... Hey girlz ! Comme promis, de retour avec un nouveau chapitre ! Bah ouais, j'vous devais au moins ça pour me faire pardonner de ne pas avoir posté depuis un moment sur cette fic ! Sans plus attendre donc, le chapitre du mois ! Pas de blablabla, on attaque directement ! Comme d'habitude, j'essaierai de corriger les fautes au fur et à mesure etc etc... enfin bon, vous commencez à connaître la chanson !

J'espère que ce chapitre vous plaira ! J'ai parfois eu peur de manquer de cohérence, dans l'évolution de la trame/des sentiments des personnages. Pas forcément sur le papier, mais je me suis demandé si ce serait facilement intelligible par les lecteurs et si les variations ne vous choqueraient pas trop. Pour moi, tout suit une certaine logique, mais... comme il se passe pas mal de choses en peu de temps, j'ai craint que cela ne paraisse un peu rushé... On verra bien, j'attends vos impression à ce sujet :)

Bref, enjoy !


Kagami se sentait contrarié, mais il avait décidé de le cacher.

Tout se mélangeait dans sa tête, ces derniers temps. Il n'était même pas certain de ce qu'il ressentait réellement.

Cette confrontation avec Aomine lui rappelait qu'il y avait toujours quelqu'un pour essayer de contrôler sa vie. Mais quel intérêt de fuir les bras d'un tyran, si c'était pour retomber dans ceux d'un autre ?

Et surtout, pouvait-on vraiment faire table rase du passé ?

Kagami se sentait assailli de doutes quant à sa propre condition. Il n'avait pas été capable de surmonter immédiatement sa rupture avec Nash, alors que pourtant, il n'était absolument pas en tort. Non il avait préféré se sauver lâchement plutôt que d'affronter son ex-fiancé. Mais du coup, Kagami avait-il le droit de clamer qu'il était parfaitement blanc dans cette affaire ?

Jamais il n'avait essayé de tenir tête à son amant.

Jamais.

Dès le départ, il s'était laissé approcher, fasciné par l'aisance et e charisme de ce chasseur de fauves, que rien ne paraissait jamais impressionner. Puis, Nash l'avait dompté, changeant le tigre sauvage en gros chat de compagnie. Oui, Kagami était devenu aussi inoffensif que cela. Nash lui avait limé les crocs et les griffes, dictant sa loi, faisant de Kagami sa chose. Le rouge lui était soumis, dévoué corps et âme, prêt à tout accepter de lui.

Ou presque...

Un jour, il avait ressenti cette désagréable piqûre à l'arrière de la nuque. Elle lui avait laissé un goût amer sur son palet, un goût qui ne voulait plus le quitter, envahissant sa bouche, se répandant dans tout son corps. Ca avait agi comme un électrochoc salvateur et efficace. Plus tard, Alex lui avait expliqué que cette étrange sensation qui s'était emparée de lui était en réalité son amour propre qui le titillait. Sa fierté s'était réveillée au dernier moment, alors que Nash semblait avoir détruit jusqu'à la moindre parcelle de sa personnalité.

Et le soir fatidique où Kagami avait pris la décision de quitter Nash, il s'était fait la promesse de ne plus retomber dans ses anciens travers. Jamais plus il ne laisserait un homme avoir un tel pouvoir sur lui. Il s'était relevé pour prendre un nouveau départ au Japon, pas pour retomber dans ses anciens travers !

Pas question de laisser Aomine gagner et l'avilir à son tour !

Mais Aomine n'était pas un chasseur de fauves... Aomine ne voulait pas faire du rouge un trophée qu'il exhiberait devant ses amis dans les soirées mondaines ou échangistes. Non, Aomine était un félin, tout comme Kagami. Mais un félin blessé, meurtri également. Pour des raisons différentes, sans doute, que l'américain ne parvenait pas à cerner... Et c'était sans doute ce fort sentiment de pitié qui empêchait Kagami de se détourner complètement de lui ou de l'abandonner à son triste sort...

A la solitude... dévorante... et aux ténèbres qui finissent par étouffer toute étincelle de vie...

Mais l'arrivée de Kise suffit à sortir Kagami de son intense réflexion.

« Salut beau gosse... J'espère que je ne t'ai pas trop fait attendre... Ohhh je vois que tu as fait réparer ton feu arrière, c'est bien ! »

Honnêtement, Kagami se sentait un peu honteux de ne pas avoir un carrosse digne de ce nom à présenter à son prince. Parce que Kise était d'une beauté à couper le souffle, comme d'habitude. Il portait un débardeur rouge un peu loose, laissant apercevoir la naissance de son torse délicat mais ciselé et un jean slim noir troué aux genoux. Il avait également revêtu une belle veste noire qu'il laissait ouverte et un chapelet aux perles d'ébène se balançait autour de son cou élancé, pour finir sa course entre ses deux pectoraux, bien à l'abri sous son débardeur.

Kise avait un port de tête altier, exactement comme on peut l'attendre de la part d'un ancien mannequin. Tout chez lui respirait l'élégance et même une certaine forme de dignité. Et même habillé d'un sac poubelle, le blond n'aurait su voir sa beauté naturelle être insultée.

Kagami piqua instantanément un fard. Il faisait si pâle figure à côté du rayon de soleil doré qui s'était installé côté de lui, sur le siège passager. Après avoir bouclé sa ceinture de sécurité, Kise se pencha pour un baiser. Merde... Kagami se flagella mentalement pour avoir manqué aux règles de la bienséance. Il aurait du sortir de son véhicule et ouvrir la portière à Kise, tel un parfait gentleman.

Mais il s'était laissé saisir par cette apparition éthérée, incapable d'esquisser la moindre action. Et là encore, il se sentait figé. Pas nerveux, non, mais il ne parvenait pas à aller cueillir les lèvres offerts du blond et par le blond. Kise n'en prit cependant pas ombrage, venant de lui même planter un baiser doux à la commissure des lèvres de Kagami.

Kagami ne le repoussa pas, acceptant ce bref contact caressant.

Ce serait mentir que de nier être sous le charme du blond et encore une fois Kagami s'émerveilla ou plutôt s'étonna des différences qui existaient entre Kise et Aomine... Aomine exerçait sur lui une attraction plus magnétique, quasi-animale et comparable à celle de Nash, là où Kise était plus nuancé et tendre.

Aomine...

Encore une fois, les songes de Kagami allaient vers cet énergumène. A croire que jamais il ne le lâcherait, tel la pire des sangsues !

Silencieusement, Kagami mit le contact et la voiture démarra. Concentré sur la route et parfaitement coi, il n'arrêtait pas de penser au brun. A ce qu'il comptait faire. A ce qu'il allait faire pour lui pourrir un peu plus l'existence et...

« Taicchi ? »

La voix agréable de Kise suffit à désamorcer la bombe mentale qui se préparait chez le rouge.

« Ou-ouais... excuse-moi... Ca va ? »

« C'est plutôt à toi qu'il faudrait demander cela... tout va bien ? »

La main de Kise, chargée de sollicitude, se posa sur sa cuisse et Kagami se tendit inévitablement sous le contact. C'était si léger, si duveteux, un peu comme une plume et...

… Et Kagami n'avait pas l'habitude de cela... Il n'en avait jamais eu l'habitude, tout bonnement parce qu'il n'avait pas eu la chance de connaître ce genre de toucher désintéressé auparavant. Le rouge avait été pour ainsi dire biberonné aux poignes plus masculines et nettement moins innocentes. Alors, c'était sûrement stupide à admettre, mais la sensation était particulièrement dérangeante. Elle le brûlait au lieu de l'apaiser.

Merde... putain, mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?

Pour une fois, ENFIN, quelqu'un le traitait convenablement, sans aucune mauvaise intention dissimulée et Kagami se retrouvait incapable d'en profiter, ni même de juste savourer la pureté de ce geste. Non, tout cela était impossible pour lui et il en ressentait un certain malaise. Il ne savait pas comment réagir face à de la gentillesse gratuite, tout simplement. Depuis bien trop longtemps, Kagami avait été conditionné à la manière d'un chien, à ne recevoir des caresses que lorsqu'il satisfaisait son maître comme celui-ci le lui avait ordonné.

C'était indéniablement la raison pour laquelle les paroles d'Aomine au sujet de la notion de « dominé » et de « dominant » lui avaient semblé si familières. Finalement, Kagami était comme Biscuit. Il avait assimilé certains signaux à des actions bien précises. Et quand ces signaux obtenaient une réponse différente, comme c'était le cas en ce moment, le rouge se sentait perdu.

Il se sentait stupide, ridicule, inadéquat, même, encore trop profondément marqué par l'influence négative de Nash. Le rouge était peut-être arrivé à échapper physiquement à son joug, grâce à l'éloignement géographique, mais l'emprise de son ex-fiancé restait bien réelle. Présente. Palpable.

Ne manquant pas de noter à quel point Kagami venait de se tendre, un peu comme s'il avait reçu un coup de poignard, Kise ôta sa main de la cuisse de son compagnon. Kagami n'osa pas le regarder. Il ne se devinait que trop bien la peine affichée par le visage de poupée... Kise devait prendre son attitude fermée pour du rejet et quelque part, ç'en était bel et bien. Kagami ne pouvait juste pas s'en empêcher. Lutter contre ce conditionnement par le châtiment et la récompense était impossible pour lui en l'état actuel des choses...

Le reste du trajet se déroula en silence. Un silence de mort, suffoquant. Surtout pour Kise, qui avait coutume de débiter un volume important de paroles, probablement pour briser les situations inconfortables. C'était le moyen que le blond avait trouvé pour désamorcer les conflits et autres silences peu avenants, sauf qu'ici, Kise ne pouvait pas user de ses talents pour le bavardage insipide.

Finalement, peu importait le fond de la conversation, tant que le silence ne s'installait pas. Cela semblait être son crédo, mais Kagami et son comportement fermé lui refusaient ce subterfuge grossier. Parler de tout et de rien évitait à Kise de penser. Parce que lorsqu'il se retrouvait seul avec lui-même, en réalité, il souffrait de la même insécurité que Kagami.

Le rouge l'avait bien compris et même s'il s'en voulait de forcer Kise à affronter ses démons, il n'avait plus la force de faire autrement.

Rapidement, heureusement pour eux deux, la voiture arriva à destination, de sorte que le silence destructeur qui régnait entre eux pu prendre fin. Simplement pénétrer dans un lieu de vie, à l'ambiance emplie de rires, de paroles et de musiques, leur fit un bien fou. Kise retrouva son sourire étincelant, celui qui paraissait toujours indiquer que le D.J. faisait preuve d'une énergie et d'une joie de vivre inébranlables.

« Dépêche-toi, Taicchi ! J'ai faim, moi ! » S'exclama Kise, en grimpant les escaliers aussi vite que Rocky Balboa.

Ah oui, pas d'inquiétude, Kise avait vraiment retrouvé sa bonne humeur communicative habituelle ! Un sourire franc, pas celui qui lui servait parfois de façade, avait élu domicile sur son visage aux traits incroyablement fins et cela suffit même à mettre un peu de baume au cœur du tigre. Kagami le suivit donc, avec certes moins d'entrain, mais c'était tout de même une savoureuse victoire. Il ne devait pas laisser Aomine ni qui que ce soit gâcher sa soirée. Il était là pour prendre du bon temps et il en avait même oublié ses desseins vengeurs. Arriverait ce qui arriverait et c'était tout. Brusquer les choses et les forcer ne ferait que le desservir bêtement.

Il avait enfin l'occasion de passer une bonne soirée, alors autant prendre ce qui lui était gracieusement offert sans tergiverser. Qui savait quand une telle opportunité se représenterait, si bien entendu, elle se reproduisait un jour...


