Lundi 1er avril 1996
Chère Marie,
April fools !
Samedi et hier ont été tranquilles, presque routiniers. Bonne humeur, toujours, Harry n'est toujours pas descendu de son nuage, et ça se sent dans la Suite.
Aujourd'hui, par contre, c'est animé. Le premier du mois, c'est le jour de sortie du Quibbler. Et donc, ce mois-ci, l'interview que nous avons donnée tous les cinq à Rita il y a près d'un mois et demi. Et le 1er avril, c'est aussi l'anniversaire des jumeaux Weasley (ça ne s'invente pas...). Donc du coup, ce soir, super grosse fête, organisée gentiment par Harry dans la Suite, parce qu'on sait qu'on peut se mélanger tranquillement entre maisons et qu'aucun directeur de maison ou préfet ne pourra dire quoi que ce soit. Là, on est juste après le cours de transplanage, la fête est en train de commencer de se préparer, et d'ailleurs, quand j'en aurai fini avec ce journal, je vais les aider.
Mais j'ai tenu quand même à te faire plaisir, et donc, voici l'article de Rita dans le Quibbler. Tu trouveras agrafé l'article original, avec les photos et tout. Elles sont pas mal, d'ailleurs, hein ? Je m'étais rendue compte que le photographe prenait des photos pendant l'interview de Harry sur ce qui s'est passé l'été dernier, mais ensuite, j'ai été si prise dans la deuxième interview que je ne me suis même pas rendue compte qu'il a continué à travailler. Et vu que sur aucune des photos, aucun d'entre nous ne paraît poser ou regarder la caméra, ça sans doute été le cas de tout le monde. Mais au moins, elles sont naturelles.
L'article de Rita est une vraie perle. Vraiment. Tu verras en lisant. Elle a fait de l'excellent travail. Qui aurait cru que Rita pouvait être... gentille ? En tout cas, elle a l'air de suffisamment bien nous aimer, ou aimer ce qu'on représente, pour avoir brossé un portrait plutôt flatteur.
Allez, sans plus de suspense, voici la traduction de cet article :
LES CINQ MAGES : UNE ÉTRANGE ALCHIMIE ENTRE POUVOIR, MAGIE ET CHARME
Lorsque j'ai eu le plaisir de rencontrer Lord Potter pour sa désormais célèbre entrevue concernant les faits qui se sont déroulés au soir du 24 juin 1995 lors de la troisième tâche du Tournoi des Trois Sorcier (voir le numéro précédent de ce magazine), j'ai également fait la connaissance de ses quatre camarades qui forment avec lui le groupe que la presse s'amuse à appeler les "Cinq Mages".
Tous les cinq ont eu l'extrême gentillesse, suite à l'interview de Lord Potter, de m'accorder de leur temps pour répondre à mes questions qui, comme vous le verrez, permettront de faire plus ample connaissance avec ceux qui sont désormais reconnus comme les magiciens les plus puissants de Grande Bretagne, voire d'Europe, actuellement.
J'ai été particulièrement frappée par l'alchimie entre ces cinq adolescents. Chacun a sa propre personnalité, son propre rôle dans le petit groupe soudé qu'ils forment. Nul doute qu'avec une telle cohésion, une telle complémentarité, ils seront amenés à faire de grandes choses.
Sans plus de préambule, voici les propos que nous avons échangé cet après-midi là, autour d'une tasse de thé, ou de café.
Rita Skeeter : Tout d'abord, je souhaite vous remercier pour m'avoir accordé cette interview. Il y a tant de choses à savoir sur vous ! J'aimerais, si vous le permettez, commencer par des questions légères, juste pour apprendre un peu à mieux vous connaître, puis nous aborderons progressivement le vif du sujet : votre magie, le combat contre Vous-Savez-Qui, et vos projets d'avenir.
Donc, pour commencer, je suis sûre que mes lecteurs veulent tout savoir de vous, ce qui fait de vous des étudiants et des adolescents normaux. Par exemple : quel est votre magasin préféré, ou la matière que vous préférez ? Y a-t-il un professeur que vous détestez ? Quel est l'endroit que vous aimez le plus à Hogwarts ?
Manon Nestral : Ouh là, ça fait beaucoup de questions ! Je ne suis pas ici depuis assez longtemps pour avoir un magasin préféré. Par contre, ma matière préférée est la Métamorphose. J'adore l'idée de transformer quelque chose en quelque chose d'autre ! Et je n'aime pas le cours d'Histoire de la Magie, mais je pense que c'est plus dû au professeur qu'à la matière. Le cours de Binns est aussi peu vivant que lui.
Harry Potter (riant) : C'est le moins que l'on puisse dire ! J'ai personnellement aussi un peu de mal avec la Divination.
Hermione Granger : Ça ne devrait pas être une matière proposée à tout le monde mais uniquement à ceux qui ont le don…
Harry Potter : Oui, en effet. Et je crois que je ne surprendrais personne si je dis que ma matière préférée est la Défense Contre les Forces du Mal. Ce que j'aime dans cette matière, c'est qu'on peut combiner plein de compétences, et son aspect très pratique. Sinon, vous avez parlé des magasins ? La Ménagerie Magique…
Manon Nestral : Pas le magasin de Quidditch ?
Harry Potter : J'adore le Quidditch, mais il y a quelque chose d'assez fascinant chez les créatures magiques qui sont proposées à la Ménagerie Magique.
Neville Longbottom : J'aime bien la Ménagerie aussi. Et dans une des rues perpendiculaires de Diagon Alley, il y a une pépinière qui fait venir des graines et des boutures du monde entier. J'adore y aller. J'adore l'Herbologie d'une matière générale. Mon endroit préféré à Hogwarts est les serres.
Draco Malfoy : C'est une obsession tu veux dire !
Harry Potter : Tu peux parler avec tes potions !
Draco Malfoy (en haussant les épaules) : J'aime les potions. J'aime tout ce qu'on peut faire avec les potions, et j'aime les faire. C'est à la fois stimulant et relaxant.
Hermione Granger hoche la tête en signe d'approbation :
Hermione Granger : C'est pour cette raison que j'aime les faire aussi, même si ça me passionne moins que Draco.
Draco Malfoy (moqueur) : Et qu'est-ce qui vous passionne, Miss Granger ?
Hermione Granger : La justice sociale. Mais ce n'est pas enseigné à Hogwarts, alors pour Hogwarts, je vais me contenter de la Bibliothèque.
Ses amis rient.
Harry Potter : Beaucoup trop calme pour moi ! Je préfère largement le terrain de Quidditch !
Draco Malfoy : C'est amusant, parce que je trouve la Bibliothèque souvent trop bruyante. Je préfère la Tour d'Astronomie.
Manon Nestral : Pour les rendez-vous galants ?
Draco Malfoy : Certainement pas ! C'est un tel cliché que ça en perd tout romantisme…
Mr Malfoy, quel serait pour vous un rendez-vous idéal sans cliché ?
Draco Malfoy : Vous donner une réponse précise serait forcément tomber dans le cliché. J'aime adapter mes rencontres à la personne que je fréquente, il n'y a pas de rendez-vous type. Dans tous les cas, j'évite les lieux communs comme la Tour d'Astronomie, bien trop fréquentée par les amoureux du château.
Manon Nestral : En même temps, il n'y a pas beaucoup de possibilités pour un rendez-vous romantique à Hogwarts…
Harry Potter : Il suffit d'avoir un peu d'imagination…
Hermione Granger : Et comment tu fais pour adapter une rencontre à la personne avec laquelle tu sors si tu ne sors qu'avec elle qu'un soir ou deux ? Tu ne la connais pas assez pour ça…
Draco Malfoy : Eh ! Je ne suis pas Harry Je-Couche-Avec-Tout-Le-Monde-Et-Tout-Le-Monde-M'Aime-Quand-Même Potter…
Manon Nestral : Il fallait le trouver, ce surnom à tirets…
Draco Malfoy : … et je ne me contente jamais d'une nuit avec mes fréquentations ! Ma fréquentation la plus courte a duré trois jours, c'est vrai, mais elles durent en moyenne deux semaines…
Manon Nestral : Je suis presque impressionnée.
Draco Malfoy : Tu peux parler, c'est toi qui sors avec Monsieur Pas-Plus-D'Une-Nuit…
Harry Potter : Eh !
Draco Malfoy : Pour en revenir à votre question, Miss Skeeter, je crois que la meilleure façon d'éviter un rendez-vous cliché est d'éviter une réponse toute faite quand on demande quel est le type de rendez-vous idéal…
Mr Potter, vous semblez avoir collectionné les conquêtes jusqu'à il y a peu, faisant même un concours avec Mr Malfoy m'a-t-on rapporté. Comment êtes vous sûre que vous avez rencontré la bonne avec Miss Nestral ? Qu'avez-vous à dire aux pauvres femmes cherchant un peu de votre attention ? Qu'avez vous à dire à vos fans ?
Harry Potter : Un concours ? (à Draco Malfoy :) Tu étais au courant ?
Draco Malfoy : Si elle parle des paris enregistrés par les jumeaux Weasley, oui, mais ce n'était pas dans le but d'avoir plus de conquêtes que toi. Pas de mon côté du moins.
Harry Potter : Ah ! Pas du mien également. Sinon, je ne pense pas avoir à me justifier auprès de qui que ce soit, à part peut-être justement Manon, et nous en avons déjà parlé ensemble. Je ne dis pas que c'est… Comment vous avez dit ? "la bonne", mais en tout cas, je suis heureux avec elle, et je pense qu'elle est heureuse avec moi (Manon Nestral hoche la tête) et c'est tout ce qui compte.
Mes très chers lecteurs, Mr Potter et Manon Nestral semblent donc avoir trouvé l'amour. Qu'en est-t-il de vous trois ?
Hermione Granger : Il n'y a personne pour moi en ce moment. Je préfère me concentrer sur tout ce qu'on découvre sur notre magie.
Draco Malfoy : Je n'ai jamais parlé de ma vie sentimentale jusqu'à présent, je ne pense pas changer. Je suis rarement célibataire, je le reconnais, mais mes relations apprécient ma discrétion, et j'ai trop de respect pour elles pour trahir leur confiance.
Neville Longbottom : Je… Je n'ai personne pour le moment.
Comment pensez vous que votre entourage vous voit ? Quelles sont vos qualités principales ? Vos défauts ?
Manon Nestral (avec un rire, en s'adressant à ses amis) : Comment vous me voyez ?
Harry Potter : Comme une femme décidée à obtenir ce qu'elle veut, mais pas à n'importe quel prix.
Manon Nestral : Vraiment ?
Hermione Granger : C'est quand même grâce à ça qu'on en est là aujourd'hui, alors je soutiens complètement Harry sur cette réponse.
Draco Malfoy : Je dirais que tu es une main de velours dans un gant de fer.
Manon Nestral : C'est l'inverse, normalement, tu sais ?
Draco Malfoy : Je sais, merci. Mais tu parais très… abrupte au premier abord. Arrogante, consciente de ton intelligence et de tes connaissances, sûre de toi, et ça te rend intimidante. Mais en réalité, tu es généreuse, chaleureuse et loyale.
Manon Nestral : Mmh. On va dire que c'est bien rattrapé, Malfoy. Mais tu as raison. Un de mes principaux défauts est sans aucun doute mon arrogance. Mais c'est associé à ma principale qualité : ma curiosité !
