Vendredi 29 mars 1996

Chère Marie,

Joyeux anniversaire ! Bon, en 1996, t'es toute jeune, tu fêtes tes neuf ans, et nous ne nous connaissons pas encore, mais quand même. J'espère que tu fêteras dignement tes vingt-deux ans (ma vieille...), et j'espère qu'on se reverra, et je serai là pour fêter tes prochains anniversaires (si ça se trouve, je serai même là pour tes vingt-deux ans, qui sait ?). N'empêche, c'est la première fois depuis des années que je ne peux pas fêter ton anniversaire. C'est bizarre. Même en étant à Lyon et toi à Saint-Étienne, il y avait toujours un texto, un appel... ou un concert...

Haha... J'ai raconté aux autres le coup de panique que j'ai eu cette année en t'appelant toute fière d'avoir des places pour le spectacle auquel tu voulais absolument aller, et toi qui me dis que tes parents viennent de t'en offrir... Bon, finalement, ça s'est bien goupillé, et c'est un chouette souvenir, surtout à quatre dans mon petit studio d'étudiante...

Enfin bon, si je ne suis pas là à ton anniversaire 2009, tu sais que où que je sois, je continue de penser à toi les 29 mars...

À part ça... Je suis d'excellente humeur ! Il fait beau, le printemps se fait sentir, les oiseaux chantent, j'ai un petit ami super romantique et trèèèèès sexy...

Et la journée d'hier a été un grand succès (mais c'est accessoire à côté de l'importance du petit ami, évidemment...)

Madame Pomfrey nous a laissés sortir hier matin. Après moult menaces de Harry et de Draco, les deux utilisateurs les plus réguliers de l'infirmerie entre nous cinq (enfin, Hermione également, mais en tant que visiteuse... de Harry...), elle a cédé et nous a libérés. Je ne sais pas pourquoi, mais Neville, Hermione et moi n'avons pas grande crédibilité en utilisant les menaces, alors que ça a plutôt bien marché avec Harry et Draco.

Peut-être parce qu'en plus d'être des utilisateurs réguliers (Harry est celui qui a passé le plus de nuits à l'infirmerie depuis le début de la carrière de Pomfrey... Même son père et Sirius, avec toutes leurs frasques, n'ont en sept ans pas autant visité l'infirmerie que Harry en même pas cinq ans...), ils sont des mauvais patients : Madame Pomfrey doit les surveiller lorsqu'ils doivent prendre leurs potions, sinon ils les « oublient », ou bien ils se lèvent trop vite, bougent alors qu'ils ne devraient pas, ne mangent pas, ne dorment pas... Harry a même pris l'habitude de partir dès qu'il se sent mieux, sans même attendre l'avis médical de Madame Pomfrey. Draco et lui se servent dans l'armoire à pharmacie, ils savent exactement où sont les anti-douleurs ou les anti-nauséeux... Ils sont assez terribles, je dois dire. Et ils ne font rien pour améliorer la situation, parce qu'ils savent que du coup, Pomfrey essaiera de se débarrasser d'eux au plus tôt.

En tout cas, ça les a fait rire quand j'ai tout fait, depuis mardi soir, pour éviter les potions de Pomfrey. Tu sais ce que je pense des médicaments. Il faut que je sois limite à l'article de la mort pour prendre quelque chose de plus fort que du paracétamol. Dans la boite à pharmacie que ma mère m'a obligée à constituer quand je me suis installée, c'est la seule chose que j'ai utilisée, avec les pansements tout prêts. L'antiseptique, les anti-douleurs plus forts, le sirop pour la toux... Tout ça est resté intact (et je crois que certains sont périmés, d'ailleurs...). Alors quand Pomfrey a tenu à me donner un antibiotique général suite aux multiples coupures du combat, puis une potion de sommeil pour la nuit, puis une potion contre les maux de tête avant-hier, puis... puis... j'ai cru que j'allais craquer... En plus, comble de malheur :

« Tes vaccins sont à jour ? »

Euh... Non ? Enfin, si, mais non... J'ai du lui expliquer qu'à cause de la chimio, tout était à refaire, mais que mon médecin ne souhaitait pas que ça se fasse pour le moment... Du coup, il a fallu que j'explique ce que c'est qu'une chimio, et pourquoi j'en ai eu une... Et pour compliquer les choses, ils n'ont pas forcément les mêmes noms de maladies... Je sais que dans quelque pays que je sois, un médecin qualifié comprendra « Hodgkin ». Mais pas un Guérisseur.

Quand elle a compris que c'était une forme de lymphome, elle a paniqué, et a tenu à me faire un check-up complet... Apparemment, d'après ce que j'ai compris des explications de Pomfrey, les sorciers sont généralement meilleurs que les non-magiciens pour guérir les cancers. Du coup, c'est beaucoup moins tabou chez eux. Nous, on a un taux de guérison de un sur deux, tous cancers confondus, et les magiciens ont un taux de guérison global de quatre sur cinq. Même les cancers en phase terminale sont beaucoup plus facilement guérissables magiquement.

Sauf ceux qui touchent le système sanguin et le système immunitaire. Lymphomes, leucémies et tout ça... Là, pour le coup, vaut mieux aller dans un hôpital non-magique que magique. Ça tombe bien, ça a été mon cas. Du coup, moi qui croyais qu'ils ne feraient pas grand cas de mon cancer (je savais déjà que ça se guérissait généralement mieux que chez les non-magiciens), ben si, ils sont aussi stupéfaits que les autres de ma façon d'en parler.

D'habitude, c'est parce que c'est un cancer, et que le mot fait peur, et que ça implique beaucoup de choses, et que les gens ont tendance à croire que je ne suis pas vraiment consciente de la situation quand je dis qu'une fois diagnostiqué, je n'ai jamais été en danger de mort, puisque ça a été pris à temps et que ça se guérit très bien (du moins, ce cancer-là). Là, c'est vraiment parce que j'ai eu un Hodgkin, une forme de lymphome, maladie souvent mortelle pour les sorciers, comme pratiquement toutes les maladies du sang, puisqu'ils ont du mal à les traiter sans toucher à de la vraie magie noire. Et moi, fraîche et pimpante, qui en parle comme si de rien n'était.

Du coup, voilà pourquoi Draco et Harry ont du user de menaces pour nous laisser sortir. Je leur dois un franc merci, parce que sinon j'aurais été bonne pour passer la journée entre les mains de Pomfrey. Même lui rappeler que le diagnostic global passé en décembre dernier avait indiqué une excellente santé physique, et qu'elle-même m'avait déjà fait passer un bilan à mon arrivée ici n'a pas été suffisant.

Mais nous avons pu sortir à temps pour prendre le petit déjeuner dans la Grande Salle. Ouf !

Après le petit déjeuner, comme Harry l'a promis, il a été voir McGonagall pour l'informer qu'on sortait de Hogwarts pour aller à Gringotts. Draco et lui ont également prévenu leurs parrains (et oncle pour Harry). On tient à ce que les adultes restent au courant de ce qui se passe. D'ailleurs, Snape a tenu à venir avec nous. Cette histoire d'Horcruxe le rend curieux. Il a un certain intérêt pour la magie noire, même s'il sait qu'il n'est certainement pas en mesure de vraiment la pratiquer. Mais les puissances en jeu avec la vraie magie noire ont de l'attrait, il le reconnaît, et il a envie de savoir comment on va résoudre la destruction des Horcruxes. Remus et Sirius ont décliné l'invitation.