Kise était, comme prévu, de charmante compagnie. Encore une fois, il s'était retrouvé à faire la conversation un peu tout seul au début, mais à force d'insistance et de perches tendues, il était parvenu à faire participer Kagami. Sa patience avait payé et la consommation (raisonnable) d'alcool délia les langues, ce qui eut pour résultat que la soirée se poursuivit de manière bien plus agréable qu'elle avait commencé. L'endroit était très coloré, éclairé de néons fluo vieillots et aussi tapageurs que les clients qui fréquentaient cet établissement datant d'un autre siècle.

Ou plutôt, qui fleurait bon les années 80. Des dragons et autres lions de jade gardaient les lieux, lui conférant un petit aspect de pacotille qui se voulait pourtant typique de l'Asie et de la conception que peuvent en avoir les occidentaux. Les serveurs, excessivement polis, mais bruyants, s'affairaient en salle pour combler leurs clients. Le restaurant débordait de vie et une farandole de plats et d'assiettes vides défilait entre les tables toutes occupées.

Kise était vraiment facile à vivre. Et bonne nouvelle, il n'avait pas pris ombrage du mutisme de Kagami, durant le trajet.

Rien ne semblait en mesure d'entamer son moral de battant plus de quelques minutes et c'était un trait de caractère remarquable d'après Kagami. A la fois étonnant et enviable. Oui, le tigre aurait aimé être comme lui. Loin de lui l'idée de définir Kise comme un « imbécile heureux » ou comme un ingénu, mais c'était pourtant ce que la majorité des gens aurait pensé en rencontrant le pétillant blond. Il était au dessus de la masse, flottant sur un nuage de sucre ou de guimauve alors que le commun des mortels se débattait dans ses problèmes du quotidien.

Mais c'était bien mal connaître Kise que de croire que rien ne pouvait jamais l'atteindre. Kagami savait que ce n'était pas vrai. Mais le blond était extrêmement doué pour masquer sa souffrance et ses doutes derrière d'envoûtants sourires, si bien qu'on ne devinait jamais si quelque chose le préoccupait vraiment. Or, Kise n'était pas insensible aux ennuis d'autrui, ni même aux siens. Non, il avait tout simplement choisi de les ignorer ou du moins, de les minimiser en faisant preuve d'un enthousiasme démesuré et ce, en toutes choses.

Clope à la main, il racontait à Kagami sa dernière tournée en boîte de nuit. Son ton était enjoué, futile presque, mais cela ne dérangeait aucunement le tigre qui prenait même un plaisir insensé à l'écouter piailler comme une poule. Le blond lui parlait d'endroits à la mode, de caisses de champagne, d'argent coulant à flot, de charmant inconnus croisés au détour d'un couloir... Le monde nocturne et ses lumières artificielles semblait parfaitement convenir au papillon de nuit qu'était Kise.

Il en avait assimilé tous les codes avec une remarquable aisance, butinant à gauche et à droite, sans jamais se poser pour de bon. Cette forme d'hyperactivité constante était plutôt amusante et Kagami constata non sans une certaine satisfaction que le blond avait réussi à préserver cette capacité à s'émerveiller des choses banales que lui offrait la vie.

Contrairement à lui...

Et même si en apparence, Kagami se déridait un peu, engloutissant de bon cœur sa copieuse plâtrée de porc au caramel, même s'il écoutait Kise en souriant à ses blagues pour donner le change...

… au fond de lui, il restait préoccupé par tant de choses. De sombres pensées parasitaient son esprit. Pourquoi ne parvenait-il pas profiter de la vie et à aller de l'avant, comme Kise ? Il était libre à présent... Libre...

Cette liberté qu'il chérissait par dessus tout, il s'était battu pour l'obtenir... Mais cela ne suffisait pas... car Kagami avait été marqué si profondément par l'empreinte de Nash qu'une partie de lui était morte ou restée là-bas avec son ex-fiancé, aux Etats-Unis. Et c'était une part de son âme que jamais il ne parviendrait à récupérer ou à reconstruire... Il était désabusé, endeuillé par la perte définitive de son innocence...

Comme s'il ne pourrait jamais s'en remettre totalement, malgré ses efforts... Comme s'il était condamné à laisser la mélancolie s'emparer de lui...

Bip Bip...

Son téléphone vibra dans la poche de son jean et Kagami sursauta légèrement. Qui pouvait bien lui envoyer un message à cette heure-ci ? Tatsuya, peut-être ? Si ça se trouve, il avait encore besoin de lui pour jouer les gardes-meubles... Machinalement, Kagami sortit l'appareil de sa poche et il ne fit pas vraiment attention au nom de l'expéditeur qui affichait pourtant « INCONNU » en lettres grasses et en majuscules. Ah non, vraiment, il aurait du se méfier lorsque ses sens d'araignée se mirent tous en alerte, mais il les ignora. Peut-être à cause de la fatigue qui avait émoussé sa volonté, en tous cas, il consulta le fichier joint et...

Un cri d'effroi – le sien – retentit dans tout le restaurant. Les cliquetis des baguettes dans les bols cessèrent et tous les regards curieux convergèrent en sa direction, croyant sans doute que le rouge avait retrouvé un POIL PUBIEN ou tout autre ingrédient ne faisant traditionnellement pas partie de la recette du « porc au caramel ». Allez savoir. On entend tant de choses écoeurantes sur la gestion des restaurants de nos jours...

Kise cligna de ses grands yeux ronds et comme Kagami venait de se délester de son téléphone à quelques encablures seulement de son plat, le blond s'en saisit pour consulter le message qui avait plongé le rouge dans un tel état catatonique.

De : ?

Reçu à : 21h43

« Regarde ce à quoi tu viens de dire non... Dommage, j'suis sûr que t'aurais adoré qu'elle te chatouille les amygdales... »

Ce charmant message étant lui-même accompagné d'un fichier joint pour le moins... explicite, puisqu'il s'agissait...

« Oh, une bite ! » Lâcha Kise, sans vraiment s'en rendre compte.

Ce qui fit s'interroger les clients encore davantage, certains commençant même à tousser et à feindre des malaises. (essentiellement les dames, pour ce dernier point...) Une grand-mère recracha carrément sa bouchée, perdant son dentier par la même occasion.

« Tiens, je la reconnais... c'est celle de Daikicchi... »

Car en effet, le fichier en question affichait en gros plan dans toute sa glorieuse nudité un pénis en érection de couleur « sauce au caramel ». (tiens, ça tombait à pic !)

LE TRAUMATISME !

Enfin, pas pour tout le monde, semblait-il, puisque Kise arriva à repousser la horde de serveurs qui s'était attroupée à sa table, histoire de vérifier s'il y avait bien « une couille dans le potage », selon la célèbre expression consacrée. Expression qui n'avait jamais été autant sur le point de se vérifier, d'ailleurs...

« Tout va bien, hein, ne vous inquiétez pas ! On n'a rien trouvé de suspect dans le plat de mon ami... c'est bon, vous pouvez retourner à vos places... »

Non parce que, convaincus d'avoir flairé une douce odeur de scandale synonyme de « repas offert en dédommagement pour la gêne occasionnée », quelques badauds s'étaient levés pour voir d'un peu plus près la trouvaille de Kagami. Quelle déception de constater que cela n'avait rien à voir avec la qualité de la cuisine servie ici et que donc, ils devraient payer leur addition, comme tout le monde ! Ils s'étaient faits une fausse joie, non mais, on n'a pas idée de crier aussi fort au beau milieu d'un restaurant, si ce n'est à cause d'une bonne intoxication alimentaire des familles !

Ah, Kagami leur avait fait une belle fausse (joie) frayeur...

D'ailleurs, ledit Kagami était vraiment à deux petits doigts (ou plutôt deux pénis, niveau taille, c'était plus représentatif...) de se foutre en #PLS sous la table, suite à cette agression visuelle... Mais... un fait l'intriguait au plus haut point !

« Attends une seconde, comment ça se fait que tu connaisses le heu... à qui appartient la... enfin t'as compris, quoi ! Toi et ce connard vous avez couché ensemble ? »

« Mais non, que vas-tu chercher ? Enfin, c'est pas faute d'en avoir eu envie de mon côté, mais... »

« Alors comment tu peux être sûr que... c'est bien sa... heu... »

« Sa... ? » Fit mine de ne pas comprendre Kise, uniquement pour le pousser à dire le TERME magique...

« Tu sais très bien de quoi j'veux parler, ne te fais pas plus bête que tu ne l'es ! Tu l'as dit tout à l'heure, en plus ! »

« Bite, c'est ça ? C'est ce mot qui te gêne ? Owww... c'est trop chou, Taicchi ! Tu sais, parfois, je diverge, mais le plus souvent, je dis bite, comme tout le monde ! Ahaha ! » Rit le blond, particulièrement fier de son jeu de mots pourri.

« Je t'en supplie arrête de dire ça, là... ce mot... C'est trop moche quand ça sort d'une aussi jolie bouche que la tienne... » Rougit le tigre du Bengale.

Et il semblait vraiment à deux doigts de pleurnicher, ne s'attendant sans doute pas à entendre Kise parler si crûment. Oui, c'était exactement cela... Kagami se sentait embarrassé de voir cette bouche angélique prononcer des paroles aussi... sales ! Ah pauvre Kagami... si pur et innocent malgré tout, s'il savait quel genre de choses bien plus salaces étaient passées par ces adorables lèvres roses, à qui on donnerait pourtant le Bon Dieu sans confession... Et à nouveau, cette image de succube pour représenter Kise vint le hanter, tout comme lors de son précédent cauchemar... Enfin, le bon côté des choses, c'est qu'à présent, il ne savait plus vraiment s'il était choqué par l'appendice génital d'Aomine ou par le langage de Kise...

« Han lala, Taicchi... tu es si prude... Si tu n'aimes pas quand ça sort de ma bouche, c'est peut-être parce que tu préfères quand ça y rentre... ? » Demanda Kise avec nonchalance.

Ok, cette fois, il commençait à avoir un début de réponse sur l'entente quasi-surnaturelle et mystique d'Aomine et Kise... Au final, ces deux-là n'étaient pas si différents sur certains points... Apparemment, la notion de « tabous sexuels » était l'un d'entre eux. Cela dit, ils n'étaient pas les seuls à faire preuve d'un manque de retenue notoire, puisque Kagami considérait le spécialiste en la matière, comme son frère. N'est-ce pas Himuro ?

« Alors dis-moi... ça ne s'est pas arrangé on dirait, entre toi et Aominecchi... »

Ah. Le blond relança la conversation, la faisant même revenir sur un terrain plus sérieux. Kagami se redressa et récupérant son téléphone, tendu par Kise, il se dépêcha d'effacer la photo envoyée par Aomine.

« C'est un euphémisme. »

« Je vois. C'est dommage... » Déplora Kise.

Dommage... ? Pourquoi cela... ? Kagami n'avait pas l'impression que ce soit une grosse perte, de son côté. Ce type était insupportable et moins le tigre s'impliquait avec lui, mieux il se portait !

« Pour quelle raison ? » Osa même demander le Kitsune.

Non mais... c'était une blague, là, avouez ! Une blague de très mauvais goût, en plus... Comme si la cause de leur conflit n'était pas assez claire ! Et elle allait bien au-delà de ce simple incident de dick pic...

« Attends, t'es sérieux, là ? Tu vois pas que ce mec me harcèle continuellement ? Il n'arrête pas de se foutre de ma gueule et de chercher à m'humilier, dès qu'il le peut ! »

« Je suis sûr qu'il ne le fait pas exprès... Enfin... je ne suis pas sûr qu'il le fasse exprès, plutôt. »

« Ben voyons... C'est quoi la différence entre les deux ? Et qu'est-ce que ça change ? Dès qu'on se croise, on s'embrouille ! J'ai pourtant essayé d'être sympa et compréhensif, mais à chaque fois, je me heurte à un mur ! Ce mec est hyper malsain... » Avoua Kagami, en se passant une main dans les cheveux, tandis que des frissons se déplaçaient dans son dos.

