Samedi 20 janvier 1996

Chère Marie,

Et voilà, Narcissa et Cassiopeia sont à Lions' Rock. Elles sont arrivées en milieu d'après-midi aujourd'hui, et Narcissa semble ravie de ce retournement de situation plutôt inattendu pour elle et sa fille.

Harry et moi sommes allés à Lions' Rock dès le petit déjeuner terminé. Nous n'avions pas besoin d'autant de temps pour préparer le domaine, mais nous avions envie de passer un moment ensemble, tous les deux. Nous avons prévenu les elfes qu'il y aurait à présent deux invitées permanentes, et ils se sont rapidement mis à la préparation de deux chambres.

Pendant ce temps, Harry a mis à jour le registre. C'est un énorme livre dans le bureau du maître de maison (Harry a du mal à considérer que c'est le sien, dorénavant...), dans lequel on trouve des listes et des listes de noms, ainsi que les niveaux maximum de sécurité auxquels ils sont autorisés. Je suis autorisée jusqu'au niveau 10, par exemple, qui est le plus haut niveau possible. Si Lions' Rock se met en mode de défense intégral, je peux rester à l'intérieur pour bénéficier de sa protection. Hermione, ses parents, Sirius et Remus aussi. Les autres sont au niveau 9. Harry dit que ces niveaux peuvent être changés simplement, donc il a juste attribué un niveau rapidement.

Ce matin, il a mis à jour le niveau de Neville pour le pousser à 10, et ajouté Draco au même niveau. Voilà, les cinq mages sont autorisés à rester à Lions' Rock en cas d'attaque. Narcissa et Cassiopeia ont été ajoutées également, au niveau 10 aussi. En fait, Harry n'ajoute à ce niveau, pour l'instant, que ceux qu'il considère comme sa famille ou ceux qui n'ont pas de possibilité d'avoir un autre refuge. En « enlevant » Narcissa et Cassiopeia, on leur supprime la protection des Malfoy. C'est donc logique que Harry leur offre la protection des Potter, au moins jusqu'à ce que la situation de la famille Malfoy s'améliore. Malfoy Manor est moins protégé que Lions' Rock, mais c'est quand même un beau bastion s'ils en ont envie, et surtout, c'est le leur, et avec la magie, on n'est jamais aussi bien protégé que dans son propre domaine.

On a passé le reste de la matinée dans le salon de la suite de Harry. Depuis le terrible mardi (ça sonne moins bien en français... Harry appelle ça the terrible tuesday), nous n'avons pas été... ensemble. Je crois que ça m'a fait du bien de sortir de Hogwarts, pour ça. Je ne suis toujours pas prête à avoir une relation sexuelle, mais notre relation devient quand même de plus en plus intime, et ça fait du bien, à tous les deux. Ça me redonne confiance et ça montre à Harry que je fais des efforts. Même si une relation amoureuse ne doit pas être basée uniquement sur le sexe, il ne faut pas se voiler la face : nous avons quinze ans, et ça en fait partie. Je n'ai pas envie que Harry décide de rompre parce qu'il aurait l'impression que je ne dirais jamais oui. J'ai envie de dire oui, et j'ai envie d'y arriver. Et il faut que je le lui montre, à la fois pour le rassurer sur le fait que ça viendra un jour, quand je serai prête, et aussi pour qu'il m'aide, tout simplement.

Et nous avons pu parler, aussi, de nous essentiellement. Du « je t'aime » sous Veritaserum, par exemple, ou de l'affection qu'il émane souvent volontairement à mon attention, et qui ma foi, équivaut bien un je t'aime. Il a été d'accord, d'ailleurs, quand on en a parlé tout à l'heure. Il l'a reconnu presque facilement : il est amoureux de moi.

Et donc, apparemment, moi de lui.

Je ne sais pas si c'est de l'amour ce que j'éprouve pour lui. En tout cas, je n'arrive pas à lui dire je t'aime. Mais j'ai besoin de notre relation, de sa présence, de son affection, de sa tendresse. J'ai besoin de le voir heureux et souriant. J'ai confiance en lui et je sais qu'il a confiance en moi. Il me fait me sentir belle, désirée, valorisée. Ça ressemble à de l'amour, n'est-ce pas ? Mais je n'arrive pas à lui dire je t'aime. Il me le dit, à présent, mais tout ce que je peux répondre, c'est « moi aussi ». Je le pense, vraiment, mais je n'arrive pas à prononcer ces trois petits mots.

Il dit que ce n'est pas grave, qu'on a le temps. Il est sincère, en plus, quand il dit ça. D'après lui, j'ai bien d'autres façons de lui montrer à quel point je tiens à lui. Et il trouve ça amusant que moi qui aime tant les mots n'arrive soudain pas à m'exprimer. J'ai l'impression que ça le rend presque plus tendre avec moi.

Cette matinée nous a fait du bien, en tout cas, à tous les deux. Pour chacun de nous, mais aussi pour notre relation. C'est si rare quand on a le temps d'être seulement deux. Pour l'instant, avec le bordel que c'est autour de nous, entre ce foutu souvenir, l'arrestation de Dumbledore, le procès Weasley qui s'annonce, les mages et notre héritage, l'Ordre du Phoenix, et maintenant la famille Malfoy, ça va trop vite pour qu'on ait le temps de s'accorder une vraie pause.

