Avertissement : évocation de maltraitance et de suicide, non graphique et non détaillée.
Jeudi 25 janvier 1996
Chère Marie,
Mauvaise journée hier. Et pourtant, c'était mercredi, pas jeudi. Et curieusement, aujourd'hui a été un peu (à peine) meilleur.
La journée d'hier a bien commencé, pourtant. Harry m'attendait à la sortie du dortoir, avant d'aller en sport. Il m'a pris la main pour m'accompagner en chemin, et m'a dit qu'il était désolé pour son comportement d'avant-hier, qu'il s'était laissé emporter par les nerfs. Et j'avais raison, avant-hier soir : il trouve que je le materne trop, et il a déjà Molly pour ça (ça m'a vexée un peu quand il m'a dit ça, mais au moins, c'est explicite sur la façon dont il le ressent...), et il veut juste que je sois là. Comme ça, en se tenant la main, ou comme quand j'essaie de détourner ses pensées avec une pique... ou en étant sensuelle. Ça m'a fait sourire, et j'ai accepté ses excuses, j'ai présenté les miennes, et voilà, nous sommes réconciliés.
L'ambiance s'est gâtée au petit déjeuner. À la réception du journal, plus exactement. Comme d'habitude, c'est Hermione qui le reçoit, donc c'est elle qui lit la Une en premier. Et qui lâche un énorme :
« Comment OSE-t-il ? »
Bon, autant te dire qu'on a eu direct l'attention de tous ceux déjà installés, et qu'on a compris que ça devait concerner Harry. En effet. Et la Une est tout simplement... écœurante. Rageante, injuste, insultante, réductrice... Absolument écœurante, je ne vois pas d'autre mot.
Le Garçon-qui-a-survécu à un an, celui-qui-a-tué à onze ans, affirme son tuteur, Dumbledore.
L'article raconte comme Harry a tué « pour la première fois » à onze ans, lors de sa première année à Hogwarts, et que par conséquent, en effet, Dumbledore, étant son tuteur et son directeur d'école, lui a accordé plus d'intérêt qu'à n'importe quel autre élève. Après tout, peu d'élèves ont un meurtre à leur actif, surtout aussi jeunes. Même Tom Riddle, devenu Voldemort par la suite, a commis son premier crime à seize ans.
Aucune explication sur les circonstances du « meurtre » dans l'article, juste le fait que Harry a tué un de ses professeurs volontairement. Pas de mention sur le fait que c'était de la légitime défense, que Voldemort était encore impliqué dans l'histoire, rien. Juste un garçon de onze ans avec une enfance perturbée par le meurtre sauvage de ses parents qui tue lui-même à peine entré dans le monde sorcier.
Nous avons été sous le choc à la lecture de l'article. Mais alors que j'ai cru que Harry allait s'effondrer ou s'emporter, il est resté calme et décidé. Il avait une idée en tête. Il a refusé de nous dire quoi que ce soit pendant un bon moment, puis quand la Grande Salle a été pleine à craquer, il nous a fait signe de venir avec lui. De loin, il a également fait signe à Draco, qui était assis à Slytherin. Draco a paru surpris, mais n'a pas discuté. Il avait vu la Une et se doutait que Harry voulait faire quelque chose par rapport à ça.
Harry a échangé quelques mots rapides avec McGonagall, et celle-ci l'a laissé faire. Il nous a invité à le rejoindre sur l'estrade, et s'est placé devant nous. Beaucoup d'élèves nous regardaient déjà, se demandant ce que nous allions faire. Je me le demandais aussi. Est-ce qu'il avait décidé de confronter les élèves sur l'article de journal ?
« Bonjour à tous ! »
Il a à peine élevé la voix et tout le monde s'est tu pour l'écouter. Comme les jours passés, ils veulent leur spectacle. Harry leur a lancé un regard furieux, mais n'a pas montré autrement sa colère face à leur curiosité malsaine. Il s'est contenté de dire :
« J'ai tué le professeur Quirrell à la fin de ma première année ici. J'avais onze ans. »
Il y a eu des exclamations choquées, furieuses, outrées, criant au criminel, au mage noir...
« SILENCE ! »
Ce qui marche avec une trentaine d'élèves marche aussi avec trois cents... Le silence est revenu immédiatement.
« Je l'ai tué parce qu'il voulait me tuer, parce que ce qu'il était devenu était criminel. Je l'ai tué parce qu'il était possédé par Voldemort. »
Nouveaux cris, nouvelles exclamations choquées, nouveau cri de colère de Harry qui ramène le silence sans tarder. J'ai senti l'amusement des professeurs derrière moi, mais heureusement, ils n'ont rien dit. Harry s'est énervé, visiblement je veux dire :
« Maintenant, on va mettre les choses à plat ! Lady Hogwarts, est-ce que tout les élèves sont dans la Grande Salle ?
–Oui, maître Harry, a fait une voix venue d'on ne sait où, de toute évidence féminine.
–Alors ferme les portes. Ne les rouvre que lorsque je te le demanderai. »
En guise de réponse, les portes de la Grande Salle ont claqué, et des élèves parmi les plus jeunes ont hurlé de peur. Je me suis approchée de Harry :
« Tu es en train de les terrifier.
