Samedi 3 février 1996

Chère Marie,

Entre les cours normaux, ceux qui concernent notre magie, la vie sociale d'un pensionnat et la vie d'un couple, je n'ai pas eu le temps nécessaire pour t'écrire cette semaine. Pourtant, il s'en est passé, des choses...

Lundi, les avocats de Dumbledore ont contre-attaqué par rapport à des questions de plus en plus pressantes : si Harry se plaint d'avoir été si malheureux pendant son enfance - ce que Dumbledore n'a jamais explicitement nié, d'ailleurs -, pourquoi son tuteur n'a rien fait ? La réponse a été simple et prévisible : parce qu'il n'y avait rien qui portait à inquiétude. Harry est simplement un garçon habitué à avoir de l'attention et ne supporte pas d'être ignoré ou de s'entendre un refus, et a donc tendance à dramatiser la sévérité naturelle de son oncle et de sa tante, qui n'ont toujours voulu que lui donner la meilleure éducation possible.

Mardi, la réponse des avocats de Harry est venue, crue et violente :

Si c'était le dossier médical de votre enfant, que feriez-vous ?

Et en dessous, le dossier médical de Harry, des extraits du moins. Le schéma de ses fractures, trop nombreuses et trop mal soignées, les carences, les marques physiques de maltraitance, l'affaiblissement physique interne... Tout ce qui peut choquer l'opinion publique. Et en guise de commentaire, juste les explications d'un guérisseur (pas le Guérisseur Milott) sur les points les plus délicats ou ce qui a pu causer certaines choses. Aucune broderie journalistique, rien. Juste une présentation factuelle, de la même façon qu'on présente le bilan économique annuel d'une entreprise. Le seul commentaire sur cet article est que Harry suit à présent un traitement complet pour compenser cette enfance malheureuse.

J'ai été surprise que Harry ait donné son accord pour ça. Mais comme il l'a dit la semaine dernière, il se moque de ce qu'on peut penser de lui à présent : il sait ce qu'il est, ce qu'il a fait, ce qu'il a vécu, et il estime n'avoir rien à prouver à personne. La publication du bilan fait juste partie du plan de ses avocats pour enfoncer encore davantage Dumbledore.

Il a juste insisté pour que le procès non-magique contre les Dursley soit enfin lancé, et qu'en attendant le début réel de la procédure, ils soient mis à l'abri. J'ai été surprise de le voir si prévoyant, mais il a dit que c'était parce qu'il aurait du mal à justifier qu'une agression sur les Dursley n'est pas une vengeance, et que cela ne l'aiderait pas à gagner le procès. Il n'a pas tort. Comment justifier une agression sur les Dursley auprès de non-magiciens qui n'ont aucune idée du statut que peut avoir un adolescent nommé Harry Potter, un nom tout ce qu'il y a de plus banal, dans une communauté qui n'existe pas à leurs yeux ?

L'article a jeté un certain malaise sur le château et aussi à l'extérieur. J'ai vu les étudiants regarder Harry bizarrement, certains avec condescendance ou pitié, d'autres avec incrédulité, comme s'ils avaient du mal à imaginer que leur héros n'ait pas eu l'enfance aussi heureuse que tout le monde raconte. J'ai également vu les courriers, mercredi et jeudi, les courriers d'insultes annonçant que c'est inadmissible d'inventer des choses pareilles, mais d'autres, plus nombreux, qui expriment la compassion des sorciers, avec pour certains même des excuses d'avoir osé douter de lui.

Draco et Neville ont déconseillé à Harry une autre conférence improvisée comme celle de la semaine dernière. Il doit continuer à rester tel qu'il est, et garder le silence sur tout ce qui se passe. Ça aidera autant ses avocats à convaincre l'opinion publique que les articles qu'ils aident à pondre : les enfants parlent à leurs parents et s'ils racontent que malgré toutes les déclarations dans la presse des deux cabinets d'avocats, leur camarade de classe n'a pas changé d'attitude et reste le Harry que tout le monde peut connaître, alors ça convaincra encore plus de monde que sa version est la bonne et que ce n'est pas un arrogant adolescent cherchant l'attention de tout le monde.

