Attention : ce chapitre contient, sans détails explicites, de la violence, y compris sexuelle, y compris sur des enfants
Exceptionnellement, ce chapitre n'est pas du point de vue de Manon, mais d'un point de vue extérieur/omniscient.
Flashback – Mardi 9 janvier 1996
Manon prenait son petit déjeuner en écoutant Harry raconter à Hermione et Neville ce qui s'était passé la veille au soir.
« C'est vraiment le Furet le cinquième mage ? » murmura soudain une voix à son oreille.
Manon tourna la tête et vit le visage de Fred penché vers elle. Elle sourit :
« Eh oui. Et ce n'est pas l'ennemi que vous pensez. Il avait pas mal d'influences sur lui. On les a enlevées hier soir. Et il a déclaré après qu'il ne hait pas Harry et Hermione. Et avant que vous protestiez, je suis empathe. Je sais quand quelqu'un est sincère. »
Fred ouvrit la bouche et la referma, puis soupira :
« Bien, on va voir ce que ça donne, alors. On te promet de ne pas l'attaquer à vue s'il se rapproche de nous.
–Merci. »
Elle ne pourrait rien obtenir d'autre des jumeaux pour le moment, à cause de l'animosité qui avait régné pendant des années entre Draco et les Gryffindors, mais cela lui suffisait. La confiance qui s'établirait avec le temps serait plus solide qu'une confiance aveugle dès le départ, juste parce qu'elle avait décidé qu'il le fallait.
Elle attrapa sa tasse de café (un cadeau des jumeaux, qui s'étaient glissés en cuisine dimanche soir pour demander aux elfes s'il pouvait également y avoir du café à la carte du petit déjeuner) et la but d'un trait, savourant le goût légèrement amer, mélangé au lait et au sucre. Brusquement, elle se figea, sa tasse toujours dans la main, les yeux droits devant elle fixant quelque chose qui ne semblait pas se trouver dans la Grande Salle. À côté d'elle, Harry vit cet étrange comportement et fronça les sourcils :
« Manon ? »
Soudain, la tasse qu'elle serrait dans sa main explosa et la jeune fille lança un hurlement à faire froid dans le dos. Toute la Grande Salle devint immédiatement silencieuse, tournée vers l'origine du cri. Harry la prit par l'épaule et la sentit extrêmement tendue :
« Manon ? Qu'est-ce qui se passe ?
–Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Laissez-moi tranquille ! » cria-t-elle en français en se débattant.
Surpris, Harry, bien que n'ayant pas compris les paroles, la lâcha et se tourna vers Hermione :
« Tu as compris ?
–Elle t'a demandé de la lâcher, mais elle t'a vouvoyé. Une forme de politesse, ajouta-t-elle en voyant l'incompréhension de Harry. Une forme qu'on n'emploie certainement pas avec un camarade, un ami ou un petit ami. »
Harry ouvrit de grands yeux et se tourna à nouveau vers sa petite amie pour poser doucement une main sur son bras :
« Manon, c'est moi... Harry... Dis-moi ce qui se passe... »
Elle se dégagea en protestant en français, et cette fois, Hermione fut incapable de traduire : la jeune fille parlait beaucoup trop vite pour ses compétences suffisantes en vacances, mais loin d'être courantes.
« Qu'est-ce qui se passe ici ? » fit la voix du Professeur McGonagall, qui était suivie par le Professeur Snape.
Harry regarda les deux adultes, visiblement en panique :
« Je ne sais pas. Elle venait de boire son café, et elle... elle s'est figé, la tasse a explosé, et elle a commencé à crier en français. Apparemment, elle ne veut pas qu'on la touche, mais personne ne sait pourquoi : elle ne parle qu'en français.
–Du café ? demanda le Maître des Potions en s'approchant de la table encore chargée du petit déjeuner. Qui d'autre boit du café par ici ?
–Personne, » répondit Hermione.
Le Professeur Snape attrapa le pichet de café trônant devant Manon, et lança quelques sorts dessus, avant de renifler et d'en verser dans un verre transparent pour l'examiner à la lumière. Puis il sortit de ses poches une petite fiole dont il versa le contenu dans le verre. Le liquide brun devint aussitôt orange terne, un ton presque maladif. Il fronça les sourcils, lança un nouveau sort, puis il se tourna vers sa collègue :
« Dementor's Dream. »
Le Professeur McGonagall pâlit :
« Vous êtes sûr ?
–Certain. »
Le potioniste se tourna vers la tablée :
« Miss Nestral est en train de revivre son pire souvenir, et ne peut se libérer de la potion que si elle parvient à le raconter en détail. Qui parle français ici ?
–Moi, répondit Hermione, mais mon niveau n'est pas suffisant. Elle parle trop vite. »
Le Professeur Snape l'observa un moment puis, sans faire de commentaire, examina l'ensemble des étudiants de la Grande Salle, toujours silencieux et attentifs. Il s'arrêta sur sa Maison : beaucoup de nobles, beaucoup de jeunes gens ayant au moins appris les bases du français. Qui pourrait être meilleur que cette je-sais-tout de Granger ?
« Miss et Miss Greengrass, Mr Malfoy ! lança-t-il soudain. Qui entre vous trois parle le mieux français ?
–Draco, » répondirent en chœur les deux sœurs Greengrass sans même se concerter.
Le regard du professeur se posa sur son filleul, qui hocha la tête et se leva, comprenant l'ordre implicite de rejoindre immédiatement son parrain.
Quand il arriva devant la tablée des Gryffindors, Manon était roulée en boule, les genoux ramenés contre sa poitrine, en train de sangloter. Harry avait réussi à la serrer dans ses bras sans qu'elle se débatte, réconfortée par les murmures apaisants qu'il émettait, même si elle ne comprenait sans doute pas un mot de ce qu'il disait.
Même s'il se garda bien d'afficher quoi que ce soit, Draco sentit son cœur se serrer. Manon avait été la première personne en dehors de sa maison à le considérer comme Draco et non comme l'héritier Malfoy. Même dans sa propre maison, peu de personnes y étaient arrivées. D'une certaine façon, elle était devenue une amie. Et il détestait la voir dans cet état de détresse. Il regarda son directeur de maison, attendant des explications, qui ne tardèrent pas :
« Vous connaissez les effets du Dementor's Dream, Mr Malfoy ? »
Les yeux agrandis par la surprise et la peur de l'adolescent donnèrent la réponse au maître des potions, qui soupira :
« Miss Nestral semble emprisonnée dans un souvenir qui la ramène à une époque où elle ne parlait pas anglais. Nous avons besoin d'en savoir plus, et vous allez donc établir un contact avec elle. Essayez de lui faire raconter ce souvenir. »
Draco fronça les sourcils, mais obéit sans protester. Sur le banc, Fred Weasley, qui était assis de l'autre côté de Manon, lui fit une place pour qu'il puisse s'installer. Il inspira profondément et se pencha vers la jeune fille.
« Manon, est-ce que tu m'entends ? » dit-il d'une voix douce en français.
L'adolescente hocha la tête sans dire un mot.
« Est-ce que tu peux me dire quel âge tu as ?
–Huit ans et demi. »
Draco ne put masquer sa surprise. Le pire souvenir d'une vie était rarement aussi jeune. Il continua, toujours avec la même voix douce :
« Et est-ce que tu peux me dire quel jour on est ?
–Le lendemain du jour de l'an.
–De quelle année ?
–1996. »
Il fronça les sourcils. Le souvenir ne datait donc que de quelques jours ? Mais Manon avait quinze ans, pas huit... Néanmoins, il répéta les informations. Curieusement, l'incongruité de l'âge ne sembla surprendre aucun de ses amis. Ils étaient au courant, donc. Sans doute une particularité du voyage spatio-temporel qu'elle leur avait confié. Harry murmura seulement :
« Ça explique pourquoi elle ne comprend pas l'anglais... Elle n'a parlé couramment anglais qu'à partir de l'université. Tu peux en savoir un peu plus sur ce qui s'est passé ? »
Draco hocha la tête, enregistrant quelque part dans son esprit que Manon était suffisamment âgée pour avoir entamé des études supérieures, l'ajoutant au fait qu'elle avait une petite sœur de dix-huit ans, et reporta son attention sur Manon :
« Manon, tu peux me raconter ce que tu vois ?
–Pourquoi je te vois pas ? demanda l'adolescente-fillette.
–Parce que pour l'instant, tu es enfermée dans ta tête. Tu es en train de voir un souvenir, ton pire souvenir. Et moi, je ne suis pas dans ta tête, je suis dans la réalité, à côté de toi. Je ne vois pas ce que tu vois. Et j'ai besoin que tu me racontes ce que tu vois. C'est la seule façon pour toi d'arrêter de voir ce souvenir encore et encore.
–Je veux pas vivre ça encore une fois.
–Je sais, ma puce, mais si tu veux que ça se termine, il faut que tu me le racontes une fois, juste une fois, en détail. Où est-ce que tu es ?
–Je suis chez moi. Tout le monde est à la maison. Papa reprend le travail demain, et Cathy, Laura et moi, on retourne à l'école jeudi.
–D'accord. Et qu'est-ce qui se passe ?
–Y a quelqu'un qui sonne à la porte. On est surpris, parce que normalement, les gens sonnent au portail, pas à la porte. Les visiteurs sont entrés dans le jardin sans nous demander. Maman va ouvrir. C'est un vieux monsieur qui est là. Il est pas tout seul, il y a d'autres monsieurs derrière lui. Mais c'est lui qui parle.
–Tu peux me décrire ce monsieur ?