C'est cruel d'une certaine manière. J'ai vingt-et-un ans, mais Harry, Hermione, Draco et Neville n'en ont que quinze. Harry est habitué à la pression de la presse, Draco a été élevé pour mener une vie publique, mais Hermione et Neville sont aussi désarmés que moi et n'ont pas l'avantage de ces six ans supplémentaires. Mais au fond, quinze ans ou vingt-et-un ans, est-ce que ça va vraiment faire une différence quand ces journaleux seront sur nos talons ?

Harry est rentré vers treize heures à Hogwarts, afin de pouvoir croiser Draco avant son départ à Gringotts, pour lui donner le Portoloin créé pour l'occasion. Je suis donc restée toute seule pendant deux heures, environ. Deux heures que j'ai passées dehors, dans la neige, sous ma forme de panthère. Je veux m'habituer aux différentes conditions climatiques. Je supporte toujours très bien le froid humaine (donc ça n'avait finalement pas grand chose à voir avec ma graisse, je ne suis juste pas frileuse), mais Flamme supporte toujours mal le contact mouillé de la neige sur les pattes. Je n'ai pas froid, quand je suis panthère. Entre ma fourrure et sans doute le manque de frilosité conservé sous ma forme animale, je suis presque plus à l'aise dehors sous ma forme de panthère que sous ma forme humaine, où je suis encombrée de ma lourde cape et de mes gants (pas frileuse, certes, mais ce n'est pas une raison pour tomber malade. Fait -10° pour l'instant au Pays de Galle !). Mais j'ai découvert un phénomène intéressant : je peux monter ma température interne, et ainsi éviter que de la neige s'accroche durablement à mon pelage et se transforme en blocs de glace coincés dans les poils.

J'étais en train de me défouler après un oiseau qui avait visiblement oublié de migrer vers des contrées plus chaudes quand j'ai entendu un cri :

« Flamme ! »

Je me suis immobilisée immédiatement et j'ai vu un petit groupe de personnes juste à la frontière du domaine. Les Malfoy et Snape étaient arrivés.

J'ai couru vers eux et me suis arrêtée juste devant eux. Draco semblait amusé, mais Snape et Lady Malfoy n'en menaient pas large.

Narcissa est une femme magnifique. Elle a une quarantaine d'années, est aussi blonde que ses enfants, avec de très beaux yeux gris, comme Draco et maintenant que je le constate, comme Sirius : les yeux des Black. Elle a une attitude régalienne, très soignée, parfaitement maquillée et coiffée, habillée de vêtements de luxe, avec de la fourrure en guise de doublure intérieure à sa robe... J'espère pour sa future compagne que Draco n'a pas un Œdipe mal résolu, parce qu'elle aura beaucoup de travail à tenir la comparaison face à sa mère.

Cassiopeia a les mêmes traits fins et les mêmes cheveux blonds que son grand frère et sa mère. Elle a les yeux bleu foncé, par contre (ce qui n'est pas la couleur Malfoy, beaucoup plus claire, d'après Draco). Ça lui donne un air de princesse de contes de fées. Quand elle m'a vue, elle s'est cachée derrière Draco, qui a ri et l'a poussée gentiment devant lui :

« Pas besoin de te cacher, Princesse, elle ne te fera aucun mal. Tu peux même la caresser, si tu veux, je suis sûr qu'elle va ronronner... »

Je lui ai donné un coup de patte amical, qui l'a fait rire à nouveau. Puis je me suis approchée doucement de sa sœur, qui me regardait avec appréhension. Je maîtrise de mieux en mieux mes pouvoirs, et j'ai pu lui faire ressentir mon accueil chaleureux, amical, et mon envie de jouer. Elle a eu soudain un sourire, et s'est avancée vers moi. Elle ne fait qu'une tête de plus que moi. Elle a avancé une petite main, et je l'ai encouragée en lui donnant un gentil coup de museau. Puis elle a eu un gloussement ravi, et m'a enlacé le cou.

« Elle est trop belle ! J'en veux une aussi ! »

Draco a éclaté de rire, recevant un regard surpris des deux adultes. Puis Narcissa a dit doucement :

« J'ignorais que les Potter pouvaient avoir des animaux sauvages.

–Flamme n'est pas un animal sauvage, a dit Draco entre deux rires. C'est la forme Animagus de Manon. Quoique, elle peut être sauvage, quand elle veut. Manon ? »

Je me suis transformée sans me dégager de l'étreinte de la petite fille, qui s'est d'un coup retrouvée dans mes bras, me serrant toujours le cou. Elle a eu une exclamation de surprise :

« Oh ! Moi aussi je veux pouvoir me transformer ! Je veux être une panthère ! »

Draco a ri à nouveau et a ébouriffé les cheveux de sa petite sœur affectueusement. C'est amusant comme il est détendu avec ses proches : son parrain, sa mère, sa sœur. Je ne l'ai jamais vu aussi peu sur ses gardes et affichant aussi facilement sa bonne humeur. Cassiopeia semble avoir un effet merveilleux sur lui.

« Peut-être que tu pourras, quand tu seras plus grande, j'ai dit avec un sourire. En attendant, bienvenue à Lions' Rock. Si nous allions nous mettre au chaud ?

–Tu nous attendais ? a demandé Draco.

–Je suis là pour vous accueillir, oui. Mais par rapport au fait que j'étais dehors ? Non, j'ai besoin que Flamme s'adapte à différents environnements plus rapidement. Mais toute seule, c'est pas évident. Je me vois mal aller dans la forêt seule, pour l'instant.

–Pourquoi ? a demandé Narcissa.