C'est marrant, ils ont utilisé tous les deux la même maxime : l'important en politique n'est pas tant de savoir parler, mais de savoir quand parler. Le fait que tous les deux soient d'accord, alors qu'ils ont été éduqués avec deux conceptions de la politique plutôt différentes (les Malfoy sont flamboyants, tandis que les Longbottom sont plutôt discrets) a autant convaincu Harry que la sagesse de leur propos.

Du coup, depuis mardi dernier, les étudiants attendent en vain un spectacle qui ne viendra pas : Harry a décidé de complètement ignorer l'actualité. Il ne la lit même plus et se contente des résumés qu'on peut lui donner, Hermione et moi. Il répond comme il a toujours répondu aux questions sur son passé : de façon laconique et en détournant rapidement le sujet. Là où il a le plus d'efforts à fournir sur la maîtrise de soi, c'est avec les Slytherins, ou plutôt les Slytherins qui ont décidé qu'ils appartiendront bientôt à Voldemort, et qui n'hésitent pas à se moquer de lui.

Heureusement, il a le soutien de plus en plus d'élèves, et s'il y a du monde autour de lui à ce moment-là, il n'a généralement même pas besoin de prendre la peine de répondre. Ça a fait tout drôle aux Slytherins de septième année de voir un petit Hufflepuff de troisième année leur répondre acidement quand ils ont osé se moquer de Harry hier matin. Et de voir que tout le monde soutenait ce petit Hufflepuff plutôt que les armoires à glace menaçantes qu'ils sont. Faut dire que quand ils ont sorti leurs baguettes, elles se sont étrangement métamorphosées en divers objets : poissons pas frais, parapluie, saucisses... Apparemment, Hermione et/ou Harry a/ont eu la même idée que moi, puisque je n'avais imaginé que les poissons. Comme c'était de la magie sans baguette et que personne d'autre qu'eux n'avait de baguette en vue, ils n'ont pu accuser personne.

C'était assez amusant de voir leurs mines ahuries en voyant ce qu'étaient devenues leurs baguettes. Ils avaient l'air d'avoir complètement perdu leur cerveau (si tant est qu'ils en aient eu un avant...). Supprimer à un sorcier sa baguette, c'est lui supprimer tout moyen d'action, c'est fou comme ils en sont dépendants.

Sinon, le reste de la semaine, le journal a voulu approfondir les révélations de mardi, en cherchant à interviewer le Guérisseur responsable du dossier, Madame Pomfrey, des parents d'élèves, des anciens élèves... Sans beaucoup de résultat, d'ailleurs. Surtout qu'ils insistent à présenter Harry comme un fou. Ils ont même été jusqu'à avancer qu'il se serait infligé lui-même toutes ces horreurs, et ça s'est apparemment retourné contre eux, parce que dès le lendemain, ils ont présenté des excuses, en essayant de récupérer la situation comme ils pouvaient : jamais des tuteurs responsables n'auraient laissé un enfant dans une telle détresse sans lui apporter un soutien psychologique ou médical adapté. Quand j'ai lu ça à Harry, il a ricané : ils venaient de reconnaître que quelque chose cloche étrangement dans cette histoire, et que jamais un enfant n'aurait du pouvoir vivre ça avec des tuteurs responsables, quel qu'en soit l'auteur.

Sinon, la semaine de cours s'est bien passée : les profs acceptent de plus en plus que notre petit groupe de mages avons plus besoin des connaissances théoriques sur la sorcellerie que de pratique, puisque nous pratiquons à présent de la magie. Les premiers à vraiment l'accepter ont été McGonagall et Flitwick, et tous les deux nous ont donné des ressources normalement accessibles qu'à des étudiants ayant déjà passé leurs NEWTs : des pratiques et des rituels beaucoup plus complexes que ce qu'on peut voir à l'école, mais redoutablement efficaces dans certaines situations. Snape aussi a fini par accepter que Draco est désormais presque meilleur que lui, pratique mise à part. Il le laisse nous encadrer tous les quatre, discuter avec nous des ingrédients et de leur utilisation, expliquer le pourquoi du comment de chaque recette...