–Il est grand, il a une très longue barbe blanche, et de très longs cheveux blancs. Il a des lunettes, et une robe. Pas une robe de fille, mais une robe comme un magicien. Elle est toute bleue, avec des grosses étoiles qui brillent. Et il a un chapeau pointu sur la tête, tout bleu lui aussi, mais avec des lunes. Il ressemble à un magicien, comme Merlin dans Merlin l'enchanteur. »
Draco ouvrit de grands yeux. La description ne pouvait correspondre qu'à un seul homme. Il redressa la tête :
« Manon a-t-elle une raison d'avoir rendu Dumbledore vraiment en colère ?
–Oui, répondit Harry en fronçant les sourcils. Il est dans son souvenir ?
–Apparemment, il est en train de lui rendre une petite visite. »
Il y eut des exclamations choquées, et Harry se concentra sur l'étreinte qu'il offrait à Manon pour ne pas réagir. Il inspira profondément, puis proposa :
« Je crois qu'il vaut mieux qu'on sorte d'ici.
–Ce n'est pas une mauvaise idée, Potter, répondit le Professeur Snape. Mr Malfoy et vous, essayez de l'emmener en salle 8. Minerva, est-ce que Longbottom peut utiliser votre cheminée pour contacter Lady Longbottom ?
–Bien sûr. Pourquoi donc ?
–Parce que Manon est une protégée Potter et que Lady Longbottom est celle qui représente ma famille, répondit Harry. Et est-ce qu'il serait aussi possible de contacter Madam Bones ? Je suis sûr que le récit de Manon l'intéressera.
–L'influence de Miss Nestral doit être positive sur vous, Potter, répondit le Directeur de Slytherin dans un grognement. Minerva ?
–Je m'en occupe. Mr Longbottom, suivez-moi. Allez-y, Mr Potter et Mr Malfoy. Il va falloir convaincre Miss Nestral de vous suivre. »
Harry lança un regard à Draco, alors que le Professeur McGonagall et Neville sortaient de la Grande Salle. Le jeune Slytherin réfléchit un instant, puis ordonna :
« Tu ne la lâches pas. »
Harry haussa les sourcils, comme si c'était une remarque idiote, ce qui l'était à son avis. Draco se pencha à nouveau vers Manon et reprit, avec la voix douce qui surprenait tous ceux qui pouvaient l'entendre :
« Manon, est-ce que tu sens quelqu'un qui te serre dans ses bras ?
–Oui. C'est toi ?
–Non, c'est un ami très proche de toi. Il s'appelle Harry.
–Et toi ? Comment tu t'appelles ?
–Je m'appelle Draco.
–Comme un dragon ?
–Exactement, sourit Draco. Harry va te soulever dans ses bras un moment. Dans la réalité, il y a beaucoup de monde autour de nous et nous avons besoin d'aller dans un endroit plus tranquille, d'accord ? Comme ça, tu auras besoin de raconter juste une fois, et à ton rythme, sans être dérangée. D'accord ?
–J'ai peur.
–Je sais, chaton. Nous allons t'aider à avoir moins peur. Harry et moi, nous restons avec toi, tout le temps. Tu n'es pas toute seule. D'accord ? »
Manon resta un moment silencieuse, puis hocha la tête.
« C'est parti. Tu vas la porter. Elle est au courant, » dit alors Draco à Harry.
Harry hocha la tête et se leva sans lâcher sa petite amie. Celle-ci se blottit un peu plus contre lui. Il ignorait ce que Draco lui avait dit, mais ça avait apparemment fait des merveilles.
« Chaton ? fit soudain Hermione.
–Pardon ? s'étonna Harry.
–Malfoy vient d'appeler Manon chaton. Et ce n'est pas le premier surnom qu'il lui donne. Le premier, je ne l'ai pas compris.
–Quelque chose d'équivalent, répondit Draco vaguement. Ce sont des surnoms que j'utilise pour ma petite sœur. Elle est à peine plus jeune que Manon dans ce souvenir. »
Il vit la surprise autour de lui, et il leva les yeux au ciel, avant de déclarer avec son arrogance typique, bien loin des accents doux qu'il venait d'utiliser avec Manon :
« Oui, j'ai une petite sœur. Vous êtes nombreux à avoir des frères et sœurs, alors en quoi est-ce si extraordinaire ? Potter, suis-moi. »
Harry, visiblement amusé, obéit. Dur d'imaginer le froid Malfoy en grand frère affectueux. Et pourtant, la toute aussi froide Daphne Greengrass était d'une tendresse sans pareille envers sa petite sœur Astoria. Il sortit de la Grande Salle, suivi du Professeur Snape et Hermione, et se rendit droit vers la salle de classe 8, juste de l'autre côté du hall. C'était une salle très rarement utilisée, aujourd'hui plus souvent pour des conférences ou des réunions que pour des cours. Le Maître des Potions, en entrant, transforma un bureau en confortable canapé, et Harry s'y installa, gardant Manon blottie contre lui.
« Faites-la patienter jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre et de Lady Longbottom, » ordonna le professeur.
Draco hocha la tête et s'installa à côté de Harry, face à Manon.
« Manon, on va attendre la police. Le monsieur que tu as décrit, nous le connaissons bien, et nous avons besoin de montrer à la police ce qu'il a fait de mal, pour que plus jamais il ne puisse recommencer.
–La police va me croire ? Le monsieur a dit que si j'en parlais à la police, il reviendrait, et de toute façon, elle ne me croirait pas.
–Elle va te croire. C'est une police spéciale. Et la potion que tu as prise t'empêche de mentir. Elle sait que ce que tu racontes est vrai.
–Et vous pourrez arrêter le monsieur ? Il a fait des choses... il a fait de la magie...
–Je sais, trésor. Le monsieur est un sorcier, il fait de la magie. Mais les policiers que nous avons appelés sont aussi des sorciers, et ils savent parfaitement quoi faire avec ce genre de méchant.
–Toi aussi, tu fais de la magie ?
–Oui, moi aussi je fais de la magie. Et Harry aussi. Et toi aussi.
–Je sais, répondit Manon à la surprise de Draco. Le monsieur a dit que c'est mal que j'ai de la magie, parce que je suis la seule de ma famille à en avoir, et que donc je la mérite pas. Et donc il m'a enlevé ma magie. »
Draco haussa les sourcils, puis dit lentement :
« OK. Là, ça commence à devenir vraiment bizarre. Elle dit que c'est Dumbledore qui a bloqué sa magie, ce jour-là. Parce qu'elle est Née-Moldue.
–Je croyais t'avoir demandé de la faire patienter, fit son parrain d'une voix neutre.
–C'est ce que j'ai fait ! » se défendit Draco avant de résumer la conversation qu'il venait d'avoir avec Manon.
Il y eut un silence, puis Harry déclara :
« Il a du avoir besoin d'un prétexte pour lui bloquer sa puissance sans parler de voyage dans le temps.
–Qu'est-ce que vous dites ? demanda Manon. Vous parlez la même langue que le monsieur quand il parle à ses hommes. Vous parlez anglais ?
–Oui, ma puce, répondit Draco. Nous sommes Anglais. Et pour l'instant, tu es en Écosse.
–Non, je suis chez moi.
–Dans ton esprit, tu es chez toi et tu as huit ans, oui. Mais en réalité, tu es en Écosse, avec nous, et tu as quinze ans. Tu es à l'école avec Harry et moi. Nous sommes dans la même classe.
–Je parle écossais ?
–Non, tu parles anglais. En Écosse, les gens parlent anglais.
–Je vais savoir parler anglais un jour ?
–Oui, tu sauras parler plusieurs langues.
–Et... Je vais retrouver ma magie ?
–L'école où tu es pour le moment est une école de magie. Tu vas retrouver ta magie.
–Ce qu'a fait le vieux monsieur n'a servi à rien alors.
–Je ne sais pas Manon. Quand la police sera là, tu nous raconteras tout et tu nous expliqueras pourquoi il a fait ça. Il te l'a dit, n'est-ce pas ?
–Oui. Ça va vraiment marcher ? Quand j'aurais tout raconté, je ne vais plus voir le souvenir ?
–Tu le verras comme un autre souvenir, et plus de façon aussi réelle que maintenant. Tu me décris ta maison ?
–Pourquoi ?
–Parce que si tu te concentres sur ta maison, ça va te permettre de laisser le souvenir à l'écart un moment, le temps qu'on attende la police. »
Manon s'exécuta alors, et décrivit à Draco un petit pavillon moderne de trois chambres. D'après ce qu'elle racontait, son père avait un bon travail dans un bon restaurant, mais les revenus n'étaient pas à la hauteur, parce qu'il réinvestissait beaucoup dans le restaurant. Du coup, il gagnait tout juste de quoi assurer la vie d'une famille de cinq personnes. Ils n'étaient pas pauvres, mais ne vivaient pas dans le luxe. Sa mère ne travaillait officiellement pas, même si elle allégeait son mari de beaucoup de travail administratif. Manon raconta sa chambre, ce qu'elle aimait lire, le film qu'elle avait été voir au cinéma quelques jours auparavant, Pocahontas, et la tradition de la famille d'aller voir chaque année pendant les vacances de Noël le dernier film des studios Disney. Draco ne comprit pas grand chose, mais Harry et Hermione affichaient un sourire entendu en écoutant sa traduction, alors il n'insista pas. Apparemment, c'était parfaitement clair pour quelqu'un ayant grandi dans le monde moldu.
Enfin arrivèrent le professeur McGonagall et Neville, suivis de Lady Longbottom, de Madam Bones et de trois Aurors : Kingsley Shacklebolt, Nymphadora Tonks et un troisième que ceux qui avaient assisté aux réunions de l'Ordre n'avaient jamais rencontré. Amelia le présenta comme le représentant des forces de l'ordre françaises au Royaume-Uni. Ce serait lui qui effectuerait la traduction simultanée des propos de Manon et validerait la déposition. Draco avait juste à s'occuper de la faire raconter.
