Hey salut ! Ca faisait longtemps, non ? Peut-être pas sur mes autres fanfictions, mais sur celle-ci, ça faisait un sacré bail ! (quasiment 3 mois si je ne m'abuse... *honte*)

Bien contente de vous retrouver, en tous cas ! Avec tellement d'inspi, que j'aurai pu vous pondre non pas un, mais DEUX chapitres, dans la foulée ! Et non, vous ne rêvez pas ! Mais j'ai du m'arrêter faute de temps et aussi parce que je tenais absolument à vous poster quelque chose avant de débuter une nouvelle semaine ! La suite viendra peut-être le week-end prochain avec un peu de chance et pour me faire pardonner de mon retard ! J'ai enfin surmonté mon blocage, je vous remercie pour votre patience !

Par ailleurs, je vous prie de m'excuser également parce que le chapitre d'aujourd'hui est une sorte de "transition" et je tenais également à vous prévenir qu'il est possible qu'il y ait pas mal de sexe également à partir des prochains chapitres...

Dans le chapitre d'aujourd'hui, donc, on en apprend un peu plus sur le passé de Kagami et le nom de son ex est "lâché" plusieurs fois, pour celles à qui cela aurait échappé précédemment ;) ! En tous cas, ça a été un REEL plaisir de revenir à cette histoire qui me tient vraiment à coeur ! (wow j'ai même changé d'image de couverture pour l'occasion, vous avez vu ?)

En espérant que vous apprécierez, je vous aime toutes et encore merci pour votre fidélité et vos encouragements sincères qui remontent le moral !

ENJOY !


Kagami ne savait pas avec exactitude comment il s'était embarqué dans cette galère. Bien-sûr, si vous lui posiez la question, il vous répondrait que seule la pitié avait motivé sa décision. Mais ce serait faux. Enfin, pas totalement, cependant, ce n'était pas la seule raison...

Aomine avait dit qu'il le paierait. Avec du cash.

« Un petit flic de quartier, ça ne doit pas rouler sur l'or... »

C'est ce qu'avait immédiatement pensé Kagami et il avait donc été plutôt sceptique au départ, quant à l'offre « généreuse » d'Aomine. Ce dernier n'avait d'ailleurs nullement spécifié le montant de la paie de Kagami. Mais dans la situation du tigre, tout était bon à prendre...

Parce que l'état des finances de Kagami était aussi alarmant que la sirène d'un gyrophare. Il était vraiment dans le rouge, rouge, comme la couleur du camion de sa caserne... Et pour être honnête, il avait même sérieusement considéré devenir strip teaser, en rapport avec ce que Kiyoshi avait maladroitement supposé le concernant. Après tout, il ne serait pas le seul à avoir un deuxième boulot alimentaire pour subvenir à ses besoins, c'était monnaie courante, surtout ici, à Tokyo, où la vie était horriblement chère. Sauf qu'avec ses horaires aléatoires à la caserne, mener ce genre de double-vie nocturne était tout bonnement exclu...

Par chance tout de même, Kagami était parvenu à trouver cet appartement au loyer inespérément réduit... Mais quand on voyait la pollution sonore ET visuelle causée par son insupportable voisin, on comprenait vite pourquoi... Le rouge aurait du se méfier, un loyer aussi bas, c'était trop beau pour être vrai... Sauf qu'à l'époque et encore aujourd'hui, il n'avait pas d'autre choix. C'était ça, ou dormir sous les ponts. Tatsuya n'aurait pas pu l'héberger indéfiniment, surtout maintenant qu'il déménageait pour un appartement encore plus modeste. La bonne nouvelle cependant, c'est que le tigre et le dragon allaient habiter dans le même quartier et qu'ils pourraient ainsi se voir plus souvent. Et puis, peut-être que quand Tatsuya et Murasakibara auraient trouvé le local de leurs rêves pour y accueillir leur petite entreprise, les deux tourtereaux lui proposeraient même de venir faire quelques extras avec eux, à la pâtisserie... En tous cas, Kagami l'espérait de tout cœur.

C'était ce qui le faisait tenir...

Et ce qui avait également pesé dans la balance, quant il avait été question d'accepter le petit job gracieusement offert par Aomine... Entre temps, Kagami s'était vu confier quelques tâches d'appoint par la plupart de ses voisins âgés, mais la plupart d'entre eux ne percevaient qu'une mince pension de retraite et le roux avait la désagréable impression de les voler... Alors il misait tout sur le salaire qu'Aomine lui avait promis, sans même en préciser le montant et non sur le maigre pécule prodigué par les vieillards de l'immeuble pour qu'il fasse leurs courses ou leurs petits travaux.

Et au risque d'insister, Kagami avait VRAIMENT besoin de cet argent.

Depuis son arrivée récente au Japon, il vivait dans un confort des plus spartiates et n'avait même pas le temps de s'offrir du bon temps, en sortant ou en pratiquant un loisir, en dehors du basketball, évidemment.

Avant, lorsqu'il vivait encore en Californie, le rouge menait un train de vie plutôt fastueux. Il était coach sportif personnel, au sein d'un immense complexe. A gym, comme disent les anglo-saxons. Et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agissait de la chaîne de salles de sport le plus connu et le plus influent des Etats-Unis. C'était d'ailleurs à cette période d'apogée que Kagami l'avait rencontré... lui, l'homme qui avait partagé sa vie pendant quatre longues années ponctuées de passion et de sexe... Autant dire que la place de Kagami était plus qu'enviable, il faisait ce qu'il aimait pour vivre et il en vivait d'ailleurs extrêmement bien. Il lui était même souvent arrivé de coacher des stars. Parfois même, des joueurs de NBA, entre deux saisons. Il faisait aussi de la remise en forme pour les célébrités sortant de cure de désintox ou encore pour les bimbos qui souhaitaient perdre leurs bourrelets de grossesse, après l'accouchement. Son travail était donc varié et enrichissant, dans tous les sens du terme. Oui, il avait eu le privilège d'être celui qu'on s'arrachait dans les milieux huppés de Los Angeles, d'Hollywood à Beverly Hills...

Alors qu'ici, il n'était rien.

Il n'était personne.

Il avait quitté son Paradis doré, ou plutôt, il en avait été expulsé, comme un malpropre...

On lui avait arraché ses ailes et on l'avait laissé se débattre dans le caniveau... sans même un regard, sans même une once de scrupule...

Tous ses amis, tous ceux qui prétendaient compter pour lui, tous sans exception, l'avaient abandonné à son triste sort... Pas un n'avait levé le petit doigt pour l'aider à se relever, à part Himuro et Alex...

Suite à sa rupture sentimentale, Kagami était tombé au plus bas et tout le monde s'était détourné de lui, fermant les yeux sur ses problèmes financiers et la maltraitance dont il avait été victime. Seul son frère de cœur avait alors pris les choses en main, lui incombant de venir le rejoindre au Japon, leur pays d'origine. Là où Kagami pourrait démarrer une nouvelle vie en oubliant l'ancienne et tout redémarrer de zéro. Et étrangement, malgré la peur de l'inconnu, cette décision avait été la plus facile à prendre pour le tigre. Himuro avait payé son aller simple pour Tokyo et une partie de ses soucis était restée en Amérique, à des milliers de kilomètres... Il avait donc quitté sans regret son ancienne vie, en passant d'une vie de luxe à celle d'un quasi SDF...

Et c'était aussi une des raisons qui avait fait que Kagami avait accepté ce job de la part d'Aomine... Le rouge ne savait que trop bien ce que signifiait être au fond du gouffre et il voulait aider le brun, à son échelle.

Pour autant, pas question de rogner sur ses principes ! Kagami était en effet bien loin d'excuser le comportement plus que limite et parfois inadmissible de son terrible voisin. Certes, Aomine avait l'air de cacher un lourd secret (et Kagami le laissait libre d'en parler ou non), mais cela ne lui donnait en aucun cas tous les droits. Et surtout pas celui de se conduire avec lui comme un connard patenté... Kagami en avait déjà suffisamment souffert par le passé, avec son ex...

Pour tout vous dire, le tigre en était même arrivé à un point où il ne se respectait plus du tout et il ne voulait surtout pas que cela recommence, avec un bourreau différent. Non, il ne ferait pas les mêmes erreurs avec Aomine. Alors, oui, il voulait bien se montrer charitable envers le policier, mais pas au point de devenir une carpette sur laquelle Aomine prendrait un malin plaisir à se torcher les pieds !

C'était bien fini, tout ça !

Et voici grosso modo ce qui avait motivé Kagami Taiga à se retrouver dans la cuisine d'Aomine, en train de faire la vaisselle et la popotte, un vendredi après-midi. On pouvait noter que l'appartement avait déjà bien meilleur aspect que lorsque Kagami y était entré pour la première fois. Il semblait même au tigre qu'en à peine une semaine de temps, Aomine avait fourni des efforts considérables pour ne pas trop le salir, préférant ainsi ne pas ruiner les efforts de sa femme de ménage attitrée. Et pour Kagami, c'était déjà une victoire, la preuve irréfutable qu'Aomine appréciait et respectait son dur labeur. Bien-sûr, le rouge n'était pas encore arrivé à faire disparaître toutes les tâches, d'alcool et de nourriture, principalement (ainsi que d'autres d'un genre que je vous épargnerai, mais que vous devez aisément deviner...), mais il ne désespérait pas d'y parvenir avec un peu d'huile de coude. La prochaine fois qu'il viendrait chez Aomine, Kagami irait acheter des produits d'entretien plus puissants avant. Parce que vraiment, le brun ne possédait que le strict minimum en la matière, ce qui était bien loin d'être suffisant vu l'état de crasse déplorable de son lieu de vie... Et même les outils nettement plus affûtés dont disposait Kagami ne s'étaient pas révélés suffisants pour venir à bout des dernières tâches récalcitrantes.

