Cet avent aura ma peau mais qu'est-ce que j'aime vous l'écrire et ne parlons même pas de vos reviews/favoris/alert qui me font toujours autant sourire.

Bonne lecture et à demain !


17. Avoir le feu aux fesses

Tous les élèves étaient enthousiastes pour la sortie à Pré-au-Lard, pas un ne manquait à l'appel alors que le temps était décidément glacial. Affublés d'une épaisse couche de laine sous forme de capes, de bonnets, d'écharpes ou encore de gants, il devenait assez ardu de reconnaître qui était qui.

Alex avait mis son pull Gryffondor en dessous de son manteau pour être certaine de ne pas avoir froid, elle ne voulait en aucun cas tomber malade. Cela la priverait à coup sûr de la présence d'une jolie brunette et elle ne pouvait pas se permettre une telle chose.

Et puis, elle avait remarqué que ce pull sentait comme Maggie et s'enrouler dedans était devenu une addiction. Si elle n'avait pas eu peur d'être prise en flagrant délit dans son dortoir par ses condisciples, elle aurait aussi utilisé ce pull comme taie d'oreiller.

- Alex ! fit une voix qui ne lui était pas inconnue. Je savais bien que je reconnaissais ce bonnet à pompons du plus bel effet.

L'aînée des Danvers tira la langue à sa cadette.

- Salut Kara, tu apprécies toujours autant que je porte le cadeau de Noël que tu m'as fait l'année dernière.

- Terriblement. Je ne pensais pas que tu le porterais en fait, je craignais que tu le trouves un peu trop, disons, original.

Kara était dûment impressionnée que sa sœur porte ce bonnet. C'était quand même un bonnet en laine avec un blaireau tricoté qui faisait un câlin à un aigle lui aussi en tricot au milieu d'une montagne de pompons...

- Il l'est, sois en sûr, il est vraiment trop original, je crois que la plupart des élèves ne respecteront plus jamais mon autorité après m'avoir vue affublée de cette merveille en laine… mais il a un pouvoir extraordinaire. Il est bien chaud et il tient du coup mes oreilles et le reste au chaud. C'est un argument auquel je ne peux résister quand il fait un temps atroce comme aujourd'hui.

Alex appréciait de voir que sa sœur était heureuse de la voir porter ce cadeau.

- Je prends bonne note, Alex. L'utilité de l'objet t'oblige à le porter quel que soit son look. Je suis extatique de l'apprendre. J'ai trop hâte de trouver tes prochains cadeaux.

- Oublie cette idée. Du coup, tu comptes trouver ton costume pour le bal de Noël aujourd'hui ?

- Yep, tu veux venir avec moi ? J'adorerais avoir les conseils de ma grande sœur. Et puis, je dois te cuisiner littéralement sur qui sera ton plus un à ce bal parce qu'il est hors de question que tu sois un chaperon cette année… Et j'ai une proposition pour toi si jamais tu n'as pas la moindre idée de qui serait idéal à ton bras.

- Je n'ai aucun mal à deviner qui sera ton plus un...

- Oui. C'est… Kara regarda à droite et à gauche avant de murmurer : Myrtille.

- Myrtille ?

- Je veux dire… Kara fit un clin d'œil très appuyé. Mot de passe, Myrtille. Il faut que je trouve un moyen efficace de l'annoncer d'ici là avant de créer un scandale massif.

- C'est pas faux, même si je doute que ce soit scandaleux. Quoique… En fait, Kara, tu as intérêt à trouver une parade. Je ne veux plus de rumeurs familiales, tu m'entends…

Alex s'imaginait déjà le scandale. Kara Danvers vole la petite-amie de sa grande sœur. Le bal de Noël serait la source de toutes les rumeurs et Alex ne pourrait pas passer du temps avec Maggie comme elle comptait le faire…

- Clair et net, sœurette. Nous allons faire notre possible, Myrtille et moi.

Alex avait une idée précise de ce qu'elle cherchait même si elle craignait d'avoir un peu froid. Kara par contre essaya pratiquement l'entièreté du magasin. Alex insista sur le fait qu'elle devait faire un choix avant Noël qui arrivait désormais à grands pas et Kara trouva enfin ce qu'elle voulait. Leurs achats effectués, les deux filles se retrouvèrent dans un petit salon de thé qui n'était pas bondé. Un chocolat chaud et un jus de pommes chaud aux épices plus tard, la blondinette recommença à interroger sa sœur.

- Tu comptes inviter quelqu'un en particulier, Alex ?

Alex fit son air le plus niais et fit littéralement l'idiote.

- Peut-être. Je ne sais pas trop.