–Parce que la forêt de Lions' Hill est un refuge pour toutes sortes de créatures, et je ne sais pas si toutes accueilleront bien un prédateur, même si c'est un mage sous sa forme Animagus. Pour certaines espèces, ce serait même : surtout si c'est un mage... Enfin. Vous voyez cette ligne de piliers ? »

J'ai désigné la ligne de colonnes de pierre qui faisait le tour de la colline à mi-hauteur.

« C'est la limite du domaine intérieur. Du château jusqu'à cette ligne, vous êtes en absolue sécurité, seules les personnes autorisées par Harry peuvent entrer. Au delà, jusqu'au pied de la colline, à la deuxième ligne de piliers, la sécurité est un peu plus basse : les sorciers ne peuvent pas entrer, mais les créatures et les non-magiciens oui. Et enfin, le troisième niveau, avec les terres agricoles et le village, lui aussi délimité par des colonnes de runes, autorise pour l'instant tout le monde, mais expulse automatiquement tous ceux qui portent atteinte à l'un des habitants du comté. Cela peut arriver trop tard, cependant. Donc vous avez une certaine liberté dans le comté, mais soyez prudentes lorsque vous quittez le domaine en lui-même. On vous a expliqué la situation ?

–Draco et Severus m'en ont présenté les grandes lignes, oui, a répondu Narcissa. Je suis ici volontairement, si c'est ce que vous voulez savoir.

–Non, mais ça fait tout de même plaisir à entendre. Allons nous installer dans le salon, que vous découvriez ce qu'est devenu votre fils depuis quinze jours. »

Narcissa a lancé un regard interrogatif à son fils et à Snape, mais n'a eu aucune réponse. Nous nous sommes tous installés dans le salon du rez-de-chaussée et j'ai appelé Tippy :

« Tippy, voici nos invités. Narcissa et Cassiopeia Malfoy vont résider ici pendant un moment, et voici aussi Draco Malfoy, qui est un ami et mage, comme Harry, Hermione, Neville et moi, et voici le Professeur Snape, qui est professeur à Hogwarts mais aussi le parrain de Draco. »

Tippy les a regardé un par un, puis s'est incliné :

« Bienvenue à Lions' Rock, Lady et Lord Malfoy, petite Lady Malfoy et Master Snape.

–Lord ? j'ai répété, ignorant le «Master» donné à Snape, du à son titre de potionniste.

–Un héritier peut être appelé Lord aussi, a répondu Draco. C'est une forme de politesse. Tippy vient de montrer que nous sommes vraiment les bienvenus. »

J'ai jeté un coup d'œil vers Tippy qui s'est contenté d'incliner la tête respectueusement avant de ranger les manteaux, d'apporter les boissons et un livre d'enfant trouvé je ne sais où pour Cassiopeia, pour qu'elle puisse s'occuper pendant que nous discutons. J'ai voulu commencer, mais Draco m'a interrompue :

« Mère, je vous fais entière confiance, mais des secrets sont vite arrachés s'ils ne sont pas bien protégés. Acceptez-vous de prêter serment ? »

Bon, bien entendu, le you anglais ne permet pas d'affirmer textuellement que Draco « vouvoie » sa mère, mais c'est comme ça que ça sonne. Ça n'a pas la même familiarité que quand il nous parle, par exemple. Et puis, avec Mother, je vois mal quelqu'un tutoyer...

Considérations linguistiques mises à part, Narcissa n'a pas hésité un seul instant à jurer que tout ce qu'elle apprendrait ici, que ce soit lors des conversations, ses lectures... ne serait transmis à personne d'autre que notre cercle de confiance restreint, sauf autorisation expresse. Du coup, nous avons pu lui raconter tout ce qui s'est passé concernant Draco et les mages depuis un bon mois.

À la fin, Narcissa est restée un moment silencieuse, puis a soupiré :

« Je me demandais pourquoi le camp de la lumière se séparait de Dumbledore, et acceptait de nous offrir protection, à Cassi et moi, surtout ici à Lions' Rock.

–Ce n'est pas si extraordinaire en soi, j'ai souri. Les Potter contrôlent complètement la sécurité du domaine. C'est presque plus sûr pour nous de vous autoriser ici que de vous autoriser à Grimmauld Place.

–Beaucoup de connaissances sont entreposées ici...

–Et vous n'y avez pas accès, j'ai répondu. Vous avez accès au premier étage de la bibliothèque, mais pas aux deux étages supérieurs, qui contiennent les livres les plus rares et les plus exclusifs. Vous aurez de quoi vous occuper, mais pas de percer les secrets des Potter. Et Lions' Rock est conscient, comme Hogwarts. Il va protéger ses secrets. Même moi, je n'ai pas accès à toutes les connaissances auxquelles a accès Harry, alors que j'ai théoriquement les mêmes permissions que lui, ici. Je ne suis pas une Potter. »

Il y a eu un moment de flottement pendant lequel ils ont assimilé ce que je venais de dire. Puis j'ai souri :

« Alors ? Acceptez-vous la protection de l'Ordre et des mages ?

–Bien sûr, a répondu immédiatement Narcissa. Je sais combien mon mari et mon fils peuvent être sensibles quand il s'agit de notre sécurité, à Cassi et moi, et cela leur apportera une certaine tranquillité d'esprit.

–C'est ce que nous nous sommes dit aussi, j'ai répondu avec une grimace moqueuse en direction de Draco. Bien, pour faciliter votre installation, il serait préférable sans doute que vous puissiez récupérer vos effets personnels.

–Comment comptez-vous faire ça ?