–C'est exactement mon but ! a répliqué froidement Harry, qui a regardé tout le monde avant de reprendre : Je jure sur ma magie et ma vie que tout ce que je dirai jusqu'à la réouverture de ces portes quand je l'ordonnerai est la vérité, sans aucun mensonge. »
Sa baguette s'est illuminée, puis il l'a rangée :
« On verra bien alors à la fin si vous croyez toujours ce ramassis de conneries. Commençons par le début. Je suis Lord Harry James Potter-Gryffindor, Duc Potter et de Hogwarts, héritier des quatre fondateurs de Hogwarts, héritier de Merlin et de Viviane, comte de Lions' Hill et baron de Godric's Hollow et de Hogsmeade. Pour les Nés-Moldus et ceux qui n'ont pas de connaissances du système politique britannique magique, ça veut dire que j'ai un putain de pouvoir politique, économique et magique à ma disposition. Beaucoup de lois ne s'appliquent pas à ma famille, qui dispose de privilèges vieux de plusieurs siècles. Je n'ai aucun compte à rendre au Ministre de la Magie, je n'en dois qu'à la Reine d'Angleterre elle-même. Économiquement, ma famille est aussi sans doute la plus riche famille de l'Europe magique. Magiquement, j'ai hérité des talents des chevaliers-mages, en magie de combat, en défense contre les forces du mal. Sans que ce soit tout à fait lié à mon héritage, je suis mage. Je ne suis pas un sorcier qui a besoin d'une baguette magique pour pratiquer la sorcellerie. Je peux pratiquer la magie, la vraie. Si on résume tout ça, c'est une mauvaise idée de chercher à provoquer ma colère, mais certains ont pensé que c'était une bonne idée de vouloir me contrôler. »
Il a fait une pause, et fait apparaître une boule de lumière dans sa main :
« Je suis sous serment, et je n'ai donc pas menti sur ce que je viens de vous dire. Quelqu'un a essayé de prendre contrôle de ma vie, quelqu'un qui savait que je suis un vrai mage né dans une famille déjà extraordinairement puissante. Ce quelqu'un a fait en sorte que mes parents, traqués par Voldemort, quittent Lions' Rock, le domaine des Potter depuis plus d'un millénaire, une forteresse imprenable, pour un endroit moins sécurisé. Ce quelqu'un a fait en sorte que Voldemort sache où ils s'étaient... cachés. Ce quelqu'un a fait en sorte que mon parrain et ma marraine ne puissent pas s'occuper de moi, ni aucune des personnes que mes parents avaient estimées dignes de cette charge. Parce que ne nous y trompons pas, la personne qui aurait à assumer mon éducation avait du travail, entre ma magie personnelle et tout ce que le nom de Potter signifie. Mes parents avaient spécifié dans leur testament toute une liste de personnes pour s'occuper de moi. Si l'un d'entre eux devait être officiellement mon tuteur, les autres avaient quand même leur mot à dire, parce que c'est de l'ensemble de leurs compétences dont j'avais... ai besoin. Pourtant, aucun d'entre eux n'a eu ma garde. Ils sont morts, emprisonnés, rendus incapables de s'occuper même de leur propre héritier... Mes potentiels gardiens ont été écartés un à un, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une seule personne, la seule que mes parents ne voulaient absolument pas pour moi, au point de le mettre dans leur testament, mais la seule avec laquelle je partage encore aujourd'hui un lien de sang : ma tante non-magicienne. »
Il a agité sa main, et la boule s'est illuminée un peu plus fort :
« J'ai toujours ma magie. Je ne mens pas. Ma tante non-magicienne déteste la magie. Son mari la déteste encore plus. Et ils ont fait en sorte que leur fils, mon cousin, la déteste tout autant. Et me voilà, moi, bébé mage, parachuté chez eux. Et parachuté est à prendre presque au sens littéral : j'ai été abandonné sur le pas de leur porte, avec juste un mot, en pleine nuit. Dois-je vous rappeler que mes parents sont morts un 31 octobre, au début de l'hiver ? Oh, ce quelqu'un a pris des précautions : il a créé des protections sur la maison de ma tante et de mon oncle pour les protéger des sorciers, y compris des Deatheaters, il a posé un verrou sur ma puissance en leur assurant qu'ainsi je ne ferai pas de vagues, sans leur préciser que c'était au contraire le meilleur moyen pour moi d'avoir des accidents magiques... Hermione, tu as la liste des protections posées sur Privet Drive ? »
Hermione a froncé les sourcils, mais a obéi et attiré son sac jusqu'à elle pour en sortir un parchemin. Harry a fait disparaître sa boule de lumière pour pouvoir le saisir. Il a eu un sourire mauvais :
« Test pour ceux qui font de l'Arithmancie ou des Runes en NEWTs : que vaut un bouclier de sang statique, produit par un bébé de un an au pouvoir verrouillé contre des Deatheaters disposant de leur pleine puissance, ou pire, Voldemort... »
Aucune réponse, mais les murmures au fond de la table des Ravenclaw étaient éloquents. Harry a hoché la tête :
« Je suis d'accord avec vous : ça ne vaut absolument rien. Que vaut un autre bouclier, dynamique lui, nourri de la puissance d'un mage, à raison de huit pour cent de son énergie magique, à condition expresse qu'il passe au moins un mois par an sous le bouclier ?