Harry Potter : On ne peut par contre pas dire que tu es modeste.
Manon Nestral : Évidemment que non, sinon je ne serais pas arrogante.
Hermione Granger : Elle marque un point, là.
Manon Nestral : Ha ha ! Bon, à toi, Harry ! Si je devais associer un seul mot à toi, ce serait "Chevalier".
Hermione Granger : Tout à fait d'accord. Même si ça va mieux et que tu n'as plus en tête de subir sans rien dire, tu restes quelqu'un qui place les intérêts des autres, et en particulier des personnes sans défense, avant les tiens.
Draco Malfoy : J'avais raison, donc, de l'appeler Saint Potter ?
Harry Potter : Ta gueule, Malfoy.
Draco Malfoy : Ce langage n'est pas digne d'un Lord, mon cher.
Harry Potter : De toi, on pourrait dire que tu es en constante représentation. Tu as toujours besoin d'attirer l'attention sur toi, et de te montrer à ton avantage. Même si je sais à présent qu'il y a une personne humaine au delà de cette apparence, c'est quand même comme ça qu'on te voit en premier.
Draco Malfoy : Parfait. C'est exactement ce que je veux.
Hermione Granger : C'est en fait le contraire de Neville, qui semble toujours vouloir rester dans l'ombre.
Manon Nestral : Neville est le plus calme d'entre nous, et heureusement qu'il est là pour tempérer nos caractères ! Alors forcément, il est moins visible, mais pas moins nécessaire dans le groupe.
Hermione Granger : Je n'ai pas dit le contraire. Je disais juste qu'on le voit souvent comme un garçon effacé.
Neville Longbottom : Il y a du vrai là-dedans. Tout comme il y a du vrai quand on t'appelle rat de bibliothèque. Tu aimes faire des recherches. Mais dans les deux cas, ce n'est que s'arrêter à la surface, et ne pas voir la personne au-delà.
Miss Granger, Mr Potter, j'ai appris que vous formiez le "Trio d'or" avec un autre de vos camarades et que cela n'est plus d'actualité, pourquoi ?
Hermione Granger : Nous avons eu des… différends, ces derniers temps, avec Ron. Mais nous avons été très soudés tous les trois pendant plus de quatre ans, alors j'espère que la page n'est pas définitivement tournée, et qu'on aura l'occasion de se réconcilier prochainement.
Quelles sont les qualités que vous recherchez chez vos amis ?
Harry Potter : Qu'ils s'intéressent à la personne réelle plutôt qu'aux apparences et aux titres.
Draco Malfoy : Même réponse.
Neville Longbottom : Également.
Hermione Granger : Aussi, même si ça me concerne moins que les garçons.
Manon Nestral : Alors je vais être originale et dire que je veux qu'ils soient eux-mêmes avec moi, et pas ce qu'on attend d'eux, que ce soit la société ou même moi.
Miss Granger, quel effet cela fait de passer de miss-je-sais-tout de votre première année à ce que vous êtes maintenant ?
Hermione Granger : J'ai toujours eu du mal à me sociabiliser avec les enfants de mon âge. Heureusement, j'ai grandi, et eux aussi, et ça va mieux maintenant.
Harry Potter : Hermione est toujours celle d'entre nous qui a le plus de connaissances brutes. Draco et Neville connaissent beaucoup mieux la culture sorcière, mais Hermione a une connaissance théorique sur des sujets extrêmement variés, qui dépasse complètement ce que n'importe lequel de nous quatre peut savoir.
Neville Longbottom : C'est elle qui est mage analyste, après tout.
Mr Longbottom, dans votre enfance, votre famille semble avoir douté de votre capacité magique. Pensez vous que déjà à l'époque vous étiez limité magiquement par une influence extérieure ? Comment êtes-vous passé de cette réputation de presque Cracmol à ce que vous représentez aujourd'hui ?
Neville Longbottom : Nous avons la quasi-certitude que le verrou magique que j'avais jusqu'à il y a peu n'a été posé qu'à mon arrivée à Hogwarts. Cela se justifie notamment par l'absence d'accidents magiques pendant mon enfance, justement. Seul un enfant mage n'a pas d'accidents magiques, à moins de perdre complètement le contrôle de ses émotions. Mais ma famille ne le savait pas, nous n'avons pas comme les Potter régulièrement des mages dans notre lignée. La réponse la plus évidente était que j'étais Cracmol ou presque. Je ne pense rien vous apprendre en vous disant que les Cracmols sont rarement chéris dans une famille sorcière, surtout quand ils sont l'unique héritier d'une Très Ancienne Famille. Mon enfance n'a sans doute pas créé les conditions favorables pour développer la confiance en soi et en ses capacités. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas : je suis mage, je sais que c'est à cause de ça que je n'ai presque jamais eu d'accidents magiques, et ma famille est très fière de moi.
Harry Potter : Et tes amis aussi.
Neville Longbottom : Et mes amis aussi.
Et comment avez-vous, avec votre grand-mère, vécu avec le poids de vos parents dans le coma ?
Neville Longbottom : Mes parents ne sont pas dans le coma. Ils sont éveillés, mais… ont perdu une partie de leur esprit. Nous allons régulièrement leur rendre visite, ma grand-mère et moi. J'ai grandi avec les récits de leurs aventures, à Hogwarts, puis en tant que défenseurs de la Lumière contre [Tom]. Ça a forcément mis une forte pression. Ce sont des héros, qui ont littéralement sacrifié leur vie pour moi, et je dois me montrer à la hauteur. Et jusqu'à récemment, je n'avais pas l'impression d'être à la hauteur, et c'était quelque chose d'assez terrible.
Hermione Granger : Tu as toujours été à la hauteur, Neville. Dès la première année quand tu t'es opposé à Ron, Harry et moi.
Neville Longbottom : Ça ne compte pas, Hermione. Ce qui compte, c'est ma capacité à devenir chevalier-mage, comme mon père. Et jusqu'à récemment, je n'en avais certainement pas l'étoffe. Et entre le rappel constant de cet échec, et les visites régulières à St Mungo, ça n'aide pas un jeune garçon à se forger son propre chemin.
Manon Nestral : Tu as pu en parler avec ta grand-mère ?
Neville Longbottom : Oui. Elle est désolée de ne jamais avoir pensé que je pouvais être mage, et de s'être ainsi laissée influencer par des personnes pas forcément dotées des meilleures intentions. Ça va mieux à présent.
Alors, sur un autre sujet, quelle est la date de votre anniversaire ? Pourriez vous me raconter votre anniversaire le plus marquant ?
Harry Potter : Je crois que tout le monde, ou presque, sait que mon anniversaire est le 31 juillet. Mon plus bel anniversaire a été sans conteste mon onzième : c'est celui où j'ai appris que j'étais sorcier, et on m'a offert Hedwig, ma chouette, ce jour-là. Sinon, je ne crois pas avoir de rituels ou de souhaits particuliers pour mon anniversaire. Simplement le fêter avec des gens que j'aime.
Draco Malfoy : On aura l'occasion de faire une super fête cette année, maintenant que tu connais Lions' Hill.
Hermione Granger : Et on pourrait peut-être même le combiner avec celui de Neville ?
Manon Nestral : Ce ne serait pas juste pour Neville. Lions' Hill est le domaine des Potter, et entre ça et la réputation de Celui-qui-a-survécu de Harry, Neville serait complètement éclipsé, même si ce n'est pas notre volonté.
Neville Longbottom : Mon anniversaire est le 30 juillet, Miss Skeeter. C'est pour ça qu'ils parlent de fête combinée : Harry et moi n'avons qu'un jour d'écart.
Manon Nestral : Mais c'est toujours Harry le bébé du groupe !
Draco Malfoy : Pourquoi ? Il est quand, ton anniversaire ?
Manon Nestral : Le 20 juin. Pile au milieu de vous tous ! Le plus marquant pour moi a été celui de mes 16 ans, dans ma vie originale, évidemment. Je n'ai pas particulièrement été gâtée en cadeaux, du moins, pas de manière mémorable, mais j'ai été assez malade, la fin de ma quinzième année, et mon traitement s'est terminé aux alentours de mon anniversaire. Pas le jour-même, mais suffisamment proche pour que mes proches et mes amis profitent de l'occasion pour fêter à la fois mon anniversaire et la fin de ma chimio.
Hermione Granger : Chimio… thérapie ? Comme avec un cancer ?
Manon Nestral (avec un rire) : Ça me rappelle ma propre réaction quand j'ai appris que j'allais en avoir une. Je n'avais pas compris l'explication du docteur sur ma maladie, et j'ai dis à ma mère : « Mais une chimio, c'est pour ceux qui ont un cancer ! » et ma mère qui me répond : « Mais c'est parce que tu as un cancer, ma grande. ».
Harry Potter : Dur.
Manon Nestral : Mais visiblement nécessaire. Enfin bon, pour en revenir aux anniversaires, celui de mes 16 ans est assez mémorable, du coup. Et toi Neville ? On a dit ta date, mais un anniversaire en particulier ?
Neville Longbottom : Celui de mes sept ans. À sept ans, c'est traditionnellement l'âge où on devient écuyer de l'Ordre de la Table Ronde, pour se préparer à devenir chevalier-mage quelques années plus tard. C'est l'occasion d'une cérémonie et tout.
Hermione Granger : C'est jeune !
Neville Longbottom : En fait, à cet âge, on commence à apprendre tout ce qui ne nécessite pas l'utilisation d'une baguette magique : l'Histoire et les traditions, l'étiquette, l'équitation, l'escrime… Et pour une raison ou pour une autre, beaucoup de familles sorcières enseignent ça à leurs enfants. L'équitation en moins, sans doute.
Draco Malfoy : Oui. Généralement, ce seront des leçons de vol sur balai. C'était mon cas, en tout cas. Par contre, du coup, je ne comprends pas pourquoi tu avais si peur lors de ta première leçon de vol…
Neville Longbottom : Tu sais qu'un cheval a quatre pattes qui lui permettent de rester en contact avec le sol même quand il galope ?
Ses amis éclatent de rire.
Manon Nestral : Yeah, vas-y Neville ! Ne te laisse pas faire par le méchant Slytherin politicien !
Draco Malfoy : Je croyais qu'on avait enfin dépassé ces préjugés stupides, Nestral. Bon, ignorons ces rustres, Miss Skeeter. Mon anniversaire est le 5 juin. Le plus marquant pour moi a aussi été le septième : c'est celui où on est introduit dans la société magique officiellement, et mes parents avaient organisés ça en grande pompe, j'avais vraiment l'impression d'entrer dans la cour des grands. Je sais aujourd'hui combien c'était naïf, mais c'est un souvenir touchant quand même.
Hermione Granger : Rien d'aussi fameux pour moi. Mon anniversaire est le 19 septembre, ce qui veut dire que l'année scolaire a toujours déjà commencé au moment de le fêter. Mais mes parents se sont toujours débrouillés pour le rendre marquant d'une manière ou d'une autre, enfin, jusqu'à mon arrivée à Hogwarts. Pour mes neuf ans, ça tombait pour une fois sur un week-end, et mes parents m'ont emmenée dans un parc à thème.
Pouvez-vous nous parler des événements marquants dans vos vies ?
Manon Nestral : Dépendamment de la personne à qui cette question s'adresse, elle est à la fois trop vague et trop personnelle.
Dans ce cas, pouvez-vous nous raconter un événement marquant de votre enfance ?
