Mercredi 27 mars 1996

Chère Marie,

Et voilà, Horcruxe récupéré. Sans trop de casse. Je t'écris de l'infirmerie, donc il y en a eu un peu, mais ça va, ça aurait pu être pire. Aucune blessure mortelle, aucune cicatrice à vie, nous nous en sortons tous intacts. C'est l'essentiel. Le moral en a pris un coup, mais bon, c'était à prévoir. Et la bague est à Lions' Rock, avec les deux autres Horcruxes (le diadème et le médaillon), chacun dans leur boite en plomb. Mission réussie, nous pouvons souffler. Et puisque Pomfrey ne veut pas que je quitte l'infirmerie avant demain, autant en profiter pour te raconter...

Nous sommes partis vers quatorze heures, après le déjeuner. Snape nous a emmenés au cimetière de Little Hangleton, et est reparti aussitôt. C'était prévu comme ça : nous arrivons par transplanage, mais nous repartons par le feu. Et nous avons bien fait de le faire partir tout de suite : nous avons senti les différentes protections mises en place autour du Manoir Riddle au sommet de la colline, et qui s'étendent aussi sur le cimetière. Ces protections doivent avertir Voldemort de l'arrivée de magiciens, parce qu'il y a rapidement eu deux Deatheaters en face de nous, avec masque et tout. Hermione leur a implanté l'idée qu'il n'y a rien, une fausse alerte, et ils sont repartis. Nous savions que ça marcherait une fois, mais pas deux, alors du coup, nous avons été particulièrement sur nos gardes.

Nous avons commencé par chercher les gros bosquets, susceptibles d'abriter complètement une cabane. Il n'y en a que trois à proximité immédiate de la colline, comme si la forêt un peu plus loin cherche à monter à l'assaut sans vraiment y arriver. La maison des Gaunt est dans le deuxième que nous avons fouillé. Jusque là, tout se passait raisonnablement bien. En entrant dans le bosquet, nous avons tout de suite su que c'était le bon : il est couvert de protections diverses et variées, visant à empêcher un magicien d'avancer plus loin, à prévenir quelqu'un d'une intrusion... Avant même d'aller plus loin, nous avons donc du désactiver ces boucliers.

Draco s'est souvenu d'une protection runique permettant à celui qui la porte de masquer complètement sa magie vitale. De la magie noire pure et dure, donc. Il a rapidement inscrit les runes adaptées à la craie sur nos capes, avant de nous demander de les recouvrir de notre sang. Nous avons obéi, et Hermione et moi nous sommes rendues compte que ça va bien plus loin que masquer la magie vitale : je ne percevais aucune émotion, et elle plus aucune pensée.

Ça nous a franchement déstabilisées, toutes les deux : ça fait trois mois maintenant que nous maîtrisons notre magie et pouvons percevoir, même inconsciemment, les pensées ou les émotions des autres, et tout d'un coup, plus rien.

C'était même sans doute plus perturbant pour moi que pour elle : ça fait depuis que je suis au courant que je suis magicienne que je suis empathe. Dans mon esprit, mon empathie et ma magie sont liées, et tout d'un coup, ne plus avoir mon empathie m'a donné l'impression que je n'avais plus ma magie. C'est faux, évidemment. Mon empathie fonctionnait toujours, sauf qu'il n'y avait pas d'autre humain à proximité que les quatre mages qui portaient désormais la protection runique de Draco. Mais c'est quand même désagréable de ne rien sentir, alors que tu sais que ton sixième sens, l'empathie, fonctionne à plein régime... Un peu comme se retrouver aveugle alors que tes yeux fonctionnent et cherchent désespérément à voir quelque chose.

C'est Harry qui a testé si ça marchait. Il a passé l'endroit où nous sentions les protections commencer. Rien ne s'est passé, la magie ne s'est pas activée, ni pour lui faire du mal, ni pour alerter quoi que ce soit. Il a avancé jusqu'à la maison au bout du sentier sans que rien ne se passe. Du coup, nous l'avons rejoint. Toujours aucune réaction des boucliers magiques. Ouf...

