*Arrive discrètement.*

Bonne année !

*Mais se casse en courant pour esquiver les tirs d'obus.*

NON VOUS N'ETES PAS VICTIMES D'UNE HALLUCINATION COLLECTIVE, C'EST BIEN MOI, JE SUIS DE RETOUR POUR VOUS JOUER UN MAUVAIS TOUR !

... Ah oui hmm... et désolée pour... le retard, je n'ai aucune excuse, vraiment ! La flemme, le manque de temps et de motivation se sont ligués contre moi, telle la Triforce maléfique que craint tout écrivain qui se respecte ! (ah et j'ai bien sûr oublié de citer la CONSOLE DE JEUX VIDEO, aussi, cet aspirateur d'âme !)

Donc... j'espère que vous voudrez bien me pardonner ! Je vais essayer de reprendre progressivement mon rythme de publication mensuel et je m'excuse doublement auprès de celles qui attendaient la suite de "Magical Dick". Alors ce chapitre ne sera peut-être qu'une maigre consolation pour vous, mais sachez que je me suis ECLATEE à l'écrire ! Ca fait foutrement du bien et ça permet d'entamer 2018 sous les meilleurs auspices !

Comme d'hab, on ne fait pas attention aux petites fautes d'orthographe ou de frappe qui se sont sournoisement cachées dans ce texte...

Sur ce, enjoy ! (pas de spoil sur le contenu du chapitre :D)

Par contre, je préfère vous prévenir car je sens déjà que ce chapitre va faire "polémique" : c'est du NAWAK en barre (assumé) et il ne plaira certainement pas à tout le monde ! Les fans les plus ferventes d'Aomine risquent même de me détester, mais je vous demanderai juste de me faire confiance, comme vous l'avez toujours fait jusqu'ici. Vos encouragements sont capitaux pour moi, tout comme votre avis, mais sachez aussi voir au delà des apparences, d'accord ? Je ne voudrai surtout pas vous décevoir, alors n'oubliez pas que nous sommes ici dans la caricature volontaire et surjouée pour les besoins de l'histoire ! Je vous promets qu'Aomine va se rattraper dans les chapitres suivants, en se dévoilant davantage et en devenant plus "sérieux" ! ^^ Pour l'instant, ses motivations et son caractère doivent vous sembler bien farfelus et sûrement désagréables, mais ils sont nécessaires à l'évolution du personnage ! Donc, gardez ces informations bien en tête avant d'entamer votre lecture et merci de votre compréhension ! :)

(et je mets également un petit TRIGGER WARNING, par sécurité, pour signaler l'utilisation récréative d'une certaine substance dont Aomine va se servir dans ce chapitre.)

ET WOOOW SINON ! CETTE FIC AUSSI A FETE SES 1 AN DE VIE ! MERCI A TOUTES POUR VOTRE SOUTIEN ! *champagne*


Kagami se sentait nerveux. La situation était particulièrement inconfortable pour lui, lui qui n'avait pas eu de rendez-vous galant depuis... depuis... quand déjà... ? La dernière fois qu'un mec lui avait fait la cour – si tant est que l'on puisse appeler ça ainsi bien entendu – il s'agissait de Nash et c'était il y a des années... Non seulement le rouge était donc rouillé, mais en plus, à l'époque, le blond californien s'était chargé de tout, prenant les initiatives pour séduire sa proie. Et à bien y réfléchir, en dépit de la maigre diversité de ses relations amoureuses, Kagami n'était jamais sorti qu'avec des types dans son genre : agressifs et imposants.

Au départ, le tigre avait mis cela sur le compte de sa timidité, qui, mêlée à son inexpérience, le conduisait à choisir des hommes plus âgés ou sûrs d'eux, aptes à le guider. Et pour être honnête, il avait le sentiment qu'Aomine appartenait à la même catégorie d'hommes « chasseurs » que ses ex. La méfiance était donc de mise, ce soir. Kagami devait veiller à ne pas tomber dans les mêmes pièges qu'avant. De belles paroles et du culot ne suffiraient pas à faire succomber Kagami cette fois.

Il se le jura intérieurement et termina d'enfiler sa chemise à carreaux rouges et noirs, qu'il laissa ouverte sur son débardeur sombre. Jean et baskets de sport feraient l'affaire, Kagami opta pour un look décontracté, car il s'agissait de ne pas envoyer le mauvais message par mégarde. S'il sortait directement le grand jeu en s'habillant de manière classe ou sexy, cet animal sauvage d'Aomine s'imaginerait que c'était déjà gagné pour lui ! Et ça, Kagami ne le voulait pas ! Ce dîner – quand bien même Aomine avait signé son contrat de bonne conduite en amont – ne l'engageait à rien.

Et si par malheur Aomine se faisait des idées en croyant que la soirée se terminerait en position horizontale, il se fourrait méchamment le doigt dans l'oeil, à défaut de pouvoir le fourrer ailleurs... Pas question donc pour Kagami d'envoyer de mauvais signaux et pour cela, il devait contrôler jusqu'à son apparence physique pour éviter tout imprévu. Par sûr cependant que son armure de textile suffise à le protéger de l'appétit bestial de son voisin le prédateur, mais c'était déjà une première étape cruciale pour clairement afficher ses intentions. Qui étaient, je le rappelle, « rentrer chez lui avant minuit, en conservant toute son intégrité rectale et mentale. » Autant dire que la mission ne s'annonçait pas simple, puisqu'Aomine avait déjà explicitement affiché ses envies par le passé.

Et si à l'époque, on ne pouvait pas franchement dire que Kagami lui ait opposé la moindre résistance, maintenant, les circonstances étaient différentes. Il ne s'agissait plus de se venger d'amis un peu trop envahissants qui prennent des décisions à votre place. Ni même de se consoler d'une rupture douloureuse en s'envoyant en l'air avec le premier venu. Non, aujourd'hui, le tigre connaissait parfaitement l'appétit féroce de la panthère et c'est pour cela qu'il devait maximiser ses chances, s'il désirait en réchapper avec dignité. Bien-sûr, Aomine l'attirait.

Et foutremement, même ! A quoi bon mentir ou chercher à se le cacher encore ? Kise et Kuroko avaient suffisamment mis le doigt sur les incohérences dont se berçait le roux. Pour autant, Kagami refusait de tomber tout cuit dans le bec d'Aomine. Il comptait bien lui donner un peu de fil à retordre, histoire de le tester sur sa sincérité. Parce que c'était bien ce qui était en doute, là. Un gros point d'interrogation subsistait, telle une zone d'ombre pernicieuse qui inspirait crainte et réserves au tigre.

Kagami ne pouvait donc pas se permettre de plonger tête en avant (et cuisses écartées) dans le piège tendu par la panthère, qui devait certainement se trouver bien maligne. En effet, Kagami était persuadé que l'apparente docilité d'Aomine était juste feinte. Le brun avait coopéré beaucoup trop facilement, signant ce contrat de pacotille dénué de valeur juridique sans la moindre hésitation. Or, cela aurait du réjouir Kagami, mais il n'en était rien, tant ce geste empestait la malhonnêteté. Aomine avait une idée derrière la tête, le rouge en mettrait sa main à couper. Mais pour étayer ses propos et prendre le brun à son propre piège, Kagami devait avant tout le forcer à se trahir, en révélant sa stratégie de conquête. A lui donc, de se montrer le plus rusé.

Purée... ce fichu dîner n'avait même pas encore commencé, que déjà, Kagami se prenait la tête. Et il allait débuter cette soirée (ou plutôt, ce simulacre de soirée...) avec une bonne migraine, ce qui constituait un sacré désavantage. Désireux de ne pas se laisser grever par un tel handicap, le tigre se passa un peu d'eau fraîche sur le visage pour s'épargner une surchauffe neuronale malvenue. Ahhh... ça allait déjà mieux ! Au moment opportun, il serait donc toujours temps d'opérer un repli stratégique dans les toilettes du restaurant pour faire de même. Ou pour enrayer la surchauffe d'une autre partie de son corps...

Parce que mine de rien, Aomine lui faisait un effet bœuf. Et pour être honnête, Kagami se voyait mal passer stoïquement une partie de la nuit dans le sillage de la sensuelle panthère. Son indifférence pouvait être un masque derrière lequel se cacher efficacement, mais en aucun cas, elle ne saurait refléter la nature réelle de ses sentiments... Et c'était peut-être ce désir viscéral de sauter sur Aomine pour lui arracher ses vêtements que Kagami devrait redouter en priorité. S'il ne parvenait pas à contenir ses pulsions, il ferait tout échouer et sa couverture tomberait également. Le danger de ce dîner était donc double : garder un œil sur Aomine et ses mains baladeuses, mais aussi et surtout se méfier de ses propres réactions.

Car en réalité, qu'espérait vraiment Kagami de ce repas avec son cherrrrrrrrr voisin, me demanderez-vous ?

Dans un premier temps, le tigre avait l'espoir (désuet) de pouvoir négocier à son avantage un traité de paix. Puis, dans un second temps, si l'alignement des planètes était correct et que nous nous trouvions dans une année bisSEXtile, peut-être pourrait-il envisager une relation SERIEUSE avec l'énergumène policière. Et en l'occurrence, Kagami craignait fort que le but de cette petite soirée en namoureux ne dégénère assez vite... Soit parce qu'il n'aurait pas la patience nécessaire pour supporter son adorable voisin, soit parce que ce dernier lui ferait quelques propositions indécentes comme... je ne sais pas moi, disons... devenir « copains de zizi », ce que refusait catégoriquement Kagami ! Ce genre de relations ne l'intéressait pas et ne l'avait jamais intéressé, d'ailleurs.

Mais connaissant Aomine, il était fort probable que ce sujet de conversation soit subrepticement glissé sur ou sous la table et par subrepticement, j'entends bien évidemment de manière grossière et sans la moindre once de tact. Restait donc à savoir si cette question serait abordée au moment de l'entrée ou si le basané aurait la décence d'attendre jusqu'au dessert... A ce stress déjà conséquent, il fallait ajouter la crainte que sa panthère chérie ne l'emmène dans un bouge mal fréquenté, tenu par un patron moustachu prénommé Marcel, type un bourru à l'accent indéfinissable qui fleure bon un délicieux mélange de vin rance, de tabac froid et de transpiration acide... Ah oui, Kagami le sentait venir (dans tous les sens du terme...) gros comme une maison ! (encore une fois, littéralement.)

Ce fut donc peu tendu et pas très confiant à cause de tout ce que je viens de vous citer depuis deux pages que Kagami se décida à consulter son téléphone. Et il constata qu'effectivement, Aomine n'avait pas prévu de lâcher l'affaire. Comme convenu, la panthère lui avait envoyé les coordonnées d'un restaurant situé à Ginza... Ginza ? Attends une seconde... Kagami avait beau n'être encore qu'un autochtone paumé dans Tokyo, il se rappelait que Tatsuya avait rebattu les oreilles de ce pauvre Murasakibara un nombre INCALCULABLE de fois (dès qu'il le pouvait, en fait.) pour que le géant se décide à l'emmener dîner dans un des restaurants de ce quartier, qui était réputé pour être l'un des plus chics de la capitale. Aomine comptait l'inviter LA !? C'était tout bonnement incroyable venant du brun !

Et cela cachait inévitablement quelque chose de bien peu reluisant... Après tout, il convenait de raison garder et de ne surtout pas s'emballer. C'est vrai quoi, le quartier n'était peut-être qu'une façade pour couvrir le fait qu'Aomine avait dégoté un infâme bouiboui insalubre à l'image de son appartement. Ouais, ça ne pouvait être que cela ! Kagami en était persuadé ! Bien qu'Aomine semblait jouir d'une certaine aisance financière comme le tigre l'avait vu de ses propres yeux effarés (chose étrange pour un simple policier et à plus forte raison lorsque celui-ci semble brûler la vie par les deux bouts en ne se refusant ni femmes, ni alcool...), Kagami avait du mal à concevoir que le japonais puisse avoir des goûts culinaires raffinés ou même un palais délicat.

Et quand bien même ce serait le cas, il était difficile d'envisager que la panthère puisse être sincère et se donne tant de mal pour le charmer, au point d'en dégainer l'artillerie lourde avec un bon gros restaurant de luxe. Cette histoire sentait donc l'entourloupe à plein nez ! Il s'agissait forcément d'une diversion destinée à faire baisser la garde de Kagami. Heureusement, le tigre n'était pas homme à se laisser dompter aussi facilement... Il fallait plus qu'une jolie tablée bien attablée pour le faire succomber !

… même si en vrai, pour lui plus que pour quiconque, le chemin du cœur...

… Passe définitivement par son estomac...

Et si le ramage de ce restaurant se rapportait à son plumage, il y avait fort à parier que Kagami se retrouverait également au menu de ce soir...

Plus vite qu'il ne l'avait escompté.


Aomine de son côté... terminait de se préparer.