–Très simplement. Dobby ? »

Narcissa a ouvert de grands yeux en voyant son ancien elfe de maison apparaître dans le salon. Je ne l'avais encore jamais rencontré, mais Harry m'avait assuré qu'il m'obéirait avec plaisir. En effet, il s'est incliné profondément devant moi, avec un air surexcité :

« Bonjour, compagne de Maître Harry Potter ! Dobby à votre service !

–Bonjour Dobby. Je m'appelle Manon.

–Bien sûr, compagne de Maître Harry Potter ! »

Draco a ricané et Dobby s'est tourné vers lui, surpris, avant de pousser une nouvelle exclamation de joie :

« Maître Draco ! Dobby est heureux de vous revoir !

–Moi aussi, Dobby, je suis content de voir que tu as pu trouver un nouveau maître.

–Dobby est libre... j'ai fait en fronçant les sourcils.

–Les elfes de maison ne peuvent pas être libres, ils meurent sans maître, a répondu Draco. Et vu comment il t'a appelée, son nouveau maître doit être Harry. C'est ça Dobby ?

–Oui, maître Draco. Dobby est désolé d'avoir quitté son ancienne famille, mais Maître Harry Potter est un bon maître.

–Je n'en doute pas. »

Je les ai observé tour à tour, et j'ai dit lentement :

« OK. Donc, là, mes connaissances me font défaut. Il est dit que Harry a libéré Dobby parce que ton père, Draco, le maltraitait. C'est d'ailleurs parce que Lucius le maltraitait que Dobby a eu la force de vouloir protéger Harry. »

Draco, Narcissa et Snape m'ont regardée avec une surprise non dissimulée, et Dobby a baissé la tête. Puis Draco a ri :

« C'est ce que tes livres disent ?

–Oui... Mais je ne vois pas ce qui a de drôle là-dedans...

–Tu as lu des possibles qui correspondaient exactement à la situation réelle de ma famille, mais tu ne sais pas que nous ne maltraitons pas nos elfes de maison ?

–Il y avait des possibles dans lesquels c'était le cas, mais dans ceux-là, il est généralement fait abstraction de Dobby, ou alors on dit que seul Lucius avait un tel comportement, et pas Narcissa ou toi. »

Le rire de Draco s'est amplifié et même Narcissa s'est permise un sourire amusé :

« Lucius sera ravi de découvrir que ses plans fonctionnent à merveille... Si même une voyageuse temporelle n'y voit rien... »

Je commençais à être frustrée de ne pas avoir de réponse claire, et Draco a du s'en rendre compte :

« Dobby, ni aucun elfe, n'a jamais été maltraité au Manoir... Enfin, jusqu'à l'arrivée de Tante Bella et de Voldemort. Le comportement de Dobby était voulu. C'est nous qui avons demandé à Dobby de protéger Harry en donnant l'impression qu'il agissait contre sa famille. Comme ça, si on découvrait qui étaient ses maîtres, on ne pouvait pas nous accuser de soutenir Harry, ce qui était encore dangereux.

–Pourquoi avoir libéré Dobby alors ?

–Pour qu'il puisse continuer à protéger Harry sans être contraint par son rôle chez nous, a répondu Narcissa. Avec ce que Draco nous racontait de Hogwarts, nous savions, Lucius et moi, que Harry n'avait pas accès à son héritage. Et nous savons parfaitement que les elfes de maison, dans leur ensemble, vouent un profond respect aux Potter. Mais comme Harry ne connaissait pas son héritage, il n'avait pas accès à ses propres elfes. Alors nous lui en avons donné un. Il était évident pour nous que si Dobby quittait notre famille, il allait aussitôt faire de Harry son maître.

–Mais... Il n'y a jamais eu... de cérémonie, ou de formalisation...

–C'est Harry qui a libéré Dobby, a répondu Draco. C'est ce qui a permis à Dobby de se lier à lui.

–Pourquoi vouloir autant protéger Harry ?

–Parce que c'est un héritier Potter que son tuteur n'a jamais daigné informer de son titre et de ses prérogatives, a répondu Narcissa sans hésiter. Lorsque Draco nous a raconté cela, pendant l'été suivant sa première année, cela a éveillé notre attention. De plus, comme vous le savez certainement, Draco est doué en magie noire. Cela le rend sensible à la magie de la vie, et donc à une certaine forme de médicomagie. Il a constaté, sans vraiment comprendre de quoi il en retournait vraiment, que Harry était plus faible qu'il ne devrait l'être, magiquement et physiquement. Cela nous a rendu... perplexes, Lucius et moi. Dumbledore aurait eu tout intérêt à afficher son pupille, le Survivant, comme un jeune héros en parfaite santé, au meilleur de sa forme et de ses compétences, et pleinement conscient de son futur rôle dans la société magique. Or, ce que Draco nous a décrit était l'exact contraire. Et il y a eu les événements de la première année, cette histoire de pierre philosophale et de trois élèves, dont le jeune Potter, qui comme par miracle parviennent à surmonter les épreuves mises en place par les professeurs pour protéger un artefact extrêmement rare, et le jeune Harry qui se retrouve confronté à Voldemort sous sa forme spirituelle...

–Comment êtes-vous au courant de ça ? j'ai demandé. Cette histoire n'a jamais été rendue publique, surtout la partie concernant la pierre philosophale.