Harry Potter : Je n'ai pas de souvenirs de ma vie avec mes parents, et je crois que personne n'a envie d'entendre mes souvenirs avec ma tante et sa famille…
Manon Nestral : Tu dois bien avoir un ou deux souvenirs heureux, non ?
Harry Potter : J'ai quelques moments heureux, effectivement, mais ça ne se termine jamais bien, et je ne saurais pas comment terminer ces histoires de façon positive. Je préfère passer la question. Raconte quelque chose, toi, tu dois en avoir plein !
Manon Nestral : Oui. J'ai grandi dans une famille nombreuse, j'ai trois petites soeurs. Autant d'opportunités d'avoir des souvenirs plus ou moins marquants. Forcément, il y a les bêtises qu'on peut faire, les petites anecdotes familiales… Difficile de choisir. Mais peu avant mon accident qui m'a amenée ici, j'ai eu l'occasion de repenser à un souvenir d'enfance. Quand on était petites, suffisamment pour qu'on soit encore trois, la dernière n'étant pas encore née, on allait tous les week-ends se promener dans les montagnes qui entourent Lyon. Avec ses horaires particuliers, on ne voyait pas souvent mon père pendant la semaine, mais le week-end, c'était pour nous. Et lors des trajets, il mettait toujours de la musique dans la voiture. Il y avait de la chanson française, pour faire plaisir à maman, des comptines pour enfants, pour nous trois à l'arrière, et de la musique britannique de temps en temps, pour lui. Il adore le rock anglo-saxon, surtout britannique. Et pendant des années, une musique m'a trotté dans la tête, avec un son de cloches. Elle était associée à ces trajets en voiture, mais impossible de retrouver le chanteur ou le groupe. Impossible même de me souvenir si c'était parmi les musiques pour maman ou celles pour papa. Et un jour il m'emmène un matin à l'université, deux heures de voiture, et il met un CD qu'il mettait alors souvent, de Pink Floyd. Et pour une fois, le trajet est assez long pour qu'il mette le deuxième CD qui va avec. Et voilà comment, près de quinze ans plus tard, j'ai redécouvert High Hopes de Pink Floyd, il y a quelques semaines.
Hermione Granger : C'est chouette comme souvenir !
Manon Nestral : Et toi ? Tu aurais le souvenir d'une bêtise que toi, si sage Hermione, aurait pu faire ?
Hermione Granger (avec un rire) : Oh, j'en ai fait des bêtises ! La pire, sans doute, je l'ai faite quand j'avais six ou sept ans. Je venais de dévorer une série de livres sur la médecine dentaire, je voulais comprendre ce que faisaient mes parents au travail. Et j'ai décidé que j'en savais assez pour faire moi-même un examen dentaire. On avait un chien, Pillow [ndla : "oreiller" pour les non-anglophones] parce que je me couchais souvent sur lui et il ne disait rien. Et je l'ai emmené au cabinet de mes parents pour lui faire un examen dentaire. Bien sûr, je ne me suis pas contentée de regarder ses dents, j'ai voulu aussi les détartrer…
Harry Potter : Pauvre bête !
Hermione Granger : En effet. Forcément, il se débattait, et le bruit qu'il a causé a alerté mes parents avant que je fasse le moindre dégât, heureusement. Mais ça a été formateur : j'ai appris à ne plus jamais expérimenter quoi que ce soit sur un être vivant.
Neville Longbottom : Rude façon d'apprendre.
Hermione Granger : Ça m'a permis de ne jamais oublier.
Manon Nestral : Et vous, les garçons ?
Neville Longbottom : Comme je l'ai dit, ma famille n'a jamais pensé que mon absence d'accidents magiques était due au fait que j'étais mage et non Cracmol. Et certains membres de ma famille s'étaient mis en tête de prouver que j'étais bien un sorcier. Et un jour, un de mes grands-oncles a réussi à me faire suffisamment peur pour que je perde contrôle, et que j'ai un accident magique. Je devais avoir huit ans, et c'était mon tout premier. Ça a été l'occasion d'une grande fête à la maison…
Draco Malfoy : Mes parents l'ont apparemment su depuis que j'étais bébé, mais ne me l'ont jamais dit avant que je le découvre de moi-même. Je n'ai eu aussi aucun accident magique, mais ils ne m'ont jamais laissé penser que c'était… anormal, pour un enfant supposé sorcier. Du coup, je n'ai pas d'anecdotes de ce genre. Mais un souvenir amusant… L'été après ma première année à Hogwarts, ma petite soeur était très… collante… Elle avait mal supporté la séparation pendant l'année. Elle insistait pour jouer tout le temps avec moi. Deux ou trois semaines après le début des vacances, mes parents organisent une sorte de goûter d'anniversaire en décalé pour moi, pour que j'ai une vraie fête, bien que mon anniversaire ait eu lieu deux mois plus tôt. Il y avait de nombreux amis et camarades d'école, tous de bonne naissance, tous ayant appris à se comporter de manière appropriée en société. Et je ne sais toujours pas comment Cassi s'est débrouillée, mais elle a réussi à tous nous faire jouer à la dînette… Sans exception…
Ses amis éclatent de rire.
Manon Nestral : Je veux les noms des participants !
Draco Malfoy : Désolé, chérie, je garde ça pour d'éventuelles… négociations difficiles…
Manon Nestral : Il y a des photos au moins ?
Draco Malfoy : Évidemment ! Il me faut des preuves !
Harry Potter : Je vous imagine, bande de Slytherins et autres, tous fiers de votre première année à Hogwarts, en train de boire dans une tasse minuscule pour faire plaisir à une gamine.
Draco Malfoy : C'était effectivement à peu près ça…
Je dois dire que j'ai eu du mal à m'en remettre quand j'ai appris l'existence de votre soeur Mr Malfoy, ou bien peut être que je l'avais oubliée... Pourquoi la cacher ? Votre famille avait-elle ou a-t-elle honte de votre soeur ?
Draco Malfoy : Certainement pas. Je suis le fils de mon père, l'héritier dont il a voulu et a besoin pour perpétuer la lignée. Mais Cassiopeia est la fille de ma mère, l'enfant désiré par pure envie d'avoir un enfant. Elle a donc été très protégée. Elle vient d'avoir sept ans, et selon nos traditions, c'est l'âge auquel un enfant de la noblesse magique commence ses apparitions sociales. Mais on ne peut pas dire que le climat soit extrêmement favorable pour l'introduction de Cassi. Nous avons donc limité ses apparitions publiques au minimum. C'est sans doute pour ça que la plupart ignorent encore que je ne suis pas fils unique.
Pour continuer sur vos goûts et intérêts d'adolescents, quelle est votre équipe de Quidditch préférée ?
Harry Potter : Les Falmouth Falcons [ndla : Les faucons de Falmouth]!
Draco Malfoy : Je suis impressionné, Potter… Enfin un point sur lequel nous sommes pleinement d'accord.
Neville Longbottom : Pour moi, ce sont les Appleby Arrows [ndla : Les flèches d'Appleby].
Manon Nestral : Je fais valoir ma présence dans le monde magique britannique depuis moins de trois mois pour jouer mon joker sur cette question.
Hermione Granger : Je fais personnellement valoir mon profond désintérêt de ce sport. On va dire que je fais confiance aux garçons pour avoir choisi de bonnes équipes.
Quel est votre groupe de musique préféré ?
Draco Malfoy : Polymnie. J'aime leur mélange de musique classique, de légendes et de sonorités plus modernes.
Neville Longbottom : J'aime bien ce groupe aussi.
Manon Nestral : C'est un groupe sorcier ?
Neville Longbottom : Oui. Ils passent un peu moins à la radio que les Bizarr' Sisters ou Lorcan d'Eath, mais ils ont leur petit succès également. Et ça devrait te plaire : ils sont Français. La chanteuse principale est la cousine de Fleur Delacour.
Manon Nestral : Oh. Faudrait que j'écoute, alors, pour voir. Personnellement, je ne connais pas assez la musique sorcière pour avoir un groupe sorcier préféré, et je ne pense pas avoir un groupe ou un chanteur préféré. Si je devais dire quelqu'un, ce serait peut-être Queen.
Harry Potter : J'aime beaucoup Queen aussi. Et les Beatles.
Hermione Granger : C'est bien, les Beatles. Moi, ce serait plutôt David Bowie.
Que pensez-vous des contes de Beedle le Barde que lisent les enfants sorciers dès leur plus jeune âge ? De leur morale ?
Hermione Granger : Harry, Manon et moi ayant grandi dans le monde non-magique, nous ne les avons découverts que très récemment. Manon adore les contes et légendes et en a offert un exemplaire à Harry à Noël.
Harry Potter : Je les aime bien. Certains sont franchement… étranges, encore plus que les contes de Grimm ou d'Andersen, mais ça fait partie des traditions sorcières.
Parlons à présent de ce qui nous amène à nous rencontrer en ce moment : il y a cinq mages du même âge, à la même époque et dans le même lieu. Quels sont vos ressentis là-dessus ? Comment avez-vous découvert vos pouvoirs ? Pensez vous qu'il existe d'autres mages quelque part dans le monde ? Que pourriez vous apportez à notre communauté ?
Harry Potter : Nous savons que cinq mages au même moment, au même endroit, c'est forcément une responsabilité. C'est évident que ce n'est pas anodin. Mais j'avoue avoir réalisé ça après avoir compris toute l'implication de Dumbledore dans ma vie, et j'en ai presque été soulagé : dans tous les cas, quel que soit notre avenir, nous sommes cinq.
Manon Nestral : Ah ! C'est enfin rentré !
Harry Potter : Tu as suffisamment insisté dessus, oui…
Neville Longbottom : Et elle a raison. Même si c'est effrayant, parce que ça implique une lourde destinée, nous ne sommes pas chacun seul dans notre coin. Et ça, c'est rassurant.
Hermione Granger : Oui, tout à fait. Et nous avons passé notre temps, depuis la découverte de nos pouvoirs, à essayer de les comprendre et de les maîtriser. Nous sommes loin d'être prêts, mais nous progressons chaque jour.
Draco Malfoy : Enfin, surtout vous. Vous avez près de deux semaines d'avance sur moi !
Harry Potter : Il s'est passé tellement de choses pendant les vacances de Noël qu'on n'a pas beaucoup avancé sur la maîtrise de nos pouvoirs.
Manon Nestral : Je crois que Miss Skeeter aimerait qu'on arrête de faire des mystères et qu'on raconte comment ça s'est passé. J'en ai parlé il y a quelques jours lors de mon intervention publique à Hogwarts : ça a commencé avec des questions que je me posais, auxquelles j'ai trouvé des réponses qui ont soulevé d'autres questions… Hedwig, la chouette de Harry, est venue se poser un matin sur mon épaule, et a lu le livre que je lisais. Son comportement était beaucoup trop intelligent pour un simple hibou, même un hibou servant à la correspondance. Elle a été cherché deux livres, un qui parlait du lien qui existe entre les familiers et leurs maîtres, et l'autre qui parle des verrous qui peuvent exister sur des sorciers et mages, et comment certains peuvent empêcher la naissance de ce lien. À ce moment-là, on a pu confirmer que Harry avait un verrou sur sa puissance, suffisant pour l'empêcher de se lier avec Hedwig, mais on n'avait aucune idée de sa puissance réelle.