Ah ! Vous n'aviez tout de même pas cru qu'il était DEJA sur place ? Même s'il comptait bien arriver AVANT sa dulcinée, la ponctualité n'était clairement pas son fort. Et s'il commençait par être trop en avance ou pile à l'heure à leurs rendez-vous, Kagami risquait de s'y habituer et ensuite le tigre exigerait toujours cela de lui. Et bonjour les malentendus ! Non, non, mieux valait être franc sur cet épineux sujet dès le départ. Le tigre avait le droit de savoir (même s'il devait l'avoir déjà compris...) que le brun était une feignasse patentée, incapable de fournir des efforts dans la longueur. Lui, se voyait plus comme un sprinter que comme un coureur de (jupons) fond. Certes, Aomine était capable de donner le meilleur de lui-même lorsqu'il désirait réellement quelque chose, mais uniquement sur une courte période. Sans compter qu'il se lassait également très vite... Alors « Chassez le naturel, il revient au galop ! » voici un proverbe qui s'appliquait on ne peut mieux au caractère nonchalant du félin à la robe sombre.

Se contemplant une dernière fois dans le miroir de plein pied qui se trouvait dans sa chambre, Aomine se tourna légèrement pour vérifier que son jean slim noir brut ne lui faisait pas un trop gros cul. Rassuré de constater que sa croupe rebondie était impeccablement moulée dans le tissu serré qui la mettait en valeur, Aomine afficha son sourire satisfait de circonstance. Mais si, vous savez, ce petit rictus d'auto-satisfaction qu'il se plaisait à balançant à la face du monde, comme pour mieux le dominer. Jouer les provocateurs et les perturbateurs notoires semblait être un rôle taillé sur mesure pour l'homme à la peau de bronze. Ah ! Qu'est-ce qu'on se ferait chier sans cet empêcheur de tourner en rond... pas vrai.. ?

Hmm... Kagami aurait clairement son mot à dire sur la question. Et pas sûr que cela soit en faveur du brun... Mais quelque part, Aomine le comprenait. On ne pouvait pas vraiment dire qu'il se soit comporté de manière exemplaire avec son nouveau voisin. Non, en réalité, il n'avait plutôt été qu'une source infinie de désagréments plus ou moins conséquents pour le beau roux. Qu'à cela ne tienne, il allait changer ! Changer... hmm... je vous renvoie au paragraphe du « chassez le naturel... ». Mais au moins, Aomine pouvait faire semblant...

Toujours était-il que malgré ses faiblesses et ses limites, le brun était déterminé à se rendre plaisant le temps d'une soirée au moins.

Car c'était plus de temps qu'il n'en fallait pour atteindre son véritable but, qui, vous l'aurez aisément compris, était de faire rugir de plaisir le tigre. Et quand je parle de « plaisir », cela s'entend dans le sens érotique du terme, naturellement. Avec une telle récompense à la clé, il y avait de quoi se montrer chevaleresque et agréable pendant quelques heures, non ? Il serait toujours temps de retrouver ses dehors exécrables un fois le loup entré dans la bergerie... ou plutôt dans la « tigrerie », en l'occurrence.

Il avait été à deux doigts d'opter pour un smoking, puisqu'ils se rendaient dans un endroit extrêmement chic et réputé ce soir, mais la panthère avait préféré abattre ses meilleures cartes d'entrée de jeu. L'ennui, avec les costumes trois pièces, c'est qu'ils sont très peu confortables et c'est également une vraie plaie à enlever. Or, le brun ne comptait pas laisser filer une occasion de sauter (sur) son tigre, à cause de boutons de manchettes impossibles à défaire. Cependant, il fallait bien avouer que ce genre d'accoutrements faisait toujours son petit effet et qu'il était infiniment plus facile de maintenir une érection de cheval dans une étoffe moins rigide que le jean dans lequel il s'était pourtant engoncé...

Mais de costume, en réalité, Aomine en était presque dépourvu. Il n'en possédait plus qu'un seul, assez old fashion qui prenait la poussière dans son placard, telle une relique dépassée de son ancienne vie... Ancienne vie où les codes vestimentaires étaient différents, là où les cols de chemises aux couleurs criardes dépassent des vestes et où les pantalons assortis règnent en maîtres incontestés. Mais ce soir, il voulait passer inaperçu, se fondre dans le décor et non pas attirer l'attention avec un sens de la mode tout à fait désuet et surfait.

N'est pas Kise qui veut. L'ancien mannequin pouvait en effet se targuer d'être époustouflant quel que soit l'attirail dont il se parait (même un sac poubelle informe se parerait en étoffe royale sur lui). Un rien l'habillait. Et rien ne l'habillait aussi, d'ailleurs, ça marchait dans les deux sens pour lui. Aomine, par opposition, n'avait pas cette chance, alors pour être certain de séduire sa proie, il avait opté pour quelque chose de classique mais d'intemporel également. Pantalon noir ceinturé et chemise noire cintrée, épousant parfaitement son torse ciselé. N'était-ce d'ailleurs pas ce qu'il portait le soir où il avait croisé le tigre dans la boîte de nuit où son ami blond mixait ? Baaaah peu importe... Ce genre de tenues est toujours une valeur sûre. LA tenue par excellence à avoir dans sa garde-robe, même. L'équivalent masculin de la petite robe noire féminine qui va avec tout.

Alors, certes, il lui arrivait parfois de regretter le temps où c'était un tailleur professionnel qui s'occupait de ses vêtements, aussi excentriques soient-ils, mais parfois, la simplicité et le prêt-à-porter avaient aussi du bon. Même si son habillage actuel ne payait pas de mine, il suffisait de l'accessoiriser correctement pour rehausser son style. Comme par exemple... avec cette belle ceinture en cuir à la boucle effigie d'un grand couturier et ces chaussures en crocodile vernies ramenées de Milan par Kise, suite à l'un de ses nombreux voyages dans la capitale européenne de la mode. (ou Paris, si vous préférez, je ne voudrai me fâcher avec aucune Cristina Cordula en herbe !)

« Hmm... Bandant... » S'auto-congratula Aomine d'un ton approbateur. « Si avec ça je n'arrive pas à le faire craquer, c'est qu'il est définitivement et indécrottablement hétéro ! »

Ah ouais, carrément, le mec ne se mouche pas du coude, quoi. Et ne doute de rien non plus. (surtout pas de lui-même...)

… Mais franchement, vous aviez SINCEREMENT cru qu'Aomine souhaitait juste présenter ses excuses à Kagami ? En tout bien tout honneur ? Qu'il avait proposé ce dîner « romantique » pour mieux faire connaissance avec son voisin ? Ou alors vous vous imaginiez peut-être qu'il avait accepté de signer le contrat remis par Kise uniquement dans l'optique de se faire apprécier du tigre et mieux se réconcilier avec lui, suite à tous les tracas divers et variés qu'il lui avait causés ? Ah ! Quelle naïveté... Non, bien-sûr que non, allons. Le but avait toujours été le même...

« Ah putain... si je pouvais, je me baiserai sans hésiter, tiens ! Je suis vraiment trop bonne, ce jean à 90.000 yens me fait un cul d'enfer, Kise avait raison, ça valait le coup d'investir l'intégralité de mon PEL dedans ! C'est le fric que j'ai le mieux dépensé de toute ma vie... Oh, mais attends... j'suis con... j'me baise déjà, puisque j'me masturbe... » Réalisa t-il.

Et là, vous avez toujours un doute quant à ses véritables intentions... ? Ne me dites pas que vous croyez toujours au gentil numéro du charmant voisin qui veut faire amende honorable ! Si c'est le cas, je ne peux plus rien pour vous ma bonne dame ! Nan mais, en vrai, le mec se kiffe trop, quoi ! La puissance de son délire égocentrique était telle que bientôt, le brun allait changer de life goal et voir s'il n'y avait pas un moyen pour coucher avec lui-même réellement, d'une façon ou d'une autre. (et non plus simplement avec sa main droite.)

… Je vous confirme par ailleurs qu'on vient de perdre Aomine pour de bon là et oui, il est indubitablement très spécial ce garçon... (OMG ! J'ai créé un MONSTRE ! Un Narcisse aux yeux bridés en puissance ! … Et je n'ai AUCUN regret :p) Oh et pour celles que ça fatiguerait de faire la conversion ou pour celles qui désireraient juste confirmation quant au montant... oui, Aomine porte bel et bien un jean à 700 euros dans cette fanfiction, ("fiction" étant le terme qui importe ici...) parce qu'on ne se refuse rien, hein, tant qu'à faire ! Je suis consciente qu'il s'agit un prix plutôt exorbitant et croyez bien qu'il fait mal au cul du principal concerné (c'est le cas de le dire héhé...), mais quitte à devoir se priver et à bouffer des nouilles instantanées pendant trois mois, autant que ce soit efficace !

Or, quel chasseur digne de ce nom part traquer la galinette cendrée sans l'armement adéquat ? C'est strictement la même chose ici ! Et Aomine avait beau disposer d'un fusil bien chargé, s'il voulait avoir la chance de mettre une cartouche au tigre farouche, il devait auparavant opter pour le piège dernier cri le plus sophistiqué qui soit. Car c'est bien connu, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre ! Alors, si en plus c'est un tigre que vous voulez prendre dans vos filets, commencez d'abord par lui présenter un joli filet-mignon cuit à point et bien ficelé, si vous voyez ce que je veux dire...

Et en parlant de « bien ficelé » (je ne fais aucunement référence à la qualité discutable de cette intrigue...), il y avait autre chose qui l'était... mais je vais ménager mon effet et vous laisser la surprise de le découvrir plus tard... (en même temps que Kagami, le principal concerné, quoi.) si tant est que la panthère parvienne à ses fins ! (parce que c'est pas gagné cette histoire...)

Twerkant sensuellement pour s'assurer une dernière fois que son meilleur atout était bien en place (et DANS la place), Aomine s'administra une bonne tape sur la croupe, comme pour se dire « en selle ! » façon cowboy.

« Je compte sur toi, ô magnifique fessier dont Mère Nature m'a si généreusement doté ! Ne me déçois pas ! »

Et son regard glissa, s'égarant alors sur sa commode. Près du miroir. Là où reposait exceptionnellement pour l'occasion un cadre photo, dont le policier se saisit, l'approchant de son visage D'habitude, il ne posait ici que cendriers et capotes... éventuellement quelques bières... Mais cette fois, il avait ressenti le besoin d'avoir cette photo près de lui. Pour se donner du courage ? Pas vraiment non... Mais jugez plutôt :

« Hey... c'est pas ce que tu crois... Y a pas à t'inquiéter, d'accord ? »

Ses traits s'étaient radoucis. Même sa voix semblait moins agressive, comme il s'adressait tendrement au cadre qu'il tenait toujours face à lui, pour mieux le contempler.

« C'est toi que j'aime et personne d'autre. Et c'est pas parce que c'est un mec lui aussi que je vais t'abandonner, alors ne sois pas jaloux. Personne ne prendra ta place et j'ai pas oublié la promesse que je t'ai faite, elle tient toujours. Quand tout ce merdier sera terminé, je viendrai te rejoindre mon ange, donc s'il te plaît, patiente encore un peu... Ca ne devrait plus être long, maintenant que celui qui t'a fait ça est derrière les barreaux. J'me suis occupé de lui, y a plus qu'à attendre que ce fumier soit jugé et condamné à mort. Je sais qu'il a fait appel la dernière fois, c'est pour ça que ça prend plus de temps que prévu, mais j'te jure qu'il va payer pour ses crimes ! »

Son ton devint résolument plus violent et il cessa de caresser du bout des doigts le visage de la personne qui lui souriait sur la photo. Un sourire si lumineux et radieux, sa seule source de réconfort... Celle qui l'empêchait de couler. Celle qui le maintenait à flot, malgré ce que l'on pourrait croire de prime abord. C'était pour cette personne qu'Aomine se battait au quotidien. Pas question de l'abandonner. Pas question de la décevoir, même si c'était sûrement déjà le cas, comme aimait à lui rappeler Kise, vis-à-vis du simulacre de vie décousue et dépravée que le brun menait tambour battant...

Retournant ranger le cadre à la place qui lui était allouée, Aomine se rendit ensuite dans la cuisine. Il donna sa ration de croquettes à Biscuit, tout en lui faisant ses dernières recommandations avant de partir. Le brun hésita à enfiler une veste ou un blouson, mais dehors, c'était la canicule estivale. Il finit par quitter l'appartement en retroussant simplement les manches de sa chemise, pour mieux dévoiler gourmette en or et grosse montre qui claque. Ben ouais, vu que son téléphone portable donnait déjà l'heure, sa montre n'était là que pour décorer. Ou habiller son bras, ce qui revient au même. Et crier qu'il avait un compte bancaire florissant.

Bizarre, non ?

