Hey giiiiiiiiiirlz !

Ca faisait longtemps, pas vrai ? Enfin, façon de parler hein ! Sur cette fic en tout cas... je n'avais plus posté depuis... août ! Ca commençait effectivement à faire, mais comme vous le savez j'ai été prise par un autre projet #pornstars qui m'a pris toute mon énergie et mon temps libre...

... ce qui a rendu mon immersion dans "Voisins" d'autant plus difficile quand j'ai voulu m'y remettre...

J'espère donc que vous serez indulgentes et que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes !

Pour me faire pardonner, vous avez droit à 19000 mots aujourd'hui ainsi qu'à une GROSSE avancée dans le domaine romantico-amoureux entre Aomine et Kagami, qui commencent à roucouler comme des... félins...!? Nan, nan, à ronronner plutôt, ouais, voilà, c'est ça ! A se faire des petits ronrons d'amour tout doux !

ENJOY !


Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, Kagami fut surpris de trouver le canapé vide... Voire même un peu paniqué... Il avait en effet dormi collé-serré contre un certain ex-flic qui s'était aimablement proposé de monter le garde, suite au retour de Nash et de tout ce que cela pouvait engendrer comme angoisses chez Kagami. Un peu trop aimablement, d'ailleurs. Et même si une certaine méfiance restait de mise envers l'imprévisible Aomine, cette fois, le tigre avait pourtant envie de lui faire confiance.

Après tout, la panthère n'avait-elle pas essayé de faire amende honorable hier ? Même l'approche qu'elle avait adopté pour y parvenir avait été moins agressive que d'habitude et Kagami avait le sentiment qu'Aomine tenait réellement à lui, mais qu'il n'était juste pas doué pour le montrer. Il était donc peut-être temps d'enterrer la hache de guerre de leur petit conflit ridicule entre voisins pour écrire une nouvelle page de leur histoire...

Leur histoire...

Bien-sûr, avant de la démarrer réellement, (car oui, impossible de nier pour Kagami qu'il en avait envie...) le tigre savait qu'il leur restait quelques problèmes de taille à résoudre...

A commencer par leur état psychologique respectif, qui n'était pas reluisant...

Nash constituait également toujours une menace forte, dont l'ombre planait sur eux constamment.

Pourtant, Kagami n'avait pas envie de penser à cela aujourd'hui.

Ni demain.

Il voulait simplement repartir sur des bases saines avec Aomine et passer définitivement à autre chose. Ca prendrait peut-être du temps pour qu'ils acceptent de s'ouvrir l'un à l'autre, mais Kagami était persuadé qu'ils étaient sur la bonne voie.

Le rouge se leva donc, direction la cuisine, pour aller préparer le petit déjeuner. Le sien et celui de son invité. C'était la moindre des choses. Parce que même s'il n'avait absolument pas senti Aomine bouger dans son sommeil, il était néanmoins persuadé que le brun n'avait pas beaucoup dormi, lui. Au contraire, Aomine avait du faire ce à quoi c'était engagé en débarquant chez lui, slip, chaussettes et flingue à la main : veiller sur lui.

Et pour être honnête, sa présence – que d'ordinaire Kagami trouvait étouffante et invasive – l'avait beaucoup rassuré cette fois. C'était même ce qui lui avait permis de dormir aussi paisiblement.

Le tigre alluma la télévision pour écouter les informations d'une oreille distraite, tandis qu'il enfilait son tablier...

Où était passé Aomine ? Sûrement rentré chez lui pour prendre de quoi s'habiller. Qu'allait-il faire maintenant qu'il avait perdu son travail ? Kagami soupira. Le brun allait sûrement arguer que ça ne le concernait pas et qu'il devait se concentrer avant tout sur lui et sur un moyen de fuir l'emprise de Nash.

Tandis qu'il préparait du bacon et des œufs brouillés – réflexe hérité de ses années passées en Amérique du nord – Kagami entendit soudainement la porte de son appartement s'ouvrir, enfin, ce qu'il en restait tout du moins, suite à l'assaut du flic sur elle la veille... Apparemment, Aomine était quand même parvenue à la remettre sur ses gonds, mais elle se décrocha à moitié lorsqu'il la poussa...

« Yo Taiga ! »

« Salut Aomine... »

Le tigre lui adressa un léger sourire. La panthère était vêtue d'un jogging gris chiné tâché par des traces de sauce et de nourriture. Kagami pouvait sentir d'ici la mauvaise odeur de transpiration que le tissu dégageait, mais il ne dit rien.

Pour l'instant.

Aomine s'approcha de lui et il posa un petit sachet sur le comptoir.

« Ca manque vraiment d'une putain de boutique correcte... genre coffee shop ou pâtisserie dans le coin... » Déclara le basané, en sortant deux gobelets en carton du sac.

« C'est vrai, je me suis justement fait la réflexion avec Kuroko il y a quelques jours. » Confirma Kagami, toujours en train de cuisiner.

« J'ai du faire quatre stations de métro pour trouver des cafés à peu près buvables. Mais j'crois qu'ils ont du refroidir, désolé. »

« Nan c'est rien. »

Le tigre se sentit rougir. Erf, depuis quand il s'empourprait devant Aomine ? Enfin... sauf quand ce dernier était moitié nu comme quand il avait débarqué la veille, bien entendu...

« Va t'asseoir, ce sera bientôt prêt. »

« Hmm... ça sent super bon en tout cas. » Approuva le brun, l'écume aux lèvres et le ventre gargouillant.

Pour Kagami, nourrir son allié improbable était la moindre des choses, afin de le remercier de sa présence et de son aide. Et comme Aomine se retrouvait temporairement privé d'emploi par sa faute, c'était la moindre des choses.

« Je pensais que... enfin... que tu ne... »

« T'inquiète, c'est pas grave. » Le coupa Aomine, conscient que Kagami cherchait ses mots.

« Hmm ? »

« Je sais ce que t'allais me dire. Tu croyais que je m'étais fait la malle et que j't'avais abandonné au petit matin, comme j'le fais quasiment toujours avec mes coups d'un soir, pas vrai ? »

Kagami rougir encore plus et il se concentra sur sa poêle grésillante.

« N-ne l'prends pas mal hein ! C'est juste que comme j't'ai pas vu en me réveillant, je m'étais imaginé que... »

Il y avait une certaine gêne bien palpable de la part de Kagami. La preuve, lui-même était moins agressif qu'à l'accoutumé envers Aomine. En temps normal, il lui aurait sûrement hurlé d'enlever ses baskets pleines de boue pour éviter de salir tout l'appart. De la même manière, il l'aurait invité à plutôt s'asseoir dans la cuisine, qui possédait sa petite table, parce que Kagami craignait que son canapé ne subisse les mêmes dégâts alimentaires que le sweat meurtri de la panthère, mais au lieu de cela, il laissa la panthère s'écrouler dans son sofa, sans faire la moindre réflexion. Pire même : c'était carrément lui qui présentait des excuses à Aomine pour s'être imaginé que ce dernier lui avait fait faux bond...

Le basané risquait de trouver cette attitude étrange, non ?

Mais ce ne fut heureusement pas le cas.

Aomine ne se targua d'aucun commentaire, les yeux rivés sur la journaliste qui présentait les informations à la télévision :

« … Six membres du Kyokuto-kai ont ainsi été arrêtés mercredi dernier pour avoir négocié l'embauche de sans-abri dans la construction des installations des jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Les travaux ont pris du retard et la pénurie chronique de personnel dans le BTP pousse toujours certaines entreprises à s'offrir les services de yakuzas, chargés de trouver une main-d'œuvre abondante et peu regardante sur les salaires... »

Aomine attrapa la télécommande et il zappa.

Kagami baissa un peu la tête, pensant que c'était sans doute parce que le flic en sursis ne voulait rien entendre qui lui rappelle de près où de de loin son ancien boulot...

« C'est prêt. » Annonça le rouge, en apportant la nourriture encore fumante – ainsi que les deux cafés – sur un plateau.

Aomine se poussa un peu, lui laissant suffisamment de place pour s'asseoir à côté de lui, les yeux toujours rivés sur l'écran. Son choix s'arrêta finalement sur des clips pop et colorés d'idoles plus ou moins jeunes...

« Merci, ça sent trop bon et ça tombe bien, parce que j'ai une faim de LOUP ! »

« J'espère que ça te plaira. C'est pas grand chose, mais... »

« Pour sûr que ça va m'plaire ! D'habitude, j'déjeune même pas ! »

« Ah bon !? Mais c'est pas bien ça ! » S'écria un peu trop fort... Kagami. « Il faut manger le matin ! C'est hyper important ! Surtout quand on mène un travail aussi physique que... »

Il s'interrompit dans sa tirade, son visage se décomposant encore une fois à l'évocation de l'ancien boulot du brun.

Mais Aomine, lui, éclata de rire.

« Ahahaha ! Quel discours passionné ! On aurait cru entendre un de ces nutritionnistes à la con qu'on voit parfois dans des émissions toutes aussi cons, d'ailleurs... Ou ma mère... »

« Hmm... ta mère... » Aomine l'avait déjà brièvement évoquée hier. « Elle habite loin d'ici ? »

Pas que cette question le turlupine spécialement, mais Kagami réalisait peu à peu qu'il ignorait encore énormément de choses sur son fantasque voisin... et accessoirement, garde du corps auto-proclamé...

« Non... pas trop. » Répondit évasivement Aomine, toujours absorbé par les silhouettes féminines qui dansaient à l'écran.

« Tu la vois souvent alors ? »

« Pas vraiment... j'aime pas trop aller au cimetière, tu vois. »

« Qu-quoi !? » Sursauta l'américain.

« Bah ouais, elle est morte et enterrée ma pauvre mère. » Clama Aomine avec une neutralité déconcertante.

« Désolé... je ne savais pas... » S'excusa platement Kagami.

« Evidemment qu'tu pouvais pas l'savoir, puisque j'te l'avais encore jamais dit, Bakagami ! »

Le rouge ne tilta même pas sur le surnom irrespectueux et il murmura à voix basse :

« La mienne aussi... Elle est morte quand j'étais encore enfant... Quant à mon père, il est actuellement en prison aux U.S.A. Mais... je suppose que tout ça, tu le savais déjà, n'est-ce pas Monsieur le Super Enquêteur » ... ?

Et par « enquêteur », Kagami sous-entendait plutôt « FOUINEUR », mais il se garda bien de le formuler ainsi, pour prévenir tout conflit avec Aomine. Certes, le tigre n'appréciait toujours pas que son voisin se soit renseigné sur lui dans son dos, mais quelque part, au vu du métier d'Aomine, c'était presque compréhensible. En tout cas, Kagami préférait s'en convaincre...

« J'suis désolé pour ta mère. Elle était malade ? »

« Ouais, elle a toujours eu une santé fragile. »

Encore une fois, Kagami se garda de poser la même question à son facétieux voisin. Aomine pourrait mal le prendre et se braquer. Le brun semblait en effet assez chatouilleux au sujet de sa vie privée et puis, s'il avait vraiment envie de se confier un jour, Kagami préférait qu'il le fasse de son plein gré. Mieux valait donc laisser la panthère venir à lui, à son rythme.

« C'est con. La vie est vraiment injuste parfois. »

« C'est clair... »

L'ambiance venait de s'assombrir soudainement et Kagami regrettait presque d'avoir abordé le sujet...

« Il en a encore pour longtemps ton père, à purger sa peine ? »

« Non, il pourrait être relâché d'ici deux ou trois ans pour bonne conduite normalement. »

« Il n'a qu'à s'évader sinon ! » Lança nonchalamment Aomine, comme si c'était quelque chose qu'on faisait d'un claquement de doigts.

Enfin, pour lui, c'était peut-être le cas. Kagami avait bien remarqué que le brun ne reculait devant rien, un peu comme si rien ne l'impressionnait jamais. Et quelque part, c'était quelque chose qu'il admirait chez Aomine. Cette capacité à retomber perpétuellement sur ses pattes. A s'en sortir et à retourner les situations défavorables à son avantage.

Mais ces prouesses ne se faisaient pas sans un prix à payer : le basané semblait très marqué... psychologiquement et Kagami comprit que cela allait de paire avec ce talent maudit. Car si Aomine parvenait à survivre, ce n'était sans doute pas toujours le cas des êtres qui lui étaient chers. Cela allait inévitablement de paire et c'était peut-être ce qui s'était passé pour sa mère, étant donné que le brun avait avoué la veille qu'elle était policière...

Une fois de plus, inconsciemment, Kagami se dit que décidément, Aomine et lui menaient des existences totalement différentes, remontant jusqu'à leur arbre généalogique. Car en effet, si la mère du brun était encore en vie, elle aurait peut-être été amenée à traquer et à mettre en prison le père du tigre, qui était un escroc notoire. Et encore une fois, les deux fauves auraient été ennemis, malgré eux...

« … Et ton père à toi ? » Lâcha involontairement Kagami, pourtant désireux de changer de sujet de conversation.

Sauf qu'en dépit de sa bonne résolution de ne pas aborder le passé sans doute douloureux du brun, il en mourait d'envie au fond de lui. Kagami eut beau se mettre la main devant la bouche ensuite, comme pour ravaler ses paroles, il était trop tard, elles venaient de sortir...

« Mon géniteur ? » Aomine haussa des épaules et il eut un rictus dédaigneux. Une expression que Kagami avait déjà vue des dizaines de fois et qui le faisait toujours autant frissonner d'effroi. « Ksss... qui sait ce qu'est devenu ce bon à rien ? Ca fait des années que je n'ai pas entendu parler de lui et il n'a jamais cherché à me donner de ses nouvelles non plus. En ce qui me concerne, il pourrait tout aussi bien être mort lui aussi, que ça ne ferait pas la moindre différence pour moi. » Déclara Aomine, sans le moindre état d'âme.

Cela ne manqua pas de choquer Kagami.

Certes, il pouvait comprendre que tout le monde ne puisse pas s'entendre avec sa famille, mais, même si lui avait également eu des différends avec son père et qu'il lui en voulait d'être en prison, Kagami n'acceptait pas qu'on tienne de tels propos envers ceux de son sang...

Pourtant, encore une fois, Kagami ravala la rage que les mots durs d'Aomine avaient éveillée en lui.