Draco inspira alors, devinant que ce qui allait suivre ne serait sans doute pas plaisant :
« Manon ? Tous ceux qui doivent écouter ce souvenir sont là. Tu veux bien juste recommencer ce que tu m'as dit tout à l'heure, avec les visiteurs qui sonnent à la porte ? On va commencer de là.
–Je dois vraiment raconter ?
–Oui, ma puce. C'est le seul moyen pour que la potion s'arrête.
–Et... et vous empêcherez le vieux monsieur de me punir parce que j'en ai parlé ?
–Le vieux monsieur ? demanda Amelia Bones en écoutant la traduction de son Auror.
–Dumbledore, répondit Harry. Continue.
–Oui, on l'empêchera de faire du mal à qui que ce soit, dit alors Draco. Et n'oublie pas, tu n'es pas toute seule, d'accord ?
–D'accord.
–Donc... Ta maman a ouvert la porte, et il y a un vieux monsieur, avec d'autres hommes. Décris à nouveau le monsieur. »
Manon obéit, et à nouveau, sa description n'apporta aucun doute à ceux qui l'écoutaient. Néanmoins, afin de lever tout doute qui pourrait faire épargner à Albus Dumbledore une condamnation, Amelia insista pour que Manon décrive son visage, avec les yeux bleus, les lunettes et le nez cassé, ainsi que la baguette magique.
Puis Manon commença son récit : comment le Professeur Dumbledore et ses hommes s'imposèrent dans le salon de la famille, comment Dumbledore, s'il n'exécuta absolument rien envers Manon et sa famille, fut celui qui donnait les ordres et expliquait les raisons de cette agression à Manon. En larmes, Manon raconta les sévices que sa famille et elle avaient subis : tortures physiques, mentales, sévices sexuels sur Manon et sa mère (dans sa grande bonté, le vieux manitou déclara qu'il épargnerait ses deux sœurs)...
Tout le monde écoutait, horrifié, le récit. Draco était presque heureux de ne pas avoir à le traduire, et plaignait l'Auror français, qui en plus de traduire, devrait rédiger le rapport officiel. C'était pire que ce qu'il avait vu aux côtés de Voldemort pendant les vacances. C'était même sans doute pire que l'initiation des Deatheaters, lorsqu'ils voulaient être intégrés dans le cercle intime de Voldemort.
Plusieurs fois, Manon sembla oublier que ce n'était qu'un souvenir, et elle recommençait à se débattre en criant, et Draco et Harry devaient faire de plus en plus d'efforts pour la maintenir dans une certaine distance par rapport à ce qu'elle voyait dans son esprit. La voix rauque à cause des larmes et des cris, elle en vint au moment où Dumbledore posa le verrou sur sa puissance, la rendant aussi impuissante qu'une non-magicienne. Elle répéta le message d'avertissement qu'il lui avait donné, et décrivit comment lui et ses hommes soignèrent les blessures physiques de tout le monde, soumirent sa famille à un sortilège de modification de mémoire, mais lui laissèrent ces souvenirs afin qu'elle sache pourquoi elle ne devait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas.
Enfin, elle papillonna des yeux, et fit le point sur ce qui se passait autour d'elle. Elle avait suffisamment raconté pour que la potion cesse de faire effet. Aussitôt, elle s'effondra dans les bras de Harry.
« Ça ne s'est pas vraiment passé, n'est-ce pas ? demanda-t-elle en retrouvant l'anglais de façon automatique.
–J'ai bien peur que si, chérie... murmura Harry tristement.
–Il... Il s'en est pris à ma famille... à une gamine de huit ans... et à sa famille... »
Harry ne trouva rien à répondre et se contenta de la serrer contre lui. Jamais il n'aurait imaginé l'homme qu'il avait tant vénéré jusqu'à récemment capable de ça. Il s'était attendu à ce qu'il s'en prenne directement à Manon, mais à la Manon présente aujourd'hui à Hogwarts, pas la petite Manon de huit ans qui n'avait rien fait et certainement pas compris pourquoi cet acharnement sur elle et ses proches. Il sentit la fureur monter en lui, une fureur équivalente à celle qu'il avait ressentie le jour où les influences sur lui avaient été levées et où il avait retrouvé tous ses souvenirs supprimés. Il fit un violent effort pour la contrôler : Manon avait besoin de lui. Doucement, il continua à la bercer en lui murmurant des paroles affectueuses et apaisantes, pour se calmer aussi.
En face de lui, Draco l'observait. Il voyait parfaitement l'étreinte plus forte qu'elle ne le devrait, les paroles légèrement hachées. Il connaissait ce ressenti. Combien de fois avait-il eu la même attitude envers Cassiopeia, lorsqu'elle avait été bouleversée par quelque chose ? Il se leva en silence et se plaça à côté de Hermione et Neville :
« Potter sera hors de contrôle dès qu'il sera sûr que Manon est en sécurité. »
Hermione lui lança un regard, puis observa son meilleur ami. Draco avait raison : Harry n'était plus qu'un bouillonnement de fureur noire, et seul le besoin de s'assurer que Manon allait bien le maintenait sous contrôle. Elle s'approcha de Madam Bones, qui était en train de discuter avec animation avec ses Aurors, les deux professeurs et Lady Longbottom :
« Si je peux me permettre... Arrêtez Dumbledore avant que Harry décide qu'il peut lâcher Manon suffisamment longtemps pour faire justice lui-même. Il va le tuer s'il le voit. »
Madam Bones jeta à son tour un coup d'œil à Harry, qui continuait à bercer Manon. Elle hocha la tête :
« Bien. Tonks, Shacklebolt, vous savez ce que vous avez à faire. Hermione, lequel de vous trois est le moins indispensable pour garder Harry sous contrôle ici ? »
Hermione regarda Neville et Draco. Elle était la meilleure amie de Harry et celle qui maîtrisait la magie de l'esprit, hors de question qu'elle s'éloigne de lui. Draco était le plus puissant en dehors de Harry, et sans doute saurait-il trouver les mots, peut-être choquants connaissant le jeune homme, pour ramener Harry sur Terre.
« Neville.
–Bien. Mr Longbottom ! appela Madam Bones. Vous allez vous placer à l'entrée de la Grande Salle pendant que mes Aurors procèdent à l'arrestation de Mr Dumbledore. Je ne veux pas que vous interveniez directement, je veux que vous veniez en renfort de mes Aurors si Dumbledore vient à résister et lancer un duel magique. »
Neville hocha la tête et suivit les deux Aurors hors de la pièce. Il était soulagé de s'éloigner de ses amis. Le récit l'avait profondément choqué, et il avait besoin d'agir. Comme l'avait demandé Madam Bones, il s'arrêta aux portes de la Grande Salle alors que Kingsley et Tonks s'avançaient entre les tables. La salle était encore plus pleine que lorsqu'ils en étaient sortis. Le groupe qui s'entraînait avec Remus tous les matins était souvent le premier à arriver pour le petit déjeuner, et il n'y avait pas eu grand monde lors de l'incident. Même la plupart des professeurs n'étaient pas là. À présent, la grande majorité des élèves étaient présents, tout juste arrivés ou en train de terminer leur petit-déjeuner.
Le Directeur, à la table des professeurs, était tranquillement installé dans son fauteuil d'or, en train de lire son journal, sans remarquer les murmures de plus en plus nombreux avec l'avancée des deux Aurors. Il ne vit pas non plus deux grandes têtes rousses se lever chez les Gryffindors pour s'avancer vers un élève qui restait soigneusement au niveau des grandes portes.
« Alors ? demanda Fred en rejoignant Neville.
–C'est encore pire que ce qu'on aurait pu imaginer. Je suis sûr que même Voldemort n'aurait pas montré une telle créativité. Ils sont là pour arrêter Dumbledore avant que Harry se décide à le tuer.
–Et Manon ? demanda George. Comment va-t-elle ?
–Harry est en train de s'occuper d'elle. Il cherche à garder le contrôle de sa colère comme ça. »
Les jumeaux se regardèrent. Le calme froid de Neville, habituellement jovial et chaleureux, révélait encore plus que ses paroles. Puis Fred demanda :
« Pourquoi tu es là ?
–En tant que mage, je dois donner un coup de main si l'arrestation se passe mal. »
Brusquement, dans le hall, on entendit une porte s'ouvrir dans un battement retentissant et un cri :
« Harry ! Arrête ! »
La voix de Hermione. Neville n'eut pas le temps de se tourner pour voir ce qui se passait : Harry passa en trombe à côté de lui, sa fureur à présent évidente, et son pouvoir ondulant violemment autour de lui. À l'autre bout de la salle, le Professeur Dumbledore décolla brusquement de son fauteuil et fut plaqué contre le mur derrière lui. La Grande Salle fut soudain extrêmement silencieuse. Harry s'avança en silence, les mains le long du corps et la démarche assurée. Neville eut l'impression de retrouver une partie du jaguar dans son attitude.
« Harry ! » s'exclama Hermione en entrant à son tour, paniquée, suivie par Draco, les professeurs McGonagall et Snape et Madam Bones.
Elle prit la mesure des événements, puis ordonna :
« Malfoy, tu construis le bouclier le plus puissant que tu peux autour de Harry. Sa magie doit être confinée.
–Je ne suis pas assez puissant, protesta Draco.
–Je sais. Neville va t'aider. Neville, tu lui apportes ta puissance, mais tu lui laisses le contrôle du bouclier. Malfoy, aide-toi de ta spécialité, Neville, n'hésite pas à puiser dans ton élément. Allez-y, vite ! » termina Hermione sur le ton de l'urgence.