Neville a fait des progrès hallucinants depuis qu'on discute de la présence des ingrédients et que Snape ne le harcèle plus. On fait des envieux, dans le cours, à discuter comme ça entre nous, mais on a à présent un niveau qu'ils n'ont pas : Hermione a toujours été en avance et dispose déjà de connaissances post-NEWTs, sans avoir besoin d'héritage particulier pour ça, Harry a bénéficié comme Draco de l'enseignement de Slytherin (ce qui rend Hermione jalouse), moi de celui de Hufflepuff sur la médicomagie, avec notamment les plantes, et Neville a sa connaissance approfondie de l'Herbologie et son instinct en biologie... On a tous un avantage que nos camarades n'ont pas. Il arrive même que Snape délaisse son cours pour se joindre à nous. Et il n'hésite pas à nous accorder des points, même si on est complètement hors-sujet par rapport au cours, tellement on a dépassé le niveau de cinquième année. Mais bon, on parle de potions, réellement, et on prouve que nous ne sommes pas des cornichons, alors voilà, il est content. Et tant pis si quatre d'entre nous sommes des Gryffindors.

En Runes, j'ai fini par rattraper mon retard. Entre Daphne, Hermione et Draco, je ne pense pas que j'avais beaucoup le choix, de toute façon. C'est Draco qui a débloqué la situation : je bloquais depuis deux semaines sur les explications de Daphne sur les systèmes de runes qu'on étudie à partir de la cinquième année, et les explications de Hermione n'y ont rien fait. Mais toutes les deux ont une approche logique, chose que je n'ai pas. Je n'ai jamais été logique. Draco m'a montré une autre approche, presque linguistique. Les runes sont une langue, à la base, et même si leur utilisation aujourd'hui est purement pratique et n'a plus rien de culturel, elles en gardent néanmoins une certaine... logique... linguistique, avec une sorte de grammaire, de syntaxe... La façon de positionner les runes dans un système, c'est pour exprimer quelque chose. Et même si ce n'est pas linéaire comme une phrase, ça peut quand même être interprété comme une langue.

Et du coup, ça va beaucoup mieux ! Littéraire jusqu'au bout des ongles... D'après Draco, les meilleurs étudiants en Runes sont ceux qui comprennent ça. Ils seront alors capables non seulement d'interpréter des systèmes complexes et de créer des systèmes simples, mais également de créer des systèmes complexes. Il est certain que pour Bill Weasley, les Runes sont une langue à part entière, comme le français ou le latin. Faudra que je lui demande.

En DCFM, forcément, nous sommes aussi au dessus des exigences de cinquième année. Remus suit le même concept que McGonagall et Flitwick : nous donner à apprendre des choses qui ne sont pas normalement au programme. Il a décidé de se focaliser sur les créatures qu'on ne voit pas en cours à Hogwarts, mais aussi sur celles estimées normalement trop dangereuses pour être maîtrisées, mais avec lesquelles il existe des... trucs. Comme les dragons, par exemple. Nous avons découvert que Draco n'a pas volé son nom : il est absolument fasciné par ces bêtes. À se demander pourquoi il s'entend aussi mal avec Hagrid, alors qu'ils partagent cette passion.

Par contre, contrairement à ce qu'on aurait pu croire, il n'a pas été enchanté du tout par la première épreuve du Tournoi des Trois Sorciers l'an dernier. Je n'aurais jamais cru que quelqu'un puisse être aussi virulent dans la protection d'une autre espèce que Hermione envers les elfes de maison. Pour lui, c'est inadmissible qu'on ait autorisé les étudiants à affronter quatre mères dragonnes en train de couver. C'était dangereux à la fois pour les étudiants, mais aussi pour les dragonnes et leurs œufs. Les dragons sont en voie de disparition, et si en plus on expose leurs rares couvées à des étudiants qui ne sauront pas forcément récupérer leur foutu trophée en épargnant les œufs... Et ce crétin de Krum qui n'a eu que des points en moins par rapport au fait que la moitié de la portée de sa dragonne ne verra jamais le jour...