Aomine ne semble pas du genre à être un bon gestionnaire, mais plutôt un bon gros flambeur amateur de bling bling. Enfin, qu'importe, il ne s'agissait ni plus ni moins d'un mystère de plus entourant le brun et son passé. Peut-être était-il tout simplement un ancien agent immobilier à succès, en pleine reconversion professionnelle ? Ou, comme Kagami l'avait un temps imaginé, une ex-star du porno qui vivrait confortablement de ses rentes ? A moins qu'il ne s'agisse d'un braqueur de banques qui aurait effectué un gros « casse » sans se faire prendre ? En tous cas, chère lectrices, je préfère vous laisser spéculer sagement derrière votre écran, car vous n'aurez pas la réponse tout de suite ! (suspense oblige, tout ça, tout ça...)


Ouais, c'est un peu étrange de charcuter le chapitre comme ça, avec une ellipse temporelle sortie de nulle part alors qu'il semblerait que je n'avais pas fini d'expliquer ce qui se passait du côté d'Aomine. (mais en fait, si.) Cependant, les lois de la fanfiction étant ce qu'elles sont, cela fait déjà 6 pages que je digresse allègrement, donc il est grandement temps d'entrer dans le vif du sujet, sinon, dans 20 pages, les choses sérieuses n'auront toujours pas commencé et j'aurai écrit ce chapitre pour rien ! Ce qui, entre nous soit dit, la foutrait graaaaave mal pour une reprise après des mois de disette !

Bref.

Kagami venait donc d'arriver à l'adresse indiquée et pas de doute possible. Le nom affiché sur la devanture était écrit en alphabet occidental et l'extérieur semblait aussi sobre qu'élégant. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, Aomine ne s'était pas foutu de sa gueule, visiblement ! Kagami en était même légèrement estomaqué. Ou plutôt, sans voix. Ouais, c'est mieux. (non parce que ce n'était surtout pas le moment d'avoir mal au bide, vu qu'il comptait s'en mettre plein la panse, justement !) Il plissa les yeux, cherchant à déchiffrer l'inscription.

« Le Grand Paris... »

Bon... ça ne lui évoquait rien. Apparemment, ce n'était pas de l'anglais et Paris... ça lui faisait vaguement penser à Paris Hilton la richissime héritière jet setteuse... Mais peut-être que le restaurant portait son nom parce qu'il lui appartenait ? Hmm... c'était plutôt probable. Sauf que dans ce cas, il s'appellerait plutôt « The Great Paris », non ? Et comprenez bien qu'à aucun moment Kagami ne pensa que la langue utilisée était le français et que Paris désignait la capitale de notre beau pays, cocorico ! Pardonnons-lui, il s'agit de Bakagami après tout. Vous vous attendiez vraiment à un éclair de génie de sa part ? Faut pas rêver non plus !

En tous cas, il y avait sûrement erreur sur le lieu... Jamais Aomine ne l'emmènerait dans un endroit aussi classieux ! A moins que la devanture ne soit mensongère. Après tout, on dit souvent qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. D'un côté, Kagami avait envie de se tromper. D'être déçu. Cela lui ferait une excuse supplémentaire pour rejeter Aomine, mais de l'autre côté... il voulait donner une chance au brun de l'impressionner. Quoi qu'il en soit, il regrettait maintenant son choix vestimentaire. Le rouge se sentait vraiment comme un pouilleux qui va mendier chez de riches propriétaires terriens. C'était d'ailleurs à se demander si Aomine avait VERITABLEMENT les moyens de leur offrir un repas dans cet établissement qui suintait le luxe. A tel point qu'il y avait un portier et même un mec chargé de garer les voitures... ! Le rouge n'en croyait pas ses yeux... Aomine avait vraiment mis le paquet... pour pouvoir lui mettre son paquet... !

Il commençait vraiment à se sentir mal à l'aise, mais il entra malgré tout. Aomine lui avait dit de ne pas l'attendre et d'aller s'installer. Or, bien que le portier lui jeta une oeillade dédaigneuse et que Kagami fut tenté de faire demi-tour, les choses s'arrangèrent dès qu'il pénétra dans l'enseigne. Enfin, façon de parler. Un charmant majordome plutôt caricatural avec sa petite moustache fine et bien taillée l'accueillit immédiatement, le prenant en charge en le guidant jusqu'à la table réservée par Aomine. Kagami ne savait plus où donner de la tête tant l'endroit était magnifique. Merveilleux. Grandiose. Tout dans des tons bordeaux et dorés. Il n'y avait là que quelques couples fort bien habillés et les tables étaient peu nombreuses et suffisamment bien espacées les unes des autres pour créer de l'intimité. Le tigre s'empourpra, lorsque le majordome lui tira la chaise pour qu'il puisse s'asseoir correctement.

Jamais on ne lui avait fait cela auparavant. Pas même dans l'un des restaurants pourtant très « cotés » où Nash l'avait déjà invité. Le majordome n'était pas asiatique. C'était un occidental à l'accent fort prononcé. Il se tenait très dignement et même son visage ridé était impassible. Un véritable professionnel ! Kagami se sentait tout petit dans l'immensité de cette salle presque vide... et pas du tout à sa place... Tête enfoncée dans les épaules, il attendait, espérant qu'Aomine ne tarde pas trop et surtout que le brun n'allait pas lui poser un lapin ! Il aurait l'air fin sinon...Pourvu que Kuroko et Kise ne se soient pas trompés sur les intentions du policier revanchard...

Heureusement, le roux fut rapidement fixé et rassuré en voyant le brun faire son entrée tonitruante. Aomine ne passait pas vraiment inaperçu d'ordinaire, mais lorsqu'il serra énergiquement la main du majordome – lui écrasant trois phalanges au passage – tous les regards se dirigèrent vers lui. Si solaire et si sombre à la fois, comme une étoile sur le point de s'éteindre parce qu'elle aurait trop brûlé...Kagami était fasciné par son fauve de voisin, même s'il ne lui avouerait jamais. Aomine agissait comme un aimant, si bien qu'une fois qu'on avait posé les yeux sur lui, on ne pouvait plus s'en détourner. Il était tellement... sexy dans cette tenue noire qui flattait à merveille sa silhouette virile, que Kagami eut du mal à déglutir. Etait-ce vraiment un jean qu'il portait ? La matière le moulait comme une seconde peau... semblant taillée sur mesure pour lui ! C'était... hypnotisant. Enfin... peut-être pas hypnotisant au point de se laisser prendre sur la table entre le fromage et l'entrée non plus hein... Mais pas loin, quand même... Kagami se leva, bondissant comme un ressort lorsque le brun arriva à sa hauteur.

Et quand ce dernier se pencha pour l'embrasser en guise de salut, Kagami recula par réflexe. Oh que non. Non, non, non et non. Pas question de succomber d'entrée de jeu ! Il allait falloir se donner un peu plus de mal que cela ! C'est qu'Aomine avait beaucoup à se faire pardonner, mine de rien... Mais le policier n'en prit pas ombrage et le majordome l'installa à son tour, ne leur laissant même pas le temps d'ouvrir la bouche avant de revenir avec les menus. Et wow... même la couverture des menus était en authentique cuir ! L'ouvrant, Kagami constata que tout était écrit dans cette langue mystérieuse qu'il ne parvenait pas à identifier. Par chance, le menu disposait également d'une traduction au dos de chaque page. L'écriture était calligraphiée en lettres d'or et très soignée. Le majordome leur alluma les chandelles présentes sur leur table et il s'inclina respectueusement avant de prendre congé, le temps de les laisser choisir.

Kagami n'en revenait toujours pas. Il était au moins aussi rouge qu'une midinette... Il n'osait même pas regarder Aomine, bien planqué derrière son menu ouvert. Et pour être honnête, il n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait contenir la moitié des plats ! Ils avaient tous des noms obscurs ! Mais Kagami ne voulait pas passer pour le dernier des bouseux, alors il devait faire bonne figure et prétendre s'y connaître... Aomine emmenait-il souvent des gens ici ? Ou avait-il fait un effort spécial... pour lui... ? Cette pensée le fit rougir encore plus ! Vite, vite, engager la conversation avant de se changer en tomate !

« Ca va, t'as pas eu trop de mal à trouver et à te garer ? »

Ah. Le brun venait de lancer les hostilités. Ouf. La gêne allait sans doute se dissiper un peu. Car peut-être que dans le fond, Aomine faisait aussi semblant que lui...

« N-non... Je suis venu à pied. Enfin... je veux dire, en métro... P-pas en voiture. »

Et merde ! Même sa voix tremblait, tant il était intimidé ! Ca ne lui ressemblait pas, pourtant !

« Ah ok. »

« Et toi ? »

« Moi ? Hmm... j'ai pris ma caisse. Enfin celle de mon collègue. »

« Wakamatsu ? »

« Ouais. »

« Attends une seconde... il a bien voulu te prêter sa voiture ? »

« Ouais, enfin, non... C'est pas sa voiture perso, hein. D'habitude, il veut jamais que ce soit moi qui conduise quand on part en patrouille ensemble, mais cette fois, j'ai réussi à lui subtiliser ses clés sans qu'il ne s'en aperçoive ! » Sourit le brun, fier comme un coq. Ou un gamin.

Kagami cligna des yeux suite à cette révélation. « Pas sa voiture privée » ? « Patrouille » ? Mais alors... ! La mâchoire du tigre manqua de dégringoler sur la table lorsqu'il réalisa à quoi la panthère faisait allusion.

« ... T'ES PAS VENU ICI AVEC TA VOITURE DE FONCTION, QUAND MEME ? »

« Bah si, pourquoi ? »

« Hein ? T'es sérieux là ? »

« J'ai même mis le gyrophare sur la route pour éviter les embouteillages et j'ai confié la caisse au voiturier pour qu'il la gare ensuite. »

« A FUCKING POLICE CAR !? And dat guy didn't find it suspect at all !? You gotta be kidding me... »

« Oi... arrête de gueuler. Et de baragouiner en anglais. Tout le monde va nous regarder comme des bêtes de foire après. »

« Comme si ça te gênait ! Tu adores être LE centre d'attention ! »

« Ouais, c'est vrai que j'adore ça. » Grand sourire prétentieux cette fois. « Mais si on pouvait éviter ce soir, ça m'arrangerait. Déjà qu'on ne passe déjà pas hyper inaperçus à cause des fringues que tu as choisies... »

Quoi ? Comment ça ? Mais elles étaient très bien ses fringues ! Bon... peut-être un peu trop « casual » pour l'occasion, mais c'était entièrement de la faute d'Aomine ça, encore ! Si cet imbécile l'avait prévenu qu'ils allaient dîner chez le Roi de France, Kagami aurait sans doute fait un effort vestimentaire !

« Tu peux parler, toi ! Il ne te manque plus que les lunettes de soleil et on croirait un mac venu surveiller son cheptel de prostituées, qui bosse juste de l'autre côté de la rue ! »

A cette dernière phrase, le sourire du brun s'étendit sur ses lèvres et il fouilla la poche avant de sa chemise, pour en sortir une paire... de Ray Ban Aviators qu'il posa SANS PRESSION sur son nez. Ah là, il avait la panoplie complète du flic de série des années 80. Ou d'acteur de films porno est-allemand à petit budget de l'après-guerre. Et si Biscuit avait été là en prime, pas de doute, Aomine aurait été prêt à tourner une scène avec des matonnes dans une prison nazie... !

« Tsss... abruti... » Il baissa néanmoins le ton. « Tu le fais exprès, hein ? En attendant, c'est pas moi qui viens de débarquer à bord d'une voiture de FLIC ! »

« Et alors ? Au moins, ils savent qu'en cas de braquage, ils seront bien protégés. »

« … Pitié, ne me dis pas que t'as ramené ton flingue, aussi... »

« Ok, je ne te le dis pas alors. »

« … Je ne parlais pas au sens littéral du terme, crétin ! Erf... encore un truc que j'aurai préféré ne pas savoir... » Se lamenta Kagami, effondré sur sa table.

« Fallait pas en parler, alors ! Mais bon, au cas où tu te poserais la question... »

« Je ne me la pose pas... je ne m'en pose plus avec toi. » Le coupa Kagami, qui avait bien retenu la leçon.

« … J'ai les menottes qui vont avec, aussi. Mais elles sont restées dans la boîte à gants, donc si tu veux les essayer, on va devoir attendre d'être sortis d'ici. »

Non mais comment ce porc pouvait-il penser une seule seconde à ça, à un moment pareil ? Je veux dire, ok, s'ils s'étaient retrouvés en train de dîner dans un donjon SM, why not ? Mais là, non quoi. Juste non.

« Dois-je te rappeler ce qui t'es arrivé la dernière fois que tu as voulu te servir de menottes sur moi ? » Sourit Kagami, de manière très ironique, histoire de lui clouer le bec pour de bon cette fois.