La maison des Gaunt est une masure, tellement mal entretenue qu'on se demande même si ce n'est pas une ruine. En même temps, cela fait des années qu'il n'y a pas eu d'habitants, puisque la famille de Tom Riddle a été assassinée. Il y a un serpent desséché accroché à la porte. J'imagine que du vivant des Gaunt, ils s'assuraient que le serpent avait meilleure mine, mais là, c'est juste une carcasse en décomposition avancée, tellement exposée aux intempéries qu'il n'y a même plus d'odeur. L'endroit est... décourageant, déprimant, angoissant... Tu n'as aucune envie d'aller frapper à la porte. Et encore moins d'y entrer. Et pourtant, c'est ce qu'on devait faire.

À l'entrée de la maison, il y avait de nouvelles protections, beaucoup plus anciennes. Sans doute les protections posées par la famille de Tom, les Gaunt. Grâce à Draco et Neville et leur cours du dimanche matin, je sais que les protection d'une demeure familiale (un « Manoir » pour les nobles) sont toujours reliées au chef de famille en titre. Harry pour les Potter, Frank pour les Longbottom, Lucius pour les Malfoy et... Tom Marvolo Riddle pour les Gaunt. Il fallait donc faire en sorte que le chef de famille ne soit pas au courant que des étrangers cherchent à s'introduire dans sa demeure (même si cette demeure est une cabane en piteux état cachée dans un gros bosquet d'arbres...)

Et les serpents... Beaucoup de serpents... Trop, même... Je ne crains pas les serpents. Enfin, normalement. Je ne crains pas les bestioles en général. Je n'aime pas particulièrement les insectes, qui rampent, volent bruyamment, se posent sur toi ou sur ta nourriture... Non, je n'aime pas les insectes, c'est sûr. Mais les autres animaux ne me dérangent pas. Je trouve les souris mignonnes (tant qu'elles ne s'attaquent pas à mon installation informatique), et j'ai déjà sauvé un pauvre serpent qui menaçait d'être transformé en galette, en le poussant de l'allée de terre plutôt fréquentée par les voitures où il était installé tranquillement, croyant pouvoir profiter pleinement du soleil à cet endroit. Oh, oui, il en aurait profité, mais ç'aurait été la dernière chose qu'il aurait faite de sa vie considérablement abrégée... Donc non, je ne crains pas les serpents.

Sauf quand il y en a des dizaines, qui sifflent furieusement autour de toi, qui rampent hors des buissons jusqu'à former un cercle autour de toi, te faisant clairement comprendre que si tu fais un pas de plus... Brrr...

Le Fourchelangue de Harry n'a pas servi à grand chose : il n'est pas un Gaunt, il n'est pas le maître de la maison. Tout juste a-t-il pu comprendre leur intention de protéger la cabane, et que si nous faisions machine arrière, il ne nous arriverait rien. Mais il était hors de question qu'on en soit arrivés là pour rien. Alors nous avons demandé à Draco, Hermione et Neville d'observer les protections de la maison, pendant que Harry et moi surveillons la progression des serpents. Tant que nous restions immobiles, ils ne bougeaient pas non plus, se contentant de se montrer menaçants. D'après Harry, les menaces étaient très explicites.

Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Ça m'a en tout cas semblé durer une éternité. Sans doute en réalité que ça a duré entre une demi-heure et une heure. Puis Draco a fait son compte-rendu, après en avoir discuté avec Hermione et Neville : les protections ne peuvent pas être franchies de la même manière que les premières, elles sont trop anciennes et donc beaucoup plus efficaces. Il faut les détruire, et cela implique donc l'utilisation (massive) de magie. Et donc le déclenchement des premières protections.