En tous cas, il en avait terminé pour aujourd'hui, décréta t-il en rangeant l'ultime assiette qu'il venait d'essuyer. Cette fois, il avait eu le temps d'aller plus loin dans son grand nettoyage, s'occupant davantage de la salle de bain et de la chambre du brun. Et si une part de lui avait été tentée de fouiller dans la chambre à coucher d'Aomine, Kagami avait réussi à se discipliner. Après tout, son voisin était policier et si Kagami venait à mettre un peu trop son nez dans ses affaires, non seulement il risquait de le remarquer, mais en plus, ça ne lui plairait pas forcément !

Et au vu du fragile équilibre sur lequel reposait leur relation, mieux valait éviter de jeter inutilement de l'huile sur le feu. Bien-sûr, Kagami était intrigué par ses précédentes découvertes à propos d'Aomine, mais il savait quand même où était sa place et quelles étaient les limites à ne pas franchir. Lui, n'apprécierait pas tellement que quiconque profite de son absence pour mener une enquête, à la place d'Aomine...

Car oui, j'ai oublié de vous préciser que Kagami avait décidé de venir épousseter les meubles d'Aomine en son absence. Il avait donc soigneusement attendu que le brun sorte pour une raison inconnue (sans doute pour travailler ?), pour venir squatter chez lui. Parce que quand Aomine était présent sur le chantier en même temps que Kagami, travailler devenait dès lors tout bonnement impossible. Le rouge avait déjà tenté plusieurs fois cette semaine, sans succès ! Il fallait dire que dès que Kagami entrait dans le champs de vision d'Aomine, ce dernier prenait un malin plaisir à le harceler de diverses façons.

Sa préférée étant bien-sûr de le supplier sans interruption de remettre sa tenue de « Maid », ce qui était tout bonnement hors de question pour Kagami ! Il s'était fait avoir une fois, mais deux ! Les circonstances étaient différentes à présent, car il n'avait plus cet affreux gage qui agissait comme une épée de Damoclès au dessus de sa tête. Aomine pouvait donc toujours se gratter pour qu'il exécute ses petits fantasmes pervers en se déguisant à nouveau ! D'ailleurs, le brun n'avait pas exclu l'idée de lui offrir de nouvelles tenues... et Kagami avait du insister à plusieurs reprises sur le fait qu'il n'était ni une Barbie grandeur nature, ni une poupée gonflable, soumise à tous ses désirs sexuels les plus débridés et douteux !

Mais étant donné qu'Aomine était comme un enfant capricieux, ainsi que l'avait déjà remarqué Kagami et il y avait fort à parier que le brun n'abandonnerait pas facilement, persuadé de pouvoir parvenir à ses fins avec le tigre. Aomine pensait réussir à l'avoir à l'usure et il avait même déjà listé les différents costumes qu'il voudrait voir portés par Kagami...

L'espoir fait vivre, paraît-il... Aussi mince soit celui-ci... et si ça pouvait aider Aomine à se sentir mieux, Kagami était prêt à accepter sa cour insistante... enfin, plutôt à la « tolérer » encore quelques temps, tant qu'elle restait raisonnable, évidemment. (sachant qu'Aomine ne connaît probablement pas ce mot...)

Ayant soigneusement récuré l'éviter avec une éponge pour le débarrasser des restes de nourriture précédemment collés aux assiettes, Kagami se dirigea ensuite vers la petite cuisinière où mijotait un délicieux ragoût de bœuf. Mais j'en suis à 4 pages de texte déjà et je n'ai même pas encore évoqué le compagnon à quatre pattes d'Aomine encore ! Sans doute vous demandez-vous où il se trouve en ce moment et comment Kagami a pu déjouer sa garde. Et bien figurez-vous que Biscuit se porte comme un charme, sagement couché dans son panier, rongeant un gros os que Kagami avait mis de côté tout spécialement pour lui. Et grand bien lui en avait pris, puisque dès que le rouge avait franchi le seuil de son territoire, le grand berger Allemand lui avait immédiatement bondi sur le poil. Mais heureusement, cette fois, Kagami n'était pas venu les mains vides et armé de ce bon gros os à moelle, il avait réussi à lutter contre son agresseur, détournant ainsi son attention. Finalement, Biscuit n'était pas si difficile à gérer, quand on venait bien préparé et le chien galérait tellement à dépouiller l'os, que Kagami avait eu tout loisir de briquer l'appartement du brun sans jamais être dérangé une seule fois.

Non parce que... ça avait plutôt mal commencé quand Kagami était entré, car comme à son habitude, le chien attendait dans le couloir de l'entrée, semblant guetter un éventuel visiteur. Et puisqu'il semblait sous le charme de Kagami, il avait directement collé sa truffe contre l'entrejambe du tigre et bien que Kagami n'ait rien contre sentir quelque chose d'humide et chaud à cet endroit là d'ordinaire, il préférait tout de même nettement quand la chose en question appartenait à un être humain et non à un canidé à l'haleine épouvantable et aux crocs qui peuvent vous castrer à au moindre faux pas...Heureusement, cette fois, Kagami était parvenu à dompter le fauve, le gardant à bonne distance.

Et puis... une telle tranquillité dans l'appartement lui avait permis de faire d'autres découvertes... Tiens par exemple, une fois les murs lessivés de leur crasse et surtout de la nicotine qui s'y était déposée avec les années, Kagami avait été assez surpris de trouver une croix dessinée sur le mur principal du salon, celui qui servait également de cloison entre leurs deux domiciles. Par curiosité, Kagami avait tapé un peu contre le mur et constaté que celui-ci était fort peu épais (son poing avait même failli passer à travers...) et qu'il ne s'agissait pas d'un mur porteur. Pas étonnant que l'endroit soit si mal insonorisé et que le rouge ait donc la primauté des exploits sexuels de son voisin, dans de telles conditions. Mais pourquoi cette marque ? Elle n'avait pas été tracée ici au hasard et c'était un mystère de plus à ajouter à sa liste concernant Aomine... (peut-être indiquait-elle l'emplacement d'un trésor de pirate...?)

Et plus Kagami avait l'impression de s'approcher de la clé du mystère et plus ce dernier semblait s'épaissir. Aomine n'était comme personne d'autre... Il avait d'étranges réactions et Kagami n'arrivait pas à le cerner... Surtout lorsque...

« AAAAH ! » Cria fort peu virilement Kagami, en sentant quelque chose de chaud venir lui flatter le postérieur, avec la délicatesse d'un camionneur bourré.

Il sursauta sans doute même un peu. Légèrement. Jusqu'au lustre. Qu'Aomine n'avait pas. Enfin si, un genre de ventilateur bon marché accroché au plafond, qui ne servait qu'à éparpiller la fumée de ses clopes, (qu'il écrasait n'importe où, au passage) dans tout l'appartement.

Mais bien loin de repousser son agresseur, le cri aigu du tigre ne fit que l'exciter davantage et il se pressa encore plus contre Kagami. En particulier une certaine partie turgescente de son anatomie...

« J'aime quand tu cries pour moi, Kitty Cat... »

« Putain, Aomine ! Me fais plus jamais flipper comme ça, t'entends ? »

Bon, heureusement qu'il avait déjà rangé la vaisselle et que là, il n'avait fait que lâcher la seule chose qu'il tenait en main, c'est-à-dire l'éponge à gratter, suite au choc. Pas de casse à déplorer, au moins.

« C'est de ta faute si tu ne m'as pas entendu rentrer... »

« De ma faute ? Tsss... c'est toi et ta maudite démarche de félin qui m'avez surpris ! »

« De félin ? Rrrr... j'adore quand tu dis ça, les félins sont tellement sexy... » Ronronna t-il dans son oreille, en le coinçant toujours fermement entre lui et l'évier.

Le tigre dut se forcer à réprimer un frisson. Cette voix enrobante lui faisait toujours des choses... des choses dont il avait honte ensuite...

« Oublie ça... »

« Trop tard, j'aime bien que tu me compares inconsciemment à un félin, c'est très flatteur... »

« Raaah merde à la fin ! Ce que je voulais dire... »

« ... C'est que tu me trouves sexy, j'avais bien compris. Pas la peine de te défiler... » Fit-il en empoignant une fesse bien ferme pour la masser.

Il faudrait être aveugle ou fou pour ne pas trouver le brun extrêmement sensuel. Tous les pores de sa peau transpiraient la promesse d'une nuit d'extase dans ses bras... mais...

… Aomine était également horriblement irritant ! Et c'était là son plus gros défaut, celui qui empêchait Kagami de complètement craquer pour son rival...

« Shut up, you freak ! » Se débattit Kagami pour protester contre la dictature du maître de maison.

« Tu sais, c'est normal que je sache me montrer discret aussi de temps en temps. Ca fait partie de mon métier, pour pouvoir mener l'enquête et approcher des malfrats armés jusqu'aux dents, mieux vaut faire preuve de discrétion et de prudence, sinon, c'est la mort assurée. » Expliqua Aomine de sa voix si suave.

Le brun ne lâcha pas sa proie, mais il ne résista cependant pas à l'envie de passer une main dans les cheveux de Kagami. Ce dernier sembla se calmer un peu, mais seulement en apparence, car il était en position de faiblesse, exactement comme le serait Aomine, seul, face à un gang de criminels déchaînés. Mieux valait donc maintenir profil bas.

Pour le moment.

« Je ne pensais pas que tu viendrais aujourd'hui... et je te trouve bien audacieux d'avoir pris une telle initiative sans me consulter au préalable. Imagine, t'aurais pu m'interrompre en plein coït bestial avec une charmante demoiselle. »

« Nan, aucun risque, je m'étais justement bien assuré que tu sois parti avant d'entrer, pour éviter ce genre de désagrément. C'est d'ailleurs en raison de ton absence que j'ai décidé de faire un brin de ménage. Mais peut-être aurai-je du vous demander la permission, Monseigneur ? Après tout, vous m'avez confié la clé de votre royaume, sans me donner de consignes spécifiques sur mes horaires de visite. J'en ai donc conclu que je pouvais venir quand bon me chante... car, quand vous êtes dans les parages, je n'arrive pas à me concentrer sur ma mission. »

« Oh vraiment ? C'est parce que je te trouble ? »

Encore et toujours cette voix fondante qui faisait faiblir Kagami... Ses genoux tremblaient, menaçant de le lâcher à tout instant. Ce qui était franchement agaçant !