« Pas la peine. » Fit le brun en levant son poignet toujours blessé et sûrement bandé sous sa chemise. « ... Parce que je m'en souviens très bien : je t'ai mis une pétée au basket ahaha ! »

Oh le sale... ! Grrr... le tigre serra les poings sous la table. En d'autres circonstances, il se serait sans doute jeté sur son adversaire pour le faire taire par la force. Mais là... Ok, se faire jeter d'un bar comme un saoulard, passe encore. On va dire que ça va avec l'ambiance qui colle à ce genre de lieux. Sauf qu'ici... ils n'étaient pas n'importe où... Tout le monde se tenait bien. Mangeait avec ses propres couverts dans des assiettes individuelles en porcelaine fine. Mâchait bien sa nourriture pour la savourer avant de l'avaler. Et surtout, parlait à voix basse. Et pas la bouche pleine. En s'essuyant bien avec une petite serviette, ou plutôt, en se tapotant élégamment les lèvres avec. Ouais, voilà le genre d'endroit où ils se trouvaient et il y avait donc certains codes de bonne conduite à respecter. Alors Kagami devait prendre sur lui... On respire, allez, comme dans les cours de yoga dispensés par Alex... C'est ça, oui. On ouvre ses chakras et on laisse l'énergie positive s'insinuer dans le plexus solaire...

« Avez-vous choisi, Messieurs ? » Demanda soudain une voix derrière eux.

« Chiéééééé ! Vous m'avez fait peur ! » Sursauta Aomine, main sur la poitrine pour calmer les battements affolés de son cœur.

Kagami hésita à recourir au facepalm. Mais au dernier moment, il se ressaisit. Il fallait bien que l'un d'eux garde la tête froide pour éviter de passer pour des enfants sauvages élevés parmi les loups...

En tous cas, le majordome les dévisageait d'un air un peu hautain... sûrement peu coutumier du fait que deux individus du sexe mâle viennent dîner ENSEMBLE dans son si prestigieux établissement...

« Hmm... je vais prendre... »

« Cher ce soir... ça c'est sûr... » Pensa le policier, en terminant mentalement la phrase de Kagami.

Mais puréeeeee... rien ne lui parlait sur cette fichue carte ! Ne pouvaient-ils pas employer des mots NORMAUX pour désigner leurs plats ? Genre appeler une côte de bœuf « côte de bœuf », par exemple ? Bon bah du coup, plouf plouf, ce sera toi qui commenceuhhhraa... Kagami parcourut le menu avec son index et il l'arrêta au pif sur un plat. « Terrine forestière aux truffes et son lit de coquilles mousseuses. »

« Heu... ça ! » Fit Kagami en montrant du doigt sur la carte, comme un gosse.

« Très bien Monsieur, excellent choix. Et vous ? »

« C'est quoi ce truc là... « caviar »... ? Ca me dit vaguement quelque chose... »

« Ce sont des œufs d'esturgeon, Monsieur. Un mets rare et divin. »

« Ah ouais, d'accord. Et c'est quoi comme oiseau un esturgeon, au fait ? Ca appartient genre... à la même famille que le dindon et le poulet ? »

« Non Monsieur, c'est un poisson d'eau douce élevé en bassins. Lorsque la femelle arrive à maturité sexuelle vers l'âge de 8 ans, on lui ouvre le ventre pour prendre ses œufs. »

« Waaaaah sans déconner ? Mais c'est dégueulasse ! Vous lui faites des points de suture pour la soigner après ? »

« Non Monsieur, elle meurt ensuite. »

« O_O VOUS VOULEZ DIRE QUE VOUS AVORTEZ DE PAUVRES MAMAN-POISCAILLES INNOCENTES ? ET SANS PERIDURALE NI RIEN ? BANDE D'ASSASSINS ! »

CHOQUEEEEEEEEEEEEE !

Ola purée... Aomine allait provoquer un scandale s'il continuait ! Vite, Kagami devait faire quelque chose ! Il n'avait peut-être pas le talent de Kuroko pour gérer les enfants turbulents, mais les petits amis tyranniques, ça le connaissait ! Le rouge se rappelait parfaitement la fois où Nash avait piqué une crise et commencé à insulter tous les employés d'un restaurant (et leurs mères...), parce que sa viande était arrivée « saignante » au lieu de « bleue » !

« Excusez-moi, je crois que mon ami ici présent va prendre... 'un mille feuille aux légumes printaniers et son gibier, accompagné de sa dentelle de parmesan...' »

... Bon courage pour le dire d'une seule traite sans respirer...

« Ah nan ! » Protesta Aomine. « Qu'est-ce que de la dentelle vient foutre là ? Vous mettez des petites culottes dans vos plats ou quoi ? »

Mais Kagami lui lança un regard aussi noir que l'Enfer et Aomine fut forcé d'accepter. La panthère se tut, boudant simplement en s'enfonçant dans son fauteuil pour marquer son mécontentement.

« Merci... » Sourit de façon un peu forcée le tigre, en rendant la carte des menus au majordome.

Ouf ! Ils étaient passés à deux coups de fourchette de l'esclandre... Cependant, Kagami n'était pas au bout de ses peines, puisqu'un autre employé du restaurant s'avança vers leur table aussitôt.

« Bonjour, je m'appelle Henri... »

J'voudrai bien réussir ma viiiiiiie, être aiméééééééééé... Ahem pardon... je digresse !

« Je suis sommelier. »

« Nan mais ça va, on n'a besoin de personne pour changer les lattes de notre lit ! » Le renvoya dans ses cordes un Aomine des plus ronchons.

'Sommier', 'Sommelier', c'est bon, vous l'avez... ?

Le pauvre type, un gars assez jeune, enfin... de leur âge, disons... se mit à rougir furieusement, avant de s'excuser.

« Ah non, je suis confus, veuillez m'excuser... je m'occupe des boissons de cet établissement et plus précisément des vins. »

« Du pinard ? » Se réveilla un peu Aomine.

« Heu... oui, Monsieur. Je suis diplômé en œnologie. Puis-je vous conseiller ? ».

« 'Oenologie' ? C'est bien la science des œufs, non ? Mouais... j'vois pas le rapport entre les vin et les œufs, mais bon... et en plus, j'aime pas le picrate ! » S'emporta légèrement le policier patibulaire.

Kagami soupira de désespoir. Avant la fin de la soirée, Aomine se serait métamorphosé en Schtroumpf grognon s'il continuait ainsi... Alors, encore une fois, le tigre prit le relais.

« Merci, mais mon ami et moi, nous ne sommes pas de grands amateurs de vin. Auriez-vous autre chose à nous proposer ? »

« J'allais vous conseiller un excellent Château Latour 1958 à la robe pourpre et moelleuse, excellent pour accompagner les viandes rouges, mais si vous le désirez, nous avons également du champagne de grand cru à disposition. »

Pas convaincu. Le champagne devait rester une boisson de grandes occasions d'après Kagami et là, il n'avait rien de spécial à fêter.

« Et de la bière... ? Vous en auriez ? » Demanda Kagami, tentant sa chance.

« Je regrette Monsieur, nous n'en servons pas au sein de cet établissement. »

Dommage.

« Oh heu... alors... peut-être du soda ? »

« Naturellement, Monsieur. Je vous apporte cela. Et pour votre ami ? »

« Vous auriez de la flotte ? » Marmonna Aomine.

« Bien entendu. Pétillante ou plate ? »

« Bah... normale ! De l'eau des chiottes, quoi ! » S'impatienta le brun, qui ne goûtait que très peu le fait de biter un mot sur deux dans tout ce charabia...

« Nous n'avons que de l'eau minérale des Alpes, Monsieur... » S'excusa un peu le jeune, de façon toute aussi forcée que Kagami précédemment.

« Ca ira très bien ! » S'empressa de répondre Kagami.

« Cool... Et du saké japonais bien de chez nous, vous en avez, ou vous le faites importer des Alpes ça aussi ? »

« Non Monsieur, nous avons bel et bien du saké japonais. Je vous en apporte une bouteille de ce pas. »

« Ouais... merci... » Murmura tout bas Aomine, encore un peu boudeur.

Le jeune homme s'inclina pour les saluer et il partit chercher leur commande. Kagami soupira une seconde fois, mais de soulagement. Décidément, sortir avec Aomine n'était pas de tout repos ! Et le voici qui se retrouvait à prier mentalement pour que la bouffe arrive VITE ! Ainsi, le brun aurait la bouche pleine et il arrêterait peut-être de leur coller une honte monumentale ! (moi je dis, ça se discute, mais bon... laissons-le espérer !) Et puis, une fois le ventre plein, Aomine se dériderait sûrement et l'ambiance serait alors moins tendue... Mais avant même que la conversation n'ait pu reprendre entre eux (ou réellement débuter, cela dépend de quel point de vue on se place...), une serveuse vêtue d'une mini jupe noire, collants, talons aiguilles vernis, petite tablier sur la jupette qui va bien et nœud papillon sur sa chemise, leur apporta un plateau contenant...

… ce qu'ils n'avaient pas commandé.

Kagami craignait déjà le scandale lorsqu'Aomine s'en rendrait compte, heureusement, le flic semblait plus occupé à essayer de reluquer sous la jupe de la demoiselle occidentale. Le pire étant bien entendu qu'il n'était pas franchement discret dans son approche plus que discutable. Il commença donc par faire tomber sa fourchette (la troisième en partant de la gauche, non mais quelle idée aussi de mettre autant de couverts différents destiné au même sur la table ?) et, faisant mine de la ramasser, il se pencha pour se retrouver nez à fesses avec la croupe de la jeune femme. Autant vous dire que ce stratagème ne plu pas DU TOUT au tigre, qui ne se gêna pas pour envoyer un bon coup de pied dans le tibia de la panthère !

« Votre entrée va bientôt arriver, en attendant, nous vous proposons de déguster ces délicieux 'Amuse-gueule' » (in french, dans le texte...) Fit-elle en leur déposant un petit plateau contenant des toasts garnis et de petites verrines aux couleurs improbables, qui semblaient contenir le genre d'aliments liquides qu'on sert aux petits vieux qui n'ont plus de dents...

Pas franchement ragoûtant...

« Amuse-gueule ? Quel drôle de nom... Tu crois qu'un clown va en sortir pour nous faire rigoler ? » Sourit Aomine, visiblement fier de son trait d'humour.

« Tais-toi et mange plutôt... » Le somma Kagami, le regard toujours aussi noir et dangereux.

« Roooh ça va hein ! C'est quoi ton problème ? T'as plus d'humour ou t'es juste constipé ? Tiens, prends ma part, ça va peut-être te déboucher le trou de balle ! Avec tous ces bons légumes compotés, tu vas faire caca tout debout et ça ira bien mieux après, tu verras ! »

Ah le sale petit bastard ! Kagami se retint de justesse de lui coller un pain. Pain qui se trouvait d'ailleurs sur le plateau, sous forme de petits toasts. Le rouge en attrapa un, sans grande conviction et il mordit dedans. Il y avait une sorte de pâte dessus assez forte en goût, accompagnée d'une confiture de figues et d'une grappe de groseilles entières. Ce n'était pas mauvais... Rassuré par l'expression faciale affichée par Kagami, le brun se saisit à son tour d'une petite tartine, qu'il renifla tout de même avant. Parce qu'on n'est jamais trop prudent, hein !

« Putain... ça a la même odeur et la même consistance que la pâtée de Biscuit... ça ne m'inspire pas confiance... »

« Si ça se trouve, c'est vraiment de la bouffe pour chien... » Se moqua Kagami.

Qu'est-ce qu'Aomine pouvait être chochotte parfois... Pire qu'une meuf ! Cela lui rappelait d'ailleurs pourquoi il ne sortait pas avec des filles... Quoiqu'il était mauvaise langue. Alex ne faisait jamais la fine bouche au restaurant. Il arrivait même qu'elle mange autant que lui, ce qui n'était pas un mince exploit et méritait donc d'être souligné !

« P'tain arrête, je vais te gerber dessus si tu continues... » Décréta Aomine, en reposant sa tartine sans même avoir goûté au foie gras qui s'y trouvait.

« Tiens, c'est bizarre, ça me fait exactement le même effet à chaque fois que tu ouvres la bouche pour parler... Je me demande si c'est une coïncidence. » Le taquina Kagami, bon joueur.

Mais le brun ne releva pas, parce que son estomac commençait à crier famine. Il se rabattit donc sur une des petites verrine. Concombre, mascarpone, crème de tomates, agrumes et crevettes roses... des ingrédients plutôt « safe » et classiques, donc, loin de la célèbre « Gerboulade du Père Ducrasse ». Cependant, à la grimace que le brun afficha, Kagami en conclut que ce n'était pas à la hauteur du palais difficile de Môssieur l'Emmerdeur...