–Nous n'avons jamais obtenu l'histoire en entier, en effet, a reconnu Narcissa, mais entre Lucius au Conseil des Gouverneurs, Severus parmi les professeurs, et Draco qui entend toutes les rumeurs du château, nous avons reconstitué les morceaux. En tout cas, les décisions de Dumbledore envers le jeune Potter nous ont semblé... pour le moins étrange. Et nous avons vu la puissance de Draco fortement réduite depuis son entrée à Hogwarts.

–Vous saviez ? s'est exclamé Draco.

–Bien sûr que nous savions que tu es mage, dragon, a répondu Narcissa en fronçant les sourcils. Nous l'avons su dès que nous avons découvert ta facilité à comprendre la magie noire. Severus a lancé un test de Gend sur toi, et nous avons découvert que tu es un mage.

–Toi aussi tu savais ? s'est écrié Draco, furieux, en se tournant vers son parrain.

–Oui, a répondu celui-ci calmement. Mais même si tu es doué pour garder des secrets, nous savions tous les trois que ton arrogance naturelle finirait par te faire lâcher le morceau. Nous ne t'avons donc rien dit, et nous comptions te l'annoncer peu après ta rentrée à Hogwarts, quand tu aurais un peu mûri socialement.

–Mais Dumbledore est intervenu avant et a verrouillé ton pouvoir, a continué Narcissa avant que Draco ne puisse répondre quoi que ce soit. Nous ne savions pas qui aurait pu faire ça, même si nous avions des soupçons. Tu nous parlais du niveau moyen de Harry à l'école. Et... Nous faisons partie des rares à savoir que Harry est un mage...

–Comment James et Lily l'ont su ? » j'ai demandé.

Narcissa m'a observée et a souri :

« Vous ne semblez pas surprise du fait que nous le sachions.

–Harry a trouvé une lettre de son père, pendant ces vacances, qui explique qu'il y aurait eu une forme d'amitié entre eux et vous, à un point suffisant pour qu'ils demandent à Lucius d'apprendre la magie noire à Harry si jamais ils ne pouvaient pas être présents. Et Draco nous a parlé de votre... histoire. »

Narcissa a hoché la tête, toujours souriante :

« En effet. Je me suis toujours bien entendue avec Lily et James. Quand Lucius a renoncé à ses principes idiots, il est lui aussi devenu ami avec eux. Pour répondre à votre question, Lily et James l'ont su tout simplement : Harry n'avait aucun accident magique mais pratiquait la magie de manière très contrôlée. Très étonnant pour un bébé. Mais les Potter ont régulièrement des mages dans leur lignée, et James avait toutes les ressources nécessaires à Lions' Rock pour comprendre ce que ça signifiait vraiment pour son fils. Ils encourageaient même Harry à pratiquer la magie.

–C'est à dire ? j'ai demandé avec un sourire amusé.

–Oh, des blagues d'enfants, a répondu Narcissa avec un sourire identique. Disons qu'il répondait coup pour coup aux blagues de son père, ce qui amusait beaucoup James, qui ne se privait pas de continuer ce petit jeu entre eux. Les blagues étaient complètement inoffensives, il s'agissait de changer la couleur de quelque chose, ou de changer l'apparence d'un jouet... Mais c'est quelque chose qu'un bébé de un an est normalement incapable de faire. Quand nous avons découvert que Draco est mage également, nous nous sommes dits que nous aurions du nous en douter. Quand James et Harry faisaient ce genre de jeux devant Draco, Draco essayait de participer, et s'il n'avait pas la maîtrise de Harry, c'était quand même assez impressionnant pour un bébé. »

J'ai souri à cette image, et je me suis tournée vers Snape :

« Est-ce qu'avec l'Occlumancie, on peut retrouver des souvenirs aussi lointains ?

–Avec l'Occlumancie normale, je ne pense pas, mais c'est certainement possible avec un paysage mental. »

Mon sourire s'est agrandi : je vais pouvoir dire à Harry, en plus de cette conversation qui lui sera répétée, qu'il peut peut-être accéder aux souvenirs liés. Cela lui fera plaisir.

Narcissa a continué :

« C'est parce que nous savions que jamais James n'aurait laissé son fils affaibli et dans l'ignorance de son histoire et de ses droits que nous avons commencé à nous poser des questions sur les bénéfices de la tutelle de Dumbledore sur Harry. Mais nous sommes des Malfoy, et jamais Lily et James n'ont affiché publiquement la moindre amitié pour nous. Il aurait donc été délicat d'intervenir directement, surtout que Harry n'avait pas encore quinze ans, âge auquel les autres familles nobles peuvent commencer officiellement à s'intéresser à la situation d'un héritier si son tuteur ne fait pas son travail. Nous ne pouvions même pas tenir notre promesse au sujet de la magie noire. Nous avons donc décidé que Dobby le surveillerait pour nous, et que si Harry découvrait que Dobby nous appartenait, nous nous débrouillerons pour monter une scène où Harry serait forcé d'intervenir pour libérer Dobby, et donc par là même devenir son maître.

–Harry va être furieux en découvrant qu'il a été manipulé ainsi.

–Dobby ? a fait Narcissa en se tournant vers l'elfe de maison. Est-ce que tu as protégé Harry Potter ?

–Oui Maîtresse Narcissa. Dobby a fait de son mieux pour protéger Maître Harry Potter.

–Et qu'as-tu fait pour ça ?

–Dobby a empêché le directeur Dumbledore de verser différentes potions dans la nourriture de Maître Harry Potter, Dobby a réussi à affaiblir les mauvaises influences sur Maître Harry Potter et ses amis et Maître Draco...