« Non, parce que tu m'énerves ! Tu es tout le temps dans mes pattes ! Pire que Biscuit, lui au moins, quand on lui dit 'couché !' il obéit ! »

Cette fois, le tigre attrapa le poignet d'Aomine et repoussa la main jusqu'alors posée sur ses fesses. Mais cela n'empêche pas le brun d'éclater de rire, même s'il recula pour libérer Kagami.

« Moi aussi, quand on me dit 'couché', j'obéis... d'ailleurs, pourquoi ne pas essayer... ? Je n'attends que ça... sois sûr que j'adorerai m'allonger à tes côtés pour une petite sieste crapuleuse... »

« Va chier ! Tu me soûles à toujours te croire plus malin ! » S'emporta Kagami en rougissant très foooort !

« Mais si j'y crois, c'est parce que je le suis. Tout simplement. » Sourit Aomine, en ôtant sa veste pour la déposer sur le dos d'une chaise.

Et surprise, il n'était pas en uniforme de policier en dessous, mais bel et bien en tenue de civil. Mais la première chose que Kaga remarqua fut qu'il portait un T-shirt à manches courtes, dévoilant ses bras superbement musclés et...

… Rougis.

Et tatoués.

Apparemment, c'était encore tout frais. Le tatouage tribal tout en spirales d'encre noire semblait avoir tissé des lianes autour des biceps du brun, s'étendant du haut de ses épaules à ses poignets. Et en ce se perdant dans la contemplation de ce schéma emmêlé, Kagami eut un moment d'absence. Son cœur s'affola dans sa poitrine, cognant férocement comme pour essayer de le prévenir d'un danger. Une peur instinctive, viscérale, de celles qui vous rongent et vous viennent du plus profond des tripes, commença à s'emparer sournoisement de lui.

Le rouge eut alors un flash.

Bref, fugace, insaisissable...

Le ramenant à sa vie antérieure...

L'espace d'un instant, il fut transporté dans le passé, de retour à sa prison dorée de Los Angeles...

Il pensait avoir laissé tout cela derrière lui, ces souvenirs douloureux et celui à qui ils étaient liés... Mais il avait fallu que ces tatouages aux bras le lui rappellent de la pire des façon. Se figeant d'effroi, Kagami se transforma en une statue de glace qui se fissurait sous le poids de son vécu.

Lui aussi... il affectionnait particulièrement ses tatouages, ne perdant jamais une occasion de les exhiber en portant le moins de vêtements possibles. Il en était extrêmement fier et bien qu'ils ne lui englobent pas tout le bras comme c'était le cas d'Aomine, cela n'avait jamais empêché Kagami de les trouver de plus en plus effrayant au fur et à mesure que leur relation sombrait dans les abysses... Au départ pourtant, le rouge les avait trouvés fort saillants et ajoutant au charme animal de son ex. Mais avec le temps, il avait appris à les détester. Ces lignes, ces spirales démoniaques, noires et sans espoir, venaient régulièrement le hanter dans son sommeil, encore aujourd'hui.

Cependant, ceux d'Aomine semblaient différents, comme appartenant à un tout, à une œuvre plus étendue. Ils se raccrochaient au dessin d'Oni qu'il portait dans son dos, comme le visage d'un ange-gardien féroce qui protégeait ses arrières des mauvais esprits... Or, chez Nash, sa manchette de tatouages tribaux n'avait d'autre but que celui de mettre en avant son physique et sa personnalité aussi sauvage que narcissique... Il n'y avait aucune signification intrinsèque cachée dans les motifs qu'il arborait en se pavanant sur la plage...

« …. aiga... Oi, Taiga ! Tu m'écoutes ? Putain, on dirait que tu viens de croiser le fantôme de Miyamoto Musashi ! »

« Qu-quoi ? » Articula le rouge en reprenant conscience.

« Tu sais, le samourai sans tête. Ou c'était Yoshitsune ? Hmm... Disons le fantôme d'Ishikawa Goemon, alors. Celui-là au moins, je suis certain de la façon dont il est mort. Il s'est fait ébouillanter vivant. Sympa, non ? »

« ... »

« Ok... je vois que t'es pas très féru d'histoire, t'as tort, crois-moi, c'est passionnant de voir à quel point l'humanité répète toujours les mêmes erreurs au fil des siècles, comme si elle était incapable d'en tirer le moindre enseignement. Mais je m'égare... en parlant d'ébouillanter, c'est quoi le truc qui est en train de bouillir sur la gazinière ? »

« Oh fuck ! My beef stew, I completely forgot it... ! » Paniqua Kagami, en filant jusqu'à ses fourneaux.

« Heu ouais, si tu le dis, à tes souhaits... ? »

Le brun ne résista pas à l'envie de s'approcher dès que Kagami souleva le couvercle de la cocote. Il faut dire que l'odeur qui s'en dégagea allécha aussi rapidement qu'irrésistiblement Aomine. Ainsi que Biscuit, qui releva instantanément la tête, délaissant par là même son délicieux os de stégosaure.

« Oh ! Du ragoût de bœuf, j'adore ! »

« Pousse-toi de là, vite ! »

Le rouge sortit la cocote du feu et éteignit le gaz. Un peu de fumée se dégageait du plat, mais rien de méchant et heureusement, rien n'avait été brûlé, ouf !

« Tu vois ! C'est exactement ce que je te disais tout à l'heure ! Il suffit que tu sois dans le coin pour me faire faire n'importe quoi ! Un peu plus et mon ragoût cramait ! »

« Dans ce cas, t'aurais du m'en re-cuisiner un. Parce qu'évidemment, je ne t'aurai pas laissé partir sans avoir de quoi me remplir la panse. »

« Et puis quoi encore !? » Pesta Kagami, en éventant son plat avec un torchon pour évacuer la chaleur.

« Ca fait partie du marché... t'as déjà oublié ? Tu dois assurer TOUTES les tâches ménagères. Et donc, me nourrir aussi. »

« Ouais, bah d'ailleurs, en parlant de marché, j'espère que tu comptes tenir parole... concernant la paie que tu m'as promis ! »

« Hmm... tout de suite les histoires de gros sous, à croire que c'est vraiment tout ce qui t'intéresse ! En plus, je n'aime pas ce mot, 'paie'.. je préfère le terme 'gratification personnelle'. »

« On s'en fout du mot employé ! N'essaie pas de te défiler et donne-moi ce que tu me dois ! Bien-sûr que je ne fais cela que pour l'argent, t'as quand même pas cru que j'allais me casser le cul à récurer tes chiottes et à vider tes poubelles juste pour le plaisir ? »

« Bah j'en sais rien, t'es ptêtre maso, qu'est-ce que j'en sais ? » Soupira le brun, fouillant l'oreille avec son auriculaire, en signe de désinvolture.

« Tu me gaaaaves ! File-moi mon fric en vitesse, que je puisse me tirer ! »

« Quoi, tu veux déjà partir ? Mais il est encore tôt... à peine treize heures... Tu veux pas me mettre un peu de crème hydratante sur mes tattoos avant ? »

« Non ! Démerde-toi tout seul ! T'as qu'à demander à une des tes maîtresses ! »

« Oi... c'est pas sympa ça... et puis, je préfère quand c'est toi, je suis sûr que tu peux te montrer très doux, sous tes airs de mec mal embouché... »

« Ma-mal embouché ? MAIS VA TE FAIRE FOUTRE PUTAIN ! Ca va pas non, de dire ça !? » S'empourpra Kagami, qui n'avait, il est vrai, pas été 'embouché' depuis un bon moment...

« Hey... tu sais c'qu'on dit ? 'Y a qu'la vérité qui blesse'... et ta réaction surjouée le prouve ! »

« SURJOUEE ? Je vais t'en mettre du surjoué, moi ! Tiens, prends ça ! »

Et le rouge, qui s'était entre temps saisi d'une cuillère en bois pour goûter sa préparation, en voyant une bonne plâtrée de sauce tomate encore brûlante sur le T-shirt blanc immaculé (RIP) du brun.

« Waaaah putain, mais t'es pas bien ou quoi ? C'est quoi ton problème, ça brûle ce truc ! » Maugréa Aomine, pour la forme.

… Ce qui ne l'empêcha pas de venir recueillir une goutte dégoulinante dudit 'truc qui brûle' pour la porter à ses lèvres et la lécher.

« Hmm... ché bon, mais ché chaaaauud ! Oh... mais j'y chuis, t'as fait exprès de m'éclaboucher pour me je me foute à poil... »

Et un sourire carnassier s'étira jusqu'à ses oreilles, tandis qu'il enlevait lentement son T-shirt, révélant un torse chocolaté puissant et parfaitement proportionné, dans lequel quiconque aurait envie de planter les dents... Profitant du manque de réaction de Kagami (ou plutôt du fait que le rouge paraisse totalement hypnotisé), Aomine le bloqua à nouveau contre le meuble de la cuisine et il plongea son doigt dans le plat encore fumant, sans aucune crainte de se brûler salement.

Puis, il étala consciencieusement de la sauce sur le nez de Kagami, qui lui répondit en l'insultant copieusement, avant de recevoir un coup de langue félin de la part d'Aomine pile à cet endroit. Non content de son œuvre, le policier poursuivit son méfait en disposant cette fois une plus importante quantité de sauce cramoisie dans le cou de sa proie, malgré ses protestations les plus vives.

« Arrête ça, bordel ! Tu vas me cradinguer ! »

Mais la langue agile d'Aomine contre sa nuque, puis ses lèvres qui vinrent prendre le relais, arrachèrent quelques gémissements à Kagami, tandis que le brun se pressait davantage contre lui. Le malheureux (?) tigre se sentait à présent comme un coupable à qui Aomine était en train d'extorquer des aveux, grâce à des méthodes peu catholiques. Et le policier ne s'arrêta pas en si bon chemin... Puisque sa bouche était occupée à téter la peau douce du tigre, ses mains, elles, entamèrent leur voyage vers le sud et une fois arrivée au lieu de leur transhumance, elles se mirent au travail pour défaire le pantalon de Kagami. Immédiatement, le tigre se tendit en comprenant les intentions d'Aomine, mais ce dernier le tenait à sa merci.