–Ça dépend de l'indice de Gend du mage, a répondu un élève, de Slytherin.
–361. »
Il y a eu des hoquets de surprise et des exclamations d'incrédulité, et Harry a refait apparaître sa boule de lumière avec un sourire narquois :
« Je ne mens toujours pas. Je vous ai dit que j'étais mage. Et je crois que Hermione vous a même dit il y a deux semaines que je suis archimage. Je ne sais pas exactement ce que ça implique encore, à part que lors d'un combat, aucun bouclier sorcier ne me résiste. Ça vexe le professeur Lupin en entraînement. Donc oui, mon indice est de 361 actuellement, et on peut penser que lorsque j'étais bébé, il devait tourner entre 330 et 350. Donc, que vaut un bouclier nourri de huit pour cent de mon énergie, à condition que j'y passe un mois par an ?
–Il est quasiment indestructible, à condition que ce soit ta résidence principale, a répondu un élève de dernière année à Ravenclaw.
–Ma résidence principale ? Ah oui ? Dommage pour eux que j'ai déménagé alors, a dit Harry avec un sourire. Donc, j'ai été confié à cette famille, ma famille, et on s'est servi de ma puissance pour établir ce genre de protection, tout en m'empêchant d'accéder à l'ensemble de ma magie. Le problème, c'est que ça fait également considérablement baisser mon contrôle sur ma magie, et que j'avais du coup beaucoup plus tendance à provoquer des accidents. Tendance encouragée par un bouclier supplémentaire sur la maison. Bref, on m'a placé dans une maison qui déteste la magie, et on m'a empêché de contrôler cette magie, ce qui fait que forcément, ma famille a été exposée à la magie qu'elle déteste tant. »
Il a pris une profonde inspiration, et j'ai posé une main dans son dos pour l'encourager. Aucune onde d'émotion, juste ma main. J'ai senti sa volonté se raffermir et il a redressé les épaules :
« Ma famille a... manifesté son dégoût de manière assez extrême. Je ne rentrerai pas dans les détails, sachez simplement que je n'ai pas eu l'enfance heureuse qu'on décrit partout. Je n'ai jamais fêté Noël ni mon anniversaire, j'ai appris mon nom en entrant à l'école primaire parce qu'à la maison, j'étais le monstre, et j'ai la ferme impression que si je suis resté aussi petit alors que les Potter sont généralement assez grands, c'est par acclimatation à ma... chambre... Si on peut appeler ça comme ça... Enfin. Le pire dans tout ça, ce n'est pas la violence physique ou verbale, c'est le fait que tout ça a été calculé et provoqué par ce quelqu'un qui m'a placé là. On a découvert en même temps que le verrou qui bloquait ma puissance un joli petit paquet d'influences, pour manipuler mon caractère, mais aussi celui des autres. Ma famille était encouragée dans sa violence, mes instituteurs étaient incités à fermer l'œil sur les blessures que j'arborais à l'école, et moi, on a fait en sorte que je sois... passif par rapport à la situation, que je considère ça comme... mérité. »
Sa voix vibrait de colère et personne ne s'y est trompé. J'ai vu des élèves reculer instinctivement sur leur banc.
« Je n'ai découvert l'existence de la magie qu'au même moment que n'importe quel Né-Moldu : pendant les vacances avant la rentrée en première année. Moi, futur Lord Potter, un des héritiers les plus puissants de ce royaume magique, j'ai découvert l'existence de la magie à onze ans. Et je ne parle même pas de mon héritage, juste de la magie. Je suis arrivé à Hogwarts sans connaître aucune règle du monde dans lequel j'aurais du grandir. J'ai appris quatre semaines avant ma rentrée que j'étais célèbre et pourquoi. C'est à ce moment-là que j'ai appris comment mes parents étaient morts. À mon arrivée, tout le monde s'attendait certainement à voir un petit prince gâté pourri. Je suis un Potter et je suis le Survivant, après tout. C'était loin d'être le cas. D'après celui qui avait décidé d'être mon tuteur, c'était un excellent moyen de garantir ma modestie. Bien sûr... » il a ricané.
Il s'est fait apparaître un verre d'eau et l'a montré à la foule, complètement absorbée par son récit :
« Je peux faire de la magie, je ne mens toujours pas. J'aimerais dire que ce récit n'est pas pour les jeunes oreilles, mais malheureusement, j'avais votre âge, petits premières années, et donc... Je me suis vite lié d'amitié avec deux personnes : Hermione Granger ici présente, meilleure élève de notre promotion, et Ronald Weasley, assis actuellement parmi les Gryffindors. C'est amusant, ce choix d'amitiés, quand on y réfléchit. Je n'ai pas choisi de devenir ami avec Ron. Comme on avait modelé mon caractère pour que j'accepte la situation inacceptable dans laquelle je vivais chez ma tante, on a fait en sorte que je devienne ami avec le jeune Ron. Ce n'est pas de sa faute, il n'est lui aussi qu'un pion sur l'échiquier, mais les faits sont les faits. J'étais un enfant battu, autant dire les choses telles qu'elles sont, et mon seul moyen de protection, petit, c'était la bibliothèque de ma ville : mon cousin et ses amis fuient la connaissance et il ne leur serait jamais venu à l'idée d'entrer dans un endroit plein de livres. J'ai donc passé de nombreuses heures là-bas, et des heures heureuses. Je lisais plein de choses : des romans d'aventure, des grandes épopées, des livres d'histoire, des livres de science, de maths, de géo, les actualités, la politique, des tas de choses. J'aimais ça. Quand je suis arrivé ici, tout d'un coup, je n'aimais plus aller à la bibliothèque. C'était ce qu'on voulait de moi : que je ne cherche pas particulièrement à m'instruire. Après tout, le Quidditch, c'est bien plus amusant à onze ans, et je suis un Attrapeur si doué. »
Il a secoué la tête.