Hermione Granger : Pendant les vacances, nous sommes allés confirmer ça avec un Guérisseur à St Mungo. Et à ce moment-là, en plus d'autres nouvelles, nous avons découvert que non seulement Harry, mais également Manon et moi, avions un verrou, et que notre puissance normale est de l'ordre des mages et non des sorciers. Nous avons alors demandé, et obtenu, la suppression de ces verrous.
Neville Longbottom : Quelques jours plus tard, Harry et Manon sont venus me rendre visite, une simple visite de courtoisie entre deux Héritiers, et on a découvert que je suis également mage.
Manon Nestral : Chacun de nous maîtrise un pouvoir élémental différent. Quand nous avons découvert Neville, j'ai compris qu'il fallait un cinquième mage pour compléter les éléments : quatre mages pour chacun des éléments courants, et un pour les éléments rares. Il nous manquait un des mages pour les éléments courants, celui de l'air.
Draco Malfoy : Manon m'a donc testé, et a découvert que c'est moi le cinquième mage, quelques jours après la rentrée de janvier.
Hermione Granger : Du coup, notre groupe de mages est complet. Il y a peut-être d'autres mages en ce moment quelque part dans un autre pays, mais nous n'avons besoin d'aucun autre mage pour obtenir l'équilibre dans notre groupe.
Harry Potter : Nous pensons aussi que nous sommes du coup les seuls en Grande Bretagne. Cinq mages dans un pays, c'est de toute façon déjà beaucoup.
Draco Malfoy : Nous ne savons pas quel est notre objectif, mais oui, il est évident que nous aurons un rôle à jouer au sein de notre communauté. Mais nous avons pour l'instant encore quinze ans, et nous sommes encore en train de découvrir nos pouvoirs et leurs subtilités, et surtout, nous avons pour l'instant comme priorité de faire en sorte que [Tom] ne prenne pas le pouvoir. Une fois ceci assuré, seul l'avenir nous dira ce qu'on peut faire.
Manon Nestral : Mais nous sommes complémentaires sur bien des plans : des Sangs-Purs, un Sang-Mêlé, des Nées-Moldues. Des nobles et d'autres sans titre. Certains sont à l'aise en politique, d'autres au combat, d'autres à la recherche, d'autres en guérison… Tout un tas de possibilités s'offrent à nous, et il serait stupide de notre part, ou de la part d'autres plus ou moins bien intentionnés, de nous fixer sur un objectif donné en oubliant tout ce qu'on peut apporter d'autre.
Mr Potter, avez-vous fait de votre chouette votre familier ? Et avez-vous des familiers ?
Harry Potter : Oui, Hedwig est aujourd'hui mon familier, de manière pleine et entière. Nous en sommes tous les deux très heureux, cela faisait des années qu'elle cherchait à établir le lien, elle est contente que ce soit enfin fait.
Hermione Granger : Mon Kneazle, Crookshanks, est mon familier. Lui aussi avait souhaité pendant des années établir le lien, et nous avons pu le terminer depuis que ma puissance est débloquée.
Neville Longbottom : Avoir un familier n'est pas quelque chose de très fréquent, même chez les mages ou sorciers puissants. Deux d'entre nous en ont un, je ne pense pas que les trois autres en auront un…
Manon Nestral : Chut chut chut chut chut ! Tais-toi ! Tu vas conjurer le mauvais sort !
Neville Longbottom : Pardon ?
Manon Nestral : Tu ne t'es pas encore rendu compte que lorsque tu dis que quelque chose ne va pas se passer parce que ce n'est pas possible ou trop peu probable et que Harry est dans le coin, ça va se passer ? On va tous avoir des familiers, maintenant, à cause de toi !
Tous rient, sauf Harry Potter, qui semble vexé, mais ne dit rien
Pensez-vous vraiment être maudit, Mr Potter ? Que ce soit une forme de magie d'un de vos ennemis ?
Harry Potter (avec un rire) : Non, je ne pense pas avoir été maudit par un ennemi ! Je pense juste que les Potter, d'une manière générale, ont un don pour attirer les ennuis. Si j'en crois les journaux de mes ancêtres que je suis en train de commencer à découvrir, je suis loin d'être le premier !
Manon Nestral : Parce qu'il y a beaucoup de tes ancêtres qui ont affronté plusieurs fois un mage noir et ont tué un basilic à 12 ans ? Voilà qui est rassurant, dis donc !
Harry Potter : Les Potter sont depuis pratiquement la fondation de la Famille des leaders dans le combat contre les mages noirs. Oui, plusieurs de mes ancêtres ont affronté un ou plusieurs mages noirs. Et plusieurs se sont spécialisés dans la maîtrise ou la destruction de créatures dangereuses. On peut dire que j'ai ça dans le sang.
Comment vous en êtes arrivés à penser que Mr Longbottom et Mr Malfoy pouvaient être les deux autres mages et les tester ? Cela aurait pu être n'importe qui, alors pourquoi eux ?
Hermione Granger : Sans entrer dans les détails, parce que ça concerne une affaire judiciaire en cours, nous avons découvert que Harry et la plupart des personnes ayant un lien positif ou négatif avec lui étaient malheureusement victimes d'influences et compulsions diverses et variées. Manon et moi étions également concernées. Nous avons donc pris l'habitude, pendant les vacances de Noël, de tester toutes les personnes ayant un quelconque lien avec Harry.
Manon Nestral : Neville n'en avait pas, à part être un camarade de dortoir de Harry, et c'est justement pour ça que nous l'avons testé : les Potter et Longbottom sont alliés depuis très longtemps et ils auraient du au moins avoir une relation politique, si ce n'est amicale. Et nous avions raison : certaines de ces compulsions invitaient Neville à rester à l'écart de Harry, et Harry à rester à l'écart de Neville.
Neville Longbottom : La ou les personnes ayant placé ces influences avaient visiblement envie de complètement bouleverser le paysage politique actuel pour le façonner selon leur avantage, qui n'est pas forcément celui de nos familles, ni du monde sorcier.
Êtes-vous prêts pour les procès qui s'annoncent ? En particulier celui de votre mentor et directeur, Albus Dumbledore ?
Manon Nestral : Quel procès concernant Dumbledore ? Il est impliqué dans trois affaires différentes…
Harry Potter : Je pense qu'elle parle de celui qui l'oppose à moi, love. Nous avons de la chance d'être très bien entourés, et de pouvoir compter sur des adultes efficaces et compétents. Je préfère les laisser s'occuper de ces affaires, et s'ils me… nous demandent de témoigner, alors nous le ferons.
Draco Malfoy : En attendant ces procès, bien qu'il soit tout à fait normal que nos concitoyens se posent des questions et demandent des réponses sur les actions discutables de M. Dumbledore, il est important pour nous de pouvoir continuer à nous concentrer sur nos études et sur l'apprentissage de notre magie. Pour la société magique dans son ensemble également, d'ailleurs : comment pouvons-nous être à la hauteur de la tâche qui nous attend si nous sommes sans cesse sollicités pour des informations sur des dossiers qui sont en cours d'instruction auprès du DMLE ?
J'ai appris, Miss Nestral, que vous avez porté plainte contre Albus Dumbledore, pourriez vous nous en dire plus ?
Harry Potter : Non, elle ne peut pas.
Manon Nestral : Bon.
Harry Potter : Laisse les personnes compétentes s'en occuper, Manon, et décider de ce qu'il est possible de dire et quand.
Manon Nestral : Okay.
Nous voyons bien que le fait qu'il y ait cinq mages à la même époque n'est pas un hasard. Outre votre lutte contre Vous-Savez-Qui et Mr Dumbledore, quels sont vos objectifs en tant que mages ?
Hermione Granger : C'est la première fois depuis Avalon qu'il y a un tel nombre de mages au même endroit au même moment. Il est impossible de nier que ça veut dire quelque chose. Nous ne savons pas encore quoi, par contre.
Manon Nestral : Nous avons tous des parcours différents et des opinions variées. Nous avons nos propres convictions politiques, religieuses, magiques… Il est possible qu'on ait un objectif commun, comme les Fondateurs avec Hogwarts, mais on peut aussi avoir chacun notre rôle… Nous n'en savons pas encore assez, sur nous, notre magie, pour savoir ce qu'il en sera vraiment.
Harry Potter : Il est évident par contre que nous avons des ambitions. Tous autant que nous sommes aimerions que ce genre de conflit né de l'ignorance et des préjugés d'une partie de la population magique ne se reproduise pas…
Draco Malfoy : En alliant des profils si différents et a priori ennemis, c'est peut-être notre but…
Est-ce votre magie qui vous a rapprochés, tous les cinq ?
Neville Longbottom : Oui. Les Potter et les Longbottom sont des alliés naturels, depuis des siècles, mais ce qui fait que nous sommes vraiment un groupe soudé aujourd'hui, tous les cinq, c'est bien le fait que nous sommes mages.
Manon Nestral : Ça nous donne une vision complètement différente de la magie et du monde, et nous savons que seuls les quatre autres peuvent vraiment nous comprendre. Alors, c'est vrai que j'avais déjà un lien fort avec Harry et Hermione avant même qu'on découvre que nous sommes mages, mais ce qui fait que nous sommes cinq, aujourd'hui, c'est la magie.
Et comment cela se passe entre vous et avec les autres du fait de vos différents statuts ?
Manon Nestral : Entre nous, cela n'a aucune importance. Hermione et moi sommes les deux seules sans titre, mais nous apprenons au côté de Harry le rôle des seigneurs des Nobles et Anciennes Familles, grâce à Neville et Draco.
Draco Malfoy : Nous sommes néanmoins conscients que la société magique n'a pas les mêmes attentes envers Manon et Hermione qu'envers Neville, ou Harry et moi. Nous sommes également conscients qu'elles ne bénéficient pas de la même protection que nous, alors qu'elles en ont autant besoin, du fait de leur statut de mages.
Harry Potter : C'est pour ça que je leur ai accordées à toutes les deux le statut de Protégées de la Famille Potter.
Du coup, que pensez-vous faire contre la presse à l'avenir s'il s'avère qu'elle publie des propos diffamatoires à votre encontre ?
Harry Potter : Je suis heureusement un Lord d'une Très Ancienne et Très Noble Famille, et je peux donc poursuivre quelqu'un pour atteinte à mon honneur. Mes avocats sont déjà autorisés à prendre toutes les mesures nécessaires.
Hermione Granger : Neville et Draco bénéficient de ces mêmes lois, en tant qu'Héritiers de Nobles et Très Anciennes Familles, les Longbottom et les Malfoy. Et Manon et moi sommes des Protégées Potter. Nous faire du mal, même à travers un article, c'est faire du mal à la Famille de Lord Potter.
Nous sommes à présent tous au courant de la menace qui plane sur notre communauté. Seriez-vous prêts à défendre les sorciers et même, en seriez-vous réellement capables ?
Harry Potter (visiblement ennuyé) : Nous sommes prêts à défendre les sorciers s'ils sont également prêts à se défendre eux-mêmes ! Ce n'est pas juste d'attendre de nous qu'on fasse tout le travail !
Manon Nestral pose une main sur le bras de son ami pour le calmer.
Manon Nestral : C'est un sujet sensible pour Harry. Après tout, on a passé des années à lui faire croire qu'il est le Sauveur, le seul qui peut débarrasser le pays de la menace de Voldemort. Nous en sommes certainement capables : à nous cinq, nous avons des compétences et une puissance qui dépassent largement celles de Voldemort. La vraie question est : est-ce que nous devons défendre les sorciers ? Est-ce que c'est normal que toute une communauté attende de cinq adolescents quelque chose que leurs Aurors s'estiment incapables de faire ?