De toute façon, il commençait à avoir la triste habitude de ne pas être d'accord avec l'ancien policier...

« Aaaaah putain ! C'était SUPER HYPRA MEGA succulent ! Je suis repuuuuu ! » S'exclama soudainement Aomine.

Kagami n'avait même pas remarqué que la panthère avait déjà dévoré le contenu de son assiette et qu'à présent, elle se léchait même les doigts pour ne pas en perdre une miette. Néanmoins, suite à leur conversion un peu déprimante, cela mit un peu de baume au cœur du tigre... Un peu de légèreté était la bienvenue...

… Jusqu'à ce qu'Aomine, dans un élan de familiarité dont seul lui avait le secret, lâche un ENOOOOOORME rot, qui fit grimacer Kagami de dégoût.

Et cette fois, le maniaque roux ne tint plus.

« AAAAH MAIS BORDEL ESPECE DE GROS DEGUEULASSE ! CA N'SE FAIT PAS DE FAIRE CAAAA ! »

Aomine cligna des yeux, un peu surpris par cet élan d'offuscation. Mais il trouva bien vite de quoi se justifier. Enfin, d'après lui, en tout cas...

« Ohhh c'est bon, quoi ! Tu sais que dans certaines cultures, ne peut roter après avoir mangé est très impoli ? Le faire est un signe d'appréciation du repas. Et puis, tu sais c'qu'on dit : « mieux vaut dehors, que dedans. » Adage que je confirme : ça fait du bien par où ça sort ! »

« … T'en as encore beaucoup des proverbes comme ça... ? »

« Ouais, j'en ai un autre qui se prête bien à la situation je trouve ! » Poursuivit Aomine, qui, décidément, ne supportait pas d'être en tort. « Pet contenu, furoncle au cul ! » Alors, qu'est-ce que tu penses de celui-là ? C'est dans le même ordre d'idées et j'parie même qu'il te plaît sûrement davantage, vu qu'il a rapport à l'anal... »

Le clin d'oeil appuyé et le ton mielleux employés par Aomine (chargés de sous-entendu lubrique...) firent piquer à Kagami son fard le plus violent jusqu'alors. Le tigre s'empressa de débarrasser et de battre en retraite dans sa tanière, c'est-à-dire la cuisine, son fief incontesté.

« … Espèce de malotru... ! Grrr... » Pesta t-il.

Dire qu'il commençait presque à trouver Aomine attendrissant, bordel, mais qu'est-ce qu'il lui avait pris... ? Il ne devait pas être encore bien réveillé pour en être arrivé à penser un truc pareil, c'était clair comme de l'eau de roche à présent !

Pour autant... malgré cet ascenseur, que dis-je, ce grand-huit émotionnel, Kagami ne put s'empêcher de se dire que malgré leurs oppositions, ils s'étaient tout de même découvert des points communs. Effectivement, tous deux avaient perdu leur mère et tous deux étaient privés de la présence de leur père. Ils avançaient à tâtons dans leur vie d'adultes, sans pouvoir compter sur le soutien de leur famille. Il n'y avait guère que leurs amis pour les aider à tenir le coup. Tatsuya et Kuroko dans le cas de Kagami et Kise dans celui d'Aomine.

Pas facile dans ces conditions de se construire une identité équilibrée, face à un tel manque de repères. Kagami le réalisait bien et c'était sans doute la raison pour laquelle il n'en voulait pas à Aomine d'être un peu rustre. Ok, ça n'excusait pas tout non plus, à commencer par les méthodes douteuses que le brun prenait un plaisir évident, presque sadique, à employer... Mais Kagami pouvait concevoir que le brun soit paumé, parce qu'il n'avait aucun modèle masculin auquel se raccrocher réellement. Et quelque part... le rouge était content d'avoir appris ces choses à propos du background familial d'Aomine, parce que ça l'aidait à mieux le comprendre...

Un peu.

Encore une fois, cela n'expliquait, ni ne pardonnait pas tout vis-à-vis de son détraqué de voisin, mais... Kagami se sentait plus proche de lui. C'était une légère avancée pour lui, mais une avancée bienvenue malgré tout.

Le rouge se mit alors à faire la vaisselle, histoire de s'occuper la tête.

Parce que là... il ne trompait vraiment que lui...

Et encore.

Kuroko et Tatsuya avaient vu juste.

Ils avaient bien senti que le tigre était sous le charme de la panthère, malgré la crainte et la révulsion qu'elle lui inspirait parfois...

Cependant... chercher des explications cautionnant le comportement déviant de son voisin, comme il le faisait actuellement, relevait d'un tout autre niveau.

C'était une manière détournée de se dédouaner d'éprouver des sentiments pour une personne aussi éloignée de ses standards habituels...

Un moyen de se justifier...

Oui, Kagami en avait partiellement conscience et mieux valait qu'Aomine ne l'apprenne pas ou alors, il aurait tôt fait d'exploiter cette faille pour se glisser entre les cuisses de l'américain... et puis, même, pour Kagami, cela demeurait difficile d'admettre qu'il pouvait être attiré par un gars possédant les bonnes manières et l'hygiène d'un macaque...

« Oi ! Aomine ! Ne fous pas tes grolles crados sur ma table basse ! » Le houspilla le tigre, ayant aperçu le reflet du brun en train de prendre sur aise, dans l'un des couverts qu'il était en train de nettoyer. « Et puis, au lieu de rester ici à t'branler les couilles, rentre plutôt chez toi pour t'laver ! Tu empestes, c'est une véritable infection ! »

… et voilà, ça devrait suffire à déclencher une petite embrouille avec laquelle finalement, Kagami se sentait tout de suite plus à l'aise. Parce que quand il entamait une petite vie domestique de la sorte avec Aomine, non seulement ça lui rappelait des souvenirs dont il se passerait bien avec Nash, mais en plus, cette soudaine intimité le perturbait. Au moins, les prises de bec avec Aomine semblaient plus familières et donc, plus rassurantes.

Plus naturelles.

Plus normales.

Là, il était en terrain connu et il maîtrisait la situation !

… ou tout du moins, le croyait-il.

« … Tu n'bosses pas aujourd'hui de toute façon, pas vrai ? »

« Non, pourquoi ? Quel rapport ça a avec c'que j'viens d'te dire ? »

« Bah ça a comme rapport que du coup, j'vais pas bouger d'ici non plus. »

« J'te demande pardon ? »

« Ben ouais. J'suis en train d'te dire que j'vais rester ici avec toi, toute la journée. »

« Ah mais non, il en est hors de question ! Et puis... pou-pourquoi tu ferais ça ? » Commença à paniquer Kagami.

« Parce qu'il y a un fou dangereux qui s'avère être ton ex en train de rôder dans la ville, dans l'espoir d'te tomber d'ssus au détour d'une ruelle sombre et que j'peux décemment pas l'permettre ! »

« Je croyais que tu comptais me laisser vivre ma vie... »

« Mais c'est c'que j'fais, t'inquiète. J'ai promis d'pas t'suivre au taf, ni aux chiottes, qu'est-ce qu'il te faut de plus ? Et vu qu'tu comptes pas bouger d'ici aujourd'hui, c'est ok non ? »

« Comment ça « c'est ok ? » Non, ce n'est pas ok ! Pas ok du tout ! Ca veut dire que si j'fous l'pied dehors pour aller me balader ou faire des courses, tu vas m'escorter du coup ? »

« Je préfère le terme « te protéger ». Mais sinon, ouais, t'as raison, c'est exactement c'que j'compte faire ! »

« Nan mais ça va pas être possible là ! »

« Et pourquoi ça ? » Demanda presque innocemment le brun, en se retournant vers lui.

« Parce que... parce que non, c'est tout ! Ca n'se fait pas ! »

« Quoi ? C'est quoi l'problème ? T'as peur que j't'espionne ou un truc du genre ? Ou peut-être... »

Il se leva soudainement, avançant d'un pas souple et félin vers Kagami. Le rouge se tendit, serrant une malheureuse assiette contre son torse, comme pour se protéger.

« … ou peut-être que t'as peur que j'te saute dessus, dès que t'auras l'dos tourné... ? Et que... »

Il toisa Kagami un moment avant de marquer une pause dans ses paroles. Puis, il profita de l'état de sidération de sa proie pour se pencher légèrement au dessus d'elle et laisser sa langue humide courir sur la nuque du rouge. Pris au piège, Kagami tenta bien de le repousser, assez vainement, puisqu'il ne fit que poser les mains sur les épaules fortes d'Aomine, sans même chercher à le décoller de lui. Et le gémissement plaintif qui lui échappa ne joua pas franchement en sa faveur non plus...

Cet homme lui faisait perdre tous ses moyens...

Mais le moment câlin fut de courte durée, puisque la voix profonde d'Aomine l'interrompit, d'abord timidement...

« Gnnhmmm... Kagami... ? »

« Vouiii aaaah … ? »

« … Tu schlingues grave. »

Gné ? Le rouge cligna des yeux à son tour, avant de réaliser et de finalement parvenir à éjecter son agresseur cette fois.

« Mais non crétin des Alpes ! C'est TON odeur ! »

« Quoi ? Tu veux dire, que c'est moi qui pue la mort comme ça ? Naaaaan j'te crois pas... » Objecta Aomine, que ledit fumet avait pourtant coupé dans son élan.

Et comme pour infirmer la thèse du tigre, Aomine remonta son sweat à hauteur de son nez, dévoilant dans le même temps une rangée parfaitement sculptée d'abdominaux chocolat. La moue qu'il fit suite à ce geste ne laissa pas le moindre doute quant à la provenance réelle de l'odeur nauséabonde.

« … Oh putain ! »

« Ouais, comme tu dis... »

« Mais c'est épouvantable ! On dirait qu'un chacal est allé bouffer un rat crevé depuis six mois, pour ensuite venir lui-même crever dans mon sweat ! »

« Je t'avais prévenu... »

« Bordel, mais alors c'est vrai qu'on ne se sent pas soi-même ! »

« Oui enfin, ça dépend du degré de puanteur quand même... et tu viens de le prouver. »

« LOL je me demande si Biscuit est pas allé pisser sur ma pile de linge... »

« Ah parce qu'en plus, tu as pioché ce immonde pull tout tâché dans ta pile de linge sale ? »

« Quelle pile de linge sale ? J'ai qu'une seule pile de linge hein... »

« Comment ça ? T'es en train de dire que tu mélanges les vêtements déjà portés et ceux qui sont propres...? »

« Bah ouais ! C'est plus simple comme ça ! Pas d'tri à faire, j'ai juste là prendre le premier qui passe et le tour est joué ! » Se vanta Aomine. « Astucieux pour gagner du temps, pas vrai ? »

Et c'est qu'il était fier de lui en plus, ce génie de pacotille !

Kagami, de son côté, était tout simplement outré.

Le sens approximatif de la praticité selon Aomine lui échappait complètement. C'était véritablement un concept beaucoup trop abstrait pour Kagami, qui poursuivit sur sa lancée :

« Va t'laver espèce de porc ! Non, non, même les porcs sont moins crados que toi ! »

« … Mais les porcs sont même extrêmement propres, contrairement aux croyances populaires... » Rectifia Aomine.

« Bah alors imite-les et vas m'nettoyer tout ça ! »

« … Tu veux que j'me roule dans la boue pour me débarrasser de mes parasites... ? »

« Raaaaaaah ! Tu m'rends dingue ! » Hurla Kagami, en le poussant jusque dans la salle de bain, où il le largua sans la moindre compassion.

« Mais attends ! File-moi au moins mon paquet d'clopes ! J'l'ai laissé sur la table ! »

« ... »

« Steuplé Taiga ! » Supplia Aomine en faisant des yeux d'enfant.

« Et pourquoi faire, d'abord ? Tu comptes fumer sous la douche, peut-être !? »

« Ah ouais, c'est vrai, t'as une douche toi et pas une baignoire comme moi... Hmm... mais bon, tant pis, j'ai quand même envie de tenter ! »

« … T'es sérieux là ? » S'offusqua presque Kagami, qui était parti chercher des affaires PROPRES dans sa chambre, pour les prêter à la panthère.

« Ben oui ! Vu que j'compte pas rentrer chez moi pour me laver, ça veut dire que ouais, j'vais fumer sous ta douche ! »

« …. »

Oh purée... ce mec allait le rendre dingue. Kagami soupira de désespoir, mais il lui apporta tout de même des vêtements qui sentaient encore bon la lessive, ainsi que ses cigarettes. Il posa le tout sur le lavabo et il se pencha pour atteindre le petit placard qui se trouvait en dessous et en sortir des serviettes, ne remarquant même pas que cette position le rendait vulnérable aux assauts de l'autre prédateur...

« … Normalement, il y a du shampoing et du savon dans le petit portant de la douche. N'hésite surtout pas à bien frotter et même à te relaver plusieurs fois pour bien te décrasser ! Non mais sérieusement, ça fait combien de temps que t'as pas pris une vraie douche, ni porté des vêtements lavés ? Nan... tout compte fait, j'veux pas savoir et... Aomine... ? Pourquoi tu parles pas... ? » S'inquiéta brusquement le tigre, que ce silence suspect ne rassurait guère...

« … Quand tu m'tends les fesses comme ça, tu sais très bien que j'peux pas résister... » Susurra le fauve sombre en se mordant la lèvre inférieure.

Et Kagami réalisa l'ampleur de son erreur, lorsqu'il sentit une main venir se balader impudiquement sur l'une de ses rondeurs lunaires. « Ne jamais tourner le dos à l'ennemi », c'était pourtant une règle de base en temps de guerre connue de tous ! Mais apparemment, l'oublier ou même la négliger ne serait-ce qu'une seconde de trop, causait son envahissement immédiat par les troupes armées adverses...

… que le rouge renvoya à la frontière, illico presto, d'une tape bien sentie sur la main un peu trop aventureuse à son goût !

« Bas les pattes ! C'est une zone interdite d'accès ! »

« J'y peux rien si t'as un cul à te faire baiser ! » Tenta vainement de se justifier Aomine.

Comme si ça pouvait fonctionner... Et face au silence grandiloquent, ainsi qu'aux (doubles) sourcils froncés de son comparse, Aomine adopta une autre approche diplomatique.