–C'est pour ça que Ron a commencé à se montrer désagréable seulement à partir de la troisième année !

–Et c'est à partir de la troisième année que j'ai décidé de vraiment faire connaissance avec Granger, a ajouté Draco, pensif.

–Oui, compagne de Maître Harry Potter et Maître Draco. Mais Dobby n'a pas pu tout enlever, c'est trop puissant pour un seul elfe de maison, Dobby est désolé.

–Il ne faut pas, Dobby, je l'ai aussitôt rassuré. Tu as fait de l'excellent travail, et c'est même tant mieux que tu n'aies pas tout enlevé, ça a permis de ne pas éveiller les soupçons de Dumbledore. De quelles potions tu parles ?

–Dobby ne sait pas, compagne de Maître Harry Potter. Dobby ne sait pas reconnaître les potions qui ont été données.

–Les as-tu gardées ?

–Oui, compagne de Maître Harry Potter. Maître Lucius et Maîtresse Narcissa ont demandé à Dobby de garder tout ce qui aurait été utilisé pour porter atteinte à Maître Harry Potter.

–Parfait. Professeur ? j'ai demandé en me tournant vers Snape, qui a soupiré, résigné :

–Oui, je vais les analyser...

–Merci ! Dobby, as-tu d'autres éléments que tu as gardés ?

–Oui, compagne de Maître Harry Potter. Des objets ensorcelés donnés à Noël, et Dobby a noté les sortilèges que le directeur Dumbledore a voulu utiliser.

–Excellent ! »

J'ai réfléchi rapidement, puis :

« Est-ce que tu pourrais apporter tout ça ici, pour que Amelia Bones puisse examiner ça ?

–Non, compagne de Maître Harry Potter. Les protections de Lions' Rock empêchent Dobby d'y apporter des objets qui pourraient faire du mal à son maître.

–D'accord. Une idée ? j'ai demandé à la cantonade.

–Oui, a répondu Snape. Ce soir, vous rencontrerez, Potter et vous, la directrice, qui convoquera Amelia Bones. Dobby apportera ses preuves à ce moment-là. Et si Dobby veut bien me donner les potions dès que nous rentrerons à Hogwarts, ça me laissera le temps de les analyser avant.

–Parfait. Donc on va faire en sorte de terminer cette rencontre avant que Harry termine son entraînement de Quidditch. Dobby, si je t'avais appelé, c'était pour que tu ailles au Manoir Malfoy chercher les affaires de Narcissa et de Cassiopeia. Elles vont habiter ici un temps encore indéterminé. Lucius est au courant ? j'ai demandé à Narcissa.

–Lucius sait que nous ne rentrerons pas de Gringotts, mais ne sait pas notre destination. Comme ça, il ne mentira pas à Voldemort quand il lui dira qu'il ne sait pas où nous sommes. Mais oui, il sait que nous sommes en sécurité.

–Excellent. Alors, pour faciliter le travail de Lucius et de vos elfes, je suis désolée, Dobby, mais tu vas devoir ramener les affaires de Cassiopeia et Narcissa tout seul. Si les elfes du Manoir Malfoy voient Tippy, ils auront du mal à garder le secret si Voldemort veut les faire parler.

–Dobby comprend, a affirmé Dobby en s'inclinant profondément. Où est-ce que Dobby doit apporter les affaires de Maîtresse Narcissa et Maîtresse Cassi ?

–Et les miennes si possible ? est intervenu Draco.

–Bien sûr, Maître Draco, a répondu Dobby sans hésiter.

–Tippy ! » j'ai appelé.

Tippy est aussitôt apparu, et a regardé Dobby avec curiosité. Je lui ai ordonné de s'arranger avec Dobby pour que les affaires de Narcissa et Cassiopeia soient dispatchées au bon endroit. Il s'est incliné à son tour et les deux elfes ont disparu dans un pop.

Après un court silence, j'ai souri :

« Bien, voilà qui est donc organisé. Vous avez officiellement disparu avec vos affaires. En attendant la Une de demain ou lundi, Draco, si tu me disais ce qu'a donné ton test d'Héritage aujourd'hui ?

–Je t'ai dit que j'étais descendant de Mordred ?

–Oui.

–J'en suis l'héritier magique aussi. Ainsi que Nimue.

–Très bien ! Dis, ça fait de toi un descendant de Morgane aussi. Tu sais quelle était sa spécialité ?

–C'est la Dame d'Avalon. Elle n'a pas de spécialité à proprement parler. Si elle devait en avoir une, je ne sais pas si ce serait la magie noire, l'esprit ou la médecine. C'est la seule à part Mordred qui acceptait le fait que magie noire et magie blanche pouvaient être alliées. Même si Mordred était déjà plus assoiffé de pouvoir que Morgane et se rapprochait plus du mage noir tel qu'on l'entend aujourd'hui. Quand Dobby reviendra, je lui demanderai de prendre un livre dans la bibliothèque Malfoy, il présente Morgane de façon plutôt neutre, loin des biais amenés par ceux qui ne veulent que de la magie blanche.

–Merci. Je suis héritière de Morgane, est-ce que ça veut dire que j'ai aussi des prédispositions à la magie noire ?

–Pas autant que moi, mais sans doute plus que les trois autres, oui. Tu as déjà montré plus de tolérance à son égard que les autres.

–Parce que je n'ai pas grandi dans une société magique qui la diabolise.