Neville Longbottom : Nous allons participer. Nous nous entraînons pour ça, et nous sommes conscients que nous pouvons apporter une grande aide à la communauté. Mais nous avons l'intention de faire en sorte que cet effort dépasse notre petit groupe. Nous devons impliquer tout le monde.
Draco Malfoy : Et le combat ne doit pas être que magique. Nous devons faire en sorte que les mentalités évoluent. Là aussi, nous aurons besoin du soutien et de la participation de toute la communauté.
Dans le cas où les sorciers combattront, serez-vous en mesure de les aider avec leurs magies pour les rendre plus forts et qu'ils sachent mieux se défendre ?
Manon Nestral : La magie est propre à chacun, je ne vois pas comment le fait que nous soyons mages peut rendre d'autres sorciers plus forts…
Hermione Granger : Nous avons acquis certaines techniques et connaissances qui pourraient être appliquées à des sorciers. Notre méthode d'entraînement au combat, par exemple, est aussi suivie par d'autres élèves de Hogwarts. Et certaines connaissances médicinales oubliées peuvent être partagées à nouveau…
Draco Malfoy : Et j'aimerais rappeler que nous savons que nous sommes mages que depuis quelques semaines. Même si nous bénéficions grâce à nos proches et amis d'un enseignement intense et très efficace, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre. Mais soyez assurée que si nous découvrons un moyen de renforcer les défenses ou la puissance de toute la communauté magique, nous le ferons.
Lorsque vous nous avez expliqué comment vous avez testé votre magie, vous avez parlé de pouvoirs élémentaux. Quels sont les éléments que vous dites maîtriser ?
Manon Nestral : Vous m'avez vue jouer avec une boule de feu pendant mon intervention publique du 7 février dernier, c'est justement mon élément. Aucun de mes camarades ne serait capable d'invoquer le feu aussi longtemps sans en perdre le contrôle et se blesser dangereusement.
Hermione Granger : Mon élément est l'eau, sous toutes ses formes. J'ai donc une légère maîtrise de certains phénomènes météorologiques, comme la pluie. Tout comme Draco, dont l'élément est l'air, avec toutes les composantes que ça contient. Pour Neville, comme certains peuvent s'en douter avec sa maîtrise de l'Herbologie, c'est la terre. Enfin, Harry maîtrise des éléments rares, les ombres et la lumière, ainsi que la foudre.
Si vous pouviez être un Animagus, quel animal seriez vous ?
Harry Potter : Nous pouvons être des Animagi, parce que nous sommes mages, et que tous les mages en ont la possibilité. Cependant, même si nous connaissions déjà notre forme, nous ne vous la dirons pas. Ça représente un avantage stratégique trop intéressant pour être rendu public.
Draco Malfoy : Heureusement, les droits associés à nos familles, pour diverses raisons, nous permettent de ne pas être obligés de déclarer une éventuelle forme Animagus. Nous le ferons peut-être un jour, mais pas avant la fin de ces conflits.
Il y a beaucoup de rumeurs et spéculations qui courent sur les pouvoirs d'un mage. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Hermione Granger : Pour faire simple, un mage a accès à tout l'éventail de la magie humaine. Sa spécialité et sa puissance vont le rendre meilleurs dans un domaine plutôt que dans d'autres, mais tous les mages peuvent théoriquement tout faire. Nous pouvons tous les cinq utiliser l'empathie, même si Manon est la seule à le faire instinctivement et restera toujours la meilleure.
Avez-vous une spécialité magique ?
Hermione Granger : Manon, donc, c'est l'empathie. Je suis mentaliste et analyste, Neville est biologiste.
Harry Potter : Draco et moi n'avons pas de spécialité particulière, mais une affinité pour certaines branches de la magie. La magie de combat et la métamorphose pour moi, et la magie noire pour Draco.
Draco Malfoy : Ce sont en fait plus des spécialités familiales que des dons individuels, comme pour Manon, Hermione ou Neville.
Que considérez vous comme maléfique dans la magie ? La magie noire ?
Draco Malfoy : Certainement pas ! La magie noire n'est pas une magie maléfique ! Selon sa définition, c'est la magie qui crée, modifie ou détruit les forces vitales du vivant, ces forces vitales étant la magie circulant dans chaque être vivant, même si cet être n'y a pas accès, son sang ou sa sève, et l'air qui circule en lui. Une Potion de Régénération Sanguine appartient à la magie noire. On ne peut donc pas dire qu'elle soit maléfique. Mais elle touche à des éléments sensibles, et comme tout outil puissant, elle peut faire autant de dégâts que de miracles, surtout quand on ne la maîtrise pas vraiment et qu'on la pratique sans se soucier des conséquences. La magie a un prix, et c'est encore plus vrai avec la magie noire.
Connaissez-vous des cas de magie noire qui ont mal tourné ? Quelles magies classez-vous comme "à manipuler avec précaution" ?
Draco Malfoy : La magie noire de base se passe généralement bien. Principalement celle utilisée en médicomagie : les potions de régénération sanguine, les sorts de stase… Par contre, dès qu'on commence à toucher aux rituels de magie noire, il est plus facile de trouver des cas où les choses ont mal tourné que ceux où tout s'est bien passé. Tout simplement parce que ces rituels ont généralement un but… assez important, qui peut aller de la guérison d'une maladie incurable à l'augmentation de la puissance magique, et ils sont bardés de protections diverses et variées afin de vérifier que la personne qui les pratique comprend bien leur but et leurs conséquences. L'exemple le plus simple que je puisse vous donner aujourd'hui est évidemment [Tom]. Tom Riddle, à l'époque où il était encore un étudiant de Hogwarts, était un beau garçon. Le Seigneur des Ténèbres avant sa chute en 1981 n'était plus qu'un monstre. Il a payé le prix des rituels de magie noire qu'il a pratiqués sans comprendre.
Que pensez-vous de Grindelwald ? Était-il pire ou mieux que Vous-Savez-Qui ?
Draco Malfoy : Grindelwald est allé beaucoup moins loin en termes de magie noire que [Tom] mais ça l'a rendu beaucoup plus dangereux car il a gardé toute sa santé mentale. En cela, il était bien pire que Face-de-Serpent : il a défendu ses idéaux et ses méthodes en étant sain d'esprit, ce qui montre qu'il était un véritable sociopathe, contrairement à [Tom] qui a commencé à véritablement mal tourner quand il a touché à la magie noire sans la comprendre, et a donc perdu de sa santé mentale.
Mr Malfoy, pourquoi êtes vous contre Vous-Savez-Qui, alors que vous venez d'une famille supposément de son coté ? Quelles sont vos dernières relations avec vos parents ? Avez vous quelque chose à dire à notre Ministre ou notre ministère en général ? À mes lecteurs ? Au monde sorcier ?
Draco Malfoy : Je m'oppose à [Tom] parce que c'est un sorcier qui est simplement avide de pouvoir et se sert d'une histoire millénaire pour arriver à ses fins personnelles. Ma famille défend effectivement en théorie les mêmes idées que [Tom] : la communauté magique doit se protéger, protéger son héritage, et pour cela, protéger les Sangs-Purs. Je ne nie pas partager une partie de ces idées, et ce n'est pas parce que je suis ami avec des personnes plutôt progressistes comme mes camarades ici présents que j'ai oublié tout un pan de mon éducation. Je considère simplement [Tom] comme un usurpateur. Ce grand défenseur des Sangs-Purs devant la grande magie est un Sang-Mêlé ! Même Harry, à qui on ne fait jamais oublier ses origines, a le sang plus pur que lui : ses deux parents étaient sorciers, au moins ! Le discours de [Tom] est juste un grand mensonge, basé sur une histoire personnelle mensongère. Il épouse peut-être les idées des Sangs-Purs les plus conservateurs, mais il épouse surtout leur réseau et leur compte bancaire ! Je trouve simplement hallucinant que tant de vieilles familles aussi respectables se soient abaissées à s'agenouiller devant un tel parvenu !
Manon Nestral : Ton père en fait partie…
Draco Malfoy : Je le sais, et il a tout fait pour que j'en fasse partie aussi. C'est hors de question. Les Malfoy ne s'inclinent devant personne. Les Black non plus. Ma mère s'en souvient, au moins. C'est dommage d'en arriver là, mais l'honneur de ma famille passe avant les idéaux tordus d'un seul de ses membres, même s'il est l'actuel Lord. Je ne soutiens pas mon père, je ne soutiens pas [Tom], je me suis assuré que ma mère et ma soeur soient en sécurité, et tout ce qu'il me reste à faire, c'est montrer à tous que ni les Malfoy, ni les Black, ne se laissent avoir par un escroc qui a trop joué avec la magie noire et s'en croit le roi du monde. Et j'invite notre Ministre et notre ministère, ainsi que toute notre communauté, à faire pareil : quelles que soient les idées que nous défendons, elles n'ont pas à être perverties par un sociopathe qui ne veut que notre argent et notre pouvoir pour mener une vendetta personnelle.
Avec votre père supposé être un Deatheater, comment avez-vous surmonté l'angoisse du retour de Vous-Savez-Qui, sachant que votre petite soeur, Cassiopeia, était vulnérable ?
Draco Malfoy : Ça n'a pas été facile, évidemment. Du aux liens de certains membres de ma famille avec [Tom], je savais dès juin dernier qu'il était effectivement de retour. À l'époque, je ne pensais pas avoir d'autres alternatives que faire profil bas, voire être enrôlé à mon tour comme Deatheater, si je voulais protéger ma mère et ma petite soeur. Ça a été des mois très difficiles. [Tom] profite du fait que le Ministère nie son retour pour rester discret et rassembler des forces, en nombre d'hommes, en matériel, en puissance magique… Plus le temps avançait, plus ça devenait difficile pour moi de passer inaperçu. Le fait que je sois mage m'a permis d'avoir à la fois la puissance et le soutien nécessaires pour ne pas avoir simplement à subir, et maintenant que ma mère et ma soeur sont en sécurité, je peux afficher mes véritables opinions. C'est un réel soulagement.
Messieurs Longbottom, Potter et Malfoy, vous êtes tous les trois héritiers de grandes familles. Avez-vous déjà une idée de ce que vous voulez faire ? Comment vous voyez vous dans 10 ans ?
Draco Malfoy : Si mon père continue à rester fidèle à Face-de-Serpent, Lord.
Neville Longbottom : Lord aussi, évidemment, mais avant toute cette histoire, je souhaitais travailler dans l'Herbologie. Peut-être que je pourrai continuer ces projets.
Harry Potter : Il n'y a pas de raison, tu es vraiment doué. Personnellement, je suis déjà Lord, mais je ne sais pas du tout ce que je pourrai faire plus tard. Pendant un temps, j'avais pensé être Auror, mais je n'en suis plus si certain.
Manon Nestral : Pourquoi ?