Et voilà. Parler d'Aomine, faisait remonter plein de sensations enfouies et perturbantes à la surface. D'ailleurs, le rouge était certain que tout ceci était un plan sciemment fomenté par le brun, pour les pousser à parler de lui. Bah oui ! Aomine avait paru salement contrarié de ne pas être convié à leur petite sauterie de presque-couple et pour gâcher leur repas, il avait envoyé cette photo. Il avait presque réussi son coup, s'arrangeant pour revenir au centre de leur attention... Ouais, ça n'étonnerait même pas Kagami, tant son voisin était machiavélique et nombriliste ! C'était sûrement son but depuis le départ.

« Tu le détestes à ce point ? »

« Ouais ! Hmm... non... détester, c'est un peut-être peu fort quand même... raaaah... à vrai dire... j'en sais rien. C'est confus. Tout ce que j'veux moi, c'est qu'il me foute la paix. Ma vie est déjà suffisamment compliquée comme ça et j'ai vraiment pas besoin de me traîner fardeau supplémentaire en ce moment... »

Honnêtement, il ne savait plus très bien où il en était. Une part de lui, celle qui l'avait poussée à embrasser la carrière de pompier, lui hurlait de ne pas laisser tomber une personne dans le besoin. Et d'après ce qu'il avait pu voir de ses propres yeux en constatant l'étendue monstrueuse des dégâts qui avaient ravagé la vie du brun (et dont Kagami ignorait toujours les cause), Aomine avait besoin de toute l'aide qu'il pourrait recevoir. Mais à cause de son attitude exécrable, Aomine risquait bien de finir seul. Les autres allaient se détourner lui et le laisser sombrer.

Kagami était une âme charitable, mais pas un Saint-Bernard et ça, il fallait que le policier l'intègre ! Si le respect n'était pas mutuel, Kagami ne pourrait pas le secourir. Surtout parce qu'on ne peut pas sauver quelqu'un qui refuse de l'être. Le rouge l'avait déjà appris à ses dépends, lors de plusieurs interventions. Combien de gens avaient refusé de sortir de leur maison en flammes ? Combien de personnes avaient tenté de se suicider et rejeté les soins par la suite, avant de se laisser dépérir, comme si plus rien n'avait d'importance ?

On ne peut pas forcer quelqu'un à aller contre ses convictions ou ses désirs personnels...

Ce serait comme essayer d'imposer au vent dans quelle direction il doit souffler, c'est juste impossible... Que dire à une personne qui a envie d'en finir avec la vie, celle qui lui a été offerte sans qu'elle ne l'ait jamais demandée ? On ne choisit pas de venir au monde, en revanche, on peut choisir quand, où et comment on va le quitter. C'est peut-être le seul choix qui nous appartienne véritablement...

« Alors, c'est comme ça que tu le vois, comme un 'fardeau' ? »

« Disons plutôt... comme une teigne... ? C'est mieux ? »

« Taicchi... » Souffla le blond en avançant sa main, pour prendre celle du rouge dans la sienne.

Mais il se ravisa au dernier moment et au lieu de cela, il se contenta de la caresser suavement, plongeant ensuite son regard dans celui de Kagami. Le Kitsune avait d'intenses yeux noisettes et par moment, ils devenaient dorés, comme si une pluie d'or les colorait.

« Je sais que ce n'est en rien une excuse valable... mais Daikicchi n'a pas toujours été comme ça... Il a perdu quelqu'un de très cher et ça l'a anéanti... Cela fait presque un an et il ne s'en est toujours pas remis. Il a énormément de colère contre lui-même, parce qu'il s'en veut de ne pas avoir su protéger cette personne et à la fois, il est énervé contre les autres, parce qu'il envie leur bonheur sans faille. Tu disais tout à l'heure que c'était 'confus' dans ta tête et c'est exactement la même chose pour Dai, en ce moment. Alors je t'en prie... pardonne-le. Pardonne-lui ses écarts ! Il ne se rend vraiment pas compte qu'il a besoin d'aide ! Pitié, Taicchi... excuse ses errances... »

« Ki... Kise... ? »

La gorge du tigre devint sèche en entendant les supplications de Kise. Ce dernier avait à présent les yeux larmoyants, signe qu'il était extrêmement sincère et cette fois, il ne s'agissait nullement d'un artifice déployé à des fins de séduction. Kise était honnête, sans fard. Il se confiait et mettait sa fierté de côté pour implorer l'indulgence du rouge envers son ami. C'était la seule chose qui importait et soudainement, comme pour prouver son sérieux à un Kagami hésitant, le blond, lui, n'hésita pas à se lever et à se mettre à genoux, face contre terre, devant Kagami, sans lui lâcher la main.

Au beau milieu du restaurant bondé ! Comment se faire remarquer en dix leçons...

Ayé... ils étaient définitivement devenus un spectacle insolite pour ses tous les clients. Ces derniers interrompirent à nouveau leur dîner et se tournèrent sur leurs chaises, yeux écarquillés et incrédules face à cette scène... Putain... ils devaient tous penser qu'il s'agissait d'une demande en mariage ringarde ! Et bientôt, ils allaient se mettre à applaudir, en faisant péter le champagne... Argh non ! A moins qu'ils ne s'imaginent une scène de rupture tragique dans laquelle Kise supplie Kagami de ne pas le quitter !

Un fort sentiment de gêne s'empara donc de Kagami, encore plus fort que lorsqu'il avait entendu Kise prononcer le mot interdit... Putain mais qu'est-ce qu'ils avaient tous ? D'abord Aomine et maintenant lui, aussi ? Ils étaient vraiment bizarres comme types !

« Oi Kise ! Relève-toi ! Tout le monde nous r'garde ! » Commença à panier Kagami.

Mais le blond était têtu. Sa petite manœuvre n'avait pour seul but qu'obtenir le pardon du tigre. Il ne quitterait sa position, aussi embarrassante soit-elle, que lorsque Kagami aurait accepté sa requête.

« D'accord, d'accord, t'as gagné ! Je pardonne toutes les exactions de cet abruti ! T'es content ? Tu peux te relever à présent ? Stp... sinon, c'est moi qui vais me mettre à te supplier... » Avoua le tigre, mortifié de honte.

Kise releva d'abord la tête, affichant un sourire franc qui contrastait avec ses larmes (de crocodiles ?) et il se redressa ensuite avant de reprendre sa place, sous le regard toujours interloqué de l'assemblée. Kagami toussa, s'éclaircissant la voix et il se passa une main sur la nuque, vraiment, vraiment embarrassé. Il devait être aussi rouge qu'une tomate, là. Et il avait chaud.

« Non mais, c'était quoi ce cinéma ? » Maugréa t-il entre ses dents, à l'attention de Kise.

En tant qu'expatrié, Kagami n'était pas réellement très au fait des coutumes Japonaises. La plupart des subtilités de langage ou de comportement lui échappaient, mais il était CERTAIN que se foutre à genoux pour supplier un gars, au beau milieu d'un endroit public, n'était pas normal, même pour un pays aussi guindé et exagérément poli que le Japon.

En quoi son pardon était-il si important pour Kise ? C'est vrai quoi ! Le blond n'était même pas directement concerné et en aucun cas il n'était la cible des griefs de Kagami ! Certes, Aomine était son pote, mais Kise n'avait pas à s'excuser ou à se compromettre pour quelque chose qu'il n'avait pas fait, à la place du policier !

« Daikicchi compte énormément pour moi... » Se justifia un peu mollement le blond, bien plus efficace dans son numéro de pleureuse, de toute évidence.

« Ca, j'avais cru le comprendre, mais pourquoi ? T'as rien fait, toi. T'es pas responsable de son comportement... Ca devrait pas être à toi de me présenter SES excuses, j'trouve pas ça juste ! Je veux bien faire preuve d'un peu plus d'indulgence envers lui, mais... »

« Daikicchi ne réalise pas ses erreurs... il est beaucoup trop fier pour reconnaître ses torts... écoute-moi... »

Le rouge n'eut aucun mal à se concentrer sur la voix berçante de Kise, dès que la main du blond revint se poser sur la sienne.

« Il m'a sauvé la vie... et quand je dis 'sauvé la vie', je parle au sens littéral. Sans son intervention, je serai mort à l'heure qu'il est... Et pour cette raison, rien n'effacera jamais la dette que j'ai envers lui... »

Alors c'était donc ça ? Le mystérieux lien qui unissait le blond et le brun, comme un pacte impossible à briser... Kise lui DEVAIT sa vie, rien que ça! Oui, indéniablement, le musicien devait se sentir extrêmement redevable dans ces conditions et cela justifiait son attitude si serviable envers son sauveur. Kagami avait connu cela par le passé. Certaines personnes s'avèrent très reconnaissantes et vous couvrent de cadeaux ou d'attentions pour vous remercier de leur avoir porté secours. Mais, en toute franchise et bien qu'Aomine exerce un métier de service public, Kagami le voyait mal risquer sa propre vie pour porter secours à son prochain.

Attention, ne vous méprenez surtout pas ! Ce n'était pas que Kagami ne l'en pensait pas physiquement capable, mais il avait plutôt des doutes sur l'intégrité du policier, étant donné qu'Aomine ne semblait faire que ce qui le chantait et peu importe son rôle de représentant de la loi, qu'il ne semblait pas prendre très à cœur... A moins que Kise ait été, dans le passé, une belle jeune femme à forte poitrine, alors là, oui, peut-être qu'Aomine aurait levé le petit doigt pour le sauver du pétrin. Mais c'était bien la seule explication plausible que Kagami voyait à ce subit élan d'altruisme !

Kise, pourtant, semblait outrageusement sérieux. Et Kagami le voyait mal mentir. Quel serait son intérêt ? Essayer d'attirer sa pitié avec une histoire larmoyante ? Hmm... non, ça ne ressemblait pas au blond... Et la curiosité de Kagami fut piquée au vif. Il voulait en savoir plus sur les circonstances mystérieuses de ce sauvetage inespéré... Mais pas sûr que Kise réponde, surtout si c'était en lien avec des souvenirs douloureux de son côté...

« Je parie que ta tête est remplie de questions à l'heure qu'il est... » Devina facilement Kise. Sa voix était toujours aussi douce... « Mais tu n'oses pas me les poser, j'ai raison ? »

« Et ben... ouais... Je vois mal Aomine se soucier de quelqu'un d'autre que sa petite personne. Disons que j'ai du mal à l'imaginer en héros ou en justicier, enfin tu vois... »

« Oui, j'entends bien qu'avec l'image que tu as de lui, cela doit être plutôt difficile à envisager. Et je te dois donc de plus amples explications... Mais pas ici... Allons dans un lieu plus... intime. Chez toi, par exemple... ? »

Le cœur du tigre s'emballa plus que de raison. Ramener Kise chez lui, c'était ce qu'il avait prévu dès le départ et ce ne serait pas la première fois que le blond pénétrerait dans son appartement, mais là, la situation était étrange... Pas du tout ce qu'il avait prévu. Pas propice à la séduction et à la fusion des corps... Si Kise lui faisait part de son douloureux passé – ce dont Kagami sentait qu'il était être question – le rouge se voyait mal lui sauter sur le poil juste après. Ce serait franchement malvenu ! Et il n'était pas une bête...

Cependant, le blond avait l'air de tenir à lui raconter des choses et Kagami ne pouvait pas refuser.

Il se leva donc et alla payer, sous le regard soulagé des clients ET des employés, enfin débarrassés des deux troubles-fête de la soirée.

Putain... dire que tout avait si bien commencé pourtant... Mais il avait fallu que cette enflure d'Aomine se rappelle à leur bon souvenir pour tout foutre en l'air, comme d'habitude... Raaah même à distance, il parvenait à tout gâcher ! C'était horriblement frustrant ! Néanmoins, Kagami n'oublia pas d'ouvrir la portière côté passager pour que Kise puisse monter cette fois. Et bien qu'il ne se doute absolument pas de quoi allait lui parler le renard, Kagami se sentait soudain un peu moins concerné par ses propres problèmes... Sûrement bien insignifiants comparés à ceux de Kise, qui clamait carrément que le brun lui avait SAUVE LA VIE, ce qui... merde, n'était pas rien quand même ! Les ennuis du blond avaient du être autrement plus graves que les siens...