« Pouah... mais c'est super acide ! Ca a le même goût et la même odeur qu'une fille qui ne se serait pas lavée depuis... »

« ... Ferme-la... je te déconseille de terminer ta phrase et je ne veux surtout pas savoir comment tu es au courant d'une telle horreur... »

Aomine ne fit pas le moindre commentaire, souhaitant certainement préserver son tibia. Il se contenta de reposer la verrine sur le plateau et il s'essuya impoliment la langue sur sa serviette pour faire passer ce mauvais goût. Puis, il se remit à bouder en croisant les bras sur son torse. Il se sentait vraiment comme un gosse injustement puni et mis au coin par sa maîtresse. Dans un tout autre contexte, ce genre d'expériences lui aurait certainement plu, surtout avec Kagami en porte-jartelles et bas dans le rôle de la marâtre sexy et sévère... Mais là... c'était vraiment loin d'être l'éclate !

La situation se décanta néanmoins lorsqu'on leur apporta leurs entrées.

Kagami avait bien choisi la sienne, semblait-il, puisque le brun y alla d'un coup de fourchette plutôt généreux. En revanche, on ne pouvait pas en dire autant du rouge, dont le visage se décomposa à la vue des... coquilles... que contenaient son plat...

Des escargots...

Ces animaux (plantes ?) baveux et visqueux, au sex appeal proches d'un type couvert de vomi en boîte de nuit.

« Excusez-moi mais... il doit y avoir une erreur... Ce n'est pas du tout ce que j'avais commandé... » Essaya de protester Kagami.

Mais il n'était pas doté du talent du maître en la matière pour se plaindre... et il se fit donc gentiment rabrouer.

« Non, Monsieur. Je suis formelle, c'est bien ce que vous avez demandé. Bon appétit ! » Lança la serveuse, en disparaissant dans la salle.

Kagami attrapa alors une fourchette spéciale et il tripatouilla la bestiole sans grande conviction. Comment était-il sensé manger cela ? Devait-il croquer directement dans la coquille ? Ca avait l'air dur quand même et il n'aurait pas les moyens de se repayer une dent s'il se la cassait... Il devait donc faire montre de prudence. Aomine, de son côté, se régalait, joues pleines.

« Bah alors chu manches paass chon chruc ? »

« Si, si... »

Après tout, il ne pouvait pas juger sans avoir goûté et puis, ce serait encore plus impoli de laisser le plat, puisque c'était Aomine qui payait...

« Bon chaang ch'adoooore la cuijine franchaise ! » Sourit Aomine, qui avait déjà terminé son entrée.

Kagami n'avait donc plus le choix. Il devait goûter. Et le fait qu'on lui ait servi des escargots ne le surprenait plus tellement maintenant. Alors comme ça, ils étaient dans un établissement français, hein ? Ouais, il n'y avait bien que ces maudits fans de Marie-Antoinette pour apprécier des immondices pareils... Tout s'expliquait, mais si les autres plats étaient du même acabit, Kagami risquait d'avoir le ventre bien vide à la fin du repas. Heureusement pour lui, les portions étaient vraiment minuscules. A croire qu'il s'agissait du menu enfant du Maji... Non, quoique... même là-bas, les gosses étaient mieux servis !

« Moi qui avais peur que la cuisine 'gastro' ne nous file vraiment la gastro AHAHAHA ! » Se marra tout seul Aomine, fier encore une fois de son jeu de mots pourri. Avant de reporter toute son attention sur Kagami, qui ne pouvait pas se défiler, ni s'échapper.

Il était pris au piège. Aomine attendait qu'il mange. Et bien, il n'avait plus le choix. Il allait donc... manger.

Extirpant difficilement le gastéropode de son repaire, Kagami l'approcha de sa bouche en tremblant et il l'avala... tout rond. C'était la meilleure stratégie pour le dévorer, surtout que leur pote le sommelier venait de leur déposer les boissons sur la table... Enfin, c'est ce qu'il cru. Parce qu'il manqua de s'étouffer. La portion était trop grosse et il toussa, recrachant élégamment l'animal carbonisé au beurre d'ail dans son assiette.

Bordel... il avait assez souvent vu le Roi Lion dans son enfance pour savoir comment cela aurait du se finir... Normalement, il aurait du avaler l'insecte d'une traite, puis décréter « Un peu gluant, mais appétissant ! » Sauf que là, non, non, non et re-non ! Rien à faire, cette chose (était-ce même de la nourriture ? Des gens payaient vraiment pour ça ?) ne passait pas... « Vous ne passerez pas ! » Entendait-il plutôt son estomac gueuler, tel Gandalf face au terrible Balrog...

« Oi, ça va ? Prends un peu de saké, mec ! » Lui proposa Aomine, lui tendant sa petite bouteille, pas dégoûté pour un sous par le spectacle auquel il venait d'assister.

Kagami hocha de la tête, touché par ce geste et il but au goulot une gorgée pour faire passer sa toux. Ce qui le fit tousser encore plus, mauvaise idée. Et Aomine d'en rajouter une couche en riant pour se payer sa tronche ! Car oui, de toute évidence, le repas n'était pas la seule chose qu'Aomine comptait se payer ce soir... Et une tranche du tigre semblait également être à son programme... Chose qu'il ne risquait pas d'obtenir s'il s'évertuait à se comporter ainsi...

« Bah c'est pas grave, goûte plutôt ta terrine ! Elle ne sera sûrement meilleure ! » L'encouragea Aomine en désignant du bout de sa fourchette la plâtrée que contenait son assiette.

Et même si c'était bien présenté, Kagami avait l'impression désagréable que quelqu'un s'était soulagé dans son assiette... Même la couleur paraissait l'indiquer ! Quant à l'odeur... n'en parlons même pas ! Ce qui sent fort est bon en général, mais là... ça ne sentait pas la mer comme les crevettes de tout à l'heure, mais plutôt la viande bien faisandée... Il enfourna donc la portion le plus rapidement possible et ses craintes se confirmèrent instantanément. C'était de la vieille charogne ! Depuis combien de temps ce pauvre animal était-il mort avant qu'on ne lui serve !? D'ailleurs, qu'est-ce que c'était ? Du bœuf ? Du chevreuil ? Du sanglier ? Vu son goût abominable, il était sûrement tombé dans une bouse de vache avant ! A moins que ce ne soit carrément la bouse de vache qu'on lui avait servie... Pourtant Kagami essaya de faire bonne figure en ne laissant rien filtrer de son dégoût profond...

« Et t'apprendra qu'on ne boit jamais du saké à la bouteille. Toujours à la coupelle. Tu déshonores tes ancêtres en faisant ça. Et j'ai failli me prendre un bukkake dans la face, en plus ! Pas que je sois fondamentalement contre ce genre de pratiques, mais pas avec du saké, ok ? Le saké, c'est sacré, on ne gaspille pas ! » Clama Aomine avec passion.

… Ok. Donc, si l'on récapitulait, cela signifiait qu'Aomine avait plus de respect pour une foutue boisson alcoolisée que pour l'être humain. Bien, bien. Bon à savoir.

« Comme ça. » Lui montra t-il en se servant cérémonieusement et en savourant le liquide dans lequel il trempa doucement ses lèvres.

Ce genre de pratiques dépassait complètement Kagami. S'agissait-il d'une dégustation traditionnelle ? Il semblait au roux que les autres types dans les bars étaient bien moins... préoccupés par la coutume, eux ! Mais lorsque le brun lui tendit la coupelle dans laquelle il venait juste de boire, le cœur de Kagami rata un battement. Puis deux. Puis trois. Cela équivalait un baiser indirect, non ? Mais pas question de se défiler... c'était un geste tout simple et pourtant terriblement sensuel aux yeux du tigre qui ne se fit pas prier pour prouver sa valeur à la panthère. L'alcool était fort. Il lui brûlait la gorge, mais au moins, il fit passer le mauvais goût de la terrine. Son regard se verrouilla sur celui de son voisin... et...

Un courant électrique passa entre eux. Le rouge en eut la chair de poule, il sentait tous les pores de sa peau s'ouvrir et ses cheveux se dresser. C'était étrange comme sensation, ce frisson qui le parcourait férocement... Il avait chaud et froid en même temps...

Cependant, le majordome interrompit ce moment privilégié en venant prendre leur prochaine commande.

« Tout se passe bien, Messieurs ? »

Aomine sursauta à nouveau, pris de palpitations. Putain, mais ce vieux était le père caché de Kuroko, ou quoi ?

« Heu ouais... on peut avoir la suite ? Et un truc avec de la viande, si possible... les salades et les légumes c'est bien, mais on n'est pas des gonzesses au régime hein... »

« Mais certainement. Le plat du jour est un lapin à l'ancienne dans sa croûte de moutarde et son écrasé de pommes des terre rissolées. »

Bon, apparemment, ils n'avaient pas le choix. Ce qui n'était pas plus mal. Et vu l'intitulé du plat, pas de mauvaise surprise possible. Aucun piège. Chaque mot était bien intelligible et inspirait confiance à Kagami. Bonne nouvelle, il allait enfin pouvoir manger et apprécier quelque chose, en dehors de son soda !

« Ok, va pour ça alors. Mais par contre, faut arrêter de se téléporter derrière les gens comme ça, sans faire de bruit. C'est stressant, Alfred ! »

« Je ne m'appelle pas, Alfred, Monsieur... Je suis français... »

« Heu bah... heu... Jean-Michel alors... ? » Tenta Aomine. « Je croyais que tous les majordomes s'appelaient Alfred, moi. Comme celui de Batman... »

Raté, vu la manière dont le majordome retroussa son le nez avant de tourner les talons. Et pourquoi pas « François le Français », tant qu'on y était ? (Je n'ai rien contre les gens qui s'appellent François, notez-le !)

… Sauf qu'Aomine l'attrapa par l'avant bras juste à temps pour le ramener vers lui. Il l'aurait sans doute bien sifflé pour attirer son attention, mais fort heureusement pour leur réputation déjà bien entamée, le pauvre gars se trouvait encore assez proche d'eux à ce moment-là.

« Un problème, Monsieur ? »

Aomine ne lâcha pas son bras et le força à se baisser à sa hauteur pour lui glisser DISCRETOS à l'oreille...

« Y a du gingembre dans votre plat... ? C'est pour mon ami... »

« Il y est allergique, Monsieur ? Rassurez-vous, il n'y en a pas. »

« Ben justement, si vous pouviez en mettre... genre... la dose, quoi... ça m'arrangerait bien... C'est un super aphrodisiaque, vous savez... » Chuchota le policier, profitant du fait que Kagami s'était levé pour se rendre aux toilettes (et sans doute rendre sa liberté au semblant d'escargot qu'il avait ingurgité...)

« Mais enfin, Monsieur, on ne met pas de gingembre dans du lapin à la moutarde ! Cela ne fait pas partie de la recette ! » Protesta l'homme, outré que l'on dénature ainsi ce grand plat !

Quel sacrilège ! C'est Maïté qui en ferait une syncope si elle entendait ça !

« Nan mais, je sais bien, mais vous pourriez peut-être... en glisser dans la purée, ni vu ni connu ? C'est un super aphrodisiaque et vu le prix que je compte mettre dans ce repas, la cuisine ne doit pas être la seule chose à la hauteur, si vous voyez où j'veux en v'nir... »

… Et en guise d'argument percutant, Aomine glissa un beau billet dans la main de sa pauvre victime. Le tout, agrémenté d'un clin d'oeil appuyé.

« … Hmpff... Je vais voir ce que je peux faire, Monsieur. Mais je ne vous promets rien... » Répondit le majordome, bien loin de se sentir insulté par ce minable pot de vin.

Après tout, ne dit-on pas que le client est roi...?

Kagami revint à sa place juste à temps. Juste à temps pour avoir tout raté de la petite conversation qui venait de se tenir. S'il y avait assisté, il se serait probablement re-précipité aux toilettes pour exprimer tout son dégoût envers les méthodes de séduction douteuses d'Aomine...

« Vous êtes fort agréable à regarder ce soir. Vous flattez mes prunelles, mon cher Taiga... » Lui sourit Aomine.

« Ah bon ? Et que me vaut ce soudain compliment ? Je croyais que j'étais habillé comme un clodo ? Faudrait savoir ! »

« Oh ça va, hein ! J'essayais de dire un truc sympa, là ! Si ça ne te plaît pas, tu sais ce qu'on dit : va te faire foutre ! » Se renfrogna immédiatement la panthère éconduite.

« Wow. Quel langage fleuri, ça laisse rêveur. »

« Quoi ? Parce qu'en plus, tu voulais que j'te ramène des fleurs ? Tu t'es cru au quinzième siècle ? »

« Non, c'est juste une façon de parler... une expression si tu préfères et... laisse tomber, d'accord ? En tous cas, une chose est sûre, ce n'est pas par toi que j'irai me faire mettre ce soir, si tu continues à me parler comme ça... » Lui rappela plutôt calmement le tigre.

« C'est de ta faute ! La flatterie ne marche pas avec toi, y a que le sale qui te fait de l'effet ! »

« Le sale !? » Répéta Kagami, étonné.