« … c'était un compliment venant d'moi, hein... » Ajouta t-il, tout penaud.

Kagami se gratifia d'un facepalm face à une telle crédulité désarmante. Cependant, il ne baissa pas sa garde pour autant, s'auto-flagellant même pour avoir invité le loup à entrer dans la bergerie, sans se méfier une seule seconde. Finalement, il était tout aussi responsable qu'Aomine...

« Bref, savon, shampoing, serviette... » Enuméra t-il en désignant chaque élément du doigt. « Démerde-toi tout seul maintenant ! »

« Mais heuuuu Taiga ! Tu veux pas m'aider à m'frotter l'dos au moins ? Ca irait plus vite à deux... »

L'espace d'un instant... l'esprit du tigre fit un bond dans le passé et il frissonna...

« Viens me frotter le dos, Taiga... »

Ces mots résonnèrent avec gravité dans sa tête, y trouvant un écho suffoquant...

Nash.

Encore et toujours lui.

Même quand il n'était pas présent dans la même pièce, il savait toujours se rappeler au bon souvenir de son ancien fiancé... et tout gâcher.

« Tu devrais vraiment rentrer chez toi ensuite Aomine... » Lâcha subitement Kagami, comme s'il venait de recevoir un sacré coup de massue derrière les omoplates...

« Hmm ? Pourquoi faire ? Je t'ai déjà dit que je restais avec toi ! J'ai plus de taf de toute façon, donc j'ai rien de mieux à foutre. » Explicita le brun avec sa franchise habituelle qui conférait au manque de tact.

« Et bien... Tu dois rentré parce que... pour... » Hésita un peu Kagami, à la recherche d'une porte de secours qui peinait à lui apparaître. « Pour Biscuit ! Oui, c'est ça, Biscuit ! »

« Biscuit !? Ben qu'est-ce qu'il a mon chien ? » S'étonna Aomine, qui venait de mordre à l'hameçon. « Je ne l'ai pas amené ici exprès pour ne pas t'effrayer... »

« Justement ! Il risque de s'ennuyer tout seul... »

« Mais naaaan, il a l'habitude de passer des journées entières tout seul ! Parfois, je lui laisse même la télé avant de partir pour lui tenir compagnie ! D'ailleurs, maintenant que je ne travaille plus, j'pourrai m'rattraper en m'occupant plus souvent de lui ! »

« Oui mais... il faut tout de même le sortir pour qu'il fasse ses besoins et puis, il faut bien que tu ailles le nourrir aussi... »

« Pour qui tu m'prends ? J'ai déjà fait tout ça tout à l'heure, quand j'suis sorti ce matin pour aller nous chercher un café à peu près buvable. » Assura Aomine.

« Vraiment...? » S'étonna Kagami, face à tant de prévoyance.

« T'en fais pas, j'en ai profité pour repasser par chez moi, histoire de prendre quelques précautions concernant Biscuit. »

« Ok... »

Là, Kagami ne voyait plus bien quoi ajouter pour se débarrasser de son indésirable et collant invité. Il abdiqua donc, retournant à sa cuisine et laissant Aomine planté là, sans explication.

« … Ca veut dire nan pour l'astiquage de zob, je suppose.. ? »

Le brun soupira à son tour et il enleva ses vêtements, les laissant traîner sans la moindre considération sur le carrelage, tel le serpent qui fait peau neuve durant sa mue et se soucie peu de l'endroit où il se débarrasse de l'ancienne.

Kagami, quant à lui, avait une fois de plus trouvé refuge dans la cuisine, pris d'une furieuse envie de briquer, frotter (mais pas Aomine...) et astiquer ! Ca avait tendance à l'aider à évacuer le stress... et pour le maniaque qu'il était, la présence d'Aomine était synonyme de catastrophe sanitaire...

Machinalement, il attrapa l'un des gobelets que le brun avait déposé là.

Le liquide tiédasse qui dévala sa gorge était foutrement amer.

Du vrai jus de chaussettes...

Aomine avait raison : il était vraiment atroce ce café...


Lorsqu'Aomine sortit enfin de la salle de bain, presque quarante minutes plus tard, (et il fallait bien au moins ça pour parvenir à le décrasser complètement...) un brouillard épais de vapeur s'engouffra dans tout l'appartement. Ok, Kagami avait compris depuis le temps qu'il fréquentait (souvent malgré lui) son impétueux voisin que ce dernier avait la peau dure, mais à quel point exactement !? Etait-il un genre de... crocodile au cuir écailleux pour réussir à supporter une eau aussi brûlante ?

Il avait du transformer la salle de bain en sauna... !

… Et c'est là que Kagami se souvint de quelque chose.

Un détail.

Un tout petit détail qui lui avait échappé jusqu'alors et qui venait de lui sauter au yeux, sournoisement.

« … Aomine... j'ai complètement oublié d'te prévenir pour l'eau de la douche... »

« Hmmm... ? »

« J'ai un souci de réglage des températures à cause du mitigeur depuis mon arrivée ici... »

« Ahhh mais tu m'en avais déjà parlé de ça ! Bon... j'sais plus quand par contre... »

Kagami haussa un sourcil circonspect. Il ne se souvenait pas avoir abordé le sujet avec Aomine, ni dans quel contexte il aurait pu le faire surtout. Mais bon, c'était peut-être réellement lui qui avait oublié. De toute façon, vu sa tendance et sa propension à oublier des choses dernièrement, Kagami n'était pas vraiment en mesure de réfuter les paroles du brun. Cependant, un point d'ombre subsistait...

Et non des moindres...

« Oh c'est exact, je m'en rappelle maintenant. » Commença le roux pour mieux tromper et cerner son adversaire. « En revanche... je suis certain ne pas t'avoir dit comment régler ce problème, vu que je ne l'ai trouvé que récemment moi-même. Et quand je dis récemment... c'était ce matin, pendant que tu était sorti. Je n'ai donc pas pu t'en parler avant que tu ne prennes ta douche... » Mentit éhontément Kagami, pour mieux forcer Aomine à se dévoiler.

« Nan mais te bile pas juste parce que t'as oublié d'me prévenir, ok ? J'étais déjà au courant pour ça aussi, en fait. »

« Tu connaissais la méthode pour avoir de l'eau chaude... ? »

« Ouais, c'est pas bien compliqué, suffit de frapper trois fois d'un grand coup sec, au niveau du ballon d'eau chaude. Alors, j'ai bon ou pas ? »

« Oui, c'est bien ça en effet... mais comment tu l'as su ? »

Impossible qu'Aomine ait pu le deviner seul, surtout que ce problème persistait depuis l'arrivée dans les lieux de Kagami. Comment avait-il donc fait pour l'apprendre dans ce cas ? Aux yeux de Kagami en tout cas, c'était extrêmement louche...

« Oh bah tu sais avant d'être propriétaire de mon appartement, j'étais locataire, tout comme toi. Et j'avais le même proprio que toi ! A l'époque, il louait les deux apparts' et d'mon côté aussi le ballon d'eau chaude déconnait de cette façon là... C'est de cette manière que j'ai chopé l'astuce ! » Sourit Aomine, faisant irruption dans le salon.

… Et il était d'une telle beauté souveraine avec juste cette minuscule serviette lâchement nouée autour de ses hanches, menaçant de glisser à tout moment, que Kagami en oublia presque de quoi ils étaient en train de parler. Son regard s'attarda d'ailleurs un peu trop sur le torse impeccable de son invité. Il espérait juste que ce rinçage d'oeil en bonne et due forme était resté suffisamment imperceptible pour Aomine...

… sauf qu'il fallait vraiment être naïf pour sincèrement croire qu'une telle donnée échapperait à l'oeil acéré de l'ex-policier. Pour preuve, celui-ci fit exprès de de contracter les pectoraux pour se rendre encore plus impressionnant et... désirable.

Absorbé par cette vision paradisiaque et presque irréelle, Kagami secoua la tête, conscient qu'il s'agissait avant tout d'une manœuvre destinée à détourner ses soupçons et il baissa le regard.

« Ah bon ? On avait le même propriétaire alors ? Je l'ignorai... »

« C'est normal. Il m'a vendu l'appartement que j'occupais peut-être... un an ou deux avant ton arrivée ici. Mais tout ça, ça lui appartenait avant, ouais. D'ailleurs, t'as sûrement du remarquer les marques sur les murs de mon appartement ? Bon bah, sache qu'à un moment, j'avais envisagé de lui racheter également cet appart' où tu vis actuellement, pour les réunir en pétant les cloisons du salon. »

« Hmm. Oui, je me souviens effectivement qu'on avait déjà eu cette conversation. (dans le chapitre 8 XD) Je t'avais même dit que c'était sans doute pour y héberger tous tes enfants illégitime que tu voulais faire ça. » Le sourire de Kagami se fit plus carnassier. « Mais tu ne m'as jamais dit la véritable raison pour laquelle tu avais un tel projet... »

« Si, j'ai du te l'dire, mais t'as oublié, c'est tout. »

« Je suis sûr que non. »

« Et moi, j't'assure que si. »

« Aomine... ne me mens pas. Et n'essaie pas d'exploiter de mes flottements de mémoire pour me faire croire ce qui t'arrange.. à moins que... tu ne veuilles te mettre au même niveau que Nash ? »

Cette fois, Kagami releva la tête en direction son hôte, plantant son regard rubis dans celui presque noir à cause du manque de luminosité d'Aomine et il le soutint sans plier.

Cela força le brun à se soumettre, une fois n'est pas coutume.

« Qu'est-ce que tu vas chercher encore... ? T'as vraiment cru que moi et ce Naze, on avait des trucs en commun ou quoi ? »

« C'est N-a-S-H. » Rectifia Kagami, impassible.

« Ouais, peu importe. N-a-z-e, ça lui va mieux moi j'dis ! Mais bref, t'es bien curieux j'trouve tout à coup... »

« C'est normal : je ne sais quasiment rien de toi. » Se défendit calmement le tigre.

« Et alors ? Jusqu'ici, ça n'avait pas vraiment l'air de t'gêner, j'te signale ! » Répliqua plus férocement la panthère.

Kagami comprit qu'il venait de toucher un point sensible et qu'il avait tout intérêt à revoir sa stratégie s'il ne voulait pas braquer Aomine... juste quand les choses commençaient un peu à s'arranger entre eux...

« Ne le prends surtout pas mal Aomine. Mais c'est juste que... maintenant que tu t'es auto-proclamé en charge de ma protection, j'ai besoin d'être sûr que... que je peux te faire confiance, tu comprends... ? »

Aïe.

Kagami se mordit nerveusement la lèvre inférieure, comme pour se punir d'avoir formulé ses inquiétudes aussi maladroitement.

« Taiga... écoute-moi... » Commença doucement Aomine, d'une voix aussi basse que réconfortante.

Il s'agenouilla alors face à Kaga qui était toujours assis sur le sofa et il prit délicatement ses mains, les embrassant tendrement. Le tigre, qui s'attendait plutôt à des remontrances, devint aussi rouge que ses cheveux.

« Je sais que tu as peur d'être trahi à nouveau et c'est tout à fait normal après ce que tu as traversé. Mais sache que j'en ai pleinement conscience et que je n'essaie en aucun cas de te cacher quoi que ce soit. Si je ne suis pas très bavard à propos de mon passé, c'est juste parce que j'estime qu'il n'y a pas grand chose à en dire, c'est tout. Rien de plus. Mais tu peux me poser des questions et je ferai de mon mieux pour y répondre, surtout si tu estimes que ça peut t'aider à te sentir plus à l'aise en ma compagnie, d'accord ? »

En toute honnêteté, Kagami fut plus que surpris par le comportement avenant et les paroles du basané. Mais en bien. Aomine semblait en effet avoir réalisé toute la teneur et l'impact de ses mots. Des mots qui peuvent blesser ou guérir, selon la manière dont on les emploie.

« Non... t'es pas obligé d'faire ça... j'voulais juste... savoir... c'que tu comptais faire avec un si grand appart', c'est tout... J'aimerai au moins que tu répondes à cette question, ça me suffira... » Se ravisa un peu Kagami.

Apparemment, Aomine avait usé de la bonne technique pour éviter le conflit et rassurer le tigre.

« Ben, comme tout le monde, je crois. J'avais simplement envie de posséder un plus grand endroit pour vivre, au cas où je rencontrerai la bonne personne avec laquelle je pourrai fonder une famille... Tu vois, rien de bien sorcier au final. »

Et devant le silence étonné de Kagami, il se sentit obligé de préciser :

« Ni d'illégal ! »

Ah ben oui hein, des fois que ce ne soit pas assez clair...

« Shhh... Just come here you fool... » Murmura Kagami, en l'attirant carrément dans ses bras.

« Ca veut dire... que tu m'crois ? Enfin, que tu acceptes de me faire confiance ? »

Aomine ne s'attendait pas à une réaction aussi positive, mais apparemment, sa réponse satisfaisait Kagami. Enfin, plus que le contenu de sa réponse, c'était surtout le fait qu'il ait accepté de jouer le jeu en répondant de manière honnête qui avait touché le cœur de l'autre félin.

Avec la même tendresse, Aomine lui caressa le dos en un geste apaisant. Il devait être en train de tremper le T-shirt du tigre, étant donné qu'il n'avait même pas pris la peine de réellement se sécher, ni de se débarrasser des gouttelettes qui roulaient sur sa peau, avant de sortir de la salle de bain. Mais Kagami n'en avait cure. Il avait enfermé Aomine dans une étreinte toute douce, toute moelleuse et il ne comptait pas l'en relâcher tout de suite.

Mais c'était sans compter sur le talent naturel d'Aomine à se faire détester...

« Hmm... Taiga... tu m'en veux pas si j'ai un tout petit peu mis d'eau par terre en sortant ? »

« Mais non allons, ce n'est rien, ça arrive. »

« Oui, mais... »

« Tu as essuyé ? »

« Heu nan... fallait essuyer... ? Je croyais que ça allait finir par sécher tout seul moi... »

« T'es sérieux... ? » Demanda à nouveau Kagami, en se reculant pour le regarder.

Quoiqu'en y réfléchissant bien...