Du coup, c'est juste accompagnés de Snape que nous sommes allés à la banque, après un détour par Lions' Rock pour récupérer les Horcruxes (on sait jamais...). Une fois à Gringotts, nous avons été immédiatement conduits dans le bureau de Griphook, qui nous a accueillis chaleureusement. Enfin, aussi chaleureusement qu'un Gobelin peut accueillir des sorciers...

Rapidement, Harry a exposé sa requête : faire retirer du coffre de Bellatrix Lestrange la coupe de Hufflepuff, car elle contient un Horcruxe. D'abord, Griphook a catégoriquement refusé : un client n'a pas à avoir accès à un autre coffre. Je suis intervenue :

« Nous ne voulons pas avoir accès au coffre. Nous nous sommes dit que dans l'intérêt de la sécurité de votre banque, vous vérifieriez vous-même la présence d'un artefact aussi dangereux qu'un Horcruxe dans un coffre certainement pas pensé pour une telle utilisation. Peut-être avez-vous même le moyen de détruire cet Horcruxe, afin de laisser cet objet en possession de son actuel propriétaire ? »

Griphook a affiché un sourire calculateur :

« Vous ne connaissez pas notre monde depuis longtemps, magicienne, mais vous savez faire valoir votre point de vue... Je dois en référer à mon supérieur. Veuillez patienter, je vous prie. »

Il a rapidement quitté le bureau, nous laissant seuls avec des boissons. Draco a eu un petit rire :

« La plus Slytherin de tous les Gryffindors... Tu mérites bien ta réputation, Manon. »

Euh, oui... Non, je ne leur ai pas encore dit que je suis une Slytherin. Je ne sais pas encore si je vais leur dire avant la rentrée prochaine, en fait. Est-ce que ça a vraiment de l'importance, la maison dans laquelle je suis ? Je sais qu'ils ont confiance en moi, tous les quatre, à présent, et c'est tout ce qui compte. Peut-être que je devrais leur dire quand même. Histoire qu'ils ne se sentent pas... je ne sais pas... trahis, lors de la prochaine rentrée.

En attendant, j'ai haussé les épaules :

« Ça aurait été dommage de renoncer aussi vite sans avoir testé d'autres arguments...

–Comment ça s'est passé dans le livre ? a demandé Hermione, avec une curiosité non masquée.

–J'attends de voir la réponse de Griphook avant de vous raconter. S'il est d'accord pour intervenir, je suis sûre que vous trouverez l'histoire... divertissante. »

En tout cas, moi, m'imaginer les trois amis s'enfuyant à dos de dragon, et détruisant l'essentiel du bâtiment au passage, j'ai trouvé ça amusant... Mais on ne va peut-être pas mentionner ça au sein-même de Gringotts, les gobelins risqueraient de mal le prendre.

Nous avons continué à attendre pendant quelques minutes, puis Griphook est revenu avec deux autres Gobelins et... Bill Weasley. Celui-ci avait l'air amusé, mais il s'est installé sans dire un mot. Griphook a fait apparaître deux autres sièges à côté du sien, et a attendu qu'un des deux autres gobelins, un peu plus grand et plus richement vêtu, soit assis avant de faire de même.

« Je vous présente Ragnok, directeur de notre banque en Grande Bretagne, et dirigeant des Gobelins de Grande Bretagne.

–C'est l'équivalent de notre Reine, » a expliqué Bill.

Oh... Et bien... mes hommages votre Majesté ?

Nous l'avons salué respectueusement, et il a accepté nos salutations avec un geste léger. D'après les émotions que je percevais de Bill, c'était bon signe. Bon, pas de faux pas pour l'instant. Puis Griphook a présenté le deuxième gobelin :

« Et voici Strongteeth, directeur du Département de Contrôle des Artefacts de Magie Noire. »

Nouveaux saluts acceptés.

« J'ai cru comprendre que vous soupçonnez la présence d'un Horcruxe dans notre banque ? a demandé Strongteeth.

–Oui, monsieur, j'ai répondu. Nous avons de fortes raisons de penser que la Coupe de Hufflepuff, un artefact ayant appartenu à Helga Hufflepuff, se trouve actuellement dans le coffre de Bellatrix Lestrange, et qu'il a été transformé en Horcruxe par celui qui se fait appeler Lord Voldemort.

–Qu'est-ce qui vous fait penser ceci ?

–Je suis une voyageuse spatio-temporelle, et les informations que je possède me permettent de n'avoir presque aucun doute sur la présence de cet Horcruxe actuellement dans votre Banque.

–Presque aucun, a souligné Ragnok.

–Oui, monsieur. Je sais par expérience que même les éléments qui paraissent les plus certains parmi mes connaissances peuvent se révéler faux. C'est pourquoi nous vous présentons cette requête aujourd'hui : nous souhaitons vérifier si c'est vrai, et si c'est le cas, pouvoir trouver une solution qui permettrait de détruire l'Horcruxe sans détruire la Coupe.

–Souhaitez-vous récupérer cette Coupe ?

–Bien qu'elle appartienne légitimement à Harry, puisqu'il est descendant de Helga Hufflepuff, non. Nous souhaitons pour l'instant que la destruction des Horcruxes de Voldemort reste discrète, et laisser la Coupe dans le coffre de Bellatrix Lestrange nous permet d'acheter encore un peu de temps.

–Vous ne convoitez pas cet objet ?

–Non monsieur. Nous souhaitons simplement la destruction de l'Horcruxe, afin de pouvoir au final détruire Voldemort. »

Les trois gobelins m'ont étudiée, et j'ai fait de mon mieux pour rester impassible. Puis Ragnok a déclaré :

« Bien. Faites chercher cette Coupe pour analyse. »

Griphook a confié la mission à un gobelin, qui est revenu une vingtaine de minutes plus tard avec un beau gobelet d'or, incrusté de pierreries. Pour en avoir parlé avec Helga, je sais que l'intérieur est couvert de runes, et sert de médium pour la divination. Ce n'est pas une simple coupe à boire, ce qui en fait un objet d'autant plus précieux.

Mais quand il est entré dans la pièce, ce que j'ai immédiatement senti, c'est la présence maléfique de l'Horcruxe. J'ai grimacé en remontant mes boucliers mentaux. Harry l'a vu et a soupiré :

« Tu avais raison ? »

Je me suis contentée de hocher la tête en regardant le gobelin poser la coupe sur le bureau avant de disparaître. Ragnok m'a étudiée à nouveau :

« Que veut dire le Lord Potter ?

–Je suis une empathe, j'ai expliqué. Je sens la présence de l'Horcruxe. »

Les gobelins ont semblé dubitatifs, mais ils n'ont fait aucun commentaire, et Strongteeth a fait son analyse, avant de regarder son supérieur :

« C'est effectivement un Horcruxe.

–Voilà un don pour le moins étrangement utilisé, mais efficace, jeune magicienne... » a dit Ragnok.

Je me suis contentée d'accepter le compliment d'un signe de tête. S'il est formel, je peux l'être aussi...

Harry a demandé :

« Est-il possible de détruire l'Horcruxe sans détruire la Coupe ?

–Oui, jeune Lord, a répondu Strongteeth. Et de manière plus simple que pour les magiciens humains. Je sais que vous avez un rituel complexe pour cela, demandant un cadre temporel précis, et des conditions particulières, mais cela n'est pas aussi complexe pour nous. Si vous le souhaitez, nous pouvons le faire dès à présent. »

J'ai senti le soulagement chez les quatre autres mages, un soulagement identique au mien. Puis Hermione a demandé :

« Et... est-ce que votre procédure fonctionne aussi pour des contenants... vivants ?