« Ouais... t'aimes ça qu'on te fasse des choses bien saaaales, j'en suis sûr ! Les chocolats et les poney arc en ciel, c'est pour les autres ! Toi, c'est un vrai bonhomme qu'il te faut... Mais ne t'en fais pas, Papa Daiki va bien s'occuper de toi, ma cochonne... » Promit le policier en passant lubriquement sa langue sur sa lèvre inférieure.

...

« Oh la vache... je ne sais pas ce qu'ils ont mis dans leurs plats... ou alors c'est leur saké qui est sacrément fort, mais... » Il éclata brusquement de rire. Un rire larmoyant. Aomine était tellement ridicule et beauf... ! Le pire (ou le meilleur ?) étant sans doute qu'il ne semblait pas s'en rendre compte... « Soit c'est moi qui entends des trucs débiles, soit c'est toi qui en dis réellement... Et comme je préfère ne pas me prononcer, on va dire que je te laisse le bénéfice du doute... »

Mais avant même que la conversation n'ait eu le temps de dégénérer à nouveau – c'est-à-dire de tourner au pugilat verbal – la serveuse de toute à l'heure revint avec les plats...

Qui sentaient bon et présentaient plutôt bien, d'ailleurs, là n'était pas le problème. Non, le problème se situait plutôt quelque part au niveau de la portion présentée. Elle était tout bonnement minuscule ! Encore plus que celles d'avant, je veux dire... ! Ce dont Aomine ne manqua pas de se plaindre, d'ailleurs...

« Heu Mam'zelle, y a pas comme un souci là ? C'était bien sensé être un lapin chacun non ? »

« Pas du tout Monsieur, c'est un lapin pour deux. » Précisa t-elle gentiment.

« Non mais... y a même pas la moitié d'un lapereau dans l'assiette ! Avouez, c'est le lapin nain de votre gosse que vous venez de zigouiller parce que vous en aviez marre qu'il chie partout, c'est pas possible autrement ! »

« Monsieur, je vous assure que... »

« C'est bon, laisse Aomine. Merci Mademoiselle. » S'empressa de couper court au débat le rouge, qui en avait l'eau à la bouche, tant son ventre était VIDE.

Il avait besoin de manger MAINTENANT, sinon, il risquait de défaillir définitivement !

« P'tain, la prochaine fois, on ira dans un buffet à volonté ! Au moins, on pourra toujours se resservir, si on a encore faim ! »

« Pourquoi m'as-tu emmené ici, au fait ? » Demanda alors Kagami.

Première question qu'il aurait du commencer par poser, en fait. Ce choix de restaurant semblait aux antipodes de l'appétit gargantuesque d'Aomine ! Et du sien...

« Je voulais te faire plaisir... »

« Me faire... plaisir ? »

Ok, là, il était largué. Encore une fois, son voisin le prenait au dépourvu. Le rouge tapa dans son assiette d'un bon coup de fourchette, dans l'optique de se remplir le ventre tandis que son comparse lui répondait.

« Bah... j'sais que tu viens d'arriver au Japon et je m'étais dit que personne ne t'avait encore probablement invité au restaurant... »

« Et bien, c'est vrai mais... je ne vois toujours pas le rapport. »

« Je pensais que c'était une bonne manière de marquer des points avec toi... T'inviter à manger dans un restaurant chicos pour t'en coller plein les mirettes... et pour me rattraper aussi, comme j'ai pas toujours été réglo envers toi... alors, vu que la cuisine française est hyper réputée, c'était le plan parfait ! J'étais persuadé que tu allais forcément apprécier ! Mon plan était virtuellement infaillible... ! Sauf que de toute évidence, j'ai merdé une fois de plus... et j'suis désolé pour ça aussi... Cet endroit c'est... tellement... tellement pas "nous"... »

« Hmm... je vois. » Se contenta de répondre Kagami, qui ne pouvait pas vraiment lui donner tort sur ce coup. Mais il restait tout de même un peu déboussolé par la naïveté de cette réponse.

Car oui, Aomine était foncièrement naïf. Mais pas dans le mauvais sens du terme... Disons plutôt qu'en dépit de son côté « immature et grossier », il était parvenu à garder une certaine pureté d'âme. A moins qu'il ne soit encore en train de le manipuler, dans le but de le faire céder... pour qu'ils couchent ensemble. Ce n'était pas totalement impossible, connaissant l'animal. Et en parlant d'animal... ce lapin était anormalement... fort... ? C'était comme si on l'avait noyé dans les épices... La moutarde n'est pas sensée avoir ce goût-là... alalala... si Kagami savait ! S'il savait qu'il était en train de s'envoyer une plâtrée de gingembre équivalente à la taille de sa b...oisson... En tous cas, la réponse d'Aomine eut au moins le mérite d'attendrir un peu Kagami.

« Merci en tous cas, je sais maintenant que ça partait d'une bonne intention, même si rien ne s'est déroulé comme prévu... C'est vrai que je ne connais pas encore grand monde ici et puis, ce n'est pas tous les jours qu'un beau mec m'invite à dîner. Même aux Etats-Unis, ce n'était déjà pas si courant... » Et pour cause... lorsque votre ex se nomme Nash Gold Jr, rares sont les prétendants qui se risquent à vous courtiser ensuite ! « Mais t'étais pas obligé. On aurait juste pu se faire livrer un truc vite fait chez toi ou chez moi et passer la soirée devant la télé... »

« Bah... techniquement, il n'est pas encore trop tard pour le faire, tu sais. » Ajouta malicieusement Aomine, qui léchait sa fourchette avec un regard chargé de sous-entendus. « On pourrait mettre les voiles et se payer un vrai bon repas digne de ce nom et pas un de ces 'amuse-gueule' tout juste bon à boucher une carie ! »

« Tu sais qu'on n'en est plus aux amuse-gueule depuis bien longtemps, hein ? C'était juste au début, ça... » Rit un peu le tigre, de meilleure humeur maintenant.

« Ouais, bah raison de plus pour se tirer d'ici ! J'ose même pas imaginer la taille du dessert qu'ils vont nous proposer ! Ils seraient capable de nous servir le quart du quart d'un quatre quart et de mettre le beurre qui va avec, en supplément à étaler soi-même ! Ou alors de gratter ce qui se trouve sous leurs chaussures et de nous le servir, en faisant passer ça pour du fromage kipu typique de chez eux ! »

« Hmm... crois bien que ça me tue de l'admettre, mais je pense que tu as raison. On ferait mieux d'arrêter les frais pour ce soir. »

Dommage. Ils n'avaient même pas réellement pu discuter du sujet qui les importait... Mais parfois, il vaut mieux savoir battre en retraite, plutôt que de s'acharner. Ils auraient d'autres occasions de solder leurs comptes.

« Mon porte-monnaie te remercie pour cette initiative des plus sensées ! » Sourit Aomine en claquant des doigts pour demander fort impoliment l'addition.

Et lorsque l'esclave... heu... pardon... le majordome revint avec la note... Aomine constata qu'à elle seule, elle était bien plus salé que tous les plats réunis qu'ils avaient à peine touchés...

« QUOI ? 2000 YENS LE COCA (soit 15 euros... et encore, c'était le truc le moins cher de la carte...) !? MAIS ILS ONT VU CA OU SUR QUELLE PLANETE EUX ? ILS SE TOUCHENT OU Y AVAIT DES PAILLETTES D'OR A L'INTERIEUR !? » Eructa le brun sans aucune retenue.

« Je... je comprends mieux pourquoi aucun prix n'était indiqué à côté des plats... On aurait peut-être du les demander avant de commander... »

« En plus, j'suis sûr que c'est pas du lapin qu'ils nous ont servi vu la taille misérable de ses cuisses, mais de la grenouille ! Et à mon avis, celle-la était même encore à l'état de têtard... »

« De la... gr-grenouille ? Quoi, tu veux dire que ça se mange vraiment !? C'est pas une blague !? »

« Mais ouiiiiiiii ! Ces barbares de français adooooooorent en becqueter ! Ca, et les nénuphars qui vont avec ! »

« Oh merde... j'me sens pas bien tout à coup... je crois que j'vais vomir... » Se lamenta Kagami, choqué par cette perspective culinaire peu ragoûtante...

« AH NAN HEIN ! INTERDICTION DE DEGOBILLER ! Que ce soit ici, ou sur les sièges de ma bagnole ! Rien n'à foutre, tu restes la bouche fermée, vu le prix que ça va me coûter, tu gardes tout à l'intérieur ! TOLERANCE ZERO SUR LE GASPILLAGE EN TEMPS DE CRISE ECONIMIQUE ! » Protesta énergiquement le policier pingre.

« Oi ! Tu peux parler toi, t'as encore moins mangé que moi ! »

« Ouais, bah désolé, j'ai le palais sensible ! Moi, j'suis pas habitué à avaler des substances dégueulasses ! »

Ce qui voulait tout dire. (et je suis même sûre que vous avez parfaitement compris à quoi notre cher basané faisait allusion.)

« Parce que moi si, peut-être ? C'est pas moi qui ai reconnu la crevette avariée rien qu'à l'odeur, sûrement suite à une coucherie avec la première venue, dotée d'une hygiène aussi peu existante que celle de ton appartement ! D'ailleurs, j'ai hésité à cramer tes draps, pendant que je faisais le ménage ! La prochaine fois, j'me donnerai pas cette peine et j'appellerai directement une équipe de décontamination désireuse de se lancer dans l'étude des armes bactériologiques ! »

« N'importe quoi ! C'est tellement propre chez moi qu'on pourrait bouffer par terre ! »

« Grâce à qui ? C'est uniquement parce que j'ai nettoyé le dépotoir qui te faisait office de maison ! Avant, c'était tellement craspek que même ton clébard refusait de manger ce qui tombait au sol, tellement il avait peur de choper le virus Ebola et la Malaria EN MEME TEMPS ! »

« Pfff... mauvaise langue... bon okay, t'as un peu raison... Mais juste un peu, hein ! Faut toujours que t'exagères tout, c'est plus fort que toi ! »

« On se demande qui exagère le plus de nous deux... Pour un premier dîner, tu avoueras que tu as mis la barre très haute en choisissant un restaurant gastronomique où l'addition inversement proportionnelle au contenu de ton assiette ! Si ça, c'est pas de l'exagération, alors je ne m'y connais pas ! »

« Tu vois, tu exagères encore! C'est bien c'que j'disais, tu peux pas t'en empêcher, sale Double-Sourcils ! »

« Oi ! Comment tu m'as appelé espèce d'Oompa Loompa de mes deux ? Dépêche-toi de payer plutôt, qu'on puisse enfin se barrer d'ici ! »

« Ouais, ouais, c'est bon... aucune patience celui-là, j'te jure... » Maugréa le basané, en cherchant dans la poche de sa chemise.

Sans doute pour en sortir directement sa carte bleue, car Kagami ne voyait vraiment pas comment un portefeuille pourrait tenir dedans...

Et là, ce fut le drame.

« Kagami... ahem... comment te dire ça sans que tu ne te fâches... ? ^^' »

Quoi ? Qu'est-ce qui se passait encore ? Cet imbécile heureux n'avait tout de même pas paumé sa carte bancaire ?

« Accouche... » Soupira le rouge, démotivé.

« Tu vas croire que j'le fais exprès mais... figure-toi que j'ai oublié ma carte bleue chez moi ahaha... c'est ballot, hein ? » S'efforça de rire le brun, le front couvert de sueur.

« Comment ça ? T'as pas fait ça putain !? Même toi tu peux pas être con au point de partir sans vérifier que t'as amené de quoi payer... Dis-moi que tu plaisantes !? »

« Bah nan... hmm... tu peux me dépanner ? Je te rembourserai, bien entendu... »

Ben voyons. Kagami aurait du la voir venir celle-là ! Goujat jusqu'au bout ! Dans le fond, cela ne dérangeait pas tant que cela le tigre, sachant qu'il comptait payer sa part de toute façon. Manquerait plus qu'il soit redevable de quelque chose à cet énergumène ! Mais lorsqu'il vit le montant de l'addition à six chiffres, il manqua de rendre le peu qu'il avait réussi à garder dans son estomac... Lui qui voyait rouge i peine dix secondes, était à présent pâle comme le linge de table...

« Mais... je m'trimballe jamais avec autant d'argent sur moi... »

« Ca ne fait rien, t'as qu'à aller en tirer. J'ai vu un distributeur juste à gauche en arrivant. »

« Non... tu ne comprends pas... J'veux dire, je n'ai pas ce fric. Du tout. Ni sur moi, ni sur mon compte en banque... »

« Quoi ? Sérieux ? T'es pauvre à ce point...? Je crois qu'ils t'exploitent à ta caserne ! Si tu veux, j'peux te filer les coordonnées d'un véritable as du barreau pour défendre ta cause... Tu pourrais revendiquer une augmentation salariale et peut-être même des dommages et intérêts, s'il se débrouille bien ! »

Alors ni l'un ni l'autre n'avait de quoi payer la note ? PANIQUE A BORD ! Ils allaient finir pendus hauts et courts à cause de ce tête de gnouf d'Aomine !