Les deux garçons se regardèrent, puis s'exécutèrent. Un dôme gris apparut autour de Harry, et Albus Dumbledore retomba bruyamment au sol. Harry eut un hurlement de rage et le dôme trembla, puis sembla se stabiliser et se renforcer, jusqu'à devenir presque transparent. Hermione n'attendit pas la suite :
« King, Tonks, faites votre travail ! »
Et elle se précipita vers Harry, entrant sans peine dans le bouclier pour se placer devant son meilleur ami. Elle lui prit le visage pour le forcer à la regarder et commença à lui parler. Le dôme empêchait tout son de sortir. Il sembla vouloir se dégager, protester violemment, mais Hermione ne céda pas.
« Vous pouvez tenir combien de temps ? » demanda Madam Bones aux garçons.
Ceux-ci échangèrent un regard rapide, puis Draco haussa les épaules :
« Sans Longbottom, je ne tiendrais pas du tout. Potter est beaucoup trop puissant pour moi. Tout dépend de l'endurance de Longbottom. J'ai réduit mon propre apport au minimum pour pouvoir tenir tant que Longbottom tient.
–Nous sommes en pleine nature, je peux tenir un moment. »
Brusquement, il sentit sa puissance augmenter, et il sourit :
« Et le château est un château conscient. Il est en train de nous aider. »
Madam Bones le regarda un moment, mais ne mit pas sa parole en doute. Elle avait entendu trop de choses de la part de ce petit groupe pour oser remettre leurs propos en question sans raison. Elle observa donc ses deux Aurors appréhender un Dumbledore complètement sonné. Elle eut presque envie de remercier Harry : sans son intervention malheureuse, le Directeur de Hogwarts aurait été en pleine possession de ses moyens, et aurait sans doute protesté plus ou moins vivement. Mais le temps qu'il reprenne ses esprits, ils seraient sortis des protections du château, et ils pourraient le transporter instantanément dans une des cellules du Ministère. Elle fit un signe de tête approbateur à Kingsley lorsqu'il passa devant elle, traînant un directeur hagard.
Les élèves commençaient à réagir. La scène qui venait de se dérouler avait été trop rapide pour leur laisser le temps de faire quoi que ce soit, mais à présent, ils assistaient à l'arrestation de leur directeur et à une violente crise de l'un de leurs camarades. Les Professeurs McGonagall et Snape prirent les choses en main et s'avancèrent vers la table des Professeurs. Quand le Maître des Potions arriva au niveau de Hermione, qui essayait toujours de calmer Harry, il regarda autour de lui, et vit des élèves plus ou moins paniqués. Il avisa une élève, qu'il savait être relativement au courant des choses. Il sortit une fiole de sa poche et la lui tendit :
« Miss Weasley, quand Miss Granger aura réussi à mettre du plomb dans la cervelle de Potter, faites en sorte qu'il prenne ceci. Cela devrait le calmer pour quelques heures. »
Ginny prit la fiole en hochant la tête, et le directeur de Slytherin rejoignit sa collègue sur l'estrade. Celle-ci ramena le calme dans la salle et déclara :
« Le Directeur Dumbledore a été arrêté pour des faits très graves qui l'amèneront à être traduit en justice. Même s'il ressort du procès sans peine lourde, la nature même des accusations qui sont portées contre lui vont à l'encontre de son poste de direction d'une école, et il est donc dès à présent suspendu, en attendant une démission ou un renvoi officiel de ses fonctions. En attendant cette décision et la nomination d'un nouveau directeur, je prendrai le relais, en tant que directrice adjointe. Filius Flitwick deviendra le directeur adjoint de transition.
–Qu'est-ce qui se passe avec Harry Potter ? demanda un élève, apparemment en provenance de Hufflepuff.
–Mr Potter agit sous le coup de la nouvelle qui a conduit à l'arrestation du directeur. Je... je suppose qu'il est sous contrôle ? »
Elle regarda Draco et Neville, qui hochèrent la tête tous les deux.
« Je croyais qu'il fallait laisser les adultes s'occuper des choses, fit la voix de Ron, teintée de méchanceté. Pourquoi ce sont trois élèves, dont un Slytherin, qui s'occupent de la situation ? »
Sa directrice de maison hésita un moment, en échangeant un regard avec son collègue de Slytherin, puis avec Madam Bones et Lady Longbottom, qui avait rejoint la Grande Salle. Celle-ci murmura quelques mots à l'oreille de son petit fils qui répondit par un haussement d'épaule. Augusta se tourna vers le Professeur McGonagall et hocha la tête. Le Professeur Snape ne réagit pas, montrant qu'il donnait son accord. La nouvelle directrice par interim soupira :
« Il se trouve que Mr Potter possède une puissance magique qui avait été jusqu'à récemment contenue, et qu'il possède pleinement aujourd'hui. C'est également le cas pour Miss Granger, Miss Nestral, Mr Longbottom et Mr Malfoy. Seuls eux peuvent se contrôler les uns les autres. »
Ron éclata d'un rire désagréable :
« Ben voyons... Vous allez nous dire qu'ils sont mages ?
–Exactement, Belette, fit soudain Draco, très froidement. Et si j'entends encore ta voix de crécelle perturber ma concentration, je te transporte dans le bouclier de protection, et je te laisse seul face à Potter. Je serai ravi qu'il passe sa colère sur toi plutôt que sur mon bouclier. »
Les jumeaux, toujours à côté de Neville, le regardèrent, inquiets. Neville fit la grimace, mais ne se permit pas le moindre commentaire : il ignorait si Draco était sérieux, et le passé agressif du Slytherin, surtout envers tout ce qui était lié à un Weasley, n'était pas particulièrement rassurant.
« On s'occupe de lui, » fit alors Fred avec un soupir.
Les jumeaux s'avancèrent vers leur frère, agitant discrètement leur baguette magique pour le coller à son siège et le rendre silencieux. La Grande Salle resta plongée dans le silence le plus total, observant ce qui se passait sous le dôme. Hermione avait réussi à attirer l'attention de Harry, qui l'écoutait, avec des larmes coulant ouvertement sur ses joues. Brusquement, elle le serra dans ses bras, et fit signe par dessus son épaule aux garçons que c'était bon. Draco relâcha le bouclier avec un soupir de soulagement.
« À jeun, en plus... râla-t-il.
–Et encore, tu ne sors pas de deux heures et demie de sport... répliqua Neville avec un petit sourire. Je prendrai bien un deuxième petit déjeuner, moi.
–Va manger, ordonna aussitôt sa grand-mère. Je m'occupe de tout avec Amelia et Minerva.
–Merci Grams. Comment va Manon ?
–Je l'ai emmenée à l'infirmerie, elle dort. Maître Snape lui a donné une Potion de Sommeil sans Rêve pour l'aider à récupérer. »
Neville hocha la tête, puis salua les deux femmes, fit un signe de tête en direction de Draco, et retourna à sa place à sa table. En passant, il s'arrêta près de Harry :
« Manon va bien, tu sais ? Mais elle aura besoin de toi quand elle se réveillera.
–Tiens, Harry, fit Ginny en s'approchant. Snape veut que tu prennes ça. »
Harry regarda la fiole, puis le professeur de potion qui fit un signe de tête impérieux, et obéit rapidement. Il eut un frisson, et sentit toutes ses émotions disparaître. Hermione le regarda en fronçant les sourcils :
« Ça va ?
–Je... Je crois. Plus de colère, en tout cas.
–OK. Va à l'infirmerie, Manon doit y être. Neville a raison, elle aura besoin de toi. Et toi, si tu dois être drogué par une potion pour aller en cours, autant ne pas y aller du tout. Vas-y. Professeur Lupin ? ajouta-t-elle en se tournant vers Remus. Est-ce que votre chien est dans les parages ? »
Un aboiement retentit, et Padfoot surgit de sous la table des professeurs pour trotter vers les adolescents. Hermione lui sourit :
« Tu l'accompagnes ? »
Padfoot aboya, et Harry eut son premier sourire depuis le début de l'incident. En passant sa main dans le pelage du chien, il quitta la Grande Salle, toujours sous le regard et les murmures de plus en plus nombreux des étudiants. Hermione prit une profonde inspiration, puis soupira, tout aussi profondément :
« Ce n'est pas aujourd'hui qu'on aura une journée normale. »
Neville eut un petit rire. Hermione secoua la tête avant de s'avancer vers le Professeur McGonagall, toujours sur l'estrade :
« Je peux leur parler ?
–Vous savez ce que vous pouvez dire et ne pas dire ?
–Seuls Harry, Manon et moi savons exactement de quoi il en retourne. Alors oui, je sais. »
Sa Directrice de maison, après l'avoir étudiée un moment, lui fit signe de monter sur l'estrade. Hermione fit face à la foule. Elle détestait prendre la parole en public, mais en l'absence de Manon et Harry, elle était la seule à pouvoir le faire. Certes, ils avaient mis Neville au courant de tout ce qu'il y avait à savoir, mais il n'avait pas assisté encore aux longues discussions du trio sur les implications de ce qui se passait. Et Malfoy n'était encore au courant de rien, à part de l'identité des cinq mages.