« … tout compte fait, oublie ma question... T'es sérieux, évidemment que t'es sérieux... Bon, j'ai compris, j'vais aller voir moi-même l'étendu des dégâts. Détends-toi en attendant. »

Et hop, il planta un baiser sur le front du brun, avant de se rendre sur le lieu du sinistre.

Avec un peu d'appréhension.

Justifiée par les paroles énigmatiques d'Aomine, qui avait profité de leur moment câlin pour lui avouer sa faute, à la manière d'un enfant qui viendrait de faire une grosse bêtise.

… Et quelle bêtise...

« A-Aomine... qu'est-ce que ça signifie au juste pour toi quand tu dis que tu as « un peu mouillé par terre en sortant ? » Nan, c'est juste pour être sûr qu'on a la même définition des choses... »

« Bah j'sais pas moi... « un peu » comme dans un peu quoi... »

« TU TE FOUS DE MA GUEULE LA !? T'AS CARREMENT INONDE LA SALLE DE BAIN ! ON SE CROIRAIT A LA PISCINE MUNICIPALE ! Et puis, c'est QUOI tous ces guenilles par terre !? Il fallait mettre tes affaires au sale ! »

« Désolé, mais l'panier à linge, c'est le seul que je rate à tous les coups... » Ricana un peu Aomine, basketteur accompli, mais pas peu fier de sa petite analogie. « Mais bon, t'as qu'à l'faire toi, puisque t'es là maintenant. »

« … Et dis-moi : combien de serviettes différentes il te faut en moyenne pour te sécher !? T'as vidé tout mon meuble alors que je t'avais déjà sorti une serviette pour ça ! »

« Bah j'suis grand, alors j'ai plus de surface à essuyer aussi ! »

« On fait la même taille, ducon ! T'es au courant qu'les serviettes ça s'déplie !? »

Un vrai gamin ! Bien-sûr, Kagami était au courant du manque d'éducation du son invité, mais là, c'était à se demander si ce n'était pas une meute de chiens errants qui l'avait élevé...

« Ouais, ouais, hey Taiga, dis, t'as le câble ? Est-ce que t'as la chaîne porno par hasard ? Et des bières ? T'as des bières dans l'frigo ? J'ai bien envie d'en boire une, rien de tel après une bonne douche ! »

« … Je savais que ton mode de vie laissait à désirer, mais là je suis sérieusement en train de me demander si tu n'es pas atteint d'une pathologie rare du désordre... » Fit Kagami, serpillère à la main et tête sortie par l'encadrure de la porte. « Et en plus, tu veux picoler dès l'matin ? Mais comment t'as fait pour survivre tout ce temps mon pauvre garçon ? »

« Oh c'est bon hein ! J'te demande pas la clé de ton meuble à whisky non plus ! Lâche-moi un peu ! » Protesta Aomine.

« Ca tombe bien, parce que je n'en ai pas de toute façon ! »

« ... tu déconnes là...? »

« Nan je n'plaisante pas Aomine... Mais en y repensant, c'est vrai que quand je suis allé chez toi, à part de l'alcool, je n'ai pas trouvé grand chose de... solide... à manger. De quoi tu t'nourris, en temps normal ? »

« Ben ça dépend. »

« Ca dépend ? Et ça dépend de quoi au juste ? »

« Bah d'mon appétit tiens, c'te bonne blague ! Et la plupart du temps, j'm'emmerde pas avec la cuisine... »

« … Ca j'avais remarqué... » Le coupa Kagami.

De toute façon, ce type ne faisait pas la vaisselle, alors... quand bien même une envie subite de cuisiner l'aurait pris, Aomine n'aurait rien pu préparer !

« … alors j'me prépare souvent juste un bol de céréales. Tu sais, ceux en forme d'étoiles de toutes les couleurs que les gosses adorent ! Et parfois, il m'arrive de les mélanger à des restes de pizza ou de burgers quand j'suis vraiment pas inspiré et que j'ai besoin d'un peu de viande. Et bien-sûr, je verse du whisky ou du saké dedans pour remplacer le lait. C'est pas qu'j'aime pas l'lait hein, mais c'est chiant, ça tourne et ça périme vite, alors que l'alcool au moins, ça tient et se bonifie même avec le temps ! »

OH BORDEL.

C'était pire que tout ce que Kagami avait pu imaginer. Ca dépassait l'entendement !

« Bon, c'est sûr que j'pourrai bien m'faire des nouilles instantanées, mais c'est chiant, faut attendre trois minutes et c'est trop long... tandis que mes céréales et mon alcool ne nécessitent aucune préparation, eux ! Ils sont directement prêts à être consommés ! »

« … Je crois qu'à force de maltraitance, ton corps a été contraint de s'adapter pour garantir sa propre survie... J'vois qu'ça comme explication plausible au fait que tu sois encore vivant et en bonne santé... Oh et puis, tu sais quoi ? J'vais éviter d'te poser des questions à partir de maintenant... parce que tes réponses ne me plaisent pas du tout... et c'est moi qui vais finir par faire une crise cardiaque ou choper un ulcère à ta place... »

« Pfff... t'exagères... et puis d'abord, qu'est-ce que t'en sais que j'suis en bonne santé... ? » Répondit mollement Aomine, en mode ado rebelle, tout en se curant le nez avec élégance.

!

« Ah mais c'est vrai ça, tiens ! Pour une fois qu'tu dis quelque chose d'un peu sensé, je dois dire que ça surprend ! Effectivement, qu'est-ce que j'en sais que tu es bien en bonne santé ? Si ça se trouve, non, rectification, c'est même sûr : tu as des carences. Et peut-être même du cholestérol et le foie tout plein de trous... à force de boire comme un trou, justement ! »

« Et comment tu veux qu'j'le sache... ? Tant que j'tiens encore debout, c'est qu'il n'y a pas à s'affoler à mon avis. »

« Hmm... maintenant que tu en parles, c'est bizarre qu'avec ton régime alimentaire, tu sois si mince. Tu aurais même un ver solitaire qui se baladerait dans tes intestins que ça ne m'étonnerait pas... »

« Ahahaha bah il doit être bourré en permanence alors avec c'que j'me mets dans la tronche ! » Ricana le brun.

Comme si c'était drôle...

Alors que non... c'était juste... triste quoi.

« … pourquoi tu bois autant... ? »

« J'croyais que tu avais renoncé à ton droit de me poser des questions... ? »

« Ouais, t'as raison... » Abdiqua Kagami, enfin, pas tout à fait... « Mais par contre... j'vais prendre rendez-vous dans un laboratoire d'analyses et tu vas m'faire le plaisir de venir avec moi ! »

« Pourquoi faire ? T'as peur d'être enceinte ? LOL On n'a même pas encore fait l'amour ensemble dans ce sens là, y aucun risque, du coup. »

« Non idiot... ce n'est pas pour moi qu'on y va, mais pour toi ! Je vais demander à ce qu'on te fasse une prise de sang pour être certain que tu te traînes pas une vilaine IST ou quoi que ce soit de tout aussi réjouissant... »

« Une IST... ? Finalement, ça voudrait dire que t'envisages de coucher avec moi dans un avenir proche... ? » S'intéressa soudainement Aomine, piqué au vif.

« Peut-être... enfin, ça dépendra des résultats, je suppose... Et en attendant de les connaître, je ne prendrai aucun risque ! n_n »

Aomine se garda bien de lui rappeler que, techniquement, ils avaient déjà couché ensemble... lorsque Kagami avait perdu les pédales à l'extérieur. Mais bon, mieux valait faire profil bas. Chacun des deux protagonistes marchait littéralement sur fil pour ne pas risquer la chute fatale. Il fallait avancer lentement et avec prudence pour ne pas froisser l'autre.

« Ok, je marche. »

« C'est vrai, je peux appeler le labo ? »

« Fais comme tu l'sens ! »

« Hmm... mais si je te prends rendez-vous, tu as intérêt à y aller ! »

« Je n'ai qu'une parole. Et ça m'fait penser... est-ce que t'as réfléchi à ma proposition... ? »

Le brun faisait naturellement allusion au fait de se faire soigner ensemble par un psychologue. Mais c'était encore bien trop frais dans la tête de Kagami pour qu'il ait eu le temps de se décider. Sans compter que tant qu'ils n'auraient pas écarté la véritable source du problème – c'est-à-dire Nash – cette thérapie ne serait pas en mesure de produire pleinement les effets désirés.

« Je t'ai dit que j'avais encore besoin de temps... Mais je te dirai ça dès que je saurai, ouais. Tu en seras même le premier prévenu... Cependant... le fait que tu acceptes de te soumettre à cette prise de sang est plutôt un élément positif qui ne manquera pas d'influencer ma décision dans le bon sens, j'en suis certain. »

Bon, d'accord, normalement là cher ami lecteur, tu dois te dire « mais qu'est-ce que c'est que tout ce chantage » ? Et tu auras raison. Mais c'est pour la bonne cause ! Les deux partis se jaugeaient et toute progression, aussi infime soit-elle, était bonne à prendre à ce stade.

« Mais pour le moment je... »

« Shh... » Le brun se mit à le fixer intensément, de ce regard félin dont il usait pour séduire ses proies, Kagami en était convaincu. « Je sais. »

Le rouge n'eut pas le temps de réagir, ni même de protester. Telle la biche prise dans les feux d'une voiture, aveuglée et choquée, il resta sur place, sans faire le moindre mouvement et apparemment, Aomine interpréta cela comme une invitation, puisqu'il se pencha pour combler la distance entre eux et...

Ses lèvres se posèrent délicatement sur celles de Kagami, encore une fois, dans le but de ne pas l'effrayer. Le tigre pouvait sentir que la panthère prenait sur elle et faisait de gros efforts pour contenir ses pulsions. Or, ce geste touchait sincèrement Kagami. Il autorisa sa langue aller à la rencontre de celle d'Aomine, prenant de lui-même l'initiative d'aller approfondir ce baiser.

Oui, Aomine l'attirait, indéniablement. Kuroko et Tatsuya l'avaient déjà démontré plusieurs fois et Kagami se sentait enfin prêt à accepter cet état de fait. C'est pourquoi il se laissa aller. Mais dès qu'Aomine posa une main sur son flanc droit, le tigre s'arracha à cette étreinte, rejetant tout rapprochement intime plus probant.

« I-il... faut que j'aille chercher le courrier... et puis aujourd'hui, c'est aussi le jour du loyer. J'dois passer à la banque dans l'après-midi p-pour aller récupérer le chéquier que j'ai commandé aussi. »

Le tigre rougi détourna le regard, les mains posées sur le torse - toujours nu et humide – d'Aomine pour le garder à une distance raisonnable. Kagami avait en effet déjà remarqué qu'il avait bien du mal à résister aux baisers passionnés de l'ancien policier. Il préférait donc prévenir au maximum les dérapages potentiels. Dérapages potentiels qu'il ne se sentait pas encore disposé à assumer, si jamais ils venaient à se produire.

« Je t'accompagnerai là-bas tout à l'heure. »

« N-non ça va, je peux le faire seul... »

« Tu es sûr ? »

« Ouais. T'as pas b'soin d'me suivre partout tu sais... »

« Mais je suis ton garde du corps maintenant. Il est donc normal que je veille à ta sécurité. »

« Je comprends bien, mais Nash n'osera jamais m'attaquer dans un lieu publique. Crois-moi, ça ne risque rien. »

« Bon d'accord, c'est toi qui vois. » Abdiqua rapidement le brun. Il ne voulait pas non plus se montrer trop envahissant, ce serait totalement contre-productif.

Et pour cause, Aomine avait bien intégré cette fois que la relation toxique qu'il avait eu avec son ex étouffant, l'empoisonnait encore aujourd'hui, sentimentalement parlant. Kagami avait peur de répéter les mêmes erreurs – si tant est qu'il en ait réellement commis – et dans son esprit, il assimilait encore Aomine à Nash, même si cette méprise tendait à s'effacer progressivement. Il n'en demeurait pas moins qu'Aomine en était conscient et de ce fait, il préférait avancer à pas de loup, en montrant patte blanche pour pouvoir pénétrer dans la bergerie, sans éveiller la méfiance de la bergère... Se montrer empathique et coopératif jouait incontestablement en sa faveur, tandis que s'il optait pour l'approche conflictuelle avec Kagami, jamais ce dernier n'accepterait de lui faire confiance, ni de s'ouvrir à lui.

« Tu restes là ? Je vais juste prendre le courrier du jour à ma boîte au lettres. Tu veux que je prenne le tien aussi pour gagner du temps et t'éviter de descendre ? »

« Si tu veux. T'as toujours mon double de clé de toute façon. Tu te souviens, je l'ai laissé dans ta boîte aux lettres justement, enfin, je ne sais pas si tu l'as repris depuis ou s'il s'y trouve toujours... »

« Ouais, ok. Je m'occupe de ça alors... mais toi, fais-moi le plaisir d'aller t'habiller pendant ce temps ! »

« Pourquoi faire ? J'me sens bien comme ça. »

« Pour commencer, parce que tu fous de l'eau partout et ça, c'est juste pas possible. Et ensuite, parce que ça ne se fait pas ! Interdiction de transformer mon appartement en camp naturiste le temps de ton séjour ici ! »

« Tsss... ok, ok... »

« Mais comme je viens de mettre tes fringues au sale parce qu'il était HORS DE QUESTION que tu les remettes vu leur état déplorable, je t'autorise à aller m'en emprunter... Mais seulement pour cette fois ! Une chance qu'on fasse la même taille n'empêche... »

« Deux centimètres. »

« Hmm ? »

« C'est précisément notre écart. » Protesta la panthère en mettant bien en évidence deux doigts de sa main gauche. « J'y tiens. »

« Pfff... whatever ! »

« Non, non, pas « whatever ». Deux centimètres, c'est énorme, le genre de différence qui peut même décider entre la vie et la mort. »

« Si tu le dis... » Céda Kagami, qui ne trouvait pas vraiment de contre-argument pour le coup. En effet, en tant que soldat du feu risquant sa vie quotidiennement, le point soulevé par Aomine avait fait mouche sur lui. « Bon, je reviens vite, mets-toi à l'aise pendant ce temps... »

« … Ca veut dire que je peux rest... »

« …. MAIS PAS A PWAL ! Merci bien ! » Anticipa Kagami.

« Tcchééé fais chier... » Soupira le fauve vaincu.