« Laferme et aide-moi plutôt à trouver une solution...! Comment on va faire pour régler l'addition, si on n'a pas l'argent nécessaire ? On pourrait peut-être leur proposer de faire la plonge ? »

« La plonge ? T'as une idée de combien sont payés les travailleurs clandestins dans ce pays ? On va mettre au moins cent vingt ans à la rembourser ! Hin hin... mauvais plan ! »

« T'as une meilleure idée peut-être ? Et c'est pas parce que t'es déjà habillé comme un mac, que je vais accepter d'aller me prostituer pour régler nos dettes ! »

Le policier se tripota le menton un moment, pensif, les yeux fermés pour mieux parvenir à se concentrer. Mais honnêtement, Kagami n'y croyait pas. Il voyait mal quelle solution de derrière les fagots Aomine allait bien pouvoir leur sortir... Il faudrait un plan aussi génial que miraculeux, là ! Genre maintenant tout de suite, de préférence...

« Dépêche-toi... j'ai l'impression qu'ils sont en train de se douter de quelque chose ! » Le supplia Kagami, qui avait l'impression que le staff était déjà en train de tourner autour d'eux comme des vautours attirés par l'odeur du sang frais...

« Ayé, j'ai trouvé ! »

« Nan, tu déconnes ? Pour de vrai ? Tu dis pas ça pour me faire une fausse joie, hein ? »

« Nan, nan, promis. J'ai un méga plan ! Mais... »

« Mais ? Crache-le morceau, grouille ! Notre hésitation commence à être suspecte ! »

« Hey tu crois quand même pas que j'vais te sauver la mise gratuitement ? »

« Me sauver la... QUOI ? DOIS-JE TE RAPPELER QUE TOUT CECI EST UNIQUEMENT DE TA FAUTE ? »

« Ah ! Comme c'est facile de dire ça maintenant ! Tu aurais du te douter qu'un truc comme ça arriverait ! J'suis vraiment pas fiable comme type, tu le sais très bien pourtant qu'on peut pas m'faire confiance ! Mais t'as quand même choisi de prendre le risque en connaissance de cause, alors n'me retourne pas la faute ! »

OH. PUTAIN. DE. BORDEL. DE. CUL.

Il allait le buter ! Au moins, il irait en taule pour une BONNE raison, cette fois ! Un homicide ça a plus de gueule qu'une fraude financière... Notez que le rouge avait tout de même les moyens de payer sa part. Il pourrait donc fort bien fausser compagnie au bleu en le laissant se dépatouiller tout seul avec son étourderie et un chef-cuisinier énervé, armé d'une trancheuse à jambon... Sauf qu'à aucun moment, cette éventualité ne lui effleura l'esprit...

LA TRISTESSE ABSOLUE.

Mais perdu pour perdu...

« Ok, t'as gagné, je ferai ce que tu voudras... mais dis-moi ton plan ! »

« TOUT ce que je voudrai ? »

« Ouais, allez, magne-toi, for the fuck sake ! »

« Tu connais le 'resto-basket', Kagami ? »

Hein ? Quoi ? Quel rapport entre le basketball et la nourriture ? C'était genre... les deux trucs à l'opposé du spectre !

« C'est pas le moment de... »

« Ah c'est bien ce que je pensais, tu ne sais pas... » Le coupa Aomine. « Remarque, ça ne m'étonne pas vraiment d'un honnête citoyen dont le métier consiste à sauver des vies... Bon, je vais t'expliquer ce dont il s'agit quand même. En gros, ça consiste à partir sans payer. Il va donc falloir que tu cours très, très vite jusqu'à la voiture, à mon signal. »

Non mais... il était en train de tester le civisme de Kagami là ? Parce que ce n'était pas possible autrement !

« C'est un canular... avoue !? Tu cherchais à savoir si j'étais malhonnête au point d'avoir déjà usé de cette pratique, c'est ça ? Non...? Mais t'es sensé être flic, putain ! Tu as un devoir d'exemplarité ! » S'emporta le roux en constatant qu'Aomine n'était pas du tout en train de se moquer de lui.

« Désolé de te décevoir encore, mais j'suis hyper sérieux mon pote ! A 'trois', je me casse d'ici, avec ou sans toi et j'te conseille d'en faire autant ! Sauf si tu tiens absolument à rester ici tout seul et te faire dégommer par le boss des lieux... Il pourrait même te forcer à reprendre des escargots pour te torturer, tu sais... »

AH BORDEL NON. TOUT. SAUF. LES. ESCARGOTS. Kagami senti un renvoi essayer de se faire la malle par sa gorge, en entendant ce mot magique. Il réprima un frisson et à contre-coeur, il hôcha docilement de la tête, l'argument du brun ayant fait mouche.

« Ok, c'est bon... J'suis prêt... »

« T'as qu'à imaginer que t'as un troupeau de chiens-escargots carnivores au cul, j'suis sûr que ça te motivera à courir plus vite. »

Des « escargots-chiens » (… ou c'était le contraire?) qui veulent le bouffer ? Attends, ça mange de la viande les escargots, en vrai ? Depuis quand ? Bah peut-être bien... Et Merde, c'était pas le moment de se poser la question ! En tous cas, force était de constater qu'Aomine savait le motiver... à sa façon. Tout personnelle.

« T'es prêt ? J'espère que oui, sinon c'est pour nous sortir de taule que je devrais appeler le fameux avocat que je connais !... »

« … Lance le compte à rebours au lieu de raconter des conneries... »

« 1... »

Kagami serra la nappe.

« 2... »

Aomine commença à se redresser légèrement sur son fauteuil.

« … ET 3 ! BANZAAAAAAAAAAIIIII ! »

Aomine se leva d'un bond, tel un athlète et il fila comme s'il avait une fusée (ou qu'il avait mangé trop épicé) carrée dans le fondement, jusqu'à la sortie ! Kagami fit de même et ils passèrent à toute allure devant les employés fort affairés et à peine décoiffés par l'ouragan humain qui croisa leur route. Ils esquivèrent même le tapis en sautant par dessus comme des cabris ! S'enfuir s'avéra un vrai jeu d'enfant, un peu trop facile même et cette désagréable sensation se confirma, une fois arrivés à la voiture. Aomine s'auto-congratulait une fois de plus pour son éclair de génie foudroyant, insultant presque la candeur et la naïveté de leurs... poursuivants... ? Sauf que Kagami le fit bien vite redescendre sur Terre... Et le retour à la réalité fut pour le moins brutal...

« … Aomine, tu ne m'as pas dit au début du repas que c'était le voiturier qui s'était occupé de garer ta caisse ? »

« Bah si, pourquoi ? »

« Et... est-ce qu'il t'a rendu tes clés... ? »

Kagami craignait la réponse. Qu'il connaissait déjà...

« Bien-sûr, qu'est-ce que tu cr... OH... »

« Oh ? »

« Ouais... 'oh' comme dans 'oh merde, la boulette...' »

« Ahhhh mais c'est pas vrai ! Dis-moi que j'cauchemarde là, pitié ! » S'arracha t-il les cheveux.

« Nan mais t'inquiète, c'est bon ! Ca va bien se passer, on n'a qu'à rentrer à pied et laisser la bagnole ici ! On viendra la récupérer plus tard, y a pas à s'en faire ! »

« Mais ils ont TES clés, bougre d'âne ! Comment tu peux rester aussi calme ! C'est ta voiture de fonction, en plus ! Ils vont remonter jusqu'à toi et on va te retirer ton badge ! »

« Mais nan, ça craint rien, j'te dis ! Puisque ce n'est pas MA voiture, mais celle de Wakamatshit... C'est lui qui va devoir se charger d'expliquer tout ça, pas moi ! Qu'est-ce que tu crois, j'ai pensé à tout ! »

« Quoi ? Tu laisserais ton collègue porter le chapeau à ta place ? Mais t'es vraiment un immonde connard, en fait ! »

« Pffff... tout de suite les grands mots ! En attendant, je nous ai sauvé la mise, t'as l'air de l'oublier un peu vite ! Tu devrais plutôt me remercier ! »

« Espèce de... »

« Oh allez, Tigerrrrr... détends-toi... C'est l'escargot de tout à l'heure qui n'est pas passé ? Tu veux que j'aille le décoincer pour toi... ? » Ronronna le fauve noir de sa voix la plus profonde.

Ce qui eut pour effet d'anesthésier le cerveau et les réflexes de Kagami... Et en moins de temps qu'il n'en fallut pour dire « HOMICIDE INVOLONTAIRE », le tigre se retrouva entre les griffes de la panthères. Un bras passé autour de la taille de Kagami, Aomine le rapprocha brusquement de lui et il plaqua ses lèvres contre les siennes. Putain... il avait toujours ce goût intoxiquant de tabac et d'alcool... son souffle était brûlant et... Kagami se sentait perdre pied, prêt à défaillir. Pourquoi fallait-il toujours que cet enfoiré s'en sorte comme une fleur ?

Comment faisait-il pour retomber continuellement sur ses pattes ? Il avait un talent indéniable pour se servir des autres, il fallait bien lui reconnaître cela, mais Kagami n'était pas sûr de vouloir à nouveau s'engager dans une relation malsaine avec une personne aussi égoïste... Nash avait déjà assez dévasté son cœur...

Et Aomine s'apprêtait à faire la même chose, alors que le tigre commençait tout juste à penser ses plaies et à se reconstruire... Non... il ne pouvait pas laisser le policier annihiler tous ses efforts, en les balayant d'un simple coup de patte... Mais bordel... comment résister à cet homme si sombre et charismatique... ? … Si jamais vous avez la réponse, merci d'envoyer « QUITTE-LE » par SMS au 80090 (3,53 euros par SMS + surcoût éventuel de votre opérateur.)

« Bon, on va grailler ailleurs ? J'ai encore plus la dalle et il se trouve que j'connais justement un super petit bar pas loin de chez nous. » Ordonna la panthère en se décollant de son tigre encore abasourdi. « Mais tu paieras, cette fois, ok ? J'te rappelle que j'ai rien sur moi à part mes lunettes de soleil, mon paquet de clopes bien entamé et du Viagra... »

« Du Viagra, à ton âge ? Alors c'est ça ton secret pour tenir cette cadence infernale d'acteur porno ? » Sembla se réveiller Kagami.

« Hmm... qui a dit que c'était pour moi... ? » Répondit la panthère d'un ton résolument plus... dangereux.

Ce qui ne manqua pas de donner la chair de poule à Kagami... Il détestait lorsque le brun adoptait cet air... froid... et mystérieux. Ca lui rappelait beaucoup trop Nash et ses intonations fermes qui voulaient dire texto « Ne perds pas ton temps à essayer de me comprendre, je suis bien trop malin pour toi. » Le rouge se résigna à contrecoeur... Il n'aimait pas rester sans réponse, mais Aomine était si borné qu'insister serait peine perdue. Kagami se contenta donc de soupirer lourdement, avant de prendre la tête de leur insolite expédition... Direction leur bar dont avait parlé Aomine.

Après tout, leur soirée ne pouvait pas se finir plus mal qu'elle n'avait commencé...

... N'est-ce pas ?


Hélas, dès qu'il passa la porte du bar, Kagami compris qu'il encore parlé trop vite, parce que...

L'endroit conseillé par Aomine était plutôt... sordide. Les lumières tamisées à l'extrême (voire même inexistantes ?) rendaient impossible toute vision parfaitement nette à plus de trois mètres à la ronde. Le sol collait au semelles (ou l'inverse), quant aux toilettes, (grandes ouvertes...) elles charriaient un délicat relent de bière, de vomi et d'urine mêlés. Pour le coup, cette fois, ils y étaient. Dans le véritable bouge... Sans doute le pire établissement de Tokyo... Les normes d'hygiène y étaient bafouées au moins aussi souvent que l'insigne policière du brun... En témoignait cet énorme cafard bouffi qui semblait prendre des cours de spéléologie dans le bol de cacahuètes grasses, qui passait de main en main sur le bar...

Fini le restaurant gastronomique.

Bienvenue au véritable restau qui donne la gastro...

Peu rassuré, Kagami réprima une moue dégoûtée et il se colla au dos d'Aomine, le suivant comme son ombre, pendant que le grand basané leur frayait un passage pour le moins... virilement. En jouant des coudes, il parvint à tracer son chemin jusqu'au bar, qui était pourtant noir de monde et il commanda deux bières pression (sans même prendre la peine de consulter Kagami au préalable), ainsi que des queues de langoustines (ou de crevettes ? Ahhh... l'amour d'Aomine pour les produits de la mer à la fraîcheur douteuse...) accompagnées d'un peu de mayonnaise beaucoup trop liquide. On les lui servit grossièrement avec une maigre portion de frites si huileuses qu'elles gagneraient sans doute la course, si jamais elles décidaient de se lancer du haut d'une piste de snowboard... L'air était enfumé, presque irrespirable et comme dans les films de gangsters, une bande de loubards squattait le billard, affublés de poulettes aussi peu farouches qu'elles étaient peu vêtues. Si c'était dans ce genre d'endroits qu'Aomine "ramassait" ses partenaires féminines, il ne fallait pas s'étonner qu'elles soient aussi vulgaires et irrespectueuses du sommeil de Kagami...