« Pendant toute ma première année, on m'a encouragé à délaisser les cours pour chercher les aventures et les ennuis. J'ai eu un Nimbus 2000, le balai le plus puissant de l'époque. J'avais onze ans ! J'ai reçu la cape d'invisibilité de mon père à Noël. De tous les artefacts à la disposition de mon tuteur à me donner comme héritage, il me donne l'objet qui me permet de transgresser les règles du château sans me faire prendre. J'ai eu une retenue dans la Forêt Interdite qui m'a fait découvrir que quelque chose tuait les licornes en attendant de récupérer ce qui se trouvait à l'intérieur du château. Et surtout, surtout... La plaisanterie de la pierre philosophale... Comment donner plus envie à des élèves d'aller dans un endroit que de leur dire que c'est interdit ? Quel artefact aussi dangereux serait caché derrière une porte qu'on peut déverrouiller par un simple Alohomora ? Par un Cerbère dressé par quelqu'un qui ne sait pas garder un secret, y compris la parade pour passer devant le Cerbère ? Par un filet du diable ? Par des clés volantes facilement attrapables avec un balai, surtout quand, par un extrême hasard, on a un Attrapeur plutôt doué dans la fine équipe ? Par un échiquier quand par une heureuse coïncidence, le meilleur joueur de tout Gryffindor s'est joint à l'aventure ? Et ainsi de suite jusqu'au bouquet final : le miroir du Riséd. »
Sa voix était amère. Il s'en voulait encore de s'être laissé avoir ainsi à l'époque. Il avait raison : c'était un parcours qui avait été tracé pour eux. J'ai lu de nombreuses fictions qui émettent l'idée que le Filet du Diable était pensé pour Neville, qui aurait du selon ces histoires faire partie du petit groupe autour de Harry, pour montrer à Harry le modèle d'un Sang-Pur modeste et peu performant, afin d'inciter Harry à faire de même.
« Le miroir du Riséd que j'avais découvert par le plus grand des hasards à Noël et dont notre cher directeur m'a gentiment expliqué le fonctionnement avant de le faire disparaître en me précisant qu'il ne fallait surtout pas que je le cherche. Et évidemment, sur quoi je tombe au bout de ce parcours taillé pour des élèves de première année bien précis ? Ce parcours soi-disant capable de bloquer les ambitions de Voldemort ? Un miroir du Riséd, et un professeur Quirrell. Pas tout seul, le professeur Quirrell. Et absolument pas bégayant, pour ceux qui se souviennent combien ce tic était énervant en cours. Très sûr de lui et du fait qu'il pourrait obtenir la pierre philosophale pour lui et... pour son maître. »
Il a refait apparaître la boule de lumière et a tenu la main à côté de son visage :
« Je ne mens toujours pas. Et tant que la boule de lumière est présente, tant que je suis en vie, je ne mens pas. J'ai juré. Son maître, donc. Voldemort. Voldemort que j'étais censé avoir détruit à quinze mois, réduit à l'état d'esprit, obligé de posséder des corps pour survivre, désirant la pierre philosophale pour le merveilleux Élixir de Vie qu'elle produit. Voldemort n'a eu aucune difficulté à reconnaître en moi le bébé qui l'avait séparé de son corps dix ans plus tôt. J'ai tué Quirrell, parce que c'était nécessaire si je voulais empêcher Voldemort de me tuer. Je l'ai fait en légitime défense. Alors oui, peu d'enfants de onze ans ont déjà tué volontairement. Mais dites-moi, combien d'enfants de onze ans ont pour la deuxième fois en face d'eux un psychopathe déterminé à les tuer ? Combien d'enfants de onze ans ont été élevés dans la détresse émotionnelle la plus totale, pour qu'ils apprennent que leur propre vie ne vaut rien mais celle des autres tout ? Il fallait que j'empêche Voldemort de revenir, parce que s'il revenait, il allait détruire d'autres familles comme il avait détruit la mienne. De la légitime défense et du devoir. J'ai fait ce qu'il fallait. J'ai fait exactement ce qu'un Potter, un chevalier-mage, doit faire. »
Il a pris une profonde inspiration, et a continué :