« N-non... Aomine... »

Vainement, Kagami essaya de le repousser mais une fois de plus sa tentative échoua et il s'avéra qu'Aomine ne la goûta que très peu. Vexé que son voisin continue à résister à ses assauts débridés, le brun décida de se montrer plus ferme et explicite quant à ses intentions. Et par rapport à ce que Kagami risquait s'il ne lui cédait pas, également. Aomine était MORTELLEMENT sérieux et déterminé à présent.

« Si tu ne te tiens pas tranquille, je promets de te badigeonner les couilles avec cette sauce et d'ordonner à Biscuit de venir les bouffer, c'est clair ? » Vociféra t-il en serrant le membre du rouge, qu'il sentait parfaitement poindre sous son boxer en lin.

Sa voix avait changé, devenant plus froide et aiguisée, comme le tranchant d'une lame de couteau sur laquelle les mots vinrent se blesser. Kagami frémit plus fort et ses pupilles se dilatèrent. Ses muscles se tendirent, se contractant douloureusement, tandis qu'Aomine atteignait sa cible, située entre les cuisses du roux. L'ambiance, plutôt bon enfant jusqu'ici, venait de basculer du tout au tout en une fraction de seconde. Et cela ravivait les multiples mauvais traitements dont Kagami avait été victime, de la même main de son ex-fiancé.

Pour autant, le fauve rouge semblait avoir momentanément abandonné l'idée de repousser son assaillant. Il se soumit donc à lui et assez rapidement, Aomine réalisa ce que Kagami s'était évertué à lui caché jusqu'ici. D'ailleurs, légèrement pris au dépourvu, il eut un mouvement de recul en sentant l'américain prendre du volume sous ses doigts. Preuve, sans doute qu'il n'était pas si traumatisé que cela par ses menaces et surtout, signe que Kagami avait autant envie que lui qu'il poursuive ses caresses...

… Ce que la panthère s'empressa donc de faire. Kagami tenta d'étouffer ses couinements d'animal blessé, mais dans le fond, il savait pertinemment que lui et Aomine étaient deux bêtes. Il se dégageait quelque chose d'inexplicable chez Aomine... Un savant mélange de férocité et de mystère, quelque chose qui imposait le respect et inspirait la peur chez quiconque croisait son chemin. Il y avait comme une aura de danger qui flottait autour de cet homme et Kagami était probablement l'un des seuls capable de la sentir réellement, toutes les cellules de son corps lui hurlant de fuir le plus loin possible de lui et de ne surtout pas s'engager dans une relation avec lui, de quelque nature qu'elle soit...

Parce que jamais rien de bon ne pourrait en ressortir. Mais à la fois, le tigre était tiraillé entre ses bas instincts et sa raison... Parce qu'Aomine exerçait sur lui une attraction si puissante, qu'elle effaçait toutes les mises en garde. Dès que les mains du brun se posaient sur lui, Kagami sentait sa tête devenir lourde... incapable de penser correctement, comme si un nuage de coton avait élu domicile dans son crâne à la place de son cerveau. Il ne pouvait rien faire, il éprouvait une fascination à la limite du morbide envers Aomine, telle la biche prise dans les phares d'une voiture, si éblouie qu'elle finit percutée presque volontairement.

Aomine amorça brusquement un mouvement de pompe sur le sexe du rouge, qu'il avait préalablement sorti de sa coquille protectrice en tissu et Kagami poussa un cri plus fort que les autres. C'était vraiment agréable... Aomine était indéniablement doué pour lui faire perdre la tête. Sa poigne était ferme et douce à la fois, il savait vraiment ce qu'il faisait et aussi terrible que cela soit de l'admettre, le brun était sûrement doté d'une grande expérience en la matière. Cela se sentait tout de suite. Ses doigts savaient exactement où appuyer, avec la juste pression et Kagami l'attira contre lui, haletant faiblement dans son cou. Ils devaient être en train de se mettre de la sauce partout, mais ici, il ne s'agissait pas d'un jeu d'enfants innocent, suite à une bataille de nourriture. Non... ici, toutes les frontières étaient floues... Ils se trouvaient tous les deux à cheval entre consentement et refus, entre tendresse et violence, entre amour et haine... Comment savoir de quel côté se trouvait la vérité ?

Lentement, douloureusement, Aomine se décala pour se mettre à califourchon presque sur la cuisse de Kagami et il se frotta avec une inspirante indécence au genou de son amant, à la manière d'un chien en rut. Mais au lieu d'être dégoûté ou même irrité par ce comportement digne d'un frotteur du métro, Kagami sentit son excitation grimper d'un cran. Aomine était vraiment dur, c'était incroyable qu'il le soit aussi vite, alors que le tigre ne l'avait même pas ne serait-ce qu'effleuré intimement.

Comment était-ce possible ? Dans le fond, Kagami s'en fichait... mais il ne pouvait s'empêcher de s'émerveiller devant cette capacité remarquable. La main gauche de Kagami s'égara alors sur les épaules fortes d'Aomine, avant de cascader le long de son dos, sur le territoire de l'Oni. Quelle grisante sensation que de sentir chaque muscle se contracter sous son passage... et tandis qu'Aomine accélérait le rythme de leur masturbation quasi-mutuelle, Kagami n'y tint plus et planta sauvagement ses ongles dans la chair. Aomine se cambra et les gémissements incohérents de Kagami l'accompagnèrent.

Heureusement que la sauce n'était pas épicée, parce que sinon, vu sur quoi Aomine avait toujours les mains, bonjour l'infection urinaire qui lui pendait au nez...

« Merde... Tai... t'es tellement sexy... quand tu gémis comme ça... je pourrai jouir dans mon froc... et t'aurais plus qu'à le laver ensuite, mais tu l'aurais bien cherché... »

« Ta gueule gnnh... sale enfoiré... » Murmura Kagami, yeux fermés et mâchoire serrée.

Leurs hanches, leurs bassins, étaient victimes d'un sortilège imparable et se mouvaient seuls dans une danse érotique et étrange, connue seulement d'eux-mêmes.

A la recherche du plaisir suprême.

De l'extase des corps.

D'un instant fugace de communion et de plénitude.

Leur rythme était désordonné, mais hypnotique. Maladroit, approximatif, mais terriblement sensuel et efficace.

Cependant, même là, lors d'un ballet qui exige coopération et coordination, les deux fauves ne parvenaient pas à trouver un accord. Ils était en perpétuel décalage, cherchant à faire abdiquer l'autre le premier. Parce que tout ceci n'était qu'un test, Kagami en avait pleinement conscience. S'il atteignait l'orgasme en premier, il aurait tout perdu. Tandis que s'il parvenait à envoyer Aomine au Paradis avant lui et sans même user de ses mains pour cela, il en ressortirait doublement gagnant et serait alors en mesure d'exiger le tribu qu'il désirait ce la part de la panthère sournoise.

Tout résidait dans les non-dits.

Tout était affaire de compréhension silencieuse, de communication non verbale. Ce qui comptait, ce n'était pas les insultes et autres douceurs qu'ils s'envoyaient en guise de préliminaires, mais bel et bien tout ce qu'ils ne se disaient pas. L'implicite et non l'explicite. Uniquement ce qu'ils pouvaient lire dans les yeux l'un de l'autre et Kagami les avait fermés justement pour cela. Pour éviter qu'Aomine ne puisse y deviner ses émotions et en tirer avantage. Bien-sûr, cela marchait dans les deux sens, mais la virilité qui frottait toujours avec insistance contre sa cuisse était une excellente indication de l'état dans lequel se trouvait déjà son adversaire.

Ici encore, comme au basket, il n'était question que de domination.

De dominer l'autre, de le soumettre.

C'était la loi de la jungle, la loi du plus fort.

Dure est sa loi, juste est sa loi.

Et même si, au fond, tout au fond de lui, (mais plutôt crever que de l'avouer !) Kagami ne demandait rien de mieux que s'adonner au plaisir, en devant l'esclave sexuel du brun, le passé lui avait appris à ne plus s'enchaîner à un homme dominateur, qui ne chercherait sans doute qu'à l'humilier tôt ou tard.

Exactement comme Nash !

Alors si Kagami craquait le premier, encore une fois... il allait en souffrir. Et devoir fuir à nouveau...

« Gna... aaahh... Ao...mine... » Baragouina le pompier.

La fièvre s'était emparée de lui et Kagami était sur le point de rendre l'âme, de déposer lâchement les armes face l'ennemi, mais heureusement, son téléphone portable le sauva d'un orgasme dévastateur.

Oui, sauver d'un orgasme, on en est bien là...

« Putain... t'es tellement excité que tu vibres, Taigaaaa ! »

« Baka ! C'est même pas humainement possible ! Tu m'as pris pour un vibro géant ou quoi ? » Se vexa Kagami, avant de lui asséner un bon coup sur la tête en guise de punition.

« Aïe ! Mais qu'est-ce que t'as encore !? »

« J'ai reçu un message, laisse-moi regarder ! »

Et cette fois, Kagami ouvrit les yeux et constata qu'Aomine l'avait hissé sur le meuble qui servait à cuisiner.. Ok... se rappeler de ne plus JAMAIS préparer à bouffer ici et bien se laver les mains avant de partir ! Quoique... connaissant le brun, il avait certainement baisé quelqu'un dans tous les coins de l'appartement et Kagami aurait donc bien du mal à trouver un endroit pas encore souillé par sa perversité !

« Mais on s'en fout... c'est pas un SMS qui va t'envoyer au septième ciel, Bébé, mais moi...! »

Bébé... ?

Really... ?

Seriously... ?

Y a vraiment encore des gars qui disent ça... ? Je veux dire, en dehors de Jacky le plombier bedonnant et moustachu fan de tunning qui vit l'ch'Nord et dont on voit la gouttière dès qu'il se baisse...

« … Ok, t'as gagné, cette fois j'me casse pour de bon... » Décréta Kagami en l'éjectant avec deux mains, posées bien à plat sur son torse de Spartiate.

