Iris

Se rendre à Ebenelle, la ville mère des dragons, Iris en rêve depuis que Goya lui en a parlé. Il lui a raconté des légendes, enjolivé certains passages, mais Iris captivée n'a pas tenu compte des interventions plus mesurées de Watson. Le champion de Janusia a promis de l'amener, il voulait rendre visite à des connaissances, Iris n'a pas vraiment compris, elle était trop excitée pour écouter.

Ils sont arrivé dans l'après-midi, ont rencontré le doyen du clan dragon et ses élèves, puis sont allé méditer dans l'antre… cinq minutes.

-Iris dehors, va donc visiter les alentours. Gronde Watson

La jeune fille baisse la tête contrite, mais déjà son attention est détournée par le passage d'un Minidraco qui ondule gracieusement dans le lac à quelques mètres à peine. Lorsque son tuteur baisse la tête à sa hauteur un regard sévère affiché sur son visage, elle bat en retraite vers la sortie.

-Et ne cours pas, ça glisse.

Perchée dans un arbre, elle croque dans une pomme qu'elle gardait en réserve dans son sac. C'est seulement une fois le fruit terminé qu'Iris s'aperçois qu'elle n'est plus seule. Elle hume l'air, baisse les yeux et regarde l'homme/le dragon qui s'approche.

Il lève les yeux « curiosité », puis gronde doucement « ne va pas tomber ». Ses cheveux carmin ondulent sous le vent printanier et lorsque ses yeux croisent les siens il sourit.

-Je m'appelle Iris.

Elle attrape la branche, se glisse à terre puis se force à s'incliner pour le saluer. Le geste lui paraît décalé, presque étrange.

-Je suis Peter.

Il ébouriffe ses cheveux « bonjour toi », se penche pour effleurer son front de son menton « petit dragonneau », Iris a l'impression qu'il sent son odeur, puis il se relève en souriant.

Paradoxalement, son salut semble bien plus naturel à Iris que sa propre présentation. Elle aimerait y répondre en sautant à son cou, faire ce que lui dicte son instinct, mais les souvenirs du pensionnat de Janusia l'en empêche. Ca ne se fait pas. Elle lève la tête incertaine, joue avec ses doigts, nerveuse.

Il rit, se laisse tomber dans l'herbe « viens n'aie pas peur ».

-Tu es dresseur, tu as des pokémons ?

-Oui

Iris n'ose pas insister, parler lui semble soudain déplacé face à cet homme qui communique essentiellement avec son corps, elle s'agenouille, se relève puis finalement s'assied en tailleur incapable de garder son calme

« Je veux jouer, je veux jouer » Entend Peter.

Il libère Draco.

Iris l'approche, lui tourne autour « tu joue avec moi ?». Draco s'enroule, fait un nid de ses anneaux dans lequel elle se glisse. Peter observe la scène attendri.

Les jeux laissent place à la fatigue puis finalement au sommeil, Iris baille toute retenue envolée, elle délaisse le Draco taquin pour se réfugier dans les bras de son propriétaire « je veux dormir avec toi ».

Lorsque Watson les rejoint une heure plus tard, Peter lève la tête, réprobateur.

-Pourquoi vouloir brider son instinct ? C'est grâce à lui qu'elle comprendra ce qu'est réellement un maître dragon.

Pour ne pas qu'elle devienne comme toi, pense le champion sans le formuler. Il regarde le maître et son Draco. Là où naguère il y avait un dresseur et son pokémon, lui ne voit plus que deux dragons calmes pour l'instant, mais ça ne saurait durer.

Il y a bien longtemps que Peter a perdu son humanité.