Mais c'était un risque à courir si nous voulions avancer. Il fallait simplement être prêts pour avancer rapidement et limiter les risques d'exposition aux Deatheaters, ou pire, Voldemort lui-même. Non pas que sa puissance soit redoutable, mais il a des connaissances que nous n'avons pas (encore) et beaucoup d'expérience. Même s'il n'est plus au faîte de sa puissance passée, il reste dangereux. Harry et Draco ont beau faire les malins en classe, je n'ai pas envie de sous-estimer l'adversaire.

Les quatre autres se sont mis à détruire les protections de la maison pendant que je maintenais les serpents éloignés avec du feu. C'est le seul des quatre éléments qu'ils craignent vraiment, donc voilà, c'est moi qui suis allée au front. Heureusement, les autres ont été rapides, et en quelques minutes, les protections étaient tombées, et nous sommes entrés dans la cabane. J'ai dressé une barrière de feu devant la porte, en m'assurant d'en garder le contrôle pour ne pas que la cabane brûle. Puis à mon tour de jouer : avec mon empathie, j'ai cherché la bague. Enfin... l'Horcruxe dans la bague. Ça a été assez rapide à trouver. Elle n'était pas vraiment cachée : une niche de pierre dans un mur. Voldemort comptait sur les différents niveaux de protection pour ne pas qu'on la trouve.

La bague était elle-même protégée par un dernier niveau de protection, que Hermione et moi avions prévu : une compulsion incitant à passer la bague à son doigt, ce qui déclencherait un sort ou un poison afin de tuer l'importun qui oserait toucher à un morceau d'âme de Voldemort.

C'est donc Hermione, avec son esprit protégé à fond, qui a récupéré la bague avant de la placer dans la boite en plomb apportée par Harry. C'était la seule à avoir le niveau de protection mentale nécessaire pour être certaine de résister entièrement à la compulsion. Le couvercle s'est fermé, l'aura d'émotions a disparu, la bague est donc récupérée.

Mais nous n'étions pas sortis d'affaire pour autant : le temps d'agir, des Deatheaters sont arrivés sur place. J'ai aussitôt proposé de faire une flamme à l'intérieur de la maison pour qu'on puisse partir immédiatement sans les affronter, mais Harry a déclaré que c'était le meilleur moyen de faire comprendre à Voldemort que c'est nous qui étions là, et que nous avons trouvé l'Horcruxe. Et c'est hors de question qu'il ait des soupçons pour le moment. Alors nous avons fait quelque chose de beaucoup plus élaboré.

La première étape a été de créer un faux Horcruxe : une autre bague, identique à la première, dans laquelle j'ai insufflé une aura d'émotions semblable à celle de l'Horcruxe, et Draco de la magie noire qui pourrait rappeler une âme, pour que Voldemort lui-même ne se méfie pas trop vite. Hermione a répété le sortilège de compulsion, et nous avons placé cette nouvelle bague à la place de l'ancienne. Je ne sais pas si ce sera vraiment efficace, mais je fais confiance aux compétences de Draco, et il avait l'air assez satisfait de ce qu'il a créé.

Ensuite, deuxième étape : détourner l'attention de nous, et faire croire à la présence de quelqu'un d'autre. Et c'est là où je suis moins fière de ce que nous avons fait. C'était... nécessaire, mais ce n'est pas pour autant que j'en suis heureuse. Hermione a fouillé l'esprit des Deatheaters présents dehors, qui cherchaient toujours à contourner mes flammes, et en a retiré l'image de cinq Deatheaters d'importance moyenne, suffisamment haut placés pour pouvoir être au courant de certaines choses, mais pas suffisamment pour approcher le Premier Cercle de Voldemort. Et elle a placé des glamours sur chacun de nous pour qu'on prenne l'apparence de ces Deatheaters. Et nous sommes sortis de la cabane pour affronter les autres.