Et au retour, comme à l'aller, les deux hommes restèrent silencieux. Kise devait sans doute ressasser ses souvenirs pour y remettre de l'ordre et choisir ce qu'il allait raconter à Kagami. Quant au roux, ses pensées allèrent naturellement vers Aomine... L'avait-il donc si mal jugé que cela ? C'est vrai que le brun pouvait être insupportable, mais quand il le voulait... parfois il... se montrait attendrissant. Et Kagami avait bien senti ses fêlures, plusieurs fois... Plusieurs fois également, il avait essayé de le repousser, mais jamais assez fermement.

A quoi bon se voiler la face ? Une part de lui désirait hautement Aomine. Peut-être parce qu'il lui rappelait un peu Nash ? Argh non ! Ce serait malsain... et puis, ce n'était pas tout à fait vrai, en plus. Disons que... l'insistance du brun et son assurance débordante étaient... attrayantes ? Oui... Aomine exerçait indubitablement une forme d'attraction sur Kagami. Et il ne tenait qu'au tigre de déterminer si cette attirance magnétique était une bonne ou une mauvaise chose, saine ou malsaine...

Or, pour cela, il avait besoin d'en apprendre plus sur son voisin. Il n'avait pas toutes les cartes en main, ni assez de recul sur la situation pour juger impartialement Aomine. Mais peut-être que grâce aux pistes fournies par Kise, Kagami serait en position de faire la lumière sur une partie du mystère ténu enveloppant le policier.

Et au pire, ne dit-on pas que « le premier pas vers la guérison, c'est l'acceptation » ? Si Kagami voulait mettre fin à la fascination incompréhensible qu'il nourrissait à l'égard de son voisin, autant commencer par l'admettre, pour ensuite s'atteler à la combattre, une bonne fois pour toute. S'enfermer dans le déni risquait de lui causer du tort, en le confortant dans ses sentiments troubles...

Une fois arrivés, Kagami monta les escaliers quatre à quatre et il constata que l'appartement du turbulent brun était désert. Tant mieux, au moins, lui et Kise ne seraient pas dérangés pendant leur conversation à cœur ouvert... Et peut-être lors de... Hmm... déjà en partant, Kagami n'était pas certain de vouloir « fauter » avec Kise, mais là, ce désagréable manque de motivation se confirmait. Il envisageait mal de clouer le blond à son matelas, si ce dernier lui débitait des souvenirs douloureux. Ca n'aurait sans doute pas gêné Aomine, mais lui, n'était pas un animal... Et il sentait que Kise avait la conscience lourde...

Il l'invita donc à prendre place sur son sofa (et il fallu contourner un montagne de bric à brac pour cela, merci Himuro !)

« Oh Taicchi ! Que s'est-il passé ici ? Un cambrioleur a réquisitionné ton appartement pour y planquer son butin ? Ou la décharge publique a fermé ? »

« Un peu des deux, en fait. Mais c'était plus un antiquaire fou atteint du syndrome d'accumulation, qu'un cambrioleur... Bref, essaye de te frayer un chemin et... assis-toi où tu peux, je reviens tout de suite, juste le temps de te préparer un thé... »

Parce que, c'est bien connu, il n'y a pas de bonnes histoires sans une bonne tasse de thé et Kagami avait besoin de se mettre en condition avant d'entendre tout ce que Kise avait à lui dire... Quels lourds secrets cachait l'ancien mannequin derrière ses beaux sourires... ?

« Ah Taicchi ! Te revoilà enfin ! »

Le rouge posa son plateau sur la table basse et il servit le thé au jasmin encore fumant à son hôte, qui se jeta dessus comme la misère sur le monde.

« Wow, c'est un vrai un paon ? » S'extasia Kise en se dandinant sur le fauteuil, comme pour retarder l'échéance où il se serait amené à se confier.

« …... OMG... Tatsuya collectionne même des animaux morts... »

« C'est quand même pas lui qui l'a tué, hein ? » Interrogea le blond, la lèvre inférieure tremblante.

« Nan, nan... j'crois pas... quoique... connaissant Tatsuya, il est capable d'avoir pris un paon comme animal de compagnie. Et Murasakibara l'aura probablement écrasé par mégarde. Ou confondu avec un paquet de chips... »

« Mais c'est terrible ! Et ce chat empaillé, là-bas ? C'est à lui aussi ? »

« Ah non, ça, c'est juste ma Sassy. Et ne t'en fais pas, elle est bien vivante. » Le rassura Kagami, en attrapant la demoiselle pour la caresser sur ses genoux.

« Ohhh... tu m'avais caché que tu aimais les chattes, Taicchi... » Souffla Kise d'une manière qui pouvait être sujette à interprétations...

Ledit Taiga s'empourpra à nouveau en serrant bien sa fifille contre lui. Cette dernière le gratifia d'un touffu coup de queue dans les narines et Kise éclata de rire. Mais tout à coup, son expression faciale changea radicalement, redevenant affreusement sérieuse. Car il était temps de débuter son récit.

« Taicchi... je n'ai jamais dit à personne ce que je m'apprête à te raconter et j'espère sincèrement que cela n'entachera pas notre belle amitié... »

Oh alors comme ça, Kise le considérait comme son ami, déjà ? C'était flatteur et Kagami non plus ne voulait pas ruiner leur entente... Il sentit cependant qu'il devrait faire preuve de tolérance, Kise semblant craindre que ses révélations ne dénaturent leur relation...

« Tout a commencé il y a quatre ans... »

Quatre ans, putain, c'était EXACTEMENT pendant la période à laquelle Kagami avait commencé à sortir avec Nash. A croire que cette époque avait été maudite pour tout le monde...

« A ce moment-là, j'exerçais le métier de mannequin depuis quelques années déjà. Oh, je n'étais pas très connu, mais au fil des années, j'avais acquis une petite notoriété locale qui me permettait de vivre de mes shooting photo, néanmoins, je ne roulais pas sur l'or, parce que ma carrière n'a jamais vraiment dévollé. C'est un métier particulier, exigeant, qui repose essentiellement sur le bouche-à-oreille et à cause de cela, la concurrence y est rude. Il y a beaucoup de candidats, mais très peu d'élus... »

Sa voix était claire et son regard pénétrant. Kagami se sentait aspiré dans ce récit des plus vivants.

« Je venais tout juste d'avoir 24 ans et tu l'ignores peut-être, mais... c'est un âge plutôt critique pour les mannequins. Dans le monde de la mode, les carrières sont aussi courtes que fulgurantes. Elles se font et se défont presque instantanément, si bien qu'à 25 ans, tu es déjà considéré comme 'périmé. Mon agent m'a fait comprendre qu'il valait mieux que je ne me fasse pas trop d'illusions, car bientôt il n'aurait plus de travail à me proposer... Il était vraiment temps que je pense à une éventuelle reconversion. L'ennui, c'est que même si j'avais toujours été lucide sur ma condition, en comprenant très tôt que je ne ferai pas cette profession toute ma vie, là, j'étais un peu pris au dépourvu pour la soudaineté de cette annonce. Je ne pensais avoir le temps de voir venir et du coup, je n'avais pas prévu de plan B, au cas où ma carrière s'arrêterait du jour au lendemain... »

Il avala une lampée de thé encore chaud et reprit.

« Je suis fils unique et ma mère est morte de maladie quand j'avais dix ans. Il paraît que je lui ressemblais beaucoup... Je vivais donc seul avec mon père quand ma carrière a commencé à décliner... Ou plutôt, mon père vivait avec moi, à mes crochets. Il faut savoir que mon père ne s'est jamais vraiment remis de la perte de sa femme... et en conséquence, il passait ses journées à boires et ses nuits à jouer pour essayer de surmonter sa peine... »

Pas étonnant que le comportement d'Aomine soit accepté par Kise, puisque le père du blond avait traversé la même tragédie, apparemment...

« A jouer... ? » S'étonna Kagami.

« Oui... hmmm... je ne sais pas si tu connais les pachinko ? Ce sont des genres de machines à sous... Il faut savoir qu'au Japon, les jeux d'argent sont illégaux, mais jouissent d'une certaine de tolérance de la part des autorités. »

« Vraiment ? Je ne savais pas... comment ça se fait ? »

« C'est culturel, en quelque sorte... Enfin, c'est un peu compliqué à expliquer... disons juste que le gouvernement ferme les yeux dessus officieusement... Et dans ce cas de figure, ces établissements clandestins qui ont pourtant pignon sur rue sont tenus par... la pègre locale. Des Yakuzas... »

« Ya... Yakuzas ? » Répéta Kagami.

Ce terme lui disait vaguement quelque chose, Il l'avait déjà entendu aux informations... ou lu dans les journaux, sans doute. Pour simplifier, les Yakuzas semblaient être l'équivalent japonais de la Mafia qui sévissait en Amérique. Du moins, en apparence. Mais Kagami était incapable d'en dire plus, puisque c'était tout ce qu'il avait retenu à ce sujet. Yakuza... ce mot... faisait peur. Il suffit à donner la chair de poule à Kagami. Et le fait que le père de Kise semble souffrir d'addictions pour les paris illégaux, ne disait rien qui vaille au tigre...

« Oui, c'est une organisation criminelle composée de gangs armésqui gangrène notre pays... Et je pense que tu devines la suite : mon père s'est retrouvé à tremper dans de sales affaires. Très vite, il a dilapidé toutes nos économies et il est même allé jusqu'à s'endetter pour satisfaire ses besoins. Il n'arrivait plus à s'arrêter et mon salaire irrégulier ne suffisait pas à éponger ses dettes d'argent... On a été contraints de vendre notre appartement, enfin, MON appartement et tous nos biens. Même les bijoux qui appartenaient jadis à ma défunte mère, seuls souvenirs que nous conservions d'elle... Nous étions pris à la gorge... Non seulement mon père devait une somme d'argent astronomique aux Yakuzas, mais en plus, elle ne semblait jamais diminuer malgré nos versements, à cause de leur système bien rôdé d'intérêts à rembourser... »

Kagami se tendit sur son fauteuil. Bordel, ça lui donnait envie de hurler ! Mais hélas, le pire était encore à venir...

« Comme j'étais jeune et bien portant, les Yakuzas ont rapidement proposé du travail pour moi à mon père... Mais je ne voulais pas appartenir à un syndicat du crime ! J'étais un honnête citoyen ! Je... je... j'ai refusé. Catégoriquement, sans même chercher à entendre leur proposition. Malheureusement, mon père avait déjà dit oui à ma place... Et conscient que ce n'était pas juste un peu de travail à leur solde qui suffirait à les payer, mon père a... »

Le blond s'interrompit et une de ses mains serra fortement son pantalon, se crispant sur le tissu.

« Mon père m'a vendu. Purement et simplement. Comme une marchandise. A ses yeux, comme à ceux de ses usuriers, je n'étais plus un être humain à part entière, mais bel et bien un objet dont on peut fixer le prix et les attributions sans le moindre scrupule... Je n'étais plus rien, je n'étais plus personne... Je ne m'appartenais même plus. J'étais devenu la propriété des Yakuzas. »

Les yeux de Kagami s'ouvrirent ronds comme des billes. Aucun mot ne suffirait à exprimer fidèlement le choc et le dégoût qu'il ressentait en cet instant. Il ne frissonnait plus d'effroi, il tremblait carrément à présent ! Quelle horreur ! Le père de Kise avait osé vendre son fils unique à une bande de malfrats avides d'argent ! Pire qu'un chien ! Au moins, un animal n'abandonne pas les siens ! Une colère noire s'empara des tripes du tigre. Il se sentait tellement impuissant et... et... non... il n'avait pas le droit de demander à Kise de continuer à lui raconter son histoire ! C'était tellement monstrueux ! Et ça devait être affreusement douloureux à expliquer !