« J'ai découvert aux dernières vacances qui je suis vraiment. Mon pouvoir, mon héritage, ma famille. J'ai découvert par accident ou presque ce que j'aurais du savoir toute ma vie. Pour ceux qui l'ignorent, priver un héritier, surtout d'un titre aussi puissant que le mien, des connaissances nécessaires au bon exercice de son pouvoir, et a fortiori, de la connaissance de l'existence de ces titres, est une faute extrêmement grave. Albus Dumbledore s'est déclaré mon tuteur à la mort de mes parents. Il a fait en sorte que personne ne puisse réclamer la tutelle à sa place. Il a fait en sorte que je grandisse sans connaissance de mon héritage, sans connaissance de la magie même. Il m'a conditionné à devenir un pathétique héros prêt à sacrifier sa vie pour tous ceux qui ne se bougent pas le cul pour sauver la leur. Ce qui se passe aujourd'hui, ce que vous voyez dans les journaux, ces derniers jours, et ce qui va certainement continuer à être publié dans les prochains jours, c'est la conséquence de tout ça. Il avait tout prévu pour que ses machinations se passent à merveille, pour que je sois celui qui meurt en essayant de tuer Voldemort. Parce que oui, tiens, profitons du fait que je sois sous serment : Tom Marvolo Riddle, celui qui se fait appeler Lord Voldemort, ce pathétique criminel en quête d'immortalité, est bel et bien de retour. Je l'ai bel et bien vu revenir en juin dernier, au milieu de ses fidèles Deatheaters. Il a bel et bien tué Cedric Diggory. Là. Je suis encore en vie, cette fichue boule de lumière est toujours allumée, vous savez que je n'ai pas menti. »
Les murmures sont revenus, trahissant la panique des élèves. Cette fois, Harry n'a pas demandé le silence, qui est revenu tout seul lorsqu'il a continué :
« Parmi vous, certains en ont déjà conscience, et ont déjà choisi leur camp, d'un côté ou de l'autre. J'ai choisi le mien également : Voldemort a tué mes parents, a essayé de me tuer quatre fois. J'ai survécu à chaque fois et j'ai bien l'intention que ça continue. Je ne suis pas un putain d'élu destiné à tuer Voldemort à votre place. N'importe qui lui lançant un Avada Kedavra peut le tuer aussi bien que moi. Mon seul inconvénient par rapport à vous ? Je suis un Potter, je sais maintenant ce que ça veut dire, et je lui ai échappé trop de fois. Alors forcément, ce crétin est frustré et tient à réparer cet affront à son honneur inexistant. Ce qui se passe en dehors de Hogwarts n'est pas beau. Voldemort rallie ses troupes, le Ministère ferme les yeux, et Dumbledore a apparemment décidé que puisqu'il ne peut plus me manipuler, il me traînera dans la boue avec lui. Je ne me laisserai pas faire. Par personne. J'ai l'intention de vivre. Alors je me fous de ce que vous lirez dans les journaux les prochains jours. Ça risque d'être moche. Ça sera certainement encore en dessous de la réalité. Je sais que je ne suis pas un criminel, je sais que je ne combats pas pour un criminel, et que je ne m'inclinerai jamais devant un criminel, même s'il prétend se battre pour la lumière. Dumbledore n'est qu'un sorcier, quelqu'un qui est devenu si avide de pouvoir qu'il mélange bien commun et ambitions personnelles. Je ne me laisserai pas faire... » il a répété avec conviction.
Il a fait disparaître sa boule de lumière et a terminé :
« Alors maintenant savourez la lecture de ce torchon, et réfléchissez à ce que vaut la parole d'un homme qui a condamné un enfant à vivre dans des conditions pires que les pires conditions des elfes de maison. »
Sur ce, il a fait un signe, les portes se sont ré-ouvertes, et il a eu un sourire carnassier :
« Je ne suis plus sous serment à présent. Bonne journée. »
Il est descendu de l'estrade et a quitté la salle. Après un moment de silence stupéfait, Draco s'est tourné vers nous :
« Tout ceci est bien poignant et très vrai, mais en quoi cela valait-il la peine qu'il me prive de mon petit-déjeuner pour le suivre ici ? »
Il a attiré les regards outrés de nombreuses personnes, mais je me suis contentée de répondre :
« Tu sais que c'est la première fois que Harry parle aussi... facilement de son enfance ? Et encore, il n'a rien dit de ce qu'il a vécu de pire. Il avait besoin de notre soutien, notre présence.
–De moi aussi ? a fait Draco, si dubitatif que ça m'a fait sourire :
–Mais oui ! Tu es un des nôtres, maintenant, n'est-ce pas ? Que ça te plaise ou non, que ça plaise ou non à Harry, c'est comme ça. Donc, quand il a besoin du groupe, il fait appel au groupe à son entier, sans t'exclure. C'est comme ça qu'on apprend à devenir ami. »
Draco a levé les yeux au ciel avant de retourner à sa table sans faire de commentaires. Donc il est d'accord. Hermione et Neville se sont aussi réinstallés pour terminer leur petit déjeuner, mais j'ai juste attrapé de quoi grignoter, et j'ai cherché Harry. Qu'il m'accuse de le couver s'il veut, mais en attendant, il n'avait rien mangé alors qu'on sortait de deux heures de sport et qu'on avait encore une journée de cours à affronter. Je n'ai pas eu de mal à le trouver : il était dans sa suite. On avait encore bien trois quart d'heure à tuer avant le début des cours, et donc il avait décidé de retourner chez lui.