–Un animal a été transformé en Horcruxe ? Voilà une décision risquée...

–Non, monsieur. Mais il se trouve que Voldemort a créé accidentellement un Horcruxe, dont il n'a certainement toujours pas conscience... en Harry. »

J'ai entendu l'exclamation de surprise de Bill, qui n'était toujours pas au courant. Strongteeth lui a lancé un regard, puis a étudié Harry avant de hocher la tête :

« Oui, cela fonctionne aussi pour les humains. C'est douloureux, sans doute plus que tout ce que vous avez pu connaître jusque là, puisqu'il s'agit de déloger un bout d'âme accroché à la vôtre, mais c'est possible. Il vous faudra toute votre volonté de vivre, par contre. »

Et là, je me suis rendue compte de la vraie trahison de Dumbledore. En coupant toute volonté de vivre chez Harry, il l'encourageait à se sacrifier sur l'autel du Plus Grand Bien, mais en plus à ne pas choisir de revenir, à la croisée des chemins, si croisée des chemins il y avait avec la mort. Pour Harry, ce sacrifice aurait été un aller-simple vers la mort.

Harry a du sentir ma colère, parce qu'il m'a pris la main et j'ai senti ses émotions rassurantes : il n'est plus sous l'emprise de Dumbledore, et il a envie de vivre. Je l'ai regardé un moment, puis j'ai souri en hochant la tête. Je lui fais confiance.

Harry s'est tourné vers les gobelins pour exposer la situation complète :

« Voldemort a créé de nombreux Horcruxes. Deux sont vivants : moi, et son serpent de compagnie, Nagini, que nous ne détruirons qu'au dernier moment, quand nous serons prêts à détruire Voldemort. Les autres sont des objets. Un a déjà été détruit, et tous les autres sont dans cette pièce. »

Hermione a sorti de son sac les boites de plomb. Ça peut sembler indélicat de la part des garçons de lui faire porter les trois boîtes, mais c'est la seule à disposer d'un sac enchanté pour ne peser toujours que deux kilos, quel que soit le poids réel du contenu. Elle les a alignées sur le bureau et les a ouvertes. Même avec mon bouclier mental à fond, j'ai senti l'influence des Horcruxes. Cinq Horcruxes présents dans une même pièce. Même les autres les ont senti. Les gobelins ont examiné le diadème, le médaillon et la bague, avant de refermer les couvercles, au soulagement général.

Ils ont échangé quelques paroles entre eux, puis Griphook s'est tourné vers nous :

« Nous acceptons de détruire ces Horcruxes selon les procédures gobelines et sans détruire les contenants. Cependant, cela demandera des frais...

–Prenez ce qu'il faut sur mon compte, a déclaré aussitôt Harry.

–Ce n'est pas donné...

–Et vous savez que je suis loin d'être pauvre. Il en va de ma vie. Même si ça doit prendre la moitié, les trois quarts de ma fortune, prenez ce qu'il faut. »

Griphook a souri :

« Nous apprécions le fait que vous accordiez plus de valeur à votre vie qu'à l'argent. Néanmoins, cela n'ira pas jusque là. Pour chacun de ces quatre objets, cela vous en coûtera deux mille Gallions. Pour vous cependant... Ôter un Horcruxe d'un contenant vivant est possible, comme vous l'a affirmé mon collègue, mais nettement plus risqué. C'est pourquoi le prix s'élève à dix mille Gallions. Cela vous fera un total de dix-huit mille Gallions.

–D'après les rapports que vous m'envoyez, cela ne couvre même pas les intérêts de mes placements boursiers. Je maintiens, faites-le. J'ai hâte d'être enfin débarrassé de ce bout de Voldemort. »

Griphook lui a fait signer un parchemin autorisant le paiement, et les gobelins nous ont fait quitter le bureau pour nous emmener dans une autre salle, beaucoup plus éloignée du hall d'accueil, sans doute en profondeur (j'ai perdu le compte avec les couloirs et les escaliers de partout...), toujours aussi haute de plafond mais sans aucun meuble ni équipement.

Strongteeth nous a demandé de déposer les objets dans la salle, puis a fait sortir tout le monde et a fermé la porte sur lui et Bill. Griphook nous a expliqué :

« William Weasley est notre meilleur employé humain pour tout ce qui concerne la détection, la protection et la destruction de magie offensive ou noire. Il a été autorisé à découvrir certaines des pratiques spécifiquement gobelines, mais nous ne pouvons pas vous autoriser à faire de même. »

C'est compréhensible. La magie gobeline est très différente de la magie humaine. Nous n'avons pas la même façon de percevoir et d'utiliser la magie. Ça recoupe ce qui a été dit à notre première rencontre avec Griphook : les gobelins sont des enfants de la terre, et les humains sont des enfants de l'ombre et de la lumière. Du coup, deux conceptions différentes de la magie.

C'est Draco qui nous a appris pour cette histoire d'ombre et de lumière. C'est important pour la pratique de la magie noire. Tous les humains portent ces deux éléments, en proportion différente d'humain en humain. C'est parce que nous en avons intuitivement conscience que nous avons tendance à diviser le monde en deux camps : le bien et le mal, les gentils et les méchants, le noir et le blanc... Draco est persuadé que lorsque Harry pourra percevoir l'élément magie, il pourra le combiner à l'ombre et la lumière et voir la part de chaque élément chez chaque personne.

En attendant, on laisse faire les gobelins sans chercher à percer leurs secrets. Il a fallu une demi-heure, sans qu'on ait aucun signe de ce qui se passe à l'intérieur de la salle, avant que Bill et Strongteeth ne ressortent, visiblement marqués, mais satisfaits. Ils nous ont tendu les objets, qui résonnent à présent d'une jolie aura pleine de magie et de puissance, mais sans aucune ombre négative. Hermione les a rempochés avec un sourire.

« On en fait quoi ? j'ai demandé.

–Le diadème de Ravenclaw, la coupe de Hufflepuff et le médaillon de Slytherin sont des artefacts des Fondateurs de Hogwarts, a répondu Griphook, c'est à Lord Potter, en tant qu'héritier, de décider.

–On va reposer la coupe de Hufflepuff dans le coffre de Lestrange, a répondu Harry, histoire de ne pas éveiller l'attention de Voldemort. Mais les autres vont dans mon coffre.

–Bien, ce sera fait. La bague des Gaunt est un héritage de la famille Gaunt, elle doit retourner à son dernier héritier. »

Nous avons hésité, cette fois. Si les gobelins rendent la bague à Voldemort, il saura que nous sommes sur la trace de ses Horcruxes. J'ai demandé à l'examiner : dans les livres, c'est une des Reliques de la Mort, alors peut-être que...

Mais la pierre noire de la bague est certes joliment taillée, mais surtout parfaitement lisse. Pas de symbole des Reliques. Je ne sais pas quoi en penser.

« Qu'est-ce que tu espérais y trouver ? m'a demandé Harry en sentant ma déception.

–Curieusement, j'aurais aimé pour une fois des complications, ça t'aurait peut-être permis de récupérer légalement cette bague... »

Ils m'ont tous regardée avec ahurissement, mais je ne leur ai pas donné d'explications. À la place, j'ai demandé :

« Est-ce que les Gaunt ont un coffre ici ?

–Bien sûr, comme toutes les vieilles familles, a répondu immédiatement Ragnok.