« Kise... ça suffit, tu sais. Tu n'as pas besoin de m'en dire plus je... j'ai compris je crois, c'est Aomine qui t'a sorti de là, pas vrai ? »

En tant que flic, c'était son devoir, non ?

Tout semblait logique maintenant. Tout avait un sens. Rien que d'imaginer les atrocités que Kise avait du subir lui retournait l'estomac. Kagami avait envie de vomir... Décidément, l'être humain ne cessait de le décevoir avec ses bassesses...

« Sans Daikicchi je... qui sait ce qui se serait passé si... ça aurait été pire... tellement pire... Il m'a arraché à mon sort... Il a été l'un des seuls à me soutenir... tout le monde m'avait tourné le dos... mais lui... il me connaissait à peine et pourtant et il a... oh Taicchi... ! » Sanglota le mannequin, qui venait de perdre son calme olympien.

Kise ne pouvait plus prononcer un mot de plus. Il était tétanisé un passé trop longtemps enterré, qui jaillissait pour le faire sombrer...

Le D.J. paraissait si vulnérable à cet instant que Kagami ne résista pas à l'envie de le prendre dans ses bras. Le blond sursauta légèrement sous le contact, sans doute plus vraiment habitué à ce qu'on le touche. Ou alors... peut-être que de cruels souvenirs remontaient à la surface... en rapport avec les mauvais traitements que cette bande de tueurs avaient du lui infliger. Et pas besoin d'être devin pour comprendre qu'ils avaient du s'en donner à cœur joie avec le pauvre Kise. Kagami n'osait même pas y penser, putain ! Ca le rendait fou, malade ! Comment avaient-ils pu ? Comment avaient-ils osé torturer ainsi un être humain ? Kise était si pur, si adorable et gentil ! Il ne méritait pas les atrocités qu'il avait été forcé à endurer ! Non, Kise ne méritait que de l'amour et une tonne d'affection !

« Sssh... It's okay now... no one is ever gonna hurt again, sweetheart... I'll make sure of it... I'll protect you too... »

Le tigre le tenait jalousement contre son torse puissant, le berçant, le cajolant, couvrant son front d'une pluie de baisers doux pour essayer de le consoler et surtout, de le rassurer. Kagami s'en voulait tellement de l'avoir incité à parler de cela ! Bien-sûr qu'Aomine ne pouvait pas être un connard, s'il avait tendu la main à ce garçon aussi détruit que désemparé ! Bien-sûr que tout était pardonné ! Kagami ne tenait plus rigueur à Aomine de son comportement limite ! Tout ceci ne comptait pas... Tout ceci n'était que du vent, des histoires d'enfants, sans importance, par rapport à ce qui était arrivé à Kise...

« You're safe shh... »

Kagami ne savait pas comment réagir dans une telle situation, mais son corps, lui, savait. Il se mouvait seul, essayant d'amener un réconfort physique à Kise et une présence bénéfique...

Et quand le blond releva la tête, quand son regard humide se plongea dans les prunelles écarlates de Kagami, ce dernier perdit l'esprit. Il ne sut pas ce qu'il lui prit, mais il scella les lèvres de Kise avec un baiser enflammé. C'était l'instinct qui parlait... Depuis le premier jour, il désirait le renard et aujourd'hui encore plus, malgré ce que Kise venait de lui avouer. Ou peut-être encore plus à cause de cela... Il voulait lui faire plaisir, lui apporter ce plaisir. Lui donner.

Se donner, tout entier.

Le baiser s'approfondit entre eux, Kise se montrant plus que réceptif... Non, en vérité, le blond se jeta carrément à corps perdu dans ce baiser, prenant l'initiative de mêler sa langue à celle de Kagami. Tous les deux avaient souffert et même s'il était vain de comparer leurs expériences, chacun se sentait compris pour l'autre...

Kagami lui céda du terrain sans le moindre remord et rapidement, la situation bascula, leur échappant totalement. Les mains de Kise vinrent se glisser son la chemise du rouge et timidement, maladroitement presque, ses ongles courts égratignèrent son abdomen, comme si Kise cherchait à s'accrocher à lui. Le rouge gémit dans la bouche de son blond et il chercha à reprendre le dessus. Pas à le repousser, non et il ne voulait surtout pas Kise l'interprète ainsi. Mais ici... au beau milieu du salon et du cafarnaüm laissé par Tatsuya, c'était juste impossible. L'endroit n'était pas du tout propice à un câlin digne de ce nom, tant le divan du rouge était minuscule.

Plus les deux hommes sombraient dans ce baiser désespéré et plus il leur réalisaient qu'ils seraient incapables de s'arrêter. Ils avaient perdu le contrôle. Seul le réconfort qu'ils pouvaient s'apporter mutuellement comptait et aucun d'eux n'allait regretter ses gestes. Kagami attrapa fermement le frêle blond dans ses bras et il le porta comme une mariée jusqu'à sa chambre, sans rompre leur baiser magique, le lien qui les unissait. Et sans savoir comment, il arriva à esquiver les obstacles semés sur son passage et une fois à bon port, il déposa délicatement Kise dans son grand lit occidental.

Il allait lui faire l'amour.

Lui donner tout l'amour qu'il méritait.

Le noyer sous son amour, le temps d'un soir ou plus...

Kagami, qui avait toujours le dessus physiquement parlant, surplombait bien Kise et il rompit leur baiser à contre cœur pour pouvoir enlever sa chemise, devenue trop étriquée. Devant l'hésitation du doré, que l'ivresse du moment avait peut-être déjà quitté, Kagami lui prit les mains et il les déposa sur son propre torse en feulant érotiquement. Il voulait que Kise le touche, il avait besoin de son contact angélique.

Il avait besoin... de sexe...

Depuis trop longtemps, il cadenassait ses pulsions...

Son appétit s'était réveillé et les circonstances n'étaient sans doute pas idéales, mais Kagami ne parvenait plus à se discipliner ou à faire machine arrière.

Le kitsune explora ses pectoraux avec une certaine langueur, mais Kagami lisait dans son regard que ce qu'il sentait sous ses doigts lui plaisait énormément, malgré une pointe d'appréhension. Si ça se trouvait, Kise était comme lui... Ca faisait peut-être un moment qu'il n'avait pas été intime avec quelqu'un et Kagami n'avait surtout pas envie de l'effrayer (quoiqu'il était peut-être trop tard pour cela...) et de le brusquer inutilement. Le rouge, malgré sa soif de sexe, était disposé à se montrer doux et patient envers Kise.

Ce dernier semblait l'avoir bien compris puisqu'il ne se faisait pas prier pour tracer les contours de chaque muscle présent sur le corps de son futur amant, non sans un plaisir évident, d'ailleurs. Par contre, lorsque la réciproque fut d'actualité, Kise se montra nettement plus réservé et réticent. De quoi pouvait-il bien avoir peur ? Il était un ancien mannequin et Kagami ne doutait pas que son corps à l'image de son magnifique visage...

Redoublant de gestes doux et baisers dans la nuque de Kise pour le rassurer, Kagami entreprit de soulever le débardeur du blond pour l'en débarrasser. Il désirait ce corps et surtout, voir ce corps qu'il voulait désirer. Le blond le laissa faire, caressant ses bras et ses cheveux toujours avec cette infinie tendresse qui le caractérisait. Pourtant, Kagami sentait son cœur s'affoler contre son torse. Quelque chose faisait peur à Kise...

Mais quoi ?

De quoi pouvait-il bien s'agir pour le mettre dans un tel état de panique ?

Pour autant, Kise ne chercha pas à l'en empêcher, gémissant même pour l'encourager à le découvrir. Ce que Kagami fit... et il se redressa ensuite pour admirer et contempler son amant.

Et rien ne l'avait préparé à ce qu'il vit...

Le corps de Kise était zébré de marques blanches et d'éclairs rouges, profondément et éternellement gravés dans sa chair. Les reliques d'anciens coups... et même les stigmates de brûlures de cigarettes... Kagami était formel, il reconnaissait ces dessins morbides qui jalonnaient le corps du renard.

Kise était comme lui. Kagami l'avait bien senti...

Et il comprenait la soudaine pudeur du mannequin flirteur...

Son passé était tatoué dans sa peau, impossible à oublier. Ses séquelles étaient aussi physiques que psychologiques et le visage fier de Kagami se décomposa suite à cette macabre découverte. Lentement, ses doigts glissèrent sur les lignes disgracieuses qui gangrenaient la chair de son homme. Kise frissonna, se tendit. C'était rugueux sous son index et une rage bouillonnante s'emparait peu à peu de Kagami. Kise essaya de l'arrêter cette fois, mais le rouge s'égara en suivant un des chemins blancs qui s'étendait jusqu'au dos de Kise. Sans aucune cérémonie, Kagami le retourna fermement, avec force, sur le matelas et le blond poussa un petit cri de surprise strident.

Bon sang... c'était pire que tout ce que Kagami avait pu craindre. Kise était marqué PARTOUT. Sur les jambes, les cuisses, le dos, le ventre, les pectoraux, pas un centimètre de peau nue n'y avait échappé... Merde... merde... l'enfoiré responsable de cela n'avait pas raté son coup... Et il savait ce qu'il faisait et il avait même été assez salop pour frapper à des endroits que les vêtements dissimulaient... Quel lâche ! Le corps de Kise était meurtri par ces multiples cicatrices... mais même ainsi, sa beauté restait saisissante et immédiatement quelque chose d'autre attira l'oeil de Kagami. Quelque chose qui éclipsait presque les signes de mauvais traitements infligés à Kise...

Car dans son dos...

Tout comme Aomine...

Le renard arborait un magnifique tatouage.

Mais le sien n'avait rien d'effrayant ou de démoniaque, puisqu'il s'agissait d'une geisha. Une belle geisha colorée de rouge, dessinée dans le style des estampes classiques. Elle tenait ce qui s'apparentait à des lys ou des iris blancs et violets. Kagami était littéralement subjugué par la finesse du trait, c'était du travail d'artiste, indéniablement. Mais cependant, ce tatouage ne manqua pas de l'intriguer. Ca ne pouvait pas être une coïncidence...

Parce que même si leurs motifs étaient différents, Kise et Aomine étaient tous le deux tatoués. Pourquoi ? Ce n'était pas le fruit du hasard... Y avait-il une connexion plus complexe entre eux que celle de sauveur et victime ?

Merde, tant de questions de bousculaient dans la tête de Kagami, qu'il ne se rendit même pas compte que son bassin était venu de lui-même se positionner contre les fesses de Kise... Le kitsune répliqua par un gémissement et malgré l'envie que Kagami décelait pourtant chez le blond, ce dernier tremblait à présent de tout son soûl.

De la peur. De la peur à l'état brut.

Se pourrait-il que Kise ait été abusé sexuellement dans le passé ? Putain, Kagami ne voulait pas y penser et pourtant, il y était bien obligé... de quoi briser la magie de leur bulle...

« Tai... Taicchi... attends... » Demanda alors faiblement Kise, le regard pourtant embué de désir.

Il haletait, la croupe toujours offerte en sacrifice au tigre affamé.

« Tu dois me trouver très laid avec toutes ces cicatrices qui barrent mon corps... et mon âme... »

Quoi ? Bien-sûr que non ! Et l'érection pulsante que Kise sentait contre son bassin en était la meilleure indication.

« Pas du tout... Je te trouve très beau, encore plus beau même, maintenant que je sais par quoi tu es passé. »

Normalement, ça devrait suffire à le rassurer, non ? Kagami l'espérait. Il était sincère, en plus. Mais... c'était surtout sa libido débordante qui s'exprimait là...

Sauf que le blond se retourna sur le dos pour lui faire face et il prit le visage du tigre entre ses mains. Ses pupilles étaient dilatées, formant une fente parfaite, signe ostentatoire d'excitation et Kise comprit qu'il était temps de mettre le hola...

« T'as plus envie ? » S'inquiéta Kagami.