« Hey ! Si toi t'as plus envie, très bien, t'as qu'à lire ton satané message, mais laisse ton cul posé ici pour que je puisse au moins me finir ! »

« T'es vraiment un porc pour oser demander des trucs pareils ! »

« Oh c'est bon hein... fais pas ta prude alors que tu m'as allumé ! »

« Moi ? Moiii, jt'ai allumé ? » S'indigna le tigre en se pointant du bout de l'index, les sourcils froncés par la contrariété. « C'est TOI qui m'as sauté dessus comme un animal enragé ! »

« Ouais, bah en attendant, c'est pas moi qui était à deux doigts de me faire prendre sur le comptoir de la cuisine ET DEVANT BISCUIT EN PLUS ! TU TE RENDS COMPTE IL AURAIT PU ETRE CHOQUE A VIIIIIE PAR TA FAUTE ! Et si moi j'suis un porc... bah toi... toi t'es qu'une grosse cochonne, d'abord ! »

Ledit Biscuit, qui les observait de loin, pencha la tête sur le côté en couinant à l'évocation de son nom. Et il n'avait pas l'air franchement traumatisé le toutou...

« COMME SI TON SALE CABOT T'AVAIT PAS DEJA MATE EN TRAIN D'ENFILER DES TRUIES ! … et aussi, j'étais même pas à deux doigts de me faire prendre, tu prends tes désirs pour des réalités, j'crois ! »

« BAH NON ! FIGURE-TOI QUE J'ESSAIE DE PRESERVER SA PURETE ET SON INNOCENCE ! IL N'A QUE DEUX ANS, IL EST TROP JEUNE POUR CES CONNERIES ! J'AI PAS ENVIE QU'IL SE METTE A RENIFLER LE CUL DE TOUTES LES CHIENNES QUI SE DANDINENT DEVANT LUI DANS LA RUE ! »

« AH OK. MAIS QU'IL ME RENIFLE LE CUL, LA, CA TE POSE PAS D'PROBLEME HEIN ? COMME PAR HASARD ! »

« J'Y PEUX RIEN ! BISCUIT EST UN CHIEN POLICIER, C'EST UN LIMIER ! IL A L'HABITUDE DE DEBUSQUER DE LA DROGUE ET CROIS-MOI, PARFOIS DES GENS SONT ASSEZ FOUS POUR SE LA FOUTRE DANS DES ENDROITS QUE TU PREFERAIS IGNORER ! »

« OUAIS BAH CA M'EXPLIQUE TOUJOURS PAS POURQUOI IL ME RENIFLE HEIN ! P'TETRE QU'IL EST JUSTE PERVERS COMME SON MAITRE ! ET POURQUOI ON CONTINUE A GUEULER AU LIEU DE SE PARLER NORMALEMENT ? »

« MAIS T'ES CON, MA PAROLE ? T'AS PAS COMPRIS QUE S'IL EN A TOUT LE TEMPS APRES TOI, C'EST PARCE QUE T'AS SUREMENT DISSIMULE UN SACHET DE CAM' DANS TON CORPS ! J'SUIS SUR QUE T'ES UNE MOULE, CA EXPLIQUERAIT BIEN DES CHOSES D'AILLEURS, COMME POURQUOI T'AS UN BOULE SI VOLUMINEUX ! … ET J'EN SAIS RIEN POURQUOI ON GUEULE, PEUT-ETRE QUE LE CLAVIER DE L'AUTEURE EST BLOQUE SUR 'CAPS LOCK' ! »

Oui... ça volait décidément très haut...

« ABRUTI ! ON DIT UNE 'MULE' ET PAS UNE 'MOULE' ! POURTANT, NIVEAU MOULES, TU T'Y CONNAIS, CA M'ETONNE QUE TU SACHES PAS CA ! »

« TU DEVRAIS ESSAYER D'EN GOUTER AVANT DE DIRE QUE T'AIMES PAS CA ! Y A PAS QUE DES POULPES DANS L'OCEAN ! » Expliqua le brun, poète.

« J'VEUX MEME PAS SAVOIR COMMENT ON EN EST ARRIVES AU RAYON POISSONNERIE DU SUPERMARCHE, ALORS MAINTENANT, DONNE-MOI MON POGNON POUR QUE JE PUISSE ENFIN ME TIRER DE LA, PAUVRE TACHE ! »

« Tsss... ok, vas-y, t'sais quoi ? J'en ai marre de voir ta gueule, alors tu vas prendre ta tune et débarrasse le plancher, fissa ! »

« … »

« … Taiga... ? » Fit Aomine, conscient que le manque de paroles chez le tigre était toujours un signe annonciateur de catastrophe.

« … NAN MAIS TU TE FOUS DE MA GUEULE ? CA FAIT PRESQUE UNE DEMI-HEURE QUE JE TE RECLAME MON ARGENT POUR POUVOIR ENFIN PARTIR ET MAINTENANT, TU FAIS GENRE QUE C'EST TOI QUI ME METS A LA PORTE !? N'INVERSE PAS LES RÔLES, FACE DE PET ! »

Non mais c'est vrai quoi. Ce type allait le rendre grraaaah... Dingue. De chez dingue. Avec la camisole de force et tout.

« ET VOILA, TU VOIS, TU RECOMMENCES A GUEULER, NAN MAIS T'AS VRAIMENT UN PROBLEME ! A CROIRE QUE TU SAIS PAS T'EXPRIMER AUTREMENT ! C'EST TOI QUI SERS DE SIRENE A INCENDIES DANS TA CASERNE, AVOUE ! »

« Va te faire foutre ! »

« … Ne me relance pas sur ce terrain, là... Parce que tu sais très bien que je n'attends que ça... »

Le regard du brun s'était assombrit, preuve qu'il était redevenu sérieux. Un véritable cyclothymique, cet Aomine...

« … Et moi, j'attends juste que tu me paies pour pouvoir filer, alors tu comprendras que je n'ai pas le temps de m'occuper de ta schizophrénie ! » Menaça à son tour Kagami, en jouant merveilleusement bien de ses sourcils bifides pour intimider le représentant de la loi.

« Pfff... le fric, c'est tout ce qui t'intéresse...! Dire que t'aurais pu avoir ma queue, mais naaaan, Môssieur Taaaiiigerr il préfère les billets... » Soupira Aomine, en pleine crise de mauvaise foi.

Mais il se détourna quand même de Kagami et pendant que le tigre arrangeait ses cheveux en désordre et également son pantalon, le brun disparut dans la fameuse PIECE INTERDITE OUUUH pour chercher le dû de son domestique. Piqué par la curiosité, qui s'était montrée plutôt discrète jusqu'ici, Kagami se pencha légèrement sur son perchoir pour jeter un œil dans le couloir, dans l'espoir d'entrevoir quelque chose au sujet de la fameuse salle habituellement fermée à clé... Et d'après ce que Kagami en avait vu en faisait les poussières et en passant la serpillère, la porte qui la gardait était dotée d'une serrure complexe, ce qui ne faisait qu'ajouter au côté suspect de l'endroit...

La porte claqua cependant avant que Kagami ait eu le temps d'apercevoir quoi que ce soit de probant, tandis qu'Aomine débarquait avec un bonzai en piteux état logé dans un bac en plastique. L'américain cligna des yeux, surpris.

« Si tu comptes me payer avec un arbuste, j'te préviens tout de suite que... »

« Laferme. » Le coupa sèchement Aomine, visiblement peu disposé à tailler le bout de gras.

Il posa sans délicatesse le malheureux arbre (qui avait sans doute connu des jours meilleurs...) sur la table du salon, qui trembla sous l'impact. Kagami n'était pas un expert en jardinerie, mais d'après lui, le bonzai en question ressemblait à s'y méprendre à un mini-cerisier. En tous cas, il lui rappelait vaguement le tatouage dans le dos d'Aomine, avec les pétales roses pâles et il se demanda s'il n'y avait pas là un lien dissimulé...

« Tiens. » Fit soudainement le brun, en soulevant le pot et en sortant une liasse de billets du bac, sous le regard médusé de Kagami.

Devant l'air pour le moins circonspect de Kagami, Aomine secoua un peu la liasse pour la débarrasser du terreau qui la souillait légèrement. Mais le tigre ne la prenait toujours pas.

« Aomine... »

« Quoi, ça t'suffit pas ? Ecoute, j'ai jamais eu de femme de ménage, alors j'ai aucune idée de combien ça peut coûter... Prends déjà ça pour commencer, je rajouterai un petit extra la prochaine fois, si c'était pas le bon montant... » Expliqua t-il en lui tendant une seconde liasse de billets en plus de la première.

Et le rouge hésita franchement à s'en emparer, gardant le regard bien ancré dans celui d'Aomine, comme pour y déceler une éventuelle entourloupe. Mieux valait rester prudent... Mais le flic ne fit rien pour l'empêcher de prendre ce qui lui revenait de droit et par curiosité, Kagami se mit à compter les billets, juste pour être sûr... Pas qu'il craignait de se faire arnaquer, mais au contraire, la soudaine générosité d'Aomine était pour le moins surprenante. Genre, beaucoup, beaaaaucoup trop surprenante, même ! Et puis, voir autant de billets sortir d'un pot de fleurs, ce n'était pas courant... d'ailleurs, c'était bien la première fois que Kagami avait autant de fric dans les mains. Même aux USA, il n'avait jamais tenu une telle somme en liquide...

« … 30000... 40000... 50000 YENS...!? C'est pas possible, j'ai du me planter quelque part... ! » Pensa le rouge, abasourdi.

…. Et là, je vous laisse le soin de regarder sur Internet combien cela fait, hein, j'vais pas non plus tout vous servir sur un plateau, faut pas déconner non plus ! Mais sachez, si vous avez la flemme, que ça fait un sacré petit pactole. Et que c'est très loin de correspondre au salaire moyen d'une employée de maison, pour à peine trois heures de ménage...