–Est-ce qu'il serait dans ce cas possible de reposer cette bague dans leur coffre, plutôt que de la remettre en main propre à Tom Riddle ? La bague sera toujours en sa possession, mais il ne saura pas qu'elle a été déplacée. »

Les gobelins ont conversé rapidement, et Ragnok a accepté :

« Ce sera fait.

–Merci. »

Le soulagement était évident. Le sourire de Strongteeth s'est fait carnassier :

« À vous, jeune Lord ? »

J'ai senti Harry hésiter, puis hocher la tête et suivre Bill et Strongteeth dans la salle. La porte s'est refermée sur eux, et nous nous sommes décidés à attendre à nouveau. Histoire de faire passer ma tension (ils vont jouer avec la vie de Harry, quand même... Et ce n'est pas parce que je ne sais pas dire « je t'aime » que je ne tiens pas à lui), j'ai demandé à Griphook et Ragnok :

« Comment ça se fait qu'on ne sente rien de ce qui se passe à l'intérieur ? Je ne perçois plus du tout Harry, c'est déroutant.

–La salle est blindée pour empêcher toute forme de magie de sortir. Votre empathie est une forme de magie, » m'a expliqué presque gentiment Ragnok.

Le silence est retombé. Et je n'ai pas su comment l'occuper. Ni Hermione, ni Neville, ni Draco. Et bien sûr, inutile de compter sur Snape.

Nous avons attendu trois heures. Trois heures pour un seul Horcruxe quand il en a fallu une demi-heure pour en détruire quatre autres... Puis Bill et Strongteeth sont sortis de la salle. Seuls.

Je crois que je n'ai jamais autant remercié mon empathie de ma vie. Alors que tous les autres s'avançaient, très inquiets (voire proches de la panique pour certains, mais je ne dénoncerai pas... *tousse* Hermione *tousse*), j'ai senti la satisfaction des deux briseurs de sorts, et j'ai su que ça s'était bien passé. Bill m'a d'ailleurs fait un clin d'œil avant de dire :

« L'Horcruxe est parti. Il s'est bien débattu. Toute la volonté de Harry a été nécessaire.

–Il va comment ? j'ai demandé.

–Fatigué, a répondu Bill. Vas-y. »

Je ne me le suis pas fait dire deux fois, et je me suis précipitée dans la salle. Elle était à présent équipée d'un lit de camp, au centre de la pièce, sur lequel était assis Harry, visiblement épuisé. Il a levé la tête en me voyant entrer et m'a fait un petit sourire :

« Et voilà... Le cachot est vide. »

J'ai rendu son sourire, avant de m'asseoir à côté de lui et le serrer contre moi.

« Tu te sens comment ?

–Lessivé. Quand ma personnalité s'est battue avec l'Horcruxe, il a failli gagner. Ils m'avaient prévenu que la procédure présentait le risque que l'Horcruxe l'emporte finalement, et que ce soit moi qui devienne une sorte de parasite sur l'âme de Voldemort dans mon propre corps.

–Et qu'est-ce qu'il se serait passé, dans ce cas ? » j'ai demandé en fronçant les sourcils.

Il a hésité, puis a haussé les épaules :

« Ils auraient du me tuer. »

Et ce crétin me dit ça, presque tranquillement... Quand je te dis que parfois, j'ai envie de le tuer ! Il s'est rendu compte que je n'appréciais pas le ton de sa réponse, car il m'a fait un petit sourire avant de dire :

« Je m'en suis sorti, love, inutile de penser à ce qui aurait pu se passer de pire. »

(Je me vois mal traduire love en mon amour, même si ce serait exact. Je trouve mon amour beaucoup plus niais que love, qui est pour moi juste un mot affectueux comme chérie, mais en un peu plus fort... Question de perception, hein ?)

J'ai soupiré, en reconnaissant qu'il avait sans doute raison. Je me suis serrée un peu plus contre lui et il m'a rendu l'étreinte. Nous sommes restés un moment en silence, puis j'ai demandé :

« Ça va aller ?

–Oui, a souri Harry. Je ne sens pas vraiment de différence. Une magie plus fluide, peut-être. Cet Horcruxe devait vraiment s'en nourrir pour survivre. Mais côté personnalité, tout va bien. J'ai même l'impression que c'est plus facile d'être de bonne humeur. »

Je l'ai observé avec toute mon empathie, et je me suis rendue compte qu'il ne mentait pas : tout va bien : son aura est claire, lumineuse, heureuse. Il est fatigué, mais a un bon moral. Il a haussé un sourcil amusé en comprenant ce que j'étais en train de faire.

« Satisfaite ? »

J'ai souri en répondant par l'affirmative. Il m'a attirée sur ses genoux.

« Bien, » a-t-il murmuré avant de m'embrasser longuement.

Je me suis laissée faire. Je suis toujours une guimauve quand il m'embrasse, ça ne va pas changer maintenant... Quand je me suis écartée, par contre, j'ai affiché un sourire moqueur. Je ne perds plus tous mes neurones, à présent, quand il m'embrasse... Peut-être qu'un jour j'arrêterai d'être une guimauve... (on peut espérer) :

« Tu te sens donc assez en forme pour rejoindre les autres dehors ? »

Il a eu un petit rire, et nous nous sommes levés. Il a fait le fier, histoire de, mais c'était évident à sa démarche et à sa façon de tenir debout qu'il ne tiendrait pas longtemps. Du coup, je lui ai offert mon bras, pour qu'il puisse assurer son équilibre sans avoir l'air de s'appuyer sur moi. J'ai senti sa reconnaissance, et nous sommes sortis de la salle, bras dessus, bras dessous. Hermione lui aurait littéralement sauté dessus si Neville ne l'avait pas retenue. Elle s'est donc contentée de le harceler de questions. Harry l'a ignorée et a simplement affirmé :

« Je vais bien, ça s'est bien passé. »

J'ai vu les garçons échanger un regard, dubitatifs, et Snape et Draco ont eu exactement le même geste : plonger la main dans leur poche pour en sortir une Potion Pepper-Up et la tendre à Harry. Avec une coordination qui aurait laissé rêveur si ça avait été volontaire... Ça aura au moins eu le mérite de nous faire rire et de nous détendre. Harry a pris la potion de Draco et l'a avalée sans protester.

Nous avons découvert que Snape rendait volontairement ses potions écœurantes ou dégoûtantes afin de décourager les étudiants à en abuser et à se reposer sur les potions de Pomfrey pour aller mieux dès qu'ils ont le moindre nez qui coule ou n'ont pas su gérer leur temps de sommeil. Draco n' « aromatise » pas ses potions, et elles sont donc plus agréables à boire. Apparemment, la plupart des Guérisseurs, dont St Mungo, ont la même politique que Snape, et les livres de potions disponibles couramment enseignent ces recettes, donc beaucoup de patients ne se rendent jamais compte que ce n'est pas le goût normal de la potion. Nous, maintenant, si, et on ne puise pratiquement plus que dans le stock que Draco est en train de construire dans notre laboratoire privé (avec notre aide plus ou moins contrainte et forcée, tous les lundis...).

Harry a ensuite fait un point rapide sur ses affaires avec Griphook, pendant que nous l'attendions dans une antichambre, et nous sommes rentrés à Hogwarts, où Snape nous a assurés qu'il informerait McGonagall du succès de la mission. Ce qui nous a permis de nous rendre directement dans la Suite des Fondateurs.