- Alex, tu es préfète, essaie de faire un effort. Imagine que vous arriviez dans des tenues qui ne sont pas accordées ?! Elle n'a aucune idée de ta tenue et a peut-être prévu autre chose.

Lena Luthor avait décidément déteint sur Kara. Alex était assez impressionnée.

- Myrtille déteint sur toi en fait. Mais tu as acheté ta tenue sans la concerter je te rappelle, ça va être scandaleux, mon petit bouchon.

- Je te zut.

- Je m'en doutais un peu, je dois te l'avouer. Tu adores me zutter.

- Hum, Vanille, tu la trouves jolie au moins ?

Alex supposa que Vanille serait le surnom de Maggie.

- Très.

- Et elle est gentille avec toi, je suppose ? Tu n'as jamais perdu plein de… tu sais, de points dans le sablier et tout.

- En fait, elle l'a déjà fait. Mais très peu en fait. Et oui elle est gentille.

- Alors invite-la ! Elle ne risque pas de t'envoyer un avada kedavra pour l'avoir invitée. Au pire elle dira non et je lui lancerai des sorts affreux pendant des jours et des jours pour faire de sa vie un enfer.

- Comment as-tu pu finir chez les blaireaux ? Ça reste un mystère entier.

- Un jour je te l'expliquerai.

- Tu peux noter ça sur un parchemin et le signer avec ton sang. Ça serait parfait.

La nuit tombait vite sur le village et Alex décida qu'il serait nécessaire de presser les élèves à rentrer au château.

- Bon, il est temps de rentrer, je suis bien d'accord Alex, on a trop de devoirs à faire pour lundi, je le crains.

- Prépare bien tes buses, l'avertit Alex.

- Oui maman.

- Kara, tu me le paieras un jour toutes ces remarques…

- Les paroles, les paroles, les paroles….

Soudain, elles se retrouvèrent avec une gryffondor particulièrement enthousiaste qui portait des sacs bien remplis.

- Salut les Danvers, on fait des emplettes aussi à ce que je vois ?

- Maggie ! fit Alex dans un sourire.

- Salut préfète-en-chef de mon cœur que j'aime d'amour et plus encore.

- Kara, pas de points en plus pour tentative de corruption, sois contente que je ne t'en retire pas non plus.

- Noté Sawyer, prit peur Kara. Alex, tu es entre de bonnes mains et ton amie me fait très peur. Je file. Bisou !

Une fois sa petite sœur éloignée, Alex s'autorisa un franc sourire et se tourna vers Maggie.

- Tu es diabolique, Maggie.

- Je sais. C'est l'une de mes principales qualités.

- Tu venais pour faire fuir ma sœur ou tu avais autre chose en tête ?

- On doit récupérer les élèves retardataires. Il semble que certains essaient de faire entrer en fraude des farces et attrapes dans le château et nous ne pouvons clairement pas les laisser faire.

C'était facilement deux heures plus tard qu'elles rentrèrent à Poudlard et Maggie entraîna la préfète à sa suite. Alex ne comprenait pas trop ce que voulait faire la gryffondor mais elle la suivit avec curiosité. Un instant plus tard, Maggie s'amusait follement à gratter la peinture qui menait aux cuisines.

- Maggie, que venons-nous faire ici ?

- Tu as froid ?

- Oui… Ça me semble un peu évident. Courir après tous les élèves retardataires sous la neige a été vraiment cruel. On aurait dû les laisser mourir de froid, on aurait eu moins de travail.

- J'avoue, j'y ai pensé.

- Alors pourquoi m'as-tu obligée à les chercher avec toi ?

- Parce que ta compagnie, à travers la neige et les ingrats de cette école, a été un délice.

Alex se sentit rougir jusqu'aux oreilles. Pourquoi avait-elle un crush pareil qui la rendait muette quand il s'agissait de parler de ses sentiments ? Elle n'arriverait donc jamais à dire à Maggie qu'elle avait envie de l'emmener au bal pour l'embrasser sous du gui ?

- Eh bien, bienvenue dans l'antre des elfes de maison, la cuisine, préfète Danvers !

- Waouw !

- Oui je sais, je fais toujours cet effet-là, bonjour dame Maggie, bonjour dame Danvers, fit un petit elfe de maison qui avait un magnifique chapeau à plumes d'autruche.

- Alex, ça ira très bien avec Alex.

- Bien dame Alex. Dame Maggie, je vous apporte très vite votre commande du jour, prenez place. Les cuisines sont réservées pour vous.

Maggie tira une chaise pour que la serdaigle prenne place et Alex se laissa faire. Que diable préparait Maggie ?

- En quel honneur as-tu fait une commande illégale aux cuisines ? Si je me souviens bien, les cuisines ne sont pas à notre disposition…

- Ah Danvers, je t'expliquerai bientôt.