Draco était vraiment remonté, c'en aurait presque été amusant si le sujet n'était pas aussi sérieux. Parce qu'il a raison, même Harry qui est celui parmi nous qui aurait le plus de raisons de partager les vues de la société britannique quant à la dangerosité des dragons est d'accord : ces dragonnes étaient enfermées dans des cages ridiculement petites, loin de leurs œufs, et une fois qu'elles avaient de l'espace et leurs œufs, elles ont vu un humain menacer leur couvée. Elles avaient toutes leurs raisons d'être agressives. Et si des réserves existent, c'est bien parce que ce sont des créatures en voie de disparition.

J'ai appris qu'il y a des réserves en Grande Bretagne, mais aucune n'a la taille et la même diversité en dragons que celle de Roumanie où travaille Charlie Weasley, qui est la plus grande d'Europe. Il y a une petite réserve au Pays de Galles, dans les montagnes qu'on voit depuis Lions' Rock. En fait, ce n'est pas une réserve au sens zoologique, où il y aura des dresseurs et des soigneurs pour chaque dragon, et un suivi précis des naissances et des morts, mais c'est une réserve naturelle : une zone où la chasse au dragon est tout simplement interdite, où il a parfaitement le droit d'avoir son antre en toute tranquillité. Il n'y a que des Gallois, verts et rouges, dans cette réserve, mais c'est une population plutôt stable. La réserve date du temps où le comté de Lions' Hill était beaucoup plus important, et les montagnes en faisaient alors partie. Aujourd'hui, le comté est réduit à la taille des protections magiques, mais la réserve existe toujours, et est toujours administrée par les Potter, qui se contentent de surveiller l'évolution de la population dragonne, et de vérifier qu'il n'y a pas de braconnage.

Sur un plan plus personnel, j'ai quasiment emménagé chez Harry, ne nous voilons pas la face : depuis le début de la semaine, j'ai passé chaque nuit avec lui, et mes affaires sont en train de migrer petit à petit du dortoir des filles de cinquième année à Gryffindor à la suite des Fondateurs, et pas forcément dans ma chambre de cette suite. Mais c'est loin d'être désagréable, alors ma foi, si ça doit se passer comme ça...

Harry commence à accepter l'idée que la Suite, ou du moins le premier étage, peut être ouvert aux autres. Nous avons découvert un système empêchant quiconque sauf nous cinq d'emprunter l'escalier montant aux étages, donc nos chambres, la bibliothèque, le bureau de Harry, le laboratoire... sont protégés des visiteurs indésirables. Du coup, Remus et Sirius, mais aussi les jumeaux Weasley, Ginny, Susan, Hannah, Luna, et également Blaise, Daphne et Theo, peuvent maintenant accéder à la pièce à vivre de la Suite des Fondateurs. Les quatre maisons réunies. J'avoue que ça me rend heureuse de voir que les Slytherins et les Gryffindors peuvent partager un même endroit sans professeur et sans combat. Il y a eu de la méfiance au début, surtout envers Theo, avec son père Deatheater, mais Draco a eu vite fait de rappeler que son propre père est encore plus près de Voldemort que ne l'est le père de Theo, et ça a calmé le jeu.

Il n'a pas précisé que son père, contrairement à celui de Theo, ne partage pas les points de vue de Voldemort, évidemment, et que donc l'éducation de Draco a été beaucoup plus ouverte que celle de Theo. À ce sujet, j'ai appris que Blaise, Daphne, Astoria et Theo sont au courant de la vraie histoire de Draco, mais sont sous serment. Draco leur a dit que les autres mages sont au courant aussi, et du coup, dans la suite, ils se laissent un peu plus aller.