Dans la suite, tout le monde nous attendait. Quand je dis tout le monde, c'est tout le monde. Ne manquaient plus que les Granger, Narcissa et Cassi pour que tous nos proches soient au complet. Ils étaient visiblement impatients du résultat. Harry s'est laissé tomber dans le canapé, m'entraînant de force avec lui. Il est câlin, depuis sa sortie de la salle à Gringotts, hier. Les autres mages se sont installés à côté de nous, expressions soigneusement neutres. Nous n'avons rien dit pendant un moment. Puis Sirius s'est impatienté :

« Alors ? Ça n'a pas marché, c'est ça ? »

Harry a relevé la tête, et a affiché un grand sourire :

« Cinq Horcruxes sur sept. Complètement... détruits. »

Il y a eu un silence, le temps que tout le monde enregistre ce qu'il venait de dire, puis la salle a éclaté en cris de joie et de victoire. Sirius s'est approché de son filleul, toujours inquiet :

« Même... Même toi ?

–Même moi. Je suis moi. Pas de Dumbledore, pas de Voldemort. Juste moi. »

En entendant ça, j'ai compris pourquoi il est de si bonne humeur. C'est la première fois depuis la nuit où il a perdu ses parents qu'il est vierge de toute influence. Plus d'Horcruxe, plus de compulsions, plus rien. Comme il dit, il est juste lui. J'ai du mal à comprendre l'intensité de ce que ça peut représenter pour lui, mais je comprends que ce n'est que du positif. D'ailleurs, depuis hier, il est d'excellente humeur, comme je l'ai rarement vu, et jamais aussi longtemps.

Nous avons passé tous ensemble une excellente soirée, détendue. Nous sommes en vacances, on ne doit pas se lever le lendemain matin, et nous venons de remporter une victoire décisive contre Voldemort. À présent, ne le retiennent à la vie que son serpent et son propre corps. Il n'a jamais paru aussi mortel. Et ça donne de l'espoir à tout le monde.

Cette nuit... Cette nuit, on l'a fait, Harry et moi. Notre première fois. C'était comme il l'avait dit : une étape supplémentaire naturelle. Ça a semblé tellement... normal... que ce n'est qu'après que j'ai réalisé que j'avais dit oui. Ça l'a fait rire, d'ailleurs. D'après lui, mon visage a complètement changé quand j'ai réalisé : du bien-être (Harry est largement à la hauteur de sa réputation) à la stupéfaction à l'effarement.

Mais en même temps... C'était évident que ça allait arriver un jour. Depuis trois semaines, Harry a trouvé un truc tout bête pour me mettre en confiance : le noir. Moi qui ne supporte pas de ne rien voir, ben en fait, c'est ce qui m'a aidée à avancer et prendre de l'assurance. Bon, ça n'a jamais été du noir absolu (il sait que j'en ai la phobie), mais il s'est arrangé pour que ce soit suffisamment sombre pour que je ne le vois pas. Ce n'est pas mon corps qui me posait problème, c'était de voir le sien. Enfin, plus précisément, de voir son sexe. Donc voilà, depuis trois semaines, les rideaux sont tirés quand je passe la nuit dans sa chambre, et ça a plutôt bien marché.

Jusqu'à cette nuit, où apparemment, je me suis sentie tellement en confiance que voilà... Harry a déclaré que la prochaine étape, ce serait de réintroduire la lumière. Il veut me voir. Et c'est vrai que j'aimerais le voir aussi, son visage, son torse... Il est bien foutu, le garçon, et c'est dommage que seules mes mains en profitent... Il dit qu'on prendra notre temps pour ça, comme on l'a fait pour coucher ensemble.

Trois mois. Presque jour pour jour entre la fois où je me suis enfuie de sa chambre et cette nuit. Trois mois pendant lesquels il a travaillé pour que j'ai vraiment confiance en lui, que j'accepte qu'il me touche, que je le touche... Mais sans jamais me mettre la pression. Il a toujours pris l'initiative, c'est évident. C'est lui qui franchit à chaque fois l'étape supplémentaire. Mais ça ne m'a jamais paru forcé, je n'ai jamais eu le sentiment de dire oui pour lui faire plaisir. Enfin... Si, aussi, la notion de plaisir a été essentielle, mais ce n'était pas juste pour lui faire plaisir, avec l'idée que si je ne le faisais pas, il finirait par être frustré et s'en aller.

Il a réussi à faire en sorte que je pense d'abord à mon plaisir, ma confiance, en moi autant qu'en lui. Il m'a montré que même si c'est lui qui prend l'initiative, c'est moi qui décide ce qu'on fait de mon corps. Ça paraît idiot et évident, dit comme ça, mais c'est ce qui a été le plus dur : comprendre que ce n'est pas parce qu'on me regarde, qu'on me touche, y compris de manière intime, que je suis dépossédée de mon corps.

Enfin, ça commence à être compris, et cette nuit a été très agréable. Pour tous les deux. Je le vois dans son aura. Une forme de satisfaction, de complétude. Le désir que je sens aussi depuis le début de notre relation, qui a pris une nouvelle dimension, plus... complète. Ce n'est plus seulement physique, mais également émotionnel. C'est... étrangement chaleureux et sécurisant.

Sans compter la magie. Je n'aurais jamais cru qu'elle ait une place aussi importante dans un acte qui en est a priori dépourvu. Enfin, dépourvu de la magie telle que je la connais depuis novembre, pas de celle que les non-magiciens reconnaissent, celle des émotions et de l'instant. La vraie magie est également présente. Elle a toujours été là, depuis le début de notre relation. Je sens la magie de Harry caresser la mienne aussi bien que je sens ses émotions ou ses mains. Et ça rend les choses encore plus intimes et... précieuses, je trouve. Est-ce que c'est toujours le cas, la magie des deux partenaires cherchant à entrer en contact avec celle de l'autre ? Ou est-ce qu'il faut que les partenaires aient un certain degré d'intimité émotionnelle ? Je n'en sais absolument rien. En tout cas, ça joue beaucoup dans le fait que non, je ne parviendrai sans doute jamais à considérer l'acte sexuel comme quelque chose dépourvu de sentiments.

Ce matin, il a prolongé le moment en apportant le petit déjeuner au lit. Je suis choyée comme une princesse... Et c'est très agréable !

Quand nous avons rejoint les autres, dans la partie commune de la Suite, j'ai vu que beaucoup de monde est resté sur place pour dormir. Tous les Slytherins et les Hufflepuffs présents hier soir, notamment. Je suppose qu'ils n'avaient pas envie de redescendre dans les sous-sols après le couvre-feu. Je les comprends. Remus et Sirius avaient disparu, mais Bill et Fleur étaient là, dans l'espace cuisine, en train de préparer le petit déjeuner pour tout ce petit monde qui se réveillait doucement. Draco et Hermione étaient en train de discuter avec eux, installés devant le comptoir.

Quand nous sommes entrés, ils nous ont observés, tous les deux, puis Hermione a eu le geste le plus étrange que je lui ai jamais vu : elle a sorti de la monnaie de sa poche pour la donner à Draco, qui affichait un grand sourire.

« Vous avez parié sur nous ? j'ai demandé en fronçant les sourcils.

–Oui, a répondu Draco sans gêne aucune. Encore deux jours et je perdais. J'avais dis que vous coucheriez ensemble avant fin mars. Hermione n'était pas d'accord, elle disait que tu aurais besoin de plus de temps. L'expérience l'emporte sur l'intuition ! » a-t-il ajouté en direction de Hermione, visiblement très satisfait.

J'ai rejoint Bill et Fleur dans la partie cuisine, pour les aider à préparer le petit déjeuner. En même temps, ça m'a laissé le temps de récupérer de ma surprise, et je leur ai demandé :

« Et comment vous pouvez être aussi certains qu'on a couché ensemble ?