Effectivement, le double de clés d'Aomine se trouvait toujours dans la boîte à lettres de Kagami, qui n'avait pas pensé à lui rendre, ni même à l'enlever, ce qu'il fit pourtant cette fois. Il ouvrit donc la boîte de son voisin avec et... aussitôt une AVALANCHE de factures impayées lui dégringola dessus, manquant même de l'ensevelir ! Kagami pesta : si ce maudit basané était aussi « riche » qu'il le prétendait, comme se faisait-il qu'il cumulait les retards et les relances... ? Hmmm... bon... Aomine était tellement flemmard aussi que cela n'étonnerait pas Kagami que ce soit la réelle cause, bien plus que celle liée à l'argent.

En tout cas, cette découverte ne faisait que confirmer le fait qu'Aomine avait DEFINITIVEMENT besoin de quelqu'un pour s'occuper de lui et de ses affaires. Kagami l'avait déjà compris en pénétrant la première dans l'appartement de son facétieux voisin de pallier, mais apparemment, c'était TOUS les aspects de la vie du brun qui étaient bordéliques... Aomine semblait vraiment avoir un problème avec l'ordre et la propreté, ce qui était... un peu paradoxal avec le métier qu'il occupait.

Mais encore une fois, d'après ce que Kagami en avait déduit, le brun ne respectait pas les conventions même dans l'exercice de ses fonctions. Partout où il passait, il semait le chaos, à moins que ne soit le chaos qui s'acharne à le poursuivre. Quoi qu'il en soit, Kagami ramassa et ordonna patiemment chaque lettre, les rangeant chronologiquement. Il les trierait et aiderait Aomine à les compléter tout à l'heure, tiens, puisque le brun semblait décidé à squatter son appartement toute la journée. Autant profiter de l'avoir sous la main pour traiter la paperasse administrative avec lui.

Encore une fois, c'était la moindre des choses que Kagami puisse faire pour Aomine...

Ce dernier n'était véritablement pas doué pour prendre soin de loin tout seul...

Et bizarrement, c'était à la fois effrayant mais également attendrissant, du point de vue de Kagami, cela s'entend...

Cela réveillait chez le tigre un instinct maternel qu'il n'aurait jamais cru posséder.

Il se dépêcha donc de remonter (à pied, vu que l'ascenseur n'avait jamais été réparé), se rappelant que Tatsuya avait prévu de passer. Un peu plus tard dans la journée. Peut-être que le brun au grain de beauté pourrait même l'accompagner à la banque. Sa présence auprès de Kagami rassurerait sans doute Aomine... ? Kagami garda donc cette proposition dans un coin de sa tête... et il ouvrit son appartement, les bras chargés. Uniquement occupés par les courriers reçus par Aomine. Heureusement que de son côté, le rouge passait journalièrement décharger sa propre boîte aux lettres pour éviter qu'elle ne se retrouve envahie par une montagne de prospectus...

Le tigre poussa la porte du bout du pied pour regagner ses pénates, sans se douter qu'une scène surréaliste était en train de se dérouler dans son salon... et menaçait de virer au drame si Kagami n'intervenait pas dans les plus brefs délais...


« Aomine ! Oi, Aomine ! T'exagères, tu pourrais ramasser ton courrier plus régulièrement ! Ta boîte aux lettres ressemblait à une urne qu'on aurait trop bourrée là ! J'ai eu du mal à l'ouvrir et certaines enveloppes sont même froi...ssées... »

Kagami marqua une pause, horrifié par ce sur quoi il venait de tomber.

Devant lui se tenait Aomine, pistoletS (au pluriel) à la main. Enfin, un dans chaque main, pour être plus précis. Le rouge était pourtant persuadé de ne l'avoir vu rentrer qu'avec UNE SEULE ARME. Alors comment se faisait-il qu'il en portait une seconde... ? D'où avait-il bien pu la sortir... ? Mais le plus choquant ne se trouvait pas là mais bel et bien dans l'identité DES personnes que le basané tenait en joue. (et toujours à moitié nu, avec cette ridicule serviette pour s'essuyer LES MAINS qu'Aomine prenait à tort pour un pagne...)

« Je ne te laisserais pas répéter l'histoire... » Lança énigmatiquement une voix bien connue de Kagami.

A droite du policier se trouvait Tatsuya, armé d'un énorme couteau et à gauche se tenait Murasakibara, lui-même brandissant un hachoir à viande, les deux ustensiles provenant de la cuisine du tigre. Et il y avait quelque chose d'étrange dans la façon ont le brun et le violet tenaient les deux outils... était-ce leur position ? Difficile à dire, mais... après tout, les deux hommes travaillaient dans un restaurant alors... il était normal qu'ils aient l'habitude de manipuler des objets tranchants... Epouvanté par cette « impasse mexicaine » si chère au cinéma de Tarantino, Kagami en lâcha tout son courrier, qui s'écrasa sur le sol.

Le bruit que fit le paquet d'enveloppes en heurtant le sol parut heureusement ramener les différents protagonistes à eux, en leur faisant constater la présence du tigre sur les lieux du conflit. Ce fut Himuro qui prit en premier la parole... sans cesser pourtant de braquer Aomine de sa lame aiguisée, prête à l'égorger au moindre faux pas suspect...

« Oh, Taiga it's you ! What a relief ! » Sortit d'une voix douce le frère de cœur de Kagami, avec un naturel déconcertant en pareille circonstance.

Comme si de rien n'était, en somme !

« Tatsuya ! What's happening here !? »

« Nothing much, really. It's all just a big misunderstanding... But now that you're here... and safe... we don't have any reason to act like this, right Atsushi ? » D'un geste de la tête, Himuro fit signe à Murasakibara de baisser son « arme » improvisée. Ce que le géant exécuta sans broncher. « See ? It's ok. Nobody's been harmed. »

« No, it's not ok ! What's the meaning of this !? »

Toujours tremblant, Kagami prit tout de même le risque de s'interposer entre les trois hommes, se rangeant clairement du côté d'Aomine.

« Tell me ! » Exigea le tigre, toujours choqué par ce à quoi il venait d'assister.

Il se sentait largué, par une situation qui lui échappait complètement et dépassait son propre cadre.

Himuro soupira et posa le couteau. De son côté, Kagami caressa doucement le bras d'Aomine, pour lui demander silencieusement de faire de même.

« Tu ne répondais pas à mes appels et la porte était ouverte et à moitié défoncée... j'ai... j'ai simplement eu peur que tu n'aies été victime d'un vagabond... »

« Et c'est pour ça que tu as attrapé un couteau de cuisine et que tu as MENACE Aomine !? »

« … Comprends-moi aussi... il aurait pu t'être arrivé quelque chose, j'ai vraiment eu peur ! Pourquoi tu ne décrochais pas ton téléphone !? »

« Parce que je l'avais laissé ici ! J'ai oublié ou plutôt, je n'ai pas jugé bon de le prendre avec moi, pendant que j'allais chercher le courrier ! Excuse-moi hein ! » Répondit Kagami d'une manière un peu brutale.

« Pardonne-moi... j-j'ai conscience d'avoir un peu « sur-réagi »... mais... j'avais vraiment peur qu'un cambriolage qui aurait mal tourné ait eu lieu dans ton appartement ! Je veux dire, il y avait de l'eau partout jusque dans l'entrée et une odeur atroce ! Ce n'est pas de ma faute si je me suis imaginé le pire ! » Se justifia Himuro, que l'histoire avec Nash continuait à hanter...

Ah ça... Kagami connaissait le coupable et il jeta un regard accusateur à Aomine, qui était resté muet jusqu'ici.

« Ouais, bon, ça va hein ! J'pouvais pas d'viner qu'ton brother était aussi MANIAQUE que toi et qu'il interpréterait mal cet ensemble d'éléments... »

« … éléments jouant tous contre toi, imbécile ! » Lui rappela le vindicatif Kagami.

« Bah c'est ça, vas-y, prends sa défense tant qu'tu y es ! C'est lui qui m'as agressé en premier, j'te signale ! »

Plus le choc de cet affrontement se dissipait et plus Kagami avait l'impression d'arbitrer une querelle de cour de récré, en se retrouvant dans le rôle de la maîtresse qui doit trancher...

« Et c'était une raison valable à tes yeux pour sortir non pas UN, mais DEUX flingues !? »

« Il m'a menacé avec un couteau, j'ai donc été obligé de sortir mon magnum ! Et son titan de compagnie a attrapé un hachoir dès qu'il a vu ça ! Du coup, j'ai été obligé de prendre mon second pistolet ! »

Kagami secoua la tête, atterré.

« Non mais c'que j'voudrai savoir, c'est A QUEL MOMENT ça t'a semblé être une bonne idée !? Tu leur as fait peur et ça aurait pu MAL FINIR ! »

« Hey ho ! Eux aussi ils m'ont fait flipper hein ! J'suis pas l'seul responsable ! »

« … et puis d'abord, d'où il vient ce second flingue... ? Tu ne l'avais pas avec toi hier, j'en suis à peu près certain ! »

« Je l'ai pris en repassant par chez moi ce matin. »

« Ben voyons ! Ne me mens pas ! J'ai bien que tu ne l'avais pas sur toi en rentrant, alors je voudrais savoir d'où il vient ! »

« Putain, mais arrête de t'acharner sur moi, engueule-les un peu eux aussi quoi ! »

« Raaaah t'es vraiment impossible ! » S'énerva un peu Kagami, en tirant l'oreille de son cher et tendre... heu... squatteur... ?

Parce que le tigre n'était pas dupe. Il était catégorique : cette seconde arme ne pouvait venir que d'un seul endroit : d'ici. De son propre appartement. Aomine l'avait sûrement planquée en venant ici, à un moment donné. Et ce n'était pas tant de savoir « quand » qui importait, mais davantage de réaliser qu'il avait osé le FAIRE. A l'insu de Kagami. Et que par dessus le marché, la panthère avait été capable de dissimuler cette arme à feu assez bien pour ne pas que Kagami ne découvre en faisant le ménage...

… Ce qui, quelque part, faisait froid dans le dos...

… Mais pas aussi froid que de voir qu'Aomine semblait prêt à s'en servir et avait même failli le faire, contre son propre frère...

Il soupira, décidant de laisser Aomine s'en tirer à ce sujet temporairement. Ce n'était pas le moment de régler cette affaire et surtout pas en lavant son linge sale en famille, comme on dit. L'excès de prudence et de zèle d'Aomine ne concernait pas, enfin plutôt, ne regardait en rien Himuro et Murasakibara. Car Kagami connaissait bien son grand frère : il devait déjà être suffisamment choqué et inquiet d'avoir découvert un Aomine à moitié nu dans son salon et ARME, prêt à l'abattre de sang froid. Ce n'était franchement pas rassurant de se dire qu'un type aussi peu fréquentable rôdait autour de son petit frère adoré...

« Et sinon, c'est bon, j'peux poser des questions à mon tour ? Non, parce que j'voudrai bien savoir ce que ce DANGEREUX énergumène fabrique TOUT NU chez toi ! Ne me dis pas que vous avez... »

« … Qu'est-ce que ça peut t'foutre ? » Répondit agressivement Aomine, prêt à dégainer à nouveau.

« Non ! Bien-sûr que non ! » Répliqua en même temps Kagami, avant de lancer un regard noir à la panthère.

Aomine le regarda à tour, comme pour lui intimer de dire la vérité, histoire de les disculper tous les deux, mais Kagami ne s'en sentait pas capable. Pourtant, il détestait le mensonge plus que tout, sauf qu'il ne se voyait pas parasiter Tatsuya avait ses problèmes en ce moment. Le brun avait en effet déjà son propre lot d'ennuis à gérer et puis, quand bien même, que pourrait-il faire contre Nash ? Tatsuya n'avait jamais pu faire contre le blond et ça n'allait pas commencer maintenant, comme par magie.

« C'est juste qu'il a un problème de plomberie, alors je lui ai proposé de venir prendre sa douche ici. »

« Hmm... » Fit simplement Himuro, en se frottant le menton, suspicieux.

« C'est vrai regarde, il porte une serviette autour de sa taille et il est encore tout mouillé ! »

« … Et il a transformé la salle de bain en patinoire... » Intervint mollement Murasakibara, déjà plongé la tête dans le frigo pour se servir de quoi satisfaire son appétit féroce, faisant vraiment comme chez lui.

« Nan, je t'arrête tout de suite, c'est un SAUNA que j'ai essayé de faire ! Un sauna gay, même, dans l'espoir que Tigrou vienne me rejoindre... » Sourit Aomine, ne se gênant pas pour passer un bras autour de la nuque de Kagami.

Peu amusé à la fois ET par l'insinuation du basané ET par le surnom qu'il venait de recevoir, Kagami le repoussa sans ménagement. Cet idiot commençait sérieusement à l'agacer, toujours à se donner en spectacle !

« Raaaah dégage ! »

« … Mais ça n'a pas marché, comme vous pouvez le voir. » Soupira Aomine, dans le rôle de composition du soupirant éconduit.

« Mouais... Je ne crois pas tellement à toute cette histoire, mais je vais vous accorder le bénéfice du doute... » ^^

« Merci, tu es bien BONNE... enfin « bon »... Tatsuya... c'est ça... ? » Intervint à nouveau Aomine, en faisant même une courbette cette fois. « Désolé, mais j'ai une très mauvaise mémoire des noms... alors si j't'appelle « Cyclope » par erreur, il ne faudra pas m'en vouloir. »

« Putain, mais t'as pas fini tes conneries !? T'es flic, la mémoire des noms et des visages, c'est sensé être ton truc ! Enfin... » Se ressaisit Kagami, penaud. « T-tu l'étais encore jusqu'à hier... »

« C'est quoi encore cette histoire ? Laisse-moi deviner : il s'est fait renvoyer pour harcèlement sexuel ? » Sourit le dragon, bras croisés sur son torse. « Tant mieux, ça fera un policier violent et ripoux en moins dans cette ville ! » Lança t-il, sans trop y croire cependant.

« … Ouais, même que c'était ta sœur que j'ai harcelée sexuellement ! Et j'l'ai baisée aussi d'ailleurs ! » Se défendit Aomine, à nouveau agressivement.