Nous avons combattu comme des Deatheaters, comme Draco nous a appris un jour à le faire lors d'une session dominicale. Nous avons veillé à paraître épuisés par ce que nous avons fait avant même l'arrivée des autres (briser les protections des Gaunt, affronter l'Horcruxe...) et nous avons fait en sorte de museler notre puissance, pour que les autres aient l'impression d'affronter des sorciers moyens. Mais nous avons quand même fait en sorte de pouvoir suffisamment mener le combat pour avoir le temps de fuir les premières protections de Voldemort, et disparaître, officiellement en transplanant, mais en fait en utilisant une de mes flammes, une fois qu'on a tourné sur le sentier hors de vue des Deatheaters.

Nous ne sommes pas rentrés à Hogwarts. Nous sommes allés voir chacun des Deatheaters dont nous avons pris l'apparence pour leur implanter un souvenir de l'après-midi. Il faut que les apparences tiennent face à la Légilimancie de Voldemort. Et elles n'auraient pas tenu s'il avait fait convoquer ces Deatheaters et qu'ils auraient affirmé en toute bonne foi qu'ils ne savaient pas du tout ce qui s'était passé. Maintenant, ils « savent ». Et si Voldemort fouille leur esprit, il verra ce qu'il veut voir : cinq sorciers ayant entendu parler de son ascendance, et pensant trouver chez ses ancêtres certains secrets de sa magie. Pas d'Horcruxes, surtout pas. Juste des sorciers avides d'atteindre le niveau de leur maître.

Puis nous sommes allés à Lions' Rock pour poser l'Horcruxe, rassurer rapidement la mère de Draco, et enfin, par cheminée, cette fois (toujours les flammes pour moi, mais Poudre de Cheminette pour les autres), nous sommes rentrés à Hogwarts, directement dans le bureau de McGonagall, qui nous attendait. Nous avons simplement expliqué que ça avait été un succès, et elle nous a pressés pour aller à l'infirmerie. Nous avons tous des coupures, des blessures légères dues au fait que nous n'avons pas pu nous battre à plein pouvoir contre les Deatheaters. Et nous avons utilisé beaucoup de magie, aussi, et c'est la première fois que ça me fatigue vraiment.

Pour implanter des souvenirs les plus parfaits possibles, il a fallu travailler sur la mémoire (le talent de Hermione), mais aussi sur les émotions. Il faut que ces Deatheaters soient convaincus du fait qu'ils trouveraient des secrets de magie chez les ancêtres de Voldemort. Il faut qu'ils aient également l'avidité et l'ambition pour oser y aller. Et enfin, il faut qu'ils aient après coup la culpabilité, parce qu'ils savent qu'ils vont se faire convoquer, après avoir été pris en flagrant délit. Bref, j'ai du travailler moi aussi.

Et je suppose que c'est pareil avec Hermione et les souvenirs, mais insuffler des émotions permanentes est beaucoup plus complexe et demande beaucoup plus d'énergie que des émotions temporaires. Ce ne sont pas des compulsions comme ce qu'avaient les autres jusqu'à décembre, même si ça peut s'en rapprocher. Les compulsions invitent la cible à ressentir l'émotion donnée, mais ne la créent pas vraiment. Disons qu'elles créent un contexte favorable au développement de l'émotion. De manière générale, la magie accessible aux sorciers ne crée pas vraiment les émotions, mais crée un environnement où elles peuvent se développer. Les potions d'amour, de bonheur, et ce genre de chose, ne créent pas ces émotions, Snape insiste particulièrement dessus. Elles créent une sensation proche du bonheur, une sorte d'euphorie, qui peut, si celui qui a pris la potion se laisse aller, finir par créer du bonheur.

Ce que j'ai fait, c'est de la vraie création d'émotions. J'ai sauté l'étape de l'environnement favorable. L'environnement en question a été créé par Hermione et ses souvenirs. Ce que j'ai fait, c'est apporter de la force à ces souvenirs, je les ai liés à la volonté et à la personnalité des sorciers. Ce ne sont plus des souvenirs « comme ça », mais ils ont une cause et des conséquences. Ils font désormais partie intégrante de ces Deatheaters.