« Heu... c'est beaucoup trop, là ! J'peux pas accepter ! »

« Et pourquoi pas ? Tu l'as mérité, non ? »

… non mais, Aomine l'avait pris pour une pute ou quoi ? C'était ainsi que Kagami se sentait tout à coup, tant il avait l'impression que le brun essayait de l'acheter et il détestait cela ! Mais pas question de montrer que sa fierté en avait pris un coup, pour le moment... Il devait donner le change... encore un peu, jusqu'à ce que le policier se trahisse...

« C-ça me gêne... c'est vraiment une grosse somme... ça représente quasiment un mois de loyer... »

Kagami se sentait réellement embarrassé et surtout, à présent, une question autrement plus importante le taraudait : d'où venait tout ce cash ? Le tigre pensait que seules les petites mamies cachaient leurs liquidités sous le matelas de leur lit... Aomine était-il de ce genre-là ? Cet argent serait bien mieux à la banque. Evidemment, sauf si...

… Sauf s'il s'agissait d'argent sale... !

« Aomine, sérieusement, d'où vient tout ce pognon ? C'est légal, ton truc ? J'espère que t'es pas un de ces flics rippoux... »

« Le seul policier corrompu que je connaisse, c'est mon boss, Imayoshi, mais moi, j'suis réglo ! Tu peux me croire. »

Mouais, un peu trop facile tout ça... Aomine n'avait aucune raison de lui mentir, cependant... Ni de balancer son chef, gratuitement. Mais pourtant, il l'avait fait. Et face au sourcil (très expressif) de Kagami, relevé en symbole de suspicion, Aomine haussa des épaules.

« Ola, ola... arrête tout de suite de me dévisager comme si je venais de braquer un coffre-fort. Je t'assure que cet argent m'appartient et si tu veux tout savoir, il s'agit de mes économies personnelles. J'avais prévu de les utiliser pour casser la cloison qui sépare nos deux apparts, dans le but de les réunir en un seul et même appartement. Mais ce projet est tombé à l'eau... Voilà, t'es content maintenant, ça te va comme explication, ou tu comptes toujours me balancer au Fisc ? »

Casser la cloison... ? Réunir les deux appartements... ? Mais pourquoi ? Kagami se sentait largué. L'appartement du brun était bien assez grand pour lui, non ? Surtout qu'il vivait seul... alors pourquoi vouloir plus de surface ?

« Ah ok, j'y suis. Tu voulais un plus grand domicile pour pouvoir y héberger tous tes enfants cachés. »

Le brun éclata de rire.

« … Si on veut. Quant à la provenance de l'argent, comme je te l'ai dit, il s'agit de mes économies. Figure-toi que je suis propriétaire de cet appartement et que je n'ai donc pas de loyer à payer chaque mois, contrairement à toi. Et en plus de mon emploi au sein de la police, je possède également un autre domicile en ville, un genre de résidence secondaire en quelque sorte... Sauf que je le loue à quelqu'un en ce moment et ça me fait un petit pécule supplémentaire bien appréciable. Alors tu vois, l'argent n'est vraiment pas un problème pour moi. »

« D'a... d'accord... »

Pour être honnête, Kagami n'était qu'à moitié convaincu par les explications d'Aomine. Mais bon, pourquoi pas ? Autant lui laisser le bénéfice du doute, c'était parfaitement plausible, après tout. En fait, cela ne faisait que mettre en exergue le fait que le rouge ignorait bien des choses concernant son voisin. Il ne pouvait cependant pas vraiment s'en vouloir, parce qu'à chaque fois qu'il avait essayé de discuter avec Aomine, ce dernier s'était braqué ou avait tenté de le violer sur place...

Oh et puis merde, après tout, Kagami s'en foutait aussi. Surtout, en fait.

C'était comme pour cette histoire de tatouages ! Dans le fond, Kagami crevait d'envie de lui en demander la signification et le tigre se doutait bien que son turbulent voisin était sorti dans la matinée pour faire réaliser ceux qu'il arborait maintenant fièrement aux bras. Mais pourquoi ? Dans quel but ? Et où et quand comptait-il s'arrêter ? Voulait-il se couvrir de tatouages de la tête aux pieds, jusqu'à disparaître totalement ? C'était quoi le projet derrière ce qui ressemblait en apparence à une extravagance de plus ?

Et puis ce putain de bonzai, ça rimait à quoi ? Il était tout déplumé, il faisait peine à voir, aussi dégarni que le crâne de Monsieur Propre ! Ca ne rimait à rien, ça non plus. Aussitôt, Kagami décida d'y remédier.

« Je parie que tu oublies tout le temps de l'arroser et que pour couronner le tout, tu l'as mis dans une pièce sans fenêtre, dans le noir total ! Pas étonnant qu'il soit à moitié clamsé ! Donne-moi ça ! » Exigea Kagami en arrachant ledit arbuste des mains d'Aomine.

C'est qu'il commençait à le soûler sérieusement avec ses conneries !

« Tu... tu crois ? » Interrogea le brun, paraissant tomber des nues.

Il fallait vraiment tout lui apprendre à celui-là ! Mais bon sang ! C'était la B-A-S-E ! Même un élève de CP sait que toute plante a besoin d'eau et de soleil pour survivre ! C'est pourtant pas compliqué à comprendre ! Kagami s'empressa donc d'amener le pot sous l'évier et il versa de l'eau. La terre était toute sèche, alors nul doute que l'arbre en avait bien besoin ! Puis, une fois que les racines eurent bu à leur soif, le pompier installa le petit vase contenant le bonzai sur le bord de la fenêtre du salon, pour qu'il ait enfin un peu de lumière.

« Faut qu't'apprennes à t'en occuper correctement, tu sais. Tu prends bien soin de ton chien, faut faire pareil avec ce truc-là aussi, d'accord ? »

« Je... ouais, d'accord... »

« Laisse-le ici surtout, je repasserai l'arroser plus tard. Faut lui mettre de l'eau une fois par semaine, pas plus, sinon tu vas noyer ses racines et il risque de pourrir. J'irai voir aussi si j'peux pas trouver un peu d'engrais en ville... »

« Ou... ouais... Merci... »

« Et for God's sake ! Trouve une autre cachette pour ton fric ! On dirait un écureuil qui planque ses noisettes dans le tronc d'un chêne ! »

« Bah quoi ? J'suis pas si différent d'eux... Moi aussi, j'aime les glands... Et puis, j'suis sûr que t'aimerai bien que mes grosses noisettes viennent taper dans ton petit pot de Nutella... » Susurra t-il suavement, avant de se passer la langue sur les lèvres.

La mâchoire de Kagami manqua de se décrocher, suite à ces paroles crues. Peut-être. Sûrement, même. Comment Aomine s'y prenait-il pour transformer un truc aussi mignon que les écureuils en quelque chose de parfaitement dégueulasse ? Mais une fois de plus, son téléphone lui sauva la mise, sonnant au rythme de « California Love » de Tupac (plus américain, tu MEURS !) et le rouge décrocha sans attendre.

« Allô ? »

« Taiga ! Finally ! I've been waiting for nearly fifteen minutes already... »

« Tatsuya ? Where are you ? »

« Didn't you see my message ? We were supposed to meet today ! You said you would help me stock some stuff in you apartment... »

Merde ! Mais OUI ! Ca lui était complètement sorti de la tête ! Himuro lui avait demandé de l'aide pour le déménagement, entre autre, de garder quelques objets précieux dans son appartement, pour éviter qu'ils ne se cassent durant le transport... Himuro lui en avait touché un mot à la pendaison de crémaillère et Kagami avait convenu qu'ils se retrouvent en début d'après-midi, aujourd'hui. Himuro l'attendait sûrement au bas de la résidence avec des cartons plein les bras !

« Oh désolé ! J'arrive ! »

« Je t'attends alors ! J'ai sonné plusieurs à ton interphone, mais tu n'as pas répondu, tu n'es peut-être pas chez toi en ce moment... ? » Devina fort justement le brun au grain de beauté.

« Heu non... mais ne t'en fais pas, j'suis là dans deux minutes, juste le temps de rentrer ! »

« Avoue... t'es avec le beau Kise ? »

« Kise... ? Shit, lui aussi je l'ai complètement zappé ! »

Et d'ailleurs, le précédent message reçu émanait justement du beau blond. Kagami rougit en apercevant son nom s'afficher sous la petite enveloppe représentant l'icône des SMS.

« Pffff... Comment as-tu pu oublier un si beau jeune homme ? Moi, ça ferait bien longtemps que je l'aurai mis dans mon lit, à ta place ! T'es la honte de la famille ! Heureusement que nous ne sommes pas vraiment frères... » Soupira Himuro, en se pinçant l'arrête du nez, consterné.

« Oui, mais toi, tu as toujours été du genre rapide, alors que moi j'aime bien prendre mon temps. Et puis, dois-je te rappeler que tu as déjà Murasakibara ? »

« Ohhh rassure-toi, je ne compte pas te voler ton petit toyboy... Je te rappelle juste qu'il ne va pas attendre jusqu'à la Saint Glinglin pour se faire tirer ! Franchement tu pourrais me remercier. Alalala... qu'est-ce que tu ferais sans moi, on se le demande ! Tu me désespères, Taiga, il faut toujours tout te dire ! »

« Non mais écoute, j'ai pas besoin de toi, je sais ce que je fais alors laisse-moi gérer mes histoires de cœur tout seul... »

« Alors là, permets-moi d'en douter ! Dois-je t'apprendre comment faire, aussi ? C'est pourtant pas compliqué, tu vois, il suffit de baisser son pantalon... de bien viser, hop un petit coup et voilà le travail ! Même toi, tu peux y arriver grand dadais ! »

Sous ses paroles osées, Kagami piqua un fard, fuyant le regard d'Aomine, comme si ce dernier pouvait tout entendre... Ca gênait le tigre de parler de son éventuelle conquête à seulement quelques mètres de son autre éventuelle conquête... Surtout quand les deux éventuelles conquêtes en question étaient amies...

… Peut-être qu'il devrait leur proposer un plan à trois... ? Ca résoudrait tous ses soucis d'emploi du temps et de moralité, d'un seul coup...

… Ouais, non, sans doute pas, en fait !