Ah ! Potins ! J'ai découvert aujourd'hui, en début d'après-midi, pourquoi Theo est aussi affirmatif quand il dit qu'il ne donnera jamais d'héritier de sang à la famille Nott. Non, il n'est pas stérile, il est homosexuel. Ce qui explique la violence de la réaction de son père quand il l'a appris. N'empêche, ce garçon devrait être à Gryffindor : il a osé affronter son père à l'âge de quatorze ans pour lui parler de son orientation sexuelle, en sachant que son père ne le prendrait pas bien. Et depuis quelques mois, il est en couple avec Blaise. C'est pour ça que Draco a accepté de lui parler de ses convictions : Blaise voulait prouver à Theo qu'il n'était pas le seul fils de Deatheater à remettre en cause l'idéologie familiale. Et finalement, Draco a fini par lui dire la vérité sur son père.

J'ai découvert l'homosexualité de Blaise et Theo par accident : ils parlaient avec Draco de leur vie de couple, comme des potes pourraient le faire, mais en allemand. Beaucoup de familles conservatrices enseignent l'allemand à leurs enfants, parce que c'est la langue utilisée à Durmstrang. Et j'ai beau ne pas avoir la fluidité que j'aurais eue si j'avais finalement passé cette année en Allemagne, je n'en reste pas moins proche du bilinguisme. Et du coup, j'ai tout compris de leur conversation, qu'ils avaient dans l'espace salle à manger alors que j'étais dans l'espace salon en train de rédiger ce journal (c'est tout récent, comme tu peux le voir). Je n'avais même pas tilté qu'ils parlaient allemand, en fait. C'était plutôt fluide, mais simple, rien qui accroche l'oreille, ni parce qu'il y a un accent horrible, ni parce que c'est trop compliqué, et c'est pour moi maintenant si évident d'entendre une langue étrangère que je n'ai même pas tilté que ce n'était pas de l'anglais mais de l'allemand. Et du coup, naturellement, quand Draco a fait une faute (un verbe irrégulier mal conjugué, c'est aussi chiant en allemand qu'en anglais), je l'ai corrigé, sans même faire attention. Du coup, les trois garçons se sont tus, stupéfaits, et c'est à ce moment-là que je m'en suis rendue compte. J'ai été un instant gênée, puis je leur ai dit, en allemand :

« Ne supposez jamais que c'est parce que c'est une langue inhabituelle dans l'endroit où vous êtes que personne ne la parle autour de vous. Ma mère est germanophone et j'ai appris l'allemand avant même le français. Devant moi, évitez complètement le français et l'allemand, et vous prenez de sacrés risques avec l'italien et le flamand. En attendant, cette conversation ne sera pas répétée, soyez-en certains.

–Même ton copain ne doit pas être au courant, a précisé Draco.

Ce n'est pas à moi de parler de la vie de couple des Slytherins. Votre vie ne concerne que vous. Ah, Theo, juste félicitations pour avoir osé l'assumer face à ton père.

–Ça ne te choque pas ? s'est étonné Blaise.

Pourquoi ça me choquerait ? C'est votre vie sentimentale, pas la mienne. Vous faites bien ce que vous voulez de votre cœur et de votre corps. »

Ils m'ont regardée un moment, stupéfaits. Puis Draco a froncé les sourcils :

« C'est français d'être aussi ouvert sur l'homosexualité ? »

Euh, je ne pense pas... Il y a encore pas mal de débats sur les unions entre homosexuels, il me semble.

« Non, ce n'est pas français. Même en 2008, même si l'homosexualité est globalement... acceptée, ça reste un peu tabou. Mais je fais partie de ceux qui pensent qu'on peut bien faire ce qu'on veut, c'est notre vie sentimentale et sexuelle, pas celle des autres. À la rigueur, si on était amis et que cette relation vous rendrait malheureux, j'interviendrais, mais ce ne serait pas par rapport au fait que vous êtes deux hommes. Ça, j'en ai absolument rien à faire. Pourquoi ? C'est mal vu chez les sorciers ?