Quand je suis entrée dans la suite, j'ai à peine eu le temps de fermer la porte en haut des escaliers que Harry m'a attirée contre lui pour m'embrasser passionnément. Il m'a murmuré :
« Je savais que tu viendrais. »
Et il m'a entraînée dans un câlin très chaud... Toujours pas de sexe, il savait que c'était hors de question que notre première fois se passe comme ça. Je ne dois pas évacuer mon trop plein d'émotions ainsi, ça vaut pour lui aussi. Mais un câlin, je suis tout à fait partante. À vrai dire, je n'envisagerais pas aussi sérieusement le sexe, il y en aurait eu. Les mains ont été plus que baladeuses, les lèvres aussi, et le désir était là. Mais non, ma première fois ne se passera pas comme ça. Je veux de la confiance, de la douceur. Ce câlin lui a quand même fait du bien. Il en avait besoin.
Du coup, quand nous sommes arrivés en cours de Sortilèges, Harry était nettement plus détendu, ce que Hermione a bien sûr remarqué, et elle m'a fait un sourire complice. Le cours de Sortilèges est devenu complètement inutile depuis que nous sommes mages. Et encore plus depuis que tout le monde sait que nous sommes mages. Alors Flitwick se contente juste de vérifier que nous connaissons la formule, le geste et la théorie, pour qu'on puisse passer la partie écrite de l'examen et reconnaître les sorts s'ils sont pratiqués devant nous, puis nous laisse en paix pour faire ce qu'on veut.
Mais Hermione ne serait pas Hermione si elle n'avait pas décidé qu'on exploiterait ce temps de cours pour pratiquer toujours des sorts, mais du niveau des enchantements et rituels, que peut également pratiquer un mage. Les cinq heures par semaine de cours de Sortilèges seront donc utilisées à nous transmettre les bases de l'enseignement de Rowena Ravenclaw. Tant mieux : c'est très utile, sans nous ajouter de soirée de travail supplémentaire.
Du coup, au lieu de deux heures sur un sortilège qui fait faire la roue à une tasse (à quoi ça peut bien servir, ce sort ?), nous avons travaillé sur la création de gemmes de stockage d'énergie magique, dans lesquelles on pourra puiser si notre élément n'est pas à portée de magie pour maintenir notre puissance plus longtemps.
La journée s'est passée étrangement hier, et ça été la même situation aujourd'hui, d'ailleurs : les élèves ont été plus ou moins marqués par le discours de Harry au petit déjeuner, et les rumeurs vont bon train. Certains espèrent que s'ils mettent Harry en colère en le harcelant de questions, il finira par exploser et se lancer dans une nouvelle tirade. Néanmoins, son serment a fait de l'effet : j'ai entendu très peu de personnes remettre en cause son récit.
Hier soir, après l'Astronomie, Harry m'a demandé de passer la nuit avec lui. C'est la première fois qu'il me le demande. Il m'a dit qu'il ne voulait pas dormir tout seul. Ça fait un mois que nous sommes ensemble, bientôt trois que je suis ici, et il n'a pas l'habitude de passer autant de temps sans personne dans son lit. Il a reconnu que malgré le paysage mental, il fait de l'insomnie et des cauchemars, et il espérait qu'en dormant ensemble, ça lui passerait.
Alors j'ai accepté. Ça m'a fait bizarre de dormir avec quelqu'un. Je n'ai jamais dormi avec quelqu'un d'autre que mes sœurs (enfin... Cathy... Laura et Louise bougent, la nuit, hors de question que je dorme avec elles). Même quand on dort l'une chez l'autre, toutes les deux, je crois qu'on n'a jamais dormi dans le même lit. Et quand je dors avec Cathy, on est bien chacune dans sa moitié de lit, et heureusement, Cathy est un petit gabarit qui ne bouge absolument plus dès qu'elle s'est endormie.
Mais Harry... S'il voulait dormir avec moi, c'était pour pouvoir me serrer contre lui. C'est la chose la plus intime qu'on ait faite... Et je dis ça alors que je sais que je viens de te parler d'un câlin super chaud pratiqué le matin même. J'ai mis un temps fou à m'endormir tellement j'étais paralysée par la présence de Harry contre moi. Et je n'osais pas bouger, parce qu'il dormait comme un bébé. À un point, où j'en avais marre de compter les moutons, qui étaient devenus des loups, puis des dragons, puis... qu'est-ce qu'il y a au-dessus des dragons ?... je me suis même demandée s'il ne s'était pas servi de ces insomnies comme prétexte pour dormir avec moi. Puis j'ai reconnu que la fatigue et le sommeil qui me fuyait complètement me rendaient certainement méchante.
Heureusement, j'ai fini par m'endormir. J'ai du dormir quoi... deux heures ? grand maximum ? Mais en me réveillant, j'avais bougé (quelle surprise...) et je n'étais plus contre lui, son torse contre mon dos, et son bras par dessus ma taille, la main sur mon ventre, mais il était sur le dos, et moi tranquillement étalée sur lui, avec toujours ses deux bras pour m'entourer, et les jambes soigneusement emmêlées. Bref, encore plus intime qu'au moment du coucher. Et j'ai très bien dormi, pour le peu d'heures que j'ai dormi. Comme quoi, ça valait bien la peine de rester paralysée en se demandant si c'était bien normal toute cette histoire...