Il tenait beaucoup trop à la vie pour se retrouver coincé entre une succube et un incube... Bien qu'il se doutait bizarrement qu'Aomine ne serait certainement pas contre un tel corps à corps ! Et il s'imaginait déjà Himuro, pleurant à chaudes larmes sur sa tombe, en scandant telle une veuve sicilienne « MON FRERE, TU ES TOMBE AU COMBAT A CAUSE DE MES CONSEILS A LA CON! »

…. Et comme si ce genre d'images mentales ne suffisait pas, Himuro, qui semblait miraculeusement lire dans ses pensées, ajouta :

« Ohhh tu sais, moi et Atsushi on l'a déjà fait à trois de nombreuses fois... Avec de la nourriture, la plupart du temps... »

FACEPALM !

Au comble de la consternation, Kagami attrapa ses clics et ses clacs, se dépêchant d'évacuer. Il ne voudrait surtout pas qu'Aomine puisse capter la moindre bribe de conversation, si ce n'était pas déjà fait... Croisons donc les doigts tous ensemble pour que ça ne soit pas le cas...

Une fois devant chez lui (ça tombait bien, c'était à deux pas de chez Aomine, littéralement...) Kagami se dépêcha d'ouvrir son appartement et il déverrouilla les portes de la résidence pour qu'Himuro puisse entrer. Puis, il descendit les escaliers quatre à quatre, pour aller aider Himuro à monter ses affaires.

« Pfff... Encore en panne ce fichu ascenseur !? » S'indigna le brun, bien chargé.

Kagami rougit à nouveau irrémédiablement, se sentant même un peu responsable. Indirectement. Ce qui n'échappa pas à l'(unique) œil perçant d'Himuro...

« Taiga... si tu as quelque chose à me dire à ce sujet, sache que je ne me mettrai pas en colère. » Sourit-il faussement, faisait trembler le tigre jusqu'au fond de son slip kangourou.

« Ben, c'est-à-dire que... tu vois... » Commença t-il en se frottant nerveusement les cheveux.

Mais il fut rapidement interrompu par l'arrivée d'Aomine qui descendait Biscuit, sans doute pour lui faire faire sa balade du matin. Ou du soir, en avance. On peut faire faire son pissou du soir en avance à un chien, d'ailleurs ? Parce que si oui, c'était certainement le cas...

Et dès que le brun félon apparut dans le champ de vision du brun fraternel, Himuro passa en mode « GUERRE » ! Il attrapa immédiatement Kagami, qui n'en demandait sûrement pas tant et il lui roula une PELLE MONSTRUEUSE !

Aomine ne cilia même pas, se contentant simplement de les contourner avec son fidèle toutou, avant de sortir du bâtiment, sans un mot.

« HmhmhmhmhHmmmMMmmm ! » Protesta énergiquement Kagami, essayant d'échapper à la VENTOUSE qui servait de bouche à Himuro. « Qu'est-ce qui t'a pris ? » S'écria t-il ensuite, s'essuyant les lèvres dans l'espoir de reprendre sa respiration.

« Moi ? Mais riiiien ! Je voulais juste m'assurer que tu savais encore embrasser ! C'est important si tu comptes conclure avec Blondie... »

Et comme de bien entendu, Kagami n'y vit que du feu, se contentant de rosir jusqu'aux oreilles.

« Allez, on s'y met ? ^^ Les cartons ne vont pas se porter tous seuls ! »

« Ouais... t'as raison. »

« Je t'ai laissé les plus lourds hihi ! »

« Oi... Bastard... »

« Don't mention it Lil' bro ! Aie pitié du dos de ton grand frère, c'est pas le tien qui se fait exploser par Atsushi au lit ahah ! »

« Je ne veux pas savoir. Vraiment... »

Et sur ces bonnes paroles pleines de sagesse, (qui l'eût cru ?) les deux jeunes hommes passèrent à l'action.


Après avoir survécu à la tentative d'étouffement lingual perpétrée par Himuro, ainsi qu'à environ 1144 marches (en cumulant tous les allers-retours), Kagami était allongé par terre dans son salon, vaincu. Enfin, « allongé », c'était un bien grand mot, vu la quantité astronomique de bibelots et autres meubles d'antiquaires en tous genres qui encombraient à présent son appartement, autrefois à moitié vide. Merci qui déjà ? Ah oui, merci Himuro ! C'était un tel bordel la dedans qu'on se serait cru dans une brocante à ciel ouvert et non dans un domicile habité. Et il était fou de réaliser le nombre indécent de conneries qu'Himuro avait accumulé avec les années... refusant naturellement de les jeter pour faire de la place. Parce qu'après tout « On ne sait jamais quand ça peut servir ! », arguant sans arrêt le serveur. Bah oui, hein. Des fois que...

« … Mais t'étais vraiment obligé de conserver cette ancre de bâteau ? J'veux dire, t'en avais un besoin vital à un moment donné ? »

« Evidemment ! Imagine que demain, ce soit la fin du monde et qu'il y ait un DELUGE ! Je suis certain que ce jour-là, tu seras bien content d'avoir une ancre à laquelle s'amarrer quand on se déplacera en barque dans les rues de Tokyo ! » Le prévint Himuro, vexé qu'on s'attaque à ses petits objets chéris...

« Heu... c'est en Inde qu'il y a la mousson, pas ici tu sais... ca risque rien... »

« Et les tsunamis alors ? Me dis pas que ça, ça ne pourrait pas arriver ! On n'est pas si loin de la mer alors... Hin hin... pas moyen que je prenne le moindre risque ! Je veux être paré quand une telle catastrophe arrivera ! »

Alors pas touche à son improbable collection de bidules usés par le temps, non mais ! Ca pourrait être utile ! A quoi ? Mystère, mais bon... pas la peine d'en débattre, de toute évidence, le brun ne changerait pas d'avis... C'était peine perdue.

« Mouais... Enfin, je ne suis pas certain qu'on puisse classer une ancre dans la catégorie des 'objets fragiles'... Et rappelle-moi pourquoi Murasakibara n'a pas pu venir, déjà ? Ce serait allé bien plus vite s'il avait été là pour nous filer un coup de main... »

« Je sais bien, mais mon pauvre bébé titan s'est fait un tour de reins hier soir... »

« Oh. En t'aidant à faire les cartons, je suppose. »

« Non, en me donnant quatre orgasmes d'affilée, si tu veux tout savoir. On a voulu tester la poulie installée dans la chambre de notre nouvel appartement ! Tu comprends, comme on vient de la faire installer, alors on avait besoin d'être sûrs qu'elle tiendrait le coup, avant d'emménager définitivement ! » Expliqua Himuro, des cœurs plein la voix.

« Ok... putain... je ne sais même pas pourquoi je continue à te poser des questions... » Soupira mollement Kagami, le regard dans le vague.

… Bien qu'une partie de lui-même aimerait savoir comment Diable se faire un tour de reins de la sorte était possible. Peut-être que la poulie n'était pas fixée assez solidement et qu'un morceau de plafond entier était tombé sur le pauvre Murasakibara. Ou alors le plafond avait carrément cédé sous le poids du géant...

« Moi je sais ! Parce que tu es maso ! »

« Ah ouais... c'est possible... » Concédé Kagami, d'un air absent.

'Maso', c'était un mot qui revenait souvent ces derniers temps... et il y avait peut-être un peu de vrai, du coup...

Et en parlant de « coup », Kagami se décida enfin à consulter le message envoyé par Kise. Il lui demandait s'il était possible qu'ils se voient ce soir... Ce qui tombait fort bien, puisque Kagami n'avait rien de prévu et même si cela avait été le cas, il se serait fait un plaisir d'annuler ses plans pour pouvoir passer du temps avec le sublime D.J.

Kagami se fit donc un plaisir de lui répondre qu'il était OK pour un resto en sa compagnie (out toute agréable activité de son choix...) et pourquoi pas le restaurant chinois où ils étaient allés la dernière fois ? Bien entendu, il se promit de ne pas boire comme un trou cette fois. Un coma éthylique lui avait amplement suffit et il n'était pas prêt à renouveler l'expérience... Kise accepta aisément l'invitation et Kagami retrouva le sourire, comme par magie. Il ne sentait presque plus la douleur diffuse dans son dos suite au port de charges lourdes qu'il s'était tapé tout l'après-midi, ni même la contrariété inspirée par l'exécrable Aomine... Le blond avait le don de lui mettre du baume au cœur, systématiquement...

Tout le contraire de son cher emmerdeur de voisin, donc.

Lui et Kise étaient tellement aux antipodes l'un de l'autre ! Comment pouvaient-ils même être amis ?

Un blond, un brun.

Le soleil, la lune.

Le Bien, le Mal...

Pokémon et Digimon...

Burger et pizza...

Enfin, vous avez compris le délire quoi...

Dans tous les cas, c'était exactement ce dont Kagami avait besoin et après avoir mis Himuro à la porte, (enfin, façon de parler, il s'y était mis tout seul, à vrai dire...trop pressé de retourner veiller sur son gros nounours convalescent !) le fauve rouge se fraya un chemin dans son salon encombré pour aller chercher de quoi s'habiller dans sa chambre. Il enfila des vêtements propres, donna une rapide caresse à Sassy qui découvrait son nouveau terrain de jeu et il sortit, ravi.

Ravi... jusqu'à ce qu'il croise Aomine qui sortait également de chez lui, tiens donc, quel malheureux hasard...

Et apercevoir son cher voisin lui fit autant d'effet qu'une boule puante.

Putain... un vrai répulsif !

Comment faisait ce mec pour lui ruiner son humeur, dès qu'il pointait le bout de son nez ? Kagami tenta vainement de l'ignorer, sachant d'avance que cet essai se solderait pas un échec, quoi qu'il fasse. C'était comme si le brun épiait ses moindres faits et gestes, s'arrangeant systématiquement pour se trouver fortuitement sur son chemin à chaque fois. Ca ne pouvait décidément pas être le hasard. Pas la peine de lui faire croire, Kagami n'était pas dupe. Et vu comment le brun était habillé, il comptait chasser lui aussi...