« Ronald Weasley a donné, pour une fois, une excellente réponse, finit-elle par dire, ce qui déclencha quelques rires nerveux. Nous sommes cinq mages. Avec tous des pouvoirs différents. Vous connaissez l'empathie de Manon. Aucun de nous quatre ne possède ce pouvoir au delà du stade embryonnaire que possède tout mage. De même, Harry, Manon, Neville et Malfoy sont d'excellents Occlumens, mais c'est moi qui suis la meilleure, et qui dispose du pouvoir de Légilimancie. Nous ne sommes pas au courant de tout ça depuis longtemps. Manon, Harry et moi le savons depuis le début des vacances, quand nous avons découvert que nous avions un verrou bloquant notre véritable puissance. Peu avant Nouvel An, nous avons tous les trois découvert que Neville avait aussi un verrou, et qu'il est mage lui aussi. Et hier, Manon a trouvé le verrou sur le pouvoir de Malfoy. D'ailleurs, désolée, Malfoy, tu te retrouves impliqué dans une situation qui va très certainement te forcer à faire des choix... draconiens. »
Draco leva les yeux au ciel devant le jeu de mot, avant d'attaquer à nouveau son petit déjeuner. Hermione eut un petit sourire et porta de nouveau son attention sur la salle :
« Aucun de nous n'avons choisi d'être mage. Aucun de nous ne sait vraiment pourquoi il y a actuellement cinq mages à Hogwarts.
–Est-ce qu'il peut y en avoir plus ? demanda un élève de Slytherin.
–Ça m'étonnerait. Nous étions déjà étonnés d'être trois, au début, puis de découvrir que Neville est mage également. Quand nous avons su pour Neville, Manon a immédiatement su, au vu de nos pouvoirs respectifs, qu'il y en aurait un cinquième, même si nous n'avions aucune idée de qui ça pouvait être. Tous les cinq sommes complémentaires, et il n'y a aucune raison pour qu'il y en ait d'autres. Je pense qu'une telle situation n'est pas survenue depuis l'époque arthurienne. Même les fondateurs de Hogwarts n'étaient que quatre.
–Est-ce que Malfoy et Potter vont devoir collaborer ? »
Hermione hésita et regarda Draco, qui avait plissé les yeux. Puis il inclina presque imperceptiblement la tête. Hermione répondit alors :
« Le temps nous le dira. En attendant, Neville, Manon et moi allons nous assurer qu'ils ne s'étripent pas. Je crois que Malfoy a de toute façon compris qu'il ne fera pas le poids face à Harry.
–Tu as dit que vous êtes complémentaires !
–Manon a l'empathie, j'ai les pouvoirs de l'esprit, Harry a le pouvoir de la magie brute. C'est un archimage. Aucun de nous quatre ne l'est.
–Tu sais qu'il n'y a pas eu d'archimage depuis Merlin ? » demanda un Ravenclaw.
Hermione leva un sourcil, et Neville éclata de rire :
« Et toi, tu sais que tu t'adresses à Hermione Granger ? Elle sait depuis plus de deux semaines qu'elle est mage et que Harry est archimage... Elle a passé ses journées à quoi, à ton avis ? »
Hermione rougit, mais ignora la remarque – vraie – et continua :
« Vous n'avez pas besoin d'en savoir plus. Nous n'en savons de toute façon nous même pas beaucoup plus. Inutile de harceler Malfoy, nous n'avons eu le temps de le mettre au courant de rien pour l'instant, il ne saura pas vous répondre. Et inutile de nous harceler également, Neville et moi, nous ne vous répondrons pas. Pour votre sécurité, deux avertissements : le premier, comme vous avez pu le voir avec Harry, la puissance d'un mage est nourrie de ses émotions. Nous ne connaissons pas notre pouvoir depuis très longtemps, et nous ne sommes pas très familiers dans les manières de le contrôler malgré des émotions fortes. Nous mettre en colère est donc une mauvaise idée. Le deuxième : les Malfoy, les Longbottom et les Potter sont trois des plus vieilles familles de la magie britannique, et sont toutes les trois habilitées à appliquer les vieilles lois de la noblesse. Rien que pour ça, en dehors même de notre pouvoir, il serait sans doute très désagréable pour vous de provoquer le courroux d'un des trois garçons. Manon et moi sommes sous la protection de la famille Potter, et vous savez que Harry est très protecteur. J'ai terminé. Vous avez droit à encore trois questions, et ce sera tout.
–Qu'est-ce qui vient de se passer avec Manon Nestral ?
–Manon vient d'être droguée avec une potion qu'on appelle Dementor's Dream. Le professeur Snape se fera un plaisir de me corriger si je me trompe dans mes explications : cette potion force la personne qui l'ingère à revivre son plus mauvais souvenir. Elle est comme piégée par ce souvenir, forcée à le vivre encore et encore, jusqu'à ce qu'on le lui fasse raconter en détail. À ce moment-là, seulement, la potion cesse de faire effet. Le souvenir de Manon est... Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi. Ah non... Je le souhaite à deux personnes, en fait. Manon se repose actuellement, et je ne pense pas qu'elle sera capable de reprendre les cours aujourd'hui, voire même demain. Deux questions.
–Pourquoi Dumbledore a-t-il été arrêté ?
–Il est la cause du plus mauvais souvenir de Manon. À cause de ça, c'est l'une des deux personnes à qui je souhaite de vivre la même chose. Une question.
–Est-ce que votre magie est liée à l'émancipation de Harry ? »
Hermione regarda celle qui avait parlé, et eut un sourire : Luna.
« Tu le sais déjà, Luna, non ? Le fait que Harry soit mage n'a pas joué directement dans son émancipation. Questions terminées. Bon petit déjeuner et bonne journée. »
Sur ce, elle redescendit de l'estrade et revint s'asseoir à sa table, à côté de Neville. George poussa devant elle une assiette pleine, qu'elle commença avec plaisir. Comme Neville et Draco, calmer Harry lui avait demandé de l'énergie : il lui avait fallu mobiliser tout son pouvoir de mentaliste, ainsi que le faible pouvoir d'empathe qu'elle possédait, pour le ramener à la raison.
Les professeurs avaient regardé, amusés, l'intervention de Hermione. Elle avait parfaitement maîtrisé la situation. Dans le petit groupe improbable que formaient à présent les cinq mages, elle semblait être toute destinée à ce genre de prise de parole : elle n'avait pas l'impulsivité et l'émotion de Harry ou de Manon, ni la timidité de Neville, ni la froideur distante de Draco. Elle avait été sincère, efficace, avait répondu aux questions sans prendre les personnes de haut, mais ne s'était pas laissée déborder.
Son assurance tranquille et ses affirmations sans aucune ambiguïté semblèrent fonctionner, parce que personne ne dérangea plus que mesure les trois mages, même si les rumeurs allaient bon train. Harry et Manon furent invisibles toute la journée, retranchés dans l'infirmerie. Le soir-même, Hermione invita Neville, Draco et les différents professeurs à les rejoindre là-bas. Ils méritaient à présent d'avoir de plus amples explications. Ils s'installèrent un peu à l'écart de Manon, qui dormait toujours d'un sommeil agité, mais Harry se joignit à eux, à présent véritablement calmé, et débarrassé de l'influence de la potion du Professeur Snape. Il était toujours furieux, mais savait que Dumbledore aurait son châtiment.
Ce fut lui qui commença :
« Manon n'a pas eu le temps de nous répéter la conversation que vous avez eue hier, elle et toi, dit-il à Draco. Est-ce que tu pourrais simplement en reprendre la substance ? »
Draco hésita. Il savait qu'il devrait sans doute faire confiance aux autres mages, mais il n'était pas prêt. Et il n'avait aucune confiance envers les professeurs présents. Il savait qu'aucun d'eux n'était un Deatheater (à part Severus), mais ce n'était pas pour autant qu'il avait envie de trahir un secret vieux de près de vingt ans. Il finit par se décider à mentir une nouvelle fois, en racontant le mensonge habituel. Néanmoins, il décida également qu'il était temps que tout ce petit monde commence à avoir confiance en lui et à ne pas le voir comme un potentiel Deatheater. Il était temps de se détacher officiellement de ses parents.
Il lança un regard à son parrain, qui avait suivi sa réflexion avec une attention particulière. Il sembla comprendre la décision prise par son filleul, car il finit par hocher la tête, imperceptiblement. Draco soupira et commença son récit :
« Manon a compris que pendant les vacances, quelque chose avait changé, répondit Draco en hésitant. Vous savez tous que mon père est un Deatheater, et veut que j'en sois un. Jusque là, ce n'était qu'un souhait. Ces vacances, il m'a annoncé que je serai introduit cet été, et il m'a fait suivre des Deatheaters en mission, afin que je vois de moi-même la... noble tâche qu'ils réalisent. Pour faire court, je n'ai aucune envie d'être un Deatheater. Je sais que Voldemort n'est qu'un imposteur, un Sang-Mêlé qui se sert des convictions extrêmes de certains Sangs-Purs pour asseoir son pouvoir. Je sais aussi que la... philosophie des Sangs-Purs nous mènera à notre perte. Je ne suis pas un idiot, je sais ce qu'est que la consanguinité, et je vois bien ses ravages dans nos familles. Jusque là, puisque je suis entouré dans ma maison de personnes partageant la même éducation que moi, et pour la plupart fières d'être des Sangs-Purs et pressées de rapporter le moindre écart aux parents respectifs, j'ai joué le jeu. C'est à ça que j'ai été éduqué, après tout : les apparences avant tout. La conclusion de notre discussion d'hier a été que nous verrions s'il est possible pour moi d'éviter d'être un Deatheater sans que ma famille en pâtisse. Enfin, surtout ma mère et ma sœur. Mon père a fait ses choix depuis longtemps. »
Il eut une grimace, à la fois fier de cette histoire qui n'était presque pas un mensonge et dégoûté de trahir son père, mais continua rapidement :
« Manon m'a dit que ce serait peut-être possible de me donner un coup de main, à une condition. Depuis le début des vacances, elle et ses amis ont fait des découvertes qui les amènent à être prudents sur tout leur entourage, qu'ils soient amis ou non. Apparemment, quelqu'un aurait pris la sale habitude d'influencer magiquement certains traits de caractère ou certaines prises de décision, afin de les plier en fonction de ses besoins. Le point commun entre toutes les personnes concernées : nous gravitons tous autour de Harry Potter. Comme Potter et moi sommes connus pour notre... mésentente... Manon a estimé probable que j'aie moi aussi été victime de ces influences. Elle refusait de faire quoi que ce soit tant que ce point n'était pas tiré au clair. Elle a fait le diagnostic, et c'est comme ça que nous avons découvert principalement deux choses : un, je suis mage, et deux, mon animosité avec Potter n'est pas naturelle. En réalité, même si nous ne sommes pas amis, je suis normalement assez intelligent pour pouvoir rester dans une pièce avec lui sans avoir envie de l'attaquer. Et apparemment, c'est réciproque, puisque depuis hier soir, les échanges que j'ai eus avec Potter ont tous été civilisés. Les influences ont été levées, et le verrou sur mon pouvoir débloqué. Voilà ce que je sais. »
Il y eut un silence. Les professeurs semblaient choqués par le récit. Hermione avait pris des notes. Elle ne fit aucun commentaire pendant le récit, qui ne collait pas vraiment à ce qu'ils avaient découvert pendant les vacances. Néanmoins, elle comprit le besoin de discrétion de Draco, sans doute vis-à-vis des professeurs présents, et se promit de le faire parler de sa vraie histoire plus tard, en comité plus restreint. En attendant, elle ne le contredirait pas. Ce fut elle qui prit la parole :
« Donc, Manon a appris que tu allais être recruté par les Deatheaters, que tu ne le voulais pas et t'a proposé, si le test était concluant, de te proposer des alternatives ?