Et c'est épuisant.

C'est épuisant également moralement.

Nous avons condamné cinq personnes à mort.

Parce que soyons lucides : une fois l'interrogatoire terminé, il est évident que Voldemort va vouloir faire un exemple, ou simplement punir comme il estime qu'ils le méritent, ces Deatheaters qui lui ont fait l'affront de chercher ses origines et se sont approchés si près de son précieux Horcruxe. Hier, par mon travail sur l'esprit de cinq personnes, j'ai fait en sorte que ce soit elles qui meurent à notre place. Cinq hommes vont mourir pour qu'un criminel ne se rende pas compte qu'on détruit petit à petit ce qui le retient sur cette Terre.

L'idée a été proposée dans l'urgence, sur le vif. Elle a été construite par nous cinq. Harry, Neville ou Draco n'auraient certainement pas pris cette décision sans la certitude que Hermione et moi pouvions réaliser cette mascarade. Nous avons tous été d'accord. À quinze ans (ou déjà seize pour Hermione), nous avons collectivement décidé de tuer cinq personnes.

Et encore maintenant, avec un peu de recul, en sécurité à l'infirmerie de Hogwarts, je sais que nous ne pouvions pas trouver de meilleure solution à la fois pour nous en sortir, mais surtout pour éloigner les soupçons de Voldemort. Mais nous venons de franchir une ligne. Et maintenant que nous l'avons fait une fois...

Alors certes, ce n'est pas moi qui tiendrai le couteau ou la baguette qui mettra véritablement à mort ces cinq Deatheaters. Ce sera Voldemort ou un de ses fidèles du Premier Cercle. Mais j'ai quand même l'impression d'être l'exécutrice. Ces cinq hommes ont été choisis au hasard. Au delà de leur nom et de leur rôle de Deatheaters, nous ne savons même pas qui ils sont, leur nom, s'ils ont une famille, quel métier ils font, rien. Nous les avons justement choisis pour leur « anonymat », le fait que rien, absolument rien, ne peut les relier à nous.

De la chair à canon.

Des dégâts collatéraux dans une guerre qui en compte déjà beaucoup trop et qui en connaîtra d'autres encore.

La seule chose qui console mon moral et ma morale, c'est qu'un Deatheater, pour porter la marque, doit torturer et tuer un Moldu, un Né-Moldu, ou un Sang-Mêlé, et sa famille. Ces cinq hommes sont des meurtriers. Ils ne sont en rien innocents.

Mais est-ce que nous avons le droit de jouer les justiciers pour autant ?

Je crois que la question se reposera plusieurs fois dans les prochains mois. J'espère que je finirai par trouver une réponse.

En attendant, j'ai quatre amis qui comprennent ce que je ressens, parce qu'ils ressentent la même chose. Et des proches qui sont également capables de compatir.

Et dans ce domaine, c'est curieusement Snape le meilleur. Pas pour la compassion, enfin, si, un peu, mais surtout pour comprendre qu'on a l'impression que notre choix était le meilleur dans la situation donnée, la moins pire des solutions, et que même si notre conscience nous pèse, nous savons que c'est ce qu'il fallait faire.

Il nous a parlé, ce matin, à tous les cinq. Il n'y avait que Remus et Sirius présents. Il n'a pas voulu de la présence de McGonagall, et ça se comprend : McGonagall, avec toute sa détermination, son courage et sa force, a toujours vécu sous les principes de non-violence de Dumbledore. Elle n'a jamais tué, ni n'a jamais eu ce genre de décisions à prendre. C'était Dumbledore qui faisait ces choix pour l'Ordre. Remus et Sirius, eux, ont déjà du faire face à ce genre de situations, même si c'est Snape qui en a vécu le plus.