Pourtant... lorsque le brun commença à sucer avec gourmandise l'une des queues de langoustine (sans doute surgelées), les pupilles de Kagami se dilatèrent dans la pénombre. Et pas uniquement pour chercher à capter la lumière... Le spectacle offert par Aomine était vraiment très... inspirant... Si bien que Kagami en oublia l'espace d'un instant où ils se trouvaient. D'ailleurs, sans doute influencé par l'ambiance moite et sordide qui régnait dans l'établissement, il ne put s'empêcher de faire une remarque salace lorsque flic l'attira sur ses genoux :

« Pour un mec qui n'avale pas, ta technique semble pourtant vachement au point. »

Un peu de mayonnaise à la texture et à la couleur qui lui rappelaient désespérement autre chose, dégoulina le long du menton d'Aomine. Instinctivement, le brun démoniaque se tourna vers Kagami et il lui lança un regard de b(r)aise chargé de promesses. Kagami n'eut aucun mal à s'imaginer qu'il s'agissait de son propre sexe que les lèvres et la langue d'Aomine flattaient goulument. Et grâce à la prestation hypnotique de son cher voisin, le rouge se surpris presque à apprécier cet endroit pourtant si lugubre.

Nul besoin de parler.

Chacun savait très précisément ce à quoi l'autre pensait à cet instant.

Et ce qu'il désirait.

Mais qu'aucun d'eux ne l'obtiendrait, puisqu'Aomine avait signé le contrat, renonçant par là même expressément à toute activité sexuelle avec le tigre.

Et c'était bien dommage... Même si Kagami n'aurait su dire avec certitude pour lequel des deux ce châtiment était le plus terrible...

Mais soudain, un type émergea de l'épais nuage de fumée engendré par le tabac qui flottait dans l'air (ou un incendie...?) pour quérir un préservatif auprès d'Aomine. Le coeur sur la main et toujours prêt à aider son prochain, le policier commença à fouiller sa poche arrière de jean. Ce contre quoi Kagami pesta vivement.

« Hé ! Je croyais que tu n'avais que tes clopes et tes lunettes de soleil ! »

Et son flingue aussi, accessoirement.

Et du Viagra...

« C'est vrai, très bonne remarque. » Sourit-il avant d'interrompre ses recherches, dégainant un paquet de cigarettes à moitié vide à la place. Il en piqua une pour lui au passage et il extirpa également une capote du fameux paquet. Putain mais qu'est-ce que ça foutait rangé là !? « Bah quoi, me r'garde pas comme ça ! C'était juste au cas où ! » Se justifia maladroitement Aomine, comme s'il avait lu les pensées accusatrices de son compagnon.

"Et au cas où quoi, exactement ? Au cas où les championnats du monde de bombes à eau chercheraient des participants des dernière minute... ?"

« Mais ne t'inquiète pas, il m'en reste encore assez pour nous deux, si c'est ça qui t'angoisse... Et puis, j'en ai encore plein chez moi... des tiroirs entiers... C'est pas la pénurie qui guette ! »

Ah le salop ! Alors comme ça, il prévoyait VRAIMENT de le sauter dès le premier soir, OKLM, malgré le contrat qui les unissait ? A croire qu'il ne l'avait pas lu, exactement comme l'avaient supputé Kagami et Kise... Encore une déception de plus à mettre sur le compte du brun, décidément, il n'en ratait pas une... En tous cas, il allait très vite comprendre l'ampleur de son erreur. Cela donnait une nouvelle raison de plus à Kagami de se refuser à lui. Quel porc... heureusement, le roux n'était pas une des filles faciles dont ce Don Juan de pacotille avait l'habitude... Pas question donc qu'il cède à ses avances ! Ca lui ferait les pieds, tiens !

Mais après avoir tendu le petit sachet argenté au gars dans le besoin, Aomine passa à nouveau son bras autour de la taille de Kagami pour le rapprocher à nouveau et bien loin de se décourager, il lui susurra amoureusement :

« On va chez moi ? »

Une bonne chose que Kagami ait changé les draps lors de sa dernière visite. Erf non ! Il ne devait pas raisonner ainsi, puisqu'il n'allait rien se passer entre eux ! Rien du tout.

« Steuplé Kitty Cat... juste pour prendre un dernier verre... Promis... » Implora t-il, en lui mordillant habilement le cou pour le faire céder.

Et sans mentir, malgré ce prétexte vieux comme le monde, Kagami était sur le fil, là. Prêt à craquer même devant un prétexte aussi fallacieux. Mais s'il succombait maintenant, alors Aomine n'apprendrait jamais la leçon et tous ses efforts auraient été vains... Il devait donc tenir encore un peu...

« Si tu veux... » Souffla t-il doucement. « Par contre... j'ai assez bu pour ce soir et toi aussi, je crois... »

« 'Tain tu sais vraiment pas t'amuser, toi. Va falloir que j'te décoince à ce niveau-là aussi ? »

« La-laferme ! J'suis pas coincé, ok ?! J'essaie juste de me montrer raisonnable ! Il faut bien que l'un d'entre nous le soit ! »

Kagami venait de marquer un point, si bien qu'Aomine n'y trouva rien à redire. Miracle.

« C'est vrai, t'as raison, excuse-moi. » Le brun décida de faire profil bas en sentant que sa proie lui échappait. Il était grand temps de changer de tactique et de dévoiler son atout caché... « Dis, Tai, tu peux aller demander au patron de baisser la clim', j'me sens pas très bien...Y a le lapin qu'on a bouffé taleur qui a envie de retourner dans la forêt avec Bambi, si tu vois ce que j'veux dire... » Fit-il en se tenant bien le ventre pour appuyer ses propos.

Soupirant à nouveau de dégoût, mais n'ayant pas le cœur à lui refuser cette innocente requête, Kagami s'éloigna légèrement pour demander à ce que le patron s'exécute. Et pendant ce temps, Aomine profita de ce que le tigre avait le dos tourné pour décapsuler la petite pilule de Viagra qu'il avait toujours en sa possession et il en versa le contenu dans la choppe de bière de Kagami, avant de remuer doucement pour que la poudre se dissolve bien... Il paraît que les violeurs font ça avec une certaine drogue. Il avait appris ça en entrant dans la police. Comme quoi, ce genre de connaissances était bien utile, parfois.

Suffisait de savoir bien les exploiter...


Et les effets du "philtre d'amour" ne tardèrent pas à se faire ressentir du côté de l'innocent tigre, qui ne se douta de rien. Il mit simplement sa grande... « réactivité » sur le compte de l'attraction qu'Aomine exerçait sur lui. De toute façon, le brun n'avait jamais eu l'intention de le forcer à faire quoique ce soit. Mais il pouvait toujours essayer de l'inciter à faire certaines choses, non ? C'était ainsi que son esprit pragmatique préférait voir les choses. Si malgré ce petit coup de pouce du destin Kagami continuait à l'envoyer dans les cordes, il n'insisterait pas. Mais si par chance, cela suffisait à dérider le tigre, la panthère serait plus que ravie de pouvoir s'accoupler avec lui.

Quand je vous disais qu'il était PRET A TOUT, (ou presque !) je ne plaisantais pas !

#ONLACHERIEN !

En tous cas, Aomine était tout joyeux de constater que le médicament se révélait aussi efficace, aussi rapidement ! C'était bon à savoir pour ses vieux jours, lorsqu'il ne pourrait plus accomplir sa besogne de manière naturelle.

Enfin, s'il vivait jusque là... ce qui ne faisait pas partie de ses plans...

Kagami, de son côté, avait chaud. Il était rouge. L'atmosphère était étouffante et elle le devint encore plus lorsqu'Aomine le fit entrer dans son appartement, pour boire ce fameux « dernier verre », dont la panthère lui avait promis qu'il ne s'agirait ni plus ni moins que d'eau fraîche.

L'américain s'installa donc sans se méfier sur le sofa d'Aomine. Pourtant, un détail qui avait son importance aurait du lui sauter aux yeux... Il le remarqua, mais pas de la bonne façon, puisque cela ne lui inspira aucune crainte particulière quant à la suite des événements...

« Tiens... Biscuit n'est pas là ? » S'étonna le rouge.

« Je sais que t'as peur de lui, alors je l'ai enfermé dans la salle de bain pour pas qu'il te saute dessus. »

« T'as vraiment fait ça pour moi ? » S'étonna la rouge, clignant des yeux.

« Ben ouais, faut croire. »

Wow. Quel progrès ! Kagami en était tout émoustillé ! D'habitude, le brun prenait plutôt un malin plaisir à lui rappeler que l'animal était CHEZ LUI et que donc, c'était à Kagami de supporter sa présence sans broncher. Mais pas cette fois, étonnamment. C'était encore une preuve supplémentaire qu'Aomine avait une idée pas très catholique derrière la tête, mais Kagami n'y vit que du feu. Cependant, Aomine mettait un peu trop de temps à son goût à revenir avec leurs boissons. Il faisait vraiment chaud, alors... peut-être que le brun était en train de se changer dans sa chambre avant de les servir...

« T'as besoin d'aide ? »

« Naaan, c'est bon, te stresse pas, reste tranquillement assis où tu es ok ? Je gère ! »

Car Aomine ne tenait pas à ce que sa proie lui échappe en si bon chemin ! Il y était PRESQUE, on sang ! L'érection qui pointait dans le pantalon de Kagami (de couleur claire, quelle idée aussi, ça ne dissimulait rien !) quant ils avaient pénétré dans l'appartement n'avait pas échappé à Aomine, elle ! Et il comptait bien l'exploiter, comme Kagami se faisait exploiter à sa caserne ! Bon ok, peut-être pas exactement de la même façon, mais bref... vous avez saisi l'idée générale !

Tout à coup, les lumières de l'appartement s'éteignirent et Kagami se retrouva plongé dans le noir. Son rythme cardiaque s'accéléra sous le coup de la surprise et il espéra que tout allait bien du côté d'Aomine. Peut-être que le flic avait fait sauter les plombs en essayant de se servir de la cuisine... ? (ce qui serait bizarre, puisqu'il n'avait qu'à ouvrir le robinet pour leur verser de l'eau, rien de bien compliqué quand même !)

« Oi Aomine ! Tout va bien ? »

Pas de réponse. Kagami se leva, inquiet.

Mais aussitôt, la lumière se ralluma sur un Aomine au sommet de sa forme, planté dans l'entrée du salon, une « fausse » rose à la bouche, tout de nudité vêtu et surtout...

Un string rose fuschia en satin.

Dans la raie des fesses.

Trois fois trop petit et serré pour lui. Comme si on avait fait entrer de force deux noix dans un minuscule sachet de thé...

Et pour cause, puisqu'il s'agissait du fameux string qu'Aomine avait dérobé à Alex...

Il avait même pris soin de dessiner un cœur avec de la chantilly sur ses pectoraux puissants... escomptant sans doute que cela le rendrait irrésistible pour les papilles d'un tigre affamé...

Et Kagami devait certainement être en train d'halluciner, là. Il s'était pris une boule de billard sur la tête en fait et il était tombé inconscient dans le bar. A moins qu'il ne se soit étouffé par inadvertance avec un cafard, ouais, c'était franchement pas possible autrement !

Mais ce n'était rien comparé aux paroles d'Aomine, qui ne laissèrent plus le moindre doute quant au pourquoi du comment...

« T'as bien dit que tu ferais tout ce que je voulais, tout à l'heure, non ? Et ben, c'est l'occasion de le prouver, mon p'tit chat... 'Cause roses are red... Violets are blue... et... tu vas te prendre ma grosse (é)pine dans le cul... »


FIN DU CHAPITRE ! (comment ça, vous l'aviez deviné toutes seules ?)

Voilà. Je n'ai rien à dire pour ma défense. (tout a déjà été dit de ce point de vue là en début de chapitre !)

Je vous laisse seules juges, même si je m'attends à des commentaires négatifs en particulier sur ce qu'Ao a "administré" à Kagami, à l'insu de son plein gré. Je vous rappelle cependant qu'il ne s'agit pas d'une drogue, ni de quelque chose de dangereux et cela n'altèrera en rien la conscience de Kagami, qui est parfaitement apte à refuser et à prendre ses décisions seul, malgré ce vilain tour ;) !

(et pour ma reprise, je compte sur vous pour recevoir UNE TOOOOOOOOOOOOOONNE DE REVIEWS - ou de lettres de menaces !)