Il aurait pourtant juré que Kise était désireux lui aussi de goûter aux joies du sexe en sa compagnie. Mais il s'était peut-être trompé, dans l'euphorie du moment. Le manque lui faisait avoir des hallucinations...

« Si, j'en ai très, très envie... Et ça faisait très longtemps que ce n'était pas arrivé, crois-moi, mais... » Il se mordit la lèvre inférieure et détourna le regard, comme s'il avait honte.

« Mais... ? » Répéta le rouge, largué.

« Je ne suis pas prêt pour cela et je crois que je ne le serai jamais plus... »

« Qu'est-ce que tu racontes ? » Demanda t-il, sans agressivité.

« Mon corps a subi des dommages irréversibles... même à l'intérieur... » Souffla Kise de sa voix si douce.

« A l'intérieur... ? Mais enfin de quoi il par... ! OH FUCK ! »

Alors c'était allé AUSSI loin ? Juste passé Kise à tabac n'avait pas suffi à son agresseur, non, en plus, il avait fallu qu'il le violente sexuellement parlant, en s'attaquant à ses parties intimes...

« Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? »

« Rien que tu ne puisses voir à l'oeil nu... Tout est interne. Ils... ils m'ont attaché et... ils... »

Pas besoin d'en dire plus, Kagami se représentait très bien le genre de choses que ces détraqués avaient pu lui faire... Avec divers objets... Nash avait tenté ce genre d'expérimentations sur lui aussi... et même s'il n'était pas allé suffisamment loin pour le blesser, Kagami savait les dégâts que cette barbarie pouvait engendrer. Et le pire dans tout cela était sans doute... que les agresseurs de Kise étaient PLUSIEURS. Putain, ça foutait Kagami hors de lui ! Ces mecs méritaient d'être pendus par la peau des couilles et d'avoir la bite arrachée ! Il espérait d'ailleurs bien que c'était ce qu'Aomine s'était chargé de faire... Et connaissant le caractère emporté du brun, cette possibilité était plus qu'envisageable...

Le blond se redressa ensuite pour se rhabiller... La fête était finie et cette décision semblait irrévocable...

« Kise... »

« Non, ne dis rien Taicchi. Ce n'est pas de ta faute, tu n'as pas à te sentir coupable... et puis, soyons honnêtes : nous savons très bien tous les deux que ce n'est pas moi que tu veux... »

« Quoi ? »

« De toute façon, je serai physiquement incapable de te donner ce que tu désires... alors ça ne sert à rien de s'entêter... »

Wow... c'était plutôt soudain comme changement d'humeur ! Il y a encore quelques secondes, Kise s'inquiétait que Kagami puisse le trouver repoussant et à présent, il l'envoyait carrément chier ! Et pourquoi est-ce qu'il lui parlait d'Aomine ?

C'est vrai, au départ, Kagami avait prévu de se payer une tranche du blond pour faire enrager son voisin, mais ça, Kise n'était pas sensé le savoir ! L'aurait-il deviné ? Et quand bien même, ça, c'était AVANT ! Kagami avait bien trop de respect pour Kise, pour l'utiliser comme un vidoir ! Surtout maintenant qu'il savait toutes ces choses horribles à son sujet...

« Mais c'est pas Aomine que je... »

« Shhh... » Fit le blond en posant son index sur ses lèvres pour le faire taire. « Je ne peux pas faire cela, je regrette. Et même si mon corps en avait eu la possibilité, j'aurai été contraint de refuser... Parce que Daikicchi te plaît, c'est flagrant. J'ai bien vu comment tu le regardais lors de la soirée chez toi... et c'était d'ailleurs de cela que je voulais te parler ce soir. »

« Tu veux dire que tu m'as invité à dîner uniquement dans le but de m'arranger un coup avec Aomine ? Putain... j'y crois pas... t'es vraiment tordu ! » L'engueula presque Kagami, qui détestait qu'on se joue de lui.

« Je savais bien que mes intentions pouvaient prêter à confusion, mais j'ai pris le risque. Parce que c'était le seul moyen de te dire toutes ces choses ! Tu aurais refusé de m'écouter, sinon, j'en suis sûr ! Dès que j'essaie d'aborder le sujet d'Aominecchi, tu te braques ! »

Erf... ça, Kagami ne pouvait le nier. Mais il y avait de quoi aussi, merde ! Et le sens du 'sacrifice' de Kise allait beaucoup trop loin là... D'accord, Aomine lui avait sauvé le cul, mais Kagami aurait mis sa main à couper qu'il plaisait vraiment au blond et tant pis s'ils ne pouvaient pas avoir du sexe « traditionnel » ensemble ! Il existait pas mal de façon de « coucher », ils pourraient sûrement s'en accommoder et se débrouiller pour passer un bon moment charnel et câlin, malgré les blessures de Kise... mais non, au lieu de cela, Kise le repoussait comme un malpropre juste pour... pour quoi au fait ?

« Taicchi... je sais qu'il te plaît et je sais aussi que tu lui plais encore plus ! Vous n'êtes juste pas encore prêts à vous l'avouer, mais c'est la vérité, je le sens ! Et crois-moi, en amour, mon intuition ne me trompe jamais, je connais toutes les ficelles ! Et vous deux... vous êtes totalement attirés l'un par l'autre... mais votre foutue fierté mal placée vous empêche de céder. Aominecchi souffre de la perte de son âme sœur... et il faut que quelqu'un l'aide à remonter la pente. Mais pas de n'importe qui... j'ai essayé de lui rendre la pareille, sauf que c'est toi qu'il veut ! De toi dont il a besoin ! Tu es le seul à pouvoir y arriver, parce que tu lui résistes et que tu ne te laisses pas apitoyer ! Tu comprends ? Il a craqué sur toi au bar et c'est pour ça qu'il fait de ta vie un enfer, parce que cette attirance le perturbe ! Il pense ne plus avoir le droit d'aimer ! Il croit devoir rester en deuil jusqu'à sa mort, mais c'est faux ! Ce n'est pas en se refusant le bonheur que cela ramènera Ryocchi... Et il est grand temps qu'il le comprenne. Ne vous empêchez pas d'être heureux ensemble... toi aussi, tu as besoin de lui... Il peut t'apporter énormément, c'est un homme formidable, il a un cœur d'or je t'assure... Alors laisse-lui une chance de te conquérir... »

Et là Kise était à nouveau sur le point de s'agenouiller pour implorer Kagami ! Le roux n'était pas prêt à revivre cette scène, même à l'abri de son appartement et des oreilles indiscrètes...

« Arrêtez de vous conduire comme des enfants et de vous faire la guerre... par pitié, si tu tiens ne serait-ce qu'un peu à moi... fais-le... »

« Heu tu... tu n'vas pas pleurer là, hein dis... ? »

« Ca dépendra de toi. J'ai remarqué que les gens qui pleurent son ton point faible, ça réduit toute ta volonté en miettes ! Alors... tu ferais mieux de faire ce que je te dis ! » Gloussa Kise, sûr de lui et visiblement remis de ses émotions.

Aïe, mince, grillé... !

Kagami soupira, vaincu et il se frotta la nuque pensivement. Après tout, qu'est-ce qu'il risquait ? Au pire, si Kise s'était planté, bah voilà, pas grave, Kagami passerait à autre chose. Mais si l'ancien mannequin avait raison, alors là... ça changeait tout. Kagami était au courant de cette attirance réciproque entre lui et le brun, mais effectivement, par fierté, les deux fauves se tournaient autour, parce qu'aucun d'eux n'était disposé à jouer le rôle de la souris. Or, quand il y a deux chats, impossible de jouer. Il faut fatalement une souris...

« Ecoute Kise, j'entends bien tout ce que tu affirmes et je ne dis pas que c'est totalement faux. Mais ça ne m'explique pas comment faire pour... enfin tu vois... ? C'est bien beau de savoir que moi et Ao on se kiffe dans le fin fond du dedans de nous-même, mais ça ne suffit pas à faire de nous un couple. Et d'ailleurs, c'est même pas dit qu'on arrive à s'entendre un jour ou à concrétiser tout ça. A mon avis, au train où vont les choses, toute cette jolie petite tension sexuelle ne pas tarder à se transformer en frustration et elle finira par tout foutre en l'air ! Or, si ça arrive, il sera déjà trop tard pour recoller les morceaux... »

Kagami se leva de son lit et il sortit de la chambre, direction la cuisine pour servir sa pâtée à Sassy. Kise le suivit, préparant déjà ses arguments. Mais il n'en eut même pas besoin, puisque le rouge revint de lui-même à la charge.

« Ok d'accord. Donc, tu clames que je plais à Aomine. Fort bien. Mais moi, j'ai besoin d'être sûr, tu comprends ? Je veux des preuves, car je sors tout juste d'une relation compliquée et difficile, alors je n'ai en aucun cas envie de reproduire les mêmes erreurs avec Aomine. J'ai besoin de savoir dans quoi je m'embarque et pour cela, je dois être sûr des sentiments d'Aomine à mon égard. Je ne veux pas d'un plan cul vite fait avec mon voisin. Je désire quelque chose de solide, quelque chose de sérieux. Si c'est pour qu'il me trompe avec toutes les radasses du coin, c'est même pas la peine ! Alors tu vois, il me faut des garanties, si tu souhaites que j'accepte de me laisser séduire par lui... »

« Heu oui, d'accord, je comprends bien mais qu'est-ce que tu attends de moi, au juste ? Comment pourrais-je te rassurer sur la purété des intentions d'Aomine ? »

Olaaaa gaffe à l'emploi des mots ! 'Pureté', c'était peut-être un peu fort en chocolat...

« C'est simple. Je le veux tout entier, sans demi-mesure. Je suis quelqu'un de sérieux et quand je m'engage dans une relation, je n'ai qu'une parole ! J'ai déjà été trompé et abusé une fois, une fois de trop, si tu veux mon avis et il est hors de question que l'histoire se répète. Alors voici ce que tu vas faire... Tu veux toujours bien m'aider, pas vrai ? »

« Oui, oui, bien-sûr Taicchi ! »

« Dans ce cas... »

Le rouge sortit une feuille d'un tiroir du meuble située dans l'entrée et il attrapa aussi un stylo au passage. Kise cligna des yeux, chacun son tour d'être paumé LOL ! Bref, le tigre se dirigea vers sa table basse où son plateau reposait toujours et il se mit à griffonner ce qui semblait être des instructions sur le billet. Kise, tête penchée par dessus son épaule, n'en croyait pas ses yeux ! Kagami était VRAIMENT en train d'écrire tout ça, sérieusement ? Une fois sa rédaction terminée, il tendit la feuille au blond pour qu'il en prenne connaissance plus amplement. Le blond lut en silence et il haussa plusieurs fois des sourcils, à certains passages...

« Taicchi... je comprends ta démarche, mais je ne sais pas si... »

« Arrange-toi pour qu'Aomine signe, c'est tout. »

« Oui, mais... tu ne crois pas que c'est un peu... too much ? »

« Too much ? Mais justement les Etats-Unis sont le pays de tous les excès ! »

« Certes... mais nous sommes au Japon ici et... si ce genre de choses est plutôt courant en Amérique, ici, ça risque d'être mal perçu par Daikicchi... »

« C'est pas mon problème, ça ! J'ai grandi aux U.S.A. et là-bas, les gens sont très procéduriés ! Ce qui fait qu'on ne s'engage jamais dans quoi que ce soit avant d'avoir bien assuré ses arrières, en cas de pépin ! »

« D'accord, mais même en admettant qu'il signe ce document, tu as bien conscience que ça n'a aucune valeur juridique ? »

« Je sais bien que c'est pas un contrat prénuptial, hein ! Il s'agit juste d'un simple contrat moral entre lui et moi... et si Aomine a autant de sens de l'honneur que tu sembles l'insinuer, alors ça ne lui posera aucun souci de signer ces conditions et de s'y tenir ! Et de tenir sa bite, surtout ! »

« Haaaan Taicchiiiiiiiii ! Tu as dit 'bite' toi aussi ! Le mort INTERDIT ! » S'affola Kise.