Harry Potter : Parce que même si les Potter sont connus pour être des chasseurs de mages noirs, ils font ça dans un cadre bien spécifique, propre aux Potter et à l'Ordre de la Table Ronde. Je ne pourrai pas bénéficier des mêmes conditions si je suis Auror. Je n'ai pas envie de me priver de certains moyens juste pour avoir une étiquette officielle sur ce que je fais. Et Auror m'obligerait à faire ça à plein temps, alors que les Potter n'interviennent habituellement que dans les affaires les plus sérieuses. Je veux avoir le temps de faire d'autres choses, avoir une famille, faire de la politique, m'occuper de Hogwarts…
Avez-vous des projets politiques pour l'avenir de notre Ministère et de notre monde ?
Harry Potter : Je ne suis pas très porté sur la politique, c'est quelque chose qui intéresse plus Draco et Manon mais, comme tout le monde, je pense, j'ai des idéaux et des convictions que j'aimerais voir représentés. Par exemple, j'ai eu la mauvaise surprise de découvrir qu'il n'y a aucune loi interdisant la diffamation. Je crois que je ne vous apprends rien en vous disant que mon nom et ma réputation ont été écorchés à plusieurs reprises, sans aucune preuve ou aucun fait qui le justifie, et sans que j'ai la possibilité de me défendre. Et je ne suis pas le seul parmi nous.
Manon Nestral : Cet exemple est d'autant plus frappant pour tous ceux qui connaissent le monde non-magique et qui savent que dans n'importe quel pays moderne, la presse n'a pas le droit de se déchaîner sans raison sur quelqu'un. Ça s'appelle de la diffamation, et il y a eu de très nombreux procès sur ça, et la victime en sort très souvent gagnante. Le traitement de Harry dans la presse est absolument scandaleux pour n'importe quelle personne née-moldue ou ayant vécu dans le monde non-magique.
Harry Potter : En parlant des Nés-Moldus, c'est aussi une de mes convictions : j'aimerais qu'ils soient mieux intégrés dans la société magique. Cela passe par plusieurs points : l'abrogation des lois discriminatoires à leur égard tout d'abord. Ce n'est pas normal que Hermione ou Manon n'aient pas la même protection juridique qu'un sorcier de sang mêlé ou de sang pur, alors qu'elles sont tout autant sorcières. Et ça passe aussi par l'éducation. De nombreux… malentendus entre ceux ayant grandis dans le monde non-magique et ceux ayant grandi dans le monde magique viennent du fait que ceux ayant grandi dans le monde non-magique ne connaissent pas la raison des traditions sorcières, et qu'elles passent du coup pour simplement désuètes, alors qu'elles ont la plupart du temps une explication. Les Nés-Moldus sont alors persuadés que les Sangs-Purs sont simplement des personnes en retard technologiquement, et qui en plus se permettent de les prendre de haut parce qu'ils ne connaissent pas les traditions sorcières, et les Sangs-Purs sont persuadés que les Nés-Moldus veulent absolument détruire toutes les traditions sorcières, alors que s'ils les comprenaient, ils les respecteraient.
Hermione Granger : Il faudrait déjà que les Sangs-Purs acceptent de reconnaître que les moldus ont pris une très forte avance technologique. Ça leur permettrait de comprendre le fossé culturel entre les deux communautés. Le cours d'Étude des Moldus est en retard de plus d'un siècle !
Justement, comment allez-vous vous occuper de Hogwarts, Lord Potter ? Pensez-vous qu'il y a des choses à changer dans notre système éducatif ?
Harry Potter : Oui, beaucoup de choses. La plupart des cours qu'on a aujourd'hui sont très bien…
Hermione Granger (l'interrompant) : Leur niveau est en baisse constante depuis des décennies. Je ne suis pas sûre qu'un étudiant passant ses OWLs aujourd'hui soit capable de passer celles d'il y a vingt ans, ou quarante ans…
Draco Malfoy : Tu n'es pas en train d'exagérer ?
Hermione Granger : Non. Il y a des annales des anciens examens, à la Bibliothèque, et j'ai voulu faire des examens blancs pour voir où j'en suis dans mes révisions. Je peux passer sans problème ceux des dernières années, mais plus on remonte dans le temps, plus ils deviennent compliqués.
Manon Nestral : Il n'y a pas besoin d'être sorcier depuis longtemps pour voir d'où vient le problème. Harry vient d'en parler : les Nés-Moldus n'ont jamais de cours d'intégration pour comprendre le monde magique. Or, les enfants sorciers apprennent non seulement à lire et à écrire avant Hogwarts, mais aussi les traditions sorcières, et les bases de la théorie de la magie, de l'Histoire sorcière, des potions… Voire même peut-être quelques sorts. Et Hogwarts est obligé de reprendre tout ça en première année pour que les nés-moldus ne soient pas immédiatement à la ramasse. Ça fait perdre un semestre à un an par rapport à l'époque où il y avait des cours d'intégration.
Harry Potter : Et Hogwarts était autrefois une école destinée à une élite de puissants, magiques et intellectuels, et aujourd'hui, c'est une toute autre élite qui la fréquente, qui n'a pas forcément la puissance requise pour suivre les cours plus intenses qui étaient fournis avant. Forcément, le niveau baisse. Et idéalement, j'aimerais refaire de Hogwarts une école destinée aux meilleurs magiciens, quelle que soit leur origine. Mais pour qu'on puisse avoir des nés-moldus, ça veut dire qu'il faut qu'ils intègrent le monde sorcier un peu plus tôt, afin d'être au même niveau que les autres en première année. C'est tout un projet, qui doit être réfléchi sur le long terme, et qui va devoir se faire en partenariat avec l'équipe enseignante de Hogwarts et le Département de l'Éducation du Ministère. Je ne peux pas faire ça seul dans mon coin, même si l'école m'appartient.
Sur un tout autre sujet, vous nous avez parlé de l'Ordre de la Table Ronde. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Harry Potter : Neville serait bien mieux placé que moi pour répondre.
Neville Longbottom : C'est un ordre de chevaliers-mages. Le premier fondé, et le dernier encore existant. Il a été créé à l'époque de Merlin, et rassemblait les chevaliers de la Table Ronde, comme son nom l'indique. Ce n'était pas que les sorciers, à l'époque, mais après la disparition d'Arthur et de ses Chevaliers, seuls les mages de cet ordre l'ont conservé, et il est devenu exclusivement magique. Les chevaliers-mages, qu'ils appartiennent à l'Ordre de la Table Ronde ou non, ont pour mission de lutter contre l'utilisation maléfique de la magie. Ils ne s'occupent généralement pas des petits criminels qui utilisent une potion illégale ou un Impardonnable, mais ils s'occupent des véritables terroriste magiques, ceux qui veulent asservir une partie plus ou moins grande de la communauté avec l'utilisation maléfique de la magie : rituels, magie blanche ou noire utilisée à des fins mauvaises… [Tom] entre dans cette catégorie, et c'est pour ça que Harry et moi, qui faisons tous les deux partie de l'Ordre de la Table Ronde, devons… comment dire… C'est le rôle typique de nos familles de nous occuper d'un sorcier comme [Tom]. Il y a eu d'autres Ordres de chevalerie magique au cours de l'Histoire, mais l'Ordre de la Table Ronde est le dernier encore existant, et nous ne sommes plus que trois familles à en faire partie. C'est quelque chose qui se transmet uniquement de père en fils.
Vous dites que l'Ordre de la Table Ronde est le premier ordre de chevaliers-mages mais pas le seul, connaissez vous d'autres Ordres maintenant disparu ? Et savez vous pourquoi ? Votre Ordre va-t-il disparaître un jour ?
Neville Longbottom : Certains Lords ont créé leur propre Ordre de Chevalerie, principalement au Moyen-Âge. Il y en a eu des dizaines. Je suis loin de les connaître tous, mais je sais que les Longbottom ont fait également partie de deux autres Ordres à une époque, l'Ordre de la Rose et l'Ordre des Chevaliers d'Argent. L'Ordre de la Rose a été créé pendant la Guerre des Deux Roses, dans les années 1400. C'était tout un tas de conflits civils nés à cause d'une guerre d'héritage à la Couronne Britannique. L'Ordre de la Rose a été fondé par les York, qui avaient pour emblème une rose blanche. L'Ordre a pris fin quand Elizabeth d'York s'est mariée à Henri VII, des Tudor, ce qui a mis fin à ces guerres. La plupart des Ordres ont disparu pour des raisons similaires, fondés par des Seigneurs pas forcément magiciens, mais au courant de l'existence de la magie, et qui ont eu l'idée d'associer des magiciens à leurs combats. Certains Ordres ont duré un peu plus longtemps que les conflits pour lesquels ils ont été créés, mais ils ont pour la plupart été dissous par les descendants de leurs fondateurs. L'Ordre de la Table Ronde est particulier car il est séparé de toute famille. Il doit allégeance à la Couronne, peu importe la famille qui la porte. Et ses statuts empêchent sa dissolution par un nouveau Roi. Il peut disparaître, par contre, si les dernières familles qui en font partie s'éteignent.
Pardonnez moi si je me trompe mais vous avez parlé de trois familles faisant partie de l'Ordre de la Table Ronde. Il y a donc les Potter et les Longbottom mais quelle est cette troisième famille ?
Neville Longbottom : Les Bones. Mais comme il n'y a plus d'homme de sang Bones en vie, et que l'Ordre de la Table Ronde est exclusivement masculin, il n'y a pas actuellement de chevalier-mage Bones. Il y en aura un si Susan Bones, l'actuelle Héritière, a un fils. Les Abbott font officiellement partie de l'Ordre, par leur héritage, mais ils ne forment plus de chevaliers-mages depuis plusieurs générations.
Que pensez vous des créatures magiques ? Doit on les intégrer ? Les rejeter ? Les aider ?
Hermione Granger : Je pense déjà qu'il faudrait entièrement revoir notre classification des créatures magiques. Les Gobelins et les Centaures, par exemple, qui sont des peuples à part entière, disposant de la même intelligence et d'un accès équivalent à la magie, même si leur magie est différente de celle des humains, ne devraient pas être classés comme des… créatures, comme si c'était des animaux à peine plus intelligents que des animaux non-magiques. Certains de ces peuples sont plus anciens que les humains, et simplement parce que les humains sont plus nombreux, ils estiment avoir le droit de contrôler ces peuples. Ce n'est pas juste.
Manon Nestral : Hermione est lancée…
Hermione Granger : Dis que j'ai tort !
Manon Nestral : Non, tu as absolument raison, et tu sais que je partage ton avis. Simplement, c'est un sujet qui te tient à coeur, et je sais que si on te laisse parler, on est encore là demain. Je suis sûre que Miss Skeeter a autre chose à faire de sa nuit… Si tu pouvais utiliser ton esprit d'analyse pour synthétiser ton idée, ce ne serait pas de refus.
Hermione Granger : Bien. Je pense donc qu'on devrait rendre leur autonomie aux peuples qui disposent de la même intelligence que les humains, tout en favorisant les bons échanges avec des accords inter-races. Pour les créatures magiques qui sont réellement des créatures magiques, je pense que ça doit se faire au cas par cas. Évidemment qu'il doit y avoir une forme de contrôle, mais est-ce qu'elle doit être faite par les humains ? Est-ce que d'autres peuples intelligents ne seraient pas mieux placés pour veiller sur certaines créatures, et s'assurer à la fois qu'elles soient protégées, tout en évitant soit de briser le Secret Magique, soit, pour les plus dangereuses, qu'elles attaquent tout ce qui bouge… Et je pense aussi qu'il est important que les magiciens apprennent véritablement ce dont sont capables les peuples intelligents, ainsi que les grandes lignes de leur histoire, afin de favoriser soit une meilleure intégration s'ils veulent se mêler aux humains, soit au moins de meilleurs échanges.