–Manon, je ne suis pas tout à fait inculte du monde moldu, et je sais parfaitement que la magie noire est très mal vue, que ce soit par les magiciens ou les non-magiciens. Le livre que tu m'as offert à Noël en est un bon exemple. Sauron le méchant mage noir contre Gandalf le gentil mage blanc... Et tu me dis que c'est une référence dans la littérature magique pour les moldus. Combien de tes lectures n'opposent pas magie blanche et magie noire ? »

J'ai réfléchi un bon moment. Sur les centaines de livres fantasy que j'ai pu lire, je n'ai pu retrouver que quelques références ne créant pas une polarité magie blanche/magie noire. Ils figurent d'ailleurs parmi mes livres préférés. Je n'ai jamais été particulièrement fan du manichéisme, tu le sais. Tout n'est pas tout noir ou tout blanc, il existe aussi le gris (oui, je sais que c'est comme ça que tu considères Snape comme un héros, mais ce n'est pas parce que je suis d'accord avec toi sur le principe de base que je vais tout accepter... Non mais !).

Draco a pris mon silence comme un accord, et il avait raison, et il a souri :

« Tu vois ? Et pourtant, tu ne rejettes pas en bloc la magie noire.

–Je pense que la magie noire est simplement une magie réellement dangereuse, entre de bonnes ou de mauvaises mains, mais la magie est un élément neutre. C'est ce que nous en faisons qui en fait quelque chose de mal ou de bien.

–Tu prêches un convaincu, Manon. Mais c'est cette vision qui fait aussi de toi une héritière de Morgane. Viviane et Merlin n'ont jamais accepté ça aussi bien. Enfin... Je suis allé dans le coffre de Mordred. Peu de monde a été désigné comme héritier magique, apparemment, la dernière traduction était du Normand du Xème siècle. Heureusement que je comprends le vieux breton.

–Tu as pu récupérer un artefact d'héritage ?

–Oui, et de la lecture. Chez Nimue, ça se voit que Hermione a fait une razzia, mais j'ai trouvé quelques titres intéressants qui compléteront bien la magie noire de Mordred. Dommage que je n'ai pas Galaad, ça aurait permis d'aller encore plus loin.

–Ça, c'est Harry, Neville et moi. Tu ne dois pas travailler seul dans ton coin, tu sais ? »

Draco a eu un petit rire. Il va avoir du mal, je le sens. Ce n'est pas dans ses habitudes de faire équipe. Il finit par s'étirer :

« Je laisserai tout ce que j'ai trouvé dans ma chambre dans la suite des Fondateurs. Au moins, je suis sûr que personne dans le dortoir ne tombera dessus. »

J'ai hoché la tête. Je fais pareil, c'est nécessaire, surtout en partageant un dortoir avec Lavender Brown et Parvati Patil. En pensant à mon journal, j'ai pensé à un autre :

« Si vous avez voulu protéger Harry, et si vous êtes contre Voldemort, pourquoi avoir donné son journal pour ouvrir la Chambre des Secrets ? » j'ai demandé à Narcissa.

Narcissa a secoué la tête, désolée :

« Nous n'avons pas voulu l'ouverture de la Chambre. Nous savions que Arthur Weasley était en pleine vague de fouille des Manoirs de certaines familles pour y découvrir des artefacts de magie noire. Celui-ci était beaucoup trop dangereux. Mais nous ne voulions pas pour autant qu'il tombe entre n'importe quelle main. Nous pensions que Arthur Weasley aurait éduqué ses enfants à lui donner tout objet suspect entrant en leur possession de façon mystérieuse. C'est ce que nous avons fait avec nos propres enfants, et ce que la plupart des sorciers font. Nous pensions que l'enfant Weasley qui découvrirait le journal le donnerait à son père, et du coup, il le récupérerait sans savoir que c'était nous qui l'avions avant. Jamais nous n'avons pensé que la petite Ginevra s'en servirait. »

Je l'ai regardée un moment, étudiant ses émotions. Je sentais de la sincérité dans son récit, et une sorte d'inquiétude toute maternelle quand elle a évoqué le nom de Ginny. J'ai soupiré :

« Ginny n'a pas été éduquée à reconnaître la magie noire, et elle a été sensible à la compulsion portée par le journal. Elle n'avait ni la force, ni les connaissances nécessaires pour réagir et se débarrasser du journal avant qu'il ne soit trop tard.

–Nous n'avions pas envisagé cela. Nous avons sincèrement pensé qu'avec le travail de son père, elle serait sensibilisée aux objets dangereux. »

J'ai hoché la tête : c'était raisonnable d'avoir ce genre d'attentes d'une fille d'un directeur de service dédié aux objets dangereux. J'ai soupiré :

« Ce qui est fait est fait. Je suis en tout cas contente d'entendre cette version. »

Il y a eu un silence légèrement tendu, que Draco a fini par interrompre :

« Et si tu nous montrais ce beau château ? Bon sang, les Potter ne se refusent rien ! »

J'ai eu un petit rire en acceptant la proposition. Oui, Lions' Rock respire la richesse, c'est évident. Pourtant, lors de la visite, les Malfoy ont laissé entendre que même si c'est évident et pas du tout caché, c'est quand même moins ostentatoire qu'à Malfoy Manor, où les rideaux sont de soie, les sols en marbre, les dorures omniprésentes. Ici, les matériaux sont plus bruts : le sol est en parquet de chêne, les rideaux en très beau coton, mais en épais coton quand même... Deux familles, deux façons de montrer leur puissance : les Malfoy affichent leur richesse, les Potter leur puissance magique.