… C'était dire à quel point Kaga était sérieux...

« De toute façon, j'crois que t'as pas trop à t'en faire... Aomine a une gueule à signer les 'conditions générales de vente' sans les lire avant... Ca doit être trop fatiguant pour lui... » Sourit Kagami, sûr de son coup.

« OUI, TU AS TOTALEMENT RAISON ! ALALA C'EST TOUT A FAIT SON STYLE, ALLEZ DONNE-MOI CE CONTRAT QUE J'AILLE VITE LUI FAIRE SIGNER ! J'TE RAPPORTE TOUT CA DEMAIN ET VOUS VOUS METTEZ ENSEMBLE ENSUITE, OK ? » S'écria Kise, aussi à fond qu'une cheerleader pour l'ouverture de la saison sportive. Ou qu'un commercial en maraude.

Le kitsune en avait des étoiles plein les yeux ! Son rêve allait enfin devenir réalité ! Kagami était un GENIE d'avoir trouvé une alternative aussi... ingénieuse ! Faire signer Aomine serait un jeu d'enfant, surtout si le blond lui promettait moult parties de jambes en l'air avec le tigre pour l'y inciter. C'est que Kise prenait très à cœur la vie sentimentalo-sexuelle de son sauveur et il voyait d'un mauvais œil que celui-ci noie son chagrin dans tous les vagins épilés que comptait la jungle urbaine de Tokyo... Aomine avait besoin de S-T-A-B-I-L-I-T-E et qui mieux que Kagami pouvait lui offrir cela ? Le blondinet piocha d'ailleurs dans la petite assiette présentée en même temps que le thé pour y piquer de petits gâteaux à l'aspect délicieux...

Ce que son palet sensible lui confirma dès qu'il eut croqué dedans.

« Hmm... Taicchi, ces biscuits sont une tuerie ! De quel magasin viennent-ils ? »

« Oh ceux-là ? J'les ai pas achetés, je les ai cuisinés moi-même. Tu peux en emmener chez toi, si tu veux... »

BAH VOILA ! Qu'est-ce que je vous disais ? Non, vraiment, Kagami était l'homme de la situation ! Celui qu'il fallait à tous prix à Aomine ! Ce gars-là allait remettre de l'ordre dans la vie déséquilibrée d'Aomine en un rien de temps ! Si en plus de le tenir par les parties génitales Kagami s'occupait de son estomac, la panthère était fichuuuue d'avance ! Jamais il ne pourrait résister et le combattre sur tous les fronts ! Alalala la bouffe et le cul : les deux centres d'intérêt qui gouvernent la vie d'Aomine, Mesdames et Messieurs...

« J'vais y aller, merci encore pour cette soirée ! » Dit Kise en se servant quelques gâteaux pour la route.

« Tu n'veux pas que j'te raccompagne ? »

« Naaaan ça va aller, t'en fais pas. J'habite pas si loin et puis, j'suis tellement excité que j'ai besoin de prendre l'air en marchant ! »

« Ok d'accord, comme tu veux Kise. Rentre bien et sois prudent surtout. »

« Merci pour tout. »

« J'ai rien fait encore... »

« Tu m'as redonné espoir... et ça, c'est déjà énorme... » Susurra t-il en déposant un baiser au creux de son oreille, avant de sortie. « Bonne nuit, Taicchi ! »

La porte se referma derrière Kise et Kagami se retrouva à nouveau seul avec lui-même, de quoi lui remettre les idées au clair pour lui permettre de faire le bilan de cette soirée...

Oh.

Bordel.

De.

Merde.

...Non seulement il avait avoué à Kise qu'il aimait Aomine, mais en plus, il l'avait reconnu de lui-même et pour lui-même... Quel pas de géant en avant ! Avait-il enfin dépassait sa phase de déni ? Seul l'avenir nous le dirait. En revanche, le rouge réalisa petit à petit, plus lentement disons, qu'il n'aurait de toute façon pas pu faire l'amour au blond. Pour autant que Kise lui plaise, c'était effectivement Aomine qui occupait son cœur et ses pensées. Cela faisait déjà quelques jours qu'il l'avait compris, mais jusqu'alors, il avait tout fait pour étouffer ses sentiments naissants.

Sans succès.

Sans doute parce qu'il avait honte de craquer si vite pour un autre homme... Un homme si exécrable qu'il faisait passer Nash et ses sautes d'humeur pour un enfant de choeur à côté. Mais Kise ne lui avait-il pas affirmé qu'il se trompait sur Aomine ? Et le plaidoyer du blond avait énormément joué en la faveur du brun... sans lui, il se pourrait même que Kagami n'ait jamais admis ses sentiments. Kise était un entremetteur redoutable et son petit discours émouvant avait eu raison des dernières réticences de Kagami. Bien-sûr, il subsistait encore quelques craintes chez le rouge, mais il était prêt à faire des efforts pour ne pas laisser ses doutes gagner du terrain et ronger son cœur. Au final, il réalisa qu'il n'avait jamais réellement hésité entre Kise et Aomine. Pour l'un, il n'avait que de l'affection, tandis que pour l'autre... c'était beaucoup plus intense... La fragilité d'Aomine avait touché Kagami...

Et pour rester sur ces bonnes pensées positives, Kagami se dépêcha donc d'aller rejoindre les bras de Morphée, en espérant que dès demain soir, ce serait les bras d'Aomine qu'il rejoindrait...


Alors que Kagami dormait paisiblement dans son grand lit deux places, au dessus des couvertures qu'il n'avait même pas défaites, un bruit provenant de l'autre appartement le réveilla...

Une porte qui claque. Les murs étaient si fins qu'ils tremblèrent.

Kagami se réveilla en sursaut et il consulta son téléphone, posé sur sa table de nuit. Celui-ci affichait fièrement « 1h51 » et le rouge en conclut donc qu'il s'agissait sûrement d'Aomine qui rentrait enfin...

Des bruit de pas résonnèrent sur le sol et Kagami distingua aisément des... talons... Aomine n'était donc pas seul, ce que ne tarda pas à lui confirmer une voix féminine. C'était trop beau pour être vrai, putain. Kagami y avait cru, il y avait vraiment cru, l'espace d'un instant... Mais Monsieur Aomine était accompagné et tous les beaux projets conjoints de Kise et de Kagami prenaient donc l'eau. Ce n'était vraiment pas beau à voir... Les illusions se cassaient, explosant comme de fragiles bulles de savon. Il avait été naïf de croire Kise.

Bien-sûr qu'il plaisait à Aomine, au point que ce dernier ramène la première venue chez lui pour la sauter... Comme ça embêtait Aomine d'attendre et de devoir se battre pour mettre le tigre dans son lit, il avait cédé à la facilité. A croire que ce mec n'avait aucune volonté et que seule sa queue régissait toute sa vie... Comment un type pareil avait pu secourir Kise ? C'était juste incompréhensible... Kise ferait mieux de se résigner et de tourner la page...

Son héros n'était plus.

Il avait été remplacé par un déplorable ersatz de Rocco Siffredi...

La pilule risquait d'être encore plus difficile à avaler par le Kitsune que par Kagami...

Ce dernier s'était déjà fait une raison, même s'il avait brièvement repris espoir...

Et ses effroyables suppositions se confirmèrent, lorsqu'il entendit l'horrible sommier d'Aomine grincer sous le poids de ses occupants. Putain ! Qu'il change son lit au moins, s'il était condamné à tringler de la chaudasse jusqu'au restant de ses jours !

Très vite en tous cas, à croire que les deux zouaves s'étaient déshabillés sur le chemin de la chambre à coucher, la tête du lit d'Aomine vint cogner contre le mur, à intervalles réguliers. D'abord plutôt doucement, puis de plus en plus fort à un rythme effréné.

La literie couinait, prête à rendre l'âme. Mais depuis l'autre côté du mur, cette plainte ressemblait davantage à un rire moqueur, comme si même le fidèle destrier d'Aomine narguait Kagami sans aucune retenue... Il fallait vraiment des nerfs d'acier pour ne pas craquer et en désespoir de cause, Kagami s'enfonça un oreiller sur la tête, mais rien à faire, le bruit ne cessait pas. Il le hantait. Il le rendait fou.

Des gémissements féminins et des grognements rauques dignes d'un sanglier en rut – probablement ceux d'Aomine – parvinrent jusqu'à ses oreilles, se mêlant aux bruits du lit agonisant. Kagami n'avait qu'une seule envie... pleurer... ou hurler. Voire même, les deux à la fois. Il n'avait même pas la force de taper au mur pour montrer son mécontentement. A quoi bon ? Ca ferait trop plaisir à cet enfoiré de merde qui faisait exprès de perturber son sommeil avec ses acrobaties sexuelles !

Malheureusement, le son était si proche... si intense que c'était presque comme si Kagami participait directement à la chevauchée fantastique du brun. Et le fait qu'il soit aux premières loges n'y était sûrement pas étranger, mais c'était encore plus fort que d'habitude, cette fois. Le rouge ferma les yeux... Il pouvait presque se voir, allongé dans le lit d'Aomine – dont il avait justement changé les draps ce matin même – cuisses écartées pour son homme, avec le policier au dessus de lui, plongé en lui, comme un sabre dans son fourreau.

Oh oui, il n'avait aucun mal à s'imaginer à la place de la femme qui recevait Aomine et cette vision ne le quittait plus. Non mais qu'est-ce qui clochait chez lui ? Il avait vraiment des fantasmes bizarres ! Dire qu'il n'y avait pas encore deux secondes, il en voulait à mort au brun et à présent il enviait la pouffe qu'Aomine s'envoyait ? Eh bah... il n'y avait pas que le flic qui était lunatique, ç'en était presque effrayant, d'ailleurs...

Mais brusquement, les paroles de Tatsuya firent écho dans son cerveau...

« Ca doit bien te faire quelque chose de l'entendre baiser à quelques mètres de toi ? Non ? Ca ne te donne pas... certaines envies ? »

Kagami lâcha son oreiller et se mordit la lèvre inférieure.

« Moi, je trouverai ça bandant. »

Et force était de constater que le brun impudique n'était pas le seul dans ce cas... Tatsuya avait véritablement une mauvaise influence sur Kagami. Ou plutôt, sur sa libido. A moins que ce ne soit uniquement imputable à Aomine, qui semblait déchaîné ce soir.

Ce con allait finir par faire un trou dans le mur, s'il continuait ! Et rien n'indiquait qu'il souhaitait s'arrêter de si bonne heure, alors Kagami allait devoir prendre son mal en patience encore un moment... En tous cas, pour en revenir à nos moutons, car oui, ils étaient bien deux : Kagami et son boxer, ça s'agitait justement sous le tissu du tigre, au niveau de la partie basse de son corps...

Il s'agissait à n'en point douter d'une réaction psychosomatique à un stimuli extérieur, entendez par là que le rouge se retrouvait maintenant avec une trique d'enfer, à cause des cris de bête qu'on égorge poussés par son voisin !

Panique à bord, les slips et les spermato d'abord !

Ce qui devait arriver, arriva ! Certes, avec un peu de retard, comme un Père Noël qui descend de la cheminée le 26 et non le 25, mais le cadeau parvint bien à Kagami. Et quel cadeau ! Son sexe était douloureusement enflé, à tel point qu'il suffoquait sous l'étoffe de son boxer. Vite, il fallait le libérer de sa prison de coton et c'est ce que le rouge fit. L'extrémité du membre avait déjà commencé à charrier des perles lactées, pleurant de chagrin à force d'entendre Aomine s'en donner à cœur joie. Ca brûlait, ça picotait exactement comme de vraies larmes salées et Kagami laissa avec horreur sa main se diriger vers sa virilité turgescente.

Doucement pour commencer, il passa sa paume sur la pointe, la massant de plus en plus fermement, avant de l'englober dans son poing. Malaxant bien son gland, il étala un peu de pré-semence dessus, puis il bascula la tête en arrière, heurtant le mur.