Ils nous ont tous les trois dit qu'ils étaient fiers de nous, du fait qu'on ait été capables de parvenir à une solution qui nous protégerait, et de la mettre en place, aussi difficile soit-elle. Que c'est bien que ça nous travaille, car c'est ce qui nous différencie des criminels et des sociopathes comme Voldemort. Nous n'avons pas choisi ce plan à la légère ni avec plaisir, en nous félicitant de sauver notre peau avec tant de panache.

Après tout, nous aurions tout à fait le droit de nous glorifier de ce succès presque parfait : nous avons récupéré un Horcruxe et nous avons fait en sorte que même si Voldemort sait que des intrus s'en sont approchés, il ignore qui et le fait qu'ils ont réussi. Nous savions que nous aurions beaucoup de mal à passer complètement inaperçus, et nous avons eu les meilleurs résultats avec la situation donnée. Si nous avions moins de morale ou moins de conscience, nous pourrions fêter ça.

Et le fait que ça ne nous rende pas heureux est une excellente nouvelle pour Snape, Sirius et Remus. Et ils nous souhaitent que ça continue ainsi. Cela nous permettra de ne pas recourir à ce genre de solution à chaque fois que nous nous retrouvons dans une situation délicate : nous allons réfléchir à deux fois avant d'engager une vie.

Et bizarrement, ça a marché, cette façon de nous remonter le moral. Ça nous travaille toujours, je le sens, mais nous savons que c'est ce qu'il fallait faire, et que nous avons limité la casse.

Snape a été convoqué par Voldemort, hier soir, comme presque tous les Deatheaters à partir d'un certain rang. Les cinq hommes ont été tués cette nuit par Bellatrix, après avoir été interrogés pendant des heures par Voldemort. Notre magie, à Hermione et moi, a tenu bon. Voldemort croit qu'ils sont coupables de stupidité, d'effronterie et d'ambition mal placée. Il était au bord de la panique au début, c'était évident pour ceux qui le connaissent le mieux, mais il s'est calmé petit à petit. Ça ne l'a pas empêché de lancer Cruciatus sur Cruciatus, mais au moins, il pense que ses Horcruxes sont en sécurité.

Tant mieux. Ça aurait été encore plus dur à vivre si en plus, ça n'avait pas marché.

Du coup, nous avons décidé de passer à la prochaine étape dès que Pomfrey acceptera de nous laisser sortir. Nous sommes complètement guéris de nos blessures physiques, mais elle tient à nous garder sous surveillance à cause de la quantité de magie que nous avons utilisée, et également pour surveiller notre moral. On a eu beau lui dire qu'on ira mieux dès qu'on passera les portes de l'infirmerie (c'est toujours pareil : tu restes patraque tant que tu es à l'hôpital, et tu vas mieux dès que tu en sors...), mais elle n'a rien voulu entendre. Je comprends Harry quand il parle de vraie dragonne, maintenant. Dans son antre, tu ne te risques surtout pas à contredire Madame Pomfrey. Ou alors, c'est à tes risques et périls.

La prochaine étape, c'est Gringotts. Nous allons informer Griphook de l'Horcruxe se trouvant dans le coffre de Bellatrix, et nous allons essayer de découvrir si les Gobelins n'ont pas une solution pour s'en défaire sans détruire le support. Nous espérons pouvoir nous y rendre demain.

Bon, je vais être sage et je vais me reposer, histoire que demain, Pomfrey ne décide pas de me retenir parce que je n'aurais pas suffisamment récupéré...

À bientôt !

Bisous.


Note de l'auteur :

Comme promis, les chapitres s'allongent, et les premières décisions difficiles arrivent pour nos jeunes mages...

Je ne le dis pas assez souvent, alors merci encore pour tous vos commentaires, vos suivis, vos favoris ! Cette histoire vit aussi grâce à vous ! Merci beaucoup !

À lundi prochain pour la suite !

MAJ le 05/01/2018