–Assez, a reconnu Theo. La transmission du nom est quelque chose d'important. Mon père se moquerait de ma sexualité si j'acceptais d'épouser une fille quand même, mais je ne veux pas mentir à cette fille, donc...

–Tu n'avais pas de contrat de fiançailles ?

–Si. Avec Daphne. D'ailleurs, je l'ai mise au courant avant d'en parler à mon père. C'est une Greengrass, l'union entre nos deux familles est importante. Mais Achille Greengrass, le père de Daphne, a plutôt bien pris la nouvelle : il est content que j'ai été honnête. Et depuis le retour de Voldemort, il est encore plus content de ne pas avoir à marier sa fille dans une des familles les plus proches de Voldemort.

–Pourquoi tu maintiens le doute sur ta possible allégeance aux Deatheaters, alors ? Ça semble plutôt évident que tu n'en feras jamais partie, dans ces conditions.

–Parce que je veux survivre jusqu'à la fin de Hogwarts, a répondu Theo tranquillement. Je n'ai personne : plus de soutien familial, les fiançailles qui auraient pu m'apporter la protection des Greengrass ont été rompues, et Blaise ne peut pas me soutenir, parce que nous ne pouvons pas afficher notre relation. Père garde pour l'instant mon homosexualité secrète pour ne pas apporter la honte sur la famille, mais si jamais je choisis ouvertement votre camp, ce sera déjà un tel camouflet qu'il n'hésitera pas, en sachant que ça me mettra en danger dans ma maison. Alors pour l'instant, je me tiens à carreau et je lui laisse l'espoir que ce n'est qu'une révolte d'adolescent, que je reviendrais bientôt dans le droit chemin. »

Je l'ai regardé un moment, puis j'ai dit, en revenant à l'anglais :

« Wouah... Fait pas bon d'être ouvert d'esprit à Slytherin, pour l'instant. Bien... Si vous avez besoin, vous connaissez le mot de passe pour ici, et les canapés sont grands.

–Bah, Vincent et Gregory ne font pas le poids contre nous, dans le dortoir.

–Votre salle commune n'est pas composée que de votre dortoir. Enfin, faites comme vous le sentez, mais vous savez que cette porte est ouverte, si jamais. »

Sans leur laisser le temps de répondre, je suis retournée à mon journal. Oui, ce moment est très frais.

Quoi d'autre pour la semaine ? Je crois que c'est tout. Bon, je vais te laisser alors, je vais étudier un peu les écrits de Morgane que Draco m'a ramenés. Harry risque de terminer tard ce soir, ils ont un match la semaine prochaine, contre les Ravenclaw, alors Angie va vouloir profiter de chaque minute. Les jumeaux affirment qu'ils préféraient Oliver Wood...

Bisous et à tout bientôt !


Notes de l'auteur :

Oups, je n'ai pas mis d'avertissement concernant l'évocation d'homosexualité dans ce chapitre ;)

En même temps, ça fait partie des avertissements que j'ai donné en début de l'histoire, et j'ai à nouveau précisé lorsque j'ai parlé pour la première fois de mon asexualité qu'il y aurait des évocations d'homosexualité, alors ma foi, si vous êtes toujours là, j'ose espérer que ça ne vous dérange pas...

Comme vous pouvez vous en douter, les opinions de Manon à ce sujet sont les miennes. Elles l'ont toujours été, même avant que je sache qu'avec mon asexualité, je fais aussi partie de la communauté LGBTQIA+. Et si vraiment ça vous hérisse, rien ne vous oblige à continuer la lecture...

Ah, et sachez qu'il n'y aura pas que de l'homosexualité masculine... Et pas de scènes de sexe homosexuel (masculin ou féminin). Avec mon absence totale d'expérience (et d'intérêt ;) ), j'ai déjà suffisamment de mal à parler de sexe hétéro, malgré toute l'hyper-sexualisation hétéro qu'il peut y avoir dans notre culture actuelle, je ne vais pas me compliquer la tâche quand cette histoire n'en a pas besoin ;)

Enfin, 2008, c'était presque 10 ans après la loi sur le PACS (qui date de 1999), et avant la loi sur le Mariage Pour Tous (2013), donc les homos bénéficiaient à ce moment-là d'une relative tranquillité, ce qui fait dire à Manon que c'est relativement accepté.