Neville Longbottom : En plus, l'avantage de reconnaître la véritable valeur des peuples intelligents, tant au niveau légal que social ou économique, permettrait d'alléger beaucoup de tensions qui règnent actuellement entre les sorciers et la plupart de ces peuples.
Que pensez-vous des Dementors ? D'autres créatures sombres qui ont rejoint Vous-Savez-Qui par le passé et qui vont peut-être le faire à l'avenir ? Un message à leur transmettre ?
Harry Potter : Je crois qu'il est important que tout le monde, les sorciers comme les différents peuples et créatures magiques, comprennent que [Tom] ne sert que ses propres intérêts. C'est un sang-mêlé qui prétend épouser la cause des Sangs-Purs les plus conservateurs simplement parce que c'est là que se trouvent les vieilles richesses. Il promet monts et merveilles aux différentes créatures parce qu'il sait qu'avec la politique actuelle du Ministère, il marche sur du velours, et il n'a aucune intention de remplir ses promesses.
Neville Longbottom : Je crois que la manière la plus efficace de convaincre les différents peuples et créatures magiques de ne pas se rallier à [Tom] est de ne plus leur en donner de raison. Il faut absolument qu'on revoit leurs droits et devoirs au sein de la communauté magique britannique. S'ils voient, concrètement, qu'ils peuvent avoir une place, dans le respect et la sécurité à la fois de ces peuples et créatures, mais aussi des sorciers et des non-magiciens, alors ils auront nettement moins de raisons de rejoindre [Tom].
Avez-vous prévu des échanges entre sorciers d'autres pays, d'autres continents ?
Hermione Granger : Nous n'avons encore rien prévu de ce genre, mais je pense qu'il sera nécessaire un jour de nous pencher sur ce qui se fait dans d'autres pays.
Manon Nestral : J'aimerais bien qu'on regarde ce qui se passe dans la France magique, notamment. Je suis Française, mais je ne connais pas du tout la France magique, et j'aimerais bien savoir si c'est pareil ou différent de la Grande Bretagne magique.
Draco Malfoy : C'est assez différent.
Manon Nestral : Comment tu sais ça ?
Draco Malfoy : Lointaines origines françaises, et ma mère adore la France et Paris. Nous y allons régulièrement. La France magique est plus ouverte, tant sur les communautés magiques qui l'entourent, que sur les non-magiciens qui habitent le même pays.
Manon Nestral : J'ai de quoi être fière d'être Française, alors ?
Draco Malfoy : (avec un rire) Tu peux… Même si ça me fait mal de le reconnaître.
Miss Nestral, que pensez vous de cette création d'une loi sur la restriction des voyageurs temporels ?
Manon Nestral : Il y a toujours eu des voyages temporels, et il y en aura toujours. C'est un sujet vaste et complexe, et la loi qui a été présentée le 31 décembre 1995 présente des lacunes considérables. Le texte est à présent étudié par le Département des Mystères, et j'espère qu'ils y accorderont l'importance nécessaire, c'est-à-dire qu'ils demanderont le rejet pur et simple de cette loi. Les voyages temporels, à mes yeux, doivent être considérés au cas par cas, car chaque situation est différente. Une loi obligerait à classer ces voyages temporels dans des cases qui ne leur correspondront sans doute pas, mais qui satisferont les intérêts de ceux qui ne devraient probablement pas être mêlés à la situation.
Si jamais une loi contrôlant les voyageurs dans le temps devait passer, que feriez vous ?
Manon Nestral : Honnêtement, tout dépendra du contenu final de cette loi. Mais je n'ai aucune intention de me laisser "contrôler" comme vous dites, plus qu'un citoyen normal. Je respecte les lois actuelles qui valent pour tout membre de la communauté magique, je respecte les droits et devoirs associés au fait d'être membre de cette communauté magique, j'accepte à la rigueur d'être enregistrée comme voyageuse temporelle parce que c'est un fait, mais je refuse absolument que cet événement dont je suis avant tout une victime soit la cause d'un contrôle du moindre de mes faits et gestes, avec la possibilité pour quelqu'un dont je ne connais pas les intentions de m'autoriser ou m'interdire certaines choses qui vont au delà du bon sens permettant d'éviter les paradoxes temporels. Je pense être capable de quitter le pays, malgré toute la peine que ça me causerait, si une loi aussi abusive venait à être votée.
Pensez vous aller voir votre vous plus jeune ? Aller voir vos parents ?
Manon Nestral : Non, je ne pense pas. Cela n'apporterait rien de bon à personne.
Y a-t-il quelque chose qui vous manque le plus par rapport à votre époque ?
Manon Nestral : Internet ! Sans aucune hésitation.
Hermione Granger : Pourquoi ? C'est juste un outil de recherche…
Manon Nestral : En 1996, peut-être, mais plus tard, on peut faire des tas de choses dessus ! Effectivement faire des recherches, mais aussi communiquer, échanger des photos et des vidéos, jouer, créer… Plein de choses !
Hermione Granger : Quel intérêt d'échanger des photos et des vidéos ? Le temps de chargement est terriblement long !
Manon Nestral : Plus à mon époque. Le chargement d'une photo est quasiment instantané, et celui d'une vidéo à peine plus long.
Neville Longbottom : Mais de quoi vous parlez ?
Hermione Granger : Une technologie moldue assez récente. Internet est un système d'échange de données à distance. Jusqu'à récemment, c'était réservé aux grosses entreprises, pour accélérer certains de leurs processus, mais le grand public commence à y avoir accès. Je suppose qu'à l'époque de Manon, c'est très commun.
Manon Nestral : Oui. De plus en plus d'administrations demandent à ce que les démarches soient effectuées par Internet, tellement c'est devenu courant.
Hermione Granger : J'ai du mal à comprendre pourquoi. C'est compliqué d'expliquer les technologies informatiques sans y passer des heures, mais même si c'est pratique pour des tâches simples, comme le traitement de texte, j'ai du mal à concevoir que ça puisse te manquer.
Manon Nestral : L'écart technologique entre l'informatique que tu connais et celui que je connais est presque aussi important que celui entre les connaissances de Neville et les tiennes en la matière. Il y a eu des progrès phénoménaux ces dernières années, enfin, celles avant mon voyage temporel, et l'utilisation d'un ordinateur est complètement différente qu'en 1996.
Que faisiez-vous, Miss Nestral avant d'arriver à Hogwarts à cette époque ? Et vous, Miss Granger, si vous n'aviez pas reçu votre lettre pour Hogwarts, qu'auriez-vous fait ?
Manon Nestral : J'étais étudiante en langues étrangères et je souhaitais m'orienter vers la communication d'entreprise, en interne ou externe, c'était encore à déterminer.
Hermione Granger : Je suis arrivée à Hogwarts, j'avais presque douze ans. Je n'avais pas encore fait de projets de carrière. J'hésitais entre le droit, l'enseignement et la médecine.
Harry Potter : Et maintenant ?
Hermione Granger : Avant de découvrir que je suis mage, je voulais faire de la recherche en sortilèges. Aujourd'hui, je ne sais plus, c'est à revoir…
Quelle a été votre réaction quand vous avez découvert que, hormis la magie, certaines choses pourtant complètement surréalistes étaient réelles ? Cela a-t-il changé votre vue sur ce qui vous entoure ?
Manon Nestral : Loin de moi l'idée de vous vexer, Miss Skeeter, mais je trouve cette question typique d'une sorcière ayant toujours vécu dans le monde sorcier. Vous avez tant l'habitude de la magie, que vous ne cherchez pas à comprendre ce qui peut se passer autour de vous. C'est magique, et ça n'a pas besoin d'explications. Je trouve que les sorciers manquent sincèrement de curiosité. Même à Hogwarts, alors que nous sommes des étudiants, qui devrions être curieux de ce qu'on nous enseigne, je ne vois que très peu de curiosité. Même chez les Ravenclaws dont c'est censé pourtant être un trait de leur maison. Évidemment que le monde est plein de choses surréalistes pour notre entendement. Cela prouve que nous sommes encore loin de tout comprendre, soit parce que nous sommes encore en apprentissage, soit parce que tel ou tel phénomène n'a pas encore été expliqué. Mais c'est ce qui en fait la beauté et l'intérêt.
Hermione Granger : Je pense que c'est aussi pour ça que les enfants sorciers ayant grandi dans le monde non-magique ont tant de mal à intégrer le monde magique. Toute notre enfance, nous apprenons à être curieux, à exercer notre esprit critique, à voir les choses au delà de leurs apparences, à essayer de comprendre le fonctionnement des choses. Et tout d'un coup, dès le premier cours de théorie de la magie à Hogwarts, on nous explique que… c'est magique. Mais pour la plupart des nés-moldus ou enfants ayant grandi dans le monde non-magique, ça ne suffit pas. Alors on pose des questions, auxquelles les sorciers n'ont pas de réponse parce qu'ils ont accepté l'explication première de « C'est magique. », et on passe pour des personnes qui veulent remettre en cause les traditions et la culture sorcière. Ce n'est pas le cas, on veut juste… comprendre.
Harry Potter : Je partage tout à fait l'avis de Manon et Hermione, et pour en revenir au coeur de la question, avoir découvert l'existence de la magie nous a certainement appris à chercher un peu plus loin que l'explication la plus simple pour les phénomènes que nous ne comprenons pas, ou dont nous doutons de l'existence. Peut-être effectivement que ça existe, peut-être effectivement qu'on ne peut pas l'expliquer scientifiquement, sans doute que ça peut s'expliquer alors magiquement. Mais je suis d'accord avec Hermione : j'ai aussi beaucoup de mal à me contenter d'un « C'est magique. »
Vous pensez donc faire des recherches sur la magie et son fonctionnement ? Ou organiser des recherches ? Avez vous déjà des théories sur le fonctionnement de la magie ?
Hermione Granger : Oui, on souhaite faire des recherches pour approfondir nos connaissances sur la magie. Il n'y a encore rien de concret, nous avons d'autres préoccupations pour le moment, mais j'espère qu'on pourra s'y consacrer plus tard. Pour l'instant, nos connaissances sont celles officiellement enseignées aux sorciers.
Avez-vous des projets concernant le monde moldu ?
Hermione Granger : Dans l'immédiat, non. Mais nous aimerions rapprocher les communautés magique et non magique. Les sorciers ont plein de choses à apprendre des non-magiciens !
Draco Malfoy : Et mieux les connaître permettrait également de protéger plus efficacement le Secret Magique.
Harry Potter : Ou repérer plus rapidement les nés-moldus et vérifier s'ils sont bien traités.
Manon Nestral : Avec deux nées-moldues dans le groupe, on va vouloir trouver un équilibre et ne pas complètement couper les ponts. La famille de Hermione et la mienne sont complètement non-magiques, et nous n'avons pas l'intention de nous en séparer.
Draco Malfoy : Les Malfoy, et sans doute les Potter, les Black et les Longbottom aussi, ont des intérêts économiques dans la communauté moldue, qui est beaucoup plus florissante que la communauté magique. Peut-être serait-il intéressant à l'avenir de transformer ces intérêts économiques en quelque chose de plus pratique : de la recherche scientifique, technique…
Harry Potter : La priorité reste pour l'instant évidemment la protection des non-magiciens, de faire en sorte qu'ils ne se rendent pas compte qu'un terroriste sévit dans notre communauté. Peut-être y a-t-il là aussi des perspectives de développement pour l'avenir ?