Oui... il avait l'impression que c'était Aomine en personne qui le touchait et cela lui envoyait des décharges électriques de plaisir. Il tremblait de vergogne, mais petit à petit ce sentiment négatif s'estompait. Seuls les gémissements du brun l'atteignaient, comme un radar auquel se fier. Aomine était si puissant, si féroce et indomptable ! Il ravagerait ses entrailles, il mettrait le feu à son ventre et Kagami n'avait qu'une seule envie : se laisser dévorer par ce super prédateur.

Avec une lenteur toute calculée, il laissa sa main dériver le long de sa verge gainée et ses doigts s'emparèrent de la base du membre, l'enserrant jalousement. Comment Aomine le tiendrait-il ? Comment Aomine le prendrait-il ? Fort, brutalement, sans concession, Kagami en était certain. Il pouvait presque sentir le poids du brun faire plier son lit, en s'allongean à côté de lui. D'abord, il dirait :

« Caresse-toi... »

Et le rouge obéirait au son de sa voix, se laissant guider, comme avec Nash... comme avec son 'Maître', comme avant... Ce serait si facile de retrouver ses anciens réflexes...

« Pas trop vite... ! Ecarte les cuisses pour que je puisse voir... Plus que ça ! »

Kagami voulait se faire abuser par l'homme à la peau d'ébène et à la voix sucrée. Il résistait, il se refusait à lui, mais il savait depuis qu'il avait croisé son retard qu'il était trop tard pour fuir. Il avait Aomine dans la peau et il avait besoin d'être dominé pour prendre son pied. Ca n'aurait jamais marché avec Kise, c'était voué à l'échec, ils étaient trop semblables dans leur faiblesse...

Il se rappelait encore quand il avait rencontré Nash... dans les couloirs de la salle de sport où il travaillait à Los Angeles et...

Cette sensation familière, c'était...

« Ahhhh ! »

Le tigre intensifia la pression autour du corps caverneux, le massant plus intensivement. Sa main allait et venait avec aisance le long de la tige de plaisir et il colla une main sur le mur, mordant dans son T-shirt pour étouffer ses gémissements compromettants...

Il ne voulait surtout pas qu'Aomine entende... et pourtant, le rouge sentit le mur vibrer pile à l'endroit où il avait posé sa main. Aomine avait certainement du l'imiter, prenant appui exactement au même endroit de l'autre côté de la cloison. Et maintenant, il se servait du mur pour pousser plus profondément dans sa partenaire.

Kagami se sentait si bien... une douce chaleur irradiait au niveau du mur, comme si Aomine essayait de le toucher, de lui transmettre un peu de son énergie... L'osmose était complète.

Et brusquement, la jouissance, l'orgasme qui vous submerge et emporte tout sur son passage. Kagami entendit le brun rendre l'âme exactement au même moment que lui. Ils étaient parfaitement synchrones, parfaitement en harmonie, tels deux âme soeurs. Leurs deux corps étaient branchés sur la même fréquence et l'onde qui fit déborder son désir menaça de faire chavirer son esprit pour de bon.

le rodéo sauvage d'Aomine s'acheva également et Kagami entendit les deux voix qui se répondaient derrière le mur. La femme haussa le ton. N'était-elle pas satisfaite ? Kagami ne s'était absolument pas concentré sur elle, mais pourtant, il était certain qu'elle avait joui elle aussi, non ? Comment ne pas exploser quand c'est Aomine qui vous pilonne, à la manière d'un forcené dans une carrière de pierres ? Kagami fut subitement pris d'une crise de frissons. Il avait froid. Sa main souillée de désir était moite. Son lit était vide... Il n'aurait pas la chance de s'endormir à côté de quelqu'un, ce soir encore...

Et surtout, sa tête était pleine. Pleine d'Aomine, pleine de doutes, pleine de honte...

Il se dégoûtait...

Alors c'était ça, la misère sexuelle ? Putain... ça virait carrément à l'obsession, là...

Et soudain, un claquement sec se fit se entendre de l'autre côté, tandis que des larmes inondaient le visage de Kagami. Nash lui manquait.

Non, pas Nash... pas ce tyran... plus jamais... mais ce bruit ? Qu'est-ce que c'était ? Chez Aomine, une dispute semblait avoir éclaté et Kagami parvint à distinguer le son caractéristique de la sonnette de son voisin. Qui cela pouvait-il bien être à une heure aussi avancée de la nuit ? De l'autre côté, c'était la panique. Kagami se leva pour aller se nettoyer dans sa salle de bain et après une sommaire toilette de chat, il perçut à nouveau du bruit en provenance de son balcon cette fois, alors il passa un pantalon de jogging et il se dirigea vers la source de la pollution sonore. C'était sans doute Sassy qui jouait et s'était retrouvée bloquée derrière la porte vitrée. Parfois, à cause du vent, la porte se refermait derrière lui et elle ne parvenait plus à rentrer. S'approchant du balcon, il constata que sa chatte s'y trouvait bien et qu'elle regardait en direction de chez leur turbulent voisin. Kagami se baissa pour la ramasser et... !

PUTAIN DE MERDE !

Une femme, LA femme avec laquelle Aomine avait eu son coït se trouvait en équilibre précaire sur la fine corniche qui reliait leurs deux balcons ! Kagami se frotta les yeux et Sassy pencha la tête sur le côté. Décidément, toutes ces conneries d'humains la dépassaient... La jeune femme était en petite tenue, (heureusement, elle avait eu le temps de remettre sa petite culotte et son cache-nibards) sa robe roulée en boule sous son bras. Bordel, elle essayait de se suicider ou quoi ? Non, non, en réalité, elle avançait vers Kagami et derrière elle, penché sur la rambarde de son balcon, Aomine (toujours en tenue d'Adam, lui...) l'encourageait.

Ok... ok...

Kagami avait définitivement trop picolé ce soir. Et l'alcool ne faisait pas bon ménage avec sa grosse fringale de sexe, car non seulement ça l'avait poussé à se masturber comme un ado au son des exploits horizontaux d'Aomine, mais en plus, maintenant il se mettait à avoir des hallucinations. Le vent jouait dans les longs cheveux noirs de la jeune femme et elle progressait lentement, avec la plus grande prudence... Autant dire que si elle tombait, elle risquait d'y laisser bien plus que la ficelle de son string...

« Oi Kagami ! Reste pas planté là ! Aide-la à venir vers toi ! »

Quoi ? Aomine lui donnait des ordres ? Non mais, c'était quoiiii encore cette galère ? Et qu'est-ce que le brun voulait qu'il fasse, non mais il était marrant lui aussi ! Kagami n'avait aucune grande échelle à sortir de son slip comme par magie pour sauver sa pouffe ! Cependant, n'écoutant que son courage, Kagami reposa Sassy par terre et il se pencha au maximum vers la femme, lui tendant la main...

Bonne poire un jour, bonne poire toujours...

Il ne comprenait RIEN à la scène surréaliste qui se déroulait sous ses yeux et Sassy faisait à présent sa toilette près d'eux, semblant bien se moquer de ce qui allait arriver (et honnêtement, Kagami aurait du en faire autant). Alors tombera ? Tombera pas ? Quel suspense insoutenable ! Surtout quand la demoiselle dérapa, se rattrapant in extremis aux (branches) bras musculeux de Kagami. Autant dire qu'on avait évité de peu la catastrophe ! Aomine soupira de soulagement et Kagami attira bien la fille contre lui. Elle tremblait comme une feuille et il y avait de quoi, même sans être sujet au vertige, d'ordinaire... Une fois rassuré quant à la sécurité de son hôte, le rouge s'adressa au bleu, sans aucune tendresse.

« Tu vas enfin m'expliquer ce qui se passe Aho de malheur ? »

« Une autre fois p't'être, mais là j'peux pas, j'ai d'la compagnie ! »

Et en effet, la personne qui s'excitait précédemment sur la sonnette d'Aomine avait changé de tactique, cognant à présent directement dans la porte. Un vrai taré ! A cette allure, la porte risquait de ne pas tenir très longtemps. C'était un taureau enragé qui se trouvait derrière ou quoi ?

« Aomine ! Salopard ! Ouvre cette porte ! J'sais qu't'es là et Madoka aussi ! J'ai vu sa voiture garée en bas, alors dépêche-toi, t'aggraves ton cas ! »

Mais...

WTF ? Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire à la mord-moi le nœud ? Un mari jaloux ?

« J'te jure que si tu t'es tapé ma femme, y aura pas que ta porte que j'vais défoncer ! »

… Ah bah oui... un mari jaloux... quelle originalité !

« C'est Wakamatsu, mon collègue flic, il a deviné que je troussais sa femme ! » Argua Aomine, qui arborait étrangement une trace ressemblant à s'y méprendre aux cinq doigts de la main, tatouée sur la figure. Ah ! Il avait l'air malin comme ça, tiens... « STP, planque-la chez toi, pendant que je gère cette grande gueule de blond peroxydé qui lui sert de mari ! »

Madoka l'avait giflé ou quoi ? Et pourquoi ? Kagami savait bien qu'il les avait entendus se disputer tout à l'heure et... raaaah mais ça ne le regardait pas ! Pour quelle raison aiderait-il Aomine, d'abord ? C'était SON problème s'il trempait son dard dans tous les pots de miel de la ville ! C'était déjà un miracle que cette pauvre fille ne soit pas tombée en jouant à Tomb Raider !

« C'est hors de question ! Démerde-toi ! Assume un peu tes conneries ! »

« Vas-y fais pas ta pute, Taiga ! J'te demande juste un p'tit service de rien du tout ! Ca va rien changer à petite ta vie minable de boy scout et puis, je croyais que les voisins étaient sensés s'entraider ! C'est même toi qui l'as dit ! »

« Certainement pas quand l'un d'eux réveille l'autre à deux heures du matin passées ! Y en a qui bossent demain ! »

« Attends, c'est toi « Taiga » ? Le Taiga ? » Sembla émerger à son tour la brunette, toujours blottie dans les bras du pompier (et elle en profitait bien, la cochonne...).

« Heu ouais, pourquoi ? »

« Aomine-san a osé crier ton nom tout à l'heure, quand il a joui ! »

Le cerveau du rouge grilla un fusible.

« Quoi ? » S'étouffa à moitié Kagami.

Non mais, elle avait du mal entendre, c'était pas possible autrement ! Et lui aussi, tiens !

« Aomine, c'est quoi ces conneries encore ? Oi ! Aomine ! »

Mais avait plus d'Aomine, il avait fui, lâchement, se retranchant dans son appartement, sans doute pour se préparer à affronter le taureau Red Bull !

« C'est la vérité ! Pffff... j'aurai du me douter qu'il était pédé ! Un mec qui ose appeler son molosse "Biscuit"... C'est un manque de virilité qui aurait du me mettre la puce à l'oreille... »

…... !

A suivre...


16000 mots et c'est déjà (ou pas...) la fin ! OMG ! J'ai l'impression qu'il s'est passé un MILLIARD de choses dans ce chapitre O_o c'est assez ouf guedin ! On a même réussi à aborder un peu le passé de Kise, sur lequel je vous laisse évidemment donner votre avis et vos théories ! J'ai même *malencontreusement* lâché le nom de l'amour perdu d'Aomine ! ;)

Comme toujours, les reviews sont appréciées, elles me motivent et contribuent à la sauvegarde des bébés pandas partout dans le monde ! Bon, moi, je préfère les pandas roux, ceux qui ressemblent à des ratons laveurs et qui servent d'emblem au navigateur Firefox... bah oui "firefox", c'est juste le nom anglais de ces charmantes bestioles poilues et... non, "firefox" ne veut pas dire "renard de feu"... enfin bref, je m'égare !

NOYEZ-MOI SOUS LES COMMENTAIRES ! Je veux touuuuuuuuuuut savoir !

Bisouilles et rendez-vous rapidement pour la suite, avec 'Magical Dick', sans doute ;)