Sur un tout autre sujet, j'ai vu mardi dernier les Animaux Fantastiques. Et j'ai été vraiment très contente du film ! On retrouve très bien l'univers des Harry Potter, et l'histoire ne me fait pas du tout l'effet d'une fanfiction, contrairement à Harry Potter et l'Enfant Maudit. J'ai hâte de voir ce que vont donner les prochains films annoncés.

Et j'ai beau détester mon travail, j'adore mes collègues : l'un d'eux vient de m'offrir, en guise de cadeau de Noël, la Valise des Créatures, le livre qui accompagne le film, avec plein de photos et de goodies à l'intérieur :) Il m'a illuminé ma journée ! :)

Réponse aux guest reviews :

Emilie : wow... juste wow... ta review m'a fait extrêmement plaisir, je suis toute rougissante (si, si, même une semaine après ! :) ) Je suis d'autant plus flattée que les éléments que tu as relevés sont également mes préférés : ce que j'ai fait de certains personnages, l'inclusion de la Table Ronde et des légendes celtiques...

Cette histoire devrait donc normalement continuer à te plaire, voire sans doute de plus en plus, car ces éléments vont avoir de plus en plus d'importance :)

N'hésite pas à me laisser un nouveau commentaire pour me donner ton avis, y compris si quelque chose ne te plait pas :)

Artena : Salut ! Je suis contente que mon histoire continue à te plaire.

Concernant Dorea Black Sang-Pure épousant Charles Potter, Lord Potter et donc n'ayant pas le droit d'épouser une Sang-Pure... C'est une magnifique incohérence de ma part... J'ai donc réfléchi, réfléchi... À partir de la Wiki Harry Potter, j'ai reconstitué l'arbre généalogique officiel des Black pour voir ce que je pouvais modifier...

Donc, Dorea Black est la fille de Cygnus Black II et Violetta Bulstrode, qui sont les arrières-grands parents maternels de Sirius III (le parrain de Harry). Le frère de Dorea, Pollux, est le grand-père maternel de Sirius (III). L'oncle de Dorea, qui est donc aussi le frère de Cygnus II, Sirius II, est l'arrière grand-père paternel de Sirius... Oui, Orion, son petit-fils, a épousé Walburga, qui est la petite-fille de son frère, via Pollux... On se tait au fond de la classe, on ne parle pas de consanguinité, voyons, on parle de préservation de la pureté du sang sorcier ! ;)

Tout ça pour dire que je ne peux pas faire comme ça de Dorea une Sang-Mêlée pour expliquer son mariage, parce que toucher à Cygnus II est trop compliqué pour le reste de la famille... :)

Ma solution est de tricher avec l'arbre généalogique des Black : un autre frère de Dorea, Marius, a été renié de la famille parce que Cracmol. Je peux donc décider de décaler Dorea, en faisant d'elle non pas la fille de Cygnus II, mais sa petite-fille, sorcière née d'un Cracmol et d'une Moldue. Elle garde ainsi le nom de Black, et rentre dans les critères des Potter. Ça permet aussi d'expliquer que Charles Potter ait accepté d'épouser une Black : elle est la fille d'un membre renié de la famille, et n'a certainement pas été élevée à la même enseigne que les deux branches principales se retrouvant en Orion et Walburga.

Ça explique également pourquoi Harry, malgré sa grand-mère Black, n'est pas prioritaire par rapport à Draco concernant l'héritage familial des Black...

Bref, ça m'arrange sur bien des points, cette petite manipulation, et je vous invite à croire que j'ai tout planifié depuis le début ;)

À lundi prochain !

MAJ le 19/11/2017