Neville Longbottom : Aucun de nous n'est fermé à la communauté non-magique, et les familles Black, Potter et Longbottom, de part leur ancienneté, ont traditionnellement des liens avec l'élite non-magique. Nous n'avons pas l'intention de les rompre, bien au contraire.
Que pensez-vous de l'éducation moldue ? De possibles transpositions à Hogwarts comme des sorties scolaires ou encore l'instauration de clubs ou d'autres sports comme le Quidditch ?
Hermione Granger : Il y a déjà d'autres clubs à Hogwarts que le Quidditch, mais c'est vrai que d'autres sports permettraient sans doute à d'autres talents de se montrer. L'éducation moldue est à la fois plus générale et plus poussée. On apprend jusqu'à la fin des études générales l'anglais, la littérature, les mathématiques, l'Histoire, la géographie, les sciences… Plein de choses qui sont considérées comme acquises par les Professeurs d'Hogwarts alors qu'on y arrive à à peine onze ans. Je trouve dommage qu'Hogwarts n'offre pas ces cours de base en plus des cours de magie. Ça permettrait aux élèves de mieux s'exprimer, d'avoir une ouverture plus importante sur le monde, qu'il soit magique ou non.
Draco Malfoy : Notre emploi du temps est déjà suffisamment chargé comme ça, Hermione. On ne peut pas demander à tout le monde une telle masse de travail.
Manon Nestral : Nous sommes en pensionnat et nous avons pourtant un emploi du temps plus léger que des enfants rentrant tous les jours chez leurs parents. Je n'ai jamais eu aussi peu d'heures de cours de tout mon collège et lycée. Je sais que les Anglais ont de manière générale un emploi du temps plus léger que les Français, mais c'est parce qu'ils sont plus incités à faire des choses en dehors de leurs leçons : du sport, de la musique, des arts… Des choses qui ne sont proposées qu'à un tout petit nombre à Hogwarts. Il y a le potentiel de rajouter quelques heures de cours d'enseignement général.
Harry Potter : Ça ne se fera pas tout de suite, cependant. Ça demande un temps de réflexion, pour voir comment on peut mettre ça en place, quelles matières ajouter et de quelle manière, quels professeurs recruter… Et ajouter ces matières demandera à repenser les enseignements qui existent déjà. Bref, c'est un travail de fond, et on ne peut pas faire ça sans impliquer les professeurs et éventuellement les parents d'élèves.
Comment ça se passe, maintenant, entre vous et les autres élèves de l'école ?
Harry Potter : Comme avant. Enfin, pour moi en tout cas. J'ai toujours préféré avoir un groupe d'amis de confiance, et laisser parler les autres. C'est le cas aujourd'hui. Nous avons des amis autour de nous, avec lesquels nous nous entendons bien et en qui nous avons confiance, et ce que peuvent me dire les autres, je m'en moque complètement.
Les quatre autres hochent la tête
Draco Malfoy : Ça me change, cette mentalité, je dois le reconnaître. Mon père m'a appris à faire attention à l'image qu'on dégage auprès des autres. Et c'est quelque chose que j'aime, malgré tout. Mais curieusement, malgré la magie, ma vie est beaucoup moins stressante depuis que je me contente d'un petit groupe d'amis.
Manon Nestral : Petit, petit… Je parie que si tu les réunis tous, nous sommes plus d'une trentaine, toutes maisons confondues…
Toutes maisons confondues ? Vraiment ?
Hermione Granger (avec un grand sourire) : Vraiment. C'est ce dont je suis le plus heureuse depuis que nous sommes mages. Nous avons dépassé l'appartenance aux maisons.
Qu'en pensent les professeurs ?
Hermione Granger : Ils en sont satisfaits, pour la plupart. Chaque année, on nous rappelle l'importance de l'entente au delà des maisons. À présent, notre groupe peut constituer une sorte… d'exemple. En plus, nous avons Harry Potter, et même si Harry n'aime pas ça, c'est évident que ça aura de l'influence. Et Draco et moi sommes également préfets. C'est presque notre… devoir, de montrer ce genre d'exemple.
Comment ça se passe, en classe ?
Neville Longbottom : Les professeurs sont compréhensifs. Ils savent que le cursus classique n'a plus grand intérêt pour nous, dans certaines matières en particulier, alors ils nous font un programme personnalisé. Ils sont chacun reconnu dans leur propre matière, et mettent à notre disposition leur savoir et leur expérience. C'est très valorisant.
Pouvez-vous nous en dire plus sur les traditions sorcières de votre point de vue ? Doivent-elles disparaître pour certaines ? Être remises au goût du jour ? Connaissez-vous certaines disparitions qui auraient pu avoir lieu au cours du temps ?
Draco Malfoy : Vous avez devant vous cinq personnes qui ont chacune un point de vue différent sur la place des traditions dans la société magique. Je crois que le seul consensus que vous aurez est que certaines traditions sont indispensables, et d'autres franchement désuètes et peuvent être supprimées. Mais même sur ces traditions désuètes, nous pouvons être en désaccord. Vous avez devant vous un très bon panel représentatif des différentes philosophies et croyances existant en Grande Bretagne magique.
Neville Longbottom : Ces différences de point de vue sont approfondies par le fait que Harry, Hermione et Manon ont grandi dans le monde non-magique et n'ont pas grandi avec ces traditions. Draco et moi, même si nous avons grandi dans des familles aux opinions politiques opposées, avons eu une éducation semblable sur l'importance des traditions.
Manon Nestral : C'est quelque chose qu'ils nous transmettent aujourd'hui, afin qu'on puisse avoir un avis plus éclairé sur l'importance de telle ou telle tradition. Je n'aurais jamais imaginé que l'écriture à la plume avait un rôle sur la transmission de la magie, par exemple. Je pensais juste que c'était un exemple des sorciers réfractaires aux découvertes moldues, et qui se refusaient à utiliser un stylo bille.
Neville Longbottom : Un quoi ?
Hermione Granger : Une sorte de bâton en plastique, avec une bille à l'extrémité, et rempli d'encre. En faisant rouler la bille sur le papier, on peut écrire. Ces stylos ont une très longue durée de vie pour des moyens d'écriture. J'avais aussi été perturbée par le fait que vous ne les utilisiez pas, en première année. Quelle perte de temps de toujours devoir recharger sa plume pendant qu'on écrit. Mais Manon a raison, on ne nous a jamais appris que l'écriture à la plume avait son importance.
Manon Nestral : D'une manière générale, nous avons découvert peu de traditions qui doivent purement et simplement disparaître. Certaines peuvent être adaptées, remises au goût du jour comme vous dites. La discrimination abusive des nés-moldus, elle, doit disparaître, par contre.
Draco Malfoy : Et le respect du libre arbitre et de l'intégrité des espèces intelligentes, dont nous avons parlé, est une vieille tradition disparue qu'il serait utile de voir renaître. Considérer les Centaures et les Gobelins comme des êtres inférieurs est une tendance plutôt récente, dans l'histoire du pays.
Bien, pour terminer cette rencontre, avez-vous quelque chose de particulier à dire à nos lecteurs ?
Neville Longbottom : Quelque chose de cher à Manon et Hermione : gardez l'esprit ouvert, réfléchissez à ce qu'on vous dit, ne prenez pas tout pour argent comptant. Comparez les versions opposées d'un même récit, confrontez les faits... Si vous montrez un esprit ouvert et critique, notre pays sera nettement moins fragile face à [Tom] et à ceux qui voudraient nous garder dans une ignorance béate pour mieux nous gouverner.
C'est sur ce sage conseil que nous terminerons cette interview. Comme vous le savez, je mets un point d'honneur à participer à cet exercice de la pensée critique, à remettre en cause les idées établies, et je pense que de beaux jours s'ouvrent devant nous si ce conseil est suivi par vous, chers lecteurs.
Je suis impatiente de voir ce que ces cinq jeunes adolescents propulsés mages vont faire, et vous savez que je vous tiendrai informés avec grand plaisir.
Rita Skeeter.
Sympa, hein ? Bon, c'est vrai que sa conclusion est très... ironique, à mes yeux, mais si ça marche...
Elle a enlevé des passages, l'interview a duré deux heures, mais elle a quand même gardé l'essentiel et l'esprit de la rencontre. Elle ne pouvait pas non plus tout mettre, il aurait fallu un magazine entier pour ça. Donc voilà.
Les élèves ont déjà commencé à remettre leur imagination en marche pour faire circuler le Quibbler dans l'école sous le nez de Dumbledore, et la rumeur de l'article se répand à vitesse grand V. Au déjeuner, les jumeaux ont fêté ça en mettant le désordre dans la Grande Salle : des confettis qui pleuvent en masse, des pétards festifs, des petits feux d'artifice... Rien qui ne s'attaque aux élèves, pour ne pas les décourager dans leur lecture ou leur soutien, mais suffisamment de bruit et de désordre pour marquer le coup. Le déjeuner s'est passé dans une très bonne ambiance, du coup.
Bon, je te laisse, on va préparer leur fête d'anniversaire. Avec ce qu'ils ont fait ce midi, il faut qu'on soit à la hauteur.
Bisous !
Notes de l'auteur :
Les anecdotes racontées par Manon sont auto-biographiques. Ça fait partie de ce que je lui ai laissé de moi pour ne pas avoir à lui inventer tout un passé (paresse, quand tu nous tiens ;) ).
Le groupe Polymnie mentionné par Draco est une création de ma part, initialement pour une histoire originale que je n'ai jamais réussie à vraiment écrire au delà de quelques passages clés. Autant qu'il serve quelque part ;) Les Bizarr' Sisters et Lorcan d'Eath sont bien issus du canon de JKR par contre :) (les Bizarr Sisters sont mentionnées dans la Coupe de Feu et Lorcan d'Eath sur Pottermore).
L'Ordre de la Rose mentionné par Neville est aussi une création. Si vous êtes courageux et avez déjà quelques notions d'Histoire anglaise, je vous invite à vous renseigner sur la Guerre des Deux Roses, c'est un micmac politico-guerrico-royal assez impressionnant (c'est l'inspiration de GRR Martin pour son Trône de Fer). Je me suis personnellement contentée de la page Wikipedia pour vérifier que je ne faisais pas dire d'âneries monstrueuses à Neville.
Ensuite, un très grand merci à LunaMidnight15, le Cerf-Pentard et Carlout42 pour leur participation à cette interview, j'ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec vous ! Il faut que je trouve un moyen de refaire ça pour un autre chapitre, je me suis beaucoup amusée :)
Enfin, vous constatez que je publie ce chapitre un vendredi. Tout simplement parce qu'à partir de demain jusqu'à dimanche, dans 10 jours, je suis en Écosse avec ma meilleure amie (c'est mon cadeau pour notre anniversaire des 30 ans :) ). Donc pas d'Internet pour publier le chapitre lundi ou les jours proches.
Pour me faire pardonner et vous occuper jusqu'au lundi 15 mai, où on reprendra le rythme normal, j'ai mis l'intégralité de l'interview au lieu d'extraits comme c'était prévu initialement.
Et ne vous étonnez pas si je réponds moins rapidement aux commentaires, j'y répondrai à mon retour de voyage :)
À dans 10 jours donc !
MAJ le 05/01/2018
