamelle de Biscuit, qui avait pris une drôle couleur verdâtre, puis il se dépêcha de noter un petit mot à l'attention d'Aomine, (sur lequel il écrivit qu'il avait laissé des bentô au frais pour lui) avant de reprendre les sacs à sortir.

Puis, il sortit donc avec.

… De l'appartement d'Aomine bien-sûr, pas "sortir avec" dans le sens leur rouler des pelles, hein !

Le pompier avait encore la chair de poule suite à sa confrontation avec le cerbère des lieux, mais finalement, il relativisa en se disant que cela aurait pu être bien pire. Comme finir à l'hôpital, par exemple. Ohhh ça lui était déjà arrivé, justement à cause d'un cabot un peu trop téméraire, alors ne vous moquez pas !

En tous cas, il l'avait échappé belle et à présent, il pouvait souffler dans l'alcôve de son appartement. Ce lieu sain. Et calme. Et accueillant. Et propre. Et chaleureux. Et surtout, sans chien.

Et dans lequel il savait qu'il allait pouvoir passer une nuit ENTIERE, TRANQUILLE ET SANS INTERRUPTION DE BON SOMMEIL REPARATEUR CETTE FOIS.

L'avenir lui donna raison sur ce point.

Mais ses mésaventures n'étaient pas terminées pour autant.


Et le lendemain matin, tandis que Kagami prenait son café au lait sur sa petite terrasse (nettoyée, et désinfectée bien entendu !), il rouspéta en voyant que sa chatte se baladait sur le balcon d'en face, soit chez Aomine, donc.

« Sassy ! Vilaine fille ! Il ne faut pas aller là-bas ! Le voisin a un méchant chien qui serait RAVI de te croquer et en plus, tu es bien trop glamour pour fréquenter cette immonde porcherie ! »

Quoique maintenant, elle était nettement moins sale, même si Kagami n'avait pas eu le temps de tout briquer...

La chatte le fixa de ses grands yeux turquoises et elle miaula faiblement, comme pour dire « Oui Papa ! » et c'est à ce moment précis que Kagami remarqua qu'elle avait un petit mot attaché à son collier... Le rouge le déplia doucement, tenant bien sa chatte contre lui. Après les pigeons voyageurs, le chat postier ! C'était si romantique !

… Ou pas.

Et logiquement, le message provenait de son cher et tendre voisin.

Tai,

Merci pour les bentô. Putain, j'me suis assoupi comme une merde hier...

Désolé, tu dois me trouver tellement à chier...

Effectivement, c'était le moins que l'on puisse dire, mais pas pour les raisons que l'on pourrait croire... Kagami reprit donc sa lecture, sourire aux lèvres.

mais en ce moment, j'ai des difficultés à trouver le sommeil, alors... j'en avais vraiment besoin.

Bref, je suis également content de voir que Biscuit ne t'a pas taillé en pièces.

Ni taillé une pipe, d'ailleurs.

Encore merci (je ne manquerai pas de te faire une super pub auprès de nos voisins durs de la feuille !) et tu trouveras ci-dessous la liste des courses dont j'ai urgemment besoin.

Pardon !? Il se foutait de sa gueule là ? Apparemment pas, à en juger par ladite liste...

- Le dernier CD de Mai-chan

- Le magazine « Culs de feu » du mois de Juin

- Une boîte de préservatifs extra-lubrifiés (pour pénétration anale) taille XXL

- Passer à la boutique de location en bas de la rue pour rendre le DVD « Grands-Mères Chaudasses ». Je l'ai déposé dans ta boîte aux lettres, mais y aura sûrement quelques petits intérêts de retard de rien du tout à payer, alors n'oublie surtout pas de prendre ton portefeuille.

A plus.

Daiki.

P.S. : Tu peux garder le costume de soubrette, je te l'offre ! (à condition que tu ne l'utilises qu'avec moi, évidemment !)

Trop aimable ! Dire que le rouge avait failli se tordre la cheville avec ces maudites plateformes aux pieds ! Mais c'est alors qu'il remarqua une inscription tout en bas de la lettre...

P.S.2 : Il se peut que Biscuit ait malencontreusement pissé sur ta porte quand je l'ai sorti ce matin... Tu comprends, j'ai complètement zappé de lui faire faire sa promenade hier soir, alors il a pas pu se retenir ! Je crois que ton odeur l'excite et il a pas envie qu'un autre chien lui pique sa place (et ceci n'est pas du tout une référence à peine voilée à ce Tatsuya qui te tourne autour...). Bref, réjouis-toi ! A défaut d'être son "dominant", je crois que tu es bien placé pour devenir son arbre préféré ! Ouais, voilà, il te considère comme son arbre à pipi !

P.S.3 : Tu diras à Tatsuya qu'une mouche lui a chié sous l'oeil! (Personne ne me fera avaler qu'il s'agit d'un grain de beauté !)

Bisous ^x^

Cette fois, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ivre de rage, Kagami froissa la lettre en ses mains, la transformant en boulette, qu'il envoya valser sur le balcon du voisin. Puis, il hurla à pleins poumons, faisant même trembler la rambarde :

« ASSHOLEMIIIIIIIIINE ! »


Et voilà, c'est fini :D (naaaan sans dec' ?). J'espère que ça vous a plu ! Dites-le moi en commentaires ! (j'ai l'impression d'être une youtubeuse beauté quand je dis ça...)

Bref, ça doit faire... deux fois que je glisse des références à une golden shower dans mes écrits dernièrement... prochain défi ? (ou pas !)

"Sassy", le nom de la chatte de Kagami, vient du film de Disney "L'Incroyable Voyage", où la Ragdoll porte le même nom. Ca veut dire "coquinette", en gros.

Les deux joueurs que j'ai mentionné du côté des policiers étaient évidemment Wakamatsu et Imayoshi. (Vous les aviez reconnus, pas vrai ?)

Sinon, je crois que c'est officiel : j'aime maltraiter physiquement Aomine dans chacune de mes fics. Vraiment. Définitivement. (C'est grave, docteur ?)

Apparemment, le fandom ADOOOOOOORE "Kaga!Maid". J'invite donc toutes celles qui ont du mal à se représenter notre tigre préféré dans cette tenue à le vérifier par elles-mêmes ! (Google Images est votre ami !)

Avez-vous repéré l'identité de l'ex-chéri de Kagami ? :) (INDICE : Son prénom est lâché vers la fin du chapitre...)

Après ce blabla habituel, passons donc aux théories ! (mon moment favori !)

- A votre avis, que cache la fameuse PORTE INTERDITE de l'appartement d'Aomine ? Des épouses décédées comme dans "Barbe-Bleue" ? Une plantation illégale d'herbe ? Sa collection de cartes Pokémon ?

- Qui de Biscuit ou d'Aomine parviendra à conclure le premier avec Kagami ? (OMG... cette question est vraiment crado, je m'en rends compte...)

- Aomine va t-il pécho (ou plutôt l'inverse !) Shinji, le coéquipier de Kagami ?

Bref, à vos claviers, hâte de vous lire ! :D

A la prochaine !