–C'est ça, répondit Draco tranquillement, car c'était l'exacte vérité. Mais c'était avant qu'on découvre que je suis mage. Les choses sont un peu plus compliquées à présent. Il me semble que mon faisceau d'alternatives se soit réduit à une seule : me mêler à votre joyeuse petite bande.
–C'est probable, approuva Hermione. Donc tu en sais à peu près autant que la plupart des professeurs ici. Bien. Harry ? C'est parti ? »
Harry hocha la tête, le visage neutre. Les deux jeunes gens commencèrent alors leur récit, depuis les premiers soupçons de Manon jusqu'à ce qui s'était réellement passé ce matin-même. Tout y passa : l'enfance de Harry, les manipulations de Dumbledore, l'Amortentia pour Ginny et Hermione (Madam Pomfrey insista pour examiner Hermione immédiatement, malgré les assurances de la jeune fille), les spécialités de chaque mage, y compris les pouvoirs élémentaux, qui avaient été la clé pour comprendre qu'il y avait un cinquième mage, une fois Neville et sa magie de terre découverts, la prophétie, les Horcruxes, y compris celui à l'intérieur de Harry... Ils ne cachèrent pas grand chose : leurs noms d'Animagi, afin de ne pas faire poser de questions sur les Maraudeurs, et le fait que Manon était héritière de Morgane et prêtresse d'Avalon. Ils n'avaient pas pu cacher le fait que Harry était héritier de Merlin, à cause de cette histoire d'éléments, et cela avait provoqué la stupéfaction des professeurs.
Harry laissa le récit à Hermione quand Manon s'agita plus dans son sommeil, marquant des signes de cauchemar. Avec une douceur qui contrastait avec son humeur toujours colérique, il s'assit sur le matelas à côté d'elle et la souleva pour la serrer contre lui. Sans même se réveiller, elle se blottit contre lui, et son sommeil s'apaisa. Depuis le lit, il continua à suivre la conversation distraitement, en câlinant Manon pour qu'elle dorme sereinement.
À la fin du récit, il y eut un long silence, puis le Professeur Flitwick déclara froidement :
« Albus ne peut pas reprendre son poste ici.
–Nous sommes d'accord, approuva le Professeur McGonagall. Mr Malfoy et Mr Longbottom, votre père et votre grand-mère sont au Conseil des Gouverneurs, pensez-vous qu'ils appuieraient une motion des professeurs sur un renvoi de Albus ?
–Père n'attend que ça depuis des années, ricana Draco. Il ne réfléchira même pas au motif.
–Grand-mère aussi vous appuiera, enchaîna Neville, mais elle, ce sera bien à cause de la situation. Il faudrait par contre présenter rapidement un nouveau directeur, si vous voulez que l'école reste hors de contrôle du Ministère ou de Voldemort.
–Est-ce que vous accepteriez d'être directrice, professeur McGonagall ? demanda Harry depuis le lit de Manon. D'après ce que j'ai compris, vous occupez pratiquement le poste depuis un bon nombre d'années, en effectuant l'essentiel de la paperasse qui devrait être à la charge du directeur.
–Je n'ai pas la dimension politique de Albus.
–Est-ce que c'est nécessaire pour diriger une école ? demanda Harry. C'est justement la dimension politique de Dumbledore qui l'a amené à considérer cette école comme un plateau de jeu plutôt que comme un lieu d'enseignement. Je pense que personne ne peut contredire le fait que vous aurez d'abord en tête la sécurité des étudiants et la qualité de l'enseignement, et non pas l'éventuel prestige de l'école, ou des plans qui n'ont a priori rien à voir avec une école. La pierre philosophale n'avait rien à faire ici, lors de notre première année. La nomination de Lockhart était une vaste blague en deuxième année. Même moi, j'aurais fait un meilleur professeur de Défense que lui. Nous avons besoin d'un directeur qui soit là pour l'école, et non pour sa propre image.
–Vous avez fait une excellente directrice dans les possibles où vous avez pris la suite de Dumbledore, » fit soudain la voix de Manon.
Harry baissa brusquement la tête vers elle. Il ne l'avait pas sentie se réveiller.
« Est-ce que ça va, chérie ?
–Non, mais on va faire comme si, n'est-ce pas ? Donc, un remplaçant à Dumbledore ? Dans tous les possibles où Voldemort n'a pas mis son nez dans les nominations, c'est le Professeur McGonagall qui est devenue directrice. Et qui a fait du bon travail.
–Et dans ceux où Voldemort a mis son nez ?
–Ce n'est pas le cas pour le moment, donc je ne vous dirai rien. »
Personne ne se risqua à insister, et le Professeur McGonagall finit par soupirer :
« Bien. Qui est pour cette solution ? »
Tout le monde marqua son accord, et elle soupira à nouveau :
« Nous l'indiquerons dans la lettre demandant le renvoi de Dumbledore alors. Il faudra que je démissionne de mon poste de directrice de maison, c'est incompatible avec le poste de directrice. De toute façon, il faudra également sans doute un nouveau professeur de Métamorphose, au moins pour certains cours. Nous réfléchirons à tout ça en conseil des professeurs. Amelia Bones m'a fait savoir qu'avec les accusations faites suite aux révélations de ce matin, Dumbledore risque Azkaban pour une durée d'un an maximum. Il a commandé les faits, mais ne les a pas réalisés, ce qui réduit les charges.
–Un an ne suffira pas, déclara Manon. Il nous faut plus de temps que ça pour nous débarrasser de Voldemort. Et nous ne pouvons pas nous permettre que Dumbledore revienne y mettre son nez.
–C'est l'opinion d'Amelia également. C'est pour ça qu'elle voudrait savoir, Mr Potter, si vous êtes prêt à continuer dans la voie de la procédure judiciaire par rapport aux actions de Dumbledore envers vous. Kingsley, Tonks et elle ont épluché le dossier réalisé par vos avocats, et ça ajoute pas moins de cent cinquante trois chefs d'accusation, pour un total de plus de cinq cent ans d'emprisonnement incompressibles, sans compter les six chefs d'accusation qui font encourir la prison à vie, quelle que soit la durée de vie.
–On continue, dit alors Harry avec fermeté. Hors de question qu'il s'en tire avec une seule année, même si c'est Azkaban et pas une prison classique.
–Cub, tu connais l'effet des Dementors... dit Remus d'une voix douce.
–Bien sûr que je connais leur effet, répondit Harry froidement. Mais il a laissé Sirius pourrir douze ans là-bas. Il m'a laissé dix ans chez les Dursley. Il a complètement bouleversé la vie de Manon et a violemment torturé sa famille. Même dans les visions que j'ai de Voldemort, je n'ai rien vu d'aussi horrible que ce qu'elle a raconté tout à l'heure. Il a privé un Lord de son titre et de son héritage. Il a privé cinq mages de leur pouvoir, dont un Potter, un Longbottom et un Malfoy. Il m'a condamné à mort, ni plus ni moins, en me privant d'un entraînement sérieux pour affronter Voldemort alors qu'il considère que je suis le seul à pouvoir le tuer. Il a influencé tout le monde autour de moi, à commencer par moi-même, pour que j'accepte cette situation sans protester, et que les autres autour de moi fassent de même. Il a abusé de ses positions de tuteur, de directeur, de président-sorcier du Wizengamot. Il a détourné de l'argent pour financer une organisation privée. Et j'en oublie. Il mérite Azkaban à vie, et je trouve même que c'est une condamnation clémente. Ça ne tiendrait qu'à moi, il aurait droit au Baiser du Dementor. »
Un silence accueillit sa déclaration. Le contraste était saisissant entre son ton peu amène et son attitude tendre avec Manon. Elle semblait d'ailleurs se rendormir, bercée par ses gestes doux. Hermione changea de sujet :
« Harry, tout le monde à l'école est au courant que nous sommes mages et que tu es archimage. »
Harry fronça les sourcils, puis demanda :
« Est-ce que j'ai envie de savoir comment ?
–Non.