« Tatsuya ! Arrête de le provoquer ! Et toi, arrête de répondre à ses provocations ! Mais vous êtes pires que des gosses, ma parole... ! »

« Pour une fois, c'est pas moi qui me conduis comme un gamin... » Fit remarquer fièrement Murasakibara, la main plongée dans un... pot de cream cheese américain... qu'il vint ensuite lécher goulûment, tel un gros ours se régalant de miel fraîchement récolté.

« Ca ne risque pas. Pour commencer, je n'ai pas de sœur, mais uniquement un petit frère de cœur, Taiga. Et ensuite, je sais très bien que jamais il n'accepterait de coucher with a filthy scum like you... »

« Ah ouais ? Bah, c'est trop tard, car figure-toi que c'est déjà arri... hmmm ! »

Kagami venait de le bâillonner avec sa main, pour éviter l'Apocalypse. Au vu des tensions inexpliquées qui régnaient entre ces deux-là, mieux valait ne pas jeter davantage d'huile sur le feu de la rancoeur...

« N'écoutez pas ce gros nigaud, la vapeur d'eau a du lui monter à la tête et embuer sa cervelle ! Mais installez-vous plutôt, je vais vous heu... » A défaut de café... « du thé ! »

A ces mots, Aomine sauta sur le sofa comme un gosse et il s'y allongea étendant bien ses jambes – qui dépassèrent – pour empêcher quiconque de s'asseoir à côté de lui.

« Non merci, ça ira très bien comme ça. Je préfère rester debout de toute façon... Il paraît qu'il faut éviter au maximum les contacts physiques avec les gens qui ne prennent qu'une seule douche par mois... J'espère que tu as utilisé l'anti-puces de Sassy et que tu as bien frotté, ne, Aomine-kun ? » Le provoqua à nouveau le dragon, malgré l'interdiction pourtant formelle de Kagami.

Mais au lieu de répondre verbalement cette fois, (il aurait très bien pu répliquer que l'odeur VIRILE du MÂLE EN RUT avait tendance à exciter le femelles...) Aomine se contenta seulement de lever son majeur en direction de l'autre brun... lui tirant même la langue, au passage.

Kagami ne remarqua rien, trop affairé en cuisine. Murasakibara l'avait suivi. Non pas pour l'aider, mais sans doute pour voir s'il n'y avait pas moyen de lui taxer encore quelque chose... Heureusement que Kagami avait toujours le frigo et les placards PLEIN contrairement à une certaine personne.

De même le rouge possédait un sens aigu de l'accueil et en parfait maître de maison qu'il était, il avait même prévu de quoi sustenter un tant soit peu l'appétit colossal du titan. Il attrapa donc un bocal posé sur le haut de réfrigérateur, dévissant sans mal le couvercle et il tendit ensuite un sucre d'orge GEANT au violet, qui en salivait déjà d'envie.

« Taigaaa ! » Le réprimanda Himuro, à qui toute cette mignonne petite scène n'avait guère échappé hélas... (malgré le fait qu'il n'ait qu'un seul œil actif) « Atsushi va encore avoir des caries par ta faute ! Tu le gâtes trop, je te l'ai déjà dit ! »

Mais Kagami n'avait jamais su résister à la moue enfantine de Murasakibara et puis, c'était toujours mieux que d'assister, impuissant, au braquage de son frigo par le colosse... Car vu la taille et la dureté de la sucrerie, Murasakibara allait rester occupé avec un bon moment... D'ailleurs, le violet se dépêcha de regagner le salon et il s'écroula sans crier gare dans le canapé, qui plia et grinça même méchamment sous son poids.

Aomine eut tout juste le temps d'ôter ses jambes pour ne pas se faire écrabouiller par le nonchalant chef cuisinier, qui avait entamé sa dégustation à la manière d'un panda rongeant une grosse tige de bambou un peu trop coriace. Tige de bambou de laquelle il avait visiblement du mal à venir à bout. Aomine quant à lui, avait vu sa vie défiler lorsque Murasakibara s'était laissé tomber SUR LUI carrément ! Heureusement, il avait eu le réflexe de se redresser, sans quoi, il aurait sans doute fini dans un fauteuil roulant...

Kagami retrouva vite ses invités au salon et il leur servit à chacun du thé.

« T'as pas un peu de saké pour mettre dedans... ? » Objecta Aomine. « C'est un peu fade le thé nature... »

Mais comme il se heurta aux regards accusateurs de Kagami et Himuro, il n'insista pas.

« Alors, vous en avez terminé avec votre déménagement ? »

« Oui, pffffiiiou ! Et crois-moi, c'est une bonne chose de faite ! On va pouvoir repartir du bon pied maintenant ! Encore désolé d'avoir du squatter temporairement ton salon avec toutes mes babioles... »

« Oh ce n'est grave, ça m'a fait plaisir de pouvoir aider à mon échelle ! Du coup, maintenant que vous êtes enfin bien installés, vous avez déjà commencé à regarder dans les petites annonces ? »

« Les petites annonces ? » Répéta Aomine, un peu largué.

« Tatsuya et Murasakibara travaillent dans un restaurant pour l'instant, mais ils aimeraient posséder leur propre affaire dans un futur proche ! » Expliqua Kagami. « Mais pour cela, il leur faut trouver un local avant de présenter leur démission à leur patron ! »

« Ouais, logique. »

« … Hmm... à propos de ça Taiga... Moi et Atsushi... » Rapide regard vers le violet qui était toujours en train de se battre avec son bonbon aux allures phalliques... « … enfin moi tout seul, dirons-nous... j'ai quelque chose à t'avouer justement... »

Kagami se redressa, tout ouïe.

« … On a déjà démissionné... »

« QUOI !? »

« Tu dois probablement trouver cela stupide étant donné que nous n'avons même pas encore entamé nos recherches de local à louer, mais c'était nécessaire pour nous donner l'impulsion de le faire, tu comprends ? »

« Pas vraiment non... et oui, je trouve ça idiot, voire même carrément inconscient et risqué ! »

« Tant qu'on travaillait en horaires décalés et autant qu'on le faisait... plus de cinquante heures par semaine parfois, on n'avait ni le temps, ni la motivation de monter notre projet. Le restaurant nous bouffait toute notre énergie. Au moins maintenant qu'on a décidé de partir, on va pouvoir s'y consacrer entièrement. Mais ne t'inquiète pas, nous avons quelques économies de côté, suffisamment pour voir venir et pallier aux imprévus... »

« D'accord mais... pourquoi avoir démissionné tous les deux en même temps dans ce cas !? » Kagami secoua la tête, essayant de se calmer. Son inquiétude prenait le dessus. « Bon... regardons ce que propose le journal... et Internet ! »

Il jeta les prospectus à Aomine et fila chercher son vieil ordinateur portable dans sa chambre.

« Taiga, merci mais... tu n'es pas obligé de nous aider. »

« Bien-sûr que si Tatsuya ! Tu es mon frère, il est normal que je me soucie de toi. De toute façon, je n'avais rien prévu de faire aujourd'hui, donc ça ne me dérange absolument pas. »

« Oi... Kagami ! »

« Quoi ? Si tu veux rester ici, rends-toi utile au moins ! »

« … ok mais passe-moi ton ordi alors ! Je préfère me charger de la partie recherches sur Internet... C'est ma spécialité, je faisais souvent ça au boulot... »

Le tigre roula des yeux, mais il échangea volontiers avec le basané, lui confiant son portable. Quant à Himuro, il plongea le nez dans le journal. Une fois les tâches bien réparties entre chacun, les deux frères de cœur se munirent d'un marqueur fluo pour entourer tout ce qui pouvait leur sembler pertinent...

… Mais bien vite, le constat fut sans appel...

Pas qu'il n'y avait pas d'annonces intéressantes pour des locaux à louer, non, bien au contraire, mais... les prix étaient juste EXHORBITANTS dans la capitale nippone. Or, Murasakibara et Himuro ne possédaient pas un tel budget... cette réalité crue s'imposa à eux sans leur laisser le moindre espoir. Les mines se décomposèrent.

« Non mais... c'est pas possible... ils ont du se planter quelque part en ajoutant un zéro ou un chiffre de trop ! » Manqua de s'étrangler Kagami.

« Je savais que ce ne serait pas du gâteau de monter notre propre affaire, mais... à ce point là c'est démoralisant ! Les prix sont prohibitifs à Tokyo ! Et compte tenu des surfaces proposées, c'est carrément du VOL ! »

« On n'y arrivera jamais. » Lâcha Murasakibara, son bâtonnet à ronger toujours entre les dents.

« Ne dis pas ça Atsushi, il faut persévérer. On en a déjà parler tous les deux, tu te souviens ? On ne peut pas simplement se contenter d'abandonner à la première difficulté venue. »

« Oui, mais c'est chiant. »

« Et de ton côté Aomine, ça donne quoi ? »

Pas de réponse.

« Oi ! Aomine ! T'es sourd bordel !? »

« Hein ? »

« Qu'est-ce que tu regardes ? Fais-moi voir ! »

Mais Kagami n'eut même pas besoin de lui arracher l'ordinateur des mains pour voir ce qui apparaissait sur l'écran, que des gémissements EQUIVOQUES se mirent à émaner de l'appareil, ne laissant plus aucun doute quant à la nature des sites qu'Aomine était en train de consulter !

« Aaaaah ! Yamete kudasaiiiii hiyaaaa ! » Criait une jeune femme... fort... heu... sollicitée par trois hommes plutôt costauds...

« … Putain, je vais te tuer... »

« Vas-y Taiga, ce n'est pas moi qui t'en empêcherai ! Et je peux même demander à Atsushi de te le tenir, si tu veux ! »

« Ca va, c'était rien qu'un spam qui a popé sans prévenir ! » Tenta vainement de se justifier Aomine.

« Impossible. J'ai configuré l'ordinateur de Taiga avec plein de filtres et de bloqueurs en tous genres pour éviter ce genre de désagréments justement. » L'enfonça davantage Himuro.

« Putain je savais que j'pouvais pas compter sur ton soutien, sale Oeil de Verre... »

« Viens ici... »

« Nan. » Refusa Aomine, en se réfugiant derrière le canapé.

« TOUT DE SUITE ! » Hurla Kagami en enjambant l'accoudoir pour le rejoindre.

« Pas question ! Tu vas essayer d'me frapper, j'le sais très bien ! »

« Ohhhh que non, je ne vais pas seulement essayer, comme tu dis, mais je vais carrément y arriver! »

« Raison de plus ! » Refusa à nouveau le basané, qui avait fait le tour du sofa dans le but d'échapper à son tortionnaire.

« Tu sais que tu ne fais que reculer l'inévitable ? Et ça fera d'autant plus mal quand je te tomberai dessus... Alors que si tu acceptais de te rendre maintenant... on pourrait envisager une réduction de peine... »

« P'tain j'y crois pas, c'est toi qui parles comme un flic maintenant ! »

« Il faut dire que j'ai eu un bon professeur en ce qui concerne les menaces... » Asséna Kagami, pince sans rire.

« Ouais bah aaaaahh ! »

La vaillante panthère venait comme par hasard de trébucher sur la jambe involontairement TENDUE d'Himuro, s'étalant par terre de toute sa grâce...

« Oups... quelle maladresse, on dirait bien que j'ai laissé traîner mon pied... »

« Saloperie de Sauron... tu vas m'le payer et aaah mais bordel, Kagamiiiii calme-toi ! » Flippa Aomine, dont le tigre s'approchait dangereusement.

« Hmm... vous pourriez arrêter de vous courir après comme ça ? J'arrive pas à regarder la télé, vous faites que passer devant et en plus, ça commence à me donner le tournis... » Intervint mollement le panda.

« Je ne serai calme que quand je t'aurai enfin réduit au silence une bonne fois pour toutes ! »

Et sur ces sages paroles, Kagami lui bondit dessus comme un fauve affamé, profitant de ce que le brun était en affalé au sol pour ce faire. Sentant les mains de Kagami se passer autour de sa gorge, Aomine commença à se débattre, ce qui engendra deux effets indésirables.

Le premier, fut que la serviette toujours aussi lâche d'Aomine, se détacha, prête à se faire la malle.

Quand au second, il consistait en l'obligation pour Kagami se s'asseoir de tout son poids sur le bassin d'Aomine, pour le bloquer et l'empêcher de fuir à nouveau.

Or la somme de cette position couplée à la prise de Kagami, provoqua un dernier effet indésirable côté d'Aomine...

« ! »

… Effet qui ne plut pas du tout à Kagami, dont le visage se teinta d'un pourpre à faire pâlir de jalousie la cape d'un toréador.

Aomine tenta bien de justifier la présence d'une bosse SUSPECTE qui poussait sous les fesses de Kagami, mais comme d'habitude, ce fut un échec.

« Désolé, mais moi, me faire étrangler, ça m'excite ! Surtout quand je sens ton cul contre ma bite à moitié découverte ! »

... Autant dire que le choix des mots y était également pour beaucoup...

Au comble de la rage et de l'embarras, Kagami resserra sa prise mortelle, mais Aomine, en guise de dernières volontés, leur fit part d'une information qui déjoua son morbide destin :

« … aaaah mais stoooooop ! J-je sais où vous pouvez trouver un local paaaaaas cherrr ! »

« Quoi !? » Se méfia Kagami, sans desserrer pour autant son étreinte.

« L-laisse-moi parler, ok ? »

Kagami lança un regard interrogatif à Himuro, comme pour le laisser trancher.

« Bof. Il va sûrement encore en profiter pour dire des insanités. Achève-le. »

« AAAAAH NAAAAN ! Mais n'écoute pas ce putain d'émo, il essaie de te manipuler Kagamiiiiii ! » Il mit attrapa les avants bras de Kagami pour l'empêcher de serrer davantage. « J'te jure que j'ai réellement un truc intéressant à dire cette fois ! »

« Ok, mais fais vite ! »

Le brun massa un peu sa gorge endolorie.

« Bon alors ça vient ? »

« Oui bah une minute Sasuke ! Ton pote m'a broyé la trachée ! »

« Non mais quelle p'tit nature, sérieux... » Soupira Kagami, sans pour autant lâcher Aomine.