Le policier cocottait à dix mètres à la ronde... le même parfum bas de gamme que celui qu'il portait déjà en boîte, lors de leur toute première rencontre et Kagami retroussa le nez, par réflexe. Cette odeur entêtante lui vrillait les nerfs, s'insinuant en lui et... l'irritant et l'excitant à la fois, toujours ce paradoxe d'émotions suscité par Aomine... Inutile de préciser que c'était une sensation extrêmement malaisante...

Mais même en s'appliquant à éviter le regard d'Aomine, le brun le repéra.

Et engagea la conversation, au grand damne de Kagami...

« Eh bah... t'es drôlement chic ce soir. »

… Si tant est qu'on puisse qualifier une chemise à carreau rouge style bûcheron et un jean noir slim avec des Nike Air Jordan's One de « chic ».

Et d'ailleurs, ça se disait encore ça « chic »... ? C'était d'un RINGUARD !

« Tu sors ? » Insista t-il face au mutisme de Kagami.

« Naaan sans blague, t'as trouvé ça tout seul ? Ouais, j'me suis justement mis sur mon 31 pour sortir mes poubelles et à cause de toi, je suis démasqué maintenant oulala... Tout le monde va être au courant de mon petit secret ! » Pensa moqueusement le tigre.

« Non, comme tu le vois, je m'apprête à organiser une soirée pyjama chez moi. »

« En baskets ? Wow ton mec risque de faire la gueule si tu salopes les draps avec tes grolles. »

« Mon mec... ? Tu recommences avec ça ? Je t'ai déjà dit que... »

Oh et puis non, ce serait lui faire trop plaisir que de lui confirmer qu'Himuro n'était pas son petit-ami. Si Aomine voulait le croire, grand bien lui en fasse, au moins, il lui foutrait peut-être la paix maintenant ! Quoi que... pas sûr que cela l'arrête vraiment...

« Ecoute, j'ai pas l'temps de me disputer avec toi, j'dois... »

« Alors comme ça, il vient emménager ici... ? »

« De quoi tu parles encore ? »

« Me prends pas pour une bille, j'ai vu bien les cartons dans le hall, pendant que vous étiez occupés à vous bouffer les amygdales... »

« Ah et donc tu crois que Tatsuya va venir habiter ici ? »

« Bah ouais, c'est logique non ? En tous cas, si tu me permets de te donner un petit conseil... »

« Je ne te le permets pas. » Le coupa sèchement Kagami, qui détestait le ton employé par le brun. Aomine se mêlait un peu trop de ses affaires à son goût.

C'était sans doute une déformation professionnelle de son boulot de flic, mais quand même, ça ne lui donnait pas tous les droits !

« Tant pis, parce que j'vais quand même te l'donner. Je crois savoir de source sûre que tu ne paies pas un loyer trop excessif pour ton appartement... »

« Et alors ? Y a pas d'entourloupe, tout est légal ! »

Ca ne plaisait pas trop à Kagami qu'Aomine possède ce genre de renseignements sur lui... il devait sans doute abuser de sa position de flic pour obtenir des informations privées et ça, c'était parfaitement illégal...

« Je sais mais juste pour te dire que... avant toi, c'était une nana qui vivait là et... »

« Tu t'la tapais, c'est ça ? »

« Oui... enfin non... enfin on s'en fout, c'est pas ça... C'que j'essaie de te dire, c'est qu'au départ elle était célibataire. Mais à un moment, elle a rencontré un gars et c'est devenu sérieux entre eux. Alors elle lui proposé d'emménager ici avec elle, pour profiter du loyer réduit. Sauf que quand le proprio l'a appris, bah ça lui a visiblement pas plu, tu vois le genre ? »

« Pas vraiment non... Qu'est-ce qu'il a fait ? »

« En gros, il s'est senti trompé sur la marchandise et considérant qu'il avait fait une fleur à la fille en lui louant les lieux à si bas prix jusque là, il a pas vraiment bien pris le fait qu'un second larron s'installe ici, sans son accord. Le propriétaire a donc augmenté le loyer en conséquence et vu la superficie de l'appartement, si on applique les tarifs en vigueur dans le quartier, j'te laisse en tirer les conclusions qui s'imposent... »

« … Si le proprio s'est aligné sur les prix du marché... alors, je suppose que le loyer a du tripler, au moins. »

« Il a carrément été multiplié par dix, en fait. Tu vois le truc... la fille s'est rapidement retrouvée dans l'impossibilité de payer, même avec deux salaires... Le propriétaire avait calculé son coup exprès pour la faire expulser. »

« Mais... c'est pas un peu excessif comme réaction ? Qu'est-ce que ce proprio pouvait bien en avoir à foutre, qu'elle se mette en couple ? En quoi ça le regardait ? »

« Qu'est-ce que j'en sais ? P'têtre qu'il voulait la sauter et qu'il a pas supporté qu'elle se trouve un autre mec, va savoir... Tu l'as déjà rencontré ton propriétaire ? En tous cas, ce qui est sûr, c'est qu'après ça, l'appart' est resté un long moment inoccupé, avant que tu ne débarques. Le type m'avait même proposé un temps de le racheter, c'est pour ça que j'avais dessiné la croix que t'as vue dans le salon, j'essayais de visualiser ce que ça pourrait donner, si je décidais d'accepter son offre en réunissant nos deux appartements. »

« Je vois... et non, j'ai jamais vu le mec qui me loue mon appart', c'est bizarre je sais, mais c'est Tatsuya qui s'est occupé de tout... et du coup, je dépose juste un chèque sur le compte de mon proprio chaque mois. Ce sont les seules coordonnées que j'ai le concernant... »

« Il t'a même pas filé son numéro pour le joindre en cas d'urgence ? »

« Nope... et d'ailleurs, ça tombe mal, parce que mon chauffe-eau fait des siennes en ce moment, mais bon, j'vais faire avec... »

« En tous cas, désolé mec, j'en sais pas plus que toi sur ce mystérieux propriétaire, moi il m'avait directement contacté par téléphone et j'sais même pas si j'ai gardé son numéro, étant donné que t'es venu habiter ici et que j'ai lâché l'affaire avec l'appart'... »

« Ok, pas grave... j'me débrouillerai. »

« Et donc, tu sors le retrouver ? »

« Tatsuya ? Non. Et il ne va pas venir habiter ici. Je le dépanne juste, parce qu'il va bientôt déménager... et il a besoin d'un garde-meubles, tu comprends ? »

« Ah tant mieux, je veux dire, cool. J'aurai pas aimé devoir te balancer au proprio, comme je l'ai fait avec cette nana... »

« QUOI ? Mais tu viens de dire que... ! »

Ah ça y est putain, il recommençait à le faire tourner en bourrique !

Incroyable, à croire que c'était un sport national pour le brun.

… Et bien, ils étaient deux à pouvoir jouer à ce jeu là... Et à celui du plus con, Kagami pensait pouvoir l'emporter.

« T'es vraiment une raclure... Néanmoins, je vais quand même te confier un petit secret, un vrai de vrai cette fois, alors ouvre grand tes oreilles bourrées de cérumen... C'est pas Tatsuya que je sors rejoindre là... Mais Kise et... je compte bien le ramener ici après le dîner... pour prendre un dessert en sa compagnie... et quand je parle de dessert, pas besoin de te faire un dessin, j'suppose que t'as parfaitement compris à quoi je faisais allusion... » Asséna Kagami, venimeux.

Et à ce stade, quoi de plus parlant que de sortir un préservatif de la poche frontale de sa chemise ? Voir la tronche d'Aomine se décomposer était la plus belle des revanche. Son petit air suffisant s'évanouit totalement et Kagami lui tapota sur l'épaule pour enfoncer le clou, avant de lui passer devant pour prendre les escaliers.

« Passe une bonne soirée, Daiki. J'espère qu'elle sera aussi agréable que la mienne ! » ^_^

« Taiga ! Putain, Taiga ! Tu vas pas oser...!? Reviens ! On n'a pas fini de discuter toi et moi ! » Exigea le brun en se penchant par dessus la rambarde pour regarder le rouge descendre. « On n'a pas fini... t'entends ?! C'est pas fini entre nous, pas encore ! Et si tu reviens pas tout de suite... j'te le f'rai r'gretter et il sera trop tard pour implorer mon pardon ! »

Mais Kagami ignora royalement ses suppliques ou peu importe ce dont il s'agissait au final. Ca lui rappelait trop le discours 'd'adieu' de son ex et puis...

... Kagami réalisa surtout qu'il venait de remporter la première manche de cette bataille et avec un certain panache...

Quelque part, il s'en voulait un peu d'avoir réduit Kise à un vulgaire trophée, mais c'était tout ce qu'Aomine méritait ! Il était temps que le policier comprenne qu'il ne lui appartenait pas... Fou de rage, le brun resta un moment à hurler dans les escaliers et ses dernières paroles résonnèrent dans les escaliers, comme un cri de détresse, un cri de désespoir, un appel qui se perdit, sans atteindre sa cible, tandis que Kagami sortait pour aller chercher sa merveilleuse conquête aux cheveux d'or...

Le tigre savait que la panthère se vengerait tôt ou tard.

Il avait été prévenu...

Mais il ne la craignait plus.


Voilà ! C'est déjà fini ! Pas de chapitre à 15000 mots cette fois, juste 13000 et des bananes, mais bon, c'est juste histoire de se remettre en selle ! Je ne savais vraiment pas où "couper", alors j'ai du faire un choix, avant de trop en dire et d'avancer trop loin dans le "dîner".

A votre avis, que va t-il se passer entre Kagami et Kise ? Vais-je écrire mon tout premier KagaKi, EVER ?

Et Aomine, va t-il dormir sur la béquille ou mettre sa fierté de côté et aller taper à la porte de Kagami, dans l'espoir de se faire inviter pour un plan à 3 ?

Biscuit arrivera t-il à finir de ronger son os de DINOSAURE avant que son maître parvienne à pécho Kagami ?

Tant de questions...

La suite et bien plus encore dans le prochain chapitre ;) (Mine de rien, j'ai semé pas mal de pistes et d'indices dans ce chapitre... les avez vous repérés ?)

Comme d'hab', les reviews sont FORTEMENT appréciées et motivantes !