–OK, répondit-il facilement, faisant confiance à sa meilleure amie. Donc si tous les élèves le savent, les fils de Deatheater vont le faire remonter à leurs parents qui vont le faire remonter à Voldemort. Il sait que je suis archimage.
–Il ne sait pas que tu es héritier de Merlin, ni ta maîtrise des éléments, ni que tu es Animagus, tempéra Hermione.
–Il va s'en douter, pour l'Animagus, répliqua Harry. Dans le livre de Manon, c'était précisé que tous les mages sont Animagi, mais pas forcément des prédateurs. Ça m'étonnerait qu'il n'ait pas ce genre de connaissances. Professeur Snape... est-ce que vous avez une idée de la puissance réelle de Voldemort ?
–Supérieure à Dumbledore, sans aucun doute, répondit l'espion immédiatement. Il a pratiqué de nombreux rituels de magie noire pour augmenter sa puissance. Je ne pense pas cependant qu'il ait la puissance d'un mage. Il utilise toujours sa baguette magique, et il aurait suffisamment d'arrogance pour afficher sa magie sans baguette si c'était vraiment un mage.
–Malfoy, fit Harry en se tournant vers Draco, ta spécialité est apparemment la magie noire. Est-ce que tu as déjà des connaissances en la matière ?
–Oui, répondit Draco. Mais ça m'étonnerait que Père me laisse accès à la bibliothèque Malfoy s'il sait que je suis un des cinq mages et que je préfère m'allier à vous plutôt qu'à lui.
–Que vaut la bibliothèque Malfoy par rapport à la bibliothèque Black ? demanda Harry.
–Pas grand chose, ricana Draco. La bibliothèque Black doit contenir tous les livres que nous possédons, et bien plus.
–Remus, fit alors Harry en se tournant vers son oncle adoptif, tu crois qu'il y aurait moyen de convaincre Sirius de donner accès à Malfoy à la bibliothèque Black ?
–Après l'avertissement de Manon pendant les vacances ? Je ne pense pas, répondit Remus en secouant la tête.
–Quel avertissement ? demanda Draco en fronçant les sourcils.
–Manon a sermonné Sirius sur la nécessité de bien traiter son elfe de maison, répondit Remus.
–Kreacher ? demanda Draco. Bon conseil, puisqu'il nous a rendu visite pendant quelques jours avant les vacances. Heureusement pour vous, Tante Bella était en mission pour Voldemort et ne l'a pas vu. Et Mère s'est arrangée pour lui donner l'impression qu'il était le bienvenu, tout en le décourageant de rencontrer Père ou pire, Voldemort lui-même.
–Pas de dégât, donc ? demanda Hermione.
–Pas que je sache.
–L'avertissement de Manon concernait ce genre de chose, expliqua Harry. Dans ses possibles, Kreacher trahit Sirius en allant vers ceux de la famille Black qu'il considère comme de vrais Black : ta mère, ta tante et toi. Et d'après Manon, la maison des Black est au diapason de l'elfe de maison. Donc si l'elfe peut trahir, la maison aussi, et considérer que puisque Sirius n'est pas le Lord en titre, à cause du fait qu'il n'est toujours pas reconnu comme innocent, elle n'obéira qu'à l'héritier, c'est-à-dire toi. »
Draco resta un instant silencieux, les yeux posés sur la jeune fille. Puis il eut un sourire typiquement Malfoyen :
« Heureusement alors que ni ma mère, ni moi, ne sommes enclins à aider Voldemort en quoi que ce soit... Si ça peut rassurer Black, je peux prêter un serment à ce sujet. »
Son regard se porta sur Harry, Remus, et également sur le chien noir aux pieds de Remus. Celui-ci inclina la tête et Draco eut un petit sourire en sortant sa baguette :
« Moi, Draco Lucius Malfoy, jure sur ma magie et ma vie que je ne sers ni ne servirai, en aucune manière, celui qui se fait appeler Lord Voldemort. Je jure de ne lui transmettre directement ou indirectement aucune information concernant Harry Potter, l'organisation qui se fait appeler l'Ordre du Phoenix, ou les autres mages et leurs alliés. Je jure également de mettre mes connaissances en matière de magie sous toutes ses formes au service des autres mages et de leurs alliés. Qu'il en soit ainsi. »
Sa baguette étincela et il fit apparaître un jouet pour chien qu'il lança au chien noir, puis, sans baguette, fit apparaître dans sa paume une boule de feu. Il fronça les sourcils :
« Pas évident, en fait...
–Le feu est l'élément de Manon, sourit Hermione. Pas le tien. »
Draco resta songeur un instant. Il avait découvert en même temps que les autres personnes présentes la théorie de Manon, qui avait permis de soupçonner l'existence d'un cinquième mage. Selon elle, son élément était l'air. Il secoua légèrement la tête pour se concentrer à nouveau sur le sujet en se tournant vers Remus :
« Est-ce que ce serment est suffisant ?
–Je pense qu'il est plus que suffisant, répondit Remus. Harry, on ne peut pas lui donner accès à... la demeure de Sirius à cause du Fidelius.
–OK. Il aura accès à Lions' Rock de toute façon, » répondit Harry en haussant les épaules.
Draco ricana :
« Toute une lignée de Potter doivent se retourner dans leurs tombes à cette idée. Un Malfoy à Lions' Rock.
–Mon père a fait pire : il y a introduit un Black, répondit Harry en souriant. Tu auras accès à Lions' Rock. Il y a déjà une petite bibliothèque sur la magie noire, d'après ce que j'ai vu. Rien de bien impressionnant, il s'agit juste pour les Potter de savoir ce qu'ils affrontent. Si Sirius est d'accord, tant que le Fidelius n'est pas changé, il pourra ramener quelques livres à Lions' Rock.
–Pourquoi ta spécialité est la magie noire ? demanda soudain Neville à Draco.
–Parce que j'ai un don avec cette magie ? répondit Draco sans comprendre où voulait en venir Neville.
–Est-ce que ça fait de toi un mage noir ? »
Draco eut presque envie de rire en comprenant enfin. Il secoua la tête :
« Bien sûr que non. Tu as bien une affinité avec l'Herbologie...
–Et je suis biologiste.
–Ah, fit Draco, légèrement déstabilisé. Non, avoir une affinité avec la magie noire ne fait pas de quelqu'un un mage noir. La magie noire est la magie des forces vitales, de la vie et de la mort. Ce n'est pas une magie de criminels, fondamentalement. Les meilleurs sorts de guérison appartiennent à la magie noire. Un mage noir est un mage qui va utiliser toute forme de magie, y compris la noire, à des fins criminelles et personnelles. C'est comme comparer un artisan utilisant des outils dangereux pour faire des chefs d'œuvre et un criminel utilisant ces mêmes outils pour ses rituels de mort. »
Il étudia la réaction de ses interlocuteurs. Harry, Hermione et Remus appréciaient visiblement la comparaison. Le Professeur Snape affichait un de ses rares petits sourires satisfaits. Neville et la plupart des professeurs semblaient songeurs. Il continua :
« La magie noire est dangereuse parce qu'elle joue avec des principes délicats et souvent sacrés. De ce fait, elle donne un pouvoir immense sur les choses, et c'est facile de succomber à cette soif de pouvoir. Mais en soi, elle n'est pas plus dangereuse que la maîtrise de l'élément magie par exemple. Et je ne pense pas que tu considères Potter comme un potentiel mage noir. »
Il eut une grimace :
« J'ai toujours eu cette affinité avec la magie noire. Père s'en est rendu compte très tôt. Je comprenais certains concepts beaucoup plus vite que lui, voire je devais les lui expliquer. Même Voldemort n'a pas cette affinité, malgré son habitude de la magie noire. Je pense que c'est pour ça que Père tient tant à ce que j'entre chez les Deatheaters. Voldemort recherche le talent de Severus pour les potions, le mien pour la magie noire... Je suis sûr qu'au fond de lui, il espère pouvoir convertir Potter pour avoir son talent pour le combat.
–C'est quand même... attendu que ce soit un Malfoy qui ait un don pour la magie noire... fit Neville avec précaution. Et... cela reste dangereux, vu les principes défendus par ta famille.
–Oh oui, sans aucun doute, acquiesça Draco sans gêne aucune. Tout comme c'est attendu que ce soit un descendant de Merlin qui soit archimage. En fait, heureusement dans un certain sens que je suis né Malfoy. Ça m'a permis de m'en rendre compte très tôt. Si ce qu'a dit Granger ce matin est vrai, vous avez tous les quatre également une compréhension de base de la magie noire, même si ça n'a pas la même importance que chez moi. Comment un Longbottom ou une Née-Moldue comme toi, Granger, s'en rendraient-ils compte ?
–En lisant des livres sur les Horcruxes et en les comprenant aussi bien que Sirius, » répondit Hermione sans hésiter.
Draco eut un petit rire : comptez sur Granger pour comprendre quelque chose d'aussi complexe que la magie des âmes... Puis il redevint sérieux :
« Les Horcruxes. Je me souviens d'avoir lu quelque chose sur le moyen de les éradiquer sans détruire le contenant. Il faudrait que je retrouve le souvenir, au moins pour retrouver la référence du livre. Je suis sûr que Black doit l'avoir. Je vous tiendrai au courant. Je vais voir ce soir si je ne peux pas le retrouver. Manon dit qu'elle sait où ils sont ?
–Ça va devenir vexant... fit soudain Harry.
–Pardon ? s'étonna Draco.
–Tu nous appelles tous par nos noms de famille, sauf Manon. Ça va devenir vexant, insista Harry.
–Je te l'ai dit, Potter, n'attends pas de moi que je devienne immédiatement ton meilleur pote.