Vu que j'avais bien dormi, le peu d'heures ne m'a pas trop gênée, et je me suis levée en étant certaine que la journée allait être meilleure.
Oh, elle a été meilleure, d'une certaine façon. Ça ne veut pas dire par contre que ça a été une bonne journée.
Comme prévu, le journal avait son nouveau lot d'histoires sordides. Ce matin, c'était des extraits du bilan psychologique de Harry, qui est dans son dossier médical joint à toute l'affaire de tutelle. Le Daily Prophet, décidé à prendre parti pour le grand et merveilleux Dumbledore, s'est bien gardé de mettre quoi que ce soit sur l'état de santé physique de Harry, ni sur les causes de ce bilan psychologique. Non, juste les conclusions : Harry est un adolescent ayant un complexe du sauveur bien trop développé, une tendance à s'isoler, à refuser de l'aide quand elle lui est proposée, et surtout, des tendances suicidaires, confirmées par quelques tentatives dans son enfance. Ce bilan a été fait avant la levée des influences, et forcément, il est catastrophique.
Harry s'en est rendu compte, et s'est tourné vers moi :
« Est-ce que tes connaissances en médicomagie te permettent d'effectuer un nouveau bilan psychologique ? »
J'ai réfléchi un moment, examinant les connaissances reçues par Helga Hufflepuff, puis j'ai hoché la tête :
« Oui, je peux, mais comme je ne suis pas Médicomage ni Guérisseuse, ce sera juste à titre informatif.
–C'est ce que je veux.
–Alors tourne toi vers moi et baisse tes défenses mentales. Hermione ? J'aurais besoin que tu crées une sorte de bouclier autour de nous trois. Tu peux inclure Neville si Harry veut, mais personne d'autre. La magie que je vais utiliser va me faire dire à voix haute le diagnostic. D'ailleurs, tu peux prendre des notes ? »
Hermione a dévisagé Harry, qui a soupiré, mais a haussé les épaules en signe de résignation : c'est lui qui avait demandé ce bilan après tout. Il a refusé que Neville soit inclus, et Neville ne s'en est pas formalisé : ce que nous allons faire est très intime.
Hermione a donc fait apparaître un bouclier invisible autour de nous, mais qui a complètement bloqué les sons. Harry s'est assis de travers sur le banc, une jambe de chaque côté, pour pouvoir me faire face. J'ai fermé les yeux un instant, le temps de concentrer mon pouvoir, mon savoir et ma volonté, et je l'ai regardé dans les yeux pour commencer le bilan.
Ce n'est pas agréable à faire. Je ne sais pas comment les Guérisseurs sorciers font, car le Guérisseur Milott n'a eu besoin que de quelques sorts pour faire son diagnostic, mais ça me demande de plonger dans l'esprit de Harry. Et même s'il va mieux que ce que les extraits du journal présentent, ce n'est pas forcément l'idéal non plus, ne serait-ce qu'à cause des souvenirs qu'il a. Il a si peu de bons souvenirs, et tous datent de ces quatre dernières années ou sa première année de vie... C'est terriblement triste.
Il n'a pas encore réussi à se reconstruire complètement après le démantèlement de toutes les influences qu'il avait sur lui. Son agressivité est sa façon de montrer qu'il n'arrive pas à faire face. Il a toujours le complexe du chevalier, mais ce n'est plus celui du héros : il a pris un peu conscience de la valeur de sa vie, et n'est plus prêt à la sacrifier pour n'importe qui, même s'il est toujours capable de le faire pour des proches.
La prise de conscience de la valeur de sa propre vie a eu d'autres conséquences, plutôt positives : il n'est plus suicidaire, et il sait mieux s'affirmer, et pas uniquement en cas d'urgence. Le côté leader qu'il avait déjà avant s'en retrouve renforcé. Il est toujours modeste par rapport à ses capacités ou son rôle, mais il développe un ego, ce qui n'est pas une mauvaise chose : ce sera nécessaire s'il veut survivre dans l'arène politique. Il est devenu également plus sociable, même s'il ne sera jamais l'animal de bonne société qu'est Draco. Ce n'est pas un menteur, et il maîtrise beaucoup mieux ses émotions, et notamment sa colère. Il sait réfléchir avant d'agir. Il n'est absolument pas violent, et n'est sujet à aucun signe de folie ou de maladie mentale.
Il connaît donc la valeur de la vie, mais aussi celle de l'amour. Il sait éprouver des sentiments positifs envers les autres, que ce soit de l'amitié, de l'amour, familial ou conjugal. Pour quelqu'un ayant un passé aussi difficile, Harry est extraordinairement sain d'esprit.