« Bref... je disais donc... Je sais où vous pouvez trouver un local abordable et non occupé. »

« Ah ouais ? Et où ? »

« Tout près d'ici. J'pourrai éventuellement vous y emmener, si vous me laissiez me relever et m'habiller, bien entendu... »

« Hmmm... Qu'est-ce que tu en penses Tatsuya ? »

« J'en pense que ça pue l'arnaque à plein nez. D'un autre côté... on n'a pas tellement le choix. On peur donc lui faire confiance pour le moment et aller voir... Ca ne coûte rien, mais si c'est du pipeau, il sera toujours temps de nous venger plus tard. »

« Ok, pourquoi pas... Mais... comment ça s'fait que t'es au courant d'un truc comme ça toi ? »

« Je vous expliquerai tout une fois sur place, ce sera plus simple. » Répondit mystérieusement Aomine.

Kagami le libéra donc et Aomine alla se servir des vêtements dans la chambre du rouge, comme cela avait été convenu au départ. Quelques minutes plus tard, il revint vêtu d'un survêtement noir tout simple. Avoir des mensuration proche de son petit-am... heu de Kagami était vraiment pratique et possédait son lot d'avantages finalement.

Aomine sortit sans un mot de l'appartement, bientôt suivi de Tatsuya et Murasakibara. Kagami ferma la marche, en même temps que son appartement et il se dépassa ensuite de remonter à la hauteur d'Aomine. Le soudain sérieux de son voisin ne lui disait bizarrement rien qui vaille et même si Kagami avait envie de croire Aomine, il avait bien quelques doutes... Quoique le basané n'était pas du genre à inventer des cracks pour se défiler. Mais puisque tout le monde gardait le silence, Kagami en fit de même, malgré les questions qui se bousculaient dans sa tête.

Et à ce stade, elles étaient nombreuses.

Le mystère entourant Aomine semblait s'épaissir de jour en jour et à chaque fois que Kagami avait le sentiment de faire un pas en avant, cette timide progression se retrouvait toujours systématiquement annulée par deux pas en arrière...

Difficile dans ces conditions de percer à jour les secrets d'Aomine...

Mais Kagami y était bien déterminé, malgré les divers contretemps.

« J'espère que c'est pas trop loin, parce que j'ai oublié de prendre quelques sucres d'orge pour la route... » Pesta Murasakibara.


Lorsqu'après environ dix minutes de marche à un rythme soutenu ils débouchèrent dans le petit quartier tranquille de Yongen Yaga et ses ruelles commerçantes peu fréquentées, Kagami comprit qu'Aomine n'avait pas menti. L'ancien représentant de la loi les guida en effet jusqu'à la vitrine d'un local qui paraissait inoccupé depuis un bon moment. Sur la devanture, on pouvait lire « Sakurai's Garden », mais allez savoir pourquoi, Kagami ne remarqua pas le « i » et ne décrypta donc que le mot « Sakura », ce qui semblait assez logique pour un ancien fleuriste, puisqu'en japonais, cela signifiait « fleur de cerisier ».

Mais ce qui en revanche étonna Kagami fut qu'Aomine ait connaissance d'un tel endroit...

A quelle occasion le brun aurait-il pu aller acheter des fleurs ? Pour l'une de ses... nombreuses maîtresses ? A moins qu'il ne soit juste passé par hasard devant la boutique lors de l'une de ses patrouilles. C'était probable, vu que le commissariat d'Aomine était situé à seulement deux ou trois rues d'ici. D'ailleurs, assez ironiquement, cet endroit semblait hors du temps. Complètement déphasé et même perdu au milieu de la jungle urbaine, entouré de buildings gigantesques qui dévoraient l'espace, en cachant le ciel.

« Voilà, c'est ici. »

Himuro s'avança suffisamment pour pouvoir coller son nez à la vitrine poussiéreuse, dans l'espoir de voir à travers.

« Wow it seems huuuge inside ! »

« Ouais, y a presque cent mètre carrés, sans compter le sous-sol... »

Tous se tournèrent vers Aomine, surpris qu'il en sache autant. Il était définitivement déjà entré ici pour pouvoir affirmer cela avec une telle conviction.

« Oui enfin, tout ça c'est super, mais je ne vois pas le moindre écriteau « A LOUER »... »

« Ni les coordonnées du propriétaire... » Objecta à son tour Kagami.

« Pas besoin de ça. »

« Hein ? »

Aomine s'avança vers la porte d'entrée et il sortit une clé de sa poche, la faisant coulisser dans la serrure sous le regard encore plus perplexe qu'il ne l'était déjà des trois autres hommes.

« Aomine... ? »

« Dépêchez-vous d'entrer, j'aimerai bien qu'on soit repartis d'ici avant qu'il ne se mette à flotter... » Répondit juste le basané, en levant le nez vers les gros nuages menaçants qui se déplaçaient dans les airs.

Himuro ne se fit pas prier.

Muarasakibara non, le suivant docilement comme un bon petit chien à l'intérieur.

Quant à Kagami, il resta un instant à fixer Aomine, toujours planté dans l'entrée, tenant la porte ouverte pour eux. Le rouge tenta de scanner le visage de son voisin, d'ordinaire si fermé et indécryptable. Mais cette fois... on pouvait clairement dire et même sentir à quel point Aomine était affecté. Le cœur de Kagami se serra. Qu'est-ce que tout cela voulait dire ?

Pourquoi Aomine possédait-il la clé de cette ancienne boutique de fleurs ?

Et surtout, pourquoi avait-il l'air si triste de revenir ici ?

Que s'était-il réellement passé à cet endroit ?

Kagami prit finalement la décision de pénétrer à son tour dans le local, sans parvenir à s'expliquer cette gêne qu'il ressentait. Un frisson lui parcouru l'échine et il avait la désagréable impression de violer un sanctuaire. Pourtant, la boutique était totalement vide et rien ne le justifiait. Mais un détail lui revint à l'esprit : le bonzai d'Aomine, celui où il plaquait ses économies. Pour Kagami aucun doute possible, l'arbuste provenait bien de cet endroit. Mais cela ne répondait toujours pas à ses questions...

Malgré ce manque flagrant d'information, cela ne l'empêchait pas de ressentir un déchirement chez Aomine... Et un instant, le tigre envisagea même de prendre la main de la panthère dans la sienne... juste pour le soutenir par sa simple présence...

En tout cas, force était de constater que Tatsuya et Murasakibara étaient beaucoup moins regardants que lui sur le passé de son tumultueux voisin !

En effet, les deux hommes étaient déjà en train de fouiner partout et Himuro prenait même des notes sur son téléphone.

« Cent mètres carrés donc, tu dis ? »

« Et un sous-sol qui peut faire office de réserve. »

« Hmm... c'est vraiment pas mal niveau surface... Un peu grand, peut-être. Et puis, c'est un ancien fleuriste ici, si j'ai bien compris ? Alors il manque une cuisine. Qu'il va falloir faire installer, parce qu'en l'état ce n'est pas exploitable en tant que restaurant ou café. Or, ça risque de coûter bonbon, même si on n'utilisait que du mobilier de seconde main. Et couplé au coût du loyer, j'ai bien peur qu'on ne s'en sorte pas... »

« Le loyer, c'est pas un problème. » Assura Aomine d'une voix neutre.

« Tu penses que le propriétaire pourrait nous faire un prix ? C'est un ami à toi ? »

« … C'est lui le propriétaire Tatsuya... Pas vrai Aomine... ? » Intervint faiblement Kagami, qui trouvait le lieu suffoquant pour une raison inconnue.

Il se sentait réellement mal.

Etriqué malgré l'espace pourtant conséquent.

« Ouais enfin... c'est un peu plus compliqué que ça en vrai... A la base ça appartenait à un ami à moi mais... bon bref, disons qu'il est... parti... » Il y avait quelque chose qui sonnait faux et presque douloureux dans la manière dont Aomine avait prononcé ce dernier mot et cela n'échappa pas à Kagami, même si Aomine fit de son mieux pour ne rien laisser paraître, se reprenant rapidement. « Et j'ai en quelque sorte... hérité de cet endroit. Jusqu'ici, je ne savais pas trop quoi en faire, mais bon, s'il vous convient, je peux... »

Kagami caressa les murs, sentant une histoire tragique derrière ceux-ci et... justement, il venait de poser un pied dessus, remarquant des marques au sol. Ressemblant à celles de son appartement...

« … Aomine... tu avais aussi prévu de partager cet endroit en deux, n'est-ce pas ? Pourquoi ? »

Il s'en voulait presque de devoir poser ces questions, mais il avait égoïstement besoin de savoir ce que son voisin s'appliquait tant à lui dissimuler.

« Parce que mon ami en question voulait qu'on s'associe. Enfin, grosso modo, comme il possédait déjà ce grand local en tant que fleuriste, il m'a proposé d'en occuper l'autre partie avec heu... une agence de détective. MON agence... »

« Alors tu avais déjà pour projet de quitter la police... ? Je veux dire... de manière volontaire ? »

« Ouais, mais ça n'a pas pu se faire à l'époque pour plein de raisons différentes, alors j'ai laissé tomber et j'avais un peu oublié tout ça du coup. Et puis de toute façon, mon ami n'est plus là maintenant alors... à quoi bon continuer tout seul ? Sans lui, je n'aurai pas la force de m'organiser. »

« Comme quoi, même des moins que rien comme toi peuvent avoir une certaine ambition pour vouloir se mettre à leur compte. » Lâcha Himuro.

« Tatsuya ! » Le réprimanda immédiatement Kagami, prenant le parti d'Aomine.

« Nan laisse. » Soupira Aomine. « Il a raison, je n'ai pas eu les couilles d'aller jusqu'au bout... »

« Mais ça pourrait changer. » Se rattrapa Himuro.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Se méfia Aomine, qui n'était décidément pas dans son état normal.

Il semblait en effet plus vulnérable tout à coup.

« Rien ne t'empêche de le faire maintenant. Tu quittes définitivement la police et tu commences à ne bosser que pour toi. »

« Mouais, j'sais pas si ça vaut le coup... »

« Aomine... ne fait plus partie de la police de toute façon... Je ne disais pas cela pour plaisanter tout à l'heure... » Avoua Kagami à demi-mot. « C'est aussi pour cette raison que j'étais descendu chercher le journal... afin de regarder les petites annonces et l'aider à retrouver un boulot... »

« Quoi ? Tu t'es vraiment fait virer ? Ou alors tu as donné ta démission ? » Kagami s'apprêtait à tout avouer concernant Nash, pour prendre la défense d'Aomine, lorsqu'Himuro reprit sans lui en laisser le temps : « Baaah... ça n'a pas d'importance à vrai dire. Ce qui compte avant tout, c'est que tu vas enfin pouvoir réaliser ton rêve maintenant ! Plus rien ne t'en empêche ! Et même, je vais te dire, si tu acceptes de nous louer cet endroit à un prix correct, on pourrait partager nos bénéfices avec toi ou même t'aider à installer ton affaire. »

« Comment ça ? »

« Tu ne comprends donc pas imbécile ? Tu as déjà fait des marques et pris des mesures, ce serait bête de s'arrêter en si bon chemin ! On a juste qu'à t'aider à réaliser la vision que tu as eue pour cet endroit ! Alors ok au final, tu ne partageras pas ce local avec ton ami fleuriste, mais je pense qu'un café et une agence de détective privé peuvent parfaitement cohabiter sous le même toit. Enfin, si tu acceptes de nous accueillir, bien entendu ! »

Kagami cligna des yeux.

Il avait trouvé Himuro bien méprisant dans ses précédentes paroles, mais brusquement, voici que le brun au grain de beauté venait de changer de discours ! Kagami n'arrivait pas à croire ce que son frère proposait ! Cette alliance totalement inattendue et généreuse de sa part, sonnait... désintéressée... Gentille, même ! Et un peu déroutante...

« Je verrai bien un bar ici ! » Enchaîna Himuro, sans laisser à un Aomine aussi surpris que Kagami, le temps de répondre. « Quel dommage que je n'ai pas pensé à emmener des instruments de mesure pour prendre des cotes ! »

C'était un retournement de situation auquel personne ne s'attendait, encore une fois. Himuro n'avait fait preuve jusqu'ici que d'animosité envers Aomine et encore, ça, c'était dans le meilleur des cas. Mais à présent le dragon lui offrait carrément de s'associer... ? On pouvait légitimement se demander ce qui avait valu à Aomine cet étrange revirement.

« Heu Tatsuya... ? » Tenta tout de même prudemment Kagami, qui trouvait décidément l'attitude de son frère suspecte.

« Oui ? Tu ne vois pas que je suis occupé Taiga ? Je suis en train de commander un moulin à café ARTISANAL grâce mon téléphone ! »

« Pourquoi t'es si sympa avec moi tout à coup ? C'est louche... » Compléta beaucoup plus franchement Aomine.

« Non mais vous vous entendez tous les deux ? Alors on n'a plus le droit de se montrer courtois sans soulever les pires suspicions de nos jours ? Alalala vous me décevez, surtout toi, Taiga ! Comme si j'étais du genre à cacher mes véritables intentions ! Enfin bref, il n'y a pas d'entourloupe, j'étais sincère tout à l'heure et je me suis donc montré sincèrement empathique. Moi, j'ai besoin de ce local et Aomine-kun a besoin de le louer. C'est aussi simple que ça, je ne fais pas dans la charité, c'est du donnant-donnant là ! Tu vois, chacun y trouve son compte ! »

« Hmm... »

« Bon, puisqu'on en est à parler des sujets qui fâchent, combien tu demandes par mois ? Est-ce que je dois te verser ou plusieurs loyer d'avance ? Tu peux me confier la clé de la boutique pour que je puisse faire venir un architecte d'intérieur ? Oh et dernière question, à quel moment suis-je sensé te payer ? Plutôt en début ou en fin de mois ? C'est important qu'on soit clairs là-dessus des le débuts, parce que les bons comptes font les bons amis ! »

« … Tu veux vraiment savoir tout ça maintenant, alors que toi et moi on ne peut vraiment pas se blairer.? »

« Hahahaha you are such a funny guy ! » Pouffa de rire Himuro, venu se coller à Aomine, pour le gratifier (ou plutôt le PUNIR) d'un coup de coude tout sauf léger dans les côtes.