–Mais puisqu'on doit travailler ensemble, au moins commencer par s'appeler par nos prénoms, non ? Je ne te demande pas l'accolade de l'amitié, après tout. »
Draco eut un reniflement méprisant à cette idée. Jamais un Malfoy n'aurait la vulgarité de faire un tel geste. Puis il déclara :
« Très bien. Uniquement en privé. En public, vous restez Potter, Longbottom, Granger et la Belette. »
Hermione et Harry échangèrent un regard amusé, puis Hermione hocha la tête :
« Si ça peut te faire plaisir... Draco. »
Draco sembla hésiter à l'utilisation de son prénom, puis décida de passer outre : après tout, s'il devait les appeler par leur prénom, c'était logique qu'ils fassent de même avec lui.
« Alors, les Horcruxes ?
–Nous ne savons rien, Manon ne nous a encore rien dit, répondit Hermione. Nous en avons un seul. Harry, tu l'as emmené ?
–Non, je l'ai laissé à Lions' Rock. Hors de question que j'emmène une telle horreur à Hogwarts ! Le journal a suffi !
–Le journal ? demanda Draco.
–En deuxième année, expliqua Harry. Le Basilic était contrôlé par un souvenir de Riddle, issu d'un journal. Manon dit qu'il s'agissait d'un Horcruxe.
–Tu as détruit ce journal ?
–Oui, avec du venin de Basilic. Toujours sur le crochet du Basilic.
–La méthode la plus simple, approuva Draco en ignorant volontairement la seconde partie de l'explication de Harry. Détruire le contenant par un objet rassemblant à la fois une destruction physique et une destruction magique. Comment a réagi le souvenir de Riddle ?
–Il se nourrissait de Ginny pour prendre corps. Quand j'ai percé le journal, c'est comme si je l'avais percé lui : ça lui a fait un énorme trou dans le torse. Un autre coup lui a fait un trou dans la tête. Ensuite, j'ai juste eu à laisser agir.
–Il y a eu ça dans l'école ? s'exclama le Professeur McGonagall, effarée.
–Dumbledore ne vous a rien dit ? s'étonna Hermione. La Chambre des Secrets a été ouverte et le Basilic contrôlé par Ginny, elle-même possédée par un journal intime dans lequel elle écrivait. Le journal de Riddle.
–Nous avons simplement été informés que le monstre occupant la Chambre des Secrets avait été vaincu par le jeune Potter, fit le Professeur de Métamorphose, furieuse. On ne nous a jamais parlé de Basilic ou de Riddle via un journal.
–Ah, fit Harry. Ça explique pourquoi le Professeur Snape n'a jamais demandé à avoir des morceaux du Basilic pour ses potions.
–Il est toujours dans la Chambre des Secrets ? demanda le maître des potions.
–Normalement, oui, répondit Harry. À part Voldemort, je suis le seul Fourchelangue en vie, donc, à moins qu'il y ait une autre entrée...
–Il doit y avoir une autre entrée, intervint Hermione. Ça m'étonnerait que ces toilettes et ces canalisations existent depuis Slytherin. »
Les professeurs échangèrent des regards, puis le Professeur McGonagall ordonna :
« Racontez-nous ce qui s'est passé. Exactement. »
Hermione et Harry échangèrent un regard, puis Hermione haussa les épaules, et Harry soupira et commença à raconter la deuxième année. À la fin, tout le monde, à part Remus qui avait déjà entendu le récit lorsque Harry avait raconté à Sirius ce qu'il avait vécu, le regardait avec stupéfaction. Puis Draco lança :
« Vous êtes entrés dans notre salle commune avec du Polynectar.
–Mais oui, cher Draco, ricana Harry. Et tu nous as toi-même dit que tu souhaitais savoir qui était l'Héritier de Slytherin... Sois content, ça nous a permis de savoir que ce n'était pas toi. Mais par contre, je dois dire : déprimante, votre salle commune... Au moins, nous, nous avons une vue sur l'extérieur. C'est assez étouffant, sous le lac...
–Je ne te crois pas, décréta Draco. Combien de fois on trouve le blason de Slytherin dans la salle commune ? »
Harry ferma les yeux, visualisant le souvenir. On le vit faire des mouvements de tête alors qu'il comptait.
« J'en ai vu cinq, mais vous aviez deux grands sapins, un dans chaque coin en face de l'entrée, de chaque côté de la grande fenêtre qui donne sur les eaux du lac. Peut-être qu'il y a des blasons derrière, je n'en sais rien.
–Tu es bien entré dans notre salle commune... fit Draco, stupéfait.
–Rectification : tu nous as fait entrer, Ron et moi, dans votre salle commune. Votre mot de passe à l'époque était Sang pur, d'ailleurs. »
Hermione et Neville éclatèrent de rire devant le grand sourire ravi de Harry. Le Professeur Snape se tourna vers son filleul :
« Et tu ne t'étais douté de rien ?
–Je m'étais bien dit qu'ils montraient plus d'intelligence que d'habitude, mais de là à soupçonner quelqu'un sous Polynectar, non. »
Cette fois, Harry rit avec ses deux amis.
« Il n'y a pas de quoi être fiers, jeunes gens, les sermonna leur directrice. Le Polynectar est une potion extrêmement délicate à préparer, et ça aurait pu très mal tourner.
–Ça a mal tourné pour Hermione, répondit Harry. La potion a été très bien préparée, on n'a jamais douté de Hermione sur ce coup, mais on a découvert pourquoi elle est contre-indiquée pour les métamorphoses animales.
–Expliquez-vous, Miss Granger ? demanda le Professeur de Potions.
–Ce que j'avais pris pour le cheveu d'une élève de Slytherin était un poil de chat. C'est pour ça que j'ai été absente à la rentrée de janvier cette année-là. Il y a une certaine injustice quand même... C'est Harry qui a vécu les choses les plus dangereuses cette année-là, et c'est moi qui me suis retrouvée à l'infirmerie pendant presque quatre mois.
–Sans Fawkes, je serais mort, Mione... » rappela Harry.
Cela ramena immédiatement le calme et Hermione parut proprement gênée. Harry se tourna vers les professeurs :
« Si vous voulez, je vous emmènerai un jour dans la Chambre. Je ne sais pas si le Basilic est encore exploitable, par contre.
–Harry, tu suivrais un peu mieux en cours, tu saurais que le Basilic est pratiquement imputrescible, dit Hermione avec un soupir lassé.
–Ce que j'ai retenu d'un Basilic, c'est qu'il faut faire attention à tous ses crocs en plus de ses yeux. Et avoir des larmes de Phoenix à portée de main au cas où.
–Vu que c'est le seul remède connu, on va se satisfaire de cette réponse de votre part... » décréta le Professeur Snape d'une voix neutre.
Draco et Hermione ne purent retenir un petit rire et ils se regardèrent, surpris d'avoir eu la même réaction.
Le Professeur McGonagall secoua la tête :
« Bien. Ça fait beaucoup de choses pour ce soir. Nous allons laisser Miss Nestral et Poppy tranquilles. Mr Potter, je suppose que vous restez ici ?
–J'aimerais bien, fit Harry, hésitant.
–Bien, céda-t-elle. Je vous veux demain en cours sans faute.
–Merci, professeur.
–Nous allons nous occuper de cette école, je compte sur vous pour découvrir vos pouvoirs de manière responsable. Si vous avez besoin d'un lieu pour travailler, tous les cinq, faites-le moi savoir. Et je vais vous donner, à tous les cinq également, une dérogation permanente pour la Réserve de la bibliothèque. Mr Potter pourra laisser la cape familiale à sa place dans sa valise, ainsi. »
Harry eut un simple sourire à l'évocation de sa cape d'invisibilité. Il la portait tout le temps sur lui, à présent. Mais inutile de le faire savoir à sa directrice. Il vit le clin d'œil de Remus et sut que son oncle ne l'avait pas oublié. En quittant la salle, Harry rappela à Neville, Hermione et Draco qu'ils devaient se retrouver vendredi pour initier Draco. Ils hochèrent la tête et quittèrent l'infirmerie après les professeurs. Enfin, une fois Madam Pomfrey disparue dans son bureau après un dernier contrôle sur Manon, Harry se retrouva seul avec son amie. Il s'allongea près d'elle et la serra contre lui. Elle s'était rendormie depuis un moment, mais il la sentait toujours triste et confuse. Elle allait avoir besoin de temps pour s'en remettre.
Notes de l'auteur :
Et voilà un chapitre à la troisième personne. Il n'y en aura qu'un seul autre dans cette première partie, et encore, je ne suis pas sûre de le publier.
Je n'étais pas sûre pour celui-là non plus, mais j'ai réalisé que le chapitre précédent ne suffirait pas à expliquer le comportement des adolescents dans la suite de l'histoire.
Je ne suis pas contente de la fin du chapitre, en toute honnêteté, je la trouve lourde... Mais ça permet aux professeurs de réaliser l'ampleur de ce que Dumbledore leur a caché, y compris en ce qui concerne l'école.
Réponse aux guest reviews :
Naguina : Salut ! Merci pour cette review ! Je suis déjà très heureuse que tu aies pris le temps d'en poster une ! :) Et je suis également très heureuse que mon histoire te plaise autant !
Désolée d'avoir détruit l'image que tu te faisais de Dumbledore, mais je t'assure, il y a des fics où c'est véritablement un gentil ! :)
Molly a ses... raisons, va-t-on dire, d'agir ainsi, ce sera détaillé bien plus tard.
Narcissa amoureuse de James... C'est mon petit coup de folie au moment de la rédaction, je ne sais pas encore si ça va donner quelque chose :) J'aimerais bien, c'est prometteur :)
À lundi prochain !
MAJ le 05/11/2017