Les elfes ont attribué à Narcissa et Cassiopeia deux chambres au premier étage, l'étage des invités. Ils ont travaillé rapidement, puisque leurs affaires sont déjà présentes. Au deuxième étage, la chambre de Draco, là aussi avec ses affaires. En fait, les elfes ont regroupé les cinq mages autour de la chambre de Harry : moi à sa droite, Hermione à sa gauche, et sur chaque extérieur, Neville et Draco.

Dobby a du aider Tippy au rangement puisque les trois Malfoy ont été surpris de trouver chaque chose à la place qu'ils aiment. Les elfes ont aussi aménagé un des bureaux du premier pour Narcissa, et un des petits salons en salle de jeux avec les jouets de Cassiopeia, ses livres, et des objets visiblement ressortis de l'enfance du père de Harry. Bref, toutes les deux sont très bien installées et accueillies, et ne manqueront de rien.

Apparemment, Harry a demandé à Dobby de rester à Lions' Rock, pour servir les deux Malfoy, qu'il connaît bien. Cela lui permet également de sortir de Hogwarts, et donc d'échapper à un possible interrogatoire. Contre l'avis de Hermione, il en a profité pour lier Winky à lui, qui est apparemment venue aussi travailler ici, en guise de nourrice pour Cassiopeia.

L'elfe est heureuse d'avoir à nouveau une famille à servir, alors personnellement, je suis contente : on ne sait pas ce qui rend les elfes aussi dépendants des sorciers. Draco affirme qu'ils meurent sans maître. Est-ce que c'est de l'endoctrinement, ou une véritable magie ? On n'en sait rien. Alors en attendant de savoir si c'est bon pour eux de les affranchir ou non, autant leur offrir une famille qui les traitera bien et les respectera. J'imagine mal Harry maltraiter qui que ce soit (ce qui est un véritable exploit, vu son enfance...).

J'ai ensuite précisé à Narcissa qu'elle n'est pas prisonnière ici, qu'elle est libre d'aller et venir à sa guise, mais bien entendu, nous ne pourrons sans doute rien faire s'il lui arrivait quoi que ce soit en dehors des limites de Lions' Rock. Si elle veut, elle peut même aller au village de Lions' Hill, ils connaissent l'existence de la magie, et cela lui permettra de sortir de l'isolement de Lions' Rock dans une relative sécurité. Ce à quoi elle a répondu que l'isolement n'est pas une nouveauté pour elle : c'est un compagnon presque permanent depuis son mariage avec Lucius, où elle ne peut réellement compter que sur son mari et ses enfants. Rester à Lions' Rock ne lui pose aucun problème.

Si cette déclaration m'a fait de la peine, elle m'a soulagée aussi : Narcissa ne fait pas de difficultés, et c'est mieux comme ça.

Encore quelques minutes de conversation légère, des saluts plutôt chaleureux, et Snape nous a ramenés, Draco et moi, à Hogwarts, avant même la fin de l'entraînement de Harry. Enfin, c'est relatif, comme notion : Angie a décidé qu'au lieu de s'entraîner deux soirs par semaine, l'équipe de Gryffindor passerait le samedi après-midi complet sur le terrain, de treize heures à dix-huit heures. Ce qui leur laisse tout juste le temps de se doucher pour pouvoir aller dîner ensuite.

J'aurais bien assisté à la fin de l'entraînement, mais il faisait trop froid et j'avais encore des devoirs à faire. Du coup, direction la bibliothèque de Hogwarts, où j'ai retrouvé Hermione et Neville. Draco, lui, est déjà parti retrouver les Slytherins.

Ne reste plus qu'à voir McGonagall ce soir, et ce sera tout bon !

Journée positive, donc, dans l'ensemble. Plutôt calme par rapport à ces derniers jours, mais importante quand même : Harry m'a dit je t'aime ! (oui, il y a eu d'autres choses très palpitantes, mais que veux-tu, mes émotions sont sélectives...)

Bisous ma belle, et à demain !


Notes de l'auteur :

Et voilà un chapitre plus court que le précédent, qui permet de voir comment avance la relation entre Manon et Harry, et également d'expliquer certains points par rapport aux Malfoy, pour faire le lien entre le canon et ce que je suis en train de créer. J'espère que ça vous convient :)

J'ai eu beaucoup de retours sur la longueur du précédent chapitre : c'est le plus long chapitre que j'ai jamais écrit. Je suis en train d'avancer dans la deuxième partie, et pour l'instant, aucun autre chapitre n'a atteint cette longueur.

Donc pas d'inquiétude pour les lecteurs lents ou ayant un emploi du temps chargé : je ne vous ferai pas accumuler de la lecture en retard ! :)

Enfin, par rapport à l'actualité : Harry Potter et l'enfant maudit vient de sortir dans sa version française. Qui a craqué ? Personnellement, j'ai craqué dès la sortie de la version anglaise ! :)

Je ne vous ferais pas de spoiler ici, mais une question me taraude : parmi ceux qui ont eu le temps de le lire, qui a eu l'impression de lire une nouvelle fanfiction, de la part de J. K. Rowling elle-même ? L'histoire est chouette, et bien touffue pour une pièce de théâtre, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que Rowling est en train de se faire une nouvelle fortune sur une... fanfiction... Enfin... C'est son univers, elle en fait bien ce qu'elle veut, tant qu'elle nous laisse aussi jouer avec :)

À lundi prochain !

MAJ le 19/11/2017 : correction de fautes, reformulations sans changement de sens, et suppression d'une mention du père de James encore vivant à la naissance de Harry.