–Vous irradiez, tous les deux, a répondu Hermione avec un haussement d'épaule. On dirait que vous avez avalé le soleil.

–Je croyais que vous aviez commencé aux fêtes de Noël... est intervenu Bill, surpris.

–Non, j'ai répondu. On n'a jamais dit qu'on avait couché ensemble ou pas. On a simplement donné des réponses suffisamment vagues pour que vous croyez ce que vous vouliez bien croire.

–Manon avait de bonnes raisons de dire non, à l'époque, a ajouté Harry. De vous laisser croire qu'on avait déjà une vie sexuelle lui permettait d'avoir la paix, surtout ici. Tout le monde lui aurait mis la pression s'ils pensaient que ce n'était pas le cas, surtout à cause de mon passé.

–Et comment tu as pu estimer qu'on franchirait le cap avant fin mars ? j'ai demandé à Draco.

–Ton attitude, il m'a répondu avec un grand sourire. Tu deviens de plus en plus confiante avec ton corps, et ça se voit. Tu es passée de jolie fille à carrément canon quand tu as commencé à sortir avec Harry, et maintenant, on peut te qualifier de franchement sexy. »

J'ai froncé les sourcils : on ne m'a jamais qualifiée de sexy. À vrai dire, j'ai toujours été à l'opposé même de la notion de sexy : pas franchement belle, maladroite dans mon corps et dans mes relations avec les gens... Et maintenant, voilà qu'un garçon qui est sans doute le fantasme de quatre-vingt-dix-neuf pour cent des filles de l'école me dit en toute sincérité et sans aucun intérêt personnel que je suis sexy... J'ai quand même de quoi douter. Il s'en est rendu compte et il a ri :

« Tout est une question d'attitude. Tu as pris confiance en toi et en ton apparence. Ça se voit. Tu es plus féminine dans ta façon de t'habiller, de bouger... Et tu laisses Harry te toucher comme peu de filles ici laissent leurs petits amis les toucher. C'était évident que tu serais rapidement prête. »

J'ai ouvert de grands yeux : si je devais le croire, je me comporte exactement comme les filles dont j'ai toujours jalousé leur confiance en elles... J'ai lancé un regard à Harry qui a hoché la tête avec un sourire :

« Il a raison. C'est comme ça que je savais si je pouvais aller plus loin ou non. »

Je les ai regardés tous les deux, puis j'ai secoué la tête, toujours un peu incrédule : ce sont des amis, Harry est même mon petit ami et on vient de passer notre première nuit ensemble. Forcément que leur jugement est plus gentil que celui de parfaits inconnus... Enfin... C'est toujours flatteur, surtout qu'ils sont tout à fait sincères, et on va accepter ces compliments qui font du bien au moral. Je suis donc sexy, héhé...

Je me suis reprise et j'ai affiché un sourire moqueur :

« Est-ce que Harry et moi devons nous inquiéter du fait que tu m'observes autant ? j'ai demandé à Draco, qui a haussé les épaules :

–Non. Je regarde toutes les filles comme ça. Surtout celles avec lesquelles je m'entends bien.

–Donc Hermione aussi ?

–Bien sûr. »

Hermione a froncé les sourcils en rougissant, un exploit, si tu veux mon avis. Draco lui a adressé sa moue narquoise avant de continuer :

« Hermione a besoin d'un garçon qui la valorise autant sur le plan intellectuel que sur le plan physique. Elle a besoin d'un garçon qui respecte son intelligence, mais qui ne la fasse pas se sentir comme un simple rat de bibliothèque, qui lui permette de se sentir belle aussi. Et surtout, elle a besoin d'un garçon qui n'hésitera pas à lui dire s'il n'est pas d'accord, dans leur couple ou sur des idées qu'ils pourraient échanger. C'est pour ça que ça n'a pas marché avec Krum, n'est-ce pas ? »

Hermione l'a regardé, bouche bée, puis s'est tournée vers Harry :

« Tu vois ça toi aussi, quand tu me regardes ?

–C'est le type de mec que j'imagine pouvoir te convenir, oui. Me regarde pas comme ça ! Tu es ma sœur ! Forcément que quand tu commences à avoir une vie sentimentale, je me demande si ceux qui t'approchent te méritent ou pas ! Et Krum ne te méritait pas. J'aime beaucoup le garçon, mais il avait la force de caractère d'un Flobberworm [Veracrasse, en français ? Bon sang, ça devient de plus en plus lointain, tout ça...], face à toi. »

Nous avons éclaté de rire, même Hermione.

« J'ai rarement vu un couple aussi peu fait l'un pour l'autre, a ajouté Fleur. C'était évident que Viktor ressentait quelque chose pour toi, mais que vous n'étiez pas fait pour aller ensemble.

–Les Vélanes ont vraiment un instinct, quand il s'agit des couples ? j'ai demandé.

–Oui, a répondu Fleur. C'est un peu comme ton empathie : tu perçois les émotions des gens, moi je perçois les sentiments qui les unissent à d'autres personnes. Ça va bien au delà de l'amour : l'amitié, la fraternité, la jalousie, la haine... Je sais que quand Harry dit que Hermione est sa sœur, c'est vraiment comme ça qu'il la perçoit. »

J'ai hoché la tête : c'est aussi ce que je perçois avec mon empathie. Je n'ai jamais pu être jalouse de leur proximité, grâce à ça. Même quand ils sont l'un contre l'autre dans un fauteuil ou un canapé, je sais qu'il n'y a rien d'autre que des sentiments fraternels entre eux. Fleur a continué :

« Je perçois aussi les relations qui pourraient être, ceux qui sont compatibles, même sans qu'eux-mêmes ne le sachent. J'ai su à notre première rencontre qu'il y avait une alchimie, entre Harry et toi, et que rien que pour ça, on pouvait te faire confiance.

–J'aurais pu ne jamais m'en rendre compte, me disputer avec lui et le trahir... » j'ai dit lentement en fronçant les sourcils, stupéfaite d'une telle confiance.

Fleur a secoué la tête avec un sourire :

« Pas avec le lien que vous aviez déjà. Oh, vous pouvez vous disputer, c'est certain... Mais vous trahir l'un l'autre ? Non. »

J'ai senti l'affection de Harry à côté de moi et sans même le regarder, je savais qu'il partageait l'opinion de Fleur. Et moi aussi. Je ne sais pas ce qui fait qu'il est aussi amoureux de moi et si sûr de ses sentiments. Je ne sais pas ce qu'il peut bien me trouver. Mais je sais ce que moi, je lui trouve, ce qu'il m'apporte. Je sais qu'il m'aime. Et je ne vois pas dans quelles circonstances je pourrais trahir ça. Il a réussi à me donner une confiance en moi que je n'avais jamais atteinte jusque là.

Draco n'a pas tort : je me sens plus féminine que jamais. Il aura fallu que j'ai quinze ans à nouveau pour que je me sente devenir femme. Ce voyage dans le temps, sur le plan personnel, ressemble de plus en plus à une deuxième chance de devenir une adulte équilibrée. Pourquoi est-ce que je rejetterais tout ça et trahirais Harry ? C'est complètement idiot...

Mais l'idée que Fleur puisse ressentir les relations possibles et pas uniquement celles qui sont, même de façon inconscientes, éveille ma curiosité. Et avec la façon dont Hermione la regarde avec curiosité, je ne suis pas la seule.