- Intriguant.

- Peut-être. Tu as trouvé ta tenue ?

- Oui.

- Et c'est ?

- Un secret, Maggie.

- Oh… On joue à ça ? Vendu, je ne te dirai pas non plus ce que j'ai trouvé. Ce sera bien plus drôle. Nous serons pour le moins étonnantes dans notre assemblage de tenue. Tous les préfets veulent garder le secret et nous aurons l'air d'une belle brochette bariolée.

Un immense plat de desserts et de petits en-cas apparut sur la table.

- Voilà vos plats, annonça Galny.

- Merci.

Alex vit alors que son assiette était décorée et qu'il y avait des mots tout en arabesques en chocolat dessus. Était-ce vraiment quelque chose pour elle ou était-ce une erreur ?

- Maggie…

- Oui, Alex ?

- Pourquoi ai-je un message étrange sur mon assiette ?

- Tu n'aimes pas ? C'est un non ?

La gryffondor sentait son ventre se tordre d'appréhension et d'un sentiment d'échec fulgurant.

- C'est plutôt que je ne comprends pas vraiment ce qui est inscrit…

- Ah ? Pourquoi donc ? C'est… Attends, c'est quoi ça ?

- Regarde, fit Alex en levant son assiette devant les yeux de Maggie.

La jeune latino en aurait mangé son chapeau de sorcière de désespoir. Pourquoi diable n'avait-elle pas tout fait à la perfection ?

- Oh, de fait, pour ma défense, ce n'était pas sensé être en elfique.

Alex ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Elle réfléchissait à la vitesse de l'éclair et Maggie rougissait ?! Pourquoi rougissait-elle ?

- Ta défense ? C'est un message que tu as demandé à écrire ?

- Oui. Mais pas en elfique.

- Et il dit quoi ce message, mon elfique est vraiment rouillé ?

- Mets-toi debout. Je vais t'expliquer.

- Ok, c'est encore plus intriguant, fit la serdaigle en obéissant.

- Je sais. En fait, je voulais organiser cette soirée ici parce que j'apprécie ta compagnie. Bien plus que la compagnie de quiconque dans ce château. Et je voulais savoir si tu accepterais de venir au bal avec moi.

Avant de s'emballer et tomber en pâmoison, Alex avait une question existentielle qui lui permettrait de mieux appréhender la demande qui lui était faite. C'était probablement stupide à demander mais elle ne supporterait pas de se fourvoyer en comprenant à tort la question.

- En tant que co-préfète ?

- Non.

- Ah.

D'accord. Maggie ne paniquait pas. Pas le moins du monde. Alex semblait vraiment déboussolée par la demande et Maggie se demandait désormais si elle n'avait pas interprété de travers tous les signes. Elle pensait qu'Alex l'appréciait, dans le sens disons romantique. Cela ne semblait plus être le cas… Mais elle devait se battre n'est-ce pas ?

Alex était vraiment trop songeuse. Était-elle vraiment choquée par cette demande ?

- Alex, ce que je veux dire, commença Maggie, c'est que je préférerais que tu m'accompagnes en tant que… Tu ne me faciliteras pas la tâche en essayant de lire entre les lignes, n'est-ce pas ?

Maggie rougissait de plus en plus.

- J'ai tendance à mal interpréter… Je suis nulle en divination, Sawyer. Même ta pote Darla essaie de me donner des cours et je…

- Avant que tu ne fasses que parler de Darla et des autres, je veux préciser que je veux que tu viennes au bal avec moi parce que je crois que je suis en train de tomber amoureuse de toi. En fait, j'en suis sure.

- Moi aussi. Je veux dire. Moi aussi je veux aller au bal avec toi pour les mêmes raisons. Ça fait un moment que j'y pense et je ne savais pas vraiment si tu m'appréciais ou non et…

- Je voudrais t'embrasser en fait.

- Oh. Tu veux… m'embrasser.

- C'est un oui ?

- Désolée, je… Oui. C'était un oui.

- Parfait.

Tandis que Maggie posait ses lèvres contre les siennes, Alex recula de quelques pas, elle était étourdie par la sensation grisante.

- Outch !

- Quoi ? Il y a un souci ?

- J'ai le poêle un peu bouillant qui vient de rencontrer mes fesses.

- Tu vas bien ?

- Oui. Je pense oui.

- Heureusement pour toi, tu n'as pas le feu aux fesses. Je préfère les savoir en sécurité, j'adore les reluquer en fait…

- Maggie !

- Trop tôt pour ce genre de remarque ?

- Oui, non. Je ne sais pas. Je…. On peut en revenir à l'étape tu m'embrasses langoureusement ?

- Demandé si gentiment.