Par contre, il est également beaucoup moins confiant qu'avant, et beaucoup plus intransigeant sur ses valeurs morales. Cela le rend plus dur envers lui-même, mais également envers les autres. Il attend beaucoup de ceux qui l'entourent, et notamment qu'ils aient eux aussi des valeurs fortes, même s'il accepte que ce ne soit pas les mêmes que les siennes. Il a développé aussi une forme d'intolérance envers la stupidité et le fait de suivre bêtement ce qui se dit (chose sur laquelle je ne vais certainement pas aller contre lui...). Et surtout, il a développé un fort sens de la valeur « mérite » : les gens doivent mériter sa confiance, mériter son respect, mériter le fait qu'il leur vienne en aide.
Et pour l'instant, il n'est absolument pas convaincu que la société magique britannique mérite qu'il soit le héros qu'elle attend de lui. Si elle attend de lui un tel sacrifice personnel, il est en droit d'attendre d'elle en retour qu'elle s'élève vers plus de tolérance et d'égalité, et de capacité de réflexion, et tant que ça ne sera pas le cas, il ne fera pas plus d'efforts que ceux nécessaires pour assurer sa survie et celle de ses proches.
Il ne sait pas pardonner, non plus, et ne donnera pas de deuxième chance, sauf circonstances exceptionnelles (la personne a été manipulée à mal agir, par exemple). Toute cette histoire avec Dumbledore l'a rendu également particulièrement méfiant envers les gens qui cherchent à lui cacher des informations.
Enfin, il a quelques phobies : il est claustrophobe, et ne supporte pas d'être dans le noir absolu. Il n'a peur d'aucune créature, ni du vide, ni d'aucun élément. Mais il ne supporte plus la solitude. Même s'il a du mal au sein d'une foule, il a besoin de savoir que quelqu'un se trouve près de lui, même si ce n'est pas forcément dans la même pièce. Et le meilleur moyen de le détruire est que quelqu'un à qui il a donné sa confiance et son affection le rejette violemment, en le traitant de moins que rien ou de monstre. Bref, le traite comme il a été traité chez les Dursley. Ce sont les traces de son enfance.
J'ai pu enfin me retirer de son esprit, et j'ai mis un moment avant de faire le point. Harry semblait troublé. D'après ce qu'il m'a dit plus tard, il a assisté, impuissant, à tout mon examen. Il m'a juste attirée contre lui et m'a demandé en murmurant :
« Verdict ?
–Tu es un adolescent marqué par ton passé, mais plutôt sain. Tu aimes la vie, tu prends confiance en toi, tu prends conscience de ta valeur et de ta place... Il te faudra encore du temps, évidemment, mais tu es déjà bien loin du déséquilibré perturbé indiqué dans les premiers bilans avant la perte des influences. Redevenir toi-même t'a fait du bien, c'est indéniable.
–Je vais envoyer les notes de Hermione à mes avocats, alors, pour savoir s'ils veulent utiliser ça dans leur campagne.
–Ça n'a rien d'officiel, tu sais ?
–Moi oui. Mais le Prophet, non. »
J'ai souri et l'ai regardé envoyer sa lettre à ses avocats. Comme d'habitude, Hedwig est apparue dès qu'elle a senti que son maître avait besoin d'elle. Harry a raison : c'est stupide de rester immobile alors qu'il se fait attaquer de façon odieuse.
Le seul avantage de l'article de ce matin, c'est que du coup, les autres ont maintenant peur de le provoquer comme ils l'ont fait hier, donc il a été plus tranquille et nous aussi.
Là, on va bientôt aller dîner. J'ai décidé de profiter de mes heures de travail personnel pour t'écrire. Ce soir, j'ai Runes avec Daphne, puis Harry et moi avons décidé que je dormirai encore avec lui, donc je n'aurai pas le temps de t'écrire. Autant le faire maintenant. De toute façon, je ne suis pas exactement débordée de devoirs, et je suis à jour.
Bisous ma belle, et à demain !
Notes de l'auteur :
J'ai beaucoup de mal avec le premier livre de la saga. Le parcours sous la trappe du couloir du 3ème étage en est une des raisons : comment imaginer qu'un sorcier de la trempe de Voldemort ne parvienne pas à vaincre les épreuves enfantines de ce parcours d'obstacle ? Beaucoup de fics partagent mon point de vue, et je l'ai donc utilisé à la fois comme cliché récurrent et point de vue personnel. Certes, c'est écrit pour des enfants de onze ans, l'âge de Harry dans l'histoire, mais l'Ecole des Sorciers a du coup beaucoup de mal à vieillir avec les lecteurs...
Recommandation de lecture :
Une fic donne un autre point de vue, et c'est aussi une excellente fic que je vous recommande : The Real Us, de Seel'Vor. C'est encore en anglais, désolée, et j'ignore complètement si quelqu'un a pris la peine de traduire. Visiblement pas sur FanFiction en tout cas. Pour résumer, Harry et Hermione ont décidé, au lendemain de la Bataille de Hogwarts, de raconter les véritables événements qui se sont déroulés. L'histoire est développée en parallèle du canon, qui est considérée comme la version connue du grand public que le couple démonte. Il y a un très fort bashing envers les Weasleys, mais pas contre Dumbledore (oui, je vous recommande une fic avec un gentil Dumbledore ;) ).
À lundi prochain !
MAJ le 19/11/2017 : reformulations sans modification de sens.