Alors, une fois le petit déjeuner installé à la disposition de tout le monde, nous nous sommes installées toutes les trois sur un canapé pour en parler davantage. J'ai vu l'amusement de Bill, Harry et Draco, mais ils n'ont fait aucun commentaire, et Draco et Harry se sont contentés de se moquer gentiment de Blaise et Theo, qui ont dormi sur le canapé dans une position qui ne laisse absolument aucun doute sur leur relation.

Fleur nous a expliqué que c'est un pouvoir propre aux Vélanes, et que toutes les Vélanes possèdent. Les Vélanes ne sont pas des créatures à proprement parler, même si le Ministère de la Magie britannique les considère comme telles. C'est plus une forme de pouvoir spécifique, qui court dans certaines familles magiques. On peut être Vélane, comme on peut être mage, ou empathe.

« Pourtant, vous pouvez vous transformer en... créatures... a dit Hermione.

–En harpies, a souri Fleur, absolument pas gênée. Très peu de Vélanes le peuvent, en fait. Et ce n'est pas une question de puissance, mais d'ascendance. Généralement, les Vélanes n'épousent pas une autre Vélane.

–Il y a des hommes Vélanes ? j'ai demandé.

–Oui, bien sûr. Si j'ai des garçons, ils seront Vélanes eux aussi, pas seulement mes filles. Les Vélanes qui peuvent se transformer en harpies sont celles qui ont deux parents Vélanes. C'est très rare.

–Pourtant, il y en avait une bonne vingtaine à la Coupe du Monde de Quidditch.

–La famille Brevnovina, » a répondu Fleur en hochant la tête.

Nous l'avons regardée avec des yeux ronds, et elle a eu un petit rire :

« Oui, toutes ces jeunes femmes que vous avez pu voir sont sœurs.

–Mais... Elles semblaient avoir toutes le même âge...

–Oui. Les Brevnov sont une lignée de Vélanes qui ont pour particularité de ne choisir que des compagnes ou compagnons Vélanes. Ce sont des Vélanes sang-pur, si cette notion peut faire sens. Et... ça leur a permis de développer à l'extrême certaines caractéristiques propres aux Vélanes : une jeunesse prolongée, notamment. Toutes les Vélanes vieillissent lentement. Nous n'avons pas forcément une plus longue espérance de vie que les sorciers, mais les signes de l'âge apparaissent beaucoup plus tard. Chez les Brevnov, leur espérance de vie, à force de n'amener que du sang Vélane, a été prolongée. Il y a cinquante ans d'écart entre la plus âgée et la plus jeune des sœurs. Les Brevnovina, comme on les appelle, sont connues parmi toutes les Vélanes pour ça.

–Comment... j'ai commencé avant de me reprendre : je croyais que les Vélanes ne pouvaient engager de relation qu'avec un compagnon unique, une âme-sœur, qu'elles ne choisissent pas.

–C'est ce que les romans à l'eau de rose veulent faire croire, oui, a répondu Fleur. Mais nous choisissons notre compagnon. J'ai volontairement choisi William.

–Donc les Brevnov peuvent très bien décider de ne s'associer qu'avec des Vélanes sans que ça aille à l'encontre de leur nature ?

–Oui et non. Ils peuvent parfaitement choisir leur compagne ou compagnon, comme toutes les Vélanes, mais notre nature nous pousse à choisir le compagnon le plus compatible. Nous voyons le potentiel des relations, et c'est aussi valable pour nous. Les Brevnov vont parfois à l'encontre de ceci, et se contentent de partenaires moins compatibles personnellement parce qu'ils ou elles sont Vélanes. C'est triste pour eux, mais c'est leur choix.

–Ça n'a pas de conséquence sur leur magie, leur vie ?

–Non, aucune. Nous avons vraiment notre libre arbitre. C'est juste triste d'avoir le pouvoir de percevoir le potentiel d'une relation et de se contenter d'une mauvaise association pour une histoire d'héritage magique. C'est comme ces sangs-purs qui préfèrent les mariages d'intérêt aux mariages d'amour. »

Ça avait vraiment l'air de la peiner. Je la comprends, d'une certaine mesure. C'est comme se contenter d'un mensonge. C'est comme si je savais que Harry ne m'aimait pas vraiment et que je resterais quand même avec lui, parce qu'il est Lord Potter...

« Je suis empathe et je peux déjà percevoir les relations existantes, j'ai fini par dire. Est-ce que j'ai moyen d'apprendre à percevoir le potentiel d'une relation ?

–Je ne sais pas, a répondu Fleur en fronçant les sourcils, pensive. Je n'ai jamais réfléchi au fonctionnement de mon pouvoir. Il apparaît généralement au début de la puberté, et ensuite, il... fonctionne, voilà tout. Est-ce que tu parviendrais à expliquer le fonctionnement de ton empathie ? »

J'ai réfléchi un moment, et j'ai secoué la tête :

« Non. Je parviendrais peut-être à expliquer le résultat, comment je perçois les émotions, et encore, mais pas comment je peux réussir à les percevoir dans un premier temps. Je les perçois. C'est tellement naturel que je dois au contraire m'en protéger avec l'Occlumancie. Hermione serait plus apte à l'expliquer parce que pour elle, ouvrir son empathie est un acte conscient. »

Hermione a hoché la tête. C'est pareil pour elle avec le mentalisme. Depuis qu'elle a ses pleins pouvoirs, elle a en permanence un bouclier d'Occlumancie, non pas pour protéger ses propres pensées, mais pour ne pas percevoir celles des autres. Je serais meilleure qu'elle à expliquer le processus de Légilimancie, puisque je dois vraiment aller chercher les pensées des autres.

« La directrice adjointe McGonagall demande à voir Messieurs Potter, Longbottom, Malfoy et Mesdemoiselles Granger et Nestral, » a fait soudain une voix.

Je me suis tournée vers Harry, qui a regardé en direction d'un tableau accroché à côté de l'entrée, affichant le griffon qui est normalement dans le tableau à l'entrée de la suite, avec les autres animaux représentant les quatre Fondateurs, puis a regardé dans la salle. Tout le monde était debout et installé autour de la table en train de déjeuner ou de discuter.

« Fais la entrer, » a-t-il finalement dit au tableau.

Le griffon s'est incliné sur ses pattes avant et a disparu, sans doute pour rejoindre son tableau d'origine et autoriser l'entrée. Harry a du voir la surprise de tout le monde, puisqu'il a souri :

« Dès que quelqu'un demande à entrer dans la suite, avec le mot de passe ou non, un des animaux vient me l'annoncer. Quand vous avez le mot de passe, c'est à titre informatif, ce qui est pratique quand je suis dans les étages, ou ça peut être comme là parce que quelqu'un demande vraiment si je peux le recevoir ou non. C'est souvent l'animal de votre maison, d'ailleurs.

–Pas tout le temps ? j'ai demandé.

–Non. Je ne sais pas pourquoi, ils ont décidé que pour toi, par exemple, ce serait le serpent de Slytherin qui viendrait à chaque fois. »

J'ai ouvert de grands yeux. Hogwarts est donc au courant. Forcément. Le Choixpeau est en lien avec le château. Les Slytherins autour de la table ont ricané :

« La plus Slytherin de tous les Gryffindors... a dit Draco avec un grand sourire. À se demander parfois pourquoi tu n'es pas chez nous...

–Ça, il faudrait le demander au Choixpeau. Je suppose qu'il sait ce qu'il fait, j'ai répondu avec un sourire, avant de me tourner vers la porte de la Suite : Professeur McGonagall ! Bonjour ! Vous vous joignez à nous ?

