Marion

Marion n'aurait jamais cru un jour s'inquiéter autant pour son supérieur, d'une part parce qu'il n'est pas le genre d'homme à craindre quoi que ce soit, d'autre part parce qu'elle a toujours mis un point d'honneur à feindre de se moquer de ses ordres comme de ses actes.

Evidement il se met régulièrement en danger, le travail de G-men étant loin d'être reposant même si la team rocket se fait discrète depuis quelques années. Marion sait qu'il y a toujours quelques criminels dans la région, mais elle n'aurait jamais pensé qu'ils s'attaqueraient au bâtiment sécurisé où avait lieu la rencontre entre les représentants de la ligue et les élites de la bourgeoisie pour la mise en place du prochain grand festival.

Pour sa défense elle n'aurait jamais non plus pensé que Peter y assiste, en général il prétend être trop occupé.

Assise dans la salle d'attente la dresseuse frissonne, l'hôpital est bondé et chaque minute amène de nouvelles victimes. Elle préférerait presque être dehors avec ses pokémons, se sentir utile plutôt que cette attente interminable, mais le reste de l'élite suffit amplement à sécuriser la ville, autant qu'elle s'occupe de la sécurité du maître.

Au loin elle entend les sirènes, la police, les ambulances et autour d'elle d'autres personnes qui attendent.

Si il avait gardé ses pokémons près de lui, il n'aurait jamais été blessé, songe Marion avec amertume. Elle est consciente que les mesures de sécurité obligent leur exclusion lors des réunions officielles. Peter n'est pas non plus d'un tempérament calme et inoffensif. Il reste bien assez dangereux tout seul, alors elle comprend que les politiciens peu à l'aise avec le dressage tentent de sécuriser au maximum la rencontre, surtout lorsqu'ils ont des exigences déraisonnables à soumettre à la ligue.

Les terroristes ont abattu trois personnes avant de mettre le feu au bâtiment. Les hommes qui sont mort, personne ne les pleurera, c'était des bourgeois avide d'argent et de pouvoir, ils étaient soupçonnés de profiter du grand festival pour acquérir à grand prix des pokémons rares dans le dos de la ligue. Ils n'ont jamais pu être pris sur le fait, enfin ça n'a plus d'importance maintenant.

Marion lève la tête lorsque l'infirmière entre, elle se dirige vers un petit groupe assis au fond de la salle. La dresseuse entend juste les mots : décès, arrêt cardiaque puis des sanglots.

Le feu s'est propagé dans tout le quartier, les pompiers étaient débordés et la ligue a été appelée en renfort pour stopper les terroristes. Aldo avait affirmé qu'ils n'auraient surement plus grand-chose à faire, escomptant que Peter aurait réglé la situation avant qu'ils arrivent. Ils ont plongé dans une ville dévorée par les flammes où il était urgent d'évacuer la population, les terroristes se sont enfuit.

Dans la salle d'attente des témoins parlent d'ambulanciers, de brancards avec des personnes inconscientes et d'autres brancards recouverts de draps blancs. Ils décrivent des dresseurs qui ont été contraint de vendre leur pokémons ou était-ce un kidnapping avec sur la scène du crime une enveloppe contenant de l'argent ? Il a aussi des les tags sur les murs, des noms de coupables ? Ceux qui sont morts n'étaient pas innocents.

Mais Marion ne peut pas pardonner, Peter n'aurait jamais utilisé des moyens aussi extrêmes même si il excelle dans la destruction en tout genre, ses victimes en ressortent vivantes, quoique bien amochées et obligées de faire un détour par l'hôpital avant de gagner la prison. Elle sait qu'il s'est interposé pour calmer le jeu, elle a entendu des personnes en parler. Ce crétin de dracologue, intervenir à main nu.

L'infirmière repasse annoncer deux décès, ramener un enfant à ses parents, il porte un bandage autour de la tête. Marion attend.

Puis.

-Deux côtes cassé, de nombreux hématomes, il est sous antidouleur, il peut rentrer mais doit impérativement se reposer.

Marion se lève.

Elle qui s'était préparé à batailler sans fin pour le faire quitter la ville, elle se retrouve avec un homme étonnamment docile, sédatif aidant, qui se laisse guider sans protester vers le taxi. Marion en profite pour le réprimander de son inconscience, gronde et le noie dans un flot de paroles destiné à cacher son inquiétude.

-Tu m'écoute au moins ?

Plus tard Clément lui rappellera qu'elle frisait l'hystérie, pour l'instant elle se permet encore de brailler contre cet imbécile de dracologue qui s'est endormi sur la banquette du taxi sans l'écouter.