… Vous savez le genre de coup sournois, où on enfonce la pointe de l'os dans la chair pour vous couper la respiration...

Aomine grimaça de douleur, mais il ne broncha pas, ayant sans doute capté le message. Himuro ne souhaitait en effet pas qu'il se bouffe le nez devant Kagami. Ce dernier devait déjà être assez inquiet comme ça quant à leur... association pour le moins contre-nature...

« Prétendre qu'on ne peut pas se "blairer" c'est un peu fort de café ahahaha... Mais tu as raison : on réglera ces détails une autre fois... »

Sous-entendu : « en privé... »

Plus Kagami les voyait agir l'un avec l'autre et plus il avait cette inexplicable sensation que les deux bruns se connaissaient... Avant que Kagami ne les ait présentés l'un à l'autre, cela s'entend bien-sûr. Mais quand auraient-ils bien pu se rencontrer et surtout, dans quel contexte ? Hmm... mais ce n'était qu'une intuition après tout, cela ne se basait sur rien de concret. Après tout, il pouvait tout aussi bien s'agir de deux coqs bataillant pour s'octroyer les faveurs de la seule poule de la basse-cour... même si Kagami n'aimait pas trop se dépeindre ainsi... enfin, c'était le comportement des deux autres garçons qui lui inspirait ce genre d'explication et... d'identification...

« Bon, si on rentrait ? »

« Ouais ok. » Céda Aomine, que la perspective de rester ici plus que de raison n'enchantait guère.

« De toute façon, il faut que je repasse par chez moi prendre quelques papiers avant de passer à la banque... »

« Dans ce cas, moi et Atsu on va vous laisser. On se dit à demain Aomine-kun ? Huit heures ça te va ? »

« Si c'est huit heures du soir, ok. Mais si c'est le matin, tu peux te brosser... j'suis pas une poule moi (tiens, tiens...), me lever aux aurores, c'est pas mon truc ! »

« Bon disons... onze heures dans ce cas ? J'engagerai quelqu'un pour la déco et les mesures. On pourra rediscuter ensemble de ce que tu souhaites de ton côté et aborder l'aspect pécuniaire à ce moment-là... »

Encore une fois FORTEMENT sous-entendu « Sans Kagami. »

Mais après tout, cela ne dérangeait pas vraiment le rouge. Il n'avait en effet pas son mot à dire concernant les transactions des deux futurs associés. Et puis, il pensait pouvoir compter sur Murasakibara pour les séparer en cas de conflit, bien que le géant se rangerait plus probablement du côté de son amant... Mais bon, Aomine avait bien assez de répondant pour faire face au couple, alors Kagami ne s'en faisait pas vraiment pour lui.

Les deux duos se séparèrent une fois dehors, mais non sans qu'Himuro ait lancé à Aomine qu'il était bien imprudent de laisser la vitrine ainsi exposée que des stores métalliques ou une grille seraient les bienvenus. Aomine nota mentalement cette recommandation, mais rien ne garantissait qu'il la suivrait...

Et une fois seul avec Aomine une nouvelle salve de questions refit surface dans la tête de Kagami. Le roux dut prendre sur lui pour éviter de les poser. Evidemment, une part de lui voulait savoir, mais l'autre respectait le vœu de silence d'Aomine. Et Kagami ne comptait pas le forcer à se confier. Déjà parce qu'il n'était pas certain de posséder ce pouvoir, mais surtout parce que de son côté, Aomine faisait de même à son égard. Et tant que chacun gardait ses distances vis-à-vis des secrets de l'autre, il n'y avait pas de raison de déterrer la hache de guerre, en commettant un pécher d'indiscrétion...

Car ne dit-on pas que la curiosité est un vilain défaut … ?

Kagami en était plus que jamais persuadé et le trajet retour se fit dans le même silence que l'aller.

… Cependant, la donne changea radicalement, lorsqu'en rentrant chez lui, Kagami glissa et s'explosa les fesses par terre dans le couloir !

Apparemment, il n'avait pas assez bien essuyé le massacre d'Aomine, qui n'avait même pas eu le temps de sécher en leur absence...

« Merde ! J'ai le cul tout mouillé ! »

« Pourquoi ? » Demanda un Aomine amusé, dont la langue semblait s'être déliée par magie. « Je t'excite ? »

« Nan, c'est l'carrelage... »

« Le carrelage t'excite ? » Souffla t-il sensuellement.

« NON ! C'EST LE CARRELAGE QUI EST MOUILLE ! » Précisa Kagami déjà à bout de nerfs.

« Tu veux dire que le carrelage est mouillé parce que je l'excite... ? »

« MERDE, VOILA ! » Hurla le tigre.

… Mais cette petite chute avait eu le mérite de détendre l'atmosphère, qui avait même gagné en légèreté.

« … C'est sympa de ta part de dépanner Tatsuya. T'étais pas obligé, je sais que tu n'le portes pas dans ton cœur... »

« Et pourtant, j'vais devoir m'le taper au quotidien maintenant, en bossant dans la même pièce que lui. M'enfin, techniquement, on mettra un mur de séparation alors... ça devrait m'éviter de trop voir sa tronche de gothique. Quoiqu'il est pas mal physiquement, seulement c'est dommage que le reste ne suive pas... »

« … Tu sais que ce que tu viens de dire peut également s'appliquer à ton sujet... ? » Soupira Kagami, main tendue vers le brun pour qu'il l'aide à se relever.

« Nan, moi, j'suis rien qu'un poète incompris. Mais un jour viendra où on reconnaîtra mon génie ! » Sourit le basané, en saisissant la main de son voisin.

Il hissa ensuite Kagami sur ses deux jambes sans la moindre difficulté et le tigre se retrouva dans ses bras. Leurs regards se captèrent à nouveau...

Et le temps sembla suspendre son vol, comme à chaque fois qu'ils étaient seuls de cette façon l'un avec l'autre.

« Taiga... » Susurra Aomine.

Ses lèvres s'approchèrent lentement de leurs jumelles...

« … J'espère que tu ne l'as pas fait dans l'optique de me mettre dans ton lit... parce que laisse-moi te dire que même si c'était un plan ingénieux, il ne fonctionnera pas ! » Le rabroua l'américain.

Mais Aomine ne s'en laissa pas conter...

« Tu crois vraiment que j'ai b'soin d'utiliser une manœuvre aussi téléphonée et ringarde pour arriver à te pécho... ? Non mais, tu m'as bien regardé ? Mon physique à lui seul suffit, tu l'as toi-même avoué indirectemen peine deux minutes ! »

Hmm... n'empêche, maintenant qu'il prenait un peu plus de temps pour y réfléchir, Kagami comprenait pourquoi Himuro avait accepté si vite la proposition d'Aomine et également pour quelle raison il l'avait même enrichie... En effet, si les deux bruns étaient amenés à travailler ensemble, cela donnerait à Tatsuya tout le loisir de SURVEILLER qu'Aomine n'approche pas son petit frère de trop près. Et c'était plutôt malin... Cette réalisation fit glousser Kagami. Aomine s'était fait avoir sur toute la ligne. Clairement, Himuro venait d'ACHETER une autorisation déguisée d'espionnage...

« Quoi ? J'ai dit un truc marrant sans faire exprès ? »

« Tu dis TOUT LE TEMPS des trucs marrants... ! »

Mais quelque part, ça aussi, ça faisait partie intégrante du charme de la panthère.

Sacré Himuro quand même... la tronche qu'allait faire Aomine en le découvrant à son tour...

Enfin pour l'heure, Himuro semblait être la dernière des préoccupations du félin à la robe noire. Et pour cause, ce dernier avait entamé de déposer des baisers dans la nuque de Kagami.

« Aomine... » Protesta sans grande conviction Kagami.

« Bah quoi ? J'ai fait une bonne action... j'ai donc bien mérité une petite récompense, non ? »

« Je croyais que c'était une méthode ringarde et dépassée... »

« C'est vrai, mais personne ne peut résister à la figure du chevalier servant qui surgit de l'ombre pour sauver sa princesse en détresse... C'est bien connu. »

« Hmm... »

Honnêtement, cette fois Kagami se sentait tout proche de céder. Il n'avait plus aussi peur d'Aomine qu'avant, preuve que ce que le brun avançait possédait un fond de vérité et de bon sens. Son corps ne lui lançait plus aucune alerte, bien au contraire... Il ne lui avait même jamais paru aussi réceptif aux avances de la panthère sensuelle...

.. Et le fait qu'elle ne sente pas le bouc en rut vivant dans une décharge de pesticide cette fois ne constituait pas un obstacle...

« … Tu t'rends compte que j'viens d'accepter d'me coltiner ton enflure de frère ET qu'en plus j'ai bu tout le putain de thé sans alcool que tu m'as servi également... ? »

Kagami fondait sous la voix chaude de son agresseur et lorsque celui-ci souleva son pull pour y glisser les mains à la recherche de chaleur cutanée, un gémissement désespéré échappa au tigre, signalant son émoi profond...

Mais à nouveau, il fut sauvé par le gong. Enfin, « sauvé » était un bien grand mot. Il se serait bien laissé manger cette fois... Son téléphone portable venait de vibrer dans sa poche et Kagami le consulta pour confirmer ce qu'il savait déjà :

« C'est un SMS... de ma banque... aaaah... »

Aomine venait de lui griffer les abdominaux pour les forcer à se contracter.

« … Pour me dire que mon chéquier est arrivé et que je dois... gnnnhhh... aller le chercher à l'agence dès que possible... »

« On aura qu'à y aller après avoir baisé. »

Kagami ne tiqua même pas sur le terme cru employé par la panthère.

« N-non... arrête, il faut vraiment que j'y aille avant la fermeture de midi... c'est dans vingt minutes. »

« Ok, j'viens avec toi. »

Là, le roux s'imagina un instant se balader avec Aomine le suivant comme un chien, puis être obligé de l'attacher à un poteau devant la banque pour qu'il l'attende sagement...

« Pas la peine, j'en ai vraiment pas pour longtemps... »

« Pfff... t'es chiant... Une princesse a toujours besoin de son chevalier pour l'escorter ! »

« On en a déjà discuté tous les deux : tu n'es pas obligé de me suivre partout. Il ne va rien m'arriver, tu sais. T'as qu'à nous commander une pizza ou ce que tu veux le temps que je rentre si tu as faim, ok ? »

« C'est vrai ? » Aomine venait de mordre à l'hameçon de la diversion. « J'peux choisir c'que j'veux ? » Demanda t-il, des étoiles plein les yeux.

Trop mignon.

« Ouais. Promis, j'ferai vite. De toute façon, j'prends mon portable, tu peux m'appeler en cas de souci. »

« Mouais ok, t'as raison faut bien quelqu'un pour garder la maison. »

… ok, là c'était carrément Aomine qui s'attribuait tout seul le rôle du chien !

Qu'à cela ne tienne, Kagami attrapa son portefeuille, qu'il glissa dans la poche arrière de son jean, prêt à sortir avant qu'Aomine ne change d'avis. Mais au lieu de chercher à l'en empêcher, Aomine ajouta :

« Quand tu rentreras, on parlera ensemble de mon projet d'agence de détective. C'est vrai que c'est un projet qui m'a toujours tenu à cœur, sauf que jusqu'ici, je le pensais irréalisable. Toi et Himuro vous avez su me convaincre du contraire, mais il va falloir assumer maintenant. Je compte sur toi pour me filer un coup de main et pourquoi pas, devenir mon associé ? Mon véritable associé j'entends... »

« Mais... je n'y connais rien au travail de détective... »

« Et alors ? Tu peux m'assister de bien des façons tu sais... à commencer par le traitement de la partie administrative. Ca m'enlèverait déjà une sacrée épine du pied... et venir faire le ménage de temps en temps au local aussi. »

« Mouais. T'as plus besoin d'un larbin que d'un assistant quoi... » « … Ou une secrétaire à lunettes sexy qui passe plus de temps à quatre pattes sous le bureau que sur ses dossiers... » Pensa Kagami. « Mais... je ne dis pas non. Je vais réfléchir à la meilleure manière de te soutenir. » Sourit-il en refermant la porte derrière lui.

Il en avait des papillons dans le ventre et le cœur léger. Dire qu'il avait vu toutes ces bouteilles d'alcool vides chez Aomine, ainsi que près de trois sortes d'anti-dépresseurs différents... Mais entendre Aomine parler de la sorte, en faisant des plans pour un futur... commun... cela rassurait Kagami sur son état. C'était bon signe. Signe que le brun faisait des efforts et commençait à relever. Leur présence mutuelle leur faisait du bien et ils semblaient enfin sur la même longueur d'ondes, à vouloir construire des choses ensemble. Finalement, ça tenait à peu de choses... Un petit coup de pouce était peut-être tout ce dont Aomine avait réellement besoin dans le fond...

C'est sur cette note optimiste que Kagami se rendit à la banque.

Il n'y avait pas foule, peut-être... trois ou quatre personnes devant lui et seuls deux guichets étaient ouverts. Le rouge consulta impatiemment sa montre.

Midi moins dix.

Merde. Il n'aurait sans doute pas le temps de passer et il espérait que l'hôtesse serait arrangeante et ne fermerait pas juste devant lui, quand ce serait enfin son tour de passer...

Il n'avait qu'une hâte : se dépêcher de rentrer pour retrouver Aomine et parler de l'AVENIR !

La porte s'ouvrit derrière lui et trois hommes habillés en noir pénétrèrent à leur tour dans l'établissement...

A cause des écouteurs qu'il avait mis dans ses oreilles, Kagami ne les remarqua pas, tout juste sentit-il le courant d'air occasionné par leur entrée précipitée.

Pas plus qu'il ne nota la cagoule qui couvrait leur visage...

… Ni les fusils chargés qu'ils portaient...

Une voix grave tonitruante retentit alors, déchirant le silence de la file d'attente.

« Ceci est un hold up ! Mains en l'air, que personne ne bouge et tout s'passera très bien ! »


OMG ce cliffhanger tellement SALE et gratuit...

Oui, je suis vraiment une belle saloperie de leur faire ça alors que tout semblait s'arranger pour eux...

Comme d'habitude, j'attends donc vos impressions et autres théories par reviews ! ;p

Merci de m'avoir lue et à la prochaine ! (sans doute pour le défi littéraire de février ;) )