–C'est gentil, Miss Nestral, mais non merci. Je vois où sont donc passés les étudiants manquants au petit déjeuner ce matin... »

La plupart ont affiché des mines gênées, mais certains (surtout des Gryffindors et des Slytherins) se sont redressés fièrement. Ils sont ici parce que nous les avons acceptés, et ils sont fiers d'être dans ce groupe. McGonagall le comprend bien, de toute façon, et n'est même pas en colère. Elle s'est contentée de continuer :

« Je souhaitais vous voir, tous les cinq, pour vous annoncer qu'un instructeur sera envoyé par le Ministère cet après-midi dès quatorze heures, et reviendra tous les jours jusqu'à la fin des vacances à la même heure, sauf dimanche, jusqu'à ce que vous maîtrisiez convenablement le transplanage.

–Vous allez apprendre à transplaner ? s'est exclamé Blaise, avec une pointe de jalousie.

–Oui, j'ai répondu fermement. Nous sommes mages, nous avons la maîtrise suffisante de notre pouvoir pour cela. Et avec ce qui nous tombe dessus, ça peut nous être utile de pouvoir nous déplacer sans l'aide d'un adulte à chaque fois. »

Blaise a fait la grimace en comprenant qu'il s'agissait plus ou moins d'une remontrance. Je l'aime bien, Zabini. Il n'a pas l'air d'un Slytherin, et je crois que ça le rend encore plus digne d'être dans cette maison. Il est... exubérant, joyeux, démonstratif... Bref, tout le contraire des froids et maîtrisés enfants de bonne famille habituellement répartis à Slytherin.

Mais il cache très bien son jeu, l'Italien. Il ne montre que ce qu'il veut montrer. Il paraît fou-fou, mais il est très observateur. Ce serait juste le gai luron qu'il paraît être, il n'aurait jamais pu être le meilleur ami de Draco, il ne faut pas se leurrer. Mais en même temps, je comprends son attitude... Quand je vois les têtes fermées à la table des Slytherins, pendant les repas, je n'ai qu'une envie, c'est d'aller les voir et de les secouer un peu. Ce sont des adolescents, que diable ! Qu'ils s'éclatent un peu !

En tout cas, Blaise fait un contraste saisissant avec Theo. Le grand Italien à l'allure de statue romaine, aux cheveux et yeux noirs et la peau naturellement mate, enthousiaste à l'extrême, et le blond, plus petit, presque chétif, beaucoup plus discret. Theo est un garçon à qui tu donnes sans problème un ou deux ans de moins. Et également le bon dieu sans confession, avec son visage aux grands yeux bleus et à l'air rêveur. Les filles l'adorent. Et les garçons Slytherins le protègent comme un trésor.

Ils sont très solidaires entre eux, ils n'ont pas vraiment le choix : les trois autres maisons ont du mal à les accepter. Alors même s'ils ont un comportement très politisé, et pas forcément dans ses aspects les plus agréables, il n'en reste pas moins qu'ils forment une sorte de grande famille, et il est interdit de faire du mal à l'un d'eux, sous peine de se retrouver avec toute la maison sur le dos. Ils se font du mal entre eux, mais n'autorisent pas les autres à faire de même.

Et apparemment, ils ont décidé que Theo est trop... fragile ? pour être une menace, et c'est le protégé des cinquièmes années et plus. Je sais qu'au moins Blaise, Draco et Daphne ont compris qu'il a l'esprit assez retors pour se protéger tout seul, mais est-ce que les autres savent qu'il n'a pas été réparti à Slytherin que parce que c'est l'héritier d'une noble famille au sang-pur ? Aucune idée.

Finalement, tous les deux, Blaise et Theo, vont bien ensemble. Chacun à leur manière, ils ont réussi à faire croire aux autres Slytherins qu'ils ne sont pas une menace, l'un par son attitude trop ouverte, l'autre par sa timidité. Personne n'ira s'imaginer que l'un ou l'autre puisse attaquer qui que ce soit. Ils ont peur de Draco, qui n'a jamais caché son arrogance et ses manières doucereusement dangereuses, mais ils chouchoutent Blaise et Theo. La dernière trouvaille ? Daphne est officiellement en couple avec Theo, tandis que Tracy est avec Blaise. Ça leur donne des excuses pour s'isoler dans le château sans éveiller les soupçons.

Cessons la digression et revenons au déroulement de la journée. McGonagall est rapidement sortie de la Suite, nous laissant terminer notre petit-déjeuner. La plupart des étudiants présents font partie du cours de sport de Remus, et c'est ce qui a donné le signal de départ pour tout le monde. J'ai ressenti une petite pointe de tristesse en voyant la salle se vider. Ça fait du bien d'être entre amis, détendus, juste à discuter de choses et d'autres. Mais on refera sans doute ça...

Cet après-midi, nous avons donc eu tous les cinq notre première leçon sur le transplanage. Ce n'est pas compliqué, en fait. C'est principalement une question de volonté. D'ailleurs, l'instructeur a fait comme dans les livres (le sixième, je crois ?) : le slogan Destination, Détermination, Décision. Il faut visualiser l'endroit où on veut être et s'y déplacer... Théoriquement, c'est simplement ça. Et maintenant, faut répéter, encore et encore, jusqu'à ce que la théorie devienne de la pratique. Draco, Hermione, Neville et moi n'avons pas bougé, mais Harry est parvenu à se transporter dans son cerceau devant lui, même si apparemment, c'est épuisant. Il y a donc bien une notion de pouvoir derrière cette théorie simplissime. J'espère que je verrai des résultats de mon côté avant la fin des vacances... En attendant, on recommence demain à la même heure.

Voilà pour les deux derniers jours ! Il s'en est passé des choses, hein ? Ces vacances sont presque aussi chargées que celles de Noël, dis donc !

Bon, je te laisse. Puisqu'on a les cours de transplanage l'après-midi, on a décidé de laisser nos cours de magie habituels pour le soir après le repas. Donc... À table et au travail !

Bisous ma belle !


Note de l'auteur :

Manon ne s'est pas laissée abattre longtemps cette fois :)

Et on reprend un ton un peu plus habituel que celui de la semaine dernière, qui vous a visiblement surpris. Il va falloir pourtant vous y habituer, ils sont en pleine guerre, même si pas encore ouverte, et il y aura forcément d'autres affrontements ;)

Par ailleurs, un très bon anniversaire, non pas à ma meilleure amie, qui est réellement du 29 mars, mais à ma petite soeur, Louise dans l'histoire, qui a 9 ans au moment où Manon voyage, mais qui fête aujourd'hui ses 18 ans :) Il y a ce phénomène étrange, quand on voit vraiment grandir sa petite soeur (mes deux autres soeurs sont plus proches en âge de moi, j'ai grandi avec elles), c'est qu'on a du mal à croire qu'elle est enfin majeure :) Elle lit cette fic, et parfois, j'oublie qu'elle est grande, maintenant, et j'ai envie de lui dire : "mais non, ferme ça tout de suite ! Ce n'est pas de ton âge !" ;)

Alors bon anniversaire petite soeur, j'espère que ce chapitre te plaît :)

Et aussi, je publierai le prochain chapitre vendredi, et non lundi prochain : je serai en Ecosse toute la semaine prochaine, sans accès à mon ordinateur qui restera évidemment chez moi, alors je vous publierai le chapitre avec un peu d'avance :)

À vendredi, donc !

MAJ le 05/01/2018